Module 4 Dumping
Module 4 Dumping
Subventions et mesures
compensatoires
DURÉE ESTIMÉE: 3 heures
OBJECTIFS DU MODULE 4
Pourquoi les pays ont-ils recours à des subventions et en quoi l'OMC est-elle
concernée?
Les gouvernements ont recours aux subventions pour diverses raisons. L'une de ces raisons est une
défaillance du marché, une situation dans laquelle le marché fournit certaines choses à des niveaux inférieurs
aux niveaux économiquement optimaux. Par exemple, une nouvelle réglementation environnementale peut
faire obligation aux entreprises de nettoyer leur site afin de réduire leur niveau de pollution (selon le principe
du "pollueur payeur"). Un investisseur envisageant d'acquérir ou de réactiver une usine hors service pourrait
estimer que le coût du nettoyage exigé (lié à la pollution causée par le précédent propriétaire de l'usine) est si
élevé que l'investissement ne serait pas profitable. Dans ces circonstances, un gouvernement pourrait
accorder une subvention à l'investisseur pour compenser en partie ou en totalité le coût du nettoyage, afin de
s'assurer que l'investissement ait lieu. Autre exemple: dans certains cas, le marché n'offrant pas de
financement à long terme, l'État intervient en tant que prêteur. En fonction des taux d'intérêt et des autres
conditions de prêt, le financement accordé par l'État peut être subventionné ou non.
Les subventions peuvent aussi être, pour les pouvoirs publics, un instrument de politique économique ou
sociale. Par exemple, un gouvernement peut souhaiter faire en sorte que certaines parties du littoral ou
certaines zones frontalières soient habitées. Il peut donc offrir des subventions de différentes sortes pour
l'investissement et la création d'emplois dans ces zones. Un gouvernement peut également souhaiter réduire
les disparités économiques régionales en offrant des subventions pour l'investissement et la création d'emplois
dans les régions défavorisées, ou encore encourager l'adoption de certaines technologies ou l'utilisation de
certains types de matériel en accordant des subventions aux entreprises qui le font.
En vertu de l'Accord SMC, la plupart des formes de subventions sont autorisées, quoiqu'assujetties à certaines
règles et disciplines. Comme nous le verrons en détail plus bas, seuls deux types de subventions sont
totalement prohibés.
Pourquoi l'OMC réglemente-t-elle le recours aux subventions? Parce que, qu'elles soient destinées simplement
à remédier à des défaillances du marché ou à répondre aux priorités du gouvernement concerné en matière de
politiques, les subventions peuvent fausser les marchés internationaux. En particulier, une subvention peut
introduire, sur le marché d'un produit, un déséquilibre structurel de la concurrence indépendant des avantages
comparatifs naturels des différents pays produisant ce bien. Dans de tels cas, un produit non subventionné
peut se trouver dans l'impossibilité de faire face à la concurrence du produit subventionné (puisqu'il est en fait
en concurrence avec la trésorerie du pays qui accorde la subvention), même lorsqu'il dispose d'un avantage
comparatif intrinsèque.
II. L'ACCORD SUR LES SUBVENTIONS ET LES
MESURES COMPENSATOIRES
EN BREF
L'Accord SMC soumet à des disciplines le recours aux subventions par les Membres et réglemente les
mesures que les Membres peuvent prendre pour compenser les effets des subventions d'autres Membres. Il
n'interdit pas aux Membres d'accorder la plupart des formes de subventions, mais il établit des règles
définissant les programmes, les mesures, etc., qui constituent des subventions, ainsi que des règles
régissant le recours aux subventions et les disciplines y relatives et des disciplines sur le recours aux
mesures compensatoires.
L'Accord SMC contient donc deux "voies". La première est la voie multilatérale, qui énonce les disciplines
concernant le recours aux subventions par les gouvernements et prévoit le recours au mécanisme de
règlement des différends de l'OMC pour faire appliquer ces disciplines. Ainsi, selon la voie multilatérale, un
Membre préoccupé par une subvention d'un autre Membre dont il est allégué qu'elle est prohibée, ou par les
effets défavorables prétendument causés par la subvention non prohibée d'un autre Membre, a le droit de
formuler une contestation dans le cadre du système de règlement des différends de l'OMC. La seconde voie
est la voie unilatérale ou nationale, qui concerne le recours à des mesures compensatoires par un Membre
importateur dans les cas où des importations subventionnées causent un dommage à sa branche de
production nationale. (Du point de vue de la forme et des prescriptions de procédure, les mesures
compensatoires sont analogues aux mesures antidumping, la principale différence étant que les mesures
compensatoires s'appliquent à des importations subventionnées, et non à des importations faisant l'objet
d'un dumping.)
Pour qu'une mesure, un programme, une incitation, etc. soit une "subvention" au sens de l'Accord SMC, il doit
correspondre à la définition juridique qui y figure, à savoir qu'il doit comprendre une contribution financière des
pouvoirs publics ou de tout organisme public du ressort territorial d'un Membre qui confère un avantage au
bénéficiaire. En outre, pour qu'une subvention ainsi définie soit visée par l'Accord SMC et donc soumise à ses
disciplines, elle doit également être "spécifique". Chacune de ces notions est examinée plus bas.
L'Accord SMC classe les subventions spécifiques en deux groupes: les subventions prohibées et les
subventions pouvant donner lieu à une action. Il n'existe que deux types de subventions prohibées: les
subventions à l'exportation et les subventions subordonnées à la teneur en éléments locaux (ou subventions au
remplacement des importations).
L'Accord SMC s'applique non seulement aux produits industriels, mais aussi aux produits agricoles. Ainsi, les
disciplines relatives aux subventions et les mesures compensatoires peuvent être appliquées aux produits
agricoles. Cela étant, l'Accord sur l'agriculture module certaines des disciplines multilatérales de l'Accord SMC
en ce qui concerne ces produits.
II.A. CONTEXTE JURIDIQUE
EN DÉTAIL
Les règles régissant les subventions sont énoncées dans l'Accord SMC, mais l'Accord sur l'agriculture contient
des règles spécifiques régissant le recours aux subventions à l'agriculture.
Cependant, ces règles initiales étaient relativement générales. Par exemple, l'article XVI du GATT de 1947 ne
définissait pas le terme "subvention" et contenait peu de détails quant aux types d'effets défavorables pouvant
être causés par les subventions ou aux mesures que les autres Parties contractantes pouvaient prendre pour y
répondre. L'article VI ne contenait que trois paragraphes traitant du recours aux mesures compensatoires.
En réponse à la nécessité de développer les règles du GATT sur les subventions et les mesures
compensatoires, le Tokyo Round de négociations multilatérales qui s'est déroulé entre 1973 et 1979 a
débouché sur l'Accord relatif à l'interprétation et à l'application des articles VI, XVI et XXIII de l'Accord général,
généralement connu sous le nom de "Code des subventions du Tokyo Round" ou "Code des subventions").
Malheureusement, le Code des subventions, qui était un accord plurilatéral, n'a pas pleinement atteint son
objectif car il n'a été ratifié que par 25 parties contractantes et un certain nombre de différends ont été
soulevés au titre de ce code, dont certains portaient sur des notions fondamentales qui n'y étaient pas définies.
Par conséquent, lors du Cycle d'Uruguay, les règles relatives aux subventions et aux mesures compensatoires
ont été une nouvelle fois inscrites à l'ordre du jour des négociations. La Déclaration ministérielle de
Punta del Este, qui a donné le coup d'envoi à ce Cycle de négociations, appelait un réexamen fondamental de
toutes les règles relatives aux subventions et aux mesures compensatoires: les dispositions de l'article VI et
XVI du GATT de 1947 ainsi que du Code des subventions. Ces négociations ont abouti à l'Accord SMC.
L'ACCORD SMC
L'Accord SMC fait fond sur le Code des subventions et sur les dispositions originelles du GATT. Contrairement
aux textes qui l'ont précédé, l'Accord SMC définit ce qu'est une subvention et introduit la notion de "spécificité"
d'une subvention (sélectivité du droit d'en bénéficier). Seules les subventions spécifiques sont assujetties aux
disciplines énoncées dans l'Accord SMC.
L'Accord SMC a pour objet d'imposer des disciplines multilatérales sur les subventions qui faussent le
commerce international. Il réglemente aussi les mesures prises par les Membres de l'OMC à l'encontre des
importations subventionnées. Les subventions résultent des décisions des pouvoirs publics. Les dispositions
de l'Accord régissent non seulement les mesures unilatérales (droits compensateurs) qui peuvent être prises à
l'encontre d'importations subventionnées, mais elles établissent également des disciplines multilatérales pour
limiter le recours même aux subventions.
Étant donné qu'il fait partie de l'engagement unique au titre de l'Accord sur l'OMC, l'Accord SMC s'applique à
tous les Membres de l'OMC, développés ou en développement (contrairement au Code des subventions, qui ne
s'appliquait qu'à ses signataires). L'Accord SMC contient des dispositions spéciales en faveur des pays en
développement, qui sont peut-être les plus vastes et les plus importantes de celles qui figurent dans n'importe
quel accord de l'OMC.
Par ailleurs, l'Accord SMC va bien au-delà de ses prédécesseurs pour ce qui est du niveau de détail et de
spécificité des règles relatives aux subventions. Il établit des disciplines détaillées concernant aussi bien les
subventions prohibées que les subventions non prohibées, y compris des dispositions définitionnelles relatives
aux subventions prohibées, de longues dispositions concernant les effets défavorables des subventions et des
dispositions détaillées quant aux procédures de règlement des différends multilatérales qui sont applicables. Il
développe en outre les dispositions du Code des subventions s'agissant du recours aux mesures
compensatoires.
La clause de paix a expiré en même temps que la période de mise en œuvre, à la fin de 2003. L'Accord sur
l'agriculture continue néanmoins de moduler, dans certains cas, les disciplines de l'Accord SMC dans la mesure
où elles s'appliquent aux subventions à l'agriculture.
CONSEIL
Il est important de noter que, conformément à l'article 21 de l'Accord sur l'agriculture, en cas de conflit
entre l'Accord sur l'agriculture et tout accord figurant à l'Annexe 1A de l'Accord sur l'OMC, y compris
l'Accord SMC, les dispositions de l'Accord sur l'agriculture prévalent.
II.B. INTRODUCTION
Comme son nom l'indique, l'Accord sur les subventions et les mesures compensatoires traite de deux questions
distinctes mais étroitement liées: les disciplines multilatérales qui régissent l'octroi de subventions, d'une part,
et le recours unilatéral ou national à des mesures compensatoires par un Membre en vue de neutraliser le
dommage causé sur son territoire par des importations subventionnées, d'autre part.
Les disciplines multilatérales relatives aux subventions sont les règles déterminant si une subvention peut être
accordée ou non par un Membre et régissant les effets défavorables qu'une subvention peut avoir sur les
échanges. Elles sont mises en œuvre par le biais du mécanisme de règlement des différends de l'OMC.
Les droits compensateurs sont des mesures unilatérales, qui peuvent être appliquées par un Membre aux
importations d'un produit sur son territoire, sur la base d'une enquête à l'issue de laquelle il a été constaté que
les importations en question sont subventionnées et causent un dommage à sa branche de production
nationale.
Les parties II et III classent toutes les subventions spécifiques en deux catégories, à savoir les
subventions prohibées et les subventions pouvant donner lieu à une action, et établissent certaines
disciplines de fond ainsi que des règles relatives au règlement des différends pour ces catégories.
NOTE: la partie IV, qui visait les subventions ne donnant pas lieu à une action, n'est plus en vigueur
depuis la fin de 1999.
La partie VIII énonce des règles relatives au traitement spécial et différencié en faveur des diverses
catégories de Membres en développement.
La partie IX renferme les règles transitoires que les Membres autres que les Membres en
développement doivent observer pour mettre en conformité avec l'Accord SMC leurs mesures non
conformes qui existaient au moment de son entrée en vigueur. Des règles distinctes s'appliquaient
aux Membres développés et aux Membres dont le régime d'économie planifiée est en voie de
transformation en une économie de marché.
La partie X traite du règlement des différends et la partie XI contient les dispositions finales.
La partie I définit le champ d'application de l'Accord. Plus concrètement, elle définit les termes "subvention" et
"spécificité". Comme indiqué plus haut, seules les "subventions spécifiques" au sens de la partie I sont
assujetties aux disciplines multilatérales de l'Accord SMC et peuvent faire l'objet de mesures compensatoires.
II.C.1. DÉFINITION DU TERME "SUBVENTION"
EN BREF
À la différence du Code des subventions du Tokyo Round, l'Accord SMC contient une définition du terme
"subvention". La définition comporte trois éléments fondamentaux: i) une contribution financière ii) des
pouvoirs publics ou de tout organisme public du ressort territorial d'un Membre iii) qui confère un avantage.
Pour qu'il y ait subvention, il faut que ces trois éléments soient réunis. Rappelons cependant que toutes les
"subventions" ne sont pas visées par l'Accord SMC; seules les subventions "spécifiques" le sont.
EN DÉTAIL
CONTRIBUTION FINANCIÈRE
Conformément à l'article 1.1 a) 1) de l'Accord SMC, seules les mesures revêtant la forme d'une "contribution
financière" peuvent être des subventions. Cette disposition énonce une liste fermée (exhaustive) des types de
mesures qui peuvent constituer une contribution financière. Ces mesures sont les suivantes:
transfert direct potentiel de fonds ou de passif (par exemple une garantie de prêt);
recettes publiques normalement exigibles qui sont abandonnées ou ne sont pas perçues (par exemple,
dans le cas des incitations fiscales telles que les crédits d'impôts);
fourniture de biens ou de services autres qu'une infrastructure générale, ou achat de biens, par les
pouvoirs publics;
En outre, le soutien des revenus ou des prix est également cité comme pouvant potentiellement constituer une
subvention, s'il confère un avantage.
CONSEIL
L'expression "contribution financière" utilisée dans l'Accord SMC n'implique pas, à elle seule, qu'il y ait
subvention (au sens d'un "don" des pouvoirs publics). Elle désigne simplement le transfert de quelque
chose ayant une certaine valeur. Qu'il y ait subvention ou non dépend des conditions du transfert, et c'est
là que la notion d'"avantage", examinée plus bas, entre en jeu.
Vous trouverez une vidéo au sujet des contributions financières dans la section "Supporting materials"
(rendez-vous simplement au tableau des départs).
Pour qu'une contribution financière soit réputée constituer une subvention aux fins de l'Accord SMC, elle doit
être accordée par les pouvoirs publics ou un organisme public. Il peut s'agir de pouvoirs publics au niveau
national ou infranational et de tout type d'entité publique. Un organisme public est une entité autre qu'un
gouvernement mais qui joue un certain rôle dans la politique publique. Une contribution financière faite par un
organe privé peut aussi relever de la définition figurant à l'article 1.1 de l'Accord SMC si cet organe a été
chargé de faire cette contribution par les pouvoirs publics ou si ces derniers lui ont ordonné de le faire.
Vous trouverez une vidéo au sujet des organismes publics dans la section "Supporting materials"
(rendez-vous simplement au tableau des départs).
Que se passe-t-il si les deux parties participant à une transaction, par exemple la banque qui accorde le prêt et
l'entreprise qui en bénéficie, appartiennent au secteur privé? Si les pouvoirs publics ou tout organisme public
ont chargé un organe privé, en l'occurrence la banque, d'accorder le prêt ou lui ont ordonné de le faire, la
contribution financière, aux fins de l'Accord SMC, est faite par les pouvoirs publics. Si toutefois il n'existe
aucune preuve que les pouvoirs publics ont chargé l'organe privé d'accorder le prêt ou lui ont ordonné de le
faire, le prêt ne peut être imputé aux pouvoirs publics et n'est donc pas visé par l'Accord SMC, ce qui signifie
qu'il ne peut faire l'objet d'une action dans le cadre du règlement des différends de l'OMC ni de mesures
compensatoires.
Vous trouverez une vidéo sur le fait de charger ou d'ordonner dans la section "Supporting materials"
(rendez-vous simplement au tableau des départs).
Par ailleurs, ce ne sont pas uniquement les (subventions des) pouvoirs publics et organismes publics nationaux
qui sont visé(e)s par l'Accord SMC, mais aussi (celles de) tous les pouvoirs publics et organismes publics
infranationaux. Ainsi, les subventions accordées par des administrations publiques provinciales ou municipales
sont pleinement assujetties aux disciplines de l'Accord SMC.
CONFÉRANT UN AVANTAGE
Conformément à l'Accord SMC, une contribution financière des pouvoirs publics n'est pas une subvention tant
qu'elle ne confère pas un "avantage". Dans bien des cas, par exemple lorsqu'il s'agit d'un don en espèces,
l'existence d'un avantage est manifeste. Un don confère un avantage équivalant à la totalité de son montant,
puisque le bénéficiaire n'a rien à payer en contrepartie. Dans certains cas, toutefois, la question est plus
complexe. Par exemple, dans quelles circonstances un don des pouvoirs publics, une participation des
pouvoirs publics au capital social ou la fourniture ou l'achat d'un bien par les pouvoirs publics confèrent-ils un
avantage?
Bien que l'Accord SMC ne donne que des indications partielles sur ces questions, l'Organe d'appel a décidé que
l'existence d'un avantage devait être déterminée par une comparaison avec le marché. La question qui se
pose est donc de savoir si la contribution financière est "fournie à des conditions plus avantageuses que celles
que le bénéficiaire aurait trouvées sur le marché". Si la réponse est oui, alors la contribution financière confère
un avantage. Ainsi, par exemple, un prêt accordé par les pouvoirs publics confère un avantage lorsqu'il offre
au bénéficiaire des conditions plus avantageuses que celles qu'il aurait obtenues auprès d'un prêteur
commercial. De même, la fourniture de biens par les pouvoirs publics confère un avantage lorsque le prix
facturé par les pouvoirs publics pour ces biens est inférieur au prix de ces biens en vigueur sur le marché du
pays où les biens sont fournis.
L'Accord SMC donne certaines indications, quoiqu'incomplètes, sur la question de l'avantage, sous la forme de
lignes directrices à suivre pour calculer le montant d'une subvention en termes d'avantage conféré au
bénéficiaire, aux fins des enquêtes en matière de droits compensateurs (examinées en détail plus bas). Ces
lignes directrices ont également été jugées utiles par les groupes spéciaux et l'Organe d'appel pour déterminer
l'existence d'un avantage (afin de déterminer si une mesure constitue une subvention ou non). Elles indiquent
comment déterminer l'avantage pour quatre différentes formes de contribution financière: 1) participation des
pouvoirs publics au capital social – le point de comparaison par rapport au marché est la "pratique habituelle
[des investisseurs privés] concernant les investissements"; 2) prêts des pouvoirs publics – le point de
comparaison est un prêt commercial comparable que l'emprunteur pourrait effectivement obtenir sur le
marché; 3) garanties de prêt accordées par les pouvoirs publics – le point de comparaison est ce que
l'emprunteur paierait sur ce prêt sur le marché en l'absence de garantie; et 4) fourniture de biens ou de
services ou achat de biens par les pouvoirs publics – la comparaison s'effectue par rapport aux conditions de
marché existantes là où a lieu la fourniture ou l'achat, de façon à déterminer si le prix payé aux pouvoirs
publics est trop bas (dans le cas d'une fourniture de biens ou de services par les pouvoirs publics) ou si le prix
payé par les pouvoirs publics est trop élevé (achat de biens par les pouvoirs publics).
Il peut sembler que, si les pouvoirs publics subissent un coût net en faisant une contribution financière, le
bénéficiaire reçoit automatiquement un avantage. Tel n'est pas nécessairement le cas. En réalité, l'existence
d'un avantage est indépendante du fait que les pouvoirs publics subissent ou non un coût en faisant la
contribution financière.
Le schéma ci-après illustre ce principe, en prenant l'exemple d'un prêt des pouvoirs publics à une entreprise.
Dans cet exemple, bien que les pouvoirs publics réalisent un gain financier dans la transaction, en prêtant de
l'argent à un taux d'intérêt supérieur au coût de son propre financement, le bénéficiaire du prêt reçoit un
avantage car il obtient ce prêt à un taux d'intérêt inférieur à ce qu'il aurait obtenu d'un prêteur commercial.
Aucun coût pour les pouvoirs publics mais avantage pour le bénéficiaire. Exemple:
PRÊT
Prêt
Intérêts: 10%
Intérêts: 8% Intérêts: 6%
À l'inverse, il se peut que les pouvoirs publics subissent un coût en faisant une contribution financière, sans pour
autant conférer un avantage. Imaginons par exemple que les pouvoirs publics fournissent des intrants au
producteur d'un produit donné. En supposant que les pouvoirs publics produisent ces intrants à des coûts élevés,
il se peut qu'ils aient à subir une perte afin de les vendre au prix du marché, auquel cas il y aurait un coût pour
les pouvoirs publics. Pourtant, en supposant également que les pouvoirs publics vendent simplement les intrants
au prix du marché, l'entreprise qui les achète aux pouvoirs publics plutôt qu'à un fournisseur privé ne reçoit pas
d'avantage et il n'y a donc pas subvention, malgré le coût subi par les pouvoirs publics.
En procédant à l'analyse d'une mesure conformément à l'Accord SMC, il est important de dissocier totalement
les notions de contribution financière et d'avantage.
La question de savoir si une mesure, un programme, une incitation, etc., constitue une contribution financière
est indépendante du fait qu'elle confère ou non un avantage; il faut veiller à ne pas confondre ces deux points.
Une mesure ne constitue une contribution financière que si elle revêt l'une des formes énumérées dans l'Accord
SMC. Si tel n'est pas le cas, quand bien même elle conférerait un avantage mesurable à une entreprise ou à
un secteur de l'économie, la mesure en question n'est pas une subvention et ne peut donc pas être assujettie
aux disciplines de l'Accord SMC.
Vous trouverez une vidéo sur la notion d'avantage dans la section "Supporting materials" (rendez-vous
simplement au tableau des départs).
II.C.2. SPÉCIFICITÉ
À supposer qu'une mesure soit une subvention au sens de l'Accord SMC (c'est-à-dire une contribution
financière qui confère un avantage), elle n'est cependant assujettie aux dispositions de l'Accord que si elle est
spécifique – c'est-à-dire accordée de façon sélective – à une entreprise ou à une branche de production ou à
un groupe d'entreprises ou de branches de production, ou à une région.
Le principe de base est qu'une subvention qui fausse l'affectation des ressources dans une économie devrait
être assujettie à une discipline. Lorsqu'une subvention peut être obtenue par un grand nombre de
bénéficiaires dans une économie, il est présumé que l'affectation des ressources n'est pas faussée. Ainsi,
seules les subventions "spécifiques" sont assujetties aux disciplines prévues par l'Accord SMC. Quatre types de
"spécificité" sont définis dans l'Accord:
Spécificité au niveau de l'entreprise: la possibilité de bénéficier d'une subvention est limitée à une
certaine entreprise ou à certaines entreprises.
Spécificité régionale: la possibilité de bénéficier d'une subvention est limitée à des bénéficiaires situés
dans une région géographique relevant de la juridiction de l'autorité qui accorde cette subvention.
Subventions prohibées: ces subventions sont automatiquement réputées être spécifiques aux termes
de l'Accord SMC.
L'Accord SMC ne vise pas seulement les subventions expressément limitées à certaines entreprises par la loi ou
par l'autorité qui les accorde (il s'agit dans ces cas d'une spécificité de jure). Il vise également les subventions
limitées dans les faits à certains bénéficiaires (spécificité de facto). Une subvention qui, aux termes de la loi,
ne peut être accordée qu'à une entreprise ou à un secteur donné, par exemple, est spécifique de jure. Or,
dans bien des cas, aucune limitation expresse de la possibilité de bénéficier de la subvention n'est inscrite dans
la législation ni établie par l'autorité compétente. La spécificité peut néanmoins être établie si les faits
montrent que, dans la pratique, la subvention est limitée à certains des bénéficiaires qui pourraient
théoriquement y prétendre. Les facteurs qui peuvent être pris en considération pour déterminer si une
subvention en apparence non spécifique est en réalité spécifique sont les suivants:
manière dont l'autorité qui accorde la subvention a exercé un pouvoir discrétionnaire dans la décision
d'accorder une subvention.
L'Accord contient des dispositions permettant d'identifier les subventions qui ne sont pas spécifiques. En
résumé, il ne peut y avoir spécificité dans les cas où le droit de bénéficier de la subvention est subordonné à
des critères objectifs, explicitement énoncés dans la législation, la réglementation ou autre document officiel,
de manière à pouvoir être vérifiés, et où ces critères sont observés strictement et appliqués de façon
automatique. L'expression "critères objectifs" s'entend de critères neutres, qui ne favorisent pas certaines
entreprises par rapport à d'autres, et qui sont de caractère économique et d'application horizontale, le nombre
de salariés et la taille de l'entreprise étant cités à titre d'exemple. Ainsi, un crédit d'impôt pour
l'investissement dont peut bénéficier toute entreprise qui investit au moins 100 000 dollars ou crée au moins
dix nouveaux emplois, et qui est accordé de façon automatique dès lors que ces critères sont réunis, n'est pas
une subvention spécifique. (Il ne pourrait y avoir spécificité que si les critères n'étaient pas observés
strictement, si le droit de bénéficier de la subvention n'était pas automatique et si, par ailleurs, des éléments
de preuve montraient que le programme était appliqué d'une manière spécifique de facto.)
Pour déterminer si une subvention est spécifique de facto, sur la base de ce qui précède et de tous autres
facteurs pertinents, il doit être tenu compte de l'importance de la diversification des activités économiques
dans la juridiction de l'autorité qui accorde la subvention, ainsi que de la période pendant laquelle le
programme de subvention a été appliqué. Il s'agit d'éviter toute constatation injustifiée de spécificité. Par
exemple, si un pays compte deux grandes branches de production nationales, le fait que celles-ci soient les
principales utilisatrices du programme de subvention à l'examen peut être le simple reflet de la structure de
l'économie et ne signifie pas nécessairement que les pouvoirs publics limitent l'octroi de la subvention à ces
branches de production. De même, dans le cas d'un programme de subvention de création récente, le fait que
les bénéficiaires effectifs du programme soient peu nombreux par rapport à l'ensemble des bénéficiaires
possibles peut simplement traduire le fait que les autres bénéficiaires potentiels du programme n'en ont pas
encore connaissance, plutôt qu'un éventuel ciblage volontaire de la part des pouvoirs publics.
Enfin, les subventions qui sont subordonnées aux résultats à l'exportation et celles qui sont subordonnées à
l'utilisation de produits nationaux de préférence à des produits importés (les subventions prohibées) sont
définies dans l'Accord SMC comme étant spécifiques en soi. Autrement dit, le fait que les subventions soient
subordonnées à ces conditions, qui est la raison pour laquelle elles sont prohibées, satisfait automatiquement
au critère de spécificité de l'Accord SMC. La subordination aux résultats à l'exportation comme la
subordination à l'utilisation de produits nationaux peuvent être établis sur une base de jure ou de facto.
II.C.3. ILLUSTRATION 1
Appliquons maintenant à un exemple les principes et définitions de base concernant les subventions et la
spécificité. La législation du pays A prévoit un salaire hebdomadaire minimum de 500 dollars EU. Elle dispose
en outre que les travailleurs ne peuvent travailler plus de 35 heures par semaine. Pour améliorer la
compétitivité du secteur des roues de remorque, le gouvernement du pays A publié une déclaration selon
laquelle le salaire minimum et le nombre maximum d'heures de travail par semaine ne s'appliquent pas à ce
secteur. En conséquence, les producteurs de roues de remorque du pays A ont un avantage en termes de
coûts de main-d'œuvre par rapport aux entreprises des autres branches de production et secteurs de
l'économie.
On pourrait certainement faire valoir que la mesure (à savoir la non-application du salaire minimum et des
heures de travail maximums prescrits par la loi) confère un avantage tangible et mesurable à l'industrie des
roues de remorque, correspondant à l'économie réalisée sur les coûts de main-d'œuvre. En outre, il est
évident qu'il s'agit d'une mesure des pouvoirs publics, puisqu'elle a été prise au moyen d'une déclaration
officielle. Par ailleurs, puisqu'elle est limitée à un seul secteur de l'économie du pays A, la mesure est
spécifique et, cette limitation étant explicitement énoncée dans la déclaration, il s'agit d'une spécificité de jure.
La mesure est-elle pour autant assujettie aux dispositions de l'Accord SMC? Pas nécessairement: pour que
cela soit le cas, la mesure doit en premier lieu constituer une contribution financière au sens de l'Accord SMC.
À cet égard, une mesure comme celle décrite ci-dessus – l'exemption des prescriptions juridiques concernant le
salaire minimum et le nombre maximum d'heures de travail par semaine – ne correspond à aucun des types de
contributions financières énumérés dans l'Accord. En particulier, il ne s'agit pas d'un transfert de fonds (direct
ou potentiellement direct); il ne s'agit pas du non-recouvrement de recettes publiques normalement exigibles;
il ne s'agit pas de la fourniture de biens ou de services, ou de l'achat de biens, par les pouvoirs publics; et il
ne s'agit pas d'un versement effectué par les pouvoirs publics en faveur d'un mécanisme de financement.
Étant donné que la mesure en question ne correspond pas à la définition d'une contribution financière, elle ne
peut constituer une subvention au sens de l'Accord SMC et, de ce fait, n'est pas assujettie aux disciplines de
l'Accord, bien qu'étant une mesure spécifique de jure des pouvoirs publics qui confère un avantage.
Changeons maintenant les données de notre exemple. Supposons maintenant que la mesure prend une forme
différente, toutes les autres hypothèses restant inchangées. En particulier, supposons que la mesure est un
programme de subventions accordées sous la forme de dons par les pouvoirs publics. Au titre de ce
programme, les producteurs de roues de remorque peuvent obtenir une subvention à l'investissement de
10 000 dollars EU pour chaque investissement de 500 000 dollars EU en faveur de nouvelles usines et de
nouveau matériel à haute efficacité énergétique. De nouveau, la mesure est établie au moyen d'une
déclaration officielle, qui spécifie que seuls les producteurs de roues de remorque peuvent bénéficier de ce
programme. Cette mesure est-elle visée par l'Accord SMC? Oui. Comme dans le premier cas de figure, il
s'agit d'une mesure des pouvoirs publics, qui est spécifique de jure à l'industrie des roues de remorque aux
termes de la déclaration. Étant donné qu'elle revêt la forme d'un don, la mesure confère clairement un
avantage. Enfin, puisqu'il s'agit d'un don, la mesure relève clairement de l'une des catégories de contributions
financières énumérées dans l'Accord SMC (il s'agit d'un "transfert direct de fonds"). Le fait qu'elle soit visée
par l'Accord ne signifie pas que la mesure soit illégale. Étant donné que, dans notre exemple, la subvention
n'est pas subordonnée aux résultats à l'exportation ni à l'utilisation de produits nationaux, il ne s'agit pas d'une
subvention prohibée, mais d'une subvention pouvant donner lieu à une action. Cela signifie que, si elle porte
atteinte aux intérêts commerciaux d'un autre Membre de l'une des manières spécifiées dans l'Accord SMC, cet
autre Membre peut engager une action (soit en se prévalant des disciplines multilatérales applicables aux
subventions, soit en imposant une mesure compensatoire), pour autant que toutes les conditions requises
soient réunies.
EXERCICES:
3. Une exemption spéciale d'une taxe à la pollution accordée à une branche de production pour une durée de
trois ans, serait-elle une mesure visée par l'Accord SMC?
4. Les subventions pour les produits agricoles sont-elles assujetties à l'Accord SMC?
II.D. CATÉGORIES DE SUBVENTIONS ÉTABLIES PAR
L'ACCORD SMC
Depuis l'expiration, en 2000, des dispositions relatives aux subventions ne donnant pas lieu à une action (voir
l'encadré "Conseil" ci-dessous"), l'Accord SMC réglemente deux grandes catégories de subventions: celles qui
sont prohibées et celles qui peuvent donner lieu à une action (c'est-à-dire qui peuvent potentiellement être
contestées sur la base d'effets défavorables ou donner lieu à des mesures compensatoires). Toutes les
subventions spécifiques relèvent de l'une ou de l'autre de ces catégories.
CONSEIL
Pendant les cinq années qui ont suivi son entrée en vigueur, l'Accord SMC établissait une troisième
catégorie de subventions: les subventions ne donnant pas lieu à une action, ou subventions "de la
catégorie verte" (les dispositions relatives à ces subventions figuraient aux articles 8 et 9 de l'Accord). Les
subventions ne donnant pas lieu à une action étaient certaines subventions spécifiques étroitement
définies pour la recherche, le développement, l'adaptation d'installations existantes à de nouvelles
réglementations environnementales et pour l'aide aux régions défavorisées. Il a été établi que ces
subventions ne pouvaient donner lieu à une action car elles servaient d'importants objectifs de politique
générale et il était peu probable qu'elles aient des effets défavorables sur le commerce. Applicables à titre
provisoire durant une période de cinq ans, les dispositions relatives à ces subventions ont expiré à la fin
de 1999. Les subventions visées sont alors entrées dans la catégorie de celles pouvant donner lieu à une
action. Les dispositions relatives au préjudice grave présumé causé par certains (autres) types de
subventions ont expiré au même moment. Voir l'encadré "Conseil" plus bas.
L'Accord SMC adopte une approche parfois appelée "approche des feux de signalisation" pour classer les
différents types de subventions:
1. Subventions prohibées. Subventions "rouges" ou "de la catégorie rouge": prohibées sur la base de
leurs effets défavorables présumés (irréfragablement) sur le commerce. Il existe deux types de subventions
prohibées:
CONSEIL
L'Annexe I de l'Accord SMC contient une liste exemplative NON exhaustive de onze types de subventions à
l'exportation. Les subventions énumérées sont des exportations à l'exportation en soi. Les mesures non
citées dans l'Annexe doivent être analysées afin de déterminer si elles correspondent à la définition de
"subvention" et si elles sont subordonnées aux résultats à l'exportation.
Les subventions prohibées sont assujetties à des règles spéciales et additionnelles en matière de règlement des
différends (c'est-à-dire en plus de celles établies dans le Mémorandum d'accord sur le règlement des
différends). L'une de ces règles spéciales veut que, s'il est constaté qu'une subvention contestée est prohibée,
cette subvention doit être retirée immédiatement.
2. Subventions pouvant donner lieu à une action. Subventions "de catégorie orange": subventions
pouvant donner lieu à une action, c'est-à-dire pouvant être contestées, sur la base d'éléments de preuve
montrant qu'elles ont causé des effets défavorables déterminés, dans certains cas (autrement dit, il n'y a pas
de présomption d'effets défavorables en ce qui concerne les subventions pouvant donner lieu à une action;
voir l'encadré "Conseil" plus bas).
Il existe trois types d'effets défavorables sur la base desquels un Membre peut engager une action à l'encontre
des subventions d'un autre Membre:
Préjudice grave – celui-ci peut revêtir un certain nombre de formes différentes, notamment le fait:
de détourner ou d'entraver les importations d'un "produit similaire" sur le marché du Membre qui
accorde la subvention; de détourner ou d'entraver les exportations d'un "produit similaire" destinées
au marché d'un pays tiers; d'entraîner une sous-cotation notable des prix, d'empêcher des hausses de
prix ou de déprimer les prix ou de faire perdre des ventes; dans le cas d'un produit primaire,
d'entraîner un accroissement de la part du marché mondial pour le produit subventionné, par rapport
aux niveaux antérieurs.
Dommage – dommage causé à la branche de production nationale du produit similaire dans le pays
importateur par les importations subventionnées.
Annulation ou réduction d'avantages – dans les cas où une subvention a pour effet, sur le territoire
du Membre qui accorde la subvention, d'empêcher les partenaires commerciaux de bénéficier des
avantages résultant de concessions multilatérales en matière d'accès aux marchés qu'ils ont obtenues
de la part du Membre qui accorde la subvention.
Les Membres estimant subir un préjudice grave, un dommage ou une annulation ou une réduction d'avantages
peuvent porter la question devant l'Organe de règlement des différends. En ce qui concerne les subventions
pouvant donner lieu à une action, l'Accord SMC contient certaines règles spéciales et additionnelles en matière
de règlement des différends. L'une de ces règles veut que, s'il est constaté qu'une subvention contestée cause
des effets défavorables déterminés, le Membre qui accorde la subvention doit la retirer ou en éliminer les effets
défavorables.
CONSEIL
Jusqu'à la fin de 1999, quatre types déterminés de subventions pouvant donner lieu à une action étaient
"réputés" (c'est-à-dire réfragablement présumés) causer un préjudice grave (cette présomption était prévue
à l'article 6.1 de l'Accord SMC). Le Membre accordant la subvention pouvait réfuter une telle présomption en
démontrant (sur la base d'éléments de preuve) que les subventions en question ne causaient dans les faits
aucune des formes de préjudice grave précitées. Les dispositions relatives au préjudice grave présumé et
aux subventions ne donnant pas lieu à une action ont été négociées en un bloc au cours du Cycle d'Uruguay.
Ces deux ensembles de dispositions sont restés en vigueur à titre provisoire pendant une période de cinq ans
(jusqu'à la fin de 1999) et auraient pu être maintenus par consensus par le Comité des subventions et des
mesures compensatoires (le "Comité SMC"). En l'absence d'un tel consensus, toutes ces dispositions ont
expiré simultanément.
3. Subventions ne donnant pas lieu à une action, ou subventions "de la catégorie verte": ces
subventions ont expiré le 31 décembre 1999.
Conformément à l'article 31 de l'Accord SMC, l'application des dispositions relatives aux subventions ne
donnant pas lieu à une action (ainsi que de celles relatives aux préjudices réputés graves) aurait pu être
prolongée après 1999 si les Membres étaient parvenus à un consensus au Comité SMC. Lors du réexamen
entrepris par le Comité en vue de déterminer s'il convenait de prolonger l'application de ces dispositions,
certains Membres en développement ont demandé avec insistance que la catégorie des subventions ne
donnant pas lieu à une action soit revue, ou au moins élargie, de façon à tenir compte de subventions
présentant un intérêt particulier pour les Membres en développement. En l'absence d'un consensus sur la
prolongation de leur application (avec ou sans modifications) au 31 décembre 1999, soit à la fin de la
période de cinq ans, les dispositions en question ont expiré. La question a de nouveau été soulevée par
certains Membres en développement à la Conférence ministérielle de Doha, où a été lancé le Cycle de
Doha. À cet égard, le paragraphe 10.2 de la Décision ministérielle de Doha sur les questions et
préoccupations liées à la mise en œuvre renvoyait la question du traitement de certaines subventions des
Membres en développement en tant que subventions ne donnant pas lieu à une action au groupe de
négociation compétent (le Groupe de négociation sur les règles). Cependant, aucune proposition textuelle
concrète n'a été mise sur la table des négociations.
Pour qu'une subvention soit une subvention à l'exportation prohibée au sens de l'Accord SMC, elle doit être
"subordonnée" aux résultats à l'exportation, soit exclusivement, soit parmi plusieurs autres conditions.
L'admissibilité au bénéfice de la subvention dépend donc d'une manière ou d'une autre, dans une certaine
mesure au moins, des activités d'exportation du bénéficiaire. En d'autres termes, la subordination aux
résultats à l'exportation a un rapport avec les critères d'admissibilité, et ces critères doivent en particulier
inclure d'une manière ou d'une autre les activités d'exportation. En outre, le critère relatif à l'exportation peut
être énoncé de façon expresse (il est donc de jure) ou ressortir de manière évidente des faits entourant l'octroi
de la subvention (auquel cas il est de facto).
Un exemple de subvention qui serait subordonnée de jure aux résultats à l'exportation serait un programme de
dons pour lequel les critères d'admissibilité sont que le bénéficiaire soit situé dans une région particulière,
appartienne à l'une de trois branches de production déterminées et qu'au moins 4 pour cent de ses ventes
totales soient des ventes à l'exportation. Nonobstant l'existence des autres critères (non liés à l'exportation),
le fait que l'un des critères soit un niveau minimum de ventes à l'exportation fait que cette subvention est
subordonnée aux résultats à l'exportation et, en tant que telle, prohibée.
Il est considérablement plus difficile de déterminer qu'une subvention est subordonnée de facto aux résultats à
l'exportation. En particulier, il faut examiner les faits entourant l'octroi de la subvention afin de déterminer la
mesure dans laquelle l'exportation, ou l'anticipation de l'exportation, a joué un rôle dans la décision de
l'autorité compétente d'octroyer la subvention.
Vous trouverez une vidéo sur la notion de subvention à l'exportation dans la section "Supporting
materials" (rendez-vous simplement au tableau des départs).
ÉTUDE DE CAS 1
Cette étude de cas, concernant un différend réel, illustre l'une des approches suivies pour déterminer qu'une
subvention est subordonnée de facto aux exportations.
Examen des mesures prises par le Canada: Le Groupe spécial a conclu que les éléments de preuve ne
démontraient pas que le programme de la SEE soit subordonné aux résultats à l'exportation. Il a par
ailleurs constaté que le programme concernant le Compte du Canada accordait dans certains cas des
subventions subordonnées aux résultats à l'exportation. S'agissant du programme PTC, le Groupe
spécial a également constaté que les faits démontraient que [les contributions de PTC] n'auraient pas
été octroyées en l'absence de prévisions d'exportations. L'Organe d'appel a confirmé ces constations
du Groupe spécial. Le Groupe spécial et l'Organe d'appel ont estimé que l'ensemble des faits entourant
les décisions d'accorder les subventions en cause démontraient que celles-ci étaient subordonnées aux
exportations.
L'Annexe I de l'Accord SMC contient une "Liste exemplative de subventions à l'exportation". L'Accord dispose
que toute mesure identifiée dans la Liste comme étant une subvention à l'exportation correspond
automatiquement aux définitions d'une subvention et d'une subvention subordonnée aux résultats à
l'exportation. En d'autres termes, ces mesures constituent en soi des subventions à l'exportation aux fins de
l'Accord SMC. Certains groupes spéciaux ont toutefois constaté qu'il n'était pas admissible d'interpréter un
élément quelconque de cette liste de façon inverse pour déterminer le point de savoir si une mesure n'est pas
une subvention à l'exportation. Cette conclusion ne peut être tirée que pour les mesures identifiées dans la
Liste comme n'étant pas des subventions à l'exportation.
Pour être prohibée au titre de l'Accord SMC en tant que subvention au remplacement des importations, une
subvention doit être "subordonnée" à l'utilisation de produits nationaux de préférence à des produits importés.
Comme dans le cas des subventions à l'exportation, la notion de subordination signifie une relation de
dépendance ou de conditionnalité – l'admissibilité au bénéfice de la subvention doit dépendre de l'utilisation de
produits nationaux ou être conditionnée par une telle utilisation. La subordination peut être un facteur parmi
plusieurs autres et peut être de jure ou de facto. Il convient de noter que la possibilité d'établir cette
conditionnalité sur une base de facto n'est pas prévue expressément dans l'Accord SMC. L'Organe d'appel a
néanmoins constaté que cette disposition englobait la conditionnalité de facto comme la conditionnalité de jure.
Aux termes des dispositions relatives aux subventions pouvant donner lieu à une action, les effets défavorables
causés par une subvention qu'un Membre plaignant peut alléguer devant un groupe spécial de règlement des
différends à l'OMC peuvent revêtir un certain nombre de formes. Dans tous les cas, l'évaluation est fondée sur
des faits. Il ne suffit pas d'établir (comme dans le cas des différends portant sur des subventions prohibées)
que la subvention en question, telle qu'elle est alléguée, existe. De fait, pour les subventions pouvant donner
lieu à une action, non seulement il doit être établi qu'il y a subvention spécifique, mais il doit aussi être
démontré que les subventions accordées confèrent un avantage à la production, à la vente, à la
commercialisation, etc., du produit en question, et que la concurrence subventionnée porte atteinte aux
intérêts commerciaux du Membre plaignant, s'agissant du même produit. L'analyse concernant l'existence d'un
lien de causalité doit comprendre une analyse aux fins de la non-imputation, afin d'assurer que les dommages
causés par d'autres facteurs ne sont pas imputés aux subventions en cause.
L'un des effets défavorables sur le commerce mentionnés par l'Accord SMC est un "préjudice grave aux intérêts
d'un […] Membre" causé par les subventions d'un autre Membre, par lequel on entend aussi bien un préjudice
grave en train de se produire qu'une menace de préjudice grave. L'Accord contient des dispositions relatives à
un certain nombre de formes de préjudice grave, dont les deux premières sont fondées sur le fait de
"détourner ou d'entraver" des flux d'échanges. En particulier, il peut s'agir d'un détournement ou d'une
entrave concernant les exportations d'un "produit similaire" d'un Membre vers le marché du Membre qui
accorde la subvention, ou les exportations d'un Membre vers le marché d'un pays tiers. Dans les deux cas, il
faut établir un lien de causalité entre le produit subventionné et les effets négatifs sur les exportations du
produit similaire.
Le deuxième type de préjudice grave prévu dans l'Accord SMC est une sous-cotation notable du prix du produit
subventionné par rapport au prix d'un produit similaire d'un autre Membre sur le même marché (qu'il s'agisse
du marché du Membre importateur ou d'un pays tiers ou du marché mondial). À cet égard, il est nécessaire de
comparer les prix des deux produits et d'établir un lien de causalité entre la subvention et la sous-cotation du
prix.
Le troisième type de préjudice grave prévu dans l'Accord SMC englobe le fait d'empêcher des hausses de prix ou
de déprimer les prix ou de faire perdre des ventes sur le même marché dans une mesure notable. Il y a
empêchement de hausses de prix lorsque la concurrence en matière de prix due à un produit subventionné
empêche les prix du produit similaire du Membre plaignant d'augmenter autant qu'ils l'auraient fait en l'absence
de la concurrence subventionnée. Il y a dépression des prix lorsque la concurrence due au produit subventionné
fait diminuer les prix du produit similaire du Membre plaignant. Dans les deux cas, il faut analyser l'évolution des
prix du produit subventionné et du produit similaire, la ou les subventions en question et les autres conditions de
concurrence sur le marché des produits en question. Enfin, il y a perte de ventes lorsque certains contrats ou
certaines ventes sont attribués à des producteurs subventionnés, du fait des subventions, plutôt qu'aux
producteurs du Membre plaignant. De nouveau, pour établir une perte de ventes, il faut des renseignements
détaillés au sujet des subventions en cause comme des contrats de vente en question.
Le quatrième type de préjudice grave prévu dans l'Accord SMC concerne uniquement les produits primaires et
les produits de base. En particulier, il peut y avoir préjudice grave lorsqu'une subvention se traduit par une
augmentation de la part du marché mondial détenue par le Membre qui accorde la subvention pour le produit
primaire subventionné, par rapport à la part moyenne qu'il détenait pendant la période de trois ans précédente
et cet accroissement suit une tendance constante pendant une période durant laquelle des subventions ont été
accordées. Dans ces cas, un groupe spécial doit obtenir des renseignements sur la taille du marché mondial du
produit en question et sur les parts de marché relatives du Membre dont il est allégué qu'il accorde la
subvention et des autres pays, ainsi que sur l'évolution de ces parts de marché. Le groupe spécial doit aussi
obtenir et analyser des renseignements sur la ou les subventions alléguées, notamment sur les périodes
pendant lesquelles elles ont été accordées et la mesure dans laquelle elles ont conféré un avantage au produit
en question.
En vertu des dispositions relatives aux subventions pouvant donner lieu à une action, une action peut aussi
être engagée sur la base d'un "dommage", ce terme revêtant le même sens que dans le cadre des enquêtes en
matière de droits compensateurs. Autrement dit, il s'agit d'un dommage important ou d'une menace de
dommage important causé à la branche de production nationale du produit "similaire" au produit subventionné
importé sur le territoire du Membre plaignant, ou d'un retard important dans la création d'une telle branche de
production nationale. Par conséquent, si une allégation de dommage est portée devant un groupe spécial de
l'OMC dans le cadre d'une procédure de règlement des différends, celui-ci doit collecter tous les
renseignements nécessaires sur la situation de la branche de production nationale, le produit similaire, les
subventions alléguées, les produits dont il est allégué qu'ils sont subventionnés, les conditions de concurrence
pour ce produit sur le marché du Membre importateur (plaignant), etc., exactement comme ce qui serait exigé
dans le cas d'une enquête nationale en matière de droit compensateurs.
Le dernier type d'effet défavorable prévu dans l'Accord SMC est l'annulation ou la réduction d'avantages
résultant directement ou indirectement du GATT de 1994 pour d'autres Membres, en particulier des avantages
résultant de consolidations tarifaires multilatérales. Cette disposition reflète le fait que, dans certaines
circonstances, une subvention accordée sur le territoire d'un Membre peut directement compromettre les effets
des concessions en matière d'ouverture du marché que ce Membre a négociées avec ses partenaires
commerciaux dans le cadre de l'OMC. Le type de situation envisagé par cette disposition peut être illustré à
l'aide d'un exemple. Supposons que, à l'issue de négociations commerciales, le pays A accepte de réduire de
10 pour cent le droit de douane qu'il impose aux importations d'orge. Le pays B, exportateur d'orge, s'attend
donc à ce que ses exportations vers le pays A augmentent une fois que cette réduction tarifaire aura pris effet.
Or, cette attente n'est pas satisfaite. En effet, tout en procédant à la réduction tarifaire, le pays A commence à
subventionner ses acheteurs d'orge nationaux d'un montant égal à la réduction tarifaire, éliminant ainsi
l'incitation à acheter l'orge importée qu'ils auraient eue du fait de la réduction tarifaire. Par conséquent, ces
acheteurs continuent d'acheter l'orge de production nationale, les avantages que le pays B aurait dû retirer de
la réduction tarifaire du pays A étant ainsi annulés ou réduits par la subvention du pays A. Un groupe spécial
saisi d'une allégation d'annulation ou de réduction d'avantages doit donc obtenir et analyser des
renseignements sur les concessions tarifaires concernées, les flux d'échanges, la subvention alléguée et la
relation entre la subvention et la concession tarifaire.
EXERCICES:
5. À l'heure actuelle, combien de catégories de subventions existe-t-il aux termes de l'Accord SMC, et
quelles sont-elles?
II.E. MESURES CONTRE CERTAINES SUBVENTIONS: MESURES
COMPENSATOIRES
L'article VI du GATT de 1994 et la note de bas de page 36 de l'Accord SMC définissent comme suit la notion de
droit compensateur:
Droit spécial perçu en vue de neutraliser toute subvention accordée, directement ou indirectement, à la
fabrication, à la production ou à l'exportation d'un produit.
RAPPEL
Comme nous l'avons vu plus haut, l'Accord SMC prévoit un système à deux voies, dont il découle ce qui
suit:
Outre la possibilité de contester des subventions prohibées, ou les effets défavorables de subventions
pouvant donner lieu à une action, devant un groupe spécial chargé du règlement d'un différend à l'OMC, les
Membres peuvent recourir à une mesure compensatoire de façon unilatérale, dans certaines circonstances
déterminées.
En particulier, il s'agit des cas où la branche de production nationale du Membre importateur subit un
dommage causé par les importations subventionnées d'un produit donné. (Rappelez-vous qu'une allégation
de l'existence d'un dommage, dans le même sens, est également l'un des fondements possibles d'une
contestation multilatérale dans le cadre du système de règlement des différends de l'OMC.)
Bien qu'étant très semblables du point de vue de la procédure, les droits compensateurs sont, dans la pratique,
bien moins utilisés que les droits antidumping, et ce pour un certain nombre de raisons. Premièrement, si le
dumping est une pratique relevant d'entités privées, le subventionnement (soit l'objet des enquêtes en matière
de droits compensateurs) est une pratique des pouvoirs publics (pour mémoire, les "subventions" entre entités
privées ne sont pas visées par l'Accord SMC). Ainsi, le Membre qui mène l'enquête doit procéder à un examen
détaillé et à une analyse des actions et des mesures des pouvoirs publics d'un autre Membre, c'est pourquoi les
mesures compensatoires sont perçues comme portant davantage atteinte à la souveraineté des Membres que
les mesures antidumping. De ce fait, certains Membres peuvent hésiter à ouvrir une enquête en matière de
droits compensateurs, par crainte que le Membre visé leur rende la pareille.
Enfin, à certains égards, les enquêtes en matière de droits compensateurs sont plus compliquées que les
enquêtes antidumping. D'une part, un important travail de calcul et d'estimation est nécessaire pour établir un
lien entre telle ou telle subvention reçue par une entreprise et une certaine unité du produit exporté en
question. D'autre part, aux fins des enquêtes en matière de droits compensateurs, il faut obtenir une quantité
considérable de renseignements des pouvoirs publics du Membre exportateur. Si ces derniers ne coopèrent
pas pleinement, il se peut que les autres sources de renseignements possibles soient rares, voire inexistantes.
Les dispositions de l'Accord SMC applicables aux enquêtes en matière de droits compensateurs, en particulier
en ce qui concerne les questions de procédure, sont très semblables à celles qui s'appliquent aux enquêtes
antidumping, que nous avons examinées dans le cadre du Module 3. Dans le présent module, afin d'éviter les
répétitions inutiles, nous examinerons uniquement les aspects propres aux mesures compensatoires. Pour le
reste, il convient de se reporter au Module 3.
Enfin, en tant que mesures à la frontière, les mesures compensatoires ne peuvent être appliquées que par un
Membre importateur, lorsque des importations subventionnées entrant sur son territoire causent un dommage
à la branche de production nationale du produit similaire. Les éventuels effets défavorables des produits
subventionnés causés sur d'autres marchés (par exemple celui du Membre accordant la subvention ou d'un
pays tiers, ou le marché mondial) ne peuvent être traités au moyen de mesures compensatoires. Ces effets
doivent faire l'objet d'une contestation multilatérale dans le cadre des procédures de règlement des différends
de l'OMC fondée sur un ou plusieurs des motifs d'action décrits plus haut (préjudice grave ou annulation ou
réduction d'avantages). (Il n'est pas possible de formuler une allégation multilatérale de l'existence d'un
dommage, procédure applicable à la même situation qu'une mesure compensatoire unilatérale.)
Comme dans le cas des mesures antidumping, l'Accord SMC prévoit des types de mesures compensatoires:
Aux termes de l'Accord SMC, des droits compensateurs provisoires peuvent être imposés avant la conclusion
d'une enquête, à condition qu'une détermination préliminaire positive de l'existence d'un subventionnement,
d'un dommage et d'un lien de causalité ait été établie. Toutefois, il ne peut en aucun cas être appliqué de
droits compensateurs provisoires dans un délai inférieur à 60 jours à compter de la date de l'ouverture de
l'enquête. En outre, l'application de droits provisoires doit être limitée à une période aussi courte que possible,
qui en aucun cas n'excédera quatre mois.
Des droits définitifs ne peuvent être imposés que sur la base d'une détermination finale établie dans le cadre
d'une enquête. En particulier, avant de pouvoir appliquer un droit définitif, un Membre importateur doit avoir
ouvert et mené une enquête de façon parfaitement conforme aux dispositions applicables de l'Accord SMC et
être parvenu, au terme de cette enquête, à des déterminations finales positives de l'existence d'un
subventionnement, d'un dommage et d'un lien de causalité.
Les engagements pris volontairement peuvent remplacer l'application de droits définitifs. En particulier, une
enquête en matière de droits compensateurs pourra être suspendue sans imposition de droits compensateurs
si le Membre et/ou l'exportateur faisant l'objet de l'enquête prennent volontairement, auprès du Membre
procédant à l'enquête, des engagements satisfaisants en vertu desquels:
l'exportateur convient de réviser ses prix de façon que les autorités chargées de l'enquête soient
convaincues que l'effet dommageable de la subvention est éliminé.
EN BREF
L'Accord SMC énonce certaines prescriptions de fond qui doivent être respectées aux fins de l'application
d'une mesure compensatoire, ainsi que des prescriptions de procédures détaillées régissant la conduite d'une
enquête en matière de mesures compensatoires et l'imposition et le maintien en vigueur de telles mesures.
Le non-respect de ces prescriptions de fond ou de procédure peut entraîner le recours au mécanisme de
règlement des différends.
EN DÉTAIL
Les Membres prendront toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que l'imposition d'un droit
compensateur36 à l'égard de tout produit du territoire d'un Membre qui serait importé sur le territoire d'un
autre Membre soit conforme aux dispositions de l'article VI du GATT de 1994 et aux conditions énoncées
dans le présent accord. Il ne pourra être imposé de droits compensateurs qu'à la suite d'enquêtes ouvertes
et menées en conformité avec les dispositions du présent accord et de l'Accord sur l'agriculture.
________________________
36
L'expression "droit compensateur" s'entend d'un droit spécial perçu en vue de neutraliser toute subvention
accordée, directement ou indirectement, à la fabrication, à la production ou à l'exportation d'un produit, ainsi
qu'il est prévu au paragraphe 3 de l'article VI du GATT de 1994.
Il ne sera perçu sur un produit du territoire d'une partie contractante, importé sur le territoire d'une autre
partie contractante, aucun droit compensateur dépassant le montant estimé de la prime ou de la subvention
que l'on sait avoir été accordée, directement ou indirectement, à la fabrication, à la production ou à
l'exportation dudit produit dans le pays d'origine ou d'exportation, y compris toute subvention spéciale
accordée pour le transport d'un produit déterminé. Il faut entendre par le terme "droit compensateur" un
droit spécial perçu en vue de neutraliser toute prime ou subvention accordée, directement ou indirectement,
à la fabrication, à la production ou à l'exportation d'un produit.
Comme dans le cas des mesures antidumping, dès lors que les conditions établies dans les règles de l'OMC
sont remplies, un Membre importateur a le droit juridique d'appliquer une mesure compensatoire à sa frontière
à l'encontre des importations visées par l'enquête. En d'autres termes, il n'est pas tenu d'obtenir l'accord des
Membres de l'OMC.
RÈGLES DE FOND
Comme dans le cas des mesures antidumping, un Membre ne peut imposer de mesure compensatoire à moins
de déterminer l'existence de trois éléments:
Dans le Module 3, nous avons examiné les notions de dommage et de lien de causalité dans le cas des
enquêtes antidumping. S'agissant des mesures compensatoires, ces notions s'appliquent dans des termes
presque identiques; par conséquent, on se reportera à ce qui a été dit plus haut.
La différence essentielle entre mesures antidumping et mesures compensatoires est que, dans le cas des
mesures compensatoires, les importations en question doivent bien entendu être subventionnées. À cet égard,
l'autorité chargée de l'enquête doit collecter des renseignements détaillés sur les subventions alléguées, afin de
déterminer si les mesures concernées consistent en une contribution financière faite par les pouvoirs publics ou
un organisme public, si elles confèrent un avantage et si elles sont spécifiques. Si ces conditions sont
remplies, les autorités doivent alors déterminer la mesure dans laquelle les subventions en question peuvent
être imputées au produit visé par l'enquête. Il s'agira, à cette fin, de calculer le montant total de la
subvention, puis d'imputer ou de répartir ce montant entre tous les produits auxquels il confère un avantage,
de sorte que seul le montant imputable au produit considéré soit pris en considération aux fins de l'enquête.
RAPPEL
Comme nous l'avons vu plus haut, la définition d'une subvention pouvant donner lieu à une mesure
compensatoire (à une action) comprend quatre éléments fondamentaux: i) une contribution financière
ii) des pouvoirs publics ou de tout organisme public du ressort territorial d'un Membre iii) qui confère un
avantage et iv) qui soit spécifique.
L'analyse de ces quatre facteurs devra être effectuée séparément pour chaque programme, mesure, incitation,
etc., faisant l'objet d'une enquête.
Supposons que, à l'issue de cette analyse, une autorité détermine que les programmes A, B et C sont des
subventions spécifiques. L'étape suivante consiste à quantifier le montant de subvention accordé dans le cadre
de chaque programme. L'Accord SMC ne prescrit pas l'emploi d'une méthode particulière pour quantifier le
montant d'une subvention, mais il contient certaines grandes lignes directrices à suivre s'agissant des quatre
différents types de subventions, afin de calculer le montant de la subvention en termes d'"avantage conféré au
bénéficiaire". L'ensemble de ces lignes directrices est fondé sur une comparaison des conditions auxquelles les
pouvoirs publics font la contribution financière avec les conditions que le bénéficiaire pourrait obtenir sur le
marché. Ce procédé se rapporte bien sûr à la partie "avantage" de la définition d'une subvention.
Les quatre types de subventions pour lesquels des orientations sont données sont les suivants:
1) participation des pouvoirs publics au capital social d'une entreprise – à comparer avec la "pratique habituelle
concernant les investissements" des investisseurs privés sur le territoire du Membre concerné: l'avantage
correspond à l'éventuel montant versé en excès par les pouvoirs publics; 2) prêts des pouvoirs publics – ce
que le bénéficiaire paie effectivement par rapport à ce qu'il paierait sur un prêt commercial comparable qu'il
pourrait effectivement obtenir sur le marché: l'avantage correspond au montant que le bénéficiaire paie en
moins; 3) garanties de prêt accordées par les pouvoirs publics – ce que le bénéficiaire paie effectivement sur
le prêt garanti par rapport à ce qu'il paierait sur le prêt en l'absence de garantie: l'avantage correspond au
montant que le bénéficiaire paie en moins; et 4) fourniture de biens ou de services ou achat de biens par les
pouvoirs publics – il s'agit de comparer ce que le bénéficiaire paie pour les biens ou services achetés aux
pouvoirs publics, ou ce qu'il reçoit pour les biens vendus aux pouvoirs publics, avec les conditions en vigueur
sur le marché du pays où a lieu la fourniture ou l'achat en question, en prenant en considération le prix, la
qualité, les quantités disponibles, les qualités marchandes, le transport et autres conditions d'achat ou de
vente: l'avantage correspond au montant versé en moins aux pouvoirs publics (en cas de fourniture de biens
ou de services par ces derniers) ou au montant versé en excès par les pouvoirs publics (dans les cas où ceux-ci
achètent des biens).
Vous trouverez une vidéo sur les critères de comparaison concernant certaines formes de
contribution financière dans la section "Supporting materials" (rendez-vous simplement au tableau des
départs).
Pour ce qui est du montant du droit compensateur pouvant être imposé sur les importations subventionnées,
l'Accord SMC (à l'article 19.4) énonce deux prescriptions:
1) il ne peut être perçu, sur un produit importé, aucun droit compensateur dépassant le montant de la
subvention dont l'existence aura été constatée; et
2) le montant de la subvention doit être exprimé en termes de subventionnement par unité du produit
subventionné et exporté.
Par conséquent, aucun droit compensateur ne peut dépasser le montant de la subvention. (À cet égard, de
même que l'Accord antidumping, l'Accord SMC exprime une préférence (mais pas une obligation) pour
l'application d'un "droit moindre" si un tel droit suffit à faire disparaître le dommage causé par les importations
subventionnées.)
En outre, ces règles établissent clairement que la détermination du montant absolu d'un subventionnement
reçu par une entreprise ne signifie pas nécessairement la fin des calculs. De fait, le montant total d'une
subvention devra d'une manière ou d'une autre être converti en un montant unitaire ou ad valorem pour le
produit visé par l'enquête, le droit compensateur étant ensuite calculé sur la base de ce montant.
Par ailleurs, de même que les mesures antidumping, les mesures compensatoires n'ont pas une durée infinie.
L'Accord SMC dispose que ces mesures ne peuvent être maintenues en vigueur que le temps et dans la mesure
nécessaires pour contrebalancer le subventionnement qui cause un dommage. À cet égard, l'Accord SMC
contient des dispositions semblables à celles de l'Accord antidumping en ce qui concerne l'expiration ou
l'extinction des mesures, ainsi que les changements de circonstances, et les réexamens y relatifs.
Examinons certains calculs de subventions dans le cadre d'une enquête hypothétique en matière de droits
compensateurs:
II.E.4. ILLUSTRATION 2
Dans cet exemple, une société privée – la Société A – a besoin de rouleaux laminés à chaud pour fabriquer des
tuyaux. Dans le pays considéré, il y a deux producteurs d'acier: une société privée appelée "Société
sidérurgique privée" et une société appartenant à l'État, la "Société sidérurgique d'État", que nous
considérerons comme un "organisme d'État" au sens de l'Accord SMC aux fins de notre exemple.
La Société A demande une offre de prix à ces deux sociétés. En réponse aux caractéristiques techniques,
conditions de crédit et de livraison, etc., fixées, la "Société sidérurgique privée" propose à la Société A des
rouleaux à 250 dollars EU/tonne. La "Société sidérurgique d'État, quant à elle, offre de vendre à la Société A
des rouleaux identiques avec des conditions de crédit et de livraison identiques, mais pour
200 dollars EU/tonne. Cette différence de prix vient du fait que les pouvoirs publics veulent que la Société A
soit en mesure de fabriquer des tuyaux à des prix compétitifs. Il n'est accordé un tel prix préférentiel à aucune
autre société.
La première étape consiste à déterminer si ce programme, cette mesure, cette incitation, etc., constituent une
subvention. La réponse est oui, dans la mesure où la Société A achète des rouleaux laminés à chaud de la
société sidérurgique d'État. Il y a contribution financière sous la forme d'une fourniture de biens par les
pouvoirs publics et elle confère un avantage parce que le prix des biens fournis par les pouvoirs publics est
inférieur au prix que la Société A aurait payé pour des biens achetés auprès de la société privée. Par ailleurs,
la mesure est spécifique parce que seule la Société A en bénéficie.
Un autre type de subvention peut en revanche donner lieu à des calculs plus complexes. Supposons que la
Société A reçoit également un prêt de la part des pouvoirs publics et que le montant annuel de l'avantage
conféré par ce prêt (c'est-à-dire la différence entre ce que la Société A paie sur ce prêt et ce qu'elle paierait sur
un prêt commercial comparable) est de 10 000 dollars EU. Comment convertir ce montant de la subvention en
un montant unitaire ou ad valorem sur les importations de tuyaux? Nous devons d'abord savoir quels produits
de la gamme de la Société A bénéficient de la subvention en théorie. Supposons que la subvention est
destinée à encourager les exportations et qu'elle est donc subordonnée aux résultats à l'exportation,
c'est-à-dire qu'il s'agit d'une subvention à l'exportation. Dans ce cas, il est raisonnable d'attribuer les
avantages de la subvention aux exportations totales de tous les produits de la Société A. Étant donné que
celle-ci produit et exporte un certain nombre de produits divers, il nous faut répartir ces avantages de façon
égale entre toutes ces exportations au lieu de ne les attribuer qu'aux tuyaux visés par l'enquête. Supposons
également que les ventes totales à l'exportation de la Société A pour la période d'un an visée par l'enquête
sont de 100 000 dollars EU. Le calcul de la subvention ad valorem s'effectue alors comme suit:
Légende: 10 000 $EU (montant de la subvention)/100 000 $EU (ventes totales à l'exportation) = 10 pour cent
ad valorem
Comment l'autorité chargée de l'enquête déterminera-t-elle donc le droit compensateur maximal qu'elle peut
appliquer? Il lui faudra additionner les montants accordés au produit dans le cadre des différentes subventions
visées. Cette opération suppose d'établir ces montants sur une seule et même base. Dans notre exemple,
l'autorité chargée de l'enquête doit, pour ce faire, calculer l'équivalent ad valorem d'une subvention de
50 dollars EU/tonne sur les rouleaux laminés à chaud afin de pouvoir ajouter cette valeur aux 10 pour cent
correspondant au prêt subventionné, pour parvenir au droit compensateur ad valorem maximal pouvant être
appliqué aux tuyaux importés. Pour calculer le subventionnement ad valorem des tuyaux fabriqués à partir
des rouleaux laminés à chaud, il nous faut une valeur à la tonne pour les tuyaux, par exemple leur prix de
vente. Supposons que ce prix est de 400 dollars EU.
Le tableau ci-après montre le calcul du subventionnement ad valorem total des tuyaux visés par l'enquête:
Le niveau maximal du droit compensateur pouvant être appliqué aux importations de tuyaux produits par la
Société A est donc de 22,5 pour cent ad valorem.
RÈGLES DE PROCÉDURE
Comme il est indiqué plus haut, les règles de procédure prévues par l'Accord SMC en ce qui concerne les
enquêtes en matière de droits compensateurs et l'application de mesures sont très semblables à celles établies
par l'Accord antidumping. Les principales différences à noter sont les suivantes:
Prescription de consultations: Aussitôt que possible après qu'il aura été fait droit à une demande, et en
tout état de cause avant que l'enquête ne soit ouverte, les Membres dont les produits pourront faire
l'objet de cette enquête devront être invités à procéder à des consultations en vue de clarifier la
situation et d'arriver à une solution mutuellement convenue.
Subventionnement de minimis et volume des importations négligeable: L'Accord SMC contient ses
propres niveaux de subventionnement de minimis et de volumes des importations négligeables. Les
enquêtes en matière de droits compensateurs et les mesures compensatoires doivent cesser
immédiatement dans les cas où le montant de la subvention est de minimis (en général, inférieur à
1 pour cent ad valorem) ou lorsque le volume des importations subventionnées, effectives ou
potentielles, ou le degré de dommage, est négligeable. Des seuils distincts ont été établis pour les
pays en développement Membres (comme nous le verrons plus bas).
Engagements: Ceux-ci ne se limitent pas aux engagements des sociétés exportatrices "en matière de
prix", comme dans le cadre de l'Accord antidumping. De fait, l'Accord SMC prévoit également des
engagements en vertu desquels les pouvoirs publics du Membre exportateur conviennent d'éliminer ou
de limiter la subvention, ou de prendre d'autres mesures en ce qui concerne ses effets.
Autres: L'Accord SMC n'établit pas de règles spécifiques sur des questions comme l'échantillonnage
des exportateurs, les systèmes de recouvrement des droits ou les taux individuels. De même, à la
différence de l'Accord antidumping, il ne contient pas d'annexe qui énonce des règles détaillées
régissant l'utilisation des données de fait disponibles (le recours à celles-ci étant néanmoins autorisé
dans les mêmes circonstances que celles qui s'appliquent dans le cas de l'antidumping).
EXERCICES:
6. Que peut faire un Membre s'il estime que ses intérêts sont lésés par les subventions accordées par un
autre Membre?
7. Quelles sont les trois déterminations qu'un Membre doit faire pour pouvoir appliquer un droit
compensateur?
8. Si une société qui fabrique 20 produits reçoit une subvention générale pour l'ensemble de ses opérations,
un Membre qui importe l'un de ces produits et qui mène une enquête en matière de droits compensateurs
sur ce produit peut-il traiter la subvention totale comme une subvention au produit importé visé par son
enquête?
II.E.5. ILLUSTRATION 3
Supposons qu'au fil des années, l'industrie horlogère du Membre A a commencé à livrer une forte concurrence
à celle du Membre D.
Préoccupés par la compétitivité faiblissante de leur branche de production nationale, les pouvoirs publics du
Membre D accordent une subvention de 5 milliards de couronnes à l'une de leurs entreprises, VanWatch Ltd.
Grâce à la subvention, VanWatch est en mesure d'acheter du nouveau matériel de pointe qui lui permet de
produire plus de montres, 20 pour cent moins chères qu'auparavant, tout en maintenant un haut niveau de
qualité. VanWatch commence à exporter ces montres à destination du Membre A.
En vertu de l'Accord SMC, les autorités du Membre A ouvrent une enquête en matière de droits
compensateurs. TickTock, un horloger du Membre A, produit des éléments de preuve montrant qu'il perd des
parts de marché à cause des montres meilleur marché du Membre D exportées par VanWatch.
Une fois que les autorités du Membre A ont déterminé qu'il y a bien subventionnement, que la branche de
production nationale a subi un dommage et qu'il existe un lien entre le dommage et la subvention, elles
doivent déterminer le niveau du droit compensateur. Celui-ci ne peut pas être supérieur à ce qui est
nécessaire pour contrebalancer ou "neutraliser" le subventionnement provenant des pouvoirs publics du
Membre D.
Le Membre A devra donc imputer sur une base raisonnable le montant total de la subvention de 5 millions de
couronnes aux produits de VanWatch qui bénéficient de cette subvention, en l'occurrence les produits fabriqués
à l'aide du nouveau matériel acheté grâce à la subvention. En outre, étant donné que la subvention a été
destinée au matériel de production (c'est-à-dire à des biens de capital) dont la durée de vie s'étend a priori sur
plusieurs années, le Membre A devra prendre en compte l'échelle de temps pendant laquelle il peut être
considéré que la subvention profite à VanWatch. À cet égard, le Membre A peut se fonder sur l'hypothèse
selon laquelle, bien qu'ayant été accordée en une fois, la subvention confère des avantages qui perdureront
pendant toute la durée de vie utile des actifs que VanWatch a acquis grâce à la subvention. Ainsi, plutôt que
de partir du principe que VanWatch a "consommé" instantanément l'ensemble des avantages en recevant la
subvention, il s'agit de considérer que ces avantages seront utilisés progressivement à mesure de l'utilisation
de l'équipement lui-même.
À des fins de simplicité, supposons que le matériel de production acquis grâce à la subvention a une durée de
vie utile de 15 ans, il en résulte un montant annuel de subvention de 333 333 333 couronnes (on ne procède à
aucun ajustement s'agissant de la valeur temporelle de l'argent). En supposant que le chiffre d'affaires annuel
réalisé par VanWatch sur les montres fabriquées à l'aide de ce matériel est de 3 millions de couronnes, le
montant ad valorem de la subvention pour ces montres est de 11,1 pour cent.
Il est possible que la subvention accordée à VanWatch, qui cause un dommage à la branche de production
nationale du Membre A du fait du subventionnement des importations destinées au territoire de celui-ci, ait
aussi pour effet de réduire les exportations du membre A à destination du marché du Membre D. Par exemple,
en plus d'exporter, il se peut que VanWatch vende un nombre considérable de montres sur son propre marché
national (le territoire du Membre D), et qu'il soit difficile pour le Membre A d'y maintenir sa part de marché en
raison de la subvention accordée à VanWatch. La mesure compensatoire appliquée par le Membre A aux
importations subventionnées entrant sur son territoire n'aurait évidemment aucun effet sur ses exportations
vers un autre marché. En revanche, le Membre A pourrait présenter à un groupe spécial de l'OMC une
allégation selon laquelle ses exportations à destination du territoire du Membre D, qui accorde la subvention,
ont été détournées ou entravées. Si le Membre A obtient gain de cause, le Membre D devra mettre fin à la
subvention ou en éliminer les effets défavorables sur les exportations du Membre A.
Selon l'article 28.1 de l'Accord SMC, les Membres développés disposaient d'une période de trois ans à compter
de la date d'entrée en vigueur de l'Accord (c'est-à-dire jusqu'au 31 décembre 1997) pour éliminer
progressivement toutes subventions existantes relevant de la catégorie des subventions prohibées (à savoir les
subventions à l'exportation et les subventions au remplacement des importations). Celles-ci devaient être
notifiées au Comité SMC dans les 90 jours suivant la date d'entrée en vigueur de l'Accord SMC.
Les Membres dont le régime d'économie planifiée est en voie de transformation en une économie de marché
axée sur la libre entreprise se sont vu accorder un délai de sept ans à compter de la date d'entrée en vigueur
de l'Accord sur l'OMC (c'est-à-dire jusqu'au 31 décembre 2001) pour éliminer progressivement leurs
subventions prohibées existantes relevant des deux catégories (subventions à l'exportation et subventions au
remplacement des importations). Pour pouvoir bénéficier de cette période transitoire, ces Membres ont dû
notifier les subventions en question au Comité SMC deux ans au plus tard après l'entrée en vigueur de l'Accord
sur l'OMC (c'est-à-dire jusqu'au 31 décembre 1996).
Pendant la période transitoire de sept ans, les subventions pouvant donner lieu à une action accordées par les
Membres dont le régime était en cours de transformation en une économie de marché étaient par ailleurs
exemptées de certaines disciplines relatives à cette catégorie de subventions.
L'Accord SMC reconnaît que les subventions peuvent jouer un rôle important dans les programmes de
développement économique des Membres en développement et prévoit à cet égard un traitement spécial et
différencié étendu pour ces Membres.
En particulier, l'Accord SMC établit une sous-classification unique des Membres en développement aux fins des
règles transitoires et d'autres dispositions relatives au traitement spécial et différencié en ce qui concerne les
subventions prohibées. Il prévoit en outre un traitement spécial et différencié s'agissant des subventions
pouvant donner lieu à une action et contient certaines dispositions concernant le recours à des mesures
compensatoires pour ce qui est des exportations des Membres en développement.
TRAITEMENT SPÉCIAL ET DIFFÉRENCIÉ – SUBVENTIONS À
L'EXPORTATION
S'agissant des subventions à l'exportation, l'Accord SMC classe les Membres en développement en
trois sous-catégories: les Membres les moins avancés (PMA), certains autres Membres en développement
énumérés dont le PNB par habitant est inférieur à 1 000 dollars EU par an et tous les autres Membres en
développement. D'une façon générale, plus le niveau de développement d'un Membre, reflété dans ces
catégories, est bas, plus les règles concernant le recours à des subventions à l'exportation sont flexibles.
Premièrement, les PMA Membres ne sont pas soumis à la prohibition visant les subventions à l'exportation tant
qu'ils restent désignés comme PMA par l'Organisation des Nations Unies. (Cette disposition figure au
paragraphe a) de l'Annexe VII de l'Accord SMC.) Deuxièmement, certains Membres énumérés dont le PNB par
habitant est inférieur à 1 000 dollars EU par an ne sont pas soumis à cette prohibition tant que leur PNB par
habitant n'a pas atteint 1 000 dollars EU. (Cette disposition figure au paragraphe b) de l'Annexe VII de
l'Accord.) Enfin, tous les autres Membres en développement ont eu une période de huit ans à compter de
l'entrée en vigueur de l'Accord SMC pour éliminer progressivement leurs subventions à l'exportation. Ces
autres Membres en développement avaient la possibilité de demander une prorogation de ce délai, sous
réserve de l'accord du Comité SMC.
Certaines décisions concernant les dispositions relatives au traitement spécial et différencié en matière de
subventions à l'exportation sont inscrites dans la Décision ministérielle de Doha sur les questions et
préoccupations liées à la mise en œuvre. Premièrement, s'agissant de la valeur de seuil du PNB par habitant
applicable aux Membres énumérés à l'Annexe VII, les Ministres ont décidé que ces Membres resteraient
exemptés de la prohibition visant les subventions à l'exportation tant que leur PNB par habitant n'aurait pas
atteint 1 000 dollars EU, calculé en dollars EU constants de 1990, pendant trois années consécutives. Ils ont
également décidé que, si le PNB d'un Membre qui a déjà dépassé 1 000 dollars EU redescendait au-dessous de
ce seuil, le Membre en question pourrait de nouveau recourir à des subventions à l'exportation.
Deuxièmement, en ce qui concerne la possibilité de proroger la période transitoire de huit ans applicable aux
autres Membres en développement, les Ministres ont adopté un ensemble de procédures de prorogation
accélérées pour certains Membres en développement ayant une petite économie et de petites parts du
commerce mondial. Selon ces procédures, les Membres en question ont obtenu des prorogations de façon
simplifiée, sous réserve de prescriptions en matière de statu quo et de transparence. L'ensemble de
procédures de prorogation a été renouvelé en 2007, moyennant d'importantes modifications. Dans le cadre de
ces procédures renouvelées, les petits Membres en développement bénéficiant de prorogations doivent éliminer
complètement leurs subventions à l'exportation au plus tard à la fin de 2015.
Vous trouverez une vidéo sur l'article 27 de l'Accord SMC dans la section "Supporting materials"
(rendez-vous simplement au tableau des départs).
CONSEIL
Il est important de noter que, même dans les cas où un Membre en développement est exempté de la
prohibition visant les subventions à l'exportation au titre de l'une des dispositions ou de l'un des
mécanismes susmentionnés, ses subventions à l'exportation peuvent donner lieu à une action. Autrement
dit, elles peuvent faire l'objet de mesures compensatoires ainsi que d'allégations multilatérales d'effets
défavorables (préjudice grave, dommage ou annulation ou réduction d'avantages).
TRAITEMENT SPÉCIAL ET DIFFÉRENCIÉ – SUBVENTIONS AU
REMPLACEMENT DES IMPORTATIONS
Les dispositions de l'Accord SMC prévoyant un traitement spécial et différencié en ce qui concerne l'autre
catégorie de subventions prohibées, à savoir les subventions au remplacement des importations, sont
considérablement plus simples que celles relatives aux subventions à l'exportation. En outre, ces dispositions
ont expiré pour tous les Membres en développement, y compris les PMA.
En particulier, les PMA Membres disposaient d'un délai fixe – non prorogeable – de huit ans pour éliminer
complètement leurs subventions au remplacement des importations. Tous les autres Membres en
développement, c'est-à-dire les Membres autres que les PMA, disposaient quant à eux d'un délai de cinq ans
pour ce faire. Ces délais ont ainsi expiré à la fin de 2002 et à la fin de 1999, respectivement.
En réalité, il n'existe à l'OMC aucune définition officielle convenue ni liste des Membres "en développement"
et des Membres "développés". Ce sont les Membres qui se déclarent eux-mêmes "développés" ou "en
développement". Les autres Membres ont la possibilité de contester la décision de tel ou tel Membre de
recourir aux dispositions relatives au traitement spécial et différencié pour les Membres en développement,
quoiqu'aucune contestation de ce type n'ait eu lieu à ce jour.
II.G. NOTIFICATIONS
II.G.1. SUBVENTIONS
Conformément à l'Accord SMC, les Membres doivent présenter diverses notifications au Comité SMC. Toutes
les notifications font l'objet d'une distribution non restreinte et sont librement accessibles au public une fois
distribuées aux Membres, à moins que le Membre auteur de la notification ne s'y soit expressément opposé.
CONSEIL
Toutes les notifications peuvent être consultées sur le site Web de l'OMC. On donne ci-dessous un aperçu
de certains des principaux types de notifications présentées au Comité SMC, avec l'indication des séries de
documents dans lesquelles ils se trouvent, afin d'aider les Membres intéressés, entre autres, à identifier
ces documents et à y accéder.
L'obligation de notification s'applique à toutes les subventions spécifiques qui visent des produits, dans tous les
secteurs (y compris l'agriculture) et qui sont accordées par les autorités publiques de tous niveaux (national,
régional, étatique ou provincial, local, etc.). Les Membres estimant qu'ils n'accordent pas de subventions
spécifiques doivent le faire savoir en présentant une notification "Néant".
Il est important de noter que l'Accord SMC dispose expressément que la présentation d'une notification ne
constitue en aucun cas un aveu du caractère spécifique d'une subvention. En particulier, il indique que la
notification d'une mesure ne préjuge ni du statut juridique de celle-ci au regard du GATT de 1994 et de
l'Accord SMC, ni des effets au sens de ce dernier, ni encore de la nature de la mesure elle-même. En termes
pratiques, cela signifie entre autres choses que le fait qu'une mesure soit notifiée au titre de l'Accord SMC ne
peut être utilisé comme preuve de son caractère spécifique, que ce soit dans une enquête en matière de droits
compensateurs ou dans le cadre d'un différend soumis à l'OMC. De fait, une telle mesure doit faire l'objet
d'une analyse complète conformément aux dispositions de l'Accord SMC afin de déterminer si elle satisfait à
toutes les prescriptions définitionnelles pertinentes qui y figurent. Cette protection contre la caractérisation
juridique d'une mesure sur la base de sa notification vise à encourager les Membres à ne rien exclure dans
leurs notifications, à des fins de transparence.
On trouvera dans le document G/SCM/6/Rev.1 un modèle pour la notification de mesures conformément aux
dispositions de l'Accord SMC.
Ce document indique les renseignements qui doivent figurer dans la notification d'un Membre:
RENSEIGNEMENTS À FOURNIR
2. Période sur laquelle porte la notification. La période sur laquelle porte la notification devrait être l'année
civile ou l'exercice financier le plus récemment achevé. Dans le dernier cas, les dates de début et de fin
de l'exercice financier devraient être précisées.
4. Fondement et législation (y compris l'indication des dispositions légales en vertu desquelles la subvention
est accordée).
6. À qui et comment la subvention est accordée (indiquer si elle est accordée aux producteurs, aux
exportateurs ou à d'autres personnes; par quel mécanisme; s'il s'agit d'une somme fixe par unité ou
d'une somme variable; dans ce dernier cas, indiquer comment elle est déterminée).
7. Montant unitaire de la subvention ou, dans les cas où cela n'est pas possible, montant total ou montant
annuel budgétisé de la subvention (avec indication, si possible, du montant unitaire moyen de la
subvention de l'année précédente). Dans les cas où il n'est pas possible de fournir des renseignements
sur le montant unitaire de la subvention (pour l'année sur laquelle porte la notification, pour l'année
précédente, ou pour les deux), donner une explication circonstanciée.
8. En ce qui concerne les renseignements visés aux points 3 à 7 ci-dessus, il n'est pas nécessaire que la
notification comporte une rubrique distincte pour chaque point; des renseignements relevant de plusieurs
points peuvent être fournis dans une seule et même rubrique (par exemple, les renseignements visés aux
points 3 et 4 peuvent être fournis dans la même rubrique). Dans ce cas, la notification doit préciser
clairement de quels points relèvent les renseignements fournis dans telle ou telle rubrique.
9. Durée de la subvention et/ou tout autre délai en rapport avec cette subvention, y compris la date de son
institution/de sa mise en application.
10. Données statistiques permettant d'évaluer les effets de la subvention sur le commerce. La nature
spécifique de ces données et le cadre statistique sont laissés à l'appréciation du Membre auteur de la
notification. Cependant, dans la mesure du possible, et pour autant que cela sera pertinent et/ou
déterminable, il est souhaitable que ces renseignements comprennent des statistiques de la production,
de la consommation, des importations et des exportations du (des) produit(s) ou du (des) secteur(s)
subventionné(s):
a) pour les trois années les plus récentes pour lesquelles il existe des statistiques;
b) pour une année représentative antérieure qui, autant que possible, et si cette période est
caractéristique, devrait être l'année précédant immédiatement l'institution de la subvention ou la
dernière modification importante de cette mesure.
Le Comité SMC a estimé que de nouvelles notifications complètes devaient être présentées tous les deux ans et
que la conformité avec cette prescription serait généralement considérée comme étant suffisante aux fins de la
conformité avec les dispositions de l'Accord SMC concernant les notifications de mise à jour.
CONSEIL
Les notifications de mise à jour sont distribuées sous la cote G/SCM/N, un numéro unique étant assigné à
la série se rapportant à chaque année de notification. Par exemple, les nouvelles notifications complètes
de 2011 figurent dans la série G/SCM/N/220/…, le Membre notifiant étant identifié par son code de
pays ISO à trois ou quatre lettres. Ainsi, la nouvelle notification complète du Chili pour l'année 2011 figure
dans le document G/SCM/N/220/CHL. De plus, une notification pouvant être corrigée, révisée et
complétée, il faut parfois se reporter à plusieurs documents pour avoir une notification complète.
ORGANISATION MONDIALE
DU COMMERCE G/SCM/N/220/CHL
27 juillet 2011
(11-3812)
Original: espagnol
Comité des subventions et des
mesures compensatoires
SUBVENTIONS
Nouvelle notification complète présentée au titre de l'article XVI:1
du GATT de 1994 et de l'article 25 de l'Accord sur les subventions
et les mesures compensatoires
CHILI
La notification ci-après, datée du 25 juillet 2011, est distribuée à la demande de la délégation du Chili..
_______________
1. Titre
Crédit d'impôt en faveur de l'investissement dans les provinces d'Arica et de Parinacota (première région).
2. Période
Juillet 2011.
3. Objectif
Inverser la tendance à la baisse de l'activité économique dans les provinces d'Arica et de Parinacota, en tirant parti de
leur situation géographique privilégiée du point de vue du commerce et de leurs atouts touristiques et en renforçant la capacité
des entreprises de ces régions et le rôle d'Arica en tant que lien entre les deux océans.
4. Fondement et législation
Fondement: Les provinces d'Arica et de Parinacota, situées à l'extrémité du pays, sont actuellement défavorisées par
rapport au développement du reste du pays.
Législation: Loi n° 19.420, publiée au Journal officiel du 23 octobre 1995, modifiée par les Lois n° 19.478 et 19.669
(publiées au Journal officiel des 24 octobre 1996 et 5 mai 2000, respectivement). Le Décret-loi n° 1 du Ministère des finances,
publié au Journal officiel du 11 septembre 2001, contient le texte refondu, coordonné et rationalisé de la Loi n° 19.420. Le
dernier amendement à cette loi a été apporté par la Loi n° 20.512 du 7 mai 2011.
5. Forme de la subvention
La subvention s'adresse aux contribuables qui réalisent des projets d'investissement lors des périodes indiquées
ci-dessous:
a) 2008 et 2009: 1 000 UTM (38 173 000 pesos équivalant à 81 614 dollars EU)1;
b) 2010: 1 500 UTM (57 259 000 pesos équivalant à 122 420 dollars EU);
c) 2011: 2 000 UTM (76 346 000 pesos équivalant à 163 227 dollars EU).
2. Dans la province de Parinacota, le montant des investissements doit être supérieur à 1 000 UTM (38 173
000
pesos équivalant à 81 614 dollars EU).
Le délai pour bénéficier de cet avantage est fixé au 31 décembre de chaque année.
Les intéressés ont droit à un crédit d'impôt équivalant à 30 pour cent de la valeur des biens matériels de l'actif
immobilisé, à savoir bâtiments, machines et équipements, y compris les immeubles destinés de préférence à une
exploitation commerciale à des fins touristiques, directement liés à la production de biens ou à la prestation de
services entrant dans le cadre des opérations ou de l'activité du contribuable, achetés à l'état neuf ou dont la
construction a été achevée au cours de l'exercice considéré.
S'agissant des investissements réalisés dans la province de Parinacota, le crédit s'élève à 40 pour cent. Ce
pourcentage s'appliquera aux investissements effectués dans la province d'Arica concernant des immeubles destinés
de préférence à une exploitation commerciale à des fins touristiques, considérés comme revêtant un grand intérêt par
le Directeur du Service national du tourisme.
Ont également droit à ce crédit d'impôt les contribuables qui investissent dans la construction de bâtiments à
usage de bureau ou à usage d'habitation, que ceux ci comprennent ou non des locaux commerciaux, des parkings ou
des caves, composés de plus de cinq unités dans les zones définies dans la loi ci dessus, d'une superficie construite
de 1 000 m2 au moins et dont la construction est achevée au cours de l'exercice.
L'annulation de la dette fiscale s'opère au moment où le crédit d'impôt est déduit de l'impôt de première
catégorie dû par le contribuable à compter de l'exercice au cours duquel a lieu l'achat ou la construction du bien.
7. Montant de la subvention
8. Durée
Cette forme d'incitation est appliquée depuis le 1er janvier 1995, avec effet rétroactif. La date limite pour demander à en
bénéficier a été reportée au 31 décembre 2012.
Cet avantage ne vaut que pour les biens inclus dans le projet d'investissement à tout moment au cours des périodes ci
dessus pendant lesquelles il est applicable, sachant que le recouvrement du crédit auquel il ouvre droit peut se faire jusqu'en
2034.
9. Données statistiques
II. EXONÉRATION DE L'IMPÔT DE PREMIÈRE CATÉGORIE PRÉVU DANS LA LOI SUR L'IMPÔT SUR
LE REVENU AU TITRE DES BÉNÉFICES RÉALISÉS AU COURS DE L'EXERCICE CORRESPONDANT
PAR LES SOCIÉTÉS DE GESTION ET AUTRES UTILISATEURS QUI S'INSTALLENT DANS LES
ZONES FRANCHES D'IQUIQUE (PREMIÈRE RÉGION) ET DE PUNTA ARENAS
(DOUZIÈME RÉGION).
1. Titre
Exonération de l'impôt de première catégorie prévu dans la Loi sur l'impôt sur le revenu au titre des bénéfices réalisés au
cours de l'exercice correspondant par les sociétés de gestion et autres utilisateurs qui s'installent dans les zones franches
d'Iquique (première région) et de Punta Arenas (douzième région).
2. Période
Juillet 2011.
3. Objectif
Stimuler le développement économique de la première et de la douzième région afin d'en faire des pôles d'attraction de
nature à favoriser l'investissement, l'activité économique, le peuplement, la croissance et la souveraineté.
4. Fondement et législation
Fondement: De par leur situation territoriale et géographique, ces zones sont défavorisées par rapport au développement
du reste du pays.
Législation: Le fondement juridique figure dans le Décret n° 341 du Ministère des finances, publié au Journal officiel du
8 juin 1977, dont le texte refondu, coordonné et rationalisé a été établi dans le Décret loi n° 2 du Ministère des finances, publié
au Journal officiel du 10 août 2001.
5. Forme de la subvention
Cette subvention est, en fait, un avantage financier transitoire. Elle ne correspond pas au montant total de l'exonération
fiscale.
La Loi sur l'impôt sur le revenu de 1984 a établi un impôt de première catégorie (pour les entreprises) et un impôt de
seconde catégorie (pour les personnes physiques). En vertu de ce régime, le propriétaire d'une entreprise est autorisé à déduire
le montant acquitté au titre de l'impôt de première catégorie (15 pour cent des bénéfices annuels de l'entreprise) du montant
exigible au titre de l'impôt de seconde catégorie (impôt progressif, qui représente un certain pourcentage des bénéfices).3
Comme les entreprises considérées sont exonérées de l'impôt de première catégorie, les sociétés de gestion et les usagers
2 Valeur moyenne du dollar EU observée entre janvier et juillet 2009, 580,62 pesos. Source: Banco Central.
3 Les revenus pris en compte dans le calcul de l'impôt de seconde catégorie comprennent les revenus autres
que les bénéfices, comme les salaires, etc.
des zones franches n'ont rien à déduire de l'impôt de seconde catégorie et doivent en acquitter la totalité. L'avantage de
l'exonération correspond donc exclusivement à l'économie de coût réalisée entre le moment où l'impôt de première catégorie
était exigible et celui où les bénéfices sont distribués et où l'impôt de seconde catégorie correspondant l'est à son tour.
Cette incitation s'adresse aux sociétés de gestion et autres utilisateurs (personnes morales) qui s'installent dans les zones
franches d'Iquique (première région) et de Punta Arenas (douzième région). Les intéressés doivent satisfaire à cet effet aux
dispositions fixées par le Ministère des finances et le Ministère de l'économie, du développement et de la reconstruction, sur la
base de contrats dont les conditions sont librement négociées.
Cet avantage s'adresse également aux entreprises manufacturières installées ou qui s'installent à Arica ou dans le secteur
d'Alto Hospicio à Iquique.
Les bénéficiaires sont exonérés de l'impôt de première catégorie prévu dans la Loi sur l'impôt sur le revenu au titre des
bénéfices réalisés au cours de l'exercice financier.
7. Montant de la subvention
8. Durée
Ces incitations sont en vigueur depuis le 25 juin 1975 pour Iquique et Punta Arenas et depuis le 10 décembre 1976 pour
Arica. Toutes deux ont une durée indéfinie.
9. Données statistiques
Il n'a été procédé à aucun calcul statistique qui permette d'évaluer les effets de la subvention sur le commerce.
1. Titre
2. Période
Juillet 2011.
3. Objectif
Contribuer au développement des régions défavorisées de Tarapacá, Aysén, Presidente Carlos Ibáñez del Campo,
Magallanes et Antártica Chilena et des provinces de Chiloé et Palena, en accordant une aide aux petits et moyens investisseurs
désireux de réaliser des investissements et des réinvestissements productifs dans ces régions extrêmes.
4. Fondement et législation
Fondement: Ces régions, qui sont des régions et provinces reculées, sont défavorisées par rapport au développement du
reste du pays.
Législation: Le Fonds a été créé en application des articles 38 et 39 du Décret-loi n° 3.529 du Ministère des finances,
publié au Journal officiel du 6 décembre 1980. Le Décret n° 15 du Ministère des finances, publié au Journal officiel du 20 avril
1981, définit les statuts du Fonds.
Le Décret-loi n° 15 est entré en vigueur en vertu d'une note explicative incluse dans la Loi de finances pour l'exercice
2011 (Loi n° 20481). Le numéro de cette note est le 50 01 02 33 01 002.
5. Forme de la subvention
Transfert direct.
Des crédits ne peuvent être accordés que pour des investissements réalisés par des petits et moyens investisseurs,
producteurs de biens et de services dans les secteurs du bâtiment, de la construction de machines et matériels, de la production
d'aliments pour certains animaux et de la pêche artisanale sur une petite échelle. Le montant annuel de chaque investissement
ou réinvestissement ne doit pas être supérieur à 50 000 UF. [4] (Unidades de Fomento) (indice ajusté en fonction de l'inflation),
soit l'équivalent de 2 327 630 dollars EU. Les fonds accordés au titre de ce programme ne peuvent pas être cumulés avec
d'autres incitations accordées pour les mêmes biens ou services.
La contribution maximale du Fonds est de 20 pour cent du coût des nouveaux investissements ou réinvestissements
réalisés jusqu'au 31 décembre 2011. Cet avantage est renouvelé d'année en année dans la Loi de finances.
7. Montant de la subvention
Pour cet exercice 2011, la Loi de finances a estimé à 1 500 millions de pesos chiliens, soit environ 3 206 988 dollars EU,
le montant maximal des crédits à verser.
8. Durée
Cette subvention est seulement disponible jusqu'au 31 décembre 2011. Cet avantage est renouvelé d'année en année dans
la Loi de finances.
9. Données statistiques
Comme nous l'avons vu ci-dessus, l'Accord SMC faisait obligation aux Membres développés et aux Membres
dont le régime est en voie de transformation en une économie de marché de notifier leurs subventions
préexistantes incompatibles avec l'Accord SMC (c'est-à-dire les subventions à l'exportation et les subventions
au remplacement des importations), afin de pouvoir utiliser les périodes transitoires applicables à ces
subventions. Ces périodes transitoires ont maintenant expiré.
Les notifications de ce type sont reproduites dans la série de documents G/SCM/N/2/… (pour les notifications
des Membres développés) et G/SCM/N/9/… (pour les notifications des Membres dont le régime est en voie de
transformation en une économie de marché).
Les notifications de 2011 ont été distribuées sous la cote G/SCM/N/226/… Les questions et réponses écrites
concernant ces notifications sont reproduites dans les documents de la série G/SCM/Q3/…
Les notifications de 2011 ont été distribuées sous la cote G/SCM/N/226/… Les questions et réponses écrites
concernant ces notifications sont reproduites dans les documents de la série G/SCM/Q3/…
Aux termes de l'Accord SMC, un certain nombre de notifications en matière de mesures compensatoires
doivent être présentées, dont des notifications de législations et certaines notifications concernant les actions
engagées en matière de droits compensateurs.
CONSEIL
Suite à la notification initiale du texte législatif intégral, il peut y avoir d'autres notifications, contenant des
corrections, des modifications, des révisions, des textes complémentaires ou des textes entièrement
nouveaux. Par conséquent, il faut parfois se reporter à plusieurs documents pour obtenir une vision
complète de la législation d'un Membre en matière de mesures compensatoires. En outre, lorsqu'une
législation et/ou une réglementation entièrement nouvelle en remplace intégralement une autre ayant été
notifiée auparavant, un nouveau numéro de document est attribué. Par exemple, la notification de
législation initiale (notification "Néant") des Fidji a été distribuée sous la cote G/SCM/N/1/FJI/1. Par la
suite, lorsque les Fidji ont adopté et notifié une législation en matière de mesures compensatoires, la
notification correspondante a été distribuée sous la cote G/SCM/N/1/FJI/2. Les questions et réponses
écrites des Membres concernant les législations de notification sont distribuées sous la cote G/SCM/Q1/…
CONSEIL
Plutôt que de distribuer le texte intégral des notifications de décisions préliminaires ou finales, le
Secrétariat de l'OMC distribue chaque mois une liste des notifications de ce type qui ont été reçues. Les
notifications elles-mêmes sont conservées dans les archives et peuvent être consultées sur demande par
les Membres.
L'Accord SMC se fonde d'une manière générale sur les règles pertinentes du Mémorandum d'accord sur le
règlement des différends. Néanmoins, il énonce également un certain nombre de règles et de procédures
spéciales ou additionnelles en matière de règlement des différends, comme nous l'avons vu dans les sections
relatives aux disciplines multilatérales applicables aux subventions. Ces règles spéciales prévoient, entre
autres choses, des procédures accélérées par rapport aux procédures ordinaires du Mémorandum d'accord, en
particulier dans le cas d'allégations de subventions prohibées. L'Accord SMC établit en outre un mécanisme de
collecte de renseignements pour les allégations de préjudice grave, auquel un groupe spécial peut recourir à la
demande d'une partie.
Le fonctionnement de l'Accord SMC est supervisé par le Comité des subventions et des mesures
compensatoires, composé de représentants de tous les Membres de l'OMC. Le Comité est chargé d'examiner
toutes les notifications présentées par les Membres. Il constitue en outre une enceinte dans laquelle les
Membres peuvent examiner toute question liée au fonctionnement de l'Accord SMC.
Le Comité SMC se réunit deux fois par an en session ordinaire, l'ordre du jour de ses réunions étant souvent
semblable à celui des réunions du Comité antidumping (voir l'exemple donné dans le Module 3). De fait, en ce
qui concerne l'examen des notifications de législations, étant donné que nombre de Membres adoptent des
législations et d'autres instruments juridiques qui réglementent aussi bien les mesures antidumping que les
mesures compensatoires, l'un des deux comités (habituellement le Comité antidumping) procède généralement
à l'examen principal de ces législations, tandis que l'autre (habituellement le Comité SMC) n'examine que les
éléments des notifications de législations qui se rapportent spécifiquement à son domaine de compétence. Par
exemple, lorsque le Comité antidumping procède à l'examen principal d'une notification de législation donnée,
cet examen portera sur toutes les dispositions qui concernent spécifiquement l'antidumping, ainsi que sur les
dispositions applicables à la fois à l'antidumping et aux mesures compensatoires. Le Comité SMC achèvera
ensuite l'examen de cette notification en n'examinant que les dispositions qui se rapportent exclusivement aux
mesures compensatoires.
Le Comité SMC procède bien entendu à son propre examen principal des différents types de notifications de
subventions, ainsi que des rapports semestriels et des notifications ad hoc des actions menées en matière de
droits compensateurs.
L'Accord SMC prévoit l'établissement d'un Groupe d'experts permanent (GEP) dont les membres sont élus par
le Comité SMC, l'un d'eux devant être remplacé chaque année.
1. Aider un groupe spécial, à la demande de celui-ci, à déterminer si une mesure qu'il doit examiner est
une subvention prohibée. Le groupe spécial doit accepter les conclusions du GEP sans modification.
2. Transmettre au Comité SMC, sur la demande de celui-ci, des avis consultatifs sur l'existence et la
nature de toute subvention.
3. Tenir des consultations avec tout Membre et émettre des avis consultatifs confidentiels, sur
demande, quant à la nature de toute subvention que le Membre en question se propose de mettre
en place ou maintient.
Lorsque le GEP a été établi, après l'entrée en vigueur de l'Accord SMC, ses membres originels ont présenté un
projet d'ensemble de procédures de travail que le GEP suivrait pour mener à bien les fonctions
susmentionnées. Les procédures proposées ont été débattues par le Comité SMC, qui n'est finalement pas
parvenu à un consensus en vue de leur adoption. L'absence de procédures de travail est certainement l'une
des principales raisons pour lesquelles, dans la pratique, le GEP n'a jamais été appelé à accomplir ses tâches
officielles.
EXERCICES:
9. Les pays en développement reçoivent-ils ou ont-ils reçu un quelconque traitement spécial au titre de
l'Accord SMC en ce qui concerne les subventions prohibées?
10. Les pays en développement exemptés de la prohibition des subventions à l'exportation sont-ils totalement
à l'abri de contestations portant sur ces subventions?
III. RÉSUMÉ
Il établit des règles définissant les programmes, les mesures, etc. qui constituent des subventions visées par
ses dispositions. Il soumet à des disciplines le recours aux subventions visées et réglemente les mesures
que les pays peuvent prendre pour compenser les effets de ces subventions.
L'Accord SMC constitue en fait "deux accords en un". D'une part, la voie multilatérale de l'Accord donne aux
Membres le droit de contester certaines subventions d'autres Membres au titre du Mémorandum d'accord sur
le règlement des différends de l'OMC. D'autre part, la voie nationale, ou unilatérale, de l'Accord établit que,
si certaines conditions sont réunies, un Membre peut mener une enquête et imposer des mesures
compensatoires sur des importations subventionnées qui entrent sur son territoire et causent un dommage à
sa branche de production nationale.
Pour qu'une mesure puisse être considérée comme une subvention aux fins de l'Accord SMC, elle doit
comprendre trois éléments:
Par ailleurs,
seules les subventions "spécifiques" sont soumises aux dispositions de l'Accord SMC.
L'Accord SMC visait initialement trois types de subventions, mais il n'en reste que deux:
les subventions prohibées (dont il est présumé qu'elles ont des effets de distorsion sur les échanges
internationaux). Il s'agit des subventions subordonnées aux résultats à l'exportation et des
subventions subordonnées à l'utilisation de produits nationaux;
les subventions pouvant donner lieu à une action (subventions pouvant être contestées si elles
portent atteinte d'une certaine façon aux intérêts commerciaux d'un autre Membre);
rappelez-vous que la catégorie des subventions ne donnant pas lieu à une action a cessé d'exister à
la fin de 1999.
L'imposition de toute mesure compensatoire doit se conformer à des prescriptions de fond et à des règles de
procédure établies par l'Accord SMC. Un grand nombre de ces prescriptions sont analogues à celles qui sont
contenues dans l'Accord antidumping. Le présent module renvoie donc au module sur l'Accord antidumping
lorsque les prescriptions se rejoignent, tout en expliquant les différences, le cas échéant.
Les mesures compensatoires sont soumises à des dispositions prévoyant leur extinction après une période de
cinq ans, mais elles peuvent être reconduites sous réserve d'un réexamen. Elles peuvent également faire
l'objet d'un réexamen visant à déterminer si elles demeurent nécessaires pour prévenir un dommage ou y
remédier et si leur niveau peut être modifié.
L'Accord SMC reconnaît que les subventions peuvent jouer un rôle important dans les programmes de
développement économique des pays en développement, c'est pourquoi il établit des règles et des disciplines
applicables aux subventions des Membres en développement qui sont moins strictes que celles applicables
aux Membres développés. Enfin, l'Accord SMC dispose que les Membres doivent présenter diverses
notifications au Comité SMC. À moins qu'un Membre notifiant n'ait demandé expressément qu'il en soit
autrement, toutes les notifications sont publiées en distribution non restreinte et sont librement accessibles
au public.
RÉPONSES PROPOSÉES:
Non. La définition du terme "subvention" figurant dans l'Accord SMC contient trois éléments
fondamentaux:
ii) des pouvoirs publics ou de tout organisme public du ressort territorial d'un Membre
La contribution financière peut revêtir différentes formes, qui n'impliquent pas toutes un versement
monétaire. L'Accord contient une liste exhaustive des types de mesures qui représentent une telle
contribution: transferts directs de fonds (par exemple sous la forme de dons, de prêts ou d'une
participation au capital social), transferts directs potentiels de fonds ou de passif (par exemple les garan-
ties de prêt), abandon de recettes publiques (par exemple dans le cas des incitations fiscales telles que
les crédits d'impôt), fourniture de biens ou de services et achat de biens. En outre, un soutien des
revenus ou des prix peut constituer une subvention s'il confère un avantage.
Oui. L'Accord parle de contribution financière des pouvoirs publics ou de tout organisme public du ressort
territorial d'un Membre, c'est-à-dire qu'il s'applique non seulement aux subventions accordées par des
pouvoirs publics nationaux, mais aussi à celles qu'accordent des administrations infranationales, telles
que les administrations régionales ou locales, et des organismes publics, lesquels peuvent être différents
types d'entités qui ne sont pas gouvernementales mais qui ont ou remplissent un rôle de politique
publique. Il faut noter à cet égard que, pour déterminer si une subvention est spécifique au niveau
régional, on considère que le territoire sur lequel l'entité qui l'accorde a compétence est le point de
départ, quel que soit le niveau de gouvernement. Par exemple, si l'entité qui accorde la subvention est
une administration nationale, il y a spécificité régionale lorsque la subvention n'a été accordée qu'à des
entreprises situées dans une certaine partie du territoire de cet État, mais pas si elle l'a été à des
entreprises situées sur tout le territoire de l'État.
3. Une exemption spéciale d'une taxe à la pollution visant toutes les entreprises manufacturières,
accordée à une branche de production pour une durée de trois ans, serait-elle une mesure
visée par l'Accord SMC?
Oui. En tant qu'exemption spéciale provisoire d'une taxe en vigueur qui s'applique d'une façon générale à
tous les fabricants, cette mesure serait une contribution financière sous forme de l'abandon de recettes
publiques normalement exigibles. Elle conférerait un avantage car elle constituerait essentiellement un
don, c'est-à-dire que quelque chose serait offert sans contrepartie. De plus, elle serait spécifique car le
droit d'en bénéficier se limiterait à une seule branche de production.
4. Les subventions pour les produits agricoles sont-elles assujetties à l'Accord SMC?
Il n'y a pas d'exclusion générale des produits agricoles dans l'Accord SMC.
Toutefois, l'Accord sur l'agriculture contient un certain nombre de règles spécifiques concernant les
subventions relatives aux produits agricoles, qui prévalent sur certaines dispositions de l'Accord SMC.
Par exemple, les mesures de soutien interne relevant de la "catégorie verte" mentionnée dans l'Accord
sur l'agriculture ne pouvaient donner lieu à une action en matière de droits compensateurs ni à une action
au niveau multilatéral, moyennant certaines conditions, pendant une période de mise en œuvre de neuf
ans, de 1995 à la fin de 2003. Pendant la même période, les mesures de soutien interne et les
subventions à l'exportation qui étaient pleinement conformes aux engagements de réduction contractés
par un Membre au titre de l'Accord sur l'agriculture ou qui étaient exemptées de ces engagements ne
pouvaient être contestées au niveau multilatéral en vertu de l'Accord SMC.
Hormis les subventions de la "catégorie verte", cependant, les subventions pour les produits agricoles
pouvaient potentiellement donner lieu à une mesure compensatoire pendant la période de mise en œuvre.
Depuis la fin de la période de mise en œuvre, les subventions au secteur agricole sont assujetties aux
dispositions de l'Accord SMC (modulables dans certains cas) et peuvent donner lieu à une mesure
compensatoire.
En outre, les subventions au secteur agricole doivent être notifiées au titre de l'Accord SMC (et de
l'Accord sur l'agriculture).
Lorsqu'il est entré en vigueur, l'Accord SMC classait les subventions qu'il visait (c'est-à-dire les
subventions spécifiques) en trois catégories: les subventions prohibées (catégorie rouge), les
subventions pouvant donner lieu à une action (catégorie orange) et les subventions ne donnant pas lieu à
une action (catégorie verte). Cette dernière catégorie est restée en vigueur pendant une période de cinq
ans, jusqu'à la fin de 1999, date à laquelle elle a cessé d'exister. Le Comité SMC aurait pu prolonger
l'application des dispositions relatives à ces subventions, avec ou sans modifications, s'il était parvenu à
un consensus à cet effet avant la fin de 1999. Toutefois, en l'absence d'un tel consensus, à compter du
1er janvier 2000, les subventions qui, auparavant, ne donnaient pas lieu à une action ont basculé dans la
catégorie de celles pouvant donner lieu à une action, les catégories de subventions visées par l'Accord
SMC n'étant alors plus qu'au nombre de deux: les subventions prohibées et les subventions pouvant
donner lieu à une action.
6. Que peut faire un Membre s'il estime que ses intérêts sont lésés par les subventions accordées
par un autre Membre?
Au titre de l'Accord, un Membre de l'OMC estimant que ses intérêts sont lésés par les subventions
accordées par un autre Membre a deux options, selon le(s) type(s) de dommage qu'il subit et le(s)
marché(s) concerné(s):
S'il estime que les importations subventionnées causent un dommage important à l'une de ses branches
de production, le Membre en question peut ouvrir une enquête en matière de droits compensateurs, ou
demander le règlement du différend à l'OMC, pour ce qui est du subventionnement, du dommage et du
lien de causalité. Bien que les mesures compensatoires soient un instrument unilatéral, le Membre ne
peut les appliquer qu'après avoir effectué une enquête et déterminé que les critères de fond énoncés dans
l'Accord SMC – existence d'importations subventionnées, d'un dommage causé à la branche de production
nationale et d'un lien de causalité entre les deux – sont remplis. Un groupe spécial chargé du règlement
d'un différend qui serait saisi d'une allégation de "dommage" serait amené à réaliser une analyse
identique.
Si, toutefois, le dommage est subi par les exportateurs du pays Membre, soit sur le marché du Membre
qui accorde la subvention, soit sur celui d'un pays tiers, la seule possibilité est le règlement du différend
dans le cadre de l'OMC, de façon à déterminer si les subventions causent un préjudice grave ou une
annulation ou une réduction d'avantages au Membre plaignant. Si le groupe spécial (et/ou l'Organe
d'appel) reconnaît le bien-fondé des allégations de subventionnement et d'effets défavorables, le Membre
qui accorde la subvention doit la retirer ou en éliminer les effets défavorables.
7. Quelles sont les trois déterminations qu'un Membre doit faire pour pouvoir appliquer une
mesure compensatoire?
Pour être juridiquement en droit d'appliquer une mesure compensatoire sur les importations d'un produit
donné en provenance d'un pays donné, un Membre doit déterminer que ces importations sont
subventionnées, que sa branche de production nationale produisant le produit "similaire" au produit
importé subit un dommage et qu'il existe un lien de causalité entre les importations subventionnées et le
dommage.
8. Si une société qui fabrique 20 produits reçoit une subvention générale pour l'ensemble de ses
opérations, un Membre qui importe l'un de ces produits et qui mène une enquête en matière de
droits compensateurs sur ce produit peut-il traiter la subvention totale comme une subvention
au produit importé visé par son enquête?
Non. Le Membre importateur ne peut appliquer une mesure compensatoire que sur le montant de la
subvention qui peut être raisonnablement imputé au produit importé visé par l'enquête. Étant donné que
l'entreprise fabrique 20 produits et que la subvention est destinée à l'ensemble de ses opérations (et non
à un produit ou groupe de produits particulier), la subvention doit être théoriquement répartie parmi tous
ces produits (c'est-à-dire parmi l'ensemble des opérations de l'entreprise) sur une base proportionnelle
reflétant les résultats effectifs de l'entreprise. Seule la portion de la subvention imputée au produit visé
par l'enquête peut alors être considérée comme une subvention pour ce produit.
Oui. L'Accord établit différentes obligations pour les Membres en développement ayant des niveaux de
développement différents, s'agissant des deux types de subventions prohibées.
Subventions à l'exportation:
En ce qui concerne les subventions à l'exportation, l'Accord SMC prévoit un traitement différencié pour
trois catégories de Membres en développement:
i) pays les moins avancés Membres (PMA) (Annexe VII a) de l'Accord SMC) – exemptés de la
prohibition visant les subventions à l'exportation tant qu'ils restent désignés comme PMA par
l'Organisation des Nations Unies;
ii) certains Membres énumérés à l'Annexe VII b) de l'Accord – exemptés de la prohibition visant les
subventions à l'exportation tant que leur PNB par habitant n'atteint pas 1 000 dollars EU en dollars
constants de 1990 pendant trois années consécutives (la clause fixant ce montant en dollars
constants a été introduite au moyen d'une Décision ministérielle à Doha en 2001); et
iii) tous les autres Membres en développement – exemptés de la prohibition visant les subventions à
l'exportation pendant les huit années qui ont suivi l'entrée en vigueur de l'Accord SMC. En vertu
d'une clause de prorogation, certains de ces Membres ont obtenu une prorogation du délai qui leur
était imparti pour éliminer progressivement leurs subventions à l'exportation. La dernière de ces
périodes d'élimination se terminera à la fin de 2015.
Les PMA Membres disposaient d'un délai de huit ans à compter de la date d'entrée en vigueur de l'Accord
SMC (jusqu'à la fin de 2002) pour éliminer leurs subventions subordonnées à l'utilisation de produits
nationaux de préférence à des produits importés. Tous les autres Membres en développement
disposaient d'un délai de cinq ans (jusqu'à la fin de 1999).
Aucune clause de prorogation n'ayant été prévue pour ces périodes transitoires, les Membres en
développement (comme tous les autres Membres) n'ont plus le droit d'accorder de telles subventions.
Non. Les subventions subordonnées aux résultats à l'exportation sont prohibées par l'Accord car elles
tendent à fausser les échanges et donc à porter atteinte aux intérêts d'autres Membres (et il est présumé
qu'elles ont effectivement de tels effets). Ces subventions sont donc pleinement susceptibles de donner
lieu à une action (elles peuvent être contestées au niveau multilatéral pour ce qui est de leurs effets
défavorables et donner lieu à une mesure compensatoire), même dans le cas des Membres en
développement qui conservent le droit de les accorder.