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Droit Commercial

Le droit commercial est une branche du droit privé qui régit les commerçants et les actes de commerce, avec une approche mixte entre les conceptions objective et subjective. Il répond à des besoins économiques spécifiques, notamment la rapidité et la sécurité des transactions commerciales, et ses sources incluent la loi, les usages, et l'arbitrage. Le cours aborde également la définition du commerçant, la typologie des actes de commerce, et les obligations juridiques liées à la qualité commerciale.

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Droit Commercial

Le droit commercial est une branche du droit privé qui régit les commerçants et les actes de commerce, avec une approche mixte entre les conceptions objective et subjective. Il répond à des besoins économiques spécifiques, notamment la rapidité et la sécurité des transactions commerciales, et ses sources incluent la loi, les usages, et l'arbitrage. Le cours aborde également la définition du commerçant, la typologie des actes de commerce, et les obligations juridiques liées à la qualité commerciale.

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Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

DROIT COMMERCIAL

PLAN GENERAL
INTRODUCTION § 1- LA CONCEPTRION DU FONDS DE
COMMERCE
1er PARTIE :
A- LA COMPOSITION DU FONDS DE
COMMERCE

LECOMMERCANT ET SON STATUT JURIDIQUE


B- LA NATURE JURIDIQUE DU FONDS DE COMMERCE

§ 2- LES OPERATIONS PORTANT SUR LE FONDS DE


CHAPITRE I- LA COMMERCIALITE COMMERCE

§ 1-- TYPOLOGIE DES ACTES DE COMMERCE A- LA VENTE DU FONDS DE COMMERCE

A. Les actes de commerce par nature 1- LES CONDITIONS DE VALIDITE DU CONTRAT

B. Les actes de commerce par la forme 2- LES EFFETS DE LA VENTE SUR LES CREANCIERS

C. Les actes de commerce par accessoire B- L’APPORT EN SOCIETE DU FONDS DE COMMERCE

D. Les actes mixtes C- LE NANTISSEMENT DU FONDS DE COMMERCE

§ 2 - LES ENJEUX DE LA COMMERCIALITE 1- LES CONDITIONS DU NANTISSEMENT

A. LA COMPETENCE JURIDICTIONNELLE 2 – LES EFFETS DU NANTISSEMENT

B. L'ADMINISTRATION DE LA PREUVE D- LA GERANCE LIBRE

C. LA PRESOMPTION DE SOLIDARITE 1- LE CONTRAT DE GERANCE LIBRE :

D. LA PRESCRIPTION QUINQUENNALE 2- LES EFFETS DE LA GERANCE LIBRE

CHAPITRE 2-: LE BAIL COMMERCIAL

CHAPTRE II – LE COMMERÇANT § 1- LE DROIT AU RENOUVELLEMENT DU BAIL

§ 1– L'ACQUISITION DE LA QUALITE DE COMMERÇANT A- LES CONDITIONS DU RENOUVELLEMENT DU BAIL

A. LA CONDITION POSITIVE B- L'EXERCICE DU DROIT AU RENOUVELLEMENT

B. LES CONDITIONS NEGATIVES 1- LE REFUS DU RENOUVELLEMENT DU BAIL

§ 2 - LES OBLIGATIONS LIEES A LA QUALITE 2- LE RENOUVELLEMENT DU BAIL :


COMMERCIALE
§2- LE TRANSFERT DU DROIT DE BAIL
A- LA PUBLICITE AU REGISTRE DU COMMERCE
A- LA CESSION DU
B- LA TENUE D'UNE COMPTABILITE
BAIL B-LA SOUS-

LOCATION
DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE 3- LA PROPRIETE INDUSTRIELLE
LES BIENS DU COMMERCANT
§1- LE BREVET D'INVENTION
CHAPITRE 1- LE FONDS DE
A- LES CONDITIONS DE BREVETABILITE :
COMMERCE
B- LES FORMALITES DE DEPOT

C- LES DROITS ET OBLIGATIONS DU BREVETE

§ 2- LA MARQUE

A- LES CONDITIONS DE LA PROTECTION

B- LE DROIT A LA MARQUE

§ 3- LE DESSIN ET MODELE INDUSTRIELS

A- CONDITIONS DE LA PROTECTION

B- LA PROTECTION DU DEPOSANT

1
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

INTRODUCTION GENERALE
DEFINITION DU DROIT COMMERCIAL
Le droit commercial est une branche du droit privé qui, par dérogation au droit civil, régit une
catégorie spécifique de personnes et d'actes.
La tentative de définition du droit commercial a donné lieu à deux courants doctrinaux
partagés entre une conception objective et subjective. L’opposition entre ces deux
conceptions porte sur la question de savoir si la définition première doit être celle des actes
de commerce ou celle des personnes ayant la qualité de commerçants.
1- La conception objective : pour les partisans de cette conception, le droit commercial
est le droit qui s’applique aux actes de commerce, c’est à dire à certaines opérations
spécifiques, sans considération de la qualité de la personne (commerçant ou non).
2 - La conception subjective : pour les tenants de cette conception, la primauté est donnée
à la détermination des personnes qui ont la qualité de commerçants et le droit commercial
s’applique aux opérations réalisées exclusivement par ces personnes.
Le droit marocain adopte une conception mixte faisant du droit commercial le droit des
commerçants et des actes de commerce. L’article premier du code de commerce dispose
« La présente loi régit les actes de commerce et les commerçants ».
POURQUOI UN DROIT COMMERCIAL ?

Les raisons sont nombreuses. On se limitera néanmoins aux raisons économiques.


Il s’agit des besoins propres aux commerçants et qui sont liés aux exigences des relations
d’affaires à savoir, principalement, le besoin de célérité (rapidité) et le besoin de sécurité.
Le besoin de rapidité est inhérent aux échanges commerciaux car dans la vie des affaires, le
temps c’est de l’argent. Ce besoin de rapidité induit nécessairement la simplicité. Le
consensualisme y domine, ainsi que la liberté de preuve.
Le besoin de sécurité est à la mesure du besoin de rapidité. D’une certaine manière, il en est
la conséquence. Plus les actes sont répétitifs, plus ils sont rapides, plus ils sont
dématérialisés, plus les risques sont grands et il faut donc donner de la sécurité aux agents
qui les accomplissent. Cette sécurité consiste principalement en une armature de sanctions
bien plus rigoureuses qu’en droit commun.
LES SOURCES DU DROIT COMMERCIAL
Les sources du droit commercial sont spécifiques. Ce ne sont pas exactement les mêmes
que celles des autres branches du droit.
La première source est la loi. Il s’agit de la loi entendue dans son sens large, c'est-à-dire, la
loi votée par le parlement (code de commerce), les décrets du premier ministre, les arrêtés
des ministres et les règlements administratifs.
La deuxième source est constituée des usages et des coutumes. En droit commercial, les
usages et les coutumes ont beaucoup plus d’importance que dans toute autre branche du
droit. La raison s’en comprend aisément. Le droit commercial est né comme un droit
coutumier : les marchands ont créé leurs propres règles qui n’étaient pas écrites.
En fait, les usages et les coutumes tirent généralement leur origine des clauses qui étaient
régulièrement insérées dans des contrats et qui semblaient, par la suite, suffisamment

2
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

La cinquième source est l’arbitrage. Cependant, il s’agit d’une source de droit entre les
parties. L’arbitrage est régi par les articles 306 à 327 du DOC et permet d’éviter le recours
aux instances juridictionnelles étatiques. On distingue entre la clause compromissoire et le
compromis.
− La clause compromissoire, est la clause insérée dans le contrat par laquelle les parties
décident de soumettre à l’arbitrage les litiges qui peuvent naître de l’exécution de ce contrat.
Les parties peuvent désigner à l’avance les arbitres mais il faut que la clause soit écrite à la
main et spécialement approuvée par les parties.
− Le compromis est la convention par laquelle les parties à un litige déjà né soumettent
celui-ci à l’arbitrage d’un ou plusieurs arbitres. Il doit être écrit, détermine l’objet du litige,
désigne les arbitres et le délai qui leur est imparti pour rendre leur sentence arbitrale.
En principe, les arbitres ne sont pas tenus d’appliquer les règles de droit ou de procédure
étatique. Ils statuent en tant qu’amiables compositeurs (sur la base de l'équité).

LE DROIT COMMERCIAL ET LES AUTRES DISCIPLINES :


L’appellation traditionnelle "droit commercial" est aujourd'hui supplantée par des appellations
plus modernes, en particulier, celles de "droit des affaires" et "droit économique". Or ces
expressions ne sont pas vraiment synonymes.
L’appellation de Droit des affaires permet de traiter d’une matière assez éclatée car en
marge du Droit commercial, se sont développées des disciplines nouvelles qui ont
progressivement atteint une autonomie plus ou moins réelle (Droit de la concurrence, des
entreprises en difficultés, bancaire, financier, des sociétés, de la propriété industrielle, social,
pénal des affaires, maritime commercial…).

Le Droit commercial est un sous ensemble du Droit des affaires et se résume aux seules
règles applicables aux commerçants et aux actes de commerce.
La notion de "droit économique" est plus récente, elle est la reconnaissance qu’il y a une
forme de dépendance du droit par rapport à l’économie. Son centre est le droit de la
concurrence, mais on lui rattache également le droit des entreprises. Il est donc très proche
du droit commercial par son application mais différent par son esprit. D'ailleurs, le droit
économique ne correspond pas à une branche du droit mais une simple construction
doctrinale.

3
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

PREMIERE PARTIE
LE COMMERCANT ET SON STATUT JURIDIQUE

Dans sa définition du commerçant, le code de commerce fait référence à une personne,


physique ou morale, qui exerce de manière habituelle ou professionnelle des activités
commerciales.
La définition des contours de la commercialité résulte de la détermination des activités
commerciales et des personnes qui en portent la qualité en l'occurrence les commerçants1.
Il y a lieu de définir, dans un premier temps, l'activité commerciale dans le cadre général des
actes de commerce avant d'aborder le commerçant et son statut juridique.

CHAPITRE I- LA COMMERCIALITE
Le droit marocain n'adopte pas une théorie générale de la commercialité mais se limite à
prévoir une liste hétéroclite d'activités commerciales.
La détermination de la nature commerciale ou civile d'une activité tire son intérêt des
particularités du régime juridique qui en découle.
§ 1- TYPOLOGIE DES ACTES DE COMMERCE
Le code de commerce ne donne pas de définition générale de l'acte de commerce, mais
procède par énumération des activités commerciales.
On distingue trois types d´actes de commerce :
1- Les actes de commerce par nature,
2- Les actes de commerce par la forme.
3- Les actes de commerce par accessoire.
A côté de ces actes de commerce, il y a une catégorie particulière d'actes qualifiés d'actes
mixtes qui, comme l'indique son appellation, est commercial pour une personne et civil pour
l'autre tel le contrat de vente entre un commerçant et un consommateur.

A- LES ACTES DE COMMERCE PAR NATURE :


Le code de commerce prévoit une liste hétéroclite d'activités qualifiées de commerciales
(Articles 6 et 7 du code de commerce). Ces activités, exercées de manière habituelle ou
professionnelle, confèrent la qualité de commerçant
Toutefois, pour tenir compte des mutations économiques et de l'émergence de nouvelles
activités, le législateur a laissé cette liste ouverte. L'énumération légale n'est pas exhaustive
mais uniquement indicative.

1
M. D. A MACHICHI, Droit commercial fondamental au Maroc, éd. 2006, p, 167

4
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

1- L'énumération légale
Les articles 6 et 7 du code de commerce prévoient une liste des activités commerciales et
qui confèrent la qualité de commerçant à celui qui les exercent de manière habituelle ou
professionnelle :
1- l'achat de meubles corporels ou incorporels en vue de les revendre soit en nature soit
après les avoir travaillés et mis en œuvre ou en vue de les louer ;
2- la location de meubles corporels ou incorporels en vue de leur sous-location ;
3- l'achat d'immeubles en vue de les revendre en l'état ou après transformation ;
4- la recherche et l'exploitation des mines et carrières ;
5- l'activité industrielle ou artisanale ;
6- le transport ;
7- la banque, le crédit et les transactions financières ;
8- les opérations d'assurances à primes fixes ;
9- le courtage, la commission et toutes autres opérations d'entremise ;
10- l'exploitation d'entrepôts et de magasins généraux ;
11- l'imprimerie et l'édition quels qu'en soient la forme et le support ;
12- le bâtiment et les travaux publics ;
13- les bureaux et agences d'affaires, de voyages, d'information et de publicité ;
14- la fourniture de produits et services ;
15- l'organisation des spectacles publics :
16- la vente aux enchères publiques ;
17- la distribution d'eau, d'électricité et de gaz ;
18- Les postes et télécommunications.
19- la domiciliation.
20-Toutes opérations portant sur les navires et les aéronefs et leurs accessoires ;
21-Toutes opérations se rattachant à l'exploitation des navires et aéronefs et au commerce
maritime et aérien.
Cependant, cette liste n'est pas exhaustive. L'article 8 du code de commerce étend la
qualification commerciale à toute activité pouvant être assimilées aux activités énumérées.
2- Les catégories d'activités commerciales.
Les activités commerciales citées ci-dessus peuvent être regroupées en trois grandes
catégories. Les activités de distribution, de production et de service.
a- Les activités de distribution
À partir du moment où un acte correspond à une activité de distribution, c'est à dire quand il
y a achat en vue de la revente dans un esprit spéculatif, il est considéré comme activité

5
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

commerciale. Ainsi, constituent des activités commerciales : l'achat de meubles corporels ou


incorporels en vue de les revendre ainsi que l'achat d'immeubles en vue de les revendre.
Toutefois, ne sont pas commerciales les activités qui ne font que de la vente sans achat
mais font un profit (les activités agricoles) ainsi que les activités qui achètent et vendent sans
profit (les coopératives de consommation).
b- Les activités de production
Tous les actes relatifs à des activités de production sont commerciaux par nature. Il en est
ainsi de l'activité industrielle ou artisanale, l'imprimerie, l'édition, la recherche et l'exploitation
des mines et carrières et toutes les opérations portant sur les navires et les aéronefs et leurs
accessoires
c- Les activités de services
Toutes les activités de services ne sont pas des activités commerciales. En effet, ne sont pas
commerciales les activités de services libérales à caractère intellectuel : les médecins,
avocats, notaires, architectes, enseignants...
En revanche, sont commerciales les activités de services suivantes : le transport (terrestre,
maritime ou aérien), la location de meubles corporels ou incorporels en vue de leur sous-
location, l'organisation des spectacles publics dès lors qu'il y a une intention de profit, les
activités financières (les mutuelles exercent une activité civile, car elles ne recherchent pas
de bénéfice), les activités intermédiaires (les courtiers, les commissionnaires les agents
d'affaires), la distribution d'eau, d'électricité et de gaz, les postes et télécommunications.
B- LES ACTES DE COMMERCE PAR LA FORME
Il y a une différence notoire entre les actes de commerce par la forme et les actes de
commerce par nature. Celui qui accomplit des actes de commerce par nature à titre habituel
ou professionnel acquiert la qualité de commerçant. En revanche, celui qui accomplit des
actes de commerce par la forme n’acquiert pas la qualité de commerçant mais les litiges
relatifs à ces actes sont soumis au droit commercial.
Sont qualifiés d'actes de commerce par la forme : la lettre de change, le billet à ordre signé
même par un non-commerçant et les sociétés commerciales (SNC, SARL, SA...)
D'une part, celui qui s’engage par une lettre de change ou un billet à ordre à payer un achat
réalise un acte de commerce, mais ne devient pas commerçant, même s’il en signe à
répétition. La conséquence de cette qualification (d'acte de commerce par la forme) et qu'en
cas de litige se rapportant à la lettre de change, la compétence appartient au tribunal de
commerce avec application du droit commercial et non du droit civil même si le signataire de
la lettre de change n’est pas commerçant.
D'autre part, les lois 17-95 sur les sociétés anonymes et 5-96 sur les autres formes de
sociétés (commerciales) considèrent que la société anonyme (SA), la société en nom
collectif (SNC), la société en commandite par action (SCA), la société en commandite simple
(SCS) et la société à responsabilité limitée (SARL) sont commerciales à raison de leur forme
même si leur objet est civil.

6
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

C- LES ACTES DE COMMERCE PAR ACCESSOIRE


L'article 10 du code de commerce prévoit que les faits et actes accomplis par le commerçant
à l’occasion de son commerce sont réputés actes de commerce. Il s'agit en fait d'actes de
nature civile mais qui acquièrent la qualité commerciale parce qu'ils sont accomplis par un
commerçant pour les besoins de son commerce. C'est donc la personne du commerçant qui
permet de définir l'acte de commerce et non pas l'inverse
Ainsi, à partir du moment où une personne est considérée comme commerçant, tous les
actes qu’elle accomplit pour les besoins de son commerce sont réputés actes de commerce
par accessoire même s'ils sont de nature civile.
Par exemple, lorsqu’un commerçant achète, pour l’aménagement de sa boutique, des
meubles, des comptoirs, des présentoirs, cet achat n’est pas par nature un acte de
commerce car ces objets ne sont pas achetés pour être revendus, mais il est considéré
comme acte de commerce par accessoire car attaché au besoin de l’activité commercial. Il
en est de même lorsque le commerçant achète une voiture pour ses déplacements
professionnels.
A contrario, les actes faits par un commerçant pour l'accomplissement de sa vie privée et
sans rapport avec son activité commerciale, demeurent des actes civils.

D- LES ACTES MIXTES.


La qualification d'acte mixte fait référence à l'acte qui est commercial pour l’un (le
commerçant qui vend) et civil pour l’autre (le consommateur qui achète).
Se pose alors la question de savoir, en cas de litige, quel est le tribunal compétent ? Est-ce
le tribunal de commerce, juge naturel du commerçant, ou le tribunal civil, juge naturel du
non-commerçant ?
Cette question est réglée par l'article 4 du code de commerce qui prévoit que "lorsque l'acte
est commercial pour un contractant et civil pour l'autre, les règles du droit commercial
s'appliquent à la partie pour qui l'acte est commercial, elles ne peuvent être opposées à la
partie pour qui l'acte est civil, sauf disposition spéciale contraire."
Ainsi, la compétence juridictionnelle dépend de la qualité du défendeur.
Si le défendeur est commerçant, le demandeur non-commerçant a le choix soit d’attaquer le
commerçant devant un tribunal de commerce, soit de l’attaquer devant un tribunal civil.
Si le défendeur est non-commerçant et que le demandeur est commerçant, seul le tribunal
civil est compétent.

7
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

§ 2 - LES ENJEUX DE LA COMMERCIALITE


Les opérations commerciales sont généralement plus répétitives que les actes civils. Les
contrats commerciaux se concluent plus rapidement et le recours au crédit y est plus
fréquent que le paiement comptant. Ces particularités impliquent un régime juridique
spécifique des actes de commerce par rapport aux actes civils.
A- LA COMPETENCE JURIDICTIONNELLE
Les litiges civils sont soumis aux juridictions civiles (tribunal de première instance - la cour
d'appel- La cour de cassation) alors que les litiges commerciaux sont soumis aux tribunaux
de commerce. En outre, en dépit du rapprochement des procédures civile et commerciale, il
y a des règles particulières à la procédure commerciale.
B- LE SYSTEME D'ADMINISTRATION DE LA PREUVE
En matière civile, la preuve des actes juridiques, principalement des contrats, n’est pas libre
car au-delà d’une certaine somme, la preuve doit être apportée par écrit. L’article 443 du
DOC prévoit que la preuve doit être administrée par écrit lorsque la valeur de l’obligation
dépasse 10 000 DH.
Par contre, en matière commerciale, le principe est consacré par l’article 334 du code de
commerce qui prévoit que la preuve est libre quel que soit le montant de l'opération : preuve
testimoniale (témoignage), lettres échangées entre les parties, comptabilité, facture...
C- LA PRESOMPTION DE SOLIDARITE :
La solidarité signifie que lorsqu'il y a plusieurs débiteurs d'un même créancier, chacun d'eux
est redevable de la totalité des dettes des autres.
En matière civile, la solidarité ne se présume pas. Ainsi, lorsqu'un créancier a plusieurs
débiteurs de la même obligation (dette), le principe et que l'obligation sera conjointe et
chaque débiteur ne sera redevable que de sa fraction de la dette. Par conséquent, le
créancier, s'il veut recouvrir l'intégralité de la dette, doit poursuivre l'ensemble des débiteurs.
Par contre, en matière commerciale, le principe est la présomption de solidarité des
débiteurs. Ainsi dans les rapports entre commerçants, lorsque l'un est créancier de plusieurs
débiteurs d'une même dette, il peut choisir un parmi eux pour lui demander le paiement de la
totalité de la dette et non pas sa part à lui seul (comme en matière civile).
Par ce biais, le créancier se trouve conforté dans son droit en ce qu'il va pouvoir se retourner
contre l'un de ses débiteurs pour se faire verser l'intégralité de la dette et se trouve aussi
prémuni contre l'insolvabilité de l'un des débiteurs.
D- LA PRESCRIPTION QUINQUENNALE
La prescription est un mode d’extinction des obligations consécutif de l’inertie (inaction) du
créancier pendant une durée déterminée.
En matière civile, la prescription est plutôt longue et fixée à 15 ans selon l'article 387 du
DOC, alors qu'en matière commerciale, la prescription est plutôt courte est fixée à 5 ans
selon l'article 5 du code de commerce. La raison s’explique par le souci d'éviter des actions
en justice longtemps après que l’obligation commerciale ait été conclue et exécutée.

8
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

CHAPITRE II – LE COMMERÇANT
Conformément à l'article 6 du code de commerce la qualité de commerçant s'acquiert par
l'exercice habituel ou professionnel d'une activité commerciale.
L'habituel implique une répétition et une continuité, d'ou quelques actes isolés ne confèrent
pas la qualité de commerçant. Quant à la profession, elle suppose l'exercice de l'activité soit
dans une entreprise, soit au moins dans un fonds de commerce2.
L'acquisition de la qualité de commerçant requiert des conditions d'aptitude particulières et
s'ensuit des obligations spécifiques liées à cette qualité.
§ 1– L'ACQUISITION DE LA QUALITE DE COMMERÇANT
Le principe est la liberté de commerce mais seules les personnes réunissant des conditions
d'aptitude peuvent acquérir la qualité de commerçant.
En effet, compte tenue du risque inhérent à l'activité commerciale, le législateur a pris le parti
de protéger les intérêts de certaines personnes à travers l'exigence de la capacité
commerciale, ainsi que ceux de la communauté à travers les incompatibilités, interdictions et
déchéances.
A- CONDITION POSITIVE : LA CAPACITE COMMERCIALE
La capacité est l'aptitude à être titulaire de droits et à les exercer soit même. La capacité
pour exercer le commerce obéit, selon l'article 12 du code de commerce, aux règles du statut
personnel, en l'occurrence le code de la famille pour les marocains musulmans.3
Conformément à l'article 209 du code de la famille la pleine capacité d'exercice est reconnue
à toute personne ayant atteint l'âge de la majorité fixé à dix huit années grégoriennes. Il en
résulte que seules les personnes ayant l'âge de 18 ans sont capables pour exercer le
commerce. Cependant, le majeur n'est pas doué de la capacité juridique lorsqu'il dément,
prodigue ou faible d'esprit.
− Le dément est celui qui a perdu totalement la raison.
− Le faible d’esprit est celui atteint d’handicap mental l’empêchant de maîtriser sa
pensée et ses actes.
− Le prodigue est celui qui dilapide ses biens par des dépenses sans utilité ou
considérées comme futiles par les personnes raisonnables, d’une manière qui porte
préjudice à lui- même ou à sa famille.
Parallèlement, le mineur de moins de 18 ans peut exercer le commerce lorsqu'il bénéficie
d'une autorisation d'exercer le commerce ou d'une déclaration d'émancipation.
Le mineur qui a atteint l'âge de discernement fixé à 12 ans peut être autorisé par son tuteur
légal ou par le juge à la demande de son tuteur testamentaire ou datif à exercer le
commerce4.

2
M'HAMED MOTIK, Droit commercial marocain, éd. 2001, p. 57.
3
Le marocain de confession juive et soumis au régime de la capacité du droit hébraïque.
4
Le mineur est soumis au régime de la représentation légale (la tutelle). On distingue entre trois catégories
de tuteurs :
− Le tuteur légal : c'est le père, la mère et au juge

9
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL
− Le tuteur testamentaire : il est désigné dans le testament du père ou de la mère

10
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

D'autre part, le mineur qui a atteint l'âge de 16 ans et qui est jugé doué de bon sens peut
être émancipé par le juge par une déclaration d'émancipation.
L'autorisation d'exercer le commerce et la déclaration anticipée de majorité doivent être inscrites
au registre du commerce. (Article 13 du code de commerce).
Enfin, il y a lieu de souligner deux cas particuliers.
Le premier concerne la femme mariée qui peut exercer le commerce sans autorisation de
son mari et toute convention contraire est réputée nulle.
Le second concerne la capacité juridique de l'étranger qui veut exercer le commerce au
Maroc. La question est réglée par les dispositions des articles 15 et 16 du code de
commerce.
Lorsque la loi nationale de l’étranger prévoit un âge de majorité supérieur à 18 ans, il est
réputé majeur pour exercer le commerce au Maroc lorsqu'il atteint l'âge de 18 ans révolus.
Par contre, lorsque la loi nationale de l’étranger prévoit un âge de majorité inférieur à 18 ans,
il ne peut exercer le commerce qu'après autorisation du président du tribunal du lieu où il
entend exercer son activité et inscription de cette autorisation au registre du commerce.

B- LES CONDITIONS NEGATIVES : INCOMPATIBILITES, INTERDICTIONS ET


DECHEANCES
Contrairement à la condition positive qui vise la protection de certaines personnes, les
conditions négatives ont pour finalité de protéger la communauté de certaines personnes
pour des considérations liées à leur statut, à leur profession ou à leur moralité.
⮲ L'incompatibilité consiste à se trouver simultanément dans deux conditions juridiques
exclusives. Ainsi, l'exercice de certaines professions est incompatible avec l'exercice
d'une activité commerciale : fonctionnaire, notaire, médecin…
⮲ L’interdiction est la défense pure et simple d’exercer l’activité commerciale. Ex : les
syndicats et les fondations ne peuvent pas se livrer à des activités commerciales.
⮲ La déchéance est généralement prononcée comme sanction accessoire d'une sanction
pénale (banqueroute, escroquerie…). Elle emporte l’interdiction de diriger, gérer,
administrer ou contrôler directement ou indirectement toute entreprise commerciale ou
artisanale et toute société commerciale ayant une activité économique.

− Le tuteur datif : il est désigné par le juge à défaut d'un tuteur légal ou testamentaire.

11
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

§ 2 - LES OBLIGATIONS LIEES A LA QUALITE COMMERCIALE


L'entreprise, noyau de l'activité économique, est un carrefour ou s'entrecroisent les intérêts
du commerçant, des salariés, des clients, des fournisseurs et de l'Etat.
Cette divergence d'intérêts requiert une certaine transparence de l'activité et des opérations
de l'entreprise à travers un régime de publicité. A cet égard, tout commerçant est tenu de se
faire immatriculer au registre du commerce et de tenir une comptabilité.
A- LA PUBLICITE AU REGISTRE DU COMMERCE
Le registre du commerce est un répertoire des personnes physiques et morales exerçant une
activité commerciale. Il constitue une base de données réunissant les informations
concernant les commerçants et leurs activités commerciales.
La publicité au registre du commerce consiste d'abord dans l'immatriculation au registre du
commerce qui sert à identifier l'entreprise commerciale (le commerçant et son activité).
Ensuite, il y a lieu de mettre à jours les énonciations du registre du commerce par le biais
des inscriptions et enfin la radiation consécutive de la cessation de l'activité commerciale.
L'intérêt de la publicité au registre du commerce découle des conséquences juridiques de
l'inscription de l'assujetti et du défaut de cette inscription. Toutefois, avant d'appréhender sa
portée juridique, il convient d'exposer, au préalable, l'organisation et le fonctionnement du
registre du commerce.

1 – Organisation et fonctionnement du registre du commerce


a - L'organisation du registre du commerce
Le registre du commerce est constitué des deux registres : le registre local et le registre
central.
Un registre électronique du commerce a été institué et à travers lequel sont tenus les
registres locaux du commerce et le registre central du commerce. Une plateforme
électronique a également été mise en place pour permettre les inscriptions au registre
électronique du commerce.
⮲ Le registre local du commerce
Le registre local est tenu par le secrétariat-greffe du tribunal de commerce sous la
surveillance du président du tribunal. Ce registre est constitué de deux registres :
✔ Un registre chronologique qui recueille les demandes d'inscription dans l'ordre ou elles
interviennent.
✔ Un registre analytique qui se présente sous forme d'un tableau divisé en colonnes et
chaque établissement commercial se voit affecté un folio de 2 pages. Il est utilisé
pendant toute la durée de l'exploitation pour l'enregistrement de renseignements
modificatifs et complémentaires.
⮲ Le registre central du commerce
Le registre central est tenu par l'office marocain de la propriété industrielle et commercial
(OMPIC) qui se trouve à Casablanca. Ce registre est destiné :

12
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

✔ à centraliser, pour l'ensemble du Royaume, les renseignements mentionnés dans les


divers registres locaux tenus par les tribunaux ;
✔ à délivrer les certificats relatifs aux inscriptions des noms de commerçants,
dénominations commerciales et enseignes ainsi que les certificats et copies relatifs aux
autres inscriptions qui y sont portées ;
✔ à publier, au début de chaque année, un recueil donnant tous renseignements sur les
noms de commerçants, les dénominations commerciales et les enseignes qui lui sont
transmis.
Dans cette perspective, chaque tribunal de commerce est tenu, dans la première semaine de
chaque mois, de transmettre au registre central pour y être transcrit, un exemplaire des
inscriptions opérées sur le registre local.
b- Le fonctionnement du registre du commerce
Il convient d'abord d'identifier les assujettis à l'immatriculation avant d'en exposer les
modalités.
⮲ Les assujettis :
L'obligation d'immatriculation au registre du commerce s'impose :
✔ à toutes les personnes physiques et morales, marocaines ou étrangères exerçant une
activité commerciale sur le territoire du Royaume.
✔ à toute succursale ou agence d'entreprise marocaine ou étrangère ;
✔ à toute représentation commerciale ou agence commerciale des Etats, collectivités ou
établissements publics étrangers ;
✔ aux établissements publics marocains à caractère industriel ou commercial, soumis par
leurs lois à l'immatriculation au registre du commerce ;
✔ à tout groupement d'intérêt économique.
⮲ Les modalités :
L'immatriculation : Les assujettis doivent présenter leur demande d'immatriculation auprès
du secrétariat-greffe du tribunal de commerce du lieu de situation de l'établissement
principal.
Elle doit être faite sous forme écrite et introduite par le commerçant lui-même ou par son
mandataire dans les trois mois de l'ouverture de l'établissement commercial ou de
l'acquisition du fonds de commerce.
La demande d'immatriculation doit spécialement mentionner :
− les nom et prénom et l'adresse personnelle du commerçant ainsi que le numéro de sa
carte d'identité nationale
− le nom sous lequel il exerce le commerce et, s'il y a lieu, son surnom ou son
pseudonyme ;
− la date et le lieu de naissance ;
− s'il s'agit d'un mineur ou d'un tuteur testamentaire ou datif exploitant les biens du mineur

13
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

dans le commerce, l'autorisation qui leur a été donnée en vertu des dispositions légales
en vigueur ;
− le régime matrimonial du commerçant étranger ;
− l'activité effectivement exercée ;
− le lieu où est situé le siège de son entreprise ou son principal établissement et le lieu des
établissements qui en relèvent situés au Maroc ou à l'étranger ;
− le numéro d'inscription au rôle des patentes ;
− les indications sur l'origine du fonds de commerce ;
− l'enseigne, s'il y a lieu, et l'indication de la date du certificat négatif délivré par le registre
central du commerce ;
− la date de commencement d'exploitation ;
− les établissements de commerce que le déclarant a précédemment exploités ou ceux
qu'il exploite dans le ressort d'autres tribunaux.
Les inscriptions : Tout changement ou modification se rapportant aux faits initialement
inscrits sur le registre du commerce doivent être déclarés en vue de leur inscription. Il s'agit
particulièrement du changement d'adresse ou du nom de famille, le changement ou l'ajout
d'activité, l'ajout ou la suppression d'enseigne et le changement de dénomination.
En outre, doivent être déclarées pour inscription les opérations subséquentes (ultérieures) à
l'immatriculation notamment :
✔ la cession du fonds de commerce ;
✔ le nantissement du fonds de commerce, le renouvellement et la radiation de l'inscription
du privilège du créancier gagiste ;
✔ les brevets d'invention exploités et les marques de fabrique ou de commerce ou de
service déposés par le commerçant ;
✔ les décisions judiciaires prononçant l'interdiction du commerçant ainsi que celles
ordonnant mainlevée ;
✔ les décisions judiciaires en matière de redressement ou de liquidation judiciaire ;
Les radiations : Tout d'abord, lorsqu'un commerçant cesse d'exercer son activité
commerciale ou vient à décéder, sans qu'il y ait cession de fonds de commerce, il y a lieu de
procéder à la radiation de l'immatriculation. D'ailleurs, l'assujetti ne peut être rayé des rôles
d'imposition à l'impôt des patentes afférents à l'activité pour laquelle il est immatriculé, qu'en
justifiant au préalable de la radiation du registre du commerce.
Ensuite, en cas d'acquisition ou de location d'un fonds de commerce, il est procédé sur le
registre du commerce du précédent propriétaire ou du bailleur, à la radiation de l'inscription
du fonds cédé ou loué.
Enfin, est radié d'office tout commerçant frappé d'interdiction, décédé depuis plus d'un an ou
s'il est établi qu'il a cessé l'exercice de son activité depuis plus de trois ans.

14
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

2- LA PORTEE JURIDIQUE DE LA PUBLICITE AU REGISTRE DU COMMERCE


La publicité au registre du commerce a pour finalité de renseigner les tiers sur l'entreprise et
sur son activité. Ainsi pour s'enquérir de l'état et la situation juridique d'une entreprise
commerciale les intéressés peuvent se référer au registre du commerce.
Pour faciliter l'accès à ces renseignements, le commerçant est tenu de mentionner dans ses
factures, lettres, bons de commande, tarifs, prospectus et autres papiers de commerce
destinés aux tiers, le numéro et le lieu de son immatriculation au registre du commerce
(numéro du registre analytique).
Toute personne intéressée peut obtenir des copies, extraits ou certificats concernant les
énonciations du registre du commerce aussi bien auprès du tribunal (registre local) qu'auprès
de l'OMPIC (registre central).
Il s'agit donc d'apprécier les conséquences juridiques de l'inscription au registre du
commerce et du défaut de cette inscription aussi bien sur le plan civil que pénal.
a- Les effets de l'immatriculation
− La présomption de la qualité de commerçant :
L'immatriculation au registre du commerce s'impose à toute personne ayant la qualité de
commerçant. Une fois immatriculée, la personne est présumée, sauf preuve contraire, avoir
la qualité de commerçant avec toutes les conséquences qui découlent de cette qualité. Cela
signifie que toute personne inscrite au registre du commerce bénéficie d'une présomption
légale de la qualité de commerçant et n'a pas à prouver qu'elle exerce de manière habituelle
ou professionnelle une activité commerciale. Cependant, cette présomption est simple et non
irréfragable, c'et à dire passible de la preuve contraire, et toute personne qui conteste la
qualité de commerçant de la personne immatriculée est tenue d'en apporter la preuve.
− La protection du nom commercial
Le commerçant exerce son activité sous un nom commercial permettant d'identifier son
entreprise. Toutefois, avant d'utiliser un nom il faut au préalable obtenir un certificat négatif
qui atteste que ce nom n'est pas utilisé par une autre entreprise afin d'éviter toute confusion
et concurrence déloyale. La durée de validité du certificat négatif, et la disponibilité du nom,
est fixée à 90 jours. Seule l'immatriculation au registre du commerce, dans ce délai de
validité du certificat négatif, confère au commerçant une protection juridique prolongée et un
monopole d'exploitation du nom commercial soit dans toute l'étendue du Royaume, si
l'intéressé le requière, soit dans la localité ou le ressort judiciaire spécialement désigné par
lui.

- Les effets du défaut d'immatriculation :


Le commerçant qui ne s'est pas immatriculé au registre du commerce ne peut pas se
prévaloir de cette qualité à l'égard des tiers mais reste soumis à toutes les obligations liées à
la qualité de commerçant.
Ainsi, le commerçant non immatriculé a l'obligation de tenir une comptabilité, mais à titre de
sanction pour défaut d'immatriculation, il ne peut pas se prévaloir de sa qualité de
commerçant à l'égard des tiers et ne peut alors se servir de sa comptabilité comme moyen
de preuve comme le commerçant immatriculé.

15
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

b- Les effets des inscriptions : opposabilité aux tiers


La fiabilité du registre du commerce tient à la force probante reconnue à ses énonciations.
Ce registre est le moyen de publicité par lequel le commerçant porte à la connaissance des
tiers les faits et actes se rapportant à son activité.
Il en résulte, en toute logique, que le commerçant ne peut pas opposer aux tiers les faits et
actes non-inscrits au registre du commerce, alors que les tiers peuvent opposer au
commerçant les actes et opérations qu'il n'a pas inscrits au registre du commerce car le
commerçant ne peut pas tirer profit de son tort (défaut d'inscription).
Ainsi, à défaut de mentionner sur le registre du commerce la mise en location du fonds de
commerce le propriétaire demeure responsable à l'égard des tiers.
Cependant, cette règle comporte une exception. Le commerçant peut opposer aux tiers les
faits et actes non-inscrits s'il prouve qu'au moment où ils ont traité, les tiers en cause avaient
connaissance des faits et actes dont il s'agit même s’ils ne sont pas inscrits au registre du
commerce.
c- Les effets de la radiation :
La radiation a pour effet le constat juridique de la fin de l'activité de l'entreprise. D'ailleurs, le
commerçant ne peut être rayé des rôles d'imposition à l'impôt des patentes afférent à
l'activité pour laquelle il est immatriculé qu'en justifiant de sa radiation du registre du
commerce.
Par contre, les conséquences juridiques du défaut de radiation sont considérables. En effet,
en cas de cession ou de location d'un fonds de commerce, la personne immatriculée reste
solidairement responsable des dettes de son successeur ou de son locataire tant qu'elle ne
s'est pas fait radier du registre du commerce ou qu'elle n'a pas fait modifier son inscription
avec la mention de la vente ou la location.
d- Les sanctions pénales relatives à la publicité au registre du commerce
Dans la perspective d'inciter les commerçants à requérir l'immatriculation au registre du
commerce et de veiller à sa mise à jour et à la véracité de ses énonciations, le législateur a
prévu des sanctions pénales qui viennent renforcer les effets civils.
- Non immatriculation au registre du commerce :
Tout commerçant est tenu de s'immatriculer au registre du commerce dans les trois mois du
commencement de son activité commerciale. Toutefois, il n'encourt une sanction pénale pour
défaut d'immatriculation que lorsqu'il n'aurait pas différé, dans un délai d'un mois, à la mise
en demeure adressée par le ministère du commerce l'invitant à requérir l'immatriculation au
registre du commerce ou une inscription obligatoire.
A l'expiration du délai d'un mois, à compter de la notification, le commerçant est passible
d'une amende de 1 000 à 5 000 dirhams. Le tribunal ordonne que l'inscription omise soit faite
dans un délai de deux mois. Si, dans ce délai, elle n'a pas été opérée, une nouvelle amende
peut être prononcée
-Défaut d'indication du numéro et lieu d'immatriculation :
La même amende de 1 000 à 5 000 dirhams est encourue par ceux qui omettent d'indiquer
sur leurs papiers de commerce destinés aux tiers le numéro et le lieu de leur immatriculation

16
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

au registre du commerce.
- Déclarations frauduleuses :
Les commerçants qui, de mauvaise foi, donnent des indications inexactes en vue de
l'immatriculation ou de l'inscription sont passibles d'une peine d'emprisonnement d'un mois à
un an et d'une amende de 1 000 à 5 000 dirhams ou de l'une de ces peines seulement. Sont
également passibles de la même sanction ceux qui, de mauvaise foi, donnent des indications
inexactes sur leurs papiers de commerce.
Ces sanctions sont portées au double en cas de récidive dans les cinq ans de la première
condamnation.

B- LA TENUE D'UNE COMPTABILITE :


Tout commerçant est obligé de tenir une comptabilité dont l'objet est fixé par l'article premier
de la loi n° 9-88, promulguée par le Dahir du 25 décembre 1992, relative aux obligations
comptables des commerçants.
1- INTERETS ET ORGANISATION DE LA COMPTABILITE
a- Les intérêts : Le commerçant doit tenir une comptabilité dont les intérêts sont multiples.
En plus de son rôle comme instrument de gestion pour le commerçant, la tenue d'une
comptabilité constitue, sur le plan fiscal, un outil pour l'administration fiscale pour déterminer
l'assiette d'imposition. Le commerçant est tenu de présenter sa comptabilité, régulièrement
tenue, dans les délais réglementaires pour servir de base pour son imposition.
Sur le plan juridique, le commerçant qui s'est abstenu de tenir une comptabilité, qui a tenu
une comptabilité fictive ou fait disparaître des documents comptables de l'entreprise est
sanctionné pénalement. (Article 721 du code de commerce). En outre les documents
comptables ont une force probante comme moyen de preuve.
b- L'organisation : La tenue d'une comptabilité se traduit par l'enregistrement comptable
des mouvements affectant l'actif et le passif de l'entreprise. Ces enregistrements sont faits
sous forme d'écriture sur le livre- journal, le grand livre et le livre inventaire.
Au moment de l'ouverture de l'entreprise, le commerçant est tenu de présenter le livre journal
et le livre inventaire au tribunal du commerce pour être cotés, numérotés et paraphés leurs
feuilles. Chaque livre reçoit un numéro répertorié par le secrétaire greffier sur un registre
spécial.
Le livre journal est un recueil tenu au jour le jour dans lequel l'entreprise enregistre de
manière chronologique toutes les opérations qu'elle a réalisées.
Les opérations sont par la suite reportées sur le grand livre selon le plan de compte du
commerçant.
Le livre inventaire permet de contrôler, à la fin de chaque exercice comptable, l'existence et
la valeur des éléments de l'actif et du passif du patrimoine de l'entreprise.
A côté de ces documents, le commerçant doit établir d'autres comptes dont principalement
les états de synthèse, le bilan, le compte de produits et charges…

17
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

2- LA PORTEE JURIDIQUE DE LA COMPTABILITE :


La comptabilité régulièrement tenue, est admise par le juge pour faire preuve entre
commerçants à raison des faits de commerce.
Pourtant, il y a lieu de nuancer la portée de la force probante de la comptabilité selon qu'elle
est utilisée entre commerçants ou vis-à-vis d'un non commerçant.
⮲ Dans les rapports entre commerçants :
La comptabilité régulièrement tenue (1) est admise pour servir de preuve entre commerçants
(2) pour faits de commerce (3) c'est-à-dire concernant des opérations commerciales.
En fait, chaque commerçant peut se prévaloir de ses documents comptables pour prouver
ses prétentions.
⮲ Entre commerçant et non commerçant :
Le commerçant ne peut pas se prévaloir de (utiliser) sa comptabilité comme moyen de
preuve dans un litige l'opposant à un non-commerçant.
Par contre le non commerçant peut opposer au commerçant le contenu de sa comptabilité
même irrégulièrement tenue.
Le juge peut ordonner d'office (de sa propre initiative) ou à la requête (demande) de l'une
des parties, la représentation, c'est-à-dire l'extraction des seules écritures intéressant le
litige, ou la communication, c'est-à-dire la reproduction intégrale des documents comptables.

18
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

DEUXIEME PARTIE
LES BIENS DU COMMERÇANT
On abordera dans cette partie les principaux biens du commerçant à savoir :
1. Le fonds de commerce
2. La propriété commerciale : le bail commercial
3. La propriété industrielle

CHAPITRE 1- LE FONDS DE COMMERCE


Le fonds de commerce regroupe l'ensemble des biens qui servent de support à l'activité de
l'entreprise. Il constitue lui-même un bien susceptible de faire l'objet de plusieurs opérations
juridiques.
Il y a lieu d'appréhender la conception du fonds de commerce avant d'envisager les
principales opérations juridiques dont il peut faire l'objet en l'occurrence la vente, l’apport en
société, le nantissement et la gestion libre.
§ 1- LA CONCEPTRION DU FONDS DE COMMERCE
L'article 79 du code de commerce dispose que le fonds de commerce est un bien meuble
incorporel constitué par l'ensemble de biens corporels et incorporels affectés à l'exercice
d'une ou de plusieurs activités commerciales.
Il ressort de cette définition que le fonds de commerce est constitué des biens nécessaires à
l'exercice de l'activité commerciale. Il regroupe, à côté des biens corporels, c'est-à-dire ayant
une existence matérielle (meuble, matériel et outillage), des biens incorporels, c'est-à-dire
n'ayant pas d'existence matérielle (le nom commercial, l'enseigne, les droits de propriété
industrielle, le droit au bail …).
Toutefois, le fonds de commerce comprend obligatoirement la clientèle et l'achalandage qui
sont élémentaires et sans lesquels il ne peut pas exister (Article 80 du code de commerce).
1- Les éléments corporels : il s'agit de tous les biens corporels qui servent à l'exploitation
du fonds notamment : les meubles, le matériel et l'outillage et le stock de marchandises
destiné à être vendu.
2- La clientèle et l'achalandage : Le fonds de commerce comprend nécessairement la
clientèle et l'achalandage. Ces éléments constituent l'essence même du fonds de commerce
sans lesquels il ne peut exister.
La clientèle est constituée de l’ensemble des personnes se fournissant chez un commerçant
ou recourant à ses services5.
Quant à la notion d'achalandage elle recouvre une aptitude à attirer et à retenir les clients
avant même d'avoir traité avec eux. Il s’agirait donc de l'ensemble des personnes attirées par
la localisation du fonds. Il en est ainsi lorsque le fonds est situé par exemple sur leur

5
M. JEANTIN, « Bien de l’exploitation », Jurisclasseur entreprise individuelle, fascicule 1060, actualisé
par N. REBOU.

19
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

trajet habituel ou dans une artère notoirement commerçante. L'achalandage serait lié aux
facteurs objectifs de la situation de l'entreprise alors que la clientèle serait rattachée aux
facteurs subjectifs de l'activité de l'entrepreneur.
3- Le nom commercial : c'est l'appellation sous laquelle le commerçant exerce son
activité. Il sert à identifier l'entreprise et à rallier la clientèle. Il s'agit souvent du nom
patronymique ou familial du commerçant.
Toutefois, la protection du nom commercial est limitée dans le temps. D'une part, le nom
commercial dont le bénéficiaire n'aura pas opéré l'inscription au registre du commerce dans
un délai d'un an à compter de la date de délivrance du certificat négatif ne peut pas être
inscrit au registre du commerce.
D'autre part, le commerçant qui n'aura pas fait usage d'un nom commercial depuis plus de
trois ans à compter de son inscription au registre du commerce ou, même après en avoir fait
usage, aura cessé de s'en servir depuis plus de trois ans, perdra le privilège attaché à cette
inscription.
4- L'enseigne : L'enseigne est la désignation spéciale du local affecté au commerce qui
sert à identifier et à personnaliser un commerce. C'est l'appellation ou l'emblème indiquent
au public l’endroit où l’entreprise est exploitée. Elle est très souvent apposée de façon
visible sur l’immeuble abritant le point de vente ou l’activité commerciale.
Au même titre que le nom commercial l'enseigne doit être inscrite au registre du commerce
et bénéficie d'une protection juridique garantissant au commerçant un contrôle
monopolistique de son utilisation. Toute utilisation de la même enseigne par une autre
personne constitue une concurrence déloyale et le commerçant a droit à des dommages et
intérêts.
5- Le droit au bail : L’expression « bail commercial » est unanimement utilisée pour
désigner la location conclue dans une optique professionnelle.
Le législateur utilise la formule plus large de « baux d'immeubles ou locaux à usage
commercial, industriel ou artisanal ». Il s'agit donc du bail de locaux auxquels les parties
donnent une destination commerciale, industrielle ou artisanale et qui est soumis à un statut
dérogatoire du droit commun.
La loi n°49-16 du 18 juillet 2016 relative aux baux d'immeubles ou de locaux loués à usage
commercial, industriel ou artisanal réglemente rigoureusement la reconnaissance de la
garantie de ce droit élémentaire pour la continuation de l'activité de l'entreprise. Ainsi, le
commerçant a droit au renouvellement du contrat de bail lorsqu'il arrive à terme et en cas de
cession du fonds de commerce cette cession emporte également celle du droit au bail et le
nouvel acquéreur a droit à continuer le contrat de bail sans que le bailleur (propriétaire de
l'immeuble) puisse demander la résiliation du contrat de bail suite au changement du
propriétaire du fonds de commerce.
6- Les licences : il s'agit des autorisations administratives obligatoires pour exploiter
certains commerces (débit de boissons ou transporteurs publics…). Certaines sont
personnelles alors que d'autres peuvent être cédées à titre onéreux avec le fonds.
7- Les propriétés intellectuelles : il s'agit particulièrement de brevets d'invention, les
marques de fabriques, les dessins et modèles permettent aux commerçants et industriels de
protéger ou d'utiliser certains droits.

20
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

§ 2- LES OPERATIONS PORTANT SUR LE FONDS DE COMMERCE


La volonté de faire du fonds de commerce une source de crédit est intimement liée à son
existence. Il peut alors être vendu, apporté en société, mis en garantie sous forme de
nantissement ou donné en location (gestion libre).
A- LA VENTE DU FONDS DE COMMERCE
Le fonds de commerce est susceptible, comme tout bien ayant une valeur économique,
d'être vendu. Mais compte tenue des enjeux en cause aussi bien pour le vendeur, l'acheteur
et particulièrement les créanciers de l'entreprise, cette vente obéit à une réglementation
stricte pour la garantie des droits.
1- Les conditions de validité du contrat
La validité du contrat de vente du fonds de commerce est tributaire du respect des
conditions générales de validité des contrats doublé de conditions spécifiques.
a- Les conditions générales de validité du contrat
⮲ Le consentement des parties
Le contrat est un accord de volonté entre deux parties. Il s'agit de la concordance entre
l'offre d'une partie et l'acception de cette offre par l'autre partie. Toutefois, pour produire ses
effets le consentement doit être exempt de tout vice.
En effet, le consentement n'est pas valable s'il a été donné par erreur, par dol ou s’il a été
extorqué par violence.
− L'erreur est une représentation inexacte de la réalité par un contractant sans intervention
frauduleuse de l'autre contractant. Le droit des obligations retient comme cause de nullité
des contrats l’erreur sur la substance de la chose et non sur la valeur (sauf quelques
exceptions).
− Le dol résulte des manœuvres frauduleuses d'un contractant ayant eu pour
conséquences de fausser le consentement de l’autre. C'est l'induction en erreur par le
contractant ou encore par son complice avec préméditation.
− La violence est le fait de contraindre quelqu'un sous la menace à conclure un acte
juridique non conforme à sa volonté interne. Il s'agit de la crainte d’une menace, physique ou
morale, qui a été déterminante dans le consentement.
Dans ces situations l’acheteur peut alors demander la nullité du contrat.
⮲ La capacité
S’agissant du vendeur, la capacité requise est celle qui est exigée pour passer un acte de
disposition. C'est-à-dire avoir la capacité d'exercice.
S’agissant de l’acheteur, la capacité commerciale est requise car il va normalement
exploiter lui-même le fonds de commerce. Il est donc normal que l’on ait affaire à un majeur
capable.
⮲ L’objet
L’obligation du vendeur a pour objet le fonds de commerce et les parties vont déterminer
librement les éléments qui seront compris dans la vente. Tous les éléments du fonds ne

21
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

doivent pas forcément être insérés dans la vente. Les éléments essentiels justifiant
l’existence même du fonds, qui sont nécessaires à la conservation de la clientèle, doivent
cependant être compris dans la vente.
Si tel n’était pas le cas, on devrait opérer une requalification du contrat et on pourrait se
trouver en présence d’un contrat de cession de brevet ou licence. Le vendeur doit
clairement exposer ce qu’il vend.
S’agissant de l’acheteur, il a pour rôle de payer le prix. Ce prix doit être déterminé ou déterminable.
Pourtant l'acheteur ne doit pas verser le montant de la vente du fonds de commerce au
vendeur mais doit le déposer auprès d'une instance dûment habilitée à conserver les dépôts.
b- les conditions spécifiques du contrat
⮲ Le contrat doit être constaté par écrit :
Le contrat de vente du fonds de commerce doit être constaté par acte écrit soit en la forme
authentique, c'est-à-dire passé devant un notaire (acte notarié) ou un adoul (acte adulaire)
soit en la forme sous seing privé (établi et signé par les parties).
⮲ Le contrat doit contenir des mentions spécifiques.
L’acte de vente doit comporter des mentions particulières dont le but d’informer l’acheteur
sur la situation juridique du fonds et qu'on peut classer selon trois catégories :
- La première catégorie concerne le précédent propriétaire (le vendeur) à savoir, son nom, la
date et la nature de son acte d'acquisition, le prix de cette acquisition en spécifiant
distinctement les prix des éléments incorporels, des marchandises et du matériel ainsi que
l'origine de la propriété du fonds.
- La deuxième catégorie concerne la situation juridique actuelle du fonds à travers l'état des
inscriptions des privilèges et nantissements pris sur le fonds de commerce.
- La troisième catégorie concerne les informations relatives au contrat de bail, lorsqu'il existe,
en précisant sa date, sa durée, le montant du loyer actuel, le nom et l'adresse du bailleur.
⮲ Le contrat doit être publié
Le code de commerce a organisé une procédure de publicité particulière du contrat de vente
du fonds de commerce dans la perspective de le porter à la connaissance des tiers et leur
permettre de protéger leurs créances et faire valoir leurs droits liés aux relations d'affaires
avec le vendeur.
− En premier lieu, le contrat de vente du fonds de commerce doit être enregistré auprès
des services de l'enregistrement.
− En second lieu, le contrat de vente est soumis, aux formalités de dépôt et de publicité.
Dépôt : dans les quinze jours de sa date (sa conclusion), une expédition de l'acte
authentique ou un exemplaire de l'acte sous seing privé de vente doit être déposé au
secrétariat-greffe du tribunal de commerce dans le ressort duquel est exploité le fonds est
inscrit au registre du commerce.
La publicité : l'extrait d'acte de vente du fonds de commerce doit faire l'objet de deux
insertions (publication) au Bulletin officiel et dans un journal d'annonces légales.

22
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

La première insertion est faite à l'initiative du secrétaire-greffier sans délai et aux frais des
parties.
La deuxième insertion de l'extrait de l'acte au Bulletin officiel et dans un journal d'annonces
légales doit être faite à la diligence de l'acquéreur entre le huitième et le quinzième jour de la
date de la première insertion.

1- LES EFFETS DE LA VENTE SUR LES CREANCIERS DU VENDEUR


La publicité organisée autour de la vente du fonds de commerce a pour objectif d'aviser les
créanciers du vendeur pour qui le fonds de commerce constitue un gage et d'agir en
conséquence.
La protection des créanciers du vendeur du fonds de commerce résulte de deux prérogatives
particulières :
− Le droit de faire opposition au paiement du prix au vendeur.
− Le droit de faire une surenchère du sixième du prix de la vente.
a- L'opposition au paiement du prix :
Tout créancier, que sa créance soit échue ou à terme, peut formuler opposition au paiement
du prix de la vente du fonds de commerce au vendeur en demandant qu'il soit désintéressé
par le paiement de sa créance avant que le vendeur ne touche le reliquat du prix.
- Les modalités de l'opposition
Le créancier du vendeur, que sa créance soit à terme ou déjà échue et exigible, doit faire
opposition au paiement du prix dans les conditions suivantes :
− Le délai : l'opposition doit être faite au plus tard dans les quinze jours après la seconde
insertion au bulletin officiel et au journal d'annonces légales de l'extrait d'acte de vente.
− La forme : l'opposition est faite par dépôt auprès du secrétariat-greffe du tribunal de
commerce contre récépissé ou par lettre recommandée avec accusé de réception adressée
audit greffe.
− Conditions de fond : à peine de nullité, l'opposition doit énoncer le montant et les causes
de la créance et faire élection de domicile dans le ressort du tribunal.
- Les effets de l'opposition
L’opposition a pour effet de bloquer le montant de la vente auprès de l'instance dépositaire
afin que les créanciers puissent être payés une fois leur opposition déclarée fondée.
L'acquéreur qui, soit avant l'expiration du délai reconnu aux créanciers pour faire opposition 6,
soit au mépris des inscriptions7 ou oppositions aura payé le vendeur, n'est pas libéré à
l'égard des tiers qui peuvent le poursuivre pour le paiement de leurs créances (article 89 du
code de commerce).

6
C'est-à-dire quinze jours après la deuxième publication de l'extrait de l'acte de vente au bulletin
officiel et au journal d'annonces légales.
7
Les créanciers du vendeur inscrits au registre du commerce (ex : nantissement).

23
Synthèse du cours : DROIT COMMERCIAL

Par ailleurs, si le blocage du paiement du prix au vendeur, suite à l'opposition, constitue une
véritable garantie pour les créanciers, il risque toutefois de déboucher sur des conséquences
fâcheuses et des abus lorsque la créance est d'une modique valeur par rapport au prix de la
vente.
Pour pallier ces effets pervers, le vendeur peut, en tout état de cause, après l'expiration d'un
délai de dix jours après le délai fixé pour faire opposition, se pourvoir en référé (président du
tribunal de commerce) afin d'obtenir l'autorisation de toucher le prix de la vente malgré
l'opposition, à condition de consigner au tribunal une somme suffisante fixée par le juge des
référés pour désintéresser les créanciers.
Cependant, le juge des référés n'accorde cette autorisation au vendeur que s'il lui est justifié
par une déclaration de l'acquéreur mis en cause, faite sous sa responsabilité personnelle, et
dont il sera pris acte, qu'il n'existe pas d'autres créanciers opposants que ceux contre
lesquels il est procédé.
b- La surenchère du sixième :
Si un créancier, inscrit ou opposant, estime que le prix de la vente ne suffira pas à
désintéresser (payer) tous les créanciers, il peut former une surenchère du sixième du prix
de la vente (Article 94 du Code de commerce).
Pour produire ses effets juridiques, la demande de surenchère doit répondre aux conditions
suivantes :
− être déposée auprès du tribunal de commerce au maximum dans les 30 jours de la
deuxième insertion de l'acte de vente au BO et au JAL.
− être fondée sur l'insuffisance du prix de la vente déclaré à l'acte pour désintéresser tous
les créanciers.
− l'auteur de la demande doit faire une surenchère du sixième 1/6 (17%) du prix principal
du fonds de commerce non compris le matériel et les marchandises.
− Il doit également déposer auprès du tribunal une somme qui ne pourra être inférieure à la
moitié du prix total de la première vente, ni à une partie du prix de ladite vente stipulée
payable au comptant (en cas de vente à crédit) augmentée de la surenchère.
L'adjudication aura lieu aux mêmes conditions et délais que la vente sur laquelle la
surenchère est intervenue (les mêmes conditions du contrat de vente et les mêmes délais
pour le paiement du prix).
Lorsque le prix de vente est définitivement fixé, qu'il y ait eu ou non surenchère, l'acquéreur,
à défaut d'entente entre les créanciers pour la distribution amiable de son prix, est tenu, sur
la sommation de tout créancier et dans les quinze jours qui suivent de consigner au
secrétariat-greffe, la partie exigible du prix, et le surplus au fur et à mesure de l'exigibilité, à
la charge de toutes les oppositions ainsi que des inscriptions grevant le fonds et des
cessions qui ont été notifiées.

24

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