L2 Ecole Universitaire – Math 201 Université Paris Saclay
Feuille 8 : absolue et semi-convergence 2022/23
1. Règle d’Abel.
√
a) La fonction x 7→ 1/ x est décroissante de limite 0 en +∞. Pour tout M ≥ 1,
Z M M
1
sin(2x)dx = − cos(2x) ≤ 1.
1 2 1
√ √
i x i x
b) Pour tout x ≥ 1, on peut écrire ex2/3 = x1/6
1 e√
x
. La fonction x 7→ x−1/6 est décroissante
de limite 0 en +∞. Pour tout M ≥ 1,
Z M i√x √ iM
e h
√ dx = −2iei x ≤ 4.
1 x 1
2 2
c) Pour tout x ≥ 2, on peut écrire cos(x ) 2x cos(x )
ln(x) = 2x ln(x) . La fonction x 7→
1
x ln(x) est
décroissante de limite 0 en +∞. Pour tout M ≥ 2,
Z M
M
2x cos(x2 )dx = sin(x2 ) 2 ≤ 2 .
2
7 ln(x)
d) Une étude rapide montre que la fonction x → x est décroissante sur [1, +∞[. Elle
est de limite 0 en +∞. Pour tout M ≥ 1,
Z M
cos(x)dx = [sin(x)]M 1 ≤ 2.
1
2. Semi-convergence. On considère les intégrales
Z +∞ Z +∞
cos x sin(x)
I= √ dx , J = dx .
0 1+x 0 2(1 + x)3/2
a) C’est un cas d’application de la règle d’Abel, puisque d’une part
Z M
∀M > 0 cos(x)dx = | sin(M )| ≤ 1 ,
0
et d’autre part x 7→ (1 + x)−1/2 est décroissante et tend vers 0 lorsque x → +∞.
b) Par positivité de l’intégrande, pour tout N ∈ N, on peut minorer
π
+N π N −1 Z π +(n+1)π
| cos x| | cos x|
Z
2 X 2
√ dx ≥ √ dx ,
0 1+x π
n=0 2 +nπ
1+x
puis par décroissance de x 7→ (1 + x)−1/2 ,
π
+N π N −1 Z π +(n+1)π
| cos x| | cos x|
Z
2 X 2
√ dx ≥ dx
1 + π2 + (n + 1)π
p
0 1+x π
n=0 2 +nπ
N −1
X 2
≥ p π
,
n=0
1+ 2 + (n + 1)π
en utilisant le fait que
Z π +(n+1)π Z π Z π
2 π
| cos x|dx = | cos(u + + nπ)|du = sin(u)du = 2 .
π
+nπ 0 2 0
2
2 √2
On voit que √ ∼n→+∞ . Par équivalence avec une série de Riemann
1+ π2 +(n+1)π nπ
√ π2
P
divergente, la série diverge. On en déduit que
1+ 2 +(n+1)π
N −1
X 2
lim p π
= +∞ .
N →+∞
n=0
1+ 2 + (n + 1)π
et donc π
+N π
| cos x|
Z
2
lim √ dx = +∞ .
N →+∞ 0 1+x
On en conclut que l’intégrale considérée n’est pas absolument convergente.
c) L’intégrale J est absolument convergente, puisqu’elle est impropre en +∞ et
sin(x) 1 1
≤ ∼x→+∞ 3/2 .
2(1 + x)3/2 2(1 + x)3/2 x
Soit M > 0. Une intégration par parties donne
sin x M
Z M Z M
cos x sin(x)
√ dx = √ + dx .
0 1+x 1+x 0 0 2(1 + x)3/2
Les deux intégrales sont convergentes, d’après ce qui a été dit avant. Le passage à la
limite M → +∞. donne le résultat, puisque le crochet converge vers 0.
d) On intègre par parties encore une fois : pour tout M > 0, on obtient
Z M M Z M
sin(x) cos x 3 cos(x)
3/2
dx = − 3/2
− dx
0 2(1 + x) 2(1 + x) 0 0 4(1 + x)5/2
et le passage (justifié) à la limite M → +∞ donne
Z +∞ Z +∞
sin(x) 1 3 cos(x)
3/2
dx = − dx .
0 2(1 + x) 2 0 4(1 + x)5/2
Or, on a
Z +∞ Z +∞ Z +∞
3 cos(x) 3 cos(x) 3 1
dx ≤ dx < dx = .
0 4(1 + x)5/2 0 4(1 + x)5/2 0 4(1 + x) 5/2 2
3. Théorème d’équivalence.
cos2 x cos
√x
a) Pour obtenir f (x) ∼ g(x), il suffit de constater que x = ox→+∞ x
.
b) La première intégrale est un cas d’application de la règle d’Abel, donc converge. Pour
2
la seconde, on peut noter que cosx x = cos(2x)2x
1
+ 2x pour tout x > 0. Or, l’intégrale
R +∞ cos(2x) R +∞ dx
1 2x dx vérifie la règle d’Abel, donc converge. Mais l’intégrale 1 2x est une
intégrale de Riemann divergente. On en conclut que leur somme diverge. On pourrait
aussi utiliser une minoration et un découpage, comme dans l’exercice 2.
c) L’hypothèse de positivité est indispensable pour utiliser le théorème d’équivalence.
√
d) L’intégrale est impropre uniquement en +∞, puisque si x ≥ 0 alors x + cos(x) > 0.
En effet, si x ∈ [0, 1] alors cos(x) > 0 et si x > 1 alors 1 + cos(x) > 0. Lorsque x → +∞,
cos(x) −1
cos(x) cos(x)
√ = √ 1+ √
x + cos(x) x x
cos(x) cos2 (x)
cos(x) −1
= √ 1− √ + + ox→+∞ (x )
x x x
cos(x) cos2 (x) cos3 (x)
= √ − + 3/2
+ ox→+∞ (x−3/2 ) .
x x x
| {z } | {z } | {z }
f (x) p(x) q(x)
On a déjà vu que l’intégrale de f converge, tandis que l’intégrale de p diverge. Pour
conclure, il suffit de voir par exemple que q(x) = ox→+∞ (x−5/4 ) pour en déduire par
comparaison “petit o” que l’intégrale de q est absolument convergente. Finalement,
l’intégrale considérée est divergente. Un découpage dans l’esprit de l’exercice 2 montre
qu’il s’agit d’une intégrale semi-convergente.
4. Nature.
5. Nature. (bis)
a) L’intégrale est impropre en 0+ et +∞. Au voisinage de 0+ , l’intégrale est absolument
convergente, puisque
1
∀x ∈]0, 1] sin x + − sin(x) ≤ 2 .
x
Lorsque x → +∞, on a x1 → 0 et l’on peut utiliser des DL connus :
1 1 1
sin x + − sin(x) = sin(x) cos + cos(x) sin − sin(x)
x x x
1 1
= sin(x) cos − 1 + cos(x) sin
x x
1 1 1 1
= sin(x) − 2 + ox→+∞ + cos(x) + o x→+∞
2x x2 x x2
cos(x) sin(x) 1
= − 2
+ ox→+∞ .
x 2x x2
Notons u(x) = cos(x) et v(x) = sin x + x1 − sin(x) − u(x), pour x ≥ 1. L’intégale
R +∞ x
1 u(x)dx est convergente d’après la règle d’Abel ; mais elle n’est pas absolument
convergente
R +∞ comme on peut le vérifier par découpage. Par ailleurs, la seconde intégrale
1 v(x)dx est absolument convergente, puisque par exemple |v(x)| = ox→+∞ (x−3/2 ).
R +∞
On en conclut que 1 u(x) + v(x)dx est semi-convergente.
b) L’intégrale est impropre en π3 . Comme
1 1 1
∼ π = √ ,
2 cos(x) − 1 x→ 3 −2 sin π π
3 x− 3 − 3 x − π3
l’intégrale diverge, par équivalence avec une intégrale de Riemann divergente.
c) L’intégrale est impropre en 0+ . Soit ε ∈]0, 1]. Une intégration par parties donne
1 √ 1
Z 1 Z 1
1 dx 1 dx
cos 3/2
= − sin x + sin √ ,
ε x x x ε ε x 2 x
puis une autre
1 √ 1
Z 1 1 Z 1
1 √
1 dx 1 1 3/2 3
cos 3/2
= − sin x + cos x − cos xdx .
ε x x x ε 2 x ε ε 4 x
Lorsque ε → 0+ , les crochets convergent. De plus, la dernière intégrale est absolument
convergente, puisque l’intégrande est majoré par 1 en valeur absolue. On en conclut
que l’intégrale converge. Autre méthode plus simple, utiliser le changement de variable
x = 1/t :
Z 1 Z 1/ε
1 dx cos(t)
cos 3/2
= √ dt .
ε x x 1 t
On reconnaı̂t alors une intégale semi-convergente.
6. Exemples et contre-exemples.
1) Soit f : [1, +∞[→ R l’application définie en posant pour tout x ≥ 1
cos(x)
f (x) = .
x1/4
R +∞
a) L’intégrale 1 f (x)dx converge car c’est un cas d’application de la règle d’Abel.
Pour tout x ≥ 1, on a
cos2 (x) 1 cos(2x)
(f (x))2 = √ = √ + √ ,
x 2 x 2 x
R +∞
ce qui montre que 1 (f (x))2 dx diverge.
b) Constater que f (x) = ox→+∞ (1) pour en déduire que (f (x))2 = ox→+∞ (f (x)).
Commentaire : on sait que si ϕ, ψ : [1, +∞[→R R sont deux fonctions continues
R +∞ telles
+∞
que ψ est positive, ϕ(t) = ot→+∞ (ψ(t)) et 1 ψ(t)dt converge alors 1 ϕ(t)dt
converge. Ici, avec ϕ = f 2 et ψ = f , toutes les hypothèses sont vérifiées, sauf la
positivité de ψ, et la conclusion ne tient pas.
2) La réponse est oui. Une fonction possible (tracer l’allure du graphe pour comprendre
l’idée) serait f : [1, +∞[→ R+ définie par
4 1
f (x) = max 0, E(x) − 1 − E(x) x − E(x) − ,
2
où E(x) désigne la partie entière du réel x. Autrement dit, pour tout entier n ∈ N∗ , si
n ≤ x < n + 1 alors
4 1
f (x) = max 0, n − 1 − n x − n − .
2
Les seuls éventuels points de discontinuité sont ceux de la fonction E, c’est-à-dire les
entiers. Or, pour tout n ∈ N∗ on a n − 1 − n4 n − n − 21 = n − 1 − 12 n4 < 0 donc
limn+ f = 0, et n − 1 − n4 n + 1 − n − 12 = n − 1 − 12 n4 < 0 donc lim(n+1)− f = 0. La
fonction f est donc continue. En outre,
Z n+1 Z n+ 12
1 4
f (x)dx = n−1+n x−n− dx
n n+ 12 − n−14
2
n
Z n+ 1 + n−1
2 n4
4 1
+ n−1−n x−n− dx
n+ 12 2
Z 0 Z n−1
n4
= n − 1 + n4 udu + n − 1 − n4 udu
− n−1
4 0
n
2(n − 1)2 (n − 1)2 (n − 1)2
= − n4 = .
n4 n8 n4
On en déduit que pour tout entier N ≥ 2, on peut majorer par la somme d’une série
convergente (terme général équivalent à celui d’une série de Riemann convergente) :
N N −1 +∞
(n − 1)2 X (n − 1)2
Z X
f (x)dx = ≤ .
1 n4 n4
n=1 n=1
R +∞
Puisque f est positive, on en déduit que l’intégrale 1 f (x)dx est convergente.
Un calcul similaire donne
Z n+1 Z 0 Z n−1
2 4 2 dv 2 (n − 1)3
v2 4 =
f (x)dx = 2 n − 1 + n u du = 2 .
n − n−1
4 0 n 3 n4
n
Cette fois-ci, on a une série divergente (dont le terme général est équivalent à celui de
la série harmonique) donc
N N −1
2 (n − 1)3
Z X
2
lim f (x)dx = lim = +∞ .
N →+∞ 1 N →+∞ 3 n4
n=1
3) a) Il suffit de constater que pour tout x > 0, on a par décroissance et positivité
Z x Z x
xf (x)
f (t)dt ≥ f (x)dt = ≥ 0.
x/2 x/2 2
R +∞
Or, le membre gauche tend vers 0, puisque l’intégrale impropre 0 f (t)dt converge.
b) La réponseRest non. Si f : [1, +∞[→ R est continue, positive et décroissante telle que
+∞
l’intégrale 1 f (x)dx converge, alors d’après ce qui précède, f (x) = ox→+∞ (1/x)
et donc (f (x))2 = ox→+∞ (1/x2 ). Cette fois-ci le corollaire
R +∞ petit2o s’applique,
≪ ≫
2
car x 7→ 1/x est positive, ce qui montre que l’intégrale 1 (f (x)) dx converge.
7. Nature. Le but de cet exercice est d’étudier, en fonction de α > 0, la nature de l’intégrale
Z +∞
t dt
I(α) = .
0 1 + tα sin2 t
1) On sait que pour tout t ≥ 0, on a 1 + tα sin2 (t) ≤ 1 + tα donc
t t
≥ 0. ≥
1+ 1 + tα sin2 t
tα
De plus t/(1 + tα ) ∼ t1−α quand t → +∞ et dt/tα ne converge pas lorsque α ≤ 2.
R
R +∞ t
On en déduit d’après le théorème d’équivalence que 0 1+tα dt diverge. D’après le
théorème de comparaison des intégrales de fonctions positives, I(α) diverge.
2) Pour tout λ > 0, on note Z π
dt
J(λ) = .
0 1 + λ sin2 t
a) Le changement de variable t = π − u, donne formellement dt = −du et
π 0 π/2
−du
Z Z Z
dt du
= = ,
π/2 1 + λ sin2 t π/2 1 + λ sin2 u 0 1 + λ sin2 u
d’où Z π Z π/2 Z π Z π/2
dt
J(λ) = = + =2 .
0 0 π/2 0 1 + λ sin2 t
b) Notons que pour tout t ∈ [0, π/2[, on peut écrire
1 1 cos2 t 1 cos2 t
= =
1 + λ sin2 t cos2 t 1 + λ sin2 t cos2 t cos2 t + (1 + λ) sin2 t
1 1
= .
cos2 t 1 + (1 + λ) tan2 t
Pour tout ε ∈]0, π/2], le changement de variable u = tan t donne formellement
du = dt/ cos2 t et
Z π/2−ε Z π/2−ε Z tan(π/2−ε)
dt 1 dt du
= = .
0 1 + λ sin2 t
0
2 2
1 + (1 + λ) tan t cos t 0 1 + (1 + λ)u2
R +∞
Or, (1 + (1 + λ)u2 )−1 ∼ (1 + λ)−1 u−2 donc l’intégrale 0 du
1+(1+λ)u2
impropre en
+
+∞ converge. On peut ainsi passer à la limite ε → 0 pour obtenir l’égalité
Z π/2 Z +∞
dt du
2 = 1 + (1 + λ)u2
.
0 1 + λ sin t 0
√
Un nouveau changement de variable u = v/ 1 + λ donne
Z +∞ Z +∞
du 1 dv π
2
= √ 2
= √ .
0 1 + (1 + λ)u 1+λ 0 1 + v 2 1+λ
√
En regroupant ce qui précède, on trouve J(λ) = π/ 1 + λ.
3) a) Pour tout N ∈ N∗ , en posant t = nπ + u, comme sin(nπ + u) = − sin(u),
Z Nπ N −1 Z (n+1)π N −1 Z π
t dt X t dt X (nπ + u) du
2 = 2 = .
0
α
1 + t sin t n=0 nπ
α
1 + t sin t n=0 0
1 + (nπ + u)α sin2 u
b) On peut majorer chacun des termes de la somme par
Z π Z π
(nπ + u) du (n + 1)π du α (n + 1)π 2
2 ≤ 2 = (n + 1)πJ((nπ) ) = .
α
0 1 + (nπ + u) sin u
α
0 1 + (nπ) sin u (nπ)α/2
2
Or, (n+1)π
(nπ)α/2
∼ n1−α/2 π 2−α/2 quand n → +∞. On en déduit que c’est le terme général
d’une série convergente. Comme chacun des termes est positif, on peut majorer
Z Nπ +∞
X (n + 1)π 2
t dt
≤ .
0 1 + tα sin2 t n=0 (nπ)α/2
t
Puisque h : t 7→ 1+tα sin2 t
est à valeurs positives et que pour tout x ∈ R+ on a la
majoration
x πE(x/π)+π +∞
(n + 1)π 2
Z Z X
h(t)dt ≤ h(t)dt ≤ ,
0 0 n=0
(nπ)α/2
R +∞
on en déduit que 0 h(t)dt converge.