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Résorption Osseuse

Le cours sur la résorption osseuse chez l'édenté total aborde l'histologie, la physiologie et les aspects biomécaniques de l'os, en soulignant l'importance des dents pour maintenir l'intégrité osseuse. La résorption osseuse est définie comme une perte osseuse localisée et cumulative, influencée par divers facteurs généraux, locaux et spécifiques. Une compréhension approfondie de ces facteurs est essentielle pour gérer la résorption alvéolaire et ses conséquences cliniques.

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Résorption Osseuse

Le cours sur la résorption osseuse chez l'édenté total aborde l'histologie, la physiologie et les aspects biomécaniques de l'os, en soulignant l'importance des dents pour maintenir l'intégrité osseuse. La résorption osseuse est définie comme une perte osseuse localisée et cumulative, influencée par divers facteurs généraux, locaux et spécifiques. Une compréhension approfondie de ces facteurs est essentielle pour gérer la résorption alvéolaire et ses conséquences cliniques.

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COURS RESORPTION OSSEUSE LA RÉSORPTION OSSEUSE CHEZ L'ÉDENTÉ TOTAL :

notions fondamentales

Dr SEFRIOUI Amal
Table des matières

Objectifs 5

Introduction 7

I - Rappels histologiques et anatomiques 9


A. Histologie des maxillaires 9
1. Composition du tissu osseux 9
2. Structure des maxillaires 9
B. Anatomie des maxillaires 10

II - Physiologie de l'os 13
A. Le remaniement osseux 13
B. L'équilibre osseux 13
1. Facteurs généraux 13
2. Facteurs locaux 15
3. Facteurs spécifiques 15

III - Aspects biomécaniques de l'os 17


A. Propriétés physiques de l'os 17
B. Théories mécaniques 17
C. Propriétés piézo-électriques de l'os 18
D. Les contraintes 18

Conclusion 19

Bibliographie 21

Objectifs
OBJECTIFS DU COURS :
• Rappeler l'histologie et la physiologie de l'os
• Connaître les facteurs influençant l'équilibre osseux
• Connaître les aspects biomécaniques influençant la résorption osseuse
Introduction
L'existence des procès alvéolaires et l'intégrité des maxillaires, en dehors d'un processus
pathologique spécifique, sont liées à la présence des dents.
Dès qu'une dent est extraite, s'enclenche un ensemble de mécanismes aboutissant à la
destruction totale et irréversible de l'os : avec la perte de l'organe dentaire, l'os alvéolaire perd
sa raison d'exister.
L'os alvéolaire d'une crête édentée présente alors une nouvelle organisation structurale et
architecturale définie par la résorption.
DÉFINITION
La résorption osseuse est une perte osseuse localisée, chronique, évolutive et cumulative.
L'évolution physiologique ou pathologique de ce phénomène inéluctable est la conséquence de
l'interdépendance de facteurs généraux, locaux et spécifiques à l'os alvéolaire.
Une connaissance de ces facteurs susceptibles d'accélérer ou freiner le processus d'involution
s'impose pour une meilleure compréhension du problème de la résorption alvéolaire.

image1

image 2

I–

Rappels histologiques et anatomiquesI


Histologie des maxillaires 9
Anatomie des maxillaires 10
A. Histologie des maxillaires

1. Composition du tissu osseux


L'os est un tissu conjonctif fibreux et minéralisé ce qui lui confère sa rigidité et son
élasticité.
Il a une fonction de support et d'amortissement des contraintes : par sa structure
lamellaire, il présente une adaptation permanente aux sollicitations mécaniques et
fonctionnelles.
Il est composé de :
- cellules osseuses : des ostéocytes au sein de la matrice osseuse ; des
ostéoblastes présents dans les zones d'apposition et responsables de la synthèse de
la matrice osseuse et de sa calcification ; des ostéoclastes responsables de la
résorption osseuse.
- matrice osseuse : substance fondamentale extra-cellulaire, à base de collagène type
I et protéines non collagéniques ;
- sels minéraux : prédominance de calcium et de phosphate.

2. Structure des maxillaires


Ce sont des os plats constitués de deux corticales d'os compact recouvert d'un tissu
fibreux, le périoste et renfermant une partie centrale, le tissu spongieux.
- l'os compact : c'est l'os des corticales, dit cortex.
C'est un os dense, très minéralisé, recouvert par le périoste et constitué d'ostéoms
(Image 3). Ce sont des lamelles osseuses disposées de manière concentrique autour
d'un canal médullaire passage de vaisseaux sanguins dit canal de Havers(1). Les
ostéoblastes (2) emmurés contre les parois du canal produisent un liseré pré osseux (3)
qui après calcification donne en périphérie le tissu osseux calcifié (4).
- l'os spongieux : os léger, peu minéralisé, avec de rares ostéoms constitué de
trabécules entrecroisées limitant des espaces de moelle osseuse .
- la moelle osseuse: cavités avec des cellules adipeuses, sanguines et réticulo-
endothéliales.

Image 3 Ostéom
B. Anatomie des maxillaires

e maxillaire et la mandibule sont constitués de 2 zones : le corps et le procès alvéolaire.


L'os basal :
Corps ou base de l'os maxillaire ou mandibulaire qui persiste après la perte des dents.
Os plat constitué de deux corticales enfermant un os plus ou moins spongieux.
L'os alvéolaire :
Les procès alvéolaires apparaissent à l'éruption des dents, assurant la liaison de l'organe
dentaire au maxillaire et disparaissent avec elles.
Ils sont constitués d' :
- une corticale externe dense recouverte de périoste qui prolonge la corticale de l'os
basal.
- une corticale interne du côté dentaire appelée lame criblée ou cribriforme ; c'est un
os fin percé de nombreux orifices sur lequel s'applique le desmodonte unissant l'os
alvéolaire à la racine.

image4

Physiologie de l'os
II
Le remaniement osseux 13
L'équilibre osseux 13

A. Le remaniement osseux

L'os est en perpétuel remaniement pour maintenir sa structure dans le cadre d'un
processus physiologique biphasique qui s'effectue à un rythme lent : résorption-
apposition.
L'ostéodestruction et l'ostéofomation sont juxtaposés de telle sorte que le tissu osseux
est en renouvellement constant: alors qu'à certains points du tissu spongieux, les
ostéoblastes sont en train d'édifier la substance pré-osseuse, à d'autres endroits les
ostéoclastes creusent par résorption le tissu osseux.
L'équilibre de l'ostéolyse – ostéogenèse caractérise la bonne santé de l'os et est sous la
dépendance de facteurs généraux métaboliques, de facteurs locaux mécaniques et de
facteurs spécifiques à l'os alvéolaire.

B. L'équilibre osseux

L'équilibre dynamique du remaniement permanent de l'os dépend de nombreux facteurs


nutritionnels, hormonaux ou mécaniques qui peuvent intervenir soit sur l'ostéolyse soit sur
l'ostéogénèse.

1. Facteurs généraux
Ensemble de facteurs pouvant entrainer par leur déséquilibre des troubles de
l'ostéogénèse
Insuffisance de construction ostéoblasique (ou défaut de minéralisation) ou de
l'ostéolyse (hyperostéolyse).

a) Le métabolisme phosphocalcique

Celui-ci dépend de :
- l'apport minéral en Ca et P ;
- l'équilibre de l'absorption et de l'élimination du calcium et phosphore au niveau des
intestins et des reins.

b) Les facteurs vitaminiques

les plus importants sont :


- les vitamines A et C
- la vitamine D, importante dans l'absorption intestinale du Ca et le maintien de la
calcémie avec le concourt de l'hormone para-thyroïdienne.

c) Les facteurs hormonaux :

- la parathormone, hormone hypercalcémiante ;


Elle régule l'homéostasie calcique en influençant l'absorption intestinale du Ca et sa
réabsorption tubulaire et en favorisant l'ostéolyse par activation des ostéoclastes.
- la calcitonine, hormone thyroïdienne hypocalcémiante et hypophosphorémiante. Elle
diminue le taux de Ca dans le sang selon 3 principes :
1. Inhibition de l'activité des ostéoclastes
2. Diminution de l'activité de la vit.D et par là diminution de l'absorption du Ca par
le duodenum
3. Augmentation de l'excrétion du Ca par les reins
- la cortisone, si elle est élevée (par ex. en cas de traitement aux corticoïdes) inhibe
la synthèse du collagène et diminue l'absorption intestinale du Ca, entravant ainsi
l'ostéoformation ;
- les œstrogènes freinent la résorption osseuse ;
- l'hormone somatotrope stimule l'ostéoformation.

d) L'âge

Ÿ jusqu'à 20 ans : ostéogenèse supérieure à la résorption


Ÿ de 20 à 35 ans : équilibre des phases
Ÿ après 35 ans : ostéodestruction supérieure à la formation.
Avec l'âge, on assiste aux phénomènes suivants :
- ralentissement de l'activité des ostéoblastes
- apposition minérale réduite
- troubles métaboliques
- carences nutritionnelles et vitaminiques
- dérèglements hormonaux : baisse de calcitonine, d'hormones génitales...
- prise de médicaments (corticoïdes,héparine, substituts hormonaux, effets secondaires,
- ménopause caractérisée par l'ostéoporose
- diminution de la masse squelettique
- inactivité ou immobilisation avec le vieillissement.

2. Facteurs locaux
Ensemble de facteurs ayant une influence sur la régulation des remaniements de
l'architecture osseuse.
Ces facteurs agissent au niveau de deux plans :

a) Sur le plan neuro-trophique

- la perte de stimulation musculo-tendineuse a une action trophique sur les


odontoblastes;
- l'altération des nerfs végétatifs ;
- l'ischémie ou la stase veineuse.

b) Sur le plan mécanique :

- le collagène a la propriété de s'orienter mécaniquement


- les travées osseuses s'orientent et se réorientent en fonction des forces qui s'exercent
sur elles;
- Loi de Wolf : « A chaque changement dans la fonction d'un os répond une
réorganisation de son architecture trabéculaire et de sa morphologie,
mathématiquement en accord avec las efforts qui lui sont demandés »
- les pressions mécaniques sont ostéogéniques.

3. Facteurs spécifiques
Ensemble de facteurs en rapport avec la stimulation particulière de l'os alvéolaire.
Ce sont des facteurs liés à la réhabilitation bucco-dentaire

a) Stimulation de l'os alvéolaire:

- Chez le denté, elle est desmodontale ;


- Chez l'édenté, la charge occlusale est transmise par l'intermédiaire de la
fibromuqueuse ;
- la charge occlusale est transmise au travers de la fibromuqueuse ;
- la charge occlusale est absorbée par la fibromuqueuse.
La fibromuqueuse assure une activité ostéogénique par l'intermédiaire des fibres
élastiques et de ses insertions conjonctives sur l'os. Elle joue un rôle de protection et
d'amortie des forces.

b) Influence des facteurs locaux

- l'hygiène bucco-dentaire (inflammation de la fibromuqueuse)


- les techniques chirurgicales (extraction dentaire, énucléation des kystes...)
- port ou absence de réhabilitation prothétique
- qualité des prothèses amovibles (maintien de l'équilibre tissulaire et prothétique,
respect des facteurs occlusaux : DVO, RC,
Aspects biomécaniques de l'os
III
Propriétés physiques de l'os 17
Théories mécaniques 17
Propriétés piézo-électriques de l'os 18
Les contraintes 18

A. Propriétés physiques de l'os

Les caractéristiques de l'os sont:


• Résistance, grâce à l'organisation structurale du conjonctif et des
cristaux osseux ;
• Rigidité, assurée par l'orientation architecturale des ostéons par rapport
à l'axe de l'os, par l'orientation individuelle de chaque groupe d'ostéons sur
leur propre axe et par l'enchevêtrement des ostéons les uns sur les autres
;
• Elasticité et plasticité, grâce au renouvellement permanent de l'os.

B. Théories mécaniques

Plusieurs auteurs ont émis des lois explicatives de l'action mécanique sur
l'os
• Loi de Wolf
Il explique le mécanisme intérieur de la résorption : « A chaque
changement dans la fonction de l'os, répond une réorganisation de son
architecture trabébulaire, mathématiquement en accord avec les efforts
qui lui sont demandés. »
• Loi de Jores (facteur temps)
- une pression continue et forte aboutit à la résorption osseuse.
- une pression discontinue et forte avec des intervalles de repos courts, se
comporte comme une pression continue ;
- une pression discontinue avec des intervalles de repos prolongés favorise
l'ostéogenèse et l'organisation favorable des trabécules osseuses ;
- l'absence de pression aboutit à la résorption : l'hypofonction favorise
l'atrophie osseuse.
• Loi de Weinmann et Sicher
- l'augmentation de pression ou de tension au delà des limites de tolérance
produit une destruction de l'os ;
- Partout où la pression, qu'elle soit continue ou intermittente, compromet
le drainage sanguin du tissu osseux, il y a résorption.
• Travaux de Leriche et Policard (facteur vasculaire)
Toute modification (hyperhémie ou ischémie) de l'état vasculaire d'origine
mécanique, infectieuse ou traumatique se traduit par une ostéolyse.
• Loi de Boses (intensité des forces)
- une force d'intensité modérée et large, maintient la structure osseuse ;
- une force d'intensité importante, brusque et localisée se comporte
comme un traumatisme et aboutit à une résorption osseuse irréversible.
• Loi de Couly (théorie mécanique de la signification fonctionnelle de
l'ostéon)

Tout dépassement du taux de contrainte ou son insuffisance aboutit à un


résorption osseuse.
- Si l'augmentation des forces peut aboutir à une ostéogénèse exagérée
ou à une résorption, une diminution de l'activité mécanique entraine
toujours une raréfaction osseuse.
- Si l'os est fait pour résister aux forces, il a besoin de ces mêmes forces
pour se développer complètement et parfaire sa différenciation
structurelle.

C. Propriétés piézo-électriques de l'os

Les travaux de Yasuda et Fukada ont montré que l'os produit un potentiel
électrique de courte durée, proportionnel aux contraintes appliquées. Ces
propriétés piézoélectriques sont liées au caractère cristallin des
hydroxyapatites et l'organisation spatiale des collagènes.
- l'os présente dans ses parties sous pression, un milieu électronégatif ,
alcalin donc ostéogénique ;
- l'os présente dans ses parties en tension, un milieu électropositif, acide
et donc ostéclasique.
Selon Ogolnik, l'ostéogène se caractérise par une augmentation de
l'activité piézoélectrique et l'ostéolyse par une baisse.

D. Les contraintes

Chez l'édenté, réduction de l'intensité des forces appliquées sur l'os: alors
que les dents naturelles supportent une charge en moyenne de 21,7
kg/cm2, l'édenté ne supporte que 6-8 kg/cm2.
Diminution de l'efficacité masticatoire = 1/6 de l'efficacité masticatoire du
denté.
Energie d'absorption des forces plus importante par les matériaux
prothétiques, la fibromuqueuse et la trabéculation osseuse.
Modification du cycle masticatoire et du type de déglutition.

Conclusion

L'os alvéolaire est doté d'un turn-over élevé.


Il a besoin de forces modérées, discontinues et larges pour maintenir sa structure et parfaire sa
différenciation en fonction des contraintes.
Bibliographie

[Ressource principale]
S. Kleinfinger, J. Lejoyeux, « La résorption des crêtes édentées une entité clinique »,
AOS n°135,1981 :403-427
Classification Cawood Howell : Cawood et Howell ont proposé une
classification physiopathologique des différents stades de résorption
alvéolaire.
Six classes la composent :

▪ Classe I : denté
▪ Classe II : post-extraction
▪ Classe III : crête arrondie, hauteur et largeur suffisantes
▪ Classe IV : crête en lame de couteau, hauteur suffisante, largeur
insuffisante
▪ Classe V : crête plate, hauteur et largeur insuffisantes
▪ Classe VI : crête concave (avec perte d'os basal)
Les causes de la résorption osseuse
Bien que Carlsson ait conclu qu'aucun facteur ne soit cliniquement
reconnu comme dominant dans le phénomène de la résorption os-
seuse post extractionnelle, la majorité des auteurs s'accorde à recon-
naître que certains facteurs généraux comme l'ancienneté de l'éden-
tation, la morphologie faciale, les états pathologiques entraînant des
troubles du métabolisme phosphocalcique, certains traitements mé-
dicamenteux (corticostéroïdes, thyroxine...), mais aussi certains fac-
teurs locaux comme les parodontopathies, les extractions mutilantes
ainsi que les variations de pression entraînées par le port de pro-
thèses amovibles déséquilibrées, sont impliqués dans la résorption
de l'os alvéolaire.
Mercier et Vinet soulignent que la résorption osseuse est plus impor-
tante chez les porteurs de prothèses amovibles que chez les patients
non appareillés, et que le port nocturne de prothèse amovible en-
traîne également une perte osseuse plus élevée.

Si la résorption est inéluctable après la perte des dents et qu'elle est


plus ou moins rapide et importante en fonction des sollicitations,
celle-ci intéresse essentiellement l'os alvéolaire. L'os basal n'est con-
cerné que dans les cas de résorption extrême au niveau des régions
latérales postérieures mandibulaires. La surface supérieure de la
mandibule devient concave, en hamac tendu entre les lignes obliques
interne et externe davantage sollicitées par les insertions des
muscles mylohyoïdien et buccinateur et donc moins résorbées. La ré-
alisation de prothèse amovible nécessite alors des techniques de
mise en condition tissulaire, d'empreintes et de montage spécifiques.

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