Opportunités de Financement
Opportunités de Financement
Opportunités
de Financement
Production et Transformation dans les
Chaînes de Valeur du Manioc, du Maïs et de
la Banane Plantain en Côte d’Ivoire
Photographie par : Cadel Musala – N’Gol Vision
Table des Matières
4.1. Les systèmes d’exploitation du maïs.............................. 20 Partie 6 : Les Modèles de Prêts aux Chaînes de Valeur
4.2. Les innovations dans la culture du maïs.........................21 Sélectionnées........................................................................ 43
4.3. E xploitation optimale du maïs pour les acteurs du 1. Les entreprises de production agricole...............................43
marché à petite et moyenne échelles.............................23 2. Les entreprises de transformation.................................... 46
5. La Transformation du maïs................................................ 24 Partie 7 : Possibilités et Contraintes Technologiques au
5.1. Les systèmes de transformation du maïs....................... 24 Sein des Chaînes de Valeur................................................... 50
5.2. Les innovations dans la transformation du maïs........... 26 Partie 8 : Résultats de la Faisabilité Financière.................. 52
5.3. L es unités de transformation optimale du maïs pour les 1. La chaîne de valeur du maïs................................................53
acteurs du marché à petite et moyenne échelles........... 26
2. La chaîne de Valeur de la banane plantain........................57
Partie 3 : La Chaîne de Valeur de la Banane Plantain......... 28 3. La chaîne de Valeur du manioc...........................................61
6. L’exploitation de la banane plantain................................. 28 Annexes.................................................................................. 65
6.1. Les systèmes d’exploitation de la banane plantain....... 28 Références............................................................................. 66
6.2. L es innovations dans l’exploitation de la banane
plantain........................................................................... 29
6.3. E xploitation optimale de la banane plantain pour les
acteurs du marché à petite et moyenne échelles.......... 30
7. La transformation de la banane plantain...........................32
7.1. Les systèmes de transformation de la banane plantain.32
7.2. L es innovations dans la transformation de la banane
plantain.............................................................................32
7.3. U
nités de transformation optimale de la banane
plantain.............................................................................32
L’agriculture en Côte d’Ivoire est principalement de type subsistance. La plupart des ag-
riculteurs du secteur des cultures vivrières pratiquent l’agriculture pluviale, dépendent
de la main d’œuvre familiale et des connaissances et pratiques traditionnelles. Ils ont un
accès limité aux différents services (services de financement et d’assurance, informa-
tion) et aux intrants nécessaires à une production innovante, tels que le traitement
post-récolte, la mécanisation et les intrants agricoles de haute qualité.
Ce rapport fournit les directives et outils techniques et financiers que les institutions fi-
nancières (IF) pourraient utiliser pour prendre des décisions éclairées sur le financement
des coopératives dirigées par des femmes engagées dans l’exploitation et la transforma-
tion des chaînes de valeur du maïs, du manioc et de la banane plantain en Côte d’Ivoire.
Ce rapport présente également des lignes directrices destinées aux acteurs du marché
(exploitants et transformateurs), qui vise à garantir qu’ils développent des modèles
d’affaires rentables pour atteindre la rentabilité et la viabilité. L’objectif de ces modèles
d’affaires est d’accroitre l’efficacité technique des unités de production (exploitation et
transformation) grâce à une utilisation appropriée des innovations existantes.
Introduction
Historique
Ce rapport sur les modèles d’affaire a été préparé par Agri Frontier East Africa Limited
et ONYX Limited pour le compte de la Société Financière Internationale (SFI) et porte
sur les cultures vivrières en Côte d’Ivoire, ensur les chaînes de valeur du maïs, du manioc
et de la banane plantain et en mettant l’accent sur les coopératives dirigées par des
femmes actives dans ce segments.
1 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
Ce rapport a été produit conjointement avec un outil d’évaluation financière pour évaluer la rentabilité des prêts accordés aux
différentes coopératives engagées dans les chaînes de valeur sélectionnées. En outre, des modèles financiers détaillés ont été préparés
pour évaluer les projections de flux de trésorerie des coopératives, pouvant servir aux processus de décision de prêt.
Un plan de stratégie marketing a également été préparé. Il vise à guider les IF dans leurs initiatives de prêt aux coopératives opérant
dans les différentes chaînes de valeur. Il est essentiel pour les IF d’avoir une approche marketing appropriée, afin que les coopératives
présentant un profil adéquat entrent dans leur liste de clients potentiels pour les prêts.
L’Approche Adoptée
La méthodologie
Sujet N° Localisation
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 2
Partie 1 :
Analyse Sectorielle
Aperçu
En Côte d’Ivoire, environ 17,7 millions d’hectares du total des terres agricoles sont consacrés à la production de cultures permanentes
ou de pâturages, et les 2,9 millions d’hectares restants sont consacrés aux systèmes de culture arable. La plupart de la production
agricole repose sur l’agriculture de subsistance, et les petits exploitants agricoles dépendent de la pluviométrie, du travail de la main
d’œuvre familiale, des connaissances et pratiques traditionnelles, ainsi que l’expansion des superficies cultivées pour maintenir leur
productivité.
Les petits exploitants ont un accès très limité aux services et aux intrants nécessaires pour innover, notamment des services solides
d’extension, des intrants agricoles de haute qualité, des services d’information (par exemple, la météo, les parasites, les marchés), des
services de crédit et d’assurance, la mécanisation et un bon traitement post-récolte, des infrastructures de transport solides et des
marchés stables.
Le graphique ci-dessous compare la production vivrière de la Côte d’Ivoire à celle d’autres régions d’Afrique :
80M
60M
40M
20M
0
Yams Cassava Plantain Rice Maize
1. La Filière du Maïs
La production
La production de maïs en Côte d’Ivoire est passée de 280 000 tonnes en 1971 à 1,18 million de tonnes en 2020, ce qui représente un
taux de croissance annuel moyen de 3,50 %. Le rendement moyen entre 2016 et 2020 est de 2,1 tonnes par hectare. Le graphique
ci-dessous détaille la production de maïs entre 2016 et 2020 en Côte d’Ivoire.
1M
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0
2016 2017 2018 2019 2020
Production (Tonnes) Superficies Cultivées (Ha)
Source: FAOSTAT 2020 Processing
3 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
La transformation
La transformation du maïs dans le pays se fait à deux niveaux : les unités de transformation
artisanales et industrielles. Le maïs est principalement transformé sous 3 formes :
• Farine et concentré de maïs
• L’alimentation animale (élevage de volailles, élevage de porcs)
• Les industries agroalimentaires (brasserie).
1.4M
1.2M
1M
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0
2016 2017 2018 2019 2020
La production de banane plantain en Côte d’Ivoire a connu une croissance marginale entre 2018
et 2020. Cela est principalement dû à une augmentation de la superficie cultivée, qui passe de
491,9 ha en 2018 à 501,7 ha en 2020.
Bien que la production de banane plantain en Côte d’Ivoire soit plus élevée que celle de la
banane, cette dernière est plus importante au niveau du commerce mondial. Alors que la
production de bananes est généralement plus centralisée, impliquant de grandes entreprises
de production, un système de commercialisation et de transport plus structuré, la production
de banane plantain est caractérisée par de petits producteurs largement dispersés.
La transformation
En Côte d’Ivoire, comme dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, la banane plantain est
généralement cuite, rôtie, bouillie et cuite à la vapeur, qu’elle soit verte ou très mûre. Seule une
petite partie est transformée en farine, en collations et en alimentation animalière. En outre, la
banane plantain moulue sert à enrichir d’autres aliments transformés comme la farine de blé.
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 4
3. La Filière du Manioc
La production
La Côte d’Ivoire en a produit environ 6,4 millions de tonnes en 2020, ce qui la place au
deuxième rang derrière l’igname. Cela représente 2,1 % de la production mondiale et
3,31 % de la production totale en Afrique. Le graphique ci-dessous détaille la production
de manioc en Côte d’Ivoire entre 2001 et 2020.
6.000
Production('000 Tons)
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0
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20
20
Year
La production n’a cessé d’augmenter avec une augmentation annuelle moyenne de 104
% (FAOSTAT 2020). Les principales zones de production de manioc se trouvent dans les
zones forestières où la pluviométrie est plus importante.
La transformation
La transformation du manioc est répandue dans tout le pays, dominée par des méth-
odes de production traditionnelles et artisanales. Cependant, les projets de développe-
ment ont conduit à un renouveau de la transformation semi-industrielle et industrielle.
Grâce à cette transformation, une variété de produits peut désormais être obtenue au
niveau domestique et industriel (FIRCA, 2019).
Il existe six principaux produits transformés à base de manioc en Côte d’Ivoire c’est-à-
dire des racines fraîches : cossettes, placali, garba, attiéké, foufou et fécule.
Les produits que l’on peut obtenir au niveau domestique sont l’attiéké, le foufou et le
placali, et au niveau industriel : la fécule, la farine et le pain. Ces produits sont princi-
palement destinés à la consommation humaine, le manioc étant une culture vivrière
importante pour la population ivoirienne. Par ailleurs, le manioc est également utilisé
dans la production d’alimentation animalière.
Le secteur des aliments de base n’a pas encore atteint son plein
potentiel, malgré sa contribution considérable au PIB, les emplois
substantiels générés et son potentiel de réduction de la pauvreté.
5 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
Partie 2 :
La Chaîne de Valeur du Maïs
4. La Filière du Maïs
4.1. Les systèmes d’exploitation du maïs
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 6
Partie nord (Savane)
Activités Janv Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Préparation des
L’important déficit sols : Labour et
buttage
de l’offre de maïs
Plantation
devrait s’aggraver
Désherbage
en raison de (manuel/
chimique)
la demande Application
croissante d'engrais
d’aliments pour Récolte
Récolte
7 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
agriculteurs la possibilité d’accroître considérablement leur rendement. Il existe deux catégories de semences améliorées, à savoir les
semences VPL (Variété à pollinisation libre) et les semences hybrides.
Les agriculteurs peuvent utiliser les semences VPL sur une période maximale de 2 à 3 ans. Les variétés connues pour les VPL peuvent
être achetées auprès du CNRA et des distributeurs agricoles. Alors que les semences VPL produisent jusqu’à 5 t/ha, les semences
hybrides produisent 10-20 t/ha et ne peuvent être utilisées que pour un seul cycle de production.
Le coût des variétés VPL et hybrides est respectivement d’environ 1 000 FCFA/kg et 3 000/5 000 FCFA/kg.
Types de
Zones agroécologiques Noms de variétés Cycle Principales caractéristiques
variétés
Extra précoces (80-90
Toutes zones FMB VPL Grains blancs cornés et dentés
jours)
Toutes zones GMRP 18 VPL Précoce (90-100 jours) Grains jaunes semi-dentés, riches en protéines
Source : CNRA, étude CORAF/IFDC sur le compendium des technologies en Côte d’Ivoire, 2020
Une autre stratégie de fertilisation complémentaire avec des produits biologiques est l’utilisation de fumier, par exemple. Par ailleurs,
d’autres engrais biologiques ont été promus comme intrants chimiques alternatifs, notamment dans un contexte de hausse du coût
de l’engrais, estimé à environ 25 000 FCFA pour un sac de 50 kg, soit le double du prix de l’année précédente (2021).
Le CNRA promeut également la fertilisation par microdosage (utilisation de petites poches) qui peut contribuer à réduire l’utilisation
d’engrais chimiques d’environ 35 %. Cette technique est cependant intensive et peut augmenter le coût de la main d’œuvre de 20%.
d) Système d’irrigation
La production de maïs se déroule principalement en pluvial. Cependant, les systèmes d’irrigation ont un fort potentiel étant donné la
demande croissante en maïs. De plus, la pénurie saisonnière devient un problème, surtout dans la partie nord du pays. Plusieurs entre-
prises et entrepreneurs sont intéressés par l’investissement dans l’irrigation pour saisir l’opportunité de la demande croissante pendant
la basse saison. Le prix en inter-saison peut augmenter de 100 % pendant la période avril/juin.
4.3. Exploitation optimale du maïs pour les acteurs du marché à petite et moyenne échelles
Le déficit de l’offre de maïs est estimé à environ 300 000 tonnes par an et devrait s’accroître compte tenu de la demande croissante
d’aliments pour animaux (notamment la volaille) et des unités agro-industrielles (brasseries)2.
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 8
Deux modèles de culture optimale ont été identifiés et peuvent aider les agriculteurs
à exploiter le marché du maïs. Ils comprennent un ensemble minimal de pratiques
susceptibles de garantir un rendement optimal et une réussite technique3. Il s’agit de :
• Petites exploitations (0,25 - 5 ha) adoptant un itinéraire technique amélioré
et opérant sous l’égide de coopératives. Ce modèle s’applique à la plupart des
exploitations (en particulier les exploitations dirigées par des femmes), mais il est
basé sur une amélioration des pratiques agricoles et des technologies appropriées.
• Exploitation de taille moyenne (> 5 ha) utilisant un itinéraire technique amélioré,
avec une option d’irrigation pendant la phase d’expansion.
• Alimentation animale
L’alimentation animale représente environ 25 % de la demande nationale en maïs
3 Les rendements peuvent devenir erratiques et 55 % du maïs commercialisé (Rongead, 2014). Le maïs est un composant essentiel
lorsque les exploitants n’utilisent pas les pratiques
recommandées, ce qui rend toute simulation de de l’alimentation animale, représentant 65 à 75 % de sa composition (Minagri 2021).
rendement peu fiable. L’alimentation animale des volailles, par exemple, est obtenue par une association
4 Le maïs est un ingrédient important pour le de maïs (maïs jaune de préférence), de riz, de protéines, de soja et de coquillages.
secteur des brasseries. Les principaux acteurs La production d’alimentation animale, en particulier pour la volaille, est saisonnière
du marché sont Brassivoire (Abidjan), Solibra car de nombreux transformateurs ne peuvent pas détenir de grands stocks de maïs
(Abidjan, Bouaflé). Mais ils s’appuient sur un
approvisionnement bien structuré en grande en raison d’un manque d’installations de stockage et de contraintes en fonds de
quantité, principalement sur les marchés roulement.
d’importation.
9 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
Les principaux acteurs à grande échelle de l’industrie de l’alimentation animale, qui
pourraient également représenter des débouchés pour les producteurs de maïs,
comprennent des sociétés comme IVOGRAIN et FACI, et des acteurs beaucoup plus
petits comme le Groupe SODIP. Ces unités de transformation se trouvent à Abidjan
(FACI, IVOGRAIN, SODIP) et à Yamoussoukro (IVOGRAIN).
Outre les boissons à base de maïs pur, l’industrie brassicole utilise le maïs comme
ingrédient dans son processus de production. Les principaux acteurs sont Solibra et Image 4: Unité moyenne de transformation du maïs
Brassivoire. Ces unités de transformation utilisent un processus d’approvisionnement
bien structuré en ingrédients et autres matières premières. Elles pourraient également
représenter des opportunités de marché pour les coopératives agricoles bien organisées.
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 10
Des équipements alternatifs sont également disponibles auprès
d’équipementiers privés et pourraient coûter environ 10 à 20 % de
moins que le matériel fourni par l’I2T. Cet ensemble pourrait convenir
aux petites entreprises de transformation.
11 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
Partie 3 :
La Chaîne de Valeur de la
Banane Plantain
6. L’Exploitation de la Banane Plantain
6.1. Les systèmes d’exploitation de la banane plantain
a) Les principaux modèles d’exploitation
Les agriculteurs utilisent des variétés traditionnelles telles que la Corne 1 (Afoto utilisé
pour le foutou), les French 2 (Angrin utilisé pour l’Aloko dans le Centre Ouest), Sassi, et
Big Banga. Celles-ci sont peu productives et sensibles aux parasites, nuisibles et mala-
dies (nématodes, charançons noirs et Sigatoka noir). Les apports d’engrais et de produits
phytosanitaires sont très limités dans ces modèles de culture. Cependant, les plants
de banane plantain peuvent bénéficier des engrais appliqués à la culture du cacao ou
d’autres cultures intercalaires. Les rendements restent faibles, estimés entre 3,7 et 4
tonnes/ha.
Ces modèles d’exploitation sont dominés par des coopératives principalement dirigées
par des femmes.
Les exploitations irriguées peuvent produire de la banane plantain toute l’année et ven-
dre les fruits hors-saison (avril à septembre) à environ 200/250 FCFA/kg contre 50 FCFA/
kg en période d’abondance.
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 12
Picture 6. Plantain with irrigation system in Akoupe
La préparation des sols se fait pendant la saison sèche (février/mars). La saison de plantation d’un nouveau cycle commence au début
de la saison des pluies, généralement vers mars/avril. Ensuite, la récolte précoce commence en octobre/novembre, la saison de pleine
récolte étant de décembre à février. Une fois que la production du premier cycle est terminée pendant la saison sèche, le deuxième
cycle peut commencer avec les rejets. Les variétés traditionnelles de banane plantain peuvent être récoltées sur 3 cycles consécutifs,
alors que les variétés hybrides peuvent atteindre 5 cycles, leur meilleur potentiel étant obtenu après le deuxième cycle.
Outre l’irrégularité des précipitations, le principal risque de production est la maladie de la cercosporiose pour laquelle un traitement
chimique, couplé à des pratiques agronomiques, est disponible.
Année 1
Activités Janv Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Préparation des sols
Plantation
Désherbage
Récolte - - +
Year 2
Activités Janv Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Plantation
Désherbage
Récolte + + - - - - - - + +
Year 3
Activités Janv Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Préparation des sols
Plantation
Désherbage
Récolte + + - - - - - - + +
13 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
Leur taux d’adoption reste, cependant, faible car les agriculteurs les trouvent inadaptées aux produits de consommation nationale
comme la banane plantain pilée (foutou). Elles sont plus appropriées pour la transformation en farine et en chips. Ces variétés
améliorées coûtent environ 300 FCFA par plant.
Tableau 4. Catalogue des variétés améliorées de banane plantain
c) Système d’irrigation
La production de banane plantain sous irrigation offre aux agriculteurs de meilleurs rendements, puisque la variation saisonnière des
prix peut augmenter jusqu’à 4 à 5 fois pendant le pic de production. Bien que les systèmes d’irrigation ne soient pas une innovation,
leur application dans la culture de la banane plantain était limitée. La disponibilité de l’eau est cependant une condition préalable à la
mise en œuvre de ce modèle de production de la banane plantain.
6.3. Exploitation optimale de la banane plantain pour les acteurs du marché à petite et
moyenne échelles
Le potentiel du marché de la banane plantain est important, surtout hors-saison, au regard des augmentations des variations des prix.
Les deux modèles potentiels d’exploitations optimales de ce marché sont les suivants :
• Les petites exploitations utilisant un meilleur itinéraire technique, en culture intercalaire associée à des légumes, sous l’égide de
coopératives.
• Des exploitations de taille moyenne pratiquant la culture pure de la banane et utilisant l’irrigation.
Tableau 5. Unités d’exploitation optimale de la banane plantain
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 14
7. La Transformation de la Banane Plantain
7.1. Les systèmes de transformation de la banane plantain
a) Les produits et procédés
15 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
Partie 4 :
La Chaîne de Valeur du Manioc
8. L’Exploitation du Manioc
8.1. Les systèmes d’exploitation du manioc
a) Le principal modèle d’exploitation
La culture du manioc est une activité intensive, nécessitant dans la plupart des cas une
L’innovation en main d’œuvre salariée pour les opérations telles que le défrichage, le labourage, le
matière de variétés désherbage manuel et la récolte. La main-d’œuvre familiale est principalement impliquée
dans les opérations légères telles que le traitement phytosanitaire ou la plantation.
et de procédés
techniques est
bénéfique aux
activités agricoles
et à la productivité.
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 16
Année 1
Activities Janv. Fév. Mar Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
Préparation des sols
Plantation
Désherbage
Récolte -
Année 2
Activités Janv. Fév. Mar Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
Préparation des sols
Plantation
Désherbage
Récolte - + + + + + + + + + - -
Année 3
Activités Janv. Fév. Mar Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
Préparation des sols
Plantation
Désherbage
Récolte - + + + - - - - - + +
Cycles de production du manioc
Le Yavo est la variété la plus promue, mais son adoption reste assez limitée. Les variétés nouvellement lancées peuvent
atteindre 35 à 40 t/ha. De nombreux agriculteurs préfèrent les variétés plus anciennes comme le Yacé, mais son rende-
ment a baissé en raison de l’impact des maladies. Les boutures améliorées peuvent coûter entre 50 000 et 60 000 FCFA/ha
(environ 5 FCFA/pied). Le manioc est également promu en tant que monoculture, au lieu d’être une culture de rotation.
17 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
8.3. Systèmes d’exploitation optimale des acteurs du marché à petite et moyenne échelles.
Deux modèles d’exploitations optimales peuvent servir à exploiter le marché du manioc :
(1) Le modèle des coopératives de petites exploitations de manioc, dotées de technologies améliorées et de BPA.
(2) Le modèle des entreprises d’exploitation moyenne et moderne du manioc.
Engrais Accent mis sur le fumier Fumier (et possibilité d'engrais chimique)
9. La Transformation du Manioc
9.1. Les systèmes de transformation du manioc
• La cossette
Les cossettes sont des racines de manioc séchées, préparées en lavant, épluchant et coupant les racines en morceaux, ensuite séchées
au soleil. Pour obtenir 250 kg de cossettes, une tonne de racines de manioc frais est nécessaire (Kouakou J et al, 2015). Un processus
de trempage est parfois utilisé pour éliminer les fibres du produit avant le séchage. Le produit peut servir d’aliment pour le bétail ou
être broyé en farine pour produire d’autres plats locaux comme le kokonte, une pâte cuite comme le placali mais préparée à partir de la
farine obtenue après le broyage des cossettes.
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 18
• L’amidon et la farine de manioc
L’amidon est utilisée dans les industries alimentaires et non alimentaires (produits
pharmaceutiques, industrie du papier, etc.). Le pays satisfait la majorité de sa demande
en amidon via des importations. Pour extraire la fécule des racines de manioc, celles-ci
sont lavées, épluchées et râpées pour libérer les granules de fécule. Le « lait d’amidon »
est ensuite séparé de la pulpe (fibres de cellulose) par filtration. L’amidon est également
un sous-produit de la transformation de l’attiéké dans les unités de transformation ar-
tisanale. Elle est extraite en recueillant le liquide issu du pressage de la pâte de manioc
Image 8. Semoule de manioc 40 kg (attiéké)
fermenté. Le liquide blanchâtre est laissé à décanter. La phase solide déposée au fond
du récipient est séchée au soleil et donne l’amidon.
Cet amidon appelée aussi « farine de manioc », est vendue sur les marchés pour produire
du tapioca, utilisé dans l’alimentation infantile ou comme produit de lessive (lavage,
repassage). Mais dans la plupart des petites unités, l’eau de pressage riche en amidon
est considérée comme un déchet, en raison de sa faible qualité par rapport à l’amidon
industrielle importée et la quantité limitée produite.
Image 9. Pâte de manioc
Depuis le début des années 2000, la société NESTLÉ a mis en place une stratégie d’ap-
provisionnement local des produits dérivés du manioc (en amidon), des céréales (maïs,
sorgho, mil, riz). NESTLÉ produit l’amidon à partir du manioc frais, ce qui représente en-
viron 8 000 tonnes par an. Environ 80 % de l’approvisionnement en manioc de la société
provient d’un périmètre de 200 km autour d’Abengourou, où une variété appropriée a
été promue et adoptée par les agriculteurs. Les 20 % restants proviennent de Bouaké et
d’autres régions (Université FHB et CIRAD, 2017).
Image 10. Cossette de manioc
Les coopératives dirigées par des femmes appartiennent aux catégories 1 et 2 et sont les
organisations les plus courantes. Les unités artisanales coopératives sont formées par
un groupement de femmes ayant des liens sociologiques (origine, lieu de résidence,
Image 12. Machine de pressage artisanal etc.) ou simplement professionnels (productrices et/ou transformatrices) et travaillant
collectivement pour leur propre compte. Aucune de ces femmes n’y travaille en tant
que salariée. Dans ce modèle, le manioc frais est réparti entre les femmes adhérentes,
chacune responsable de toutes les opérations de leur lot de racines, sans spécialisation
des tâches. Les livraisons de produits transformés se font généralement deux fois par
semaine, les autres jours étant consacrés aux tâches de transformation en pâte ou en
Attiéké.
Dans les unités de transformation artisanale, les premières opérations sont réalisées
à l’aide de couteaux d’office ou de râpes. Le broyage est assuré par de petites unités
électriques ou diesel (Image 12), installées dans les villages ou sur les marchés urbains.
L’étape du pressage est assurée par de petites presses (Image 13). La cuisson de la prépa-
ration de l’attiéké se fait au feu de bois au sein de foyers traditionnels (Image 16).
19 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
Les unités de transformation semi-industrielle
Il existe deux catégories d’unités de transformation semi-industrielle, le type coopéra-
tif et le type entrepreneurial. Les unités semi-industrielles sont des unités artisanales
existantes, utilisant des outils de production améliorés et du matériel innovant de
transformation. Il s’agit notamment de broyeurs électriques, d’émietteuse, de calibreurs
de semoule, de fours traditionnels améliorés ou de fours avec un système de production
Image 15. Phase de cuisson de la semoule de manioc
de biogaz, de séchoirs électriques ou solaires dans les serres. Ces unités fonctionnent le
plus souvent en dessous de leur capacité installée, en raison des difficultés à développer
un approvisionnement régulier en matières premières et à mobiliser des ressources
financières pour leurs activités.
1. Modèle coopératif
2. Modèle entrepreneurial.
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 20
21 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
Il existe de fortes
opportunités et avantages
pour les institutions
financières à financer
des coopératives dirigées
par des femmes dans le
secteur des aliments de
base en Côte d’Ivoire.
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 22
Partie 5 :
Les Possibilités de
Financement de
l’Exploitation et de la
Transformation
1. Les Contraintes du Financement des TPMEs au
Sein des Chaines de Valeur Ciblées
Les possibilités actuelles de financement sont plus répandues pour les commerçants et
les négociants. Les agriculteurs et les transformateurs, au contraire, n’ont accès qu’à un
soutien financier limité. Certaines institutions de microfinance octroient des prêts dans
ce segment, mais le financement n’est pas adapté au secteur des cultures vivrières.
Les contraintes du financement sont les suivantes :
iii. La limitation des prêts bancaires aux financements à court terme (fonds de
roulement), avec un financement CAPEX limité pour les investissements à long,
comme les systèmes d’irrigation, les tracteurs, etc.
ii. Informations limitées sur les possibilités de transformation des chaînes de valeur
cibles. Par exemple, il y a très peu d’acteurs dans la transformation de la banane
plantain alors que les possibilités de financement associées sont vastes.
iii. La limitation des prêts bancaires aux financements à court-terme (fonds de rou-
lement), et le financement CAPEX limité des investissements à long-terme, comme
le matériel de transformation. Les femmes transformatrices dépendent fortement
des subventions ou des aides pour acquérir du matériel.
23 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
2. Les Produits Financiers Disponibles
En tenant compte des insuffisances identifiées sur le marché et des informations sur les produits actuels offerts par les institutions
financières aux entreprises agroalimentaires, la mission recommande les produits financiers suivants. Ceux-ci seraient applicables aux
trois chaînes de valeur.
Prêts CAPEX à long terme (durée de 3 ans) Prêts CAPEX à long terme (durée de 3 ans)
Prêts pour les cultures sous contrat Financement selon LPO (lettre/Bon de commande)
En plus des produits ci-dessus, les institutions financières peuvent s’appuyer sur des programmes de financement avec d’autres ac-
teurs de l’écosystème, afin de réduire les risques liés aux prêts aux entreprises agricoles. Quelques options pouvant être explorées dans
ce sens :
- Le financement garanti par le biais de programmes de garantie de bailleurs de fonds.
- Tirer parti ou créer des services complémentaires, financiers et non financiers, tels que des programmes de mentorat/coaching
d’entreprise, des conseils agronomiques, une assurance récolte, etc.
Catégories Détails
• Preuve de la propriété foncière (titres, contrat de location, etc.)
pour les exploitants et les transformateurs
Les problèmes des droits fonciers • Peu de petits producteurs disposent de titres fonciers. Le recours
aux coopératives en tant que tiers partie pourrait être envisagé
pour attester de la propriété
Les risques des activités
de production agricoles • Exigences en matière d’assurance des récoltes
Perte de récolte due aux aléas
• Besoins en conseil agronomique ou expérience dans la chaîne de
climatiques
valeur
Pertes de récolte dues aux nuisibles et • Besoins en conseil agronomique ou expérience dans la chaîne de
aux maladies valeur
• Veiller à ce que les transformateurs disposent d’un plan d’entretien
Pannes du matériel clair avec des équipementiers, et possèdent des opérateurs bien
formés
Risques liés aux activités
de transformation • Veiller à ce que certains travailleurs aient une formation de base en
matière d’assurance qualité et sécurité sanitaire
Sécurité sanitaire de la production
• S’assurer de l’obtention des certifications nationales pour vendre
sur les parts de marchés officiels ciblés
• Bonne gestion via la formation et l’assistance
• Contractualiser toutes les relations avec les fournisseurs et les
Risques de gestion Gestion peu fiable des activités
clients
• Tenir une comptabilité financière, même simplifiée
• S’assurer que les exploitants agricoles/transformateurs ont un
contrat formel avec les acheteurs
Risque du marché Risques de prix
• Exploiter les données secondaires des sources nationales des
projections du marché (OCPV, ministère de l’Agriculture, Anader)
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 24
Partie 6 :
Les Modèles de Prêts
aux Chaînes de Valeur
Sélectionnées
1. Les Entreprises de Production Agricole
Les IF devraient privilégier les systèmes de production intensifs ayant le potentiel d’augmenter les rendements et de réduire le coût
par unité de production, lors de l’évaluation des demandes de prêt. En outre, les entreprises ayant la possibilité de pratiquer l’irrigation
offrent des possibilités de financement moins risquées en raison de leur capacité à générer des liquidités toute l’année.
Pour améliorer le processus de prêt à destination des coopératives agricoles, les IF doivent développer un outil de notation pour éval-
uer les clients cibles en fonction de leurs caractéristiques et de leurs besoins de financement. Cet outil pourrait être une combinaison
de critères qualitatifs et quantitatifs permettant à une institution financière de classer une coopérative en fonction de son profil de
risque, par exemple, comme étant à risque élevé, à risque moyen ou à risque faible, en considérant entre autres critères son niveau de
compétences techniques et d’expertise, les productions agricoles cultivées, la fréquence et de la régularité de ses flux de trésorerie.
L’évaluation quantitative des activités agricoles d’une coopérative peut être effectuée à l’aide de l’outil d’évaluation financière
(préparé en même temps que ce rapport et disponible sur demande) qui fournit des marges brutes indicatives reposant sur certains
paramètres, par exemple, la superficie cultivée, l’utilisation de variétés à faible ou à haut rendement et le recours à des opérations
manuelles ou mécanisées.
25 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
Gestion des risques liés aux • Couverture d'assurance pour atténuer les risques, en particulier dans le Nord
précipitations irrégulières
Type de main-d'œuvre • Main-d'œuvre familiale pour les petites exploitations, main-d'œuvre salariée pour les
employée moyennes/grandes exploitations
Période de récolte • Septembre/octobre dans le Nord
Type de Coopérative vs individuelle • Adhésion à des coopératives au cours des 3 dernières années, et ventes par l’intermédiaire de
gouvernance (exploitations de taille la coopérative
moyenne) • La vente individuelle peut enregistrer un risque du prix de vente plus élevé pour les petits
producteurs
Années d'exploitation • Compte tenu du niveau de risque de production, préférence pour au moins 3 cycles de
production pour un petit exploitant agricole. Les start-ups présentent des risques plus élevés
Assistance / Conseil tech- • Vérifier si les exploitants disposent d'une expertise technique (formation) et/ou ont
nique accès à des services de conseil (ANADER, conseil privé, consultants, etc.) leur offrant des
connaissances et un transfert de compétences sur les bonnes pratiques agricoles, afin
d'améliorer les rendements, d'augmenter les revenus, de réduire les coûts, avec l'objectif
général de réduire les risques de production
Stratégie Période de vente • Vérifier si les exploitants prévoient de vendre pendant la période de la récolte ou de la
Marketing soudure
Technologies de stockage • Évaluer le risque de pertes post-récolte dues à des technologies de stockage insuffisantes,
si les exploitants prévoient vendre plusieurs mois après la récolte. Les bonnes pratiques de
stockage comprennent l'utilisation de pesticides bio, de sacs et équipements de stockage
hermétiques (sacs, silos, etc.)
Accès au marché • Préférence pour les ventes groupées par l’intermédiaire d’une coopérative pour les petits
producteurs
• Ventes individuelles ou collectives pour les moyennes / grandes exploitations
Prix de vente escompté • Lié à la période de vente. Prix élevés pendant la période de soudure. L’historique des prix
est disponible auprès de l'OCPV, de l'ANADER, du ministère de l'Agriculture pour vérifier les
projections et la fiabilité
Accord contractuel avec les • Vérifier s'il existe des accords contractuels
acheteurs
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 26
Type de Coopérative vs indivi- • Coopérative vs Individuelle
gouvernance duelle (exploitations de
taille moyenne)
Années d'exploitation • Peut concerner une start-up si une assistance technique existe, étant donné le potentiel du
marché
Assistance / Conseil • Vérifier si les exploitants ont une expertise technique (formation) ou bénéficient de services
technique de conseil (ANADER, conseil privé, consultants, etc.)
Stratégie Période de vente • La période de contre-saison est préférable pour les ventes
marketing
Accord contractuel • Contrats avec des réseaux de grande distribution (Carrefour, Socofrais, Prosuma, CDCBI, etc.)
avec les acheteurs ou des groupements de femmes (grossistes sur les marchés centraux)
• Ventes individuelles ou ventes groupées selon le système de production
L’exploitation du manioc
Comme le stipule la section 8.3 du présent rapport, les systèmes de production intensifs utilisant du matériel de plantation amélioré
et de bonnes pratiques agricoles offrent une meilleure valeur ajoutée aux prêts. Les critères du tableau ci-dessous sont utiles pour
développer un modèle de notation de l’évaluation qualitative des modèles d’exploitation du manioc :
Problèmes de fertilité • Préférence pour la culture pure en rotation avec des céréales comme le riz et le maïs ou des
des sols légumineuses
Contrôle des maladies • Utilisation d’un herbicide non sélectif avant la plantation
et des nuisibles • Lutte contre les nuisibles par de bonnes pratiques agricoles, comme l’utilisation de semences
de bonne qualité
Gestion des risques • Moins de risque car le manioc est moins demandeur en eau
liés aux précipitations
irrégulières
Type de main-d'œuvre • Main d’œuvre familiale et aide communautaire pour les petits producteurs
employée • Main-d’œuvre salariée (pouvant inclure l’aide communautaire), en particulier pour les
moyennes / grandes exploitations, mais également pour les petits producteurs.
• Certaines opérations peuvent être mécanisées (labour par exemple)
Type de Coopérative vs indivi- • Préférence pour les petits producteurs membres d’une coopérative
gouvernance duelle (exploitations de • En individuel ou en membre d’une coopérative pour les moyennes / grandes exploitations
taille moyenne)
Années d'exploitation • Peut concerner des start-ups si une assistance technique existe, étant donné le potentiel du
marché
Assistance / Conseil • Vérifier si les exploitants ont une expertise technique (formation) ou bénéficient de services
technique de conseil (ANADER, conseil privé, consultants, etc.) par le biais d’un financement propre,
d’un projet ou de la coopérative
27 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
Marketing Technologies de • Préférence pour une vente à la récolte
strategy stockage • Possibilité de stocker pendant 2 semaines à 1 mois dans des caisses, grâce à un pilon de bois
Ventes • Ventes individuelles ou ventes groupées selon le système de production
• Préférence en ventes groupées par le biais de coopératives pour les petits producteurs, en
montrant des preuves d’accords contractuels avec les clients
• Ventes individuelles ou ventes groupées pour les moyennes et grandes exploitations
Marché • Petites unités groupées ou individuelles de transformation
• Transformateurs industriels de manioc
• Groupements de femmes (commerçantes) vendant du manioc frais
Pour améliorer le processus de prêt destiné aux coopératives de transformation, les institutions financières doivent développer un out-
il de notation pour évaluer les clients cibles sur la base de leurs caractéristiques et de leurs besoins de financement. Cet outil devrait
associer des critères qualitatifs et quantitatifs permettant à une institution financière de classer les coopératives en fonction de leurs
profils de risque, tels que risque élevé, risque moyen ou risque faible, en considérant en autres critères, leur niveau de compétences
techniques et d’expertise dans la transformation et de la régularité de leurs flux de trésorerie.
L’évaluation quantitative des coopératives de transformation peut être effectuée à l’aide de l’outil d’évaluation financière (préparé
avec le présent rapport et disponible sur demande), qui fournit des marges brutes indicatives en fonction de certains paramètres, par
exemple la capacité de transformation par jour et le taux d’usage de l’unité.
La transformation du maïs
Les critères du tableau ci-dessous pourraient être utiles pour développer un modèle de notation pour l’évaluation qualitative des
modèles d’affaire de transformation du maïs.
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 28
Stratégie Produits • Transformateurs à petite échelle : Farine de maïs, avec ou sans marque, en fonctions des
marketing principaux acheteurs
• Transformateurs à moyenne et grande échelles : Préférence pour les produits de marque
Accord contractuel avec • Alimentation animale : Accord contractuel avec les éleveurs de volaille
les acheteurs • Farine de maïs : Contrat avec les grossistes des grandes villes (Abidjan, Bouaké,
Yamoussoukro, San Pedro) et les grossistes locaux ; contrat avec les supermarchés et les
réseaux de distribution pour les produits de marque
Activité de Produits principaux • Préférence pour la farine de plantain (mûre et non mûre). Le matériel de transformation peut
transforma- servir à traiter d'autres produits, comme la farine de maïs et de manioc, afin d'optimiser son
tion utilisation
Emplacement • Dans les zones de production de banane plantain ou les grands marchés de consommation
des unités de (Haut-Sassandra, Agnéby-Tiassa, Lôh-Djiboua et Marahoué, Sud-Comoé, Abidjan, Bouaké,
transformation Yamoussoukro)
Propriété du matériel • Les transformateurs doivent être propriétaires des machines de broyage et de mouture.
• La location de matériel pour les opérations principales, comme le broyage et la mouture, peut
être un modèle d’entreprise plus risqué
Stratégie • Contrats avec des organisations d’agriculteurs ou approvisionnement auprès de grands
d'approvisionnement exploitants
(et de sécurisation) des • Période d’approvisionnement : Saisonnier (novembre-décembre)
matières premières • L’approvisionnement pendant la période de contre-saison peut être un modèle d’entreprise
plus risqué
Main d'œuvre • Employés
• Vérifier si les opérateurs sont bien formés par les équipementiers.
• Vérifier si les travailleurs sont formés à la sécurité sanitaire des aliments
Type de Coopérative vs • Coopératives d’exploitation de bananes plantain prenant également part à la transformation.
gouvernance Individuelle • Entrepreneurs individuels/corporatifs
Gestion • Coopérative vs Individuelle
Années d'expérience • Les start-ups peuvent être envisagées, surtout si elles ont une expérience avec d’autres
dans la transformation produits (manioc, maïs)
Assistance / Conseil • Entretien du matériel
technique • Formation et assistance en matière de certification/qualité
Stratégie Produits • Farine de plantain avec étiquetage
marketing • Produits certifiés par des organismes nationaux de normalisation (notamment pour le
marché de niche de l’alimentation infantile)
Accord contractuel avec • Marchés cibles : Réseaux de distribution à petite/moyenne échelles et supermarchés, car les
les acheteurs produits sont encore à un stade précoce
La transformation du manioc
29 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
La transformation du manioc est un marché compétitif en raison du grand nombre d’acteurs du marché. Pour les entreprises, la valeur
ajoutée réside dans la transformation du manioc en produits semi-finis et finis, avec une stratégie d’approvisionnement des segments
de marchés intégrés (marchés formels et informels).
Les critères pertinents du tableau ci-dessous sont utiles pour développer un modèle de notation de l’évaluation qualitative des
modèles d’entreprise de transformation du manioc.
Emplacement • Les unités de transformation doivent posséder le matériel essentiel à la viabilité de l'activité.
des unités de
transformation
Propriété du matériel • Contrats avec des organisations d’agriculteurs ou approvisionnement auprès de grands
exploitants. Période d’approvisionnement : Saisonnière (mars-septembre)
• L’approvisionnement en matières premières peut inclure le stockage de produits semi-finis
(pâte de manioc)
Stratégie • Main d’œuvre externe ou membres de la coopérative (rémunérés)
d'approvisionnement • Vérifier si les opérateurs sont bien formés par les équipementiers
(et de sécurisation) des
matières premières
Main d'œuvre • Main d’œuvre externe ou membres de la coopérative (rémunérés)
• Vérifier si les opérateurs sont bien formés par les équipementiers
Type de Coopérative vs • Coopérative d’exploitants de manioc également impliqués dans la transformation
gouvernance Individuelle • Coopératives de transformateurs de manioc (par exemple, groupements de femmes)
• Entrepreneurs individuels ou sociétés pour les moyennes / grandes unités de transformation
Gestion • Coopérative ou Individuelle
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 30
Partie 7 : Possibilités
et Contraintes
Technologiques au Sein
des Chaînes de Valeur
Le tableau ci-dessous résume certains des fournisseurs locaux des technologies
nécessaires à la mécanisation des activités d’exploitation et de transformation dans les
secteurs des aliments de base que sont le maïs, le manioc et la banane plantain :
Il est également possible pour les entreprises d’importer du matériel et des outils de
fournisseurs internationaux basés au Royaume-Uni, en Chine, en Afrique du Sud, en
Inde, entre autres. Les entrepreneurs doivent obtenir des devis de différents fournis-
seurs pour comparer les coûts, ainsi que pour s’assurer de l’achat et de l’utilisation des
technologies appropriées les plus efficaces.
31 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
Il existe diverses contraintes et possibilités relatives aux technologies proposées et utilisées dans les chaînes de valeur du maïs, du
manioc et de la banane plantain. Elles sont résumées dans le tableau ci-dessous :
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 32
L’évaluation systématique
d’une variété de critères de
profil complète l’évaluation
financière des clients
potentiels.
33 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 34
Partie 8 :
Résultats de la
Faisabilité Financière
Un outil d’évaluation financière a été développé pour aider les institutions financières à
effectuer une évaluation de haut niveau des clients opérant dans les chaînes de valeur
du maïs, du manioc et de la banane plantain. Cet outil fournit une analyse quantitative
pouvant appuyer des décisions de prêt6.
Pour une évaluation complète, des modèles financiers détaillés sur 5 ans ont été
préparés pour évaluer la viabilité et estimer les besoins de financement des entreprises
opérant dans les trois chaînes de valeur concernées. Les revenus et les coûts associés
devraient atteindre une croissance stable après 10 ans, mais cela n’est pas garanti par les
modèles financiers.
Les institutions financières doivent compléter l’outil d’évaluation financière et les
modèles financiers par l’évaluation quantitative/qualitative du profil des clients
potentiels. L’examen du profil des clients peut inclure des critères comme la disponibilité
d’archives, des structures saines de gestion, etc.
Inflation
L’inflation sous-jacente est évaluée à 4,10 % par an sur la période prévisionnelle.
Taux de change
Le modèle financier est basé sur une estimation prudente, supposant un taux moyen
de 588 FCFA/1 USD. Le modèle suppose en outre que le dollar américain gagnera en
valeur par rapport au FCFA et, à ce titre, une dévaluation de 10 % a été appliquée dans
les projections.
35 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
1. La Chaîne de Valeur du Maïs
A. Les entreprises d’exploitation
Les petites exploitations
Le tableau ci-dessous résume les performances indicatives d’une petite entreprise d’exploitation :
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 36
Exploitations de taille moyenne
Le tableau ci-dessous résume les performances indicatives d’une entreprise d’exploitation de taille moyenne :
37 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
B. Les entreprises de transformation
Les petites exploitations
Le tableau ci-dessous résume les performances indicatives d’une petite entreprise de transformation :
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 38
Exploitations de taille moyenne
Le tableau ci-dessous résume les performances indicatives d’une entreprise de transformation de taille moyenne / industrielle :
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 40
Exploitations de taille moyenne
Le tableau ci-dessous résume les performances indicatives d’une entreprise d’exploitation de taille moyenne :
41 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
B. Les entreprises de transformation
Les petites exploitations
Le tableau ci-dessous résume les performances indicatives d’une petite entreprise de transformation :
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 42
Exploitations de taille moyenne
Le tableau ci-dessous résume les performances indicatives d’une entreprise de transformation de taille moyenne / industrielle :
43 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
3. La Chaîne de Valeur du Manioc
A. Les entreprises d’exploitation
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 44
Exploitations de taille moyenne
Le tableau ci-dessous résume les performances indicatives d’une entreprise d’exploitation de taille moyenne :
45 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
B. Les entreprises de transformation
Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 46
Exploitations de taille moyenne
Le tableau ci-dessous résume les performances indicatives d’une entreprise de transformation de taille moyenne / industrielle :
47 Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement
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Production et Transformation dans les Chaînes de Valeur du Secteur des Aliments de Base en Côte d’Ivoire - Potentiel de Financement 48
Contacts
IFC Bureau de Cote d’Ivoire Margarete O. Biallas Sekongo Kolognin Sonja Astfalck
Rue Washington Responsable finance agricole Responsable opérations Chef de projet
Abidjan, Côte d’Ivoire [email protected] [email protected] [email protected]
La SFI — membre du World Bank Group, est la plus grande institution mondiale de développement axée sur le secteur
privé dans les marchés émergents. Nous travaillons dans plus de 100 pays, utilisant notre capital, notre expertise
et notre influence pour créer des marchés et des opportunités dans les pays en développement. Au cours de l’exercice
2022, l’IFC a engagé un montant record de 32,8 milliards de dollars dans des entreprises privées et des institutions
financières dans les pays en développement, tirant parti du pouvoir du secteur privé pour mettre fin à l’extrême
pauvreté et promouvoir la prospérité partagée, alors que les économies sont aux prises avec les impacts des crises
mondiales qui s’aggravent. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site www.ifc.org
EN PARTENARIAT AVEC :