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Responsabilité pénale des mineurs en Côte d'Ivoire

Le document traite de la responsabilité pénale, en particulier celle des mineurs, en droit pénal ivoirien. Il aborde les conditions de mise en œuvre de la responsabilité pénale générale, les effets de cette responsabilité, ainsi que les spécificités concernant les mineurs, notamment leur âge et leur capacité de discernement. Le texte souligne la nécessité d'un équilibre entre répression et éducation pour les mineurs en matière de responsabilité pénale.

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Responsabilité pénale des mineurs en Côte d'Ivoire

Le document traite de la responsabilité pénale, en particulier celle des mineurs, en droit pénal ivoirien. Il aborde les conditions de mise en œuvre de la responsabilité pénale générale, les effets de cette responsabilité, ainsi que les spécificités concernant les mineurs, notamment leur âge et leur capacité de discernement. Le texte souligne la nécessité d'un équilibre entre répression et éducation pour les mineurs en matière de responsabilité pénale.

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La responsabilité pénale

Gbogou gadji bagrou schalom


UNIVERSITE POLYTECHNIQUE DE BINGERVILLE ( SJAPL2)
1 La responsabilité pénal général......................................................................................................4
1.1 Les conditions de mise en œuvre de la responsabilité pénal général.....................................4
1.1.1 Les effets de la responsabilité pénal...............................................................................5
2 Le cas particulier de responsabilité pénal d’un mineur..................................................................6
2.1 Les mineurs pris en compte et ceux non pris en compte en droit pénal ivoirien...................6
2.1.1 Les conditions de rétention de la responsabilité des mineurs non pris en compte........7
3 La responsabilité du mineur pour question de répression.............................................................8
3.1 La responsabilité pénale du mineur en matière de répression...............................................8
3.1.1 Les causes d’exonération de la responsabilité pénale du mineur...................................9
4 La responsabilité pour question d’éducation...............................................................................10
4.1 La responsabilité pénale du mineur en matière d’éducation...............................................10
4.1.1 Les bien-fondés et les limites de la combinaison de la répression et de l’éducation.....11
4.1.1.1 Bien-fondé de la combinaison..................................................................................11
4.1.1.2 Limites de la combinaison.........................................................................................11

1
La société est une sphère renfermant les gens de tous genre à savoir les
personnes enclines à la délinquance, tandis que d’autres sont dit de bonne
moralité, d’autres qui réfléchissent sur les problèmes de la société …. Cet
amalgame de personne dans la société la fait confronter a de nombreuses victimes
des maux subis par ses alter-egos c’est abondant ce sens que Victor Hugo affirme
que ; le monde est un festival ou fouir le meurtre. Cette vue pour montrer les
préjudices présentes et grandissante que subissent les personnes. Afin de faire les
régner la justice, la société va commencer à prévoit des sanctions tels qu’en
Afrique : l’ostracisme, le bannissement … brièvement c’était une justice basée sur
le désir de satisfaire la vengeance : une vengeance privée. Avec la colonisation, la
justice ne sera plus pour satisfaire le désir de vengeance ou l’expiation, mais la
justice va être rendue au nom et pour le compte de la société c’est
l’institutionnalisation de la justice une trace laissé par la colonie. Pour obtenir la
justice, il fallait suivre une procédure. Cette procédure devra être enclenché
lorsque la victime était lésée dans le droit civil et il fallait qu’une personne
commettre une infraction pour le Droit civil. Le droit civil se différencie du droit
pénal a plusieurs niveaux, notamment la rétention de la responsabilité de chacune
d’elle lorsque nous nous situons dans le droit pénal ou lorsque nous nous plaçons
dans le droit civil. Le Droit civil, on parle de responsabilité civil tandis que dans le
droit pénal on parle de responsabilité pénal. La particularité de la responsabilité
civile est d’être retenue lorsqu’ une personne commet un préjudice à un autre,
celle de la responsabilité pénale est d’être retenue lorsqu’une personne commet
une infraction. La responsabilité civil est général dans la mesure où elle s’applique
à tous les particuliers, or la responsabilité pénale est spécial, elle s’applique au
personne apte à comprendre et à vouloir article 94 du code pénal. Autrement dit la
responsabilité pénale est retenue que pour des qui sont dotés de volontés et
d’intelligence lucide, cet article du code pénal vient exclure une certaine catégorie
de délinquant. Celle disposition à le mérite d’être création de faits justificatifs
pouvant exonérer une personne de sa responsabilité pénale ; c’est le cas de la
légitime défense, l’état de nécessite, l’état de démence. La responsabilité pénale
est la réponse des actes ayant violé une disposition prévue par le code pénal. La
responsabilité de certains délinquants est particulière ; c’est celle prévue pour les
personnes morales et celles prévues pour les mineurs. C’est dans ce cadre que
s’inscrit notre thème : la responsabilité pénale des mineurs : entre répression et
éducation.
Traiter ce sujet revêt un intérêt pratique que théorique. Théoriquement, la
responsabilité du mineur est l’objet de plusieurs débats doctrinaux dans la mesure
ou on ne saurait exempter un mineur du dommage qu’il commet cela serait
injuste, toutefois, est – il lucide ? sait-il ce qu’il fait ? pratiquement, il nous
permettra de connaitre le rapport du mineur avec le droit pénal.
Dès lors, la responsabilité pénale de l’enfant va-t-il pour but de Le réprimer ou de
l’éduquer ?
L’enfant est, hu égard a l’article 94 exempt de la responsabilité pénal mais cela
n’est pas applicable à tous les enfants mineurs dans la mesure ou certains sont
responsable pénalement ou ceux qui en principe ne sont pas responsable peuvent

2
voir leur responsabilité retenue. Aussi est-il que l’enfant mineure sensé être
irresponsable pénalement peut voir sa responsabilité pénale retenue c’est le sens
de la procédure pénal, mais cela fait que, le véritable problème réside au niveau
du but de la rétention de la responsabilité pénal de l’enfant. Si la rétention de la
responsabilité pénale de l’enfant répond à un soucis d’éducation ou à un souci de
répression de ce dernier.

1 La responsabilité pénal général


Il s’agit de voir les conditions de la mise en œuvre de la responsabilité pénale
général (A) et ses effets (B)
1.1 Les conditions de mise en œuvre de la responsabilité pénal général
La mise en œuvre de la responsabilité pénale repose sur plusieurs conditions
essentielles qui doivent être réunies pour qu'une personne soit légalement jugée
responsable d'une infraction. Tout d'abord, il est impératif qu'il y ait une
infraction clairement définie par la loi. L’infraction pénale peut être un crime, un
délit ou une contravention, et doit être établie par des faits matériels, qu’il
s’agisse d’un acte positif (comme un vol ou un meurtre) ou d’une omission
(comme un non-assistance à personne en danger). La première condition de la
responsabilité pénale est donc la commission d’un acte interdit par la loi.
Ensuite, la culpabilité de l’auteur de l’infraction doit être établie. Pour qu’une
personne soit responsable pénalement, il faut qu’elle ait agi en toute connaissance
de cause, soit avec une intention criminelle (dans le cas des crimes
intentionnels), soit par une négligence ou imprudence (dans le cas des fautes non
intentionnelles). En d'autres termes, la personne doit avoir eu l’intention de
commettre l’acte répréhensible, ou avoir agi de manière irresponsable, ce qui a
conduit à l'infraction.
Le principe de l’absence de cause d'exonération est aussi fondamental. Certaines
causes peuvent exonérer un individu de sa responsabilité pénale, comme la
légitime défense ou l'insanité mentale. Si l’individu agit sous la contrainte, sous
l’effet d’un ordre supérieur, ou en cas de force majeure, il peut être exonéré de sa
responsabilité pénale. La mise en œuvre de la responsabilité pénale nécessite donc
de vérifier qu’aucune de ces causes ne justifie ou excuse le comportement de
l’auteur.
De plus, il doit y avoir un lien de causalité entre l’acte commis et le dommage ou
le préjudice. Ce lien est nécessaire pour établir que l’infraction a bien causé les
conséquences envisagées par la loi, qu’il s’agisse d’un dommage matériel ou
physique. En effet, la responsabilité pénale est engagée seulement lorsque
l’infraction a produit un effet illicite et identifiable.
Enfin, l’intention criminelle ou la négligence doit être prouvée, c’est-à-dire que
l’auteur de l’infraction doit avoir été en capacité de comprendre l’illicéité de son

3
acte et d’agir autrement, mais aussi que son comportement a effectivement
conduit au préjudice en question.
En résumé, la mise en œuvre de la responsabilité pénale nécessite la présence
d'une infraction, la culpabilité de l'auteur, l'absence de cause d'exonération, et un
lien direct entre l’acte et ses conséquences.
1.1.1 Les effets de la responsabilité pénal
Les effets de la responsabilité pénale sont multiples et vont bien au-delà de
la simple sanction de l'infraction commise. La principale fonction de la
responsabilité pénale est répressive, visant à punir l’individu pour son
comportement illégal. Lorsqu’une personne est reconnue coupable, elle peut se
voir infliger des peines privatives de liberté, telles que l'emprisonnement, qui
visent à isoler l'individu de la société pour prévenir la récidive. Les peines peuvent
également être pécuniaires, sous forme d'amendes, particulièrement lorsque
l'infraction est liée à des faits économiques ou financiers, ou encore des peines
restrictives de droits, comme l’interdiction d’exercer certaines professions, la
confiscation de biens ou la perte de certains droits civiques (comme le droit de
vote ou de se porter candidat à une élection). Ces peines ont pour but de punir
l'auteur de l’infraction, de protéger la société, mais aussi de dissuader les autres
de commettre des actes similaires. Une autre dimension des effets de la
responsabilité pénale concerne les conséquences sociales. En plus des sanctions
légales, la personne condamnée subit souvent une stigmatisation sociale, qui peut
altérer sa réputation et avoir un impact négatif sur ses relations personnelles et
professionnelles. Ces conséquences peuvent être particulièrement graves dans le
cas des personnes morales (entreprises, associations, etc.), qui, en plus des
amendes, peuvent se voir infliger des sanctions comme l'interdiction d'exercer
certaines activités ou la fermeture de l'entité, ce qui peut affecter des centaines,
voire des milliers de personnes au sein de l'organisation.
Quant aux causes d’exonération de la responsabilité pénale, elles permettent de
libérer l’individu de toute sanction, même s'il a effectivement commis l'infraction.
L’une des principales causes d’exonération est la légitime défense. Cette cause
permet à une personne de commettre un acte qui serait normalement
répréhensible, comme la violence, si celui-ci est effectué pour se défendre contre
une attaque injustifiée. Toutefois, la défense doit être proportionnée à
l’agression, ce qui implique que la réaction doit être immédiate et strictement
nécessaire. L’insanité mentale est également une cause d’exonération importante.
En effet, une personne souffrant d’une altération de son discernement au moment
de l’infraction peut être exonérée de responsabilité, car elle ne pouvait pas
comprendre la nature ou la gravité de son acte, ou encore contrôler son
comportement. La cause d’exonération de force majeure s’applique lorsque
l’individu est confronté à une situation extérieure imprévisible et irrésistible, le
contraignant à agir contre sa volonté ou de manière non conforme à la loi, comme
lors d’une catastrophe naturelle qui empêche toute réaction rationnelle. L’erreur
de droit ou d’erreur de fait peut également exonérer la personne si elle a agi
sous une méprise, croyant à tort que son acte était légal ou en étant dans
l’ignorance d’un fait déterminant. Par exemple, un individu qui commet un acte

4
en pensant qu’il a l’autorisation légale pour le faire, peut parfois être exonéré, bien
que l’erreur de droit soit généralement moins couramment acceptée comme cause
d’exonération. Enfin, l’obéissance à un ordre supérieur peut, dans certains cas,
exonérer de responsabilité, surtout dans le cadre militaire ou professionnel, où un
individu suit des instructions dans un cadre hiérarchique. Toutefois, cette
exonération n’est pas automatique et ne s’applique que si l’ordre donné n’est pas
manifestement illégal ou immoral, ce qui permet de vérifier qu'il n'y a pas de
violation flagrante de la loi.
En somme, la responsabilité pénale comporte des effets variés, tant en termes de
sanctions légales que de répercussions sociales, et peut être influencée par des
causes d’exonération permettant de nuancer la culpabilité de l’individu en
fonction de circonstances particulières. Ces causes d’exonération reconnaissent
que, dans certains cas, des facteurs externes, psychologiques ou légaux peuvent
justifier ou excuser un acte qui, en d’autres circonstances, serait considéré comme
criminel. Cependant, ces exonérations ne doivent pas être systématiques et
doivent être évaluées avec rigueur au regard des faits de chaque affaire.

2 Le cas particulier de responsabilité pénal d’un mineur


Il s’agira de voir les mineurs prises en compte et ceux non prise en
compte (A) et les conditions de rétention de la responsabilité des mineurs
non prises en compte (B)
2.1 Les mineurs pris en compte et ceux non pris en compte en droit pénal ivoirien
En droit pénal ivoirien, la responsabilité pénale des mineurs est abordée avec
un régime spécifique en raison de leur incapacité potentielle à comprendre
pleinement la portée de leurs actes. Selon le Code pénal de la Côte d'Ivoire,
l’âge du mineur joue un rôle déterminant dans l’engagement de sa responsabilité
pénale. L’article 72 du Code pénal ivoirien stipule que les mineurs de moins de
13 ans ne peuvent être responsables pénalement. En effet, à cet âge, le droit
pénal ivoirien considère que l’enfant ne possède pas la maturité nécessaire pour
comprendre la gravité de ses actes, ni pour en assumer les conséquences.
Ainsi, un mineur de moins de 13 ans, bien qu'il ait pu commettre un acte
répréhensible, ne pourra pas être poursuivi pénalement. En revanche, il pourra
faire l’objet de mesures éducatives ou de protection décidées par les autorités
compétentes, comme un placement en établissement éducatif ou un suivi
psychologique. L'objectif ici est de prévenir toute récidive et de l'accompagner
dans son développement personnel. Ce principe repose sur la reconnaissance de la
vulnérabilité des enfants et leur incapacité à juger correctement la portée de leurs
actes dans certaines situations.
Pour les mineurs âgés de 13 à 18 ans, la situation est différente. Ces jeunes sont
désormais considérés comme ayant une capacité de discernement qui leur permet
d’être tenus responsables de leurs actes, bien que cette responsabilité reste
atténuée. Selon l’article 72 du Code pénal ivoirien, les mineurs âgés de 13 à 18
ans peuvent être jugés pénalement, mais les peines qui leur sont appliquées
diffèrent de celles des adultes. Ils peuvent être condamnés à des peines privatives
de liberté, mais ces peines sont souvent aménagées, en fonction de leur âge, et
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peuvent inclure des mesures de rééducation plutôt que des peines de prison.
L’objectif ici est de favoriser la réinsertion sociale du mineur tout en lui faisant
comprendre la gravité de son acte.
Pour les mineurs de 16 ans et plus, les sanctions peuvent être plus sévères et
proches de celles imposées aux adultes, notamment en cas de crimes graves, mais
le législateur ivoirien reste attentif à leur âge et leur état psychologique au
moment de la condamnation. Les mineurs de 16 à 18 ans peuvent donc être jugés
à la fois sur la base de leur capacité de discernement et de l’infraction commise.
Ainsi, en droit pénal ivoirien, la responsabilité pénale des mineurs repose sur une
gradation en fonction de l’âge et de la maturité, permettant une prise en compte
différenciée des jeunes délinquants en fonction de leur développement et de leur
aptitude à comprendre les conséquences de leurs actes.
2.1.1 Les conditions de rétention de la responsabilité des mineurs non
pris en compte
En droit pénal ivoirien, bien que les mineurs de moins de 13 ans soient en
principe exonérés de responsabilité pénale, il existe des circonstances
particulières où la justice peut retenir la responsabilité de ces mineurs, si ces
derniers montrent une maturité exceptionnelle ou une capacité de discernement
particulière. Toutefois, cette possibilité reste une exception, et les décisions sont
prises après une évaluation rigoureuse par des experts en psychologie et en
psychiatrie, afin de déterminer si le mineur est capable de comprendre la portée de
son acte et d’en assumer la responsabilité. La responsabilité pénale des mineurs
de moins de 13 ans peut être retenue dans des cas où l’enfant présente une certaine
capacité de compréhension et d’appréciation de sont
Comportement. Par exemple, un enfant ayant une maturité intellectuelle avancée,
ou ayant agi de manière délibérée avec l’intention de causer un tort à autrui,
pourrait faire l’objet d’une sanction éducative ou d’une mesure de protection
renforcée. Cependant, cette situation demeure rare et nécessite une évaluation
judiciaire approfondie avant qu'une telle décision ne soit prise.
Le Code pénal ivoirien met donc l’accent sur la nécessité d’une approche
éducative et de réinsertion des mineurs. Même dans le cas où un mineur de moins
de 13 ans pourrait théoriquement être considéré comme responsable, les mesures
éducatives ou les placements en établissement spécialisé restent la règle plutôt
que la punition. Cela permet à la justice de tenir compte du fait que, bien que les
mineurs puissent avoir une responsabilité morale, leur développement affectif et
intellectuel demeure en construction.
Les mineurs âgés de 13 à 18 ans, en revanchent, sont plus directement soumis à la
responsabilité pénale, bien que la flexibilité soit présente dans les peines
prononcées. Dans cette catégorie, il est essentiel de comprendre que la justice
ivoirienne préfère appliquer des peines adaptées, comme les peines éducatives
(telles que les travaux d’intérêt général, les stages de rééducation ou les
placements en centres éducatifs fermés), plutôt que des peines purement
répressives, notamment la détention. L’idée sous-jacente est de permettre au

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mineur de se réinsérer socialement tout en étant puni de manière proportionnée à
son âge et à sa compréhension de l’infraction.
La rétention de la responsabilité pénale d’un mineur, qu’il soit de moins de 13
ans ou dans la tranche d’âge 13-18 ans, dépend donc de plusieurs critères, dont le
plus important est la capacité de discernement du mineur. Le juge se base sur
l’évaluation des circonstances de l’infraction, le profil psychologique du mineur,
et son développement personnel pour décider des mesures appropriées. La
prise en charge du mineur se veut avant tout éducative et rééducative, afin de
favoriser sa réinsertion dans la société et de prévenir toute récidive.
Ainsi, la rétention de la responsabilité pénale des mineurs en droit ivoirien repose
sur un équilibre entre la reconnaissance de leur vulnérabilité et la nécessité de
répondre à leurs comportements délictueux de manière appropriée, avec des
mesures qui tiennent compte de leur âge, de leur maturité et de leur potentiel de
réhabilitation.

3 La responsabilité du mineur pour question de répression


3.1 La responsabilité pénale du mineur en matière de répression
La responsabilité pénale du mineur en matière de répression se distingue de
celle des adultes, car le droit pénal ivoirien prend en compte l’âge et la capacité de
discernement du mineur dans l’évaluation des peines. En effet, le Code pénal de la
Côte d'Ivoire prévoit un système répressif plus souple et modéré pour les
mineurs, en raison de leur immaturité et de leur potentiel de réinsertion. La
répression pénale, bien qu’existant, se caractérise par une certaine flexibilité,
visant à protéger et rééduquer plutôt qu’à simplement punir. Les peines
prononcées à l'encontre des mineurs sont donc adaptées à leur âge, leur capacité
de discernement et la gravité de l'infraction.
Pour les mineurs de moins de 13 ans, la responsabilité pénale est exclue en vertu
de l'article 72 du Code pénal ivoirien. Cette règle repose sur l’idée que les enfants
en dessous de cet âge sont incapables de comprendre la portée de leurs actes.
Ainsi, même si un enfant de moins de 13 ans commet un acte répréhensible, il ne
peut être poursuivi pénalement. Toutefois, des mesures éducatives peuvent être
prises, telles que des placements en établissement éducatif ou un suivi social, dans
le but de l’accompagner dans son développement et de prévenir toute récidive.
Les mineurs âgés de 13 à 16 ans sont soumis à un régime particulier. Bien qu’ils
soient responsables pénalement, cette responsabilité reste atténuée en raison de
leur immaturité. Ces mineurs peuvent être condamnés à des peines légères ou
éducatives, telles que des travaux d’intérêt général, des stages de rééducation, ou
des placements dans des centres spécialisés. Les peines privatives de liberté sont
rares et sont souvent accompagnées de mesures éducatives, visant à favoriser la
réinsertion sociale. Le but étant d’inciter le mineur à comprendre la portée de son
acte tout en lui offrant la possibilité de se réhabiliter.

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Pour les mineurs de 16 à 18 ans, la responsabilité pénale est plus proche de celle
des adultes, bien que des aménagements demeurent. Les peines privatives de
liberté peuvent être prononcées, mais elles sont généralement plus modérées que
celles appliquées aux adultes. Les peines de prison peuvent être aménagées ou
complétées par des mesures rééducatives, comme des placements en
établissements éducatifs fermés. Cependant, la justice ivoirienne prend toujours en
compte le développement personnel du mineur et son potentiel de réinsertion
dans la société, d'où la possibilité de prononcer des peines moins sévères que
celles infligées aux adultes.
En résumé, la responsabilité pénale des mineurs en droit ivoirien vise à allier
répression et réinsertion. Le système répressif ivoirien cherche à évaluer le
mineur dans sa globalité, en tenant compte de son âge et de sa capacité de
discernement, afin d’adapter les peines à sa situation spécifique.
3.1.1 Les causes d’exonération de la responsabilité pénale du mineur
En droit pénal ivoirien, bien que les mineurs puissent être responsables de leurs
actes, des causes d’exonération peuvent les soustraire à toute responsabilité
pénale. Ces causes sont importantes car elles permettent d’adapter la répression en
fonction des capacités psychologiques et émotionnelles du mineur, et de tenir
compte de son environnement et des circonstances dans lesquelles l'infraction a
été commise. Les causes d'exonération incluent l'incapacité de discernement, la
contrainte ou la pression, et la prise en charge éducative ou sociale du mineur.
La principale cause d’exonération de la responsabilité pénale d’un mineur est
l'incapacité de discernement. Selon le Code pénal ivoirien, un mineur qui ne
dispose pas de la maturité suffisante pour comprendre la portée de ses actes ne
peut être tenu pénalement responsable. Cette incapacité peut être due à un
développement intellectuel ou affectif insuffisant, ou à un état psychologique
particulier. En cas de doute sur la capacité de discernement du mineur, des
expertises psychiatriques ou psychologiques sont effectuées pour évaluer l'état
mental du jeune. Si ces expertises concluent que le mineur ne peut comprendre la
portée de son comportement, il pourra être exonéré de responsabilité pénale et
soumis à des mesures éducatives ou de rééducation.
Une autre cause d’exonération est le comportement sous contrainte ou sous
pression. Si un mineur a commis une infraction sous la menace, la contrainte ou
l’influence d’un tiers, sa responsabilité pénale peut être écartée. Par exemple, si un
adulte manipule ou menace un mineur pour qu’il commette un acte criminel, ce
dernier pourra bénéficier de l’exonération de responsabilité, car l’infraction aurait
été commise dans un contexte où le mineur n’avait pas la possibilité de faire un
choix libre et éclairé. Cela vise à éviter de tenir le mineur responsable d’un acte
qu’il a commis dans un état de vulnérabilité ou de manipulation.
La prise en charge éducative et la réinsertion sociale peuvent également
constituer des causes d’exonération ou de réduction de la responsabilité pénale du
mineur. Si un mineur a déjà fait l’objet de mesures éducatives, telles que des
suivis sociaux ou des stages de rééducation, et que sa situation a montré des
signes de réinsertion ou d'amélioration, il peut bénéficier de peines alternatives

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ou de peines plus légères. L'objectif est d’encourager la réhabilitation du mineur
et de lui donner une nouvelle chance pour éviter la récidive, en mettant l’accent
sur sa rééducation plutôt que sur une sanction pénale stricte.
Enfin, un mineur de moins de 13 ans est automatiquement exonéré de toute
responsabilité pénale, selon l’article 72 du Code pénal ivoirien. Cela repose sur
l’idée que cet âge est insuffisant pour qu’un enfant puisse pleinement appréhender
les conséquences de ses actes. Toutefois, même s’il est exonéré de responsabilité,
il peut être soumis à des mesures éducatives visant à l’aider dans son
développement.
Ainsi, les causes d'exonération de la responsabilité pénale des mineurs en droit
ivoirien cherchent à tenir compte de leur immaturité psychologique, des
pressions extérieures auxquelles ils peuvent être soumis et de leur processus de
réinsertion sociale. Ces causes permettent une approche plus éducative et
réhabilita ive, plutôt que purement répressive.

4 La responsabilité pour question d’éducation


4.1 La responsabilité pénale du mineur en matière d’éducation
En matière de responsabilité pénale du mineur, l'accent est mis sur
l'éducation plutôt que sur la répression pure et simple des actes délictueux. Le
droit pénal ivoirien reconnaît que les mineurs sont dans un processus de
développement psychologique et social, ce qui justifie une approche éducative
dans leur prise en charge. Ainsi, même si la responsabilité pénale du mineur peut
être engagée, l'objectif principal est de l'orienter vers des mesures éducatives qui
visent à prévenir la récidive et à l'accompagner dans son réinsertion sociale.
L’idée de l’éducation dans la responsabilité pénale des mineurs repose sur la
compréhension que ces jeunes ne possèdent pas toujours les repères nécessaires
pour mesurer les conséquences de leurs actes. Par conséquent, l'éducation a un
rôle fondamental dans le processus de justice pénale, et les peines éducatives sont
privilégiées, dans un souci de réhabilitation plutôt que de punition. Ces mesures
visent à faire comprendre au mineur la gravité de son acte tout en favorisant son
développement et son adaptation à la société.
Les mesures éducatives peuvent inclure des suivis psychosociaux, des stages de
rééducation ou des travaux d’intérêt général, qui permettent de responsabiliser
le mineur tout en lui offrant l’opportunité d’apprendre de ses erreurs dans un cadre
contrôlé. Ces mesures ont pour objectif de renforcer les capacités du mineur à
s’intégrer positivement dans la société et de diminuer les risques de récidive.
Par ailleurs, pour les mineurs de moins de 13 ans, bien qu’ils ne soient pas
responsables pénalement, des mesures éducatives peuvent être prises pour leur
fournir un environnement favorable à leur développement. Le but n’est pas la
répression, mais plutôt l'accompagnement éducatif pour guider le mineur et
prévenir toute réitération d’actes délictueux à l'avenir. Les établissements
éducatifs fermés ou ouverts, ainsi que l’accompagnement par des psychologues ou

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des travailleurs sociaux, font partie de ces mesures qui visent à protéger et à
rééduquer le mineur.
Dans le cas des mineurs de 13 à 16 ans, bien qu'ils puissent être responsables
pénalement, la justice pénale se concentre sur des solutions éducatives plutôt que
répressives. Ils peuvent être condamnés à des peines de rééducation dans des
centres spécialisés, où ils suivront des programmes destinés à leur réinsertion
sociale et à leur rééducation.
4.1.1 Les bien-fondés et les limites de la combinaison de la répression et de l’éducation
4.1.1.1 Bien-fondé de la combinaison
Le recours à une combinaison entre la répression et l’éducation dans la
responsabilité pénale des mineurs est fondé sur des principes de justice
équilibrée et de réinsertion sociale. L’approche répressive, lorsqu’elle est bien
dosée, permet de protéger la société des comportements déviants tout en élevant
une barrière symbolique qui marque les limites du comportement acceptable.
Elle incite le mineur à réfléchir à ses actes et à en comprendre les conséquences,
ce qui est une étape clé dans la prévention de la récidive. Par ailleurs, cette
répression modérée veille à ce que le mineur prenne conscience de l’ordre social
et des valeurs qui le régissent.
L’aspect éducatif, quant à lui, repose sur le principe fondamental que le mineur est
encore en processus de maturation et qu’une approche réformatrice est plus
bénéfique que la seule punition. Cette rééducation permet non seulement d’éviter
une récidive en réinsérant le mineur de manière constructive, mais aussi de
favoriser son évolution psychologique et sociale. En offrant des mesures
éducatives (comme les suivis psychosociaux ou les stages de rééducation), le
droit pénal ivoirien vise à aider le mineur à comprendre les raisons de son
comportement et à développer des compétences sociales pour éviter de répéter les
mêmes erreurs à l'avenir.
Le bien-fondé de cette combinaison réside donc dans le fait qu’elle prend en
compte les besoins spécifiques du mineur tout en protégeant l'intérêt général. Ce
modèle préserve les valeurs de justice, de réhabilitation, et de prévention de la
récidive, tout en permettant au mineur de se reconstruire au sein de la société.
4.1.1.2 Limites de la combinaison
Malgré ses avantages, la combinaison de la répression et de l’éducation
présente aussi certaines limites qui peuvent nuire à son efficacité. L’une des
premières limites réside dans l’application inégale des peines éducatives. En
effet, les mesures éducatives peuvent ne pas toujours être disponibles dans toutes
les régions du pays ou être insuffisamment adaptées aux besoins spécifiques des
mineurs. Cette manque de moyens ou d’infrastructures pour mettre en œuvre des
mesures rééducatives efficaces peut entraîner une situation où la répression, bien
que nécessaire, devient la seule réponse, rendant ainsi la réinsertion sociale plus
difficile.
De plus, la répression elle-même peut présenter des risques si elle est appliquée
de manière trop sévère. En effet, si les peines répressives sont trop dures, elles

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risquent de marquer à jamais le parcours du mineur, l’enfermant dans un cycle de
stigmate et de récidive. Dans ces cas, la répression peut se transformer en une
sanction destructive, qui n’aura pas pour effet de réhabiliter le mineur, mais de
renforcer son sentiment d’exclusion et de marginalisation.
Une autre limite concerne l’âge et la compréhension des mineurs. Même avec les
meilleures intentions éducatives, il est parfois difficile de déterminer si le mineur
possède la maturité suffisante pour bénéficier de certaines mesures éducatives.
Le processus de rééducation exige que le mineur ait la capacité d’introspection
et de prise de conscience de ses actes. Si ce n’est pas le cas, les mesures
éducatives risquent de ne pas produire les effets escomptés, rendant la répression
indispensable pour maintenir un certain ordre social.
Enfin, une limite contextuelle réside dans les facteurs extérieurs qui influencent
le comportement des mineurs. Parfois, la répression et l'éducation ne peuvent
suffire si le mineur évolue dans un environnement social ou familial très
déséquilibré. Dans ce cas, même un accompagnement éducatif de qualité pourrait
ne pas suffire à opérer un changement de comportement significatif sans une
intervention plus globale, impliquant d’autres institutions sociales ou éducatives.

En conclusion, la responsabilité pénale des mineurs en droit ivoirien présente


un équilibre délicat entre répression et éducation, visant à protéger la société tout
en offrant au mineur l’opportunité de réhabilitation. Le système pénal ivoirien
reconnaît que, bien que les mineurs doivent être tenus responsables de leurs actes,
leur capacité à comprendre pleinement la portée de ces actes peut être limitée par
leur âge et leur développement psychologique. Ainsi, la mise en œuvre de la
responsabilité pénale repose non seulement sur des sanctions adaptées, mais aussi
sur des mesures éducatives visant à favoriser leur réinsertion sociale et à prévenir
la récidive.
Cependant, bien que cette approche éducative soit essentielle, elle présente des
limites, notamment en termes de ressources, de mise en œuvre uniforme des
mesures et de la difficulté à évaluer la maturité du mineur. En dépit de ces défis,
la combinaison de la répression et de l’éducation demeure un modèle pertinent
pour une justice équilibrée, permettant à la fois de sanctionner les actes délictueux
tout en offrant une réelle chance de réhabilitation pour les jeunes délinquants.
Cela souligne la nécessité d'une adaptation continue du système judiciaire afin de
mieux répondre aux défis sociaux et psychologiques des mineurs, tout en
préservant la sécurité publique. En fin de compte, une approche intégrée et
humaine, qui combine répression et éducation, reste cruciale pour assurer une
justice pénale juste et efficace, adaptée aux besoins des mineurs et aux exigences
de la société.

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