Dans le roman L'Enfant halluciné de René Crevel, "lame" est un terme que l'on peut interpréter comme un
moment de tension, de désespoir, ou de crise interne dans l’esprit du personnage principal. Le roman plonge
profondément dans l'univers mental et subjectif du narrateur, qui lutte avec ses perceptions déformées de la
réalité, souvent marquées par des hallucinations et des distorsions de l’esprit.
Plus précisément, une "lame" pourrait faire référence à un moment clé de rupture ou de fracture dans la
psyché du personnage. En effet, L'Enfant halluciné est centré sur la souffrance intérieure et l'angoisse
existentielle, illustrées par des scènes où le narrateur perçoit le monde d’une manière déformée et souvent
violente. L’idée de "lame" pourrait être une métaphore de cette déchirure psychologique, un élément qui
sépare ou tranche le narrateur de sa compréhension et de sa connexion avec le monde extérieur. Ces
instants sont souvent marqués par une altération de la réalité, ce qui reflète l'isolement et la fragilité de
l’individu dans un monde qui semble de plus en plus inintelligible et oppressant.
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Le style de Crevel, qui mêle réalisme et surréalisme, renforce cette idée de "lame" en provoquant des images
saisissantes et troublantes, où la perception de l’halluciné se fait à la fois violente et poétique. Les "lames",
ou fractures de la réalité, deviennent des symboles de la lutte intérieure entre la volonté de vivre et les forces
psychologiques qui poussent le personnage vers la destruction. Ces ruptures marquent des moments où la
réalité et la folie se confondent, engendrant une série de visions qui déstabilisent tant le narrateur que le
lecteur.
Ainsi, dans ce roman, "lame" pourrait évoquer ces moments de fragilité extrême et de souffrance mentale
intense, où la limite entre le réel et l’imaginaire devient presque imperceptible.