Bases et dualité des espaces vectoriels
Bases et dualité des espaces vectoriels
Dualité
Dans cette section, nous considérons seulement les espaces vectoriels sur un corps com-
mutatif K(= R ou C) ; K sera muni de sa structure d’espace vectoriel. Il est de dimension 1
sur K.
Définition 1.0.1. Soit E , un K-espace vectoriel. Une forme linéaire sur E est toute application
linéaire de E dans K i.e. un élément de L K (E ).
L’espace vectoriel L K (E ) des applications linéaires de E dans K, s’appelle l’espace dual de E , et
est noté par : E ∗ .
E ∗ = L K (E ) = L (E , K) est l’ensemble des formes linéaires sur E .
Le dual de E ∗ est appelé le bidual de E et est noté E ∗∗ .
Notation
On notera souvent, mais pas toujours, x ∗ , y ∗ , ...., les éléments de E ∗ .
Remarque 1.0.1. Les formes linéaires sur E sont des éléments de l’espace vectoriel L K (E ).
Toutes les notions et opérations relatives aux éléments d’espace vectoriel s’appliquent aux formes
linéaires, on parlera de formes linéaires indépendantes de somme de deux formes, etc.
Exemple 1.0.1. 1. si (a 1 , ..., a n ) est une base d’un K-espace vectoriel E , tout élément x de E
n
αi a i .
X
s’écrit de manière unique sous la forme x =
i =1
L’application f i : E −→ K définie par f i (x) = αi est une forme linéaire définie sur E , dite la
i i ème forme coordonnée.
2. Soit E = C ([0, 1], R) l’espace vectoriel des fonctions continues de [0, 1] sur R. L’application Θ
R1
de E dans R définie par : Θ( f ) = 0 f (t ) dt est une forme linéaire définie sur E .
1
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
F (x 1 , λx 2 ) = λF (x 1 , x 2 )
∀(x 1 , y 1 ) ∈ E 12 , ∀(x 2 , y 2 ) ∈ E 22 , ∀λ ∈ K.
Exemple 1.0.2. F : R3 × R3 −→ R
((x, y, z), (x 0 , y 0 , z 0 )) −→ xx 0 + y y 0 + zz 0
est une forme bilinéaire définie sur R3 × R3 .
Immédiate !
Théorème 1.0.2. Soit E un K-espace vectoriel décrit par x, son dual E ∗ décrit par x ∗ et la
forme bilinéaire canonique (x, x ∗ ) −→< x, x ∗ >= x ∗ (x), de E × E ∗ dans K.
L’application partielle x̃ : E ∗ → K définie par : x ∗ −→< x, x ∗ > est un élément de E ∗∗ . Elle est
définie par : ∀x ∈ E , ∀x ∗ ∈ E ∗ , x̃(x ∗ ) =< x ∗ , x̃ >=< x, x ∗ >= x ∗ (x).
L’application x −→ x̃ de E dans E ∗∗ est linéaire, elle est appelée homomorphisme canonique
de E dans E ∗∗ .
Preuve
L’application : E −→ E ∗∗
x −→ xe : E ∗ −→ K
f −→ xe( f ) =< f , xe >=< x, f >= f (x)
est canonique, i.e. qu’elle dépend uniquement de la structure de l’espace vectoriel.
Elle est linéaire. En effet :
˜
• (x
Ü x +˜ y >=< x + y, f >= f (x + y) = f (x) + f (y)
+ y)( f ) =< f , Û
=< x, f > + < y, f >
=< f , x̃ > + < f , ỹ >= x̃( f ) + ỹ( f ).
˜ ˜
Ú f ) =< f , λx
Ø >=< λx, f >= f (λx) = λ f (x) = λ < x, f >
•(λx)(
= λ < f , x̃ >= λx̃( f ).
Égalités vraies pour tout f de E ∗ . Donc on a :
˜
x +˜ y = x̃ + ỹ et (λx)
Û Ú = λx̃. ∀x, y ∈ E , ∀λ ∈ K.
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Preuve
Rappelons le résultat suivant : Soient E et F deux K-espaces vectoriels. {V1 , ...,Vn } une base de
E et soit µ1 , ..., µn des vecteurs quelconques de F . Il existe alors une application linéaire unique
f : E −→ F telle que f (V1 ) = µ1 , f (V2 ) = µ2 , ... , f (Vn ) = µn .
D’aprés ce rappel les applications φi sont uniques et bien définies.
•φ1 , ..., φn engendrent E ∗ . En effet, soit φ un élément quelconque de E ∗ et supposons que
φ(V1 ) = k 1 , φ(V2 ) = k 2 ,..., φ(Vn ) = k n .
Posons σ = k 1 φ1 + · · · + k n φn . Alors σ(V1 ) = k 1 φ1 (V1 ) + k 2 φ2 (V1 ) + · · · + k n φn (V1 ) = k 1 .
De même pour i = 2, ..., n, σ(Vi ) = k i .
Ainsi, φ(Vi ) = σ(Vi ), pour i = 1, ..., n. Donc, φ = σ = k 1 φ1 + · · · + k n φn et donc {φ1 , ..., φn } en-
gendre E ∗ .
• Montrons que le système {φ1 , ..., φn } est libre.
Supposons que a 1 φ1 + a 2 φ2 + · · · + a n φn = 0 =⇒
(a 1 φ1 + a 2 φ2 + · · · + a n φn )(V1 ) = 0 = a 1 φ1 (V1 ) + a 2 φ2 (V2 ) + · · · + a n φn (V1 ) = a 1 . De même pour
i = 2, ..., n.
(a 1 φ1 +a 2 φ2 +· · ·+a i φi +· · ·+a n φn )(Vi ) = 0 = a 1 φ1 (Vi )+· · ·+a i φi (Vi )+· · ·+a n φn (Vi ) = a i = 0.
Exemple 1.1.1. Trouver la base duale {φ1 , φ2 } de la base V1 = (2, 1);V2 = (3, 1) de R2 .
Nous cherchons les formes linéaires : φ1 (x, y) = ax + b y et φ2 (x, y) = c x + d y, telles que
φ1 (V1 ) = 1 ; φ1 (V2 ) = 0 ; φ2 (V1 ) = 0 ; φ2 (V2 ) = 1.
Ainsi,
(
φ1 (V1 ) = φ1 (2, 1) = 2a + b = 1
=⇒ a = −1; b = 3
φ1 (V2 ) = φ1 (3, 1) = 3a + b = 0
(
φ2 (V1 ) = φ2 (2, 1) = 2c + d = 0
=⇒ c = 1; d = −2
φ2 (V2 ) = φ2 (3, 1) = 3c + d = 1
Donc la base duale est : φ1 (x, y) = −x + 3y ; φ2 (x, y) = x − 2y.
Exemple 1.1.2. Trouver la base duale de la base V1 = (1, −1, 3);V2 = (0, 1, −1);V3 = (0, 3, −2), de
R3 .
φ1 (x, y, z) = a 1 x + a 2 y + a 3 z;
Cherchons les formes linéaires : φ2 (x, y, z) = b 1 x + b 2 y + b 3 z;
φ (x, y, z) = c x + c y + c z
3 1
2 3
φ1 (v 1 ) = 1;
φ2 (v 1 ) = 0;
φ3 (v 1 ) = 0;
φ1 (v 1 ) = φ1 (1, −1, 3) = a 1
telles que : φ1 (v 2 ) = 0; φ2 (v 2 ) = 1; φ3 (v 2 ) = 0; φ1 (v 2 ) = φ1 (0, 1, −1) = a 2
φ (v ) = 0. φ (v ) = 0. φ (v ) = 1. φ (v ) = φ (0, 3, −2) = 3a
1 3 2 3 3 3 1 3 1
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2. Si l’application x → x̃, est toujours injective, elle n’est jamais surjective, en dimension
infinie.
Théorème 1.1.2. Soit {V1 , ...,Vn } une base de E , et soit {φ1 , · · · , φn } la base duale de E .
Alors pour tout u ∈ E ,
(1) u = φ1 (u)V1 + φ2 (u)V2 + · · · + φn (u)Vn , et pour toute forme linéaire σ ∈ E ∗ i.e. les compo-
santes de u dans {V1 , ...,Vn } sont : {φ1 (u), · · · , φn (u)}.
(2) σ = σ(V1 )φ1 + σ(V2 )φ2 + · · · + σ(Vn )φn .
Preuve
• Supposons u = a 1V1 + a 2V2 + · · · + a n Vn , alors
φ1 (u) = a 1 φ1 (V1 ) + a 2 φ1 (V2 ) + · · · + a n φ1 (Vn ) = a 1 .1 + a 2 .0 + · · · + a n .0 = a 1
De même φi (u) = a i ∀1 ≤ i ≤ n, i.e. φ1 (u) = a 1 , φ2 (u) = a 2 , ..., φn (u) = a n .
Démontrons (2). Comme u = φ1 (u)V1 + φ2 (u)V2 + · · · + φn (u)Vn , alors
σ(u) = φ1 (u)σ(V1 ) + φ2 (u)σ(V2 ) + · · · + φn (u)σ(Vn )
= σ(V1 )φ1 (u) + σ(V2 )φ2 (u) + · · · + σ(Vn )φn (u)
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= [σ(V1 )φ1 + σ(V2 )φ2 + · · · + σ(Vn )φn ](u). Égalité vraie pour tout u ∈ E , et donc
σ = σ(V1 )φ1 + σ(V2 )φ2 + · · · + σ(Vn )φn .
Théorème 1.1.3. Soient {V1 , ...,Vn } et {W1 , ...,Wn } deux bases de E , {φ1 , ..., φn } et {σ1 , ..., σn }
leurs bases duales respectives.
t
Si P est la matrice de passage de la base {V1 , ...,Vn } à la base {W1 , ...,Wn } alors (P −1 ) est la
matrice de passage de la base {φ1 , ..., φn } à la base {σ1 , ..., σn }.
Preuve
Supposons que
W1 = a 11V1 + a 12V2 + · · · + a 1n Vn σ1 = b 11 φ1 + b 12 φ2 + · · · + b 1n φn
W2 = a 21V1 + a 22V2 + · · · + a 2n Vn σ2 = b 21 φ1 + b 22 φ2 + · · · + b 2n φn
........................................................................................................................
Wn = a n1V1 + a n2V2 + · · · + a nn Vn σn = b n1 φ1 + b n2 φ2 + · · · + b nn φn .
Montrons que Q = t (P −1 ), où P = (a i j ) et Q = (b i j ).
Posons R i = (b i 1 , b i 2 , ..., b i n ) et C j = t (a j 1 , ..., a j n )
R i , la i ème ligne de Q et C j , la j i ème colonne de t P .
D’aprés la définition de la base duale :
σi (W j ) = (b i 1 φ1 + b i 2 φ2 + · · · + b i n φn )(a j 1V1 + a j 2V2 + · · · + a j n Vn )
= b i 1 a j 1 Φ1 (V1 ) + b i 2 a j 2 Φ2 (V2 ) + · · · + b j n a j n Φn (Vn )
= b i 1 a j 1 + b i 2 a j 2 + · · · + b i n a j n = R i C j = δi j où δi j est le symbole de kronecker.
1 0 · · · 0
R 1C 1 R 1C 2 · · · R 1C n
0 . . . 0 ...
R 2 1C R C
2 2 · · · R C
2 n
D’où Q t P =
= = In
· · · · · · · · · · · · .. . .
. 0
. 0
Rn C 1 Rn C 2 · · · Rn C n 0 ··· 0 1
t −1 t −1
Donc Q = (P ) = (P ).
1.2 Orthogonalité
Définition 1.2.1. On dit qu’un élément x d’un espace vectoriel E et un élément x ∗ du dual E ∗
de E sont orthogonaux, si et seulement si, < x, x ∗ >= 0. On dit aussi que x est orthogonal à x ∗ ,
ou x ∗ est orthogonal à x.
On dit qu’une partie A de E et une partie A ∗ de E ∗ sont orthogonales, si et seulement si, tout
élément de A est orthogonal à tout élément de A ∗ .
Notation
L’orthogonal dans E d’une partie A de E ∗ est noté soit A ◦ , soit A ⊥ .
Exercices
• A ⊂ B =⇒ B ◦ ⊂ A ◦ .
A ⊂ A ◦◦
•(A ∪ B )◦ = A ◦ ∩ B ◦
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Théorème 1.2.1. Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n. L’orthogonal F ◦ d’un sous-
espace vectoriel F de E , de dimension m ≤ n, est un sous-espace vecoriel de E ∗ de dimension
n − m, et l’orthogonal de l’orthogonal de F est F .
i.e., dimF ◦ = n − m, si dim F = m et (F ◦ )◦ = F .
Preuve
Soit (a 1 , ..., a m ) une base de F . Complétons cette base en une base (a 1 , ..., a m , ..., a n ) de E . Soit
(a i∗ ) la base duale de cette base.
x ∗ ∈ F ◦ si et seulement si, < a i , x ∗ >= 0 pour 1 ≤ i ≤ m.
n n n n
α j a ∗j on aura < a i , α j a ∗j >= α j < a i , a ∗j >= α j δi j = αi = 0 1 ≤ i ≤ m.
X X X X
Si x ∗ =
j =1 j =1 j =1 j =1
Donc F ◦ est l’ensemble des vecteurs de E ∗ de la forme x ∗ = αm+1 a m+1
∗
+ · · · + αn a n∗ .
∗
Il est donc engendré par a m+1 , ..., a n∗ , comme ces derniers vecteurs sont libres, F ◦ est de dimen-
sion n − m =dim E - dimF .
• Comme tout élément de F est orthogonal à F ◦ , alors F ⊂ F ◦◦ .
et comme, dimF ◦◦ =dimE ∗ -dimF ◦ = n − (n − m) = m =dim F alors F = F ◦◦ .
En particulier si m = n : E ◦ = {0E ∗ } et {0E ∗ }◦ = E .
Corollaire 1.2.1. La dimension de l’espace vectoriel de l’ensemble des solutions d’un système
homogène de n équations à m inconnues est égale à dim Kn − rg A, où, A, est la matrice du
système homogène.
Preuve
a 11 x 1 + a 12 x 2 + · · · + a 1n x n = 0
a x + a x +···+ a x = 0
21 1 22 2 2n n
Soit (S) =
..................................................
a m1 x 1 + a m2 x 2 + · · · + a mn x n = 0
un système homogène d’équations linéaires. Posons A = (a i j ) la matrice du système.
n
Tout d’abord l’ensemble des de (S) est un sous-espace vectoriel de K , comme noyau
solutions
x1 0
. .
de la matrice A. (S) ⇐⇒ A . .
. = .
xn 0
La première ligne de (S) =⇒ que la solution (x 1 , ..., x n ) est orthogonale à la première ligne de
A.
La deuxième ligne de (S) =⇒ que la solution (x 1 , ..., x n ) est orthogonale à la deuxième ligne de
A.
.............................................................................................................
La m i ème ligne de (S) =⇒ que la solution (x 1 , ..., x n ) est orthogonale à la m i ème ligne de A.
Donc la solution :
(x 1 , ..., x n ) ∈ L ◦1 ∩L ◦2 ∩....∩L ◦m = (L 1 +L 2 +· · ·+L n )◦ = (L 1 ∪L 2 ∪...∪L m )◦ = (V ec t (l i g nes d e A))◦ .
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1.3 Transposition
Soit E et F deux K-espaces, E ∗ et F ∗ leurs duaux respectifs.
On appelle transposée d’une application linéaire f de E dans F et on note t f
(lire : transposée de f ) ; L’application de F ∗ dans E ∗ définie par t f (y ∗ ) = y ∗ ◦ f
t
f f
Donc on a : E 7−→ F F ∗ 7−→ E ∗
y ∗ −→ t f (y ∗ ) = y ∗ ◦ f .
et ∀x ∈ E , [ t f (y ∗ )](x) = (y ∗ ◦ f )(x) = y ∗ [ f (x)]
et par conséquant t f est définie par :
∀x ∈ E , ∀y ∗ ∈ F ∗ < x, t f (y ∗ ) >=< f (x), y ∗ >= y ∗ ( f (x)).
En particulier t (i d E ) = i d E ∗ .
t
Proposition 1.3.1. f est une application linéaire de F ∗ dans E ∗ .
Preuve
En exercice.
7
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
t
f (σn ) = a 1n φ1 + a 2n φ2 + · · · + a mn φm
où (σi ) et (φ j ) sont les bases duales des bases (u i ) et (V j ) respectivement
Soit V = k 1 v 1 + k 2 v 2 + · · · + k m v m ∈ E .
f (V ) = k 1 f (v 1 ) + k 2 f (v 2 ) + · · · + k m f (v m ).
= k 1 (a 11 u 1 + · · · + a 1n u n ) + k 2 (a 21 u 1 + · · · + a 2n u n ) + · · · + k m (a m1 u 1 + · · · + a mn u n )
= Σni=1 (k 1 a 1i + k 2 a 2i + · · · + k m a mi )u i . D’où pour j ∈ {1, ..., n}
t
f (σ j ))(v) = σ j ( f (v)) = σ j [Σni=1 (k 1 a 1i + k 2 a 2i + · · · + k m a mi )u i ]
= k1 a1 j + k2 a2 j + · · · + kn am j .
D’autre part, pour j ∈ {1, ..., n}
(a 1 j φ1 + a 2 j φ2 + · · · + a m j φm )(v) = (a 1 j φ1 + a 2 j φ2 + · · · + a m j φm )(k 1 v 1 + k 2 v 2 + · · · + k m v m )
= k 1 a 1 j + k 2 a 2 j + · · · + k m a m j . Comme V , est quelconque dans E , alors
t
f (σ j ) = a 1 j φ1 + a 2 j φ2 + · · · + a m j φm . j = 1, 2, ..., n.
8
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
E XERCICE 1
Trouver la base duale de la base V1 = (1, −1, 3);V2 = (0, 1, −1) V3 = (0, 3, −2) de R3 .
E XERCICE 2
E XERCICE 3
E XERCICE 4
E XERCICE 5
Soient E et F deux-K espaces vectoriels. Si u est une application linéaire de E dans F , t u dé-
signe la transposée de u de F ∗ dans E ∗ définie par : t u(ϕ) = ϕou.
1. Montrer que si u est surjective, alors t u est injective.
2. Montrer que si u est injective, alors t u est surjective.
3. Déduire de ce qui précède que si deux K− espaces vectoriels, E et F sont isomorphes,
alors leurs espaces duals E ∗ et F ∗ sont isomorphes.
E XERCICE 6
Soit E = R2 [X ].
1. Chercher la base duale de la base {1, X , X 2 }.
0
2. Soit f , l’endomorphisme de E défini par : ∀P ∈ E ; f (P ) = P + X P . Déterminer t f .
E XERCICE 7
9
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
1. Montrer que toute forme linéaire f non nulle sur un K− espace vectoriel de dimension
finie n est surjective.
2. Montrer que le noyau d’une forme linéaire non nulle est un hyperplan.
3. Montrer que deux formes linéaires non nulles, ont même noyau, si et seulement si, elles
sont proportionnelles.
E XERCICE 8
Soit Mn l’ensemble des matrices carrées d’ordre n à coefficients dans un corps commutatif K.
En utilisant l’application Φ : Mn −→ Mn∗ définie par : A −→ Φ(A)(M ) = Tr (AM ), trouver la
forme des éléments de Mn∗ .
10
Chapitre 2
Définition 2.0.1. Une forme bilinéaire sur un K-espace vectoriel E , est une application
f : E × E 7−→ K, linéaire par rapport à chaque facteur, i.e. vérifiant :
et ceci ∀x, y, z ∈ E et ∀λ ∈ K.
– La somme de deux formes bilinéaires est une forme bilinéaire, et le produit d’une forme
par un scalaire est une forme bilinéaire.
– L’ensemble des formes bilinéaires sur E est désigné par L 2 (E , K), c’est un K-espace vec-
toriel.
Théorème 2.0.3. Soit E un K-espace vectoriel. Pour qu’une application f : E × E 7−→ K soit
bilinéaire, il faut et il suffit que : ∀α ∈ K , ∀α0 ∈ K , ∀x ∈ E , ∀y ∈ E , ∀x0 ∈ E , ∀y0 ∈ E . on ait :
f (αx + y , α0x0 + y0) = αα0 f (x, x0) + α f (x, y0) + α0 f (y, x0) + f (y, y0).
Preuve
En exercice.
Théorème 2.0.4. Soit E un K-espace vectoriel de dimension n, et soit (φ1 , ...φn ) une base de
l’espace dual E ∗ . Alors { f i , j ; i , j = 1, ...., n} est une base de L 2 (E , K) où f i , j est définie par :
f i , j (u, v) = φi (u)φ j (v). Ainsi en particulier dim L 2 (E , K) = n 2 .
Preuve
Soit (e 1 , ...., e n ) la base de E duale de (φ1 , ..., φn ). Montrons que { f i , j } engendre L 2 (E , K). Soit
11
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
Exemple 2.1.1. f : R2 × R2 −→ R définie par f [(x, y); (x0, y0)] = 2xx0 − 2y y0 + x y0 + x0y est une
forme bilinéaire sa matrice dans la base canonique de R2 est :
à ! à !
f (e 1 , e 1 ) f (e 2 , e 1 ) 2 1
A= =
f (e 1 , e 2 ) f (e 2 , e 2 ) 1 −2
Théorème 2.1.1. L’application définie par : f −→ A = M at ( f , B ), est un isomorphisme de
L 2 (E , K) sur Mn (K) (B base de E ).
Preuve
En exercice
Théorème 2.1.2. Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n rapporté à une base B=
x1
.
(a i ). Si A est la matrice dans B d’une forme bilinéaire f de E et si X = M at (x, B ) = . et
.
xn
y1
.
Y = M at (y, B ) = . sont deux éléments de E ,
.
yn
alors f (x, y) = Y A X =t X t A Y .
t
Preuve
n P
P n n
P
f (x, y) = ai j xi y j = y j (a 1 j x 1 + · · · + a n j x n ) (K commut at i f )
i =1 j =1 j =1
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Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
a 11 . . . a n1 x1
. .
.
t
= (y 1 , . . . , y n ) . . . = Y AX
. .
.
a 1n . . . a nn x n
La matrice t Y A X , étant une matrice carrée d’ordre 1, elle est égale à sa transposée. Donc
f (x, y) = t X t A Y = t
Y A X.
A 0 = t P AP .
Définition 2.2.1. Une matrice B est dite congruente à une matrice A, s’il existe une matrice
inversible P telle que B = t P AP .
D’après le théorème précédent, les matrices représentant la même forme bilinéaire dans dif-
férentes bases sont congruentes. Remarquons aussi, que les matrices congruentes ont le même
rang car P et t P sont inversibles.
Donc la définition suivante est bien définie quand la dimension de l’espace est finie.
Définition 2.2.2. • Le rang d’une forme bilinéaire f , sur E , de dimension finie, que l’on note
r g ( f ) est le rang de toute matrice représentant f .
• Une forme bilinéaire sur E est dite dégénérée si r g ( f ) < dim E et est dite non dégénérée si
r g ( f ) = dim E .
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Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
Proposition 2.2.2. L’ensemble des formes bilinéaires symétriques sur E , S 2 (E , K) est un sous-
espace vectoriel de L 2 (E , K). Si dim E = n, alors, dim S 2 (E , K) = n(n+1)
2
.
Preuve En exercice.
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f (y, x) et f (x, y) = − f (y, x). En additionnant ces deux égalités on obtient : 2 f (x, y) = 0. D’où
f = 0.
Unicité : Supposons que f = f 1 + f 2 = g 1 +g 2 avec f 1 et g 1 symétriques et g 2 et f 2 anti-symétriques.
Alors f 1 − g 1 = g 2 − f 2 . f 1 − g 1 , forme bilinéaire à fois symétrique et anti-symétrique, donc
d’après ce qui précède, elle est nulle. D’où f 1 = g 1 et f 2 = g 2 .
Proposition 2.2.5. Soit E , un K-espace vectoriel et f , une forme bilinéaire altérnée sur E . Alors
il existe une base de E , dans laquelle f , est représentée par une matrice de la forme :
à !
0 +1
−1
0
à !
0
+1
−1 0
..
.
à !
0 +1
0
−1
0
0
..
.
0
à !
0 +1 1
Le nombre de est égale à 2 r g ( f ) (⇒ r g ( f ) est pair).
−1 0
Preuve
• Si f = 0 le théorème est clair. Ainsi que si dim E = 1. En effet :
f (k 1 u, k 2 u) = k 1 k 2 f (u, u) = 0 et donc f = 0.
Nous pouvons supposer donc que dim E 6= 1 et f 6= 0.
• Puisque f 6= 0, il existe u 1 , u 2 ∈ E non nuls tel que f (u 1 , u 2 ) 6= 0.
En multipliant u 1 par un facteur adéquat, on peut supposer que f (u 1 , u 2 ) = −1 et donc f (u 2 , u 1 ) =
+1.
Les vecteurs u 1 et u 2 sont libres, si non si u 2 = ku 1 alors
f (u 1 , u 2 ) = f (u 1 , ku 1 ) = k f (u 1 , u 1 ) = 0.
Posons E 1 = V ec t (u 1 , u 2 ).
Ã- La représentation
! Ã matricielle de!la restriction de f à E 1 dans la base {u 1 , u 2 } est :
0 +1 f (u 1 , u 1 ) f (u 2 , u 1 )
=
−1 0 f (u 1 , u 2 ) f (u 2 , u 2 )
- Si u ∈ E 1 en posant u = au 1 + bu 2 ,
(∗) f (u, u 1 ) = f (au 1 + bu 2 , u 1 ) = −b et f (u, u 2 ) = f (au 1 + bu 2 , u 2 ) = a
Soit E 2 = {w ∈ E : f (w, u) = 0, ∀u ∈ E 1 }.
Montrons que E = E 1 ⊕ E 2 .
15
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
Définition 2.3.1. Soit E , un K-espace et f , une forme bilinéaire sur E . Le rang commun aux
applications linéaires µ et ν définies ci-dessus s’appelle le rang de f .
Théorème 2.3.1. Le rang d’une forme bilinéaire f , sur un espace vectoriel de dimension finie
E , est égale au rang de la matrice de cette forme dans toute base de E .
Preuve
Soit A = (b i j ) la matrice de f dans une base (e 1 , ..., e n ) de E et (e 1∗ , ..., e n∗ ) la base duale de
(e 1 , ..., e n ). Comme µ(e i ) = b i j e ∗j , alors A est aussi la matrice de µ dans les bases (e i ) et (e i∗ ).
P
j
A étant à la fois la matrice de f et de µ.
Donc le rang de f est égale au rang de µ. D’où le théorème.
16
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
• Si dim E est finie, dire que f , est non dégénérée, revient à dire que le déterminant
de la matrice de f dans une base quelconque de E est différent de zéro.
• Une forme bilinéaire est dite, dégénérée, dans le cas contraire. i.e : µ ou ν, non
injective.
• Une forme bilinéaire sur E , de dimension finie est dégénérée, si r g ( f ) < dim E et
est dite non dégénérée si r g ( f ) = dim E .
Définition 2.3.3. Le discriminant d’une forme bilinéaire f , sur E , espace vectoriel de dimen-
sion finie, dans une base B , de E , est le déterminant de la matice de f , dans cette base.
Exercice : Montrer que si le discriminant d’une forme bilinéaire est nul dans une base de E , il
est nul relativement à toute autre base de E .
Solution :
Si A, et A 0 , sont les matrices de f , dans des bases 6=. Comme A 0 = t P AP , alors det A 0 = (det t P )(det A)(det P
et si det A = 0 ⇒ det A 0 = 0.
Réciproquement, si det A 0 = 0, comme P et t P sont inversibles donc leur déterminant est 6= 0,
et donc det A = 0.
Proposition 2.4.1. L’ensemble Q(E ), des formes quadratiques définies sur E , muni de l’addi-
tion et de la multiplication par un scalaire est un espace vectoriel sur K.
17
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
.
Preuve
∀(x, y) ∈ E 2
Q(x + y) = f (x + y, x + y) = f (x, x) + f (x, y) + f (y, x) + f (y, y) = Q(x) +Q(y) + 2 f (x, y)
D’où f (x, y) = 21 [Q(x + y) −Q(x) −Q(y)].
Égalité qui montre que si la même forme quadratique Q est associée à deux formes bilinéaires
f et g on a : f = g .
Corollaire 2.4.1. Soit f , une forme bilinéaire symétrique sur E , et Q, la forme quadratique
associée, alors Q = 0 ⇔ f = 0.
Preuve
Elle découle des égalités (1) et (2) du théorème.
Corollaire 2.4.2. Soit Q, la forme quadratique associée à f , forme bilinéaire symétrique sur
E . Alors pour tout endomorphisme u, de E , on a :
[∀x ∈ E , Q[u(x)] = Q(x)] ⇔ [∀(x, y) ∈ E 2 , f [u(x), u(y)] = f (x, y)]
On dit alors que u, conserve f ou Q.
a i j x i x j = a 11 x 12 + a 22 x 22 + ... + a nn x n2 +
P X
= 2 ai j xi x j
i,j | {z } i<j
t er mes c ar r és | {z }
t er mes r ect ang l es
18
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
Cette expression formelle des variables x i est appelée le polynôme quadratique correspondant
à la matrice symétrique A.
" (∗) Remarquons que si A, est diagonale, i.e : (a i j = 0) si i 6= j , alors Q, admet une représenta-
n
tion diagonale Q(x) = t X AX = a i i x i2 "
P
i =1 ³ ´
Q(x), est un polynôme homogène de degré 2, en fonction des coordonnées x 1 , x 2 , · · · , x n
de x dans la base B .
Réciproquement, si P , est une fonction polynôme à coefficients dans K, homogène de degré
2, à n variables (x 1 , ..., x n ), et si B , est une base de E , K-espace vectoriel de dimension finie
n, on peut définir une unique forme quadratique Q, (et donc une unique forme f , bilinéaire
symétrique, forme polaire de Q) par :
Q : E −→ K
x = (x 1 , ..., x n ) −→ Q(x) = P (x 1 , ..., x n )
2
2
p 2
- Si Q(x, y, z) = 2x + 4x y + y 2 + 6xz − 8y z + z 2
p
2 2 3
A=
2 1 −4
3 −4 1
19
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
à !
1
1
- Si Q(x, y) = x 2 + x y A= 1
2
2 0
1
1 0 2
- Si Q(x, y, z) = y 2 + x 2 + y z + xz 1
A=
0 1 2
1 1
2 2 0
Autre méthode
Soit A = (a i j ), la matrice de Q(x), dans une base B , de E .
n
Q(x) = t X AX = a i i x i2 + 2
P P
ai j xi x j
i =1 1≤i < j ≤n
Fixons r dans {1, 2, ..., n} et cherchons les coefficients (a r 1 , ..., a r n ) de la r i ème ligne de la matrice
A.
n n n
Q(x) = a r r x r2 + T + 2 a i i x i2 ou encore
P P P
ar j xr x j + 2 a r k x k où T =
j =r +1 k=1 i =1
i 6=r
n
Q(x) = a r r x r2 + 2 comme K est supposé de caractéristique différente de 2
P
ar k xr x j + T
k=1
k6=r
En dérivant Q(X ) par rapport à x r on obtient :
x1
.
n n
1 ∂Q(x) P P ³ ´
= ar r xr + ar k xr = ar k xk = ar 1 . . . ar n .
2 ∂x r
k=1 k=1
.
k6=r
xn
Et par suite on a la r i ème ligne de la matrice A.
1 ∂Q
2 ∂x 1
= x 1 + x 3 = 1x 1 + 0x 2 + 1x 3
1 0 1
1 ∂Q
2 ∂x 2
= x 2 = 0x 1 + 1x 2 + 0x 3 ⇒ A=
0 1 0
1 0 0
1 ∂Q
2 ∂x 3 = x 1 = 1x 1 + 0x 2 + 0x 3
On retrouve la même matrice A, de Q, par la première méthode.
1 ∂Q
2 ∂x 1 = x 2 + x 3 = 0x 1 + 1x 2 + 1x 3
0 1 1
1 ∂Q
2 ∂x 2
= x 1 − x 3 = 1x 1 + 0x 2 − 1x 3 ⇒ A=
1 0
−1
1 −1 0
20
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
1 ∂Q
2 ∂x 3 = x 1 − x 2 = 1x 1 − 1x 2 + 0x 3
Exercice : Cherchons les matrices des formes quadratiques définies sur E = R3 , rapporté à la
base canonique B , par :
∀u = (x, y, z) ∈ R3 Q 1 (u) = x y + y z + zx et Q 2 (u) = x 2 + 2xz − 3y z + 7z 2
et exibons les formes polaires associées.
Solution : Q 1 , et Q 2 , sont bien des formes quadratique sur E , car elles sont définies par des
polynômes homogènes
de degré2, en fonction
des coordonnées de u, dans la base B , de E .
1 1
0 0 1 1 1 0 1
1 2 21 1
= 1 0 1 et M at (Q 2 , B ) = 0 0 −3
M at (Q 1 , B ) =
2 0 2 2 2
1 1 −3
2 2
0 1 1 0 1 2
7
La forme polaire associée à Q 1 , est donnée pour u = (x, y, z) ; u 0 = (x 0 , y 0 , z 0 ) par :
f 1 (u, u 0 ) = t u 0 Au = t u t Au 0 = 21 [x y 0 + x 0 y + y 0 z + y z 0 + zx 0 + z 0 x]
Le théorème suivant affirme que tout espace vectoriel de dimension finie, admet au moins
une base orthogonale relativement à toute forme bilinéaire symétrique sur E . On montre qu’il
n’existe pas nécesairement de base orthonormale.
21
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
suite x = kv 1 = 0
Autre forme du théorème
Soit K, un corps commutatif de caractéristique 6= 2, et E un K−espace vectoriel de dimension
finie et f une forme bilinéaire symétrique sur E . Alors il existe une base de E sur laquelle la
matrice de f est diagonale.
Autre forme du théorème
Soit K, un corps commutatif de caractéristique 6= 2, et A, une matrice symétrique à coefficients
dans K, alors, il existe une matrice inversible P , telle que t P AP , est diagonale.
i.e : que A, est congrue à une matrice diagonale.
Théorème 2.5.2. Soit E , un R-espace vectoriel de dimension finie et f , une forme bilinéaire
symétrique sur E . Alors il existe une base de E , dans laquelle f , est représentée par une matrice
diagonale, et toute représentation diagonale de f , a le même nombre d’éléments positifs p, et
le même nombre d’éléments négatifs m.
. Preuve
Le théorème précédent implique l’existence d’une base {u 1 , ..., u n }, de E , dans laquelle f , est
représentée par une matrice diagonale avec p, éléments positifs et m, éléments négatifs.
Si {v 1 , ..., v n }, est une autre base de E , dans laquelle f , est représentée par une matrice diago-
nale, avec p 0 , éléments positifs et m 0 , éléments négatifs, on peut supposer sans alterer la preuve
du théorème que les éléments positifs dans chaque matrice apparaissent en première position :
Comme r g ( f ) = p + m = p 0 + m 0 , il suffit de montrer que p = p 0 . (⇒ m = m 0 ).
Soit E 1 = V ec t (u 1 , ..., u p ), et E 2 = V ec t (v p 0 +1 , ..., v n ).
Alors f (x, x) ≥ 0, pour tout vecteur non nul x ∈ E 1 , et f (x, x) ≤ 0, pour tout vecteur non nul
x ∈ E 2 . Donc E 1 ∩ E 2 = {0E }.
Comme dim E 1 = p et dim E 2 = n − p 0 , alors
dim(E 1 + E 2 ) = dim E 1 + dim E 2 − dim(E 1 ∩ E 2 ) = p + (n − p 0 ) − 0 = p − p 0 + n.
Mais comme dim(E 1 + E 2 ) ≤ dim E = n, alors p − p 0 + n ≤ n, ou p ≤ p 0 . De façon analogue on
a : p 0 ≤ p, et donc p = p 0 .
Définition 2.5.2. Soit Q une forme quadratique de représentation diagonale A, avec p élé-
ments strictement positifs et m éléments strictement négatifs sur sa diagonale. Alors la signa-
ture de Q est le couple (p, m).
22
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
Définition 2.5.3. La signature de Q, est le couple (p, m), où p, désigne le nombre de carrés
précédés du signe +, et m = r − p, le nombre de carrés précédés du signe −, dans l’expression
de Q(X ) dans une matrice diagonalisant Q. (r étant le rang de Q.)
2 0 0 0 0
0 −1 0 0 0
Exemple 2.5.5. Si la matrice diagonalisant Q est 0 0 3 0 0 donner (sans calcul)
0 0 0 5 0
0 0 0 0 −4
l’expression de Q.
Q(x 1 , x 2 , x 3 , x 4 , x 5 ) = 2x 12 + 3x 32 + 5x 42 − x 22 − 4x 52 .
Rappel : SoitA, une matrice carrée, les propriétés suivantes sont équivalentes :
1. A, est inversible ;
2. A, est un produit de matrices élémentaires.
Puisqu’une matrice inversible est un produit de matrices élémentaires, une façon de diagona-
liser la matrice A d’ordre n est d’effectuer une suite d’opérations élémentaires sur les lignes de
la matrice bloc (A, I n ) et d’effectuer la même suite d’opérations élémentaires sur les colonnes
de la matrice bloc (A, I n ). Cette méthode est illustrée par les exemples suivants :
1 −3 2
A=
−3 7−5
2 −5 8
23
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
1 −3 2 ; 1 0 0
Formons la matrice bloc (A, I 3 ) : (A, I 3 ) =
−3 7; 0 1 0
−5
2 −5 8 ; 0 0 1
Appliquons les opérations élémentaires sur les lignes suivantes :
l 2 −→ 3l 1 + l 2 et l 3 −→ −2l 1 + l 3 à (A, I 3 ) et ensuite les opératons élémenataires correspen-
dantes
sur les colonnes c 2 −→
3c 1 + c 2 et
c 3 −→ −2c 1 + c 3 , on obtient
:
1 −3 2 ; 1 0 0 1 0 0 ; 1 0 0
0 −2 1 ; 3 1 0 et ensuite 0 −2 1 ; 3 1 0
0 1 4 ; −2 0 1 0 1 4 ; −2 0 1
Appliquons maintenant l’opération élémentaire sur la ligne l 3 −→ l 2 + 2l 3 et ensuite l’opéra-
tion
élémentaire correspendante sur la colonne
c 3 −→ c 2 + 2c 3 , on obtient
:
1 0 0 ; 1 0 0 1 0 0 ; 1 0 0
0 −2 1 ; 3 1 0 et ensuite 0 −2 0 ; 3 1 0 . D’où la signature de la
0 0 9 ; −1 1 2 0 0 18 ; −1 1 2
matrice A est (2, 1).
t 1 0 0 1 3 −1
Posons P = 3 1 0 = 0 1 1
−1 1 2 0 0 2
1 0 0 1 0 0
Alors t P AP =
0 −2 0 et A est congrue à la matrice diagonale 0 −2 0
0 0 18 0 0 18
0 1 1
A=
1 −2 2
1 2 −1
0 1 1 ; 1 0 0
Formons la matrice bloc (A, I 3 ) =
1 −2 2
; 0 1 0
1 2 −1 ; 0 0 1
On a 0 en position (1, 1) on fait l’opération élémentaire l 1 ←→ l 3 de façon à commencer avec
un élément non nul.
Appliquons
l’opération élémentaire
l 1 ←→
l 3 et ensuite c 1 ←→ c 3 , on
obtient :
1 2 −1 ; 0 0 1 −1 2 1 ; 0 0 1
1 −2 2 ; 0 1 0 et ensuite 2 −2 1 ; 0 1 0
0 1 1 ; 1 0 0 1 1 0 ; 1 0 0
Appliquons les opérations élémentaires sur les lignes suivantes l 2 −→ 2l 1 + l 2 et l 3 −→ l 1 + l 3
et ensuite les opérations élémentaires correspendentes sur les colonnes c 2 −→ 2c 1 + c 2 et c 3 −→
c 1 + c 3 ; On obtient :
24
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
−1 2 1 ; 0 0 1 −1 0 0 ; 0 0 1
0 2 3 ; 0 1 2 et ensuite 0 2 3 ; 0 1 2
0 3 1 ; 1 0 1 0 3 1 ; 1 0 1
Appliquons l’opération ligne l 3 −→ −3l 2 + 2l 3 et en suite l’opération colonne correspendante
c3 −→ −3c 2 + 2c 3 ; On obtient :
−1 0 0 ; 0 0 1 −1 0 0 ; 0 0 1
et ensuite 0 2 . La signature de A
0 2 3 ; 0 1 2 0 ; 0 12
0 0 −7 ; 2 −3 −4 0 0 −14 ; 2 −3 −4
est égale à (1, 2)
t 0 0 1 0 0 2
Maintenant que A a été diagonalisée, posons P = 0 1 2 =
0 1 −3
2 −3 −4 1 2 −4
−1 0 0
t
Alors P AP = 0 2 0 est congrue à A.
0 0 −14
1 2 −3
Exemple 2.5.8. Trouver la signature de la forme quadratique de matrice A =
2 5
−4
−3 −4 8
1 2 −3 ; 1 0 0
Formons la matrice bloc (A, I 3 ) =
2 5 ; 0 1 0
−4
−3 −4 8 ; 0 0 1
Appliquons les opérations élémentaires l 2 −→ −2l 1 + l 2 et l 3 −→ 3l 1 + l 3 à (A, I 3 ) et ensuite les
opérations
élémentaires correspendantes
c 2 −→ −2c 1 + c 2 et c 3 −→ 3c 1 + c 3 ; On obtient :
1 2 −3 ; 1 0 0 1 0 0 ; 1 0 0
0 1 2 ; −2 1 0 et ensuite 0 1 2 ; −2 1 0
0 2 −1 ; 3 0 1 0 2 −1 ; 3 0 1
Appliquons ensuite l’opération élémentaire l 3 −→ −2l 2 +l 3 et l’opération correspondante c 3 −→
−2c 2 + c 3 ; On obtient :
1 0 0 ; 1 0 0 1 0 0 ; 1 0 0
0 1 2 ; −2 1 0 et ensuite 0 1 0 ; −2 1 0
0 0 −5 ; −7 −2 1 0 0 −5 ; 7 −2 1
1 −2 7 1 0 0
Maintenant A est diagonalisée, posons P = 0 1 −2 = transposé de la matrice −2 1 0
0 0 1 7 −2 1
1 0 0
t
P AP = 0 1 0 La signature de A, est le couple (2, 1), ou encore c’est la différence entre
0 0 −5
le nombre de coefficients positifs et celui des nombres négatifs de la diagonale principale. Les
25
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
1 0 0
matrices A et
0 1 0 sont congruentes.
0 0 −5
Exercice : Soit K, un corps commutatif de caractéristique 6= 2, et A = (a i j ), une matrice carrée
d’ordre n, à coefficients dans K. Donner un algorithme formel pour diagonaliser A.
Solution
– Cas I : • Si a 11 6= 0, faisons les opérations élémentaires sur les lignes de A.
l i −→ −a i 1 l 1 + a 11 l i , i = 1, ..., n, et ensuite les opérations correspondantes sur les co-
lonnes de A. Ã !
a 11 0
c i −→ −a i 1 c 1 + a 11 c i pour réduire A à la forme
0 B
– Cas III : • Si tous les a i i sont nuls, choisissons i , j tel que a i j 6= 0 et appliquons l’opération
élémentaire ligne l i −→ l j + l i et l’opération colonne correspondante c i −→ c j + c i pour
trouver 2a i j 6= 0 dans la i ème position diagonale. Ce qui nous ramène au cas précédent
(Cas II) Ã !
a 11 0
Dans chacun des trois cas, nous pouvons finalement réduire A, à la forme où B ,
0 B
est une matrice symétrique d’ordre inférieur à celui de A.
Par récurrence, nous pouvons finalement trouver A, sous forme diagonale.
Remarque 2.5.3. La caractéristique de K différente de 2, a été utilisée dans le Cas III, où tous
les a i i , sont nuls. (2a i j 6= 0).
Définition 2.5.4. • Une forme bilinéaire symétrique réelle f , est dite positive, si
Q(x) = f (x, x) ≥ 0, pour tout vecteur x ∈ E .
Q, est dite définie positive si Q(x) = f (x, x) > 0, pour tout vecteur x 6= 0E .
• Q, est dite négative, si Q(x) ≤ 0, pour tout vecteur x de E , et est dite définie négative si Q(x) < 0
pour tout x 6= 0.
Théorème 2.5.3. Pour toute forme quadratique Q, de rang r , sur Cn , il existe une base de Cn ,
où, Q(x 1 , · · · , x n ) = x 12 + x 22 + · · · + x r2 .
Preuve
Soit B = (a 1 , ..., a n ), une base orthogonale realativement à Q, (une telle base existe toujours
d’après le théorème 4.5.1 )
26
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
(
αi =
p
bi pour 1≤i ≤p
αi = −b i
p
pour p +1 ≤ i ≤ r
a
(
e i = αi pour 1≤i ≤r
i
e i = ai pour i >r
n
x i e i ) = x 12 + · · · + x p2 − (x p+1
2
+ · · · + x r2 ).
P
On a alors : Q(
i =1
Corollaire 2.5.1. Une forme quadratique sur Rn , est définie positive, si elle a pour signature
(n, 0), et est définie négative, si elle a pour signature (0, n).
Plus généralement, une forme quadratique Q, de rang r , est positive si sa signature est (r, 0).
Négative, si sa signature est (0, r ).
27
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
Pour n ≥ 2, supposons qu’on sache obtenir une telle décomposition pour toute forme qua-
dratique définie sur Rp pour tout entier p, 1 ≤ p ≤ n − 1, et considérons alors une forme qua-
dratique quelconque Q définie sur Rn .
On va distinguer deux cas selon que Q(v) contient un terme carré ou non.
1er cas
Si Q(v) contient un terme carré, par exemple x 12 , alors, on peut écrire ∀v ∈ Rn , , Q(v) =
λ1 x 12 + 2R(x 2 , x 3 , ..., x n )x 1 + S(x 2 , x 3 , ..., x n ), avec λ1 6= 0.
Où R est une forme linéaire, et S une forme quadratique définie sur Rn−1 . Ce qui donne :
2
∀v ∈ Rn , Q(v) = λ1 (x 1 + R(x2 ,xλ31,...,xn ) )2 − [R(x2 ,xλ3 ,...,x
1
n )]
+ S(x 2 , x 3 , ..., x n ) (∗)
2
L’application (x 2 , ..., x n ) 7−→ S(x 2 , ..., x n ) − [R(x2 ,...,x
λ1
n )]
est une forme quadratique à laquelle
on peut appliquer l’hypothèse de récurrence. D’où :
r
∀v ∈ Rn , Q(v) = λ1 (x 1 + R(x2 ,xλ31,...,xn ) )2 + λi u i2 (v) et
P
i =2
les formes u i , i = 2, 3, ..., r sont linéairement indépendantes.
On pose alors ∀v ∈ Rn , u 1 (v) = x 1 + R(x2 ,xλ31,...,xn ) ; on en déduit :
r
Q(v) = λi u i2 (v), où les u i sont linéairement indépendantes puisque seule u 1 fait intervenir
P
i =1
x1 .
28
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
2me cas
Si Q(v) ne contient pas de terme carré, il ne contient que des termes rectangles. Par exemple,
on peut écrire : ∀v ∈ Rn
Q(v) = αx 1 x 2 + x 1 R(x 3 , ..., x n ) + x 2 S(x 3 , ..., x n ) + T (x 3 , ..., x n )
= α[(x 1 + S(x3 ,...,x
α
n)
)(x 2 + R(x3 ,...,x
α
n)
) − RS(xα3 ,...,x
2
n)
+ T (x 3 , ..., x n )] (∗∗)
Puis en utilisant l’égalité ab = 41 [(a + b)2 − (a − b)2 ]
(x 1 + S(x3 ,...,x
α
n)
)(x 2 + R(x3 ,...,x
α
n)
) = 41 [x 1 +x 2 + R(x3 ,...,xn )+S(x
α ] − 41 [x 1 −x 2 + S(x3 ,...,xn )−R(x
3 ,...,x n ) 2
α
3 ,...,x n ) 2
]
r
et T (x 3 , ..., x n ) − RS(x3α,...,xn ) = λi u i2 (v) avec l es u i , i = 1, ..., r linéairement indépendantes,
P
i =3
par hypothèse de récurrence, on a une forme quadratique sur Rn−2 . En posant, alors pour tout
v ∈ Rn
R(x 3 ,...,x n )+S(x 3 ,...,x n )
u 1 (v) = x 1 + x 2 + α
Remarque 2.6.1. Puisqu’on a le choix sur l’ordre dans laquel on peut travailler sur les termes
carrés ou sur les termes rectangles quand il n’y a pas de termes carrés on aboutit à des mul-
tiples décompositions en carrés. Ainsi, Q(x, y) = 2x 2 + 2x y + 5y 2 = 2(x + 21 y)2 + 92 y 2 en com-
29
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
Exemple 2.6.5. Montrer que la forme quadratique Q(x, y, z) = x y + xz + y z n’est pas définie
positive et trouver une matrice qui lui est congrue.
La matrice
A, de
Q, est :
0 1 1
1
dans la base canonique de R .
3
A= 2 1 0 1
1 1 0
x y + y z + zx = (x + z)(y + z) − z 2 = 14 [(x + y + 2z)2 − (x − y)2 ] − z 2
= 14 (x + y + 2z)2 − 14 (x − y)2 − z 2
⇒ r g (Q) = 3 et la sigature de Q, est égale à (1,2) et donc Q n’est pas définie positive positive,
puisque sa signature n’est pas de la forme (3, 0).
Si
l’on fait le changementde coordonnées
:
0 0
x = x + y + 2z x 1 1 2 x
⇔ X 0 = P −1 X où
0 0
y =x−y ⇔ y = 1 −1 0 y
z0 = z
z0 0 0 1 z
30
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
x x0
X0 =
X = et 0
y y
z z0
0 2 02 02
Les colonnes de P , définissent une base B , où la matrice de Q(X ) = 14 x 0 − 41 y − z , est diago-
1
0 0
4 −1 t
nale : D =
0 4 0 = P AP ,(formule de changement de bases.)
0 0 −1
31
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
linéaire sur E , dite application partielle associée à f . Elle vérifie 〈y, f x 〉 = f x (y) = f (x, y).
Théorème 2.6.2. f : (x, y) → f (x, y) étant une application bilinéaire sur E . L’application ϕ
de E dans E ∗ définie par ϕ(x) = f x est linéaire et l’application θ de l’ensemble des formes
bilinéaires sur E dans l’ensemble des applications linéaires de E dans E ∗ définie par θ( f ) = ϕ
est un isomorphisme d’espaces vectoriels.
Preuve
Voir Michel Queysanne, Algébre, Collection U Armand Colin.
Corollaire 2.6.1. Si f est une forme bilinéaire symétrique sur E , les deux applications linéaires
ϕ et ψ de E dans E ∗ définies par : x → ϕ(x) = f x , y → ψ(y) = f y , f x et f y étant les applications
partielles associées à f sont identiques.
Soit f une forme bilinéaire symétrique sur E , Q la forme quadratique associée, ϕ l’appli-
cation linéaire de E dans E ∗ définie par ϕ(x) = f x .
Théorème 2.6.3. f étant une forme bilinéaire symétrique sur un K−espace vectoriel de di-
mension finie n, et (a i j ) la matrice de f dans une base de E . Les propriétés suivantes sont
équivalentes :
32
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
E XERCICE 9
Soit A une matrice carrée d’ordre n. Montrer que l’application f (X , Y ) =t X AY est une forme
bilinéaire sur Kn .
E XERCICE 10
0 0 0 0
1. Montrer que l’application f de R2 ×R2 dans R définie par : f [(x, y); (x , y ] = 2xx −2y y +
0 0
x y + x y est une forme bilinéaire symétrique sur R2 .
2. Donner la matrice de f dans la base canonique de R2 et en déduire qu’elle est non dégé-
nérée sur R2 . Trouver son rang.
E XERCICE 11
E XERCICE 12
E XERCICE 13
Soit H un sous-corps d’un corps commutatif K. Montrer que si f est K−bilinéaire, alors elle est
H−bilinéaire, mais que la réciproque n’est pas toujours vraie.
E XERCICE 14
L’image par une application linéaire d’un sous-espace vectoriel est un sous-espace vectoriel.
Cette propriété reste-t-elle vraie pour les applications bilinéaires ?
E XERCICE 15
Soit E un K−espace vectoriel de dimension finie non nulle, et f une forme bilinéaire sur E .
On appelle discriminant de f relativement à une base de E , le déterminant de la matrice de f
relative à cette base. Montrer que si le discriminant d’une forme bilinéaire est nul relativement
à une base de E , il est nul relativement à toute autre base de E .
E XERCICE 16
a1 0 . 0
0 a2 . 0
Soit A = une matrice carrée d’ordre n diagonale à coefficients dans un
. .
0 0 0 an
corps commutatif K.
33
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
E XERCICE 17
E XERCICE 18
E XERCICE 19
1 2 −3
Chercher la signature de la forme quadratique de matrice B =
2 5.
−4
−3 −4 8
E XERCICE 21
34
Chapitre 3
Espaces euclidiens
3. E = C 0 ([a, b], R), le R-espace vectoriel des applications continues de [a, b] ⊂ R, dans R.
35
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
L’application : ϕ : E 2 −→ R
Rb
( f , g ) −→ ϕ( f , g ) = a f g est un produit scalaire sur E .
En effet :
Rb Rb
• ϕ(g , f ) = a g f = a f g = ϕ( f , g ).
Rb Rb Rb
• ϕ( f , λg 1 + g 2 ) = a f .(λg 1 + g 2 ) = λ a f g 1 + a f g 2 = λϕ( f , g 1 ) + ϕ( f , g 2 )
Rb
• ϕ( f , f ) = a f 2 ≥ 0
Rb
• ϕ( f , f ) = 0 ⇐⇒ a f 2 = 0 ⇐⇒ f = 0 (c ar f cont i nue).
Q : E −→ R
x −→ Q(x) = ϕ(x, x) la forme quadratique associée.
ϕ(x,y) 2 ϕ(x,y)
Q(x + λ0 y) = [ Q(y) ] Q(y) − 2 Q(y) ϕ(x, y) +Q(x)
1
= Q(y) [−(ϕ(x, y)) +Q(x)Q(y)] = 0 =⇒ x + λ0 y = 0 (Car Q, définie positive.)
2
Q(x)Q(y) = Q(x)α2Q(x) = α2 [Q(x)]2 = (ϕ(x, y))2
Preuve
Q(x + y) = ϕ(x + y, x + y) = ϕ(x, x) + ϕ(y, y) + 2ϕ(x, y) = Q(x) +Q(y) + 2 ϕ(x, y) ≤ Q(x) +Q(y) +
1
2 [Q(x) Q(y)] 2
36
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
Exemple 3.1.2.
1. E = Rn p : Rn −→ R
n n
|x i | et p(x 1 , ..., x n ) = sup |x i | sont des normes sur Rn .
P
p(x 1 , ..., x n ) =
i =1 i =1
2. E = C ([a, b], R) l’ensemble des fonctions continues sur [a, b].
Rb
p :E −→ R+ et p :E −→ R+ x −→ p(x) = a |x(t )| d t
x −→ p(x) = sup |x(t )|
a≤t ≤b
sont des normes sur E .
q
3. Rn −→ R+ x −→ x 12 + · · · + x n2 est une norme sur Rn .
Rb 1
4. C ([a, b], R) −→ R+ x −→ [ a (x(t ))2 d t ] 2 , est une norme sur l’ensemble des fonctions
continues sur [a, b].
Notation : Si plusieurs normes sont définies sur E , au lieu d’écrire p(x), on écrit ||x|| ou ||x||1 ;
||x||2 ; . . .
Théorème 3.1.3. Soit f , une forme bilinéaire symétrique non dégénérée positive sur E , espace
vectoriel sur R, et Q, la forme quadratique associée.
37
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
Rappels : Soient E , un R-espace vectoriel, < ·, · > un produit scalaire sur E ,et || · || la norme
euclidienne associée à < ·, · >.
1. Deux éléments x et y de E , sont dits orthogonaux et on note x ⊥ y, si et seulement si,
< x, y >= 0.
2. x ∈ E , et A ⊂ E ; on dit que x, est orthogonal à A, et on note x ⊥ A, si et seulement si,
∀ a ∈ A , < x, a >= 0.
3. Si A ⊂ E , A ⊥ = {x ∈ E / ∀ a ∈ A , < x, a >= 0}.
4. Une famille, (x i )i ∈I , d’éléments de E , est dite orthogonale, si et seulement si, ∀ i , j ∈
I i 6= j =⇒ < x i , x j >= 0.
5. (
Une famille, (x i )i ∈I , d’éléments de E , est dite orthonormale, si et seulement si,
(x i )i ∈I est or t hog onal e
.
∀ i ∈ I , ||x i || = 1
Proposition 3.1.3. Soit (x i )i ∈I , une famille d’éléments de E , non tous nul. Si cette famille est
orthogonale, alors elle est libre.
Preuve
n
Soit n ∈ N∗ et λ1 , ..., λn , des scalaires de R, i 1 , ..., i n ∈ I , 2 à 2 distincts, tel que : λ j xi j =
P
j =1
O. ∀ k ∈ {1, ..., n}, on a :
38
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
n n
λ j x i j >= λ j 〈x i k , x i j 〉 = λk ||x i k ||2 .
P P
0 =< x i k ,
j =1 j =1
Donc λk = 0, puisque tous les vecteurs sont non nuls.
Définition 3.1.4. • Un espace préhilbertion réel, est un R-espace vectoriel muni d’une forme
bilinéaire symétrique non dégénérée positive i.e. muni d’un produit scalaire.
• Un espace euclidien, est un espace préhilbertien de dimension finie.
Théorème 3.1.4. (Orthogonalisation de Schmidt) Pour toute famille libre (e 1 , ..., e p ), d’un es-
pace euclidien E , il existe une famille (v 1 , ..., v p ), dans E , tel que :
(
(v 1 , ..., v p ) est or t hog onal e (d onc l i br e).
∀ k ∈ {1, ..., p} V ec t (v 1 , ..., v k ) = V ec t (e 1 , ..., e k ).
En d’autres termes dans un espace euclidien E , tout sous-espace vectoriel de E , admet une
base orthogonale.
Preuve
Avant de donner la démonstration de ce théorème, donnons un exemple pour savoir comment
on orthogonalise des vecteurs par la méthode de Schmidt.
Orthogonaliser par la méthode de Schmidt les vecteurs suivants : u 1 = (1, 0, 1, 0); u 2 = (0, 1, −1, 0)
et u 3 = (0, 0, 0, 1).
Il faut chercher trois vecteurs z 1 , z 2 et z 3 qui répondent à la question. On prend z 1 = u 1 et on
cherche α qui vérifie : z 2 = u 2 + αu 1 . Comme on doit avoir z 1 .z 2 = 0, alors on trouve α = 0
et donc z 2 = u 2 . Le vecteur z 3 on va le chercher sous la forme z 3 = u − 3 + αz 1 + βz 2 . Comme
z 2 .u 3
z 1 .z 3 = 0, alors α = − ∥zu1∥2 = 0 et comme z 2 .z 3 = 0, alors β = − ∥z ∥2
= 2. Donc z 3 = u 3 + 2z 2 =
2 2
u 3 + 2u 2 = (0, 2, −2, 1). Revenant maintenant à la démonstration du théorème.
Soit < ·, · >, le produit scalaire sur E , p ≤ n = dim E , et (e 1 , ..., e p ), une famille libre dans E . On
va construire la famille (v 1 , ..., v p ), de proche en proche.
• Posons v 1 = e 1 6= 0 et cherchons v 2 = e 2 + λ21 v 1 ; λ21 ∈ R, à déterminer.
On a v 2 ⊥ v 1 ⇐⇒ < v 1 , e 2 + λ21 v 1 >= 0 ⇐⇒ < v 1 , e 2 > +λ21 ||v 1 ||2 = 0
1 ,e 2 >
Comme v 1 6= 0, alors λ21 = −<v
||v ||2
.
1
39
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
40
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
vk
(e 1 , ..., e p , v p+1 , ..., v k ), à termes tous non nuls. En posant e k = ||v k || , pour p + 1 ≤ k ≤ n, on
obtient une famille orthonormale (e 1 , ..., e n ), et donc une base orthonormée de E .
Corollaire 3.1.2. Tout espace euclidien admet au moins une base orthonormée.
Preuve
Appliquer le corollaire à la famille vide.
Remarque 3.1.3. Si (e 1 , ..., e n ), est une base orthonormée de E , espace euclidien, alors
Pn
∀x ∈ E, x= < e i , x > e i . i.e. Les coordonnées de x ∈ E dans cette base sont : 〈e i , x〉 i =
i =1
1, · · · , n.
En effet :
n
Si x ∈ E , il existe (x 1 , ..., x n ) ∈ Rn , tel que x =
P
x i e i et ∀ i ∈ {1, ..., n}
i =1
n
P n
P
< ei , x > = < ei , x j e j >= x j < e i , e j >= x i .
j =1 j =1
Définition 3.2.1. Soit E , un R-espace vectoriel de dimension n 6= 0 , < ., . > un produit scalaire
sur E . i.e. E est un espace euclidien.
Un endomorphisme f , de E , est dit orthogonal, si et seulement si,
∀ (x, y) ∈ E 2 , < f (x) , f (y) > = < x, y > i.e. f , conserve le produit scalaire.
Notation : L’ensemble des endomorphismes orthogonaux de E , est noté O (E ), ou
O (E , < ., . >). Un endomorphisme orthogonal est aussi appelé isométrie vectorielle.
41
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
1. f ∈ O (E ) ;
3. Il existe une base orthonormée B , de E , telle que f (B ), soit une base orthonormée de E .
Preuve
1) =⇒ 2) Si f ∈ O (E ), et si B = (e 1 , ..., e n ), est une base orthonormée de E ,
on a : ∀ (i , j ) ∈ {1, ..., n}2 , < f (e i ), f (e j ) > = < e i , e j > = δi j , où δi j , est le
symbole de Kronecker , donc f (B ), est une base orthonormée de E .
2) =⇒ 3) Il suffit de se rappeler que tout espace vectoriel euclidien admet au moins une base
orthonormée
D’ où 2) =⇒ 3).
3) =⇒ 1) Supposons qu’il existe une base orthonormée B = (e 1 , ..., e n ), de E , telle que f (B ) =
( f (e 1 ), ..., f (e n )), soit une base orthonormée de E .
Pn n
P
Soit x = x i e i et y = yjej
i =1 j =1
n
P n
P
< f (x), f (y) > = x i y j < f (e i ) , f (e j ) > = x i y i = < x, y >.
1≤i , j ≤n i =1
Et donc f ∈ O (E ).
42
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
– • Si f , g ∈ O (E ), alors ∀ (x, y) ∈ E 2
< (g ◦ f )(x) , (g ◦ f )(y) > = < f (x) , f (y) > (car (g ∈ O (E )
= < x, y > (car f ∈ O (E ))
Donc, g ◦ f ∈ O (E ).
– • Soit f ∈ O (E ). On a : ∀ (x, y) ∈ E 2
< x , y > = < f ( f −1 (x)) , f ( f −1 (y)) > = < f −1 (x) , f −1 (y) >
Donc, f −1 ∈ O (E ).
43
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
Proposition 3.3.2. O n (R), est un groupe pour la mulitiplication des matrices, appelé groupe
orthogonal d’ordre n.
Preuve
Soit B , une base orthonormée de E , f ∈ L (E ) , A = M at ( f , B ).
Alors f ∈ O (E ) ⇐⇒ A ∈ O n (R) et l’application : O (E ) −→ O n (R)
f −→ M at ( f , B )
est un isomorphisme. Comme O (E ), est un groupe, alors O n (R), est aussi un groupe.
Autre preuve. Montrons que O n (R), est un sous-groupe de GL n (R).
• O n (R) ⊂ GL n (R), car toute matrice orthogonale A, est inversible d’inverse, t A.
• I n ∈ O n (R).
• ∀ A, B ∈ O n (R) , t (AB )AB = t B (t A A)B = t B B = I n . Donc, AB ∈ O n (R).
∀ A ∈ O n (R) ; A −1 = t A ∈ O n (R) pui sque t A A = I n .
44
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
Définition 3.3.2. • Un endomorphisme orthogonal f , est dit direct (resp. indirect), si et seule-
ment si, dét f = +1 (résp. dét f = −1)
• On dit aussi droit au lieu de direct, et gauche au lieu d’indirect.
Définition 3.3.3. Une matrice orthogonale A, de O n (R), est dite droite (resp. gauche), si et
seulement si, det A = +1. (résp . -1)
L’ensemble des matrices orthogonales droites d’ordre n, est un sous-groupe de O n (R), appelé
groupe spécial orthogonal, noté S O n (R).
Définition 3.3.4. Un espace vectoriel euclidien E , est dit orienté, si et seulement si, l’espace
vectoriel E , est orienté.
Définition 3.3.5. Soit E , un espace vectoriel euclidien orienté, (V1 , ...,Vn ) ∈ E n . Le détermi-
nant d et B (V1 , ...,Vn ), ne dépend pas du choix de la base orthonormale directe B , est appelé,
produit mixte, de (V1 , ...,Vn ), et est noté [V1 , ...,Vn ].
45
Formes quadratiques - Espaces euclidiens HMIMINA B.
E XERCICE 22
Soit Mn,p l’ensemble des matrices qui ont n colonnes et p lignes à coefficients dans R. Montrer
que l’application ϕ : Mn,p × Mn,p −→ R définie par ϕ(A, B ) = Tr (t AB ) est un produit scalaire
sur Mn,p . L’espace Mn,p est-il un espace préhilbertien réel ? Est-il un espace euclidien ?
E XERCICE 23
E XERCICE 24
E XERCICE 25
q
0 0 0 0 0 0
x, x , y, y sont dans R. Montrer l’inégalité suivante : | xx +2y y |≤ ( x 2 + y 2 )( (x )2 + 2(y )2 ).
p
E XERCICE 26
Soit E , un espace euclidien de produit scalaire 〈., .〉 et ∥ . ∥ la norme associée. Pour tout x ∈
x 2
E − {o}, on pose f (x) = ∥x∥ .
1. Montrer que f o f = I d E .
∥x−y∥
2. Montrer que ∀x, y ∈ E − {o} ∥ f (x) − f (y) ∥= ∥x∥∥y∥ .
3. Soit a, b, c, d ∈ E . Montrer que ∥ a − c ∥∥ b − d ∥≤∥ a − b ∥∥ c − d ∥ + ∥ b − c ∥ a − d ∥
E XERCICE 27
Soit f , une application linéaire définie sur un espace préhibertien réel non nul E . On suppose
que ∀(x, y) ∈ E 2 , x ⊥ y ⇒ f (x) ⊥ f (y).
1. Montrer que deux vecteurs de même norme, ont des images de même normes.
2. Montrer qu’il existe k ∈ R+ tel que ∥ f (x) ∥= k ∥ x ∥ ∀x ∈ E .
3. En déduire que ∀(x, y) ∈ E 2 〈 f (x), f (y)〉 = k 2 〈x, y〉.
E XERCICE 28
orthogonaliser par la méthode de Schmidt les vecteurs : u 1 = (1, 2, 3); u 2 = (0, 1, 1); u 3 =
(1, 1, 1) de R3 . Le produit scalaire étant le produit scalaire usuel de R3 .
46