II.
Napoléon Bonaparte, un « Washington couronné » (1799-1815)
1799 : un coup d'État de plus mais, cette fois, qui a la durée pour lui. Pourquoi ?
Le coup d'État du 18 Brumaire an VIII (novembre 1799) marque la fin du Directoire et
l'arrivée de Napoléon au pouvoir. Contrairement à d'autres coups d'État de la Révolution,
celui-ci se distingue par sa longévité et sa stabilité. Napoléon réussit à réorganiser la France
après une décennie de bouleversements révolutionnaires. La Constitution de 1799 annonce
la fin de la Révolution en déclarant que les principes révolutionnaires sont désormais fixés,
ce qui signifie que Napoléon veut consolider les acquis tout en mettant fin à l’instabilité
politique.
Alors, Napoléon, une parenthèse dans l'histoire de France ?
Cette question soulève un débat parmi les historiens : Napoléon est-il une rupture dans la
continuité de la Révolution ou la conclusion logique de celle-ci ? Il instaure un régime
autoritaire tout en conservant certains principes révolutionnaires, mais son ambition
impériale remet en cause l’idéal républicain.
1815 : la Révolution et la Royauté se trouvent de nouveau face à face.
En 1815, après la défaite de Napoléon, la monarchie est rétablie avec Louis XVIII. Cela
symbolise le retour de la royauté après l'interruption révolutionnaire. La Révolution et la
royauté sont ainsi à nouveau en confrontation, marquant une tension entre les acquis de la
Révolution et le retour à un ordre ancien.
Empire = continuité ou rupture avec la Révolution ?
L'Empire napoléonien est souvent vu comme une tentative de maintenir certains idéaux
révolutionnaires (égalité devant la loi, abolition des privilèges), tout en imposant un régime
autoritaire qui rappelle l’Ancien Régime. Le débat se poursuit : Napoléon est-il un héritier de
la Révolution ou un restaurateur déguisé de la monarchie ?
A. LE CONSULAT : UNE DICTATURE SOUS LE NOM DE
RÉPUBLIQUE (1799 - 1804)
1. Sous un déguisement démocratique, un régime autoritaire.
a) Des institutions volontairement très fragmentées.
Explication :
Napoléon met en place un système politique où le pouvoir semble divisé, mais où il détient
la réalité du pouvoir. Trois consuls sont nommés : Bonaparte (Premier consul), Cambacérès
et Lebrun, mais leurs orientations politiques sont opposées, ce qui empêche une opposition
solide à Napoléon.
● Nouvelle constitution en décembre 1799 (an VIII) :
La Constitution de l'an VIII instaure le Consulat. Elle donne à Napoléon le titre de
Premier consul, un rôle très puissant, sous couvert de démocratie.
● Système électoral :
Ce système électoral, élaboré par Sieyès, vise à filtrer l'opinion populaire à travers
plusieurs étapes de vote. La phrase de Sieyès « La confiance vient d’en bas, le
pouvoir vient d’en haut » résume bien ce système où, en apparence, le peuple
participe aux élections, mais où, en réalité, seules une poignée de personnes
sélectionnées par le pouvoir peuvent réellement décider.
○ 6 millions de citoyens actifs --> 600 000 --> 60 000 --> 6 000 :
À chaque étape des élections, le nombre d'électeurs est réduit, ce qui permet
au pouvoir central de contrôler l'issue des élections.
● Le Tribunat :
Créé pour donner l’impression d’une démocratie, le Tribunat voit ses membres
passer de 100 à 50 en 1802 avant de disparaître complètement en 1807. Il perd ainsi
toute influence.
● Élections à vie (1801) :
En 1801, une réforme décide que les membres des collèges électoraux sont élus à
vie, ce qui renforce encore plus le contrôle centralisé du pouvoir.
b) Une opinion dirigée par le plébiscite.
Explication :
Napoléon se sert des plébiscites pour obtenir l'approbation populaire, mais ces plébiscites
sont largement truqués. Le vote secret n’est pas respecté, et les résultats sont manipulés.
● Premier plébiscite :
Lors du premier plébiscite organisé, 4 millions de personnes s’abstiennent.
Cependant, les résultats sont faussés : Napoléon annonce 3 millions de « oui »
contre seulement 1 500 « non ». Il truque les votes en comptant des votes fictifs de
l’armée et en arrondissant les résultats des départements.
2. Des réformes entre modernité et conservatisme : les « Masses de granit ».
Napoléon met en place des réformes profondes qui marquent durablement la France. Même
après la chute de l’Empire, beaucoup de ces réformes subsistent, d’où leur surnom de «
masses de granit », en référence à leur solidité et à leur durabilité.
a) La centralisation continue.
Explication :
Napoléon renforce la centralisation de l’État, en revenant à un modèle proche de l’Ancien
Régime, mais en allant encore plus loin dans le contrôle.
● Février 1800 :
Napoléon nomme les fonctionnaires à la tête des circonscriptions administratives.
Les préfets, chefs des départements, sont directement nommés par lui. Dans les
grandes communes (plus de 5 000 habitants), les maires sont aussi nommés par
Napoléon, tandis que dans les communes plus petites, ce sont les préfets qui
nomment les maires.
Ce système renforce un contrôle absolu de l’État sur l’administration locale.
b) Restauration des finances, lycées et légion d'honneur.
Explication :
Napoléon lance plusieurs réformes dans le domaine de l’économie, de l’éducation et des
distinctions honorifiques, certaines ayant un impact encore visible aujourd’hui.
● Restauration des finances :
○ Charles Gaudin est nommé ministre des finances et reste à ce poste tout au
long du règne de Napoléon. Il restaure la stabilité financière grâce à plusieurs
mesures importantes :
■ Création de la Banque de France (1800) : Cela permet de stabiliser
la monnaie et de contrôler l’inflation.
■ Franc germinal (1803) : Cette nouvelle monnaie est garantie par une
valeur en or, ce qui lui donne une grande stabilité. Les gros paiements
sont effectués en billets de 500 à 1 000 francs, ce qui évite les
dépréciations comme avec les assignats.
● Lycées (1er mai 1802) :
Napoléon crée des lycées pour former une élite militaire et administrative. Il se
désintéresse de l’éducation primaire, qu’il laisse aux congrégations religieuses, mais
il met en place un programme éducatif strict et discipliné pour les lycées, avec une
forte influence militaire. La création de 45 lycées est prévue, bien que certains
retardent leur ouverture.
● Légion d'honneur :
Créée pour récompenser les services militaires et civils, la Légion d'honneur est
votée par le Corps législatif en 1802, bien que certains la critiquent comme une
forme d’aristocratie déguisée. Contrairement aux distinctions de l'Ancien Régime,
elle est accessible aux civils et aux militaires.
c) L’égalité devant la loi : le « Code civil » (1804).
Explication :
Le Code civil, publié en 1804, est l’une des réalisations les plus durables de Napoléon. Il
incarne une synthèse des principes de la Révolution et des traditions de l’Ancien Régime.
● Synthèse des principes révolutionnaires et d’Ancien Régime :
Le Code civil garantit l’égalité devant la loi, notamment en ce qui concerne les droits
de succession. Cependant, il permet aux grands propriétaires terriens d’éviter
l’éclatement de leurs terres en choisissant un seul héritier, ce qui est une concession
à la classe terrienne.
● Valeurs familiales :
Le Code civil repose sur des valeurs familiales conservatrices. Le divorce, introduit
pendant la Révolution, est maintenu, mais devient beaucoup plus difficile à obtenir.
Le Code civil est misogyne : il renforce l’autorité du mari sur son épouse et introduit
des distinctions injustes dans le cas de l’adultère. Les « enfants naturels » (nés hors
mariage) sont privés de droits d’héritage.
3. La marche à l'Empire.
a) Le retour à la paix extérieure et intérieure (1800-1802).
Explication :
Après les bouleversements révolutionnaires, Napoléon cherche à ramener la paix en France
et à l'étranger.
● Avec l’Autriche :
Napoléon remporte des victoires décisives contre l’Autriche, notamment lors du
passage spectaculaire du col du Grand-Saint-Bernard en mai 1800, où il mène une
armée de 60 000 hommes pour secourir Masséna à Gênes. La victoire à la bataille
de Marengo en juin 1800 est cruciale pour forcer l’Autriche à signer la paix.
● Avec l'Espagne :
Un traité secret en octobre 1800 rétrocède la Louisiane à la France, mais face à la
pression britannique, Napoléon préfère vendre la Louisiane aux États-Unis pour 80
millions de francs en avril 1803.
● Paix avec l’Autriche et le Royaume-Uni :
La paix de Lunéville (février 1801) avec l’Autriche et la paix d’Amiens (mars 1802)
avec le Royaume-Uni ramènent la stabilité en Europe, bien que ces paix soient de
courte durée (jusqu'en mai 1803).
● Esclavage rétabli :
Le rétablissement de l’esclavage dans les colonies françaises en mai 1802, après
son abolition pendant la Révolution, est un épisode sombre de cette période. Le
rétablissement de l’esclavage provoque une insurrection à Saint-Domingue, qui
mène à l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 1804, la première République noire
d’Amérique.
b) Napoléon, consul à vie (août 1802) puis Empereur sacré (déc. 1804).
Explication :
En 1802, Napoléon devient consul à vie grâce à un plébiscite truqué : 3,6 millions de votes
favorables contre seulement 8 400 « non ». La Constitution est alors modifiée pour lui
permettre de rester en poste sans limite de temps.
● Conspiration déjouée (1803) :
Une tentative d’assassinat est déjouée en 1803, impliquant Cadoudal, un chef
chouan royaliste, ainsi que les généraux Moreau et Pichegru. Cadoudal est exécuté,
Pichegru se suicide et Moreau est exilé. Cette conspiration permet à Napoléon de
renforcer son pouvoir.
● Exécution du duc d’Enghien (1804) :
Louis-Antoine de Bourbon-Condé, duc d’Enghien, est accusé de comploter contre
Napoléon. Il est enlevé en Allemagne et exécuté en mars 1804. Cet acte choque
l’opinion européenne, mais Napoléon l’utilise pour consolider son autorité.
● Passage à l'Empire :
En mai 1804, le Sénat confie à Napoléon le titre d’Empereur héréditaire. Un
plébiscite ratifie cette décision en août 1804, et Napoléon se fait sacrer Empereur le
2 décembre 1804 à Notre-Dame de Paris, en présence du pape Pie VII. Napoléon ne
laisse pas le pape le couronner ; il se couronne lui-même, montrant ainsi qu’il tire son
pouvoir de sa propre légitimité.
B. L'EMPIRE : « LA RÉVOLUTION À CHEVAL » ? (1804-1815)
1. Les années heureuses (1804-1807).
a) Les victoires napoléoniennes contre les coalitions (1805-1807).
Explication :
Napoléon mène une série de campagnes victorieuses contre les coalitions formées par les
puissances européennes.
● Contexte :
La guerre reprend avec le Royaume-Uni en 1803. Napoléon prévoit d’envahir
l’Angleterre en concentrant une armée de 200 000 hommes à Boulogne. Cependant,
son plan échoue à cause de la domination britannique sur les mers.
● Bataille de Trafalgar (octobre 1805) :
La flotte franco-espagnole, commandée par l’amiral Villeneuve, est défaite par
l’amiral britannique Nelson au large de Cadix. Cette défaite anéantit les espoirs
d'invasion de la Grande-Bretagne. Nelson meurt au combat, mais Villeneuve,
humilié, se suicide après sa libération en 1806.
● Bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805) :
Cette bataille, souvent considérée comme le chef-d'œuvre militaire de Napoléon, voit
la défaite de la Troisième Coalition (Autriche, Russie, Royaume-Uni). Le
Saint-Empire romain germanique disparaît et la Confédération du Rhin, contrôlée par
Napoléon, est créée. C'est une victoire éclatante qui renforce sa domination en
Europe centrale.
● Quatrième Coalition (1806-1807) :
Napoléon remporte une série de victoires contre cette nouvelle coalition, bien que les
combats soient plus difficiles. À Eylau (février 1807) et à Friedland (juin 1807), les
pertes sont élevées des deux côtés. La Prusse perd des territoires, et après la
rencontre entre Napoléon et le tsar Alexandre Ier de Russie à Tilsit (juin 1807), la
Russie devient une alliée de la France.
b) La carte de l’Europe est remodelée.
Explication :
Grâce à ses victoires militaires, Napoléon réorganise les territoires européens sous son
influence. L’Empire français s’étend et les États sous domination française sont remodelés
pour affaiblir les puissances rivales. La Confédération du Rhin est un exemple de cette
réorganisation : elle est composée d'États allemands vassaux de Napoléon.
2. L’ennemi britannique engage l’Empire dans une fuite en avant.
a) Après la défaite de Trafalgar (oct. 1805), Napoléon acculé au blocus continental.
Explication :
À la suite de la défaite de Trafalgar, Napoléon est contraint de renoncer à ses ambitions
d’invasion du Royaume-Uni. N’ayant pas la maîtrise des mers, il décide de s'en prendre à
l'économie britannique en instaurant un blocus continental à la fin de 1806.
● Blocus continental :
Ce blocus interdit aux pays européens de commercer avec le Royaume-Uni.
L’objectif est d’asphyxier économiquement les Britanniques, mais le blocus s’avère
difficile à maintenir. Certaines nations européennes continuent d’échanger
clandestinement avec les Britanniques, et le blocus affecte aussi l’économie
française et celles des autres nations sous influence napoléonienne.
b) Le tournant de 1808 : la guerre d’Espagne complique la situation.
Explication :
Pour rendre le blocus continental plus efficace, Napoléon doit contrôler le Portugal et
l’Espagne. En 1807, les troupes françaises envahissent le Portugal, mais la situation se
complique rapidement en Espagne.
● Occupation de l’Espagne :
Napoléon convoque la famille royale espagnole à Bayonne en avril 1808, les force à
abdiquer et nomme son frère Joseph Bonaparte roi d’Espagne. Cependant, la
population espagnole se soulève rapidement contre cette occupation.
● Guérilla espagnole :
La guerre d’Espagne devient un véritable cauchemar pour Napoléon. La guérilla
menée par les Espagnols contre l’armée française use les forces napoléoniennes.
En même temps, les Britanniques débarquent au Portugal pour soutenir les insurgés.
Cette guerre marque le début du déclin de Napoléon, car elle mobilise de
nombreuses troupes et affaiblit ses ressources.
● Conflit avec la papauté :
En réaction au refus du pape d’appliquer le blocus contre le Royaume-Uni, Napoléon
annexe les États de l’Église en 1809 et exilie le pape. Cette rupture avec l’Église
catholique entraîne un mécontentement supplémentaire en Europe.
3. « Il n’y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne »
Explication :
Cette citation fait référence à la proximité entre le sommet du pouvoir (le Capitole) et la
chute (la Roche Tarpéienne). Elle est attribuée à Mirabeau par l’historien Vivien. Elle signifie
qu'après avoir atteint des sommets, Napoléon est proche de sa chute.
a) La victoire de Wagram (juillet 1809) rétablit l’autorité de Napoléon.
Explication :
En 1809, la Cinquième Coalition, menée par l'Autriche, tente de renverser Napoléon avec
l’aide du Royaume-Uni et la neutralité de la Russie. Napoléon réagit rapidement et remporte
une victoire décisive à Wagram en juillet 1809.
● Paix avec l’Autriche et mariage avec Marie-Louise :
Après cette victoire, Napoléon conclut la paix avec l’Autriche et renforce cette
alliance par un mariage avec Marie-Louise, la fille de l’empereur d’Autriche, en avril
1810. Napoléon répudie Joséphine, sa première épouse, car elle ne peut pas lui
donner d’héritier.
b) L’Empire de plus en plus réactionnaire.
Explication :
À mesure que Napoléon consolide son pouvoir, son régime devient de plus en plus
conservateur et hiérarchisé, rappelant les structures de l’Ancien Régime.
● Création d’une noblesse d’Empire (1808) :
Napoléon crée une nouvelle noblesse, en rétablissant des titres comme prince, duc,
comte, baron et chevalier. Cette noblesse est héréditaire, mais elle doit être
soutenue par la fortune (noblesse censitaire). La hiérarchie de cette noblesse est liée
aux fonctions dans l’État : un ministre est comte, un maire de grande ville est baron,
etc.
Environ 20 % de cette noblesse impériale provient de l’ancienne noblesse, 60 % de
la bourgeoisie, et 20 % des classes populaires, souvent par le biais de l’armée.
Cependant, cette noblesse ne satisfait ni les royalistes ni les républicains.
c) Le faux pas de la campagne de Russie (1812-1813) entraîne la chute de l’Empire.
Explication :
La campagne de Russie de 1812 est l'une des plus grandes erreurs stratégiques de
Napoléon. Elle montre les limites de sa domination militaire et marque le début de la chute
de l'Empire.
● Pourquoi la guerre contre la Russie ?
Bien que Napoléon et le tsar Alexandre Ier de Russie aient été alliés après le traité
de Tilsit en 1807, leurs intérêts divergent de plus en plus. Le principal point de
désaccord est le blocus continental contre le Royaume-Uni, que la Russie refuse
d’appliquer strictement, en raison de sa dépendance aux exportations de blé vers
l’Angleterre. Napoléon décide alors de préparer une offensive contre la Russie pour
forcer le tsar à se soumettre à ses exigences économiques.
● Une armée gigantesque :
Napoléon rassemble une immense armée de 400 000 hommes pour envahir la
Russie en 1812. Cependant, cette campagne est extrêmement risquée, car les vivres
ne sont prévus que pour 20 jours, dans l'espoir que la victoire serait rapide.
● Bataille de la Moskowa (Borodino) :
En septembre 1812, Napoléon remporte une victoire sanglante contre les Russes à
la bataille de Borodino (près de Moscou), mais elle est coûteuse en vies humaines et
ne parvient pas à briser complètement les forces russes. Napoléon parvient à entrer
à Moscou, mais les Russes l'ont incendiée avant leur retraite, privant l'armée
française des ressources nécessaires pour s'y installer confortablement.
● Retraite catastrophique :
Ne pouvant obtenir une capitulation russe ni des vivres à Moscou, Napoléon décide
de se replier en octobre 1812. La retraite devient une véritable débâcle lorsque l'hiver
russe s'installe : les températures chutent à -35°C, et les troupes françaises,
harcelées par les cosaques et mal équipées pour l'hiver, sont décimées. La traversée
du fleuve Bérézina en novembre 1812 est particulièrement tragique, avec la
destruction des ponts et la noyade de nombreux soldats français. Seuls 10 000
survivants réussissent à quitter la Russie.
● Conséquences :
La campagne de Russie coûte à Napoléon environ 400 000 hommes, soit des pertes
immenses qui affaiblissent considérablement son armée. Profitant de cette situation,
les ennemis de Napoléon forment une nouvelle coalition pour l'attaquer.
● Complot en France (fin 1812) :
En l'absence de Napoléon, un général nommé Malet tente un coup d'État en faisant
croire à la mort de l'Empereur en Russie. Ce complot échoue rapidement, mais il
montre la fragilité de la position de Napoléon en France à cette époque.
● Sixième Coalition :
Une nouvelle coalition formée par le Royaume-Uni, la Suède, la Prusse, l'Autriche et
la Russie se lance contre Napoléon. En 1813, il fait appel à la classe militaire pour
recruter de nouvelles troupes, mais ses forces sont désormais épuisées.
● Bataille de Leipzig (octobre 1813) :
Napoléon est vaincu à la bataille de Leipzig, également appelée la « Bataille des
Nations ». La coalition rassemble 320 000 soldats contre 160 000 hommes de
l’Empire. C’est une défaite majeure pour Napoléon, qui marque le début de la fin
pour son contrôle sur l’Europe. À la fin de 1813 et au début de 1814, Napoléon perd
plusieurs territoires : l’Espagne, la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique et l’Italie.
4. Le retour de Louis XVIII (1814) et de… Napoléon (les « cent jours »,
mars-juin 1815).
Explication :
Après les défaites successives de Napoléon en 1813 et 1814, les forces alliées envahissent
la France et Napoléon se retrouve en position de faiblesse.
● Les invasions alliées (1814) :
En 1814, les armées coalisées envahissent la France à partir de plusieurs directions.
Malgré des victoires locales de Napoléon au début de l'année, il ne peut contenir
l’avancée des troupes ennemies. Lyon capitule, Bordeaux se livre aux Alliés, et
l’impératrice Marie-Louise, accompagnée de son fils, fuit Paris en mars 1814.
Finalement, Paris capitule le 30 mars 1814, et le Sénat proclame la déchéance de
Napoléon le 2 avril.
● Abdication de Napoléon (6 avril 1814) :
Napoléon abdique à Fontainebleau en faveur de son fils, le Roi de Rome. Toutefois,
les Alliés refusent cette solution et imposent une abdication sans condition. Napoléon
est exilé sur l'île d'Elbe, une petite île méditerranéenne, où il conserve un titre de
souverain. Il fait ses adieux à la Garde impériale le 20 avril 1814, dans une scène
célèbre.
● Retour de Louis XVIII :
Louis XVIII, frère de Louis XVI, monte sur le trône de France. Bien que le régime de
Louis XVIII tente de concilier certains acquis de la Révolution (comme la
reconnaissance des libertés et des biens nationaux), il est mal accueilli. Les Français
perçoivent des signes inquiétants d’un retour à l’Ancien Régime, comme la mention
de la 19e année du règne de Louis XVIII sur ses actes, ce qui sous-entend que la
Révolution n'a jamais eu lieu.
● Les « cent jours » (mars-juin 1815) :
En février 1815, Napoléon s’échappe de l’île d'Elbe et débarque en France près de
Fréjus le 1er mars avec 700 soldats. Il emprunte la route des Alpes (connue
aujourd’hui sous le nom de « Route Napoléon ») pour éviter les forces royalistes
dans la vallée du Rhône. Progressivement, il rallie à lui la population et les soldats
envoyés pour l’arrêter. À Grenoble, puis à Lyon, il est acclamé par la population
ouvrière et les troupes de Ney, un général envoyé pour l’arrêter, se joignent à lui.
● Rentrée triomphale :
Le 20 mars 1815, Napoléon entre triomphalement à Paris tandis que Louis XVIII
s’enfuit à Gand, en Belgique. Les puissances européennes forment rapidement la
septième coalition pour affronter à nouveau Napoléon.
● Défaite finale à Waterloo (18 juin 1815) :
Napoléon rassemble une nouvelle armée, mais il est définitivement vaincu à la
bataille de Waterloo par les forces britanniques commandées par le duc de
Wellington et les Prussiens dirigés par le maréchal Blücher. C'est la fin de l'Empire et
la deuxième abdication de Napoléon.
● Exil à Sainte-Hélène :
Après sa défaite, Napoléon se rend aux Anglais, espérant un traitement honorable.
Mais cette fois, il est envoyé en exil sur l’île de Sainte-Hélène, une île isolée dans
l’Atlantique Sud. Il y meurt en 1821.
Conclusion.
Explication :
Avec la chute de Napoléon, une nouvelle ère commence pour la France : la Seconde
Restauration, marquée par le règne de Louis XVIII (jusqu’à sa mort en 1824) puis de
Charles X (jusqu’en 1830), tous deux frères de Louis XVI. Ces rois tentent de restaurer une
monarchie limitée, mais les idées révolutionnaires et les transformations sociales de la
France sont désormais irréversibles. La tension entre les monarchistes et les républicains
persiste jusqu’à la fin du XIXe siècle.