Les ACM-Module1
Les ACM-Module1
Introduction à l'Organisation
mondiale du commerce (OMC)
DURÉE ESTIMÉE: 2 heures
OBJECTIFS DU MODULE 1
Présenter:
▪ l'historique de l'OMC;
VII. RÉSUMÉ................................................................................................................. 53
2
I. INTRODUCTION A L'OMC
I.A. QU'EST-CE QUE L'"OMC"?
EN BREF
Le sigle OMC signifie Organisation mondiale du commerce. L'OMC a été créée en 1995 à
l'issue de négociations longues et intenses, tenues sous les auspices de l'Accord général sur les
tarifs douaniers et le commerce (GATT).
Les organisations internationales sont normalement constituées par des États souverains, et
c'est aussi le cas de l'OMC. La grande majorité des Membres de l'OMC sont des États; cependant,
les territoires douaniers distincts qui satisfont à certaines conditions peuvent aussi devenir
Membres de l'OMC (voir la section sur l'accession).
En fonction de leur niveau de développement, les Membres de l'OMC sont classés en "pays
développés Membres" ou "pays en développement Membres". En outre, certains pays en
développement Membres font partie des "pays les moins avancés" (PMA). Comme vous le verrez
dans le module 9, les dispositions qui s'appliquent aux pays en développement Membres
s'appliquent aux PMA Membres, mais ces derniers jouissent de droits additionnels.
[Link]
Le principe NPF est l'une des pierres angulaires de l'OMC. Il est énoncé à l'article premier du
GATT de 1994, qui sera étudié dans le module 2, à l'article II de l'Accord général sur le commerce
des services (AGCS) et à l'article 4 de l'Accord sur les ADPIC, qui seront étudiés dans les modules 6
et 7, respectivement. Comme nous le verrons, le principe est énoncé d'une façon légèrement
différente dans le texte de la disposition pertinente.
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PRINCIPE DU TRAITEMENT NATIONAL: ÉGALITÉ DES POSSIBILITÉS DE
CONCURRENCE ENTRE LES BIENS ET SERVICES NATIONAUX ET LES BIENS
ET SERVICES ÉTRANGERS
Conformément au principe du traitement national, un Membre de l'OMC ne peut pas favoriser
les produits nationaux par rapport aux produits importés sur son territoire. Ce principe est
énoncé à l'article III du GATT de 1994 et s'applique aussi, avec quelques différences, au commerce
des services (article XVII de l'AGCS) et à la protection de la propriété intellectuelle (article 3 de
l'Accord sur les ADPIC). Le principe du traitement national sera expliqué dans les modules 2
(marchandises), 6 (AGCS) et 7 (ADPIC).
TRANSPARENCE
Il est d'une importance fondamentale que les réglementations et les politiques des
Membres soient transparentes, afin que les négociants puissent s'adapter et exercer leurs
activités dans un cadre prévisible. Comme vous le verrez dans différents modules, les Membres de
l'OMC sont tenus d'informer l'OMC et les autres Membres de leurs mesures, politiques ou législations
spécifiques en présentant régulièrement des "notifications". Par ailleurs, l'OMC procède à un examen
périodique de la politique commerciale de chaque Membre dans le cadre du Mécanisme d'examen
des politiques commerciales (MEPC), qui sera expliqué dans le module 10.
5
Pourquoi le libre-échange?
Du point de vue économique, la justification d'un système commercial ouvert fondé sur des
règles convenues au niveau multilatéral non seulement relève du bon sens commercial, mais
elle est également étayée par l'évolution du commerce international et de la croissance
économique depuis la Seconde Guerre mondiale. Au cours des 25 années qui ont suivi la guerre,
en moyenne, le commerce mondial et l'économie mondiale ont enregistré une
croissance de quelque 8% et 5% par an, respectivement. Cette forte croissance
économique était en partie imputable à la réduction des obstacles au commerce, qui
montre qu'il y a un lien statistique entre libéralisation du commerce et croissance
économique.
D'après la théorie économique, ce lien s'explique par de bonnes raisons. Tous les pays, y
compris les plus pauvres, ont des ressources – humaines, industrielles, naturelles, financières
– qu'ils peuvent exploiter pour produire des biens et des services destinés à être vendus sur le
marché intérieur ou à l'étranger. La théorie économique nous enseigne que nous pouvons tirer
parti du commerce de ces biens et services. Le principe de l'"avantage comparatif", énoncé
par l'économiste classique David Ricardo au XXIXe siècle, signifie que les pays prospèrent
d'abord en tirant profit de leurs ressources pour concentrer leurs efforts sur ce qu'ils
peuvent produire dans les meilleures conditions, et ensuite en échangeant ces
produits contre ceux que d'autres pays produisent dans les meilleures conditions.
Le principe de l'avantage comparatif est la théorie économique la plus forte et la plus largement
acceptée qui sous-tend l'ouverture du commerce. À titre d'illustration, prenons un exemple
simple. Commençons par l'avantage absolu (un pays arrive à produire un bien avec une plus
grande efficience). Supposons que le pays A est mieux à même que le pays B de produire du
vin et que le pays B est mieux à même que le pays A de fabriquer des bicyclettes. Il serait
logique que chaque pays se spécialise dans la production pour laquelle il est le plus efficient et
que les deux pays échangent leurs produits. Dans cet exemple, le pays A se concentrera sur la
production de vin et importera des bicyclettes du pays B tandis que le pays B se concentrera
sur la production de bicyclettes et importera du vin du pays A.
Mais que se passe-t-il si un pays est moins efficient que les autres pays dans toutes les activités
de production? Peut-il quand même profiter du commerce? Selon le principe de l'"avantage
comparatif" de Ricardo, la réponse est toujours oui. Modifions un petit peu le scénario et
supposons que le pays A est meilleur que le pays B dans la production de vin et de bicyclettes.
Supposons aussi que le pays A est très nettement supérieur dans la production de vin et juste
un peu meilleur dans la fabrication de bicyclettes. Le pays A aurait toujours intérêt à investir
dans le domaine où il excelle – la production de vin – et à exporter ce produit vers le pays B,
qui devrait lui-même investir dans ce qu'il sait le mieux faire – les bicyclettes – et exporter ce
produit vers le pays A, même s'il n'est pas aussi efficient que lui. Les deux pays tireraient quand
même un avantage du commerce. Un pays n'a pas besoin d'être le meilleur dans un domaine
6
particulier pour profiter du commerce.
7
II. HISTORIQUE DE L'OMC: DU GATT À L'OMC
Bien que distincts sur le plan juridique, l'OMC et le GATT sont liés entre eux.
EN BREF
Le GATT est un accord commercial international conclu en 1947. Il énonce les règles et
les obligations qui ont régi pendant près de cinquante ans le commerce des marchandises entre
les "PARTIES CONTRACTANTES". De 1948 à 1994, avant la création de l'OMC, le GATT a
constitué le cadre juridique régissant l'essentiel du commerce mondial.
La négociation du GATT remonte aux années 1940. Elle faisait partie du projet d'après-guerre visant
à élaborer un système multilatéral de commerce mondial grâce à l'élimination de la discrimination,
la réduction des droits de douane et le démantèlement des autres obstacles au commerce. L'objectif
initial était de créer une Organisation internationale du commerce (l'OIC), chargée du volet
commercial de la coopération économique internationale, aux côtés des deux institutions de "Bretton
Woods", la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).
Le GATT n'était pas censé être une organisation internationale et ne devait être qu'un accord
subsidiaire relevant de la charte de l'OIC (Charte de la Havane). Mais l'OIC n'a pas vu le jour et le
GATT est entré en vigueur au moyen d'un protocole provisoire qui a été signé le 30 octobre 1947 et
qui a pris effet le 1er janvier 1948. Les pays signataires du Protocole étaient convenus d'appliquer
les dispositions du GATT jusqu'à ce que l'OIC puisse se charger de l'administration de l'Accord. Ainsi,
pendant 47 ans, le GATT a été une organisation internationale de facto, qui exerçait
certaines des fonctions initialement assignées à l'OIC.
Le dernier cycle, généralement appelé "Cycle d'Uruguay", s'est déroulé de 1986 à 1994 et a conduit
à la création de l'OMC en 1994. Le Cycle d'Uruguay a permis de réaliser la plus grande réforme du
système commercial mondial depuis l'établissement du GATT. Depuis 1995, l'OMC joue le rôle
d'une organisation internationale en charge des règles commerciales. Le tableau ci-dessous
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indique les cycles de négociations, les domaines couverts et le nombre de parties contractantes
ayant participé à chaque cycle.
1973-1979 Genève, Tokyo Round Droits de douane, mesures non tarifaires, 102
"accords-cadres":
premières négociations sur les obstacles
non tarifaires;
établissement de codes plurilatéraux (sur
les obstacles techniques au commerce
(code de normalisation), les mesures
antidumping, etc.); et
adoption de la Clause d'habilitation
– c'est-à-dire de la Décision sur le
traitement différencié et plus favorable, la
réciprocité et la participation plus
complète des pays en voie de
développement".
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Les participants au Cycle d'Uruguay ont achevé le Cycle en adoptant l'"Acte final reprenant les
résultats des négociations commerciales multilatérales du Cycle d'Uruguay" (l'"Acte final), qui
renvoie à l'"Accord de Marrakech instituant l'Organisation Mondiale du Commerce" ("l'Accord
instituant l'OMC") et de ses quatre annexes, présentées plus loin (voir la section V.H. "Aperçu des
Accords de l'OMC"). Le GATT existe toujours en tant que traité de l'OMC pour le commerce des
marchandises. Dans ce cours, l'Accord instituant l'OMC et ses Annexes seront appelés comme "les
Accords de l'OMC".
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III. OBJECTIFS DE L'OMC
EN BREF
Dans le Préambule de l'Accord instituant l'OMC, les parties à l'Accord énoncent les objectifs
qu'elles souhaitent atteindre au moyen du système commercial multilatéral:
Les parties à l'Accord reconnaissent en outre qu'il est nécessaire de faire "des efforts positifs
pour que les pays en développement, et en particulier les moins avancés d'entre eux,
s'assurent une part de la croissance du commerce international qui corresponde aux
nécessités de leur développement économique".
Reconnaissant que leurs rapports dans le domaine commercial et économique devraient être
orientés vers le relèvement des niveaux de vie, la réalisation du plein emploi et d'un niveau
élevé et toujours croissant du revenu réel et de la demande effective, et l'accroissement de la
production et du commerce de marchandises et de services, tout en permettant l'utilisation
optimale des ressources mondiales conformément à l'objectif de développement durable, en
vue à la fois de protéger et préserver l'environnement et de renforcer les moyens d'y parvenir
d'une manière qui soit compatible avec leurs besoins et soucis respectifs à différents niveaux
de développement économique,
Reconnaissant en outre qu'il est nécessaire de faire des efforts positifs pour que les pays en
développement, et en particulier les moins avancés d'entre eux, s'assurent une part de la
croissance du commerce international qui corresponde aux nécessités de leur développement
économique,
Désireuses de contribuer à la réalisation de ces objectifs par la conclusion d'accords visant, sur
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une base de réciprocité et d'avantages mutuels, à la réduction substantielle des tarifs douaniers
et des autres obstacles au commerce et à l'élimination des discriminations dans les relations
commerciales internationales, …
Résolues, par conséquent, à mettre en place un système commercial multilatéral intégré, plus
viable et durable, englobant l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, les
résultats des efforts de libéralisation du commerce entrepris dans le passé, et tous les résultats
des Négociations commerciales multilatérales du Cycle d'Uruguay,
Les objectifs de l'OMC ne sont pas fondamentalement différents de ceux qui sont énoncés dans le
Préambule du GATT de 1947, dont le préambule fait également état des objectifs du relèvement des
niveaux de vie, de la réalisation du plein emploi et d'un niveau élevé et toujours croissant du revenu
réel et de la demande effective, de la pleine utilisation des ressources mondiales et de
l'accroissement de la production et des échanges de produits. Ainsi, les Membres ont reconnu
l'importance d'assurer la continuité avec le système antérieur du GATT. Il faut souligner que, bien
que les objectifs de l'OMC ne mentionnent pas la libéralisation du commerce comme moyen
d'établir le libre-échange entre les Membres, les rédacteurs ont considéré que "la réduction
substantielle des tarifs douaniers et des autres obstacles au commerce et l'élimination des
discriminations dans les relations commerciales internationales" étaient des mesures importantes
pour atteindre les objectifs de l'OMC. L'expansion du commerce n'est donc pas considérée
comme une fin en soi, mais comme un moyen de promouvoir la croissance et le
développement.
L'OMC ajoute trois nouvelles dimensions aux objectifs énoncés dans le Préambule du GATT
de 1947, à savoir:
12
commerce international qui corresponde aux nécessités de leur développement
économique".
Le Préambule de l'Accord instituant l'OMC constitue une mise en contexte importante pour
l'interprétation des Accords de l'OMC.
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IV. FONCTIONS DE L'OMC
EN BREF
en coopérant avec le FMI et la Banque mondiale en vue d'assurer une plus grande
cohérence dans l'élaboration des politiques économiques au niveau mondial; et
L'article III de l'Accord instituant l'OMC explique les fonctions de l'Organisation, qui sont
notamment les suivantes:
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Un différend survient lorsqu'un ou plusieurs Membres estiment qu'un autre Membre agit d'une
manière qui est incompatible avec ses obligations au titre des Accords de l'OMC, et considère qu'un
avantage résultant pour lui, directement ou indirectement, des Accords de l'OMC se trouve
compromis par des mesures prises par cet autre Membre. Lorsque les Membres ne peuvent pas
trouver une solution mutuellement convenue à un différend au titre de l'un des Accords de l'OMC
visés par le Mémorandum d'accord, ils peuvent avoir recours au mécanisme de règlement des
différends de l'OMC. Nous étudierons ce mécanisme dans le module 10.
L'examen est effectué par l'Organe d'examen des politiques commerciales, qui est en fait le Conseil
général de l'OMC – composé de tous les Membres – agissant selon des procédures spéciales. Les
examens sont donc essentiellement des évaluations par les pairs. Le MEPC sera expliqué en détail
dans le module 10.
Aux termes de l'article V de l'Accord instituant l'OMC, il incombe également à l'OMC de "conclure des
arrangements appropriés pour assurer une coopération efficace avec les autres organisations
intergouvernementales qui ont des fonctions en rapport avec celles de l'OMC"; de plus, l'OMC a la
possibilité de consulter "les organisations non gouvernementales s'occupant de questions en rapport
avec celles dont [elle] traite" et de coopérer avec ces organisations.
15
IV.F. ASSISTANCE TECHNIQUE
À la Conférence ministérielle de Doha de novembre 2001, les Membres ont confirmé que la
coopération technique et le renforcement des capacités étaient des éléments centraux de la
dimension développement du système commercial multilatéral. Ainsi, ils ont donné pour instruction
au Secrétariat de l'OMC, en coordination avec les autres organismes pertinents, d'appuyer les efforts
faits sur le plan national pour intégrer le commerce dans les plans nationaux de développement
économique et les stratégies de réduction de la pauvreté.
Les Membres ont indiqué que la fourniture de l'assistance technique par l'OMC doit être conçue pour
aider les pays en développement, les pays les moins avancés et les pays en transition à faible revenu
à s'ajuster aux règles et disciplines de l'OMC, à mettre en œuvre leurs obligations et à exercer leurs
droits en tant que Membres, y compris en exploitant les avantages d'un système commercial
multilatéral ouvert, fondé sur des règles (Déclaration ministérielle de Doha, paragraphe 38).
EXERCICES
6. Qu'est-ce que le "mandat relatif à la cohérence"? À quel article de l'Accord instituant l'OMC
est-il prévu? Quelle est la principale raison pour laquelle l'Accord instituant l'OMC confère à
l'OMC un "mandat relatif à la cohérence"?
7. Quel est le cycle de négociations commerciales au cours duquel les services ont été inclus
pour la première fois à titre d'élément visé par le système commercial multilatéral?
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V. STRUCTURE ORGANISATIONNELLE DE L'OMC
L'OMC est une organisation conduite par ses Membres. Ceux-ci ont doté l'Organisation
d'une structure opérationnelle qui leur permet de surveiller la mise en œuvre de l'Accord
sur l'OMC et l'évolution de l'Organisation. Tous les Membres de l'OMC peuvent participer à tous
les conseils, comités et organes, à l'exception de l'Organe d'appel, aux groupes spéciaux chargés du
règlement des différends, à l'Organe de supervision des textiles et aux comités plurilatéraux. Le
Secrétariat de l'OMC est composé de fonctionnaires internationaux et sa principale tâche est de
fournir un soutien technique et spécialisé aux Membres en rapport avec les diverses fonctions de
l'OMC.
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EN BREF
Le deuxième échelon dans la structure décisionnelle de l'OMC est le Conseil général, qui
est aussi composé de représentants de tous les Membres, généralement des
ambassadeurs et des représentants permanents en poste à Genève. Il adopte les décisions
au nom de la Conférence ministérielle pour toutes les questions intéressant l'OMC
lorsque la Conférence ne siège pas. Il se réunit également en tant qu'Organe d'examen des
politiques commerciales (OEPC) et Organe de règlement des différends (ORD).
Enfin, le Secrétariat de l'OMC, qui est dirigé par un directeur général nommé par la Conférence
ministérielle, n'a aucun pouvoir décisionnel. Ses principales fonctions sont, entre autres,
d'apporter un soutien technique et spécialisé aux divers conseils et comités, de fournir
une assistance technique aux pays en développement et d'offrir un soutien
administratif dans le cadre du processus de règlement des différends. Contrairement
aux organes de l'OMC mentionnés ci-dessus, le personnel du Secrétariat de l'OMC est composé
de fonctionnaires internationaux qui, dans l'accomplissement de leurs tâches, ne peuvent ni
solliciter ni accepter d'instructions d'aucun gouvernement ni d'aucune autorité extérieure à
l'OMC.
commerce et investissement;
Les Ministres ont en outre adopté le Plan d'action global et intégré de l'OMC en faveur des
pays les moins avancés (PMA) (WT/MIN(96)/14), qui a servi de base à un effort coordonné visant
à faciliter l'intégration des PMA dans l'économie mondiale. Ce plan d'action a été suivi en 1997 par
une réunion de haut niveau sur l'assistance aux PMA, organisée par l'OMC en collaboration avec la
Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le Centre du
commerce international (CCI), la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD) et le FMI. Cette réunion a conduit à la mise en place d'un partenariat
multilatéral destiné à aider les PMA: le Cadre intégré renforcé (CIR).
Par ailleurs, certains Membres ont adopté une Déclaration ministérielle plurilatérale sur le commerce
des produits des technologies de l'information (Accord sur les technologies de l'information (ATI) –
WT/MIN(96)/16), en vue de développer le commerce de ces produits. Cela a amené les
participants à prendre des décisions unilatérales pour améliorer les possibilités d'accès aux marchés
pour les produits des technologies de l'information (sur une base NPF).
Les Ministres ont en outre adopté une Déclaration sur le commerce électronique mondial
(WT/MIN(98)/DEC/2), qui a marqué l'ouverture de discussions sur un programme de travail
complet pour examiner toutes les questions d'ordre commercial relatives au commerce électronique
mondial. Ils se sont également engagés à continuer à ne pas imposer de droits de douane sur les
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transmissions électroniques (moratoire relatif à l'imposition de droits de douane sur les
transmissions électroniques).
À la troisième Conférence ministérielle de l'OMC, qui s'est tenue à Seattle en décembre 1999, les
Ministres n'ont pu parvenir à un accord pour adopter une quelconque décision ou
déclaration.
À la quatrième Conférence ministérielle de l'OMC, qui s'est tenue à Doha en novembre 2001, les
Ministres sont convenus de lancer de nouvelles négociations et ont réitéré leur détermination à
travailler sur d'autres questions, en particulier sur celle de la mise en œuvre des Accords de l'OMC.
Ils ont adopté une Déclaration ministérielle (WT/MIN(01)/DEC/1, ''Déclaration de Doha'') qui a
marqué le lancement du "Programme de Doha pour le développement" (PDD) comportant un
programme de travail énumérant 21 thèmes de négociation devant se dérouler au Comité
des négociations commerciales et de ses organes subsidiaires et au sein d'autres conseils et comités
de l'OMC. Tous ces thèmes de négociation font partie d'un "engagement unique", ce qui veut dire
concrètement que "rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu" (voir la section V.H.2.1 pour
plus de précisions).
Le programme de travail figurant dans la Déclaration ministérielle de Doha s'articule autour des
thèmes suivants:
accès aux marchés pour les produits non agricoles (AMNA) (paragraphe 16);
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interaction du commerce et de la politique de la concurrence (paragraphes 23 à 25, l'une des
questions de Singapour);
transparence des marchés publics (paragraphe 26, l'une des questions de Singapour);
règles de l'OMC: clarifier et améliorer les disciplines relatives aux mesures antidumping, aux
subventions et aux mesures compensatoires, et aux accords commerciaux régionaux (ACR)
(paragraphes 28 et 29);
2. PAYS EN DÉVELOPPEMENT
Les Ministres ont souligné qu'il était important de veiller à ce que les pays en développement,
et en particulier les moins avancés d'entre eux, s'assurent une part de la croissance du
commerce mondial qui corresponde aux besoins de leur développement économique
(paragraphes 2 et 3). Pour atteindre cet objectif, plusieurs mandats ont été définis dans la
Déclaration de Doha. Ces mandats sont notamment les suivants:
s'engager en faveur de l'objectif d'un accès aux marchés en franchise de droits et sans
contingent pour les produits originaires des PMA et s'engager à envisager des mesures
additionnelles qui permettent d'apporter des améliorations progressives à l'accès aux
marchés pour les PMA (paragraphes 42 et 43); et
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réexaminer toutes les dispositions relatives au traitement spécial et différencié qui confèrent
des droits spéciaux aux pays en développement en vue de renforcer ces dispositions et de
les rendre plus précises, plus effectives et plus opérationnelles (paragraphe 44).
Les Ministres ont approuvé une décision qui avait trait aux difficultés particulières
qu'éprouvaient les pays en développement Membres pour mettre en œuvre plusieurs
dispositions des Accords de l'OMC. À Doha, les Ministres ont adopté une cinquantaine de
décisions relatives aux obligations des pays en développement Membres dans des domaines comme
l'agriculture, les subventions, les obstacles techniques au commerce (OTC), les mesures
concernant les investissements et liées au commerce (MIC) et les règles d'origine. Les
questions et préoccupations liées à la mise en œuvre étaient exposées au paragraphe 12 de la
Déclaration de Doha, dans une décision ministérielle distincte, la ''Décision sur les questions et
préoccupations liées à la mise en œuvre'' (WT/MIN(01)/17), et dans une "compilation des
questions de mise en œuvre en suspens soulevées par les Membres" (JOB(01)/152/Rev.1).
Les Ministres ont adopté une démarche à deux volets pour les questions liées à la mise en œuvre:
les questions pour lesquelles il existait un mandat de négociation convenu devaient être traitées
dans le cadre de ce mandat. Les autres questions en suspens pour lesquelles il n'y avait pas de
mandat de négociation devaient être examinées "de manière prioritaire" par les conseils et comités
pertinents de l'OMC.
Dans la Déclaration, il est instamment demandé au Conseil des ADPIC de trouver une solution aux
problèmes auxquels les pays peuvent être confrontés lorsqu'ils recourent aux licences obligatoires
s'ils ont des capacités de fabrication pharmaceutique trop faibles ou s'ils n'en ont pas (cela a été fait
en août 2003, voir le module 7 – Accord sur les ADPIC). La déclaration proroge également jusqu'au
1er janvier 2016 la date limite pour l'application par les PMA des dispositions relatives aux brevets
et à la protection des renseignements non divulgués concernant les produits pharmaceutiques.
22
c. Décisions concernant les dérogations
Les Ministres ont adopté une Décision portant octroi d'une dérogation concernant l'Accord de
partenariat CE-ACP, qui autorisait l'UE (les Communautés européennes (CE) à cette époque) à
continuer d'accorder un traitement tarifaire préférentiel aux produits en provenance des pays
d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) jusqu'au 31 décembre 2007 (WT/MIN(01)/15). En
vertu d'une autre décision, les CE ont également été autorisées à attribuer un contingent tarifaire
distinct de 750 000 tonnes pour les bananes d'origine ACP jusqu'au 31 décembre 2005
(WT/MIN(01)/16). Ces deux décisions ou dérogations habilitaient les CE à se soustraire à
certaines de leurs obligations au titre des Accords de l'OMC. On trouvera une brève explication de
ce qu'est une "dérogation" dans la section V.F.2 (le processus décisionnel à l'OMC).
Plusieurs autres décisions ont été adoptées lors de la quatrième session de la Conférence
ministérielle.
Après l'impasse à laquelle a abouti la Conférence ministérielle de Cancún, les Membres de l'OMC
réunis à Genève se sont efforcés de relancer les négociations et le reste du programme de travail.
Les travaux se sont intensifiés au premier semestre de 2004, mais de véritables progrès n'ont été
visiblement accomplis que le 1er août 2004: le Conseil général a alors adopté une série de décisions
(parfois appelée l'''Ensemble de résultats de juillet 2004'' – WT/L/579), qui excluait toutes les
questions de Singapour, sauf la facilitation des échanges, de la table des négociations. Le
Conseil général a réaffirmé les Déclarations et Décisions ministérielles adoptées à Doha et
l'engagement sans réserve des Membres de donner pleinement effet à ces décisions et déclarations,
et est convenu d'un cadre pour centrer les négociations et les élever à un nouveau niveau.
23
La Conférence a débouché sur l'adoption d'une Déclaration ministérielle (WT/MIN(05)/DEC)
réaffirmant les déclarations et décisions ministérielles adoptées à Doha et la Décision du Conseil
général du 1er août 2004 – l'"Ensemble de résultats de juillet 2004''.
La Déclaration ministérielle de Hong Kong faisait état des progrès réalisés sur un certain nombre de
questions, dont les suivantes:
un accord sur l'élimination de toutes les subventions à l'exportation dans l'agriculture d'ici à
la fin de 2013 (paragraphe 6);
un accord sur l'accès en franchise de droits et sans contingent aux marchés des pays
développés pour le coton en provenance des PMA (paragraphe 11);
un accord sur l'octroi par les pays développés Membres et les pays en développement
Membres qui sont en mesure de le faire d'un accès à leurs marchés en franchise de droits et
sans contingent pour au moins 97% des produits originaires des PMA Membres
(paragraphe 47);
un cadre relatif à des modalités complètes dans les domaines de l'agriculture et de l'AMNA
(paragraphes 4 et 13); et
dans le domaine des services, un accord sur un texte montrant concrètement la voie à
suivre dans les négociations (paragraphe 25).
Les Ministres sont également convenus de créer à l'OMC un nouveau programme de travail sur
l'"Aide pour le commerce" qui devait viser à aider les pays en développement, en particulier les
PMA, à se doter de la capacité du côté de l'offre et de l'infrastructure liée au commerce dont ils
avaient besoin pour les aider à mettre en œuvre les Accords de l'OMC et en tirer profit et, plus
généralement, pour accroître leur commerce (Déclaration de Hong Kong, paragraphe 57).
Les Ministres se sont réunis à nouveau fin juin 2006 pour faire progresser et, si possible, conclure
les négociations au titre du PDD; cependant, aucun accord n'est sorti des réunions. Pour de plus
amples renseignements sur ces négociations, voir la partie V.G "Négociations: le Programme de
Doha pour le développement".
Cette conférence ministérielle ne constituait pas une session de négociation, mais elle a permis aux
Ministres d'examiner le fonctionnement de l'OMC, y compris les négociations du Cycle de Doha. Il y
a eu une forte convergence sur l'importance du commerce et du Cycle de Doha pour la reprise
économique et la réduction de la pauvreté dans les pays en développement. Les Ministres ont
réaffirmé la nécessité de conclure le Cycle en 2010 et de faire un bilan de la situation pendant le
24
premier trimestre de 2010. Il a été signalé que, même si la priorité était donnée à l'accès aux
marchés pour les produits non agricoles (AMNA), il était important de progresser sur les autres
points du programme de travail, y compris les services, les règles et la facilitation des échanges.
Les Membres ont également eu des discussions très approfondies sur un large éventail de questions,
du suivi et de la surveillance aux questions qui intéressent particulièrement les PMA, en passant par
les accessions, les accords commerciaux régionaux et l'Aide pour le commerce.
Agriculture
1
Cette décision prévoyait l'adoption d'un Protocole d'amendement (le Protocole) pour insertion de
l'Accord sur la facilitation des échanges dans l'Annexe 1A de l'Accord sur l'OMC. Le 27 novembre 2014, le
Conseil général a adopté le Protocole et l'a ouvert à l'acceptation des Membres. Le 22 février 2017, le
premier accord multilatéral de l'OMC est entré en vigueur.
25
Services de caractère général – Décision ministérielle – WT/MIN(13)/37-WT/L/912
Coton
Règles d'origine préférentielles pour les pays les moins avancés – Décision ministérielle –
WT/MIN(13)/42-WT/L/917
Accès aux marchés en franchise de droits et sans contingent pour les pays les moins avancés
– Décision ministérielle – WT/MIN(13)/44-WT/L/919
26
Déclaration ministérielle de Nairobi – WT/MIN(15)/DEC
Paquet de Nairobi
Agriculture
Mécanisme de sauvegarde spéciale en faveur des pays en développement Membres –
WT/MIN(15)/43-WT/L/978 – note d'information
Coton
Coton – Décision ministérielle – WT/MIN(15)/46-WT/L/981 – note d'information
Plaintes en situation de non-violation ou motivées par une autre situation dans le domaine
des ADPIC – Décision ministérielle – WT/MIN(15)/41-WT/L/976 – note d'information
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Les décisions suivantes ont été adoptées:
Plaintes en situation de non-violation ou motivées par une autre situation dans le domaine
des ADPIC – Décision ministérielle – WT/MIN(17)/66 – note d'information
En outre, des groupes de Membres partageant les mêmes idées ont publié des déclarations
conjointes en vue de faire avancer les discussions sur le commerce électronique, d'élaborer un cadre
multilatéral sur la facilitation de l'investissement, de créer un groupe de travail sur les micro, petites
et moyennes entreprises (MPME) et de faire avancer les discussions en cours sur la réglementation
intérieure dans le domaine du commerce des services. Ces groupes, qui ne relèvent pas d'un
processus de l'OMC convenu au niveau multilatéral, sont ouverts à tous les Membres de l'OMC.2
en tant qu'Organe de règlement des différends (ORD) (article IV:3 de l'Accord instituant
l'OMC), avec un président différent, pour administrer le Mécanisme de règlement des
différends conformément aux règles et procédures énoncées dans le Mémorandum d'accord
sur le règlement des différends (Mémorandum d'accord). L'ORD a le pouvoir d'établir des
groupes spéciaux, d'adopter les rapports des groupes spéciaux et de l'Organe d'appel, de
surveiller la mise en œuvre des décisions et recommandations, et d'autoriser la suspension
de concessions ou d'autres obligations résultant des accords pour lesquels les différends
peuvent être réglés conformément au Mémorandum d'accord ("accords visés") (article 2 du
2
En décembre 2021, les participants aux discussions sur la réglementation intérieure dans le domaine
du commerce des services ont annoncé l'aboutissement des négociations dans le cadre de l'Initiative conjointe
sur la réglementation intérieure dans le domaine des services (Déclaration sur la conclusion des négociations
sur la réglementation intérieure dans le domaine des services, document WT/L/1129 du 2 décembre 2021).
28
Mémorandum d'accord). Le Mécanisme de règlement des différends de l'OMC sera présenté
dans le module 10, en même temps que le MEPC.
Le Conseil du commerce des marchandises (aussi appelé Conseil des marchandises), qui
supervise toutes les questions relatives aux Accords sur le commerce des marchandises. Le
Conseil des marchandises chapeaute 12 comités subsidiaires qui travaillent chacun sur un
sujet précis (agriculture, accès aux marchés, subventions et mesures antidumping, par
exemple). Ces comités sont composés de représentants de tous les Membres. Le Conseil des
marchandises a également un groupe de travail subsidiaire, le Groupe de travail des
entreprises commerciales d'État, qui est ouvert à tous les Membres. En outre, le Comité des
participants sur l'expansion du commerce des produits des technologies de l'information, un
organe plurilatéral, informe le Conseil des marchandises de ses activités.
Le Conseil du commerce des services (aussi appelé Conseil de l'AGCS), qui supervise
toutes les questions relatives à l'AGCS. Le Conseil des services a des comités subsidiaires qui
s'occupent des questions relatives aux services financiers et aux engagements spécifiques,
ainsi que des groupes de travail subsidiaires sur la réglementation intérieure et les règles de
l'AGCS. Cependant, le nombre de ses organes subsidiaires n'est pas fixe. Par exemple, le
Groupe de négociation sur les télécommunications de base a été dissous en février 1997
lorsque ses travaux ont pris fin.
Les entités suivantes relèvent également du Conseil général: les Groupes de travail de
l'accession, qui sont créés lorsqu'un État ou un territoire douanier distinct négocie officiellement
son accession à l'OMC; et le Groupe de travail du commerce, de la dette et des finances, et le
29
Groupe de travail du commerce et du transfert de technologie, qui ont été établis par la
Conférence ministérielle de Doha.
Deux autres organes subsidiaires s'intéressant aux accords plurilatéraux (qui ne sont pas signés par
tous les Membres de l'OMC – voir la section V.H – les Accords de l'OMC), soit le Comité du
commerce des aéronefs civils et le Comité des marchés publics, tiennent le Conseil général
régulièrement informé de leurs activités (article IV:8 de l'Accord instituant l'OMC).
En résumé, les comités et groupes de travail qui s'occupent de questions spécifiques et qui relèvent
du Conseil général sont les suivants:
Comité du commerce des aéronefs civils (comité plurilatéral qui informe le Conseil général de
ses activités); et
Comité des marchés publics (comité plurilatéral qui informe le Conseil général de ses
activités).
30
V.E. LE SECRÉTARIAT DE L'OMC
L'article VI de l'Accord instituant l'OMC prévoit l'établissement d'un Secrétariat de l'OMC (ci-après
dénommé le "Secrétariat"), dirigé par un Directeur général qui est nommé par la Conférence
ministérielle. Le Secrétariat se trouve à Genève et emploie environ 630 fonctionnaires. Comme les
décisions ne sont prises que par les Membres, le Secrétariat n'a aucun pouvoir de décision. Ses
principales tâches sont d'apporter aux divers conseils et comités un appui technique et professionnel,
de fournir une assistance technique aux pays en développement, de suivre et d'analyser l'évolution
du commerce mondial, d'informer le public et la presse et d'organiser les conférences ministérielles.
En outre, le Secrétariat offre un soutien administratif dans le cadre du processus de règlement des
différends et conseille les gouvernements qui souhaitent devenir Membres de l'OMC.
EN BREF
L'OMC perpétue la pratique du GATT qui consiste à adopter les décisions par consensus plutôt
qu'en les mettant aux voix. Lorsqu'un consensus n'est pas possible, l'Accord sur l'OMC
prévoit la possibilité de mettre la question aux voix – Les décisions de la Conférence
ministérielle et du Conseil général sont prises à la majorité des votes émis, chaque Membre
disposant d'une voix.
V.F.1. CONSENSUS
L'OMC est une organisation conduite par ses Membres où les décisions sont prises par consensus.
L'article IX:1 de l'Accord instituant l'OMC prévoit ce qui suit: "L'OMC conservera la pratique de prise
de décisions par consensus suivie en vertu du GATT de 1947." Le consensus est défini à l'article IX
(note de bas de page 1) de l'Accord sur l'OMC, qui dispose ce qui suit: "L'organe concerné sera
31
réputé avoir pris une décision par consensus sur une question dont il a été saisi si aucun Membre,
présent à la réunion au cours de laquelle la décision est prise, ne s'oppose formellement
à la décision proposée."
L'article IX de l'Accord instituant l'OMC envisage le recours au vote dans les cas où il n'est pas
possible d'arriver à une décision par consensus, c'est-à-dire dans les cas suivants.
a. Interprétations
Les Membres de l'OMC réunis dans le cadre de la Conférence ministérielle ou du Conseil général
peuvent adopter, à la majorité des trois quarts, une interprétation de l'Accord instituant l'OMC
ou des accords commerciaux multilatéraux (article IX:2 de l'Accord instituant l'OMC).
S'agissant d'une interprétation d'un accord commercial multilatéral figurant à l'Annexe 1, ils
exerceront leur pouvoir en se fondant sur une recommandation du Conseil qui supervise le
fonctionnement dudit accord.
b. Dérogations
Dans des circonstances exceptionnelles, la Conférence ministérielle pourra décider, à une majorité
des trois quarts des Membres, d'accorder à un Membre une dérogation à une des obligations
qui lui sont imposées par l'Accord instituant l'OMC ou par l'un des accords commerciaux
multilatéraux (article IX:3 de l'Accord instituant l'OMC).
c. Amendements
Au titre de l'article X de l'Accord instituant l'OMC, tout Membre de l'OMC peut prendre l'initiative
d'une proposition d'amendement des dispositions de l'Accord instituant l'OMC ou des
accords commerciaux multilatéraux figurant à l'Annexe 1 en présentant ladite proposition à
la Conférence ministérielle, qui décidera par consensus de présenter aux Membres, pour acceptation,
32
l'amendement proposé. En l'absence de consensus, la Conférence ministérielle décidera, à une
majorité des deux tiers des Membres, de présenter ou non aux Membres, pour acceptation,
l'amendement proposé.
Les règles applicables aux décisions concernant les amendements varient selon la disposition faisant
l'objet de l'amendement. Les amendements de certaines dispositions des Accords de l'OMC (par
exemple l'article IX de l'Accord instituant l'OMC, l'article Ier – Principe NPF – et l'article II:1 – Listes
de concessions – du GATT de 1994) ne prennent effet que lorsqu'ils sont acceptés par tous les
Membres.
d. Accession
L'article XII de l'Accord instituant l'OMC dispose que les décisions relatives à l'accession de
nouveaux Membres à l'OMC sont prises par la Conférence ministérielle, qui approuve l'accord
concernant les modalités d'accession à une majorité des deux tiers des Membres (en réalité, les
décisions sur l'accession ont été prises par consensus, conformément à la pratique de l'OMC).
33
NOTE
Dans les cas où l'Union européenne (UE) exerce son droit de vote, elle dispose d'un nombre de
voix égal au nombre de ses États membres qui sont Membres de l'OMC.
Tous les Membres de l'OMC sont représentés dans certaines réunions informelles, comme celles des
chefs de délégation. Cependant, les questions difficiles sont examinées au sein de groupes plus
restreints. Ainsi, le président d'un groupe de négociation peut tenter de trouver un compromis en
tenant des consultations avec les délégations prises par deux ou trois, ou par groupe de 20 ou 30
délégations, pour garantir la représentation de tout l'ensemble des vues et des intérêts des
Membres. Il peut être nécessaire que la participation soit à géométrie variable selon les questions
examinées.
Ces réunions restreintes doivent être menées avec doigté. L'essentiel est de faire en sorte que
le processus soit transparent, en tenant chaque délégation informée même si elle n'assiste pas
directement à une consultation ou à une réunion particulière, et que chacun ait la possibilité de
participer ou d'apporter sa contribution (le processus doit être "ouvert à tous").
Certaines réunions ont lieu dans le "Salon vert". L'expression "Salon vert" vient de l'appellation
informelle de la salle de conférence du Directeur général située dans le bâtiment de l'OMC. Elle
désigne des réunions de 20 à 40 délégations qui sont convoquées par le président d'un comité ou
par le Directeur général et qui peuvent avoir lieu ailleurs, par exemple lors des Conférences
ministérielles.
En fin de compte, les décisions doivent être prises par tous les Membres et par consensus
dans la pratique. Cependant, les consultations informelles jouent un rôle déterminant,
dans l'établissement d'un consensus, pour faciliter l'adoption de décisions formelles dans
les conseils et comités. C'est dans le cadre des réunions formelles que des échanges de vues ont
lieu, que les positions de tous les Membres sont consignées et que les décisions sont finalement
adoptées. Ces réunions formelles et informelles constituent la base des négociations à l'OMC.
34
négociations et ont adopté le Programme de Doha pour le développement et le programme de
travail connexe.
Dans la Déclaration ministérielle de Doha, il était demandé aux Membres de créer le CNC pour
superviser les négociations sous l'autorité du Conseil général. Comme nous l'avons expliqué
précédemment, tous les thèmes de négociation font partie d'un "engagement unique", ce qui
signifie concrètement que "rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu" (voir la
section V.H.2.1 pour plus de précisions).
négociations sur les questions de mise en œuvre en suspens: dans le cadre des
organes pertinents, conformément au paragraphe 12 de la Déclaration ministérielle de
Doha.
Au sein des organes existants en session extraordinaire, les négociations dans des domaines
tels que le règlement des différends, les indications géographiques et le commerce et
l'environnement se sont essoufflées, mais les Membres poursuivent les discussions dans le domaine
de l'agriculture (soutien interne, accès aux marchés, concurrence à l'exportation et restrictions à
l'exportation, coton, mécanisme de sauvegarde spéciale et détention de stocks publics à des fins de
sécurité alimentaire). Au sein des groupes de négociation, les négociations sur l'AMNA ont ralenti,
35
mais les Membres négocient activement afin de parvenir à un accord sur les subventions à la
pêche.
Par ailleurs, les Membres ont également engagé, au sein des différents conseils et comités, des
discussions sur d'autres sujets tels que le commerce électronique, les plaintes en situation de
non-violation ou motivées par une autre situation dans le domaine des ADPIC, la concession de
licences obligatoires, les ADPIC et la santé publique, les petites économies, les petites et moyennes
entreprises (PME), l'égalité des genres et l'émancipation économique des femmes.
36
EXERCICES
a) Conseil général;
b) Comité de l'agriculture;
d) Conférence ministérielle.
a) Conseil général;
c) Conférence ministérielle.
10. De quoi sont convenus les Ministres des pays Membres de l'OMC à Doha en ce qui concernait
spécifiquement l'Accord sur les ADPIC?
37
V.H. ACCESSION DE NOUVEAUX MEMBRES
Mais comment fonctionne ce processus? L'article XII de l'Accord instituant l'OMC régit le processus
d'accession à l'OMC.
L'OMC a été instituée le 1er janvier 1995. Depuis lors, 36 gouvernements ont rejoint le système
commercial multilatéral (SCM), portant le nombre total de Membres à 164. En septembre 2020,
23 pays étaient en cours d'accession, dont 8 PMA.
On peut citer comme exemples de territoires douaniers distincts Macao, Chine; et Hong Kong, Chine.
38
Bien que l'article XII ne prescrive pas de procédure spécifique pour accéder à l'Organisation, une
série de procédures a été mise au point par la voie de la pratique habituelle. Ces procédures sont
décrites dans un document établi par le Secrétariat en consultation avec les Membres de
l'Organisation (voir le document WT/ACC/22/Rev.1).
"J'ai l'honneur de vous informer que […] souhaite accéder à l'Accord instituant l'Organisation
mondiale du commerce et aux Accords commerciaux multilatéraux qui y sont annexés,
conformément à l'article XII dudit Accord."
Dès que le groupe de travail est établi, le gouvernement requérant obtient le statut d'observateur
au Conseil général et aux autres organes de l'OMC avec les droits et les obligations qui en découlent.
Tous les Membres de l'OMC peuvent y participer et peuvent s'y joindre à n'importe quelle étape du
processus. Les organisations internationales, les gouvernements accédants et les gouvernements
non accédants ayant le statut d'observateur peuvent assister aux réunions formelles du groupe de
travail à titre d'observateurs.
39
Le groupe de travail a pour mandat d'examiner la demande et de présenter au Conseil général ou à
la Conférence ministérielle des recommandations comportant éventuellement un projet de Protocole
d'accession. Les groupes de travail sont présidés par des Membres de l'OMC (généralement des
représentants permanents en poste à Genève). Le rôle des Présidents des groupes de travail est
d'orienter les discussions au sein de leurs groupes de travail d'une manière impartiale et objective.
Les Présidents peuvent également rendre visite aux gouvernements accédants à des étapes
importantes du processus.
1. NEGOCIATIONS MULTILATERALES
Comme il est mentionné ci-dessus, ces négociations se déroulent dans le cadre du groupe de travail
et portent sur tous les Accords de l'OMC. Elles visent à permettre de comprendre le régime de
commerce extérieur du requérant et à assurer la conformité des lois et pratiques de ce dernier avec
les règles et disciplines de l'OMC.
PHASE D'INVESTIGATION
Dans cette phase initiale, le groupe de travail recueille des renseignements sur le régime de
commerce extérieur du requérant, qui constitueront une base à la négociation des modalités
d'accession du requérant à l'OMC. Le requérant doit d'abord présenter un "Aide-mémoire" sur son
régime de commerce extérieur, qui est distribué à tous les Membres de l'OMC. Il lui faut en outre
présenter d'autres documents justificatifs et des exemplaires de la législation pertinente. Le modèle
pour les Aide-mémoire, ainsi que la liste des documents et leurs modèles figurent dans le document
WT/ACC/22/Rev.1 et ses addenda.
40
Les Membres de l'OMC intéressés peuvent envoyer des questions sur les aspects couverts dans
l'aide-mémoire au Secrétariat, lequel les transmet au gouvernement accédant, qui doit y répondre
par écrit.
Tous les documents relatifs à l'accession doivent être présentés dans l'une des langues officielles de
l'Organisation – l'anglais, l'espagnol et le français.
Les membres du groupe de travail examinent le régime de commerce extérieur du requérant sur
la base de l'aide-mémoire, des questions et réponses et d'autres documents communiqués par le
gouvernement accédant, afin de demander tout autre éclaircissement.
2. NÉGOCIATIONS BILATÉRALES
Des réunions bilatérales ont lieu avec les membres intéressés du groupe de travail pour négocier les
consolidations tarifaires (niveau maximal autorisé des droits de douane) et les engagements
spécifiques concernant les services.
Les négociations bilatérales concernant l'accès aux marchés commencent après que le
gouvernement accédant a présenté des offres initiales concernant les marchandises et les services
au Secrétariat et que celles-ci ont été distribuées aux membres du groupe de travail. Ces
négociations se tiennent habituellement en marge des réunions du groupe de travail. À mesure que
les négociations progressent, le gouvernement accédant fournit des offres révisées, parfois par voie
bilatérale et pas par l'intermédiaire du Secrétariat.
ACCORD BILATERAL
Une fois qu'un accord a été conclu avec un Membre (généralement après plusieurs séries de
négociations) un accord bilatéral est signé.
41
Le registre des accords bilatéraux sur l'accès aux marchés conclus, signés et déposés peut être
consulté à l'adresse: [Link]
Le Secrétariat fait la synthèse de tous les accords bilatéraux (qui demeurent confidentiels) dans des
projets de Listes concernant les marchandises et les services (il est question des Listes des Membres
dans le module 3 – Accès aux marchés pour les marchandises – et le module 6 – Services).
42
Dernière étape: Adoption et approbation de l'ensemble de textes relatifs à
l'accession
L'"ensemble de textes relatifs à l'accession" représente le résultat des négociations
multilatérales et bilatérales. Il comprend le rapport du groupe de travail; le projet de décision
devant être adopté par le Conseil général/la Conférence ministérielle, invitant le requérant à
accéder; le projet de Protocole d'accession, qui décrit les modalités suivant lesquelles le
requérant est invité à accéder; et les Listes concernant les marchandises et les services.
Comme cela est indiqué ci-dessus, l'ensemble de textes relatifs à l'accession est d'abord approuvé
par le groupe de travail et il est ensuite soumis à l'approbation du Conseil général/de la Conférence
ministérielle. Bien que l'article XII fasse mention de la majorité des deux tiers, depuis 1995, les
décisions relatives à l'accession sont prises par consensus, conformément à la pratique de l'OMC
(article IX:1 de l'Accord instituant l'OMC).
En adoptant la décision, les Membres de l'OMC proposent formellement des modalités d'accession
au requérant. Selon le droit constitutionnel du requérant, l'acceptation du Protocole peut prendre
effet par signature ou par ratification ultérieure. Le Protocole précise la date jusqu'à laquelle il est
ouvert à l'acceptation du requérant (normalement 6 mois au plus, sur proposition du gouvernement
accédant). Trente jours après avoir notifié au Secrétariat de l'OMC que les procédures de ratification
sont achevées, le gouvernement devient Membre à part entière de l'OMC.
Le Secrétariat de l'OMC fournit une assistance technique qui prend de nombreuses formes. La
Division des accessions aide les gouvernements accédants à établir des documents comme
l'Aide-mémoire sur le régime de commerce extérieur. Le Secrétariat mène également des activités
de formation ciblées au niveau national dans des domaines spécialisés des règles de l'OMC, sur
demande des gouvernements accédants.
Les gouvernements accédants peuvent aussi participer aux activités d'assistance technique liée au
commerce (ATLC) et aux activités de formation de l'OMC (coordonnées par l'Institut de formation et
de coopération technique (IFCT) – voir le module 9) et aux programmes interinstitutions (comme le
Cadre intégré renforcé (CIR), dont il est question dans le module 9).
43
Les demandes, composées d'un formulaire complété en ligne et d'une lettre de la mission basée à
Genève, doivent être adressées au Directeur de l'IFCT
([Link]
La mise en œuvre de ce programme a abouti, entre autres, à l'adoption par le Conseil général, en
décembre 2002, des "Lignes directrices relatives à l'accession des pays les moins avancés" (voir le
document WT/L/508). Puis, en 2012, les Membres ont adopté des dispositions supplémentaires pour
renforcer, rationaliser et rendre opérationnelles ces Lignes directrices (voir le document
WT/L/508/Add.1). Les Lignes directrices comprennent des dispositions sur l'accès aux marchés, les
règles de l'OMC (traitement spécial et différencié), le processus d'accession et l'ATLC. Leur mise en
œuvre est examinée à intervalles réguliers au sein du Sous-Comité des PMA de l'OMC et les résultats
sont incorporés dans le rapport annuel du Comité du commerce et du développement (CCD) au
Conseil général.
Pour de plus amples renseignements sur l'accession, les liens suivants peuvent être utiles:
[Link]
[Link]
[Link]
EXERCICES
12. Expliquer brièvement qui peut demander à devenir Membre de l'OMC et quelles sont les
principales étapes du processus d'accession.
44
VI. LES ACCORDS DE L'OMC
Dans les pages précédentes, les Accords de l'OMC ont été mentionnés. En quoi consistent ces
Accords?
La plupart des Accords de l'OMC ont été négociés pendant le Cycle d'Uruguay et signés à la Réunion
ministérielle de Marrakech en avril 1994. Cet "ensemble de résultats" comprend quelque 60 accords
et décisions totalisant 550 pages, ainsi qu'une révision majeure du texte initial du GATT. Les
négociations menées par la suite ont produit d'autres textes juridiques comme l'Accord sur les
technologies de l'information (ATI), un accord plurilatéral, et l'Accord sur la facilitation des échanges
(AFE), un accord multilatéral.
L'Accord instituant l'OMC renferme des dispositions concernant le champ d'action, les fonctions et la
structure de l'OMC. Il définit les relations de l'OMC avec d'autres organisations, établit le Secrétariat
et contient des dispositions relatives au budget et aux contributions, au statut juridique et aux
procédures de prise de décisions et d'amendements (y compris les procédures spéciales de vote).
En outre, il contient des dispositions relatives à la définition des Membres originels et à l'accession
des nouveaux Membres.
L'Accord instituant l'OMC comporte quatre annexes. Les Annexes 1, 2, et 3 contiennent les
"accords commerciaux multilatéraux" tandis que l'Annexe 4 renferme les "accords
commerciaux plurilatéraux". Comme nous l'avons dit auparavant, l'Accord instituant l'OMC et ses
Annexes sont appelés dans ce cours "les Accords de l'OMC".
Conformément à l'article XVI:3 de l'Accord instituant l'OMC, en cas de conflit entre une disposition
dudit accord et une disposition de l'un des accords commerciaux multilatéraux (GATT de 1994,
autres accords commerciaux multilatéraux sur les marchandises, AGCS et Accord sur les ADPIC), la
disposition de l'Accord instituant l'OMC prévaudra dans la limite du conflit.
45
"paquet unique", y compris le GATT de 1994 et les autres accords multilatéraux sur le commerce
des marchandises, l'AGCS, l'Accord sur les ADPIC, le MEPC, et le Mémorandum d'accord sur le
règlement des différends.
Les Listes d'engagements font également partie de l'engagement unique. Comme nous le
verrons en détail dans les modules suivants, les Membres de l'OMC prennent des engagements
spécifiques pendant les négociations commerciales. Dans le cadre du GATT de 1994, il s'agit
d'engagements contraignants concernant les droits de douane pour les marchandises d'une manière
générale et combinant droits de douane et contingents pour certains produits agricoles. Dans le
cadre de l'AGCS, les engagements concernant l'accès aux marchés indiquent le degré d'accès
accordé aux fournisseurs étrangers de services dans des secteurs particuliers.
Engagement unique
Les Accords liés au GATT de 1947 ont été négociés au cours des cycles de négociations qui ont
précédé le Cycle d'Uruguay. En particulier, certains accords concernant les obstacles non
tarifaires (les "codes") ont été négociés au cours du Tokyo Round. Mais ces accords n'ont pas
été adoptés par toutes les parties contractantes au GATT; ils ne s'appliquaient qu'aux pays qui
avaient accepté d'être liés par eux. Une approche différente a été adoptée dans le cadre du
Cycle d'Uruguay: il a été décidé que les accords multilatéraux négociés devaient être
acceptés en bloc (en tant que paquet unique contraignant pour tous les Membres de
l'OMC). Cette approche porte le nom d'"engagement unique".
Comme nous l'avons dit précédemment, la notion d'"engagement unique", qui signifie
concrètement que "rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu", a également
été utilisée dans les négociations menées dans le cadre du PDD.
46
EN BREF
Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT de 1994): Le GATT de 1994,
qui est une version modifiée du GATT de 1947, énonce les droits et obligations
fondamentaux des Membres de l'OMC concernant le commerce des marchandises.
47
Il comprend: 1) les dispositions du GATT de 1947, tel qu'il a été rectifié, amendé ou modifié
avant le 1er janvier 1995 (date d'entrée en vigueur de l'Accord instituant l'OMC); 2) les
protocoles et certifications concernant les concessions tarifaires (listes tarifaires); 3) les
protocoles d'accession (au GATT jusqu'au 31 décembre 1994); 4) les Décisions sur les
dérogations encore en vigueur le 1er janvier 1995; 5) les mémorandums d'accord sur
l'interprétation de diverses dispositions du GATT; et 6) les autres décisions des parties
contractantes au GATT de 1947. Les principales dispositions du GATT de 1994 seront
examinées dans le module 2 (Non-discrimination), le module 3 (Règles relatives à l'accès aux
marchés pour les marchandises) et le module 8 (Exceptions).
Accord sur l'agriculture: L'Accord sur l'agriculture traite de l'accès aux marchés, du soutien
interne et des subventions à l'exportation pour les produits agricoles énumérés à l'Annexe 1
dudit accord. Cet accord sera présenté dans le module 4 (Accords sur le commerce des
marchandises).
Accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires (Accord SPS): L'Accord SPS s'applique
aux mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) (réglementation concernant la sécurité
sanitaire des produits alimentaires et la préservation des végétaux) qui peuvent, directement
ou indirectement, affecter le commerce international. Les Membres ont le droit de prendre
les mesures SPS qui sont nécessaires à la protection de la santé et de la vie des personnes
et des animaux ou à la préservation des végétaux, à condition que ces mesures ne soient pas
incompatibles avec les dispositions dudit accord. Cet accord sera présenté dans le module 4.
Accord sur les textiles et les vêtements (ATV) (expiré le 1er janvier 2005): La période de
transition de dix ans prévue pour la mise en œuvre a pris fin, ce qui signifie que le commerce
des textiles et des vêtements n'est plus soumis à des contingents au titre d'un régime spécial
en dehors des règles normales du GATT/de l'OMC mais qu'il est maintenant régi par les règles
et disciplines générales des Accords de l'OMC.
Accord sur les obstacles techniques au commerce (Accord OTC): L'Accord OTC reconnaît le
droit des Membres d'adopter des mesures (règlements techniques et normes) afin de
poursuivre des objectifs légitimes tels que la protection de la santé et de la vie des personnes
et des animaux, la préservation des végétaux et la prévention de pratiques de nature à induire
en erreur, pour autant qu'elles ne sont pas discriminatoires et ne constituent pas des
obstacles non nécessaires au commerce. Il s'applique aux règlements techniques qui ne sont
pas visés par l'Accord SPS, aux normes et aux procédures d'évaluation de la conformité. Cet
accord sera présenté dans le module 4.
Accord sur les mesures concernant les investissements et liées au commerce (Accord sur les
MIC): L'Accord sur les MIC s'applique aux mesures concernant les investissements qui sont
liées au commerce des marchandises (MIC) et dispose qu'aucun Membre n'appliquera de MIC
qui soit incompatible avec l'article III (Traitement national) ou l'article XI (Élimination
générale des restrictions quantitatives) du GATT de 1994. Cet accord sera présenté dans le
module 4.
48
Accord sur la mise en œuvre de l'article VI du GATT de 1994 (Accord antidumping): L'Accord
antidumping énonce des disciplines régissant l'application de mesures antidumping lorsque
des importations faisant l'objet d'un dumping (produits d'un pays introduits sur le marché
d'un autre pays à un prix inférieur à leur valeur normale) causent ou menacent de causer un
dommage important à la branche de production nationale de produits similaires. Cet accord
sera présenté dans le module 5 (Mesures correctives commerciales).
Accord sur la mise en œuvre de l'article VII du GATT de 1994 (Accord sur l'évaluation en
douane): L'Accord sur l'évaluation en douane contient un ensemble de règles pour l'évaluation
des marchandises importées à des fins douanières qui dispose que la valeur transactionnelle
doit être la base principale de détermination de la valeur en douane, mais qui prescrit d'autres
méthodes de détermination de la valeur en douane lorsque la valeur transactionnelle ne peut
être utilisée à des fins douanières. Cet accord sera présenté dans le module 4.
Accord sur l'inspection avant expédition: Cet accord reconnaît que les principes et les
obligations du GATT s'appliquent aux activités d'inspection avant expédition mandatées par
les gouvernements pour la vérification des renseignements relatifs aux expéditions de
marchandises achetées à l'étranger, tels que le prix, la quantité et la qualité. Parmi les
obligations, mentionnons la non-discrimination, la transparence et la nécessité d'éviter les
retards indus. Cet accord sera présenté dans le module 4.
Accord sur les règles d'origine: L'Accord vise à harmoniser à long terme les règles d'origine
(critère utilisé pour définir l'endroit où un produit a été fabriqué). Les Membres doivent veiller
à ce que ces règles n'établissent pas de discrimination; ne créent pas d'effets de restriction,
de distorsion ou de désorganisation du commerce international; et soient administrées d'une
manière cohérente, uniforme, impartiale et raisonnable. Cet accord sera présenté dans le
module 4.
Accord sur les procédures de licences d'importation: Cet accord énonce les règles régissant
les procédures administratives utilisées pour l'application de régimes de licences
d'importation qui exigent, comme condition préalable à l'importation, la présentation d'une
demande ou d'autres documents. L'Accord dispose, entre autres, que les procédures de
licences d'importation doivent être conformes au GATT de 1994, neutres dans leur
application, administrées de manière juste et équitable et être aussi simples que possible et
transparentes. Cet accord sera présenté dans le module 4.
Accord sur les subventions et les mesures compensatoires (Accord SMC): L'Accord SMC
soumet à des disciplines le recours aux subventions, et il réglemente les mesures que les
Membres peuvent prendre pour en compenser les effets. Cet accord sera présenté dans le
module 5.
Accord sur les sauvegardes: L'Accord autorise les Membres de l'OMC à restreindre
temporairement les importations d'un produit si une poussée de ces importations cause ou
menace de causer un dommage grave à la branche de production nationale. Cet accord sera
présenté dans le module 5.
49
Accord sur la facilitation des échanges (AFE): L'AFE vise à clarifier et à améliorer les aspects
pertinents des articles V (Liberté de transit), VIII (Redevances et formalités se rapportant à
l'importation et à l'exportation) et X (Publication et application des règlements relatifs au
commerce) du GATT de 1994, en vue d'accélérer davantage le mouvement, la mainlevée et
le dédouanement des marchandises, y compris les marchandises en transit. Il est entré en
vigueur en février 2017.
Il couvre quatre modes de fourniture (du point de vue du pays importateur): la fourniture
transfrontières; la consommation à l'étranger; la présence commerciale; et la présence de personnes
physiques. Le texte principal de l'AGCS énonce des obligations et des disciplines générales, et ses
annexes contiennent les règles applicables à différents secteurs et les engagements spécifiques des
Membres en matière d'accès aux marchés, y compris les exemptions de l'obligation NPF. Les annexes
sont les suivantes:
Annexe sur les exemptions des obligations énoncées à l'article II (Liste d'exemptions NPF);
Annexe sur le mouvement des personnes physiques fournissant des services relevant de
l'Accord;
Annexe sur les services financiers et Seconde Annexe sur les services financiers;
50
ne deviennent pas elles-mêmes des obstacles au commerce légitime. En ce qui concerne les objectifs
de l'Accord, il y est indiqué que "[l]a protection et le respect des droits de propriété intellectuelle
devraient contribuer à la promotion de l'innovation technologique et au transfert et à la diffusion de
la technologie, à l'avantage mutuel de ceux qui génèrent et de ceux qui utilisent des connaissances
techniques et d'une manière propice au bien-être social et économique." L'Accord sur les ADPIC
est aussi contraignant pour tous les Membres de l'OMC.
L'obligation fondamentale qui incombe à chaque pays Membre est d'accorder aux ressortissants
(personnes physiques et morales) des autres Membres le traitement prévu par l'Accord en matière
de protection de la propriété intellectuelle. Les domaines visés par l'Accord sont les suivants: droit
d'auteur et droits connexes (droits des artistes interprètes ou exécutants, des producteurs
d'enregistrements sonores et des organismes de radiodiffusion); marques de fabrique ou de
commerce, y compris les marques de services; indications géographiques, y compris les appellations
d'origine; dessins et modèles industriels; brevets, y compris la protection des nouvelles variétés
végétales; schémas de configuration des circuits intégrés; et renseignements non divulgués, y
compris les secrets commerciaux et les données résultant d'essais.
51
EXERCICES
13. Qu'est-ce que l'"engagement unique"? Tous les Accords de l'OMC ont-ils été adoptés en tant
qu'"engagement unique"?
14. Qu'est-ce que l'Accord SPS et l'Accord OTC? Quels sont les principaux objectifs de ces
deux Accords?
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VII. RÉSUMÉ
Dans ce premier module, vous avez appris que l'OMC a succédé au GATT, qui avait été négocié et conclu
au milieu du XXe siècle. Le GATT n'était pas censé être une organisation internationale; il devait être
simplement un accord subsidiaire relevant de la charte de l'OIC. Il a cependant été une organisation
internationale de facto pendant près de 50 ans, jusqu'à la création de l'OMC. Plusieurs cycles de
négociations, y compris le Cycle d'Uruguay qui a donné naissance à l'OMC, ont eu lieu sous les auspices du
GATT.
Vous avez aussi appris qu'à l'OMC, la libéralisation des échanges n'est pas considérée comme une fin en
soi, mais comme un moyen de promouvoir la croissance et le développement. L'objectif de l'OMC, ainsi qu'il
est énoncé dans le Préambule de l'Accord instituant l'OMC, est donc de relever les niveaux de vie, de réaliser
le plein emploi et un niveau élevé et toujours croissant du revenu réel et de la demande effective et
d'accroître la production et le commerce de marchandises et de services, conformément à l'objectif de
développement durable et d'une manière qui soit compatible avec les différents niveaux de développement
économique. De plus, il reconnaît qu'il est nécessaire de faire des efforts positifs pour que les pays en
développement, et en particulier les moins avancés d'entre eux, s'assurent une part de la croissance du
commerce international qui corresponde à leurs besoins de développement.
Vous avez vu aussi que les fonctions de l'OMC sont les suivantes:
coopérer avec le FMI et la Banque mondiale en vue de rendre plus cohérente l'élaboration des
politiques économiques au niveau mondial; et
Conférence Ministérielle
53
Il existe de nombreux accords dans le cadre de l'OMC. L'Accord instituant l'OMC, qui est un accord-cadre,
comporte quatre annexes – les Annexes 1, 2, 3 et 4.
Les Annexes 1, 2 et 3 contiennent les "accords commerciaux multilatéraux" qui sont contraignants pour
TOUS les Membres de l'OMC.
Annexe 1B (l'AGCS); et
L'Annexe 4 contient les "accords commerciaux plurilatéraux". Ces Accords sont contraignants
UNIQUEMENT pour les Membres qui les ont acceptés.
54
RÉPONSES PROPOSÉES
1. La négociation du GATT remonte aux années 1940. Le GATT faisait partie du projet
d'après-guerre visant à élaborer un système multilatéral de commerce mondial par
l'élimination de la discrimination, la réduction des droits de douane et le démantèlement des
autres obstacles au commerce. Le projet comportait deux volets: 1) l'élaboration d'une charte
de l'OIC; et 2) le lancement de négociations tarifaires sur une base multilatérale. Le GATT
n'était pas censé être une organisation internationale; il devait être simplement un accord
subsidiaire relevant de la charte de l'OIC. Cependant, l'OIC n'a pas vu le jour et le GATT est
entré en vigueur au moyen d'un protocole provisoire qui a été signé le 30 octobre 1947 et qui
a pris effet le 1er janvier 1948.
2. Le Préambule de l'Accord instituant l'OMC énonce les objectifs de l'OMC et constitue une mise
en contexte importante pour l'interprétation des Accords de l'OMC.
3. Les objectifs de l'OMC, qui sont énoncés dans le Préambule de l'Accord instituant l'OMC, sont
les suivants:
l'Accord instituant l'OMC reconnaît également qu'il est nécessaire de faire des efforts
positifs pour que les pays en développement, et en particulier les moins avancés d'entre
eux, s'assurent une part de la croissance du commerce international qui corresponde aux
nécessités de leur développement économique.
4. Les principales fonctions de l'OMC, qui sont énumérées à l'article III de l'Accord instituant
l'OMC, sont les suivantes:
coopérer avec le FMI et la Banque mondiale en vue de rendre plus cohérente l'élaboration
des politiques économiques au niveau mondial; et
55
fournir une assistance technique aux pays en développement Membres.
5. L'OMC fournit un cadre institutionnel permanent pour les négociations entre ses Membres en
ce qui concerne leurs relations commerciales multilatérales. Bien qu'elle soit expressément
chargée de servir d'enceinte pour les négociations sur les questions visées par les Accords de
l'OMC, les négociations menées sous les auspices de l'OMC peuvent être étendues à de
"nouvelles questions" auxquelles doivent s'appliquer les dispositions des Accords.
6. Le "mandat relatif à la cohérence" est défini à l'article III:5 de l'Accord instituant l'OMC comme
cinquième fonction de l'OMC. L'OMC doit coopérer, selon qu'il sera approprié, avec le FMI et
avec la Banque mondiale et les institutions qui leur sont affiliées en vue de rendre plus
cohérente l'élaboration des politiques économiques au niveau mondial. L'article V de l'Accord
charge également l'OMC de conclure "des arrangements appropriés pour assurer une
coopération efficace avec les autres organisations intergouvernementales qui ont des fonctions
en rapport avec celles de l'OMC" et prévoit la possibilité pour l'OMC de consulter "les
organisations non gouvernementales s'occupant de questions en rapport avec celles dont
[elle] traite."
7. Pendant les négociations du Cycle d'Uruguay, qui ont duré de 1986 à 1994, les pays qui
participaient à ces discussions ont décidé d'élargir le champ d'application du système
commercial multilatéral. Ainsi, le commerce des services, qui est régi par l'AGCS, et les
aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce, qui sont régis par
l'Accord sur les ADPIC, sont venus s'ajouter au commerce des marchandises.
8. a) Conférence ministérielle;
b) Conseil général;
d) Comité de l'agriculture.
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Au deuxième échelon, il y a le Conseil général. Également composé de représentants de tous
les Membres, il prend toutes les décisions au nom de la Conférence ministérielle lorsque
celle-ci ne siège pas. Le Conseil général se réunit régulièrement (en principe, une fois par
mois). Il se réunit aussi pour s'acquitter des fonctions de l'Organe de règlement des différends
et de l'Organe d'examen des politiques commerciales.
Le Conseil du commerce des marchandises (CCM) est l'un des organes subsidiaires du Conseil
général. Il supervise le fonctionnement des accords multilatéraux sur le commerce des
marchandises (Annexe 1A de l'Accord instituant l'OMC) et relève du Conseil général.
Tous les Membres participent aux travaux de tous les organes de l'OMC.
10. Au paragraphe 17 de la Déclaration de Doha, les Ministres ont souligné qu'il importait de
mettre en œuvre et d'interpréter l'Accord sur les ADPIC d'une manière qui soit favorable à la
santé publique (paragraphe 17). À cet égard, ils ont adopté la "Déclaration sur l'Accord sur
les ADPIC et la santé publique", dans laquelle ils ont abordé le rapport entre la nécessité de
protéger les droits de propriété intellectuelle et le droit des gouvernements de protéger la
santé publique. Les Ministres sont convenus que l'Accord sur les ADPIC n'empêchait pas et ne
devait pas empêcher les Membres de prendre des mesures pour protéger la santé publique.
11. À l'OMC, les décisions sont normalement prises par consensus. L'article IX de l'Accord
instituant l'OMC dispose que "[l]'OMC conservera la pratique de prise de décisions par
consensus suivie en vertu du GATT de 1947." Le consensus est défini à l'article IX de l'Accord
instituant l'OMC (note de bas de page 1), qui dispose ce qui suit: "L'organe concerné sera
réputé avoir pris une décision par consensus sur une question dont il a été saisi si aucun
Membre, présent à la réunion au cours de laquelle la décision est prise, ne s'oppose
formellement à la décision proposée." L'article IX de l'Accord instituant l'OMC dispose
également que, dans les cas où il n'est pas possible d'arriver à une décision par consensus, la
décision sur la question à l'examen sera prise aux voix. Aux réunions de la Conférence
ministérielle et du Conseil général, chaque Membre de l'OMC dispose d'une voix. Les décisions
de la Conférence ministérielle et du Conseil général sont prises à la majorité des votes émis,
à moins que l'Accord sur l'OMC ou l'accord commercial multilatéral correspondant n'en dispose
autrement. Si les Membres décident de tenir un vote, les interprétations sont adoptées à la
majorité des trois quarts des Membres (article IX:2); les dérogations, à la majorité des
trois quarts (article IX:3); la plupart des amendements, à la majorité des deux tiers
(article X); les accessions, à la majorité des deux tiers (article XII); et le règlement financier
et le projet de budget annuel, à la majorité des deux tiers comprenant plus de la moitié des
Membres de l'OMC (article VII:3).
57
l'Annexe 1A (les Accords multilatéraux sur le commerce des marchandises, y compris
le GATT de 1994);
l'Annexe 1C (l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent
au commerce – Accord sur les ADPIC).
13. L'"engagement unique" est une approche adoptée pendant le Cycle d'Uruguay pour les
négociations commerciales multilatérales, selon laquelle les accords multilatéraux négociés
devaient être acceptés comme un tout (comme un paquet unique contraignant pour tous les
Membres). Le GATT et les autres accords multilatéraux sur le commerce des marchandises,
l'AGCS, l'Accord sur les ADPIC, le Mémorandum d'accord sur le règlement des différends et le
MEPC font partie de cet engagement unique. Par conséquent, conformément à l'engagement
unique, TOUS les accords commerciaux multilatéraux s'appliquent à TOUS les Membres de
l'OMC. Bien que la plupart des Accords de l'OMC soient couverts par l'engagement unique,
quatre accords commerciaux plurilatéraux ont également été négociés pendant le Cycle
d'Uruguay. Les accords plurilatéraux ne s'appliquent qu'aux Membres qui ont accepté d'être
liés par eux. Les accords plurilatéraux négociés pendant le Cycle d'Uruguay sont l'Accord relatif
au commerce des aéronefs civils, l'Accord sur les marchés publics, l'Accord international sur
le secteur laitier et l'Accord international sur la viande bovine.
14. L'Accord SPS s'applique aux mesures sanitaires et phytosanitaires (réglementation concernant
la sécurité sanitaire des produits alimentaires et la préservation des végétaux) qui peuvent,
directement ou indirectement, affecter le commerce international. Les Membres ont le droit
de prendre les mesures SPS qui sont nécessaires à la protection de la santé et de la vie des
personnes et des animaux ou à la préservation des végétaux, à condition que ces mesures ne
soient pas incompatibles avec les dispositions de l'Accord SPS.
L'Accord OTC reconnaît le droit des Membres d'adopter des règlements techniques et des
normes (pour atteindre des objectifs légitimes tels que la protection de la santé et de la vie
des personnes et des animaux, la préservation des végétaux et la prévention de pratiques de
nature à induire en erreur), pour autant qu'elles ne constituent pas des obstacles non
nécessaires au commerce international. Il s'applique aux règlements techniques qui ne sont
pas visés par l'Accord SPS.
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