Dans ce passage du Dernier Jour d’un Condamné, Victor Hugo nous offre une description
très détaillée et accablante de la cellule du condamné à mort. L’analyse de ce chapitre révèle
plusieurs thèmes essentiels, à commencer par la condition inhumaine de l'incarcération, la
déshumanisation du prisonnier et la critique sociale de l'époque. Voici une analyse simple et
claire du texte :
1. L’espace clos et la confinement
Le narrateur décrit sa cellule comme étant très petite (huit pieds carrés), ce qui symbolise
l'enfermement physique et psychologique de la prison. Cette dimension restreinte montre la
privation totale de liberté et la répression systématique. Le narrateur est placé dans un
environnement réduit à son minimum vital, ce qui amplifie son isolement.
2. Le contraste entre la réalité et l’espérance
Il n'y a pas de fenêtre, pas de lumière naturelle, ce qui signifie qu'il est privé de tout contact
avec le monde extérieur. La seule ouverture est une petite lucarne avec une grille, qui
empêche l'accès à la lumière et à l'air. Cela souligne la séparation totale du prisonnier de la vie
extérieure et de la liberté.
3. Les conditions de vie inhumaines
La description de la « botte de paille » comme lieu de sommeil et des vêtements misérables
(pantalon de toile et veste de coutil) montre l’extrême pauvreté des conditions de vie dans la
prison. Cela représente une forme de dégradation physique et morale, où le prisonnier est
traité non pas comme un être humain, mais comme un objet ou un animal enfermé.
4. La déshumanisation et le contrôle constant
Le narrateur mentionne le « factionnaire de garde » qui est constamment présent devant sa
porte, avec ses yeux qui restent fixés sur lui. Cela renforce l'idée d'une surveillance
omniprésente, où chaque mouvement est contrôlé. Le prisonnier est constamment observé et
privé de sa dignité humaine.
5. Le passé historique de la prison
Le fait que la prison soit située dans l'ancien château de Bicêtre, datant du XVe siècle et
construit par le cardinal de Winchester, ancre l’histoire du narrateur dans une longue tradition
de répression, et même de cruauté, puisqu’il est rappelé que le cardinal de Winchester est
celui qui fit brûler Jeanne d'Arc. Cela ajoute une dimension historique à la souffrance du
narrateur et montre que les pratiques pénitentiaires violentes sont enracinées dans un passé
lointain et impitoyable.
6. Le ton ironique et critique
L'usage de termes comme « dérision » pour désigner l'alcôve, « en guise de ciel » pour la
voûte en ogive, et l'idée de l'air et de la lumière qui « supposent » être dans cette boîte de
pierre, témoigne du ton ironique de Hugo. Il dénonce non seulement les conditions de la
prison, mais aussi l'absurdité du système pénal de son époque, qui, loin d'humaniser les
détenus, semble les maintenir dans
une souffrance inutile et constante.
Conclusion :
Ce chapitre met en lumière l'inhumanité de l'enfermement dans une cellule où le condamné
est réduit à l'état de simple corps vivant, sans dignité ni liberté. Par cette description, Hugo
critique violemment le système carcéral de son époque, le traitement réservé aux prisonniers,
et plus largement la société qui tolère de telles conditions. Le narrateur, tout en décrivant son
espace de détention, fait ainsi un portrait accablant de la justice et de la souffrance humaine.
La cellule du condamné est extrêmement petite, avec seulement huit pieds carrés d’espace.
Il n’y a pas de fenêtres, juste une petite ouverture protégée par une grille.
Le prisonnier dort sur une botte de paille, habillé de vêtements misérables, hiver comme
été.
La cellule est sombre et humide, avec des toiles d’araignée suspendues au plafond.
Un gardien surveille constamment la porte, empêchant toute intimité ou liberté.
La prison est située dans un ancien château, renforçant l’idée de répression historique.
Le narrateur critique la déshumanisation du système carcéral et l’absurdité des conditions
de vie.
Analyse du chapitre 11 du Dernier Jour d’un Condamné :
1. Le temps et la réflexion sur la nuit : Le narrateur se retrouve dans une situation de
solitude, où la nuit est encore présente. Il cherche une occupation pour tuer le temps,
ce qui souligne son ennui et son isolement.
2. Les inscriptions murales comme témoignages : Le narrateur découvre que les murs
de sa cellule sont couverts de dessins, d’écritures et de noms laissés par les anciens
prisonniers. Ces marques témoignent de leur passage, mais aussi de leurs souffrances
et de leur besoin de laisser une trace de leur existence.
3. Une sorte de « livre » des prisonniers : Le narrateur évoque l’idée de recomposer un
« livre » à partir des inscriptions, montrant une curiosité pour les pensées et les vies
des autres condamnés. Ces fragments de pensées sont, pour lui, comme des morceaux
de vies perdues, des êtres humains rendus anonymes par la condition carcérale.
4. Les symboles de la souffrance et du désir : Les dessins et les inscriptions incluent
des cœurs enflammés, des symboles de l’amour et du désir. Par exemple, l’inscription
« Amour pour la vie » est associée à un dessin naïf et désespéré, illustrant un espoir
qui s’effondre dans le contexte de la prison.
5. Les traces de l’histoire et des révoltes politiques : Il y a aussi des références à des
événements politiques, comme le slogan « Vive l’empereur ! » ou des noms liés à des
mouvements révolutionnaires. Ces inscriptions rappellent que la prison est un lieu où
se croisent à la fois des désespoirs personnels et des enjeux politiques.
6. Une critique de l’injustice sociale et politique : Le narrateur fait une réflexion amère
sur les idéaux politiques qui conduisent certains à la guillotine, se comparant à ces
jeunes gens qui ont été condamnés pour leurs idéaux. Cela le fait réfléchir sur sa
propre situation et sur la différence entre ses actions criminelles et celles des autres
condamnés, qui ont agi selon leurs convictions politiques.
7. La peur de la mort imminente : En découvrant un dessin effrayant de l’échafaud, le
narrateur prend soudainement conscience de l’imminence de sa propre exécution. Ce
moment marque une montée de la terreur et de l’angoisse face à la mort, qui semble
désormais inévitable.
Conclusion :
Dans ce chapitre, Hugo nous montre l’âme humaine à travers les marques laissées par les
prisonniers sur les murs de leur cellule. Ces inscriptions sont des témoignages de souffrance,
de désespoir, mais aussi de révolte et d’espoir. Le narrateur, en s’y plongeant, fait une
réflexion profonde sur l’existence, la mort et l’injustice, et nous livre un instant d’humanité
intense, au cœur de la souffrance.
Le narrateur explore les murs de sa cellule, couverts de dessins et d’inscriptions laissés par
les anciens prisonniers.
Ces marques sont des témoignages des souffrances et des vies des condamnés.
Il compare les inscriptions à un « livre » des prisonniers, cherchant à comprendre leurs
pensées et leurs histoires.
Parmi les dessins, il trouve des symboles d’amour et de désir, comme des cœurs
enflammés.
Certaines inscriptions font référence à des événements politiques, comme « Vive
l’empereur ! » ou des noms liés à des révoltes.
Le narrateur critique l’injustice sociale et politique en comparant sa situation à celle des
autres condamnés.
En découvrant un dessin de l’échafaud, il prend conscience de l’imminence de sa propre
exécution.
Ce chapitre montre l’humanité des prisonniers à travers leurs marques, et l’angoisse de la
mort imminente du narrateur.
Analyse du chapitre 12 du Dernier Jour d’un Condamné :
1. La curiosité morbide et l’angoisse de la mort imminente :
Le narrateur, après avoir été frappé par un moment de terreur, reprend sa lecture des
inscriptions sur les murs de sa cellule. Il devient obsédé par les noms des précédents
occupants, tous des criminels notoires. Cette curiosité morbide révèle l'isolement du narrateur
et son angoisse face à la mort, d’autant plus que ces noms rappellent des meurtres violents.
2. Les noms des condamnés :
Les noms inscrits sur le mur (Dautun, Poulain, Jean Martin, Castaing, Papavoine) sont ceux
de criminels célèbres, dont les actes horribles sont évoqués dans des détails choquants. Ce
détail accentue l’atmosphère lugubre et violente de la cellule. Le narrateur commence à voir
des liens entre les précédents occupants et son propre destin, renforçant son sentiment de
fatalité.
3. La projection du narrateur sur ses prédécesseurs :
Le narrateur se sent envahi par les souvenirs des actes cruels commis par les anciens détenus
de la cellule. L’idée qu’il occupe la même place que ces meurtriers, qu’il « hérite » de leur
place, le conduit à un sentiment de malaise. Il se voit déjà comme une victime du même
système qui les a condamnés, et la mention de leur lieu de repos (le cimetière de Clamart)
accentue cette sensation de fin inéluctable.
4. L’apparition de visions hallucinatoires :
Sous l'effet de la fièvre et du stress, le narrateur commence à vivre des hallucinations. Les
noms inscrits sur le mur lui apparaissent comme brûlés par du feu, et il croit voir des spectres
défigurés d'hommes décapités, comme des fantômes des anciens prisonniers. Ces visions
renforcent la folie et l'isolement du narrateur, qui se perd dans ses pensées morbides.
5. Le contraste entre rêve et réalité :
Le narrateur, tout en étant conscient qu'il n’est pas superstitieux, est submergé par ses
hallucinations. Il se questionne sur la nature de ces visions (rêve, réalité, ou simple produit de
son imagination) et semble sur le point de perdre son esprit. L’apparition de l’araignée à la fin
du passage, qui le ramène brusquement à la réalité, met en lumière la tension entre la folie
intérieure du narrateur et la réalité tangible de son environnement.
6. Le thème de la mort et de l’inexorabilité du destin :
Le narrateur se débat avec la fatalité de sa condition. En se comparant aux autres condamnés
et en imaginant leur dernier moment, il ressent une horreur grandissante de la mort qui
l’attend. Toutefois, en se rendant compte qu’il s'agit d’une chimère, il réaffirme la réalité de
sa situation : il ne peut échapper à sa fin, et il est prisonnier d’un destin implacable.
Conclusion :
Dans ce chapitre, Hugo met en lumière l'état mental du narrateur, pris entre l'angoisse de la
mort et l'obsession morbide des prisonniers précédents. À travers ses hallucinations, il explore
la peur irrationnelle, la folie naissante et la fatalité du destin. La cellule devient un espace où
la réalité et l’imaginaire se confondent, illustrant la tension entre l'esprit humain et les
conditions extrêmes de la captivité.
Effectivement, dans ce passage du Dernier Jour d’un Condamné, Victor Hugo cite des
criminels ayant commis des actes particulièrement atroces, comme le meurtre de proches ou
d'innocents, des crimes qui touchent à des valeurs profondément humaines comme l'amitié, la
famille et l'honneur. L’intention de Hugo derrière cette mention de criminels violents n’est
pas de justifier ou d'excuser leurs actes, mais de pousser le lecteur à réfléchir de manière plus
profonde et complexe sur la question de la peine de mort.
Voici quelques éléments clés qui expliquent cette approche :
1. L'ironie de la justice humaine : En mentionnant des criminels qui ont commis des
actes monstrueux, Hugo cherche à montrer que la justice humaine, souvent impulsive
et injuste, n’est pas légitime. Il soulève la question : même ces criminels, aussi
horribles que soient leurs actes, doivent-ils être condamnés à mort de manière
irréversible ? L’objectif de Hugo est de provoquer une réflexion sur la nature de la
justice, qui n’est pas toujours équitable, et sur le fait que la peine de mort ne résout
rien, mais perpétue la violence.
2. L’injustice du système pénal : En présentant des criminels aux actes horribles, Hugo
souligne que, malgré leur cruauté, ceux qui sont condamnés à mort n’ont souvent pas
d’autre échappatoire que cette sentence fatale. Il les place dans un même espace – la
cellule – pour rappeler que, dans la perspective de la peine capitale, il n'y a pas de
distinction humaine réelle entre les condamnés : l'État applique la même punition à
tous, indépendamment de la gravité de leurs actes ou des circonstances de leur crime.
Cette « égalité » dans la souffrance est une critique directe du système judiciaire.
3. L’humanité des criminels : Hugo, même en citant des criminels, veut rappeler que la
peine de mort ne fait pas de distinction entre les différentes sortes de criminalité. Par
cette juxtaposition, il cherche à démontrer que même les plus cruels des criminels ont
été des êtres humains, et que la société devrait rechercher des solutions plus humaines
à la réhabilitation. En d’autres termes, Hugo veut que le lecteur ressente de l’empathie
pour le condamné à mort, même si cet individu a commis des actes terribles.
4. La réflexion morale sur le rôle de la société : Hugo cherche à interpeller le lecteur
sur sa propre responsabilité en tant que membre de la société. En exposant des crimes
horribles, il renverse la perspective : qui est véritablement « coupable » dans une
société où la justice elle-même prend la vie de ceux qu’elle condamne ? L’argument
est que la société, en appliquant la peine de mort, s'abaisse moralement et renonce à
des valeurs humaines plus profondes, comme la rédemption et la miséricorde.
Conclusion :
Hugo ne cherche pas à défendre ou excuser les criminels mentionnés, mais utilise leur
présence pour provoquer une réflexion sur l'injustice de la peine de mort. Il veut que le lecteur
prenne conscience que, même face aux pires crimes, la justice doit s’interroger sur son rôle et
sur l'impact moral de l'exécution capitale. En faisant cela, Hugo invite à une vision plus
humaniste de la justice et pousse à l'abolition de la peine de mort, qui, selon lui, ne fait
qu’entretenir la violence et l’injustice dans la société.
Le narrateur découvre des noms de criminels sur les murs, ce qui renforce son angoisse.
Il se sent lié à ces criminels, occupant la même cellule, et pressent sa propre fin.
Les noms lui apparaissent comme brûlés dans le feu, et il voit des spectres de condamnés.
Pris de terreur, il perd la frontière entre réalité et hallucination.
L’araignée qui touche son pied le ramène brutalement à la réalité.
Le narrateur est submergé par la peur de la mort qui approche.
Ce chapitre montre comment la solitude et l’angoisse mènent à la folie du narrateur.
Hugo montre la confusion du narrateur entre la réalité de sa situation et ses visions
intérieures.