Démocraties fragilisées et expériences totalitaires dans l'Europe de l'entre-deux-guerres (1919-1939).
I Pourquoi des régimes totalitaires sont-ils apparus en Europe ?
A Une URSS née, en partie, des défaites de la Première Guerre mondiale.
La population russe est épuisée par les privations et traumatisée par les pertes militaires et les défaites
(Première Guerre mondiale). En février 1917, une première révolution met fin au régime tsariste. Puisque la guerre se
poursuit, et pour construire une société communiste, Lénine et le parti bolchevique prennent le pouvoir en octobre 1917.
En mars 1918, la paix est signée entre la Russie et l'Allemagne : la Russie perd de nombreux territoires. De 1918 à
1921, les Bolcheviques luttent contre les partisans du Tsar soutenus par des armées occidentales (les Blancs) : les
Rouges (Bolcheviques) remportent cette guerre civile.
B L'Allemagne, entre humiliation et crise économique.
Les Républicains ont signé en juin 1919 le traité de Versailles et ont accepté les pertes territoriales, la
disparition de l'armée allemande, le paiement de réparations, un territoire coupé en deux par le « corridor de Dantzig »,
la perte de l'Alsace et la Lorraine et des colonies... Pour beaucoup c'est un Diktat !
L'Allemagne est touchée de plein fouet par la crise qui débute en 1929 aux États-Unis : il y a 6
millions de chômeurs en 1932. En plus de l'humiliation du traité de Versailles, les Républicains n'apportent pas de
réponses satisfaisantes à ces crises économique et sociale.
II Régimes totalitaires : points communs et différences.
A D’indiscutables parentés ...
Le culte de la personnalité et un chef incontesté et incontestable (Staline dès 1928 et Hitler dès 1933) ;
un encadrement total de la société (des jeunes intégrés à des groupes para-militaires dès leur plus jeune âge) ;
l'utilisation intensive de la propagande via le cinéma, la presse, la radio... ; une société terrorisée (des polices
politiques : NKVD en URSS et Gestapo en Allemagne ; camps de concentration en Allemagne et camps de travail et de
concentration en URSS, le Goulag) ; des ennemis désignés (les propriétaires terriens ou Koulaks en URSS ; les Juifs, les
homosexuels, les Tziganes, les communistes... en Allemagne).
B ... mais de réelles différences.
URSS communiste : volonté de supprimer les classes (groupes sociaux). Pour ce faire :
collectivisation (disparition de la propriété privée) et planification (l’État fixe les objectifs à atteindre). Modèle qui se
veut universel puisque dans le monde entier des groupes dominent d'autres groupes.
Allemagne nazie : vision raciale, la race aryenne doit dominer le monde. Les races inférieures (Juifs,
Slaves...) doivent disparaître. Modèle qui ne se veut pas universel puisque les autres races sont inférieures.
L'antisémitisme est au cœur de l'idéologie (lois de Nuremberg de 1935).
III En France, une réponse originale aux crises : le Front populaire.
A Des crises.
Crise économique après l'effondrement boursier de 1929 aux États-Unis : fermeture d'usines,
contraction du commerce... Crise sociale : des centaines de milliers de chômeurs suite à ces fermetures. Crise politique :
des groupes politiques, les Ligues, considèrent que les gouvernements républicains sont incapables de proposer des
réponses satisfaisantes. Elles manifestent dans les rues et semblent vouloir prendre le pouvoir le 06 février 1934
(tentative de coup d’État pour certains). Les partis de gauche (Parti communiste, « Parti socialiste » ou SFIO, Parti
radical) s'unissent pour contrer les Ligues : c'est le Front populaire. Le Front populaire remporte les élections
législatives en 1936, et constitue un gouvernement dirigé par le « Socialiste » Léon Blum.
B Une France réformée.
En juin 1936, syndicats et patronat signent les accords de Matignon (Matignon étant la résidence du
premier Ministre). Il s'agit de créer de nouveaux emplois : en imposant la semaine de 40 heures et deux semaines de
congés payés par an, il y a moins de travail pour chacun, donc de nouveaux emplois sont créés ; en augmentant les
salaires, les salariés vont consommer plus, donc les entreprises vont vendre plus et créer des emplois. Il s'agit de
contrôler l'économie : nationalisation de grandes entreprises (SNCF, industries de guerre), prix agricoles soutenus par
l'État (Office du blé). Il s'agit d'offrir aux prolétaires une vie meilleure : conventions collectives dans les entreprises,
auberges de jeunesse, cinéma populaire...
C) Un bilan contrasté.
Pas de réelle relance économique, et augmentation des prix (inflation), donc mécontentement des
Français. Les classes moyennes se sentent exclues (l'essentiel des mesures est en faveur des prolétaires, surtout).
Opposition de l'extrême droite qui a peur du communisme. Divisions : les Communistes veulent que la France
interviennent en Espagne au côté des Républicains contre Franco (guerre civile de 1936 à 1939 : victoire de Franco)
mais les « Socialistes » et les Radicaux refusent. Sentiment d'une France affaiblie : plus de morts que de naissances,
l'Allemagne nazie se réarme, l'Italie se constitue un empire (victoire en Éthiopie en mai 1936)... 1938 : mise en place du
gouvernement Daladier, fin du Front populaire. Il faut désormais, « remettre la France au travail ».