Fonctions Usuelles : Continuité et Dérivabilité
Fonctions Usuelles : Continuité et Dérivabilité
9 septembre 2023
II - FONCTIONS USUELLES
2
II - FONCTIONS USUELLES
Proposition 1.1.8.
Une fonction dérivable en un point est continue en Une fonction n’est pas toujours paire
ce point. Une fonction dérivable est donc continue. ou impaire. Le contraire de « paire » n’est pas
« impaire ».
Exemple 1.2.3.
Remarque 1.1.9.
Sur R, x 7→ x2 est paire, x 7→ x3 est impaire et
Comme le montrent les exemples des fonctions
x 7→ x2 + x n’est ni paire ni impaire.
« valeur absolue » et « racine carrée », la réci-
proque est fausse : il existe des fonctions conti- Exercice 1.2.4.
nues, et non dérivables. Déterminer toutes les fonctions à la fois paires et
impaires.
Remarque 1.2.5.
Proposition 1.1.10. Une fonction impaire définie en 0 est forcément
Soit f, g : A → R dérivables, soit λ, µ ∈ R. nulle en 0.
1. La fonction λf + µg est dérivable et
Démonstration.
Exemple 1.1.11. Dans le cas où f est impaire, on a, pour tout x ∈ R,
d f (x) = −f (−x).
(cos(x) sin(x)) = cos2 (x) − sin2 (x). La fonction f est la fonction x 7→ −f (−x) sont donc
dx
égales, et dérivables. Leurs dérivées sont donc égales. On
dérive donc de part et d’autre : pour tout x ∈ R, f ′ (x) =
1.2 Parité, imparité, périodicité. −(−f ′ (−x)) = f ′ (−x).
On procède de même dans le cas où f est paire.
Définition 1.2.1.
Soit A ⊂ R, soit f : A → R. Définition 1.2.7.
1. On dit que f est paire si, pour tout x ∈ A, Soit A ⊂ R, soit f : A → R, soit T > 0. On dit
que f est T -périodique si, pour tout x ∈ A,
−x ∈ A et f (−x) = f (x).
x+T ∈A et f (x + T ) = f (x).
2. On dit que f est impaire si, pour tout x ∈ A,
Dans ce cas T est appelé UNE période de f .
−x ∈ A et f (−x) = −f (x). La fonction f est périodique s’il existe T > 0
tel que f est T -périodique.
3
II - FONCTIONS USUELLES
Proposition 1.2.10.
Soit A ⊂ R, T > 0 et soit f : A → R dérivable et Une fonction n’est pas toujours crois-
T -périodique. sante ou décroissante. Le contraire de croissant
Alors, f ′ est T -périodique. n’est pas décroissant.
Exemple 1.3.3.
Démonstration.
Il suffit d’écrire que, pour tout x ∈ A, f (x) = f (x + T ), La fonction carré n’est ni croissante, ni décrois-
puis de dériver de part et d’autre. sante.
Exercice 1.2.11. Exercice 1.3.4.
Déterminer l’allure de la fonction f paire, 4- Déterminer toutes les fonctions qui sont à la fois
périodique et telle que pour tout x ∈ [0, 2], croissantes et décroissantes.
f (x) = x (cela s’écrit f |[0,2] = Id[0,2] ).
Remarque 1.3.5.
Une fonction monotone strictement l’est bien en-
1.3 Monotonie. tendu au sens large.
À chaque fois que l’on vous demande d’étu-
Définition 1.3.1 (Monotonie au sens large). dier la monotonie d’une fonction, on attend le
Soit A ⊂ R, soit f : A → R. résultat le plus précis possible. Si la fonction est
1. On dit que f est croissante si, pour tout croissante strictement mais que vous n’établissez
x, y ∈ A, : que sa croissance, votre réponse ne pourra être
considérée comme complète.
x ⩾ y ⇒ f (x) ⩾ f (y).
2. On dit que f est décroissante si, pour tout Proposition 1.3.6 (Injectivité d’une fonction
x, y ∈ A, : strictement croissante).
x ⩾ y ⇒ f (x) ⩽ f (y). Soit A ⊂ R, soit f : A → R strictement monotone.
Alors, pour tout x, x′ ∈ A, si x ̸= x′ , alors f (x) ̸=
3. On dit que f est monotone si elle croissante f (x′ ). Ceci est équivalent à dire que, pour tout
ou décroissante. x, x′ ∈ A, si f (x) = f (x′ ), alors x = x′ .
4
II - FONCTIONS USUELLES
5
II - FONCTIONS USUELLES
6
II - FONCTIONS USUELLES
x 7→ f (x) + 1, 5 x 7→ 3f (x)
f : x 7→ x2
0 1 f : x 7→ x2 + 1
x 7→ f (x) − 0, 7 1
x 7→ −f (x)/10
Figure 1 – Translation verticale du graphe. 1
0
f : x 7→ x2
0 1
x 7→ f (x + 2.9) x 7→ f (x − 1)
1
x 7→ f (5x)
f : x 7→ x2 + 1 0
1 1
x 7→ f (−x) f : x 7→ ·x(x − 1)
x 7→ f (x/10)
Figure 5 – Symétrie du graphe par rapport à
0 1 l’axe vertical.
7
II - FONCTIONS USUELLES
x 7→ −f (−x) d u′ (x)
(ln (u(x))) = .
dx u(x)
3 Composée de fonctions,
Définition 3.2.1.
réciproque.
Soit A, B ⊂ R, soit f : A → R et g : B → R.
3.1 Rappels de dérivation. Si, pour tout x ∈ A, f (x) ∈ B, alors on peut
construire la fonction composée de f par g :
On rappelle les formules de dérivation usuelles
utilisées dans le secondaire. g◦f : A → R .
x 7→ g(f (x))
8
II - FONCTIONS USUELLES
f (x) ∈ B Démonstration.
Cela sera démontré ultérieurement.
Exercice 3.3.2.
f g Dériver les expressions suivantes :
1. sin 3x2 + 2 ;
g◦f
x∈A g(f (x)) p
2. 1 + ln(cos(t)).
Remarque 3.3.3.
Figure 8 – Diagramme de composition de fonc- Sous réserve de définition, on a donc de manière
tions. générale
Exemple 3.2.2. d
(f (ax + b)) = af ′ (ax + b).
On peut donc écrire, sous réserve de validité, dx
u′
(exp ◦u)′ = u′ × exp ◦u et (ln ◦u)′ = . Proposition 3.3.4.
u
Soit A, B ⊂ R, f : A → R et g : B → R telles que
Remarque 3.2.3. g ◦ f soit définie.
Pour déterminer le domaine de définition d’une
composée g ◦ f , il convient de déterminer dans 1. Si f est paire, g ◦ f est paire.
l’ordre : 2. Si f est impaire et g est paire, g ◦ f est paire.
1. le domaine de définition de f , noté ici Df ; 3. Si f et g sont impaires, g ◦ f est impaire.
2. puis le domaine de définition de g, noté ici
Dg ;
Démonstration.
3. enfin, déterminer l’ensemble des x ∈ Df pour Soit x ∈ A. Si f est paire,
lesquels f (x) ∈ Dg .
g ◦ f (−x) = g(f (−x)) = g(f (x)) = g ◦ f (x).
En particulier, il est impossible de conclure sans
avoir étudié l’ensemble d’arrivée de f ! Si f est impaire et g paire,
Exercice 3.2.4. g ◦ f (−x) = g(f (−x)) = g(−f (x)) = g(f (x)) = g ◦ f (x).
Déterminer le domaine de définition de
s Si f et g sont impaires,
2
x 7→ x−2− . g◦f (−x) = g(f (−x)) = g(−f (x)) = −g(f (x)) = −g◦f (x).
x−3
9
II - FONCTIONS USUELLES
Démonstration.
On traite le cas où f est croissante et g décroissante. Les 2. f −1 ◦ f = Id[a,b] .
autres sont semblables.
Soit x, y ∈ A, supposons que x ⩽ y. Par croissance Dans le cas où f est strictement décroissante, on
de f , on a f (x) ⩽ f (y) puis, par décroissance de g, on a a les mêmes résultats en remplaçant [f (a), f (b)]
g(f (x)) ⩾ g(f (y)). Ainsi, g ◦ f est décroissante. par [f (b), f (a)].
Exercice 3.3.6. On a des résultats analogues avec un intervalle
Déterminer sans calculs le sens de variations de semi-ouvert ou ouvert (de la forme ]a, b], [a, b[
la fonction ou ]a, b[), même si a ou b valent ±∞, mais ces
x 7→ ln(1 + e −2x ). résultats font alors intervenir des limites.
10
II - FONCTIONS USUELLES
x a b
2. Si f est impaire, alors f −1 est aussi impaire..
3. La fonction f −1 est continue. f (x)
c
d
4. Si f dérivable et si f ′ ne s’annule pas, alors
1
f −1 est aussi dérivable et (f −1 )′ = ′ . x d c
f ◦ f −1
f −1 (x) b
a
Démonstration.
On ne démontre que les deux premier points.
Figure 9 – Tableaux de variations d’une fonc-
1. Dans le cas où f est strictement décroissante. Soit
x, y des images par la fonction f , posons a = f −1 (x)
tion et de sa réciproque.
et b = f −1 (y), de sorte que a, b ∈ I, x = f (a) et
y = f (b).
Supposons que x < y. Si a ⩽ b, alors, par décroissance
de f , f (a) ⩾ f (b), i.e. x ⩾ y : c’est impossible. La fonction carré est strictement croissante sur
Ainsi, f −1 (x) > f −1 (y), donc f −1 est strictement R+ (mais pas sur R), est continue, 02 = 0 et
décroissante. x2 −−−−→ +∞. Ainsi, la fonction carré réalise une
x→+∞
2. Soit x une image par la fonction f , on a par imparité
bijection de R+ sur R+ . On appelle sa réciproque
de f √ √
f (−f −1 (x)) = −f (f −1 (x)) = −x. la fonction racine carrée, notée · : si x ⩾ 0, x
Ainsi, par définition, f −1 (−x) = −f −1 (x), donc f −1
est l’unique réel t ⩾ 0 vérifiant t2 = x. La fonction
est impaire. racine carrée est donc strictement croissante et
√
x −−−−→ +∞.
x→+∞
d 2
Remarque 3.4.6. On a, pour tout x ⩾ 0, (x ) = 2x, qui s’an-
Une fois que l’on sait que f −1 est dérivable, la dx
nule exactement en 0. La fonction racine carrée
dernière formule peut se retrouver en dérivant est donc dérivable sur R∗+ , mais pas en 0, et pour
f ◦ f −1 = Id, ce qui donne : tout x > 0,
d √ 1
(f −1 )′ × f ′ ◦ f −1 = 1. x = √ .
dx 2 x
Remarque 3.4.7.
Avec quelques considérations de limites, le théo-
rème précédent permet de relier les tableaux de
4 Fonction valeur absolue
variations d’une fonction et de sa réciproque (voir
figure 9 dans le cas où f est strictement décrois- Définition 4.0.1.
sante). Soit x√∈ R On appelle valeur absolue de x le réel
Remarque 3.4.8. |x| = x2 . Il vaut x si x ⩾ 0 et −x sinon (voir la
Plus précisément, si f ′ (x) = 0, alors f −1 ne sera figure 11).
pas dérivable en y = f (x).
En effet, le graphe de f possède une tangente
horizontale au point de coordonnées (x, y), donc
par symétrie celui de f −1 possède une tangente Proposition 4.0.2.
verticale au point de coordonnées (y, x). C’est une fonction paire, continue sur R et déri-
vable sur R∗− et R∗+ , mais pas en 0. Si x > 0, on
Exemple 3.4.9. d d
On peut observer tous ces résultats sur les fonc- a (|x|) = 1 et si x < 0, (|x|) = −1.
dx dx
tions carré et racine carrée (voir figure 10).
11
II - FONCTIONS USUELLES
Démonstration.
Il suffit de discuter selon les signes de x et de y.
x 7→ x2
Remarque 4.0.7.
L’inégalité triangulaire est celle du premier point,
mais on trouve souvent sous cette appellation les
0 deux premiers points résumés dans l’encadrement
1
||x| − |y|| ⩽ |x + y| ⩽ |x| + |y|. Le troisième point
est le cas d’égalité de l’inégalité triangulaire.
Figure 10 – Fonctions carré et racine carrée. Le cas d’égalité du second point existe également :
||x| − |y|| = |x + y| si et seulement si x et y sont
de signe opposés.
On retrouvera ces résultats pour les nombres com-
plexes, car la valeur absolue et le module complexe
coïncident sur R. Le premier point sera démon-
tré dans le chapitre correspondant. Le second
x 7→ |x| point en découle facilement et peut être démon-
1 tré dès maintenant. Nous donnons cependant une
démonstration élémentaire des points (i) et (iii),
valable uniquement pour des réels.
0 1 Démonstration. 1.
12
II - FONCTIONS USUELLES
Définition 5.1.1.
Soit x ∈ R, n ∈ N. On appelle x puissance n le
réel x × . . . × x (n fois), noté xn . x 7→ x2
Par convention x0 = 1 pour tout x ∈ R, x 7→ x4
même 0. 1
Si n est un entier strictement négatif, et si x ̸= 0,
1
on pose xn = −n .
x
0 1
Remarque 5.1.2.
Cela peut se définir rigoureusement par récur- x 7→ x
rence. x 7→ x3
Proposition 5.1.3.
Soit m, n ∈ Z, de manière générale : Figure 12 – Quelques fonctions puissance, expo-
sants positifs.
xm+n = xm xn ,
xmn = (xm )n ,
(xy)n = xn y n ,
n 5.2 Fonctions polynomiales et rationnelles
xn x
= .
yn y
Définition 5.2.1.
De plus, x 7→ xn a la même parité que n. C’est On appelle fonction polynomiale toute fonction
une fonction continue, dérivable, de dérivée x 7→ de la forme
nxn−1 .
f : R → R
Les allures des courbes dans tous les cas (n
x 7→ a0 + a1 x + a2 x2 + . . . + an xn
pair, impair, positif, négatif) sont données dans | {z }
n
les figures 12 et 13. X
ak xk
k=0
13
II - FONCTIONS USUELLES
Définition 5.2.3.
On appelle fonction rationnelle toute fonction de
g(x)
1 la forme f : x 7→ où g et h sont des fonctions
x 7→ h(x)
x2 polynomiales. Si an xn et bm xm sont les monômes
1 an xn
dominants de g et h, alors f (x) et ont
bm xm
même limite en ±∞.
0 1
Remarque 5.2.4.
L’ensemble de définition d’une telle fonction est au
1 moins inclus dans l’ensemble des réels sur lesquels
x 7→
x h ne s’annule pas. Nous l’étudierons précisément
1 dans le chapitre dédié aux fractions rationnelles.
x 7→ Sur cet ensemble, toute fraction rationnelle est
x3
continue et dérivable.
Proposition 5.2.2.
Toute fonction polynomiale est continue et déri- Proposition 6.1.2.
vable sur R. La fonction ln est continue, dérivable sur R∗+ ,
De plus, avec les notations précédentes, f (x) et strictement croissante (donc injective) et bijective
an xn ont même limite en ±∞. de R∗+ dans R.
1
Si x ∈ R∗+ , on a ln′ (x) = .
Démonstration.
x
On factorise an xn :
a0 a1 an−1
Démonstration.
f (x) = an xn + + ··· + +1 Les outils pour cela seront vus plus tard, mais il suffit
an xn an xn−1 an x
n−1
! de dire que c’est la primitive d’une fonction continue et
X ak positive.
= an xn 1 + .
an xn−k
k=0
14
II - FONCTIONS USUELLES
Démonstration.
Proposition 6.1.4. Soit y ∈ R∗+ , étudions fy : R∗+ → R, x 7→ ln(xy). C’est
La fonction exp est continue, dérivable sur R, et une fonction dérivable, comme composée
de fonctions déri-
1 1
égale à sa dérivée. ∗ ′
vables, et si x ∈ R+ , fy (x) = y = . Ainsi, fy est
xy x
1
une primitive de x 7→ , donc diffère de ln d’une constante.
Démonstration. x
Avec x = 1, on obtient cette constante : pour tout x > 0,
Utiliser les propriétés de la réciproque.
on a bien ln(xy) = ln x + ln y.
• Graphes : voir la figure 14. L’autre identité s’en déduit en observant que exp est la
réciproque de ln :
ln
ex ⩾ 1 + x
Figure 14 – Logarithme et exponentielle.
et pour tout x > −1,
ln(1 + x) ⩽ x.
Proposition 6.1.5.
L’exponentielle est partout strictement positive, Démonstration.
elle est strictement croissante et bijective de R Il suffit d’étudier les fonctions x 7→ e x − 1 − x et x 7→ ln(1 +
x) − x, en dressant leurs tableaux de signes/variations.
dans R∗+ .
Remarque 6.1.10.
Ces inégalités s’observent aisément sur la fi-
Démonstration. gure 14.
Utiliser les propriétés de la réciproque. Elles découlent immédiatement de la propriété
de convexité de l’exponentielle et de la propriété
de concavité du logarithme.
Proposition 6.1.6.
Pour tout x, y ∈ R∗+ , ln(xy) = ln(x) + ln(y). Remarque 6.1.11.
Pour tout x, y ∈ R, exp(x + y) = exp(x) exp(y). Les dérivées de l’exponentielle en 0 et du loga-
rithme en 1 donnent les limites suivantes, fort
15
II - FONCTIONS USUELLES
utiles :
′
1. (xx′ )y = xy .x y .
exp(x) − 1
−−−→ 1, ′
2. xy+y = xy .xy .
′
x x→0
′ ′
ln(1 + x) 3. x(yy ) = (xy )y .
−−−→ 1. y
x x→0
−y 1 1
4. x = y = .
x x
6.2 Exponentielle de base quelconque
∂ a ∂ a
(x ) ̸= (x ).
∂x ∂a
xa n’est qu’une notation pour
exp(a ln x).
On n’utilisera jamais le symbole ′ pour
xa n’est pas défini avec x ⩽ 0, avec cette d ∂
dériver une expression, mais plutôt ou ,
définition. d♡ ∂♡
où ♡ est la variable par rapport à laquelle on
dérive l’expression (les autres étant fixées).
Remarque 6.2.2.
• Si a ∈ N, cette définition coïncide avec la défi- Exemple 6.2.4.
nition donnée précédemment. Que veut dire (xy )′ ?
• On a alors pour tout x > 0, exp(x) = e x . La
notation e x est alors utilisée pour tout x ∈ R
pour désigner exp(x). Proposition 6.2.5.
Soit a ∈ R. On note fa : R∗+ → R∗+ .
• Cas particuliers :
x 7→ xa
1. a ∈ N : xa défini sur R.
1. La fonction fa est continue, dérivable et ∀x ∈
2. a ∈ Z : xa défini sur R∗ . R∗+ , fa′ (x) = axa−1 .
3. a ∈ R+ : prolongeable en 0 par continuité. ̸ 0, fa est bijective de R∗+ sur R∗+ . Sa
2. Si a =
1 réciproque est f1/a .
4. a = ∈ Q, q > 0 : définie sur R+ , donc
q ′
prolongeable en zéro, comme réciproque de 3. Soit a < a′ : si x > 1, xa < xa , si x ∈]0, 1[,
′
la fonction x 7→ xq . Et même prolongeable xa > xa
sur R si q impair.
• Pour traiter un exercice avec des puissances Démonstration. 1. Il suffit de dériver dans la défini-
quelconques, il faut quasiment toujours repasser tion.
par l’écriture exponentielle. 2. Il suffit de vérifier que (xa )1/a = (x1/a )a = x.
3. Il suffit de discuter suivant le signe de ln(x).
16
II - FONCTIONS USUELLES
17
II - FONCTIONS USUELLES
xa
xa/b
b b
a xa/b
b Son graphe est représenté sur la figure 16.
= = .
(ln x)b ln x b ln (xa/b )
Démonstration.
La fonction cosinus est continue, strictement décroissante
sur [0, π], cos(0) = 1 et cos(π) = −1. On conclut par le La fonction sinus n’est pas bijective :
théorème de la bijection.
pour tout x ∈ [−1, 1], il n’existe pas un unique
t ∈ R vérifiant x = sin(t).
18
II - FONCTIONS USUELLES
Démonstration. Pour finir, on remarque que le sinus est positif sur [0, π],
C’est la même chose que pour l’arc cosinus. or la fonction Arccos prend ses valeurs dans [0, π], donc
Pour l’imparité, si x ∈ [−1, 1], posons t = Arcsin(x), sin(Arccos x) ⩾ 0..
donc t ∈ [−π/2, π/2] et sin(t) = x. Par imparité du sinus,
sin(−t) = −x, et −t ∈ [−π/2, π/2], donc par définition
−t = Arcsin(−x). On vient de montrer que Arcsin(−x) = Arccos ◦ cos ≠ IdR , on a juste que pour
− Arcsin(x). tout x ∈ [0, π], Arccos(cos(x)) = x.
19
II - FONCTIONS USUELLES
Démonstration.
Proposition 7.1.9. Tout découle du tableau de variations de la tangente et
Pour tout x ∈ [−1, 1], on a Arcsin x + Arccos x = des théorèmes généraux précédents.
On a tan′ = 1 + tan2 , donc pour tout x ∈] − π/2, π/2[,
π/2.
tan′ (x) ⩾ 1. La dérivée de la tangente ne s’annule pas sur
] − π/2, π/2[, donc Arctan est dérivable sur R. Ensuite, si
Démonstration. x ∈ R,
Notons f : [−1, 1] → R, x 7→ Arcsin x + Arccos x. Il suffit
1 1 1
de montrer que f est constante sur [−1, 1], de valeur π/2. Arctan′ (x) = = = .
tan′ (Arctan x) 1 + tan2 (Arctan x) 1 + x2
Pour cela on peut vérifier les trois points suivants :
1. f est constante sur ] − 1, 1[. En effet, f est dérivable L’imparité s’obtient comme pour l’arc sinus.
sur ] − 1, 1[ et d’après ce qui précède sa dérivée est
nulle. Notons C sa valeur sur ] − 1, 1[.
2. f est constante sur [−1, 1]. En effet, on a ∀x ∈] −
1, 1[ f (x) = C, donc f admet une limite à droite en
tan
−1 et f (x) −−−−→ C. Or f est continue en −1 car
x→−1
x>−1 π y=x
Arcsin et Arccos le sont. Donc f (x) −−−−→ f (−1).
x→−1
x>−1
2
Donc f (−1) = C.
De même f (1) = C.
On a donc ∀x ∈ [−1, 1] f (x) = C. 0
3. La valeur de f sur [−1, 1] est π/2. En effet, en 0, f
vaut Arcsin 0 + Arccos 0, qui est égal à 0 + π/2. π
Arctan
2
7.2 Arctangente
20
II - FONCTIONS USUELLES
Second cas y < 0, alors θ ∈] − π, 0[, donc 3. Les graphes de ch et sh sont donnés dans la
−θ ∈]0, π[, donc −θ = Arccos(x/r), d’où figure 20.
θ = − Arccos(x/r). 4. ch + sh = exp.
5. ch2 − sh2 = 1.
Remarque 7.3.1.
On aurait aussi pu utiliser Arcsin en distinguant Démonstration. 1. On calcule ch′ , et ch(−x).
les cas x ⩾ 0 (θ = Arcsin(y/r)) et x < 0 (θ = 2. Idem.
π − Arcsin(y/r)). 3. On dresse le tableau de variations de signes / varia-
tions suivant (voir figure 19) , en partant du fait
Exemple 7.3.2. que, pour tout x ∈ R, ch(x) > 0. On rajoute :
Un
couple de coordonnées polaires de (4, −3) est
4
5, − Arccos . x −∞ 0 +∞
5
Remarque 7.3.3. ch(x) +
Trouver le module et un argument d’un nombre
complexe est le même problème que de déterminer +∞
un couple de coordonnées polaires d’un point du
sh(x) 0
plan. Il se résout avec les mêmes méthodes.
−∞
8.1 ch, sh et th +∞ +∞
ch(x)
Définition 8.1.1. 1
On appelle :
1. Sinus hyperbolique et on note sh l’application Figure 19 – Variations de ch et de sh.
21
II - FONCTIONS USUELLES
Remarque 8.1.3.
On a l’inégalité suivante : pour tout u ∈ R∗+ , Proposition 8.1.6.
La fonction th est continue et dérivable sur R et
1
u+ ⩾ 2, 1
u th′ = 1 − th2 = .
ch2
avec égalité si et seulement si u = 1. Cela permet De plus, th est impaire et, pour tout x ∈ R,
de retrouver que, pour tout x ∈ R, ch(x) ⩾ 1. −1 < th(x) < 1. Voir son graphe figure 21.
Exercice 8.1.4.
Démontrer l’inégalité précédente de deux manières Démonstration.
différentes. Par le calcul de ch − sh, on obtient que, pour tout
x ∈ R,
− ch(x) < sh(x) < ch(x)
ch et ch(x) > 0, donc th est bien définie et à valeurs
dans ] − 1, 1[. En tant que quotient de fonctions dé-
rivables dont le dénominateur ne s’annule pas, th
est dérivable. On dérive th facilement. Les limites
de th s’obtiennent aisément : on notera les deux
asymptotes horizontales à son graphe.
1
0 1
1 th 0
1
sh
22
II - FONCTIONS USUELLES
23