Chapitre 2
Mélanges de réactifs et produits de combustion
2.1 Stœchiométrie
La quantité stœchiométrique d’un oxydant (l’air par exemple) est la quantité nécessaire
pour bruler complètement une quantité de combustible. Si on alimente par une quantité
supérieure d’oxydant, le mélange est dit pauvre. Si par contre on alimente par une quantité
inférieure, le mélange est dit riche. L’oxydant (où l’air) stœchiométrique est déterminé par
l’écriture d’un simple bilan atomique, en supposant que le combustible réagit pour donner les
produits. Pour un hydrocarbureܥ௫ ܪ௬ , la relation stœchiométrique peut être exprimée par :
ܥ௫ ܪ௬ ܽ௦௧ ሺܱଶ ͵Ǥܰଶ ሻ ՜ ߙܱܥଶ ߚܪଶ ܱ ߛܰଶ (2.1)
Pour déterminer le coefficients stœchiométriques ߙ, ߚ et ߛ, on fait un bilan atomique
pour chaque atome à savoir C, H, N, O. Commençons par le carbone, à gauche de la réaction on
a ݔatomes, à droite ߙ donc ݔൌ ߙ. En procède de la même façon on trouve :
x Bilan sur ܪǣ ݕൌ ʹߚ donc ߚ ൌ ݕȀʹ
x Bilan sur ܱǣʹܽ௦௧ ൌ ʹߙ ߚ ൌ ʹ ݔ ݕȀʹ onc ܽ௦௧ ൌ ݔ ݕȀͶ
x Bilan sur N : ͵Ǥܽ௦௧ ൌ ߛ
On trouve la réaction équilibré de l’hydrocarbure général avec l’air :
௬
ܥ௫ ܪ௬ ܽ௦௧ ሺܱଶ ͵Ǥܰଶ ሻ ՜ ܱܥݔଶ ܪଶ ܱ ͵Ǥܽܰଶ (2.2)
ଶ
௬
Avec ܽ௦௧ ൌ ݔ (2.3)
ସ
On a supposé que l’air est composé de 21% de ܱଶ et 79% de ܰଶ en volume, c.à.d. pour chaque
mole de ܱଶ, il y’a 3.76 moles ܰଶ .
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2.1 Rapport stœchiométrique, richesse et excédant d’air
Le rapport stœchiométrique est définit par le rapport de la masse ou débit d’air à celui du fuel,
on écrit :
ሶ
ቀி ቁ ൌ ൬ሶ ೌೝ ൰ (2.4)
௦௧ ೠ ௦௧
La masse d’air peut être déduite de la réaction (29)
݉ሶ ൌ ܰ ܯ ൌ ͶǤܽ௦௧ ܯ (2.5)
Celle du fuel, puisqu’on une seule mole :
݉ሶ௨ ൌ ܰ௨ ܯ௨ ൌ ͳ ܯ כ௨ (2.6)
௬
En remplaçant ܽ௦௧ par ݔ on obtient :
ସ
௬ ெ
ቀ ቁ ൌ ͶǤሺ ݔ ሻ ೈೌೝ (2.7)
ி ௦௧ ெ ସ ೈೠ
Le tableau suivant donne les valeurs de ce rapport pour quelques réactions :
ܪܥସ ܽ݅ݎ 17.11
ܪଶ ܱଶ 8.00
ܥሺ௦ሻ ܽ݅ݎ 11.4
Il faut noter que dans la deuxième réaction l’oxydant est l’oxygène pur, sa masse molaire
est différente de celle de l’air.
La richesse ࣘ est un facteur très important dans l’étude de la performance des systèmes. Elle est
définie par le rapport des rapports stœchiométriques à l’état stœchiométrique et réel. Ce
paramètre indique si le mélange est riche en combustible où pauvre :
ಲ ಷ
ቀ ቁ ቀ ቁ
ಷ ೞ ಲ
߶ൌ ಲ ൌ ಷ (2.8)
ቀ ቁ ቀ ቁ
ಷ ಲ ೞ
18
߶ ͳ ՜ ݉±݈݄ܽ݊݃݁݁ܿ݅ݎ
Pour ቐ߶ ൏ ͳ ՜ ݉±݈ܽ݊݃݁݁ݎݒݑܽ
߶ ൌ ͳ ՜ ݉±݈݄ܽ݊݃݁݉݅ܿ݁ݐݏ±݁ݑݍ݅ݎݐ
ଵ
L’excédent d’air ࣅ est l’inverse de la richesse, il est définit par : ߣൌ (2.9)
థ
Deux autres paramètres sont utilisés pour définir la stœchiométrie relative et l’air
stœchiométrique, le pourcentage d’air stœchiométrique et le pourcentage d’excès d’air :
ଵΨ
Ψܽ݅ ݐݏݎൌ (2.10)
థ
ሺଵିథሻ
Ψ݁ܿݔ±݀ݏԢܽ݅ ݎൌ ͳͲͲΨ (2.11)
థ
2.2 Enthalpie et enthalpie de formation absolue (standard)
Dans les systèmes réactifs, le concept des enthalpies standard où absolues est
extrêmement important. Pour chaque espèce, on définit une enthalpie standard où absolue qui est
la somme de l’enthalpie de formation, ݄ liée à la nature de l’espèce, et l’enthalpie sensible, ȟ݄௦
associée à la variation de la température. On écrit pour l’enthalpie molaire absolue de l’espèce
« i »:
݄ത ሺܶሻ ൌ ݄തǡ
൫ܶ ൯ ȟ݄ത௦ǡ ൫ܶ ൯ (2.12)
Pour utiliser cette relation en pratique, il est nécessaire de définir un état standard où de
référence indiqué par « ref ». On utilise une température, Tref=25°C (298.15K), et une pression,
Pref=P0=1 atm (101325 Pa). En plus, on adopte la convention d’enthalpie de formation nulle pour
les éléments existant dans leurs états naturels à l’état de référence de T et P.
Par exemple, à 25°C et 1 atm, l’oxygène existe sous forme de molécule diatomique,
alors ൫݄തǡ
మ
൯ ൌ Ͳ.
ଶଽ଼
19
Pour former des atomes d’oxygène monoatomique à l’état standard, il faut rompre une
liaison chimique très forte. L’énergie de dissociation de la liaison d’O2 à 298 K est 498390
Kj/kmole de O2. Cette rupture donne deux atomes O. Alors, l’enthalpie de formation de
l’oxygène atomique est la moitié de ce celle de dissociation de l’ O2, ൫݄തǡ
൯ ൌ ʹͶͻͳͻͷܬܭȀ
ଶଽ଼
݈݇݉݁.
Les enthalpies de formation ont une interprétation physique très claire, c’est la variation
d’enthalpie associée à une rupture des liaisons chimiques d’un élément aux conditions standard
pour former un nouveau composé.
La représentation graphique de
l’enthalpie absolue permet de comprendre
et d’utiliser ce concept. A 298.15 K, on
note que ݄തǡమ ൌ Ͳ (par définition) et
l’enthalpie absolue de O est égale à
l’enthalpie de formation, puisque celle
sensible est nulle à 289.15K. A 4000K, on
remarque une contribution additionnelle de
l’enthalpie sensible dans celle absolue.
Les enthalpies de formation à l’état de référence sont données. Celles sensibles pour
plusieurs espèces sont données en fonction de la température sous forme de tableaux ou de
polynômes.
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2.3 Enthalpie de combustion (chaleur de réaction)
Considérons un réacteur stationnaire parfait dans
lequel en injecte un mélange stœchiométrique en l’existence
des produits de réaction à l’état standard (25°C et 1atm). Le Réactifs Produits
Stoechio. De combustion
procédé de combustion est complet, le fuel est complètement
consommé pour donner le CO2 et l’H2O. Pour que les produits qcv
et le gaz injecté soient à la même température, il faut évacuer
la chaleur en permanence du réacteur.
Cette quantité de chaleur est reliée aux enthalpies absolues des réactifs et produits
par (28) en l’absence du travail et en négligeant les vitesses et les hauteurs:
ݍ௩ ൌ ݄௦ െ ݄ ൌ ݄ௗ െ ݄ (2.13)
La définition de l’enthalpie de réaction où de combustion ȟ݄ோ (par unité de masse du mélange),
est ȟ݄ோ ൌ ݍ௩ ൌ ݄ௗ െ ݄ (2.14)
En termes de propriétés extensives, on écrit :
ȟܪோ ൌ ܳ௩ ൌ ܪௗ െ ܪ (2.15)
Prenons par exemple la combustion du
méthane avec l’air à 25°C et 1 atm. L’enthalpie
des réactifs stœchiométriques du CH4 et l’air pour 1
kmole du fuel qui réagit est -748831 KJ. Aux mêmes
conditions (25°C et 1 atm), les produits de
combustion ont une enthalpie absolue de -877236
6 J.
L’enthalpie absolue de combustion des produits se
trouve au dessous de celle des réactifs.
L’enthalpie de combustion peut être calculée par :
ȟܪோ ൌ െͺʹ͵Ȅ Ͷͺ͵ͳ
ൌ െͺͲʹͶͲͷ݆ܭ.
21
2.4 Facteur de pondération de l’enthalpie
Si on veut pondérer la quantité d’énergie ou l’enthalpie par unité de masse du fuel ou de
mélange, on utilise la relation :
ȟ݄ோ ቀ ቁ ݉± ሺ݇݃݉±݈ሻ ൌ ȟ݄ோ ቀ ቁ ݉௨ ሺ݂݈݇݃݁ݑሻ (2.16)
± ௨
ೠ ೠ ଵ
Avec : ൌ ൌ ಲ (2.17)
± ೠ ାೌೝ ଵାሺ ሻ
ಷ
Dans le calcul précédent on a :
ுೃ ି଼ଶସହ
ȟ݄ோ ቀ ቁൌ ൌ ൌ െͷͲͲͳ
௨ ౫ౢ ଵǤସଷ
ିହଵ
Pour le méthane (A/F) = 17.11 ce qui donne ȟ݄ோ ቀ±ቁ ൌ ଵାଵǤଵଵ ൌ െʹͳǤͺ
On note que la valeur de l’enthalpie de combustion dépend de la température choisie pour
son évaluation car les enthalpies des réactifs et des produits varient avec la température. La
distance entre les courbes HProd et Hreac n’est pas constante.
Pour un hydrocarbure ܥ௫ ܪ௬ , l’enthalpie de réaction (combustion) est donnée par :
ȟܪோ ൌ ܰைమ ݄തǡை
మ
ܰுమ ை ݄തǡு
మை
െ ܰ௨ ݄തǡ௨
(2.18)
2.5 Pouvoirs calorifiques
Le pouvoir calorifique supérieur, Pcs, est la chaleur de combustion calculée, par
kilogramme de combustible, en supposant que l’eau dans les produits de combustion est
condensée en liquide. Ceci libère le maximum d’énergie. Le pouvoir calorifique inférieur, Pci,
correspond au cas où l’eau n’est pas condensée et quitte la chambre sous sa forme vapeur. Pour
le méthane CH4 le Pcs est de 11% supérieur au Pci. Les valeurs des pouvoirs calorifiques sont
données sous forme de tableaux pour différents combustibles.
22
Généralement, les pouvoirs calorifiques sont donnés en Kj/Kg de fuel, ils sont exprimés
en fonction des chaleurs (enthalpies) de réaction par :
ିுೃ
ܲܿ݅ ൌ ெ (2.19)
ೠ
A son tour le pouvoir calorifique supérieure s’écrit :
బ
ഥಹ బ
௬
ܲܿ ݏൌ ܲܿ݅ మ
(2.20)
ଶ ெೠ
Exemples
Considérons un mélange stœchiométrique d’iso-octane ܪ ଼ܥଵ଼ avec l’air, déterminer :
1. La fraction molaire du fuel,
2. Le rapport A/F,
3. La fraction de ܪଶ ܱ dans les produits,
4. L’enthalpie de combustion,
5. Le pouvoir calorifique inférieur,
6. Le pouvoir calorifique supérieur.
Solutions
D’après la réaction globale stœchiométrique et complète, celle de l’iso-octane avec l’air s’écrit :
ܪ ଼ܥଵ଼ ͳʹǤͷሺܱଶ ͵Ǥܰଶ ሻ ՜ ͺܱܥଶ ͻܪଶ ܱ ͵Ǥ ʹͳ כǤͷܰଶ
1. La fraction molaire du fuel est donnée par :
ேఴ ಹభఴ ଵ
ݔఴ ுభఴ ൌ ൌ ଵାଵଶǤହାଵଶǤହכଷǤ ൌ ͲǤͲͳͷ
ே ఴ ಹభఴ ାேೀమ ାேಿమ
2. Le rapport A/F est donné par :
ெ
ቀி ቁ ൌ ͶǤ ʹͳ כǤͷ ெ ೈೌೝ ൌ ͳͷǤͳ
௦௧ ೈೠ
3. La fraction molaire de ܪଶ ܱ dans les produits est :
ேಹమೀ ଽ
ݔுమ ை ൌ ே ൌ ൌ ͲǤͳͶͳ
ೀమ ାேಹమ ೀ ାேಿమ ଼ାଽାଵଶǤହכଷǤ
4. La chaleur de réaction οܪோ est donnée par :
οܪோ ൌ ܪ െ ܪோ ൌ ܰைమ ݄തǡை
మ
ܰுమ ை ݄തǡு
మை
െ ܰఴ ுభఴ ݄തǡ
ఴ ுభఴ
ൌ ͺሺെ͵ͻ͵ͷͶሻ ͻሺെʹͶͳͺͶͷሻ െ ͳሺെʹͲͺͶͶሻ ൌ െͷͳͳͷʹ݆ܭ
5. Le pouvoir calorifique inférieur est :
ିுೃ ହଵଵହଶ
ܲܿ݅ ൌ ൌ ൌ ͶͶͺͺʹ
ெఴಹభఴ ଵଵସ
6. Le pouvoir calorifique supérieur est :
బ
ഥಹ
௬ మబ ସସଵ
ܲܿ ݏൌ ܲܿ݅ ଶ ெ ൌ ͶͶͺͺʹ ͻ כ ଵଵସ
ൌ Ͷͺ͵ͷǤͷ
ఴ ಹభఴ
23