EPIGRAPHE
Le marché du travail est un mécanisme complexe qui reflète à la foisles
aspirations des individus et les exigences de l’économie
ALFRED MARCHALL .
DEDICACE
Au Seigneur Jésus-Christ, le Dieu Créateur du ciel et de la terre pour Sa
protéction , sa grâce et Son assistance indéfectible tout au long de notre
cursus quinquennal d'études supérieures !
A nos parents, KABONGO WA NDAYA Donatien et MITONGO NDOMBA Rosalie
pour le soutien bénéficié !
A nos frères , sœurs et amis pour les encouragements et prières !
~ II ~
REMERCIEMENTS
« La gratitude n'est pas seulement la plus grande des vertus, mais
également la mère de toutes les autres » dicton français. L'élaboration
de la présente recherche est le fruit d'une mutualisation des efforts et
abnégations de plusieurs personnes auxquelles jeter des fleurs méritées.
Aux autorités administratives et académiques de l'Université Officielle de
Mbujimayi pour la disposition d'un cadre propice au bon déroulement des
enseignements et l'organisation de ces derniers.
A la distinguée Professeure KAPINGA ILUNGA Josée, Directrice de la
recherche, pour les orientations pertinentes, l'encadrement efficace très
distinct et dont les souvenirs s'écriront toujours avec les lettres de noblesse
dans les annales de nos études et retentiront un écho merveilleux au fil du
temps.
~ III ~
A l’assistant Glory KANGODIA KANGODIA , Rapporteur de cette étude pour
les sages conseils et les remarques sans lesquels ce travail n'aurait guère
cette forme.
À nos vaillants formateurs pour l'inculcation des connaissances, des valeurs,
d'éthique léguant ainsi à la nation Congolaise, des cadres dignes de la
relève, un capital humain bien outillé pour le développement du prestigieux
pays. Une pensée pieuse aux professeurs LUBANZA NGOMA Germain,
MATATA MAKALAMBA Patrick, KIMUANGA EYAMBO Papy Fernand, TSHILENGE
ILUNGA Marcel, KALOMBO NTUMBA Anaclet, KAZADI NTITA Franck, NTITA
NTITA Jean Christophe , KAZADI NKESE FRANCOIS , …
Aux Masters et Chefs de Travaux pour un zèle hors commun manifesté
pendant notre formation. Nos remerciements s’adressent aux chefs de
travaux KIPUPI Anaclet, OTSHUDI WOTSHUDI Claude , ...
Aux assistants pour leur aide intellectuelle et professionelle durant notre
curcus académique . Nos remerciements à NZENGU Felly , CIEPELA
KABIPANGI Jean-Luc ,..
Enfin, aux amis, connaissances et collègues pour le partage des bons et
mauvais moments ayant caractérisé notre quinquennat.
LISTE DES ABREVIATIONS, ACRONYMES ET SIGLES
ESU : Enseignement Supérieur et Universitaire ;
K.OR: Kasaï Oriental ;
UOM: Université Officielle de Mbujimayi;
RDC : République démocratique du Congo
ONG : Organisation Non Gouvernementale
LISTE DES TABLEAU
~ IV ~
3.1 EMPOIYABILITE
Tableau 1 : nombre d’années pour obtenir un emploi
Tableau 2 : analyse des rangs
Tableau 3 : vérification de la loi de poisson
3.2 DESINTEGRATION DU MARCHE DE TRAVAIL SELON LE GENRE
Tabeau 1 : correspondance entre le genre et l’employeur
Tableau 2 : correspondance entre le genre et le moyen d’obtention du
premier emploi
Tableau 3 : correspondance entre le genre et la nature du contrat
Tableau 4 : correspondance entre le genre et la sauvegarde du premier
emploi
Tableau 5 : correspondance entre genre et le rapport salaire-niveau d’étude
Tableau 6 : correspondance entre le genre et le rapport salaire-besoins
individuels
Tableau 7 : correspondance entre le genre et l’exercice d’une activité
supplémentaire
Tableau 8 : correspondance entre le genre et nouvelle opportunité
3.3 ANALYSE DE LA PERFORMANCE ACADEMIQUE COMME DETERMINANT DE
L’EMPLOYABILITE
Tableau 9 : presentation de stationnarité
Tableau 10 :
Tableau 11 : présentation de la stationnaire
Tableau 12 : présentation de résultat de la regression linéaire
Tableau 13 : test de Ramsey pour la spécification du modèle
Tableau 14 : test d’auto-corrélation des erreurs
Tableau 15 : test d’homoscedasticité
~V~
VI
~ ~
INTRODUCTION
Dans le processus de définition et de mise en œuvre des politiques
économiques, nombreux pays accordent une bonne place à la lutte contre le
chômage, étant donné que l’emploi reste une des questions les plus
préoccupantes aussi bien au niveau individuel des citoyens que pour toutes
les nations prises globalement (KAMALA C. , 2021).
Avoir un emploi décent fait appel au capital humain, à
l’éducation. Cette dernière joue un rôle central dans le développement
socioéconomique de chaque Nation car par elle, la Nation se dote d'une main
d'œuvre qualifiée et outillée pouvant s'intéresser aux problèmes que connait
le pays et y apporter des solutions idoines.
Mais pour y arriver, il incombe au pouvoir public d'insérer cette
main d'œuvre qualifiée dans le fonctionnement de l'appareil
socioéconomique du pays afin de lui permettre d'exprimer pleinement ses
potentialités. Cependant, cet accès au marché du travail demeure de plus en
plus une préoccupation prépondérante pour les diplômés ; la plupart
commence la carrière après de longues années de chômage (KAMBASU
KASULA F., 2023).
L’enquête menée en 2012 sur le marché du travail en République
Démocratique du Congo avance les statistiques sur la période que prennent
les offreurs du travail avant de trouver un emploi. Pour les primo-
demandeurs, la durée moyenne du chômage est de 98,4 mois soit plus de 8
ans et pour les anciens occupés, 97,2 mois. La même source indique que ces
durées moyennes peuvent varier jusqu’au-delà de 8 ans de recherche d’un
emploi.
Si dans les pays les plus industrialisés la question du chômage
semble être maîtrisée par des taux relativement faibles, les pays en voie de
développement font face à de taux de chômage très importants rendant
ainsi plus lourdes les activités économiques. Leurs marchés du travail
manifestent une grande difficulté de l'absorption de la main d'œuvre.
D'où, il naît la problématique de l'insertion sur le marché du
travail. Après l'obtention des diplômés d'études supérieures, les nouveaux
promus se retrouvent sur le marché du travail complètement bouché (BA-
MWEZE J., 2023), une réalité très insatisfaite et nerveuse.
De ce fait, il est donc plus que jamais nécessaire de s'intéresser à la
question de l'emploi, de comprendre les mécanismes régissant le marché du
travail afin de mettre à la disposition du monde scientifique et politique les
résultats pouvant permettre la mise en place des bonnes politiques
~ VII ~
d'emplois avec la finalité d'atteindre le développement économique et par
conséquent le développement des Nations.
1. Phénomène observé
La croissance démographique exponentielle dans le monde et
particulièrement en République Démocratique du Congo, s'est vite
accompagnée de la croissance des taux de pauvreté, de mortalité infantile et
maternelle plus élevés et du taux d’éducation(press.un.org⁄fr⁄2009⁄pop).
D'où, la question de l'emploi s'impose et dévient de plus en plus au centre
de l'actualité.
Le chômage est en plein essor et gagne du terrain en touchant
toutes
les catégories sociales. Les diplômés d'enseignement supérieur autrefois à
l'abris de ce fléau, enregistrent de nos jours un taux élevé du chômage
(BOLITO R., 2023), si bien que le diplôme ne garantit plus un accès réussi au
marché du travail.
La fonction publique reconnue dans le temps par sa forte
capacité
d'embauche, a perdu sa position stratégique. Les entreprises publiques sont
en faillites et d’autres n’existent presque plus (SHOTSHA J., 2021) par la
naissance et l'intensification des certains maux à caractère destructif qui
gangrènent le pays tels que les détournements de derniers publics, la
corruption, l'instabilité politique, la conjonction économique morose, ...
Dans l'histoire du développement de l'humanité, l'éducation a
joué
un rôle crucial. Elle est un vecteur puissant du développement, l'un de
meilleurs moyens de réduction de la pauvreté et un facteur favorisant la paix
et la stabilité du pays. Au niveau de la société, l’éducation favorise à long
terme la croissance économique, stimule l’innovation et consolide la
cohésion sociale et au niveau individuel elle contribue à l’emploi, aux
revenus et à la santé (www.banquemondiale.org).
Cependant, pour jouer pleinement ce rôle, les gouvernants sont
tenus de valoriser la main d'œuvre qualifiée en créant des conditions
susceptibles à son inclusion professionnelle pour expérimenter les savoirs
nouvellement acquis et jouir de ses potentialités au moyen des innovations,
des inventions, des recherches, etc. afin d'atteindre le développement.
La finalité économique de l'éducation étant la préparation des
individus à la vie professionnelle et l'adaptation de leur formation aux
besoins de la société, les pays sous-développés présentent des
caractéristiques similaires rendant impossible l'absorption de la main
d'œuvre qualifiée telles que la faiblesse de la diversification de la production,
~ VIII ~
la faible attractivité territoriale, le contrôle inefficace des firmes
multinationales, le faible niveau de l’entrepreneuriat, l'extraversion des
économies, une forte concentration de l’exploitation du secteur tertiaire au
détriment des secteurs primaire et secondaire, et tant d'autres.
D'où, il sévit dans ces pays, le problème de chômage de masse,
en
général, et celui des diplômés universitaires en particulier. Il faut souligner
que les ressentis de ces diplômés seraient plus forts d'autant plus qu'ils
disposent d'un capital humain qui n'est pas utilisé et par ricochet les
gouvernements font face à ce gaspillage de ressources humaines. Retrouver
un jeune diplômé universitaire au chômage ne constitue plus une exception
mais plutôt la règle (KAMBASU KASULA F., 2023)
En République démocratique du Congo, le phénomène de la non
absorption de la main d'œuvre qualifiée est exacerbé par la production et la
mise sur le marché du travail continues des cadres universitaires par les
institutions d'enseignement supérieur et universitaire. Loin d’être
inversement proportionnels, le nombre des diplômés et le taux du chômage
évoluent dans le même sens (KAMBASU KASULA F., 2023).
Face à ce déséquilibre macroéconomique, l'accès à l'emploi
devient
de plus en plus mythique. Après leur obtention du diplôme d'études
supérieurs, plusieurs lauréats sont ceux qui participent activement à
l'accroissement du taux de chômage, pendant que les autres se rabattent
sur les travaux précaires n'ayant aucun rapport avec leur qualification et
seulement une faible proportion trouve un emploi décent.
Cette situation traduit le niveau de chômage atteint par le pays.
Pendant que la Russie atteint son niveau le plus bas de chômage soit 3,1% ;
les Etats-Unis 5,3% en 2021 ; la France 7,1%(Bulletin économique BCE,
2023) ; l’Afrique du sud 28,59 % en 2022 ; la République Démocratique du
Congo connait un niveau de chômage vertigineux de 84%
(www.investindrc⁄fr⁄) ce qui handicape son économie.
En dépit de la garantie au droit au travail, à la protection contre
le
chômage et à une rémunération équitable et satisfaite prônée par la
Constitution Congolaise à son 36ème article, chapitre 2 ; la population croupie
dans ce que François TSHITENGA, licencié en Sciences politico-
administratives de l’Université de Kinshasa qualifie de « prostitution
professionnelle ».
Faisant une représentation graphique de la situation économique
d'un pays, Nicholas Kaldor évoque la notion du plein emploi comme l'un des
objectifs de la politique économique conjoncturelle. Il est donc important de
~ IX ~
s'intéresser à la question de l'emploi qui constitue un pilier du
développement.
De ce qui précède, la question fondamentale de cette recherche
est
d’étudier le fonctionnement du marché du travail à Mbujimayi et comprendre
les problèmes de l'insertion professionnelle des jeunes diplômés ; ce qui
revient à identifier les obstacles qui handicapent l'accès à l'emploi de
diplômés d'enseignement supérieur et universitaire.
2. Choix et intérêt du sujet
Le choix porté sur le sujet « Marché de travail à Mbujimayi.
Cas
des diplômés de l'ESU » se justifie par le fait que le sous-emploi et le
chômage sont les premiers maux relatifs à l'emploi auxquels les économies
en développement et précisément la République Démocratique du Congo
font face. Un environnement dominé par un niveau de chômage élevé est
source d'une diversité d'antivaleurs aux conséquences très néfastes
notamment la criminalité, le kidnapping, les vols et les viols, la mendicité,
etc.
Quant à son intérêt, la présente recherche le puise sur les plans
scientifique que pratique. Du point de vue scientifique, cette recherche
enrichit la discipline d'économie du travail. En effet, il est davantage connu
que le corpus théorique de cette discipline ne se fonde pas suffisamment sur
des faits des pays en voie de développement, particulièrement ceux de
l'Afrique.
Ainsi une telle recherche permet de confronter la théorie aux
faits,
lesquels faits sont africains. Cette confrontation factuelle ne peut qu'enrichir
la discipline d'économie du travail grâce aux spécificités qui pourront se
dégager du cas de la RDC.
Sur le plan pratique : elle apportera grâce aux analyses
critiques,
des suggestions constructives et proposera des pistes de solution au
problème relevé. En plus, elle servira de référence aux futurs chercheurs qui
aborderont un sujet similaire.
3. Méthodes et techniques
Pour amener à bon port cette recherche, la méthode analytique
sera
utilisée en vue d’organiser et d’analyser les faits constituant le socle
d’amélioration du taux d’employabilité de diplômés de l’ESU dans la ville de
Mbujimayi passant par la méthode statistique qui servira à l’analyse et
~X~
l’interprétation des données résultant de l’enquête à mener dans la ville de
Mbujimayi par l’administration d’un questionnaire auprès des anciens
diplômes de l’ESU.
En ce qui concerne les techniques, le recours sera fait à la
technique
d’interview par des entretiens avec la population cible et aussi à la technique
documentaire afin de passer en revue quelques ouvrages, notes de cours,
revues, sites web, cadrant avec la thématique abordée. Les détails sur les
méthodes et techniques d’enquête seront étalés au chapitre consacré à
l’empirisme.
4. Délimitation de la recherche
Cette recherche se limite à l'analyse de la manière dont les diplômés
universitaires de la ville de Mbujimayi (travailleurs ou chômeurs) s'insèrent
sur le marché d'emploi et la période d’étude s’étend sur 5 ans, soit de 2018
à 2022.
5. Subdivision
Hormis l’introduction et la conclusion, la contexture de cette
recherche se présente de la manière suivante :
Le premier chapitre axé sur les Travaux de terrain, questionnement,
hypothèses et revue théorique sera destiné à étaler les résultats des
études antérieures sur la thématique abordée, l’annonce de la
problématique ainsi que des objectifs de cette étude ;
Le deuxième chapitre sera dédié à la présentation du champ
d’investigation, et
Le troisième chapitre se focalisera sur le cadre empirique.
~6~
Chapitre I : TRAVAUX DE TERRAIN, QUESTIONNEMENT ET REVUE DE LITTERATURE THEORIQUE
Section 1 : TRAVAUX DE TERRAIN
La thématique abordée dans cette recherche a fait objet des travaux antérieurs. Il convient de les mettre en
évidence en soulignant leurs contributions, leurs limites afin d’établir la démarcation avec la présente recherche. De
leur nombre, retenons les travaux suivants :
AUTEURS + THEMATIQUES APPORTS LIMITES
Danielle SHAIENKS et Tomasz La scolarité, c’est payant. Tant chez les hommes que chez L’Enquête auprès des jeunes en
GLUSZYNSKI (2007 ), Transitions les femmes, à un niveau de scolarité plus élevé transition (EJET) est une enquête
entre les études et le marché du correspondait un revenu plus élevé, indépendamment de longitudinale canadienne visant à
travail chez les jeunes adultes au leur situation sur le marché du travail. En moyenne, le examiner les profils des grandes
Canada revenu d’un diplômé universitaire était de 13 000 $ transitions que vivent les jeunes,
supérieur à celui d’une personne sans diplôme d’études notamment celles ayant trait à
secondaires. En général, les hommes avaient un revenu l’éducation, à la formation et au
supérieur à celui des femmes, même si leur niveau de travail, et les facteurs qui influent
scolarité était plus faible. Les hommes sans diplôme sur ces transitions.
d’études secondaires avaient un revenu près de deux fois
supérieur à celui des femmes possédant des qualifications
semblables
Jean-Claude BOUSQUET (1999), Ainsi, les titulaires d’une formation qualifiante (DEP ou DEC Le présent document montre les
Analyse de trajectoires des élèves technique) bénéficient d’un meilleur accès à l’emploi que les avantages indéniables de
selon leur cheminement scolaire et décrocheurs11. En d’autres termes, on constate que la l’obtention d’un diplôme au regard
leur insertion sur le marché du travail situation d’emploi des personnes titulaires d’un DEP ou d’un de l’accès au marché du travail
au Québec DEC, comparée à celle des décrocheurs, correspond à une
première forme de trajectoire gagnante quant à l’insertion
sur le marché du travail, sans égard au cheminement
scolaire antérieur. Il s’agit d’une trajectoire gagnante non
seulement en matière d’emploi, mais aussi et surtout en
matière de qualité d’emplois
~7~
MONGI BOUGHZALA (2012)j, Marché Malgré le ralentissement de la croissance démographique Cette étude très succincte vise à
du travail, dynamique des depuis le milieu des années 1990 et le fait que la Tunisie en contribuer à la réflexion et au
compétences et politiques d’emploi soit à un stade avancé de sa transition démographique, la dialogue politique que l’ETF
en Tunisie population active continue et continuera d’augmenter : la maintient avec ses partenaires
pression sur le marché du travail est appelée à persister au nationaux. Par ailleurs, il a
cours de la prochaine décennie. Le nombre de jeunes l’ambition de servir de source sur
chômeurs était et demeure très élevé : plus des deux tiers les principales tendances du
des chômeurs du pays ont moins de 30 ans. Le chômage développement des ressources
touche plus les jeunes éduqués, et plus particulièrement les humaines et du marché du travail
femmes diplômées de l’enseignement supérieur en Tunisie, utile pour les institutions
de l’UE, les partenaires
internationaux et autres instances
Silvia GHISELLI (2014), Le marché du Les débouchés sur le marché du travail des diplômés sont La présente contribution visait à
travail des diplômés universitaires en par ailleurs étroitement liés aux politiques et aux mesures évaluer le capital humain et le
Italie : entre perspectives de reprise législatives qui se sont succédé au cours des vingt dernières rendement des études, à partir de
et années : dans ce cadre, les politiques européennes de l’analyse du contexte du marché du
difficultés structurelles soutien à l’accès à l’emploi des jeunes, renforcées suite à la travail italien. Elle s’est donc
crise économique, n’ont pas constitué un nouveau cadre centrée sur les débouchés des
d’intervention, mais sont le résultat d’une logique diplômés sur le marché du travail.
incrémentielle
Il faut mettre en œuvre des politiques pour la croissance
économique, des mesures pour la formation et la recherche,
un réseau efficace de transport dans toutes les régions,
mesures aptes à créer les conditions d’un contexte favorable
à l’activité des entreprises pouvant les conduire à augmenter
partout leur effort d’investissement, notamment là où,
comme au Sud, il existe des opportunités non utilisées
Abdou-Karim KOBRE (2017), Insertion Les caractéristiques socioéconomiques des individus (le Cette thèse contient une analyse
professionnelle des diplômes des sexe, le niveau d’instruction et la catégorie socio- des déterminants de l’insertion
universités publiques et privées au professionnelle de l’un des parents et le type de formation) professionnelle des diplômés des
Burkina Faso influencent significativement l’accès à un emploi. universités publiques et privées au
Burkina Faso. Elle permet de
déceler certaines des faiblesses de
l’économie burkinabè à absorber les
~8~
diplômés es
Le déclassement professionnel est une réalité sur le marché de l’enseignement supérieur et
du travail burkinabè et il est influencé par les d’analyser les facteurs explicatifs
caractéristiques individuelles du travailleur. de leur insertion professionnelle, de
leur déclassement à l’embauche et
de l’importance de l’intermédiation
sur le marché du travail pour les
diplômés.
KONDE YOMBOLA J(2018)., Les résultats obtenus par les études descriptives ont indiqué La présente étude a eu pour unités
Problématique de l’insertion que la discrimination à l'embauche et le nombre croissant statistique les diplômés de l'ESU de
professionnelle des diplômes de des diplômés universitaires sur le marché du travail sont la ville de Kinshasa ce qui paraît
l’ESU à Kinshasa considérés par la plupart de ces diplômés, soit réducteur si l'on veut proposer des
respectivement 30,7% et 27,6%, comme étant les facteurs solutions en matière d'emploi pour
qui handicapent le plus leur insertion professionnelle. l'ensemble des diplômés
Autrement dit, si les diplômés universitaires de Kinshasa universitaires de la RDC. Elle a
s'insèrent sans succès dans le marché d'emploi, c'est à contribué non seulement à dégager
cause de la discrimination dans le processus de recrutement les facteurs qui défavorisent
de la main d'œuvre, d'une part, et leur offre qui est l'insertion professionnelle des
beaucoup plus élevée par rapport aux postes vacants au sein diplômés de l'ESU dans le marché
de ce marché, d'autre part du travail mais a proposé
également les solutions à résoudre
l'épineux problème de chômage en
général et celui des diplômés de
l'ESU en particulier
CIBOLA CIBANDA N. (2018), Le constat tiré de notre recherche renvoie à la situation de Le présent travail s’est limité à
Chômage et politique d’emploi : cas l’insertion professionnelle des diplômés en Mbujimayi qui a dégager quelques facteurs qui
des diplômes d’université dans la subi de profondes mutations depuis l’indépendance. Les influenceraient la hausse du taux de
ville de Mbujimayi nouveaux diplômés entrent plus tardivement et avec plus de chômage chez les jeunes diplômés
difficultés sur le marché du travail. La cassure entre la sortie tout en proposant une politique
du système supérieur et l’entrée sur le marché du travail est d’emploi susceptible de contribuer à
plus rude du fait du développement du contexte de travail la résorption du chômage chez ces
dans le contexte de mondialisation. La mise en évidence de derniers d’une part.
~9~
difficultés d’insertion importantes pour les diplômés conduit
à s’interroger sur la capacité des structures de formation
professionnelle existantes
à offrir à ces jeunes des qualifications et des compétences
recherchées par les entreprises.
CIEPELA KABIPANGI J.(2019), L’accès En définitive il est certain, à la lecture des résultats de cette La présente recherche se fixe
des jeunes diplômes universitaires a étude, que le problème déterminant quant à l’accès des l’objectif général d’évaluer
l’emploi dans la ville de Mbujimayi jeunes diplômés universitaire dans le marché d’emploi l’inadéquation entre la formation
congolais, est lié à un phénomène d’incertitude sur la acquise par les jeunes diplômés
qualité, lié aux traditions, à l’organisation et au universitaires, et celle à quoi les
fonctionnement des universités qui représentent aujourd’hui entreprises attendent d’eux
un modèle pédagogique peu valorisé, très peu efficace et
incapable de garantir ce qu’il produit en termes de formation
de compétences et de capital humain, ce qui rend l’activité
économique très lente diminue le Produit Intérieur Brut (PIB)
par tête d’habitants.
Source : Auteur, élaboré sur base de la revue de littérature
Ces différentes études empiriques relevées, soulignent les unes l’impact de la formation universitaire sur le
marché du travail et les autres, l’insertion professionnelle des diplômés et cela sur des périodes et des cadres de
recherches différents de la présente recherche. Son originalité repose dans le fait qu’elle s’intéresse à la description
du marché du travail à Mbujimayi en examinant les conditions d’accès de diplômés de l’enseignement supérieur et
universitaire toutes tendances confondues.
~ 10 ~
Section 2 : QUESTIONNEMENT ET HYPOTHESES
A. PROBLEMATIQUE
Dans les économies occidentales la croissance est de plus en
plus
fondée sur l’exploitation des connaissances scientifiques. Cependant, dans
ces économies, on observe, depuis les années 1990, qu’une proportion
importante de diplômés se trouve en situation d’emploi précaire ou en
chômage (BOLITO R.,2014).
En République Démocratique du Congo en général, et dans la
ville
de Mbujimayi en particulier, les appels à la scolarisation lancés par les
partenaires éducatifs sont accueillis avec plus de plaisir. Bien plus, la
gratuité de l’enseignement de base mise en place par le gouvernement
Congolais a produit des effets considérables avec des effectifs de scolarisés
qui ont connu une croissance remarquable (TSHIPINDA KASONGA L. ,2023).
Ces faits ont eu des corolaires positifs à l’enseignement
supérieur et
universitaire. Année après années, nombreux sont promus diplômés et
déversés sur le marché du travail qui, pour sa part, se caractérise par le taux
d’emploi relativement bas et dont les opportunités d’accéder à un travail
stable et rentable sont extrêmement rares (TAREK SAOUD, 2021). D’où la
nécessité de se poser la question principale suivante :
Quel est l’état des lieux le marché du travail à Mbujimayi ?
A cette question, sont associées les questions spécifiques à
savoir :
Quelles sont les caractéristiques du marché du travail à Mbujimayi ?
Est il courant pour les etudiants de l’ESU d’obtenir un emploi moins de deux
ans apres l’obtention de leur diplome ?
Discrimination positive positionne t elle les femmes sur un piedestal par
rapports aux hommes sur le marché du travail à mbujimayi ?
Des meilleures performances académiques déterminent elles
l’obtention rapide d’ un emploi
B. HYPOTHESES
Au regard de questions ci-haut posées, les réponses peuvent être
approchées par la vérification des hypothèses suivantes :
~ 11 ~
la presente etude parle du postulat selon lequel le marché du
travail serait caractérisé par sa faible capacité à absorber le capital
humain continuellement déployépar les institutions d’enseignement
supérieur et universitaire . cette faible absorption induit un faible taux
d’employabilité en raison de la rareté d’opportunités d’emplois ou avec
des conditions enormes . ;
-le deuxieme postulat que l’etude tend à verifier est celui de la
discrimination positive en faveur des femmesdans le marchés du
travail à mbujimayi.bon nombre estiment que la discrimination favorise
des meilleurs opportunités pour les femmes qui parviennent à
obtenirun contrat à durée déterminée par suite des relations plutot
qu’en suivant le processus normal de recrutement comme les hommes
Par ailleurs , elles préfèrent garder leur emploi et sont moins à
l’affut que les hommes des nouvelles opportunités . en effet , elles
considerent le salaire qu’elles obtiennent comme suffisant et
correspondant etant donné qu’avec ce salaire et le revenu d’activité
secondaires, elles parviennent à acceder au bien des luxes et loisir ;
L’étude tend aussi à valider le postulat selon lesquels les meilleurs pourcentages
et un brillant parcours académique (avec plusieurs distinction) permet d’obtenir un
emploi plus rapidement. Une modélisation économétrique couplée à la cointégration
qu’aborde ce point permet de vérifier ce postula
.
C. OBJECTIFS la presente etude parle du postulat selon lequel le marché du
travail serait caractérisé par sa faible capacité à absorber le capital humain
continuellement déployépar les institutions d’enseignement supérieur et
universitaire . cette faible absorption induit un faible taux d’employabilité en
raison de la rareté d’opportunités d’emplois ou avec des conditions enormes
.;
-le deuxieme postulat que l’etude tend à verifier est celui de la
discrimination positive en faveur des femmesdans le marchés du
travail à mbujimayi.bon nombre estiment que la discrimination favorise
des meilleurs opportunités pour les femmes qui parviennent à
obtenirun contrat à durée déterminée par suite des relations plutot
qu’en suivant le processus normal de recrutement comme les hommes
Par ailleurs , elles préfèrent garder leur emploi et sont moins à l’affut
que les hommes des nouvelles opportunités . en effet , elles
considerent le salaire qu’elles obtiennent comme suffisant et
correspondant etant donné qu’avec ce salaire et le revenu d’activité
secondaires, elles parviennent à acceder au bien des luxes et loisir ;
~ 12 ~
L’étude tend aussi à valider le postulat selon lesquels les meilleurs pourcentages et un brillant
parcours académique (avec plusieurs distinction) permet d’obtenir un emploi plus rapidement.
Une modélisation économétrique couplée à la cointégration qu’aborde ce point permet de vérifier
ce postula
a. Objectif général
L’objectif général est de décrire le marché du travail à Mbujimayi afin
de déceler les embuches à l’accès à l’emploi des diplômés d'enseignement
supérieur et universitaire.
De cet objectif découlent les objectifs spécifiques suivants :
b. Objectifs spécifiques
Ce travail vise à :
Analyser les facteurs personnels et socio-économiques qui limitent
l'employabilité des diplômés d'enseignement supérieur et
universitaire ;
Présenter les rouages du marché de travail à Mbujimayi ;
Formuler des recommandations auprès des autorités publiques visant
l’amélioration d’utilisation des compétences existantes et d’ajuster la
formation aux besoins et exigences du marché du travail.
Section 3 : REVUE DE LITTERATURE THEORIQUE
3.1. Les classiques
Ayant pour précurseurs Adam Smith (1776), Jean-Baptiste Say
(1803), John Stuart MILL (1848) ; le fondement théorique de classiques est «
Le niveau d’emploi est déterminé sur le marché, qui le réajustement
parfaitement et qu’il est difficile d’y trouver le chômage involontaire.’’ Selon
les classiques, seule l’existence d’une rigidité institutionnelle des salaires
(SMIG en RDC) pourrait causer le sous-emploi de la main d’œuvre, car cette
rigidité empêche la baisse du niveau des salaires.
Dans cette optique, la solution face au chômage ne peut donc
être
que la flexibilité des salaires. En fait, l’idée des Classiques est de permettre
aux salaires de diminuer pour pouvoir absorber l’excédent de demande
d’emploi et d’augmenter pour pouvoir faire face à l’insuffisance de la
demande d’emploi. Par ailleurs, dans le cadre de cette recherche, ce courant
de pensées n’est pas d’actualité.
~ 13 ~
3.2. Les Néoclassiques
L’approche néoclassique du marché du travail est basée sur
l'analyse théorique du modèle de concurrence pure et parfaite. Le travail est
une marchandise qui peut s'échanger sur un marché en fonction de l’offre et
la demande. Donc, l’analyse du chômage va se faire en tenant compte de
certaines rigidités.
Ainsi, l’apport des néoclassiques en économie du travail est
axé
sur l’étude microéconomique du marché du travail pour adapter les
représentations générales des marchés à ce marché particulier d’un service,
un facteur de production, qu’est le « marché du travail » (Gazier & Petit,
2019). C’est donc un exercice difficile qui consiste à expliquer les hypothèses
très abstraites relatives au processus d’interaction de l’offre et de la
demande de travail, et la comparer aux réalités de l’économie.
3.3. Les Keynésiens
Avec John Maynard Keynes (1936) comme chef de file, le
fondement théorique de cette école est « Le niveau de l’emploi est fonction
du niveau de la production. Le marché du travail n’ajuste rien et le chômage
est certainement possible ».
Pour Keynes, l’entreprise n’embauche de nouveaux travailleurs
que si elle prévoit une augmentation de la demande de ses produits. Le
chômage existe quand il y a un déséquilibre sur le marché des biens et
services (surproduction ou sous-consommation relative) qui entraîne une
diminution de la production et donc : licenciements.
La solution préconisée par Keynes est alors que l’intervention
de
l’Etat par les politiques de relance conjoncturelles, qui ont pour objectif
d’augmenter la demande, par suite la production et par suite l’emploi.
3.4. Théorie de la concurrence pour l’emploi ou « job competition »
Développée par Thurow (1975), ce modèle rejette l'hypothèse
forte
de la théorie du capital humain selon laquelle la productivité est apportée
par le travailleur. Ce modèle repose sur l’idée qu’une part essentielle des
compétences nécessaires pour occuper un emploi donné n’est réellement
acquise qu’en occupant l’emploi. Les compétences professionnelles seraient
donc largement transmises de manière plus ou moins formelle dans le cadre
du travail (on-thejob training).
De même, la productivité du travail constitue une
caractéristique
~ 14 ~
attachée à un emploi donné et non à la personne qui occupe cet emploi. Du
côté de l’offre de travail, les individus se différencient alors, non par leur
productivité, mais par le coût nécessaire pour les former à occuper tel ou tel
emploi. Ainsi, ce coût est une fonction du bagage personnel de la personne
(ses aptitudes innées, son niveau d’éducation, son expérience
professionnelle).
Du côté de la demande de travail, les emplois sont hiérarchisés
préalablement à l’embauche, selon une grille de qualifications et de
rémunérations qui sont déjà connues et fixées préalablement aux
embauches. Donc, le salaire ne peut pas constituer une variable
d’ajustement conjoncturel entre offre et demande de travail, puisqu’il est
largement prédéterminé (NAUZEFICHET & TOMASINI, 2002,).
3.5. Théorie du filtre
Spence (1974), quant à lui, postule à travers la théorie des
filtres
que le niveau de formation joue un rôle de filtre. Les employeurs ne
connaissant pas les capacités des candidats à l'embauche, recherchent
toutes les aptitudes qu'ils possèdent. Spence affirme que ces aptitudes sont
révélées par un signal donné par le niveau de formation.
Pour les tenants de l'école du filtre, la population est
hétérogène
avant même d'entrer en formation du fait des coûts de formation différents
suivants les individus. Les coûts de formation seraient plus bas chez les plus
doués, contrairement à ce que postule la théorie du capital humain pour
laquelle l'hétérogénéité résulte du cumul du capital des individus qui avaient
à l'origine des aptitudes semblables.
Le niveau de l'éducation apparait alors comme un outil utilisé
par
les demandeurs d'emploi et par les employeurs. Pour les premiers, le niveau
d'éducation joue un rôle de signal pouvant révéler les aptitudes et pour les
seconds, il agit comme un filtre permettant d'identifier les individus les plus
aptes à recruter pour les emplois disponibles.
Il a été constaté que le signal donné par le diplôme
universitaire
n'est pas suffisant, car un individu ayant les moyens de financement mais
qui redouble plusieurs fois, signale par ses échecs ses mauvaises aptitudes.
La théorie du capital humain et la théorie du filtre peuvent être
considérées comme complémentaires. Les divergences entre ces deux
théories selon D.G Tremblay(1997) sont de deux ordres: la théorie du capital
humain se consacre à l'offre du travail, alors que la théorie du filtre se
~ 15 ~
consacre sur la demande. En effet, s'agissant de la première théorie, elle
décrit relativement mieux les comportements des travailleurs par rapport
aux rendements qu'ils attendent de l'éducation. La seconde, par contre, met
en relief l'outil de sélection que représente le diplôme pour les employeurs.
3.6. Théorie de la recherche d'emploi (Job search)
La recherche d'un emploi prend toujours un certain temps, car
la
prospection est nécessaire pour avoir une information minimum. Parmi les
différents facteurs qui influencent la durée de la recherche d'emploi,
l'indemnisation du chômage joue un rôle primordial : si le chômeur est
indemnisé à des niveaux voisins du salaire d'activité, le coût d'un jour de
recherche supplémentaire est faible pour le demandeur d'emploi, et la durée
de chômage peut être plus longue.
De même, pour certaines personnes, le chômage est
volontaire du
fait que la durée du chômage est consacrée à la prospection d'emploi. En
effet, pour les théoriciens de la recherche d'emploi comme Lippman S. et Mc
Call (1976), le marché du travail se caractérise par l'absence d'information
parfaite sur les emplois disponibles, sur le salaire en vigueur, sur la
qualification des demandeurs d'emploi, sur le profil exigé par les employeurs
qui offrent les emplois.
Il est à retenir qu'à cause de cette absence d'information
parfaite,
la recherche d'emploi est avant tout un problème de recherche
d'information. Cette recherche d'information a un coût, aussi bien en termes
d'argent qu'en termes de temps. Mais elle a aussi un avantage c'est le gain
monétaire qui résulte d'un meilleur emploi.
Il sied de signaler que le chômage observé pendant la période
de
recherche d'emploi peut être interprété comme un chômage de recherche
d'information et les dépenses effectuées pour chercher les informations sur
les emplois constituent un investissement rentable pour les chercheurs
d'emploi.
3.7. Théorie du déséquilibre
Soutenue par ROBERT CLOWER (1970), EDMOND MALINVAUD,
JEAN-PASCAL BENASSY (1970) ; cette théorie repose sur le fondement
théorique « Le chômage involontaire et l’insuffisance de la demande
effective comme étant dus à un déséquilibre de marché lié à des
imperfections d’information et des défauts de coordination entre les agents
économiques ».
~ 16 ~
Elle tente d’opérer une sorte de conciliation entre les analyses
classiques et Keynésiennes du chômage. En fait, cette théorie démontre que
les deux types de chômage, keynésien et Classique, peuvent coexister à un
moment donné dans un pays : certains secteurs sont en excès d’offre de
travail, tandis que d’autres secteurs génèrent un chômage lié aux
contraintes qui pèsent sur l’offre (niveau du salaire, conditions du travail…).
Dans ce cas on parle de chômage mixte.
En pratique, cette théorie montre qu’un secteur peut évoluer
d’un
type de chômage à un autre, c’est pourquoi elle milite pour des politiques
mixtes, axées à la fois sur l’offre et la demande, et différenciées selon le
secteur d’activité. Bien qu’elle soit si importante, ce travail ne se focalise là-
dessus.
3.8. Théorie des contrats implicites
Selon Costas Azariadis (1975) : « Le niveau de l’emploi est
l’émanation du marché et son ajustement y est imparfait et il y a possibilité
que le chômage soit involontaire ».
Comme le salarié a une forte aversion pour le risque,
l’entreprise
lui garantit un salaire fixe et se réserve le droit d’ajuster le niveau de
l’emploi en fonction de la conjoncture : il s’agit d’un contrat implicite entre
l’employé et l’employeur.
3.9. Théorie de la segmentation
D’après Peter B. Doering et Michael J. Piore (1971), « Le
marché
du travail est formé par plusieurs segments, avec différents mécanismes de
détermination de salaire et d’affectation et parmi ceux qu’il y a des obstacles
à la mobilité ».
Elle analyse le chômage en termes de sélectivité, et repose sur
l’existence de sous marché du travail. En fait, confrontées à l’incertitude, les
entreprises mettent en place une gestion de leur personnel de telle sorte
qu’il y ait deux sortes de marchés :
• Un marché primaire regroupant les emplois stables, bien rémunérés,
offrant des perspectives de promotion ;
• Un marché secondaire défini par des emplois instables et mal
rémunérés. Sur ce marché, seraient recrutés les jeunes, les femmes…
etc. Outre son utilité, cette recherche ne s’y penche pas.
3.10. Théorie du capital humain
Selon la théorie du capital humain, la formation constitue un
~ 17 ~
investissement qui conduit à l’accroissement des capacités productives d’un
individu qui sont liées à la qualification et la rémunération de l’emploi
occupé. On peut formuler des critiques sur cette théorie par rapport au
déclassement professionnel car le niveau d’éducation constitue une
composante du capital humain parmi d’autres comme l’expérience et du
savoir-faire (MINCER, 1974).
Ainsi, dans un marché du travail qui fonctionne normalement,
les
entreprises en cherchant à maximiser leur profit, auront tendance à utiliser
au mieux les compétences des personnes employées en adaptant le profil
des postes de travail aux compétences des personnes embauchées. Dans
une telle approche, il est difficile de parler de déclassement à l’embauche.
Cependant, la théorie du capital humain envisage malgré tout
l’existence de périodes où les acteurs (individus et État) investissent dans
l’éducation au-delà des besoins en main-d’œuvre diplômée.
Cela constitue un déséquilibre qui est supposé temporaire et
peut
se résorber naturellement par le jeu des réactions des individus et des
entreprises (FREEMAN, 1976). D’où, « Les individus sont en effet incités à
investir moins dans l’éducation, compte tenu de la baisse de son rendement.
Les entreprises sont encouragées à modifier leur organisation productive,
pour bénéficier du moindre coût du travail qualifié » (NAUZE-FICHET &
TOMASINI, 2002).
3.11. Théories du capital social et du capital culturel
La question de l’accès à l’emploi, à côté des théories du capital
humain, implique aussi d’autres relatives au capital social, au capital culturel
comme des voies d’accès à un emploi bien rémunérateur.
Développées surtout par Pierre Bourdieu, l’usage du concept
capital social comporte comme message-fort que les relations sociales ont
une grande incidence sur la vie sociale, économique et politique. « L’idée
centrale de la théorie du capital social est que les réseaux sociaux ont de la
valeur. Le capital social se rapporte aux relations entre individus, aux
réseaux sociaux et aux normes de réciprocité et de confiance qui en
émergent » (DOMINIQUE MEDA, 2002).
En effet, selon les analyses bourdieusiennes, pour accroître ou
conserver leur position à l’intérieur de la hiérarchie sociale et bénéficier de
privilèges matériels et symboliques qui y sont attachés, les individus et les
groupes sociaux mobilisent trois types de ressources : le capital économique,
le capital culturel et le capital social (Méda, 2002).
~ 18 ~
Le dernier social regroupe les différentes relations entre les
individus et les réseaux sociaux basées sur des normes de réciprocité et de
confiance.
Le capital culturel, par contre, désigne les ressources propres
aux
familles, qui permettent aux individus d’atteindre une position sociale
particulière (OCDE, 2001). Concept majeur en sociologie de l’éducation, ce
dernier essaie d’expliquer le rôle de l’école dans la reproduction des
inégalités sociales en partant de différentes classes sociales. Cette
explication se rapporte à la réussite scolaire des enfants et leur insertion
socioprofessionnelle.
Ainsi reconnait-il que « les enfants des classes supérieures
hériteraient de leurs familles diverses ressources culturelles (langage, culture
générale, outils intellectuels, dispositions corporelles et esthétiques, manière
de se tenir et de parler, goûts raffinés…) qui s’accumuleraient et se
transformeraient, dans le cadre de l’école, en avantages réels » (Draelants &
Ballatore, 2014).
De ce qui précède et de manière générale, pour échapper à la
subordination dans le marché du travail, plusieurs entrepreneurs recourent
au capital économique. Par moment, celui-ci est renforcé par le capital
scolaire ou mieux le capital humain sous toutes ses formes.
Au-delà de ces deux types, un autre type de ressources joue
un
rôle important, le capital social qui plus est, à ces trois formes. Les
chercheurs, dont principalement Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron,
reconnaissent volontiers un quatrième, le capital culturel, en essayant de
mettre en évidence le rôle de l’école dans la reproduction des inégalités
sociales.
Ce courant de pensées parait meilleur dans le cadre de notre
recherche, compte tenu de sa persistance par rapport à la réalité du
paradigme de cette présente étude.
~ 19 ~
Chapitre II : PRESENTATION DE LA VILLE DE MBUJIMAYI
Ce second chapitre aborde la question relative à la
présentation
ou l'état de lieux de la ville de Mbujimayi, cadre d'étude de la présente
recherche. Il s’agit de présenter l’économie de la ville et ses opportunités
offertes. Section 1. ETAT DE LIEUX DE LA VILLE DE MBUJIMAYI
l. Taille estimée de la population
La population de la ville de Mbujimayi au regard des
Statistiques
arrêtées au terme de l'exercice 2015 est de 3.367.582 habitants. Il convient
de signaler que l'on y dénombre 146 expatriés dont 82 hommes, 32 femmes,
17 garçons et 15 filles.
Et s'il fallait proportionner ces statistiques démographiques,
nous
spéculerons en disant que la ville de Mbujimayi regorge une population
composée par 48,34% d'hommes contre 51 ,66% des femmes
(https://fr.wikipedia.org/wiki/Mbujimayi_Taillesestimes_dela_population) .
En conclusion de ce volet, disons qu’une telle croissance démographique ne
peut qu'engendrer des problèmes environnementaux qui ont généré :
• La forte dégradation de la couverture végétale ;
• L'apparition des érosions suite aux fortes
précipitations ;
• L'urbanisation anarchique de l'espace habitable ;
• L'aménagement inapproprié des routes le long des
pentes ; Le manque de domestication rationnelle
des eaux de ruissellement ;
• Le non entretien des drains collecteurs.
2. Economie de la ville de Mbujimayi
L’identification et l'analyse des éléments pertinents du
contexte
culturel et historique de la croissance urbaine et indice des fonctions
urbaines à Mbujimayi permettent de saisir, correctement, les causes et le
niveau de pauvreté et d'inégalité dans la ville de Mbujimayi (SHOMBA
KINYAMBA S. et OLELA NONGA D., 2015).
~ 20 ~
L’économie de la ville de Mbujimayi a été depuis plusieurs
décennies, soutenue par l’exploitation du diamant, il s’agit de la ville
mondiale diamant industriel (www.politico.cd).
La société minière de Bakwanga en sigle MIBA, jadis
considérée
comme le poumon de la province du Kasaï oriental (dans son ancienne
configuration) par sa forte capacité d’embauche estimée à plus de 3000
employés(www.dw.com) et l’intensité de ses activités touchant plusieurs
secteurs de la vie économique, se retrouve depuis les années 2008, en
grande difficultés qui a provoqué l’effondrement de sa production, ses
finances ainsi que la paupérisation de son personnel.
Une situation qui ne manque pas de répercussions sur toute la
région du Kasaï. La chute de la MIBA a occasionné un niveau élevé du
chômage de la population. Actuellement, Mbujimayi souffre d'un grand
nombre de dysfonctionnements tant au niveau économique, social,
géologique, logistique que juridique.
La présence du diamant au Kasaï oriental aurait dû être un
propulseur vers le développement de la province. C'est fort dommage de
constater que le diamant du Kasaï ne contribue au développement
socioéconomique ni de la RDC en général, ni de la province, ni moins des
communautés locales(www.radiookapi.net). On parle aujourd'hui du diamant
de la « pauvreté ou encore de la malédiction ».
Le secteur informel surcroit de loin le secteur formel et la vie
économique est essentiellement soutenue par les privées avec la quasi
inexistence des entreprises publiques. En ce qui concerne les secteurs
d’activités, il sied de noter une prédominance du secteur tertiaire.
3. Etat des lieux des entreprises à Mbujimayi
Economiquement parlant, Mbujimayi était assis sur la MIBA. La
vie de la majorité de sa population n'a fait que se détériorer depuis la chute
de cette société. Toutefois, le tissu économique de la ville repose sur
quelques entreprises tant publiques que privées. Au nombre de celles-ci,
figurent des :
Banques : TMB, EQUITY/BCDC, Rawbank BGFI, FNB ;
Messageries financières : Western Union, SOFICOM, Amie fidèle, Jésus seul, la
Grâce divine, La colombe, Solidaire ;
Entreprises du portefeuille de l'Etat : DGI, DGDA, SONAS, REGIDESO, SNEL,
OVD, Office de route ;
Entreprises de production de l'eau traitée : Safi, Gloria, ... ;
~ 21 ~
Entreprises hospitalières : Hôpital Jean Baptiste Kansele, cliniques
universitaires de Mbujimayi, Hôpital Saint Sauveur, Hôpital Kamed, Hôpital
Bonzola, Hôpital de Référence Kayembe, Hôpital Notre Dame, Hôpital de
Référence de la Muya, Hôpital Valentin Disashi, Hôpital Christ Roi,.. ;
Entreprises de commercialisation des vivres frais : Congo futur, Shop Shalom,
Ets FTM ;
Magasins de gros : Congo Stor, Dieu m'a donné, UAC, ... ;
Agences de communication : Vodacom. Airtel, Orange et Africel ;
Hôtellerie : Hôtel gloria, Hôtel métropole, Gertrude Hôtel, Equinoxe, Kabe de
luxe,
Tango Hôtel, Hôtel Kaje, Hôtel Kumbikumbi, Hôtel Dilenga, …
4. Secteur agricole
Le secteur rural souffre d'un paradoxe : bien que le potentiel
agricole du pays soit immense, la situation alimentaire y est difficile. Son sol
est relativement fertile et la province détient la concentration
démographique nécessaire à la main-d'œuvre pour réactivité agricole.
Le Kasaï oriental réunit donc les trois conditions qui définissent
le potentiel agricole d’une région. Et pourtant. La production vivrière y est
déficitaire, car il s'agit d'une agriculture de subsistance, essentiellement
basée sur l'autoconsommation qui ne fait pas l’objet d'une importante
commercialisation. Les techniques agricoles utilisées sont encore très
élémentaires, voire limitées.
L'offre qui est perpétuellement déficitaire est de ce fait
comblée
par les importations massives pour satisfaire la demande d'une population
en croissance. La région du Kasaï a toujours été considérée comme une zone
à vocation agricole et donc un véritable grenier agricole, entre autres, pour
la région voisine du Katanga.
A l'origine, l'agriculture était la principale activité économique
de
la société luba. Les Luba sont d'abord des cultivateurs qui s'adonnent
principalement à la culture du manioc et du maïs avant d'être aujourd'hui
creuseurs comme on ne cesse de le dire. L'élevage et le commerce
constituaient des activités secondaires. Mais l'attrait de « l'argent facile » par
le biais de l'exploitation du diamant exacerbée par la libéralisation du
commerce et de l'exploitation du diamant en 1982, a participé à la
déperdition de l'agriculture.
Les campagnes aux alentours de Mbujimayi ne jouent pas leur
~ 22 ~
rôle nourricier. Déjà dans l'histoire, un grand nombre de facteurs à jouer en
défaveur d'un développement adéquat de l'agriculture au Kasaï-Oriental.
Le système de législation des zones minières A et B dans le
territoire va décourager l'implantation du colonat agricole européen. À défaut
de pouvoir exploiter librement le diamant, les Africains ont continué à
pratiquer l'agriculture dans la province, mais seulement pour leur
subsistance. L'amélioration de la gamme des produits exploités se réalisera
en parallèle avec le développement d'un réseau routier. Les produits vivriers
étaient destinés à la main-d'œuvre de la société minière et à l'alimentation
des populations rurales.
Le coton et les arachides, quant à eux, fruits d'une culture
extensive, étaient des produits d'exportation. Après 1945, on assiste dans la
colonie belge à un véritable virement de bord : la production est rationalisée,
l'intensification des cultures vivrières et les cultures obligatoires sont
installées.
En 1947, l'installation des paysannats sera organisée
premièrement chez les Beena Kalenda et Bakwa Kashile en chefferie Bakwa
Kalonji, car leurs terres, entre la rive droite de la rivière Mbujimayi et la rive
gauche des rivières Luilu et Lubilanji étaient excellentes et qu'ils formaient
un peuple avec de bonnes traditions agricoles ancestrales. Ce modèle s'est
petit à petit étendu à d'autres groupements.
 côté de l'exploitation de subsistance se trouvait le coton,
culture
type du Congo belge, qui avait été imposée aux populations rurales dès
l'installation des zones cotonnières en 1921. Totalement commercialisé, le
coton était vendu aux grandes sociétés cotonnières telles Colo coton et
Coton Co. La véritable problématique alimentaire dans la province du Kasaï-
Oriental est apparue avec la pression démographique exercée par les
d’immigrations de 1959 à 1962.
Au départ, les Luba du Kasaï bénéficiaient d'une alimentation
suffisante grâce à leur propre récolte. Même si quelques disettes affectaient
de temps en temps la population. Théoriquement. Un accroissement de
population nécessite une augmentation de matériel (infrastructures, habitat,
nourriture) pour maintenir un certain équilibre dans la nouvelle conjoncture.
Mais tel n'a pas été le cas au Kasaï-Oriental et à Mbujimayi particulièrement.
Deux causes expliquent cette insuffisance agricole : les
troubles
politiques de l'indépendance d'une part et l'abandon de l'agriculture au profit
d'autres activités qui promettaient davantage l'amélioration des conditions
de vie du peuple luba telles que les discours politiques démagogiques le
prétendaient.
~ 23 ~
Le trafic des pierres précieuses ainsi que le commerce
découlant
de ce dernier ont monopolisé la potentielle main-d'œuvre agricole. Pour
combler ce déficit, plusieurs voies de sortie sont envisagées bien que les
résultats soient encore insuffisants, outre l'exploitation et l'engagement au
niveau local d'opérateurs économiques fortunés du Kasaï dans le
financement des projets agricoles de la province, par la création d'une
société de crédit agricole du Kasaï, plusieurs projets ont été proposés :
L’agroforesterie et l'aménagement de l'espace rural.
Le projet sera déployé dans l'hinterland de Mbujimayi, sur l'axe
Mbujimayi-Miabi l'implantation d'une cité de transformation agroalimentaire.
Le projet hésite entre les sites de Mbujimayi ou de Mwene-Ditu, qui
bénéficient, tous les deux d'un positionnement stratégique sur la ligne
ferroviaire qui va jusqu'à Ilebo ;
La production par l'entremise de l'ancien complexe agricole de
Lukelenge dont la gestion était effectuée par le Domaine agro- industriel
présidentiel de la N'Sele (DAIPN) ; le repeuplement et la réhabilitation des
ranchs bovins.
Le réseau d'opérateurs des Petites et Moyennes Entreprises d'élevage
(PMEE) ;
Le centre de recherche zootechnique et zoo sanitaire appliquée le projet
d’amélioration des semences agricoles à disponibiliser pour les paysans, etc.
5. Voies de communications et transport
Les principales routes retrouvées dans la province du
KasaïOriental sont :
• Route nationale lien avec Kananga à l'est et Mwene-Ditu au sud ;
• Route nationale n02, lien avec Kabinda et Bukavu au nord-est ;
• Route secondaire RS 818, lien avec Bayombe au sud-ouest ;
• Aéroport de Mbujimayi, liaisons avec Kinshasa et Lubumbashi ;
La voie aérienne a toujours été une voie sûre pour l'économie de notre
province. II n'y a pas d'insécurité dans les airs, seulement voilà, le transport
aérien coûte cher, et cela influe également sur les prix de vente face à une
population dont le pouvoir d'achat est très faible.
6. Chômage des jeunes dans la ville de Mbujimayi
Ceci ressort des statistiques de la mairie et des services
~ 24 ~
provinciaux du plan. De l'avis de quelques autorités politico administratives
et des sociologues. La ville de Mbujimayi n'est qu'une agglomération d'à peu
près 10 kilomètres carrés. Créée en 1933 pour environ 25 000 personnes. Le
cheflieu du Kasaï Oriental abrite aujourd'hui une population qui avoisinerait
les 3.5 millions d'habitants (La mairie et services provinciaux du plan, publié
le mercredi. 15/10/2008 Modifié le vendredi. 07/08/2015).
Au nombre des raisons de ce boum démographique, Faustin
MUKENDI, politologue et ex maire adjoint de la ville de Mbujimayi cite l'afflux
des paysans des milieux ruraux environnant la ville. Ceux-ci viennent à la
recherche du travail à la société minière de Bakwanga. Miba. D'autres, par
snobisme, viennent à la découverte des centres urbains.
Une fois que tous ces objectifs échouent aucun de ces paysans
n'a
l'intention de retourner au village. Ils restent dans l'espoir de voir un jour leur
rêve se réaliser. Conséquence, la ville regorge de plus 90 % de chômeurs
d'autant plus que la plupart sont des
jeunes(www.radiookapi.net>2008⁄10⁄15).
En attendant que des industries soient implantées et que des
emplois soient créés les sociologues suggèrent la stabilisation du pouvoir
coutumier. Ceci, afin que l'autorité traditionnelle sensibilise la population aux
travaux champêtres. Les structures sociales de base devraient également
être transférées dans les milieux ruraux afin d'ôter tout prétexte aux
nouveaux venants et cela aura une incidence sur l'amélioration des
conditions de vie.
7. L'offre et la demande de formation en Mbujimayi
La politique de l’Enseignement supérieur en République
Démocratique du Congo et particulièrement dans la ville de Mbujimayi fait
actuellement l'objet d'une Étude approfondie et cela pour diverses raisons
liées à l'évolution démographique, aux perspectives économiques et sociales
lentes et au retard parfois à la quasi absence enregistrée dans l'entrée
effective dans la révolution de l'intelligence ainsi qu'à la nouvelle division
internationale du travail.
Le passage à l'Enseignement supérieur d'un nombre
d'étudiants
d'année en année est le résultat d'une demande sociale de formation en
expansion et d'une offre de formation qui répond favorablement dans le
cadre de la démocratisation de l'éducation considérée comme facteur
essentiel de promotion sociale et de progrès.
Les jeunes qui accèdent à l'enseignement supérieur visent un
~ 25 ~
double objectif : acquérir une formation (couronnée par un diplôme) dans
laquelle se conjugue culture et savoir ; accéder à un emploi du meilleur
niveau possible. D'un point de vue collectif, l'objectif consiste à disposer des
compétences et talents requis par les différentes branches d'activité. L'offre
de formation doit ainsi satisfaire des demandes multiples et complexes.
L'offre de formation supérieure est un enjeu important au
niveau
territorial. Il question de l'égalité d’accès aux formations via la nature et la
diversité de l'offre de formation disponible mais aussi via le maillage
territorial qui permet ou pas d'accéder à une offre de proximité. Il renvoie
aussi à la question de l'adaptation des aux besoins en qualification du milieu
comme facteur de développement économique (LAURE Gayraud et autres,
2015).
Néanmoins, étant que l'offre du capital humain est
relativement
peu élastique à court terme, les mesures publiques peuvent avoir des effets
importants sur le taux de rendement de l'éducation pendant un certain
temps. Une augmentation des droits de scolarité aura ainsi tendance à
réduire le taux de rendement de I ’éducation pendant la période durant
laquelle l'offre ne s'est pas totalement ajustée, tandis qu'une aide plus
importante pour les étudiants et des études plus courtes auront l'effet
Opposé.
La période d'ajustement peut être prolongée alors que les
incitations du marché influent principalement sur la décision
d'investissement des jeunes, la réponse de l'offre dépendra pour une part de
l'importance numérique de la cohorte de jeunes et il faudra peut-être
plusieurs « cuvées » de jeunes, c'est-à-dire plusieurs années avant que les
modifications de l'offre ne fassent évoluer de façon significative les
avantages salariaux liés au niveau d'instruction.
La demande de formation supérieure, quant à elle, est
alimentée
par l'expansion de l'enseignement secondaire lui-même lié à l'idée que la
formation initiale est le meilleur moyen d'assurer une future réussite sociale.
L'enseignement secondaire, pris en charge totalement par l'Etat répond à
cette demande en accroissant l'offre par la multiplication de nouveaux
établissements et par l'allégement des conditions d'accès d'un cycle à un
autre. De ce fait le besoin en cadres à former a évolué et l'offre de formation
a beaucoup augmenté.
D'où, nous présentons une liste des universités dans la ville de
Mbujimayi (https://www_minesu_gouv_cd/isp) à travers une publication du
Ministère de l'enseignement supérieur et universitaire promulguant un arrêté
~ 26 ~
de fermeture de 174 établissements universitaires, considérés comme non
viables. Au Cœur du Congo Kasaï oriental, nous avons les universités
suivantes :
• Université de Mbujimayi, U.M
• Université officielle de Mbujimayi, U.O.M
• Université Protestante, UPCC
A côté de ces universités se dresse une liste non exhaustive
des
institutions d’Enseignement supérieur comme : Institut Supérieur Technique
d’informatique Appliquée ; Institut Supérieur Pédagogique et Technique de la
Kanshi ; Institut des Arts et Métiers ; Institut de Commerce ; Institut
Supérieur des Techniques Médicales ; Institut Supérieur Pédagogique ; …
8. La formation universitaire comme capital humain
Un large consensus s'est établi ces dernières années pour
souligner le poids spécifique du « capital humain » dans le développement
économique et social des Nations, une notion empruntée à l'économie pour
désigner les effets produits sur un individu par un processus d'éducation.
La compétitivité des économies modernes comme la vitalité et la
créativité des sociétés contemporaines dépendent de plus en plus des
formes de production, de circulation et de mobilisation économique des
ressources humaines. La centralité des ressources humaines dans le
processus de création de valeur fonde un nouveau paradigme productif
tourné essentiellement vers la transformation de l'information en
connaissance et des connaissances en compétences dans les organisations
(BAHLOUL MOHAMMED, 2015).
Le capital humain issu de la formation par l'apprentissage dans
l'enseignement supérieur est le produit joint du processus d’hybridation des
connaissances (de l’université) et des compétences (de l'entreprise). Le
capital humain, la « qualité » de la population active, n'est pas le seul facteur
qui détermine la croissance économique. On relève en effet des rythmes de
croissance très différents dans des pays où les niveaux de scolarité
globalement similaires, il existe donc d'autres explications telles que la
démocratie, innovation technologique, l'ouverture au commerce extérieur et
les systèmes politique et législatif du pays.
Le capital humain, selon la définition de l'OCDE recouvre les
connaissances les qualifications les compétences et les autres qualités d'un
individu qui favorisent le bien-être personnel, social et économique.
~ 27 ~
L'investissement en termes d'éducation serait susceptible d'accroitre le
capital humain rendant ainsi les individus plus productifs dans la ville de
Mbujimayi.
L'état du lieu établi à travers plusieurs recherches permet de mettre en relief
les principales faiblesses du système de développement du capital humain
en Mbujimayi :
• Très forte prédominance des impératifs de gestion de la contrainte
démographique scolaire au détriment de la formation des élites
économiques, techniques et scientifiques ;
• Très forte orientation vers la formation en sciences sociales (80%) au
détriment de la formation en sciences de l'ingénieur et technologies ;
• Programmes de formation conventionnels peu adaptés aux besoins des
entreprises avec une nette désarticulation entre l'offre et la demande
des produits et services formatifs ;
• Qualité des produits de la formation peu satisfaisante, malgré les
investissements souvent considérables de la part des pouvoirs publics,
• Formation d'une armée de réserve cognitive (plus on est diplômé, plus
on est dans le risque de tomber dans la trappe du chômage) de plus en
plus importante et de plus en plus pesante et source de tension et de
conflits dans la société ;
Marché de la formation et des compétences émergeant qui se structure
difficilement et n'arrive pas à rendre l'essentiel de ses potentialités et
transformer les formidables ressources latentes en actifs humains
mobilisables dans les secteurs à haute valeur ajoutée.
9. La qualité du système supérieur
En considérant non seulement l’aspect quantitatif du capital
humain mais aussi sa qualité à travers la prise en compte de la qualité du
système éducatif car elle est un facteur important de la croissance ; le
système éducatif remplit un triple rôle : culturel, social et économique. C'est
à travers l'école que se transmet un capital de connaissance, d'idées, de
valeurs qui constituent le patrimoine national d'un pays et qui lui permet de
survivre.
L'école transmet un langage des aptitudes et des comportements
qui permettent de se reconnaitre et de se situer dans un milieu, un groupe
ou une classe déterminée. Enfin, l'école enrichit la force de travail. Elle lui
confère une qualification qui accroit ses potentialités et qui de plus,
contribue au développement de la population.
~ 28 ~
Ainsi la qualité du système supérieur est conçue comme un des
facteurs pouvant améliorer la qualité de l'éducation et entrainer ainsi la
croissance économique. Cette qualité dépend de l'efficience et la pertinence
des moyens mis en œuvre.
Elle est divisée en qualité interne qui se définit comme la capacité
du système à enseigner de nouvelles connaissances aux élèves et à leur
taire suivre une progression régulière (peu de redoublements et
d'abandons). Et qualité externe qui dépend de l'aptitude du système
supérieur former des individus utiles et adaptés aux besoins des processus
de production.
BIBLIOGRAPHIE
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2. ARTICLES, THESES ET MEMOIRES
19. Ba-Mweze Jean-Noel, les jeunes diplômés congolais la recherche d’un
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20. Kamala Kaghoma C. Qualité de l’emploi en RDC , 2021
~ 30 ~
21. Kambasu Kasula F., Chômage et accès au premier emploi des jeunes
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Journal, 2023
22. Laure Gayraud et alii, analyse des politiques publiques et
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formation professionnelle, 2015
23. Shotsha Jean Hilaire, chômage des jeunes diplômés, un grand défi à
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24. Stigler G., Information in the Labor Market, Journal of Political Economy,
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25. Tshipinda Kasonga Lazare, La scolarité au primaire face au système
éducatif Congolais, Lubilanji, 2023
26. Tarek Saoud, Quête d’emploi et malaise social chez les jeunes diplômés
universitaires à Bejaia, article, Algérie 2021
3. AUTRES PUBLICATIONS
27. Bolito Rémy, Economie du travail, notes de cours, INEDIT, 2023
28. Constitution
29. OCDE, 2001
4. SITOLOGIE http://www.nber.org/chapters/c3693 ;
www.banquemondiale.org ; www.investindrc⁄fr ;
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TABLE DES MATIERES
~ 31 ~
EPIGRAPHE ........................................................................................I
DEDICACE...........................................................................................II
REMERCIEMENT .................................................................................III
LISTE DES ABREVIATIONS, ACRONYMES ET SIGLES .....................IV
LISTE DE TABLAEU.............................................................................V
LISTE DES GRAPHIQUES....................................................................VI
RESUME..............................................................................................VII
INTRODUCTION...................................................................................1
1. PHENOMENE OBSERVE........................................................2
2. CHOIX ET INTERET DU SUJET..............................................3
3. METHODE ET TECHNIQUE....................................................4
4. DEFINITION DE LA RECHERCHE...........................................5
5. DELIMITATION DE LA RECHERCHE.......................................6
6. SUBDIVISION DE LA RECHERCHE.........................................7
CHAPITRE I. : CHAMPS D’ANALYSE THEORIQUE,EMPIRIQUE ET
QUESTIONNEMENT
SECTION 1 : TRAVAUX SRE TERRAIN
TABLEAU 1. : SYNTHESE DES TRAVAUX EMPIRIQUES
SECTION 2 : QUESTIONNEMENT ET HYPOTHESES
A. PROBLEMATIQUE
B. HYPOTHESES
C. OBJECTIF
SECTION 3 : REVUE DE LITTERATURE THEORIQUE
CHAPITRE II : PRESENTATION DE LA VILLE DE MBUJIMAYI
SECTION 1 : ETAT DE LIEU DE LA VILLE DE MBUJIMAYI
~ 32 ~
1.TAILLE ESTIMEE DE LA POPULATION
2. ECONOMIE DE LA VILLE DE MBUJIMAYI
3. ETAT DES LIEUX DES ENTREPRISES A MBUJIMAYI
4. SECTEUR AGRICOLE
5. VOIES DE COMMUNICATION ET TRANSPORT
6. CHOMAGE DES JEUNES DANS LA VILLE DE MBUJIMAYI
7. L OFFRE ET LA DEMANDE DE FORMATION A MBUJIMAYI
8. LA FORMATION UNIVERSITAIRE COMME CAPITAL HUMAIN
9. LA QUALITE DU SYSTEME SUPERIEUR
CHAPITRE 3 : RESULTAT
3.1 EMPLOYABILITE A MBUJIMAYI
3.2 DESISINTEGRATION DU MARCHE DE TRAVAIL A MBUJIMAYI
3.3 ANALYSE DE LA PERFORMANCE ACADEMIQUE COMME
DETERMINANT DE L EMPOIYABILITE
3.4 DISCUSSION DES RESULATS
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
OUVRAGES
TFC ET MEMOIRES
ARTICLES
~ 33 ~