NZUE-OBIANG À Casablanca le 08/01/2025
Kevin-Charles
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Sujet : La gouvernance d’entreprises
Apparue dans les années 1970 à la suite d’une profonde crise de confiance entre actionnaires et dirigeants
d’entreprises, la gouvernance d’entreprise naît d’une réflexion dans laquelle étaient impliqués des juristes,
des entreprises, des banques centrales (américaines et britanniques) ainsi que des régulateurs des marchés.
Elle connaît peu après un regain d’intérêt après les affaires Enron (2001), Andersen (2002) et WorldCom ou
Parmalat (2003).
Le gouvernement d’entreprise est devenue une composante essentielle du fonctionnement du secteur privé.
Tout à la fois processus, cadre conceptuel et organisationnel, elle repose sur un ensemble de références
(principes, codes, bonnes pratiques, etc.) que l’entreprise choisit d’adopter. Elle organise le bon
fonctionnement des organes de gouvernance et s’assure de la prise en compte de l’éthique des affaires. Son
incertion bénéfique pour les entreprises permet d’impliquer et de protéger les différentes parties impactées par les
décisions de l’entreprise contre les éventuels risques et incertitudes liés aux événements que peuvent rencontrer
une société.
Ceci dit, quels sont les principes et limites de la gouvernance d’entreprise ? Comment en assurer l’efficacité ?
Telle est la problématique que nous tenterons de developper.
I- Les principes d’une bonne gouvernance d’entreprise
la gouvernance d’entreprise implique différents acteurs ou parties prenantes, internes comme externes, dans une
logique de meilleure répartition des pouvoirs. Si le concept s’est développé dans le cadre de la protection des
droits et intérêts des actionnaires, aujourd’hui elle concerne aussi les employés, les fournisseurs, les clients, les
banques, etc.
Les acteurs qui assurent la gouvernance diffèrent selon le statut juridique de la société. Néanmoins, il s’agit en
règle générale :
• du conseil d’administration qui est l’organe de direction d’une entreprise ;
• des actionnaires qui sont les propriétaires de l’entreprise car détenant des parts au sein de celle-ci ;
• du comités de gouvernance qui est un sous-comité du conseil d’administration ;
• de la direction exécutive chargée de la gestion et de l’organisation quotidienne ;
• des managers qui sont les responsables d’équipes chargés d’organiser, coordonner et de vérifier le travail
rendu.
Les types de gouvernance d’entreprise
Nous dénombrons par ailleurs deux (2) types de gouvernance d’entreprise :
*La gouvernance actionnariale, également appelée modèle shareholders, définit la norme qui prévalait
jusqu’alors. Plus concrètement, elle consiste à privilégier les intérêts de l’actionnariat, en leur offrant un
contrôle sur les actions déployées en entreprise et en privilégiant un équilibre actionnaire-dirigeant.
*La gouvernance partenariale, aussi nommée modèle stakeholders, est le type de gouvernance le plus valorisé
de nos jours. Il tient compte de l’ensemble des parties prenantes et de leurs intérêts.
En d’autres termes, la stratégie n’est plus seulement portée sur la rentabilité et l’augmentation de la richesse
actionnariale. La valeur générée par l’entité revêt alors un sens plus large, et intègre d’autres éléments tels que
les consommateurs ou l’environnement.
La différence entre gouvernement et gestion d’entreprise
Il est à notifier que le gouvernement d’entreprise n’est pas que l’apanage des Firmes, il peut ausi être employé et
est d’ailleurs recommandé aux organisations de toutes les tailles afin d’accroître leurs performances. Aussi, il
faudrait faire une différence entre;
- La gouvernance d’entreprise qui concerne les structures, mécanismes et processus par lesquels une
entreprise est dirigée et contrôlée et;
- La gestion d’entreprise qui concerne les opérations quotidiennes et l’administration de l’entreprise pour
atteindre ses objectifs.
Quelques principes de la gouvernance d’entreprise
Reposant principalement sur des principes universellement reconnus et pilliers qui renforcent sa solidité, ces
grands principes divergent sensiblement en fonction des sources, mais voici quelques-uns :
❖ L’indépendance des administrateurs : ce principe garantit la liberté du conseil d’administration dans
l’objectif de veiller pleinement au bien et aux intérêts de l’entrepris et pas uniquement à ceux des
dirigeants.
❖ L’intégrité : l’intégrité de l’organisation s’applique sur le plan du respect de la loi et des réglementations,
mais aussi au niveau d’autres facteurs tels que la sécurité des salariés.
❖ La planification stratégique : il s’agit de questionner en permanence la stratégie envisagée, et de suivre
les actions mises en œuvre pour l’appliquer le plus efficacement possible.
❖ La transparence : une communication optimale, gage de la plus grande transparence, se révèle une des
clés de la gouvernance d’entreprise. Elle ne s’adresse plus uniquement à l’actionnariat, mais à toutes les
parties prenantes, internes comme externes.
II- Les limites de la gouvernance d’entreprise
Bien qu’il existe un consentement mutuel entre actionnaires-dirigeants afin d’atteindre certains objectifs dont la
création de valeur qui est le but ultime de la gouvernance. Création de la valeur d’ailleurs qui aujourd’hui n’est
plus focalisée seulement qu’au niveau de la valeur financière. Le seul enrichissement des actionnaires ou des
dirigeants ne constitue donc plus l’unique priorité. La gouvernance englobe désormais une approche plus vaste,
en particulier pour regagner la confiance des consommateurs. Les organisations doivent reconnaître la valeur
apportée par chaque protagoniste, notamment par les salariés, pour asseoir leur solidité et leur crédit… Cependant,
il existe forcément un conflit entre les intérêts tant bien au niveau d’un ou plusieurs actionnaires ou/et au niveau
du dirigeant.
Dans le secteur de la finance d’entreprise par exemple, la théorie dite « théorie d’agence » possède une importance
capitale. En effet, alors que les actionnaires ont pour objectif de rentabiliser leur capital, les dirigeants peuvent en
tirer des bénéfices au détriment des mandants : il s’agit ici d’un comportement opportuniste qui s’explique
notamment par le manque de transparence, ce qui a un impact sur le pouvoir et le contrôle.
Soit;
• Les actionnaires recrutent un dirigeant afin d’atteindre un objectif : pour y parvenir, ils sont dans
l’obligation de mettre à sa dispositions toute les informations dont ils disposent ;
• Le dirigeant lui ne veut pas uniquement atteindre l’objectif qui lui a été fixé, mais également en tirer
des bénéfices.
Mais encore;
• L’actionnaire a pour but de maximiser les bénéfices de la société afin d’obtenir des dividendes plus
importants ;
• Les dirigeants souhaitent bénéficier du maximum de rémunération et d’avantages divers.
Le déséquilibre est bien présent, car le mandaté, en plus de posséder des compétences que le mandataire n’a
pas forcément a un véritable pouvoir de décision.
« Les directeurs de ces sortes de compagnies (les sociétés par actions) étant les régisseurs de l’argent d’autrui
plutôt que de leur propre argent, on ne peut guère s’attendre à ce qu’ils y apportent cette vigilance exacte et
soucieuse que des associés apportent souvent dans le maniement de leurs fonds ».
Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations.
Ceci est un des facteurs qui pourrait compromettre une bonne gouvernance d’entreprise, mais aussi;
❖ L’absence d’interêt des gouvernants pour la continuité de l’entreprise dans l’articulation entre projet et
profit, l’un des termes est privilégié au détriment de l’autre;
❖ Les conflits entre gouvernants dans la mesure où ils manquent de perspectives à long terme ;
❖ Défaut de vertu dans le cas où la succession des détenteurs du pouvoir n’est pas régulée. Rupture de la
relation entre profit et projet…
❖ Une mauvaise culture d’entreprise. Une culture d’entreprise toxique peut conduire à un comportement
contraire à l’éthique et à une mauvaise prise de décision.
III- Comment mettre en place un système de gouvernance efficace ?
1- Déterminer la stratégie sur le long terme
La gouvernance d’entreprise implique d’élaborer une stratégie robuste, portée par sa mission et sa vision sur le
long terme.
Pour ce faire, les organisations sont tenues de s’appuyer sur différents facteurs :
• leurs valeurs, qui doivent être perçues par tous les acteurs pour les porter au quotidien,
• l’environnement et le marché,
• la satisfaction de toutes parties prenantes, etc.
2- Définir un cadre et des règles
Une bonne gouvernance d’entreprise nécessite de définir quelles sont les règles qui régissent l’organisation, les
moyens et le cadre mis en place pour assurer l’efficacité et la conformité des actions.
En d’autres termes, il s’agit de savoir précisément qui fait quoi et de quelle manière, autant d’un point de vue
décisionnel qu’opérationnel.
3- Assurer l’alignement stratégique
L’alignement stratégique définit l’organisation et les actions déployées pour que l’opérationnel agisse en accord
avec :
• la stratégie globale,
• les processus, les cadres et la répartition des pouvoirs précédemment établis.
4- Contrôler les activités
L’alignement stratégique exige des opérations de contrôle. Ainsi, les entreprises :
• suivent précisément leurs résultats,
• détectent d’éventuelles anomalies, risques à venir ou axes d’amélioration, dans l’optique de mettre
en place des actions correctives.
Une gouvernance d’entreprise efficace améliore la croissance générale d’une société. Ce système procure aussi
de nombreux bénéfices :
• une répartition du pouvoir équitable. Toutes les parties prenantes de l’entreprise participent à cette
gouvernance. Si cette concertation peut s’avérer complexe, elle est nécessaire pour veiller au respect de
la réglementation, définir conjointement les pratiques managériales et identifier les meilleurs moyens de
prendre des décisions ;
• une amélioration de la confiance et de la crédibilité de l'entreprise, obtenue notamment par la
communication de sa politique en matière d’environnement et de RSE (responsabilité sociale des
entreprises). Cette approche renforce le bien-être au travail des salariés qui se sentent valorisés, et elle
offre une bonne image de l’entreprise auprès de ses investisseurs et de ses clients ;
• un respect de la réglementation en vigueur. La législation évolue régulièrement. Une gouvernance
collaborative entre les différents acteurs de l’entreprise contribue à limiter toute dérive et à renforcer leur
confiance mutuelle ;
• une création de valeur financière et humaine. Comme nous l’avons déjà stipulé, le système de
gouvernance met particulièrement en avant la valeur apportée par ses employés au sein de sa société ;
• un accroissement de la performance de l'entreprise. Une gouvernance efficace instaure un cadre pour
appliquer, mesurer et si besoin rectifier les actions mises en œuvre pour atteindre les objectifs de
l’entreprise.
In fine, il nous a été question dans un premier temps de ressortir les principes fondamentaux de la gouvernance
d’entreprise, principes qui doivent être adaptés dans des contextes actuels en vue d’une évolution dans le marché
et de combler les attentes des employés et notamment ceux des clients.
Dans un second temps, nous avons énoncé quelques faiblesses de la « Corporate governance », et il est à noter
que malgré son importance, de nombreuses organisations ont encore du mal à identifier leurs faiblesses dans ce
domaine. Elles peinent à identifier, les domaines dans lesquelles la culture doit être améliorée, dans lesquelles
elles ne respectent pas leurs obligations et surtout il y a le problème de conflits d’intérêt…
Quant à la mise en place d’une gouvernance, nous avons mis en lumière quelques points nécessaires et efficaces
pour une bonne gouvernance d’entreprise afin que celle-ci puisse en tirer le meilleur profit et créer de la valeur.
Toutefois, quels sont les impacts de la gouvernance d’entreprise dans les pays à revenus intermédiaires d’Afrique
?