C'est au XVIIIème siècle que l'allemand Christian Wolff utilise ce terme (jusqu'alors
très peu répandu) pour désigner l'étude "du moral et de l'intelligence",
indépendamment de celle de la "substance nerveuse" dans ses deux ouvrages
: psychologia empirica et psychologia rationalis (1732 - 1734). L'extension du
mot (et de la chose) est due à l'école dite "écossaise" : David Hume (1711 -
1776), James Mill (1773 - 1836), à l'école éclectique française et à Maine de Biran
: Le moi se caractérise par un effort en face du monde extérieur. Le fondement
de cet effort constitue la vie de l’esprit et aboutit à Dieu.
Le domaine de la psychologie couvre trois grands secteurs : “cognition”, la vie
affective, le domaine de l’aide et du conseil.
UIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII
IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII
1 - L’étude de ce que les spécialistes nomment la “cognition”, c’est-à-dire
toutes les fonctions psychiques qui nous servent à connaître notre
environnement : la perception, la mémoire, l’apprentissage, le langage et
l’intelligence.
2 - Le second grand thème d’étude concerne la vie affective : les motivations,
la personnalité, les émotions et les relations humaines.
3 - Enfin, la psychologie est aussi le domaine de l’aide et du conseil. Dès ses
origines, la psychologie s’est voulue “une médecine de l’âme”.
La psychologie sociale est définie comme la discipline qui traite “des
interactions entre individu et société”.
DE LA THÉORIE À L’EXPÉRIMENTATION.
- Gabriel Tarde (1843 - 1904), est le théoricien de l’imitation.
L’imitation est le mécanisme par lequel les individus s’influencent
réciproquement et aussi par lequel les idées et les mœurs se répandent
dans la société.
Gustave le Bon (1841 - 1931) a élaboré une psychologie des foules (1895),
il pensait que les masses pouvaient être aisément manipulées et fanatisées par
des meneurs.
Wilhelm Wundt (1832 - 1920) est généralement considéré comme le
fondateur de la psychologie expérimentale puisqu’il a créé le premier laboratoire
d’expérimentation en psychologie en 1789. Il a consacré une grande partie de
ses travaux à fonder une “psychologie des peuples” ou “volkerpsychologie”,
qui peut être tenu pour une des formes de psychologie sociale.
- Georges H. Mead (1863 - 1931) s’est intéressé à la formation de l’identité
individuelle, le “soi”, qu’il conçoit comme une construction progressive produite
par l’interaction avec autrui.
Les échanges interindividuelles
KURT LEWIN ET LA DYNAMIQUE DES GROUPES
Pour Kurt Lewin, les comportements individuels ne peuvent pas se concevoir
indépendamment du contexte dans lequel ils se situent.
La dynamique des groupes.
Une expérience célèbre, réalisée à la fin des années 30 par Kurt Lewin et ses
collaborateurs Ronald Lippit et Robert White, a porté sur les styles de leadership
au sein d’un groupe.
L’expérience consiste à former trois groupes de garçons âgés de dix / onze ans.
Les groupes sont dirigés respectivement par :
- un leader de style autoritaire (il est directif, n’écoute pas les suggestions du
groupe et prend les décisions seul) ;
- un leader de style démocratique (qui écoute le groupe, propose plus qu’il ne
commande, suscite l’accord et l’adhésion du groupe) ;
- et enfin un leader de style “laisser faire” (qui intervient très peu, se
contentant au besoin de donner des conseils).
Les chercheurs s’attendaient à ce que, confronté à une même tâche que les
autres, le style “démocratique” soit le plus performant. En fait, les résultats
furent beaucoup plus contrastés. Le style autoritaire semble aussi efficace que le
style démocratique pour accomplir une tâche confiée au groupe.
Le style “laisser-faire” est moins performant. En revanche, dans le groupe
démocratique, la satisfaction est la plus grande. Lorsque le leader est absent, le
groupe à direction “démocratique” s’avère plus performant alors que l’efficacité
du groupe de style autoritaire s’effondre avec la disparition du chef.
III - 1 - Psychologie sociale et psychologie
Il ne paraît pourtant pas impossible de marquer les frontières entre la
psychologie générale et la psychologie sociale, à la fois au point de vue des
domaines, des méthodes et de l’esprit.
- La psychologie sociale laisse à peu près totalement de côté tout ce qui concerne
les problèmes psychophysiques et surtout psychophysiologiques.
- Au point des méthodes, c’est dans le cadre de la psychologie sociale que
beaucoup de méthodes de recherche sont nées : échelles d’attitudes,
construction, cotation, analyse hiérarchique, enquêtes représentatives, étude des
panels, analyses sociométriques, technique de l’analyse de la communication
sociale et de l’information, interview non dirigé, etc.
III - 2 - Psychologie sociale, science politique, sociologie et
anthropologie.
III - 2 - Psychologie sociale, science politique, sociologie et
anthropologie.
En psychologie sociale, l’entité étudiée est l’individu en tant qu’acteur, ou encore
le petit groupe. La question principale est de savoir comment l’individu mène ses
relations avec les autres. Par opposition, le point de mire des études en
sociologie et en sciences politiques est la grande institution ou le groupe (par
exemple, l’Assemblée nationale, la coalition YAW, la profession médicale ou le
système d’éducation).
2 - La base de l’explication.
En psychologie sociale, les processus intérieurs de l’individu constituent le centre
d’intérêt principal. Les psychologues sociaux expliquent les conduites humaines
par les pensées, les émotions, attitudes et d’autres processus intérieurs. Les
sociologues et les politologues n’utilisent généralement pas de tels concepts
psychologiques pour expliquer le comportement d’un groupe.
La notion d’identité renvoie à trois acceptions dans le langage courant :
• premièrement, à la similitude, ressemblance ou à la correspondance ;
• deuxièmement, à la permanence ;
• troisièmement à l’identification ;
• La définition psychologique donnée par les dictionnaires du langage
commun est la suivante : “la conviction d’un individu d’appartenir à
un groupe social ; reposant sur le sentiment d’une communauté
géographique, linguistique, culturel et entraînant certains
comportements spécifiques”.
• Pour certains psychologues et psychanalystes, l’identité est d’abord le
“sentiment subjectif et tonique d’une unité personnelle et d’une
continuité temporelle” (Erikson, 1972), le principe qui donne cohérence
à la multiplicité des expériences sociales de l’individu.
Ainsi le célèbre théorème de Thomas, principe de la prédiction créatrice,
selon lequel “quand les hommes considèrent certaines situations comme
réelles, elles sont réelles dans leurs conséquences” et suivant lequel, se
réalise “un modelage de l’individu sur l’image qu’en ont les autres et la
définition qu’ils en donnent”
Goffman appelle les identités sociales “virtuelles” des individus ainsi définis.
Jean Stoetzel, “la déviance n’est pas hors culture mais est un au-dehors
qui est au-dedans”.
La déviance est en ce sens “une propriété non du comportement lui-même,
mais de l’interaction entre la personne qui commet l’acte et celles qui
réagissent à cet acte”. Elle est “le produit d’une transaction effectuée
entre un groupe social et un individu qui, aux yeux du groupe, a
transgressé une norme”.
L’exemple développé par H. Becker (1985, p. 25) montre comment se façonnent
des identités déviantes.
Pour J.M. Berthelot, il y a dans le terme de socialisation un “implicite
sémantique”, une espèce de ligne de force qui se jouerait autour de deux
noyaux de sens.
Le premier c’est l’idée de transformation qui, dans toutes les acceptions du
mot socialisation dans la langue, se manifeste par ce fait que chaque fois, on
désigne le passage d’un état à un autre : d’un état de nature à un état de
culture, d’un état de pré-éducation à un état d’éducation, d’un mode
d’appropriation à un autre mode d’appropriation... L’idée de socialisation connote
bien celle de transformation, de passage, de changement. Elle connote donc, par
implication, celle de temporalité et celle d’histoire.
Deuxième ligne de force : l’idée de sens. En fait lorsque que l’on voit les
diverses modalités de transformation, de passage, on se rend compte que ce qui
se joue là, ce n’est pas de la production matérielle, c’est de l’affectation de sens,
de l’inscription dans un lieu de sens, de l’insertion dans des contextes de
signification.
I - le concept en psychosociologie et en anthropologie culturelle.
La socialisation est la production sociale de l’individu, c’est-à-dire le processus
par lequel un être humain apprend le mode de vie de sa société, acquiert une
personnalité et développe ses capacités à fonctionner à la fois comme membre
d’un groupe et comme individu.
Pour P. Berger et T. Luckmann dans “la construction sociale de la réalité”,
Sociétés, Méridiens Klincksieck, 1986, la socialisation est divisée en socialisation
primaire et secondaire.
La socialisation primaire est “la première socialisation que
l’individu subit dans son enfance, grâce à laquelle il devient
membre de la société”.
La socialisation secondaire est “l’incorporation de sous mondes
constitués”.
Le rôle se définit comme “l’ensemble des attentes qui règlent le
comportement d’un individu dans un statut social déterminé”.
Le statut indique la place occupée par l’individu dans un ensemble
de relations, le rôle renvoie au comportement attendu par les autres,
alors que le statut précise la position sociale qu’à un individu dans un
groupe.
De la culture en générale E.B. Tylor (1871) a donné une définition qui a
conservé une valeur canonique : "ensemble complexe incluant les
savoirs, les croyances, l'art, les mœurs, le droit, les coutumes,
ainsi que toute disposition ou usage acquis par l'homme vivant en
société".
La culture est ainsi quelque chose dont l'existence est inhérente à la
condition humaine collective, elle en est "un attribut distinctif", une
caractéristique universelle, la culture s'opposant à cet égard à la nature.
Il n’existe qu’un seul genre humain, différent de tout le reste du genre
animal dont les caractéristiques sont le langage, la pensée, la
technique, la vie en société.
Pour Tylor la civilisation est une plante qui se répand plus souvent qu'elle
ne se développe
L’habitus est un système de dispositions socialement constitué. Lorsqu’il
est mis en œuvre il est traductible en capital. Un individu dispose de
quatre formes de capitaux (économique, social, culturel et symbolique) qui
constituent son patrimoine.
Le capital économique c’est à la fois l’ensemble des moyens et
modalités d’acquisition des biens matériels actuellement disponibles et
susceptibles d’être utilisés en situation de rareté relative dans la logique
du profit maximal, la notion même de profit pouvant ne pas se réduire à la
signification que lui attribue le champ économique.
Le capital social est l’ensemble des moyens et des avantages liés à la
position de la famille dans la structure sociale.
Le capital culturel est l’ensemble des études faites et des diplômes
possédés qualifiés selon leur rang dans la hiérarchie scolaire ainsi que le
résultat des pratiques de consommation de la culture non scolaire.
Le capital symbolique sert à désigner l’ensemble et les modalités
d’acquisition, d’entretien et d’utilisation des moyens auxquels on recourt
pour avoir confiance à soi et notoriété.
L’ensemble interrelié de ces différents formes de capitaux possédés et son
poids défini moins par sa relation aux autres constitue ce qu’on appelle la
structure du patrimoine.
La notion de champ est défini comme “un espace social spécifique
constitué de relations objectives entre des positions dont les
propriétés... peuvent être analysées indépendamment des
caractéristiques de leurs occupants”. Chaque champ (religieux,
politique ou artistique) obéit à une logique qui lui est propre ; sa structure
témoigne du rapport de force entre les différentes composantes.
La dimension interrelationnelle renvoie à l’interaction entre deux ou
plusieurs cultures. Cela renvoie aux phénomènes suivants
Acculturation, déculturation) Lorsque deux groupes sont en contact leurs
deux cultures interagissent et nous avons des situations d’acculturation/
Le concept de déculturation permet de rendre compte du processus qui
consiste à détacher les matériaux de culture de leur matrice qui leur
donnait un sens. C’est un processus de désinvestissement social non
seulement de la culture, et qui a pour corollaire un appauvrissement de la
personnalité.
pluriculturalité : D’abord il y a les acquis du culturalisme ensuite il désigne
le fait que plusieurs cultures cohabitent comme le multiculturalisme.
Multiculturalité : Le multiculturalisme désigne l’ensemble des doctrines
politiques et philosophiques qui soutiennent que, dans un esprit de justice
sociale et de tolérance, les cultures particulières à un groupe social
doivent accéder à une reconnaissance publique.
Transculturalité : Lorsque des éléments culturels passent d’une culture à
une autre. La gastronomie en est un exemple patent. Le yassa poulet
devient de plus en plus international.
Métaculturalité : Cette notion met en avant la compréhension de la culture
de l’autre
De façon plus précise, on désignera par RS le savoir du sens commun,
socialement élaboré et partagé, construit pour et par la pratique et qui
concourt à la structuration de notre réalité.
Le concept de catégorisation désigne une activité mentale qui consiste à
organiser et à ranger les informations de l’environnement.
Les objets sont ainsi classés par catégorie, selon leur ressemblance.
Les catégories sont organisées hiérarchiquement.
Les catégories sont représentées par un élément typique.
Plus un élément possède un score de ressemblance familiale élevé, plus il
sera jugé représentatif de sa catégorie.
Plus un élément est représentatif de sa catégorie, plus il sera traité
rapidement et facilement dans une tâche de classification.
Le processus de catégorisation repose sur une simplification de la réalité
qui consiste à accentuer les ressemblances entre les éléments d’une
même catégorie, et accentuer les différences entre les catégories.
Le contenu des catégories n’est pas stable : il est le produit d’une
perception et dépend du contexte.
La catégorisation sociale est étudiée selon deux aspects : le produit et le
processus
Le produit de la catégorisation correspond aux groupes sociaux, formés
parce que les individus partagent des traits en commun (âge, sexe,
culture, etc.) Il étudie les critères qui fondent l’appartenance catégorielle,
l’organisation des traits spécifiques à chaque catégorie, ainsi que les
relations existant entre les catégories
Le processus de la catégorisation sociale étudie les opérations mentales
(identification, reconnaissance, classement, mémorisation, etc.) utilisées
pour recourir à une catégorisation
Selon un modèle canonique, la communication est la transmission d’une
information d’un émetteur (A) à un récepteur (B) par le biais d’un canal (C)…
I – Le message est souvent équivoque.
II - La force du canal.
III – le récepteur n’est jamais passif.