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Le chapitre aborde les modèles d'univers en se concentrant sur les équations d'Einstein et le tenseur impulsion-énergie, tout en examinant les problèmes liés à la cosmologie moderne. Il souligne les défis posés par les observations astronomiques et propose une hypothèse sur le tenseur qui pourrait résoudre ces difficultés. L'auteur insiste sur l'importance de respecter les équations d'Einstein dans la formulation des modèles d'univers.

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Le chapitre aborde les modèles d'univers en se concentrant sur les équations d'Einstein et le tenseur impulsion-énergie, tout en examinant les problèmes liés à la cosmologie moderne. Il souligne les défis posés par les observations astronomiques et propose une hypothèse sur le tenseur qui pourrait résoudre ces difficultés. L'auteur insiste sur l'importance de respecter les équations d'Einstein dans la formulation des modèles d'univers.

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Chapitre 7

Sur la problématique des modèles d'univers

Michel Mizony

* Institut Girard Desargues (CNRS UMR 5028), Université Lyon 1


SOMMAIRE
Introduction et bref historique.
Ÿ1 Quelques problèmes
A) Notations et formulation de problèmes
B) Sur la dimension des équations d'Einstein
C) Retour sur les équations de la relativité générale
Équation des contraintes ; équation dynamique ; équation de conservation
D) La forme de Robertson-Walker et sa non-unicité
5
La métrique de De Sitter ; plongement d'un modèle d'univers dans IR ; la notion d'angle
parabolique
E) Forme générale d'une métrique d'univers
Forme générale ; trois modèles pour une même forme de Robertson-Walker
F) Les variables temporelles
Le temps cosmologique (additif ) ; le temps atomique ; le temps température ; le temps
cinématique
G) Récapitulatif d'hypothèses implicites ou explicites
Les hypothèses de base ; les hypothèses optionnelles
Ÿ2 Le tenseur impulsion-énergie
A) L'hypothèse sur le tenseur impulsion-énergie
Système local inertiel ; densité locale et densité comobile
B) Univers sans création de matière ni rayonnement
Constante cosmologique ; modèles de De Sitter
C) Univers avec rayonnement cosmologique
Ÿ3 L'équivalence entre la cosmologie Einsteinienne et celle de Newton
A) Gravitation Newtonienne et thermodynamique
Equivalence avec la relativité générale ; l'entropie ; la loi de corps noir
B) Autres systèmes d'hypothèses
Cosmologies de I. Segal, P.A.M. Dirac ; causalité

1
C) Gravitation et électromagnétisme
Forme conforme ; jauge ; vitesse de la lumière
Conclusion

Sur la problématique des modèles d'univers


Introduction :
Dans le cadre de la relativité générale, il est usuel d'interpréter le tenseur impulsion-
énergie, représentant le contenu physique d'un univers homogène et isotrope, par un uide
hydrodynamique. Nous nous proposons d'examiner cette hypothèse (le uide cosmique est
hydrodynamique) qui, en plus de l'hypothèse fondamentale disant que les équations de la
relativité générale sont valables sur l'univers tout entier, mène au modèle standard.
Une réexion sur la notion de modèle d'univers et sur l'interprétation classique du
tenseur impulsion-énergie est rendue d'autant plus urgente que les observations actuelles
conduisent à des dicultés énormes ; citons-en quelques unes :
- La constante de Hubble nous donne un âge de l'univers de l'ordre de 11 à 13 milliards
d'années, dicilement compatible avec l'âge d'amas d'étoiles (les amas globulaires) et un
temps susant pour la formation des galaxies.
- Le rayonnement de fond cosmologique à 3 K (plus précisément à 2.735) tellement
isotrope, et le phénomène d'horizon (semblant inhérent au modèle standard), sont impos-
sibles à réconcilier sans le recours à des hypothèses plutôt ad hoc, comme par exemple des
hypothèses menant à des scénario inationnaires.
- L'univers serait en expansion accélérée, (cf. Perlmutter et autres [23) ou Riess et autres
[24]), ce qui oblige à modier le modèle usuellement admis en réintroduisant la constante
cosmologique ... et - La constante cosmologique est toujours un mystère.
- Les observations sur les quasars posent problème. Etc.
A cela s'ajoute d'autres dicultés, comme par exemple l'instabilité du modèle standard
par rapport au paramètre de densité (la densité critique est une valeur instable, cf. A. Coley
et R. Tavakol [1]).
Nous nous proposons de montrer, après avoir essayé de bien poser les problèmes, qu'une
hypothèse extrêmement faible sur le tenseur impulsion énergie, respectant le sens des équa-
tions de la relativité générale, permet de construire un modèle d'univers qui rend compte de
toutes les observations actuelles, qui supprime tout mystère à la constante cosmologique,
qui tient compte des exigences du mathématicien que je suis, et qui permet d'avancer dans
la compréhension de ce qu'est la èche du temps.
Insistons sur le nécessaire respect du sens des équations d'Einstein. Il est admis que
le deuxième membre des équations de la relativité générale, le tenseur impulsion-énergie,
ne peut s'interpréter en terme de densité et de pression que dans un repère localement
inertiel et comobile. Or le modèle standard est basé sur une interprétation, par analogie
de formules avec la thermodynamique, dans un repère comobile, qui n'est pas localement
inertiel. En eet un repère comobile ne peut être localement inertiel qu'à un seul moment !
Là réside l'erreur de fond du modèle standard.

Sur l'histoire des modèles d'univers en expansion :

2
Dès les années 20, la relativité générale, élaborée au départ pour concilier relativité
restreinte et gravitation, est utilisée pour construire des modèles d'univers. Cette recherche
est d'abord purement spéculative, visant à explorer les possibilités de la nouvelle théorie.
Elle aboutit en particulier à montrer la possibilité de construire des modèles d'univers en
expansion. C'est à A. Friedmann (1922) que l'on doit l'étude d'une famille de modèles
d'univers isotropes. Une étude d'une famille plus complète fut faite par G. Lemaître en
1927. Or, peu après, les observations de Hubble aboutissent à la conclusion que l'univers
est eectivement en expansion ce qui provoque bien sûr un regain d'intérêt pour ces modèles
d'univers "einsteiniens" rendant compte de ce phénomène. C'est à Robertson, en 1935, et
Walker, en 1936, que l'on doit l'étude complète des modèles d'univers isotropes dans le
cadre de la relativité générale.
La possibilité de fabriquer des modèles d'univers à partir de l'utilisation de la théorie
newtonienne et de la relativité restreinte, mais sans appel à la relativité générale, est recon-
nue dans les mêmes années (Milne, 1934) ; ces modèles d'univers se placent essentiellement
dans le cadre newtonien, mais modié en supposant la vitesse de la lumière nie.
Cependant, il faut signaler que les premiers exemples de modèles d'univers en expansion
ont été décrits par W. de Sitter (1917) et déjà par V. Varicak (1910) ! Ce fait trop peu
connu mérite d'être signalé.

Ÿ1 Quelques problèmes
Ÿ1 A) Notations et formulation du problème
Une forme de Robertson-Walker d'une métrique d'univers homogène et isotrope sera
notée :
𝑑𝑠2 = 𝑐2 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)(𝑑𝛼2 + 𝑓𝜖2 (𝛼)𝑑𝜔 2 ), où 𝑑𝜔 2 = 𝑑𝜃2 + 𝑠𝑖𝑛2 𝜃𝑑𝜙2 et où , pour 𝜖 =
(1)
1, 0, −1 suivant la nature de la partie spatiale de l'univers (plus précisément 𝜖 est le signe
de la courbure de cette partie espace), on a respectivement :
𝑓1 (𝛼) = 𝑠𝑖𝑛𝛼, la partie espace est une sphère ,
𝑓𝑜 (𝛼) = 𝛼, , la partie espace est l'espace euclidien ,
𝑓−1 (𝛼) = 𝑠ℎ𝛼 , la partie espace est un hyperboloïde.
2 2 2 2
Nous noterons parfois 𝑑Ω𝜖 , la partie spatiale 𝑑𝛼 + 𝑓𝜖 (𝛼)𝑑𝜔 de la métrique.
Pour une telle forme de métrique, les équations d'Einstein 𝐺𝜇𝜈 = 𝜅𝑇𝜇𝜈 , où 𝐺𝜇𝜈 est le
tenseur d'Einstein (avec ou sans constante cosmologique), 𝑇𝜇𝜈
le tenseur impulsion-énergie
8𝜋𝐺
et 𝜅 un coecient de proportionnalité (habituellement identié à
𝑐4
), se réduisent à :

8𝜋𝐺 𝑜 𝜖 𝑅˙ 2 Λ
(2) 4
𝑇𝑜 = 3( 2
+ 2 2
− ),
𝑐 𝑅 𝑐𝑅 3
8𝜋𝐺 1 𝜖 𝑅˙ 2 𝑅¨
(3) 𝑇1 = + + 2 − Λ,
𝑐4 𝑅 2 𝑐2 𝑅 2 𝑐2 𝑅
𝑑
où ”˙” = 𝑑𝑡
.
Premiers problèmes : G est-elle la constante de Newton ?𝛼 est-il un angle ou une lon-
4
gueur ? Suivants les ouvrages on trouve à la place du facteur 𝑐 , dans le premier membre
2 0
des équations (2) et (3), le facteur 𝑐 ou parfois même le facteur 𝑐 , pourquoi ? Unicité

3
de la forme de Robertson-Walker ? Hypothèses implicites et explicites ? Sur quelle variété
2
est dénie la deux-forme 𝑑𝑠 ? Pourquoi choisir l'écriture équivariante des équations de la
relativité générale ? Faut-il écrire les équations d'Einstein avec ou sans constante cosmolo-
gique ?
Avant d'aller plus loin dans les notations et avant même de rééchir au tenseur impul-
sion-énergie, il est nécessaire de débroussailler certains de ces problèmes. Même si ces
développements pourront paraître fastidieux ou longs, il sont nécessaires pour mettre en
évidence des hypothèses implicitement admises, et pour mieux comprendre la relativité
générale.
Je rappelle que je prend comme axiome initial le fait que la relativité générale four-
nit un cadre mathématique théorique de la gravitation. Il m'est évident que si certaines
observations vont à l'encontre de cette théorie (par exemple l'observation de la formation
d'un trou noir en un temps ni pour un observateur extérieur à la formation de ce trou
noir), ce travail, de fait caduque, gardera son sens, d'une part dans l'exigence de rigueur
mathématique, d'autre part au plan de l'épistémologie.

Ÿ1 B) Sur la dimensionalité des équations d'Einstein.


Il m'a été souvent demandé quelle est la valeur de 𝜅 dans les équations 𝐺𝜇𝜈 = 𝜅𝑇𝜇𝜈 de
𝐺
la relativité générale ; ma réponse ne varie pas : on a 𝜅 = 8𝜋𝐺, ou 𝜅 = 8𝜋 2 , ou encore
𝑐
𝜅 = 8𝜋 𝑐𝐺4 ; cela dépend du choix d'écriture de la métrique et aussi de la dimensionalité
des coecients 𝑔𝜇𝜈 , et de celle des coecients du tenseur impulsion-énergie. Mais cette
question qui semble anodine est en fait très pertinente. Commençons par rappeler que
la valeur de 𝜅 est fondamentalement liée au besoin de retrouver pour les champs faibles,
dans l'univers statique et vide de la relativité restreinte, l'approximation Newtonienne et
expliquer les observations qui ne peuvent l'être par la théorie Newtonienne (par exemple
lorsque l'on veut expliquer au moyen de la relativité générale l'avance du périhélie de
mercure ou la déviation des rayons lumineux par le soleil) ! Mais quelle valeur donnée à 𝜅
si l'on veut appliquer les équations d'Einstein à l'univers tout entier ? Je laisse la question
volontairement ouverte ; Aussi je demande au lecteur de prendre comme un acte de foi
l'hypothèse sous-jacente à ce travail qui consiste à dire que localement, en chaque point
d'un modèle d'univers les équations de la relativité générale ont un sens (ne serait-ce que
pour pouvoir s'autoriser à traiter du champ gravitationnel émis par le soleil dans un univers
non statique). Dois-je rappeler que le (ou les) modèle d'univers, dit standard, repose sur un
acte de foi vertigineux : les équations d'Einstein sont valables globalement et le tenseur
impulsion énergie a la signication d'un uide thermo ou hydrodynamique, et dans le cadre
de cette hypothèse quelle peut-être la valeur de 𝜅?
Désignons par des crochets [ ] la dimension physique des objets considérés, en notant
par m la dimension de longueur, par g celle de masse et par s celle de temps. Par exemple
pour la constante de Newton G, on a
𝑚3 𝐺 𝑚
[𝐺] = 𝑔𝑠2 , ou [ 𝑐2 ] = 𝑔 .
2 2 2 2
* Pour la métrique 𝑑𝑠 = 𝑑𝜏 − 𝑅 (𝜏 )𝑑Ω𝜖 , prenons [𝑑𝑠] = [𝑅(𝜏 )] = 𝑚, alors [𝑑𝜏 ] = 𝑚 et
[𝑑Ω𝜖 ] est sans dimension. Soit 𝐺𝜇𝜈 le tenseur d'Einstein, alors[𝐺𝜇𝜈 ] n'est pas homogène ;

4
par exemple [𝑅𝑜𝑜 ] = 𝑚−2 et [𝑅11 ] est sans dimension ; de même le tenseur métrique 𝑔𝜇𝜈
𝜇
ne l'est pas non plus. Par contre le tenseur équivariant 𝐺𝜈 est homogène et de dimension
[𝐺𝜇𝜈 ] = 𝑚−2 .
𝜇
Ainsi 𝑇𝜈 est de dimension constante.
𝜇
- Si l'on donne localement à 𝑇𝜈 la signication d'une densité d'énergie, alors les équa-
tions d'Einstein s'écrivent :

𝜖 𝑅′ 2 𝑅′′
8𝜋𝐺𝑇11 = 2 + 2 +2 −Λ
𝑅 𝑅 𝑅
𝜖 𝑅′ 2
8𝜋𝐺𝑇𝑜𝑜 = 3( + )−Λ
𝑅2 𝑅2
où ”′ ”= 𝑑
𝑑𝜏
′ −1
et donc [ ] = 𝑚 .
Et si l'on donne localement à 𝑇𝜈𝜇 la signication d'une densité de matière, alors les
équations d'Einstein s'écrivent :

8𝜋𝐺 1 𝜖 𝑅′ 2 𝑅′′
𝑇 = 2 + 2 +2 −Λ
𝑐2 1 𝑅 𝑅 𝑅
8𝜋𝐺 𝑜 𝜖 𝑅′ 2
𝑇 = 3( + )−Λ
𝑐2 𝑜 𝑅2 𝑅2
2 2 2 2 2
* Pour la métrique 𝑑𝑠 = 𝑐 𝑑𝑡 − 𝑅 (𝑡)𝑑Ω𝜖 , prenons [𝑑𝑠] = [𝑅(𝑡)] = 𝑚, alors [𝑑𝑡] = 𝑠
et [𝑑Ω𝜖 ] est sans dimension. Le tenseur d'Einstein [𝐺𝜇𝜈 ] n'est pas homogène, de même
𝜇
le tenseur métrique 𝑔𝜇𝜈 ne l'est pas non plus. Par contre le tenseur équivariant 𝐺𝜈 est
𝜇 −2
homogène et de dimension [𝐺𝜈 ] = 𝑚 .
𝜇
- Si l'on donne localement à 𝑇𝜈 la signication d'une densité d'énergie, alors les équa-
tions d'Einstein s'écrivent :

8𝜋𝐺 1 𝜖 𝑅˙ 2 𝑅¨
𝑇1 = + + 2 −Λ
𝑐4 𝑅 2 𝑐2 𝑅 2 𝑐2 𝑅
8𝜋𝐺 𝑜 𝜖 𝑅˙ 2
𝑇 = 3( 2 + 2 ) − Λ
𝑐4 𝑜 𝑅 𝑅
𝑑 −1
où ”˙” = 𝑑𝑡
et donc [ ˙ ] = 𝑠 .
Et si l'on donne localement à 𝑇𝜈𝜇 la signication d'une densité de matière, alors les
équations d'Einstein s'écrivent :

8𝜋𝐺 1 𝜖 𝑅˙ 2 𝑅¨
𝑇1 = + + 2 −Λ
𝑐2 𝑅 2 𝑐2 𝑅 2 𝑐2 𝑅
8𝜋𝐺 𝑜 𝜖 𝑅˙ 2
𝑇𝑜 = 3( + )−Λ
𝑐2 𝑅 2 𝑐2 𝑅 2
En résumé, nous avons choisi, avec les écritures (2) et (3), d'une part la formulation équi-
variante des équations d'Einstein, pour avoir une homogénéité dimensionelle qui facilitera

5
par la suite l'interprétation physique et la confrontation aux observations, et d'autre part
𝜇
une signication d'énergie à chacun des coecients du tenseur 𝑇𝜈 . Au passage ce dernier
2
fait montre que le contenu de matière étant exprimé en énergie par l'équation 𝐸 = 𝑚𝑐 ,
une hypothèse implicitement admise est que la relativité restreinte est valable localement
en tout point (i.e. en termes mathématiques : est valable sur l'espace tangent en chaque
point de la variété sur laquelle est dénie la métrique).

Ÿ1 C) Retour sur les équations de la relativité générale


Il est bien connu que les équations de la relativité générale, écrites dans un système
de coordonnées locales, forment un système de 10 équations à 10 inconnues, se divisant en
deux groupes d'équations : Un premier groupe est formé des équations, dites équations de
contraintes, ce sont les quatre qui contiennent un indice nul dans la formulation usuelle
et qui fournissent des conditions aux limites ou conditions initiales ; Le deuxième groupe
est celui formé des équations ne comprenant aucun indice nul, ce sont les six équations
dynamiques ou équations d'évolution. Voir par exemple le chapitre 7.5 sur les conditions de
Cauchy de S. Weinberg [2] pour le lecteur physicien, ou l'énorme travail de A. Lichnérowicz
[3] pour le mathématicien qui voudrait comprendre l'ampleur des problèmes mathématiques
soulevés.
Cette division se retrouve-t-elle lorsque l'on regarde les deux équations restantes servant
à étudier les modèles d'univers homogène et isotrope. C'est l'objet de ce qui va suivre.
Le problème de la séparation entre équations de contraintes et équations dynamiques est
rendu plus délicat à étudier dans la mesure où ces équations ne sont pas fonctionnellement
indépendantes. Elles sont reliées entre elles par les identités de Bianchi (pour le mathé-
maticien) ; ces identités (quatre équations dans un système de coordonnées locales) sont
𝜇
identiquement vériées par le premier membre 𝐺𝜈 des équations d'Einstein. Ces mêmes
identités ont un sens pour le physicien, elles portent le nom de lois de conservation et
𝜇
relient entre elles les deuxièmes membres 𝑇𝜈 des équations d'Einstein.
𝜇 𝜇
Ecrivons donc ces équations ∇𝜇 𝐺𝜈 = 0 ( identités de Bianchi ) donc ∇𝜇 𝑇𝜈 = 0 qui,
𝜇
pour une métrique d'univers de la forme (1) se réduisent à l'équation sur le tenseur 𝑇𝜈 à :

𝑑 3 𝑜 ˙ 1 (= 𝑅2 𝑅𝑇
˙ 𝑖 ).
(4) (𝑅 𝑇𝑜 ) = 3𝑅2 𝑅𝑇 1 𝑖
𝑑𝑡
Rappelons les équations 2 et 3 :

8𝜋𝐺 𝑜 𝜖 𝑅˙ 2 Λ
(2) 4
𝑇𝑜 = 3( 2
+ 2 2
− ),
𝑐 𝑅 𝑐𝑅 3
8𝜋𝐺 1 𝜖 𝑅˙ 2 𝑅¨
(3) 𝑇 = + + 2 − Λ,
𝑐4 1 𝑅 2 𝑐2 𝑅 2 𝑐2 𝑅
Et regardons les liens existants entre les équations (2), (3) et (4) :
On a de manière évidente les relations suivantes :
(2) et (3) impliquent (4)
(4) et (2) impliquent (3),

6
mais on n'a pas (2) conséquence de (3) et (4) ; on a :
(4), (2)𝑡𝑂 et (3) impliquent (2) ,
où (2)𝑡𝑂 signie que cette équation est vériée en un moment 𝑡𝑜 xé (concrètement 𝑡𝑜
est aujourd'hui, au sens cosmologique du terme).
Cette constatation est importante, car elle signie que les deux équations d'Einstein
(2) et (3) n'ont pas le même statut. On retrouve le fait que l'équation (2) est une équation
de contraintes (ou de conditions initiales), et que l'équation fondamentale à intégrer est
l'équation dynamique (3) .
Revenons maintenant sur chacune de ces équations, en insistant sur le fait que dans la
logique inhérente à la relativité générale, nous avons à résoudre le système :
(4) , (3) et (2)𝑡𝑂 .
En eet pour qu'il existe une solution il faut et il sut que (4) soit vériée : i.e.
𝑑 ˙ 11 ; Autrement dit, si on se donne 𝑇𝑜𝑜 , alors on a 𝑇11 et on peut résoudre
(𝑅3 𝑇𝑜𝑜 ) = 3𝑅2 𝑅𝑇
𝑑𝑡
les autres équations.
Ceci signie que le contenu physique du problème se réduit à se donner 𝑇𝑜𝑜 .
Ce fait va à l'encontre de la démarche usuelle qui consiste à dire que (pour faire bref )
𝑇𝜈𝜇 est le tenseur impulsion-énergie d'un uide parfait. Au risque de me répéter, le contenu
physique consiste uniquement à se donner la fonction d'énergie de l'univers, à savoir la
𝑜
fonction qui à t associe 𝑇𝑜 (𝑡). On est loin du concept d'état qui consiste à dire qu'il faut
1 𝑜
se donner la pression 𝑇1 en fonction de la densité 𝑇𝑜 , ou vice-versa, dans le cadre de la
théorie thermodynamique des uides parfaits.
Examinons maintenant l'équation (2)𝑡𝑂 , qui s'écrit :
8𝜋𝐺 𝑜 ˙2
𝑐4
𝑇𝑜 = 3( 𝑅𝜖2 + 𝑐2𝑅𝑅2 − Λ3 ), alors on a :

𝜖 8𝜋𝐺 𝑜 Λ 𝐻𝑜2
= 𝑇 (𝑡𝑜 ) + − 2
𝑅2 (𝑡𝑜 ) 3𝑐4 𝑜 3 𝑐

ce qui signie que si l'on se donne la valeur de la constante de Hubble aujourd'hui (i.e.
𝑅˙
𝐻𝑜 = 𝑅 (𝑡𝑜 ) ), et la densité d'énergie aujourd'hui (i.e. 𝑇𝑜𝑜 (𝑡𝑜 ) et Λ ), alors le signe 𝜖 de
la courbure de la partie espace est imposé, ainsi que le rayon 𝑅𝑜 = 𝑅(𝑡𝑜 ) de l'univers
aujourd'hui, indépendamment de la connaissance de la fonction R(t), lorsque 𝜖 ∕= 0.
Il ne reste plus alors qu'à résoudre l'équation dynamique (3) du deuxième ordre en R :
˙2 ¨
(3) 8𝜋𝐺𝑐4
𝑇11 = 𝑅𝜖2 + 𝑐2𝑅𝑅2 + 2 𝑐2𝑅𝑅 − Λ, qui nous donnera la forme générale de la fonction
R(t) ; cette forme dépend a priori de deux constantes d'intégration, mais l'équation aux
contraintes (2)𝑡𝑂 en xe une. Ainsi R(t) ne dépend que d'un paramètre arbitraire, qui
correspond à un choix d'une origine des temps.
En résumé : on se donne la fonction 𝑇𝑜𝑜 , par (4) on obtient 𝑇11 ; on prend les données
observationelles d'aujourd'hui, par (2)𝑡𝑂 on obtient la courbure aujourd'hui de la partie
𝜖
espace ; puis l'équation dynamique (3) permet de trouver R(t) et donc de déterminer
𝑅𝑜2
complètement la métrique du modèle.

La seule question qui reste, apparemment, est celle de se donner la fonction d'énergie
𝑜
de l'univers 𝑇𝑜 (𝑡).

7
Ÿ1 D) La forme de Robertson-Walker et sa non unicité
En fait il reste un autre problème important à examiner. Celui de savoir sur quelle
variété est dénie la solution. En eet une métrique g est un objet mathématique vivant
sur une variété ; plus précisément c'est une deux-forme sur une variété. Aussi pour parler
d'une métrique g, il faut se donner une variété. Nous allons illustrer ce point en montrant
qu'une même métrique peut admettre plusieurs formes de Robertson-Walker. Nous allons
montrer le :
Théorème 1 Les formes de Robertson-Walker sur l'hyperboloïde 𝑆𝑂𝑜 (1, 4)/𝑆𝑂𝑜 (1, 3)
muni de sa métrique canonique g, invariante par le groupe de De Sitter 𝑆𝑂𝑜 (1, 4), sont les
suivantes :

𝑠ℎ2 𝜆𝑡
(5) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 2
(𝑑𝛼2 + 𝑠ℎ2 𝛼𝑑𝜔 2 ).
𝜆
𝑐ℎ2 𝜆𝑢 2
(6) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑢2 − (𝑑𝜉 + 𝑠𝑖𝑛2 𝜉𝑑𝜔 2 ).
𝜆2
(7) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑣 2 − 𝑒2𝜆𝑣 (𝑑𝜌2 + 𝜌2 𝑑𝜔 2 ).
(Ces trois formes sont dénies sur des ouverts diérents de l'hyperboloïde).

Cette métrique 𝑑𝑠2


est solution des équations d'Einstein pour un tenseur impulsion-
2
énergie nul et une constante cosmologique Λ = 3𝜆 positive.
Il existe encore d'autres formes de cette même métrique, (formes dénies sur des ouverts
diérents de la variété de De Sitter). En particulier signalons :
La forme statique standard (obtenue par le théorème de Birkho ) :

Λ 2 2 Λ
𝑑𝑠2 = (1 − 𝜌 )𝑑𝜏 − (1 − 𝜌2 )−1 𝑑𝜌2 − 𝜌2 𝑑𝜔 2 .
3 3
La forme conforme (modèle de V. Fock [4]) :

Λ 2
𝑑𝑠2 = (1 − (𝑇 − 𝑅2 ))−2 (𝑑𝑇 2 − 𝑑𝑅2 − 𝑅2 𝑑𝜔 2 )
12
5
Notations : Soit IR muni de sa base canonique 𝑒0 , 𝑒1 , 𝑒2 , 𝑒3 , 𝑒4
et soit 𝐺 = 𝑆𝑂𝑜 (1, 4) la
5
composante connexe neutre du groupe des transformations de IR qui respectent la forme
2 2 2 2 2 2 5
quadratique ∥𝑥∥ = 𝑥0 − 𝑥1 − 𝑥2 − 𝑥3 − 𝑥4 , où 𝑥 = (𝑥0 , 𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 , 𝑥4 ) ∈ IR .
5
Pour 𝑥∈IR , soit 𝐺(𝑥) l'orbite de x sous l'action de G et 𝐻𝑥 le stabilisateur de x, i.e.
𝐻𝑥 = {𝑔∈𝐺 / 𝑔(𝑥) = 𝑥}. La sous-variété 𝐺(𝑥) de IR5 , qui s'identie à l'espace homogène
𝐺/𝐻𝑥 , est munie canoniquement d'une métrique 𝑔𝜇𝜈 , restriction à 𝐺(𝑥) de la métrique
invariante par G :
𝑑𝑥2 = 𝑑𝑥20 − 𝑑𝑥21 − 𝑑𝑥22 − 𝑑𝑥23 − 𝑑𝑥24 .
Cette métrique 𝑔𝜇𝜈 est Lorentzienne si le stabilisateur 𝐻𝑥 de x est isomorphe au groupe
de Lorentz. C'est la métrique de De Sitter. Sans perte de généralité nous prendrons 𝑥=
𝜆−1 𝑒4 et donc 𝐻𝑥 = 𝐻 = 𝑆𝑂𝑜 (1, 3) le stabilisateur de 𝑒4 .

8
Pour chaque 𝜆 > 0, 𝐺(𝜆−1 𝑒4 ),
l'orbite que nous noterons ℋ𝜆 dans la suite, est une
réalisation de l'espace symétrique 𝐺/𝐻 .
Soit 𝐾 = 𝑆0(4) le stabilisateur du point 𝑒0 .
Soit MN le stabilisateur du point 𝑒0 − 𝑒4 où 𝑀 = 𝐻∩𝐾 est le groupe des rotations du
sous-espace (𝑒1 , 𝑒2 , 𝑒3 ) de IR5 , et où N, isomorphe à IR3 , est l'ensemble :

1 + 𝑥2 /2 𝑥 𝑥2 /2
⎧ ⎛ ⎞ ⎫

⎨ 

𝑡 𝑡
𝑁 = 𝑛𝑥 = ⎝ 𝑥 𝐼 𝑥 ⎠ ∈𝐺
⎜ ⎟

−𝑥2 /2 −𝑥 1 − 𝑥2 /2

⎩ 

où 𝑥 = (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ), 𝑥2 = 𝑥21 + 𝑥22 + 𝑥23 et 𝑡 𝑥 est le transposé de x.


Et soit 𝐴 = 𝑆𝑂𝑜 (1, 1) le sous-groupe de G formé des rotations hyperboliques du plan
(𝑒0 , 𝑒4 ) et notons 𝐴+ ∗ le sous semi-groupe des rotations hyperboliques strictement positives.

Lemme : Le groupe G admet les trois décompositions suivantes par rapport au sous
groupe H :
i) Une décomposition d'Iwasawa : NAH est un ouvert de G (avec unicité de décomposi-
tion pour chaque élément de cet ouvert).
ii) Une première décomposition du type décomposition de Cartan : G= KAH (la dé-
composition d'un élément étant unique au centralisateur M de A dans K près).
iii) Une deuxième décomposition du type décomposition de Cartan : 𝑆 = 𝐻𝐴+
∗𝐻 est un
sous semi-groupe ouvert de G (la décomposition d'un élément étant unique au centralisateur
M de A dans H près).
Pour la preuve, valable plus généralement pour les groupes 𝑆𝑂𝑜 (1, 𝑛), voir Sekiguchi
[5] par exemple et Mizony [6].
A ces trois décompositions précisées par le lemme ci-dessus nous pouvons associer trois
paramétrages (plus précisément trois atlas) sur des ouverts de cet hyperboloïde ℋ𝜆 et donc
écrire la métrique 𝑔𝜇𝜈 sur ces ouverts : soient
−1 −1 −1
𝑈1 = 𝐻𝐴+ ∗ 𝐻(𝜆 𝑒4 ), 𝑈2 = 𝐾𝐴𝐻(𝜆 𝑒4 ) et 𝑈3 = 𝑁 𝐴𝐻(𝜆 𝑒4 ).
5
Pour 𝑉 = (𝑥0 , 𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 , 𝑥4 )∈𝑈1 ⊂ 𝑈3 ⊂ 𝑈2 = ℋ𝜆 ⊂ IR , on a
𝑉 = 𝑅𝜔 ℎ𝛼 𝑎𝜆𝑡 (𝜆−1 𝑒4 ) = 𝑅𝜔 𝑘𝜉 𝑎𝜆𝑢 (𝜆−1 𝑒4 ) = 𝑅𝜔 𝑛𝜆𝜌 𝑎𝜆𝑣 (𝜆−1 𝑒4 ),
où𝑅𝜔 ∈ 𝑀 , 𝑎𝑡 , 𝑎𝑢 𝑒𝑡 𝑎𝑣 ∈ 𝐴, ℎ𝛼 ∈ 𝐻 (via la décomposition de Cartan usuelle de H par
rapport à M), 𝑘𝜉 ∈ 𝐾 (via la décomposition de Cartan usuelle de K par rapport à M) et
𝑛𝜆𝜌 ∈ 𝑁 ;⎛i.e. : ⎞ ⎛ ⎞ ⎛ ⎞
𝑥0 𝑠ℎ𝜆𝑡 𝑐ℎ𝛼 𝑠ℎ𝜆𝑢
⎜ 𝑥1 ⎟ 0 0
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
−1 −1
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
𝑉 =⎜ 𝑥
⎜ 2 ⎟
⎟ = 𝜆 𝑅𝜔⎜
⎜ 0 ⎟
⎟ = 𝜆 𝑅𝜔⎜
⎜ 0 ⎟=

⎝ 𝑥3 ⎠ ⎝ 𝑠ℎ𝜆𝑡 𝑠ℎ𝛼 ⎠ ⎝ 𝑐ℎ𝜆𝑢 𝑠𝑖𝑛𝜉 ⎠
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
𝑥4 𝑐ℎ𝜆𝑡 𝑐ℎ𝜆𝑢 𝑐𝑜𝑠𝜉

9
2 2 𝜆𝑣
𝑠ℎ𝜆𝑣 + 𝜆 𝜌2𝑒
⎛ ⎞

0
⎜ ⎟
⎜ ⎟
−1
⎜ ⎟
= 𝜆 𝑅𝜔 ⎜
⎜ 0 ⎟.


⎝ 𝜆𝜌𝑒𝜆𝑣 ⎟

2 2 𝜆𝑣
𝑐ℎ𝜆𝑣 − 𝜆 𝜌2𝑒

Ecrivons la métrique 𝑑𝑥2 = 𝑑𝑥20 − 𝑑𝑥21 − 𝑑𝑥22 − 𝑑𝑥23 − 𝑑𝑥24 sur ces trois cartes et nous
obtenons (sans calculs !) le résultat précis suivant :
Proposition : La métrique 𝑔𝜇𝜈 , dénie sur l'hyperboloïde ℋ𝜆 et invariante par l'ac-
tion du groupe de De Sitter S0(1,4), admet les trois formes (dites de Robertson-Walker)
équivalentes suivantes :
2
i) sur l'ouvert 𝑈1 : (5) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑠ℎ𝜆2𝜆𝑡 (𝑑𝛼2 + 𝑠ℎ2 𝛼𝑑𝜔 2 ).
2
ii) sur l'ouvert 𝑈2 : (6) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑢2 − 𝑐ℎ𝜆2𝜆𝑢 (𝑑𝜉 2 + 𝑠𝑖𝑛2 𝜉𝑑𝜔 2 ).
iii) sur l'ouvert 𝑈3 : (7) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑣 2 − 𝑒2𝜆𝑣 (𝑑𝜌2 + 𝜌2 𝑑𝜔 2 ).

Figure 1 : L'hyperboloïde ℋ𝜆 sur lequel sont représentées les trois paramétrisations du


point V, associées aux trois décompositions du groupe SO(1,4).
A partir du lemme et de la proposition ci-dessus, on peut remarquer que le semi-groupe
de Lie, de dimension 10, 𝑆 = 𝐻𝐴+ ∗ 𝐻 agit sur les trois ouverts 𝑈1 , 𝑈2 et 𝑈3 en les laissant
stables et la métrique invariante ; nous appellerons ce semi-groupe le semi-groupe de Lie
de causalité, dans la mesure où il permet de dénir le cône du futur de chaque point de
l'hyperboloïde ℋ𝜆 d'une part et dans la mesure où il est engendré par le groupe de Lorentz

10
H et les translations strictement positives de temps 𝐴+
∗ d'autre part.
on obtient ainsi le résultat suivant :

Théorème 2 : Ces diérents modèles de De Sitter (𝑈1 , 𝑑𝑥2 ), (𝑈2 , 𝑑𝑥2 ) et (𝑈3 , 𝑑𝑥2 )
sont invariants par le semi-groupe de Lie de causalité

𝑆 = 𝐻𝐴+
∗𝐻

engendré par les transformations de Lorentz et les translations positives de temps.


Autrement dit, ce SEMI-GROUPE de CAUSALITE dénit une structure causale et
donc une FLECHE du TEMPS sur ces modèles d'univers.

Remarques : 1 - Les changements de variables qui permettent de passer d'une forme


à l'autre de la métrique 𝑔𝜇𝜈 sont donnés par les diérents paramétrages du point 𝑉 ∈ℋ𝜆 et
illustrés par la gure 1 : ils sont donc donnés
⎛ par : ⎞
2 2 𝜆𝑣
𝑠ℎ𝜆𝑣 + 𝜆 𝜌2𝑒
⎛ ⎞ ⎛ ⎞
𝑠ℎ𝜆𝑡 𝑐ℎ𝛼 𝑠ℎ𝜆𝑢
𝜆𝑣
⎜ ⎟

⎝ 𝑠ℎ𝜆𝑡 𝑠ℎ𝛼 ⎠ = ⎝ 𝑐ℎ𝜆𝑢 𝑠𝑖𝑛𝜉 ⎠ = ⎝
⎟ ⎜ ⎟ ⎜ 𝜆𝜌𝑒 ⎟.

𝜆 2 𝜌2 𝑒𝜆𝑣
𝑐ℎ𝜆𝑡 𝑐ℎ𝜆𝑢 𝑐𝑜𝑠𝜉 𝑐ℎ𝜆𝑣 − 2
2 - Par une extension du théorème de Birkho les trois formes ci-dessus peuvent loca-
lement s'écrire sous la forme (en posant 𝑟 2 = 𝑥21 + 𝑥22 + 𝑥23 ) :
𝑑𝑠2 = (1 − Λ3 𝑟2 )𝑑𝜏 2 − (1 − Λ3 𝑟2 )−1 𝑑𝑟2 − 𝑟2 𝑑𝜔 2 .
3 - Les formes Minkowski-conformes de la métrique 𝑔𝜇𝜈 s'obtiennent aisément en fai-
−1 −1
sant la projection stéréographique de pôle −𝜆 𝑒4 sur l'hyperplan 𝑥4 = 𝜆 , la forme (6)
devenant
2
𝑑𝑠 = (1 − 12Λ
(𝑇 2 − 𝑟2 ))−2 (𝑑𝑇 2 − 𝑑𝑟2 − 𝑟2 𝑑𝜔 2 ), cf. V. Fock [4], et la forme (5) 𝑑𝑠2 =
Λ 2 −2
(1 − 12 𝜏 ) (𝑑𝜏 2 − 𝜏 2 (𝑑𝛼2 + 𝑠ℎ2 𝛼𝑑𝜔 2 ), c'est à dire conforme à la forme de Milne de la
métrique de Minkowski.
4 - Les notions d'angles et de distances. Si pour les métriques (5) et (6) les variables
𝛼 et 𝜉 ont, de manière évidente une signication d'angles (respectivement 𝜉 est un angle
sphérique et 𝛼 un angle hyperbolique) et non pas de distance, il en est de même pour la
variable 𝜌 dans la métrique (7) dont la partie espace est de courbure nulle. Cela apparaît
clairement sur la gure 1, en eet la variable 𝜌 paramètre une parabole, (𝜉 un cercle et
𝛼 une hyperbole), pour cela nous dirons que 𝜆𝜌 est un angle parabolique. L'élément de
𝜆𝑣
distance euclidien associé est 𝑑𝑟 = 𝑒 𝑑𝜌. De fait cette classication en terme d'angle
(sphérique, parabolique, hyperbolique) est étroitement liée à l'obtention des coniques par
section d'un hyperboloïde par un plan. Rappelons également qu'aussi bien F. Klein que
W. K. Cliord utilisaient les noms de géométries elliptique, hyperbolique et parabolique
(à la place d'euclidienne).

Ainsi, pour une même métrique, on peut obtenir trois formes de Robertson-Walker
très diérentes essentiellement par la partie "espace" : (5) décrit un modèle d'univers en
expansion à partir d'un événement big-bang ;
(6) décrit un modèle d'univers éternel en rétraction puis en expansion sans événement
big-bang ;

11
(7) est la métrique du célèbre modèle d'univers de F. Hoyle en expansion sans événement
big-bang (plus précisément avec un événement big-bang à l'inni passé). La notion de forme
de Robertson-Walker d'une métrique a un sens localement, elle ne peut donc à elle seule
dénir un modèle d'univers. Cet exemple, ne nécessitant aucun calcul du fait du recours à
la théorie des groupes de Lie, permet de dire qu'à un tenseur impulsion-énergie donné et à
une constante cosmologique donnée, il peut correspondre trois modèles d'univers diérents.

Un autre exemple bien connu est celui du modèle de Milne qui est une forme de
Robertson-Walker (non-statique) de la métrique de Minkowski ; rappelons ce résultat :

Lemme : La métrique de Minkowski admet deux formes de Robertson-Walker : 𝑑𝑡2 −


2
𝑑𝑟 − 𝑟2 𝑑𝜔 2 , et 𝑑𝜏 2 − 𝜏 2 (𝑑𝛼2 + 𝑠ℎ2 𝛼𝑑𝜔 2 ).
Pour passer de la forme usuelle, à la forme de Milne, dénie sur le cône du futur de
l'origine, il sut de poser : 𝑡 = 𝜏 𝑐ℎ𝛼 et 𝑟 = 𝜏 𝑠ℎ𝛼.

L'utilisation des décompositions du groupe de Lie 𝑆𝑂𝑜 (1, 4) par rapport au groupe de
Lorentz permet d'obtenir très simplement un autre nouveau résultat :

Théorème 3 : Tout modèle d'univers isotrope se plonge isométriquement dans l'espace


5
IR muni de sa métrique invariante par le groupe de De Sitter.

5
Illustration du plongement isométrique dans IR , où V est dénie par :

1−𝜖 1 + 𝜖 ∫ √ ′2 1 − 𝜖2 ∫ 1
𝑉 (𝑡) = ( 𝑅+𝜖 𝑅 +𝜖+ )𝑒0
2 2 2 𝑅′
1+𝜖 1 − 𝜖 ∫ √ ′2 1 − 𝜖2 ∫ 1
+( 𝑅−𝜖 𝑅 +𝜖− )𝑒4 .
2 2 2 𝑅′

12
Ce théorème découle du lemme suivant :
5
Lemme : Le plongement des métriques de Robertson-Walker dans IR ;
Pour chacune des trois formes d'univers homogènes et isotropes
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)(𝑑𝛼2 + 𝑠ℎ2 𝛼𝑑𝜔 2 ) ,
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)(𝑑𝜉 2 + 𝑠𝑖𝑛2 𝜉𝑑𝜔 2 ) et
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)(𝑑𝜌
∫√
2
+ 𝜌2 𝑑𝜔 2 ) , posons respectivement
𝑥 = 𝑅𝜔 ℎ𝛼 (𝑅(𝑡)𝑒0 + 𝑅′2 − 1 𝑒4 ) , soit 𝑈− la partie de IR5 formée de ces points lorsque
𝛼∈IR, 𝑅𝜔 ∈𝑆𝑂(3)∫√
et t réel ;
𝑥 = 𝑅𝜔 𝑘𝜉 ( 𝑅′2 + 1 𝑒∫0 + 𝑅(𝑡)𝑒4 ) , soit 𝑈+ la partie de IR5 correspondante ;
𝑥 = 𝑅𝜔 𝑛𝜌 (𝑅(𝑡) 𝑒0 +𝑒
2
4
+ 𝑅1′ 𝑒0 −𝑒
2
4
) dénit 𝑈𝑜 ;
2 2
alors pour les trois formes on a : 𝑑𝑥 = 𝑑𝑠
2 5
où 𝑑𝑥 est la restriction à 𝑈𝜖 de la métrique sur IR invariante par SO(1,4).

La seule diculté pour établir ce lemme fut de dénir ces plongements, en particulier
les applications 𝑡 → 𝑉 (𝑡) à partir de 𝑅(𝑡) et 𝜖.

Remarque : Lorsque𝜖 = −1, pour que le plongement soit possible, il faut que 𝑅′2 − 1
0
soit positif, ce qui équivaut à 𝑇0 positif, il n'y a donc pas de restriction du point de vue du
0
physicien. Cependant, lorsque 𝑇0 est négatif, on peut toujours faire un plongement dans
5
IR , muni de la métrique anti-De Sitter, c'est à dire invariante par le groupe SO(2,3).
On a ainsi obtenu la réalisation de tous les modèles d'univers homogène et isotrope,
5
comme sous-variétés de IR , muni de la métrique induite par la métrique invariante par le
groupe de De Sitter.

Quel est l'intérêt de ces trois théorèmes ?


Pour illustrer un modèle d'univers, il est très souvent utilisé l'image du ballon que
l'on gone ; cette image peut donner parfois une fausse idée : pour les modèles de De
Sitter, le ballon à l'instant t est représenté par la sphère K/M, sphère qui représente la
partie espace à l'instant t que si 𝜖 = +1. Pour 𝜖 = −1, il faudrait prendre un ballon
ouvert en forme d'hyperboloïde (H/M) et pour 𝜖 = 0 ce ballon ouvert aurait la forme
d'un paraboloïde (N). Le deuxième théorème, celui du plongement conduit exactement à
la même représentation visuelle. C'est le premier intérêt, en l'espèce celui de pouvoir se
donner une image plus juste de la forme d'un modèle d'univers, dans le cadre géométrique
de la relativité générale.
Le deuxième intérêt est celui de bien mettre en évidence que pour obtenir un modèle
d'univers, il faut non seulement trouver la fonction 𝑅(𝑡), mais aussi la variété V sur laquelle
va vivre la métrique.
Le troisième intérêt, vient des observations astronomiques récentes qui nécessitent la
réintroduction de la constante cosmologique, qui seule permet d'expliquer l'expansion ac-
célérée constatée. Or pour tout modèle accéléré (décrit par sa forme de Robertson-Walker),
𝑠ℎ(𝜆𝑡) 𝑐ℎ(𝜆𝑡)
il est immédiat de montrer que la fonction 𝑅(𝑡) tend asymptotiquement vers ou
𝜆 𝜆

13
𝑒𝑥𝑝(𝜆𝑡)
ou
𝜆
, suivant le signe de 𝜖. Autrement dit les modèles de De Sitter fournissent
une approximation (asymptotique) des modèles d'univers accélérés.
Le quatrième intérêt provient de la structure causale dont sont canoniquement munis
ces modèles de De Sitter qui sont donc exempts du problème dit de l'horizon.

Dans ce cadre géométrique, on peut alors considérer certains objets.


Par exemple considérons la courbe décrivant la trajectoire comobile d'un corps en chute
libre ; elle s'écrit : 𝑡→ 𝑉 (𝑡) (voir l'illustration du plongement).
Considérons alors la courbure 𝜆(𝑡) dans le plan (𝑒𝑜 , 𝑒4 ) pseudo-euclidien, car muni de
la métrique induite, de cette trajectoire comobile :

𝜆(𝑡) = 𝑑𝑒𝑡(𝑉∥𝑉 (𝑡),𝑉 ”(𝑡))
′ (𝑡)∥3 = √𝑅𝑅” , autrement dit, par intégration, on a :
∫ ∫ ′2 +𝜖 ∫
𝑅(𝑡) = (𝑒 𝜆 + 2𝜖 (𝑒− 𝜆 − 𝜖𝑒 𝜆 )) ; Cette formule, qui utilise un objet intrinsèque (la

courbure 𝜆(𝑡)), n'a que le mérite de généraliser simplement les trois formes de Robertson-
Walker de la métrique de De Sitter (cas pour lequel 𝜆 est une constante). En utilisant les
équations d'Einstein, cette courbure peut s'écrire uniquement à l'aide du tenseur impulsion-
énergie :

8𝜋𝐺𝑇00 3𝑇11 −𝑇00
𝜆(𝑡) = 3 2𝑇00
.

Cette jolie formule ne présente pas d'intérêt pour calculer 𝜆(𝑡) puis 𝑅(𝑡), dans la mesure
0 1
où 𝑇0 et 𝑇1 dépendent de 𝑅(𝑡).
En fait l'intérêt le plus important de cette interprétation géométrique, par plongement
5
dans IR d'une forme de Robertson-Walker, est l'interprétation angulaire des variables 𝜉 ,
𝛼 et 𝜌 :
𝛼 est un angle hyperbolique et 𝜉 un angle sphérique et
𝜌 ... un ANGLE PARABOLIQUE.
Ainsi pour une métrique donnée sous la forme
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)(𝑑𝜌2 + 𝜌2 𝑑𝜔 2 ), 𝑅(𝑡) sera toujours une distance et 𝜌 un angle (parabo-
lique), ce qui permet d'une part de bien unier les notations et d'autre part d'éviter des
erreurs trop souvent rencontrées provenant de la non prise en compte du fait que 𝜌 est une
grandeur sans dimension.

ŸE) La forme la plus générale de métrique d'univers homogène et isotrope.


Tous les ouvrages de cosmologie présentent le modèle standard de l'univers à partir
d'une hypothèse simple mais forte, (en plus des hypothèses sous tendues par la Relativité
Générale) : l'univers est homogène et isotrope à grande échelle.
Cette hypothèse, appelée Principe Cosmologique, est d'une part une expression des
observations, les super-amas de galaxies semblent répartis de manière uniforme dans toutes
les directions, d'autre part l'expression d'un postulat, notre position, à cette échelle le
super-amas de la Vierge, est un point quelconque de l'espace cosmique.
Ce principe cosmologique est traduit en termes mathématiques, et les auteurs, par une
voie ou par une autre, arrivent à la formulation mathématique de ce principe dans le cadre
de la Relativité Générale.

14
Théorème : Un modèle d'univers homogène et isotrope est décrit par une métrique
qui, dans des coordonnées comobiles avec le uide cosmique, a la forme :
2 2 2 2 2
(8) 𝑑𝑠 = 𝑔 (𝜏 )𝑑𝜏 − 𝑓 (𝜏 )𝑑Ω𝜖
2 3 3 4
où 𝑑Ω𝜖 est la métrique canonique soit de IR (𝜖 = 0), soit de la sphère 𝑆 dans IR
3 4
(𝜖 = +1), soit d'une nappe ℋ de l'hyperboloïde à deux nappes dans IR (𝜖 = −1).
La preuve repose sur la traduction de l'homogénéité et de l'isotropie par le fait que
l'espace des vecteurs de Killing est de dimension 6 et contient la sous-algèbre de Lie des ro-
tations (aspect innitésimal), ou (aspect global) qu'il existe un groupe de Lie de dimension
6 agissant sur V en laissant la métrique g invariante et contenant un groupe isomorphe au
groupe des rotations. La traduction globale est une hypothèse légèrement plus forte que la
traduction innitésimale, mais c'est celle qui est usuellement prise.
Une habitude trop fréquente est le fait de normaliser cette métrique en posant 𝑑𝑡 =
𝑔(𝜏 )𝑑𝜏 , ce qui permet d'obtenir la forme, dite de Robertson-Walker de la métrique 𝑑𝑠2
2 2 2 2
(1) 𝑑𝑠 = 𝑑𝑡 − 𝑅 (𝑡)𝑑Ω𝜖

Deux aspects restent imprécis dans la réalisation mathématique de ce principe cosmo-


logique :
a) Avant de dénir une métrique, il faut avoir préalablement déni l'espace, la variété
de dimension 4, sur laquelle cette métrique est dénie. C'est nécessaire, en particulier pour
ne pas faire d'erreur dans d'éventuels changements de variables. De fait dans les ouvrages
il n'est jamais précisé le domaine de dénition des variables temporelles 𝜏 ou t.
b) Pourquoi aaiblir la métrique (8) qui dépend de deux fonctions arbitraires g et f en
la métrique (1) qui ne dépend plus que d'une seule fonction R, appelée souvent rayon de
l'univers ( !) ?

Ces deux aspects a) et b) ne seraient par gênants, si au bout du compte on aboutissait


à des résultats cohérents. En fait, il n'en est rien !
En adoptant (1) comme métrique, il est implicitement admis qu'un modèle d'univers
est bien déni par la fonction R(t), une fois xés, bien sûr, un tenseur impulsion-énergie
et une valeur de la constante cosmologique Λ.
Voici un contre-exemple à ce théorème implicite :
Nous allons présenter trois modèles d'univers qui sont diérents, à l'aide de la métrique
(8) : le premier décrit un univers en expansion monotone depuis le big-bang, le deuxième
décrit un univers en expansion accélérée depuis le big-bang, le troisième décrit un univers
oscillant entre deux big-bang consécutifs. Pourtant pour ces trois modèles, la forme de
Robertson-Walker (1) de la métrique est la même !
4
i) Soit 𝑈0 le cône du futur de l'origine O dans l'espace de Minkowski IR , muni de la
métrique
(9) 𝑑𝑠2 = 𝑑𝜏 2 − (𝑑𝑥2 + 𝑑𝑦 2 + 𝑑𝑧 2 ) pour (𝑡, 𝑥, 𝑦, 𝑧) ∈ IR4 .
3 ∗ 3
Paramétrons 𝑈0 en utilisant l'hyperboloïde ℋ . 𝑈0 = IR+ × ℋ . Alors dans cette réali-
sation de la variété 𝑈0 la métrique s'écrit
2 2 2 2 2 3
(10) 𝑑𝑠 = 𝑑𝜏 − 𝜏 𝑑Ω−1 , où 𝑑Ω−1 est la métrique canonique sur ℋ (c'est-à-dire la
métrique invariante par le groupe de Lorentz 𝑆𝑂0 (1, 3) ). C'est la métrique de Milne.

15
Voici une représentation de 𝑈0 en dimension 3 :

Figure 2 : l'hyperboloïde 𝑈0 = {(𝜏, 𝑥, 𝑦)/𝜏 2 > 𝑥2 + 𝑦 2 ; 𝜏 > 0}.


Les équations d'Einstein du vide (Λ = 𝑇𝜇𝜈 = 0) sont vériées par la métrique (10).
Ce modèle correspond à un univers en expansion monotone à partir du point O, qui
n'appartient pas à 𝑈0 , censé représenter le big-bang. Pour s'en persuader, il surait par
exemple de considérer les demi-droites (𝜏, 𝜎0 ), où 𝜎0 est un point xé de ℋ3 ; ce sont les
géodésiques suivies par les corps en chute libre.

ii) Soit, pour 𝜆 > 0 , le modèle d'univers 𝑈𝜆 = IR∗+ × ℋ3 muni de la métrique


2
(11) 𝑑𝑠2 = 𝑐ℎ41𝜆𝜏 (𝑑𝜏 2 − 𝑠ℎ𝜆2𝜆𝜏 𝑑Ω2−1 )
2
1 𝑠ℎ𝜆𝜏
Cette métrique a bien la forme (8) avec 𝑔(𝜏 ) = 𝑐ℎ2 𝜆𝜏
et 𝑓 (𝜏 ) = 𝜆𝑐ℎ2 𝜆𝜏
.
2 2
En fait cette métrique (11) est solution des équations d'Einstein du vide. Comme 𝑔(𝜏 ) =
𝑓 ′ (𝜏 ), la forme de Robertson-Walker de (11) est 𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 −𝑡2 𝑑Ω2−1 , c'est-à-dire la même que
la forme de Robertson-Walker de (10). Pourtant ce modèle décrit un univers en expansion
accélérée à partir d'une singularité initiale. Pour le voir, on peut regarder la trajectoire
d'un corps en chute libre.
(iii) Soit enn, pour 𝜆 > 0, le modèle d'univers
𝑈𝑖𝜆 =]0 , 𝜋𝜆 [×ℋ3 muni de la métrique
1 2
2
(12) 𝑑𝑠 =
𝑐𝑜𝑠4 𝜆𝜏
(𝑑𝜏 2 − 𝑠𝑖𝑛𝜆2𝜆𝜏 𝑑Ω2−1 )
2
Comme on peut s'en douter, la métrique (12) est solution des équations d'Einstein du
2 2 2 2
vide et sa forme de Robertson-Walker est encore 𝑑𝑠 = 𝑑𝑡 − 𝑡 𝑑Ω−1 . Ce modèle représente
𝜋
un univers oscillant entre deux big-bang successifs (obtenus lorsque 𝜏 → 0 ou 𝜏 → ) .
𝜆
Je pense que, à cause de ce contre-exemple, il est temps de se défaire dénitivement
de cette forme de métrique (1) prise a priori. Il faut dire cependant que les modèles de
Friedmann qui en sont issus ont eu le mérite de proposer des modèles d'univers prenant
en compte des faits nouveaux et faisant considérablement avancer la cosmologie ; mais ce
sont des modèles qu'il faut maintenant oser abandonner pour pouvoir avancer.

16
Commentaires sur les modèles 𝑈0 , 𝑈𝜆 et 𝑈𝑖𝜆 .
a) Ces modèles ne tombent pas du ciel mais proviennent de l'étude des trois groupes
cinématiques compatibles avec l'électromagnétisme. Ils sont construits à partir du groupe
de Poincaré et des deux groupes de De Sitter qui sont des sous-groupes du groupe conforme,
groupe des invariants des équations de Maxwell. Ils réconcilient donc électromagnétisme
et gravitation à grande échelle et traduisent par construction le caractère en expansion
monotone, accélérée et oscillant de ceux-ci.
b) Réalisés comme cône du futur d'un point dans un espace homogène associé à chaque
groupe cinématique, ces modèles présentent l'intérêt d'expliquer directement l'isotropie du
𝑜
rayonnement cosmologique à 3 𝐾 et l'absence de phénomène d'horizon, ce qui ne peut en
aucun cas être expliqué dans le cadre du modèle standard de Friedmann.
c) Une métrique du type (1) ou (8) dénie sur une variété V, possède toujours un
groupe de Lie de dimension 6, contenant les rotations (le groupe SO(3) ) et qui laisse
2 2
invariant 𝑑Ω𝜖 donc 𝑑𝑠 ; c'est ce que l'on appelle le groupe d'isotropie. Dans le modèle
standard, ce groupe d'isotropie contient les translations géométrique d'espace et ce groupe
est diérent suivant la nature (expansion monotone, accélérée, oscillant) de l'univers. Par
contre pour les métriques (10), (11) et (12), le groupe d'isotropie est toujours le même et a
la signication des transformations de Lorentz (on retrouve l'hypothèse cosmologique de V.
FOCK). En fait, les translations d'espace d'un groupe d'isotropie sont des transformations
mathématiques, en aucun cas elles ont la signication d'un déplacement physique dans
l'univers.
d) Il faut signaler que, comme le tenseur de courbure des métriques (10), (11) et (12)
est identiquement nul, ces modèles correspondent à des univers vide de matière. Ils sont
donc bien trop simples, mais compatible avec l'électromagnétisme.
2 ′2 2 2 2
e) Toutes les métriques de la forme 𝑑𝑠 = 𝑓 (𝜏 )𝑑𝜏 − 𝑓 (𝜏 )𝑑Ω−1 possèdent la même
forme de Robertson-Walker, la métrique de Milne :
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑡2 𝑑Ω2−1 . Ceci pose le problème de la signication des variables temporelles
𝜏 et t et de leur rapport.
f ) Notons encore la forme conformément statique de la métrique (8), qui peut s'écrire :
𝑑𝑠2 = 𝜃2 (𝑢)(𝑑𝑢2 − 𝑑Ω2𝜖 ), ce qui fait apparaître une autre variable temporelle.

ŸF) Sur les variables temporelles


Qu'est-ce le temps cosmologique ? Quel est son rapport avec le temps atomique ? En
revenant sur l'exemple ci-dessus à partir duquel on a fait apparaître plusieurs variables tem-
porelles diérentes, nous allons montrer qu'une hypothèse est implicitement admise : C'est
une hypothèse cinématique qui qualie l'additivité du temps ou si l'on préfère l'horloge
d'un observateur comobile.
Prenons donc un modèle d'univers homogène et isotrope et prenons le système de co-
ordonnées comobiles pour lequel l'observateur en chute libre possède une horloge additive ;
2 2 2
d'après le théorème sur la forme générale d'une telle métrique on a : 𝑑𝑠 = 𝑔 (𝜏 )𝑑𝜏 −
2 2
𝑓 (𝜏 )𝑑Ω𝜖 .

Dénition : Nous appellerons temps cosmologique un tel temps additif 𝜏 pour l'obser-

17
vateur comobile en chute libre.

L'hypothèse implicitement admise est de dire, en prenant la forme de Robertson-Walker,


que 𝑔(𝜏 ) = 1 (à une constante multiplicative de normalisation près), autrement dit que le
temps atomique coïncide avec ce temps cosmologique (déni par l'horloge de l'observateur
en chute libre). Il est également admis qu'un tel temps cosmologique existe ! Autrement
dit, l'hypothèse implicitement admise est celle de la validité du principe géodésique pour
les corps massifs en chute libre.
Lorsque le temps cosmologique est diérent du temps atomique se pose alors un autre
problème, celui de la complétude géodésique. En eet reprenons l'exemple du paragraphe
précédent. La variété 𝑈𝜆 , munie de la métrique (11), n'est pas futur géodésiquement com-
plète mathématiquement parlant, mais elle est futur géodésiquement complète pour l'ob-
servateur en chute libre si l'on fait l'hypothèse que son horloge (additive) est paramétrée
par 𝜏.
Nous dirons cependant qu'elle est futur géodésiquement complète par rapport à la
variable temporelle additive 𝜏.

Les quatre temps :


Soit donc une métrique d'univers homogène et isotrope écrite dans le système de co-
ordonnées comobiles tel que la variable temporelle soit additive pour tout observateur
comobile (on suppose qu'un tel temps existe) ; cette métrique est de la forme
𝑑𝑠2 = 𝑔 2 (𝜏 )𝑑𝜏 2 − 𝑓 2 (𝜏 )𝑑Ω2𝜖 .
Par dénition 𝜏 est le temps cosmologique.
Le temps atomique est déni par la forme de Robertson-Walker
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 −𝑅2 (𝑡)𝑑Ω2𝜖 de cette métrique (Relativité restreinte sur l'espace tangent oblige).
Ce temps atomique t n'est donc pas additif en général : En eet, comme 𝑑𝑡 = 𝑔(𝜏 )𝑑𝜏 on
a 𝑡 = 𝐺(𝜏 ) et donc 𝑡1 +𝑡2 ∕= 𝐺(𝐺−1 (𝑡1 )+𝐺−1 (𝑡2 )) sauf si ces deux temps sont proportionnels.
Si le temps cosmologique est diérent du temps atomique alors le facteur 𝑔(𝜏 ) peut être
interprété comme représentant un modèle d'univers pour lequel la vitesse de la lumière
𝑔(𝜏 ) est variable (cf. J. P. Petit [7]).
Outre ces deux variables temporelles privilégiées, il en existe d'autres :

Par exemple le temps température est déni en écrivant la métrique sous une forme
conforme à une métrique statique (cf. J. M. Souriau [8]), ce qui est toujours possible :
𝑑𝑠2 = 𝜃2 (𝑢)(𝑑𝑢2 − 𝑑Ω2𝜖 ) ; I. Segal [9] appelle cette variable temporelle u, un temps
1
propre et J.M. Souriau identie 𝜃(𝑢) à où k désigne la constante de Boltzmann et T
𝑘𝑇
désigne la température de l'univers (dans le cas particulier où l'on suppose que les temps
cosmologique et atomique coïncident).

Le temps cinématique est obtenu en écrivant la métrique de manière conforme à celle de


2 2 2 𝑒𝜆𝜈 +𝜖𝑒−𝜆𝜈 2
De Sitter : 𝑑𝑠 = ℎ (𝜈)(𝑑𝜈 −(
2𝜆
) 𝑑Ω2𝜖 ). Il permet d'écrire la métrique sous une forme
conforme à une métrique invariante par un des groupes cinématiques possibles, compatible
avec l'électromagnétisme, dans ce cas il s'agit du groupe cinématique de De Sitter.

18
Nous venons d'écrire ces formes d'une même métrique en faisant apparaître diérents
facteurs conformes, chacun de ces facteurs conformes exprime une propriété de la variable
temporelle choisie. Il est à noter que beaucoup de dénitions de modèles d'univers font
appel à cette notion de métriques conformément équivalentes (ou de facteur conforme).
Par exemple celle de Segal [9], un univers est un ouvert du recouvrement universel
du compactié conforme de l'espace de Minkowski, muni d'une métrique conformément
équivalente à la métrique canonique. Celle de Dirac, Canuto etc. [10] pour lesquels le
facteur conforme exprime une relation évolutive entre un système d'unités atomique et un
système d'unités cosmologique. Celle de V. Fock [4] pour lequel une métrique d'univers
2
doit être invariante par l'action du groupe de Lorentz et donc est de la forme 𝑑𝑠 =
𝑆(𝑇 2 − 𝑟2 )(𝑑𝑇 2 − 𝑑𝑟2 − 𝑟2 𝑑𝜔 2 ), c'est à dire une métrique Minkowski-conforme.

ŸG) Récapitulatif d'hypothèses implicitement ou explicitement admises.


Après les diérentes études théoriques des paragraphes précédents, faisons le point en
écrivant explicitement les hypothèses qui sous-tendent la construction des modèles d'uni-
vers. Cette mise en évidence d'hypothèses est rarement faite, voir cependant le joli travail
de J.-M. Souriau [8] qui va dans ce sens.
Si l'on se réfère au schéma de modélisation donné en introduction, une hypothèse
pourra être lue comme une explicitation de la èche de traduction axiome ← principe.

Hypothèse 1 : Un modèle d'univers est la donnée d'une variété V, de dimension 4,


munie d'une métrique g de signature (1,3).

Hypothèse 2 : Les rayons lumineux suivent les géodésiques isotropes de la métrique


d'univers g.

Hypothèse 3 : Le modèle (V, g) est homogène et isotrope.

Mathématiquement cela se traduit par le fait que l'espace des vecteurs de Killing est de
dimension 6 et contient la sous-algèbre de Lie des rotations (aspect innitésimal), ou (aspect
global) qu'il existe un groupe de Lie de dimension 6 agissant sur V en laissant la métrique
g invariante et contenant un groupe isomorphe au groupe des rotations. La traduction
globale est une hypothèse légèrement plus forte que la traduction innitésimale, mais c'est
celle qui est usuellement prise dès que l'on admet que la métrique g peut se mettre sous
une forme de Robertson-Walker (forme (1)). Se donner une forme de Robertson-Walker,
c'est se donner un système de cartes particulières sur V et écrire la métrique g dans ce
système particulier de coordonnées comobiles.

Hypothèse 4 : Il existe un temps cosmologique (additif ) et la variété V est futur


géodésiquement complète relativement à ce temps.

Si on suppose qu'elle est géodésiquement complète, on s'interdit les modèles provenant


d'un big-bang ponctuel.

19
Hypothèse 5 : La relativité restreinte est valide localement (i.e. l'espace tangent TV
est un bré sur V de bre l'espace de Minkowski).

Cette hypothèse est trop souvent implicite et pourtant elle est admise pour retrouver la
physique de laboratoire. Par ailleurs, comme nous l'avons signalé plus haut, elle est admise
dès que l'on veut parler du contenu énergétique de l'univers à travers le tenseur impulsion-
2
énergie (en utilisant 𝐸 = 𝑚𝑐 ). Cette hypothèse a pour conséquence la xation, une fois
pour toute, d'un système d'unités atomiques. Mais l'acceptation du fait que les constantes
atomiques sont des constantes devra faire l'objet d'une hypothèse supplémentaire.

Hypothèse 6 : Les équations d'Einstein, 𝐺𝜇𝜈 = 𝜅𝑇𝜈𝜇 , sont valables sur tout le modèle
(V, g).

C'est une hypothèse qui est locale, bien que sa formulation semble globale. En eet
comme ces équations, écrites dans un système de cartes, forment un système diérentiel,
comme tout système diérentiel, elles sont de nature locale.

Hypothèse 7 : La constante 𝜅, reliant le tenseur d'Einstein 𝐺𝜇𝜈 et le tenseur impulsion-


𝜇
énergie 𝑇𝜈 , est proportionnelle à la constante de Newton G.

Cette hypothèse, implicitement admise, a une conséquence importante :


𝜇
Le tenseur impulsion-énergie 𝑇𝜈 ne peut qu'avoir une interprétation locale (cf. Ÿ C ci-
dessus), dans un système de coordonnées localement inertiel et comobile.

Hypothèse 8 : La composante 𝑇00 du tenseur impulsion énergie, écrite dans une carte
d'un système de coordonnées comobiles, représente le contenu énergétique (local) de l'uni-
vers, en tout point où ce repère comobile est inertiel.
Il n'est pas besoin de faire une hypothèse sur les autres composantes qui sont xées par
les identités de Bianchi (cf. Ÿ C).

Cette hypothèse est de nature locale, et non pas globale comme l'hypothèse usuellement
prise disant que le uide cosmique est un uide parfait (ce qui n'est qu'une interprétation
thermodynamique de l'équation (4)).
Cette importante hypothèse 8 dit que 𝑇00
représente une densité dans un système de
𝑇00 représente une COdensité
coordonnées localement inertiel et a pour conséquence que
dans un système de coordonnées COmobiles, comme nous le montrerons au Ÿ suivant.

Ce système d'hypothèses devra être complété par d'autres hypothèses, de nature phy-
𝑇00 ), par exemple univers de matière
sique, précisant d'une part le contenu de l'univers (i.e.
sans rayonnement, de rayonnement pur (qui suit la loi des corps noirs ?) etc..., d'autre part
le rapport existant entre le temps cosmologique et le temps atomique.
Nous noterons en lettres majuscules latines les hypothèses de nature physique qui per-
mettent l'achèvement d'un modèle. Plusieurs systèmes (incompatibles entre eux) nous don-
neront des modèles diérents.

20
Les hypothèses simples le plus généralement prises (implicitement ou explicitement)
sont les suivantes :

Hypothèse A : Le temps cosmologique et le temps atomique coïncident.

Ceci signie que l'on suppose que 𝑑𝜏 = 𝑑𝑡, autrement dit la métrique d'univers écrite
dans le système de coordonnées comobiles pour lequel le temps est additif, est une métrique
de Robertson-Walker. Cette hypothèse signie que, si on admet le principe des géodésiques
pour les corps massifs en chute libre, les constantes sont eectivement constantes, en par-
ticulier la vitesse de la lumière, la constante de la gravitation, la masse des particules
élémentaires, la constante de Planck etc... Il est évident que contrairement aux hypothèses
ci-dessus, celle-ci peut être modiée par exemple en prenant en compte le fait que les
constantes atomiques ne sont pas forcément des constantes à l'échelle cosmologique (hy-
pothèse de P.A.M. Dirac, Canuto, etc...), ce qui nous obligera à introduire un facteur
conforme.

Hypothèse A' : Les constantes atomiques sont des constantes cosmologiques.

Hypothèse A : (Elle résume les deux hypothèses précédentes) ; Les corps massifs en
chute libre suivent les géodésiques.

Hypothèse B : La matière cosmique comobile est sans création de matière et sans


interaction avec le rayonnement de fond cosmologique ( depuis le découplage matière -
rayonnement ).

Cette hypothèse est traduite, par analogie avec la thermodynamique, en disant que
le tenseur impulsion-énergie représentant la matière comobile est celui d'un gaz parfait à
0 3
pression nulle et que 𝑇0 𝑅 = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒. Le paragraphe suivant examinera ce problème en
montrant qu'une telle traduction de cette hypothèse est en contradiction avec les hypo-
thèses précédentes, en particulier les hypothèses 5 et 7.

Hypothèse C : Le rayonnement de fond cosmologique suit la loi des corps noirs.

Cette hypothèse est basée sur les observations, chaque jour de plus en plus précises, sur
ce rayonnement isotrope, trace du découplage matière-rayonnement. Le problème est de
transcrire cette propriété observée en propriété du tenseur impulsion-énergie. C'est l'objet
du paragraphe suivant.

J'espère n'avoir pas oublié d'hypothèses implicitement admises, pouvant soulever d'au-
tres questions de fond que celles présentées précédemment.

Ÿ2 Sur le tenseur impulsion-énergie.


Nous allons étudier l'hypothèse 8, en sachant que, sous l'hypothèse A ( le temps cos-
mologique coïncide avec le temps atomique), le tenseur impulsion-énergie représente une
densité d'énergie calculée dans le système d'unités déni sur l'espace de Minkowski tangent.

21
Pour pouvoir confronter un modèle aux observations (densité estimée de matière como-
bile, valeur actuelle du paramètre de Hubble, etc...), il faut se xer une fois pour toute
un système d'unités atomiques. Par exemple on peut le choisir de telle sorte que la
métrique (1) approxime celle de Minkowski de l'espace tangent en un point (𝑡0 , 𝛼0 , 𝜔0 ) xé,
autrement dit le repère comobile est localement inertiel en ce point.

Ÿ2 A) Hypothèse sur le tenseur impulsion-énergie :


La densité d'énergie est représentée localement par 𝑇00 (𝑡) (dans un système comobile
de coordonnées, localement inertiel au temps t) ; c'est l'hypothèse 8 qui signie que, un
champ de système d'unités physiques
u : (𝑡, 𝛼, 𝜔) → 𝑢(𝑡, 𝛼, 𝜔) ayant été xé dans l'espace tangent en chaque point (𝑡, 𝛼, 𝜔),
𝑇00 (𝑡, 𝛼, 𝜔) = 𝜌𝑢 (𝑡, 𝛼, 𝜔) , où 𝜌𝑢 (𝑡, 𝛼, 𝜔) est la densité locale d'énergie observée au point
(𝑡, 𝛼, 𝜔), dans le système d'unités 𝑢(𝑡, 𝛼, 𝜔).

L' hypothèse usuellement prise, est globale et confortée par une analogie avec l'hydro-
dynamique (je le souligne après S. Weinberg [2]) du fait que l'équation de conservation
(provenant des identités de Bianchi) est formellement celle d'un uide parfait. Nous ne
supposons qu'une l'hypothèse faible et locale, mais par contre nous utiliserons, à la place,
le fait que localement on a la relativité restreinte. La thermodynamique, pourra alors per-
mettre une interprétation.

Choix d'un système particulier d'unités :


Un système d'unités, sauf l'unité de longueur, ayant été xé une fois pour toute sur
l'espace de Minkowski, pour que ce système coïncide avec celui de l'espace de la relativité
restreinte tangent en un point du modèle de l'univers déni par la métrique de Robertson-
Walker, il faut dénir l'unité de longueur. Cette dénition peut se faire, en un temps 𝑡1
𝑅(𝑡1 ) comme unité de longueur. Soit 𝑢(𝑡1 ) ce système d'unités, et soit
xé, par le choix de
𝑅(𝑡)
𝑅1 la fonction 𝑡 → 𝑅1 (𝑡) = 𝑅(𝑡1)
, alors l'élément de longueur est 𝑑𝑙 = 𝑅1 (𝑡1 )𝑑𝛼 = 𝑑𝛼 sur

l'espace de Minkowski. Ainsi un choix de système d'unités 𝑢 = 𝑢(𝑡1 ) dépend du choix du


temps de la normalisation de la fonction R(t), mais ne dépend pas du point pris dans la
section d'espace associé au temps 𝑡1 .
Notons 𝑡 → 𝜌1 (𝑡) = 𝜌𝑢(𝑡1 ) (𝑡), l'évolution de la densité calculée dans le système d'unités
𝑢(𝑡1 ), i.e. avec l'unité de longueur 𝑅(𝑡1 ). De même notons 𝑡 → 𝜌0 (𝑡) = 𝜌𝑢(𝑡0 ) (𝑡), l'évolution
de la densité calculée avec l'unité de longueur 𝑅(𝑡0 ) au temps 𝑡0 .
0 0 0
D'après l'hypothèse on a : 𝑇0 (𝑡)(𝑡0 ) = 𝜌0 (𝑡0 ), et 𝑇0 (𝑡1 ) = 𝜌1 (𝑡1 ) ; comparer 𝑇0 (𝑡)(𝑡0 ) et
𝑇00 (𝑡1 ) revient à étudier les rapports existants entre les fonctions densité 𝜌0 (.) et 𝜌1 (.).
D'autre part, dans les notations utilisées, la métrique (1) peut s'écrire sous les deux
𝑅(𝑡)
formes suivantes (en notant 𝑅0 (𝑡) = ) :
𝑅(𝑡0 )
2 2 2 2 2 2 2
(13) 𝑑𝑠 = 𝑐1 𝑑𝑡 − 𝑅1 (𝑡)(𝑑𝛼 + 𝑓𝜖 (𝛼)𝑑𝜔 )),
2
𝑅 (𝑡1 )
2 2 2 2
(14) 𝑑𝑠 = 𝑐0 𝑑𝑡 − 𝑅0 (𝑡)( 12
𝑅0 (𝑡1 )
(𝑑𝛼2 + 𝑓𝜖2 (𝛼)𝑑𝜔 2 )),
la première formule est une normalisation de la métrique au temps 𝑡1 , la deuxième
servira à comparer ces normalisations en des temps 𝑡0 et 𝑡1 diérents . On a donc 𝑅1 (𝑡) =

22
𝑅1 (𝑡1 )
𝑅 (𝑡). Rappelons que, dans ces notations,
𝑅0 (𝑡1 ) 0
𝛼 est un angle (hyperbolique, parabolique

ou sphérique suivant la valeur de 𝜖).


𝑑𝑀 (𝑡)
Comparons 𝜌0 (𝑡) et 𝜌1 (𝑡) ; pour cela calculons la densité d'énergie
𝑑𝑉 (𝑡)
au temps t ; on a,
𝑑𝑀 (𝑡) 𝑑𝑀 (𝑡)
dans le système d'unités 𝑢(𝑡0 ), 𝑑𝑉 (𝑡)
= 𝜌0 (𝑡) = 𝑅03 (𝑡)𝑑𝛼3
et, dans le système d'unités 𝑢(𝑡1 ),
3
𝑅1 (𝑡)
𝑑𝑀 (𝑡) 𝑑𝑀 (𝑡) 𝜌0 (𝑡)
𝑑𝑉 (𝑡)
= 𝜌1 (𝑡) = 𝑅13 (𝑡)𝑑𝛼3
, et donc
𝜌1 (𝑡)
= 𝑅03 (𝑡)
.

Proposition : Sous l'hypothèse 8 suivant laquelle la composante 𝑇00 du tenseur impul-


sion-énergie représente localement la densité d'énergie, le rapport des densités 𝜌0 (𝑡) et 𝜌1 (𝑡)
(calculées dans les unités 𝑢(𝑡0 ) et 𝑢(𝑡1 ) respectivement) vérie :

𝜌0 (𝑡) 𝑅3 (𝑡) 𝑅3 (𝑡0 )


(15) = 13 = 3 .
𝜌1 (𝑡) 𝑅0 (𝑡) 𝑅 (𝑡1 )
𝑅3 (𝑡0 )
Réécrivons ce résultat au temps 𝑡 = 𝑡0 , on a : 𝜌0 (𝑡0 ) = 𝜌 (𝑡 ) et donc, comme
𝑅3 (𝑡1 ) 1 0
𝑇00 (𝑡0 ) =
𝜌0 (𝑡0 ) et 𝑇00 (𝑡1 ) = 𝜌1 (𝑡1 ), on obtient la relation suivante :

𝑅3 (𝑡0 ) 𝜌1 (𝑡0 ) 0
(16) 𝑇00 (𝑡0 ) = 𝜌0 (𝑡0 ) = 𝑇 (𝑡1 ) ,
𝑅3 (𝑡1 ) 𝜌1 (𝑡1 ) 0

indépendamment d'une équation d'état de la matière d'un modèle d'univers. C'est cette
équation qui servira par la suite pour l'étude de modèles d'univers.

Remarque : On aurait pu se donner un système d'unités u, xé une fois pour toute sur
l'espace de Minkowski, puis se donner en chaque point (𝑡0 , 𝛼0 , 𝜔0 ) un élément d'unité de
longueur 𝑑𝛼(𝑡0 ) tel que la métrique en ce point admette le système u sur l'espace tangent.
Pour cela il sut de poser 𝑑𝛼(𝑡0 ) = 𝑅(𝑡0 )𝑑𝛼 et la métrique s'écrit :
𝛼(𝑡0 )
𝑑𝑠2 = 𝑐2 𝑑𝑡2 − 𝑅02 (𝑡)(𝑑𝛼(𝑡0 )2 + 𝑅2 (𝑡0 )𝑓𝜖2 ( 𝑅(𝑡0)
)𝑑𝜔 2 ) ; La comparaison des normalisations
en deux temps 𝑡0 et 𝑡1 conduit à la même proposition.

Deuxième preuve de la formule (16) :


Nous venons d'établir la formule (16) sans utiliser explicitement le concept de repère
localement inertiel. Voici une deuxième preuve (courte) qui ne fera appel qu'à ce concept,
sans utiliser (explicitement) un champ de système d'unités.
2 2 2 2 2 2 2
Soit donc 𝑑𝑠 = 𝑐 𝑑𝑡 − 𝑅 (𝑡)(𝑑𝛼 + 𝑓𝜖 (𝛼)𝑑𝜔 ), la métrique isotrope écrite dans un
système de coordonnées comobiles.
Sachant que localement le tenseur impulsion-énergie s'interprète dans un système lo-
calement inertiel, écrivons cette métrique dans un système inertiel (et comobile) pour
aujourd'hui, au temps 𝑡0 , et pour hier, au temps 𝑡1 .
2 2 2 𝑅2 (𝑡)
(13 bis) 𝑑𝑠 = 𝑐 𝑑𝑡 − 2
𝑅 (𝑡0 )
(𝑅2 (𝑡0 )𝑑𝛼2 + 𝑅2 (𝑡0 )𝑓𝜖2 (𝛼)𝑑𝜔 2 ) ;
2 2 2 𝑅2 (𝑡)
(14 bis) 𝑑𝑠 = 𝑐 𝑑𝑡 − 2
𝑅 (𝑡1 )
(𝑅2 (𝑡1 )𝑑𝛼2 + 𝑅2 (𝑡1 )𝑓𝜖2 (𝛼)𝑑𝜔 2 ) ;
Donc, en notant 𝑑𝛼0 = 𝑅(𝑡0 )𝑑𝛼 et𝑑𝛼1 = 𝑅(𝑡1 )𝑑𝛼, on obtient exactement les repères
comobiles et inertiels respectivement au temps 𝑡0 et 𝑡1 , au point 𝛼0 = 𝛼1 = 0.

23
𝑅3 (𝑡0 )
Ainsi le rapport des éléments de volume est ( 𝑑𝛼0 3
𝑑𝛼1
) = 𝑅3 (𝑡1 )
; Le calcul des densités dans
ces deux repères donne immédiatement :
(𝑡) 𝑅3 (𝑡1 )
𝜌0 (𝑡) = 𝑑𝑀 (𝑡)
𝑑𝛼30
= 𝑑𝑀
𝑑𝛼31 𝑅3 (𝑡0 )
et par conséquent la loi :

𝜌0 (𝑡)𝑅3 (𝑡0 ) = 𝜌1 (𝑡)𝑅3 (𝑡1 ).


0 0
Comme 𝑇0 (𝑡0 ) = 𝜌0 (𝑡0 ) et 𝑇0 (𝑡1 ) = 𝜌1 (𝑡1 ), on obtient la formule (16).
Nous venons de montrer (par deux présentations équivalentes des calculs) que le concept
de repère inertiel est d'une part fondamental et d'autre part a été le grand oublié dans
l'établissement du modèle standard de l'univers.
En fait nous pouvons résumer cette formule (16) en disant que dans un système de
coordonnées COmobile, 𝑇00 exprime une COdensité.
Utilisons cette formule (16) pour étudier le modèle d'univers le plus simple.

Ÿ2 B) Univers sans création continue de matière, ni rayonnement.


Nous supposons que toute l'énergie se trouve dans la matière comobile (nous supposons
donc qu'il n'y a pas d'énergie de rayonnement, ni du vide) et écrivons le fait qu'il n'y a pas
de création de matière :

(17) 𝜌(𝑡)𝑅3 (𝑡) = 𝜌∗ = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒,

où 𝜌(𝑡) désigne la densité de matière comobile, cette formule n'ayant de sens que si un
système d'unités a été préalablement xé. En particulier pour le système d'unités 𝑢(𝑡1 ), on
a :
𝜌1 (𝑡)𝑅13 (𝑡) = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒, et donc 𝜌1 (𝑡0 )𝑅13 (𝑡0 ) = 𝜌1 (𝑡1 )𝑅13 (𝑡1 ). Compte tenu de la formule
(16) on a
𝑇00 (𝑡0 ) = 𝑇00 (𝑡1 ).
Nous venons donc simplement de montrer que :

Théorème : Pour une métrique de Robertson-Walker (métrique d'univers écrite dans


un système de coordonnées comobiles) le tenseur impulsion-énergie EST CONSTANT si il
n'y a pas de création de matière et si il n'y a pas de rayonnement.

En fait nous avons montré que 𝑇00 est constant, mais la résolution des équations d'Ein-
stein, évidente dans ce cas là, achève la démonstration et même donne les modèles possibles,
ce sont les trois formes de Robertson-Walker de la même métrique de De Sitter (cf. Ÿ D)
ci-dessus).

Remarques : i) Ce résultat ne dépend que de l'interprétation locale du tenseur impul-


sion-énergie, c'est à dire dans l'espace de Minkowski tangent en un point ; aucun recours
analogique n'est présupposé.
ii) Il n'y a plus de mystère pour la constante cosmologique qui exprime simplement la
constance de la densité d'énergie comobile ; en eet les équations d'Einstein nous disent
0 1 0
que que si 𝑇0 est constant, alors 𝑇1 est constant et est égal à 𝑇0 , autrement dit le tenseur
𝑇𝜇𝜈 est de la forme Λ𝑔𝜇𝜈 .

24
iii) Nous venons d'étudier les modèles sans création de matière et sans rayonnement, ce
dernier fait est une faiblesse si l'on souhaite étudier le rayonnement de fond cosmologique
𝑜
(à environ 2.735 𝐾 , si l'on se réfère aux dernières mesures).

iv) Ce modèle cosmologique, construit uniquement dans le cadre de la relativité géné-


rale (plus précisément sans aucun recours à la thermodynamique ou l'hydrodynamique)
représente un uide cosmique de matière parfaitement idéalisé, uide ne contenant et ne
produisant aucun rayonnement. Il y a une interprétation thermodynamique très simple :
l'entropie est constante, ce qui est particulièrement intéressant dans la mesure où, dans un
tel univers idéalisé, rien ne se produit.

Ÿ2 C)Univers sans création continue et avec rayonnement


n'interagissant pas avec la matière.
Soient 𝜌𝑟 et 𝜌𝑚 les densités respectives de rayonnement et de matière. L'interprétation
locale de ces densités 𝑡 → 𝜌𝑟 (𝑡) et 𝑡 → 𝜌𝑚 (𝑡) est donnée par les équations :
𝜌𝑟 (𝑡)𝑅4 (𝑡) = 𝜌𝑟 ∗ = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 pour le rayonnement (de corps noir) et
𝜌𝑚 (𝑡)𝑅3 (𝑡) = 𝜌𝑚 ∗ = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 pour la matière.
Reprenons le même raisonnement qu'au paragraphe précédent en comparant les densi-
tés 𝜌𝑟,0 (𝑡) et 𝜌𝑚,0 (𝑡) dans une normalisation au temps 𝑡0 , et 𝜌𝑟,1 (𝑡) et 𝜌𝑚,1 (𝑡) dans celle au
temps 𝑡1 . On obtient :
𝑇00 (𝑡0 ) = 𝜌𝑟,0 (𝑡0 ) + 𝜌𝑚,0 (𝑡0 ) ;
𝑅3 (𝑡1 )
𝑇00 (𝑡1 ) = 𝜌𝑟,1 (𝑡1 ) + 𝜌𝑚,1 (𝑡1 ) = 𝑅 3 (𝑡 ) (𝜌𝑟,0 (𝑡1 )
0
+ 𝜌𝑚,0 (𝑡1 )). La formule (16) permet alors d'ob-
0
tenir la forme de 𝑇0 (𝑡) :

𝑅(𝑡0 )
(18) 𝑇00 (𝑡) = 𝜌𝑚,0 (𝑡0 ) + 𝜌𝑟,0 (𝑡0 ).
𝑅(𝑡)
C'est à dire 𝑇00 (𝑡) est de la forme

𝐵𝑅(𝑡0 )
𝑇00 (𝑡) = 𝐴 + .
𝑅(𝑡)
Par l'équation de conservation (4), on a :

2𝐵𝑅(𝑡0 )
𝑇𝑖𝑖 (𝑡) = 𝐴 + .
3𝑅(𝑡)
8𝜋𝐺𝐴
Il ne reste plus qu'à résoudre l'équation dynamique (3) , ce qui donne, en posant 𝜆2 = 3
:

𝐵𝑅(𝑡0 )
(19) 𝑅(𝑡) = − + 𝜆1 𝑒𝜆𝑡 + 𝜆2 𝑒−𝜆𝑡 ,
2𝐴
𝐵 2 𝑅2 (𝑡0 )
avec 4𝜆1 𝜆2 = 4𝐴2
+ 𝜖𝑐2 𝜆−2 .
Ceci montre que, en prenant une origine des temps convenable, la métrique obtenue
approxime asymptotiquement les trois formes de Robertson-Walker de la métrique de De
𝑒𝜆𝑡 −𝜆𝑡
Sitter : 𝑅(𝑡) = 𝑐(
2𝜆
+ 𝜖 𝑒2𝜆 ).

25
Ces modèles, qui approximent asymptotiquement les trois modèles de De Sitter ob-
tenus en prenant 𝐵=0 et Λ = 8𝜋𝐺𝐴, ne sont valables qu'après le temps du découplage
rayonnement-matière. Il ne reste plus qu'à les confronter aux observations. Notons d'ores et
déjà que ces modèles sont stables (par rapport à la densité critique) et que lorsque 𝜖 = 0 ou
-1 (ce qui correspond à une densité d'énergie inférieure ou égale à la densité critique) nous
avons d'une part l'isotropie parfaite du rayonnement de fond cosmologique et d'autre part
l'absence de problème d'horizon (ainsi point n'est besoin d'avoir recours à un hypothétique
modèle inationnaire pour résoudre ces problèmes inexplicables par le modèle standard).

Ÿ2 D) Remarques :
i) Un univers purement radiatif (au sens où la trace du tenseur impulsion énergie est
nulle) s'obtient avec l'équation d'état 𝜌(𝑡)𝑅7 (𝑡) = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒
√ ; pour 𝜖 = 0, on obtient le
modèle de Gamov, pour lequel R(t) est proportionnel à 𝑡 et 𝑇00 (𝑡) à 𝑡−2 .
ii) Si l'on veut décrire un modèle sans création d'énergie et avec un rayonnement vé-
𝑜
riant la loi d'un corps noir (pour interpréter le rayonnement à 3 𝐾 ) il faudrait prendre
4 3
l'équation d'état plus générale : 𝜌𝑟 (𝑡)𝑅 (𝑡) + 𝜌𝑚 (𝑡)𝑅 (𝑡) = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 ;
Elle ne se traduit pas par une équation simple pour le tenseur impulsion-énergie qui, for-
mellement, est celui d'un uide parfait.
iii) Il peut-être objecté, comme contre le modèle de Hoyle, que la "pression", représentée
par 𝑇𝑖𝑖 (𝑡), est négative, mais cette objection est basée sur une interprétation globale du ten-
seur impulsion énergie et en ayant un recours analogique avec la thermodynamique ( cf. S.
Weinberg [2] formules 14.2.17 et 14.2.20). Ne faut-il pas plutôt chercher une interprétation
𝑖
de la négativité de 𝑇𝑖 (𝑡) , en termes de pression gravitationnelle liée à l'expansion ? En
posant pression gravitationnelle = - densité d'énergie, alors dans les deux cas étudiés on
constate que la pression est égale à la pression thermodynamique augmentée de la pression
gravitationnelle (négative). Ceci pourrait mettre sur la voie d'une éventuelle interprétation
globale du tenseur impulsion-énergie. (Mais est-il nécessaire de chercher une interprétation
globale, dans la mesure où le système diérentiel formé par les équations d'Einstein ne
peut avoir de sens que localement, comme tout système diérentiel ?).
iv) Notons également que le semi-groupe de causalité de De Sitter nous fournit une
èche du temps, c'est à dire un sens de l'écoulement du temps, qui est de nature globale ;
ce fait n'est en aucune manière en contradiction avec le fait que nombre d'équations de la
physique sont temporellement réversibles (en eet ce n'est pas parce qu'une équation est
localement réversible en chaque point, qu'elle l'est globalement !). Plus généralement une
symétrie d'un système diérentiel (objet mathématique de nature locale) n'implique pas,
ipso facto, la symétrie globale des solutions.
v) Comme nous avons supposé que le temps cosmologique coïncide avec le temps ato-
mique de tout observateur comobile, les constantes sont eectivement constantes, en par-
ticulier la vitesse de la lumière, la constante de la gravitation, la masse des particules
élémentaires, la constante de Planck etc... Que de questions !
vi) Notons que le choix d'unités relatif à un point peut être transcrit, sans problème,
en termes de choix d'un observateur privilégié. Aussi, on peut dire que pour interpréter le

26
tenseur impulsion-énergie d'un modèle d'univers ou pour confronter ce modèle aux obser-
vations, il faut non seulement se donner ce modèle (une variété munie d'une métrique de
Robertson-Walker par exemple, sous l'hypothèse A), mais encore se préciser un observateur
(et donc son système d'unités).

Ainsi une interprétation locale du tenseur impulsion-énergie nous conduit à des modèles
en contradiction avec les modèles standards (qui sont basés sur une interprétation globale
de ce tenseur par analogie avec la thermodynamique). Il apparaît que le recours à la
notion d'observateur (auquel est attaché un système d'unités) pour interpréter le tenseur
impulsion-énergie est préférable au recours à la thermodynamique (recours lié au fait que
ce tenseur représente formellement celui d'un uide parfait, interprétation cependant
valable dans un modèle statique). Notons que l'interprétation locale du tenseur impulsion-
énergie enlève tout le mystère de la constante cosmologique qui s'interprète comme le
tenseur impulsion-énergie de la matière comobile ou de l'énergie comobile (on peut penser
au fait que, pour de nombreux physiciens, l'énergie du vide, si elle existe, est comobile
puisque traduite par la constante cosmologique !).
Aussi le problème de savoir si il faut écrire les équations d'Einstein avec ou sans
constante cosmologique, est un faux problème. En tout cas, si on écrit ces équations avec
une constante cosmologique, celle-ci doit gurer dans le deuxième membre de ces équations
puisqu'elle qualie un contenu énergétique (donc physique). A ce propos, rappelons qu'en
mathématique, une variété munie d'une métrique g telle que le tenseur 𝐺𝜇𝜈 = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 𝑔𝜇𝜈
, s'appelle variété d'Einstein !
Résumons la démarche de ce chapitre en disant que le mystère de la constante cosmolo-
gique n'a pu être levé que par cette longue étude, qui passe par une étude ne ou plutôt
instructive des équations d'Einstein, avec la distinction entre l'équation de contraintes,
l'équation dynamique et l'équation de conservation (cf. Ÿ C)) et qui passe par une étude
sérieuse du tenseur impulsion-énergie (cf. Ÿ 2 A) et B)). Ainsi la question naïve, posée au
début, de savoir si il faut écrire les équations d'Einstein avec ou sans constante cosmolo-
gique était en fait très pertinente, puisqu'il a fallu de nombreuses pages de développements
pour répondre clairement à cette question.
De manière médiatique il aurait fallu intituler ce chapitre :
De la problématique des modèles d'univers au
non-mystère de la constante cosmologique .
La confrontation aux observations, réservée au chapitre suivant, sera édiante, je l'espè-
re, dans la mesure où, de toute la série de dicultées énoncées au début, de l'isotropie
du rayonnement de fond cosmologique au phénomène d'horizon en passant par l'âge de
l'univers et la stabilité des modèles, il n'en restera qu'une petite, celle dite du problème de
la masse manquante. Nous reviendrons sur les problèmes de masse manquante plus loin (
courbe de rotation des galaxies, masse des amas de galaxies, etc...), en les posant bien ... .

Ÿ3 L'équivalence entre la cosmologie Einsteinienne et celle de Newton revi-


sitée.
Ÿ3 A) Sur l'interprétation thermodynamique et la gravitation de Newton.

27
Nous avons remarqué que, si l'on veut une interprétation thermodynamique du tenseur
impulsion-énergie d'un modèle d'univers, alors pour les deux exemples simples étudiés, on
doit considérer qu'il existe une pression gravitationnelle égale à l'opposée de la densité
d'énergie.
En eet si on interprète le tenseur impulsion-énergie comme le tenseur d'un uide par-
fait, on obtient
pour la matière comobile 𝑝 = −𝜌 ( donc 𝑝 = 0 + −𝜌)
et pour le rayonnement 𝑝 = − 23 𝜌 ( donc 𝑝 = 31 𝜌 + −𝜌)
c'est à dire : la pression de ce uide cosmique est égale à la pression thermodynamique
usuelle augmentée de la pression gravitationnelle négative. Cette constatation est-elle
une simple coïncidence ou signie-t-elle quelque chose de plus profond ? Cette pression
gravitationnelle négative apparaît déjà au chapitre 6 ; elle permet de dénir un astre ther-
modynamiquement mort.

Comme l'interprétation thermodynamique est globale, employons la dynamique Newto-


nienne correspondant à un tel uide parfait. Pour cela il n'y a qu'à suivre l'exemple traité
par J. M. Souriau [8] pour retrouver ou reconstruire les mêmes modèles d'univers ; plus
précisément cet auteur montre que lorsque la pression du uide cosmique est nulle, l'équa-
tion de Poisson, l'équation d'Euler et l'équation de continuité permettent de retrouver les
mêmes équations, la même dynamique, mais dans un cadre Newtonien. Seule l'interpréta-
tion géométrique n'est plus la même.
Les équations de la cosmologie Newtonienne revisitées.
En mécanique Newtonienne, un point matériel qui occupe la position ⃗𝑟 ∈ IR3 à l'instant
t gravite selon l'équation :
𝑑2⃗𝑟
(20) = ⃗𝑔 ,
𝑑𝑡2
où ⃗𝑔 = ⃗𝑔 (⃗𝑟, 𝑡) désigne le champ de gravitation.
Supposons que 𝑡 → ⃗𝑟(𝑡) décrive la trajectoire dans IR3 d'un point comobile avec le
uide parfait de densité 𝜌 = 𝜌(𝑡) et de pression 𝑝
⃗ = 𝑝⃗(𝑡) de composantes 𝑝(𝑡), emplissant
3
de manière homogène et isotrope l'espace IR .
𝑑⃗
𝑟
Notons ⃗ 𝑣 = ⃗𝑣 (𝑡) = 𝑑𝑡 la vitesse en chaque point ⃗𝑟.
En interprétant la loi Newtonienne (20) comme l'équation des géodésiques d'une connexion
4
abstraite sur IR , J. M. Souriau établit que le champ ⃗ 𝑔 est de la forme
(21) ⃗𝑔 (𝑡) = −𝜆(𝑡)⃗𝑟(𝑡) , à une constante additive près, que l'on peut supposer nulle (par
changement de l'origine de l'espace).
Supposons que ⃗ 𝑣 et ⃗𝑟 soient colinéaires et notons :
⃗𝑣 (𝑡) = 𝐻(𝑡)⃗𝑟(𝑡), (H s'interprète comme le coecient de Hubble), alors on trouve que
𝑑⃗𝑣
l'équation d'Euler
𝑑𝑡
= ⃗𝑔 (𝑡) s'écrit, en utilisant (20) et (21) :
𝑑𝐻
(22) + 𝐻 2 = −𝜆.
𝑑𝑡
Nous avons ainsi montré que la mécanique Newtonienne est compatible avec une expansion,
devant vérier l'équation d'Euler (22) .

28
Utilisons maintenant la thermodynamique en disant que le uide cosmique est parfait. La
loi de conservation de ce uide s'écrit alors dans les notations précédentes :

𝑑𝜌
(23) + 3𝐻(𝜌 + 𝑝) = 0.
𝑑𝑡
Nous donnerons plus loin l'interprétation Newtonienne (conservation de l'énergie). En tout
cas, pour une pression nulle, elle se réduit à la conservation de la masse.
Prenons maintenant l'équation de Poisson qui relie le contenu énergétique au champ
gravitationnel ⃗𝑔 (𝑡) . Pour un uide sans pression elle se réduit à : 𝐷𝑖𝑣(⃗𝑔 (𝑡)) = −4𝜋𝐺𝜌(𝑡) .
Prenons l'équation de Poisson suivante, qui tient compte de la pression :

(24) 𝐷𝑖𝑣(⃗𝑔 (𝑡)) = −4𝜋𝐺(𝜌(𝑡) + 3𝑝(𝑡)).

En utilisant l'équation (21) et l'équation d'Euler (22), l'équation de Poisson s'écrit alors :

𝑑𝐻
(25) 3( + 𝐻 2 ) = −4𝜋𝐺(𝜌(𝑡) + 3𝑝(𝑡)).
𝑑𝑡
Dans ce cadre Newtonien, il nous reste donc deux équations à résoudre : les équations (23)
et (25) , puis l'équation d'Euler permet alors de calculer le champ gravitationnel newtonien
⃗𝑔 (⃗𝑟, 𝑡) .
Remarque fondamentale : Les équations (23) et (25) admettent une intégrale première :

𝐾
(26) 3(𝐻 2 + ) = 8𝜋𝐺𝜌,
∥⃗𝑟∥2

où K est une constante. Cette constante K est donc xée par des conditions initiales. Elle a
également une interprétation Newtonienne lorsque K est positive, celle de la conservation
de l'énergie (cinétique plus potentielle) d'une particule comobile avec le uide cosmique.
Cf. par exemple E. Elbaz [11] qui prend cette équation (26) à la place de l'équation (25)
dans son approche Newtonienne des modèles cosmologiques.
Il est évident que si on note 𝑅(𝑡) = ∥⃗𝑟(𝑡)∥, ces équations Newtoniennes (23), (25) et
(26) sont strictement équivalentes aux équations (2), (3) et (4) de la relativité générale (on
a pris ici la vitesse de la lumière égale à 1). Si l'interprétation du temps t, du coecient
de Hubble H et de la densité 𝜌 sont les mêmes, la constante d'intégration K n'a pas
d'interprétation en terme de courbure d'espace. Le champ gravitationnel ⃗𝑔 , dans cette
2
présentation Newtonienne, a bien la signication d'un champ d'accélération ⃗𝑔 = 𝑑𝑑𝑡𝑅2 .
Ainsi nous venons de démontrer le résultat intéressant suivant :

théorème : Un modèle d'univers homogène et isotrope fourni par la relativité générale


est identique, au niveau des équations, au modèle correspondant basé sur l'hydrodynamique
relativiste, la mécanique Newtonienne et l'équation de Poisson modiée.
Autrement dit les théories Einsteinienne et (post) Newtonienne de la cosmo-
logie sont mathématiquement équivalentes.

29
Ce résultat nous permet en particulier de justier et de comprendre a posteriori l'utili-
sation en relativité générale de la loi de corps noir qui est une loi thermodynamique. Pour
cela nous avons dû cependant tenir compte de la pression dans l'équation de Poisson, pour
la modier en conséquence.
4
Au niveau de la partie espace, le modèle Newtonien développé est déni sur IR . Il y
a donc adéquation complète avec le modèle Einsteinien correspondant si la courbure (ou
la constante K) est négative ou nulle. Si la constante K est strictement positive, les deux
modèles ne vont coïncider que localement, sur une carte de la partie espace sphérique du
modèle Einsteinien. Si l'on veut une adéquation complète dans ce cas, il faut reprendre
4
le modèle Newtonien en plongeant la sphère dans IR , dont le rayon r(t) évolue ; seule la
présentation change, les équations étant les mêmes.
Remarque : Dans ce modèle Newtonien on retrouve une diérence de statut entre les
trois équations, la même diérence que celle mise en évidence dans le cadre de la relativité
générale. L'équation dynamique est évidemment l'équation de Poisson (25) , l'équation des
contraintes est l'intégrale première (26) , l'équation de conservation (23) étant la même
que celle de la relativité générale.

De même qu'une hypothèse peut être vue comme une explicitation de la èche de
traduction axiome ← principe, un résultat pourra être compris comme l'explicitation de
l'autre èche de traduction : théorème → loi(s).
Résultat : L'équivalence mathématique entre les formalisations Einsteinienne et Newto-
nienne de la cosmologie signie, entre autres, que :
i) la loi de corps noir peut être utilisée et donc la constante 𝑘 de Boltzmann a un sens,
ainsi que la formule 𝐸 = 𝑘 𝑇.
ii) Il existe une pression gravitationnelle pure (égale à l'opposée de la densité d'énergie).
iii) Le concept d'espace-temps est méta-scientique ; en particulier il n'est pas possible
de mesurer la courbure de l'espace.

Achèvement des modèles dans ce cadre Newtonien : l'entropie.


Comment maintenant achever un modèle d'univers ? Par exemple, supposons que l'on
veuille décrire un univers de matière sans rayonnement. Dans la logique de la construction
de ces modèles Newtonien, il faut prendre une hypothèse thermodynamique, pour traduire
le fait que le uide cosmique d'une matière parfaitement idéalisée est un uide sans rayon-
nement, donc sans production de rayonnement (sans échange d'informations, sans création
de structures locales plus complexes), bref ce uide est à entropie nulle ; cette hypothèse
d'entropie nulle caractérise au mieux un univers de matière en expansion dans lequel il ne
se passe rien, et il traduit le fait, généralement admis, que l'entropie est proportionelle au
rayonnement et est constante dans un volume comobile. L'équation de l'entropie étant
𝑠(𝑉, 𝑇 ) = 𝑉𝑇 (𝜌(𝑇 ) + 𝑝(𝑇 )) + 𝐾 , où V désigne un volume d'espace, K une constante
𝑑𝑠
et T la température du uide cosmique ; une entropie constante nous donne
𝑑𝑉
= 0 donc
𝜌 = −𝑝. On retrouve ainsi aisément le résultat obtenu dans le cadre de la relativité géné-
rale, la pression gravitationnelle est égale à l'opposée de la densité de matière. La résolution
des trois équations (23), (25) et (26) conduit à un des trois modèles de De Sitter, suivant

30
la valeur de la constante d'intégration de l'intégrale première (26). Dans ce cas on obtient
que les densités 𝜌 et p, qui sont constantes, ne peuvent interpréter que comme des densi-
tés comobiles, aussi bien dans l'équation de conservation de l'entropie que dans les trois
équations de la cosmologie Newtonienne. C'est ce que nous supposerons par la suite pour
permettre une interprétation.
Supposons que l'on décrive maintenant un univers de rayonnement pur sans matière ;
l'entropie reste constante (strictement positive) dans tout volume comobile V. D'autre
part, comme le uide cosmique est un rayonnement en équilibre, on a la pression qui est
𝜌(𝑡)
proportionelle à la densité de ce gaz : 𝑝 = (𝛾 − 1)𝜌 . Donc 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 = 𝑠(𝑉, 𝑡) = 𝛾𝑉 ;
𝑇 (𝑡)
Ainsi, comme 𝜌 est une densité comobile et V un volume comobile, 𝜌(𝑡) est proportionnel à
𝑘
𝑇 (𝑡) = 𝑟(𝑡)
T(t). Si l'on veut en plus que la loi de corps noir soit valable ( ) on obtient que
𝐵
𝜌 est de la forme 𝜌(𝑡) = 𝑟(𝑡) . La résolution des équations donnent alors 𝛾 = 13 et comme
dans le cas précédent les densités 𝜌 et p s'interprètent comme des densités comobiles.

Cependant il se pose un autre problème : puisque l'on peut construire les modèles d'uni-
vers (homogène et isotrope à grande échelle) en ayant recours uniquement à la gravitation
newtonienne et à la thermodynamique, pourquoi utiliser la relativité générale ? Le fait de
donner deux théories (conceptuellement très diérentes) d'une même réalité physique,
ici d'un univers, montre qu'on ne peut pas confondre une réalité physique et un modèle
traduisant cette réalité. Mais outre cet intérêt épistémologique, ces deux conceptualisations
diérentes s'interrogent l'une l'autre, par exemple en mettant en évidence qu'il existe une
pression purement gravitationnelle, pression a priori indétectable, sinon par l'adéquation
de ces deux modèles aux observations.

Une conséquence importante de l'équivalence de la gravitation Newtonienne et de la


relativité générale pour la construction des modèles isotropes de l'univers, est à souligner :
Théorème : Le coecient 𝜅 de proportionnalité entre les deux tenseurs des équations
d'Einstein est égal à :
8𝜋𝐺
𝜅= ;
𝑐4
Plus n'est besoin d'avoir recours à l'approximation pour un champ faible pour obtenir la
valeur de 𝜅.
8𝜋𝐺
En eet la valeur de 𝜅 est approximativement égale à
𝑐4
si pour un champ faible
on veut retrouver la gravitation newtonienne au premier ordre de développement ; ce qui
8𝜋𝐺
signie que 𝜅 = (1+𝜖(1/𝑐)) où 𝜖(1/𝑐) est petit et inconnu. Il est intéressant de constater
𝑐4
que l'équivalence entre les cosmologies Newtonienne et Einsteinienne n'a lieu que si 𝜅 =
8𝜋𝐺
, où G est la constante de Newton gurant dans l'équation de Poisson (24).
𝑐4

Discussion sur la modication de l'équation de Poisson


La modication proposée (pour obtenir l'équivalence mathématique des équations des cos-
mologies Newtonienne et Einsteinienne) pose le problème de l'existence ou non d'une
pression purement gravitationnelle égale à l'opposé de la densité de matière-
énergie ;

31
Elle est très dicile à mettre en évidence (le nuage de Oort, aux conns du système
solaire, semble la plus petite structure permettant de la vérier) ;
Son existence montre que la modication de l'équation de Poisson n'est pas purement
ad hoc.
Que permet cette pression gravitationnelle pure ?
- Le tenseur impulsion-énergie T - dont Einstein disait qu'il n'était qu'une "pièce de
bois vulgaire - est interprétable de la manière classique lorsqu'on se place dans un repère
"localement inertiel".
- La loi de corps noir qui est à la base de la caractérisation du rayonnement cosmologique
à 3 degrés Kelvin est une loi thermodynamique qui ne peut être introduite en toute rigueur
que dans le cadre cosmologique Newtonien. L'équivalence valide son utilisation en relativité
générale.
- Plus généralement, des concepts thermodynamiques usuels comme par exemple celui
d'entropie, la constante de Boltzmann, prennent un sens en relativité générale.
- L'hydrodynamique n'apparaît plus comme une simple technique mais comme permet-
tant d'exprimer en termes newtoniens la gravitation relativiste.
- Le système des équations d'Einstein apparaît comme une intégration partielle du
système des équations de la cosmologie newtonienne en ce sens que, soit les équations sont
identiques aux équations newtoniennes, soit elles en fournissent des intégrales premières.
Par ailleurs cette pression permet un âge élevé de l'univers (20 milliards d'années, avec
une constante de Hubble de 75km/s/Mpc), ce qui est souhaitable au vu des observations.
Un tel âge est impossible à obtenir avec le modèle usuel sans pression gravitationnelle (cf.
[9] par exemple où les auteurs montrent que l'on ne peut plus se passer de la constante
cosmologique, autrement dit de l'existence d'une pression négative, fait conrmé par les
observations récentes de supernovae).

En résumé, pour les modèles homogènes et isotropes de l'univers, sous l'hypothèse


supplémentaire que le temps atomique est le temps cosmologique, la relativité générale est
et n'est que la géométrisation de la gravitation newtonienne. Sans doute est-il possible de
modier la théorie newtonienne en prenant en compte une éventuelle non additivité du
temps atomique à l'échelle cosmologique, pour retrouver la cosmologie Einsteinienne dans
toute sa généralité ?

Ÿ3 B) Autres systèmes d'hypothèses, autres modèles possibles.


Facteur conforme. (toujours dans le cadre strict de la relativité générale).

De la cosmologie de Segal à celle de Dirac.


Ces deux cosmologistes ont en commun de vouloir réconcilier la gravitation et l'électro-
magnétisme dans le cadre de la relativité générale .
Idées de I. Segal : Partant de l'invariance conforme des équations de Maxwell, un
modèle homogène et isotrope d'univers doit être un ouvert U du revêtement universel M
du compactié conforme de l'espace de Minkowski. Cet ouvert U doit être muni d'une
2
métrique ℎ 𝑔 conformément équivalente à la métrique canonique g invariante dénie sur
M ; de plus U doit être causal, nous reviendrons sur ce point important.

32
En fait I. Segal a étudié essentiellement le modèle où U = M, voir Aguirre-Daban
et autres [12] pour une compréhension critique de ce modèle. Par ailleurs il prend, pour
temps cosmologique, un temps cinématique (the chronogeometric time) que l'on peut
dénir ainsi : sachant que toute métrique d'univers est conformément équivalente à une
2 2 2 2
métrique statique : 𝑑𝑠 = 𝜃 (𝑢)(𝑑𝑢 − 𝑑Ω𝜖 ), il suppose que ce temps u déni par cette
forme conformément statique de la métrique d'univers est additif. Il ne se place donc pas
dans le cadre de l'hypothèse A, ni dans le cadre de l'hypothèse A", mais il est important
de signaler que I. Segal ne se donne aucune contrainte du type thermodynamique.
Idées de P.A.M. Dirac : Les équations d'Einstein sont valables si l'on suppose que les
constantes de la gravitation G et cosmologique Λ sont constantes, ainsi que la masse des
objets macroscopiques. Un système d'unités physiques pour lequel la relativité générale est
valable est appelé, par Dirac, système d'unités d'Einstein. Dans un tel système d'unités,
la constante de Planck, la masse des particules élémentaires et autres quantités atomiques
peuvent ne pas être constantes. Dirac propose que la métrique d'un modèle cosmologique
dépend du système d'unités choisi. Aussi, pour tenir compte de l'électromagnétisme, une
transformation de jauge, comme facteur conforme, relie les métriques associées à deux sys-
tèmes d'unités. Si l'on note 𝑔𝑒 et 𝑔𝑎
les métriques associées respectivement au systèmes
2
d'unités d'Einstein, atomiques, nous avons 𝑔𝑒 = ℎ 𝑔𝑎 ; Comment trouver h ? C'est la ques-
tion que se posaient Canuto et d'autres.
De ces travaux, il est évident que tout modèle d'univers homogène et isotrope doit
vérier la dénition suivante :

Dénition : Un modèle d'univers est un ouvert du revêtement universel M du compactié


conforme de l'espace de Minkowski, muni d'une métrique conformément équivalente à la
métrique canonique sur M. De plus à chaque choix de système d'unités correspond un
facteur conforme.

Cette dénition, qui peut sembler très abstraite, permet fondamentalement de chercher
à construire des modèles d'univers tenant compte de propriétés de l'électromagnétisme.
Pour voir la compatibilité de cette dénition avec les hypothèses 1 à 8 du Ÿ 1 G), il
5
sut d'une part d'utiliser le plongement de tout modèle d'univers dans l'espace IR muni
d'une métrique de De Sitter (cf.Ÿ 1 D)) et de rappeler le théorème suivant :
Théorème : (H. Bacry et J.M. Lévy-Leblond [13] ; I. Segal [9]). Il existe , dans le groupe
SO(2,4) des invariants des équations de Maxwell, trois cinématiques possibles compatibles
4
avec l'électromagnétisme : ce sont celles associées au groupe de Poincaré IR ⊲ 𝑆𝑂(1, 3) et
aux deux groupes de de Sitter SO(1,4) et SO(2,3).

Ÿ3 C) Lien avec l'électromagnétisme, vers l'unication des forces, le problème de


la jauge.
Nous avons étudié un modèle d'univers, celui sans rayonnement, sous l'hypothèse A
(𝑑𝜏 = 𝑑𝑡) et l'hypothèse A', ce qui se révèle particulièrement satisfaisant car les solu-
tions sont invariantes par un groupe cinématique (de dimension 10) compatible avec les
équations de Maxwell de l'électromagnétisme. Le résultat obtenu semble justier le choix

33
arbitraire de l'hypothèse A. Si l'on tient compte du rayonnement, on n'a plus de ciné-
matique. Ne vaudrait-il pas mieux garder la cinématique pour les objets comobiles et par
contre aaiblir l'hypothèse A ? Ceci pourrait facilement se justier en disant par exemple
que le rayonnement n'interagit pas du tout avec la matière, en particulier avec l'horloge
de l'observateur comobile. Il faut alors supposer la métrique sous la forme conforme à un
modèle sans rayonnement, donc de la forme :

𝑒𝜆𝜏 + 𝜖𝑒−𝜆𝜏 2 2
𝑑𝑠2 = ℎ2 (𝜏 )(𝑑𝜏 2 − ( ) 𝑑Ω𝜖 ),
2𝜆
Cela alors pose le problème de traduire la loi de corps noir pour le rayonnement, sans doute
sans trop de dicultées au vu de la propriété de l'invariance conforme de l'électromagné-
tisme.
Cette métrique s'écrit dans le temps atomique, cf. (19) ,
𝑑𝑠2 = 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)𝑑Ω2𝜖 , où 𝑅(𝑡) = − 𝑎𝐵 2𝐴
+ 𝜆1 𝑒𝜆𝑡 + 𝜆2 𝑒−𝜆𝑡 ,
𝑎2 𝐵 2
avec 4𝜆1 𝜆2 =
2𝐴2
+ 𝜖𝜆−2 , 𝜆2 = 8𝜋𝐺𝐴 3𝑐2
et 𝑎 = 𝑅(𝑡0 ). Par un choix convenable d'origine
1 𝜖 2𝐵2𝜆
de temps, nous prendrons 𝜆1 =
2𝜆
et donc 𝜆2 =
2𝜆
+ 𝑎 8𝐴 2 , ainsi R(t) s'écrit :
𝑒𝜆𝑡 +𝜖𝑒−𝜆𝑡 𝑎2 𝐵 2 𝜆 −𝜆𝑡 𝑎𝐵
𝑅(𝑡) = 2𝜆
+ 8𝐴2 𝑒 − 2𝐴 ;
𝑎𝐵𝜆 (𝑒𝜆𝑡 −𝛼)2 −1
nous noterons encore 𝛼 = , ainsi 𝑅(𝑡) = .
2𝐴 2𝜆𝑒𝜆𝑡
En égalisant les deux formes de métrique, on a donc à résoudre le système :
𝜆𝑑𝜏 𝑑𝑡
ℎ(𝜏 )𝑑𝜏 = 𝑑𝑡, 𝑠ℎ𝜆𝜏 = 𝑅(𝑡) ; Cette dernière équation s'intègre et donne, par exemple dans
le cas où 𝜖 = −1 :
𝜆𝑡
𝑡ℎ 𝜆𝜏
2
= 𝑒𝑒𝜆𝑡 −𝛼−1
−𝛼+1
𝜆𝑡
, c'est-à-dire 𝑒 − 𝛼 = 𝑒
𝜆𝜏
.
𝑒𝜆𝜏
Ainsi ℎ(𝜏 ) = 𝜆𝜏 .
𝑒 +𝛼
𝐵 −3 −5
Comme est de l'ordre de 10 à 10 , et 𝑎𝜆 est de l'ordre de l'unité (par confronta-
𝐴
tion aux observations), alors 𝛼 est très petit devant 1. En faisant un développement limité
−𝜆𝜏
suivant 𝛼, on obtient l'approximation suivante du premier ordre en 𝛼 : ℎ(𝜏 ) = 1 − 𝛼𝑒 .
On arrive à une constatation importante : du point de vue du principe heuristique de simpli-
cité, principe qui s'est toujours avéré très fondamental en physique, les calculs précédents,
très élémentaires, semblent en accord avec ce "principe de simplicité". Faut-il chercher une
autre hypothèse, d'une part très simple et d'autre part donnant des résultats "élégants".
En voici une autre, sans doute n'est-ce-pas la meilleure, qui vérie aussi ce principe
heuristique de simplicité :

Hypothèse AA ( à la place des hypothèses A et A') : Le temps est un concept


absolu. Plus précisément la variable temporelle jouit de toutes les propriétés désirées :
autrement dit, les temps cosmologique, cinématique et atomique coïncident (dans le
cadre de la relativité générale).
Cette hypothèse, qui a le mérite de la simplicité, est-elle possible ? OUI, si l'on aban-
donne une hypothèse implicitement admise, l'hypothèse A', stipulant que les constantes
atomiques sont des constantes cosmologiques !
Cette hypothèse est un aaiblissement de l'hypothèse A" (principe des géodésiques
pour les corps en chute libre).

34
Note : pour les camarades de travail lyonnais (et pour combien d'autres !), qui ont
connu Jean Braconnier, Doyen de la faculté des sciences de Lyon pendant de nombreuses
années, constructeur du campus universitaire de la Doua à Villeurbanne, membre de la
rédaction de l'ouvrage N. BOURBAKI (évidemment membre non ociel comme tous les
membres de ce regroupement), ils pourront reconnaître aisément le prix que j'attache à
cette hypothèse de simplicité AA. En eet le titre du séminaire de mathématique qu'il a
longtemps animé était "AA", comme Analyse et Algèbre. Je lui dois beaucoup, en parti-
culier il m'a dit un jour : il y a des mystères en mathématique : par exemple, personne
ne sait répondre à la question suivante : Pourquoi l'inniment petit et l'inniment grand
sont intimement liés ? En particulier, pourquoi les représentations du groupe de Poincaré
(groupe des invariants d'une cinématique, celle de la relativité restreinte, donc point de
vue relativiste) paramètrent les particules élémentaires (point de vue quantique puisque ce
paramétrage s'eectue par la description des espaces de Hilbert des états quantiques d'une
particule). Je dois dire qu'une grille de lecture de mon travail passe par la compréhension
de cette remarque que J. Braconnier m'avait faite en 1974 ou 1975, je le dis aujourd'hui
(novembre 92), car je me suis soudainement souvenu de cette remarque quand j'ai écrit pour
la première fois les dénitions mathématiques précises des trois concepts suivants : temps
atomique, temps cosmologique, temps cinématique. Dire que ces trois temps coïncident
permettent d'avancer, je l'espère, dans la compréhension de ce mystère.

Cette hypothèse AA (optionnelle mais explicitement dite, dans le cadre de la relativité


générale), dit donc que 𝑑𝜏 = 𝑑𝑡, autrement dit que l'on a :
𝜆𝑡 −𝜆𝑡
𝑑𝑠2 = ℎ2 (𝑡)(𝑑𝑡2 − ( 𝑒 +𝜖𝑒
2𝜆
)2 𝑑Ω2𝜖 ) = 𝑐2 𝑑𝑡2 − 𝑅2 (𝑡)𝑑Ω2𝜖 ) ;
donc ℎ(𝑡) = 𝑐(𝑡) c'est à dire la vitesse de la lumière varie ;
𝜆𝑅(𝑡) 𝛼 2 −𝜆𝑡
comme ℎ(𝑡) =
𝑠ℎ𝜆𝑡
, on a 𝑐(𝑡) = ℎ(𝑡) = 1 −
𝑠ℎ𝜆𝑡
+ 𝛼2 𝑒𝑠ℎ𝜆𝑡 avec nos notations précédentes.
Cette conséquence de l'hypothèse AA est particulièrement simple à obtenir et donne un
résultat satisfaisant dans la mesure où la vitesse de la lumière augmente avec le temps (pris
comme un absolu), cette augmentation traduisant une diminution de la "densité d'énergie"
de l'univers. Si 𝛼est petit, alors le rapport entre la vitesse maximale de la lumière 𝑐(∞)
𝑐(∞)
et la vitesse de la lumière aujourd'hui 𝑐(𝑡𝑜 ) est
𝑐(𝑡𝑜 )
= 1+ 𝐵𝐴
en première approximation ;
′ 𝐵
elle varie donc très peu actuellement ; plus précisément, comme 𝑐 (𝑡𝑜 ) = 𝐻(𝑡𝑜 ), où 𝐻(𝑡𝑜 )
𝐴
est la valeur de la constante de Hubble aujourd'hui, cette variation n'est pas mesurable
′ −20 −22 −1
actuellement, puisque 𝑐 (𝑡𝑜 ) est de l'ordre de 10 à 10 𝑠 , suivant les valeurs observées
de A, B et 𝐻(𝑡𝑜 ).
Mais il faut voir le prix à payer, si l'on tient à respecter les hypothèses non optionnelles
8𝜋𝐺
1 à 8. En particulier, comme la relativité générale est valable, il faut que soit une
𝑐2
constante et que, comme la relativité restreinte doit être valable sur l'espace tangent en
2
chaque point pour pouvoir interpréter le tenseur impulsion-énergie, il faut que 𝑚𝑐 soit
constante ;
2
Donc, sous l'hypothèse AA, la constante de Newton G doit varier comme 𝑐 et la masse
−2
m d'une particule élémentaire comme 𝑐 ; mais ces variations, comme celle de la vitesse de
la lumière, sont indécelables actuellement. Sur l'étude de modèles d'univers dans le cadre
de la relativité générale, avec variation de la vitesse de la lumière, il faut signaler le travail

35
de P. Midy et J.-P. Petit [25], mais ces auteurs conservent l'interprétation standard du
tenseur 𝑇𝜇𝜈 .
Je m'aperçois, à la relecture, que j'ai implicitement admis une autre hypothèse : le
caractère absolu de la notion d'énergie ;
je l'admets en complément de l'hypothèse AA, dans la mesure où en mécanique quantique
on ne peut se passer de la dualité temps-énergie et dans la mesure où l'hypothèse AA prend
le temps comme un absolu !
Cette hypothèse AA, même si c'est une hypothèse gratuite ou une hypothèse de
mathématicien, montre cependant que pour mettre en oeuvre la relativité générale on ne
peut se passer de se dénir très précisément la nature (i.e. les propriétés) du temps avec
lequel on travaille, surtout quand on ose confronter un modèle aux observations.

Note sur le modèle de F. Hoyle.


Dans les modèles d'univers que l'on rencontre dans la littérature, il est utilisé dans deux
contexte diérents la métrique de De Sitter pour 𝜖 = 0. Plus précisément la métrique :

𝑑𝑠2 = 𝑐2 𝑑𝑡2 − 𝑒2𝐻𝑡 (𝑑𝜌2 + 𝜌2 𝑑𝜔 2 ),

où H est bien la constante de Hubble (eectivement constante). Il s'agit d'une part de la


phase inationnaire du modèle standard et d'autre part du célèbre modèle de Hoyle, dit à
création continue de matière.
Le modèle standard introduit une période inationnaire peu après le big-bang pour
remédier au problème de l'horizon autrement dit pour expliquer l'isotropie du rayonnement
de fond cosmologique. Curieusement rien n'est précisé sur la nature du recollement de la
métrique à la n de cette période inationnaire ; Et pourquoi n'est-il pas utilisé les autres
formes de Robertson-Walker possibles de cette métrique de De Sitter ?
Au sujet du modèle de Hoyle, on pouurra se reporter à la présentation faite par Arp,
Burbidge et autres [17]. Nous apportons un élément essentiel de compréhension de ce mo-
dèle. Il est sans création continue de matière, du fait que la constante cosmologique exprime
le tenseur impulsion-énergie du uide comobile.
Du fait des deux autres formes de Robertson-Walker de la métrique du modèle de Hoyle,
nous élargissons les possibilités d'adaptation de ce modèle aux observations, et nous mon-
trons la compatibilité du modèle de Hoyle avec un rayonnement de fond cosmologique à
3𝑜 𝐾 parfaitement isotrope. La question qui se pose alors est de savoir si ce rayonnement
observé est produit par un brouillard de "cheveux de fer" (iron whiskers) comme le propose
Burbidge [18] et autres [17], ou (et) est de nature cosmologique ; en tout cas ces hypothèses
sont compatibles.

Conclusion
Par la mise en évidence de tous les axiomes explicites et implicites utilisés pour construi-
re un modèle d'univers isotrope, nous permettons de mieux poser des problèmes liés aux
modèles cosmologiques, problèmes soulevés par exemple par M. Novello [14], G.F.R. Ellis
[15] ou encore M. Felden [16].

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Nous arrivons aussi à la conclusion que le modèle d'univers de base n'est autre que l'un
des modèles de De Sitter.
Dans la conclusion du preprint de 1993, j'écrivais : Un autre problème qui sera je
l'espère tranché par l'observation est la valeur du paramètre de décélération 𝑞𝑜 . Dans le
modèle standard la valeur critique de ce paramètre est 1/2, alors que pour les trois modèles
de De Sitter ce paramètre est toujours négatif, la valeur critique étant -1.
Or depuis les années 1998 à 2000, les observations ont tranché le problème (cf [23] et
[24]) ; en eet tout les cosmologistes sont d'accord sur le fait que l'univers est en expansion
accélérée, ce qui se traduit par 𝑞𝑜 < 0 !
Pour obtenir un modèle standard en expansion accélérée, ces mêmes cosmologistes
introduise alors ... la constante cosmologique Λ qui traduirait une énergie du vide, pas un
seul ne songe à dire tout simplement qu'elle traduit la densité de matière comobile.
Quand aux trois formes de Robertson-Walker de la métrique de De Sitter, si certes
elles sont signalées dans les ouvrages de Anderson [20] et de Dolgov et autres [21], je
n'en ai jamais vu de démonstration simple ni d'interprétation géométrique élégante, et
encore moins une utilisation. Pourtant la compréhension de ces trois formes permet de
comprendre et de résoudre bien des problèmes concernant les modèles isotropes de l'univers,
en particulier le non-mystère de la constante cosmologique, le faux problème de l'horizon,
l'isotropie du rayonnement cosmologique, etc. ! Il reste maintenant à passer ces modèles au
feu de la critique par la confrontation aux observations.

H. Sinaceur ([22] page 60) disait L'axiomatique n'était donc pas pour Hilbert négation,
mais analyse critique de l'intuition. Idée inspirée de Kant pour qui l'axiomatique est pour
les mathématiques l'instance critique.
Si l'on regarde l'utilisation faites des mots Hypothèse et Résultat dans cette étude
sur les modèles cosmologiques, en posant :
Hypothèse = explicitation de la èche de traduction axiome ← principe et
Résultat = explicitation de la èche de traduction théorème → loi,
j'ose plagié, en disant :
La modélisation mathématique est pour une théorie physique l'instance critique.

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