0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
33 vues53 pages

Draft

Le document présente un cours de microéconomie axé sur le comportement des consommateurs et des producteurs, ainsi que sur l'équilibre du marché. Il aborde les théories du consommateur et du producteur, en mettant l'accent sur la maximisation de la satisfaction et du profit, respectivement. Les concepts de préférences, de contraintes et de courbes d'indifférence sont également discutés pour illustrer les choix économiques des agents individuels.

Transféré par

Cherif Diop
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
33 vues53 pages

Draft

Le document présente un cours de microéconomie axé sur le comportement des consommateurs et des producteurs, ainsi que sur l'équilibre du marché. Il aborde les théories du consommateur et du producteur, en mettant l'accent sur la maximisation de la satisfaction et du profit, respectivement. Les concepts de préférences, de contraintes et de courbes d'indifférence sont également discutés pour illustrer les choix économiques des agents individuels.

Transféré par

Cherif Diop
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

2ème année classe préparatoire ISE – ISEP 2

MICROÉCONOMIE I M. Ibrahima THIAM


Ingénieur Statisticien Économiste

ISEP 2

Cours du professeur

• Le Consommateur
• Le Producteur
• L’ Équilibre du marché
Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD)

*********************

Ecole nationale de la Statistique et de l’Analyse économique Pierre NDIAYE (ENSAE)

*********************

MICROÉCONOMIE I

Monsieur Ibrahima THIAM

Ingénieur Statisticien Économiste

Chef du Bureau des Prix

Division des Statistique conjoncturelles (DSC)

Direction des Statistiques économiques et de la Comptabilité nationale (DSECN)

Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD)

2022-2023

I
2ème année classe préparatoire ISE – ISEP 2

Cours de

MICROÉCONOMIE I
ENSAE

Monsieur Ibrahima THIAM – ENSAE

Conception et rédaction

du document
Ousseynou DIOP – Élève en ISEP 2 (ENSAE)

Inoussa ZAONGO - Élève en ISEP 2 (ENSAE)

II
III
Remerciement

IV
Sommaire

V
Avant-propos

VI
I INTRODUCTION
La science économique est une discipline qui étudie l’économie en tant qu’activité
humaine qui consiste en la production, la distribution, l’échange et la consommation des biens
et services. C’est une discipline qui nécessite une bonne capacité d’analyse. Il s’agit en grande
partie d’une démarche hypothético-déductive. C’est à dire les résultats obtenus sont valables
sous des hypothèses particulières. Ces hypothèses caractérisent complètement le domaine de
validité des résultats obtenus. Dans cette démarche les mathématiques sont un outil
particulièrement efficace. C’est pourquoi l’économiste doit maitriser donc tout un ensemble
d’outils mathématiques (statistiques, économétries…) pour conduire son analyse et cela le
rapproche d’une certaine mesure de l’ingénierie. A cet effet, l’analyse économique aborde des
questions de niveau différent : Le chômage dans l’économie nationale, l’inflation monétaire, la
balance commerciale mais aussi l’offre de travail des ménages, la formation des prix sur le
marché, les stratégies des entreprises et le processus de concurrence entre les firmes. La dernière
partie des questions que nous venons d’évoquer concerne les comportements des agents
individuels dans l’économie (entreprises et ménages). Ces questions sont abordées par l’analyse
microéconomique qui fait l’objet de ce cours. La microéconomie essaye de savoir comment un
consommateur rationnel décide-t-il de repartir la totalité de son revenu entre les différents biens
de manière à avoir le maximum de satisfaction. C’est la théorie du consommateur qui fera
l’objet du premier chapitre. Cette théorie nous permet d’analyser la relation et le degré de
sensibilité entre la demande et le prix d’un côté et la demande et le revenu de l’autre côté. C’est
la théorie de la demande.

La microéconomie s’intéresse aussi au comportement d’un autre agent économique : le


producteur. L’objectif du producteur est de maximiser son profit. Pour cela, il doit maximiser
sa production ou minimiser les coûts de production en choisissant la meilleure combinaison
possible des facteurs de production : travail et capital. C’est la théorie du producteur qui fera
l’objet du deuxième chapitre.

Le consommateur demande des biens et service. Le producteur offre ces biens et services. Le
consommateur et le producteur se rencontrent sur le marché. Un marché est le lieu dans lequel
acheteurs et vendeurs achètent et vendent des biens et services. Il y a un marché pour chaque
bien ou service acheté ou vendu dans l’économie. Dans une situation de concurrence, la
confrontation entre l’offre et la demande détermine le prix d’équilibre : c’est la loi de l’offre et
de la demande qui fera l’objet du troisième chapitre.
Chapitre 1 1 : Le Consommateur
La théorie néoclassique du comportement du consommateur se propose d’expliquer comment
se forme la demande individuelle des biens. A cet égard, elle postule que tout individu est
rationnel dans son processus de prise de décision. Ceci suppose qu’il est soumis à un ensemble
d’axiome établissant son comportement si un consommateur respect trois de ces axiomes que
nous citerons en premiers, il sera en mesure de classer selon ses préférences tous les paniers de
bien qui lui seront présentés.

- Présentation générale du problème du consommateur


Soit 𝑋 = (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 , … , 𝑥𝑙 ) un complexe de bien. Chaque composante 𝑥ℎ du vecteur
représente la consommation en bien h. Le consommateur choisit le meilleur vecteur 𝑥 dans un
ensemble de complexe qui lui est apriori possible. Il faut donc définir quels sont les complexes
possibles et ensuite dire ce que signifie le meilleur complexe. Le consommateur est soumis à
une contrainte physique et une contrainte économique.

- Contraintes physiques
Soit 𝑋 l’ensemble des complexes possibles ou l’ensemble des consommations possibles. La
contrainte s’écrit 𝑥 𝜖 𝑋 où 𝑥 est donné apriori et représente les contraintes physiques qui sont
imposées aux consommateurs. 𝑋 peut être définie de plusieurs façons :

𝑋 ⊂ 𝑅+𝑙 ⇒ ∀ 𝑥 𝜖 𝑋, 𝑜𝑛 𝑎 𝑥𝑖 ≥ 0, ∀ 𝑖 = 1, 2, … , 𝑙

Certains vecteurs sont exclus de l’ensemble. Par exemple pour représenter le fait qu’on assure
les besoins élémentaires (minimum vitale), on peut admettre certaines composantes négatives
représentantes par exemple le travail. Dans ce cas, 𝑋 ⊂ 𝑅+𝑙 .

1. Les préférences du consommateur


Les goûts du consommateur impliquent les préférences qu’il aura entre des paniers de la
consommation. On va alors représenter ces goûts par une relation sur l’ensemble des
préférences établies sur l’ensemble des paniers. Soit 𝑥 et 𝑦 deux paniers de bien. Le
consommateur doit pouvoir les classés du point de vue de la satisfaction qu’ils lui procurent.

• 𝑆𝑖 𝑥 ≻ 𝑦 alors il préfère strictement 𝑥 à 𝑦. Entre les deux paniers il choisira


nécessairement 𝑥.
• 𝑆𝑖 𝑥 ≺ 𝑦 alors il préfère strictement 𝑦 à 𝑥. Entre les deux paniers il choisira
nécessairement 𝑦.

2
• 𝑆𝑖 𝑥 ∼ 𝑦 alors il est indifférent entre les deux paniers. Les deux paniers sont équivalents
pour lui.
• 𝑆𝑖 𝑥 ≽ 𝑦 alors il préfère faiblement 𝑥 à 𝑦.

- Implications logiques :

• 𝑆𝑖 𝑥 ≽ 𝑦 𝑒𝑡 𝑥 ≼ 𝑦 ⇒ 𝑥 ∼ 𝑦 : Si parfois il dit préférer faiblement 𝑥 à 𝑦 et parfois 𝑦 à


𝑥 alors il est indifférent entre les deux paniers.
• 𝑆𝑖 𝑥 ≽ 𝑦 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑥 ≁ 𝑦 ⇒ 𝑥 ≻ 𝑦 : Si le consommateur préfère faiblement 𝑥 à 𝑦 mais
n’est pas indifferent entre les deux paniers 𝑥 à 𝑦 alors il préfère strictement 𝑥 à 𝑦.

1.1 Hypothèse sur les préférences


Les préférences doivent vérifier un certain nombre de propriété pour refléter des choix
relativement bien structurés. Il s’agit d’hypothèse en vue de refléter la cohérence supposée du
comportement du consommateur.

- Axiome du comportement du consommateur

a. La relation de préférence est une relation complète


Quels que soient 𝑥 𝑒𝑡 𝑦 on a :

• 𝑆𝑜𝑖𝑡 𝑥 ≽ 𝑦
• 𝑆𝑜𝑖𝑡 𝑥 ≼ 𝑦
• 𝑆𝑜𝑖𝑡 𝑥 ∼ 𝑦

Le consommateur est capable de classer clairement n’importe quels paniers qu’on lui propose.

b. La relation de préférence est une relation réflexive

• 𝑥 ≽ 𝑥 𝑐𝑎𝑟 𝑥 ∼ 𝑦 : Quand on lui présente deux fois le même panier, le consommateur


est parfaitement capable de s’en rendre compte.

c. La relation de préférence est transitive


Soient 𝑥, 𝑦 et 𝑧 :

Si 𝑥 ≽ 𝑦 et 𝑦 ≼ 𝑧 alors 𝑥 ≼ 𝑧 : Si l’individu préfère 𝑥 à 𝑦 et préfère aussi 𝑦 à 𝑧 alors il préfère


𝑥 à 𝑧. De ce point de vue, l’axiome de transitivité reflète le dégré de cohérence du choix de
l’individu. Il représente à ce titre l’un des points clés de l’hypothèse de rationalité. Cependant,
cet axiome ne semble pas toujours vérifié (voir le paradoxe de Condorcet).

3
Ces trois axiomes limitent notre analyse à celle des comportements avec au moins un niveau de
rationalité. C’est seulement dans ce cas que nous pouvons avoir une représentation analytique
du choix des agents. Ces axiomes sont justifiés pour des comportements purement économique.
A ces trois axiomes s’ajoute trois autres axiomes complémentaires mais ceci caractérise les
préférences dites normales.

1.2 Les courbes d’indifférences


Les courbes d’indifférences permettent une représentation graphique des préférences
identiques. En terme d’utilité, la courbe d’indifférence se définie comme l’ensemble des paniers
qui procurent la même utilité. Soit un panier 𝑋, considérons tous les paniers qui sont
équivalents.

𝐼𝑥 = {𝑦 𝜖 𝑅+2 ∶ 𝑦 ∼ 𝑥}

• 𝑥~𝑦 ; 𝑧 ≻ 𝑥 ⇒ 𝑧 ≻ 𝑦
• 𝑦~𝑥 ≻ 𝑡 ∼ 𝑣 ⇒ 𝑦 ≻ 𝑡 𝑒𝑡 𝑦 ≻ 𝑣

NB : Les courbes d’indifférence correspondantes à des niveaux de satisfaction différents ne se


coupe jamais.

1.3 Quelques cas


Nous allons considérer quelques cas particuliers qui correspondent à des relations particulières
qu’établissent les préférences des consommateurs entre les biens.

1.3.1 Substituts parfaits


Dans ce cas les deux biens sont parfaitement équivalents pour le consommateur. Ce qui importe
pour lui est la quantité totale contenue dans le panier.

𝐼𝑋 = {(𝑥1 ; 𝑥2 ) ∶ 𝑥1 + 𝑥2 = 20}

4
𝐼𝑌 = {(𝑥1 ; 𝑥2 ) ∶ 𝑥1 + 𝑥2 = 30}

1.3.2 Un bien « indésirable »


Exemple : La pollution (bien 2) qu’on doit consommer si l’on veut consommer un bien
industriel.

(𝑥1 ; 𝑥2 ) ∼ (𝑥1 + ∆𝑥1 ; 𝑥2 + ∆𝑥2 )

1.3.3 Un bien neutre


Soit le bien 2, un qui n’influence pas la satisfaction du consommateur. Ce qui est important
pour le consommateur est la quantité du bien 1 contenu dans le panier.

5
𝐼𝑋 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∶ 𝑥1 = 10}

𝐼𝑌 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∶ 𝑥1 = 15}

1.3.4 Panier idéal et saturation


Il existe un panier 𝑋 préféré à tous les autres. On appelle le panier 𝑋 le panier idéal ou panier
de saturation.

On a : 𝑥 ≻ 𝑦 ≻ 𝑧 ; 𝑧~𝑦

6
1.3.5 Les préférences normales
Les propriétés des préférences normales (forme généralement supposée en microéconomie)
sont :

A) Axiome 4 : La continuité des préférences


Cet axiome suppose que la relation de préférence est une relation continue. En d’autres termes
si 𝑦 ≻ 𝑧 et si 𝑋 est un panier suffisamment proche de 𝑌 alors 𝑥 doit être strictement préférer
à 𝑍.

B) Axiome 5 : La monotonicité
Le consommateur préfère toujours un panier qui contient plus de bien à un panier qui en contient
moins. Tous les biens sont désirables et aucun point de saturation ne peut apparaitre.

(𝑥1 + 𝜀, 𝑥2 ) ≻ (𝑥1 , 𝑥2 )

(𝑥1 , 𝑥2 + 𝜀) ≻ (𝑥1 , 𝑥2 )

(𝑥1 + 𝜀, 𝑥2 + 𝜀) ≻ (𝑥1 , 𝑥2 )

∆𝑥1
(𝑥1 + ∆𝑥1 , 𝑥2 + ∆𝑥2 ) ~ (𝑥1 , 𝑥2 ) ⇒ <0
∆𝑥2

C) Axiome 6 : La convexité
Les paniers intermédiaires sont préférés aux paniers extrêmes.

𝑥 ≻ 𝑦 𝑒𝑡 𝑎 ∈ [0, 1]

𝑧 = 𝑎𝑥 + (1 − 𝑎)𝑦

𝑧≻𝑥∼𝑦

7
2. Fonction d’utilité
L’utilité est une façon de décrire les préférences des consommateurs. Une fonction d’utilité
permet d’attribuer une valeur aux différents paniers de consommation de telle sorte que les
paniers les plus désirables reçoivent des valeurs supérieures à ceux qui le sont moins. La
fonction d’utilité a un caractère ordinal et non cardinal.

En effet, elle sert à classer les paniers de biens et services en accordant un nombre plus élevé
aux paniers les plus préférés sans pour autant que ce nombre ne soit synonyme du niveau de la
satisfaction du consommateur. Une fonction 𝑈 ∶ 𝑋 → 𝑅 est une fonction d’utilité représentant
la relation de préférence ≻ si et seulement :

∀ 𝑥, 𝑦 ∈ 𝑋, 𝑈(𝑥) ≽ 𝑈(𝑦) ⟺ 𝑥 ≽ 𝑦

2.1 Théorème :
Soit une relation de préférence sur l’ensemble 𝑅+𝑛 et 𝑈 une fonction d’utilité qui la représente,
alors la fonction 𝑉 représente aussi la relation de préférence si et seulement si 𝑉 = 𝑓𝑜𝑈 où

𝑓 ∶ 𝑅 ⟶ 𝑅 est strictement croissante. Autrement dit la fonction d’utilité est unique à une
transformation croissante près.

2.2 Quelques exemples de fonctions d’utilités

2.2.1 Fonction d’utilité et courbe d’indifférence pour les


biens parfaitement substituables
Lorsque les biens sont parfaitement substituables la fonction d’utilité prend la forme d’une
fonction affine. Dans ce cas, pour deux biens x et y la forme générale de la fonction d’utilité est
la suivante :

U (x, y) = ax +by où x et y sont respectivement la quantité du bien x et y, a et b sont des


constantes.

2.2.2 Fonction d’utilité et courbe d’indifférence dans le


cas de biens faiblement substituables
Lorsque les biens consommés sont faiblement substituables (substitution imparfaite) la fonction
d’utilité se présente sous forme d’une courbe Cobb Douglass qui se présente comme suit :

𝑈(𝑥) = 𝑎 𝑥 𝛼 𝑦 𝛽 , α et β sont des constantes.

Lorsque α + β = 1, on dit que la fonction d’utilité est homogène de degré 1 signifiant qu’en
doublant en même temps les quantités du bien x et y, on double systématiquement le niveau
d’utilité.

8
2.2.3 Fonction d’utilité et courbes d’indifférences pour les
biens complémentaires
Lorsque les biens sont complémentaires, la forme générale de la fonction d’utilité est la suivante
𝑥 𝑦
: 𝑈(𝑥, 𝑦) = min (𝑎 , 𝑏 ),

a : Représente la quantité du bien x nécessaire pour procurer une unité d’utilité

b : La quantité de bien y nécessaire pour générer une unité d’utilité.

Cette fonction est aussi appelée fonction Leontief ou fonction à coefficient constant.

2.2.4 Fonction d’utilité généralisée : la fonction CES


Notons que les trois types de fonctions que nous venons de présenter peuvent être considéré
comme des cas particuliers d’une classe dénommée fonction à élasticité de substitution
constante (CES).

Cette fonction se présente sous la forme suivante :


1
𝑈(𝑥, 𝑦) = [𝜆 𝑥 𝜑 + (1 − 𝜆)𝑦 𝜑 ] 𝜑 ,

λ ∈ [0 ;1] ρ=(ε-1) /ε et ε : élasticité de substitution entre les biens x et y.

Exercice :
Montrer que :

− Si ε tend vers 1, on obtient une fonction de type Cobb Douglass.


− Si ε tend vers 0, on obtient une fonction de type Leontief.
− Si ε tend vers +∞, on obtient une fonction linéaire (substitution parfaite).

Remarque : Dans le cas où la fonction d’utilité est différentiable, on définit l’utilité marginal
du bien i et le taux marginal de substitution i en terme de bien j.

2.3 L’utilité marginal et le taux marginal de substitution


(TMS)
L’utilité marginale du bien i indique la variation de la fonction d’utilité suite à une variation
infinitésimale de la quantité consommée du bien i.
𝜕𝑈(𝑥)
𝑈𝑚𝑖 = avec 𝑥 = (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑙 ).
𝜕𝑥𝑖

Le taux marginal de substitution permet de répondre à la question suivante :

Si nous augmentons la quantité du bien i, comment le consommateur doit-il modifier la


consommation du bien j pour que son utilité reste constante.
9
Le TMS du bien i en terme du bien j est le rapport entre les utilités marginales du bien i et du
bien j.
̅ = 𝑐𝑠𝑡𝑒
𝑈(𝑥1 , 𝑥2 ) = 𝑈

On a alors :
𝜕𝑈 𝜕𝑈
𝑑𝑈(𝑥1 , 𝑥2 ) =0 ⇒ 𝜕𝑥1 𝑑𝑥1 + 𝑑𝑥2 = 0
𝜕𝑥2

𝜕𝑈 𝜕𝑈
𝑑𝑥1 = − 𝑑𝑥2
𝜕𝑥1 𝜕𝑥2
𝜕𝑈
𝑑𝑥2
𝜕𝑥1
𝜕𝑈 =−
𝑑𝑥1
= 𝑇𝑀𝑆1/2
𝜕𝑥2

𝑈𝑚𝑖
De manière générale, on a : 𝑇𝑀𝑆𝑖/𝑗 =
𝑈𝑚𝑗

Remarque :
Le TMS ne dépend pas de la fonction d’utilité choisie.

3. La contrainte budgétaire
Considérons un consommateur disposant un revenu R et soumis au système de prix Pi pour le
bien x1. Sa contrainte budgétaire est l’ensemble des combinaisons de bien parmi lesquels il peut
choisir dans la limite de son revenu compte tenu des prix. Elle est traduite par l’expression
suivante :
𝑙

∑ 𝑥𝑖 𝑦𝑖 ≤ 𝑅
𝑖=1

10
3.1 Effet d’une modification du revenu

Si le revenu du consommateur est modifié et que les prix restent inchangés, la droite budgétaire
se déplace de façon parallèle.

3.2 Effet de la variation non proportionnelle des prix


Supposons une modification du prix d’un des biens et que les autres prix et le revenu restent
inchangés, cela entraine une modification de la pente de la droite de budget.

11
4. L’équilibre du consommateur
Le problème économique de base du consommateur peut se présenter sous deux formes
différentes :

− Le consommateur cherche à maximiser son utilité sous sa contrainte budgétaire :


Il s’agit du programme primal du consommateur (programme marshallien).

𝑀𝑎𝑥 𝑈(𝑥1,…, 𝑥𝑙 )
{𝑆
⁄𝐶 ∑𝑙𝑖=1 𝑃𝑖 𝑋𝑖 ≤ 𝑅

− Il cherche à minimiser ses dépenses en se fixant un niveau d’utilité donné :

Il s’agit du programme dual ou hicksien.

∑𝑙𝑖=1 𝑃𝑖 𝑋𝑖
{𝑆
̅
⁄𝐶 𝑈(𝑥1,…, 𝑥𝑙 ) = 𝑈

Exercice d’application :
𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝑥1/4 𝑦 3/4

a. Identifier la nature de cette fonction d’utilité.


b. Exprimer et représenter la courbe d’indifférence lorsque le consommateur se fixe un
niveau d’utilité égale à 4.
c. Calculer le TMS du bien 𝑦 en terme du bien 𝑥 ,au point 𝑥 = 2 et 𝑦 = 3.

4.1 Détermination des demandes optimales dans le


cas des biens faiblement substituables
4.1.1 Résolution par la méthode graphique

− Cas du programme primal

La solution est donnée par le point tangent de la courbe d’indifférence à la droite de


budget.

12
− Cas du programme dual

4.1.2 Résolution par le Lagrangien


− Cas du programme primal

𝑀𝑎𝑥 𝑈(𝑥, 𝑦)
{𝑠. 𝑐 𝑃 𝑥 + 𝑃 𝑦 = 𝑅
𝑥 𝑦

Soit 𝐿(𝑥, 𝑦, 𝜆) = 𝑈(𝑥, 𝑦) + 𝜆(𝑃𝑥 𝑥 + 𝑃𝑦 𝑦 − 𝑅)

𝜆 est le multiplicateur de Lagrange. Economiquement, 𝜆 s’interprète comme l’utilité marginale


du revenu.

13
Résolution :
𝑑𝐿 𝑑𝑈
= + 𝜆𝑃𝑥 𝑑𝑈
𝑑𝑥 𝑑𝑥 = −𝜆𝑃𝑥 (𝑎)
𝑑𝐿 𝑑𝑈 𝑑𝑥
= + 𝜆𝑃𝑦 ⇒ 𝑑𝑈
𝑑𝑦 𝑑𝑦 = −𝜆𝑃𝑦 (𝑏)
𝑑𝑦
𝑑𝐿
{𝑃𝑥 𝑥 + 𝑃𝑦 𝑦 = 𝑅 (𝑐)
{𝑑𝜆 = 𝑃𝑥 𝑥 + 𝑃𝑦 𝑦 + 𝑅

𝑑𝑈
𝑎 𝑃𝑥 𝑈𝑚𝑥 𝑃𝑥
= 𝑑𝑥 = ⇒ =
𝑏 𝑑𝑈 𝑃𝑦 𝑈𝑚𝑦 𝑃𝑥
𝑑𝑦

Posons :

𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝑎 𝑥 𝛼 𝑦 𝛽

𝑈𝑚 (𝑥) = 𝑎 𝛼 𝑥 𝛼−1 𝑦 𝛽

𝑈𝑚 (𝑦) = 𝑎 𝛽 𝑥 𝛼 𝑦 𝛽−1
𝑈𝑚𝑥 𝑃𝑥 𝛼𝑦 𝑃𝑥
= ⇔ =
𝑈𝑚𝑦 𝑃𝑦 𝛽𝑥 𝑃𝑦

𝛽 𝑃𝑥
𝑦= 𝑥, 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 é𝑞𝑢𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑒𝑠𝑡 𝑎𝑝𝑝𝑒𝑙é𝑒 𝑙𝑒 𝑠𝑒𝑛𝑡𝑖𝑒𝑟 𝑑′ 𝑒𝑥𝑝𝑒𝑛𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑢 𝑟𝑒𝑣𝑒𝑛𝑢.
𝛼 𝑃𝑦

C’est-à-dire l’ensemble des combinaisons des quantités des biens x et y qui assure l’équilibre
du consommateur quel que soit le niveau de revenu. On a : 𝑃𝑥 𝑥 + 𝑃𝑦 𝑦 = 𝑅

𝛽 𝑃𝑥 𝑅 − 𝑃𝑦 𝑦
𝑦= ( )
𝛼 𝑃𝑦 𝑃𝑥

𝛽 𝑅
𝑦= ( − 𝑦)
𝛼 𝑃𝑦

𝛽 𝛽 𝑅
𝑦 (1 + )=
𝛼 𝛼 𝑃𝑦

𝛽𝑅 𝛽𝑅
𝑦 ∗ (𝑅, 𝑃) = 𝑒𝑡 𝑥 ∗ (𝑅, 𝑃) =
(𝛼 + 𝛽)𝑃𝑦 (𝛼 + 𝛽)𝑃𝑥

𝑦 ∗ et 𝑥 ∗ sont des fonctions de demande marshalliennes optimales.

− Cas du programme dual


𝑀𝑖𝑛 𝑃𝑥 𝑥 + 𝑃𝑦 𝑦
{ 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝑎 𝑥 𝛼 𝑦 𝛽
𝑠/𝑐 𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝑢̅

14
𝐿(𝑥, 𝑦, 𝜆) = 𝑃𝑥 𝑥 + 𝑃𝑦 𝑦 + 𝜆 (𝑢̅ − 𝑈(𝑥, 𝑦)

𝑑𝐿 𝑑𝑈
= 𝑃𝑥 − 𝜆 𝑑𝑈
𝑑𝑥 𝑑𝑥 𝑃𝑥 = 𝜆 (𝑎)
𝑑𝐿 𝑑𝑈 𝑑𝑥
= 𝑃𝑦 − 𝜆 ⇒ 𝑑𝑈
𝑑𝑦 𝑑𝑦 𝑃𝑦 = 𝜆 (𝑏)
𝑑𝑦
𝑑𝐿
{ 𝑢̅ = 𝑢(𝑥, 𝑦) (𝑐)
{𝑑𝜆 = 𝑢̅ − 𝑢(𝑥, 𝑦)

𝑑𝑈
𝑎 𝑑𝑥 𝑃𝑥 𝑈𝑚𝑥 𝑃𝑥
= = ⇒ =
𝑏 𝑑𝑈 𝑃𝑦 𝑈𝑚𝑦 𝑃𝑦
𝑑𝑦

𝑃𝑥 𝑎 𝛼 𝑥 𝛼−1 𝑦 𝛽 𝛼𝑦 𝛽 𝑃𝑥
= = ⇒ 𝑦 = 𝑥
𝑃𝑦 𝑎 𝛽 𝑥 𝛼 𝑦 𝛽−1 𝛽𝑥 𝛼 𝑃𝑦

𝛽 𝑃𝑥
𝑢̅ = 𝑎 𝑥 𝛼 𝑦 𝛽 = 𝑎 𝑥 𝛼 ( 𝑥)𝛽
𝛼 𝑃𝑦

𝑢̅
𝑥 𝛼+𝛽 =
𝛽 𝑃
𝛼( 𝛼 𝑃𝑥 𝑥 ) 𝛽
𝑦

1
𝛼+𝛽
𝑢̅
𝑥 ∗ (𝑃, 𝑢̅) = [ ]
𝛽 𝑃𝑥 𝛽
𝛼( 𝛼 𝑃 𝑥 )
𝑦

1
𝛼+𝛽
𝛽 𝑃𝑥 𝑢̅
𝑦 ∗ (𝑃, 𝑢̅) = [ ]
𝛼 𝑃𝑥 𝛼( 𝛽 𝑃𝑥 𝑥 ) 𝛽
𝛼 𝑃𝑦

𝑦 ∗ et 𝑥 ∗ sont des fonctions de demande hicksienne.

4.1.3 Résolution par la méthode de substitution

− Cas du programme primal :


𝑀𝑎𝑥 𝑈(𝑥, 𝑦)
{𝑠. 𝑐 𝑃 𝑥 + 𝑃 𝑦 = 𝑅 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝑥 𝛼 𝑦 𝛽
𝑥 𝑦

15
𝑅−𝑃𝑥
• Etape 1 : 𝑦=
𝑃𝑦
𝑅−𝑃 𝛽
• Etape 2 : 𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝑥 𝛼 ( 𝑃 𝑥 )
𝑦

• Etape 3 : dérivation pour former les CPO

𝑑𝑢 𝑅 − 𝑃𝑥 𝛽−1 𝑃𝑥 𝑅 − 𝑃𝑥 𝑥 𝛽−1
= 𝛼𝑥 𝛼−1 ( ) − 𝛽𝑥 𝛼 ( ) ( )
𝑑𝑥 𝑃𝑦 𝑃𝑦 𝑃𝑦

𝑑𝑢 𝑅 − 𝑃𝑥 𝛽−1 𝑅 − 𝑃𝑥 𝑃𝑥
= 𝑥 𝛼−1 ( ) [𝛼 ( ) − 𝛽𝑥 ]
𝑑𝑥 𝑃𝑦 𝑃𝑦 𝑃𝑦

𝑑𝑢 𝑅 − 𝑃𝑥 𝛽−1 𝛼𝑅 𝑃𝑥
= 𝑥 𝛼−1 ( ) [ − (𝛽 + 𝛼) 𝑥]
𝑑𝑥 𝑃𝑦 𝑃𝑦 𝑃𝑦

𝑑𝑢 𝛽𝑃𝑥
= 𝑥 𝛼−1 𝑦 𝛽−1 [𝛼𝑦 − 𝑥]
𝑑𝑥 𝑃𝑦

𝑑𝑢 𝑃𝑥
= 𝛼 𝑥 𝛼−1 𝑦 𝛽 − (𝛽𝑥 𝛼 𝑦 𝛽−1 )
𝑑𝑥 𝑃𝑦

𝑑𝑢 𝑃𝑥
= 𝑈𝑚𝑥 − 𝑈𝑚𝑦 = 0
𝑑𝑥 𝑃𝑦

• Etape 4 : On utilise l’équation de l’étape 3 pour déterminer le sentier d’expansion du


revenu.
• Etape 5 : On combine les résultats de l’étape 1 pour terminer la résolution.

Exercice d’application :
1 2
Soit 𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝑙𝑛4 + 3 𝑙𝑛𝑥 + 3 𝑙𝑛𝑦 ; 𝑥, 𝑦 > 0

Une fonction d’utilité qui représente les préférences d’un consommateur.

a. Quel type de bien représenté par cette fonction d’utilité

b. Poser le programme marshallien et hicksien

c. Donner les demandes marshalliennes et hicksiennes si les prix des biens sont 𝑃𝑥 = 2 et
𝑃𝑦 = 5 et le revenu R = 20.

16
4.2 Détermination de la demande optimale pour les
biens parfaitement substituables.
𝑀𝑎𝑥 𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝑎𝑥 + 𝑏𝑦
𝑠. 𝑐 𝑃𝑥 𝑥 + 𝑃𝑦 𝑦 = 𝑅

La solution à ce programme peut être une solution de coin c’est-à-dire le consommateur reporte
toute sa consommation sur un seul bien et en lui consacrant tout son revenu.
𝑅
𝑎 𝑃𝑥 𝑥∗ = 𝑃
Si >𝑃 alors { 𝑥
𝑏 𝑦
𝑦∗ = 0

𝑎 𝑃𝑥
𝑥∗ = 0
Si <𝑃 alors {𝑦 ∗ = 𝑅
𝑏 𝑦 𝑃 𝑦

𝑎 𝑃
Si = 𝑃𝑥 alors le consommateur choisit n’importe quel panier compris entre les 2
𝑏 𝑦

solutions de coin. Autrement dit tout panier situé sur la droite de budget est optimal.

4.3 Détermination de la demande optimale pour les


biens complémentaires

𝑥 𝑦
𝑀𝑎𝑥 𝑈(𝑥, 𝑦) = min (𝑎 , 𝑏 )
{ 𝑎, 𝑏 ≠ 0
𝑠. 𝑐 𝑃𝑥 𝑥 + 𝑃𝑦 𝑦 = 𝑅

Remarque :
La fonction d’utilité indirecte une fois le problème du consommateur résolut, les demandes
optimales 𝑥 ∗ (𝑃, 𝑅) et 𝑦 ∗ (𝑃, 𝑅) sont obtenues. Si on remplace ces valeurs dans la fonction

17
d’utilité, on obtient une nouvelle fonction d’utilité d’argument 𝑃, 𝑅. Elle s’agit fonction
d’utilité indirecte. Cette fonction permet de répondre à la question suivante : étant donné le
revenu du consommateur et le niveau des prix, quel est le niveau d’utilité maximal que le
consommateur peut atteindre.

5. Equation de Slutsky : effet revenu et effet de substitution


Supposons que les prix du bien x passe de 𝑃𝑥 a 𝑃𝑥′ avec 𝑃𝑥 > 𝑃𝑥′ .

(𝑃𝑥 , 𝑃𝑦 ) ⟶ (𝑥 ∗ , 𝑦 ∗ )

(𝑃𝑥′ , 𝑃𝑦 ) ⟶ ?

𝑃 𝑃′
On a: 𝑃𝑥 > 𝑃𝑥′ ⇒ 𝑇𝑀𝑆𝑥/𝑦 = 𝑃𝑥 > 𝑃𝑥
𝑦 𝑦

− Effet des prix relatif ou effet des substitutions


𝑃𝑥 > 𝑃𝑥′ ⇒ 𝑃𝑥′ 𝑥 + 𝑃𝑦 𝑦 > 𝑃𝑥 𝑥 + 𝑃𝑦 𝑦 = 𝑅

𝑅′ < 𝑅

− Effet sur le pouvoir d’achat ou effet sur le revenu


Le passage de 𝑃𝑥 𝑎 𝑃𝑥′ va modifier l’équilibre du consommateur qui passe de (𝑥 ∗ , 𝑦 ∗ ) ⟶
(𝑥 ∗′ , 𝑦 ∗′ ) ∶ C’est l’effet total. La décomposition artificielle de l’effet total en deux effets :
l’effet de substitution et l’effet revenu donne ce qu’on appelle l’équation de Slutsky.

5.1 Effet de variation des prix

18
Optimum intermédiaire : Effet de substitution
Il s’agit de l’optimum du consommateur avec le revenu 𝑅 ′ et le système des prix ( 𝑃′ 𝑥 , 𝑃𝑦 ).

Ce nouvel équilibre fait apparaitre un effet de substitution en sens inverse de la variation du


prix. Une baisse du prix du bien 𝑥 entraine une augmentation de sa consommation et une
diminution de la consommation du bien 𝑦

Effet revenu
𝑅 𝑅
Le revenu du consommateur est en réalité R donné par (𝑃′ , 0), (0, ,𝑃 ). L’effet revenu
𝑥 𝑦

correspond à l’effet induit par l’augmentation du pouvoir d’achat du consommateur suite à


une baisse du prix relatif. Cet effet n’est pas toujours positif.

Si 𝐸𝑅 > 0 ,c’est un bien normal.

Si 𝐸𝑅 < 0 ,c’est un bien inferieur.

5.2 Variation totale de la demande : Effet total

L’effet total d’une variation de prix : ∆𝑥 = 𝑥(𝑃′ , 𝑅) − 𝑥(𝑃, 𝑅)

Cette variation peut être décomposée de la façon suivante :

∆𝑥 = 𝑥(𝑃′ , 𝑅) − 𝑥(𝑃, 𝑅) + 𝑥(𝑃′ , 𝑅 ′ ) − 𝑥(𝑃′ , 𝑅 ′ )

∆𝑥 = [𝑥(𝑃′ , 𝑅 ′ ) − 𝑥(𝑃, 𝑅)] + [𝑥(𝑃′ , 𝑅) − 𝑥(𝑃′ , 𝑅 ′ )]

𝐸𝑇 = 𝐸𝑆 + 𝐸𝑅
19
6. Complément sur le consommateur : L’offre de travail

Il sera question dans cette partie de tenir compte du fait qu’une partie du revenu du
consommateur proviennent du travail qu’il fournit sur le marché contre un salaire.

6.1 La contrainte budgétaire et l’optimum du


consommateur
Supposons que le revenu du consommateur est composé des revenus non salariaux 𝑀 et
d’un revenu salarial de taux horaire 𝑤. Si le consommateur travail 𝑇 heures donc ces
revenus 𝑅 dévient 𝑅 = 𝑀 + 𝑤𝑇.

Pour simplifier, mettons-nous dans un cadre à un seul bien 𝐶 dont le prix est 𝑃. La contrainte
budgétaire est : 𝑃𝐶 ≤ 𝑀 + 𝑤𝑇

Soit 𝐻 ,la durée legale de travail ou maximale et 𝐿 la demande de loisir du consommateur.


Ainsi 𝐻 = 𝐿 + 𝑇 ⇒ 𝐿 = 𝐻 − 𝑇

La contrainte budgétaire peut alors être exprimé en terme de consommation travail et loisir.

𝑃𝐶 = 𝑀 + 𝑤𝑇 ⇒ 𝑃𝐶 − 𝑤𝑇 = 𝑀

⇒ 𝑃𝐶 − 𝑤𝑇 + 𝑤𝐻 = 𝑀 + 𝑤𝐻

⇒ 𝑃𝐶 + 𝑤(−𝑇 + 𝐻) = 𝑀 + 𝑤𝐻

⇒ 𝑃𝐶 + 𝑤𝐿 = 𝑀 + 𝑤𝐻

𝑃𝐶 : dépense de consommation

𝑀 + 𝑤𝐻 : revenu maximal

𝑤𝐿 : Dépense de loisir ou coût d’opportunité de 𝐿 heures de loisirs c’est à dire le revenu le


revenu salarial que le consommateur sacrifie en choisissant de consommer 𝐿 heure de
loisirs.

Le problème du consommateur devient alors un problème de choix entre deux biens : la


consommation et le loisir.

Soit 𝑈 la fonction d’utilité.

𝑀𝑎𝑥 𝑈(𝐶, 𝐿) = 𝑎𝑥 + 𝑏𝑦
{
𝑠. 𝑐 𝑃𝐶 + 𝑤𝐿 = 𝑀 + 𝑤𝐻

20
𝑑𝑈 𝑑𝑈
Si la fonction d’utilité représente des préférences normales > 0 , 𝑑𝐶 > 0
𝑑𝐶

Le point 𝐸 ∗ (𝐿∗ , 𝑐 ∗ ) vérifie les conditions suivantes :


𝑢𝑚𝐿 (𝑐∗,𝐿∗ ) 𝑤
=
{ 𝑢𝑚𝑐 (𝑐∗,𝐿∗ )
𝑃
∗ ∗
𝑃𝑐 + 𝑤𝐿 = 𝑀 + 𝑤𝐻

6.2 Statique comparative


Il s’agit dans cette partie d’étudier comment le choix optimal du consommateur réagit au
variation des revenus non salariaux et du taux de salaire 𝑤.

Effet d’une variation des revenus non salariaux


La contrainte budgétaire s’écrit 𝑃𝐶 + 𝑤𝐿 = 𝑀 + 𝑤𝐻

21
Si 𝑀′ > 𝑀 alors 𝑃𝐶 + 𝑤𝐿 = 𝑀′ + 𝑤𝐻 > 𝑀 + 𝑤𝐻

− Si △ 𝑀 > 0 alors △ 𝐿 > 0 et △ 𝐶 > 0

Effet d’une augmentation du taux de salaire


𝑀+𝑤𝐻 𝑤
𝐶= −𝑃𝐿
𝑃
La contrainte budgétaire s’écrit : { 𝑀+𝑤 ′ 𝐻 𝑤′
𝑤′ > 𝑤
𝐶= − 𝐿
𝑃 𝑃

22
L’augmentation du taux de salaire induit à des effets :

− Une modification du prix du loisir (coût d’opportunité) 𝐸𝑆 < 0)


− Une augmentation des revenus totaux du consommateur qui peut donc consommer sans
travailler plus et même en travaillant moins. (𝐸𝑅 > 0)

𝐸𝑇 = 𝐸𝑆 + 𝐸𝑅

La combinaison de ces deux effets permet de dégager le choix du temps. Economiquement,


l’offre de travail augmente avec l’augmentation du taux de salaire ce qui diminue le temps de
loisir. Par conséquent l’effet de substitution domine l’effet revenu. Mais à un taux horaire 𝑤
̅ de
salaire horaire, le consommateur aura suffisamment de revenu qu’il qu’il pourrait donner de
l’importance aux loisirs et dans ce cas l’effet revenu domine l’effet de substitution. La courbe
d’offre de travail est donner ainsi qu’il suit.

23
Chapitre 22 : Le Producteur
1. Technologie et fonction de production
1.1 Input, Output, ensemble de production

Considérons une firme qui dispose de n biens qui peuvent être utilisé comme des inputs
(facteurs de production) et/ou outputs (facteurs produits). L’output net d’un bien est donné par
la quantité de bien produit.

Définitions :
Un plan de production est défini par la liste des outputs nets des différents biens. On notera :

Y = (𝑦1 , 𝑦2 , … , 𝑦𝑘 , 𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑘 ) où 𝑦𝑖 représente des outputs et 𝑥𝑖 des inputs.

Par convention : 𝑥𝑖 ≥ 0 .

L’ensemble de tous les plans de production techniquement réalisable est appelé ensemble de
production de la firme.

1.2 Propriétés des ensembles de production


Soit Y un ensemble de production, ces propriétés possibles sont :

− Y est non vide : c’est-à-dire il est toujours possible de ne rien produire.


− Monotonicité ou libre disposition : Ɐ y ϵ Y et y’ ≤ y alors y’ϵ Y. C’est-à-dire qu’on
peut toujours produire moins avec les mêmes inputs ou autant avec les mêmes inputs.
− Divisibilité : Ɐ y ϵ Y et Ɐ λ ϵ [0, 1], on a y’=λ. y ϵ Y. C’est-à-dire le plan de production
Y est utilisable en réduisant les inputs et outputs dans la même proportion.
− Additivité : Ɐ y ϵ Y et y’ ≤ y, on a z = y + y’ ϵ Y (On peut augmenter l’output en
augmentant les inputs).
− Convexité : Ɐ y ϵ Y, y’ ≤ y et Ɐ λ ϵ [0, 1], on a : z = λ y + (1-λ) y’ ϵ Y.
− Continuité : Ɐ y ϵ Y et Ɐ Vy voisinage de y, il existe y’ ϵ Vy tel que y’ ϵ Y.

Définition :
Une technologie est un plan de production c’est-à-dire l’ensemble des combinaisons d’input
qui donne des outputs.

24
1.3 Fonction de production
Définitions :

− Plan de production efficace :


y1 est dit techniquement efficace s’il appartient à l’ensemble Y des productions nettes possibles
et s’il existe dans Y aucun autre vecteur y2 tel que :

𝑦ℎ2 ≥ 𝑦ℎ1 , Ɐ h= 1, 2, 3, …, n

− Fonction de production :
Dans la plupart des processus de production actuel, l’ensemble des biens qui peuvent être
produit est distinct de l’ensemble des inputs. Dans ce cas, il peut être pratique de distinguer des
inputs 𝑥 et des outputs 𝑦 avec comme convention 𝑥𝑖 ≥ 0.

Si la firme produit un seul output, il est possible que la fonction de production s’écrive
comme :𝑓(𝑥) = {𝑦 𝜖 𝑅 + : 𝑦 𝑒𝑠𝑡 𝑙 ′ 𝑜𝑢𝑡𝑝𝑢𝑡 𝑚𝑎𝑥𝑖𝑚𝑢𝑚 𝑎𝑠𝑠𝑜𝑐𝑖𝑒 à 𝑥 𝜖 𝑌}

Autrement dit, la fonction de production 𝑓(𝑥) détermine le maximum d’output qui peut être
produit à partir d’une quantité d’input donnée.

La fonction de production 𝑓 ∶ 𝑅+𝑛 → 𝑅+ est supposée être continue, strictement croissante et


strictement quasi concave. De plus 𝑓(0) = 0.

Remarque :
la quasi concavité stricte est supposée pour des raisons de simplicité. Elle signifie qu’une
combinaison linéaire de deux vecteurs d’input peut produire un output au moins aussi grand
que celui obtenu avec l’uns ou d’autres vecteurs d’input initial.

− Isoquantes :
Pour un niveau d’output y donné l’isoquante est la courbe de l’ensemble des paniers d’input qui
permet de produire ce niveau d’output.

25
1.4 Productivité moyenne, Productivité marginale, Elasticité
input-output
− La productivité moyenne mesure la quantité d’output que l’on peut attribuer en moyenne
à chaque unité d’un facteur de production.

𝑓(𝑥)
𝑃𝑀ℎ (𝑥) =
𝑥ℎ

La productivité marginale d’un facteur est définie comme étant la production


supplémentaire causée par une unité supplémentaire de ce facteur. Lorsque la fonction de
production est différentiable on défini la productivité marginale de bien ℎ par :

𝜕𝑓(𝑥)
𝑃𝑚ℎ (𝑥) =
𝜕𝑥ℎ
− L’élasticité input-output mesure la variation en pourcentage de la fonction de production
suite à une variation de 1% de cet input.

𝜕𝑓(𝑥)
𝑓(𝑥) 𝜕𝑓(𝑥) 𝑥ℎ
℮ℎ = = ×
𝜕𝑥ℎ 𝜕𝑥ℎ 𝑓(𝑥)
𝑥ℎ
𝑃𝑚ℎ (𝑥)
℮ℎ =
𝑃𝑀ℎ (𝑥)

26
1.5 Taux Marginal de Substitution Technique (TMST)

Soit 𝑓 une fonction de production à deux inputs différentiables. Le long d’une isoquante on a :
𝜕𝑓 𝜕𝑓
𝑦 = 𝑓(𝑥1 , 𝑥2 ), 𝑑𝑦 = 𝜕𝑥 𝑑𝑥1 + 𝑑𝑥2 = 0
1 𝜕𝑥2

𝜕𝑓(𝑥1 , 𝑥2 )
−𝑑𝑥2 𝜕𝑥1
=
𝑑𝑥1 𝜕𝑓(𝑥1 , 𝑥2 )
𝜕𝑥2

𝜕𝑓(𝑥1 , 𝑥2 )
𝑑𝑥2 𝜕𝑥1
TMST1/2 =| |=
𝑑𝑥1 𝜕𝑓(𝑥1 , 𝑥2 )
𝜕𝑥2

Le TMST mesure l’ajustement de la quantité d’un input nécessaire pour maintenir le niveau
d’output constant lorsque la quantité d’un autre input varie. Il est égal à la valeur absolue de la
pente de la fonction de production au point x.

1.6 Rendement d’échelle


La notion de rendement fait référence à la variation d’output lorsque tous les facteurs de
production sont modifiés dans la même proportion.

− Une technologie présente des rendements d’échelle croissant si :

𝑓(𝑡𝑥) > 𝑡𝑓(𝑥), Ɐ 𝑡 > 1

− Une technologie présente des rendements d’échelle décroissant si :

𝑓(𝑡𝑥) < 𝑡𝑓(𝑥), Ɐ 𝑡 > 1


− Une technologie présente des rendements d’échelle constant si :

𝑓(𝑡𝑥) = 𝑡𝑓(𝑥), Ɐ 𝑡 > 1

2. La maximisation du profit
2.1 Définitions et hypothèses fondamentales
Le profit au sens économique du terme, se défini comme la différence entre les recettes perçues
et les couts supportés par la firme. La maximisation du profit de la firme se résume a déterminé
les prix auxquels elle veut vendre son produit et acheter des facteurs ainsi que les quantités
27
d’outputs qu’elle désire produire et les quantités de facteur qu’elle désire utiliser. En choisissant
sa politique optimale, la firme est affrontée à deux types de contraintes :

− Les contraintes techniques : Qui sont tout simplement les contraintes liées à la
faisabilité du plan de production.
− Les contraintes de marché : Qui sont les contraintes qui résultent de la répercussion
sur la firme des actions.

Lorsque la firme détermine ses actions optimales, elle doit prendre en compte ces deux types
de contraintes.

Pour des questions de simplification, les firmes seront supposées adoptées un comportement de
marché de « Price Taker ». Chaque firme sera supposée prendre le prix comme donnée.
L’ensemble de production Y de la firme est supposé non vide, fermé et vérifiant l’hypothèse de
monotonicité ou libre disposition.

2.2 Programme du producteur


Le programme de maximisation est donné par :
max 𝑝𝑦 − 𝑤𝑥
{ 𝑠𝑐 𝑦 = 𝑓(𝑥)

𝑝 = 𝑝𝑟𝑖𝑥 𝑑𝑒 𝑦

𝑤 = 𝑣𝑒𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑝𝑟𝑖𝑥 𝑖𝑛𝑝𝑢𝑡 𝑦 ∗, 𝑥 ∗.

− Si on a des rendements d’échelle croissant, le profit croit indéfiniment lorsqu’on accroit


la production.
− Si on a des rendements d’échelle constant, le profit maximal (fonction de profit) est nul
mais il y a une infinité de solution au problème du producteur.
− Pour avoir une solution unique, il faut atteindre des rendements d’échelle décroissant.

Exemple :
Calculer la fonction de profit pour les fonctions de production suivante :
𝛽
𝑓(𝑥1 , 𝑥2 ) = 𝐴 𝑥1𝛼 𝑥2

𝛽
𝑓(𝑥1 , 𝑥2 ) = 𝐴 𝑥1𝛼 𝑥2

28
3. La minimisation des coûts
Pour résoudre son problème, le producteur peut se fixer comme profit de minimiser les coûts
pour un niveau d’output donné. On suppose que les marchés des inputs sont parfaitement
concurrentiels de sorte que les entreprises sont « Price Taker ». Le programme s’écrit :

min ∑ 𝑤𝑖 𝑥𝑖
{
𝑠𝑐 𝑦 = 𝑓(𝑥)

On appelle droite d’isocoûts l’ensemble des combinaisons des inputs correspondant à un certain
niveau de coût de production. L’équation de la droite est :

𝑤1 𝑥1 + 𝑤2 𝑥2 = 𝑐

Dans ce programme les inconnus sont les quantités de facteur. La quantité produit et les prix
sont des paramètres donnés.

− La fonction de coût
On appelle fonction de coût total, la fonction qui associe le coût minimum pour produire un
niveau d’output donné.

𝐶𝑇(𝑤, 𝑦) = 𝑤1 𝑥1∗ (𝑤, 𝑦) + 𝑤2 𝑥2∗ (𝑤, 𝑦)

La fonction des coûts dépend du niveau de production et du prix des facteurs. L’environnement
concurrentiel dont évolue l’entreprise impose que y soit donné. La fonction est donnée par :

𝐶𝑇 = 𝐶𝑇(𝑌)

A court terme, on peut distinguer les coûts de production fixe et les coûts de production variable.

• Coûts variables : Ce sont les coûts associés aux facteurs pouvant être ajuster à court
terme. Ces coûts varient quand le niveau d’output varie.
• Coûts fixes : Ce sont des coûts associés aux facteurs fixes. Ces coûts ne dépendent pas
du niveau d’output, ils doivent être assumé que la firme produise ou pas.

𝐶𝑇(𝑌) = 𝐶𝑉(𝑌) + 𝐶𝐹
− Coût marginal, Coût moyen
On appel coût marginal, le supplément de coût de production engendré par la production
d’une unité de produit supplémentaire.

𝐶𝑚(𝑦) = 𝐶𝑇 ′ (𝑦) = 𝐶𝑉 ′ (𝑦)

On appel coût moyen, le coût total de production divisé par la quantité produite.

𝐶𝑇(𝑦)
𝐶𝑀(𝑦) =
𝑦

29
• Représentation graphique des fonctions de coût

𝐶𝑇(𝑌) = 𝐶𝑉(𝑌) + 𝐶𝐹

𝐶𝑇(𝑦)
𝐶𝑀(𝑦) =
𝑦


𝑑 𝐶𝑇(𝑦) 𝐶𝑇 ′ (𝑦)𝑦 − 𝐶𝑇(𝑦)
𝐶𝑀 (𝑦) = =
𝑑𝑦 𝑦 𝑦2

1
𝐶𝑀′ (𝑦) = [𝐶𝑚(𝑦) − 𝐶𝑀(𝑦)]
𝑦
❖ Si 𝐶𝑀′ > 0 alors 𝐶𝑚(𝑦) > 𝐶𝑀(𝑦)
❖ Si 𝐶𝑀′ = 0 alors 𝐶𝑚(𝑦) = 𝐶𝑀(𝑦)
❖ Si 𝐶𝑀′ < 0 alors 𝐶𝑚(𝑦) < 𝐶𝑀(𝑦)

30
4. La fonction d’offre
La fonction d’offre de la firme qui dépend des quantités à vendre et du prix est obtenue par la
maximisation du profit sous contrainte technologique et donc en utilisant la fonction de coût.

4.1 Décision d’offre d’une firme concurrentielle


Le profit de la firme est donné par :

𝑇(𝑦) = 𝑅𝑇 − 𝐶𝑇

𝑇(𝑦) = 𝑃𝑦 − 𝐶𝑇(𝑦)

Le programme de la firme concurrentielle est donné par :

max{𝑝𝑦 − 𝐶𝑇(𝑦)}

𝑑𝑇 𝑑𝑃𝑦 𝑑𝐶𝑇(𝑦)
= −
𝑑𝑦 𝑑𝑦 𝑑𝑦

𝑑𝑇
= 𝑅𝑚 − 𝐶𝑚
𝑑𝑦

𝑅𝑚 = 𝑝 ⟹ 𝑝 − 𝑐𝑚 = 0

𝐶𝑚(𝑦 ∗ ) = 𝑝 ⟹ 𝑦 ∗ (𝑝) = 𝐶𝑚−1 (𝑝)

y*(p) parfois noté q*(p) est la fonction d’offre concurrentiel de la firme. Elle indique le niveau
de production qu’elle est prête à proposer sur le marché pour chaque niveau de prix.

31
4.2 Une première restriction
L’offre de la firme suit la courbe de coût marginal mais uniquement dans la partie croissante de
celle-ci. Les quantités appartenant à la partie décroissante ne peuvent conduire à un profit
maximal.

4.3 Une seconde restriction


Si les coûts fixes de la firme sont CF. La firme obtient le profit suivant si elle ne produit rien :

∏ = 𝑝𝑦 − 𝐶𝑇(𝑌)

∏ = 𝑝𝑦 − 𝐶𝑉(𝑌) − 𝐶𝐹

∏(0) = − 𝐶𝐹

− La firme ne peut donc récupérer ses coûts si elle ne produit pas. On parle parfois de
coûts irrécupérables ou irrecouvrable.
− Soit y* le niveau de production tel que : 𝐶𝑚(𝑦 ∗ ) = 𝑝. Supposons que le prix est
tellement faible que le profit obtenu est moins important que celui qu’aurait obtenu la
firme si elle avait décidé de ne pas produire.

∏(𝑦 ∗ ) > ∏(0)

𝑝𝑦 ∗ − 𝐶𝑉 ∗ − 𝐶𝑇 < −𝐶𝐹

32
𝐶𝑉(𝑦 ∗ )
𝑝< = 𝐶𝑉𝑀(𝑦 ∗ )
𝑦∗

− Dans ce cas y* est plus important que les coûts fixes.


− Soit y* tel que :
∏(𝑦 ∗ ) > 0

𝑝𝑦 ∗ − 𝐶𝑇 > 0 , 𝑝𝑦 ∗ − 𝐶𝑇(𝑦 ∗ ) > 0

𝐶𝑇(𝑦 ∗ )
𝑝> = 𝐶𝑇𝑀(𝑦 ∗ )
𝑦∗
−1
𝑦 ∗ (𝑝) = 𝑂(𝑝) = {𝐶𝑚 𝑠𝑖 𝑝 > 𝐶𝑉𝑀(𝑦 ∗ )
0 𝑠𝑖𝑛𝑜𝑛

La firme suit sa courbe d’offre pour tout 𝑝 > 𝑝̅.

− 𝑝̅ est le seuil de fermeture


− 𝑝̅ ′ est le seuil de rentabilité.

33
Chapitre 33 : Equilibre du marché
Le marché d’un bien est le lieu de rencontre entre l’offre émanant des producteurs de ce bien et
la demande exprimée par les consommateurs.

1. La concurrence parfaite
1.1 Les propriétés du marché concurrentiel.
- L’atomicité
- L’homogénéité
- La transparence
- La mobilité des facteurs
- La fluidité du marché

1.2 La demande globale


La demande est toujours exprimée par rapport à un bien ou un service.

− La demande individuelle d’un bien


C’est une relation qui indique la quantité de bien que le consommateur est prêt à acheter pendant
une période de temps pour différente valeur possible du prix du bien.

𝑞𝑑 = 𝑓(𝑝)
La demande est une fonction décroissante du prix. C’est la loi de la demande.

Remarque : Dans le cas où les consommateurs ont la même fonction de demande individuelle
alors : 𝑄𝑑 = 𝑛𝑞𝑑

Dans le cas où les consommateurs ont des demandes individuelles différentes, la demande
globale sera exprimée autrement.

Exemple : soient 2 consommateurs dont les demandes individuelles sont :

𝑞𝑑1 = 18 − 2𝑝 et 𝑞𝑑2 = 7 − 𝑝

1.3 L’offre globale


L’offre est toujours exprimée par rapport à un bien ou à un service.

− L’offre individuelle d’un bien


C’est une relation qui indique la quantité maximale du bien que le producteur est disposé à
offrir pendant une période de temps pour différentes valeur possible du prix du bien 𝑞0 =
𝑓(𝑝). L’offre de bien est une fonction croissante du prix : C’est la loi de l’offre.
34
− Offre globale d’un bien
Encore appelé offre du marché, l’offre globale est la somme des offres individuelles de ce même
bien.

Remarque :
Dans le cas où les producteurs ont la même fonction d’offre individuelle, l’offre globale est
donnée par 𝑄0 = 𝑛𝑞0

Dans le cas où les producteurs ont les fonctions d’offre individuelles différentes l’offre globale
est donnée autrement.

Exemple :
Soient deux producteurs qui présente les fonctions d’offres suivante

𝑞𝑜1 = 20𝑝 − 8 et 𝑞𝑜2 = 10𝑝

1.4 Equilibre du marché


1.4.1 Équilibre de court terme
A court terme il n’ya pas d’entré et de sortie. Le nombre de firme est donné. Sur un marché
concurrentiel l’équilibre est donné par un prix du marché 𝑃 ∗ ,des quantités achetées par chaque
consommateur 𝑥𝑖 ,et les quantités vendues par chaque producteur 𝑞𝑗 tel qu’au prix 𝑃 ∗ :

− Chaque consommateur maximise son utilité.


− Chaque producteur maximise son profit.
− La somme des quantités vendues est égale à la somme des quantités achetées.
∑𝑛𝑖=1 𝑥𝑖(𝑃∗ ) = ∑𝑚 ∗ ∗ ∗
𝑗=1 𝑞𝑗 (𝑃 ) et 𝐷(𝑃 ) = 𝑂(𝑃 )

35
Trois propriétés de l’équilibre sont cruciales :

− L’existence : est-ce que l’équilibre existe ?


− L’unicité : est-ce que l’équilibre est unique
− La stabilité : est-ce que le marché le marché converge-t-il vers l’équilibre si l’économie
part initialement d’une situation de demande ou d’offre excédentaire.

1.4.2 Equilibre de long terme concurrentiel


L’offre globale est donnée par : 𝑂(𝑝) = ∑𝑚
𝑗=1 𝑂𝑗 (𝑝)

L’ajustement vers le long terme est continu mais il devrait avoir des équilibres de court terme
successif suite à la sortie et/ou à l’entrée de nouvelle firme.

Si le processus s’arrête pour un nombre de firme 𝑚∗ ,alors le couple (𝑚∗ , 𝑃 ∗ (𝑚∗ )) est
l’équilibre de long terme.

Considérons un marché ou toutes les technologies sont représentées par la fonction de coût. Le
coût moyen est donné par 𝐶𝑀(𝑞) . Il est donc possible de calculer 𝑞 ∗ qui minimise les coûts
moyens. Supposons que l’entreprise ne reste sur le marché que si son profit est positif et que
pour 𝑚𝑖𝑛 𝐶𝑀(𝑞) on a :

𝑞 ∗ → 𝑝′
Soit n le nombre d’entreprise.

Si n = 1, 𝑂1 (𝑝) → 𝑝1 > 𝑝′ 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝜋𝑗 (𝑝1 ) > 0

36
Si n = 2, 𝑂2 (𝑝) → 𝑝2 > 𝑝′ 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝜋𝑗 (𝑝2 ) > 0

Si n = 3, 𝑂3 (𝑝) → 𝑝3 > 𝑝′ 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝜋𝑗 (𝑝3 ) > 0

Si n = 4, 𝑂4 (𝑝) → 𝑝4 > 𝑝′ 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝜋𝑗 (𝑝4 ) > 0

(𝑛∗ = 3 , 𝑝3 ∗ ) 𝑐 ′ 𝑒𝑠𝑡 𝑙′é𝑞𝑢𝑖𝑙𝑖𝑏𝑟𝑒

1.5 Le surplus collectif ou surplus social


1.5.1 Le surplus du consommateur
Le surplus du consommateur mesure l’accroissement du bien être résultant de la différence
entre le montant que le consommateur était disposé à payer contre une certaine quantité
effectivement à l’acquisition de cette quantité.

Exemple :
40000
La demande associée au marché est donnée par 𝑞𝑑 = + 300 sachant que le prix
𝑃2
d’équilibre est 𝑃 ∗ = 12 .

Déterminer le surplus du consommateur.

1.5.2 Le surplus du consommateur


Le surplus du producteur mesure l’accroissement du bénéfice net entre le prix auquel le
producteur est prêt à offrir sa production et le prix réel du marché.

37
1.5.3 Le surplus social
Le surplus social est égal à la somme du surplus du producteur et celui du consommateur.

2. La concurrence imparfaite
La concurrence pure et parfaite est un modèle idéal qui est quasi impossible à atteindre. La
concurrence sur le marché est généralement imparfaite.

Le tableau de Stackelberg permet d’identifier diffèrent structure de marché en fonction du


nombre d’offreurs et de demandeurs.

38
offre Un seul offreur Quelques Un grand nombre

demande
offreurs d’offreur

Un seul demandeur Monopole Monopole Monopsone


bilatéral contrarié
Quelques demandeurs Monopole Oligopole Oligopsone
contrarié bilatérale
Un grand nombre de demandeurs Monopole Oligopole CPP

2.1 Le monopole
Une entreprise est en situation de monopole lorsqu’elle est l’unique offreur sur le marché d’un
bien, Si le nombre de demandeur est grand et s’il n’existe pas de substitut parfait pour ce bien.

Une position de monopole sur le marché peut résulter de 3 causes :

− Une invention
− Un monopole légal (fixé par la loi pour des objectifs de politique) ex : sécurité
− Une pratique de prix qui vise à réguler

2.1.1 Les recettes du monopoleur


Considérons une entreprise en situation de monopole sur le marché d’un bien.

La demande de ce bien est notée par : 𝐷(𝑞) . Le monopole est caractérisé par son coût de
production 𝐶(𝑞) .

La recette totale 𝑅𝑇 = 𝑃(𝑞) ∗ 𝑞 .


𝑑𝑅𝑇
𝑅𝑀 = 𝑃(𝑞) et 𝑅𝑚 =
𝑑𝑞

𝑑(𝑝𝑞) 𝑑𝑝∗𝑞
𝑅𝑚 = = +𝑝
𝑑𝑞 𝑑𝑞

𝑑𝑝
𝑑(𝑝𝑞) 𝑝
𝑅𝑚 = 𝑝 (1 + ) = 𝑃 (1 + )
𝑑𝑞𝑝 𝑑𝑞
𝑞

𝑅𝑚 = 𝑝(1 + 𝜀𝑝(𝑞) ) où 𝜀𝑝(𝑞) est l’élasticité prix de la demande.


Elle mesure la variation en pourcentage du prix de vente du bien suite à la variation de 1% de
la quantité offerte.

39
2.1.2 L’équilibres du monopole
Le profit du monopole est :

𝜋 = 𝑃(𝑞)𝑞 − 𝐶(𝑞)

On a alors :
𝑑𝜋 𝑑2𝜋
= 𝑅𝑚 − 𝐶𝑚 = 0 𝑒𝑡 <0
𝑑𝑞 𝑑𝑞 2

𝑅𝑚 = 𝐶𝑚
Ainsi, { 𝑑2𝜋
<0
𝑑𝑞 2

2.2 Le duopole
Le duopole est un marché dans lequel 2 offreurs produisent un bien.

On distingue généralement 3 types de modèle :

− Le modèle de Cournot
− Le modèle de Bertrand
− Le modèle de Stackelberg

2.2.1 Le modèle de Cournot


C’est le modèle de concurrence entre 2 firmes qui se fait par les quantités. Chaque firme
considère la quantité offerte par sa concurrente comme fixe.

𝑞 = 𝑞1 + 𝑞2

Firme1 : 𝜋1 = 𝑃(𝑞)𝑞1 − 𝐶1 (𝑞1 )

Firme1 : 𝜋2 = 𝑃(𝑞)𝑞2 − 𝐶2 (𝑞2 )


𝑑𝜋1
= 0 ⟺ 𝑞1 ∗ = 𝑅1 (𝑞2 )
𝑑𝑞1

𝑑𝜋2
= 0 ⟺ 𝑞2 ∗ = 𝑅2 (𝑞1 )
𝑑𝑞2

𝑅𝑖 : Fonction de meilleure réponse de la firme 𝑖 suite à la décision de la firme 𝑗

Exemple :

Soit 2 firmes concurrentes telle que 𝑃(𝑞) = 𝐴 − (𝑞1 + 𝑞2 ) la fonction de demande inversée
et 𝐶1 𝑒𝑡 𝐶2 les coûts unitaires des firmes.

40
2.2.2 Le modèle de Bertrand
Le modèle de Bertrand est un modèle de concurrence entre deux firmes qui se fait par les prix.

Le modèle suppose qu’il ait 2 firmes avec des coûts marginaux constant 𝐶𝑖 (𝑖 = 1,2) et sont
confrontés à une courbe de demande du marché 𝐷(𝑝)

𝐷(𝑝1 ) 𝑠𝑖 𝑝1 < 𝑝2
𝐷(𝑝1 )
𝐷1 (𝑝1 , 𝑝2 ) = { 𝑠𝑖 𝑝1 = 𝑝2
2
0 𝑠𝑖 𝑝1 > 𝑝2

2.2.3 Le modèle de Stackelberg


Dans ce modèle les 2 entreprises ont conscience de l’interdépendance conjoncturel pour autant
une asymétrie d’information persiste car les offreurs n’ont pas la même puissance. En ce sens
l’entreprise en position de force est dite « pilote » et l’autre « satellite ».

41
Bibliographie
Table des matières
Remerciement………………………………………………………………………………. IV

Sommaire……………………………………………………………………………………. V

Avant-propos…………………………………………………………………………………VI

Introduction…………………………………………………………………………………... 1

Chapitre 1 : Le Consommateur ………………………………………………………………. 2


1. Les préférences du consommateur ...................................................................................... 2
1.1 Hypothèse sur les préférences ..................................................................................... 3
1.2 Les courbes d’indifférences ......................................................................................... 4
1.3 Quelques cas ................................................................................................................ 4
1.3.1 Substituts parfaits ................................................................................................. 4
1.3.2 Un bien « indésirable » ......................................................................................... 5
1.3.3 Un bien neutre ...................................................................................................... 5
1.3.4 Panier idéal et saturation ...................................................................................... 6
1.3.5 Les préférences normales ..................................................................................... 7
2. Fonction d’utilité ................................................................................................................ 8
2.1 Théorème : ................................................................................................... 8
2.2 Quelques exemples de fonctions d’utilités................................................... 8
2.2.1 Fonction d’utilité et courbe d’indifférence pour les biens parfaitement
substituables ................................................................................................... 8
2.2.2 Fonction d’utilité et courbe d’indifférence dans le cas de biens
faiblement substituables ................................................................................. 8
2.2.3 Fonction d’utilité et courbes d’indifférences pour les biens
complémentaires ............................................................................................. 9
2.2.4 Fonction d’utilité généralisée : la fonction CES .................................... 9
2.3 L’utilité marginal et le taux marginal de substitution (TMS) ...................... 9
3. La contrainte budgétaire ................................................................................................... 10
3.1 Effet d’une modification du revenu .................................................... 11

B
3.2 Effet de la variation non proportionnelle des prix .............................. 11
4. L’équilibre du consommateur .......................................................................................... 12
5. Equation de Slutsky : effet revenu et effet de substitution ............................................... 18
5.1 Effet de variation des prix................................................................... 18
5.2 Variation totale de la demande : Effet total ........................................ 19
6. Complément sur le consommateur : L’offre de travail .................................................... 20

Chapitre 2 : Le Producteur………………………………………………………………….. 21
1. Technologie et fonction de production ............................................................................. 24
1.1 Input, Output, ensemble de production ..................................................................... 24
1.2 Propriétés des ensembles de production .................................................................... 24
1.3 Fonction de production .............................................................................................. 25
1.4 Productivité moyenne, Productivité marginale, Elasticité input-output .................... 26
1.5 Taux Marginal de Substitution Technique (TMST) .................................................. 27
1.6 Rendement d’échelle ................................................................................................. 27
2. La maximisation du profit ................................................................................................ 27
2.1 Définitions et hypothèses fondamentales ................................................. 27
2.2 Programme du producteur ........................................................................ 28
3. La minimisation des coûts ................................................................................................ 29
4. La fonction d’offre ........................................................................................................... 31

Chapitre 3 : L'Équilibre du marché………………………………………………………….34


1. La concurrence parfaite .................................................................................................... 34
1.1 Les propriétés du marché concurrentiel. .................................................................... 34
1.2 La demande globale ................................................................................................... 34
1.3 L’offre globale ........................................................................................................... 34
1.4 Equilibre du marché................................................................................................... 35
1.4.1 Équilibre de court terme ................................................................................... 35
1.4.2 Equilibre de long terme concurrentiel .............................................................. 36
1.5 Le surplus collectif ou surplus social ........................................................................... 37
1.5.1 Le surplus du consommateur........................................................................ 37
1.5.2 Le surplus du consommateur........................................................................ 37

C
1.5.3 Le surplus social ........................................................................................... 38
2. La concurrence imparfaite ................................................................................................ 38
2.1 Le monopole ............................................................................................. 39
2.2 Le duopole ................................................................................................ 40
2.2.1 Le modèle de Cournot ......................................................................... 40
2.2.2 Le modèle de Bertrand ........................................................................ 41
2.2.3 Le modèle de Stackelberg.................................................................... 41
Bibliographie…………………………………………………………………………………..A

Table des matières……………………………………………………………………………..B

Vous aimerez peut-être aussi