PDFCH 7
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Michel Mizony
1
C) Gravitation et électromagnétisme
Forme conforme ; jauge ; vitesse de la lumière
Conclusion
2
Dès les années 20, la relativité générale, élaborée au départ pour concilier relativité
restreinte et gravitation, est utilisée pour construire des modèles d'univers. Cette recherche
est d'abord purement spéculative, visant à explorer les possibilités de la nouvelle théorie.
Elle aboutit en particulier à montrer la possibilité de construire des modèles d'univers en
expansion. C'est à A. Friedmann (1922) que l'on doit l'étude d'une famille de modèles
d'univers isotropes. Une étude d'une famille plus complète fut faite par G. Lemaître en
1927. Or, peu après, les observations de Hubble aboutissent à la conclusion que l'univers
est eectivement en expansion ce qui provoque bien sûr un regain d'intérêt pour ces modèles
d'univers "einsteiniens" rendant compte de ce phénomène. C'est à Robertson, en 1935, et
Walker, en 1936, que l'on doit l'étude complète des modèles d'univers isotropes dans le
cadre de la relativité générale.
La possibilité de fabriquer des modèles d'univers à partir de l'utilisation de la théorie
newtonienne et de la relativité restreinte, mais sans appel à la relativité générale, est recon-
nue dans les mêmes années (Milne, 1934) ; ces modèles d'univers se placent essentiellement
dans le cadre newtonien, mais modié en supposant la vitesse de la lumière nie.
Cependant, il faut signaler que les premiers exemples de modèles d'univers en expansion
ont été décrits par W. de Sitter (1917) et déjà par V. Varicak (1910) ! Ce fait trop peu
connu mérite d'être signalé.
1 Quelques problèmes
1 A) Notations et formulation du problème
Une forme de Robertson-Walker d'une métrique d'univers homogène et isotrope sera
notée :
𝑑𝑠2 = 𝑐2 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)(𝑑𝛼2 + 𝑓𝜖2 (𝛼)𝑑𝜔 2 ), où 𝑑𝜔 2 = 𝑑𝜃2 + 𝑠𝑖𝑛2 𝜃𝑑𝜙2 et où , pour 𝜖 =
(1)
1, 0, −1 suivant la nature de la partie spatiale de l'univers (plus précisément 𝜖 est le signe
de la courbure de cette partie espace), on a respectivement :
𝑓1 (𝛼) = 𝑠𝑖𝑛𝛼, la partie espace est une sphère ,
𝑓𝑜 (𝛼) = 𝛼, , la partie espace est l'espace euclidien ,
𝑓−1 (𝛼) = 𝑠ℎ𝛼 , la partie espace est un hyperboloïde.
2 2 2 2
Nous noterons parfois 𝑑Ω𝜖 , la partie spatiale 𝑑𝛼 + 𝑓𝜖 (𝛼)𝑑𝜔 de la métrique.
Pour une telle forme de métrique, les équations d'Einstein 𝐺𝜇𝜈 = 𝜅𝑇𝜇𝜈 , où 𝐺𝜇𝜈 est le
tenseur d'Einstein (avec ou sans constante cosmologique), 𝑇𝜇𝜈
le tenseur impulsion-énergie
8𝜋𝐺
et 𝜅 un coecient de proportionnalité (habituellement identié à
𝑐4
), se réduisent à :
8𝜋𝐺 𝑜 𝜖 𝑅˙ 2 Λ
(2) 4
𝑇𝑜 = 3( 2
+ 2 2
− ),
𝑐 𝑅 𝑐𝑅 3
8𝜋𝐺 1 𝜖 𝑅˙ 2 𝑅¨
(3) 𝑇1 = + + 2 − Λ,
𝑐4 𝑅 2 𝑐2 𝑅 2 𝑐2 𝑅
𝑑
où ”˙” = 𝑑𝑡
.
Premiers problèmes : G est-elle la constante de Newton ?𝛼 est-il un angle ou une lon-
4
gueur ? Suivants les ouvrages on trouve à la place du facteur 𝑐 , dans le premier membre
2 0
des équations (2) et (3), le facteur 𝑐 ou parfois même le facteur 𝑐 , pourquoi ? Unicité
3
de la forme de Robertson-Walker ? Hypothèses implicites et explicites ? Sur quelle variété
2
est dénie la deux-forme 𝑑𝑠 ? Pourquoi choisir l'écriture équivariante des équations de la
relativité générale ? Faut-il écrire les équations d'Einstein avec ou sans constante cosmolo-
gique ?
Avant d'aller plus loin dans les notations et avant même de rééchir au tenseur impul-
sion-énergie, il est nécessaire de débroussailler certains de ces problèmes. Même si ces
développements pourront paraître fastidieux ou longs, il sont nécessaires pour mettre en
évidence des hypothèses implicitement admises, et pour mieux comprendre la relativité
générale.
Je rappelle que je prend comme axiome initial le fait que la relativité générale four-
nit un cadre mathématique théorique de la gravitation. Il m'est évident que si certaines
observations vont à l'encontre de cette théorie (par exemple l'observation de la formation
d'un trou noir en un temps ni pour un observateur extérieur à la formation de ce trou
noir), ce travail, de fait caduque, gardera son sens, d'une part dans l'exigence de rigueur
mathématique, d'autre part au plan de l'épistémologie.
4
par exemple [𝑅𝑜𝑜 ] = 𝑚−2 et [𝑅11 ] est sans dimension ; de même le tenseur métrique 𝑔𝜇𝜈
𝜇
ne l'est pas non plus. Par contre le tenseur équivariant 𝐺𝜈 est homogène et de dimension
[𝐺𝜇𝜈 ] = 𝑚−2 .
𝜇
Ainsi 𝑇𝜈 est de dimension constante.
𝜇
- Si l'on donne localement à 𝑇𝜈 la signication d'une densité d'énergie, alors les équa-
tions d'Einstein s'écrivent :
𝜖 𝑅′ 2 𝑅′′
8𝜋𝐺𝑇11 = 2 + 2 +2 −Λ
𝑅 𝑅 𝑅
𝜖 𝑅′ 2
8𝜋𝐺𝑇𝑜𝑜 = 3( + )−Λ
𝑅2 𝑅2
où ”′ ”= 𝑑
𝑑𝜏
′ −1
et donc [ ] = 𝑚 .
Et si l'on donne localement à 𝑇𝜈𝜇 la signication d'une densité de matière, alors les
équations d'Einstein s'écrivent :
8𝜋𝐺 1 𝜖 𝑅′ 2 𝑅′′
𝑇 = 2 + 2 +2 −Λ
𝑐2 1 𝑅 𝑅 𝑅
8𝜋𝐺 𝑜 𝜖 𝑅′ 2
𝑇 = 3( + )−Λ
𝑐2 𝑜 𝑅2 𝑅2
2 2 2 2 2
* Pour la métrique 𝑑𝑠 = 𝑐 𝑑𝑡 − 𝑅 (𝑡)𝑑Ω𝜖 , prenons [𝑑𝑠] = [𝑅(𝑡)] = 𝑚, alors [𝑑𝑡] = 𝑠
et [𝑑Ω𝜖 ] est sans dimension. Le tenseur d'Einstein [𝐺𝜇𝜈 ] n'est pas homogène, de même
𝜇
le tenseur métrique 𝑔𝜇𝜈 ne l'est pas non plus. Par contre le tenseur équivariant 𝐺𝜈 est
𝜇 −2
homogène et de dimension [𝐺𝜈 ] = 𝑚 .
𝜇
- Si l'on donne localement à 𝑇𝜈 la signication d'une densité d'énergie, alors les équa-
tions d'Einstein s'écrivent :
8𝜋𝐺 1 𝜖 𝑅˙ 2 𝑅¨
𝑇1 = + + 2 −Λ
𝑐4 𝑅 2 𝑐2 𝑅 2 𝑐2 𝑅
8𝜋𝐺 𝑜 𝜖 𝑅˙ 2
𝑇 = 3( 2 + 2 ) − Λ
𝑐4 𝑜 𝑅 𝑅
𝑑 −1
où ”˙” = 𝑑𝑡
et donc [ ˙ ] = 𝑠 .
Et si l'on donne localement à 𝑇𝜈𝜇 la signication d'une densité de matière, alors les
équations d'Einstein s'écrivent :
8𝜋𝐺 1 𝜖 𝑅˙ 2 𝑅¨
𝑇1 = + + 2 −Λ
𝑐2 𝑅 2 𝑐2 𝑅 2 𝑐2 𝑅
8𝜋𝐺 𝑜 𝜖 𝑅˙ 2
𝑇𝑜 = 3( + )−Λ
𝑐2 𝑅 2 𝑐2 𝑅 2
En résumé, nous avons choisi, avec les écritures (2) et (3), d'une part la formulation équi-
variante des équations d'Einstein, pour avoir une homogénéité dimensionelle qui facilitera
5
par la suite l'interprétation physique et la confrontation aux observations, et d'autre part
𝜇
une signication d'énergie à chacun des coecients du tenseur 𝑇𝜈 . Au passage ce dernier
2
fait montre que le contenu de matière étant exprimé en énergie par l'équation 𝐸 = 𝑚𝑐 ,
une hypothèse implicitement admise est que la relativité restreinte est valable localement
en tout point (i.e. en termes mathématiques : est valable sur l'espace tangent en chaque
point de la variété sur laquelle est dénie la métrique).
𝑑 3 𝑜 ˙ 1 (= 𝑅2 𝑅𝑇
˙ 𝑖 ).
(4) (𝑅 𝑇𝑜 ) = 3𝑅2 𝑅𝑇 1 𝑖
𝑑𝑡
Rappelons les équations 2 et 3 :
8𝜋𝐺 𝑜 𝜖 𝑅˙ 2 Λ
(2) 4
𝑇𝑜 = 3( 2
+ 2 2
− ),
𝑐 𝑅 𝑐𝑅 3
8𝜋𝐺 1 𝜖 𝑅˙ 2 𝑅¨
(3) 𝑇 = + + 2 − Λ,
𝑐4 1 𝑅 2 𝑐2 𝑅 2 𝑐2 𝑅
Et regardons les liens existants entre les équations (2), (3) et (4) :
On a de manière évidente les relations suivantes :
(2) et (3) impliquent (4)
(4) et (2) impliquent (3),
6
mais on n'a pas (2) conséquence de (3) et (4) ; on a :
(4), (2)𝑡𝑂 et (3) impliquent (2) ,
où (2)𝑡𝑂 signie que cette équation est vériée en un moment 𝑡𝑜 xé (concrètement 𝑡𝑜
est aujourd'hui, au sens cosmologique du terme).
Cette constatation est importante, car elle signie que les deux équations d'Einstein
(2) et (3) n'ont pas le même statut. On retrouve le fait que l'équation (2) est une équation
de contraintes (ou de conditions initiales), et que l'équation fondamentale à intégrer est
l'équation dynamique (3) .
Revenons maintenant sur chacune de ces équations, en insistant sur le fait que dans la
logique inhérente à la relativité générale, nous avons à résoudre le système :
(4) , (3) et (2)𝑡𝑂 .
En eet pour qu'il existe une solution il faut et il sut que (4) soit vériée : i.e.
𝑑 ˙ 11 ; Autrement dit, si on se donne 𝑇𝑜𝑜 , alors on a 𝑇11 et on peut résoudre
(𝑅3 𝑇𝑜𝑜 ) = 3𝑅2 𝑅𝑇
𝑑𝑡
les autres équations.
Ceci signie que le contenu physique du problème se réduit à se donner 𝑇𝑜𝑜 .
Ce fait va à l'encontre de la démarche usuelle qui consiste à dire que (pour faire bref )
𝑇𝜈𝜇 est le tenseur impulsion-énergie d'un uide parfait. Au risque de me répéter, le contenu
physique consiste uniquement à se donner la fonction d'énergie de l'univers, à savoir la
𝑜
fonction qui à t associe 𝑇𝑜 (𝑡). On est loin du concept d'état qui consiste à dire qu'il faut
1 𝑜
se donner la pression 𝑇1 en fonction de la densité 𝑇𝑜 , ou vice-versa, dans le cadre de la
théorie thermodynamique des uides parfaits.
Examinons maintenant l'équation (2)𝑡𝑂 , qui s'écrit :
8𝜋𝐺 𝑜 ˙2
𝑐4
𝑇𝑜 = 3( 𝑅𝜖2 + 𝑐2𝑅𝑅2 − Λ3 ), alors on a :
𝜖 8𝜋𝐺 𝑜 Λ 𝐻𝑜2
= 𝑇 (𝑡𝑜 ) + − 2
𝑅2 (𝑡𝑜 ) 3𝑐4 𝑜 3 𝑐
ce qui signie que si l'on se donne la valeur de la constante de Hubble aujourd'hui (i.e.
𝑅˙
𝐻𝑜 = 𝑅 (𝑡𝑜 ) ), et la densité d'énergie aujourd'hui (i.e. 𝑇𝑜𝑜 (𝑡𝑜 ) et Λ ), alors le signe 𝜖 de
la courbure de la partie espace est imposé, ainsi que le rayon 𝑅𝑜 = 𝑅(𝑡𝑜 ) de l'univers
aujourd'hui, indépendamment de la connaissance de la fonction R(t), lorsque 𝜖 ∕= 0.
Il ne reste plus alors qu'à résoudre l'équation dynamique (3) du deuxième ordre en R :
˙2 ¨
(3) 8𝜋𝐺𝑐4
𝑇11 = 𝑅𝜖2 + 𝑐2𝑅𝑅2 + 2 𝑐2𝑅𝑅 − Λ, qui nous donnera la forme générale de la fonction
R(t) ; cette forme dépend a priori de deux constantes d'intégration, mais l'équation aux
contraintes (2)𝑡𝑂 en xe une. Ainsi R(t) ne dépend que d'un paramètre arbitraire, qui
correspond à un choix d'une origine des temps.
En résumé : on se donne la fonction 𝑇𝑜𝑜 , par (4) on obtient 𝑇11 ; on prend les données
observationelles d'aujourd'hui, par (2)𝑡𝑂 on obtient la courbure aujourd'hui de la partie
𝜖
espace ; puis l'équation dynamique (3) permet de trouver R(t) et donc de déterminer
𝑅𝑜2
complètement la métrique du modèle.
La seule question qui reste, apparemment, est celle de se donner la fonction d'énergie
𝑜
de l'univers 𝑇𝑜 (𝑡).
7
1 D) La forme de Robertson-Walker et sa non unicité
En fait il reste un autre problème important à examiner. Celui de savoir sur quelle
variété est dénie la solution. En eet une métrique g est un objet mathématique vivant
sur une variété ; plus précisément c'est une deux-forme sur une variété. Aussi pour parler
d'une métrique g, il faut se donner une variété. Nous allons illustrer ce point en montrant
qu'une même métrique peut admettre plusieurs formes de Robertson-Walker. Nous allons
montrer le :
Théorème 1 Les formes de Robertson-Walker sur l'hyperboloïde 𝑆𝑂𝑜 (1, 4)/𝑆𝑂𝑜 (1, 3)
muni de sa métrique canonique g, invariante par le groupe de De Sitter 𝑆𝑂𝑜 (1, 4), sont les
suivantes :
𝑠ℎ2 𝜆𝑡
(5) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 2
(𝑑𝛼2 + 𝑠ℎ2 𝛼𝑑𝜔 2 ).
𝜆
𝑐ℎ2 𝜆𝑢 2
(6) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑢2 − (𝑑𝜉 + 𝑠𝑖𝑛2 𝜉𝑑𝜔 2 ).
𝜆2
(7) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑣 2 − 𝑒2𝜆𝑣 (𝑑𝜌2 + 𝜌2 𝑑𝜔 2 ).
(Ces trois formes sont dénies sur des ouverts diérents de l'hyperboloïde).
Λ 2 2 Λ
𝑑𝑠2 = (1 − 𝜌 )𝑑𝜏 − (1 − 𝜌2 )−1 𝑑𝜌2 − 𝜌2 𝑑𝜔 2 .
3 3
La forme conforme (modèle de V. Fock [4]) :
Λ 2
𝑑𝑠2 = (1 − (𝑇 − 𝑅2 ))−2 (𝑑𝑇 2 − 𝑑𝑅2 − 𝑅2 𝑑𝜔 2 )
12
5
Notations : Soit IR muni de sa base canonique 𝑒0 , 𝑒1 , 𝑒2 , 𝑒3 , 𝑒4
et soit 𝐺 = 𝑆𝑂𝑜 (1, 4) la
5
composante connexe neutre du groupe des transformations de IR qui respectent la forme
2 2 2 2 2 2 5
quadratique ∥𝑥∥ = 𝑥0 − 𝑥1 − 𝑥2 − 𝑥3 − 𝑥4 , où 𝑥 = (𝑥0 , 𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 , 𝑥4 ) ∈ IR .
5
Pour 𝑥∈IR , soit 𝐺(𝑥) l'orbite de x sous l'action de G et 𝐻𝑥 le stabilisateur de x, i.e.
𝐻𝑥 = {𝑔∈𝐺 / 𝑔(𝑥) = 𝑥}. La sous-variété 𝐺(𝑥) de IR5 , qui s'identie à l'espace homogène
𝐺/𝐻𝑥 , est munie canoniquement d'une métrique 𝑔𝜇𝜈 , restriction à 𝐺(𝑥) de la métrique
invariante par G :
𝑑𝑥2 = 𝑑𝑥20 − 𝑑𝑥21 − 𝑑𝑥22 − 𝑑𝑥23 − 𝑑𝑥24 .
Cette métrique 𝑔𝜇𝜈 est Lorentzienne si le stabilisateur 𝐻𝑥 de x est isomorphe au groupe
de Lorentz. C'est la métrique de De Sitter. Sans perte de généralité nous prendrons 𝑥=
𝜆−1 𝑒4 et donc 𝐻𝑥 = 𝐻 = 𝑆𝑂𝑜 (1, 3) le stabilisateur de 𝑒4 .
8
Pour chaque 𝜆 > 0, 𝐺(𝜆−1 𝑒4 ),
l'orbite que nous noterons ℋ𝜆 dans la suite, est une
réalisation de l'espace symétrique 𝐺/𝐻 .
Soit 𝐾 = 𝑆0(4) le stabilisateur du point 𝑒0 .
Soit MN le stabilisateur du point 𝑒0 − 𝑒4 où 𝑀 = 𝐻∩𝐾 est le groupe des rotations du
sous-espace (𝑒1 , 𝑒2 , 𝑒3 ) de IR5 , et où N, isomorphe à IR3 , est l'ensemble :
1 + 𝑥2 /2 𝑥 𝑥2 /2
⎧ ⎛ ⎞ ⎫
⎨
⎬
𝑡 𝑡
𝑁 = 𝑛𝑥 = ⎝ 𝑥 𝐼 𝑥 ⎠ ∈𝐺
⎜ ⎟
−𝑥2 /2 −𝑥 1 − 𝑥2 /2
⎩
⎭
Lemme : Le groupe G admet les trois décompositions suivantes par rapport au sous
groupe H :
i) Une décomposition d'Iwasawa : NAH est un ouvert de G (avec unicité de décomposi-
tion pour chaque élément de cet ouvert).
ii) Une première décomposition du type décomposition de Cartan : G= KAH (la dé-
composition d'un élément étant unique au centralisateur M de A dans K près).
iii) Une deuxième décomposition du type décomposition de Cartan : 𝑆 = 𝐻𝐴+
∗𝐻 est un
sous semi-groupe ouvert de G (la décomposition d'un élément étant unique au centralisateur
M de A dans H près).
Pour la preuve, valable plus généralement pour les groupes 𝑆𝑂𝑜 (1, 𝑛), voir Sekiguchi
[5] par exemple et Mizony [6].
A ces trois décompositions précisées par le lemme ci-dessus nous pouvons associer trois
paramétrages (plus précisément trois atlas) sur des ouverts de cet hyperboloïde ℋ𝜆 et donc
écrire la métrique 𝑔𝜇𝜈 sur ces ouverts : soient
−1 −1 −1
𝑈1 = 𝐻𝐴+ ∗ 𝐻(𝜆 𝑒4 ), 𝑈2 = 𝐾𝐴𝐻(𝜆 𝑒4 ) et 𝑈3 = 𝑁 𝐴𝐻(𝜆 𝑒4 ).
5
Pour 𝑉 = (𝑥0 , 𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 , 𝑥4 )∈𝑈1 ⊂ 𝑈3 ⊂ 𝑈2 = ℋ𝜆 ⊂ IR , on a
𝑉 = 𝑅𝜔 ℎ𝛼 𝑎𝜆𝑡 (𝜆−1 𝑒4 ) = 𝑅𝜔 𝑘𝜉 𝑎𝜆𝑢 (𝜆−1 𝑒4 ) = 𝑅𝜔 𝑛𝜆𝜌 𝑎𝜆𝑣 (𝜆−1 𝑒4 ),
où𝑅𝜔 ∈ 𝑀 , 𝑎𝑡 , 𝑎𝑢 𝑒𝑡 𝑎𝑣 ∈ 𝐴, ℎ𝛼 ∈ 𝐻 (via la décomposition de Cartan usuelle de H par
rapport à M), 𝑘𝜉 ∈ 𝐾 (via la décomposition de Cartan usuelle de K par rapport à M) et
𝑛𝜆𝜌 ∈ 𝑁 ;⎛i.e. : ⎞ ⎛ ⎞ ⎛ ⎞
𝑥0 𝑠ℎ𝜆𝑡 𝑐ℎ𝛼 𝑠ℎ𝜆𝑢
⎜ 𝑥1 ⎟ 0 0
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
−1 −1
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
𝑉 =⎜ 𝑥
⎜ 2 ⎟
⎟ = 𝜆 𝑅𝜔⎜
⎜ 0 ⎟
⎟ = 𝜆 𝑅𝜔⎜
⎜ 0 ⎟=
⎟
⎝ 𝑥3 ⎠ ⎝ 𝑠ℎ𝜆𝑡 𝑠ℎ𝛼 ⎠ ⎝ 𝑐ℎ𝜆𝑢 𝑠𝑖𝑛𝜉 ⎠
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
𝑥4 𝑐ℎ𝜆𝑡 𝑐ℎ𝜆𝑢 𝑐𝑜𝑠𝜉
9
2 2 𝜆𝑣
𝑠ℎ𝜆𝑣 + 𝜆 𝜌2𝑒
⎛ ⎞
0
⎜ ⎟
⎜ ⎟
−1
⎜ ⎟
= 𝜆 𝑅𝜔 ⎜
⎜ 0 ⎟.
⎟
⎜
⎝ 𝜆𝜌𝑒𝜆𝑣 ⎟
⎠
2 2 𝜆𝑣
𝑐ℎ𝜆𝑣 − 𝜆 𝜌2𝑒
Ecrivons la métrique 𝑑𝑥2 = 𝑑𝑥20 − 𝑑𝑥21 − 𝑑𝑥22 − 𝑑𝑥23 − 𝑑𝑥24 sur ces trois cartes et nous
obtenons (sans calculs !) le résultat précis suivant :
Proposition : La métrique 𝑔𝜇𝜈 , dénie sur l'hyperboloïde ℋ𝜆 et invariante par l'ac-
tion du groupe de De Sitter S0(1,4), admet les trois formes (dites de Robertson-Walker)
équivalentes suivantes :
2
i) sur l'ouvert 𝑈1 : (5) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑠ℎ𝜆2𝜆𝑡 (𝑑𝛼2 + 𝑠ℎ2 𝛼𝑑𝜔 2 ).
2
ii) sur l'ouvert 𝑈2 : (6) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑢2 − 𝑐ℎ𝜆2𝜆𝑢 (𝑑𝜉 2 + 𝑠𝑖𝑛2 𝜉𝑑𝜔 2 ).
iii) sur l'ouvert 𝑈3 : (7) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑣 2 − 𝑒2𝜆𝑣 (𝑑𝜌2 + 𝜌2 𝑑𝜔 2 ).
10
H et les translations strictement positives de temps 𝐴+
∗ d'autre part.
on obtient ainsi le résultat suivant :
Théorème 2 : Ces diérents modèles de De Sitter (𝑈1 , 𝑑𝑥2 ), (𝑈2 , 𝑑𝑥2 ) et (𝑈3 , 𝑑𝑥2 )
sont invariants par le semi-groupe de Lie de causalité
𝑆 = 𝐻𝐴+
∗𝐻
Ainsi, pour une même métrique, on peut obtenir trois formes de Robertson-Walker
très diérentes essentiellement par la partie "espace" : (5) décrit un modèle d'univers en
expansion à partir d'un événement big-bang ;
(6) décrit un modèle d'univers éternel en rétraction puis en expansion sans événement
big-bang ;
11
(7) est la métrique du célèbre modèle d'univers de F. Hoyle en expansion sans événement
big-bang (plus précisément avec un événement big-bang à l'inni passé). La notion de forme
de Robertson-Walker d'une métrique a un sens localement, elle ne peut donc à elle seule
dénir un modèle d'univers. Cet exemple, ne nécessitant aucun calcul du fait du recours à
la théorie des groupes de Lie, permet de dire qu'à un tenseur impulsion-énergie donné et à
une constante cosmologique donnée, il peut correspondre trois modèles d'univers diérents.
Un autre exemple bien connu est celui du modèle de Milne qui est une forme de
Robertson-Walker (non-statique) de la métrique de Minkowski ; rappelons ce résultat :
L'utilisation des décompositions du groupe de Lie 𝑆𝑂𝑜 (1, 4) par rapport au groupe de
Lorentz permet d'obtenir très simplement un autre nouveau résultat :
5
Illustration du plongement isométrique dans IR , où V est dénie par :
1−𝜖 1 + 𝜖 ∫ √ ′2 1 − 𝜖2 ∫ 1
𝑉 (𝑡) = ( 𝑅+𝜖 𝑅 +𝜖+ )𝑒0
2 2 2 𝑅′
1+𝜖 1 − 𝜖 ∫ √ ′2 1 − 𝜖2 ∫ 1
+( 𝑅−𝜖 𝑅 +𝜖− )𝑒4 .
2 2 2 𝑅′
12
Ce théorème découle du lemme suivant :
5
Lemme : Le plongement des métriques de Robertson-Walker dans IR ;
Pour chacune des trois formes d'univers homogènes et isotropes
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)(𝑑𝛼2 + 𝑠ℎ2 𝛼𝑑𝜔 2 ) ,
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)(𝑑𝜉 2 + 𝑠𝑖𝑛2 𝜉𝑑𝜔 2 ) et
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)(𝑑𝜌
∫√
2
+ 𝜌2 𝑑𝜔 2 ) , posons respectivement
𝑥 = 𝑅𝜔 ℎ𝛼 (𝑅(𝑡)𝑒0 + 𝑅′2 − 1 𝑒4 ) , soit 𝑈− la partie de IR5 formée de ces points lorsque
𝛼∈IR, 𝑅𝜔 ∈𝑆𝑂(3)∫√
et t réel ;
𝑥 = 𝑅𝜔 𝑘𝜉 ( 𝑅′2 + 1 𝑒∫0 + 𝑅(𝑡)𝑒4 ) , soit 𝑈+ la partie de IR5 correspondante ;
𝑥 = 𝑅𝜔 𝑛𝜌 (𝑅(𝑡) 𝑒0 +𝑒
2
4
+ 𝑅1′ 𝑒0 −𝑒
2
4
) dénit 𝑈𝑜 ;
2 2
alors pour les trois formes on a : 𝑑𝑥 = 𝑑𝑠
2 5
où 𝑑𝑥 est la restriction à 𝑈𝜖 de la métrique sur IR invariante par SO(1,4).
La seule diculté pour établir ce lemme fut de dénir ces plongements, en particulier
les applications 𝑡 → 𝑉 (𝑡) à partir de 𝑅(𝑡) et 𝜖.
Remarque : Lorsque𝜖 = −1, pour que le plongement soit possible, il faut que 𝑅′2 − 1
0
soit positif, ce qui équivaut à 𝑇0 positif, il n'y a donc pas de restriction du point de vue du
0
physicien. Cependant, lorsque 𝑇0 est négatif, on peut toujours faire un plongement dans
5
IR , muni de la métrique anti-De Sitter, c'est à dire invariante par le groupe SO(2,3).
On a ainsi obtenu la réalisation de tous les modèles d'univers homogène et isotrope,
5
comme sous-variétés de IR , muni de la métrique induite par la métrique invariante par le
groupe de De Sitter.
13
𝑒𝑥𝑝(𝜆𝑡)
ou
𝜆
, suivant le signe de 𝜖. Autrement dit les modèles de De Sitter fournissent
une approximation (asymptotique) des modèles d'univers accélérés.
Le quatrième intérêt provient de la structure causale dont sont canoniquement munis
ces modèles de De Sitter qui sont donc exempts du problème dit de l'horizon.
courbure 𝜆(𝑡)), n'a que le mérite de généraliser simplement les trois formes de Robertson-
Walker de la métrique de De Sitter (cas pour lequel 𝜆 est une constante). En utilisant les
équations d'Einstein, cette courbure peut s'écrire uniquement à l'aide du tenseur impulsion-
énergie :
√
8𝜋𝐺𝑇00 3𝑇11 −𝑇00
𝜆(𝑡) = 3 2𝑇00
.
Cette jolie formule ne présente pas d'intérêt pour calculer 𝜆(𝑡) puis 𝑅(𝑡), dans la mesure
0 1
où 𝑇0 et 𝑇1 dépendent de 𝑅(𝑡).
En fait l'intérêt le plus important de cette interprétation géométrique, par plongement
5
dans IR d'une forme de Robertson-Walker, est l'interprétation angulaire des variables 𝜉 ,
𝛼 et 𝜌 :
𝛼 est un angle hyperbolique et 𝜉 un angle sphérique et
𝜌 ... un ANGLE PARABOLIQUE.
Ainsi pour une métrique donnée sous la forme
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)(𝑑𝜌2 + 𝜌2 𝑑𝜔 2 ), 𝑅(𝑡) sera toujours une distance et 𝜌 un angle (parabo-
lique), ce qui permet d'une part de bien unier les notations et d'autre part d'éviter des
erreurs trop souvent rencontrées provenant de la non prise en compte du fait que 𝜌 est une
grandeur sans dimension.
14
Théorème : Un modèle d'univers homogène et isotrope est décrit par une métrique
qui, dans des coordonnées comobiles avec le uide cosmique, a la forme :
2 2 2 2 2
(8) 𝑑𝑠 = 𝑔 (𝜏 )𝑑𝜏 − 𝑓 (𝜏 )𝑑Ω𝜖
2 3 3 4
où 𝑑Ω𝜖 est la métrique canonique soit de IR (𝜖 = 0), soit de la sphère 𝑆 dans IR
3 4
(𝜖 = +1), soit d'une nappe ℋ de l'hyperboloïde à deux nappes dans IR (𝜖 = −1).
La preuve repose sur la traduction de l'homogénéité et de l'isotropie par le fait que
l'espace des vecteurs de Killing est de dimension 6 et contient la sous-algèbre de Lie des ro-
tations (aspect innitésimal), ou (aspect global) qu'il existe un groupe de Lie de dimension
6 agissant sur V en laissant la métrique g invariante et contenant un groupe isomorphe au
groupe des rotations. La traduction globale est une hypothèse légèrement plus forte que la
traduction innitésimale, mais c'est celle qui est usuellement prise.
Une habitude trop fréquente est le fait de normaliser cette métrique en posant 𝑑𝑡 =
𝑔(𝜏 )𝑑𝜏 , ce qui permet d'obtenir la forme, dite de Robertson-Walker de la métrique 𝑑𝑠2
2 2 2 2
(1) 𝑑𝑠 = 𝑑𝑡 − 𝑅 (𝑡)𝑑Ω𝜖
15
Voici une représentation de 𝑈0 en dimension 3 :
16
Commentaires sur les modèles 𝑈0 , 𝑈𝜆 et 𝑈𝑖𝜆 .
a) Ces modèles ne tombent pas du ciel mais proviennent de l'étude des trois groupes
cinématiques compatibles avec l'électromagnétisme. Ils sont construits à partir du groupe
de Poincaré et des deux groupes de De Sitter qui sont des sous-groupes du groupe conforme,
groupe des invariants des équations de Maxwell. Ils réconcilient donc électromagnétisme
et gravitation à grande échelle et traduisent par construction le caractère en expansion
monotone, accélérée et oscillant de ceux-ci.
b) Réalisés comme cône du futur d'un point dans un espace homogène associé à chaque
groupe cinématique, ces modèles présentent l'intérêt d'expliquer directement l'isotropie du
𝑜
rayonnement cosmologique à 3 𝐾 et l'absence de phénomène d'horizon, ce qui ne peut en
aucun cas être expliqué dans le cadre du modèle standard de Friedmann.
c) Une métrique du type (1) ou (8) dénie sur une variété V, possède toujours un
groupe de Lie de dimension 6, contenant les rotations (le groupe SO(3) ) et qui laisse
2 2
invariant 𝑑Ω𝜖 donc 𝑑𝑠 ; c'est ce que l'on appelle le groupe d'isotropie. Dans le modèle
standard, ce groupe d'isotropie contient les translations géométrique d'espace et ce groupe
est diérent suivant la nature (expansion monotone, accélérée, oscillant) de l'univers. Par
contre pour les métriques (10), (11) et (12), le groupe d'isotropie est toujours le même et a
la signication des transformations de Lorentz (on retrouve l'hypothèse cosmologique de V.
FOCK). En fait, les translations d'espace d'un groupe d'isotropie sont des transformations
mathématiques, en aucun cas elles ont la signication d'un déplacement physique dans
l'univers.
d) Il faut signaler que, comme le tenseur de courbure des métriques (10), (11) et (12)
est identiquement nul, ces modèles correspondent à des univers vide de matière. Ils sont
donc bien trop simples, mais compatible avec l'électromagnétisme.
2 ′2 2 2 2
e) Toutes les métriques de la forme 𝑑𝑠 = 𝑓 (𝜏 )𝑑𝜏 − 𝑓 (𝜏 )𝑑Ω−1 possèdent la même
forme de Robertson-Walker, la métrique de Milne :
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑡2 𝑑Ω2−1 . Ceci pose le problème de la signication des variables temporelles
𝜏 et t et de leur rapport.
f ) Notons encore la forme conformément statique de la métrique (8), qui peut s'écrire :
𝑑𝑠2 = 𝜃2 (𝑢)(𝑑𝑢2 − 𝑑Ω2𝜖 ), ce qui fait apparaître une autre variable temporelle.
Dénition : Nous appellerons temps cosmologique un tel temps additif 𝜏 pour l'obser-
17
vateur comobile en chute libre.
Par exemple le temps température est déni en écrivant la métrique sous une forme
conforme à une métrique statique (cf. J. M. Souriau [8]), ce qui est toujours possible :
𝑑𝑠2 = 𝜃2 (𝑢)(𝑑𝑢2 − 𝑑Ω2𝜖 ) ; I. Segal [9] appelle cette variable temporelle u, un temps
1
propre et J.M. Souriau identie 𝜃(𝑢) à où k désigne la constante de Boltzmann et T
𝑘𝑇
désigne la température de l'univers (dans le cas particulier où l'on suppose que les temps
cosmologique et atomique coïncident).
18
Nous venons d'écrire ces formes d'une même métrique en faisant apparaître diérents
facteurs conformes, chacun de ces facteurs conformes exprime une propriété de la variable
temporelle choisie. Il est à noter que beaucoup de dénitions de modèles d'univers font
appel à cette notion de métriques conformément équivalentes (ou de facteur conforme).
Par exemple celle de Segal [9], un univers est un ouvert du recouvrement universel
du compactié conforme de l'espace de Minkowski, muni d'une métrique conformément
équivalente à la métrique canonique. Celle de Dirac, Canuto etc. [10] pour lesquels le
facteur conforme exprime une relation évolutive entre un système d'unités atomique et un
système d'unités cosmologique. Celle de V. Fock [4] pour lequel une métrique d'univers
2
doit être invariante par l'action du groupe de Lorentz et donc est de la forme 𝑑𝑠 =
𝑆(𝑇 2 − 𝑟2 )(𝑑𝑇 2 − 𝑑𝑟2 − 𝑟2 𝑑𝜔 2 ), c'est à dire une métrique Minkowski-conforme.
Mathématiquement cela se traduit par le fait que l'espace des vecteurs de Killing est de
dimension 6 et contient la sous-algèbre de Lie des rotations (aspect innitésimal), ou (aspect
global) qu'il existe un groupe de Lie de dimension 6 agissant sur V en laissant la métrique
g invariante et contenant un groupe isomorphe au groupe des rotations. La traduction
globale est une hypothèse légèrement plus forte que la traduction innitésimale, mais c'est
celle qui est usuellement prise dès que l'on admet que la métrique g peut se mettre sous
une forme de Robertson-Walker (forme (1)). Se donner une forme de Robertson-Walker,
c'est se donner un système de cartes particulières sur V et écrire la métrique g dans ce
système particulier de coordonnées comobiles.
19
Hypothèse 5 : La relativité restreinte est valide localement (i.e. l'espace tangent TV
est un bré sur V de bre l'espace de Minkowski).
Cette hypothèse est trop souvent implicite et pourtant elle est admise pour retrouver la
physique de laboratoire. Par ailleurs, comme nous l'avons signalé plus haut, elle est admise
dès que l'on veut parler du contenu énergétique de l'univers à travers le tenseur impulsion-
2
énergie (en utilisant 𝐸 = 𝑚𝑐 ). Cette hypothèse a pour conséquence la xation, une fois
pour toute, d'un système d'unités atomiques. Mais l'acceptation du fait que les constantes
atomiques sont des constantes devra faire l'objet d'une hypothèse supplémentaire.
Hypothèse 6 : Les équations d'Einstein, 𝐺𝜇𝜈 = 𝜅𝑇𝜈𝜇 , sont valables sur tout le modèle
(V, g).
C'est une hypothèse qui est locale, bien que sa formulation semble globale. En eet
comme ces équations, écrites dans un système de cartes, forment un système diérentiel,
comme tout système diérentiel, elles sont de nature locale.
Hypothèse 8 : La composante 𝑇00 du tenseur impulsion énergie, écrite dans une carte
d'un système de coordonnées comobiles, représente le contenu énergétique (local) de l'uni-
vers, en tout point où ce repère comobile est inertiel.
Il n'est pas besoin de faire une hypothèse sur les autres composantes qui sont xées par
les identités de Bianchi (cf. C).
Cette hypothèse est de nature locale, et non pas globale comme l'hypothèse usuellement
prise disant que le uide cosmique est un uide parfait (ce qui n'est qu'une interprétation
thermodynamique de l'équation (4)).
Cette importante hypothèse 8 dit que 𝑇00
représente une densité dans un système de
𝑇00 représente une COdensité
coordonnées localement inertiel et a pour conséquence que
dans un système de coordonnées COmobiles, comme nous le montrerons au suivant.
Ce système d'hypothèses devra être complété par d'autres hypothèses, de nature phy-
𝑇00 ), par exemple univers de matière
sique, précisant d'une part le contenu de l'univers (i.e.
sans rayonnement, de rayonnement pur (qui suit la loi des corps noirs ?) etc..., d'autre part
le rapport existant entre le temps cosmologique et le temps atomique.
Nous noterons en lettres majuscules latines les hypothèses de nature physique qui per-
mettent l'achèvement d'un modèle. Plusieurs systèmes (incompatibles entre eux) nous don-
neront des modèles diérents.
20
Les hypothèses simples le plus généralement prises (implicitement ou explicitement)
sont les suivantes :
Ceci signie que l'on suppose que 𝑑𝜏 = 𝑑𝑡, autrement dit la métrique d'univers écrite
dans le système de coordonnées comobiles pour lequel le temps est additif, est une métrique
de Robertson-Walker. Cette hypothèse signie que, si on admet le principe des géodésiques
pour les corps massifs en chute libre, les constantes sont eectivement constantes, en par-
ticulier la vitesse de la lumière, la constante de la gravitation, la masse des particules
élémentaires, la constante de Planck etc... Il est évident que contrairement aux hypothèses
ci-dessus, celle-ci peut être modiée par exemple en prenant en compte le fait que les
constantes atomiques ne sont pas forcément des constantes à l'échelle cosmologique (hy-
pothèse de P.A.M. Dirac, Canuto, etc...), ce qui nous obligera à introduire un facteur
conforme.
Hypothèse A : (Elle résume les deux hypothèses précédentes) ; Les corps massifs en
chute libre suivent les géodésiques.
Cette hypothèse est traduite, par analogie avec la thermodynamique, en disant que
le tenseur impulsion-énergie représentant la matière comobile est celui d'un gaz parfait à
0 3
pression nulle et que 𝑇0 𝑅 = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒. Le paragraphe suivant examinera ce problème en
montrant qu'une telle traduction de cette hypothèse est en contradiction avec les hypo-
thèses précédentes, en particulier les hypothèses 5 et 7.
Cette hypothèse est basée sur les observations, chaque jour de plus en plus précises, sur
ce rayonnement isotrope, trace du découplage matière-rayonnement. Le problème est de
transcrire cette propriété observée en propriété du tenseur impulsion-énergie. C'est l'objet
du paragraphe suivant.
J'espère n'avoir pas oublié d'hypothèses implicitement admises, pouvant soulever d'au-
tres questions de fond que celles présentées précédemment.
21
Pour pouvoir confronter un modèle aux observations (densité estimée de matière como-
bile, valeur actuelle du paramètre de Hubble, etc...), il faut se xer une fois pour toute
un système d'unités atomiques. Par exemple on peut le choisir de telle sorte que la
métrique (1) approxime celle de Minkowski de l'espace tangent en un point (𝑡0 , 𝛼0 , 𝜔0 ) xé,
autrement dit le repère comobile est localement inertiel en ce point.
L' hypothèse usuellement prise, est globale et confortée par une analogie avec l'hydro-
dynamique (je le souligne après S. Weinberg [2]) du fait que l'équation de conservation
(provenant des identités de Bianchi) est formellement celle d'un uide parfait. Nous ne
supposons qu'une l'hypothèse faible et locale, mais par contre nous utiliserons, à la place,
le fait que localement on a la relativité restreinte. La thermodynamique, pourra alors per-
mettre une interprétation.
22
𝑅1 (𝑡1 )
𝑅 (𝑡). Rappelons que, dans ces notations,
𝑅0 (𝑡1 ) 0
𝛼 est un angle (hyperbolique, parabolique
𝑅3 (𝑡0 ) 𝜌1 (𝑡0 ) 0
(16) 𝑇00 (𝑡0 ) = 𝜌0 (𝑡0 ) = 𝑇 (𝑡1 ) ,
𝑅3 (𝑡1 ) 𝜌1 (𝑡1 ) 0
indépendamment d'une équation d'état de la matière d'un modèle d'univers. C'est cette
équation qui servira par la suite pour l'étude de modèles d'univers.
Remarque : On aurait pu se donner un système d'unités u, xé une fois pour toute sur
l'espace de Minkowski, puis se donner en chaque point (𝑡0 , 𝛼0 , 𝜔0 ) un élément d'unité de
longueur 𝑑𝛼(𝑡0 ) tel que la métrique en ce point admette le système u sur l'espace tangent.
Pour cela il sut de poser 𝑑𝛼(𝑡0 ) = 𝑅(𝑡0 )𝑑𝛼 et la métrique s'écrit :
𝛼(𝑡0 )
𝑑𝑠2 = 𝑐2 𝑑𝑡2 − 𝑅02 (𝑡)(𝑑𝛼(𝑡0 )2 + 𝑅2 (𝑡0 )𝑓𝜖2 ( 𝑅(𝑡0)
)𝑑𝜔 2 ) ; La comparaison des normalisations
en deux temps 𝑡0 et 𝑡1 conduit à la même proposition.
23
𝑅3 (𝑡0 )
Ainsi le rapport des éléments de volume est ( 𝑑𝛼0 3
𝑑𝛼1
) = 𝑅3 (𝑡1 )
; Le calcul des densités dans
ces deux repères donne immédiatement :
(𝑡) 𝑅3 (𝑡1 )
𝜌0 (𝑡) = 𝑑𝑀 (𝑡)
𝑑𝛼30
= 𝑑𝑀
𝑑𝛼31 𝑅3 (𝑡0 )
et par conséquent la loi :
où 𝜌(𝑡) désigne la densité de matière comobile, cette formule n'ayant de sens que si un
système d'unités a été préalablement xé. En particulier pour le système d'unités 𝑢(𝑡1 ), on
a :
𝜌1 (𝑡)𝑅13 (𝑡) = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒, et donc 𝜌1 (𝑡0 )𝑅13 (𝑡0 ) = 𝜌1 (𝑡1 )𝑅13 (𝑡1 ). Compte tenu de la formule
(16) on a
𝑇00 (𝑡0 ) = 𝑇00 (𝑡1 ).
Nous venons donc simplement de montrer que :
En fait nous avons montré que 𝑇00 est constant, mais la résolution des équations d'Ein-
stein, évidente dans ce cas là, achève la démonstration et même donne les modèles possibles,
ce sont les trois formes de Robertson-Walker de la même métrique de De Sitter (cf. D)
ci-dessus).
24
iii) Nous venons d'étudier les modèles sans création de matière et sans rayonnement, ce
dernier fait est une faiblesse si l'on souhaite étudier le rayonnement de fond cosmologique
𝑜
(à environ 2.735 𝐾 , si l'on se réfère aux dernières mesures).
𝑅(𝑡0 )
(18) 𝑇00 (𝑡) = 𝜌𝑚,0 (𝑡0 ) + 𝜌𝑟,0 (𝑡0 ).
𝑅(𝑡)
C'est à dire 𝑇00 (𝑡) est de la forme
𝐵𝑅(𝑡0 )
𝑇00 (𝑡) = 𝐴 + .
𝑅(𝑡)
Par l'équation de conservation (4), on a :
2𝐵𝑅(𝑡0 )
𝑇𝑖𝑖 (𝑡) = 𝐴 + .
3𝑅(𝑡)
8𝜋𝐺𝐴
Il ne reste plus qu'à résoudre l'équation dynamique (3) , ce qui donne, en posant 𝜆2 = 3
:
𝐵𝑅(𝑡0 )
(19) 𝑅(𝑡) = − + 𝜆1 𝑒𝜆𝑡 + 𝜆2 𝑒−𝜆𝑡 ,
2𝐴
𝐵 2 𝑅2 (𝑡0 )
avec 4𝜆1 𝜆2 = 4𝐴2
+ 𝜖𝑐2 𝜆−2 .
Ceci montre que, en prenant une origine des temps convenable, la métrique obtenue
approxime asymptotiquement les trois formes de Robertson-Walker de la métrique de De
𝑒𝜆𝑡 −𝜆𝑡
Sitter : 𝑅(𝑡) = 𝑐(
2𝜆
+ 𝜖 𝑒2𝜆 ).
25
Ces modèles, qui approximent asymptotiquement les trois modèles de De Sitter ob-
tenus en prenant 𝐵=0 et Λ = 8𝜋𝐺𝐴, ne sont valables qu'après le temps du découplage
rayonnement-matière. Il ne reste plus qu'à les confronter aux observations. Notons d'ores et
déjà que ces modèles sont stables (par rapport à la densité critique) et que lorsque 𝜖 = 0 ou
-1 (ce qui correspond à une densité d'énergie inférieure ou égale à la densité critique) nous
avons d'une part l'isotropie parfaite du rayonnement de fond cosmologique et d'autre part
l'absence de problème d'horizon (ainsi point n'est besoin d'avoir recours à un hypothétique
modèle inationnaire pour résoudre ces problèmes inexplicables par le modèle standard).
2 D) Remarques :
i) Un univers purement radiatif (au sens où la trace du tenseur impulsion énergie est
nulle) s'obtient avec l'équation d'état 𝜌(𝑡)𝑅7 (𝑡) = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒
√ ; pour 𝜖 = 0, on obtient le
modèle de Gamov, pour lequel R(t) est proportionnel à 𝑡 et 𝑇00 (𝑡) à 𝑡−2 .
ii) Si l'on veut décrire un modèle sans création d'énergie et avec un rayonnement vé-
𝑜
riant la loi d'un corps noir (pour interpréter le rayonnement à 3 𝐾 ) il faudrait prendre
4 3
l'équation d'état plus générale : 𝜌𝑟 (𝑡)𝑅 (𝑡) + 𝜌𝑚 (𝑡)𝑅 (𝑡) = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 ;
Elle ne se traduit pas par une équation simple pour le tenseur impulsion-énergie qui, for-
mellement, est celui d'un uide parfait.
iii) Il peut-être objecté, comme contre le modèle de Hoyle, que la "pression", représentée
par 𝑇𝑖𝑖 (𝑡), est négative, mais cette objection est basée sur une interprétation globale du ten-
seur impulsion énergie et en ayant un recours analogique avec la thermodynamique ( cf. S.
Weinberg [2] formules 14.2.17 et 14.2.20). Ne faut-il pas plutôt chercher une interprétation
𝑖
de la négativité de 𝑇𝑖 (𝑡) , en termes de pression gravitationnelle liée à l'expansion ? En
posant pression gravitationnelle = - densité d'énergie, alors dans les deux cas étudiés on
constate que la pression est égale à la pression thermodynamique augmentée de la pression
gravitationnelle (négative). Ceci pourrait mettre sur la voie d'une éventuelle interprétation
globale du tenseur impulsion-énergie. (Mais est-il nécessaire de chercher une interprétation
globale, dans la mesure où le système diérentiel formé par les équations d'Einstein ne
peut avoir de sens que localement, comme tout système diérentiel ?).
iv) Notons également que le semi-groupe de causalité de De Sitter nous fournit une
èche du temps, c'est à dire un sens de l'écoulement du temps, qui est de nature globale ;
ce fait n'est en aucune manière en contradiction avec le fait que nombre d'équations de la
physique sont temporellement réversibles (en eet ce n'est pas parce qu'une équation est
localement réversible en chaque point, qu'elle l'est globalement !). Plus généralement une
symétrie d'un système diérentiel (objet mathématique de nature locale) n'implique pas,
ipso facto, la symétrie globale des solutions.
v) Comme nous avons supposé que le temps cosmologique coïncide avec le temps ato-
mique de tout observateur comobile, les constantes sont eectivement constantes, en par-
ticulier la vitesse de la lumière, la constante de la gravitation, la masse des particules
élémentaires, la constante de Planck etc... Que de questions !
vi) Notons que le choix d'unités relatif à un point peut être transcrit, sans problème,
en termes de choix d'un observateur privilégié. Aussi, on peut dire que pour interpréter le
26
tenseur impulsion-énergie d'un modèle d'univers ou pour confronter ce modèle aux obser-
vations, il faut non seulement se donner ce modèle (une variété munie d'une métrique de
Robertson-Walker par exemple, sous l'hypothèse A), mais encore se préciser un observateur
(et donc son système d'unités).
Ainsi une interprétation locale du tenseur impulsion-énergie nous conduit à des modèles
en contradiction avec les modèles standards (qui sont basés sur une interprétation globale
de ce tenseur par analogie avec la thermodynamique). Il apparaît que le recours à la
notion d'observateur (auquel est attaché un système d'unités) pour interpréter le tenseur
impulsion-énergie est préférable au recours à la thermodynamique (recours lié au fait que
ce tenseur représente formellement celui d'un uide parfait, interprétation cependant
valable dans un modèle statique). Notons que l'interprétation locale du tenseur impulsion-
énergie enlève tout le mystère de la constante cosmologique qui s'interprète comme le
tenseur impulsion-énergie de la matière comobile ou de l'énergie comobile (on peut penser
au fait que, pour de nombreux physiciens, l'énergie du vide, si elle existe, est comobile
puisque traduite par la constante cosmologique !).
Aussi le problème de savoir si il faut écrire les équations d'Einstein avec ou sans
constante cosmologique, est un faux problème. En tout cas, si on écrit ces équations avec
une constante cosmologique, celle-ci doit gurer dans le deuxième membre de ces équations
puisqu'elle qualie un contenu énergétique (donc physique). A ce propos, rappelons qu'en
mathématique, une variété munie d'une métrique g telle que le tenseur 𝐺𝜇𝜈 = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 𝑔𝜇𝜈
, s'appelle variété d'Einstein !
Résumons la démarche de ce chapitre en disant que le mystère de la constante cosmolo-
gique n'a pu être levé que par cette longue étude, qui passe par une étude ne ou plutôt
instructive des équations d'Einstein, avec la distinction entre l'équation de contraintes,
l'équation dynamique et l'équation de conservation (cf. C)) et qui passe par une étude
sérieuse du tenseur impulsion-énergie (cf. 2 A) et B)). Ainsi la question naïve, posée au
début, de savoir si il faut écrire les équations d'Einstein avec ou sans constante cosmolo-
gique était en fait très pertinente, puisqu'il a fallu de nombreuses pages de développements
pour répondre clairement à cette question.
De manière médiatique il aurait fallu intituler ce chapitre :
De la problématique des modèles d'univers au
non-mystère de la constante cosmologique .
La confrontation aux observations, réservée au chapitre suivant, sera édiante, je l'espè-
re, dans la mesure où, de toute la série de dicultées énoncées au début, de l'isotropie
du rayonnement de fond cosmologique au phénomène d'horizon en passant par l'âge de
l'univers et la stabilité des modèles, il n'en restera qu'une petite, celle dite du problème de
la masse manquante. Nous reviendrons sur les problèmes de masse manquante plus loin (
courbe de rotation des galaxies, masse des amas de galaxies, etc...), en les posant bien ... .
27
Nous avons remarqué que, si l'on veut une interprétation thermodynamique du tenseur
impulsion-énergie d'un modèle d'univers, alors pour les deux exemples simples étudiés, on
doit considérer qu'il existe une pression gravitationnelle égale à l'opposée de la densité
d'énergie.
En eet si on interprète le tenseur impulsion-énergie comme le tenseur d'un uide par-
fait, on obtient
pour la matière comobile 𝑝 = −𝜌 ( donc 𝑝 = 0 + −𝜌)
et pour le rayonnement 𝑝 = − 23 𝜌 ( donc 𝑝 = 31 𝜌 + −𝜌)
c'est à dire : la pression de ce uide cosmique est égale à la pression thermodynamique
usuelle augmentée de la pression gravitationnelle négative. Cette constatation est-elle
une simple coïncidence ou signie-t-elle quelque chose de plus profond ? Cette pression
gravitationnelle négative apparaît déjà au chapitre 6 ; elle permet de dénir un astre ther-
modynamiquement mort.
28
Utilisons maintenant la thermodynamique en disant que le uide cosmique est parfait. La
loi de conservation de ce uide s'écrit alors dans les notations précédentes :
𝑑𝜌
(23) + 3𝐻(𝜌 + 𝑝) = 0.
𝑑𝑡
Nous donnerons plus loin l'interprétation Newtonienne (conservation de l'énergie). En tout
cas, pour une pression nulle, elle se réduit à la conservation de la masse.
Prenons maintenant l'équation de Poisson qui relie le contenu énergétique au champ
gravitationnel ⃗𝑔 (𝑡) . Pour un uide sans pression elle se réduit à : 𝐷𝑖𝑣(⃗𝑔 (𝑡)) = −4𝜋𝐺𝜌(𝑡) .
Prenons l'équation de Poisson suivante, qui tient compte de la pression :
En utilisant l'équation (21) et l'équation d'Euler (22), l'équation de Poisson s'écrit alors :
𝑑𝐻
(25) 3( + 𝐻 2 ) = −4𝜋𝐺(𝜌(𝑡) + 3𝑝(𝑡)).
𝑑𝑡
Dans ce cadre Newtonien, il nous reste donc deux équations à résoudre : les équations (23)
et (25) , puis l'équation d'Euler permet alors de calculer le champ gravitationnel newtonien
⃗𝑔 (⃗𝑟, 𝑡) .
Remarque fondamentale : Les équations (23) et (25) admettent une intégrale première :
𝐾
(26) 3(𝐻 2 + ) = 8𝜋𝐺𝜌,
∥⃗𝑟∥2
où K est une constante. Cette constante K est donc xée par des conditions initiales. Elle a
également une interprétation Newtonienne lorsque K est positive, celle de la conservation
de l'énergie (cinétique plus potentielle) d'une particule comobile avec le uide cosmique.
Cf. par exemple E. Elbaz [11] qui prend cette équation (26) à la place de l'équation (25)
dans son approche Newtonienne des modèles cosmologiques.
Il est évident que si on note 𝑅(𝑡) = ∥⃗𝑟(𝑡)∥, ces équations Newtoniennes (23), (25) et
(26) sont strictement équivalentes aux équations (2), (3) et (4) de la relativité générale (on
a pris ici la vitesse de la lumière égale à 1). Si l'interprétation du temps t, du coecient
de Hubble H et de la densité 𝜌 sont les mêmes, la constante d'intégration K n'a pas
d'interprétation en terme de courbure d'espace. Le champ gravitationnel ⃗𝑔 , dans cette
2
présentation Newtonienne, a bien la signication d'un champ d'accélération ⃗𝑔 = 𝑑𝑑𝑡𝑅2 .
Ainsi nous venons de démontrer le résultat intéressant suivant :
29
Ce résultat nous permet en particulier de justier et de comprendre a posteriori l'utili-
sation en relativité générale de la loi de corps noir qui est une loi thermodynamique. Pour
cela nous avons dû cependant tenir compte de la pression dans l'équation de Poisson, pour
la modier en conséquence.
4
Au niveau de la partie espace, le modèle Newtonien développé est déni sur IR . Il y
a donc adéquation complète avec le modèle Einsteinien correspondant si la courbure (ou
la constante K) est négative ou nulle. Si la constante K est strictement positive, les deux
modèles ne vont coïncider que localement, sur une carte de la partie espace sphérique du
modèle Einsteinien. Si l'on veut une adéquation complète dans ce cas, il faut reprendre
4
le modèle Newtonien en plongeant la sphère dans IR , dont le rayon r(t) évolue ; seule la
présentation change, les équations étant les mêmes.
Remarque : Dans ce modèle Newtonien on retrouve une diérence de statut entre les
trois équations, la même diérence que celle mise en évidence dans le cadre de la relativité
générale. L'équation dynamique est évidemment l'équation de Poisson (25) , l'équation des
contraintes est l'intégrale première (26) , l'équation de conservation (23) étant la même
que celle de la relativité générale.
De même qu'une hypothèse peut être vue comme une explicitation de la èche de
traduction axiome ← principe, un résultat pourra être compris comme l'explicitation de
l'autre èche de traduction : théorème → loi(s).
Résultat : L'équivalence mathématique entre les formalisations Einsteinienne et Newto-
nienne de la cosmologie signie, entre autres, que :
i) la loi de corps noir peut être utilisée et donc la constante 𝑘 de Boltzmann a un sens,
ainsi que la formule 𝐸 = 𝑘 𝑇.
ii) Il existe une pression gravitationnelle pure (égale à l'opposée de la densité d'énergie).
iii) Le concept d'espace-temps est méta-scientique ; en particulier il n'est pas possible
de mesurer la courbure de l'espace.
30
la valeur de la constante d'intégration de l'intégrale première (26). Dans ce cas on obtient
que les densités 𝜌 et p, qui sont constantes, ne peuvent interpréter que comme des densi-
tés comobiles, aussi bien dans l'équation de conservation de l'entropie que dans les trois
équations de la cosmologie Newtonienne. C'est ce que nous supposerons par la suite pour
permettre une interprétation.
Supposons que l'on décrive maintenant un univers de rayonnement pur sans matière ;
l'entropie reste constante (strictement positive) dans tout volume comobile V. D'autre
part, comme le uide cosmique est un rayonnement en équilibre, on a la pression qui est
𝜌(𝑡)
proportionelle à la densité de ce gaz : 𝑝 = (𝛾 − 1)𝜌 . Donc 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 = 𝑠(𝑉, 𝑡) = 𝛾𝑉 ;
𝑇 (𝑡)
Ainsi, comme 𝜌 est une densité comobile et V un volume comobile, 𝜌(𝑡) est proportionnel à
𝑘
𝑇 (𝑡) = 𝑟(𝑡)
T(t). Si l'on veut en plus que la loi de corps noir soit valable ( ) on obtient que
𝐵
𝜌 est de la forme 𝜌(𝑡) = 𝑟(𝑡) . La résolution des équations donnent alors 𝛾 = 13 et comme
dans le cas précédent les densités 𝜌 et p s'interprètent comme des densités comobiles.
Cependant il se pose un autre problème : puisque l'on peut construire les modèles d'uni-
vers (homogène et isotrope à grande échelle) en ayant recours uniquement à la gravitation
newtonienne et à la thermodynamique, pourquoi utiliser la relativité générale ? Le fait de
donner deux théories (conceptuellement très diérentes) d'une même réalité physique,
ici d'un univers, montre qu'on ne peut pas confondre une réalité physique et un modèle
traduisant cette réalité. Mais outre cet intérêt épistémologique, ces deux conceptualisations
diérentes s'interrogent l'une l'autre, par exemple en mettant en évidence qu'il existe une
pression purement gravitationnelle, pression a priori indétectable, sinon par l'adéquation
de ces deux modèles aux observations.
31
Elle est très dicile à mettre en évidence (le nuage de Oort, aux conns du système
solaire, semble la plus petite structure permettant de la vérier) ;
Son existence montre que la modication de l'équation de Poisson n'est pas purement
ad hoc.
Que permet cette pression gravitationnelle pure ?
- Le tenseur impulsion-énergie T - dont Einstein disait qu'il n'était qu'une "pièce de
bois vulgaire - est interprétable de la manière classique lorsqu'on se place dans un repère
"localement inertiel".
- La loi de corps noir qui est à la base de la caractérisation du rayonnement cosmologique
à 3 degrés Kelvin est une loi thermodynamique qui ne peut être introduite en toute rigueur
que dans le cadre cosmologique Newtonien. L'équivalence valide son utilisation en relativité
générale.
- Plus généralement, des concepts thermodynamiques usuels comme par exemple celui
d'entropie, la constante de Boltzmann, prennent un sens en relativité générale.
- L'hydrodynamique n'apparaît plus comme une simple technique mais comme permet-
tant d'exprimer en termes newtoniens la gravitation relativiste.
- Le système des équations d'Einstein apparaît comme une intégration partielle du
système des équations de la cosmologie newtonienne en ce sens que, soit les équations sont
identiques aux équations newtoniennes, soit elles en fournissent des intégrales premières.
Par ailleurs cette pression permet un âge élevé de l'univers (20 milliards d'années, avec
une constante de Hubble de 75km/s/Mpc), ce qui est souhaitable au vu des observations.
Un tel âge est impossible à obtenir avec le modèle usuel sans pression gravitationnelle (cf.
[9] par exemple où les auteurs montrent que l'on ne peut plus se passer de la constante
cosmologique, autrement dit de l'existence d'une pression négative, fait conrmé par les
observations récentes de supernovae).
32
En fait I. Segal a étudié essentiellement le modèle où U = M, voir Aguirre-Daban
et autres [12] pour une compréhension critique de ce modèle. Par ailleurs il prend, pour
temps cosmologique, un temps cinématique (the chronogeometric time) que l'on peut
dénir ainsi : sachant que toute métrique d'univers est conformément équivalente à une
2 2 2 2
métrique statique : 𝑑𝑠 = 𝜃 (𝑢)(𝑑𝑢 − 𝑑Ω𝜖 ), il suppose que ce temps u déni par cette
forme conformément statique de la métrique d'univers est additif. Il ne se place donc pas
dans le cadre de l'hypothèse A, ni dans le cadre de l'hypothèse A", mais il est important
de signaler que I. Segal ne se donne aucune contrainte du type thermodynamique.
Idées de P.A.M. Dirac : Les équations d'Einstein sont valables si l'on suppose que les
constantes de la gravitation G et cosmologique Λ sont constantes, ainsi que la masse des
objets macroscopiques. Un système d'unités physiques pour lequel la relativité générale est
valable est appelé, par Dirac, système d'unités d'Einstein. Dans un tel système d'unités,
la constante de Planck, la masse des particules élémentaires et autres quantités atomiques
peuvent ne pas être constantes. Dirac propose que la métrique d'un modèle cosmologique
dépend du système d'unités choisi. Aussi, pour tenir compte de l'électromagnétisme, une
transformation de jauge, comme facteur conforme, relie les métriques associées à deux sys-
tèmes d'unités. Si l'on note 𝑔𝑒 et 𝑔𝑎
les métriques associées respectivement au systèmes
2
d'unités d'Einstein, atomiques, nous avons 𝑔𝑒 = ℎ 𝑔𝑎 ; Comment trouver h ? C'est la ques-
tion que se posaient Canuto et d'autres.
De ces travaux, il est évident que tout modèle d'univers homogène et isotrope doit
vérier la dénition suivante :
Cette dénition, qui peut sembler très abstraite, permet fondamentalement de chercher
à construire des modèles d'univers tenant compte de propriétés de l'électromagnétisme.
Pour voir la compatibilité de cette dénition avec les hypothèses 1 à 8 du 1 G), il
5
sut d'une part d'utiliser le plongement de tout modèle d'univers dans l'espace IR muni
d'une métrique de De Sitter (cf. 1 D)) et de rappeler le théorème suivant :
Théorème : (H. Bacry et J.M. Lévy-Leblond [13] ; I. Segal [9]). Il existe , dans le groupe
SO(2,4) des invariants des équations de Maxwell, trois cinématiques possibles compatibles
4
avec l'électromagnétisme : ce sont celles associées au groupe de Poincaré IR ⊲ 𝑆𝑂(1, 3) et
aux deux groupes de de Sitter SO(1,4) et SO(2,3).
33
arbitraire de l'hypothèse A. Si l'on tient compte du rayonnement, on n'a plus de ciné-
matique. Ne vaudrait-il pas mieux garder la cinématique pour les objets comobiles et par
contre aaiblir l'hypothèse A ? Ceci pourrait facilement se justier en disant par exemple
que le rayonnement n'interagit pas du tout avec la matière, en particulier avec l'horloge
de l'observateur comobile. Il faut alors supposer la métrique sous la forme conforme à un
modèle sans rayonnement, donc de la forme :
𝑒𝜆𝜏 + 𝜖𝑒−𝜆𝜏 2 2
𝑑𝑠2 = ℎ2 (𝜏 )(𝑑𝜏 2 − ( ) 𝑑Ω𝜖 ),
2𝜆
Cela alors pose le problème de traduire la loi de corps noir pour le rayonnement, sans doute
sans trop de dicultées au vu de la propriété de l'invariance conforme de l'électromagné-
tisme.
Cette métrique s'écrit dans le temps atomique, cf. (19) ,
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)𝑑Ω2𝜖 , où 𝑅(𝑡) = − 𝑎𝐵 2𝐴
+ 𝜆1 𝑒𝜆𝑡 + 𝜆2 𝑒−𝜆𝑡 ,
𝑎2 𝐵 2
avec 4𝜆1 𝜆2 =
2𝐴2
+ 𝜖𝜆−2 , 𝜆2 = 8𝜋𝐺𝐴 3𝑐2
et 𝑎 = 𝑅(𝑡0 ). Par un choix convenable d'origine
1 𝜖 2𝐵2𝜆
de temps, nous prendrons 𝜆1 =
2𝜆
et donc 𝜆2 =
2𝜆
+ 𝑎 8𝐴 2 , ainsi R(t) s'écrit :
𝑒𝜆𝑡 +𝜖𝑒−𝜆𝑡 𝑎2 𝐵 2 𝜆 −𝜆𝑡 𝑎𝐵
𝑅(𝑡) = 2𝜆
+ 8𝐴2 𝑒 − 2𝐴 ;
𝑎𝐵𝜆 (𝑒𝜆𝑡 −𝛼)2 −1
nous noterons encore 𝛼 = , ainsi 𝑅(𝑡) = .
2𝐴 2𝜆𝑒𝜆𝑡
En égalisant les deux formes de métrique, on a donc à résoudre le système :
𝜆𝑑𝜏 𝑑𝑡
ℎ(𝜏 )𝑑𝜏 = 𝑑𝑡, 𝑠ℎ𝜆𝜏 = 𝑅(𝑡) ; Cette dernière équation s'intègre et donne, par exemple dans
le cas où 𝜖 = −1 :
𝜆𝑡
𝑡ℎ 𝜆𝜏
2
= 𝑒𝑒𝜆𝑡 −𝛼−1
−𝛼+1
𝜆𝑡
, c'est-à-dire 𝑒 − 𝛼 = 𝑒
𝜆𝜏
.
𝑒𝜆𝜏
Ainsi ℎ(𝜏 ) = 𝜆𝜏 .
𝑒 +𝛼
𝐵 −3 −5
Comme est de l'ordre de 10 à 10 , et 𝑎𝜆 est de l'ordre de l'unité (par confronta-
𝐴
tion aux observations), alors 𝛼 est très petit devant 1. En faisant un développement limité
−𝜆𝜏
suivant 𝛼, on obtient l'approximation suivante du premier ordre en 𝛼 : ℎ(𝜏 ) = 1 − 𝛼𝑒 .
On arrive à une constatation importante : du point de vue du principe heuristique de simpli-
cité, principe qui s'est toujours avéré très fondamental en physique, les calculs précédents,
très élémentaires, semblent en accord avec ce "principe de simplicité". Faut-il chercher une
autre hypothèse, d'une part très simple et d'autre part donnant des résultats "élégants".
En voici une autre, sans doute n'est-ce-pas la meilleure, qui vérie aussi ce principe
heuristique de simplicité :
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Note : pour les camarades de travail lyonnais (et pour combien d'autres !), qui ont
connu Jean Braconnier, Doyen de la faculté des sciences de Lyon pendant de nombreuses
années, constructeur du campus universitaire de la Doua à Villeurbanne, membre de la
rédaction de l'ouvrage N. BOURBAKI (évidemment membre non ociel comme tous les
membres de ce regroupement), ils pourront reconnaître aisément le prix que j'attache à
cette hypothèse de simplicité AA. En eet le titre du séminaire de mathématique qu'il a
longtemps animé était "AA", comme Analyse et Algèbre. Je lui dois beaucoup, en parti-
culier il m'a dit un jour : il y a des mystères en mathématique : par exemple, personne
ne sait répondre à la question suivante : Pourquoi l'inniment petit et l'inniment grand
sont intimement liés ? En particulier, pourquoi les représentations du groupe de Poincaré
(groupe des invariants d'une cinématique, celle de la relativité restreinte, donc point de
vue relativiste) paramètrent les particules élémentaires (point de vue quantique puisque ce
paramétrage s'eectue par la description des espaces de Hilbert des états quantiques d'une
particule). Je dois dire qu'une grille de lecture de mon travail passe par la compréhension
de cette remarque que J. Braconnier m'avait faite en 1974 ou 1975, je le dis aujourd'hui
(novembre 92), car je me suis soudainement souvenu de cette remarque quand j'ai écrit pour
la première fois les dénitions mathématiques précises des trois concepts suivants : temps
atomique, temps cosmologique, temps cinématique. Dire que ces trois temps coïncident
permettent d'avancer, je l'espère, dans la compréhension de ce mystère.
35
de P. Midy et J.-P. Petit [25], mais ces auteurs conservent l'interprétation standard du
tenseur 𝑇𝜇𝜈 .
Je m'aperçois, à la relecture, que j'ai implicitement admis une autre hypothèse : le
caractère absolu de la notion d'énergie ;
je l'admets en complément de l'hypothèse AA, dans la mesure où en mécanique quantique
on ne peut se passer de la dualité temps-énergie et dans la mesure où l'hypothèse AA prend
le temps comme un absolu !
Cette hypothèse AA, même si c'est une hypothèse gratuite ou une hypothèse de
mathématicien, montre cependant que pour mettre en oeuvre la relativité générale on ne
peut se passer de se dénir très précisément la nature (i.e. les propriétés) du temps avec
lequel on travaille, surtout quand on ose confronter un modèle aux observations.
Conclusion
Par la mise en évidence de tous les axiomes explicites et implicites utilisés pour construi-
re un modèle d'univers isotrope, nous permettons de mieux poser des problèmes liés aux
modèles cosmologiques, problèmes soulevés par exemple par M. Novello [14], G.F.R. Ellis
[15] ou encore M. Felden [16].
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Nous arrivons aussi à la conclusion que le modèle d'univers de base n'est autre que l'un
des modèles de De Sitter.
Dans la conclusion du preprint de 1993, j'écrivais : Un autre problème qui sera je
l'espère tranché par l'observation est la valeur du paramètre de décélération 𝑞𝑜 . Dans le
modèle standard la valeur critique de ce paramètre est 1/2, alors que pour les trois modèles
de De Sitter ce paramètre est toujours négatif, la valeur critique étant -1.
Or depuis les années 1998 à 2000, les observations ont tranché le problème (cf [23] et
[24]) ; en eet tout les cosmologistes sont d'accord sur le fait que l'univers est en expansion
accélérée, ce qui se traduit par 𝑞𝑜 < 0 !
Pour obtenir un modèle standard en expansion accélérée, ces mêmes cosmologistes
introduise alors ... la constante cosmologique Λ qui traduirait une énergie du vide, pas un
seul ne songe à dire tout simplement qu'elle traduit la densité de matière comobile.
Quand aux trois formes de Robertson-Walker de la métrique de De Sitter, si certes
elles sont signalées dans les ouvrages de Anderson [20] et de Dolgov et autres [21], je
n'en ai jamais vu de démonstration simple ni d'interprétation géométrique élégante, et
encore moins une utilisation. Pourtant la compréhension de ces trois formes permet de
comprendre et de résoudre bien des problèmes concernant les modèles isotropes de l'univers,
en particulier le non-mystère de la constante cosmologique, le faux problème de l'horizon,
l'isotropie du rayonnement cosmologique, etc. ! Il reste maintenant à passer ces modèles au
feu de la critique par la confrontation aux observations.
H. Sinaceur ([22] page 60) disait L'axiomatique n'était donc pas pour Hilbert négation,
mais analyse critique de l'intuition. Idée inspirée de Kant pour qui l'axiomatique est pour
les mathématiques l'instance critique.
Si l'on regarde l'utilisation faites des mots Hypothèse et Résultat dans cette étude
sur les modèles cosmologiques, en posant :
Hypothèse = explicitation de la èche de traduction axiome ← principe et
Résultat = explicitation de la èche de traduction théorème → loi,
j'ose plagié, en disant :
La modélisation mathématique est pour une théorie physique l'instance critique.
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