Syllabus Chimie Generale Bac 1
Syllabus Chimie Generale Bac 1
UNIVERSITE FACULTE
DE POLYTECHNIQ
LUBUMBASHI UE
Par
Prof. Dr. Jean Marie KANDA
Msc. Ir. Lens RAMAZANI
Ass. Ir. Serge KATUFU
Msc.Ir. John KASONGO
4.1 INTRODUCTION...........................................................................................................45
4.2 DÉFINITIONS.............................................................................................................. 45
4.2.1 Notion de système thermodynamique...............................................................45
4.2.2 Variables d'état..................................................................................................46
4.2.3 Variables extensives, intensives.........................................................................47
4.2.4 Fonctions d’états................................................................................................47
4.2.5 État standard de référence d'une substance......................................................48
4.3 PREMIER PRINCIPE DE LA THERMODYNAMIQUE : ÉNERGIE INTERNE ET ENTHALPIE APPLICATION AUX
TRANSFORMATIONS THERMOMÉCANIQUES..................................................................................48
4.3.1 Conservation de l'énergie...................................................................................48
4.3.2 Energie interne...................................................................................................49
4.3.3 Enthalpie............................................................................................................ 51
4.3.4 Détermination expérimentale des énergies de réaction....................................52
4.3.5 Enthalpies de réaction et de formation.............................................................53
CHAPITRE 5 EQUILIBRES CHIMIQUES.............................................................................56
5.1 INTRODUCTION...........................................................................................................56
5.1.1 Réaction totale...................................................................................................56
5.1.2 Réactions équilibrées..........................................................................................57
5.2 EVOLUTION SPONTANÉE D'UN SYSTÈME – APPROCHE THERMODYNAMIQUE............................58
5.2.1 Deuxième principe et notion d’Entropie S...........................................................58
5.2.2 Interprétation statistique de la fonction entropie..............................................58
5.2.3 Evaluation de la variation d’entropie dans quelques cas simples.......................61
5.3 ENTROPIE DES CORPS PURS À ZÉRO KELVIN (K) : TROISIÈME PRINCIPE DE LA THERMODYNAMIQUE
61
5.3.1 Troisieme principe..............................................................................................61
5.3.2 Entropie molaire absolue...................................................................................61
5.3.3 Enthalpie libre G.................................................................................................61
5.4 LOI ACTION DE MASSE..................................................................................................62
5.4.1 Constante d'équilibre.........................................................................................62
5.4.2 Lois de déplacement des équilibres - Principe de Le Chatelier............................65
CHAPITRE 6 CINÉTIQUE CHIMIQUE................................................................................68
6.1 INTRODUCTION...........................................................................................................68
6.2 VITESSE DE LA RÉACTION..............................................................................................68
6.2.1 Vitesse moyenne – vitesse instantanée..............................................................69
6.2.2 Vitesse spécifique (volumique)...........................................................................69
6.3 LOI DE VITESSE........................................................................................................... 71
6.3.1 Détermination des ordres partiels......................................................................71
6.3.2 Détermination de la vitesse de réaction.............................................................72
6.3.3 Relation concentration/temps : équation cinétique intégrée.............................72
6.4 FACTEURS CINÉTIQUES.................................................................................................75
6.4.1 Loi d’Arrhenius................................................................................................... 76
CHAPITRE 7 EQUILIBRE ACIDE BASE...............................................................................77
7.1 THÉORIE DE BRØNSTED-LOWRY.....................................................................................77
7.2 EAU AMPHIPROTIQUE..................................................................................................77
Tables des matières P a g e | III
Engagements pédagogiques
Crédits : 5 crédits ;
Langue d’enseignement : Français
Acquis d'apprentissage : à l’issue du cours de chimie générale l’étudiant devra
connaitre :
Méthodes d’enseignement :
Modes d’évaluation
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Engagements pédagogiques P a g e | VI
Références bibliographiques
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Engagements pédagogiques P a g e | VII
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Chapitre 1 Généralités sur la matière Page |1
La chimie est une science qui a pour objet l'étude de la matière et de ses transformations. Dans
cette optique le chimiste effectue des expériences dans lesquelles il analyse les produits obtenus
au cours de réactions. Par ces expériences, il découvre le comportement de la matière qu'il
cherchera ensuite à expliquer et à comprendre . Des résultats de ses expériences, le chimiste
dégage des lois générales. L'analyse de ces lois l'amène à formuler des hypothèses qui
débouchent ainsi sur une théorie. La compréhension du comportement de la matière permettra
par la suite aux chimistes de prévoir si une réaction est possible ou non; quand elle est
possible; pourquoi elle est possible; comment elle est possible. Un exemple de cette démarche
scientifique, que nous examinerons dans le cours, est fourni par le développement de la théorie
atomique et moléculaire (Rosenberg, 1983).
Intérêt de la chimie
Satisfaire aux questions relatives à la description du monde qui nous entoure.
Prévoir des propriétés de substance n’existant pas forcément des transformations qui se
font, ou pas.
Produire les corps et les matériaux qui changent notre environnement.
1.2 Généralités sur la matière
Une simple observation d'un échantillon de matière nous apprend qu'elle peut se présenter
dans différents états.
1.2.1 Trois états de la matière
L'état solide est caractérisé par 1'existence d'une forme propre c'est-à-dire
que les solides possèdent une certaine rigidité (un caillou, un morceau de
sucre ne se déforment pas et ils conservent la même forme à moins de leur
faire subir des traitements physiques de concassage ou autre). D'autre part, les solides
sont dans un état condensé : leur masse volumique ρ, c'est-à-dire
la masse de l’unité de volume de la substance considérée, est en général de
l'ordre de plusieurs milliers de kg par mètre cube (ou de plusieurs g/cm3).
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Chapitre 1 Généralités sur la matière Page |2
L'état liquide possède des propriétés intermédiaires entre les deux états
précédents. Comme les solides, les liquides sont dans un état condensé ; leur
masse volumique est du même ordre de grandeur. Mais ils constituent un
état fluide, c'est-à-dire déformable. Les liquides n'ont pas de forme propre, ils prennent
celle du récipient qui les contient mais ils ne sont pas expansibles comme les gaz.
Comme pour ceux-ci par contre, leur coefficient de dilatation α, sous 1'effet de la chaleur est de
l'ordre de 10-3 T-3. Mais leur compressibilité est sensiblement la même que celle des solides, c'est-
à-dire pratiquement nulle. On peut résumer ces propriétés dans le tableau suivant dans lequel on
souligne par des grisés ce qui est commun à deux états (Rosenberg, 1983) :
Les trois états de la matière qui viennent d'être définis sont les états fondamentaux. II existe des
états intermédiaires entre l'état solide et 1'état liquide. Les verres, par exemple, malgré leur
apparence de dureté et de rigidité sont des intermédiaires entre solides et liquides : les verres «
coulent ». Ainsi, dans les monuments très anciens, les vitres sont plus épaisses à leur base qu'à leur
sommet. Les « cristaux liquides » font partie également de ces états intermédiaires et on sait
l'importance très grande qu'ils ont prise par leurs nombreuses applications dans l'industrie
électronique ou autre. Le plasma, gaz partiellement ou totalement ionisé. Ce type de milieu
constitue le quatrième état de la matière après l’état solide, l’état liquide et l’état gazeux.
1.2.3 Changements d'état
Une substance matérielle peut se trouver dans l'un ou l'autre de ces états suivant les conditions
de température et de pression auxquelles elle est soumise. Elle passera d'un état à l'autre en
modifiant ces conditions. Ainsi, par un abaissement de la température, l'eau liquide se transforme
en un solide, la glace, au cours d'un changement de phase. Ce phénomène est inversible. Il
s'observe également lorsque de l'eau et du sel sont mélangés, mais dans ce cas, la transition de la
phase liquide vers la phase solide s'observera à une température plus basse.
Dans la suite de ce paragraphe on se considèrera à pression constante si bien que seule la
température sera choisie comme variable.
Tf : température de fusion;
Téb : température d'ébullition
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Chapitre 1 Généralités sur la matière Page |3
Chaque passage d'un état à l'autre est caractérisé par une chaleur latente de changement d'état
toujours positive (c'est-à-dire régie par le système) quand on passe du solide au liquide et du
liquide au gaz. Chaque changement d'état porte un nom spécifique qui est rappelé dans la figure
suivante :
Il convient donc de distinguer différents types d'échantillons de matière suivant qu'ils sont
constitués d'une ou plusieurs substances pures, chaque substance pure ayant une nature chimique
déterminée. Le chimiste utilise très fréquemment le mot corps pour désigner un échantillon de
matière de nature chimique déterminée. Il le désigne sous le nom de "corps pur" et lui associe un
nom défini. L'eau, le fer, l'acide acétique sont des corps purs (Arnaud, 2002).
1.2.4 Mélanges
1.2.4.1 Types de mélanges
La matière se présente à nous le plus généralement sous forme de mélanges. Les mélanges sont
des échantillons de matière constitués de plusieurs "corps purs". L'air, les jus de fruits, l'eau salée
sont des mélanges. L'observation montre que les gaz se mélangent spontanément, ils sont
miscibles. De même, certains liquides sont miscibles (l'eau et l'alcool par exemple); certains
solides peuvent se dissoudre dans des liquides (le sucre se dissout dans l'eau). Nous obtenons ainsi
à partir de deux corps purs, une seule phase homogène.
Un mélange est dit homogène si aucune variation de propriétés physiques ou chimiques ne peut
être décelée lorsqu'on passe d'un point à un autre du domaine d'espace qu'il occupe. Ainsi de
l'huile, du vin... sont des mélanges homogènes.
Ces "mélanges homogènes" sont désignés sous le nom de solution. Le plus souvent il s'agira
de solutions liquides, bien qu'il existe également des solutions solides. On pourra extraire de ce
mélange les corps purs, au moyen de techniques de séparation. Dans le cas d'une solution d'eau
salée, après évaporation de l'eau, on retrouve le sel inaltéré.
Par ailleurs, d'autres liquides tels l'eau et l'huile, ne se mélangent pas. Dans ce cas, on verra
apparaître deux phases distinctes séparées par une interface. Des corps qui ne se mélangent pas
constituent un mélange hétérogène.
Un mélange est dit hétérogène si, en passant d'un point à un autre, des variations discontinues de
propriétés peuvent être observées; du sable, un morceau de granit, du chocolat aux noisettes, de la
vinaigrette... sont des mélanges hétérogènes. Un mélange hétérogène peut aussi être considéré
comme la juxtaposition de mélanges homogènes.
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Chapitre 1 Généralités sur la matière Page |4
II convient de remarquer que le concept d'homogénéité, comme celui d'hétérogénéité, dépend non
seulement de nos moyens d'observations mais aussi du type de problème posé. Du lait, par
exemple, est un mélange hétérogène pour 1'exploitant d'une laiterie car il en sépare les différents
constituants mais, pour l'ingénieur qui étudie les moyens de transport du lait dans 1'entreprise, il
sera considéré comme un mélange homogène. Un tas de sable vu à 100 mètres est, pour
1'observateur, un mélange homogène.
Remarque - On pourrait facilement, chez soi, réaliser une expérience montrant l’hétérogénéité du
lait. II suffit de prendre un verre de lait et d'y presser un peu de citron ou encore y mettre du
vinaigre. Le lait se coagule, c'est-à-dire que les minuscules particules de caséine et des autres
protéines du lait qui sont en suspension dans le lait se rassemblent en une masse qui se sépare de
la phase aqueuse (coagulation).
Le concept de phase est utilisé pour caractériser un mélange hétérogène. C'est dans un mélange
hétérogène, l’ensemble des domaines homogènes de même composition chimique et de mêmes
propriétés physiques. On peut distinguer différents types de mélanges hétérogènes selon l'état de
la phase dispersante (continue) et de la phase dispersée (discontinue). Dans le lait, la phase
dispersante est la phase aqueuse (sels minéraux, lactose...) et la phase dispersée est la phase grasse
(sphères de graisses de 1,5 à 10 µ).
1.2.4.2 Séparation des mélanges
La séparation des différents composés chimiques constituant un mélange homogène ou
hétérogène sans altérer leur nature chimique constitue ce qu’on appelle Analyse immédiate. Ces
procédés de séparation sont basés sur les différences des propriétés physiques présentées par ces
constituants.
Cette analyse immédiate constitue un secteur extrêmement important de l'activité industrielle.
Schématiquement on a:
Ces méthodes de séparation peuvent se faire avec ou sans modification de l’état physique.
Séparation sans modification de l’état physique
Mélanges solide liquides :
Filtration : consiste à forcer le liquide à passer à travers une paroi poreuse et à retenir
les solides.
Décantation : basée sur la différence de densité. Les solides, plus denses, tombent au fond
sous l’effet de leur propre poids.
Centrifugation : lorsque les particules solides sont petites ou lorsque la densité est proche
de celle du liquide, la décantation devient lente voire impossible. On accélère la
séparation en soumettant des particules solides à une force centrifuge.
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Chapitre 1 Généralités sur la matière Page |5
Mélanges solide-solide
Ces procédés peuvent servir à séparer des solides entre eux ou les solides de liquides.
II n'est qu’à évoquer toute l'activité extractive ou celle de la séparation du pétrole brut pour s'en
convaincre. Plus haut l'exemple de l'industrie laitière a été donné. Dans le schéma ci-dessous, sont
indiqués les noms donnés couramment à un certain nombre de mélanges hétérogènes ou
homogènes. Horizontalement, c'est la phase dispersante, verticalement la phase dispersée. Par
exemple, dans une fumée, la phase dispersante est un gaz, celle dispersée un solide (Arnaud, 2002).
La réaction chimique est un processus de transformation au cours duquel des "corps purs"
mélangés se transforment et produisent de nouveaux "corps purs". Les corps de départ sont
appelés les réactifs (on dit parfois réactants). Les corps obtenus par transformation sont appelés les
produits de réaction. Une réaction chimique ne peut se produire que si les "réactifs" sont
mélangés, c'est-à-dire lorsque les corps entrent en contact. Lorsque la réaction se produit, elle
s'accompagne généralement de signes observables tels que: un dégagement ou une absorption
de chaleur; une apparition ou une modification d'une couleur, d'une odeur, l'apparition d'un corps
nouveau, le dégagement d'un gaz,….
Tous les corps, lorsqu'on les mélange, ne donnent pas lieu à une réaction chimique. Par ailleurs
toutes les réactions chimiques ne se déroulent pas à la même vitesse. Il y en a de très rapides, une
explosion par exemple; il y en a de très lentes, par exemple la formation de la rouille sur une
pièce en fer. Ces différents aspects seront abordés successivement dans les divers chapitres
du cours, mais nous commencerons par examiner les aspects liés à la structure de la matière.
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Chapitre 1 Généralités sur la matière Page |7
Parmi les réactions possibles, il existe des réactions de décomposition. Ces réactions se
produisent par exemple lorsqu'un corps pur est soumis à une augmentation de la température, ou à
un courant électrique. Dans ce cas, le réactif est unique, mais plusieurs produits de décomposition
peuvent apparaître. C'est le cas de l'eau soumise à un courant électrique lors de l'électrolyse.
Cette électrolyse produit deux corps purs différents, appelés hydrogène et oxygène (pour être
précis, on les désignera aujourd’hui par dihydrogène et dioxygène) . Nous en concluons que le
corps pur "eau" est en réalité dissociable en deux corps purs plus simples. Il faudra donc
distinguer parmi les corps purs deux catégories de corps:
Ceux qui ne peuvent être décomposés. Ils sont appelés corps simples.
Ceux qui peuvent être décomposés en d'autres corps purs. Ils sont appelés corps composés.
On appelle solubilité d’une substance dans un solvant, à une température donnée, la quantité
maximale de cette substance qu’on peut dissoudre dans ce solvant.
En général, la solubilité change avec la température ; pour la plupart des solutés solides, la
solubilité augmente avec la température. Les solutions les plus fréquentes sont les solutions
liquides, mais il y en a aussi solides et gazeuses.
Exemples: solide dans liquide (l’eau sucrée) gaz dans liquide (ammoniac
dans l’eau) gaz dans gaz (l’air) solide dans solide(les alliages).
On appelle concentration d’une solution la quantité de soluté dissous dans une quantité
déterminée de solvant.
Solution concentrée est celle qui contient une grande proportion de soluté
Solution diluée est celle qui contient peu de soluté
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Chapitre 1 Généralités sur la matière Page |8
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Chapitre 2 Atomistique Page |9
Chapitre 2 Atomistique
2.1 Introduction
La chimie est la science de la matière et de sa transformation. La matière est donc formée à partir
de grains élémentaires (les atomes) qui ont été découverts et chacun d'eux est désigné par son
nom et son symbole. Exemple : Carbone : C ; Azote : N.
Les atomes diffèrent par leurs structures et leurs masses, et sont eux même fragmentés en petites
particules : les électrons, les protons et les neutrons. En fait, l'atome n'existe pas souvent à l'état
libre, il s'associe avec d'autres pour former des molécules. On a des molécules monoatomiques :
gaz rares ( He, Ne, Ar,…), diatomiques (H2, O2, NaCl,…) et des molécules polyatomiques (H2O,
H2SO4,…).
Au cours de ce chapitre nous étudierons les « briques élémentaires » de la matière : les atomes.
Concepts-clés :
Atome: Partie la plus petite d’un élément à pouvoir faire partie d’une réaction chimique.
Configuration électronique: Agencement de couches contenant des électrons, en ordre
d’énergie croissante.
Électron: Particule sub-atomique tendant à s’éloigner de l’électrode négative lorsqu’une
décharge électrique passe à travers un gaz atténué.
Élément: Substance fondamentale qu’il est impossible de séparer chimiquement en
d’autres substances plus simples (p. ex. oxygène, chlore, phosphore, etc...).
Groupe (ou famille): Colonne verticale du tableau périodique.
Isotopes: Atomes d’un même élément, partageant le même nombre de protons mais dont
le nombre de neutrons diffère.
Loi des proportions multiples: Lorsqu’en présence de deux échantillons de composés
différents mais formés des mêmes deux éléments, si les masses de l’un des deux éléments
est la même dans les deux échantillons, les masses de l’autre élément seront reliés par un
facteur x, où x est entier et petit.
Masse atomique: Moyenne pondérée de la masse de chacun des isotopes d’un élément.
Nombre de masse: Somme des protons et des neutrons d’un atome.
Numéro atomique: Nombre de protons contenus dans un atome.
Période: Ligne horizontale du tableau périodique.
Tableau périodique: Tableau qui permet de regrouper et organiser les éléments de façon à
mettre en évidence un grand nombre d’informations.
2.2 Structure de l’atome.
L'atome est un ensemble électriquement neutre comportant une partie centrale, le noyau (protons
+ neutrons), où est centrée pratiquement toute sa masse, et autour duquel se trouvent des
électrons.
a. Le noyau
Le noyau renferme deux types de particules massives (ou baryons) :
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 10
Comme le montre ce tableau, la masse est principalement contenue dans le noyau et le volume de
l’atome est principalement dû à la taille du cortège électronique (Atkins et Jones, 2011).
Z est appelé numéro atomique ou nombre de charge, il désigne le nombre de protons (c'est aussi le
nombre d'électrons pour un atome neutre).Pour un élément quelconque, la charge du noyau
(protons) est +Ze. De même la charge des électrons sera -Ze.
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 11
Des nucléides ayant le même nombre de protons (même Z) correspondent au même élément. Ils
portent le même nom (Arnaud, 2002).
2.2.1.2 Isotopes
Ce sont des atomes de même numéro atomique Z et de nombre de masse A différent. Un élément
peut avoir un ou plusieurs isotopes. Il n'est pas possible de les séparer par des réactions chimiques,
par contre cela peut être réalisé en utilisant des techniques physiques notamment la spectroscopie
de masse.
L'utilisation de cette unité n'est pas commode, des unités chimiques plus faciles à manipuler ont
donc été choisies ; le terme de référence étant le carbone 12.
1
Par définition, l'unité de masse atomique qu'on note u.m.a est le de la masse d'un atome de
12
12
carbone 12 ( 6C ).
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 12
Les molécules peuvent avoir des masses moléculaires (relatives) très importantes. Alors que
les composés courants ont une masse de quelques dizaines ou centaines d'unités, on trouvera par
exemple des masses moléculaires dépassant le million pour des polymères ou des protéines. On
parle dans ce cas de macromolécules.
2.2.2 Découverte de l'électron
Lorsqu'on établit une forte différence de potentiel (10.000 V) entre deux électrodes métalliques
placées aux extrémités d'une ampoule en verre contenant un gaz et dans lequel on peut abaisser
la pression (tube de Crookes), on observe divers phénomènes (Atkins et jones, 2011).
A pression atmosphérique, le courant ne passe pas. Le gaz n'est donc pas conducteur
d'électricité
Pour une pression comprise entre 0,1 et 0,01 atmosphère, le gaz devient luminescent.
Pour une pression inférieure à 0,01 atmosphère, le verre de l'ampoule opposé à l'électrode
négative (la cathode) devient fluorescent. Cette fluorescence s'interprète comme le résultat
de l'impact de rayons provenant de la cathode, ce sont les rayons cathodiques.
Si on place une hélice sur le trajet des rayons, cette hélice entre en mouvement. Cette
expérience montre que le rayonnement cathodique est en réalité un flux de particules
capables par leur impact de communiquer un mouvement à un objet. Ces particules ont
donc une masse.
Si on place l'ampoule dans un champ magnétique ou électrique, le flux de particules est
dévié. Cette déviation montre que ces particules sont dotées d'une charge négative.
Ce comportement ne dépend pas de la nature du gaz introduit dans l'ampoule.
Ce comportement ne dépend pas de la nature du métal servant de cathode.
Toutes ces observations montrent clairement que nous sommes en présence d'une nouvelle
particule, constituant universel de la matière, émise par la cathode. Cette particule est appelée
électron.
2.2.3 Structure électronique de l’atome
Dans la première partie, nous avons vu apparaître l'atome et toute la complexité de sa structure,
nous allons maintenant détailler un aspect fondamental pour la chimie moderne : la
structure électronique des atomes. Les réactions chimiques, au cours du réarrangement de
structure qui s'y produit, n'entraînent pas de modification dans la structure des noyaux, ce n'est
donc pas cette structure qui doit nous préoccuper d'abord. Par contre, si les atomes s'unissent
pour former des molécules, il faut bien qu'il y ait un ciment qui assure la cohésion de l'édifice
moléculaire. Ce ciment est formé par le nuage électronique, par les électrons qui "gravitent" autour
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 13
des noyaux. Il est donc indispensable de comprendre le comportement des électrons dans la
matière, et à commencer, par leur comportement dans l'atome (Arnaud, 2002).
La vitesse de propagation de l'onde électromagnétique dans le vide est une constante universelle
qui vaut c = 2,997925.108 m.s-1.
La fréquence et la longueur d'onde peuvent donc prendre toutes les valeurs liées par cette
relation. Autrement dit, il suffit de connaître l'une pour en déduire l'autre.
L'ensemble de ces valeurs constitue le spectre du rayonnement électromagnétique à l'intérieur
duquel on distingue des domaines particuliers, dont le domaine visible. Ceux-ci sont précisés ci-
dessous.
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 14
On constate aussi que le rayonnement peut chauffer un liquide, provoquer une réaction
chimique, ioniser de la matière. Ce rayonnement électromagnétique contient une forme d'énergie
en mouvement.
La relation qui exprime l'énergie de l'onde électromagnétique est simple, elle lie énergie et
fréquence et s'écrit:
Une dernière grandeur intéressante est l'amplitude de l'onde, c'est-à-dire la valeur au maximum
du champ électromagnétique. L'intensité de l'onde, grandeur qui sera mesurée par les détecteurs,
est liée au carré de l'amplitude.
Ces raies portent les noms des physiciens qui les ont étudiées. Lyman, Balmer, Paschen…
Notons qu'en modifiant le schéma expérimental, on peut obtenir un spectre d'absorption qui est
le négatif parfait du spectre d'émission. Dans ce cas, la lumière d'une source est décomposée
sur un prisme puis les composantes monochromatiques traversent l'échantillon. Au-delà, un
enregistre si, pour chaque fréquence émise, l'échantillon absorbe ou non.
On a découvert que le spectre de raies de l'atome d'hydrogène pouvait se rationaliser par une
formule
simple :
ou c est la vitesse de la lumière, R est une constante connue sous le nom de constante de Rydberg
et n1, n2 sont des nombres entiers qui peuvent prendre les valeurs suivantes :
n1 = 1, 2, 3 …. et n2= n1+1, n1+2, n1+3….
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 16
La vision de l'onde électromagnétique est maintenant double puisqu'elle est à la fois onde et
corpuscule.
Quand un atome absorbe un rayonnement de fréquence H, l'énergie correspondante est
transférée à l'atome. Celui-ci possède au départ une énergie E. Il gagne de l'énergie, change son état
et passe dans un état excité E*.
Dans le cas de l'atome d'hydrogène, Bohr tente d'expliquer le mécanisme de cette transition dans
son modèle. Pour ce faire, Bohr postule que:
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 17
Cette énergie est comptée négativement pour exprimer la stabilité de l'atome et peut prendre les
valeurs:
A chacune de ces énergies correspond un mouvement circulaire de l'électron sur des orbites
de rayon croissant égal à r= n 2*a0 où a0 est le rayon de la première orbite qui vaut 0,529 Å et
est aussi appelé le rayon de Bohr. (Å est le symbole de l'angström, unité de distance à
l'échelle atomique qui vaut 1.10-10m).
Au total dans la description de Bohr, l'atome d'hydrogène se trouve dans un état défini par le
nombre quantique n. Lorsque cet état est connu, toutes les propriétés de l'électron sont fixées: son
énergie, sa vitesse, le rayon de son orbite.
L'état le plus stable de l'atome est appelé l'état fondamental (E1 = - A).
Les états d'énergie plus élevée sont les états électroniques excités de l'atome.
On peut maintenant expliquer le caractère discontinu du spectre de l'atome d'hydrogène. L'électron
de l'atome d'hydrogène absorbe l'énergie du rayonnement électromagnétique et passe dans un
état excité différent. Cette absorption ne peut se faire que si l'énergie portée par le rayonnement
(par le photon) est égale à la différence d'énergie entre les deux états (n1 état initial et n2 état final)
de l'atome ou:
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 18
Lorsque l'atome est dans un état excité, il pourra émettre spontanément un rayonnement et
retomber dans l'état initial. La fréquence de cette transition correspond à la différence d'énergie
entre les deux états. L'ensemble de ces fréquences produit ainsi le spectre d'émission.
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 19
Une onde ne possède pas de position. Si l'électron possède un caractère ondulatoire, il est
impossible de suivre sa trajectoire et la description de Bohr n'est plus satisfaisante.
Alors que l'onde électromagnétique, notamment la lumière, possède certaines caractéristiques
d'une particule, le photon.
Pour l'électron, nous avons une particule qui possède les caractéristiques d'une onde.
Cette constatation mène à la notion de dualité onde-corpuscule qui caractérise toute particule
et entraîne un comportement particulier au niveau sub-atomique.
Pour définir totalement l'état de l'électron dans l'atome d'hydrogène, il faut donc indiquer la valeur
de quatre nombres quantiques. On le fait en général au moyen d'une notation conventionnelle:
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 20
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 21
A chaque couche correspondent une ou plusieurs sous-couches dont le nombre et la notation sont
déterminées à partir des n valeurs que peut prendre le nombre quantique azimutal soit s, p, d, f,…
Il y aura donc 1 sous-couche pour n=1 (1s), 2 sous-couches pour n=2 (2s, 2p), 3 sous-couches pour
n=3 (3s, 3p, 3d) et ainsi de suite.
A l'intérieur de chaque sous-couche, on trouve une ou plusieurs cases (ou logettes) en
fonction des (2l+1) valeurs accessibles au nombre quantique magnétique m.
Par exemple la couche M sera constituée de trois sous-couches et, au total, des neufs cases suivantes:
A chaque case correspond une orbitale atomique ainsi qu'une valeur des trois nombres
quantiques.
Ces cases "accueilleront" les électrons lors de la construction des configurations électroniques.
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 22
b. Ces cases, sous-couches et couches étant connues, il est important maintenant de les
hiérarchiser, de les classer, de définir leur séquence. Nous utilisons à cet effet les énergies
associées à ces orbitales. Ces énergies s'ordonnent d'une manière différente de celles de
l'atome d'hydrogène. En effet, la présence dans un atome à plusieurs électrons
d’interactions entre ces électrons lève la dégénérescence observée dans le cas de
l'atome d'hydrogène. Ainsi pour des atomes à plusieurs électrons, la présence de ceux-ci
dans la couche K entraîne que l'orbitale 2p de la couche L est plus énergétique (moins
stable) que l'orbitale 2s. Cela signifie qu'un électron placé dans la case 2s est plus stable que
s'il avait été placé dans l'une des trois cases 2p. Il en va de même pour tous les autres
niveaux, ce qui nous amène à reproduire cette nouvelle séquence des nivaux d’énergie.
2. Règles d'occupation des couches
Lorsqu'on désire obtenir la configuration électronique de l'état fondamental des atomes, il faut savoir
combien d'électrons doivent être distribués (nous connaissons ce nombre grâce au numéro
atomique Z) mais aussi comment et où il faut les placer. Cette construction est régie par le principe
d'édification qui utilise les règles suivantes:
1) Le principe d'édification consiste à "empiler" les électrons sur les niveaux d’énergie
(c’est-à-dire dans les cases) un à un en commençant par les niveaux d'énergie les plus bas.
De cette manière l'énergie obtenue pour l'ensemble des électrons de l'atome sera la plus basse
et correspondra à l'état fondamental. En d'autres termes, il faut occuper les "cases" en y remplissant
les électrons tout en respectant l'ordre précisé dans le tableau précédent. Chaque électron aura
donc les nombres quantiques n, l et m de la case occupée, complétés par le spin électronique s (↑ou
↓).
Lors de la première occupation d'une case, on aura:↑. Le choix ↑ ou ↓ est indifférent, mais par
convention, on choisit la flèche vers le haut.
Pour H par exemple, on aura une configuration électronique à un électron. Cet électron se placera
dans la couche K, sous-couche 1s pour mener à la configuration, 1s1, symbolisée par
Lorsqu'une case est simplement occupée, on dit que l'électron est célibataire (on dit parfois impair).
Lors de la seconde occupation a priori deux cas peuvent se présenter, mais:
2) La règle de Klechkowski
Les sous-couches se remplissent par ordre croissant des valeurs de n+ℓ. Pour deux valeurs égales,
c’est la sous-couche de plus petit n qui se remplit la première. Par exemple, pour 2p et 3s, on a
respectivement n+ℓ=2+1 et n+ℓ=3+0 ; on remplit donc 2p en premier (n plus petit), et seulement
ensuite on remplit 3s.
La règle de Klechkowski fonctionne selon un principe de stabilité : les O.A. sont occupées par
ordre d’énergie croissante (de la plus basse énergie [la plus stable] à la plus élevée [la moins stable]).
On peut représenter l'ordre de remplissage des sous-couches comme ci-dessous à droite.
La représentation de gauche est le diagramme énergétique et met en évidence la dégénérescence
des états.
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 23
En conséquence pour les deux électrons de He, on aura une configuration électronique1s2. Ces
électrons se placeront dans la couche K, sous-couche 1s pour mener à la configuration symbolisée par
1s2
On dit que deux électrons dans une même case sont des électrons appariés, ils forment un doublet
ou une paire électronique.
Nous avons ainsi complété les configurations de H, He mais pouvons maintenant aussi construire les
configurations des éléments suivants en abordant la couche L et les sous-couches 2s, puis 2p :
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 24
4) La règle de Hund : Lorsqu'on est amené à placer les électrons dans une sous couche à
plusieurs cases (p, ou d, f), le tableau des énergies montre que ces cases ont toutes la
même énergie.
En vertu du principe de Pauli, la même énergie est obtenue en plaçant deux électrons dans une
même case ou en les plaçant dans deux cases différentes. La règle de Hund permet de choisir
parmi ces situations laquelle décrit l’organisation la plus stable des électrons. Elle nous apprend que
lorsqu'il y a plusieurs manières de distribuer des électrons sur des niveaux dégénérés,
celle qui correspond au spin électronique total le plus élevé décrit la situation la plus stable.
Le spin total d'un ensemble d'électrons s'obtient en faisant la somme algébrique des spins des
électrons individuels.
La configuration de la couche L du carbone peut nous servir d'exemple. Le carbone possède six
électrons, nous allons les placer successivement dans les diverses couches, sous-couches et cases en
respectant l'ordre des énergies: Les deux premiers vont dans la case 1s de la couche K,
les deux suivants vont dans la case 2s de la couche L,
les deux suivants vont dans la sous-couche p pour obtenir:
3) A aucun moment nous n'avons précisé la valeur numérique des énergies des diverses
couches, nous n'avons donné que la séquence relative des niveaux d'énergie. Ces
énergies sont connues et ont été déterminées expérimentalement mais, tout en respectant
l'ordre cité, elles varient en valeur absolue d'un élément à l'autre. Ceci s'explique par la
différence d'attraction exercée par les protons du noyau sur les électrons.
4) La configuration électronique des ions s'obtient de la même manière que celle de l'atome
neutre. Il suffit d'augmenter la configuration électronique de l'atome neutre du nombre
d'électrons correspondant à la charge pour les ions négatifs, ou de retirer le nombre
d'électrons correspondant à la charge pour les ions positifs. L'ion O- a donc autant
d'électrons que l'atome de fluor et a la même configuration électronique que celui-ci. De
même O 2-, F - et Ne ont la même configuration électronique. De telles situations sont
dites isoélectroniques. Voici quelques exemples d'ionisation :
Pour les éléments de transition, de couche de valence (n -1)d ns, la formation des cations
correspond toujours au départ des électrons de l’orbitale atomique ns.
Les configurations électroniques peuvent être raccourcies dans leur notation en prenant le
gaz noble précédant et en ne rajoutant que la partie qui en diffère. Ainsi, on peut noter
On note deux exceptions, à la règle de Klechkowski, le chrome (Cr) et le cuivre (Cu). Bien
qu'hors programme, nous rajouterons en italique le cas particulier de l'or (Au), de l'argent (Ag) et
du molybdène (Mo) pour ceux qui se servent de certains livres de QCMs (dont celui co-écrit par Dr
Marchal).
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 26
On devrait avoir 3d4 4s2 pour le Chrome mais les niveaux 3d et 4s à moitié remplis sont plus stables
que la configuration 3d4 4s2. De même, pour le Cuivre, on devrait avoir 3d9 4s2 mais l'atome est plus
stable avec 3d rempli entièrement qu'avec 4s rempli entièrement.
Comme nous l'avons vu, la couche de valence (ou couche périphérique) d'un atome est sa
dernière couche électronique, c’est-à-dire la plus éloignée du noyau. Elle est caractérisée par le
nombre quantique principal n le plus élevé (Arnaud, 2001).
Dès 1869 Mendeleïev avait noté des régularités dans les propriétés des éléments chimiques.
Cette constatation l'avait amené à classer les éléments par ordre de masses atomiques croissantes
dans un tableau formé de lignes et de colonnes. Ce rangement est réalisé de telle sorte que les
éléments présentant des analogies se trouvent dans la même colonne.
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 27
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 28
calcium Ca qui présentent respectivement les mêmes couches de valence que le sodium et
le magnésium ou que le lithium et le béryllium. Leur couche de cœur est quant à elle identique à
la configuration de l'argon.
En continuant ce remplissage, on rencontre à la suite de 4s la sous-couche 3d qui peut recevoir dix
électrons. Cette sous-couche d correspond dans le tableau de Mendeleïev au bloc des métaux
de transition. En continuant de la sorte, on obtient l'entièreté du tableau suivant un schéma
identique à la formule que nous avons présentée précédemment :
ns (n-2)f (n-1)d np
La colonne qui correspond aux fonctions s peut contenir 2 entrées d'atomes par ligne, la colonne qui
correspond aux fonctions p peut contenir 6 entrées d'atomes par ligne, la colonne qui correspond aux
fonctions d peut contenir 10 entrées d'atomes par ligne et la colonne qui correspond aux fonctions f
peut contenir 14 entrées d'atomes par ligne.
On a ainsi de la place pour 118 éléments. En réalité, on répertorie 103 éléments connus dans le
tableau. Les éléments de 104 à 109 ont été créés de manière artificielle et présentent une durée de vie
si courte qu'ils n'ont pu être étudiés.
On appelle période l'ensemble des éléments du tableau qui correspondent au remplissage d'un
niveau, c'est-à-dire, d'une ligne dans ce tableau. Ce nombre est repris dans la seconde colonne du
schéma précédent.
Le dernier élément d'un niveau présente des propriétés chimiques particulières. Ce sont tous des
gaz, chimiquement inertes (qui réagissent très difficilement) que l'on a appelés les gaz rares.
Tous les gaz rares se trouvent ainsi groupés dans la même colonne. L'hélium ne se trouve pas au-
dessus du béryllium mais au-dessus du néon de manière à respecter sa propriété de dernier
élément d'une couche. Ces gaz rares constituent un groupe, le groupe zéro.
Par définition, un groupe est un ensemble d'éléments qui présentent la même couche externe; la
couche interne quant à elle est analogue à celle du gaz rare qui précède.
Tous les éléments qui présentent un seul électron sur leur couche externe appartiennent au groupe I.
Tous les éléments qui présentent deux électrons sur leur couche externe appartiennent au groupe
II.
Tous les éléments qui présentent trois électrons sur leur couche externe appartiennent au groupe III,
et ainsi de suite….
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 29
Pour des raisons de commodité dans la présentation le bloc f a été isolé et le tableau est structuré de
la manière montrée ci-dessous :
Ces considérations peuvent se généraliser aux autres groupes qui se scindent donc en deux sous-
groupes "a" et "b". Néanmoins, chaque groupe définit une famille chimique dont les éléments
présentent des analogies dans leurs propriétés. Ces familles sont répertoriées ci-dessous:
• Constituée par les éléments: Li, Na, K, Rb, Cs et Fr (un seul électron s sur leur couche
externe ; autrement dit, leur couche de valence est de type ns1).
• Éléments métalliques (on dit souvent «métaux alcalins»)
• Propriétés physico-chimiques identiques
• Ils sont réducteurs.
• Tendance à perdre leur électron s pour donner les cations correspondants (Na →Na+ + e-)
Pourquoi les alcalins sont-ils réducteurs? Il y a un lien avec l’énergie d’ionisation.Cette énergie
diminue de Li à Cs, et permet à l'électron de partir plus facilement ; donc, le caractère réducteur
augmente de Li jusqu’à Fr. En effet, la distance électron-noyau augmente avec Z sur une colonne
donnée et la constante d’écran de cet électron périphérique augmente. La constante d’écran est une
constante propre à un atome qui diminue encore l’énergie nécessaire à l’ionisation d’un
atome comparé à son hydrogénoïde correspondant. Ces métaux sont monovalents.
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 30
Note : Bien que dans la première colonne, l'hydrogène n'est pas un alcalin. Ce n'est pas non plus un
métal.
Famille des halogènes: 17ème colonne
• Constituée par les éléments: F, Cl, Br, I, At (éléments de structure électronique (couche de
valence) de type s2 p5).
• Éléments non métalliques
• Propriétés physico-chimiques identiques influencées par la «proximité des gaz nobles».
• Ils sont oxydants.
• Tendance à gagner un électron (au lieu d’en perdre 7) pour acquérir la structure
particulièrement stable d’un gaz noble (s2p6) (Cl + e- → Cl-).
Le caractère oxydant décroit (comme l’électronégativité) de F à I. Ces composés sont monovalents.
Après avoir vu la périodicité qui apparaît dans la classification des éléments, nous pouvons étudier
l'effet de cette périodicité sur les diverses propriétés de ces éléments. Notamment sur le rayon
atomique, sur le potentiel d'ionisation et sur l'affinité électronique.
2.4.1 Métaux et non-métaux
Le simple examen de l'aspect extérieur permet de distinguer les métaux des non-métaux.
Les métaux constituent les trois quarts des éléments, ils ont un éclat métallique, sont solides, souvent
malléables, bons conducteurs d'électricité et de chaleur. Ils occupent la gauche et le centre du
tableau périodique. Chimiquement ils ont tendance à former des ions positifs.
Sur la droite du tableau, on trouve les non-métaux. Certains sont solides (Soufre, Phosphore…),
d'autres sont gazeux (chlore, azote…), le brome est liquide. Ils sont isolants et ont tendance à former
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 31
2.4.3 Électronégativité
L'électronégativité est un concept introduit pour mesurer la tendance qu'a un atome à garder
ses électrons voire à capter d'autres électrons. La mesure de cette tendance se fait à partir
d'expériences diverses et la définition de l'électronégativité n'est donc pas unique. C'est au sein des
molécules qu'elle trouve sa plus grande utilité par ce qu'elle permet d'y mesurer la compétition
entre atomes pour le partage des électrons. Cette discussion sera abordée dans le chapitre consacré
à la liaison chimique.
Néanmoins, il est intéressant d'introduire certains aspects dès à présent et de préciser les
deux approches couramment utilisées: l'électronégativité selon Mulliken et l'électronégativité selon
Pauling.
La définition de Mulliken est une définition atomique qui repose sur une moyenne pondérée du
potentiel d'ionisation et de l'électroaffinité de l'atome.
La définition de Pauling est basée sur les propriétés de liaison des atomes liés dans les molécules.
Bien que ses conclusions ne soient pas fort différentes de celles de Mulliken, c'est la définition de
Pauling qui fournit les valeurs numériques généralement utilisées. Dans cette échelle, le fluor est
l'atome le plus électronégatif, sa valeur est fixée arbitrairement à 4. Nous reviendrons sur cette
notion dans l'étude des molécules (Baudins et al., 2004).
Électronégativité (Pauling): augmente de bas en haut et de gauche à droite.
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Chapitre 2 Atomistique P a g e | 32
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Chapitre 3Liaisions chimiques P a g e | 33
3.1 Introduction
Nous savons que dans certaines situations, des atomes s'associent et forment des molécules
stables. Cette stabilité montre que les deux atomes sont liés et qu'il faudra fournir une
quantité d'énergie importante pour les dissocier, pour casser la liaison. En quoi consiste
exactement cette liaison? Quelle est la nature des interactions qui maintiennent l'édifice moléculaire?
C'est ce que nous allons examiner dans cette partie.
3.2 Formation d'une molécule et la liaison chimique
Considérons un cas simple, une molécule à deux atomes et prenons le dihydrogène H 2.
Analysons ensuite les diverses interactions qui peuvent se présenter lors de la formation de
cette molécule. Cette molécule est formée de deux atomes ; elle répond à une réaction de formation:
Cette règle qualitative est la base de notions couramment utilisées dans le domaine de la liaison
chimique, à savoir les notions de "covalence" et d'"électrovalence".
La réalisation de l'octet résulte toujours d'un échange d'électrons entre atomes qui s'unissent. Si
cet échange consiste en un transfert d'électrons d'un atome à l'autre, alors on parle de "liaison
ionique" ou "électrovalente". Si l'échange consiste en une mise en commun d'électrons provenant de
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Chapitre 3Liaisions chimiques P a g e | 34
chacun d'eux, alors on parle de "liaison covalente". Quelques situations intermédiaires entre ces deux
extrêmes sont possibles et sont discutées par la suite (Arnaud, 2001).
3.2.1.2 Liaison électrovalente.
Dans le cadre de la règle de l'octet et de l'obtention d'une configuration de gaz rare, la liaison ionique
ou électrovalente est sans doute la situation la plus facile à décrire. En effet :
Si nous considérons le premier groupe, à l'exception de l'hydrogène, nous pouvons constater
que ces éléments ont tous la structure du gaz rare qui les précède plus un électron c'est-à-dire
[GR]ns1. L'étude des éléments montre aussi que leur potentiel d'ionisation est
particulièrement bas et par conséquent que la formation de l'ion positif est aisée.
Si nous considérons le groupe VII, nous pouvons constater que ces éléments ont tous la
structure du gaz rare qui les suit moins un électron c'est-à-dire [GR]ns2np6-1. L'étude des
éléments montre aussi que leur potentiel d'ionisation est particulièrement élevé mais que
par contre leur affinité électronique est grande et par conséquent que la formation de l'ion
négatif est aisée.
Le transfert d'un électron d'un atome du groupe I vers un atome du groupe VII mène ainsi à
une situation où les deux atomes retrouvent la structure du gaz rare le plus proche et trouvent
chacun un octet d'électrons sur leur couche périphérique. Par exemple en considérant le sodium et
le chlore, on aura :
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Chapitre 3Liaisions chimiques P a g e | 35
lié à cette "promotion" soit compensé par le gain en énergie lié à la formation de la nouvelle
liaison dans la molécule stable.
Qu'est-ce que cet état de valence? Lorsque la sous-couche p est vacante, on peut concevoir
une promotion d'un des électrons 2s vers la sous-couche libre 2p. Ce sera le cas pour le béryllium, le
|
bore et le carbone qui prennent les configurations suivantes:
Ces configurations possèdent respectivement deux, trois et quatre électrons non appariés,
situation rencontrée dans de nombreuses molécules, parmi lesquelles CH4. Dans ce cas:
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Chapitre 3Liaisions chimiques P a g e | 37
Le cyanure d'hydrogène, l'acétylène et d'autres molécules encore, forment eux aussi des liaisons
triples comparables à celle de la molécule de diazote. Des liaisons doubles sont rencontrées dans
des molécules telles que l'éthylène CH2=CH2, le formaldéhyde CH2= O, l'acide nitreux H-O -N = O
3.2.1.5 Liaison dative, semi-polaire ou de coordinence
Dans certains cas, la liaison entre deux atomes résulte de la mise en commun d'une paire d'électrons
libres PEL appartenant à l'un des deux partenaires. Ce type de liaison s'établit entre un "donneur" de
doublet d'électrons et un "accepteur" de doublet. Ce qui signifie que le donneur doit posséder
au moins une paire libre, les autres électrons étant engagés dans des liaisons, et l'accepteur une
case disponible. Quelques exemples de ce type sont :
La formation de l'ion ammonium NH4+ résulte du partage de la paire libre de l'azote
(Donneur de PEL) dans l'ammoniac par un proton (Accepteur de PEL).
De même la molécule d'eau joue le rôle de donneur de PEL vis-à-vis du proton pour forme H3O+ :
La formation du borazane procède de la même logique. L'atome de bore n'a que trois
électrons non appariés sur sa couche de valence. Une molécule telle que BH3, ne
respecte pas l'octet, il lui reste un "trou" capable d'accueillir une paire électronique.
L'ammoniac quant à lui possède une paire libre. Le partage de cette paire provenant de
l'azote mène à la formation d'une liaison dative qui laisse l'azote entouré de son octet
et permet à l'atome de bore d'être lui aussi entouré d'un octet.
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Chapitre 3Liaisions chimiques P a g e | 38
Remarque :
Dans la littérature, on trouvera diverses écritures de la liaison dative.
Les liaisons datives sont souvent représentées par une flèche provenant du donneur et
pointant vers l'accepteur, par exemple:
Le composé formé par liaison dative est globalement neutre. Toutefois on fait souvent
figurer une charge formelle positive sur le donneur et une charge formelle négative sur
l'accepteur. En effet, si l'on imagine que la liaison entraîne le partage des électrons, le
donneur perd un électron par rapport à sa valence atomique et le capteur gagne un
électron. Les deux électrons de la paire libre apparaissent maintenant liés comme
dans une liaison de type covalente appelée semi polaire. Ainsi on pourrait écrire:
pour NH3BH3
Lorsqu'on traite des composés de la troisième période (et a fortiori des suivantes), la règle de
l'octet n'est pas toujours respectée. Dans cette période, des états de valence nouveaux
peuvent mener à des états "hypervalents". Ainsi pour le phosphore, on trouve des composés
tels que le PCl3 qui respectent la règle de l'octet, mais on trouve également du PCl5 qui
suggère la présence de dix électrons en périphérie de l'atome de phosphore. La présence
des cases 3d permet en effet par la promotion des électrons d'obtenir une nouvelle
configuration :
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Chapitre 3Liaisions chimiques P a g e | 40
L'état réel de la molécule, intermédiaire entre les formules limites, est plus stable que celui décrit
isolément par chacune de ces formules.
La situation réelle sera dès lors plus stable que les formules proposées ne le suggèrent. L'énergie de
stabilisation correspondante s'appelle l'énergie de résonance.
Ce phénomène de résonance apparaît de manière importante dans une classe de molécules de
la chimie organique, les composés aromatiques. Le benzène de formule C6H6 est un composé qui
peut se représenter par deux structures de Lewis équivalentes. Ces deux structures sont
appelées les formules de Kékulé, elles représentent le benzène par un cycle de six atomes de
carbone liés en alternance par une liaison simple et une liaison double. Les deux structures
proviennent du non attribution univoque des liaisons. Aucune de ces deux structures n'est
satisfaisante parce que dans la structure réelle les six liaisons CC sont équivalentes. La molécule
sera donc considérée comme la superposition de ces deux structures. On écrit donc :
le choix des orbitales se porte sur 1s, 2s, 2px, 2py, et 2pz.
2) Combiner deux à deux les orbitales atomiques possédant les mêmes nombres quantiques; c'est-à-
dire HA du premier atome avec HB du second atome, soit 1s avec 1s, 2s avec 2s, 2px avc 2px, et ainsi
de suite. Ces combinaisons se font comme dans le cas de la molécule H2.
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Chapitre 3Liaisions chimiques P a g e | 41
Après avoir examiné la manière suivant laquelle les atomes établissent une liaison chimique, il nous
reste à préciser la structure géométrique des molécules. En effet, la description de la liaison
chimique que nous avons réalisée ne précise pas où les noyaux se placent dans le volume moléculaire.
Après avoir précisé ce point, nous obtiendrons une description aussi complète que possible
des molécules, à savoir leur structure électronique, c'est-à-dire la manière dont les
distribuent dans les molécules pour assurer leur stabilité, et leur structure géométrique c'est-à-dire la
manière dont les noyaux se distribuent dans l'espace. La formule chimique développée qui précise
l'enchaînement des atomes dans la molécule est appelée la "formule de structure" par opposition à
la "formule brute" qui ne reprend que le nombre et la nature des atomes.
Il est certain que la géométrie adoptée par les noyaux et la distribution des électrons sont
intimement liées. L'arrangement des atomes dans la molécule se fait d'une manière telle que
l'énergie contenue dans cette molécule soit la plus basse possible, que le système soit le plus
stable possible. Cette géométrie résulte d'un compromis entre les diverses interactions attractives et
répulsives (comme nous l'avons vu pour H2). De ce fait, la géométrie est difficile à préciser a
priori et la séquence d'enchaînement des atomes est avant tout un fait d'expérience.
Néanmoins certaines régularités existent. On peut en déduire quelques règles qui sont présentées
dans cette partie. Le domaine de la chimie qui étudie la disposition géométrique des atomes dans les
molécules s'appelle la stéréochimie.
3.6.1 Comment se décrit la géométrie d'une molécule
La position relative dans l'espace des noyaux d'atomes dépend de trois paramètres:
Les distances {di } qui séparent les noyaux des atomes directement liés, c'est-à-dire les
longueurs de liaison. Ces longueurs sont en général proches de la somme des rayons de
covalence des atomes impliqués dans la liaison.
Les angles {Hi } que forment entre eux les segments de droites qui décrivent les liaisons. Ce
sont les angles de valence.
Les angles dièdres {Hi } que forment entre eux les plans contenant deux segments de liaison.
Les valeurs que peuvent prendre ces trois paramètres permettent de définir un squelette
moléculaire.
Autour de ce squelette évoluent les électrons qui occupent le volume moléculaire.
Dans une molécule, chaque atome qui s'entoure d'un octet d'électrons et forme plusieurs liaisons,
est considéré comme un atome central et on examinera comment les atomes liés (c.a.d. les
liaisons) se distribuent autour de lui (Arnaud, 2011).
Les atomes sont des entités à symétrie sphérique. Les électrons sont des particules chargées qui se
distribuent autour du noyau dans la sphère atomique. On peut s'attendre à voir les
interactions électrostatiques (la répulsion coulombienne entre charges électroniques négatives) régir
la distribution des paires électroniques de valence (liaisons et paires libres) dans le volume
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Chapitre 3Liaisions chimiques P a g e | 42
moléculaire et les atomes liés suivre cette distribution. Cette description mène aux règles de Gillespie
qui repose sur le modèle des Répulsions des Paires Electroniques de la Couche de Valence ou VSEPR
(Valence Shell Electron Pairs Repulsion)
Pour simplifier la représentation, considérons que des charges ponctuelles négatives, symbolisant les
doublets électroniques, puissent circuler librement à la surface de la "sphère atomique". Selon leur
nombre, ces doublets se distribuent dans l'espace en des zones différentes de la sphère et décrivent
de la sorte des figures résultant de leurs répulsions.
Il ne s'agit nullement ici de considérer les électrons comme localisés par paires en des points précis de
l'espace, mais bien de tenter de décrire comment ils devraient se répartir en moyenne les uns
par rapport aux autres. Cette description retrouve la structure géométrique de nombreuses
molécules comme nous allons le voir dans les exemples suivants.
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Chapitre 3Liaisions chimiques P a g e | 43
Le noyau Be étant au centre de la sphère atomique, les deux paires qui y aboutissent se disposent de
manière linéaire. Chaque noyau de chlore se place naturellement près d'une paire de liaison, ce qui
entraîne une distribution linéaire sur un axe: Cl ; doublet électronique ; Be ; doublet électronique ; Cl.
La molécule BeCl2 est donc linéaire. D'un raisonnement similaire, on déduit que dans AlCl3 trois
paires se disposent autour du noyau Al en formant un angle de 120°, ce qui permet d'expliquer la
forme triangulaire plane de AlCl3. De même, CH4 et CCl4 répondent à une distribution tétraédrique
autour du carbone central. En résumé :
Revenons à la molécule d'eau esquissée plus haut. H2O est constitué d'un noyau central O porteur
de quatre paires mais entouré de deux hydrogène. Seules deux paires assurent les liaisons OH; les
deux autres paires sont "libres". La figure de répulsion associée à quatre paires est le
tétraèdre et l'environnement de l'atome d'oxygène est donc tétraédrique. En conséquence,
l'enchaînement des noyaux H-O-H se fera suivant un angle de liaison proche de 109°. Comme les
paires libres et les paires de liaison sont de nature différente, les quatres paires ne sont pas
équivalentes et le tétraèdre ne sera plus régulier. Cette déformation du tétraèdre entraîne également
une variation de l'angle de liaison qui vaut 104,5°. En conclusion, nous obtenons une description de la
molécule d'eau dans laquelle les trois noyaux se disposent dans un plan appelé le plan moléculaire et
forment un angle HOH proche de 109° suite à la présence de quatre paires électroniques centrées sur
l'oxygène.
De la discussion précédente, nous déduisons que lorsque les doublets portés par un atome
sont constitués à la fois de m liaisons et de n paires libres, alors la figure de répulsion à considérer est
celle correspondant au nombre total de doublets (m+n) Dans ce cas, le polyèdre régulier se
déforme par perte de symétrie et les angles obtenus varient légèrement (Quarrie, 2004).
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Chapitre 3Liaisions chimiques P a g e | 44
Nous venons de voir d'autre part que, dans les molécules, les électrons de valence, groupés par
paires, se distribuent en moyenne suivant des figures de répulsion qui pour le carbone par exemple
sont des tétraèdres.
L'apparente contradiction entre la représentation en orbitales orthogonales (perpendiculaires
entre elles) et la représentation tétraédrique se résout simplement lorsqu'on sait que dans les
atomes, les orbitales atomiques ne sont pas uniques, mais que le jeu des quatre orbitales 2s, 2px,
2py et 2pz peut être remplacé par certaines de leurs combinaisons. Une combinaison
particulière s'appelle une orbitale hybride. Il existe trois types d'hybridation adaptés à la
description de la géométrie des molécules.
3.6.4.1 Hybridation sp (linéaire ou digonale)
Cette première forme d'hybridation correspond à un mélange1 de l'orbitale s et d'une orbitale p,
les deux autres restant inchangées (d'où le nom sp). Un tel mélange remplace deux des fonctions
initiales par deux hybrides colinéaires pointant le long d'un segment de droite. Ces deux fonctions
sont donc bien adaptées à la description des molécules linéaires telles que BeCl2 , l'acétylène,
HCN, ….
Considérons les couches de valence des atomes de béryllium et de carbone
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Chapitre 3Liaisions chimiques P a g e | 45
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Chapitre 3Liaisions chimiques P a g e | 46
Les paires électroniques libres de l’oxygène correspondent ainsi à des hybrides sp3 (2) doublement
occupées.
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Chapitre 4 Thermochimie P a g e | 47
Chapitre 4 Thermochimie
4.1 Introduction
L'implication de la thermodynamique dans la compréhension de la chimie est indéniable. En effet,
comme la thermodynamique ne traite que des propriétés macroscopiques (observées à l'œil nu) d'un
système, sans faire allusion à la nature moléculaire (microscopique) de celui-ci, son application est de
portée très générale.
Les raisonnements de la thermodynamique sont basés sur trois principes qui découlent
d'expériences résumant des caractéristiques universelles de la matière et qui n'ont jamais été mises
en défaut. Le rôle essentiel de la thermodynamique est de renseigner l'expérimentateur sur la
spontanéité ou non d'une réaction chimique et sur la position des équilibres de tout système
chimique. Cette discipline a un langage propre que nous allons essayer dans ce chapitre, de nous
approprier.
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Chapitre 4 Thermochimie P a g e | 48
4.2 Définitions
4.2.1 Notion de système thermodynamique
Si le système est ouvert, il peut y avoir des échanges de matière et de chaleur entre le
système et l'environnement ;
Si le système est fermé, il n'y a que des échanges de chaleur ;
Si le système est isolé, il n'y a ni échange de matière, ni échange de chaleur.
Conventions de signes
Comme nous l'avons déjà indiqué, la thermodynamique s'occupe des échanges énergétiques
accompagnant une transformation qui est le passage d'un système (physique
ou chimique) d'un état initial (El) à un état final (EF). Pour définir la transformation, il faut que l'état
initial et l'état final du système considéré soient connus.
C'est l'ensemble des valeurs prises par des grandeurs thermodynamiques relatives à l'état
macroscopique appelées "variables d'état" ou encore "paramètres d'état", comme la masse (m), la
pression (P), le volume (V), la concentration (C), la densité (d), la température de changement
d'état,etc., qui permettent de définir l'état du système (Dessart et al., 1975).
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Chapitre 4 Thermochimie P a g e | 49
soit par des relations de définition comme, par exemple, la relation liant la quantité de
matière, le volume et la concentration ;
soit par des formules physiques appelées équations d'état comme, par exemple, l'équation
d'état des gaz parfaits : PV = nRT
Grâce à ces relations, on peut, à partir d'un petit nombre de variables (ou paramètres)
d'état, déterminer toutes les autres par le calcul pour décrire complètement le système
étudié.
On distingue deux types de variables d'état : les variables extensives et les variables
intensives.
Les variables extensives sont proportionnelles à la quantité de matière du système :
masse (m), nombre de moles (n,), volume (V), charge électrique (q), etc. Les variables extensives sont
additives. Si l'on double la quantité de matière (n) du système, elles doublent aussi.
23 = 22 = zi ==> z est une variable intensive Z3 = Zl + Z2 => z est une variable extensive
Une fonction d'état caractérise une propriété d'un système qui prend une valeur définie pour chaque
état, quelle que soit la façon dont cet état est atteint. Ainsi, dans un système, lors d'un changement
d'état, les changements de fonction d'état ne dépendent que de l'état final et de l'état initial, et non
de la façon dont le changement s'accomplit pour passer de l'un à l'autre.
Considérons l'analogie suivante : la distance entre deux points sur Terre est une valeur
définie, fixe et constante, qui peut être déterminée par les coordonnées GPS de ces deux
points. Mais, la distance parcourue par une personne voyageant entre ces deux points va
dépendre de la route empruntée. La distance entre deux points est une fonction d'état, la distance
parcourue n'en est pas une (Dessart et al., 1975).
II est souvent nécessaire de comparer l'état d'un corps pur, défini par des variables d'état, avec celui
d'un état standard de ce même corps.
Un état standard est un état physique arbitraire du corps considéré à la température T et sous la
pression de référence : P°= 1 bar
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Chapitre 4 Thermochimie P a g e | 50
L'état standard n'étant pas nécessairement l'état le plus stable du corps considéré, il faut préciser
son état physique. Ainsi lorsqu'on parle d'état standard de l'eau à la température ambiante (25°C),
on peut entendre :
Les variables ou les fonctions d'état relatives au corps considéré dans l'état standard
seront notées avec le signe °placé en exposant.
L'état standard de référence d'une substance est, par définition, son état le plus stable à
la température T considérée, à la pression standard de référence P° = 1 bar (choisie
arbitrairement) et pour une activité unité.
On notera que cette définition n'est pas nécessairement liée au corps pur.
L'état standard de référence d'un corps est un état standard particulier. Mais
contrairement à l'état standard, l'état standard de référence d'un corps pur (pour une
température T donnée) est unique. Ainsi l'état standard de référence de l'eau à 25°C
est l'eau liquide sous P° = 1bar et celui à 120°C est l'eau gazeuse sous P° = 1bar.
On appelle principe une affirmation qui n'est contredite par aucun fait expérimental
dans un domaine de validité reconnu et qui permet d'interpréter et d'évaluer les
phénomènes réels. En apparence, une centrale électrique produit de l'énergie électrique, un moteur
électrique produit de l'énergie mécanique, une réaction chimique exothermique produit de
la chaleur, etc., mais une ampoule ou un électrolyseur consomme de l'énergie
électrique, une réaction chimique endothermique consomme de la chaleur et un
muscle de l'énergie chimique. En fait, une centrale électrique, un réacteur chimique,
une pile, un muscle, etc. ne sont que des convertisseurs d'énergie qui ne créent, ni ne détruisent
mais transforment une forme d'énergie en une autre.
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Chapitre 4 Thermochimie P a g e | 51
Si l'on considère que l'échange se fait seulement sous forme de chaleur (Q) et de
travail mécanique (W), l'énergie totale échangée au cours de la transformation d'un
système, d'un état initial (El) à un état final (EF), sera égale à leur somme algébrique (Q + W).
L'énergie totale (Q+W) échangée par un système au cours de
son passage d'un état initial à un état final est indépendante
de la manière dont la transformation est effectuée. =>A cette énergie (Q+W) est associée la
variation d'une FONCTION D'ETAT
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Chapitre 4 Thermochimie P a g e | 52
a. Le travail
b. Capacité calorifique
La capacité calorifique spécifique Cp à pression constante d’une substance est
la quantité de chaleur requise pour élever la température de 1 Kelvin (ou 1°C) par gramme de
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Chapitre 4 Thermochimie P a g e | 53
CP= ( )
1 ∂q
m ∂T P
Lorsque la capacité calorifique d’une substance est connue, la chaleur dégagée ou au contraire
consommée par une transformation de cette substance peut être simplement estimée par une
mesure des températures initiale et finale du système soigneusement isolé thermiquement
(conditions adiabatiques):
P=C P . m . ( T f −T i )=C P . m. ∆ T
Dans la majorité des cas toutefois, les transformations se déroulent à pression constante dans des
récipients ouverts. Dans ce cas le volume peut varier et un travail mécanique être échangé. La
variation de l’énergie interne dU n’est plus égale à la seule chaleur.
On définit une nouvelle fonction d’état du système appelée enthalpie H telle que:
H = U + PV
dH = q + dw + P.dV +V.dP
A pression constante dP = 0, on aura donc:
dU = dH – P.dV et dH = q
L’enthalpie d’un système est donc une mesure de l’énergie du système disponible sous
forme de chaleur à pression constante. Un processus qui abaisse l’enthalpie d’un sytème
sera appelé exothermique (#H < 0). Au contraire, un processus qui aboutit à une
augmentation de l’enthalpie du système sera appelé endothermique (#H > 0).
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Chapitre 4 Thermochimie P a g e | 54
0 0 0 0 0
∆ H cycle=∆ H A →B + ∆ H B → C +∆ H C → D + ∆ H C → A =0
4.3.4 Détermination expérimentale des énergies de réaction
En fait pour mesurer expérimentalement une énergie de réaction, on mesure une quantité de chaleur
Q. On mesure la quantité de chaleur transférée par la réaction chimique qui se déroule dans la
cellule de réaction vers son environnement. Celui-ci est le plus souvent constitué d’un bain
d’eau isolé de l’extérieur. L’expérience consiste à suivre la variation de la température du bain
d’eau au cours de la réaction. Ce dispositif expérimental s’appelle un calorimètre.
Voyons cela de manière plus détaillée. Lorsque deux corps à températures différentes sont mis
au contact l'un de l'autre, la température du plus froid des deux (soit A) s'élève alors que celle du
plus chaud des deux (soit B) diminue. De l'énergie calorifique a été transférée sous forme de
chaleur du corps le plus chaud au corps le plus froid. Conformément au principe de conservation de
l’énergie, la chaleur perdue par le premier est égale à la chaleur gagnée par le second. On écrira :
Q A + QB= 0 ou encore QB = -QA
Où HT= Tfinale – Tinitiale du bain d’eau (ou du corps pur dont on mesure la température en K)
C est appelé capacité calorifique du système (J.K-1).
Si HT >0, alors le bain d’eau reçoit de la chaleur et la transformation chimique qui se déroule en B est
exothermique. A l’inverse, si HT < 0, alors le bain d’eau donne de la chaleur à la transformation
chimique qui se déroule en B. Celle-ci est alors endothermique.
La chaleur spécifique (cA) est l'énergie calorifique nécessaire pour augmenter d'un degré
la température d'un gramme de matière.
La chaleur molaire (CA) est l'énergie calorifique à fournir à une mole d'un composé pour augmenter
sa température d'un degré. Bien évidemment : CA = cA . MA
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Chapitre 4 Thermochimie P a g e | 55
« La chaleur d’une réaction est égale à la différence entre la somme des chaleurs de formation
des corps qui apparaissent et la somme des chaleurs de formation des corps qui disparaissent,
chacune d’elles étant multipliées par le nombre de moles dans l’équation équilibrée ».
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Chapitre 4 Thermochimie P a g e | 56
l'enthalpie de la réaction est égale à la différence entre l'enthalpie des produits et l'enthalpie des
réactifs.
Notons que, si cette réaction se déroule au départ des éléments, il s’agira d’une réaction
de formation et la variation d’enthalpie se symbolisera par : ΔHf
La loi de Hess permet de prévoir les enthalpies de réactions qu’on ne peut pas mesurer
directement au laboratoire. Elle permet également de définir une référence pour
l’enthalpie de n’importe quelle substance.
On définit l’enthalpie standard de formation ΔH0f d’une substance comme l’enthalpie standard de la
réaction formant une mole de la substance à partir de ses éléments constitutifs dans leur forme
simple la plus stable.
Exemple : L’enthalpie standard de formation de l’éthanol est obtenue à partir de l’équation
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Chapitre 4 Thermochimie P a g e | 57
L’enthalpie standard de toute réaction peut être calculée à l’aide d’une combinaison linéaire des
enthalpies standard de formation de ses réactifs et produits:
Les chaleurs de formation des différents corps dans les conditions standards (25°C, 1 atm.) en ce qui
concerne les gaz, ou pour une concentration égale à une mole/l pour les liquides sont
consignées dans les tables. Il ne faut pas confondre les conditions standards avec les conditions
normales.
Par convention, la chaleur de formation d’un corps à l’état élémentaire dans les conditions
standards est nulle.
4.3.5.4 Chaleur de décomposition
La quantité de chaleur nécessaire pour décomposer un corps composé en ses éléments
respectifs est la chaleur de décomposition. La chaleur de formation et la chaleur de décomposition
d’un corps ont des signes opposés.
Exemple :
∆H formation de l’eau est -68,32 kcal
∆H décomposition de l’eau est +68,32 kcal
CO2 (g) + CaO (s) = CaCO3 (s) ici on parle de chaleur de réaction et non de formation parce que
on ne part pas des éléments. Il en est de même de CaCO3 qui se décompose en chaux et en gaz
carbonique.
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 58
5.1 Introduction
Cette activité examine l’origine des changements spontanés lors de processus physiques et
chimiques. Plusieurs processus naturels sont des processus spontanés. De tels exemples incluent la
dissolution du sucre dans une tasse de café, la fonte de la glace ou la corrosion du fer. Nous allons
présenter le concept de l’entropie afin de définir, mesurer et discuter les processus spontanés. Le
second principe de la thermodynamique fournit un critère de base du changement spontané. En
discutant de l’entropie, nous devons examiner le système et le milieu extérieur en même temps. Au
cours des processus chimiques, nous avons tendance à porter notre attention sur le système.
L’utilisation de la fonction de l’énergie libre est abordée à titre de mesure de la spontanéité.
Concepts clés : Entropie absolue, Entropie et équilibre, Entropie, symbolisée par S, Énergie libre et
équilibre, Énergie libre de Gibbs, Second principe de la thermodynamique, Spontanéité,
Variation de l’entropie standard symbolisé par ΔS°, Variation de l’énergie libre standard,
symbolisé par ΔG°, Constantes de l’équilibre thermodynamique, Troisième principe de la
thermodynamique, L’équilibre thermodynamique, Critère d’un changement spontané,
Lorsqu'on mélange deux réactifs pouvant réagir l'un sur l'autre on aboutit à des produits de réaction
de façon plus ou moins complète (Arnaud, 2002).
On remarquera que si les réactifs sont introduits en quantité stoechiométrique, Ils auront
complètement disparu en fin de réaction et seront transformés intégralement en produits de
réaction.
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 59
La réaction d’estérification en phase liquide non aqueuse est un exemple d’une réaction équilibrée.
On notera qu'à température ambiante, la constante de cet équilibre est telle que lorsqu’on part
d'une mole d'acide et d'une mole d'alcool on obtient à l’équilibre1/3 de mole d’acide et d’alcool
restant et 2/3 de mole d’ester et d’eau formés. Il est intéressant de remarquer (voir schéma I.1) que
si on part d'une mole d'ester et d'une mole d'eau alors l'état d'équilibre obtenu, dans les même
conditions expérimentales, est identique (c'est à dire qu’il reste 2/3 de mole d’ester et d’eau et qu’il
se forme 1/3 de mole d’acide et d’alcool).
Cet exemple particulier de l’évolution spontanée des systèmes vers une même situation d’équilibre
(que l'on parte des réactifs (alcool, ester) ou des produits (ester, eau)) sera étudiée en détail plus
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 60
avant.
Le deuxième principe introduit une nouvelle fonction d'état dite entropie S. La notion
d'entropie prend en compte le degré d'organisation d'un système et sa valeur est d'autant plus petite
que le système est ordonné. L'entropie est une fonction d'état. Autrement dit, la variation d'entropie
qui accompagne l'évolution d'un système ne dépend que de l'état initial et de l'état final. Elle ne
dépend pas du chemin suivi (au même titre que l'enthalpie H ou l'énergie interne U).
- Un système isolé évolue vers l’états macroscopique qui réalise les plus grand nombre d’états
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 61
microscopiques accessibles Ω.
- L’entropie d’un système est alors une mesure du nombre d’états microscopiques
dans lequel le système peut se trouver. On dit que L’entropie est une mesure du
désordre de la matière : désordre ↑ => s ↑=> ∆s > 0
Variation d’entropie pour un système en évolution
dS = δS e + δSi
δSe est mesurable à partir des échanges thermiques (δQ) avec l'extérieur.
δQ
δ S e= L’intégration de δSe et de δQ nécessite de connaître le chemin suivi.
T
δSi : Le second principe énonce que l'entropie interne ne peut pas diminuer.
Transformation réversible
Le système défini par ses variables d'état est très proche d'une position d'équilibre.
Une légère variation d'une de ces variables va faire évoluer le système dans un
sens. Le système est réversible si on peut exactement compenser cette évolution par la variation de
la variable en sens inverse. D’où retour à la position initiale (une transformation réversible est une
suite d'une infinité états d'équilibres).
Transformation irréversible
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 62
Variation d’entropie ∆S :
f f
δ Q rév
∆ S=∫ dS=¿ S f −Si=∫ ¿
i i T
dS=d S∫ . +d S ext .
δ Qirrév
d S= +d S δQ
f f
δ Q irrév
T ∫ ¿>0=¿ dS> T irrév
=¿∆ S=∫ dS >∫
T
¿
i i
Remarque :
- La variation d’entropie doit toujours être calculée en faisant évoluer le système de façon
réversible.
- S est une fonction d’état =>∆S est indépendante du chemin de transformation :
f
δ Qrév
∆ S=∫ Seulement si la transformation est réversible
i T
SYSTÈME ISOLE
D’où l’énoncé du second principe : L’entropie d’un système isolé ne peut que croitre dans une
transformation réelle donc irréversible.
↓
Transformation réversible : l’entropie de l’univers reste constante
δ Qrév δ Qirrév
d S= ∆ S>
T T
f
δ Qrév
d S= ∆ S=∫ dS
T i
5.3 Entropie des corps purs à zéro kelvin (K) : Troisième principe de la
thermodynamique
5.3.1 Troisieme principe
Enoncé : Au zero absolu l’entropie des corps purs (parfaitement cristallisés) est nulle. Au zero
absolue (T= 0 k) n’importe quel système est solide. Dans le cas d’un corps pur il ne lui correspond
alors qu’un seul arrangement ou état microscopique (ordre parfait) :
2.1 Calcul de l’entropie molaire absolue d’un corps donné ( ou entropie molaire standard S0 )
Au cours d’une transformation caracterisée par l’état initial (Tinitial =0 K) et l’état final (Tfinal=T)
0 0 0 0 0 0
A ∆ T S A , S =S final−S final=ST ( A )−Si ( A ) = S0 ( A )−0=S 0 ( A )
T T
→
Tin=0 K Tfinal= T
0 0
ST ( A ) est l’entropie molaire absolue à la température T et Si ( A ) l’entropie molaire absolue à zéro
degré (K=0).
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 64
G = H – TS
Elle fournit pour les réactions à P et T constants (très fréquents dans le milieu vivant) un
critère d'évaluation de la spontanéité de l'évolution de la réaction plus commode que δSi.
En effet, G étant une fonction d'état, dG est une différentielle exacte qui, là encore, ne
dépend pas du chemin suivit. Si, on choisit, par exemple, une variation de G à P et T constants, on a :
Sachant que δSi >0 , on peut exprimer le second principe en terme d'énergie :
Dans le cas d’une transformation réversible caractérisée par un état d'équilibre, on a δSi = 0
et donc dG = 0. Donc G est stationnaire
Dans le cas d’une transformation irréversible, la réaction évolue spontanément et donc δSi
> 0. Il vient alors dG < 0 et donc le système subit une diminution de l'enthalpie libre.
On peut exprimer les vitesses V et V des réactions 1directe et indirecte par les relations :
2
k 1 C c . Dd
k c= =
k2 A a B b
Avec : (A), (B), (C) et (D) les concentrations molaires des réactifs et des produits.
On notera que l’on peut déterminer la valeur de la constante d’équilibre a une température
en connaissant la variation enthalpie libre standard de la réaction à cette température :
0
−∆ Gr
RT
K ( T )=e
0
D’un point de vue pratique, on peut déterminer ∆ Gr ( T ) à partir des grandeurs thermodynamiques
standards disponibles dans la literrature.
0 0 0
∆ Gr ( T )=∆ H −T ∆ S
NB : La constante d’équilibre est notée KC pour marquer le fait qu’elle est exprimée en fonction de la
concentration.
où A, B, C et D sont des molécules dans l’état gazeux et ayant pour pressions partielles P.
Si le système homogène est gazeux, on peut remplacer les concentrations molaires par les pressions
partielles des constituants gazeux. L’expression de la loi d’action de masse en fonction des pressions
partielles devient :
Rappelons que la pression partielle d’un gaz égale la pression totale P multipliée par la fraction
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 66
Pi = xi P
Il existe une relation entre Kc et Kp . Si on considère A, B, C et D comme le gaz parfait, on peut
remplacer P par la concentration C, la constante des gaz parfaits R est la température T dans la
relation ci-haut.
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 67
Toute variation de concentration, de pression (si certains constituants sont en phase gazeuse) ou de
température (si la réaction n’est pas athermique) imposée à un système en équilibre entraîne un
déplacement vers un nouvel état d’équilibre. Grâce au principe de Le Chatelier, on peut prévoir le
sens de cette évolution.
« Loi de Le Chatelier (ou loi de modération ou encore loi de contrariété) : Toute perturbation d’un
système en état d’équilibre entraîne une réaction spontanée de ce système qui tend à s'opposer à
la variation imposée »
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 68
a) Influence de la température sur l’équilibre d’une réaction chimique (la loi de Van’t Hoff,
1884).
Une modification de température est sans effet sur une réaction athermique (∆H = 0). La loi de Van’t
Hoff nous permet une approche plus quantitative. En effet, la constante d’équilibre ne dépend que
de la température. Cette dépendance est décrite par la relation suivante connue sous le nom de «
relation de Van’t Hoff » :
Soit la réaction 3H2 + N2 = 2NH3 exothermique dans le sens direct. Si la température augmente,
l’ammoniac, se décompose.
b) Influence de la pression sur l’équilibre d’une réaction chimique (loi de Châtelier 1886)
Une variation de la pression totale ne va induire de perturbation de l’état d’équibre que sur les
équilibres faisant intervenir des phases gazeuses et dont le ∆n est différent de zéro.
Le Chatelier : « Une élévation de la pression déplace l'équilibre dans le sens d'une diminution du
nombre total de molécules gazeuses. (diminution de la pression) ».
De la même façon qu’au paragraphe suivant, l’augmentation de la pression totale par compression,
conduit à l’augmentation de la pression partielle de chacun des constituants gazeux. Leur activité
augmente donc alors que celle des constituants non gazeux reste constante. L’équilibre est donc
perturbé. Exemples :
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 69
c) Influence de la concentration sur l’équilibre des réactions chimique. (la loi de Bertholet).
L’excès d’un réactif : l’excès d’un réactif favorise la réaction qui le fait disparaitre.
L’élimination d’un produit : l’élimination d’un produit rend la réaction directe totale ou complète.
Soit la réaction d’estérification par exemple :
On peut favoriser la formation de l’acétate d’éthyle en éliminant de l’eau au fur et à mesure qu’elle
se forme ou en introduisant soit de l’acide acétique en excès, soit de l’éthanol en excès (Quarrie et
al.,2011).
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 70
Le sujet de cette unité, la cinétique chimique, s’intéresse à la vitesse à laquelle les réactions
chimiques se produisent. Quels facteurs influencent la vitesse lorsqu’une réaction a lieu ?
Une compréhension des variations de vitesse est essentielle dans les industries où le
contrôle des vitesses de réaction est important. Par exemple, dans les manufactures, une
réaction a besoin de se produire à une vitesse assez rapide pour être économiquement
rentable tout en étant sûre. La connaissance de la cinétique chimique peut également
permettre l’optimisation d’une réaction afin d’obtenir des rendements supérieurs. Les
vitesses de réaction peuvent nous donner un aperçu sur la façon dont une réaction se
produit progressivement à une échelle microscopique.
Objectifs de ce chapitre :
La cinétique chimique va donc étudier la vitesse avec laquelle s’effectuent les réactions en
introduisant la variable temps.
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 71
La vitesse instantanée, à un instant t, est égale à ce rapport, lorsque (t2-t1 ) tant vers
zéro, c’est-à-dire à la dérivée de la quantité par rapport au temps :
Ces vitesses s’expriment en mole par unité de temps (s, min, h, etc.). Comme pour tout
déplacement, une vitesse instantanée apporte plus d’informations sur ce qui s’est passé pendant la
durée (t2-t1) que la vitesse moyenne (Bardez, 2009).
La vitesse de la réaction peut également être exprimée en fonction de l’un des réactifs. Cette fois,
comme la concentration diminue au cours du temps, la dérivée est négative. Par convention, la
vitesse d’une réaction étant toujours positive, un signe négatif doit être placé devant la dérivée.
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 72
Les variations des quantités de matière des différents constituants ne sont pas indépendantes mais
proportionnelles. Mais attention :
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 73
On appelle ordre partiel de la réaction pour un réactif A, la valeur de l’exposant. Les ordres partiels p,
q, etc…, ne sont pas prévisibles. Leur valeur est obtenue à partir du traitement des données
expérimentales. Ils peuvent être entiers ou fractionnaires, positifs, nuls ou négatifs.
Si la vitesse ne dépend pas de la concentration de l’un des réactifs, elle est dite d’ordre zéro par
rapport à ce dernier.
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 74
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 75
La loi de décroissance de la vitesse de réaction en fonction des concentrations des réactifs dépend de
l’ordre de réaction (celui-ci existe). On peut examiner les cas les plus simples où la vitesse de réaction
a un ordre par rapport à un réactif. On peut traiter successivement les cas où la vitesse de réaction a
un ordre global un ou deux par rapport à un réactif (Baudin et al., 2004).
Dans ce cas les données expérimentales permettent d’écrire la loi de vitesse sous la forme :
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 76
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 77
Les paramètres qui agissent sur la vitesse d'évolution d'un système chimique sont appelés des
facteurs cinétiques (Stéphane et al., 2004) :
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Chapitre 6 Cinétique chimique P a g e | 78
R est la constante des gaz parfaits = 8.315 J· K –1· mol–1. Le facteur de proportionnalité A est appelé
facteur de fréquence (ou pré-exponentiel). Ce facteur tient compte de la probabilité de formation du
complexe activé pour des réactifs possédant l’énergie E et de celle que ce complexe aboutisse à une
réaction menant aux produits.
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 79
Dans l’eau, les acides et les bases définis selon Arrhenius correspondent également à la définition de
Brønsted-Lowry.
Exemples :
HCl + H2O → H+(aq) + Cl– (aq) + H2O → H3O+ (aq) + Cl– (aq)
HCl libère un ion H+ en solution aqueuse. Ce proton “réagit” avec l’eau pour former l’ion hydronium
H3O+: L’acide chlorhydrique est donc à la fois un acide de Brønsted et un acide d’Arrhenius.
L’ammoniac NH3 capte un proton H+ de l’eau pour former NH4+.
De même, il réagit avec l’eau pour former un ion OH – : L’ammoniac est donc à la fois une base de
Brønsted et une base d’Arrhenius (Dessart et al., 1975).
HCl est un acide fort. Son hydrolyse (réaction avec l’eau) est complète. Dans ce cas H2O capte le
proton libéré par l’acide. H2O agit donc comme une base.
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 80
Nous avons vu que l’eau est amphiprotique. Les protons migrent entre les molécules d’eau, même en
l’absence d’un autre acide ou d’une autre base :
Le transfert de proton dans l’eau est l’une des réactions les plus rapides que l’on
connaisse. L’équilibre entre H2O, H3O + et OH– existe donc toujours dans l’eau et dans les solutions
aqueuses.
La réaction de dissociation de H2O est appelée l’autoprotolyse de l’eau. Sa constante d’équilibre est :
Dans l’eau pure et dans les solutions diluées, la concentration de H2O est
pratiquement constante, et la valeur de [H2O] 2 peut donc être intégrée dans la
constante d’équilibre :
(adimensionnelle)
L’expérience montre que les molarités de H3O + et OH– dans l’eau pure à 25 °C sont
de [H3O+] = [OH–] = 10–7 M et donc que Ke = 10–14 .
Lorsqu’on dissout, par exemple, l’acide acétique CH3COOH dans l’eau, on obtient
des ions hydronium H3O+ et des ions acétate:
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 81
Dans la réaction en retour, l’ion acétate peut capter un proton H + pour reformer
l’acide acétique. L’ion acétate est donc une base. Comme l’ion acétate dérive de
l’acide acétique par perte d’un proton, on dit qu’il est la base conjuguée de l’acide
acétique.
De même, lorsqu’on dissout, par exemple, de l’ammoniac NH3 dans l’eau, on obtient des ions
hydroxydes OH– et des ions ammonium NH4+:
Dans la réaction en retour, l’ion ammonium peut libérer un proton H+ pour reformer
l’ammoniac. L’ion ammonium est donc un acide. Comme l’ion ammonium forme
l’ammoniac par libération d’un proton, on dit qu’il est l’acide conjugué de
l’ammoniac. De manière générale, on a donc (Arnaud, 2002) :
Les équilibres de transfert de proton sont décrits par des constantes d’équilibre. Pour
l’acide acétique dans l’eau, par exemple :
Pour des solutions suffisamment diluées, on peut admettre une fois encore que
[H2O] reste pratiquement inchangée et intégrer cette concentration dans la valeur de la constante.
L’expression résultante, où toutes les concentrations sont divisées par 1 mol.l –1 est appelée la
constante d’acidité (ou constante de dissociation de l’acide) et est notée Ka :
La valeur expérimentale de Ka pour l’acide acétique est de 1,8.10 –5. De manière générale, on a donc
pour un acide AH et sa base conjuguée A– dans l’eau :
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 82
On peut aussi écrire une constante d’équilibre pour l’équilibre de transfert de proton
d’une base dans l’eau. Pour l’ammoniac aqueux, par exemple :
On admet à nouveau que dans les solutions diluées [H2O] reste pratiquement
inchangée. En intégrant la concentration de l’eau dans la valeur de la constante
d’équilibre et en divisant toutes les concentrations par 1 mol.l– 1 on obtient
l’expression de la constante de basicité Kb :
Plus un acide sera fort, plus la valeur de Ka sera élevée et plus celle de pKa sera
faible. De même, plus une base sera forte, plus la valeur de Kb sera élevée et plus celle
de son pKb sera faible
L’ionisation d’un acide AH = A– + H+ peut être vue comme la succession de deux étapes virtuelles: (1)
Dans la première, la liaison A–H doit être rompue. Cette étape est naturellement endothermique
(∆Hliaison > 0). (2) La seconde étape consiste en la solvatation des ions par les molécules de
solvant. Ce processus qui crée des liaisons ions-solvant est spontané. L’enthalpie libre du processus
∆G< 0. Pour des molécules de structures voisines, l’enthalpie libre de
+ –
solvatation des ions (H et A ) sera relativement semblable. C’est donc l’énergie de la liaison A–H qui
déterminera dans une grande mesure la force relative de l’acide. Une liaison A–H à caractère
fortement covalent (avec mise en commun des électrons de valence dans une orbitale
moléculaire liante) correspondra à une énergie de liaison élevée. Au contraire, une liaison fortement
polarisée correspondra à une liaison à caractère ionique plus prononcé et de plus faible énergie.
Comme la polarité de la liaison A–H augmente avec l’électronégativité de A, on peut prévoir que plus
l’électronégativité de A est grande et plus l’acide AH est fort (Atkins et al., 2004).
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 83
Constante d’ionisation
Considérons l’équilibre général: Acide (aq) + H2O (l) =Base conjuguée (aq) + H3O+ (aq)
Un acide fort est un acide dont l’équilibre de dissociation dans l’eau est fortement déplacé dans la
direction de la perte d’un proton (sa déprotonation) et la formation de sa base conjuguée. Plus
l’acide sera faible, au contraire, et plus l’équilibre sera déplacé dans le sens de la capture d’un ion H+
par sa base conjuguée (la protonation de la base). Il s’en suit les correspondances générales
suivantes :
Le même raisonnement peut bien entendu être fait pour un équilibre général :
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 84
Il est en pratique très utile de pouvoir indiquer l’acidité d’une solution. Pour éviter de
manipuler des puissances de 10, l’activité des ions H +, a(H+), est indiquée sur une
échelle logarithmique en définissant le pH d’une solution par :
Une solution acide contiendra une concentration [H+] supérieure à celle de l’eau
pure : [H+] > 1.10–7 M et sera donc caractérisée par un pH < 7,0. Une solution basique contiendra elle
une concentration [H+] inférieure à celle de l’eau pure : [H +] < 1,0.10–7 M et sera donc caractérisée
par un pH > 7.0 (Arnaud, 2002).
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 85
7.4.6 pH et pOH
Les acides faibles fournissent en solution aqueuse une concentration d’ions H 3O+
inférieure à celle que fournissent les acides forts à la même concentration initiale (c’est-à-dire à la
concentration de l’acide supposé non-ionisé lors de la préparation de la solution).
Exemple : Le pH d’une solution aqueuse de HCl 0.01 M est égal à 2. La concentration en ions H3O+
d’une solution de CH3COOH de même molarité est dix fois plus faible, et on trouve pH = 3. Pour
obtenir un pH = 2.5, il suffit de préparer une solution à 3,2.10–3 M de HCl, alors qu’il faut une
près de 1 M de CH3COOH pour arriver au même résultat.
Si on connaît [H3O+], on peut calculer la fraction des molécules d’un acide AH qui sont dissociées
(ionisées) dans l’eau selon AH + H2O=A – + H3O+. Cette fraction est appelée le degré d’ionisation de
l’acide:
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 86
Des ions peuvent agir comme acides ou bases, de la même façon que des molécules
neutres. Dans la discussion de l’acide acétique, la réaction :
Une réaction analogue a lieu avec les ions positifs qui peuvent se comporter comme
des acides en solution aqueuse et donner la base conjuguée. Ainsi, une solution de
chlorure d’ammonium (NH4+)(Cl–) (un électrolyte fort) sera acide à cause de la
réaction:
NH4+ (aq) + H2O =NH3 (aq) + H3O+ (aq)
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 87
Les acides de Brønsted qui peuvent céder plus d’un proton sont appelés acides
polyprotiques (ou polyacides). L’acide sulfurique H 2SO4 et l’acide carbonique
H2CO3 peuvent, par exemple, céder deux protons par molécule. L’acide phosphorique
H3PO4 peut en céder trois.
Une base polyprotique est une base qui peut fixer plus d’un proton par molécule,
comme par exemple l’anion carbonate CO32– et l’anion oxalate C2O42–, qui peuvent
fixer deux protons chacun, ou l’anion phosphate PO 43– qui peut en fixer trois.
Chacune des étapes de l’ionisation possède sa propre constante d’équilibre. On utilise
généralement les indices 1, 2, 3, ... pour distinguer les différentes constantes d’acidité
ou de basicité d’un même composé polyprotique.
HCO3–, qui est la base conjuguée de l’acide carbonique dans le premier équilibre, se
comporte dans le second comme un acide, où il produit à son tour sa propre base
conjuguée CO32–.
L’équation de l’ionisation totale est la somme des deux équations partielles (1) et (2)
ci-dessus:
La constante d’acidité globale Ka, caractéristique de cette dernière, est donnée par le produit des
constantes d’équilibre des réactions d’ionisation partielles K1 et K2 :
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 88
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 89
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 90
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 91
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 92
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 93
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 94
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 95
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 96
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 97
Solutions tampons
Les solutions tampons, formées par une solution du mélange d’un acide faible et de sa
base conjuguée, sont appelées ainsi parce que leur pH est relativement insensible à de petites
variations de la concentration en acide ou en base ou à la dilution. Ces solutions sont très
importantes du point de vue pratique dans des applications en chimie et biologie où l’on désire
maintenir le pH à une valeur constante au cours d’une réaction. Un couple acide-base conjuguée ne
permet pas de réaliser des solutions tampons de n’importe quelle valeur du pH. L’effet tampon est
en effet maximum pour pH = pKa .
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 98
Un indicateur acide-base doit être choisi de sorte que son point de virage soit proche du pH du point
d’équivalence du titrage.
Il existe aussi un grand nombre d’indicateurs acide-base naturels. Ces composés sont
souvent des molécules de la classe des anthocyanines et sont responsables de la couleur rouge ou
bleue de certains végétaux (hortensia, coquilot, chou rouge, bleuet, ...).
Une estimation très précise du point d’équivalence peut être obtenue par la mesure
du pH pendant le titrage. Si n0 est le nombre d’équivalents d’acide ou de base à titrer
et n le nombre d’équivalents de base ou d’acide ajoutés, la neutralisation complète de la solution
sera obtenue pour x = n / n0 = 1. Le graphe de pH = ƒ(n) est appelé
courbe de titrage (ou courbe de neutralisation). Si c0 est la normalité d’un acide à titrer et c la
concentration restante lorsqu’on a ajouté n équivalents de base, on a pour une solution de volume V,
considéré comme constant : c0 = n0 / V , c = c0 (1–x).
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 99
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 100
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Chapitre 7 Equilibre acide-base P a g e | 101
Le modèle de Brønsted-Lowry n’est pas adapté aux réactions acidebase en phase gazeuse ou dans un
solvant inerte. Dans ces milieux, le proton H+ peut en effet être absent de la réaction. Le modèle de
Lewis fournit de nouvelles définitions des acides et des bases:
L’ammoniac gazeux ou liquide est un exemple de base de Lewis, car il est constitué de molécules
possédant une paire (un doublet) d’électrons non partagés sur l’atome d’azote. De même, l’eau
possède deux paires d’électrons non partagés sur l’atome d’oxygène. H2O est une base de Lewis.
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Chapitre 8 Equilibre d’oxydo-réduction P a g e | 102
Concepts-clés
Oxydation: perte d’électrons Co(s) → Co2+ + 2 e−
Une réaction d’oxydo-réduction ou "redox" est le siège d’une transformation avec échange
d’électrons (Bardez, 2009).
8.2 Définitions
8.2.1 Oxydant
On appelle oxydant tout composé susceptible de capter des électrons
Exemples :
8.2.2 Oxydation
Le corollaire de la définition précédente est que l’on appelle oxydation toute réaction
correspondant à une perte d’électrons.
8.2.3 Réducteur
Inversement est réducteur tout composé capable de céder des électrons. Dans les exemples
précédents, Fe2+ Fe, Cl- sont les réducteurs. Certains composés peuvent être à la fois oxydant et
réducteur (cas du Fe2+)
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Chapitre 8 Equilibre d’oxydo-réduction P a g e | 103
8.2.4 Réduction
Pour qu’un réducteur puisse céder ses électrons, il faut qu’un oxydant d’un autre couple
puisse les accepter. Les réactions d’oxydo-réduction mettent ainsi toujours en jeu deux
couples redox.
On dira ainsi que le Red1 est oxydé en Ox1 par Ox2 qui se réduit (en Red2). On aboutit ainsi
à une réaction d’oxydoréduction. Quelques règles simples permettent de retrouver
rapidement le nombre d’électrons échangés par ½ réaction.
,les atomes de Fe (degré d’oxydation 0) sont oxydés en ions Fe 2+ (degré d’oxydation +2), alors que le
chlore moléculaire Cl2 (0) est réduit en ions Cl – (–1). Le fer (0) fournit des électrons au chlore, il agit
dans cette réaction comme un réducteur. Le chlore prélève des électrons au fer, il agit donc comme
un oxydant. La réaction d’oxydo-réduction globale peut être décomposée en deux réactions
hypothétiques, appelées demi-réactions:
Fe2+ + 2 e– → Fe (2)
Par convention, les demi-réactions s’écrivent toujours dans le sens d’une réduction.
Ox + n e– → Réd
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Chapitre 8 Equilibre d’oxydo-réduction P a g e | 104
Par contre elle nécessite de considérer des molécules fictives entièrement ionisées pour
des molécules formées de liaisons covalentes,:
Le nombre d’oxydation de O est (-II) (sauf pour les peroxydes tels que H2O2 où il vaut -I)
Le nombre d’oxydation de H est (+I) (sauf pour les hydrures où il vaut -I)
La somme des nombres d’oxydation des atomes d’une espèce (molécule ou ion) est égale
à la charge de l’espèce
Par voie de conséquence le nombre d’oxydations d’un corps simple est nul (exemple : H 2,
Fe, Cl2)
Exemple :
Oxydation
Dans une réaction d’oxydo-réduction, l’augmentation du nombre d’oxydation lié à l’oxydation d’un
des couples redox doit être compensée par la diminution du degré d’oxydation lié à la réduction de
l’autre couple (Quarrie et al., 2011).
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Chapitre 8 Equilibre d’oxydo-réduction P a g e | 105
Les règles précédemment énoncées quant à la détermination des degrés d’oxydation permettent
d’attribuer les valeurs suivantes :
La différence entre les degrés d’oxydation des produits et des réactifs nous permet de
déterminer le nombre d’électrons échangés.
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Chapitre 8 Equilibre d’oxydo-réduction P a g e | 106
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Chapitre 8 Equilibre d’oxydo-réduction P a g e | 107
8.5 Pile
Soit une solution de sulfate cuivrique. CuSO 4 est un électrolyte fort. Il est donc entièrement
dissocié selon la réaction :
Si on plonge une lame de zinc dans cette solution, on constate, par l’observation d’une coloration
rouge, que du cuivre métal (Cu) se dépose sur la lame de zinc.
Du zinc métal (Zn) a tendance à passer en solution sous forme de Zn 2+. En effet, on observe que la
lame de zinc est attaquée. On a les demi-réactions suivantes :
On a donc observé que la réaction se produit de gauche à droite spontanément avec oxydation du
zinc (réducteur) par les ions cuivriques (oxydant). Par ailleurs, la réaction en sens inverse, (lames de
cuivre dans une solution d’ions Zn2+), ne donne rien. L’énergie chimique de cette réaction
d’oxydation-réduction est transformée en énergie thermique fournie au milieu extérieur (Bardez,
2009).
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Chapitre 8 Equilibre d’oxydo-réduction P a g e | 108
On réalise maintenant une pile dite de Daniell en plaçant ces deux couples redox dans
deux compartiments isolés reliés par un pont salin (assurant l’équilibre ionique dans
chaque compartiment). Dans le premier compartiment : on a une lame de zinc plongeant dans une
solution de sulfate de zinc. La demi-réaction s’écrit :
Dans le deuxième compartiment on a une lame de cuivre plongeant dans une solution
contenant des ions cuivriques :
On a ainsi constitué une pile. Si on place entre les deux électrodes un voltmètre de forte impédance,
on empêche la pile de débiter et on peut mesurer une force électromotrice (ou encore une
différence de potentiels).
Cependant, si on relie les électrodes entre elles par un conducteur, les électrons vont pouvoir
circuler d’un compartiment à l’autre et permettre aux réactions électrochimiques d’avoir lieu :
Remarque : On notera que la réaction est spontanée dans le sens indiqué ci-après :
Zn + Cu2+ → Zn2+ + Cu
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Chapitre 8 Equilibre d’oxydo-réduction P a g e | 109
On dit alors que Cu2+ est un oxydant plus fort que Zn 2+. .La demi-pile Zn2+/Zn fournit des
électrons alors que la demi-pile Cu2+/Cu capte de électrons. La convention électrique appliquée aux
piles qui consiste à attribuer le signe positif à l’électrode de plus fort potentiel nous conduit à noter
que la réduction se produit à la cathode (pole positif) alors que l’oxydation se produit à l’anode (pôle
négatif).
∆G = - n.F ×∆E
Dans les conditions standard (activité unité et T = 298 K) on peut définir une différence de
potentiel standard ∆G° = - n.F ×∆E° avec ∆E° : fem de la pile dans les conditions standards Il vient
alors l’équation dite de Nernst (Arnaud, 2002) :
On notera que les concentrations en phase liquide sont alors exprimées en mole/l.
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Chapitre 8 Equilibre d’oxydo-réduction P a g e | 110
fonctionnement :
On notera que les activités des espèces dissoutes sont prises égales aux concentrations
alors que celles des espèces solides sont prises égales à l’unité.
La force électromotrice de la pile ∆E est la différence entre les potentiels des deux électrodes (d’où
son autre dénomination « différence de potentiels »). Pour prévoir le sens spontané de
fonctionnement de la pile, il est fondamental de savoir
Afin de s’épargner la réalisation d’une pile pour chaque réaction étudiée, on a choisi de
comparer chaque couple à un couple de référence. Cette comparaison est faite dans les conditions
standard par rapport à une électrode de référence qui est l’électrode à hydrogène.
On a ainsi construit une échelle de potentiels pour un très grand nombre de couples. Le couple de
référence est donc le couple H+/H2 . Une électrode de platine plonge dans la solution acide soumise à
un flux d’hydrogène. On travaille à [H+] égal à 1 mole/l, sous une pression partielle d’hydrogène
égale à 1 bar et à 298 K : on est ainsi dans les conditions standards. En fonction du système étudié,
on distingue deux types d’électrodes :
Electrode du premier type : L’électrode est constituée du même métal que celui
engagé dans le couple redox (exemple : une électrode d’argent pour le couple
Ag+/Ag ou de zinc pour le couple Zn2+/Zn)
Electrode du second type : L’électrode est constituée d’un fil de platine trempant
dans la solution où sont présents l’oxydant et le réducteur du couple étudié.
On peut ainsi étudier les couples pour lesquels la forme réduite n’est pas solide
(exemple : Fe3+/Fe2+).
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Chapitre 8 Equilibre d’oxydo-réduction P a g e | 111
Remarque : On notera qu’il existe dans certain cas une électrode de type intermédiaire,
si le réducteur du couple n’est ni solide ni soluble. C’est, par exemple le cas du couple
Hg22+/Hg. Un fil de platine plonge alors dans une nappe de mercure reposant au fond du
récipient contenant la solution de sels mercureux (Hg22+).
Le potentiel de l’électrode de référence (électrode à hydrogène) étant nul par définition, il
suffit alors de mesurer la différence de potentiel aux bornes de la pile ainsi constituée pour
obtenir directement le potentiel de l’électrode du couple étudié (Baudin et al., 2004).
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Chapitre 8 Equilibre d’oxydo-réduction P a g e | 112
Le principe même de cette manipulation de base en chimie qu’est la titration repose sur le
caractère quantitatif de la réaction mise en jeu. En effet, pour que la détermination de la
quantité de l’espèce à doser soit quantitative il faut que la constante d’équilibre de sa
réaction avec l’espèce titrant soit très grande de telle sorte que la réaction soit « très déplacée »
dans le sens direct. On considère généralement que cette condition est remplie pour des constantes
d’équilibre supérieures à 104.
Pratiquement, on peut rapidement vérifier si cette condition est vérifiée en comparant les
potentiels standards.
On a vu au paragraphe précédent que l’on avait l’expression suivante :
Imaginons que l’on ajoute progressivement à une solution d’un réducteur Réd2 des quantités
croissantes d’une solution d’un oxydant Ox1, tel que la réaction :
Ox1 + Réd2 = Réd1 + Ox2 est pratiquement totale de gauche à droite. La concentration de Réd2 va
diminuer progressivement, tandis que celle de Ox2 augmentera. La variation inverse se produira pour
le couple Ox1/Réd1. Pour des solutions suffisamment diluées, la loi de Nernst, appliquée aux deux
couples rédox 1 et 2, donne pour expressions :
Comme les deux couples sont mélangés dans la même solution, il résulte que le potentiel de demi-
pile de la solution réactionnelle sera:
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Chapitre 8 Equilibre d’oxydo-réduction P a g e | 113
Comme dans les dosages acide-base, il est possible de construire une courbe de titrage, qui donne la
variation du potentiel E du couple Ox2/Réd2 en fonction du volume (ou du nombre de moles)
d’oxydant introduit.
Au point d’équivalence, c’est à dire lorsqu’on aura ajouté une quantité de Ox1 équivalente à celle de
Réd2 initialement présente, on aura: [Ox1] = [Réd2] , [Réd1] = [Ox2] et , par substitution dans
l’équation précédente :
Le titrage peut être effectué en traçant la courbe de titrage E = ƒ(x). Pour ce faire, on mesure le
potentiel d’une électrode de Pt en équilibre avec la solution, par rapport à celui d’une électrode de
référence (SCE par exemple).
Le point d’équivalence peut également être détecté par l’emploi d’une solution titrante colorée,
comme le permanganate de potassium (violet), dont un léger excès est facilement visible. L’emploi
d’indicateurs rédox colorés permet de généraliser la méthode.
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Certains liquides, tels que l'eau et l'alcool, sont solubles l'un dans l'autre en toute proportion.
Cependant, considérons une solution aqueuse contenant du sucre dissous. Au-delà d'une certaine
quantité de sucre rajouté à la solution, il n'y a plus dissolution de ce dernier : la solution est dite
saturée. La solubilité d'un composé dans un solvant donné à température et pression données est la
quantité maximale du composé qui peut être dissous dans la solution. Les Complexes en chimie, sont
des édifices poly-atomiques constitués d’un ion ou d’un atome central, entouré d’atomes, d’ions ou
de molécules associés à l’atome central par des liaisons chimiques.
Concepts-clés: Solubilité, solution saturée, solution sursaturée, composé peu soluble, composé
soluble, précipité, réaction de précipitation, ion commun, influence du pH,… complexe, ligand,
couple donneur/ accepteur de ligands, constantes d’équilibre, stabilité, complexes parfaits
et imparfaits, titrage complexométrique.
9.2 Définition
9.2.1 Saturation - Produit de solubilité
Mis à part le cas de quelques composés, on ne peut généralement pas dissoudre une
quantité illimitée de soluté dans une quantité limitée de solvant. Aussi, dans de nombreuses
situations, des composés mis en solution ne se dissolvent pas complètement. Une partie du composé
est alors solubilisée, l’autre partie reste sous forme solide au fond du récipient. A une température
donnée, il est impossible d’en dissoudre davantage. On dit alors de la solution qu’elle est saturée.
Cet état n’est pas le résultat d’une situation figée mais au contraire l’expression d’un équilibre
dynamique entre réaction de solubilisation et de précipitation. Cet équilibre entre la phase insoluble
et la phase dissoute est, comme tout équilibre chimique, régi par la loi d’action de masse :
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9.2.2 Solubilité
Remarque : On notera que les valeurs de solubilité peuvent être très petites, ainsi la
solubilité du chlorure d’argent dans l’eau pure est de l’ordre de 10 -5 mole/l soit moins de
2 mg d’AgCl solubles dans un litre d’eau pure (Arnaud, 2002).
S = [A+] = [B-]
On en déduit Ks = [A+].[B-] = s2
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Une augmentation de température favorise le sens endothermique (∆H0 >o). Or, dans leur grande
majorité, les réactions de dissolution de sels sont endothermiques. Une augmentation de
température favorise donc la dissolution de ces sels. Au contraire, une diminution de température
entraîne une reprécipitation (Bardez, 2009).
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La forme de l’expression ci-dessus indique donc bien que s’ < s conformément au principe
de le Chatelier.
Remarque : La nouvelle solubilité du sulfate de Baryum ne peut plus s’exprimer directement qu’à
partir de l’ion non commun présent en solution (a savoir, dans le cas présent, celle de Ba 2+.
La solubilité d’un sel peut également être modifiée par la formation d’un complexe.
Si l’un des ions libérés lors de la dissolution du sel est susceptible de former un complexe
stable avec un agent complexant, il en résulte une diminution de la concentration de cet
ion en solution et un déplacement de l’équilibre dans le sens de la dissolution. On
observera alors une augmentation de la solubilité apparente. On est alors dans la situation
inverse de celle décrite au paragraphe précèdent.
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En effet, les ions chlorure en solution ne sont pas affectés par une réaction autre que la
dissolution.
On peut aussi exprimer la solubilité par la somme des concentrations en ions Ag+ quelle
que soit leur forme (complexée ou non). Il vient :
On observera alors que la solubilité s’est effectivement dans ce cas une fonction
croissante de la concentration en ammoniac.
Le pH est un facteur sur lequel il est facile, en pratique, d’influer. Celui-ci est susceptible
d’affecter la solubilité de certains sels si les ions hydroxydes ou hydronium participent
directement à l’équilibre de dissolution (exemple : hydroxydes métalliques) ou s’ils déterminent les
concentrations d’espèces qui y participent par le jeu des équilibres acidobasiques (Stéphane et al.,
2004).
Un certain nombre de cations peuvent donner des hydroxydes. Ces espèces sont
généralement peu solubles. A titre d’exemple, on étudie le cas de l’hydroxyde de magnésium :
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Dans certains cas, l’espèce qui précipite est directement impliquée dans un équilibre acidobasique.
La solubilté est alors affectée par deux équilibres en série.
Si A- est la base conjuguée faible d’un acide faible AH, l’addition d’un acide fort va déplacer
l’équilibre acido-basique vers la droite :
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