Augmentation verticale en prothèse dentaire
Augmentation verticale en prothèse dentaire
THÈSE
Aix-Marseille Université
(Président : Monsieur le Professeur Éric BERTON)
Présentée par
Léna Hamdan
Thèse soutenue le 20.01.2022
THÈSE
Aix-Marseille Université
(Président : Monsieur le Professeur Éric BERTON)
Présentée par
Léna Hamdan
Thèse soutenue le 20.01.2022
Chargés de missions
Formation Initiale Professeur Michel RUQUET
Recherche Professeur Anne RASKIN
Formation Continue Professeur Frédéric BUKIET
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À M. le Professeur Michel Ruquet
Maman et Papa : Parce que je n’arriverais à rien sans vous. Merci de toujours
m’accompagner et m’encourager, de me soutenir quels que soient mes choix, et de toujours
être attentifs. Je vous aime.
Sandrella : Ma complice de toujours ! Merci de m’apprendre la vie, depuis la marche à 4
pattes jusqu’à aujourd’hui, avec patience (pas toujours) et indulgence (toujours) ! Tu es un
exemple pour moi. Je t’aime !
Vincent : Le meilleur beau-frère dont on puisse rêver ! Merci d’être à l’écoute et de supporter
mes humeurs <3
Papi, mamie, teta et Judo : une chance énorme de vous avoir eu et de vous avoir encore à
mes côtés, tant d’amour, de bons petits plats et de vacances avec vous. Je vous aime !
Mention spéciale à papi pour tous les cahiers de vacances.
Dr. Silvestri : Merci pour votre encadrement durant ces deux années.
Dr. Loyer : Pour votre bienveillance et votre accompagnement tout au long de l’internat !
Merci d’être attentif et d’avoir toujours le temps pour nous.
Dr. Lan : Pour ta patience et ta bonne humeur en PMF !
Pour mes plus belles rencontres d’externat, sans qui la faculté aurait
été bien ennuyante…
Camille : Pour ces années de fac avec autant de fou-rires que de jours passés ensemble.
Pour ces débuts en clinique qui auraient pu être tellement difficiles si tu n’avais pas été là,
pour cette précieuse complicité. Merci d’être encore dans ma tête quand je galère toute
seule au fauteuil !
Elodie : Pour avoir été la meilleure coloc’ dont on puisse rêver ! Pour les cabanes, pour les
soirées devant les marseillais… pour avoir supporté mon humeur de révisions d’internat.
Merci de tout entendre, de tout comprendre et de prendre toujours le temps.
Anne-Claire : Pour ton énergie débordante, ta franchise, ton regard aigu et amusé sur le
monde. Parce que tu sais apaiser autant qu’encourager. Merci pour tes conseils toujours si
précieux.
Sarah : Pour nos heures de révision qui passaient ensemble comme des minutes et ces
week-ends à la BU qui auraient été si difficile sans toi. Mais surtout merci pour tous les
superbes moments hors révisions ! Pour les restaus, les week-ends, les heures au téléphone
(mon coloc te maudit hahaha).
Julie : Pour toutes nos escapades, déjà faites et celles à venir, pour tous ces bons
souvenirs ! Merci d’être toujours partante pour tout, pour ta bonne humeur inébranlable, pour
ta curiosité et ton ouverture d’esprit ! Trop hâte de découvrir de nouvelles destinations et de
nouveaux sports ensemble !
Yohann : Mon co-interne du nord ! Pour tous les bons moments passés et à venir, les
gâteaux de Noël, les brunchs, les soirées…
Hanna et Sixtine : Pour votre bonne humeur communicative, les deux petits rayons
de soleil d’Ivry !
Agathe, Justine, Betti, Nadir, Matthieu, Imène, Silvy et toute la team Ivry, pour avoir fait
de la fac et des débuts en clinique de si belles années.
Tous différents ! C’est un plaisir de partager ces trois années avec vous, dans la galère des
urgences, dans les festivités d’un secret-santa…
Antoine et Luc : L’équipe de prothèse ! Merci pour ces années au premier étage à vos
côtés !
Camille S. : Pour tes conseils, pour ta gentillesse. C’était un plaisir d’avoir passé ces deux
premières années d’internat avec toi.
Romain, Mathias, Léa A., Thomas, Ulysse, Vincent, Alexandre : Merci pour votre accueil
dans cette région ensoleillée !
Angélina, Deborah, Nico… bienvenue parmi nous !
La fine équipe !
Pour les week-ends passés et à venir ! Les sueurs en ski de rando, les gamelles en kite, les
randonnées, les soirées…trop de chance de vous avoir à mes côtés <3
Agathe : Ma petite Agathe ! Merci pour ta gentillesse et ton écoute attentive ! Pour ta
motivation débordante… merci d’être toujours partante pour tout (et pour les adresses de
goûter mouahaha) !
Camille : Trop chanceuse de faire ces deux ans avec toi ma petite binôme de PMF ! Merci
pour ton dynamisme inépuisable et ton enthousiasme débordant ! <3
Clara : Clarinette ! Un petit rayon de soleil, que ce soit sur Boris ou dans les couloirs de
l’hôpital. Je suis trop heureuse de passer ces deux années d’internat avec toi !
Emilie : Trop heureuse d’avoir pu mieux faire ta connaissance cette année, et hâte de
pouvoir partager de nouvelles choses ensembles !
Estelle : Ma petite Estellou ! Parce que je suis trop admirative de ton énergie, pour tout ces
fous-rires, parce que tu me manques et que j’ai envie que tu rentres vite !!
Léa C. : Parce qu’on a passé plus d’heures au restaurant qu’au body attack
(heureusement !), pour les cinés, les heures à discuter… un vrai bonheur de faire cet internat
avec toi <3
Louis : Trop heureuse de partager cet internat avec toi (enfin quand tu ne mets pas le feu au
canapé… et à Clara) ! Merci pour les soirées autant que le soutien en clinique
Sophie : Ma petite Sosomanes ! Pour toutes les soirées faites et à venir, pour les instants
cuisine et (parfois) les instants Sissy Mua ! Pour ta franchise admirable qui rassure toujours
lorsqu’on se confie à toi
Wass, Clem, Laurie, Lauren, Ali, Cassou, Eng, Maxou, Nico, Louis, Roche, Théotime,
Arthur, Maud, Jehanne, Mawah, Daphné… je vous aime !
Table des matières
1. DEFINITIONS : ........................................................................................................................... 2
2. QUELS ELEMENTS SONT EN RELATION AVEC LA DIMENSION VERTICALE D’OCCLUSION ?................................. 5
A. LES STRUCTURES MANDUCATRICES : ......................................................................................................... 5
B. LA TYPOLOGIE SQUELETTIQUE : ................................................................................................................ 7
C. LES CARACTERISTIQUES DENTAIRES : ......................................................................................................... 8
D. L’ESTHETIQUE FACIALE ET DU CADRE LABIAL : ............................................................................................. 8
3. LES ETIOLOGIES DE LA PERTE DE DVO : ............................................................................................ 9
4. POUR RESUMER… .................................................................................................................... 11
II. QUELS SONT LES OUTILS A NOTRE DISPOSITION POUR ANALYSER LA DIMENSION VERTICALE
D’OCCLUSION ? .......................................................................................................................... 12
1. INDICATIONS : ......................................................................................................................... 30
2. DES MYTHES SUR L’AUGMENTATION DE DVO AUX GRANDS PRINCIPES ACTUELS : ..................................... 31
3. CHOISIR LA VALEUR DE L’AUGMENTATION DE LA DVO : ..................................................................... 33
A. 5 MM : UNE VALEUR A RETENIR ?........................................................................................................... 34
B. LE SET-UP CEPHALOMETRIQUE PROPOSE PAR SLAVICEK : ............................................................................ 34
4. CHOISIR LA REPARTITION BIMAXILLAIRE DE L’AUGMENTATION DE DVO : ............................................... 37
5. POUR RESUMER… .................................................................................................................... 39
CONCLUSION.............................................................................................................................. 85
Introduction
1
I. Qu’est-ce que la dimension verticale d’occlusion ?
1. Définitions :
La mandibule étant le seul os mobile de la face, nous pouvons conclure qu’il existe
une multitude de dimensions verticales en fonction de la position verticale mandibulaire.
Ce constat nous amène à porter une attention particulière sur deux éléments lorsque
nous planifions une réhabilitation prothétique :
• La relation intermaxillaire.
• Le caractère indissociable des positions verticale, sagittale et horizontale de la mandibule.
La relation intermaxillaire : Elle est définie comme la position de la mandibule dans les
trois dimensions de l’espace par rapport au massif facial du crâne(3).
2
La corrélation des positions verticale, horizontale et sagittale de la mandibule :
3
A RETENIR :
• Dimension verticale : hauteur de l’étage inférieur de la face déterminée par la
quantité de séparation des bases osseuses maxillaire et mandibulaire. Elle est
évolutive de la naissance à l’âge adulte, puis adaptative à la fonction aux pathologies
jusqu’à la fin de la vie.
• Espace libre d’inocclusion (ELI) : distance entre les surfaces occlusales maxillaires
et mandibulaires quand la mandibule est en posture de repos. Il s’agit de la différence
entre la DVO et la DVR mesurée au niveau incisif.
4
2. Quels éléments sont en relation avec la dimension verticale
d’occlusion ?
Comme tout système biologique, son fonctionnement repose sur l’économie des
structures et d’énergie(7).
Ainsi notre augmentation de DVO ne devra pas interférer avec ces deux principes
biologiques, et il est indispensable de savoir évaluer les capacités adaptatives du système
manducateur. La littérature est malheureusement peu informative sur ce sujet.
5
La revue de littérature d’I. Moreno Hay et coll. (8) révèle que les articles étudiant la
relation entre augmentation de la DVO et SADAM sont peu nombreux et présentent un faible
niveau de preuve. Ils mettent cependant en lumière qu’il n’existe pas de preuve solide
suggérant que les variations de la DVO conduisent au développement, à l’aggravation ou à
l’entretien des SADAM. De légers symptômes transitoires apparaîtraient après
augmentations verticales modérées, et un ELI se reconstituerait.
L’appareil manducateur aurait donc une grande capacité d’adaptation à l’augmentation de la
DVO, cette capacité variant bien sûr en fonction de l’âge et des pathologies.
La phonation est une fonction manducatrice reposant sur la mobilisation des muscles
labiaux mais également de la langue.
En effet, les phonèmes sont caractérisés par des surfaces d’articulation spécifiques entre la
langue et les différents éléments de la cavité buccale (voir figure 2).
Nous distinguons les points d’articulation suivants : labial, dental, apical, alvéolaire,
palatal, dorsal, vélaire(9).
6
Ainsi, il est possible de transposer les observations de E. Tondowski, qui analyse
l’influence des remparts prothétiques en prothèse adjointe totale, à la prothèse fixée (voir
tableau 1) (9) :
Daly P. et coll mettent en évidence une diminution du volume des voies aériennes
supérieures consécutive à l’abaissement de la position mandibulaire. Cette modification
entraine un redressement postural intuitivement réalisé par les patients, afin de retrouver un
volume des voies aériennes correcte pour la ventilation(10).
b. La typologie squelettique :
7
c. Les caractéristiques dentaires :
La stabilité des rapports occlusaux, et notamment du guide antérieur, est l’un des
garants du succès des traitements prothétiques. Il est fondamental que l’augmentation de la
DVO permette de restituer des contacts antérieurs et postérieurs fonctionnels en statique
(recouvrement, surplomb, classe d’Angle) et en dynamique(12).
Selon Orthlieb et coll. le recouvrement incisif est en moyenne de 3-4 mm et le
surplomb moyen est de 3 mm (13).
La hauteur prothétique :
Mohindra NK et coll. ont évalué l’appréciation, par les patients et par un panel
d’observateurs, de la modification de leur visage après augmentation de DVO(15) :
• 79.2% des patients se trouvent rajeunis, dont 62,5% d’au moins 5 ans.
• 81.5% des observateurs les trouvent rajeunis.
Cette enquête, certes subjective, montre l’impact d’une réhabilitation de la DVO sur
l’esthétique du visage.
8
3. Les étiologies de la perte de DVO :
L’usure dentaire est une perte de substance non carieuse qui peut être d’origine
chimique (érosion) ou mécanique (attrition, abrasion, abfraction)(16). Pour d’Incau et coll.
(17) il s’agit d’une manifestation dynamique, cumulative et physiologique. Cependant, le
processus peut être pathologique lorsque la perte de substance est anormalement
importante par rapport à l’âge du patient.
Il est ainsi fondamental d’évaluer les étiologies de l’usure chez nos patients pour
contrôler les facteurs de risque, prévenir une récidive et favoriser le succès de nos
restaurations (voir tableau 2).
9
L’usure dentaire est multifactorielle et le plus souvent combinée(16,18).
10
4. Pour résumer…
• Son augmentation doit être prudemment conduite au sein d’un environnement aux
grandes capacités d’adaptation.
11
II. Quels sont les outils à notre disposition pour analyser la
dimension verticale d’occlusion ?
Diverses méthodes ont été proposées pour rechercher une perte de DVO (22).
Les méthodes cliniques sont de nature subjective, ce qui en constitue la principale
critique car elles sont complexes à appliquer de façon standardisée : elles se fondent sur des
paramètres esthétiques, morphologiques ou fonctionnels.
Les méthodes reposant sur les examens complémentaires (modèles d’étude montés
sur articulateur, céphalométrie, position mandibulaire de repos contrôlée par l’analyse EMG
de l’activité musculaire) sont considérées comme plus fiables et reproductibles.
Cependant, l’analyse de la position mandibulaire au repos contrôlée par l’activité musculaire
EMG est complexe à mettre en place cliniquement et nécessite une maitrise complète du
dispositif.
12
Technique Avantages Inconvénients Fiabilité
Comparaison de Approximation juste de la Nécessite d’accéder à des Très
musculaire EMG
correspond à la
position mandibulaire
de repos
Relaxation du Permet de visualiser Faussée par les tensions Peu fiable
patient : DVO lorsque l’apparence exobuccale musculaires, même minimes
position de repos
L’évaluation Localise la position du - Dépend du rapport sagittal Peu fiable
13
1. L’évaluation clinique :
Les articulateurs sont conçus sur la base des rapports crânio-mandibulaires et des
mouvements spécifiques à l’articulation temporo-mandibulaire (ATM). Ils sont dits
anatomiques car la position du maxillaire par rapport à la base du crâne est transférée via
un arc facial, en se référant à l’axe bicondylien et aux points infra-orbitaires(6).
Pour réaliser nos simulations dans le respect de la physiologie du système
manducateur, il est indispensable de savoir programmer l’articulateur, c’est-à-dire de savoir
régler la reproduction des pentes condyliennes (Pc) et des angles de Bennett (B) selon
des trajectoires rectilignes ou curvilignes. En fonction de leur capacité de programmation, les
articulateurs s’approchent plus ou moins de la réalité dynamique du patient(6).
14
On distingue trois types d’articulateurs en fonction de de leur capacité de programmation
(6,23) :
15
Quelle est la géométrie de l’articulateur ?
De cette analyse de la géométrie des articulateurs, nous pouvons déduire deux règles :
Règle n°1 : L’articulateur présente une géométrie d’autant plus proche de la réalité que la
tige antérieure est réglée à 0 (6).
Il sera donc préférable de monter le modèle mandibulaire de façon à retrouver une
tige antérieure proche de 0, respectant le parallélisme des axes horizontaux.
Règle n°2 : Une augmentation d’1 mm au niveau molaire se traduit par une augmentation de
2 mm au niveau incisif et 3 mm au niveau de la tige incisive (règle des tiers) (24).
16
b. Le choix de la position mandibulaire de montage sur
l’articulateur :
17
Le choix de cette position est indiqué dans deux cas de figure(26) :
1- Les antépositions discales réductibles.
2- La correction d’une classe II et d’une typologie hypodivergente dans le cadre d’une
prothèse de grande étendue. Elle offre l’avantage de ne pas passer par une phase
d'orthodontie, et de pouvoir augmenter la DVO sans aggraver le surplomb.
Figure 5 : IRM de l’ATM droite atteinte d’une luxation discale complète antérieure(27)
La mise en place d’une antéposition mandibulaire dans un contexte où les dents sont
saines a été décrite par P.H. Dupas(28). Il propose de stabiliser la béance bilatérale
postérieure à l’aide d’une orthodontie passive : l’égression naturelle des dents concernées
par la béance permettra de retrouver une occlusion stable et équilibrée.
18
Le choix de la valeur de propulsion s’établira à l’issue d’une étude corrélant la valeur
de la pente condylienne, déterminée par axiographie, et la valeur de l’augmentation de DVO
souhaitée. La comparaison du tracé axiographique du patient à l’aspect d’un tracé
axiographique physiologique (voir figure 6) permet de confirmer le diagnostic articulaire et
occlusal.
19
Figure 7 : Réalisation clinique d’une axiographie(30)
Un traitement orthopédique par gouttière doit être mis en place pendant 3 mois pour
évaluer l’adaptation du patient à cette nouvelle position mandibulaire.
20
L’analyse de tous les éléments indispensables au choix d’une position mandibulaire
de reconstruction correcte permet de proposer l’arbre décisionnel suivant :
Figure 8 : Arbre décisionnel orientant le choix de la position mandibulaire de reconstruction (source : auteur)
21
Comment enregistrer une position mandibulaire et la transférer sur l’articulateur (5)?
ORC
• Absence d’édentements • Edentements de grande étendue
• Edentements encastrés de faible
étendue
- Cire Moyco dure ramollie à 52° non - Maquette d’occlusion si trop
percée, sectorielle de canine à d’édentements
molaire :
+/- rebasée à l’oxyde de zinc Eugénol
+/- cire chargée (comme l’Aluwax)
22
Position thérapeutique
• Cire Moyco après trois mois de port de gouttière.
• Cas particulier de l’antéposition mandibulaire (PH Dupas) : 3 épaisseurs de cire
Moyco, se positionner 1 mm en avant du claquement articulaire, faire une
vérification en faisant faire les mouvements d’ouverture-fermeture sans bruit articulaire
recherchés au stéthoscope.
Le plan de Kois associé à des résines vestibulaires de calage est une technique
utilisant une butée antérieure et un matériau d’enregistrement ne s’interposant pas au niveau
des faces occlusales. Cette technique, développée au Etats-Unis par le Dr. Kois est peu
représentée dans la littérature malgré son efficacité en terme de déprogrammation
musculaire(33).
C’est une vaste question qui n’a toujours pas fait consensus. Quelques études de la
littérature ont tenté sans succès de définir la méthode la plus efficace parmi les nombreuses
techniques proposées.
La complexité pour élire une méthode de choix est causée par le caractère praticien-
dépendant de la manipulation.
23
Technique Description Inconvénients
Technique du Pouce, index et majeur sous les deux Le risque de cette technique est de
branches horizontales de la mandibule pour provoquer une déviation mandibulaire si
guidage
réaliser son élévation le praticien ne manipule pas la mandibule
mentonnier de
dans le plan sagittal médian du patient
Thomas et
Lauritzen
Manipulation Deux pouces au niveau du menton du patient • Nécessite une assistante pour maintenir
alors que les autres doigts sont sous la la cire occlusale.
mandibulaire
branche horizontale de la mandibule. • Risque d’être trop directive puisque
bimanuelle de
Le praticien exerce des mouvements doux et c’est la musculature du praticien qui
Dawson continus de la mandibule, sans forcer. place la mandibule en RC.
• Praticien se positionnant derrière le
patient, les contrôles visuels sont
impossibles.
24
Au-delà de la technique utilisée, il est important de porter attention aux facteurs
influant sur la position mandibulaire lors de notre enregistrement. Il s’agit des éléments
suivants (3) :
• Changements de la position de la tête par rapport au cou et au torse (Schwarz 1926),
de la posture générale, de la respiration et du niveau d’éveil.
• Etat psychique ou émotionnel de l’individu à un moment donné (détente, fatigue,
stress).
• Influences proprioceptives (desmodonte, musculature masticatrice).
• Douleurs.
• Modifications occlusales et alvéolaires et prothèses dentaires.
• Affections de la musculature masticatrice.
• Facteurs systémiques (hypocalcémie, maladie de Parkinson, myasthénie grave,
tétanos, intoxication par la strychnine, etc).
3. Céphalométrie :
La céphalométrie consiste à mesurer les angles et les distances séparant des points
de repères dento-osseux sur des télécrânes standardisés(11).
En raison des variabilités biologiques, les références numériques auxquelles les analyses se
réfèrent ne sont que des tendances à prendre à plus ou moins 2° près.
25
La céphalométrie présente donc des intérêts vis-à-vis de l’évaluation de la DVO : la
mesure représentative de la DVO est l’angle ENA-Xi-Pm (voir figure 9).
Elle permet également d’étudier la situation du plan d’occlusion et la courbe de Spee, deux
éléments fondamentaux dans la planification des réhabilitations prothétiques globales.
Les valeurs suivantes doivent être évaluées pour rechercher la tendance squelettique
du patient (hyper-divergent, normo-divergent, hypodivergent) :
26
Schéma explicatif Valeurs
Angle entre le plan de FMA
Francfort et le plan
Hyper Normo Hypo
mandibulaire
31-25 25-22 22-15
Nous remarquons sur la figure de l’angle Ena-Xi-Pm (voir Tableau 11), que plus
l’épine nasale antérieure recule (plus le maxillaire est postérieur) plus l’angle augmente. Ceci
27
confirme bien que plus le maxillaire présente une position rétruse, plus la DVO est
importante.
28
Figure 10 : Projet morpho-fonctionnel réalisé avec le DSD(35)
5. Pour résumer…
29
III. Comment planifier une augmentation de DVO ?
Nous savons à présent évaluer la dimension verticale d’occlusion et les structures qui
seront impactées par sa modification.
Nous pouvons donc nous intéresser à la démarche permettant de planifier une augmentation
de DVO. Il est fondamental de comprendre que nous ne rechercherons pas à atteindre une
valeur précise d’augmentation, mais plutôt à la situer dans un intervalle : on parle d’espace
optimal fonctionnel(36).
La première étape de la planification consiste à poser une indication appropriée.
1. Indications :
30
2. Des mythes sur l’augmentation de DVO aux grands
principes actuels :
Mythe n°2 : L’usure dentaire est toujours associée à une perte de DVO.
Cette allégation est fausse dans la mesure où un phénomène d’usure, lorsqu’il est
lent, est la plupart du temps associé à un phénomène de compensation dento-alvéolaire :
l’apposition progressive d’os alvéolaire permet de maintenir la hauteur de l’étage inférieur de
la face malgré la perte de hauteur dentaire(40).
Mythe n°3 : Posture de repos et espace libre d’inocclusion sont des référentiels
stables.
La posture de repos n’est pas fixe chez un individu : elle varie au cours de la journée
en fonction de la fatigue et de l’activité musculaire à un moment donné. Elle est également
liée à la posture cervicale.
31
L’espace libre d’inocclusion se recrée après une modification de DVO(24). Il n’est
donc pas nécessaire de le prendre en compte pour choisir la valeur de l’augmentation de
l’étage inférieur de la face. En revanche il pourra être estimé à trois mois de la mise sous
prothèses provisoires pour évaluer la tolérance du patient face à la réhabilitation prothétique.
En effet si le patient n’a pas été capable de recréer un espace libre d’inocclusion d’environ 2
mm, c’est que l’augmentation de DVO est trop importante par rapport à ses capacités
d’adaptation.
Comme nous l’avons dit plus haut, la position de la langue, et donc la constitution des
phonèmes, dépend en grande partie de la position des remparts dento-alvéolaires (donc de
la reconstruction prothétique dans les trois sens de l’espace).
Cependant, la langue, comme les autres muscles masticateurs, est dotée d’une
grande capacité d’adaptation.
Ainsi, les contrôles phonétiques doivent être utilisés pour évaluer l’acceptation d’une
augmentation de DVO durant la phase de provisoire, mais ne doivent pas être utilisés
préalablement pour décider de la quantité d’augmentation. En effet les capacités
d’adaptation phonétique varient d’un individu à l’autre et ne sont pas prédictibles.
Exception faite des patients présentant une arthrose des ATMs ou des troubles
neuro-musculaires, l’augmentation de DVO n’exige pas d’être réalisée de façon progressive.
En revanche, une phase provisoire d’au minimum trois mois est indispensable pour valider
l’adaptation du patient face aux modifications apportées par le traitement prothétique.
Selon Lasserre JF(24), l’augmentation de DVO peut se faire de manière brutale de
plusieurs millimètres sous réserve qu’elle soit faite en axe charnière terminal.
Mythe n°6 : L’augmentation de DVO n’est pas tolérée chez les bruxeurs.
32
De nombreux auteurs, notamment Orthlieb et coll. (4) ont montré que ces postulats
étaient faux lorsque la réhabilitation prothétique permet d’obtenir une stabilité occlusale,
donc musculaire et articulaire.
Selon Turp J. et coll.(3), les 5 facteurs clés de la relation inter-maxillaire verticale sont :
1. Espace interocclusal suffisant en position habituelle de la mandibule.
2. Espace interocclusal suffisant pour la réalisation technique de la reconstruction.
3. Absence de contacts dentaires durant l’élocution.
4. Acceptation par le patient.
5. Profil avenant (harmonieux) du point de vue esthétique.
Il est ainsi évident qu’une phase de temporisation ayant pour but de valider l’élocution du
patient et son acceptation est indispensable avant de conduire la réhabilitation d’usage.
33
a. 5 mm : une valeur à retenir ?
Les repères osseux du menton (gnathion, menton, pogonion) sont déplacés lorsque
la dimension verticale est modifiée, et les valeurs céphalométriques varient.
Il est donc intéressant de pouvoir convertir les valeurs angulaires céphalométriques en
valeurs millimétriques sur la tige incisive de l’articulateur, et vice-versa.
Ainsi il est possible de réaliser un set-up céphalométrique : l’augmentation de DVO
simulée sur articulateur permet de proposer une simulation céphalométrique de la
réhabilitation dans les nouvelles conditions squelettiques.
34
Étapes Illustrations
1 Rapporter l’image de la
céphalométrie à une échelle 1/1 ou
tenir compte du facteur
d’agrandissement de la
téléradiographie dans l’analyse.
35
6 Matérialisation d’un point 0 sur
l’échelle millimétrée simulant la
tige antérieure, sur l’original ainsi
que sur le transparent.
7 Détermination de la différence
angulaire entre la valeur réelle et
la valeur prévue pour la
dimension verticale
thérapeutique (en degrés).
Obtention d’une seconde ligne Xi-
ENA (Point de Ricketts – epine
nasale antérieure) correspondant à
Figure 15 : Etape 7 du set-up céphalométrique(6)
la DVO choisie.
8 Rotation du film transparent le
long du point de l’axe condylien
pour que la nouvelle ligne Xi-ENA
superpose la position originale.
36
9 Lecture de la variation de la
hauteur de l’étage inférieur sur
l’échelle millimétrée simulant la tige
antérieure.
10 Transférer la valeur de la
variation de la hauteur de l’étage
inférieure lue sur l’échelle
millimétrique sur la tige antérieure
de l’articulateur en prenant si
nécessaire en compte le facteur
d’agrandissement
37
Figure 19 : Concept sphéroïde de Monson autour de la selle turcique(24)
A titre d’exemple, J-F Lasserre définit la règle des vides fonctionnels (24) : pour avoir
deux overlays céramiques antagonistes, il faut 3 mm de hauteur entre le secteur maxillaire et
mandibulaire pour 1mm de céramique par pièce, et 1 mm de vide fonctionnel au niveau de la
fosse mandibulaire d’appui.
38
Figure 20 : Concept des vides fonctionnels développés par Lasserre J-F(24)
5. Pour résumer…
• La variation de DVO doit être réalisée par une simple rotation autour de l’axe
charnière (en relation centrée).
• La variation de DVO ne doit pas exagérer une typologie verticale déjà marquée
(hypo ou hyper-divergence).
• La variation de DVO doit permettre le contact labial non forcé.
• La variation de DVO doit éviter les variations brutales et importantes chez les
sujets peu adaptables (ATM arthrosique ou troubles neuromusculaires).
Il est également important de noter que les critères dentaires (guide antérieur et
hauteur prothétique) sont les véritables clés de la décision de la DVO thérapeutique
en prothèse fixée. En effet l’harmonie du visage n’est modifiée qu’au-delà de 5 mm au
niveau incisif et la céphalométrie repose sur des valeurs à plus ou moins 2 mm près.
39
IV. Présentation des différents protocoles proposés pour
l’augmentation de DVO en prothèse fixée :
40
Position mandibulaire de Le point de départ de la
reconstruction en l’absence de reconstruction correspond aux
désordre musculo-articulaire faces vestibulaires…
B. L. Dahl Non précisé Non précisé
F. Vailati Position mandibulaire la plus … maxillaire
favorable à l’établissement d’un
guide antérieur fonctionnel : un
patient présentant initialement un
surplomb augmenté sera
reconstruit en OIM afin de ne pas
aggraver le surplomb avec une
ORC.
M. Fradeani ORC Non précisé
J.D. Orthlieb ORC … mandibulaire
A. Lussi OIM initiale Non précisé
J.F. Lasserre ORC … concomitant car le point de départ
de la reconstruction correspond à la
validation des secteurs antérieurs
maxillaires et mandibulaires en
occlusion.
Tableau 15 : Les positions mandibulaires utilisées par les différents auteurs lors de leurs réhabilitations buccales de grande
étendue
Bien entendu la validation des faces vestibulaires maxillaires ne doit pas se faire
aveuglement sans vérification d’une concordance avec la courbe de Spee. Inversement la
validation des faces vestibulaires mandibulaires ne doit pas se faire sans vérification de la
position cohérente du bord libre de l’incisive maxillaire et des corridors buccaux.
Cette comparaison nous permet de comprendre que l’évolution des protocoles de remontée
de DVO se fait vers une confrontation de ces deux impératifs fonctionnel (courbe de Spee
mandibulaire) et esthétique (bord libre de l’incisive centrale maxillaire et corridors buccaux).
41
1. Le « Dahl Concept », 1975 :
Historique du concept :
Cette technique a été décrite par Dahl et coll. pour la première fois en 1975 au
Royaume-Uni(44).
Dans leur article, les auteurs décrivaient la mise en place d’un dispositif de
surocclusion antérieur amovible en métal coulé (cobalt-chrome) chez un jeune patient de 18
ans. Après 8 mois de port permanent, l’occlusion avait été rétablie par 40% d’ingression
antérieure et 60% d’égression postérieure. La DVO avait été augmentée de 2.8 mm.
De nos jours, le dispositif de surocclusion antérieure mis en place est le plus souvent
fixe : il s’agit de composite apposé en technique directe ou des restaurations indirectes
provisoires.
42
Avantage : Inconvénients (42):
- Economie tissulaire : les dents - Occlusion finale du patient difficile à prévoir en
postérieures saines ne seront par la pré-opératoire
suite pas concernées par les - Interférences occlusales transitoires inévitables
traitements prothétiques en per-opératoire
- Traitement long (de 6 à 24 mois)
- Compliance du patient indispensable si le
dispositif de surocclusion antérieure utilisé est
amovible
Symptômes Seul Gough et Setchell(20) ont rapporté des symptômes pulpaires chez
pulpaires leurs patients dans 6% des cas :
- 4% se sont résolus spontanément
- 2% ont nécessité un traitement canalaire, et étaient préalablement
atteints par des restaurations profondes
43
Recul clinique :
Cette technique est plus répandue au Royaume-Uni qu’en France. Elle est peu
utilisée en raison de sa difficulté de contrôle occlusal et de la durée du traitement.
Elle est peu représentée dans la littérature et il existe donc un manque de preuves
scientifiques concernant ses différentes applications cliniques.
Seuls 5 auteurs ont référencé leurs résultats cliniques associés à ce protocole(45).
44
Le wax-up concerne les dents maxillaires de 16 à 26, et non le bloc antérieur
uniquement, pour les raisons suivantes :
• La disproportion entre le mock-up antérieur et les dents maxillaires postérieures
souvent usées et positionnées dans un plan d’occlusion altéré risque de fausser
l’analyse.
• La continuité du plan d’occlusion en secteur postérieur à partir du bord libre des
incisives maxillaires doit être visualisée au niveau des prémolaires : les cuspides des
prémolaires et premières molaires doivent suivre la lèvre inférieure et être localisées
plus cervicalement que les bords libres incisifs. Cette évaluation permet de prévenir
l’établissement d’un sourire inversé.
• Le prolongement du wax-up au niveau des dents cuspidées permet de choisir la
répartition de hauteur prothétique entre les deux arcades, et de contrôler l’orientation
du plan d’occlusion.
Si les premières molaires maxillaires ne sont pas atteintes par l’érosion et sont localisées
dans une position satisfaisante, le wax-up peut s’arrêter aux secondes prémolaires (voir
figure 22).
45
Figure 24 : Evaluation de la position esthétique des festons gingivaux à l'aide du mock-up(47)
Une fois transféré, le mock-up peut être retouché en bouche (bord incisifs raccourcis
ou allongés avec du composite flow). Ces modifications seront enregistrées par une
empreinte à l’alginate une fois le mock-up validé en bouche par le patient. Ce dernier peut
ensuite repartir avec le mock-up pour quelques semaines afin de valider la fonction et
l’esthétique au quotidien avec ses proches.
Elle se distingue donc ici d’Orthlieb et coll. qui positionnent le bord libre de l’incisive
mandibulaire avant le bord libre de l’incisive maxillaire afin de reconstruire la courbe de Spee
selon la loi de la Tangente (Page, 1952).
46
2ème étape : Le choix de la position mandibulaire par wax-up occlusaux des secteurs
cuspidés (46) :
47
Figure 25 : Stop occlusal constitué par la canine afin de faciliter le positionnement et la stabilité de la clé de transfert, F.
Vailati, U. Belser(46)
Dans les cas plus complexes, l’ensemble des faces palatines maxillaires antérieures
peuvent être waxées afin de simuler le guide antérieur et vérifier la désocclusion effective
des secteurs postérieurs en propulsion et diduction.
Le wax-up des dents antérieures mandibulaires n’est pratiquement jamais
réalisé puisque le bloc antérieur mandibulaire est le moins touché par les lésions
érosives (voir figure 25).
48
Figure 27 : Clé en silicone transparente de transfert des wax-ups occlusaux postérieurs, F. Vailati, U. Belser(46)
A cette étape, les deuxièmes molaires ne sont pas modifiées par adjonction de cire
afin de constituer une référence pour le positionnement des clés et l’augmentation de DVO.
Le transfert étant à vocation provisoire, la mise en place d’une digue et le retrait des
restaurations existantes en bouche n’est pas requis.
Il ne concerne que les secteurs postérieurs, provoquant ainsi une réduction du
recouvrement voire une béance antérieure. Selon Vailati et coll., cette malocclusion
provisoire est bien tolérée par le patient le temps du test de la nouvelle DVO.
La durée de cette période ne fait pas consensus dans la littérature. Vailati et coll.
préconisent à l’université de Genève une durée d’un mois de mise sous provisoires.
Avantages Inconvénients
• Technique fixe permettant une • Création possible d’une béance
compliance de 100% antérieure pendant 1 mois
• Technique non-invasive réversible • Absence de test du guide
car le transfert des wax-ups en antérieur : cet inconvénient majeur
bouche n’exige pas de préparation constitue la principale différence
dentaire avec le protocole proposé par J.F.
• Modifications possibles sur la Lasserre en 2015
résine composite en bouche
• Leur présence permet l’ajustement
occlusal du quadrant contro-latéral
au moment des restaurations finales
Tableau 18 : Avantages et inconvénients de la mise sous provisoires fixes des secteurs cuspidés selon la technique de « three-
step » de F. Vailati.
49
3ème partie : La détermination du guide antérieur (48) :
Cette étape concerne les faces palatines maxillaires, les plus touchées par
l’érosion de façon générale, et les faces vestibulaires mandibulaires.
A l’issue du mois de mise sous provisoires postérieur, deux empreintes sont reprises
et les nouveaux modèles sont remontés sur articulateur à l’aide de l’arc facial et d’un mordu
occlusal antérieur en OIM.
Les nouveaux modèles sont comparés aux modèles avec wax-up afin de vérifier que
le transfert des provisoires lors de la seconde étape a été correctement réalisé.
Il s’agit alors de choisir entre une reconstruction directe ou indirecte des faces palatines
maxillaires :
• Dans les cas d’inocclusion antérieure inférieure à 1 mm et d’anatomie dentaire
conservée : technique DIRECTE composite au fauteuil.
50
• Dans les cas d’inocclusion supérieure à 1 mm et/ou d’anatomie effacée par
l’érosion : technique INDIRECTE par onlays composites (constituent une meilleure
protection en cas d’attaque acide importante) (voir figure 28).
La préparation des onlays palatins présente les caractéristiques suivantes :
• Souvent très faible car l’érosion et l’attrition ainsi que l’augmentation de DVO ont
ménagé un espace suffisant
• Exige un stripping des contacts interproximaux
• Suppression des bords amélaires non soutenus au niveau du bord libre
• Exige une dépollution de la surface dentinaire par polissage et fraise diamantée
La mise en place de provisoires n’est pas nécessaire car les préparations minimes ne
sont pas susceptibles d’engendrer des sensibilités. Une empreinte des préparations est
réalisée ainsi qu’un mordu occlusal antérieur.
Lorsque les faces palatines maxillaires sont réhabilitées, les dents antérieures
mandibulaires peuvent également être modifiées au composite direct puisqu’en général les
modifications à apporter sont minimes.
51
Figure 30 : Clés en silicone guidant les préparations des facettes vestibulaires maxillaires, F. Vailati, U. Belser(48)
La hauteur de composite postérieur qui dépasse est meulée pour déporter la limite de
la facette au-dessus de la concavité palatine des dents antérieures afin d’améliorer
l’intégration biomécanique et esthétique de la facette (voir figure 30).
Cette technique sandwich a fait l’objet d’un suivi par les Dr. Vailati et Belser. Ils
publient en 2013 les résultats de ce protocole chez 12 de leurs patients (49) : l’ensemble des
facettes vestibulaires et linguales sont maintenues cliniquement en bouche à 6 ans. Ces
observations concordent avec les résultats de P. Magne et coll. qui étudient dès 2000 la
possibilité de réaliser une préparation pour facette en présence de composite(50).
52
3. Principe de M. Fradeani, les préparations guidées par
les provisoires de seconde génération, 2008 :
Les wax-ups sont ensuite réalisés au laboratoire, puis 4 clés en silicone par arcade
et 1 clé transparente en acétate sont réalisées sur ces modèles.
Le prothésiste réalise ensuite les préparations a minima sur le modèle de travail initial
(0.8 mm à 1 mm), grâce au guide constitué par la première clé en silicone préalablement
divisée en une clé vestibulaire et une clé palatine/ linguale.
Le plâtre est isolé, puis la seconde clé en silicone est mise en place avec de la résine
teinte dentine. La résine est polymérisée dans une machine hydropneumatique.
La couche superficielle de la résine teinte dentine est retirée pour mettre en place
une résine teinte émail à l’aide d’une troisième clé en silicone.
Après polymérisation, les réglages occlusaux sont réalisés pour corriger l’expansion
de prise de la résine polymérisée.
Les provisoires sont ensuite polis et glacés.
53
- Par cire moyco rebasée à l’oxyde de zinc eugénol recouvrant toute
l’arcade à l’exception des dents antérieures afin d’éviter une propulsion
réflexe (technique la plus précise selon Fradeani)
- Entre une arcade sous provisoire et les dents préparées de l’arcade
antagoniste
- Entre les deux arcades préparées sans provisoire
L’enregistrement doit se faire à la DVO établie par les deux arcades sous provisoires, afin de
pouvoir réaliser les montages croisés de manière précise au laboratoire.
Avantages Inconvénients
• Contrôle de la DVO par repères • Technique de préparation guidée
dentaires plus reproductibles que par les provisoires complexe et
les repères cutanés. longue à mettre en œuvre.
• Mise en place des provisoires de
seconde génération assez tôt
dans le plan de traitement.
J-D Orthlieb et coll. décrivent en 2011 l’OCTA(39), qui organise l’analyse prothétique
en 8 étapes décisionnelles se succédant dans un ordre précis. Cette démarche vise à
protocoliser la planification des réhabilitations buccales de grande étendue.
54
Le plan horizontal de référence de la majorité des articulateurs est le plan axio-
orbitaire qui passe par les points condyliens et le point infra-orbitaire gauche (point cutané
ou osseux le plus déclive du rebord antéro-inférieur de la cavité orbitaire).
2ème étape : Le choix de la position de référence mandibulaire :
55
En effet, la position du bord libre de l’incisive centrale maxillaire constitue la première étape
de la planification de F. Vailati et U. Belser comme nous l’avons vu plus haut.
Figure 32 : Définition de la courbe de Spee en fonction des données articulaires et dentaires, J-D. Orthlieb et coll.(39)
56
7ème étape : Le choix de la pente de guidage :
Figure 33: La pente incisive doit être conçue en fonction de la pente condylienne, J-D. Orthlieb et coll.(39)
Il s’agit de choisir dans le plan frontal les inclinaisons des arêtes des dents
pluricuspidées de façon à obtenir à la fois le rapprochement homogène des tables
occlusales et l’absence d’interférence.
La hauteur des cuspides porteuses d’occlusion mandibulaire (courbe de Spee), le
bloc incisivo-canin maxillaire (pente de guidage) et le concept occlusal (fonction canine
ou fonction de groupe) constituent les éléments qui définissent le cadre de construction des
cuspides maxillaires et linguales mandibulaires(56).
57
Le guidage canin, s’il est possible, sera privilégié, car il répond mieux aux lois de la
biologie (économie d’énergie et de structure) que la fonction de groupe. Il permet une
facilitation neuro-musculaire, une faible usure des structures, et une majoration de l’efficacité
masticatoire par un affrontement optimal des tables masticatoires.
Figure 34 : Reconstruction occlusale en résine copmosite en technique diecte à l'aide de clés en silicone réalisées à partir des
wax-ups, A. Lussi(57)
58
A. Lussi propose en 2015 d’utiliser cette technique, précédemment décrite pour les
restaurations unitaires ou plurales de petite étendue, à la réhabilitation buccale totale.
Ainsi l’étape est réalisée après montage sur articulateur et choix de la position mandibulaire
sagittale et verticale. Il préconise une reconstruction en OIM.
A la fin de la séance de réalisation des composites postérieurs, le patient repart avec
une béance antérieure.
Lorsque le polissage et les réglages occlusaux à une semaine sont réalisés, les dents
antérieures peuvent être restaurées en technique directe ou indirecte.
Avantage Inconvénient
Technique réversible et non invasive Peu de recul concernant le succès à long-
terme de ce type de restauration
Les données de la littérature sont peu informatives sur le sujet. De plus la technique
décrite il y a 6 ans pour les réhabilitations de grande étendue ne peut bénéficier que d’un
recul clinique à moyen terme. Lussi présente ses résultats à 40 mois sur 7 patients âgés en
moyenne de 40 ans(57) :
• Les principales complications à court terme concernent la qualité de la reproduction
anatomique et l’adaptation marginale.
• Le taux d’échec annuel est en moyenne de 3.59% dans cette étude.
Cependant, dans cet article, la hauteur coronaire restaurée n’est pas précisée alors qu’il
s’agit d’un élément pronostic important.
59
De plus, il justifie la réalisation de sa reconstruction en RC par le fait que cette
position garantisse une relaxation musculaire ainsi que l’absence de prématurités
occlusales. Selon lui, les positions d’OIM antérieures ou latérales à l’occlusion de RC sont
difficiles à enregistrer deux fois de suite avec précision et à reconstruire. Elles font courir un
risque dysfonctionnel important au patient par l’instabilité occlusale qui peut en résulter.
60
3ème étape : Insertion prothétique des provisoires postérieures pour vérifier les courbes
occlusales et l’absence de prématurités ou d’interférences.
61
V. Proposition d’un guide clinique pour l’augmentation de
DVO :
Etape 1 : La planification.
Etape 2 : Des wax-up à la mise sous provisoires.
Etape 3 : La validation des provisoires.
Etape 4 : La réalisation des restaurations définitives.
Etape 5 : Les doléances et le suivi à long-terme.
62
1. Etape 1 : La planification :
Séance 1 :
- Entretien
- Observation clinique
- Status radiographique
- Photographies
- Empreintes d’étude à l’alginate
- Prescription de la téléradiographie de profil et éventuellement d’une IRM en cas de
pathologie articulaire
63
• OUTIL 2 : La classification de la problématique verticale d’E. Miramont et J.D. Orthlieb(58) :
! Risque d’erreur !
Il ne faut pas négliger la palpation des muscles trapèzes, car ces derniers sont les plus
sensibles à la modification de la position mandibulaire. En effet comme nous l’avons vu plus haut,
une augmentation de DVO entraîne un redressement vertébral pour ménager un volume suffisant
des voies aériennes réduit lors de l’abaissement mandibulaire(60).
64
! Attention risque d’erreur !
Le praticien doit se trouver dans l’axe vertical et frontal du patient. Si le photographe est plus
bas que le patient, les photos seront prises en contre-plongée. S’il est plus haut, les photos seront
prises en plongée. Dans les deux cas les dimensions ne seront pas justes. De même, le praticien
doit se tenir face au patient et non sur sa droite ou sur sa gauche.
Figure 37: Influence de l'axe du photographe par rapport au patient sur les dimensions et formes dentaires
Inter-séance 1 :
- Coulée des empreintes d’étude, toilettage des modèles
- Analyse des photographies
➢ Choix des références faciales horizontale et verticale : la ligne bipupillaire doit être la
référence horizontale dès qu’elle est symétrique aux axes horizontaux du cadre facial.
➢ Analyse du bloc antérieur maxillaire : évaluation du découvrement (classification
Parodontia de Liebart et coll.(63)), analyse des critères dento-gingivaux (check-list
de Magne et Belser(64), ligne esthétique du sourire(65)).
➢ Digital Smile Design(35).
65
➢ Etablir le cadre facial du patient :
Il circonscrit son visage en définissant les
références horizontales et verticales et permet
de détecter un port de tête incliné qui fausserait la
suite de l’analyse.
1
Tableau 22: Choix des références verticales et horizontales de reconstruction sur photographies.
Rq. 1: L’asymétrie horizontale droite/gauche n’est pas problématique car elle ne modifie pas les
axes esthétiques de reconstruction (LBP et PSM).
Rq. 2 : Le seuil de perception du parallélisme de l’œil humain est d’environ 1°.
66
• OUTIL 2 : La classification de Parodontia(63) pour évaluer le découvrement.
67
• OUTIL 4 : Ligne esthétique du sourire(65).
Classe IV Le contour gingival ne peut être classé dans une de ces catégories
Tableau 25:Classification de la ligne esthétique gingivale(65).
68
3 ➢ Tracer trois lignes :
- La ligne des bords libres des
incisives centrales
- La ligne joignant les deux
pointes canines
- La ligne inter-incisive
Positionner la photographie
avec écarteurs en fonction de
ces trois lignes.
4 ➢ Calibrer la règle digitale
en mesurant les dimensions
de l’incisive centrale sur la
photographie et sur le
modèle.
5 ➢ Réaliser la simulation
après avoir évaluer la
proportion des dents
69
Séance 2 :
Dans le cas d’une pathologie articulaire(25,26,28), les étapes suivantes peuvent être
réalisées :
- Axiographie
- Analyse de l’IRM
- Réalisation de la gouttière orthopédique correspondant à la position mandibulaire choisie
(antéposition, décompression articulaire, position centrée stabilisée) : port du dispositif
pendant 3 mois avant de revenir à cette étape.
70
• OUTIL 2 : L’angle inter-incisif.
Figure 41: Angle inter-incisif garant d'une cinématique mandibulaire non pathogène(24).
71
Focus 6 : Choix de la position mandibulaire et mordu occlusal (5)
➢ Choix préalable de la position mandibulaire : une décision qui fait débat entre F.
Vailati, J.D. Orthlieb et M. Fradeani.
➢ Enregistrement en OIM avec une résine chémopolymérisable vestibulaire, sans
interposition de matériau sur les faces occlusales.
➢ Enregistrement en ORC avec une cire rigide de type cire Moyco® ramollie sous l’eau
à 52°, rebasée à l’oxyde de zinc-Eugénol. Les cires s’étendent des canines aux
molaires, et ne s’étendent pas aux incisives pour éviter d’induire une propulsion au
moment de l’enregistrement(51). Trois jeux de cires sont réalisés pour vérifier la
reproductibilité de l’ORC.
➢ Les techniques de positionnement en RC sont nombreuses. La mise en place d’un
système de désocclusion antérieure type JIG ou plan de Kois est conseillée pour le
praticien inexpérimenté. De plus elle permet de valider l’esthétique exobuccale de
l’augmentation de DVO en réalisant l’enregistrement à une DVO augmentée (dont la
valeur devra être confirmée après la réalisation des étapes suivantes).
Rq. : L’avantage de choisir la DVO lors de l’enregistrement occlusal en clinique est de monter sur
articulateur le modèle mandibulaire à la DVO choisie en compensant cette augmentation sur la tige
incisive. Le prothésiste travaille ainsi avec une tige à 0, donc un parallélisme des branches
horizontales de l’articulateur qui se rapproche de la physiologie humaine.
! Attention débat !
J.D. Orthlieb et M. Fradeani réalisent, en l’absence de pathologies articulaires, leurs reconstructions
en RC afin de retrouver une référence stable pendant le traitement.
F. Vailati propose de choisir la position mandibulaire la plus favorable à la restitution d’un guide
antérieur fonctionnel. Ainsi, un patient présentant un surplomb augmenté ne sera pas réhabilité en
ORC afin de ne pas aggraver son surplomb et de faciliter la reconstruction du guide antérieur.
Ces trois praticiens présentent des résultats favorables à long-terme, ne permettant pas de statuer
sur la position de choix. Cependant, le guide antérieur étant le garant de la stabilité articulaire et de
la reconstruction prothétique, le raisonnement de F. Vailati semble particulièrement cohérent pour
favoriser le succès des réhabiliations.
72
• OUTIL 1 : Les résines de calage vestibulaires en OIM.
73
Figure 44: Manuel d'utilisation du Ditramax
Inter-séance 2 :
- Montage en articulateur semi-adaptable
- Choix de la DVO
- Demande des wax-up vestibulaires maxillaires et antérieurs mandibulaires
74
Focus 8 : Réglage de l’articulateur
75
d’évaluer les faces vestibulaires prémolaires voire molaires maxillaires avant de
choisir la position du plan d’occlusion pour une bonne évaluation esthétique des
corridors buccaux.
- Phonétiques : rapport du bord libre de l’incisive centrale maxillaire avec la lèvre
inférieure pour prononcer les « f ».
- Tissulaires : nécessité/limite de l’augmentation de DVO pour le rapport
couronne/racine des futures prothèses.
- Occlusaux : pente incisive majorant les forces axiales et limitant les forces non
axiales (pente « ouverte » et non « fermée »).
Figure 46 : Importance de la pente incisive dans la répartition des forces occlusales sur la racine incisive
➢ Protocole proposé :
1. La première étape consiste à positionner le plan d’occlusion au maxillaire.
Une fois que cette position est validée par les critères esthétiques et phonétiques,
elle est confrontée aux exigences suivantes :
2. Position du bord libre de l’incisive mandibulaire pour créer une courbe de Spee
favorablement conçue par rapport à la selle turcique.
3. Possibilité de créer une pente incisive ouverte en restaurant les faces palatines
maxillaires.
4. Hauteur prothétique favorable à l’économie tissulaire au maxillaire et à la
mandibule : préparation à minima en créant l’espace nécessaire aux matériaux
prothétique par augmentation de DVO. Rappelons que la règle des vides
fonctionnels de J.F. Lasserre impose de rajouter 1 mm aux épaisseurs exigées par
le matériau prothétique en secteur postérieur.
5. Vérification des critères exobuccaux : fermeture labiale, esthétique de face et de
profil.
76
! Attention débat !
Pour F. Vailati, le bord libre de l’incisive centrale maxillaire est le point de départ de la
reconstruction. Pour J.D. Orthlieb il s’agit du bord libre de l’incisive mandibulaire, qui achève la mise
en place de la courbe de Spee.
J.F. Lasserre tente de proposer un consensus en validant en une première étape la position du
bord libre de l’incisive maxillaire et le guide antérieur avec la position du bord libre de l’incisive
mandibulaire.
Séance 3 :
77
➢ Dans le cas des temporisations de longue durée où les résines composites
photopolymérisables sont préférées aux résines bisgma chémopolymérisables, les
clés transparentes en silicone sont obligatoires. Elles peuvent être rigidifiées en étant
incluses dans une gouttière rigide(71).
Figure 47: Réalisation d'une gouttière rigide autour de la clé en silicone pour limiter la déformation au moment du
transfert(71)
Inter-séance 3 :
- Wax-up occlusaux sur les modèles validés ou modifiés
- Contrôle par conversion de Slavicek : une fois la valeur de l’augmentation de DVO
choisie, les nouvelles conditions squelettiques sont vérifiées grâce à la conversion de
Slavicek qui permet de passer d’une analyse millimétrique à une analyse angulaire
Séance 4 :
78
Focus 12 : Check-list de l’évaluation du mock-up
➢ Compétence labiale.
➢ Intégration au sourire.
➢ Soutiens faciaux.
➢ Ménager les embrasures par mise en place de wedget dans les espaces
interdentaires
Figure 48: Embrasures ménagées avec du wedget pour empêcher la fusée de la résine utilisée pour le mock-up
79
➢ Deux techniques :
Dépôt d’adhésif sur chaque face Dépôt de vaseline sur les surfaces
vestibulaire pour laisser en place le mock- dentaires et retrait du mock-up –
up au retrait de la clé Assemblage du mock-up par scellement
provisoire dans un second temps
Avantage : Avantages :
- Absence d’utilisation de ciment. - Gestion des embrasures et de leur
polissage hors de la bouche du patient.
- Permet l’individualisation de secteurs
particuliers pour une intervention
endodontique.
- Permet de contrôler les épaisseurs en
mesurant avec un compas hors de la
bouche du patient.
Inconvénients : Inconvénients :
- Gestion des embrasures plus complexe. - Utilisation de ciment.
- Ne permet pas le retrait d’un provisoire - Risque de légères modifications de
unitaire pour la réalisation d’un traitement l’occlusion au moment du scellement.
endodontique.
- Ne permet pas un polissage de la résine
au niveau des embrasures.
Tableau 27 : Avantages et inconvénients des deux techniques de réalisation du mock-up à visée povisoire.
Il semble ainsi plus intéressant de retirer le mock-up pour travailler les embrasures
hors de la bouche du patient et de pouvoir individualiser certains secteurs avant de
le sceller.
80
3. Etape 3 : Validation des provisoires
Séance 5 :
- Validation fonctionnelle et esthétique du patient : confort, phonation, mastication,
déglutition, douleurs dentaires, sourire
- Validation occlusale en diduction et propulsion
- Validation articulaire (diagramme de Farrar)
- Validation musculaire (céphalées) et posturale
Le délai de validation des provisoires ne fait pas consensus dans la littérature ! F. Vailati
propose une durée de mise sous provisoires d’un mois. Les phases provisoires les plus
fréquemment retrouvées correspondent à des délais d’un à trois mois. Il semble cohérent
d’attendre trois mois en cas de pathologies articulaires.
Comme expliqué plus haut, les tests phonétiques sont utilisés pour contrôler l’adaptation
du patient après une période sous-provisoire. Du fait de la plasticité de la langue, ils ne
sont pas fiables le jour de la mise sous provisoire.
81
4. Etape 4 : Réalisation des restaurations définitives
- Utilisation des provisoires comme guide de forme et d’épaisseur pour les préparations
- Suivi à long terme : 2 semaines, 2 mois, 6 mois, 1 an, tous les ans.
Figure 49: Les crêtes marginales favorisent la résistance en flexion des dents antérieures(49)
82
Focus 16 : Le pronostic
➢ L’étude de G. Fabbri et coll.(73) sur 100 patients soignés par augmentation de DVO
pendant 1 an présente les résultats suivants :
- 17% ont présenté des effets indésirables à 2 semaines : tension des muscles
élévateurs, douleur dentaire, bruxisme de serrement, céphalées, difficultés à
parler, fatigue musculaire, élévation de la force de morsure. Ces effets indésirables
ont disparu au cours de l’année, à l’exception de la difficulté à parler qui s’est
maintenue chez un patient.
- Cependant, concernant le bruxisme, les résultats montrent une rechute à 3 mois
pour 18 patients, à 6 mois pour 3 patients, à 12 mois pour 4 patients, et une
rechute à 24 mois pour 1 patient.
25% des patients présentaient une prothèse composite, 48% des patients présentaient
une prothèse implantaire, 27% des patients présentaient des prothèses fixées.
5. Etape 5 : Suivi
83
6. En résumé …
Nous pouvons résumer le protocole détaillé dans les pages précédentes par le
tableau suivant :
Etape 1 : LA PLANIFICATION
Séance 1 • Entretien
• Observation clinique
• Status radiographique
• Photographies
• Empreintes d’études alginate
• Prescriptions : téléradiographie de profil, éventuellement IRM en cas de
pathologie articulaire.
Inter-séance 1 • Coulée des empreintes d’étude
• Toilettage des modèles
• Analyse des photographies
Etape 5 : SUIVI
Tableau 29: Récapitulatif des étapes de réalisation d'une réhabilitation prothétique avec augmentation de DVO
84
Figure 50: Schéma récapitulatif du protocole d'augmentation de DVO proposé en partie V (source : auteur)
85
Conclusion
86
Nous savons ainsi que le plan d’occlusion ne peut être validé sans avoir vérifier les
éléments cliniques que sont :
- la position des bords libres maxillaires et mandibulaires dans le respect d’un guide
antérieur fonctionnel.
- la conservation d’une courbe de Spee mandibulaire correcte.
- l’esthétique du corridor buccal.
Nous savons à présent, grâce aux travaux de F. Vailati en OIM et aux reconstructions
en antéposition mandibulaire, que le plus important est de choisir une position
permettant la restitution d’un guide antérieur fonctionnel, garant de la stabilité
articulaire et prothétique : les critères dentaires (guide antérieur et hauteur
prothétique) sont les véritables clés de la décision de la DVO thérapeutique en
prothèse fixée.
87
Table des figures :
A
Figure 40: Angle ENA-Xi-Pm quantifiant la DVO.................................................................................... 70
Figure 41: Angle inter-incisif garant d'une cinématique mandibulaire non pathogène(24)................. 71
Figure 42 : Courbe de Spee s'organisant autour de la selle turcique(24). ............................................ 71
Figure 43 : résines de calage vestibulaire(33) ....................................................................................... 73
Figure 44: Manuel d'utilisation du Ditramax ......................................................................................... 74
Figure 45: Table incisive personnalisée réalisée à l'aide de résine Duralay®(23) ................................. 75
Figure 46 : Importance de la pente incisive dans la répartition des forces occlusales sur la racine
incisive ................................................................................................................................................... 76
Figure 47: Réalisation d'une gouttière rigide autour de la clé en silicone pour limiter la déformation
au moment du transfert(71) ................................................................................................................. 78
Figure 48: Embrasures ménagées avec du wedget pour empêcher la fusée de la résine utilisée pour le
mock-up................................................................................................................................................. 79
Figure 49: Les crêtes marginales favorisent la résistance en flexion des dents antérieures(49).......... 82
Figure 50: Schéma récapitulatif du protocole d'augmentation de DVO proposé en partie V (source :
auteur) ................................................................................................................................................... 85
B
Table des tableaux :
Tableau 1 : Influence des remparts phonétiques sur la phonation ........................................................ 7
Tableau 2 : Etiologie des lésions d'usure dentaire ................................................................................ 10
Tableau 3 : Les différentes techniques d'évaluation de la DVO ............................................................ 13
Tableau 4 : Les différents types d'articulateur ...................................................................................... 15
Tableau 5 : Tracés axiographiques en présence de dysfonctions articulaires et occlusales(29) .......... 19
Tableau 6 : Indications des gouttières en fonction du diagnostic articulaire ....................................... 20
Tableau 7 : Techniques d'enregistrement occlusal en OIM .................................................................. 22
Tableau 8 : Techniques d'enregistrement occlusal en ORC .................................................................. 22
Tableau 9 : Techniques d'enregistrement occlusal en position thérapeutique .................................... 23
Tableau 10 : Techniques de positionnement en RC .............................................................................. 24
Tableau 11 : Angles céphalométriques intervenant dans l'évaluation de la DVO ................................ 27
Tableau 12 : Eléments à évaluer avant l'indication d'une augmentation de DVO ................................ 30
Tableau 13 : Protocole de réalisation du set-up céphalométrique ....................................................... 37
Tableau 14 : Consensus et discordes sur les techniques d'augmentation de DVO............................... 40
Tableau 15 : Les positions mandibulaires utilisées par les différents auteurs lors de leurs
réhabilitations buccales de grande étendue ......................................................................................... 41
Tableau 16 : Avantages et inconvénients du "Dahl Concept" ............................................................... 43
Tableau 17 : Effets indésirables du "Dahl Concept" .............................................................................. 43
Tableau 18 : Avantages et inconvénients de la mise sous provisoires fixes des secteurs cuspidés selon
la technique de « three-step » de F. Vailati. ......................................................................................... 49
Tableau 19 : Avantages et inconvénients de la technique de M. Fradeani .......................................... 54
Tableau 20 : Avantages et inconvénients de la "Stamp technique" ..................................................... 59
Tableau 21 : Classification des situations de dimensions verticales d'occlusion(58)............................ 64
Tableau 22: Choix des références verticales et horizontales de reconstruction sur photographies. ... 66
Tableau 23: Classification de Parodontia(63) ........................................................................................ 67
Tableau 24: Check-list esthétique de Magne et Belser. ........................................................................ 67
Tableau 25:Classification de la ligne esthétique gingivale(65).............................................................. 68
Tableau 26: Etapes du Digital Smile Design(35). ................................................................................... 69
Tableau 27 : Avantages et inconvénients des deux techniques de réalisation du mock-up à visée
povisoire. ............................................................................................................................................... 80
Tableau 28 : Répercussion lors de l'augmentation de DVO sur la gêne phonatoire............................. 81
Tableau 29: Récapitulatif des étapes de réalisation d'une réhabilitation prothétique avec
augmentation de DVO ........................................................................................................................... 84
C
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V
SERMENT MEDICAL
Admis dans l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma
langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à
corrompre les mœurs ni à favoriser le crime.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Résumé :
La perte de dimension verticale d’occlusion (DVO) est retrouvée de plus en plus fréquemment chez
nos patients. Cependant, de multiples protocoles contradictoires ont été proposés, laissant le praticien
confus. L’objectif de ce document est d’établir un protocole d’augmentation de DVO unique et
facilement accessible à la pratique clinique.
Dans ce travail, nous rappelons que la DVO est en relation avec de multiples structures et fonctions :
son augmentation doit donc être prudemment conduite au sein d’un environnement aux grandes
capacités d’adaptation. Nous précisons les outils et connaissances fondamentales nécessaires à la
remontée de DVO avant de comparer les protocoles proposés par Dahl, Vailati, Fradeani, Orthlieb,
Lussi et Lasserre.
Nous proposons enfin à l’issue de cette analyse un protocole mettant en lumière les points
consensuels et les désaccords des différents auteurs.
HAMDAN Léna – Vertical bite augmentation in fixed prosthesis: comparison of current protocols and
attempt at consensus
Abstract:
The loss of vertical dimension of occlusion (VOD) is found more and more frequently in our patients.
However, multiple contradictory protocols have been presented, leaving the practitioner confused.z
The objective of this paper is to establish a single protocol for VOD augmentation that is easily
achievable in clinical practice.
In this work, we point out that the VOD is related to multiple structures and functions: its augmentation
must therefore be carefully conducted within an environment with great adaptation capacities. We
specify the tools and fundamental knowledge necessary to raise the DVO before comparing the
protocols described by Dahl, Vailati, Fradeani, Orthlieb, Lussi and Lasserre.
At the end of this analysis, we present a protocol highlighting the points of agreement and
disagreement between the different authors.
Key words :
Vertical dimension of occlusion - Morpho-functional project - Anterior guide - Spee's curve - Therapeutic
mandibular position - Dahl concept - Three-step - Stamp technique - OCTA