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Fonctions Usuelles : Continuité et Dérivabilité

Ce document traite des fonctions usuelles en analyse réelle, en rappelant les notions de continuité et de dérivabilité. Il définit les concepts de parité, de périodicité et de monotonie, tout en illustrant ces notions par des exemples et des propositions. Des exercices sont également proposés pour renforcer la compréhension des concepts abordés.

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Fonctions Usuelles : Continuité et Dérivabilité

Ce document traite des fonctions usuelles en analyse réelle, en rappelant les notions de continuité et de dérivabilité. Il définit les concepts de parité, de périodicité et de monotonie, tout en illustrant ces notions par des exemples et des propositions. Des exercices sont également proposés pour renforcer la compréhension des concepts abordés.

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II Fonctions usuelles

9 septembre 2023
II - FONCTIONS USUELLES

Dans tout ce chapitre, A désigne une partie de Remarque 1.1.4.


R et f une fonction de A dans R. On peut aussi dériver des expressions, avec le sym-
d
bole . On pourra par exemple écrire
d[variable]
1 Rappels d’analyse.
d  42 
x = 42x41 ,
On rappelle dans ce chapitre les notions fonda- dx
mentales d’analyse réelle vues dans le secondaire. ou
d 2 
3t + 1515 = 6t.
dt
1.1 Régularité de fonctions.
On rappelle succintement ici les notions de On s’interdira absolument d’écrire un
continuité et de dérivabilité. Ces notions seront ′ sur une expression pour signifier sa dérivation.
définies et travaillées en profondeur ultérieure- Ainsi, (sin x)′ ou (x2 +x−1)′ sont des écritures in-
ment. d 2
correctes, et on écrira sin′ (x) ou

x +x−1 .
dx
Remarque 1.1.5.
Définition 1.1.1 (Continuité). Lorsque l’on dérive une expression dépendant de
Soit f : A → R, soit a ∈ A. La fonction f est plusieurs variables x, y, z, t, α etc, on pourra uti-
continue en a si f (x) −−−→ f (a). ∂ ∂ ∂ ∂ ∂
x→a liser les symboles , , , , etc, pour
La fonction f est continue sur A si f est conti- ∂x ∂y ∂z ∂t ∂α
signifier que l’on dérive l’expression considérée
nue en tout point de A.
par rapport à la variable notée, les autres va-
riables étant supposées fixées (ce sont donc des
constantes). On parle alors de dérivation partielle
Définition 1.1.2 (Dérivabilité). par rapport à une variable.
Soit f : A → R, soit a ∈ A. La fonction f est Bien entendu, il conviendra de se poser la ques-
f (x) − f (a) tion de la dérivabilité de ladite expression, par
dérivable en a si la quantité admet
x−a rapport à la variable considérée. Ces techniques
une limite finie en a. Cette limite est notée f ′ (a), seront détaillées en fin d’année.
i.e. si f est dérivable en a,
Exemple 1.1.6.
f (x) − f (a) Les deux dérivées partielles de l’expression x2 y −
−−−→ f ′ (a).
x−a x→a e y−x sont
La fonction f est dérivable sur A si f est dérivable ∂  2 
x y − e y−x = 2xy + e y−x
en tout point de A. La fonction f ′ est alors appelée ∂x
fonction dérivée de f . ∂  2 
x y − e y−x = x2 − e y−x
Si f est dérivable et si f ′ est dérivable, alors f ∂y
est dite deux fois dérivable, et l’on note f ′′ = (f ′ )′ ,
que l’on appelle fonction dérivée seconde de f . Exercice 1.1.7.
Déterminer les dérivées partielles suivantes. On se
reportera au besoin à la partie 3 pour les rappels
Remarque 1.1.3. sur les formules de dérivation.
f (x) − f (a) ∂  −(x2 +y2 ) 
La quantité est la pente de la corde 1. xe
x−a ∂x
à la courbe de f reliant les points d’abscisses a et ∂
3xt2 − xyt + 2x sin(y)

x. 2.
∂t

2
II - FONCTIONS USUELLES

∂ Remarque 1.2.2 (Réduction du domaine


3. (xe y + ye z + ze x )
∂z d’étude).
∂ Il suffit d’étudier une fonction paire ou impaire
4. (α sin(y + z))
∂x sur R+ ∩ A pour obtenir toutes les informations
nécessaires sur cette fonction.

Proposition 1.1.8.
Une fonction dérivable en un point est continue en Une fonction n’est pas toujours paire
ce point. Une fonction dérivable est donc continue. ou impaire. Le contraire de « paire » n’est pas
« impaire ».
Exemple 1.2.3.
Remarque 1.1.9.
Sur R, x 7→ x2 est paire, x 7→ x3 est impaire et
Comme le montrent les exemples des fonctions
x 7→ x2 + x n’est ni paire ni impaire.
« valeur absolue » et « racine carrée », la réci-
proque est fausse : il existe des fonctions conti- Exercice 1.2.4.
nues, et non dérivables. Déterminer toutes les fonctions à la fois paires et
impaires.
Remarque 1.2.5.
Proposition 1.1.10. Une fonction impaire définie en 0 est forcément
Soit f, g : A → R dérivables, soit λ, µ ∈ R. nulle en 0.
1. La fonction λf + µg est dérivable et

(λf + µg)′ = λf ′ + µg ′ . Proposition 1.2.6.


Soit A ⊂ R, soit f : A → R dérivable.
2. La fonction f g est dérivable et
1. Si f est paire, alors f ′ est impaire.
(f g)′ = f g ′ + f ′ g. 2. Si f est impaire, alors f ′ est paire.

Démonstration.
Exemple 1.1.11. Dans le cas où f est impaire, on a, pour tout x ∈ R,
d f (x) = −f (−x).
(cos(x) sin(x)) = cos2 (x) − sin2 (x). La fonction f est la fonction x 7→ −f (−x) sont donc
dx
égales, et dérivables. Leurs dérivées sont donc égales. On
dérive donc de part et d’autre : pour tout x ∈ R, f ′ (x) =
1.2 Parité, imparité, périodicité. −(−f ′ (−x)) = f ′ (−x).
On procède de même dans le cas où f est paire.

Définition 1.2.1.
Soit A ⊂ R, soit f : A → R. Définition 1.2.7.
1. On dit que f est paire si, pour tout x ∈ A, Soit A ⊂ R, soit f : A → R, soit T > 0. On dit
que f est T -périodique si, pour tout x ∈ A,
−x ∈ A et f (−x) = f (x).
x+T ∈A et f (x + T ) = f (x).
2. On dit que f est impaire si, pour tout x ∈ A,
Dans ce cas T est appelé UNE période de f .
−x ∈ A et f (−x) = −f (x). La fonction f est périodique s’il existe T > 0
tel que f est T -périodique.

3
II - FONCTIONS USUELLES

Remarque 1.2.8 (Réduction du domaine


d’étude). Définition 1.3.2 (Monotonie stricte).
Si f est T -périodique et si a ∈ A, il suffit d’étu- Soit A ⊂ R, soit f : A → R.
dier f sur A ∩ [a, a + T ] pour obtenir toutes les 1. On dit que f est strictement croissante si,
informations sur f . pour tout x, y ∈ A, :

x < y ⇒ f (x) < f (y).


Il n’y a jamais unicité de la période !
Exemple 1.2.9. 2. On dit que f est strictement décroissante si,
Les fonctions constantes, cos, sin, tan, x 7→ x − pour tout x, y ∈ A, :
⌊x⌋ , R → R sont périodiques.
La fonction 1Q , qui vaut 1 sur Q et 0 sur R \ Q, x < y ⇒ f (x) > f (y).
est périodique. Tout rationnel strictement positif
est une période pour cette fonction. 3. On dit que f est strictement monotone si elle
Toute fonction constante admet tout réel stric- strictement croissante ou strictement décrois-
tement positif comme période. sante.

Proposition 1.2.10.
Soit A ⊂ R, T > 0 et soit f : A → R dérivable et Une fonction n’est pas toujours crois-
T -périodique. sante ou décroissante. Le contraire de croissant
Alors, f ′ est T -périodique. n’est pas décroissant.
Exemple 1.3.3.
Démonstration.
Il suffit d’écrire que, pour tout x ∈ A, f (x) = f (x + T ), La fonction carré n’est ni croissante, ni décrois-
puis de dériver de part et d’autre. sante.
Exercice 1.2.11. Exercice 1.3.4.
Déterminer l’allure de la fonction f paire, 4- Déterminer toutes les fonctions qui sont à la fois
périodique et telle que pour tout x ∈ [0, 2], croissantes et décroissantes.
f (x) = x (cela s’écrit f |[0,2] = Id[0,2] ).
Remarque 1.3.5.
Une fonction monotone strictement l’est bien en-
1.3 Monotonie. tendu au sens large.
À chaque fois que l’on vous demande d’étu-
Définition 1.3.1 (Monotonie au sens large). dier la monotonie d’une fonction, on attend le
Soit A ⊂ R, soit f : A → R. résultat le plus précis possible. Si la fonction est
1. On dit que f est croissante si, pour tout croissante strictement mais que vous n’établissez
x, y ∈ A, : que sa croissance, votre réponse ne pourra être
considérée comme complète.
x ⩾ y ⇒ f (x) ⩾ f (y).

2. On dit que f est décroissante si, pour tout Proposition 1.3.6 (Injectivité d’une fonction
x, y ∈ A, : strictement croissante).
x ⩾ y ⇒ f (x) ⩽ f (y). Soit A ⊂ R, soit f : A → R strictement monotone.
Alors, pour tout x, x′ ∈ A, si x ̸= x′ , alors f (x) ̸=
3. On dit que f est monotone si elle croissante f (x′ ). Ceci est équivalent à dire que, pour tout
ou décroissante. x, x′ ∈ A, si f (x) = f (x′ ), alors x = x′ .

4
II - FONCTIONS USUELLES

Notamment, si y ∈ R, il existe au plus un x ∈ A Il est essentiel que I soit un intervalle


vérifiant y = f (x). pour que l’implication de la droite vers la gauche
soit vraie (en revanche pour l’autre implication
Démonstration. ce n’est pas nécessaire).
On traite le cas strictement croissant (le cas strictement dé-
croissant se traite de la même manière, ou bien en étudiant Exercice 1.4.4. 1. Trouver une application f
−f ). non croissante dérivable sur son ensemble de
Soit x, x′ ∈ A tels que x ̸= x′ . On a soit x < x′ , dans définition, de dérivée positive.
ce cas f (x) < f (x′ ) par croissance stricte de f , ou x > x′ ,
dans ce cas f (x) > f (x′ ). Dans les deux cas, f (x) ̸= f (x′ ). 2. Trouver une application g non constante dé-
On peut très bien en montrer la contraposée. Soit x, x′ ∈ rivable sur son ensemble de définition, de
A tels que f (x) = f (x′ ). On ne peut pas avoir x < x′ car dérivée nulle.
sinon on aurait f (x) < f (x′ ), par croissancee stricte de f ,
ni x > x′ car sinon f (x) > f (x′ ). Ainsi x = x′ . 3. Trouver une application h dérivable non dé-
croissante sur son ensemble de définition, de
Exemple 1.3.7. dérivée négative.
La fonction cosinus est strictement croissante sur
[π, 3π/2]. Remarque 1.4.5.
Nous avons aussi : si f ′ est strictement positive
(resp. négative), alors f est strictement croissante
1.4 Lecture de tableaux de variations.
(resp. décroissante).
Attention, la réciproque est fausse ! Par
Définition 1.4.1. exemple, la fonction x 7→ x3 est strictement crois-
Un intervalle est une partie « sans trou » de R sante sur R, bien que sa dérivée s’annule en 0.
(plus formellement on appelle cela une partie
Le théorème suivant traduit les flèches conti-
connexe), i.e. c’est une partie I qui vérifie : pour
nues tracées dans les tableaux de variations.
tout x, y ∈ I, pour tout t ∈ R,

x ⩽ t ⩽ y ⇒ t ∈ I. Théorème 1.4.6 (Théorème de la bijection).


Soit a < b deux réels, soit f : [a, b] → R continue.
1. Si f est strictement croissante, pour tout
Le théorème suivant permet de relier le tableau y ∈ [f (a), f (b)], il existe un unique x ∈ [a, b]
de signes de la dérivée d’une fonction au tableau vérifiant y = f (x). On dit que f réalise une
de variations de la fonction. bijection de [a, b] sur [f (a), f (b)].
2. Si f est strictement décroissante, pour tout
Théorème 1.4.2. y ∈ [f (b), f (a)], il existe un unique x ∈ [a, b]
Soit I un intervalle de R, soit f : I → R déri- vérifiant y = f (x). On dit que f réalise une
vable. bijection de [a, b] sur [f (b), f (a)].
1. f est croissante (resp. décroissante) si et On a des résultats analogues avec un intervalle
seulement si f ′ ⩾ 0 (resp. f ′ ⩽ 0). semi-ouvert ou ouvert (de la forme ]a, b], [a, b[
ou ]a, b[), même si a ou b valent ±∞, mais ces
2. La fonction f est constante si et seulement
résultats font alors intervenir des limites.
si ∀x ∈ I, f ′ (x) = 0.
Démonstration.
L’existence d’un tel x provient directement du théorème
Remarque 1.4.3. des valeurs intermédiaires : f est continue sur l’intervalle
On déduit de ce théorème que deux primitives [a, b], y est entre f (a) et f (b), donc il existe x ∈ [a, b] tel
d’une même fonction diffèrent d’une constante. que y = f (x).

5
II - FONCTIONS USUELLES

L’unicité provient de la monotonie stricte, par la propo-


sition 1.3.6. — Le graphe de la fonction x 7→ f (ax) s’ob-
tient en dilatant le graphe de f suivant le
Exercice 1.4.7.
−ı et par le rapport 1 (voir la figure
vecteur →
Écrire le théorème 1.4.6 dans le cas où a ∈ R et a
b = +∞. 3).
Justifier, sans faire intervenir la notion de dé- — Le graphe de la fonction x 7→ af (x) s’ob-
rivée, que pour tout y ⩾ 0, il existe un unique tient en dilatant le graphe de f suivant le
x ⩾ 0 vérifiant y = x2 . vecteur →
−ȷ et par le rapport a (voir la figure

Exercice 1.4.8. 4).


Chercher un contre-exemple au théorème 1.4.6 — Le graphe de la fonction x 7→ f (−x) s’ob-
pour chaque hypothèse que l’on enlève. tient en prenant le symétrique du graphe de
f par rapport à l’axe O→ −ȷ (voir la figure 5).
Remarque 1.4.9. — Le graphe de la fonction x 7→ −f (x) s’ob-
L’étude du signe d’une expression se fera systéma- tient en prenant le symétrique du graphe de
tiquement en la factorisant. Ensuite, si le signe de f par rapport à l’axe O→ −ı (voir la figure 6).
l’un des facteurs n’est pas évident, il conviendra — Le graphe de la fonction x 7→ −f (−x) s’ob-
d’étudier ce facteur (par une étude de fonctions). tient en prenant le symétrique du graphe de
Exercice 1.4.10. f par rapport au point O (voir la figure 7).
Déterminer l’ensemble de définition de x 7→
(x + 1)2 Démonstration.
puis tracer son tableau de variations.
ex − 1 On montre le premier cas, les autres sont similaires. Notons
Γ le graphe de f , Γ′ celui de x 7→ f (x) + a. Soit (x, y) ∈ R2 ,
alors (x, y) ∈ Γ′ ⇔ (x, y − a) ∈ Γ, ce qui est bien le résultat
2 Effet d’une transformation sur le demandé.
graphe. Remarque 2.0.2.
Soit A ⊂ R. On considère une application Le graphe de la fonction x 7→ f (a − x) s’obtient
f : A → R, dont on veut étudier les proprié- donc
tés. Notamment, on peut vouloir représenter le — soit en translatant le graphe de f du vec-
graphe de cette fonction : c’est teur a→
−ı puis en prenant le symétrique par
rapport à O→−ȷ ;
n o
(x, y) ∈ R2 x ∈ A et y = f (x) , — soit en prenant le symétrique du graphe de
f par rapport à O→−ȷ puis en le transtlatant


par le vecteur −a ı .
que l’on représente, lorsque c’est possible, par une
« courbe ».

Proposition 2.0.3. 1. Le graphe d’une fonc-


Proposition 2.0.1.
tion paire présente une symétrie par rapport
Soit a ∈ R∗+ , on considère des graphes tracés
à l’axe des ordonnées.
dans le repère orthonormé direct (O, →−ı , →
−ȷ ).
— Le graphe de la fonction x 7→ f (x) + a s’ob- 2. Le graphe d’une fonction impaire présente
tient en translatant le graphe de f du vec- une symétrie par rapport à l’origine.
teur a→−ȷ (voir la figure 1). 3. Le graphe d’une fonction T -périodique pré-
— Le graphe de la fonction x 7→ f (x + a) s’ob- sente un motif de longueur T se répétant
tient en translatant le graphe de f du vec- (plus formellement, il est invariant par la
teur −a→ −ı (voir la figure 2). translation de vecteur T →
−ı ).

6
II - FONCTIONS USUELLES

x 7→ f (x) + 1, 5 x 7→ 3f (x)

f : x 7→ x2
0 1 f : x 7→ x2 + 1
x 7→ f (x) − 0, 7 1
x 7→ −f (x)/10
Figure 1 – Translation verticale du graphe. 1
0

f : x 7→ x2

1 Figure 4 – Dilatation verticale du graphe.

0 1
x 7→ f (x + 2.9) x 7→ f (x − 1)

Figure 2 – Translation horizontale du graphe.

1
x 7→ f (5x)

f : x 7→ x2 + 1 0
1 1
x 7→ f (−x) f : x 7→ ·x(x − 1)
x 7→ f (x/10)
Figure 5 – Symétrie du graphe par rapport à
0 1 l’axe vertical.

Figure 3 – Dilatation horizontale du graphe.

Exercice 2.0.4. R vérifiant, pour un a ∈ R, ∀x ∈ R f (a−x) = f (x)


Quelle symétrie la courbe d’une fonction f : R → présente-t-elle ?

7
II - FONCTIONS USUELLES

f : x 7→ ·x(x − 1) 1. Soit n un entier strictement positif. La fonc-


tion x 7→ un (x) est dérivable sur A et, pour
1 tout x ∈ A,
d n
(u (x)) = nu′ (x)un−1 (x).
dx
0 1
x 7→ −f (x) 2. Soit n un entier strictement négatif. Si u
ne s’annule pas, la fonction x 7→ un (x) est
dérivable sur A et, pour tout x ∈ A,
d n
(u (x)) = nu′ (x)un−1 (x).
dx
Figure 6 – Symétrie du graphe par rapport à Si u est strictement positive, la fonction x 7→
3. p
l’axe horizontal. u(x) est dérivable sur A et, pour tout x ∈
A,
d q u′ (x)
 
u(x) = p .
dx 2 u(x)
f : x 7→ x3 + x2 − x + 1
4. La fonction x 7→ exp (u(x)) est dérivable sur
A et, pour tout x ∈ A,
1
d
(exp (u(x))) = u′ (x) exp (u(x)).
dx
0 1 5. Si u est strictement positive, la fonction x 7→
ln (u(x)) est dérivable sur A et, pour tout
x ∈ A,

x 7→ −f (−x) d u′ (x)
(ln (u(x))) = .
dx u(x)

Figure 7 – Symétrie du graphe par rapport à


l’origine.

3.2 Composée de deux fonctions.

3 Composée de fonctions,
Définition 3.2.1.
réciproque.
Soit A, B ⊂ R, soit f : A → R et g : B → R.
3.1 Rappels de dérivation. Si, pour tout x ∈ A, f (x) ∈ B, alors on peut
construire la fonction composée de f par g :
On rappelle les formules de dérivation usuelles
utilisées dans le secondaire. g◦f : A → R .
x 7→ g(f (x))

Théorème 3.1.1. On pourra, pour s’aider, se rappeler du schéma


Soit A ⊂ R et u : A → R dérivable. de la figure 8.

8
II - FONCTIONS USUELLES

f (x) ∈ B Démonstration.
Cela sera démontré ultérieurement.

Exercice 3.3.2.
f g Dériver les expressions suivantes :
1. sin 3x2 + 2 ;

g◦f
x∈A g(f (x)) p
2. 1 + ln(cos(t)).
Remarque 3.3.3.
Figure 8 – Diagramme de composition de fonc- Sous réserve de définition, on a donc de manière
tions. générale

Exemple 3.2.2. d
(f (ax + b)) = af ′ (ax + b).
On peut donc écrire, sous réserve de validité, dx
u′
(exp ◦u)′ = u′ × exp ◦u et (ln ◦u)′ = . Proposition 3.3.4.
u
Soit A, B ⊂ R, f : A → R et g : B → R telles que
Remarque 3.2.3. g ◦ f soit définie.
Pour déterminer le domaine de définition d’une
composée g ◦ f , il convient de déterminer dans 1. Si f est paire, g ◦ f est paire.
l’ordre : 2. Si f est impaire et g est paire, g ◦ f est paire.
1. le domaine de définition de f , noté ici Df ; 3. Si f et g sont impaires, g ◦ f est impaire.
2. puis le domaine de définition de g, noté ici
Dg ;
Démonstration.
3. enfin, déterminer l’ensemble des x ∈ Df pour Soit x ∈ A. Si f est paire,
lesquels f (x) ∈ Dg .
g ◦ f (−x) = g(f (−x)) = g(f (x)) = g ◦ f (x).
En particulier, il est impossible de conclure sans
avoir étudié l’ensemble d’arrivée de f ! Si f est impaire et g paire,

Exercice 3.2.4. g ◦ f (−x) = g(f (−x)) = g(−f (x)) = g(f (x)) = g ◦ f (x).
Déterminer le domaine de définition de
s Si f et g sont impaires,
2
x 7→ x−2− . g◦f (−x) = g(f (−x)) = g(−f (x)) = −g(f (x)) = −g◦f (x).
x−3

3.3 Propriétés d’une composée.

Théorème 3.3.1. Proposition 3.3.5.


Soit A, B ⊂ R, f : A → R et g : B → R telles que Soit A, B ⊂ R, f : A → R et g : B → R tels que
g ◦ f soit définie. g ◦ f soit définie.
1. Si f et g sont continues, alors g ◦ f est conti- 1. Si f et g sont de même monotonie, g ◦ f est
nue sur A. croissante.
2. Si f et g sont dérivables, alors g ◦ f est déri- 2. Si f et g sont de monotonies opposées, g ◦ f
vable sur A et est décroissante.
(g ◦ f )′ = f ′ × g ′ ◦ f. On a les mêmes résultats dans les cas de monoto-
nie stricte.

9
II - FONCTIONS USUELLES

Démonstration.
On traite le cas où f est croissante et g décroissante. Les 2. f −1 ◦ f = Id[a,b] .
autres sont semblables.
Soit x, y ∈ A, supposons que x ⩽ y. Par croissance Dans le cas où f est strictement décroissante, on
de f , on a f (x) ⩽ f (y) puis, par décroissance de g, on a a les mêmes résultats en remplaçant [f (a), f (b)]
g(f (x)) ⩾ g(f (y)). Ainsi, g ◦ f est décroissante. par [f (b), f (a)].
Exercice 3.3.6. On a des résultats analogues avec un intervalle
Déterminer sans calculs le sens de variations de semi-ouvert ou ouvert (de la forme ]a, b], [a, b[
la fonction ou ]a, b[), même si a ou b valent ±∞, mais ces
x 7→ ln(1 + e −2x ). résultats font alors intervenir des limites.

3.4 Cas des bijections. Démonstration.


Le domaine de définition de f −1 et son image sont évidents,
par la définition de f −1 .
Définition 3.4.1. 1. Soit x ∈ [f (a), f (b)]. Posons t = f −1 (x). Par défini-
Soit E ⊂ R. On définit la fonction identité sur E tion, f (t) = x, donc f (f −1 (x)) = x, d’où le résultat.
comme 2. Soit t ∈ [a, b], posons x = f (t). Par croissance stricte
IdE : E → R . de f , il y a unicité du réel u ∈ [a, b] vérifiant x =
f (u), donc par définition t = f −1 (x). On a donc
x 7→ x t = f −1 (f (t)), d’où le résultat.

On définit maintenant la réciproque d’une fonc-


tion dans le cadre restreint du théorème de la Proposition 3.4.4.
bijection. Nous étendrons cette notion ultérieure- Soit a < b deux réels, f : [a, b] → R continue et
ment. strictement monotone. Alors, le graphe de f −1 est
le symétrique du graphe de f par rapport à la
Définition 3.4.2. droite d’équation y = x (aussi appelée première
Soit a < b deux réels, f : [a, b] → R continue et bissectrice du plan).
strictement monotone. Soit x entre f (a) et f (b),
il existe donc un unique t ∈ [a, b] tel que x = f (t). Démonstration.
On note ce réel t = f −1 (x). Soit x ∈ [a, b], soit y entre f (a) et f (b). On a alors y = f (x)
si et seulement si x = f −1 (y). Ainsi, le point de coordon-
La fonction f −1 est appelée réciproque de f .
nées (x, y) appartient au graphe de f si et seulement si
On a des résultats analogues avec un intervalle celui de coordonnées (y, x) appartient au graphe de f −1 .
semi-ouvert ou ouvert (de la forme ]a, b], [a, b[ Or, l’application qui échange les coordonnées est la symé-
ou ]a, b[), même si a ou b valent ±∞, mais ces trie par rapport à la première bissectrice du plan, d’où le
résultats font alors intervenir des limites. résultat.

Le résultat suivant permet notamment d’obte-


nir le tableau de variations de la réciproque d’une
Proposition 3.4.3. fonction.
Soit a < b deux réels, f : [a, b] → R continue et
strictement croissante. On a alors
Théorème 3.4.5.
−1
f : [f (a), f (b)] → [a, b] Soit I un intervalle de R et f : I → R continue et
strictement monotone.
et on a les propriétés suivantes :
1. La fonction f −1 est strictement monotone,
1. f ◦ f −1 = Id[f (a),f (b)] ; de même monotonie que f .

10
II - FONCTIONS USUELLES

x a b
2. Si f est impaire, alors f −1 est aussi impaire..
3. La fonction f −1 est continue. f (x)
c
d
4. Si f dérivable et si f ′ ne s’annule pas, alors
1
f −1 est aussi dérivable et (f −1 )′ = ′ . x d c
f ◦ f −1
f −1 (x) b
a
Démonstration.
On ne démontre que les deux premier points.
Figure 9 – Tableaux de variations d’une fonc-
1. Dans le cas où f est strictement décroissante. Soit
x, y des images par la fonction f , posons a = f −1 (x)
tion et de sa réciproque.
et b = f −1 (y), de sorte que a, b ∈ I, x = f (a) et
y = f (b).
Supposons que x < y. Si a ⩽ b, alors, par décroissance
de f , f (a) ⩾ f (b), i.e. x ⩾ y : c’est impossible. La fonction carré est strictement croissante sur
Ainsi, f −1 (x) > f −1 (y), donc f −1 est strictement R+ (mais pas sur R), est continue, 02 = 0 et
décroissante. x2 −−−−→ +∞. Ainsi, la fonction carré réalise une
x→+∞
2. Soit x une image par la fonction f , on a par imparité
bijection de R+ sur R+ . On appelle sa réciproque
de f √ √
f (−f −1 (x)) = −f (f −1 (x)) = −x. la fonction racine carrée, notée · : si x ⩾ 0, x
Ainsi, par définition, f −1 (−x) = −f −1 (x), donc f −1
est l’unique réel t ⩾ 0 vérifiant t2 = x. La fonction
est impaire. racine carrée est donc strictement croissante et

x −−−−→ +∞.
x→+∞
d 2
Remarque 3.4.6. On a, pour tout x ⩾ 0, (x ) = 2x, qui s’an-
Une fois que l’on sait que f −1 est dérivable, la dx
nule exactement en 0. La fonction racine carrée
dernière formule peut se retrouver en dérivant est donc dérivable sur R∗+ , mais pas en 0, et pour
f ◦ f −1 = Id, ce qui donne : tout x > 0,
d √  1
(f −1 )′ × f ′ ◦ f −1 = 1. x = √ .
dx 2 x
Remarque 3.4.7.
Avec quelques considérations de limites, le théo-
rème précédent permet de relier les tableaux de
4 Fonction valeur absolue
variations d’une fonction et de sa réciproque (voir
figure 9 dans le cas où f est strictement décrois- Définition 4.0.1.
sante). Soit x√∈ R On appelle valeur absolue de x le réel
Remarque 3.4.8. |x| = x2 . Il vaut x si x ⩾ 0 et −x sinon (voir la
Plus précisément, si f ′ (x) = 0, alors f −1 ne sera figure 11).
pas dérivable en y = f (x).
En effet, le graphe de f possède une tangente
horizontale au point de coordonnées (x, y), donc
par symétrie celui de f −1 possède une tangente Proposition 4.0.2.
verticale au point de coordonnées (y, x). C’est une fonction paire, continue sur R et déri-
vable sur R∗− et R∗+ , mais pas en 0. Si x > 0, on
Exemple 3.4.9. d d
On peut observer tous ces résultats sur les fonc- a (|x|) = 1 et si x < 0, (|x|) = −1.
dx dx
tions carré et racine carrée (voir figure 10).

11
II - FONCTIONS USUELLES

Démonstration.
Il suffit de discuter selon les signes de x et de y.
x 7→ x2

Proposition 4.0.6 (Inégalité triangulaire).


Soit x, y ∈ R, alors :
y=x
1. |x + y| ⩽ |x| + |y| ;
2. ||x| − |y|| ⩽ |x + y| ;
3. enfin, |x + y| = |x| + |y| si et seulement si x
1 et y sont de même signe.

x 7→ x

Remarque 4.0.7.
L’inégalité triangulaire est celle du premier point,
mais on trouve souvent sous cette appellation les
0 deux premiers points résumés dans l’encadrement
1
||x| − |y|| ⩽ |x + y| ⩽ |x| + |y|. Le troisième point
est le cas d’égalité de l’inégalité triangulaire.
Figure 10 – Fonctions carré et racine carrée. Le cas d’égalité du second point existe également :
||x| − |y|| = |x + y| si et seulement si x et y sont
de signe opposés.
On retrouvera ces résultats pour les nombres com-
plexes, car la valeur absolue et le module complexe
coïncident sur R. Le premier point sera démon-
tré dans le chapitre correspondant. Le second
x 7→ |x| point en découle facilement et peut être démon-
1 tré dès maintenant. Nous donnons cependant une
démonstration élémentaire des points (i) et (iii),
valable uniquement pour des réels.
0 1 Démonstration. 1.

(|x| + |y|)2 − |x + y|2 = (|x| + |y|)2 − (x + y)2

Figure 11 – Fonction valeur absolue. = 2(|xy| − xy)


⩾ 0,

donc |x + y|2 ⩽ (|x| + |y|)2 . On conclut par positivité


de |x + y| et de |x| + |y|.
Remarque 4.0.3.
3. Dans le raisonnement précédent, il y a égalité si et
Pour tout réel x, |x| ⩾ 0, et |x| = 0 si et seulement
seulement si |xy| = xy, ce qui est équivalent à xy ⩾ 0,
si x = 0. ce qui est bien équivalent à « x et y sont de même
signe ».
Remarque 4.0.4.
2. En appliquant le premier point, |x| = |(x + y) +
Pour tout x, y ∈ R, |x · y| = |x| · |y|.
(−y)| ⩽ |x + y| + |y| donc |x| − |y| ⩽ |x + y|. En
permutant les rôles de x et y, nous avons également
|y| − |x| ⩽ |x + y|, ce qui permet de conclure.
Théorème 4.0.5.
Soit x, y ∈ R. Alors, |x| ⩽ y si et seulement si
−y ⩽ x ⩽ y. Remarque 4.0.8 (Interprétation en terme de
distance).

12
II - FONCTIONS USUELLES

Si x, y ∈ R, |x − y| est la distance entre x et y. On


peut alors écrire, avec (x, ε) ∈ R2 , les intervalles Proposition 5.1.4 (Comparaisons de puis-
sances).
[x − ε, x + ε] = { y ∈ R | |y − x| ⩽ ε } , Soit x ∈]0, 1], alors
]x − ε, x + ε[ = { y ∈ R | |y − x| < ε } . 0 < x4 ⩽ x3 ⩽ x2 ⩽ x ⩽ 1 ⩽ 1/x ⩽ 1/x2 . . .

Plus formellement, la suite (xn )n∈Z est décrois-


5 Fonctions puissances entières, sante (strictement si 0 < x < 1).
polynomiales et rationnelles Soit x ∈ [1, +∞[, la suite (xn )n∈Z est croissante
(strictement si x > 1).
5.1 Fonctions puissances entières

Définition 5.1.1.
Soit x ∈ R, n ∈ N. On appelle x puissance n le
réel x × . . . × x (n fois), noté xn . x 7→ x2
Par convention x0 = 1 pour tout x ∈ R, x 7→ x4
même 0. 1
Si n est un entier strictement négatif, et si x ̸= 0,
1
on pose xn = −n .
x
0 1

Remarque 5.1.2.
Cela peut se définir rigoureusement par récur- x 7→ x
rence. x 7→ x3

Proposition 5.1.3.
Soit m, n ∈ Z, de manière générale : Figure 12 – Quelques fonctions puissance, expo-
sants positifs.
xm+n = xm xn ,
xmn = (xm )n ,
(xy)n = xn y n ,
 n 5.2 Fonctions polynomiales et rationnelles
xn x
= .
yn y
Définition 5.2.1.
De plus, x 7→ xn a la même parité que n. C’est On appelle fonction polynomiale toute fonction
une fonction continue, dérivable, de dérivée x 7→ de la forme
nxn−1 .
f : R → R
Les allures des courbes dans tous les cas (n
x 7→ a0 + a1 x + a2 x2 + . . . + an xn
pair, impair, positif, négatif) sont données dans | {z }
n
les figures 12 et 13. X
ak xk
k=0

13
II - FONCTIONS USUELLES

Définition 5.2.3.
On appelle fonction rationnelle toute fonction de
g(x)
1 la forme f : x 7→ où g et h sont des fonctions
x 7→ h(x)
x2 polynomiales. Si an xn et bm xm sont les monômes
1 an xn
dominants de g et h, alors f (x) et ont
bm xm
même limite en ±∞.
0 1
Remarque 5.2.4.
L’ensemble de définition d’une telle fonction est au
1 moins inclus dans l’ensemble des réels sur lesquels
x 7→
x h ne s’annule pas. Nous l’étudierons précisément
1 dans le chapitre dédié aux fractions rationnelles.
x 7→ Sur cet ensemble, toute fraction rationnelle est
x3
continue et dérivable.

Figure 13 – Quelques fonctions puissance, expo-


sants négatifs.
6 Fonctions exponentielles,
logarithmes et puissances
quelconques
où n ∈ N, a0 , . . . , an ∈ R et où an ̸= 0. 6.1 Exponentielle et logarithme
Dans ce cas, n est appelé le degré de f , an est
le coefficient dominant (ou de plus haut degré) de Définition 6.1.1.
f et a0 est le coefficient constant de f . Le terme On appelle logarithme népérien la primitive, notée
an xn est le monôme dominant de f . 1
ln, de x 7→ sur R∗+ valant 0 en 1.
x

Proposition 5.2.2.
Toute fonction polynomiale est continue et déri- Proposition 6.1.2.
vable sur R. La fonction ln est continue, dérivable sur R∗+ ,
De plus, avec les notations précédentes, f (x) et strictement croissante (donc injective) et bijective
an xn ont même limite en ±∞. de R∗+ dans R.
1
Si x ∈ R∗+ , on a ln′ (x) = .
Démonstration.
x
On factorise an xn :

a0 a1 an−1
 Démonstration.
f (x) = an xn + + ··· + +1 Les outils pour cela seront vus plus tard, mais il suffit
an xn an xn−1 an x
n−1
! de dire que c’est la primitive d’une fonction continue et
X ak positive.
= an xn 1 + .
an xn−k
k=0

Il suffit de voir que, si 0 ⩽ k ⩽ n − 1, Définition 6.1.3.


ak On appelle fonction exponentielle notée exp la
−−−−−→ 0.
an xn−k x→±∞ réciproque de ln. On a donc exp : R → R∗+ .

14
II - FONCTIONS USUELLES

Démonstration.
Proposition 6.1.4. Soit y ∈ R∗+ , étudions fy : R∗+ → R, x 7→ ln(xy). C’est
La fonction exp est continue, dérivable sur R, et une fonction dérivable, comme composée
  de fonctions déri-
1 1
égale à sa dérivée. ∗ ′
vables, et si x ∈ R+ , fy (x) = y = . Ainsi, fy est
xy x
1
une primitive de x 7→ , donc diffère de ln d’une constante.
Démonstration. x
Avec x = 1, on obtient cette constante : pour tout x > 0,
Utiliser les propriétés de la réciproque.
on a bien ln(xy) = ln x + ln y.
• Graphes : voir la figure 14. L’autre identité s’en déduit en observant que exp est la
réciproque de ln :

ln(exp(x) exp(y)) = ln(exp(x)) + ln(exp(y))


= x + y.

Par définition de l’exponentielle, exp(x + y) =


exp exp(x) exp(y).
y=x
Exemple 6.1.7.
1 1
En particulier, exp(−x) = , ln(1/x) =
exp(x)
− ln x et ln(xn ) = n ln x.
0 1 Remarque 6.1.8.
y =x+1
On définit e = exp(1), dont une valeur approchée
à 10−3 près est 2, 718.

ln

y =x−1 Proposition 6.1.9 (inégalités fondamentales).


Pour tout x ∈ R,

ex ⩾ 1 + x
Figure 14 – Logarithme et exponentielle.
et pour tout x > −1,

ln(1 + x) ⩽ x.

Proposition 6.1.5.
L’exponentielle est partout strictement positive, Démonstration.
elle est strictement croissante et bijective de R Il suffit d’étudier les fonctions x 7→ e x − 1 − x et x 7→ ln(1 +
x) − x, en dressant leurs tableaux de signes/variations.
dans R∗+ .
Remarque 6.1.10.
Ces inégalités s’observent aisément sur la fi-
Démonstration. gure 14.
Utiliser les propriétés de la réciproque. Elles découlent immédiatement de la propriété
de convexité de l’exponentielle et de la propriété
de concavité du logarithme.
Proposition 6.1.6.
Pour tout x, y ∈ R∗+ , ln(xy) = ln(x) + ln(y). Remarque 6.1.11.
Pour tout x, y ∈ R, exp(x + y) = exp(x) exp(y). Les dérivées de l’exponentielle en 0 et du loga-
rithme en 1 donnent les limites suivantes, fort

15
II - FONCTIONS USUELLES

utiles :

1. (xx′ )y = xy .x y .
exp(x) − 1
−−−→ 1, ′
2. xy+y = xy .xy .

x x→0
′ ′
ln(1 + x) 3. x(yy ) = (xy )y .
−−−→ 1.  y
x x→0
−y 1 1
4. x = y = .
x x
6.2 Exponentielle de base quelconque

Définition 6.2.1. Démonstration.


Revenir à la définition via l’exponentielle.
Soient x ∈ R∗+ et a ∈ R. On appelle « x puissance
a » (ou exponentielle de base x), noté xa , le réel • On peut dériver xa en utilisant directement sa
xa = exp(a ln x). définition. On remarquera notamment que

∂ a ∂ a
(x ) ̸= (x ).
∂x ∂a
xa n’est qu’une notation pour
exp(a ln x).
On n’utilisera jamais le symbole ′ pour
xa n’est pas défini avec x ⩽ 0, avec cette d ∂
dériver une expression, mais plutôt ou ,
définition. d♡ ∂♡
où ♡ est la variable par rapport à laquelle on
dérive l’expression (les autres étant fixées).
Remarque 6.2.2.
• Si a ∈ N, cette définition coïncide avec la défi- Exemple 6.2.4.
nition donnée précédemment. Que veut dire (xy )′ ?
• On a alors pour tout x > 0, exp(x) = e x . La
notation e x est alors utilisée pour tout x ∈ R
pour désigner exp(x). Proposition 6.2.5.
Soit a ∈ R. On note fa : R∗+ → R∗+ .
• Cas particuliers :
x 7→ xa
1. a ∈ N : xa défini sur R.
1. La fonction fa est continue, dérivable et ∀x ∈
2. a ∈ Z : xa défini sur R∗ . R∗+ , fa′ (x) = axa−1 .
3. a ∈ R+ : prolongeable en 0 par continuité. ̸ 0, fa est bijective de R∗+ sur R∗+ . Sa
2. Si a =
1 réciproque est f1/a .
4. a = ∈ Q, q > 0 : définie sur R+ , donc
q ′
prolongeable en zéro, comme réciproque de 3. Soit a < a′ : si x > 1, xa < xa , si x ∈]0, 1[,

la fonction x 7→ xq . Et même prolongeable xa > xa
sur R si q impair.
• Pour traiter un exercice avec des puissances Démonstration. 1. Il suffit de dériver dans la défini-
quelconques, il faut quasiment toujours repasser tion.
par l’écriture exponentielle. 2. Il suffit de vérifier que (xa )1/a = (x1/a )a = x.
3. Il suffit de discuter suivant le signe de ln(x).

Proposition 6.2.3. • Graphes : voir la figure 15.


Soit x, x′ ∈ R∗+ et y, y ′ ∈ R, on a :

16
II - FONCTIONS USUELLES

a = −0, 7 — Si n est pair, x 7→ xn est strictement crois-


sante sur R+ et réalise une bijection de R+
a = 1, 5 sur R+ . Sa réciproque sur R+ est appelée

a = 0, 7 « racine ne », notée n ·.
— Si n est impair, x 7→ xn est strictement
croissante sur R et réalise une bijection de
R sur R. Sa réciproque sur R est appelée

a = 0, 5 « racine ne », notée n ·.
1
Démonstration.
a = −0, 5 Il suffit de montrer la croissance stricte. Cela peut se faire
en dérivant, ou bien en factorisant xn − y n (la formule sera
vue bientôt).
a = −1, 5 Notamment, pour n = 2, x2 − y 2 = (x − y)(x + y) donne
directement la croissance stricte de x 7→ x2 sur R∗+ .
0
1 Exemple 6.3.2. √ √
3 = −8, donc −2 = 3 −8, et ( 3)4 =
(−2)
√ √ √
Figure 15 – Quelques fonctions de la forme x 7→ (− 3)4 = 9, donc 4 9 = 3.
xa .
Proposition 6.3.3.

Soit n ∈ N∗ et x > 0, alors n x = x1/n .

Définition 6.2.6 (Logarithme de base a). Démonstration.


On a bien x1/n > 0 et, d’après les règles de manipulation
Soit a ∈ R∗+ \{1}. La fonction « puissance en base des puissances, (x1/n )n = (xn )1/n = x.
a », R → R∗+ , x 7→ ax , est bijective. Sa réciproque
est le logarithme de base a
6.4 Croissances comparées
 ∗
 R+ −→ R, Exercice 6.4.1.
loga : ln(x) Montrer que ∀x ∈ R+ , exp(x) ⩾ 1 + x + x2 /2. En
 x 7−→ .
ln(a) déduire la limite de exp(x)/x lorsque x → +∞.

Proposition 6.4.2 (Croissances comparées des


Remarque 6.2.7. 1. Cas particuliers utiles : exponentielles, puissances et logarithmes).
log10 et log2 . Ils donnent le nombre de chiffres Soient a, b ∈ R∗+ . Alors :
dans l’écriture d’un entier en base 10 ou 2 : 1. l’exponentielle l’emporte sur les puissances :
si 10p−1 ⩽ n < 10p , alors n s’écrit avec p
chiffres en base 10 et ⌊log10 n⌋ = p − 1. e bx
xa e bx −−−−→ 0 et −−−−→ +∞ ;
x→−∞ xa x→+∞
2. Propriétés fondamentales : log10 (10x ) = x et
10log10 x = x. 2. les puissances l’emportent sur les loga-
rithmes :
6.3 Racines énièmes. xa
xa ·|ln x|b −−−→ 0 et −−−−→ +∞ ;
x→0 (ln x)b x→+∞

Définition 6.3.1. 3. l’exponentielle l’emporte sur les logarithmes


Soit n ∈ N∗ . La fonction x 7→ xn est continue. (repasser par les deux premiers points).

17
II - FONCTIONS USUELLES

Démonstration. 1. On utilise le résultat de l’exer-


cice 6.4.1, en factorisant Proposition 7.1.2.
 a  a La fonction arc cosinus est strictement décrois-
e bx bx/a bx/a
 a
e b e
= = . . sante, continue sur [−1, 1], dérivable sur ] − 1, 1[,
xa x a bx/a
1
de dérivée x 7→ − √ , c’est-à-dire que pour
2. En composant la limite de l’exercice 6.4.1 par ln(x), 1 − x2
on a directement
x
−−−−−→ +∞. Puis, en compo- tout x ∈] − 1, 1[,
ln x x→+∞
1 1
sant par , on obtient et x ln x −−−→ 0.
x x→0 Arccos′ (x) = − √ .
Ensuite, on factorise 1 − x2

xa

xa/b
b  b 
a xa/b
b Son graphe est représenté sur la figure 16.
= = .
(ln x)b ln x b ln (xa/b )

On obtient l’autre limite par composition. Démonstration.


3. Repasser par les deux premiers points. Tout découle du tableau de variations du cosinus et des
théorèmes généraux précédents.
Comme cos′ (0) = 0 et cos′ (π) = 0, Arccos n’est pas
Exercice 6.4.3. dérivable en cos(0) = 1 et en cos(π) = −1. La dérivée du
Déterminer la limite de la suite de terme général cosinus ne s’annule pas sur ]0, π[, donc Arccos est dérivable
sur ] − 1, 1[. Ensuite, si −1 < x < 1,
3n − n2 + ln2 (n) 1 −1
√ n Arccos′ (x) = = .
ne + e − 2 ln(n) cos′ (Arccos x) sin(Arccos x)

Il suffit d’utiliser√le résultat du théorème 7.1.6 pour obtenir


7 Fonctions circulaires réciproques sin(Arccos x) = 1 − x2 .

7.1 Arccos et Arcsin


π

La fonction cosinus n’est pas bijective : Arccos


pour tout x ∈ [−1, 1], il n’existe pas un unique y=x
π
t ∈ R vérifiant x = cos(t).
2
1
π
Définition 7.1.1 (Arc cosinus). 2 π
Pour tout x ∈ [−1, 1], il existe un unique t ∈ [0, π] 0
tel que x = cos(t). On dit que ce t est l’arc cosinus −1 1
cos
de x (noté t = Arccos(x)). −1
Plus formellement : la fonction cosinus est bi-
jective de [0, π] sur [−1, 1]. Sa fonction réciproque
est appelée arc cosinus et noté Arccos. Figure 16 – Fonctions cos et Arccos.

Démonstration.
La fonction cosinus est continue, strictement décroissante
sur [0, π], cos(0) = 1 et cos(π) = −1. On conclut par le La fonction sinus n’est pas bijective :
théorème de la bijection.
pour tout x ∈ [−1, 1], il n’existe pas un unique
t ∈ R vérifiant x = sin(t).

18
II - FONCTIONS USUELLES

Définition 7.1.3 (Arc sinus). π Arcsin y=x


Pour  x ∈ [−1, 1], il existe un unique t ∈
tout 2
π π

− , tel que x = sin(t). On dit que ce t est
2 2 1
l’arc sinus de x (noté t = Arcsin(x)).
Plus formellement : la fonction sinus est bijec- π
tive de [−π/2, π/2] sur [−1, 1]. Sa fonction réci- −
2 −1 0 sin
proque est appelée arc sinus et noté Arcsin.
1 π
Démonstration. 2
La fonction sinus
 est continue, strictement
  croissante sur
π π
[−π/2, π/2], sin − = −1 et sin = 1. On conclut −1
2 2
par le théorème de la bijection.
π

2
Proposition 7.1.4.
La fonction arc sinus est strictement croissante,
impaire, continue sur [−1, 1], dérivable sur ]−1, 1[, Figure 17 – Fonctions sin et Arcsin.
1
de dérivée x 7→ √ , c’est-à-dire que pour
1 − x2
tout x ∈] − 1, 1[,
Démonstration.
′ 1 On a cos ◦ Arccos = Id[−1,1] , c’est-à-dire que, par définition,
Arcsin (x) = √ .
1 − x2 pour tout x ∈ [−1, 1], cos(Arccos x) = x.
Ainsi, si x ∈ [−1, 1], on a
Son graphe est représenté sur la figure 17.
sin2 (Arccos x) = 1 − cos2 (Arccos x) = 1 − x2 .

Démonstration. Pour finir, on remarque que le sinus est positif sur [0, π],
C’est la même chose que pour l’arc cosinus. or la fonction Arccos prend ses valeurs dans [0, π], donc
Pour l’imparité, si x ∈ [−1, 1], posons t = Arcsin(x), sin(Arccos x) ⩾ 0..
donc t ∈ [−π/2, π/2] et sin(t) = x. Par imparité du sinus,
sin(−t) = −x, et −t ∈ [−π/2, π/2], donc par définition
−t = Arcsin(−x). On vient de montrer que Arcsin(−x) = Arccos ◦ cos ≠ IdR , on a juste que pour
− Arcsin(x). tout x ∈ [0, π], Arccos(cos(x)) = x.

Exercice 7.1.5. Exercice 7.1.7.


17π

Déterminer les arc cosinus
√ et
√ arc sinus des valeurs Calculer Arccos cos .
1 2 3 7
usuelles : 0, ± , ± ,± et ±1.
2 2 2 Exercice 7.1.8.
4
Résoudre l’équation Arcsin x = Arccos , d’incon-
5
Théorème 7.1.6. nue x ∈ [−1, 1].
Pour tout x ∈ [−1, 1],

sin(Arccos x) = cos(Arcsin x) Toujours faire attention aux signes des


p objets, et aux ensembles auxquels ils appar-
= 1 − x2 .
tiennent.

19
II - FONCTIONS USUELLES

Démonstration.
Proposition 7.1.9. Tout découle du tableau de variations de la tangente et
Pour tout x ∈ [−1, 1], on a Arcsin x + Arccos x = des théorèmes généraux précédents.
On a tan′ = 1 + tan2 , donc pour tout x ∈] − π/2, π/2[,
π/2.
tan′ (x) ⩾ 1. La dérivée de la tangente ne s’annule pas sur
] − π/2, π/2[, donc Arctan est dérivable sur R. Ensuite, si
Démonstration. x ∈ R,
Notons f : [−1, 1] → R, x 7→ Arcsin x + Arccos x. Il suffit
1 1 1
de montrer que f est constante sur [−1, 1], de valeur π/2. Arctan′ (x) = = = .
tan′ (Arctan x) 1 + tan2 (Arctan x) 1 + x2
Pour cela on peut vérifier les trois points suivants :
1. f est constante sur ] − 1, 1[. En effet, f est dérivable L’imparité s’obtient comme pour l’arc sinus.
sur ] − 1, 1[ et d’après ce qui précède sa dérivée est
nulle. Notons C sa valeur sur ] − 1, 1[.
2. f est constante sur [−1, 1]. En effet, on a ∀x ∈] −
1, 1[ f (x) = C, donc f admet une limite à droite en
tan
−1 et f (x) −−−−→ C. Or f est continue en −1 car
x→−1
x>−1 π y=x
Arcsin et Arccos le sont. Donc f (x) −−−−→ f (−1).
x→−1
x>−1
2
Donc f (−1) = C.
De même f (1) = C.
On a donc ∀x ∈ [−1, 1] f (x) = C. 0
3. La valeur de f sur [−1, 1] est π/2. En effet, en 0, f
vaut Arcsin 0 + Arccos 0, qui est égal à 0 + π/2. π
Arctan
2

7.2 Arctangente

La fonction tangente n’est pas bijective :


pour tout x ∈ R, il n’existe pas un unique t ∈ R
vérifiant x = tan(t).
Figure 18 – Fonctions tan et Arctan.
Définition 7.2.1 (Arc tangente).
π π
 
Pour tout x ∈ R, il existe un unique t ∈ − ,
2 2
tel que x = tan(t). On dit que ce t est l’arc
tangente de x (noté t = Arctan(x)). Proposition 7.2.3.
Plus formellement, la fonction tangente est bi- À nouveau, remarquer que tan ◦ Arctan = IdR ,
jective de ] − π/2, π/2[ sur R. Sa fonction réci- mais pas Arctan ◦ tan : ce n’est l’identité que sur
proque est appelée arctangente et noté Arctan ] − π/2, π/2[.
(parfois atan).
Exercice 7.2.4.
Résoudre l’équation Arctan(2x) + Arctan(3x) =
Proposition 7.2.2. π
.
La fonction arc tangente est continue sur R, dé- 4
1
rivable sur R de dérivée x 7→ , impaire Exercice 7.2.5.
1 + x2 Étudier la fonction
et strictement croissante. Son graphe est donné
figure 18 (noter les asymptotes). 1
 
f : x 7→ Arctan(x) + Arctan .
x

20
II - FONCTIONS USUELLES

7.3 Coordonnées polaires


2. Cosinus hyperbolique et on note ch l’applica-
Soit (x, y) un couple de coordonnées carté- tion
siennes d’un point M du plan. On veut un couple ch : R → R .
de coordonnées polaires de M . On cherche un tel e x + e −x
couple souspla forme (r, θ) avec r ⩾ 0 et θ ∈]−π, π[. x 7→
2
On a r = x2 + y 2 . On doit avoir x = r cos θ =
et y = r sin θ, donc cos θ = x/r et sin θ = y/r (on
écarte le cas r = 0, on dit par convention que
toutes les (0, θ) conviennent). Proposition 8.1.2. 1. La fonction ch est conti-
On distingue deux cas : nue et dérivable sur R et sa dérivée est sh.
De plus, ch est paire.
Premier cas y ⩾ 0. donc M appartient au demi-
plan supérieur, donc θ ∈ [0, π] et donc θ = 2. La fonction sh est continue et dérivable sur R
Arccos(x/r). et sa dérivée est ch. De plus, sh est impaire.

Second cas y < 0, alors θ ∈] − π, 0[, donc 3. Les graphes de ch et sh sont donnés dans la
−θ ∈]0, π[, donc −θ = Arccos(x/r), d’où figure 20.
θ = − Arccos(x/r). 4. ch + sh = exp.
5. ch2 − sh2 = 1.
Remarque 7.3.1.
On aurait aussi pu utiliser Arcsin en distinguant Démonstration. 1. On calcule ch′ , et ch(−x).
les cas x ⩾ 0 (θ = Arcsin(y/r)) et x < 0 (θ = 2. Idem.
π − Arcsin(y/r)). 3. On dresse le tableau de variations de signes / varia-
tions suivant (voir figure 19) , en partant du fait
Exemple 7.3.2. que, pour tout x ∈ R, ch(x) > 0. On rajoute :
Un
 couple de coordonnées polaires de (4, −3) est
4

5, − Arccos . x −∞ 0 +∞
5
Remarque 7.3.3. ch(x) +
Trouver le module et un argument d’un nombre
complexe est le même problème que de déterminer +∞
un couple de coordonnées polaires d’un point du
sh(x) 0
plan. Il se résout avec les mêmes méthodes.
−∞

8 Fonctions hyperboliques sh(x) − 0 +

8.1 ch, sh et th +∞ +∞
ch(x)
Définition 8.1.1. 1
On appelle :
1. Sinus hyperbolique et on note sh l’application Figure 19 – Variations de ch et de sh.

sh : R → R . ch(x) − sh(x) −−−−−→ 0, donc les graphes de ch et de


e x − e −x x→+∞
sh sont asymptotiques l’un de l’autre.
x 7→
2 4. Simple calcul.

21
II - FONCTIONS USUELLES

5. On factorise, en utilisant la parité de ch et l’imparité


de sh et le résultat précédent : pour tout x ∈ R, sh
, soit l’application
ch
ch2 (x) − sh2 (x) = (ch(x) + sh(x))(ch(x) − sh(x))
= (ch(x) + sh(x))(ch(−x) + sh(−x)) th : R → R .
= exp(x) exp(−x) e x − e −x
x 7→
= 1. e x + e −x

Remarque 8.1.3.
On a l’inégalité suivante : pour tout u ∈ R∗+ , Proposition 8.1.6.
La fonction th est continue et dérivable sur R et
1
u+ ⩾ 2, 1
u th′ = 1 − th2 = .
ch2
avec égalité si et seulement si u = 1. Cela permet De plus, th est impaire et, pour tout x ∈ R,
de retrouver que, pour tout x ∈ R, ch(x) ⩾ 1. −1 < th(x) < 1. Voir son graphe figure 21.
Exercice 8.1.4.
Démontrer l’inégalité précédente de deux manières Démonstration.
différentes. Par le calcul de ch − sh, on obtient que, pour tout
x ∈ R,
− ch(x) < sh(x) < ch(x)
ch et ch(x) > 0, donc th est bien définie et à valeurs
dans ] − 1, 1[. En tant que quotient de fonctions dé-
rivables dont le dénominateur ne s’annule pas, th
est dérivable. On dérive th facilement. Les limites
de th s’obtiennent aisément : on notera les deux
asymptotes horizontales à son graphe.
1

0 1
1 th 0

1
sh

Figure 21 – Fonction th.

Figure 20 – Fonctions ch et sh. Remarque 8.1.7.


Pourquoi fonctions «hyperboliques» et «circu-
laires» ? Car x2 + y 2 = 1 est l’équation du
cercle trigonométrique C , donc (x, y) ∈ C ssi
∃t ∈ R x = cos t et y = sin t.
Définition 8.1.5. De même, x2 − y 2 = 1 est l’équation de l’hyper-
On appelle Tangente hyperbolique et on note th = bole équilatère H d’asymptotes x = ±y. Donc
(x, y) ∈ H ssi ∃t ∈ R x = ch t et y = sh t.

22
II - FONCTIONS USUELLES

Remarque 8.1.8. Démonstration.


Toutes les formules de trigonométrie circulaire ont On raisonne par analyse-synthèse.
une analogue hyperbolique. Par exemple :
ch(a + b) = ch a ch b + sh a sh b,
Analyse : On suppose que l’on a g et h qui conviennent et
sh(a + b) = sh a ch b + ch a sh b. l’on essaie d’obtenir des informations dessus. Indice
: si x ∈ A, calculer f (x) + f (−x).
Ces formules ne sont pas à connaître.
On a en fait montré l’unicité de g et de h.
Remarque 8.1.9.
Les dérivées du sinus et du cosinus hyperboliques
en 0 donnent les limites suivantes, fort utiles : Synthèse : On vérifie que les fonctions trouvées dans la
phase d’analyse conviennent.
sh(x)
−−−→ 1, On a alors montré l’existence de g et de h.
x x→0
ch(x) − 1
−−−→ 0.
x x→0
On a remarqué que ch est paire, sh est impaire
et exp = ch + sh. Cela se généralise comme suit.
Exemple 8.1.11.
Définition 8.1.10. Les fonctions cosinus et sinus hyperboliques, sont
Soit A ⊂ R et f : A → R. Supposons que A est les parties paires et impaires de la fonction expo-
centré (∀x ∈ A, −x ∈ A). Alors, il existe deux nentielle.
uniques fonctions g : A → R et h : A → R
vérifiant : 8.2 Fonctions hyperboliques inverses
— g est paire ;
— h est impaire ;
— f = g + h. Elles sont hors-programme. :’(
On dit que g est la partie paire de f et h sa partie
impaire. Mais vous pouvez très bien les retrouver, ainsi
que leurs propriétés, en tant qu’exercice ! :)

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