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Module 6 OTC

Le module 6 aborde le principe de l'harmonisation dans le cadre de l'Accord OTC, en mettant l'accent sur l'importance des normes internationales et leur impact sur le commerce. Il examine également comment ce principe s'applique à l'élaboration de règlements techniques, de normes et de procédures d'évaluation de la conformité, ainsi que son interprétation dans les procédures de règlement des différends à l'OMC. Enfin, le module souligne les obligations des Membres de l'OMC concernant l'utilisation des normes internationales et la reconnaissance des mesures équivalentes.

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Module 6 OTC

Le module 6 aborde le principe de l'harmonisation dans le cadre de l'Accord OTC, en mettant l'accent sur l'importance des normes internationales et leur impact sur le commerce. Il examine également comment ce principe s'applique à l'élaboration de règlements techniques, de normes et de procédures d'évaluation de la conformité, ainsi que son interprétation dans les procédures de règlement des différends à l'OMC. Enfin, le module souligne les obligations des Membres de l'OMC concernant l'utilisation des normes internationales et la reconnaissance des mesures équivalentes.

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MODULE

Le principe de lʹharmonisation dans le


cadre de lʹAccord OTC
DURÉE ESTIMÉE: 5 heures

OBJECTIFS DU MODULE 6

ƒ Présenter un autre principe fondamental de l'Accord OTC: le principe de


l'harmonisation.

ƒ Présenter certains organismes internationaux à activité normative ainsi que leurs


travaux.

ƒ Étudier comment le principe de l'harmonisation s'applique à l'élaboration,


l'adoption et l'application de règlements techniques, de normes et de procédures
d'évaluation de la conformité.

ƒ Expliquer comment ce principe a été interprété dans les procédures de règlement


des différends dans le cadre de l'OMC (en particulier dans l'affaire CE – Sardines).

ƒ Expliquer le principe de l'équivalence dans l'Accord OTC.

1
I. INTRODUCTION
Comme nous l'avons vu dans le module précédent, les principes de la non discrimination et de la prévention
des obstacles non nécessaires au commerce sont des fondements importants de l'Accord OTC.

à Le principe de la non-discrimination dans le cadre de l'Accord OTC s'applique aux trois types de
mesures visés par l'Accord, à savoir:

à les règlements techniques (article 2.1): il sera accordé aux produits importés en provenance du
territoire de tout Membre un traitement non moins favorable que celui qui est accordé aux
produits similaires d'origine nationale et aux produits similaires originaires de tout autre pays;

à les normes (Annexe 3.D du Code de pratique): l'organisme à activité normative accordera aux
produits originaires du territoire de tout autre Membre de l'OMC un traitement non moins
favorable que celui qui est accordé aux produits similaires d'origine nationale et aux produits
similaires originaires de tout autre pays;

à les procédures d'évaluation de la conformité (article 5.1.1): elles seront élaborées, adoptées et
appliquées de manière que les fournisseurs de produits similaires originaires du territoire d'autres
Membres y aient accès à des conditions non moins favorables que celles qui sont accordées aux
fournisseurs de produits similaires d'origine nationale ou originaires de tout autre pays, dans une
situation comparable. L'accès est le droit pour les fournisseurs à une évaluation de la conformité.

Prévention des obstacles non nécessaires au commerce international dans le cadre de l'Accord OTC:

à Pour les règlements techniques (article 2.2), cela signifie qu'une mesure ne sera pas plus restrictive
pour le commerce qu'il n'est nécessaire pour réaliser un objectif légitime, compte tenu des risques que
la non réalisation entraînerait;

à La nécessité a été interprétée, dans la jurisprudence de l'OMC, dans le contexte du GATT. Pour
déterminer si une mesure est nécessaire, il faut soupeser et mettre en balance une série de
facteurs, notamment: la contribution de la mesure au respect du règlement en question; et
l'importance des intérêts communs ou des valeurs communes qui sont protégés par le règlement,

à Les objectifs légitimes, énumérés dans l'article 2.2 de l'Accord OTC, sont, entre autres, la sécurité
nationale, la protection de la santé ou de la sécurité des personnes, de la vie ou de la santé des
animaux, la préservation des végétaux ou la protection de l'environnement, et la prévention de
pratiques de nature à induire en erreur.

à Pour les normes (paragraphe E du Code de pratique): l'organisme à activité normative fera en sorte
que l'élaboration, l'adoption ou l'application des normes n'aient ni pour objet ni pour effet de créer des
obstacles non nécessaires au commerce international.

à Pour les procédures d'évaluation de la conformité (article 5.1.2): elles ne seront pas plus strictes qu'il
n'est nécessaire pour donner au Membre importateur une assurance suffisante que les produits sont
conformes aux règlements techniques ou normes applicables, compte tenu des risques que la non
conformité entraînerait.

à Comme nous l'avons vu dans le module précédent, les différentes approches visant à faciliter
l'acceptation des résultats de l'évaluation de la conformité sont des outils importants pour faciliter le
commerce international et la circulation des marchandises entre des pays ayant des règlements

2
techniques et des normes différents. Cinq approches non exclusives ont été jugées particulièrement
utiles par les Membres (document G/TBT/9):

à l'accréditation;

à la reconnaissance unilatérale des résultats de l'évaluation de la conformité effectuée à l'étranger


comme équivalents;

à les accords de reconnaissance mutuelle (ARM) des résultats de l'évaluation de la conformité entre
les gouvernements;

à les arrangements de coopération (volontaires) entre des organismes d'évaluation de la conformité


nationaux et étrangers; et

à l'utilisation de la déclaration de conformité du fournisseur.

à L'accréditation consiste en l'évaluation et la reconnaissance formelles de la compétence d'un organisme


par un autre (celui faisant autorité) et peut être appliquée à des laboratoires d'essai, des organismes
d'inspection et des organismes de certification. Les organismes d'accréditation sont des entités faisant
autorité et indépendantes, qui ne s'occupent pas elles-mêmes de vérifier les spécifications des produits
mais dont la tâche consiste à évaluer les organismes remplissant ces fonctions.

à Reconnaissance unilatérale des résultats: Conformément à l'article 6.1 de l'Accord OTC, les Membres
ont l'obligation de faire en sorte, chaque fois que cela sera possible, que les résultats des procédures
d'évaluation de la conformité d'autres Membres, qui sont équivalentes – pas nécessairement identiques
- à leurs propres procédures, soient acceptés. Cette obligation concerne les institutions du
gouvernement central.

à Accords de reconnaissance mutuelle (ARM): Deux Membres ou plus peuvent conclure des accords de
reconnaissance mutuelle (ARM) qui impliquent l'acceptation réciproque des résultats des procédures
d'évaluation de la conformité menées sur le territoire de tous les Membres concernés (accords entre
gouvernements).

à En vertu de l'article 10.7, les Membres sont tenus de notifier ces accords au Comité OTC.

à Le terme "accord" est utilisé pour désigner les accords entre gouvernements, tandis que le terme
"arrangement" fait référence aux accords conclus entre les institutions ou organismes d'évaluation
de la conformité eux-mêmes.

à Arrangements de coopération (volontaires) entre des organismes d'évaluation de la conformité


nationaux et étrangers: Il s'agit ici d'arrangements conclus directement entre les organismes
d'accréditation (et non par l'intermédiaire des Membres et des institutions du gouvernement central)
ainsi que des arrangements entre laboratoires, organismes de certification et organismes d'inspection
individuels.

à Déclaration de conformité du fournisseur: La déclaration de conformité du fournisseur est une


procédure d'évaluation de la conformité en vertu de laquelle un fournisseur présente une déclaration
écrite assurant qu'un produit est conforme aux prescriptions spécifiées. La déclaration de conformité
du fournisseur est également appelée "déclaration de conformité du fabricant" ou "autodéclaration de
conformité". Un "fournisseur" s'entend ici au sens large comme désignant la partie qui fournit le
produit, qu'il s'agisse d'un fabricant, d'un distributeur, d'un importateur, d'une entreprise
d'assemblage, etc.

3
Souvenez-vous que, lorsqu'il élabore un règlement technique, une norme ou une procédure d'évaluation de la
conformité, un gouvernementdoit prendre en considération les diverses obligations énoncées dans l'Accord OTC
pour que cette mesure soit conforme à l'Accord.

Maintenant, dans un processus par étapes, nous ajoutons une autre obligation qui doit être respectée par les
Membres: celle de prendre en considération les normes internationales (lorsqu'elles existent ou sont en voie
d'élaboration) dans la formulation de règlements techniques, normes et procédures d'évaluation de la
conformité au niveau national.

Nous allons donc commencer le module 5 en étudiant la question de l'harmonisation.

Veuillez jeter un coup d'œil à notre bibliothèque numérique et aux ressources supplémentaires que nous avons
préparées pour vous. N'oubliez-pas de noter les dates des discussions en ligne. Nous espérons vous y
retrouver et nos invités sont prêts à répondre à vos questions! Préparez-vous!

4
II. LES TRAVAUX DES ORGANISMES
INTERNATIONAUX DE NORMALISATION

II.A. LʹEFFORT DʹHARMONISATION

EN BREF

On peut considérer l'harmonisation en général comme l'établissement la reconnaissance et l'application de


mesures communes par différents pays alors qu'avant chacun pouvait appliquer son propre ensemble de
prescriptions.

L'Accord SPS ne donne pas de définition de l'harmonisation, mais l'importance des normes internationales est
consacrée par l'Accord et est reconnue dans son Préambule.

Dans le contexte des mesures SPS, l'effort d'harmonisation a lieu lorsque les Membres de l'OMC fondent leurs
règlements, normes ou procédures d'évaluation de la conformité sur les normes, guides ou recommandations
internationaux pertinents ou lorsque les Membres reconnaissent comme équivalentes les mesures d'autres
Membres, comme cela est expliqué ci-dessous.

EN DÉTAIL

Les parties pertinentes du Préambule de l'Accord OTC sont libellées comme suit:

Reconnaissant l'importance de la contribution que les systèmes internationaux de normalisation et


d'évaluation de la conformité peuvent apporter à cet égard en renforçant l'efficacité de la production et en
facilitant la conduite du commerce international;

Désireux, par conséquent, d'encourager le développement des systèmes internationaux de normalisation et


d'évaluation de la conformité;

Reconnaissant la contribution que la normalisation internationale peut apporter au transfert de technologie


des pays développés vers les pays en développement;

L'harmonisation peut apporter plusieurs avantages. Elle peut:

à faciliter le commerce international, car les produits conformes aux mêmes normes peuvent être plus
largement acceptés et les producteurs n'ont pas besoin de connaître à l'avance les marchés finals pour
leurs produits, ce qui se traduit par un plus petit nombre de restrictions injustifiées au commerce;

à favoriser la diffusion de la technologie incorporée dans les produits et les procédés;

5
à accroître l'efficacité et permettre des économies d'échelle, car les producteurs n'ont plus besoin de
concevoir et fabriquer différentes versions d'un produit pour se conformer à plusieurs normes
différentes;

à entraîner une réduction des coûts pour les consommateurs qui peuvent comparer et choisir entre un
grand nombre de fournisseurs; et

à aider les gouvernements à élaborer des mesures OTC rationnelles, sans avoir besoin d'effectuer eux
mêmes des évaluations scientifiques/politiques. Ils peuvent utiliser les conclusions d'un organisme
international à activité normative ou d'un autre Membre.

Enfin, l'harmonisation peut simplifier les conditions de production et de commercialisation pour les producteurs,
les importateurs et les exportateurs, en particulier ceux des pays en développement (qui sont confrontés à
davantage de contraintes financières pour s'adapter aux prescriptions du marché d'exportation), et réduire
ainsi au minimum les obstacles au commerce international.

Dans ce module, nous allons examiner comment le principe de l'harmonisation énoncé dans l'Accord OTC
s'applique aux règlements techniques, aux normes et aux procédures d'évaluation de la conformité.

Premièrement, nous décrirons les travaux de certains organismes internationaux à activité normative et les
principes qui devraient les guider dans l'élaboration de normes internationales. Certains de ces organismes ont
le statut d'observateur auprès du Comité OTC.

Deuxièmement, nous examinerons les obligations énoncées dans l'Accord OTC s'agissant de l'harmonisation,
applicables aux règlements techniques, normes et procédures d'évaluation de la conformité.

CONSEIL

Les "organisations internationales à activité normative" (ou organismes) sont aussi appelés "organisations
internationales de normalisation" (ou organismes).

II.B. ORGANISMES INTERNATIONAUX À ACTIVITÉ


NORMATIVE DANS LʹACCORD OTC

Plusieurs dispositions de l'Accord OTC, à savoir les articles 2.4 et 2.6 pour les règlements techniques, les
articles 5.4 et 5.5 pour les procédures d'évaluation de la conformité et les paragraphes F et G du Code de
pratique pour les normes, exigent que les Membres de l'OMC et les organismes à activité normative utilisent
les normes, guides et recommandations internationaux, ou leurs éléments, comme base de leurs mesures. En
bref, lorsqu'un Membre de l'OMC décide d'établir une nouvelle mesure OTC – ou de réviser une mesure déjà en
vigueur – il doit commencer par vérifier s'il existe une norme internationale pour le produit et/ou la mesure en
question. Si tel est le cas, le Membre est tenu de fonder sa mesure sur cette norme, à moins que la norme
internationale pertinente ne constitue un moyen inefficace/inapproprié de réaliser un objectif légitime.

L'Accord OTC parle donc de normes, guides ou recommandations internationaux. Mais en quoi consistent-il?
Qui les élabore? Quel est le rôle de l'OMC dans l'élaboration des normes internationales?

6
Les normes (guides et recommandations) internationales sont celles qu'élaborent des organismes
internationaux à activité normative. Toutefois, l'Accord OTC ne contient pas de définition précise de ces
organismes. Le paragraphe 4 de l'Annexe 1 donne la définition de l'expression "organisme ou système
international":

Organisme ou système ouvert aux organismes compétents d'au moins tous les Membres.

De même, le Guide ISO/CEI 2: 1996 définit une "organisation internationale à activité normative" comme une:
"Organisation à activité normative ouverte à l'organisme national de tout pays".

Souvenez-vous que l'Accord OTC ne fait pas mention d'un organisme international à activité normative
particulier. Cette expression est donc ouverte et devrait être interprétée au cas par cas.

Note importante

À la différence de l'Accord OTC, l'Accord SPS fait directement référence à trois "organisations internationales
compétentes" (article 3:4): la Commission du Codex Alimentarius, l'Office international des épizooties
(maintenant appelé Organisation mondiale de la santé animale), et les organisations internationales et
régionales opérant dans le cadre de la Convention internationale pour la protection des végétaux.

Note importante

Nous avons vu qu'il existe de nombreux organismes internationaux à activité normative et l'OMC n'en est
pas un. L'OMC n'établit pas de normes internationales et n'est pas chargé du processus effectif
d'harmonisation des normes et des règlements techniques nationaux des Membres. L'OMC encourage
fortement les Membres à utiliser les normes internationales pertinentes comme base pour leurs règlements
techniques, leurs procédures d'évaluation de la conformité et leurs normes. L'OMC encourage aussi les
Membres à reconnaître comme équivalents les règlements des autres Membres et à conclure des
arrangements et des accords de reconnaissance mutuelle, que nous étudierons plus en détail dans le cours.

Enfin les Membres de l'OMC et les organismes à activité normative sont tenus de participer pleinement, dans
les limites de leurs ressources, à l'élaboration, par les organismes internationaux, de normes internationales.
Une large participation aux travaux des organismes internationaux à activité normative peut faire en sorte que
les normes internationales reflètent les intérêts de chaque pays en matière de production et de commerce.

7
EXERCICES:

1. Pouvez-vous décrire ce qu'est l'harmonisation ?

2. Pouvez-vous citer des avantages que l'harmonisation peut apporter aux relations commerciales
internationales?

8
II.C. ÉLABORATION DE NORMES INTERNATIONALES

Bien qu'il n'existe pas de liste d'organismes internationaux à activité normative aux fins de l'Accord OTC, des
lignes directrices concernant les travaux de ces organismes figurent dans une décision adoptée en 2000 par le
Comité OTC lors du deuxième examen triennal de l'Accord OTC: "Principes devant régir l'élaboration de
normes, guides et recommandations internationaux en rapport avec les articles 2 et 5 et l'Annexe 3 de
l'Accord" (document G/TBT/9, page 24).

Le Comité a noté au cours du deuxième examen de l'Accord que, pour que les normes internationales
contribuent le plus possible à la réalisation de l'objectif de l'Accord OTC consistant à faciliter les échanges, il
était important que tous les Membres aient la possibilité de participer à l'élaboration et à l'adoption des normes
internationales.

Les organismes qui avaient des procédures ouvertes, impartiales et transparentes, permettant un consensus
entre toutes les parties intéressées sur le territoire d'au moins tous les Membres de l'OMC, semblaient mieux à
même d'élaborer des normes efficaces et pertinentes à l'échelle mondiale, qui contribueraient par là même à la
réalisation de l'objectif de l'Accord, qui était de prévenir les obstacles non nécessaires au commerce.

Par conséquent, le Comité a décidé d'un ensemble de principes et procédures qui devraient être observés lors
de l'élaboration de normes, guides et recommandations internationaux. La diffusion de ces principes
encouragerait les différents organismes internationaux à préciser et renforcer leurs règles et procédures en
matière d'élaboration de normes, ce qui contribuerait aussi à la réalisation des objectifs de l'Accord. Les
principes et procédures élaborés par le Comité OTC entrent dans six catégories:

1. Transparence

2. Ouverture

3. Impartialité et consensus

4. Cohérence

5. Dimension développement

II.C.1. TRANSPARENCE

Tous les renseignements essentiels sur les programmes de travail en cours, sur les propositions de normes,
guides et recommandations à l'étude et sur les résultats finaux devraient être facilement accessibles.

Des procédures devraient être établies afin de ménager un délai suffisant et des possibilités adéquates pour la
présentation d'observations par écrit, y compris, par exemple: i) la publication d'un avis assez tôt concernant
l'élaboration d'une norme; ii) la présentation d'une notification assez tôt décrivant brièvement le champ
d'application de la norme projetée; iii) la fourniture sans délai, sur demande, du texte de la norme projetée;
iv) un délai raisonnable pour permettre aux parties intéressées de présenter leurs observations par écrit; v) la
publication dans les moindres délais de la norme qui aura été adoptée; et vi) la publication régulière d'un
programme de travail donnant des renseignements sur les normes qui sont en cours d'élaboration ou sur le
point d'être adoptées.

9
II.C.2. OUVERTURE

Les organismes compétents d'au moins tous les Membres de l'OMC devraient pouvoir devenir membres, sans
discrimination, d'organismes internationaux à activité normative.

L'ouverture a trait à la possibilité de participer à la définition des orientations et à toutes les étapes de
l'élaboration des normes, telles que: i) la proposition et l'acceptation de nouveaux thèmes de travail; ii)
l'examen technique des propositions; iii) la présentation d'observations sur les projets; iv) l'examen des
normes existantes; v) le vote et l'adoption des normes; et vi) la diffusion des normes adoptées. Tout
membre de l'organisme international à activité normative devrait avoir d'amples possibilités de participer à
toutes les étapes de l'élaboration de normes.

II.C.3. IMPARTIALITÉ ET CONSENSUS

Il faudrait établir des procédures de consensus qui tiennent compte des avis de toutes les parties concernées
et concilient les arguments opposés, pour faire en sorte que le processus d'élaboration des normes ne favorise
pas les intérêts d'un fournisseur, d'un pays ou d'une région en particulier.

L'impartialité devrait être assurée tout au long du processus d'élaboration des normes, notamment en ce qui
concerne: i) la participation aux travaux; ii) l'examen des opinions exprimées et des observations présentées;
iii) l'obtention de renseignements et de documents; iv) le droit de transposer une norme internationale dans
une norme régionale ou nationale; et v) la révision des normes internationales.

II.C.4. EFFICACITÉ ET PERTINENCE

Afin de faciliter les échanges internationaux entre les Membres de l'OMC, les normes internationales doivent
être pertinentes et doivent répondre efficacement aux besoins de la réglementation et du marché, en tenant
compte des progrès scientifiques et technologiques réalisés dans différents pays.

Il est donc important que les organismes internationaux à activité normative tiennent compte, dans
l'élaboration des normes, des besoins réglementaires ou commerciaux pertinents, et des progrès scientifiques
et technologiques. Ils devraient aussi examiner les normes devenues, pour diverses raisons, obsolètes,
inappropriées ou inefficaces, et mettre en place des procédures pour améliorer la communication avec l'OMC.

II.C.5. COHÉRENCE

Pour éviter d'élaborer des normes internationales contradictoires, les organismes internationaux à activité
normative doivent faire en sorte qu'il n'y ait pas de duplication ou de chevauchement entre leurs travaux et
ceux d'autres organismes internationaux à activité normative.

La coopération et la coordination avec les autres organismes internationaux compétents sont indispensables à
cet égard.

10
II.C.6. DIMENSION DÉVELOPPEMENT

Les contraintes qui pèsent sur les pays en développement, en particulier celles qui les empêchent de participer
efficacement à l'élaboration des normes, devraient être prises en considération dans le cadre des activités
normatives. Un processus de normalisation international ne peut être impartial et ouvert que si les pays en
développement n'en sont pas exclus de fait.

Il faudrait chercher des moyens concrets de faciliter leur participation à l'élaboration des normes
internationales. Il est donc important que les organismes internationaux à activité normative prévoient de
contribuer au renforcement des capacités de ces pays et de leur fournir une assistance technique,
conformément à l'article 11 de l'Accord OTC. Nous reviendrons sur ce point dans le Module 7.

Nous voudrions vous présenter un bref résumé des travaux de cinq organismes internationaux qui jouent un
rôle important dans l'établissement de normes internationales: le Codex Alimentarius (organisme de
normalisation administré conjointement par la FAO et l'OMS), l'ISO (Organisation internationale de
normalisation), la Commission électrotechnique internationale (CEI) et l'Union internationale des
télécommunications (UIT). Nous allons également présenter les travaux d'une organisation régionale, la CEE-
ONU (Commission économique des Nations Unies pour l'Europe), en raison de ses travaux dans le domaine des
normes agricoles et du fait que de nombreux pays européens, qui sont des importateurs potentiels de vos
produits agricoles, adoptent ces normes.

Veuillez noter que le fait que nous présentons ces organismes particuliers ne veut pas dire qu'ils sont plus
importants que d'autres ni que ce sont les seuls organismes participant à l'élaboration de normes
internationales. Ils sont examinés principalement pour faire mieux connaître les activités d'harmonisation
menées depuis de nombreuses années par les pays développés et les pays en développement.

CONSEIL

Il existe de NOMBREUX organismes nationaux et régionaux de normalisation, qui établissent généralement


des normes nationales et/ou des normes communes pour un groupe de pays. Si votre pays ou les
entreprises de votre pays sont intéressés par un marché particulier, vous devriez vous renseigner sur les
règlements techniques ou les normes applicables aux produits sur ce marché. Vous trouverez une liste des
points d'information des Membres de l'OMC dans notre bibliothèque numérique (vous pouvez aussi obtenir
cette liste à l'adresse suivante: http:/www.wto.org/french/tratop_f/tbt_f/tbt_enquiry_points_f.htm); il
s'agit de l'institution nationale qui peut répondre à vos questions sur les règlements techniques, les normes
et les procédures d'évaluation de la conformité applicables à un produit particulier sur le territoire d'autres
Membres de l'OMC.

EXERCICES:

3. Quels principes les Membres de l'OMC ont-ils établis concernant l'élaboration de normes, guides et
recommandations internationaux, au cours du deuxième examen triennal (2000)? Quels sont les objectifs
sous tendant la formulation de ces principes? Veuillez décrire brièvement chacun d'entre eux.

11
II.D. CINQ EXEMPLES DʹORGANISMES INTERNATIONAUX À
ACTIVITÉ NORMATIVE

II.D.1. LA COMMISSION DU CODEX ALIMENTARIUS

Au début des années 60, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et
l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont reconnu l'importance de l'élaboration de normes alimentaires
internationales pour protéger la santé publique et éviter les perturbations du commerce international des
produits alimentaires. Un Programme de normes alimentaires a été établi conjointement par la FAO et l'OMS
et la Commission du Codex Alimentarius a été chargée d'administrer ce programme.

MEMBRES ET MISSION

La Commission est ouverte à tous les États membres et membres associés de la FAO et de l'OMS, et comprend
actuellement 175 pays. Elle élabore des normes au moyen de mécanismes de consultation avec les
gouvernements membres, dans le cadre de réunions et par correspondance. Les réunions du Codex sont
ouvertes à la participation des ONG accréditées et des observateurs du public.

La mission du Codex consiste, entre autres, à: promouvoir la coordination de tous les travaux en matière de
normes alimentaires entrepris par des organisations internationales gouvernementales et non
gouvernementales; définir les priorités et entreprendre et guider l'élaboration des projets de normes, finaliser
les normes ainsi élaborées et les modifier, puis les publier dans un Codex Alimentarius.

Pour faciliter le contact permanent avec les pays membres, la Commission, en collaboration avec les
gouvernements nationaux, a mis en place des Services centraux de liaison avec le Codex, et de nombreux
États membres se sont dotés d'un Comité national du Codex pour coordonner les activités au niveau national.

PROCESSUS D'ÉLABORATION DES NORMES

Au fil des ans, la Commission a élaboré plus de 200 normes qui couvrent les produits alimentaires transformés,
semi-transformés ou crus destinés à la vente au consommateur ou à la transformation intermédiaire, et plus
de 40 codes de pratique en matière d'hygiène et de technologie; elle a évalué plus de 1 000 additifs
alimentaires et 54 médicaments vétérinaires; elle a fixé plus de 3 000 niveaux maximaux de tolérance pour
les résidus de pesticides; et elle a formulé plus de 30 directives concernant les contaminants.

Les travaux scientifiques de base sont effectués de manière indépendante par plusieurs organes d'experts
conjoints de l'OMS et de la FAO, dont les recommandations servent de base aux avant-projets de normes
Codex.

Les procédures de préparation des normes sont ouvertes et transparentes et comprennent:

à la présentation d'une proposition pour l'élaboration d'une norme par un gouvernement national ou un
comité subsidiaire de la Commission;

à la décision, d'élaborer la norme proposée, rendue par la Commission ou par le Comité exécutif. Des
critères formels régissant l'établissement des priorités des travaux et la création d'organes subsidiaires

12
aident la Commission ou le Comité exécutif à se prononcer et à désigner ou créer l'organe subsidiaire
chargé d'élaborer la norme;

à la préparation d'un avant-projet de norme par le Secrétariat de la Commission, qui est distribué aux
gouvernements Membres pour observations.

Un projet de norme est présenté aux gouvernements à plusieurs reprises avant de devenir une norme Codex.
Une fois adoptée par la Commission, la norme Codex est insérée dans le Codex Alimentarius. Il faut en
général plusieurs années pour élaborer une norme.

PRINCIPAUX TRAVAUX ET PUBLICATIONS

L'une des principales fonctions de la Commission est de préparer des normes alimentaires et de les publier
dans le Codex Alimentarius. La base juridique des activités de la Commission et les procédures qu'elle est
tenue de suivre sont publiées dans le Manuel de procédure du Codex Alimentarius.

Outre les normes de produits, le Codex Alimentarius comprend des normes générales, qui s'appliquent
systématiquement à tous les aliments et ne visent pas un produit en particulier. Il existe des normes pour:
l'étiquetage des produits alimentaires; les additifs alimentaires; les contaminants; les méthodes d'analyse
et d'échantillonnage; l'hygiène alimentaire; la nutrition et les aliments diététiques ou de régime; les
systèmes d'inspection et de certification des importations et des exportations alimentaires; les résidus de
médicaments vétérinaires dans les aliments; les résidus de pesticides dans les aliments.

La Commission du Codex Alimentarius a le statut d'organisme observateur auprès du Comité OTC.

Note:

Le Codex est une des "trois organisations sœurs" dans le cadre de l'Accord SPS, c'est-à-dire une des trois
organisations à activité normative mentionnées dans l'Accord. Les deux autres sont l'Organisation mondiale
de la santé animale et la Convention internationale pour la protection des végétaux.

POUR EN SAVOIR PLUS ...

SUR LA COMMISSION DU CODEX ALIMENTARIUS (CODEX)

Consultez son site Web à l'adresse suivante: http://www.codexalimentarius.net/web/index_fr.jsp, ainsi que le


document Comprendre le Codex Alimentarius.

13
II.D.2. ORGANISATION INTERNATIONALE DE NORMALISATION

L'Organisation internationale de normalisation (ISO) est entrée officiellement en fonction le 23 février 1947.

MEMBRES ET MISSION

L'ISO est un réseau d'instituts nationaux de normalisation de 157 pays, selon le principe d'un membre par
pays, dont le Secrétariat central, situé à Genève (Suisse) assure la coordination d'ensemble. L'ISO est une
organisation non gouvernementale.

Les normes ISO sont volontaires et l'ISO n'est pas investie de l'autorité de les mettre en vigueur. Un certain
pourcentage de normes ISO - principalement celles concernant la santé, la sécurité ou l'environnement - ont
été adoptées par certains pays dans le cadre de leurs règlements ou sont citées dans des lois auxquelles elles
servent de base technique.

PROCESSUS D'ÉLABORATION DES NORMES

En tout, il y a environ 3 000 groupes techniques (comités techniques, sous comités, groupes de travail)
auxquels 50 000 experts environ participent chaque année pour élaborer les normes ISO.

Les normes ISO sont élaborées par des comités techniques composés d'experts des secteurs industriels,
techniques et économiques qui ont demandé l'établissement de normes, et qui les appliquent par la suite.

Les délégations nationales d'experts d'un comité technique se réunissent pour discuter d'une question jusqu'à
ce qu'elles parviennent à un consensus sur un projet d'accord. Celui-ci est ensuite distribué, en tant que projet
de norme internationale (DIS), à l'ensemble des membres de l'ISO pour observations et vote. De nombreux
membres ont des procédures d'examen public pour faire connaître les projets de norme et les mettre à la
disposition des parties intéressées et du grand public.

Les membres de l'ISO tiennent compte des observations reçues pour formuler leur position sur le projet de
norme. Si le résultat du vote est favorable, le document, éventuellement modifié, est distribué aux membres
de l'ISO en tant que projet final de norme internationale (FDIS). Si le vote est positif à ce stade, le document
est publié comme norme internationale.

PRINCIPAUX TRAVAUX ET PUBLICATIONS

Le portefeuille complet des normes ISO figure dans le Catalogue ISO, qui peut être consulté en ligne. Le site
permet d'accéder également au Réseau mondial des services de normalisation (WSSN), qui est un réseau des
serveurs des organismes de normalisation du monde entier publiquement accessibles en ligne. Le WSSN
fournit des informations sur la normalisation internationale, régionale et nationale et sur les activités et
services connexes. L'ISO publie périodiquement, au nom de l'OMC, un Annuaire des organismes à activité
normative ayant accepté le Code de pratique de l'OMC.

Souvenez-vous que le Code de pratique qui figure à l'Annexe 3 de l'Accord OTC stipule que les organismes à
activité normative qui ont accepté ses dispositions en adressent notification au Centre d'information ISO/CEI
établi au Secrétariat central de l'ISO. Les organismes à activité normative qui ont accepté le Code doivent
publier leur programme de travail et en notifier l'existence au Centre d'information ISO/CEI. Nous
examinerons cette procédure de notification plus en détail dans le Module 6.

14
L'ISO a le statut d'organisme observateur auprès du Comité OTC.

POUR EN SAVOIR PLUS ...

SUR L'ORGANISATION INTERNATIONALE DE NORMALISATION (ISO)

Depuis 1947, l'ISO a publié plus de 16 000 normes internationales. Son programme de travail englobe aussi
bien les normes relatives à des activités traditionnelles, comme l'agriculture et la construction, que les normes
concernant la mécanique et les derniers développements des technologies de l'information, comme le codage
numérique des signaux audiovisuels pour les applications multimédias. Pour d'autres exemples, des nombreux
domaines de la vie et du travail, dans lesquels les normes ISO procurent des avantages techniques,
économiques et sociaux, allez au Café ISO et consultez le site Web de l'Organisation: www.iso.org.

II.D.3. COMMISSION ÉLECTROTECHNIQUE INTERNATIONALE (CEI)

La CEI a été officiellement créée en juin 1906, à Londres (Angleterre), où son Bureau central a été établi. Elle
y est restée jusqu'en 1948, année où elle s'est installée en Suisse.

MEMBRES ET MISSION

La Commission électrotechnique internationale (CEI) élabore et publie des normes internationales pour tout ce
qui a trait à l'électricité, à l'électronique et aux technologies apparentées. Ces normes servent de base à la
normalisation nationale et elles servent de référence pour rédiger les soumissions et les contrats
internationaux.

La CEI a pour mission de promouvoir, par l'intermédiaire de ses membres, la coopération internationale sur
tout ce qui a trait à la normalisation et aux questions connexes, comme l'évaluation de la conformité aux
normes, dans les domaines susmentionnés.

La charte de la CEI couvre l'ensemble de l'électrotechnologie. Cela englobe l'électronique, le magnétisme et


l'électromagnétisme, l'électroacoustique, le multimédia, les télécommunications, la production et la distribution
d'énergie, ainsi que les sujets généraux annexes, tels que la terminologie et les symboles, la compatibilité
électromagnétique, la métrologie et l'aptitude à la fonction, la sûreté de fonctionnement, l'étude et le
développement, la sécurité et l'environnement.

PROCESSUS D'ÉLABORATION DES NORMES

Chaque Comité national de la CEI s'occupe de la participation des experts de son pays. Si vous souhaitez
participer aux travaux d'un comité d'études de la CEI, prenez contact avec votre Comité national. Si vous
résidez dans un pays où la CEI n'a pas de Comité national, prenez contact avec le Bureau central de la CEI.

Les travaux de normalisation de la CEI sont effectués par quelque 179 comités d'études (CE) et sous-comités
(SC), et quelque 700 équipes de projet/équipes de maintenance. Ces groupes de travail se composent de
personnes venant du monde entier qui sont experts en électrotechnologie. La plupart d'entre elles viennent de
l'industrie, mais d'autres personnes issues du secteur commercial, de l'administration, de laboratoires d'essais

15
ou de recherche, des milieux universitaires et d'associations de consommateurs contribuent également aux
travaux.

Les comités d'études préparent des documents techniques sur des sujets spécifiques faisant partie de leurs
domaines d'activité respectifs; ces documents sont ensuite soumis pour vote aux Comités nationaux membres
de plein droit (les membres de la CEI) en vue de leur adoption en tant que normes internationales.
L'élaboration d'une nouvelle norme CEI passe par les principaux stades suivants (pour plus de détails, voir les
Directives ISO/CEI, Partie 1):

à Stade préliminaire: comprend une meilleure définition d'un projet pour de nouveaux travaux, un
recueil de données ou des essais comparatifs tournants nécessaires pour développer les normes, mais il
ne fait pas partie du processus de normalisation. À ce stade, une Spécification accessible au public
(PAS-CEI) peut être élaborée et soumise à un processus d'approbation.

à Stade proposition: une proposition d'étude nouvelle émane généralement de l'industrie via un Comité
national. Un vote à la majorité simple des membres intervient dans les trois mois pour décider s'il y a
lieu d'étudier la proposition. Si le résultat est positif, la proposition est incorporée au programme de
travail conjointement avec un plan de projet incluant des dates cibles.

à Stade préparation: un projet de travail (WD) est préparé, généralement par un chef de projet au sein
d'une équipe de projet. Le document est alors soumis aux Comités nationaux en tant que projet du
comité pour observations.

Le Projet du comité pour vote (CDV) est soumis à tous les Comités nationaux pour une période de vote de cinq
mois. C'est le dernier stade auquel les observations techniques peuvent être prises en considération. Ensuite,
chaque Comité national vote sur le projet final de norme; ce vote doit être explicite: positif, négatif ou
abstention. La publication de la norme incombe entièrement au Bureau central.

La CEI a le statut d'organisme observateur auprès du Comité OTC.

POUR EN SAVOIR PLUS ...

SUR LA COMMISSION ÉLECTROTECHNIQUE INTERNATIONALE (CEI)

Consultez son site Web à l'adresse suivante: http://www.iec.ch

II.D.4. UNION INTERNATIONALE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS

L'Union a été créée au siècle dernier en tant qu'organisation internationale neutre pour que les gouvernements
et le secteur privé puissent coordonner l'exploitation des réseaux et services de télécommunication et
promouvoir le développement des technologies de la communication. Les travaux qu'elle mène depuis plus
d'un siècle ont permis de créer un réseau mondial de communication qui associe aujourd'hui de multiples
technologies et s'étend à des activités de normalisation dans les domaines des communications mobiles,
d'Internet, de l'infrastructure de l'information et des systèmes multimédias évolués combinant signaux
téléphoniques, audio, vidéo et données.

16
MEMBRES ET MISSION

L'Union internationale des télécommunications repose sur le principe de la coopération entre pouvoirs publics
et secteur privé. Aux termes de sa Constitution, l'UIT a pour objectifs:

à de maintenir et étendre la coopération internationale entre tous ses États membres dans le domaine
des télécommunications;

à d'encourager et élargir la participation d'entités et organisations aux activités de l'Union et d'assurer


une coopération et un partenariat entre elles et les États membres;

à de promouvoir et offrir une assistance technique aux pays en développement dans le domaine, et
d'améliorer l'accès aux services de télécommunication dans ces pays;

à de favoriser le développement des moyens techniques en vue d'augmenter le rendement des services
de télécommunication;

à d'harmoniser les efforts des États membres; et

à de promouvoir, au niveau international, l'adoption d'une approche plus générale des questions de
télécommunication, en raison de la mondialisation de l'économie et de la société de l'information, en
collaborant avec d'autres organisations intergouvernementales mondiales et régionales ainsi qu'avec
les organisations non gouvernementales qui s'occupent de télécommunications.

PROCESSUS D'ÉLABORATION DES NORMES

Les travaux de chacun des trois Secteurs de l'UIT – radiocommunications (UIT R), normalisation des
télécommunications (UIT-T) et développement des télécommunications (UIT-D) – trouvent leur aboutissement
dans des conférences ou réunions au cours desquelles les membres négocient les accords qui servent de base
à l'exploitation des services de télécommunication dans le monde. Dans le cadre des commissions d'études,
des experts des grandes organisations de télécommunication mènent à bien les travaux techniques de l'Union
et préparent les études détaillées qui conduisent à l'établissement de Recommandations faisant autorité.

L'UIT-R élabore les caractéristiques techniques des services et systèmes hertziens de Terre et spatiaux et met
au point des méthodes d'exploitation. Les experts de l'UIT-T élaborent les spécifications techniques des
systèmes, réseaux et services de télécommunication, y compris en ce qui concerne l'exploitation, la qualité de
fonctionnement et la maintenance. Leurs travaux englobent aussi les principes de tarification et les méthodes
de comptabilité utilisés pour la fourniture du service international. Les experts de l'UIT-D axent leurs travaux
sur la rédaction de recommandations, d'avis, de directives, de manuels et de rapports indiquant aux décideurs
des pays en développement les "meilleures pratiques" applicables à divers domaines, qu'il s'agisse de
stratégies et de politique générale en matière de développement ou de gestion du réseau.

On compte actuellement 22 commissions d'études actives dans les trois Secteurs de l'Union (sept pour l'UIT-R,
13 pour l'UIT-T et deux pour l'UIT-D). Ensemble, elles publient chaque année environ 550 Recommandations
nouvelles ou révisées. Les Recommandations de l'UIT sont des accords librement consentis et n'ont pas de
caractère obligatoire. Chaque Secteur dispose également de son propre Bureau qui se charge de faire
appliquer le programme de travail du Secteur et coordonne les activités courantes.

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POUR EN SAVOIR PLUS ...

SUR L'UNION INTERNATIONALE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS (UIT)

Consultez son site Web à l'adresse suivante: http://www.itu.int

II.D.5. CEE‐ONU (COMMISSION ÉCONOMIQUE DES NATIONS UNIES


POUR LʹEUROPE)

La Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU) a été créée en 1947 par le Conseil
économique et social de l'ONU. C'est l'une des cinq commissions régionales de l'Organisation des Nations
Unies, les autres étant la Commission pour l'Asie et le Pacifique; l'Amérique latine et les Caraïbes; l'Afrique;
et l'Asie occidentale. Elle a pour principal objectif de promouvoir l'intégration économique paneuropéenne en
fournissant des analyses, des conseils de politique générale et une assistance aux gouvernements, en
coopération avec d'autres acteurs mondiaux et les principales parties prenantes, en particulier les milieux
d'affaires.

MEMBRES ET MISSION

La CEE-ONU compte 56 États membres situés dans l'Union européenne, en Europe de l'Ouest et de l'Est
(hors UE), en Europe du Sud-Est et dans la Communauté des États indépendants (CEI) et en Amérique du
Nord. En outre, plus de 70 organisations professionnelles internationales et autres organisations non
gouvernementales participent à ses activités. Tous les États membres de l'ONU intéressés peuvent participer à
ses travaux.

Le programme de la CEE-ONU en matière de développement du commerce est axé sur les domaines clés
suivants:

à L'élaboration et le maintien d'instruments, de normes, de règles et de recommandations internationaux


efficaces qui touchent au commerce, pour répondre aux besoins de l'économie mondiale;

à La réduction des obstacles au commerce des biens et des services dans tous les pays, et en particulier
dans les États membres de la CEE-ONU, par la mise en œuvre plus large des normes, règles,
instruments et recommandations adoptés au niveau international et par la CEE-ONU, en particulier
dans le domaine de la facilitation des échanges;

à La facilitation de l'élaboration des politiques commerciales, en offrant une plate-forme internationale


pour échanger des vues, en particulier pour les pays en transition. La sécurité du commerce,
l'intégration européenne et le développement durable en sont des exemples.

PROCESSUS D'ÉLABORATION DES NORMES

La CEE-ONU a participé activement à l'élaboration de normes de qualité régionales pour les produits agricoles
(Groupe de travail 7 ou W-7) qui ont été largement adoptées par les pays membres des CE. Grâce aux
travaux du W-7 et de ses sections spécialisées, la CEE-ONU a élaboré des normes de qualité pour les fruits et
légumes frais; les fruits secs et séchés; les pommes de terre de semence, nouvelles et de consommation
courante; les produits carnés et ovoproduits, et les fleurs coupées.

18
Bien que la CEE-ONU établisse des normes régionales, il est important de connaître ses activités et ses travaux
de normalisation si votre pays exporte vers les marchés européens. Comme cela a été dit précédemment, de
nombreux pays des CE (et d'autres pays) utilisent les normes de qualité de la CEE-ONU relatives à l'agriculture
et aux véhicules automobiles.

Les normes de la CEE-ONU sont établies par consensus dans le cadre de réunions internationales auxquelles
participent des experts de pays membres de l'ONU et d'organisations ayant le statut d'observateur. Le
processus d'élaboration comprend la décision d'établir une norme, prise par une section spécialisée ou le W-7;
l'élaboration du texte par un rapporteur; l'examen détaillé du texte par une section spécialisée; et son
examen général par le W-7. La norme est ensuite adoptée par consensus par la CEE-ONU ou bien elle est
soumise, sur recommandation, à une période d'essai d'au plus trois ans avant d'être examinée de nouveau par
la section spécialisée concernée.

Enfin, il existe également un groupe de travail des politiques de coopération en matière de réglementation et
de normalisation (Groupe de travail 6), un groupe intergouvernemental d'experts qui sert de cadre à l'examen
de questions intéressant les gouvernements et élabore des recommandations et des pratiques sur divers
problèmes de politique générale concernant les règlements techniques, la normalisation, l'évaluation de la
conformité (essai, certification, inspection, etc.), l'accréditation, la surveillance des marchés, les systèmes de
gestion de la qualité/de l'environnement et la métrologie.

POUR EN SAVOIR PLUS ...

SUR LA COMMISSION ÉCONOMIQUE POUR L'EUROPE (CEE-ONU)

Pour de plus amples renseignements sur les activités de normalisation de la CEE-ONU dans le domaine de
l'agriculture et dans d'autres domaines commerciaux, consultez son site Web à l'adresse suivante:
http://www.unece.org

EXERCICES:

4. Pourquoi est-il important que les Membres de l'OMC participent à l'élaboration des normes
internationales?

5. Qu'est-ce que les organismes internationaux à activité normative mentionnés ci dessus ont en commun?

19
III. DIPOSITIONS RELATIVES À
LʹHARMONISATION DANS LʹACCORD OTC
Nous allons maintenant examiner comment le principe de l'harmonisation s'applique directement aux trois
types de mesures visées par l'Accord OTC. Étant donné que les disciplines qui s'appliquent aux trois types de
mesures sont très semblables, nous ne les analyserons pas individuellement. Nous examinerons les
prescriptions communes imposées aux Membres de l'OMC et aux organismes à activité normative, pour chaque
type de mesure

EN BREF

L'harmonisation est une discipline centrale de l'Accord OTC et prend la forme d'obligations et de droits pour les
Membres de l'OMC (et les organismes à activité normative, selon le cas):

Les trois principales obligations sont les suivantes:

à les Membres et les organismes à activité normative doivent utiliser les normes internationales ou leurs
éléments pertinents comme base de leurs règlements techniques et normes; et les guides et
recommandations internationaux comme base de leurs procédures d'évaluation de la conformité
(articles 2.4, 5.4 et Annexe 3 paragraphe F);

à les Membres et les organismes à activité normative doivent participer, dans les limites de leurs
ressources, à l'élaboration des normes internationales, de guides et de recommandations, par les
organismes internationaux à activité normative (articles 2.6, 5.5 et Annexe 3 paragraphe H);

à les organismes à activité normative font tout pour éviter qu'il y ait duplication ou chevauchement des
travaux d'autres organismes à activité normative, y compris les organismes à activité normative
internationaux ou régionaux (Annexe 3 paragraphe H).

Les deux principaux droits sont les suivants:

à un règlement technique d'un Membre de l'OMC élaboré, adopté ou appliqué en vue d'atteindre l'un des
objectifs légitimes expressément mentionnés dans l'Accord OTC, et conforme aux normes
internationales pertinentes, sera présumé cette présomption étant réfutable ne pas créer un obstacle
non nécessaire au commerce international (article 2.5);

à les Membres de l'OMC et les organismes à activité normative peuvent adopter des règlements
techniques et des normes qui ne sont pas basés sur les normes internationales pertinentes lorsque ces
normes sont considérées comme inefficaces ou inappropriées pour réaliser un objectif légitime. Les
Membres de l'OMC ont le même droit concernant les procédures d'évaluation de la conformité, si les
guides ou recommandations internationaux pertinents sont considérés comme inappropriés pour le
Membre de l'OMC concerné (articles 2.4, 5.4 et Annexe 3 paragraphe F).

Avant de commencer notre analyse, nous devons mentionner le fait que dans certains domaines et pour
certains produits, il n'existe pas de norme internationale.

Analysons chacune de ces prescriptions, dans l'ordre suivant.

Résumé des droits et obligations des Membres de l'OMC en matière d'harmonisation:

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A. Utilisation de normes, guides et recommandations internationaux comme base, et droit d'adopter des
mesures non basées sur ces normes, guides et recommandations s'ils sont inappropriés/inefficaces.

B. Présomption de nécessité quand un règlement technique est conforme à une norme internationale.

C. Participation aux activités des organismes internationaux à activité normative.

D. Efforts pour éviter la duplication des travaux entre organismes à activité normative.

III.A. UTILISATION DE NORMES INTERNATIONALES COMME


BASE, ET DROIT DʹADOPTER DES MESURES NON BASÉES
SUR DES NORMES INTERNATIONALES
INAPPROPRIÉES/INEFFICACES

III.A.1. RÈGLEMENTS TECHNIQUES

L'article 2.4 est libellé comme suit:

Dans les cas où des règlements techniques sont requis et où des normes internationales pertinentes existent
ou sont sur le point d'être mises en forme finale les Membres utiliseront ces normes internationales ou leurs
éléments pertinents comme base de leurs règlements techniques sauf lorsque ces normes internationales ou
ces éléments seraient inefficaces ou inappropriés pour réaliser les objectifs légitimes recherchés par exemple
en raison de facteurs climatiques ou géographiques fondamentaux ou de problèmes technologiques
fondamentaux.

Figure 1: Article 2.4 de l'Accord OTC

Sauf lorsqu'elles seraient inefficaces ou inappropriées pour réaliser un objectif légitime, les Membres
utiliseront des normes internationales pertinentes comme base de leurs règlements techniques.

21
L'article 2.4 énonce une obligation importante contractée par les Membres de l'OMC au titre de l'Accord OTC. Il
énonce aussi un droit, les Membres étant autorisés à s'écarter des normes internationales (ou de certains de
leurs éléments) si elles sont inefficaces ou inappropriées pour atteindre l'objectif légitime recherché.

Trois notions fondamentales peuvent être soulignées dans l'article 2.4: i) les normes internationales
pertinentes; ii) l'utilisation comme base; iii) une norme inefficace ou inappropriée pour atteindre un objectif
légitime.

i) l'expression "normes internationales pertinentes" a été interprétée par l'Organe d'appel dans l'affaire CE –
Sardines (étudiée plus en détail ci-dessous). Pour être pertinente, une norme doit "être relative, se
rapporter ou être adaptée à un règlement technique".

ii) La notion de l'"utilisation comme base" a été interprétée dans la même affaire comme signifiant le
principal élément constitutif ou principe fondamental aux fins de promulguer le règlement technique. En
d'autres termes, une relation très forte et non contradictoire devrait exister entre la norme internationale
et le règlement technique national.

iii) En ce qui concerne l'expression "inefficaces ou inappropriés", il a été décidé, dans la même affaire, qu'une
norme est inappropriée si elle n'est pas adéquate et qu'elle est inefficace si elle ne produit pas les
résultats souhaités, à savoir la réalisation de l'objectif légitime. Il faut garder à l'esprit que l'article 2.4 de
l'Accord dispose qu'une norme internationale peut être inappropriée ou inadéquate par exemple en raison
de facteurs climatiques ou géographiques fondamentaux ou de problèmes technologiques fondamentaux,
sans exclure d'autres raisons.

III.A.2. PROCÉDURES DʹÉVALUATION DE LA CONFORMITÉ

Comme dans le cas des règlements techniques et des normes, l'Accord OTC dispose que les guides ou
recommandations pertinents émanant d'organismes internationaux à activité normative seront utilisés par les
Membres de l'OMC comme base pour l'élaboration de leurs procédures d'évaluation de la conformité, et il
prévoit des exceptions dans les cas où ils seraient inappropriés.

EN DÉTAIL

L'article 5.4 est libellé comme suit:

Dans les cas où il est exigé une assurance positive que des produits sont conformes à des règlements
techniques ou à des normes et où des guides ou recommandations pertinents émanant d'organismes
internationaux à activité normative existent ou sont sur le point d'être mis en forme finale les Membres
feront en sorte que les institutions de leur gouvernement central utilisent ces guides ou recommandations ou
leurs éléments pertinents comme base de leurs procédures d'évaluation de la conformité sauf dans les cas où
comme il sera dûment expliqué si demande en est faite ces guides ou recommandations ou ces éléments
seront inappropriés pour les Membres concernés par exemple pour les raisons suivantes: impératifs de la
sécurité nationale prévention de pratiques de nature à induire en erreur protection de la santé ou de la
sécurité des personnes de la vie ou de la santé des animaux préservation des végétaux protection de
l'environnement facteurs climatiques ou autres facteurs géographiques fondamentaux problèmes
technologiques ou d'infrastructure fondamentaux.

22
Les guides ou recommandations internationaux doivent être utilisés par les Membres de l'OMC comme base de
leurs procédures d'évaluation de la conformité dans les circonstances suivantes:

Figure 2: L'utilisation de guides ou recommandations internationaux comme base des procédures d'évalution
de la conformité

Bien qu'elle n'ait pas encore été interprétée dans le contexte de l'article 5.4 de l'Accord OTC sur les procédures
d'évaluation de la conformité, la notion de l'"utilisation comme base" a été interprétée dans l'affaire CE
Sardines, concernant les règlements techniques, comme nous l'avons vu plus haut.

Pour déterminer ce qu'il faut entendre par "inappropriés", l'article 5.4 donne une liste non exhaustive de
raisons pour lesquelles un guide ou une recommandation international peut être considéré comme inadéquat
pour servir de base à des procédures d'évaluation de la conformité par un Membre de l'OMC.

CONSEIL

Vous trouverez dans le document G/TBT/W/72/Rev.4 une "Liste des normes et guides internationaux
pertinents concernant les procédures d'évaluation de la conformité. Un autre document intéressant portant
la cote G/TBT/W/43, s'intitule"Expérience pratique de divers gouvernements et organisations internationales
concernant l'utilisation des guides internationaux relatifs à l'évaluation de la conformité".

III.A.3. NORMES

EN DÉTAIL

En ce qui concerne les normes et le travail des organismes à activité normative, le paragraphe F du Code de
pratique est libellé comme suit:

Dans les cas où des normes internationales existent ou sont sur le point d'être mises en forme finale,
l'organisme à activité normative utilisera ces normes ou leurs éléments pertinents comme base des normes
qu'il élabore, sauf lorsque ces normes internationales ou ces éléments seront inefficaces ou inappropriés, par
exemple en raison d'un niveau de protection insuffisant, de facteurs climatiques ou géographiques
fondamentaux ou de problèmes technologiques fondamentaux.

23
Une norme internationale pertinente doit être utilisée comme base des normes élaborées par les organismes
locaux, nationaux, régionaux et non gouvernementaux si elle existe ou est sur le point d'être mise en forme
finale.

Comme le prévoit l'article 2.4 de l'Accord OTC pour les règlements techniques, les Membres de l'OMC ne sont
pas tenus d'utiliser des normes internationales comme base de leurs normes si elles sont inefficaces ou
inappropriées. Le paragraphe F fournit une liste non exhaustive de raisons pour lesquelles des normes
internationales seraient inefficaces ou inappropriées, à savoir un niveau de protection insuffisant, des facteurs
climatiques fondamentaux, des facteurs géographiques, ou des problèmes technologiques fondamentaux.

III.A.4. ÉTUDE DE CAS: CE – SARDINES (WT/DS231)

Nous allons maintenant examiner comment les dispositions expliquées ci-dessus ont été interprétées par
l'Organe d'appel de l'OMC concernant les règlements techniques. Avez-vous entendu parler de l'affaire CE -
Sardines?

COMMUNAUTÉS EUROPÉNNES – DÉSIGNATION COMMERCIALE DES


SARDINES
à Plaignant: Pérou

à Défendeur: Communautés européennes

à Tierces parties: Canada; Chili; Colombie; Équateur; États-Unis; Venezuela

Le 20 mars 2001, le Pérou a demandé l'ouverture de consultations avec les CE concernant le Règlement (CEE)
n° 2136/89, applicable depuis juin 1990, qui avait pour objectif d'informer les consommateurs. Le règlement
n'autorisait l'utilisation du terme "sardine" que pour l'étiquetage d'un certain type de sardine (la "Sardina
pilchardus" européenne), ce qui excluait les poissons péruviens de type "Sardinops sagax", empêchant ainsi les
exportateurs péruviens de continuer à utiliser pour leurs produits la désignation commerciale de "sardines".

Le différend concernait donc le nom sous lequel certaines espèces de poissons peuvent être commercialisées
dans les Communautés européennes.

QUELS ÉTAIENT LES ARGUMENTS DES PARTIES?

à Le Pérou a allégué que, d'après les normes pertinentes du Codex Alimentarius (STAN 94), l'espèce
"sardinops sagax sagax" figurait parmi les espèces qui pouvaient être commercialisées sous le nom de
"sardines". Le Pérou a dit que cette norme était efficace et appropriée. Il estimait donc que le
règlement des CE constituait un obstacle injustifié au commerce, en violation des articles 2 (2.4, 2.2,
2.1) et 12 de l'Accord OTC et de l'article XI:1 du GATT de 1994. En outre, il a fait valoir que le
règlement était incompatible avec le principe de non-discrimination et qu'il était donc contraire aux
articles Ier et III (III.4) du GATT de 1994.

à Les CE ont demandé au Groupe spécial de rejeter les allégations du Pérou. Elles ont allégué, entre
autres, que le document n'était pas un règlement technique, que l'Accord OTC ne s'appliquait pas aux
mesures adoptées avant le 1er janvier 1995, que le règlement des CE avait été promulgué avant

24
l'adoption de la norme du Codex Alimentarius relative aux sardines et, d'une manière générale, qu'il n'y
avait pas violation du droit de l'OMC.

QU'ONT DIT LE GROUPE SPÉCIAL ET L'ORGANE D'APPEL?

L'Organe d'appel a confirmé la constatation du Groupe spécial, selon laquelle le règlement des CE était
incompatible avec l'article 2.4 de l'Accord OTC.

CONSTATATIONS DU GROUPE SPÉCIAL ET DE L'ORGANE D'APPEL

Quatre questions fondamentales:

1. Le règlement des CE est-il un règlement technique?

2. Codex Stan 94 est-elle une norme internationale pertinente?

3. Codex Stan 94 a-t-elle été utilisée comme base du règlement des CE?

4. Codex Stan 94 est-elle inefficace ou inappropriée pour réaliser l'objectif légitime recherché?

1. LE RÈGLEMENT DES CE EST-IL UN RÈGLEMENT TECHNIQUE VISÉ PAR L'ACCORD OTC?

Après avoir estimé que le règlement des CE était un règlement technique, car il définissait les caractéristiques
du produit (nom) et était obligatoire, l'Organe d'appel a examiné la question de savoir si Codex Stan 94 était
une norme internationale pertinente en l'espèce.

En ce qui concerne la portée temporelle de l'Accord OTC, nous avons vu dans le Module 2 de notre cours que
l'Organe d'appel a précisé que l'Accord s'applique aux règlements techniques en vigueur, quelle que soit leur
date de promulgation (en l'occurrence 1990). De plus, l'article 2.3 de l'Accord OTC demande aux Membres de
revoir leurs règlements en fonction des circonstances.

2. CODEX STAN 94 EST-ELLE UNE NORME INTERNATIONALE PERTINENTE?

Figure 3: Codex Stan 94

25
Compte tenu de la définition d'une norme donnée à l'Annexe I de l'Accord OTC, le Groupe spécial et l'Organe
d'appel ont décidé que Codex Stan 94 était non pas seulement une norme mais aussi une norme internationale
pertinente dans le cas à l'examen. Codex Stan 94 fournissait, pour des usages communs et répétés, des
règles, des lignes directrices et des caractéristiques pour des produits; elle avait été approuvée par un
organisme reconnu; et le respect de Codex Stan 94 n'était pas obligatoire.

Les CE avaient allégué que Codex Stan 94 n'était pas une norme pertinente parce que:

à seules les normes qui ont été adoptées par consensus sont pertinentes;

à le champ d'application de Codex Stan 94 est différent de celui du règlement des CE.

Dans l'affaire CE – Sardines, le Groupe spécial et l'Organe d'appel ont examiné la question de savoir si seules
les normes adoptées par consensus étaient des normes internationales, aux fins de l'Accord OTC. Le Groupe
spécial a constaté que la première phrase de la note explicative du paragraphe 2 de l'Annexe 1 répétait que la
règle, pour la communauté internationale à activité normative, était que les normes étaient élaborées sur la
base d'un consensus, tandis que la deuxième phrase reconnaissait qu'il n'était pas toujours possible de
parvenir à un consensus. La note explicative confirmait par conséquent que, même si elle n'a pas été adoptée
par consensus, une norme, internationale ou autre, pourrait constituer une norme au sens de l'Accord OTC.

En outre, l'Organe d'appel a confirmé que, pour être pertinente, la norme doit être relative, se rapporter ou
être adaptée au règlement technique. Comme ils portaient tous les deux sur les conserves de sardines, Codex
Stan 94 a été considérée comme une norme internationale pertinente.

En ce qui concerne la seconde allégation, l'Organe d'appel, au paragraphe 231 du rapport, a indiqué que "…
bien que le Règlement CE ne mentionne expressément que Sardina pilchardus, il a des conséquences
juridiques pour d'autres espèces de poissons qui pourraient être vendues comme sardines en conserve, y
compris Sardinops sagax en conserve".

3. CODEX STAN 94 A-T-ELLE ÉTÉ UTILISÉE COMME BASE DU RÈGLEMENT DES CE?

Dans l'affaire CE – Sardines, l'Organe d'appel a dit que "Sur la base de" signifie communément

à "en partant de cela", "en prenant cela comme principe fondamental", "comme point de départ"."

à "[l]'élément constitutif essentiel. ... [une] chose sur laquelle une chose quelconque est construite et
par laquelle sa constitution ou son fonctionnement sont déterminés;

Faisant fond sur les définitions de dictionnaires, le Groupe spécial et l'Organe d'appel avaient conclu qu'une
norme internationale était utilisée "comme base" d'un règlement technique "lorsqu'elle était utilisée comme
principal élément constitutif ou principe fondamental aux fins de promulguer le règlement technique".

En outre, l'Organe d'appel a indiqué qu'"il [devait] y avoir une relation très forte et très étroite entre deux
choses pour que l'on puisse dire que l'une [était] "la base de" l'autre", et que "à tout le moins ... quelque chose
ne [pouvait] pas être considéré comme une "base" de quelque chose d'autre si les deux choses [étaient]
contradictoires".

L'article 6 de Codex Stan 94 énonce des dispositions spécifiques concernant l'étiquetage de ces produits,
comme suit:

26
"Le nom du produit doit être:

6.1.1 i) "sardines" (exclusivement pour Sardina pilchardus (Walbaum); ou

ii) "sardines X", "X" désignant un pays, une zone géographique, l'espèce ou le nom commun de
l'espèce en conformité des lois et usages du pays où le produit est vendu, de manière à ne
pas induire le consommateur en erreur."

Le Groupe spécial et l'Organe d'appel ont conclu que la norme internationale n'avait pas été utilisée comme
base du règlement technique des CE car Codex Stan 94 autorisait l'emploi du terme "sardines" accompagné de
l'un quelconque de quatre qualificatifs pour l'identification et la commercialisation des conserves de produits à
base de poissons préparés à partir de 20 espèces de poissons autres que Sardina pilchardus tandis que le
règlement des CE l'interdisait pour toutes les espèces sauf Sardina pilchardus. Ainsi, la norme internationale et
le règlement des CE étaient manifestement contradictoires.

CONSEIL

Si le règlement technique et la norme internationale se contredisent, on ne peut conclure que la norme


internationale a été utilisée "comme base du" règlement technique.

4. CODEX STAN 94 SERAIT-ELLE INEFFICACE OU INAPPROPRIÉE POUR ATTEINDRE L'OBJECTIF


LÉGITIME RECHERCHÉ?

L'Organe d'appel a indiqué que c'était au Pérou qu'incombait la charge de démontrer que Codex Stan 94 était
efficace et appropriée pour assurer la protection des consommateurs (objectif du règlement des CE).

En ce qui concerne la signification de l'expression "inefficace ou inapproprié" (article 2.4 de l'Accord OTC),
l'Organe d'appel a noté qu'elle soulevait deux questions, l'efficacité et le caractère approprié. Ces deux
questions, bien qu'étroitement liées, étaient de nature différente. Le Groupe spécial, soutenu en cela par
l'Organe d'appel, avait souligné que:

à le terme "inefficace" s'entend[ait] de quelque chose qui "n'[avait] pas la fonction d'accomplir",
"n'[avait] pas de résultat" ou "n'[avait] pas d'influence", tandis que

à le terme "inapproprié" s'entend[ait] de quelque chose qui n'[était] pas "spécialement adéquat",
"correct", ou "adapté".

Le Groupe spécial et l'Organe d'appel ont déterminé que la norme internationale était efficace et appropriée
pour réaliser l'objectif légitime recherché.

Sur la base de ces constatations, le Groupe spécial, soutenu en cela par l'Organe d'appel, a conclu que le
règlement des CE était incompatible avec l'article 2.4 de l'Accord OTC. Le Pérou et les CE sont arrivés à une
solution convenue d'un commun accord. Le Règlement (CE) n° 1181/2003 du 2 juillet 2003 modifiant le
Règlement n° 2136/89 du Conseil dispose que les conserves de produits du type sardines peuvent être
commercialisées dans les CE sous une dénomination commerciale comportant le terme "sardine" accolé au
nom scientifique de l'espèce. Cela s'applique aux sardines péruviennes et 19 autre types de poissons. D'autre
part, les "conserves de sardines" s'entendent uniquement des produits préparés avec des poissons de l'espèce
Sardina pilchardus (la sardine européenne).

27
POUR RÉSUMER:

1. Le règlement des CE était-il un règlement technique: OUI

2. Codex Stan 94 était-elle une norme internationale pertinente: OUI

3. Codex Stan 94 a-t-elle été utilisée comme base du

règlement technique des CE: NON

4. Codex Stan 94 aurait-elle été inéfficace ou inppropriée

pour atteindre l'objectif légitime recherché par les CE: NON

III.B. PRÉSOMPTION DE NÉCESSITÉ APPLICABLE AUX


RÈGLEMENTS TECHNIQUES

L'Accord OTC établit la présomption réfutable qu'un règlement technique ne crée pas d'obstacle non nécessaire
au commerce international s'il est conforme aux normes internationales pertinentes.

La deuxième partie de l'article 2.5 est libellée comme suit:

Chaque fois qu'un règlement technique sera élaboré adopté ou appliqué en vue d'atteindre l'un des objectifs
légitimes expressément mentionnés au paragraphe 2 et qu'il sera conforme aux normes internationales
pertinentes il sera présumé cette présomption étant réfutable ne pas créer un obstacle non nécessaire au
commerce international.

La présomption réfutable de nécessité est soumise à deux conditions:

à Le règlement technique est élaboré, adopté ou appliqué en vue d'atteindre l'un des objectifs légitimes
expressément mentionnés à l'article 2.2, à savoir la sécurité nationale, la prévention de pratiques de
nature à induire en erreur, la protection de la santé ou de la sécurité des personnes, de la vie ou de la
santé des animaux, la préservation des végétaux ou la protection de l'environnement; et

à le règlement technique est conforme aux normes internationales pertinentes. Il existe une différence
dans le libellé de deux dispositions: l'article 2.4 dispose que les Membres utiliseront des normes
internationales comme base de leurs règlements techniques tandis que l'article 2.5 vise les cas où un
règlement technique est conforme aux normes internationales pertinentes. La présomption ne
s'applique que dans ce dernier cas.

L'article 2.5 de l'Accord OTC dispose donc qu'un règlement technique conforme aux normes internationales
pertinentes sera présumé nécessaire afin de réaliser un objectif légitime. Une telle mesure bénéficie d'une
présomption (certes réfutable) de conformité avec l'article 2.2 de l'Accord OTC. L'expression "conforme à" n'a
pas encore été interprétée par un Groupe spécial ou par l'Organe d'appel dans les différends dans le cadre de
l'OMC.

28
Il est dit parfois que les normes internationales constituent pour les gouvernements une sorte de "protection".
Il est cependant évident que les Membres ont le droit de contester tous les règlements techniques,
notamment s'ils estiment que l'allégation qu'une mesure est conforme à une norme internationale est infondée.

Les Membres ont l'obligation d'expliquer, sur demande, le fondement de leur règlement. Si le règlement n'est
pas fondé sur une norme internationale, un Membre de l'OMC peut demander la raison pour laquelle la norme
internationale pertinente n'a pas été utilisée aux fins de la formulation du règlement technique. Comme nous
le verrons au Module 6, les Membres doivent également expliquer le fondement et l'objectif d'un règlement
dans la notification qu'ils doivent adresser au Comité OTC.

La première partie de l'article 2.5 de l'Accord OTC est libellée comme suit:

Lorsqu'il élaborera adoptera ou appliquera un règlement technique pouvant avoir un effet notable sur le
commerce d'autres Membres un Membre justifiera si un autre Membre lui en fait la demande ce règlement
technique au regard des dispositions des paragraphes 2 à 4.

ILLUSTRATION

Nous allons maintenant illustrer ce dont nous avons parlé jusqu'à présent dans ce module. Supposons que
votre pays vous demande conseil pour l'élaboration d'un règlement technique dans le domaine de la production
d'énergie et de l'énergie hydraulique. À ce stade, vous savez que: i) le règlement technique ne devrait pas
être discriminatoire, c'est-à-dire que les turbines hydrauliques étrangères ne doivent pas être soumises à un
traitement moins favorable que celui qui est appliqué aux turbines du producteur national ou à celles qui
proviennent d'un autre Membre de l'OMC; ii) le règlement technique doit être conçu de manière à ne pas créer
d'obstacles non nécessaires au commerce.

Manifestement, lorsqu'il s'agit de formuler un règlement technique, une prescription obligatoire applicable aux
turbines hydrauliques utilisées pour la production d'électricité, vous avez plusieurs objectifs en tête. On peut
penser que l'une de vos préoccupations majeures est la protection de l'environnement et que vous êtes
également préoccupé par la sécurité des personnes qui vivent dans les alentours et de celles qui travaillent sur
le site, ainsi que par la prévention du bruit.

Vous vous réunissez donc avec d'autres experts pour élaborer les prescriptions appropriées, prescriptions qui
devraient être efficaces pour atteindre votre objectif légitime. Que devriez-vous faire alors?

Vous devriez examiner les normes internationales existant dans ce domaine et voir ce qui a déjà été dit,
proposé et adopté par l'organisation internationale compétente en la matière. Une fois que vous aurez trouvé
une norme internationale pertinente, vous devrez baser votre règlement technique dessus. C'est un excellent
moyen de promouvoir la coopération et la transparence et, ce faisant, non seulement vous appliquerez l'Accord
OTC et satisferez aux obligations énoncées à l'article 2.4 mais encore vous vous épargnerez beaucoup de
temps et d'effort parce que ces organisations bénéficient du concours d'experts de différents pays lorsqu'elles
élaborent et mettent à jour des normes, de manière à proposer une solution "adaptée à toutes les situations".

De surcroît, si votre règlement technique est conforme à la norme internationale pertinente, par exemple aux
normes du comité d'étude 4 de la Commission électrotechnique internationale, il sera présumé – cette
présomption étant réfutable – qu'il ne crée pas d'obstacle non nécessaire au commerce.

29
Vous devez aussi garder à l'esprit que si la norme internationale n'est ni appropriée ni efficace, vous pouvez
vous en écarter. Rappelez-vous que, selon l'article 2.5 de l'Accord OTC, un Membre pourrait vous demander
d'expliquer la raison pour laquelle vous n'utilisez pas une norme internationale.

1. Existe-t-il une norme internationale pertinente?

2. La norme internationale pertinente est-elle utilisée comme base pour le règlement technique/la norme/la
procédure d'évaluation de la conformité?

3. La norme internationale est-elle inefficace ou inappropriée pour réaliser l'objectif légitime?

Figure 4: Trois questions fondamentales pour les organismes de réglementation

III.C. PARTICIPATION AUX TRAVAUX DES ORGANISMES


INTERNATIONAUX À ACTIVITÉ NORMATIVE

III.C.1. RÈGLEMENTS TECHNIQUES

L'article 2.6 établit que les Membres participeront pleinement à l'élaboration, par les organismes internationaux
à activité normative compétents, de normes, guides et recommandations internationaux, en vue d'harmoniser
les règlements techniques. Les ressources des Membres sont la seule limite prévue à cette participation.
L'obligation de participer s'étend aux produits qui sont réglementés par le Membre en vertu de règlements
techniques (adoptés ou qu'il prévoit d'adopter). Nous avons décrit dans la section précédente les travaux de
certains organismes internationaux à activité normative.

À la Conférence ministérielle de Doha tenue en 2001, les Membres de l'OMC ont prié instamment le Directeur
général de l'OMC de poursuivre ses efforts de coopération avec les organisations internationales de
normalisation et d'autres institutions, y compris en vue d'accorder la priorité à la participation effective des
pays les moins avancés Membres et de faciliter l'octroi d'une assistance technique et financière à cette fin
(WT/MIN(01)/17, paragraphe 5.3). Un rapport résumant ces actions figure dans le document G/TBT/W/172.

La participation active aux travaux des organismes internationaux à activité normative pourrait présenter des
difficultés particulières pour les pays en développement. Ainsi, dans une enquête menée par le Comité OTC
sur l'identification des besoins et priorités en matière d'assistance technique dans le domaine des OTC, 30 pour
cent des réponses indiquaient qu'il fallait faciliter la participation des pays en développement Membres aux

30
travaux des organismes internationaux de normalisation (voir le document G/TBT/W/193). Ces Membres
étaient préoccupés par le fait que les normes ne reflétaient pas nécessairement leurs besoins et leurs intérêts.

Dans ce contexte, plusieurs organisations internationales de normalisation ayant le statut d'observateur ont
pris des mesures pour accroître la participation des pays en développement Membres à leurs travaux et le
Comité OTC les a invitées à fournir des renseignements sur les mesures prises pour assurer leur participation
effective. Cette question sera étudiée plus en détail dans le Module 7.

III.C.2. PROCÉDURES DʹÉVALUATION DE LA CONFORMITÉ

Une disposition similaire existe pour les procédures d'évaluation de la conformité. En vertu de l'article 5.5 de
l'Accord OTC, les Membres de l'OMC doivent participer pleinement, dans les limites de leurs ressources, à
l'élaboration de guides et recommandations pour les procédures d'évaluation de la conformité par les
organismes internationaux à activité normative compétents.

III.C.3. NORMES

Le principe selon lequel les organismes à activité normative participeront à l'élaboration de normes
internationales par les organismes internationaux à activité normative est énoncé dans la première partie du
paragraphe G du Code de pratique, qui est libellée comme suit:

En vue d'harmoniser le plus largement possible les normes l'organisme à activité normative participera
pleinement et de manière appropriée dans les limites de ses ressources à l'élaboration par les organismes
internationaux à activité normative compétents de normes internationales concernant la matière pour
laquelle il a adopté ou prévoit d'adopter des normes.

Cette phrase s'applique aux trois types d'organismes à activité normative visés par le Code de pratique (voir le
paragraphe B du Code), à savoir:

à tout organisme à activité normative du ressort territorial d'un Membre (institution du gouvernement
central, institution publique locale ou organisme non gouvernemental);

à tout organisme à activité normative régional gouvernemental dont un ou plusieurs membres sont
Membres de l'OMC; et

à tout organisme à activité normative régional non gouvernemental dont un ou plusieurs membres sont
situés sur le territoire d'un Membre de l'OMC.

La seconde phrase du paragraphe G énonce une obligation additionnelle qui s'applique uniquement aux
organismes à activité normative du ressort territorial d'un Membre, et ajoute un élément concernant la
coordination entre les différents niveaux d'organismes à activité normative nationaux (c'est-à-dire le niveau
central, local et non gouvernemental). Dans une activité normative internationale particulière, chaque fois que
cela sera possible, une seule délégation représentera tous les organismes à activité normative du territoire
concernés par la matière visée par la normalisation.

31
III.D. ÉVITER LA DUPLICATION DES TRAVAUX

Les organismes à activité normative, sont tenus de faire tous leurs efforts pour éviter qu'il y ait duplication ou
chevauchement des travaux d'autres organismes à activité normative. Les parties pertinentes du paragraphe
H sont libellées comme suit:

L'organisme à activité normative du ressort territorial d'un Membre fera tous ses efforts pour éviter qu'il y ait
duplication ou chevauchement des travaux d'autres organismes à activité normative du territoire national ou
des travaux des organismes internationaux ou régionaux à activité normative compétents. .../... De même

l'organisme régional à activité normative fera tous ses efforts pour éviter qu'il y ait duplication ou
chevauchement des travaux des organismes internationaux à activité normative compétents.

Enfin, les organismes à activité normative ont l'obligation de faire tous leurs efforts pour arriver à un
consensus national au sujet des normes qu'ils élaborent.

EXERCICES:

6. Quels sont les principaux droits et obligations des Membres de l'OMC (et organismes à activité normative,
selon le cas), s'agissant de l'harmonisation au titre de l'Accord OTC ?

7. Veuillez expliquer l'obligation des Membres de l'OMC consistant à utiliser les normes internationales
comme base de leurs règlements techniques. Qu'avons-nous appris des affaires de règlement des
différends dans le cadre de l'OMC ?

8. Quelles sont les exceptions prévues pour les Membres de l'OMC et les organismes à activité normative
concernant l'obligation d'utiliser des normes internationales comme base de leurs mesures ?

9. L'article 2.5 de l'Accord OTC dispose que les règlements techniques conformes aux normes internationales
pertinentes sont présumés ne pas créer d'obstacles non nécessaires au commerce. Pouvez-vous expliquer
ce que cela signifie exactement ?

10. Quelle est l'obligation des Membres de l'OMC et des organismes à activité normative concernant la
participation aux travaux des organisations internationales à activité normative?

32
IV. DISPOSITIONS RELATIVES À LʹÉQUIVALENCE
DANS LʹACCORD OTC
L'équivalence est la situation dans laquelle un Membre de l'OMC accepte un règlement technique d'un autre
Membre de l'OMC comme équivalent, même s'il diffère du sien, à condition qu'il réalise l'objectif recherché par
son propre règlement. Les mesures n'ont pas besoin d'être identiques.

Comme nous l'avons vu dans le Module 4, l'équivalence peut être considérée comme une bonne pratique
règlementaire. Elle est largement utilisée pour l'acceptation des résultats des procédures d'évaluation de la
conformité, afin de faciliter le commerce international. Nous l'avons examiné sous cet angle dans le Module 4,
"Reconnaissance unilatérale des résultats".

Nous avons vu que l'Accord OTC reconnaît que plusieurs mesures peuvent satisfaire avec autant d'efficacité
l'intérêt légitime d'un pays, comme en témoigne le fait qu'il exige que les Membres de l'OMC définissent autant
que possible les règlements techniques en fonction des propriétés d'emploi plutôt que de la conception ou des
caractéristiques descriptives (article 2.8 de l'Accord OTC). C'est pourquoi l'utilisation de l'équivalence est un
outil important pour favoriser les échanges et éviter les obstacles non nécessaires au commerce.

EN DÉTAIL

Les articles 2.7 et 6.1 de l'Accord OTC sont ainsi libellés:

Article 2.7: Les Membres envisageront de manière positive d'accepter comme équivalents les règlements
techniques des autres Membres même si ces règlements diffèrent des leurs à condition d'avoir la certitude
que ces règlements remplissent de manière adéquate les objectifs de leurs propres règlements.

Article 6.1: Sans préjudice des dispositions des paragraphes 3 et 4 les Membres feront en sorte chaque fois
que cela sera possible que les résultats des procédures d'évaluation de la conformité d'autres Membres
soient acceptés même lorsque ces procédures diffèrent des leurs à condition d'avoir la certitude que lesdites
procédures offrent une assurance de la conformité aux règlements techniques et aux normes applicables
équivalente à leurs propres procédures.

C'est généralement au pays exportateur qu'incombe la charge de démontrer l'équivalence, puisque le pays
importateur peut accepter une autre mesure ou procédure comme équivalente à condition d'avoir la certitude
qu'elle remplit de manière adéquate ses objectifs légitimes, même si elle diffère des siennes.

Dans le cas de l'équivalence des procédures d'évaluation de la conformité, il est important de mentionner que
l'article 6.1 de l'Accord OTC traite exclusivement de la reconnaissance des procédures d'évaluation de la
conformité par les institutions du gouvernement central et reconnaît que des consultations préalables peuvent
être nécessaires pour mettre en œuvre le principe de l'équivalence, en particulier pour garantir:

à une compétence technique adéquate et durable de l'organisme d'évaluation de la conformité du


Membre exportateur, afin que puisse exister une confiance en la fiabilité des résultats de l'évaluation de
la conformité;

33
à que le respect confirmé, par voie d'accréditation, des guides ou recommandations pertinents émanant
d'organismes internationaux à activité normative sera pris en considération en tant qu'indication de
l'adéquation de la compétence technique.

Les consultations peuvent aussi servir à limiter l'acceptation des résultats de l'évaluation de la conformité à
ceux des organismes désignés du Membre exportateur. Selon cette approche, les pouvoirs publics peuvent
désigner des organismes d'évaluation de la conformité, y compris des organismes situés hors de leur territoire,
pour entreprendre des activités d'évaluation de la conformité.

34
V. RÉSUMÉ

On peut considérer l'harmonisation, en général, comme l'établissement, la reconnaissance et l'application de


mesures communes par différents pays, alors qu'avant chacun pouvait appliquer son propre ensemble de
prescriptions.

Les normes internationales sont celles adoptées par des organismes internationaux à activité normative. Un
organisme international est un organisme ou système ouvert aux organismes compétents d'au moins tous
les Membres. L'Accord OTC ne fait pas mention d'un organisme international à activité normative particulier.
Cette expression est donc ouverte et devrait être interprétée au cas par cas.

Le Comité OTC a adopté plusieurs principes qui devraient donner des indications pour l'élaboration,
l'adoption et l'application des normes internationales: Transparence, Ouverture, Impartialité et consensus,
Efficacité et pertinence, Cohérence, Conscience de la dimension développement.

L'harmonisation est une discipline centrale de l'Accord OTC et elle se traduit par des obligations et des droits
pour les Membres de l'OMC (et les organismes à activité normative, selon le cas): Les trois principales
obligations sont les suivantes:

à les Membres et les organismes à activité normative utiliseront les normes internationales ou leurs
éléments pertinents comme base de leurs règlements techniques et normes; et les guides et
recommandations internationaux comme base de leurs procédures d'évaluation de la conformité
(articles 2.4, 5.4 et Annexe 3 paragraphe F);

à les Membres et les organismes à activité normative participeront, dans les limites de leurs
ressources, à l'élaboration des normes internationales, de guides et de recommandations, par les
organismes internationaux à activité normative (articles 2.6, 5.5 et Annexe 3 paragraphe H);

à les organismes à activité normative feront tous leurs efforts pour éviter qu'il y ait duplication ou
chevauchement des travaux d'autres organismes à activité normative, y compris les organismes à
activité normative internationaux ou régionaux (Annexe 3 paragraphe H).

Les deux principaux droits sont les suivants:

Les deux principaux droits sont les suivants:

à un règlement technique d'un Membre de l'OMC élaboré, adopté ou appliqué en vue d'atteindre l'un
des objectifs légitimes expressément mentionnés dans l'Accord OTC, et conforme aux normes
internationales pertinentes, sera présumé cette présomption étant réfutable ne pas créer un
obstacle non nécessaire au commerce international (article 2.5);

à les Membres de l'OMC et les organismes à activité normative peuvent adopter des règlements
techniques et des normes qui ne sont pas basés sur les normes internationales pertinentes lorsque
ces normes sont considérées comme inefficaces ou inappropriées pour réaliser un objectif légitime.
Les Membres de l'OMC ont le même droit concernant les procédures d'évaluation de la conformité, si
les guides ou recommandations internationaux pertinents sont considérés comme inappropriés pour
le Membre de l'OMC concerné (articles 2.4, 5.4 et Annexe 3 paragraphe F).

En bref, lorsqu'un Membre de l'OMC ou un organisme à activité normative décide d'établir une nouvelle
mesure OTC – ou de réviser une mesure déjà en vigueur – il doit commencer par vérifier s'il existe une
norme internationale pour le produit et/ou la mesure en question.

35
Si tel est le cas, le Membre de l'OMC ou l'organisme à activité normative est tenu de fonder sa mesure sur
cette norme, à moins que la norme internationale pertinente ne soit inefficace/inappropriée pour satisfaire
l'intérêt légitime d'un Membre de l'OMC.

Équivalence

L'équivalence est la situation dans laquelle un Membre de l'OMC accepte un règlement technique ou une
procédure d'évaluation de la conformité d'un autre Membre de l'OMC comme équivalent, même s'il diffère
du sien, à condition qu'il réalise l'objectif recherché par son propre règlement. L'équivalence ne requiert
pas de duplication ou de caractère identique des mesures, et peut être appliquée entre tous les Membres de
l'OMC, quel que soit leur niveau de développement..

36
RÉPONSES PROPOSÉES

1. On peut considérer l'harmonisation, en général, comme l'établissement, la reconnaissance et l'application


de mesures communes par différents pays, alors qu'avant chacun pouvait appliquer son propre ensemble
de prescriptions.

2. L'harmonisation peut apporter plusieurs avantages. Elle peut:

à faciliter le commerce international, car les produits conformes aux mêmes normes peuvent être plus
largement acceptés; et les producteurs n'ont pas besoin de connaître à l'avance les marchés finals
pour leurs produits, ce qui se traduit par un plus petit nombre de restrictions injustifiées au
commerce;

à favoriser la diffusion de la technologie incorporée dans les produits et les procédés;

à accroître l'efficacité et permettre des économies d'échelle, car les producteurs n'ont plus besoin de
concevoir et fabriquer différentes versions d'un produit pour se conformer à plusieurs normes
différentes;

à entraîner une réduction des coûts pour les consommateurs qui peuvent comparer et choisir entre un
grand nombre de fournisseurs; et

à aider les gouvernements à élaborer des mesures OTC saines, sans avoir besoin d'effectuer eux-
mêmes des évaluations scientifiques/politiques. Ils peuvent utiliser les conclusions d'un organisme
international à activité normative ou d'un autre Membre.

Enfin, l'harmonisation peut simplifier les conditions de production et de commercialisation pour les
producteurs, les importateurs et les exportateurs, en particulier ceux des pays en développement, qui
sont confrontés à davantage de contraintes financières pour s'adapter aux prescriptions du marché
d'exportation, et réduire ainsi autant que possible les obstacles au commerce international.

3. La diffusion de ces principes par les Membres de l'OMC et les organismes à activité normative de leur
ressort territorial encouragerait les différents organismes internationaux à préciser et renforcer leurs
règles et procédures en matière d'élaboration de normes, ce qui contribuerait à la réalisation des objectifs
de l'Accord.

Les principes et procédures élaborés par le Comité OTC entrent dans six catégories:

i) transparence: Les renseignements essentiels sur les programmes de travail en cours, les
propositions et les résultats finaux devraient être accessibles au moins à toutes les parties
intéressées et des procédures devraient être établies afin de ménager un délai suffisant pour la
présentation d'observations par écrit.

ii) ouverture: Les organismes compétents d'au moins tous les Membres de l'OMC devraient pouvoir
devenir membres, sans discrimination, d'organismes internationaux à activité normative.
L'ouverture a trait à l'élaboration des politiques et des normes à chaque étape. D'amples possibilités
de participer devraient être ménagées, en particulier aux pays en développement.

iii) impartialité et consensus: Tous les organismes compétents des Membres de l'OMC devraient
pouvoir contribuer à l'élaboration de normes internationales sans égard aux intérêts particuliers d'un

37
pays, d'une région, etc. Il faudrait établir des procédures de consensus qui tiennent compte des
avis de toutes les parties concernées et qui permettent de concilier les arguments opposés.

iv) efficacité et pertinence: Les normes internationales doivent répondre efficacement aux besoins de la
réglementation et du marché, en tenant compte des progrès scientifiques et technologiques. Elles
ne doivent pas fausser le marché mondial, ni avoir un effet préjudiciable sur la concurrence loyale ou
privilégier les exigences de certains pays ou de certaines régions au détriment d'autres pays ou
régions. Lorsque cela est possible, elles devraient être définies en fonction des propriétés d'emploi
des produits.

v) cohérence: Pour éviter d'élaborer des normes internationales contradictoires, les organismes
internationaux à activité normative doivent faire en sorte qu'il n'y ait pas de duplication ou de
chevauchement entre leurs travaux et ceux d'autres organismes internationaux à activité normative.
Cela nécessite une coopération et une coordination.

vi) dimension développement: En raison des contraintes qui empêchent les pays en développement de
participer à l'élaboration des normes, il faudrait améliorer les moyens de faciliter leur participation
afin qu'ils ne soient pas exclus de fait du processus. Le renforcement des capacités et la fourniture
d'une assistance technique sont des éléments essentiels de cet effort.

4. Pour que les normes internationales contribuent le plus possible à la réalisation de l'objectif de l'Accord
OTC consistant à faciliter les échanges, il est important que tous les Membres aient la possibilité de
participer à l'élaboration et à l'adoption des normes internationales.

Les organismes qui ont des procédures ouvertes, impartiales et transparentes, permettant un consensus
entre toutes les parties intéressées sur le territoire d'au moins tous les Membres de l'OMC, semblent
mieux à même d'élaborer des normes efficaces et pertinentes à l'échelle mondiale, qui contribueraient par
là même à la réalisation de l'objectif de l'Accord, qui est de prévenir les obstacles non nécessaires au
commerce.

5. Les organismes internationaux à activité normative susmentionnés ont en commun: une large
participation, incluant des experts et d'autres parties intéressées (industrie, associations de
consommateurs et, souvent, ONG); leurs normes sont généralement adoptées suivant une procédure
complexe, comprenant au moins trois phases: la rédaction ou la planification, les examens et l'adoption;
bon nombre de ces organismes adoptent leurs décisions par consensus; et tout membre de la
communauté internationale peut normalement en devenir membre (sauf dans le cas de la CEE-ONU, à
laquelle certains pays seulement peuvent participer mais dont les activités sont ouvertes à tous les
membres de l'ONU).

6. L'harmonisation est une discipline centrale de l'Accord OTC et elle fait l'objet d'obligations et de droits
pour les Membres de l'OMC (et les organismes à activité normative, selon le cas): les trois principales
obligations sont les suivantes:

à les Membres et les organismes à activité normative utiliseront les normes internationales ou leurs
éléments pertinents comme base de leurs règlements techniques et normes; et les guides et
recommandations internationaux comme base de leurs procédures d'évaluation de la conformité
(articles 2.4, 5.4 et Annexe 3 paragraphe F);

à les Membres et les organismes à activité normative participeront, dans les limites de leurs ressources,
à l'élaboration des normes internationales, de guides et de recommandations, par les organismes
internationaux à activité normative (articles 2.6, 5.5 et Annexe 3 paragraphe H);

38
à les organismes à activité normative feront tous leurs efforts pour éviter qu'il y ait duplication ou
chevauchement des travaux d'autres organismes à activité normative, y compris les organismes à
activité normative internationaux ou régionaux (Annexe 3 paragraphe H).

Les deux principaux droits sont les suivants:

à un règlement technique d'un Membre de l'OMC élaboré, adopté ou appliqué en vue d'atteindre l'un des
objectifs légitimes expressément mentionnés dans l'Accord OTC, et conforme aux normes
internationales pertinentes, sera présumé cette présomption étant réfutable ne pas créer un obstacle
non nécessaire au commerce international (article 2.5);

à les Membres de l'OMC et les organismes à activité normative peuvent adopter des règlements
techniques et des normes qui ne sont pas basés sur les normes internationales pertinentes lorsque ces
normes sont considérées comme inefficaces ou inappropriées pour réaliser un objectif légitime. Les
Membres de l'OMC ont le même droit concernant les procédures d'évaluation de la conformité, si les
guides ou recommandations internationaux pertinents sont considérés comme inappropriés pour le
Membre de l'OMC concerné (articles 2.4, 5.4 et Annexe 3 paragraphe F).

7. Trois notions fondamentales peuvent être soulignées dans l'article 2.4 de l'Accord OTC: i) les normes
internationales pertinentes; ii) l'utilisation comme base; iii) une norme inefficace ou inappropriée pour
atteindre un objectif légitime.

i) l'expression "normes internationales pertinentes" a été interprétée par l'Organe d'appel dans l'affaire
CE – Sardines. Comme l'a suggéré l'Organe d'appel, pour être pertinente, une norme doit "être
relative, se rapporter ou être adaptée à un règlement technique".

ii) La notion de l'"utilisation comme base" a été interprétée dans la même affaire comme signifiant le
principal élément constitutif ou principe fondamental aux fins de promulguer le règlement technique.
En d'autres termes, une relation très forte et non contradictoire devrait exister entre la norme
internationale et le règlement technique national.

iii) En ce qui concerne l'expression "inefficaces ou inappropriés", il a été décidé, dans la même affaire,
qu'une norme est inappropriée si elle n'est pas adéquate et qu'elle est inefficace si elle ne produit
pas les résultats souhaités, à savoir la réalisation de l'objectif légitime. Il faut garder à l'esprit que
l'article 2.4 de l'Accord dispose qu'une norme internationale peut être inappropriée ou inadéquate
par exemple en raison de facteurs climatiques ou géographiques fondamentaux ou de problèmes
technologiques fondamentaux, sans exclure d'autres raisons.

8. Les Membres de l'OMC et les organismes à activité normative utiliseront des normes internationales, ou
leurs éléments pertinents, comme base de leurs mesures OTC. Toutefois les Membres sont autorisés à
s'écarter des normes internationales si elles sont inefficaces ou inappropriées pour atteindre l'objectif
légitime recherché.

9. L'article 2.5 de l'Accord OTC dispose qu'un règlement technique conforme à une norme internationale
pertinente sera présumé nécessaire afin de réaliser un objectif légitime. Une telle mesure bénéficie d'une
présomption (certes réfutable) de conformité avec l'article 2.2 de l'Accord OTC. Il est dit parfois que les
normes internationales constituent pour les gouvernements une sorte de "protection". Il est cependant
évident que les Membres ont le droit de contester tous les règlements techniques, notamment s'ils
estiment que l'allégation qu'une mesure est conforme à une norme internationale est infondée.

10. Les Membres et les organismes à activité normative participeront à l'élaboration des normes, de guides et
de recommandations internationaux par les organismes internationaux à activité normative (articles 2.6,

39
5.5 et Annexe 3 paragraphe H de l'Accord OTC). Les ressources des Membres de l'OMC et des
organismes à activité normative sont la limite prévue à cette participation.

L'obligation de participer s'étend aux produits qui sont réglementés par le Membre en vertu de règlements
techniques (adoptés ou qu'il prévoit d'adopter) et aux matières pour lesquelles il a adopté, ou prévoit
d'adopter, des normes.

40

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