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EL Gouges

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges revendique l'égalité des droits entre les sexes et dénonce l'oppression des femmes par les hommes. Elle affirme que les femmes naissent libres et égales aux hommes, et appelle à la reconnaissance de leurs droits naturels. De plus, le texte critique l'esclavage et la tyrannie, plaidant pour la justice et l'humanité envers tous les êtres humains.

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La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges revendique l'égalité des droits entre les sexes et dénonce l'oppression des femmes par les hommes. Elle affirme que les femmes naissent libres et égales aux hommes, et appelle à la reconnaissance de leurs droits naturels. De plus, le texte critique l'esclavage et la tyrannie, plaidant pour la justice et l'humanité envers tous les êtres humains.

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Objet d’étude : La littérature d’idées du XVIème au XVIIIème siècle

Texte n°9 : La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges (1791) –
édition Etonnants classiques, p.47-48, l. 1 à 21.

Homme, es-tu capable d’être juste ? C’est une femme qui t’en fait la question : tu ne lui ôteras
pas du moins ce droit. Dis-moi ? qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? ta force ?
tes talents ? Observe le Créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu
sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l’oses, l’exemple de cet empire tyrannique.
Remonte aux animaux, consulte les éléments, étudie les végétaux, jette enfin un coup d’oeil sur toutes
les modifications de la matière organisée ; et rends-toi à l’évidence quand je t’en offre les moyens ;
cherche, fouille et distingue si tu le peux, les sexes dans l’administration de la nature. Partout tu les
trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef-d’œuvre immortel.
L’homme seul s’est fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle, boursouflé de
sciences et dégénéré, dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l’ignorance la plus crasse, il veut
commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles ; il prétend jouir de la
Révolution, et réclamer ses droits à l’égalité, pour ne rien dire de plus .
Objet d’étude : La littérature d’idées du XVIème au XVIIIème siècle
Texte n°10: La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges (1791) -
édition Etonnants classiques, p.49-50, l. 1 à 26.

Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la nation, demandent d’être constituées en
Assemblée nationale. Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme sont les
seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, [elles] ont résolu d’exposer
dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette
déclaration constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs
droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes
pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique , en soient plus
respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et
incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, des bonnes mœurs, et au bonheur de
tous.
En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage dans les souffrances
maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les Droits
suivants de la femme et de la citoyenne.

Article premier – La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions
sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.
Article 2.- Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et
imprescriptibles de la femme et de l’homme : ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et surtout
la résistance à l’oppression.
Objet d’étude : La littérature d’idées du XVIème au XVIIIème siècle
Séquence n°4 : La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges (1791)
Parcours associé : Ecrire et combattre pour l’égalité

EL n°11 : La dénonciation de l’esclavage

Il était bien nécessaire que je dise quelques mots sur les troubles que cause, dit-on, le décret en
faveur des hommes de couleur, dans nos îles 1. C’est là où la nature frémit d’horreur ; c’est là où la
raison et l’humanité n’ont pas encore touché les âmes endurcies ; c’est là surtout où la division et la
discorde agitent leurs habitants. Il n’est pas difficile de deviner les instigateurs 2 de ces fermentations
incendiaires : il y en a dans le sein même de l’Assemblée nationale 3 : ils allument en Europe le feu qui
doit embraser l’Amérique. Les colons prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils sont les
pères et les frères ; et méconnaissant les droits de la nature, ils en poursuivent la source jusque dans la
plus petite teinte de leur sang 4. Ces colons inhumains disent : notre sang circule dans leurs veines,
mais nous le répandrons tout [entier], s’il le faut, pour assouvir notre cupidité, ou notre aveugle
ambition. C’est dans ces lieux les plus près de la nature 5, que le père méconnaît le fils ; sourd aux cris
du sang 6, il en étouffe tous les charmes ; que peut-on espérer de la résistance qu’on lui oppose ? la
contraindre avec violence, c’est la rendre terrible, la laisser encore dans les fers, c’est acheminer toutes
les calamités vers l’Amérique. Une main divine semble répandre partout l’apanage 7 de l’homme, la
liberté ; la loi seule a le droit de réprimer cette liberté, si elle dégénère en licence ; mais elle doit être
égale pour tous, c’est elle surtout qui doit renfermer 8 l’Assemblée nationale dans son décret, dicté par
la prudence et par la justice. Puisse-t-elle agir de même pour l’Etat de la France, et se rendre aussi
attentive sur les nouveaux abus, comme elle l’a été sur les anciens qui deviennent chaque jour plus
effroyables !

Vocabulaire :
1 Il s’agit du décret du 15 mai 1791 qui offrait des droits aux Noirs libres nés de deux parents également libres.
Sous la pression des colons et à la suite de la révolte de Saint-Domingue du 22 août 1791, supposément causé
par ce décret, il sera aboli le 24 septembre de la même année.
2 les instigateurs : ceux qui sont à l’origine, qui ont causé
3 Les députés favorables aux intérêts des colons étaient en effet nombreux à l’Assemblée nationale. Avec
audace, Olympe de Gouges les rend responsables des soulèvements dans les colonies.
4 Référence aux discriminations complexes qui ont cours dans les colonies entre les différents types
d’ « hommes de couleur ». On différenciait ainsi les Noirs, issus de deux parents noirs, les mulâtres, nés d’un
couple mixte, les quarterons, qui avaient seulement un aïeul noir etc…
5 Conformément aux représentations de l’époque, les colonies sont conçues comme le lieu des de vie de peuples
primitifs, censés être plus proches de la nature.
6 Le thème de la « voix du sang » est central dans les pièces de théâtre et les romans de la seconde moitié du
XVIIIème siècle, qui se plaisent à mettre en scène la reconnaissance soudaine et dramatique de l’enfant naturel
par un parent qui ignorait son existence.
7 l’apanage : le privilège, le propre
8 renfermer : au sens de « raffermir ». Il s’agit probablement d’une faute d’emploi de la part d’Olympe de
Gouges.
Objet d’étude : La littérature d’idées du XVIème au XVIIIème siècle
Séquence n°4 : La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges (1791)
Parcours associé : Ecrire et combattre pour l’égalité
EL n°12 : « Epître dédicatoire aux nègres esclaves », avant-propos de Réflexions sur l’esclavage
des nègres, Nicolas de Condorcet, 1781.

Mes amis,
Quoique que je ne sois pas de la même couleur que vous, je vous ai toujours regardés comme
mes frères. La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que
les Blancs. Je ne parle ici que de ceux d’Europe, car pour les Blancs des colonies, je ne vous fais pas
l’injure de les comparer avec vous, je sais combien de fois votre fidélité, votre probité, votre courage
ont fait rougir vos maîtres. Si on allait chercher un homme dans les îles de l’Amérique, ce ne serait
point parmi les gens de chair blanche qu’on le trouverait.
Votre suffrage ne procure point de places dans les colonies, votre protection ne fait point obtenir
de pensions, vous n’avez pas de quoi soudoyer les avocats ; il n’est donc pas étonnant que vos maîtres
trouvent plus de gens qui se déshonorent en défendant leur cause, que vous n’en avez trouvés qui se
soient honorés en défendant la vôtre. Il y a même des pays où ceux qui voudraient écrire en votre
faveur n’en auraient point la liberté. Tous ceux qui se sont enrichis dans les îles aux dépens de vos
travaux et de vos souffrances, ont, à leur retour, le droit de vous insulter dans des libelles calomnieux ;
mais il n’est point permis de leur répondre. Telle est l’idée que vos maîtres ont de la bonté de leur
droit ; telle est la conscience qu’ils ont de leur humanité à votre égard. Mais cette injustice n’a été pour
moi qu’une raison de plus pour prendre, dans un pays libre, la défense de la liberté des hommes. Je
sais que vous ne connaîtrez jamais cet ouvrage, et que la douceur d’être béni par vous me sera toujours
refusée. Mais j’aurai satisfait mon cœur déchiré par le spectacle de vos maux, soulevé par l’insolence
absurde des sophismes de vos tyrans. Je n’emploierai point l’éloquence, mais la raison, je parlerai, non
des intérêts du commerce, mais des lois de la justice.
Vos tyrans me reprocheront de ne dire que des choses communes, et de n’avoir que des idées
chimériques ; en effet, rien n’est plus commun que les maximes de l’humanité et de la justice ; rien
n’est plus chimérique que de proposer aux hommes d’y conformer leur conduite.

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