LECTURE MÉTHODIQUE 1
Texte 1 : Une civilisation du surmenage
Notre société « de consommation » est essentiellement une «
société de tentation, de travail, de stress et d’anxiété. »
Sur le lieu même du travail, la vie professionnelle est rendue
plus minutieuse par l’introduction accélérée des techniques de plus en plus
élaborées créant par là même une tension de compétition et une sourde
crainte de ne pouvoir suivre le train. La peur de perdre la sécurité de
l’emploi et de ne pouvoir la retrouver crée, surtout à partir d’un certain
âge, un état permanent de tension anxieuse majeure.
En dehors du travail, l’homme ne trouve plus de détente, car la
tension se maintient, due aux distances, aux difficultés de transport, à la
lenteur de la circulation, aux attentes, à la crainte du retard, au bruit…
Le foyer, ce havre de paix, n’est plus un lieu de repos : il y a la
télévision, les transistors, les électrophones des enfants ; les travaux
ménagers ne sont certes pas un délassement, surtout pour les femmes qui
travaillent à l’extérieur. Le surmenage d’un des membres de la famille
affecte l’atmosphère générale. La nuit, souvent peuplée des bruits de la
ville, n’accorde plus le sommeil bienfaisant et réparateur.
Entre l’escalade quotidienne de la tension nerveuse et la modicité
des possibilités de récupération, l’homme ne peut plus tenir qu’en
augmentant sans cesse sa dépense d’énergie nerveuse. La tentation est
souvent forte de mobiliser ses réserves par divers moyens : alcool, tabac,
café, médicament, et d’échapper à la monotonie de l’effort quotidien par la
multiplicité des distractions. Mais aucune de ces stimulations n’accroît
l’efficacité des mécanismes de récupération, elle les affaiblit au contraire.
Ainsi, la société moderne place l’homme dans une situation
périlleuse : d’une part, elle le contraint à vivre au maximum de la dépense
nerveuse, d’autre part, elle limite ses possibilités de récupération.
Dr F. Frisch, L’Homme fatigué.
I. PRÉSENTATION DU TEXTE
Ce texte intitulé « Une civilisation du surmenage » est du docteur F. Frisch. Il est un extrait de son ouvrage L’homme
fatigué.
II. HYPOTHÈSE GÉNÉRALE
Un texte argumentatif réaliste montrant que la société moderne détruit l’homme.
III. VÉRIFICATION DE L’HYPOTHÈSE GÉNÉRALE
Axe de lecture 1 : Un texte argumentatif réaliste
Entrées Repérages Analyses Interprétation
P1 «Notre société…d’anxiété » Thèse de l’auteur
La structure du texte →
P2, 3, 4, et 5 « Sur le lieu…au
contraire » → Preuves A travers les valeurs des
paragraphes et la valeur de vérité
P6 «Ainsi…la récupération » → Confirmation de la thèse générale des verbes, nous notons
que l’auteur construit son
argumentation de façon à donner
un effet de réel à ce qu’il dit, afin
Le temps et le mode « Est » Verbes au présent de
de nous amener à accepter son
des verbes l’indicatif à valeur de
« Trouve » point de vue.
vérité générale
« Place »
Axe de lecture 2 : la société moderne détruit l’homme
Entées Repérages Analyses Interprétation
« La peur…majeur. » L5 à L7
Les formes de « L’homme…détente. » L20 à L21 Une phrase affirmative et A travers ces phrases et ces
phrases des phrases négatives groupes nominaux négatifs,
« Mais aucune…au contraire. » indiquant les actions l’auteur amplifie l’idée négative qu’il
néfastes de la société. a de la société. C’est une société
qui n’a pour seul but que de
conduire l’homme à sa mort.
« La tension nerveuse » L16 Des groupes nominaux
négatifs
Le lexique « Une situation périlleuse » L22
BILAN DE L’ÉTUDE : La structure du texte, le temps et le mode des verbes, les formes de phrases et le lexique
nous ont permis de montrer que ce texte est un texte argumentatif réaliste mettant en exergue les actions
négatives de la société sur l’homme. L’hypothèse générale se trouve vérifiée et enrichie.
Exploitation du texte « Une civilisation du surmenage »
VOCABULAIRE
1- Dans les phrases suivantes, remplace chaque mot souligné par un synonyme :
P1 : Sur le lieu même du travail, la vie professionnelle est rendue plus minutieuse par
l’introduction accélérée des techniques de plus en plus élaborées créant par là même
une tension de compétition et une sourde crainte de ne pouvoir suivre le train . → Sur le
lieu même du travail, (…) un stress de compétition (…).
P2 : Le foyer, ce havre de paix, n’est plus un lieu de repos → Le foyer, ce refuge, n’est plus
un lieu de repos.
P3 : Ainsi, la société moderne place l’homme dans une situation périlleuse → Ainsi, la
société moderne place l’homme dans une situation difficile.
2- Trouve l’adverbe de la même famille que le nom « crainte ». → craintivement.
GRAMMAIRE
1- Dans la phrase suivante, identifie le mot de liaison et nomme-le.
P : L’homme ne trouve plus de détente, car la tension se maintient, due aux distances, aux difficultés
de transport. → Nous avons « car » qui est un connecteur logique, plus particulièrement une
conjonction de coordination.
Définition : Les connecteurs logiques sont des mots ou groupes de mots qui permettent de relier des
phrases, des propositions, des paragraphes en tenant compte de la relation logique qui les unit.
Exemple :
2- Identifie le connecteur qui relie le paragraphe 5 et le paragraphe 6, puis donne sa valeur.
→ Ainsi est le connecteur logique qui relie ces deux paragraphes. Il sert à conclure.
Les valeurs des connecteurs logiques
Pour une relation d’addition, on a : et, en outre, de plus, …
Pour une relation de cause, on a : car, en effet, parce que, puisque,…
Pour une relation de conséquence, on a : ainsi, c’est pourquoi, si bien que, …
Pour une relation d’opposition, on a : mais, pourtant, néanmoins, …
Exercice
Souligne les connecteurs des phrases suivantes et donne leur valeur.
1- Oi
2- Nh
3- Loi
4- moi