I.
2 LA RADIOACTIVITE
La radioactivité naturelle est l’émission spontanée de particules élémentaires ou de
quanta d’énergie par certains noyaux dits radioactifs. La découverte de ce phénomène par
Becquerel en 1896 est le point de départ de la physique moderne. Becquerel observa que des
sels d’uranium placés à proximité de plaques photographiques enveloppées de papier noir,
voilent ces plaques. On appela radioactivité naturelle cette propriété de l’uranium. Peu après
on découvrit d’autres corps radioactifs tels que le thorium, le polonium, l’actinium....De tels
éléments sont appelés radioéléments. Quelques années plus tard, Irène et Frédéric Joliot Curie
découvrirent la radioactivité artificielle.
II.2.1 Les différents types de radioactivités
II.2.1.1 Mise en évidence
Zone d’action
r de
B
γ
α
β−
r
B⊗
Capsule de protection
en plomb
••••
• ••••• source
••• • • radioactive
La mise en évidence des différents types de radioactivités a été réalisée par
Rutherford. En utilisant l’action de champs magnétiques intenses, il montra que les rayons
émis par les radioéléments naturels sont constitués de 3 types de rayonnements : α, β et γ. Plus
tard, d’autres types de rayonnements sont mis en évidences. Six différents types de
transformations radioactives sont connus à ce jour.
Type de radioactivité Nature du rayonnement émis Noyau formé
α Particules α (hélions) A−4
Z −2 X
β- Electrons et antineutrinos A
Z +1 X
β+ Positons, neutrinos A
Z −1 X
Capture électronique Neutrinos, et réarrangement A
Z −1 X
électronique (rayons X)
Fission spontanée Fragments de fission et neutrons 2 noyaux de A moyen
Emission γ Isomères nucléaires ou électrons A
Z X
de conversion
II.2.1.2 Lois de conversion
Dans les réactions nucléaires, les grandeurs suivantes sont conservées :
A
Z X → A1
Z1 Y + ZA22 Z + Q
- L’énergie totale E : (=T + m.c²)
r
- La quantité de mouvement p
- Le nombre de charge Z : ( = Z1 + Z2)
- Le nombre de nucléons A : (= A1 + A2)
r
- Le moment angulaire total I
II.2.1.3 Bilan énergétique d’une réaction nucléaire
a) Energie Q dégagée lors de la réaction
Si nous considérons l’équation de conservation de l’énergie de masse, on a :
m X ⋅ c ² = m y ⋅ c ² + m Z ⋅ c ² + Q ⇒ Q = (m X − mY − mZ ) ⋅ c ² et d’une façon générale, on a :
Q = ∑ mi − ∑ m j ⋅ c ²
i j
Q : énergie dégagée lors de la réaction
m : masse nucléaire au repos
c : célérité de la lumière
b) Energie cinétique T des noyaux émis
r
r PZ
• PY •
•
TY TZ
TX = 0 p²
T=
(X est au repos) 2m
T : En. cinétique
Etat final r
Etat initial p : q.de mvt
Lois de conservation :
r r r
0 = p y + p Z (1)
Q = (m X − mY − m Z ) ⋅ c ² = TY + TZ (2)
L’équation (2) indique que l’énergie de masse de X est transmise sous forme d’énergie
cinétique à Y et Z, c’est à dire :
(m X ⋅ c² + TX ) = (mY ⋅ c² + TY ) + (mZ ⋅ c ² + TZ ) c’est à dire
(m X − mY − mZ ).c ² = TY + TZ − TX (TX = 0 ; X au repos)
En projetant (1) sur l’axe (xOx’),
pY = p Z pY2 = p Z2 2m .T = 2m Z .TZ m
⇒ ⇒ Y Y ⇒ Q = Z + 1.TZ
Q = TY + TZ Q = TY + TZ Q = TY + TZ mY
D’ou :
mY mZ T m m
TZ = ⋅ Q et TY = ⋅ Q ⇒ Z = Y ⇒ TZ = Y ⋅ TY
mY + m Z mY + m Z Ty mZ mZ
mY
Si Z est la particule la plus légère, elle acquiert fois plus d’énergie que le noyau le plus
mZ
lourd
208
Exemples : 212
83 Bi → 208
81Tl + 2 He + Q ; Tα =
4
TTl = 52.TTl
4
228
232
90 Th → 228
88 Ra + 2 He + Q ; Tα =
4
TRa = 57.TRa
4
II.2.1.3 Règles de Fajans et Soddy
a) Rayonnement α
Les particules α sont des noyaux d’hélium ou hélions émis essentiellement par les noyaux
lourds, on a : A
Z X → 24 He+ ZA−−42Y + Q
1ere règle de Fajans : Lors d’une émission α, le numéro atomique de l’atome diminue de 2
unités et le nombre de masse de 4.
Les particules α sont très énergétiques (de 4 à 9 MeV), peu pénétrantes. Leur parcours est
rectiligne, fini et est de quelques cm dans l’air, 8 µm dans les tissus vivants. Elles ont des
vitesses de l’ordre 107m/s et sont très ionisantes. Leur bilan énergétique est :
Q = ∑ mi − ∑ m f ⋅ c²
i f
Q = TY + Tα
r r r
0 = pY + pα
-
b) Rayonnement β
Les particules β- sont des électrons négatifs (négatons) et sont émises par les noyaux
excédentaires en neutrons. L’équation d’émission est :
A
Z X → −10 e + Z +A1Y + à0 ν + Q
0
àν est l’antineutrino (particule neutre de masse m = 0 )
C’est une transmutation isobarique (même A). Elle est observée avec les radionucléides
naturels. Le négaton est formé lors de la transformation, dans le noyau, d’un neutron en un
proton :
1
0 n→11 p + −10 e + 00 ν
2eme Régle de Fajans : Une émission β- transforme un élément de numéro atomique Z en
l’élément de numéro atomique Z+1, sans changement du nombre de masse. (Transmutation
isobarique).
Les particules β- sont moins énergétiques que les particules α (de 0,02 à 2 MeV). Elles sont
plus pénétrantes (environ 1 mm dans l’Al, 3 m dans l’air et 8 mm dans les tissus vivants) et
peuvent atteindre des vitesses de l’ordre 0,9 c.
Q = ∑ mi − ∑ m f ⋅ c²
i f
Bilan énergétique : Q = TY + Tβ − + Tν
r r r r
0 = pY + p β − + pν
c) Rayonnement β+
Les particules β+ sont des électrons positifs (positons) Le positon est l’antiparticule de
l’électron c’est à dire une particule de même masse mais de charge opposée. L’émission β+ est
une transmutation isobarique observée avec les radionucléides artificiels. L’équation
d’émission est :
A
Z X → +10 e + Z −A1Y + 00 ν + Q
0
0ν est le neutrino, particule de charge et de masse égales à 0. au repos
La réaction consiste en la transformation d’un proton du noyau en un neutron et s’observe au
niveau des noyaux ayant un excès de protons..
Les propriétés des particules β+ sont identiques à celles de β-.
L’émission β+ transforme un élément de numéro atomique Z en l’élément de numéro
atomique Z-1, sans changement du nombre de masse.
Remarques : Pour les trois types de rayonnement, il arrive que le noyau formé soit instable et
se stabilise par émission γ.
d) Capture électronique
La capture électronique est une réaction en compétition avec β+. Le noyau capture un électron
des couches les plus internes (K ou rarement L). Cet électron se combine avec un proton pour
donner un neutron : 1
1 p + −10 e→ 01 n
L’équation d’émission s’écrit : A
Z X + −10 e →+ Z −A1Y + 00 ν + Q
Exemple : 47 Be + −10 e→ 37 Li + 00 ν + 0,48MeV
Les noyaux qui se désintègrent par capture électronique se trouvent comme les particules
émettrices de β+ en dessous de la vallée de stabilité.
e) Fission spontanée
C’est une forme rare de radioactivité qui se rencontre au niveau des noyaux lourds comme
l’uranium. On a : A
Z X → ZA11 Y + ZA22 Z + x 10 n + Q
f) Rayonnement γ
Les rayons γ sont des radiations électromagnétiques de très courtes longueur d’onde émises
lors du passage d’un noyau d’un état excité ( ZA X * ) ou d’un état métastable ( AmZ X * c’est à dire
de période mesurable) à son état fondamental et on a :
A
Z X * → ZA X + γ ou Am
Z X * → ZA X + γ
L’émission γ ne modifie ni le numéro atomique, ni le nombre de masse
Remarque : Si la durée de vie de l’état excité est appréciable, l’émission γ se comporte
comme une sorte de radioactivité γ avec une période facilement mesurable. Ces états sont
appelés états isomériques et on les désigne par la lettre m dans les symboles atomiques :
Am
Z X*.