Primitives et Équations diérentielles
Introduction
En novembre 1665, à 22 ans et alors qu'il se cache dans le manoir familial de la peste qui ravage l'Angleterre,
Isaac Newton dénit la notion de dérivation de manière intuitive. Il l'appelle la méthode des uxions. En mai
1666, il conçoit "la méthode inverse des uxions" qui consiste en une "dérivation à l'envers", en travaillant sur
le problème de l'activité 1 page 294.
Avec les travaux de Newton et ceux de Gottfried Leibniz qui, en 1684 expose la résolution de certaines équa-
tions dont les inconnues sont une fonction et ses diérentes dérivées, l'analyse mathématique devient un outil
pour la physique moderne. En particulier, elle sert à décrire la loi de gravitation universelle et le mouvement des
planètes du système solaire.
À la n du 19e siècle, des mathématiciens tels que Henri Poincaré et Lazarus Fuchs réalisent des progrès
considérables en résolvant des équations diérentielles plus variées. Ils montrent l'importance des conditions ini-
tiales dans la stabilité des solutions.
De nos jours, ces équations diérentielles sont une partie essentielle de la mécanique physique qui étudie le
mouvement, mais aussi dans de nombreux autres domaines comme en météorologie avec l'équation de Navier-
Stokes qui permet de modéliser l'atmosphère et donc de faire des prévisions.
On est loin de savoir résoudre toutes les équations diérentielles. Ainsi on est seulement capable d'obtenir
des solutions approchées de l'équation de Navier Stokes. Sa résolution constitue un des sept problèmes du
millénaire posés par l'Institut de mathématiques Clay en 2000.
1 Équation diérentielle
Dénition 1.1: Équation diérentielle
. Une équation diérentielle est une équation où l'inconnue est une fonction et où interviennent une
ou plusieurs des dérivées de cette fonction.
. Résoudre une équation diérentielle, c'est déterminer toutes les fonctions solutions de l'équation.
Notations. On écrit généralement y à la place de f (x), y0 à la place de f 0 (x), y” à la place de f ”(x), etc dans
les équations diérentielles.
Exemple 1.2 :
. L'équation diérentielle f 0 (x) = 0 peut s'écrire y0 = 0.
La fonction y = f (x) = 42 est une solution sur R de cette équation diérentielle.
L'ensemble des solutions sont toutes les fonctions constantes sur R.
. L'équation diérentielle f 0 (x) = 2x peut s'écrire y 0 = 2x.
La fonction y = f (x) = x2 + 3 est une solution sur R de cette équation diérentielle.
L'ensemble des solutions sont toutes les fonctions dénies sur R et de la forme y = x2 + c où c ∈ R.
. L'équation diérentielle f 0 (x) − f (x) = 0 peut se réécrire y 0 − y = 0 ou y 0 = y .
La fonction exponentielle est une solution de cette équation sur R.
L'ensemble des fonctions solutions sont toutes les fonctions dénies sur R et de la forme y = f (x) = aex où
a ∈ R.
Dénition 1.3
On appelle ordre d'une équation diérentielle le degré de la dérivée le plus élevé.
Exemple 1.4 : . L'équation diérentielle 2y0 + 3y = 0 est une équation diérentielle d'ordre 1.
. L'équation diérentielle y” − 4y = 2 est une équation diérentielle d'ordre 2.
. L'équation diérentielle −y(5) + 2y” − y + 2 = 0 est une équation diérentielle d'ordre 5.
1
Remarque 1.5 : Cette année, nous nous intéresserons uniquement à certaines équations diérentielles
d'ordre 1.
2 Équation diérentielle y0 = f et primitive.
2.1 Équation diérentielle y0 = f .
Proposition 2.1
Soit f une fonction dénie sur un intervalle I de R.
On dit que la fonction g est une solution de l'équation diérentielle y0 = f sur I si et seulement si g est
dérivable sur I et pour tout réel x de I , g0 (x) = f (x).
Exercice.
1. La fonction g dénie sur ]0; +∞[ par g(x) = 3x2 + ln(x) est-elle solution de l'équation diérentielle de 1er
1
ordre y0 − 6x + = 0.
x
2. La fonction h dénie sur R par h(x) = (3x + 2)e2x est-elle une solution de l'équation diérentielle
y” − 9 = 0 ?
2.2 Primitive de fonctions.
Dénition 2.2
Soit f une fonction dénie sur un intervalle I de R.
On dit qu'une fonction F est une primitive de f sur I si, pour tout réel x de I , F 0 (x) = f (x).
De manière équivalente, une fonction F est une primitive de f sur I si la fonction F est une solution de
l'équation diérentielle y0 = f sur I .
Exemple 2.3 : Prouver que la fonction g dénie sur R par g(x) = −10x2 − 200x − 2 000 e−0,1x est une
primitive de la fonction f dénie sur R par f (x) = x2 e−0,1x .
Remarque 2.4 : on dérive
Quand on cherche une primitive d'une fonction,
on dit qu'on la primitive. F F'=f
Primitiver une fonction est "l'opération inverse" de
la dérivation. on primitive
Proposition 2.5
Toute fonction continue sur un intervalle I admet des primitives sur cet intervalle.
Démonstration. Voir chapitre 13 sur le calcul intégral.
Remarque 2.6 : On ne peut pas toujours expliciter les primitives d'une fonction continue sur un intervalle
même si son existence esthassurée. i
Par exemple, la fonction x 7→ e−x ne possède pas de primitive sous forme explicite.
2
Proposition 2.7
Soit f une fonction dénie sur un intervalle I et F une primitive de la fonction f .
O1 Il existe une innité de primitive sur l'intervalle I pour la fonction f .
L'ensemble de ces primitives sont les fonctions G dénie sur I sous la forme G(x) = F (x) + c où c est une
constante réelle.
O2 Soient x 0 et y0 deux réels donnés. Il existe une unique primitive G de f sur I telle que G(x0 ) = y0 .
2
Démonstration de O1 au programme.
O1 Montrons que les fonctions de la forme G = F + c sont bien des primitives de f sur I .
Si G(x) = F (x) + c, alors G est dérivable et on a G0 (x) = F 0 (x) = f (x).
Par conséquent, la fonction G est bien une primitive de la foncion f .
Réciproquement, montrons que les primitives G de f sur I s'écrivent sous la forme G = F + c.
Soit G une primitive de f sur I .
Soit h la fonction dénie sur I par h(x) = G(x) − F (x).
La fonction h est dérivable (car F et G le sont) et on a h0 (x) = G0 (x) − F 0 (x).
Comme F et G sont des primitives de la fonction f sur I , on a pour tout réel x de I , F 0 (x) = f (x) et G0 (x) = f (x).
Par conséquent, h0 (x) = f (x) − f (x) = 0.
La fonction h est donc constante sur I .
Il existe donc une constante c telle que
G(x) − F (x) = c pour tout réel x de I , soit
G(x) = F (x) + c.
O2 Si F est une primitive de f sur I alors toute pri-
mitive de f sur cet intervalle est dénie par
G(x) = F (x) + c avec c ∈ R.
La condition G(x0 ) = y0 s'écrit alors F (x0 ) + c = y0 ,
c'est à dire c = y0 − F (x0 ).
Il existe donc une unique primitive G de f telle que
G(x0 ) = y0 . Elle est dénie par
G(x) = F (x) + y0 − F (x0 ).
Remarque 2.8 :
La condition F (x0 ) = y0 est appelée condition initiale, en référence à certaines situations rencontrées en
physique.
C'est un cas particulier du théorème de Cauchy.
Exemple 2.9 :
Soit f la fonction dénie sur ]0; +∞[ par f (x) = x12 + 12x3 − 5
1. Montrer que la fonction F dénie sur ]0; +∞[ par F (x) = − x1 + 3x4 − 5x est une primitive de f sur
]0; +∞[.
2. Déterminer la primitive G de f sur ]0; +∞[ qui prend la valeur −1 en 1.
1
1. La fonction F est dérivable sur ]0; +∞[ et pour tout réel strictement positif x, F 0 (x) = 2 +12x3 −5 =
x
f (x).
La fonction F est bien une primitive de f sur ]0; +∞[.
2. Une primitive de f est de la forme G(x) = F (x) + c où c est une constante.
On a G(1) = −1. Résolvons l'équation F (1) + c = −1.
1
F (1) + c = −1 ⇔ − + 3 × 14 − 5 × 1 + c = −1 ⇔ −3 + c = −1 ⇔ c = 2.
1
1
On a donc G(x) = − + 3x4 − 5x + 2.
x
3
Primitives des fonctions usuelles.
Proposition 2.10: Primitives des fonctions usuelles.
f dénie par admet pour primitives les sur l'intervalle I = . . .
fonctions F de la forme
f (x) = a, a ∈ R F (x) = ax + c R
1
f (x) = x F (x) = x2 + c R
2
f (x) =
1
x2
F (x) = −
1
x
+c ]−∞; 0[ ou ]0; +∞[
f (x) = xn , n ∈ Z \ {−1 } si n > 0 et ]−∞; 0[ ou ]0; +∞[ si n < 0.
1
F (x) = xn+1 + c R
n+1
1
f (x) = f (x) = ln(x) + c ]0; +∞[
x
1 √
f (x) = √ F (x) = 2 x + c ]0; +∞[
x
f (x) = ex F (x) = ex + c R
f (x) = cos x F (x) = sin x + c R
f (x) = sin x F (x) = − cos x + c R
avec c ∈ R.
Démonstration. Il sut de vérier que la dérivée des fonctions F sont bien les fonctions f correpondantes.
Linéarité des primitives
Proposition 2.11: Linéarité des primitives
Soient f et g deux fonctions continues sur un intervalle I , F une primitive de f et G une primitive de g sur
cet intervalle. Alors :
. F + G est une primitive de f + g .
. kF est une primitive de kf , avec k ∈ R.
Démonstration.
On a (F + G)0 = F 0 + G0 = f + g et (kF )0 = kF 0 = kf .
4
Primitives des fonctions composées.
Proposition 2.12: Primitives des fonctions composées.
Soit u une fonction dérivable sur un intervalle I et v une fonction dérivable sur un intervalle J .
Fonction f de la forme admet une primitive de la Condition(s) sur u
forme :
2u0 u u2
u0 un , n ∈ Z \ {−1 } Si n < 0 alors on doit ajouter u(x) 6= 0,
1
un+1 ∀x ∈ I
n+1
u0 √
√
u
2 u si u(x) > 0, ∀x ∈ I
u0 eu eu
u0
u
ln(|u|) Si u(x) 6= 0 sur I .
u0 cos(u) sin(u)
u0 sin(u) − cos(u)
v 0 × (u0 ◦ v) u◦v ∀x ∈ J, v(x) ∈ I
Pour obtenir la forme de toutes les primitives, il sut d'ajouter une constante.
Démonstration. Il sut de dériver les formes données comme primitives pour vérier que l'on obtient bien les
formes de départ.
Exemple 2.13 : Déterminer deux primitives distinctes des fonctions suivantes.
1. La fonction f dénie sur R par f (x) = x3 − 2x.
2. La fonction g dénie sur ]0; +∞[ par g(x) = x1 − x43 .
3. La fonction h dénie sur R par h(x) = 15x4 − 2x2 + 5x − 3.
4. La fonction k dénie sur R par k(x) = (2x − 5) x2 − 5x + 4 2 .
5. La fonction l dénie sur R par l(x) = x2 ex . 3
6. La fonction m dénie sur R par m(x) = 2 x 2 .
(x + 1)
1. La fonction f est la diérence de deux fonctions. Pour déterminer une primitive de celle-ci, on va
commencer par déterminer deux primitives sur R des fonctions x 7→ x3 et [x 7→ −2x] pour ensuite
les soustraire.
x4
Une primitive de x 7→ x est x 7→
3 et une primitive de [x 7→ −2x] est x 7→ x2 .
4
x4
La fonction F dénie sur R par F (x) = − x2 est donc une primitive de la fonction f .
4
Si on veut en trouver une autre, il sut d'ajouter un nombre réel.
x4
Par exemple, une autre primitive est la fonction F̃ dénie sur R par F̃ (x) = − x2 + π.
4
2. En exercice.
3. En exercice.
4. La fonction k n'est pas la somme ou la diérence de fonctions et ce n'est pas non plus de la forme "un
réel multiplié par une fonction".
On va donc chercher à l'écrire sous une des formes de fonctions composées.
5
On remarque que si on pose u(x) = x2 − 5x + 4 alors on a k = u0 u2 .
1 u3
Une primitive de la fonction k est donc de la forme u2+1 = .
2+1 3
(x2 − 5x + 4)3
Deux primitives de k sur R sont donc les fonctions K1 et K2 dénie sur R par K1 (x) =
3
(x2 − 5x + 4)3
et K2 (x) = − ϕ.
3
5. En exercice.
6. En exercice.
Exemple 2.14 : Résoudre les équations diérentielles suivantes :
1. Sur ]0; +∞[ : y0 = 3x2 − 5x − x1 .
2. Sur R : y0 = cos(5x) + 3 sin(3x − 1).
1. Il "sut" de déterminer une primitive de la fonction x 7→ 3x2 − 5x −
1
x
puis de donner la forme de
toutes les primitives.
5 2
Une primitive sur ]0; +∞[ est par exemple x 7→ x − x − ln x .
3
2
L'ensemble des solutions de l'équation sur ]0; +∞[ est donc l'ensemble
des fonctions de la forme
5 5 2
y(x) = x − x −ln x+c, où c ∈ R ce qui peut également s'écrire S =
3 2 x 7→ x − x − ln x + c , c ∈ R .
3
2 2
3 Résolution de quelques équations diérentielles du premier ordre.
3.1 Résolution des équations diérentielles du type y0 = ay.
Dénition 3.1: Équation diérentielle homogène linéaire du 1er ordre
Une équation diérentielle du 1er ordre pouvant se ramener à une équation du type y0 − ay = 0, avec a ∈ R
s'appelle une équation linéaire homogène du 1er ordre à coecients constants.
Exemple 3.2 :
y0
. Les équations diérentielles y 0 = 2y , 3y 0 − 5y = 0, − + 4y = 0 sont des équations linéaires homogène
2
du 1er ordre à coecients constants.
y0
. Les équations diérentielles y 0 = 2y + 3, 3y 0 − 5y = 5, − + 4y − 3 = 0 n'en sont pas.
2
Proposition 3.3: Solutions des équations de la forme y0 = ay
Les solutions de l'équation diérentielle y0 = ay avec a ∈ R sont les fonctions de la forme [x 7→ C eax ] où λ
est un nombre réel quelconque.
Démonstration. Démonstration au programme Notons A l'ensemble des fonctions pouvant s'écrire sous la forme
λe où λ ∈ R et S l'ensemble des solutions de l'équation diérentielle y 0 = ay .
ax
On va montrer que A = S , c'est à dire que les solutions de l'équations sont exactement les fonctions de la forme
λeax .
Pour cela, on va raisonner par double inclusion.
On va commencer par montrer que toutes les fonctions de la forme λeax sont des solutions de l'équation, c'est à
dire A ⊂ S .
On va ensuite montrer que toutes les solutions de l'équation peuvent s'écrire sous la forme λeax avec C ∈ R, c'est
à dire S ⊂ A.
. Montrons que A ⊂ S .
Soit f ∈ A. La fonction f est donc dénie sur R par f (x) = λeax , avec C ∈ R.
La fonction f est dérivable sur R et on a pour tout réel x, f 0 (x) = C × aeax = af (x).
6
Par conséquent, pour tout réel x, on a f 0 (x) = af (x). La fonction f est donc une solution de l'équation diéren-
tielle y0 = ay donc f ∈ S .
Donc A ⊂ S .
. Montrons que S ⊂ A.
Soit f ∈ S une solution de l'équation diérentielle y0 = ay sur R.
Notons g la fonction dénie sur R par g(x) = e−ax × f (x).
La fonction g est dérivable sur R comme produit de fonctions dérivables sur R et pour tout réel x, on a
g 0 (x) = e−ax × f 0 (x) − ae−ax × f (x) = (f 0 (x) − af (x)) e−ax .
Comme f ∈ S , ∀x ∈ R, f 0 (x) = af (x).
On a donc g0 (x) = 0, ∀ xR.
la fonction g est donc constante sur R. Il existe donc un réel C tel que pour tout réel x ∈ R, g(x) = e−ax f (x) = C .
Puisqu'une fonction exponentielle ne s'annule jamais, on a e−ax 6= 0 et donc :
e−ax f (x) = C ↔ f (x) = e−ax C
= λeax .
On donc bien f ∈ A, soit S ⊂ A.
En conclusion, on a bien A = S .
Exemple 3.4 :
Résoudre sur R l'équation diérentielle 4y 0 − 3y = 0, puis déterminer la/les solution(s) f telle(s) que
f (0) = −1.
3
On a 4y0 − 3y = 0 ⇔ y0 = y.
4
Les solutions de l'équation diérentielle y 0 = 0, 75y
sont de la forme x 7→ C e 0,75x avec C ∈ R.
L'allure des courbes représentatives de certaines so-
lutions est donnée ci-contre.
Pour trouver les solutions qui vérient la condition
initiale, on résout l'équation C e0,75×0 = −1.
C e0,75×0 = −1 ↔ C = −1.
1+
+
L'unique solution de l'équation diérentielle 4y0 − 0 1
3y = 0 telle que f (0) = −1 est la fonction dénie sur
R par f (x) = −e0,75x .
Proposition 3.5
Si f et g sont deux solutions de l'équation diérentielle y0 = ay, avec a ∈ R, alors,
. f + g est également une solution de l'équation et
. ∀ k ∈ R, kf est également une solution.
Démonstration. Il sut pour cela de vérier que les deux autres types de fonctions vérient l'équation diéren-
tielle ou bien qu'elles peuvent toutes deux s'écrire sous la forme u(x) = λeax avec λ ∈ R.
Remarque 3.6 : Cette propriété signie que l'ensemble de solutions de l'équation diérentielle est stable
par combinaison linéaire.
7
3.2 Résolution des équations diérentielles du type y0 = ay + b avec a 6= 0.
Dénition 3.7: Équation diérentielle linéaire du 1er ordre à second membre constant
Une équation diérentielle du 1er ordre pouvant se ramener à une équation du type y0 − ay + b = 0, avec
(a, b) ∈ R∗ × R s'appelle une équation linéaire du 1er ordre à coecients constants avec second
membre. .
Lemme 3.8
La fonction constante et égale à − ab est une solution de l'équation diérentielle y0 = ay + b avec a 6= 0.
Démonstration. Notons ϕ la fonction dénie sur R par ϕ(x) = − ab .
Pour tout réel x, on a aϕ(x) + b = a × − a + b = −b + b = 0 = g0 (x).
b
La fonction ϕ est donc bien une solution de l'équation y0 = ay + b.
Remarque 3.9 : Lorsque l'on arrive à trouver une solution à une équation diérentielle, on l'appelle
équation particulière
.
La fonction x 7→ − a est donc une solution particulière de l'équation y0 = ay + b.
b
Proposition 3.10: Solutions des équations de la forme y0 = ay + b
Les solutions de l'équation diérentielle du type y0 = ay + b avec a ∈ R∗ et b ∈ R sont les fonctions de la
forme [x 7→ u(x) + v(x)] où :
. u est une solution particulière de l'équation du 1er ordre y 0 = ay + b
. v est n'importe quelle solution de l'équation diérentielle homogène associée : y 0 = ay .
Autrement dit, les solutions de l'équation y0 = ay + b s'obtiennent en ajoutant une solution particulière de
l'équation aux solutions de l'équation homogène associée.
Démonstration. Notons A l'ensemble des fonctions pouvant s'écrire sous la forme u(x)+v(x) où u est une solution
particulière de l'équation et v une solution de l'équation homogène associée, et notons S l'ensemble des solutions
de l'équation diérentielle y0 = ay + b.
. Montrons que S ⊂ A.
Soit f une solution de l'équation diérentielle y0 = ay + b. On a alors pour tout réel x, f 0 (x) = af (x) + b.
Soit u une solution particulière de l'équation y0 = ay + b. On a u0 = au + b.
Mais alors, f − u est dérivable sur R et pour tout réel x, (f − u)0 (x) = f 0 (x) − u0 (x) = af (x) − au(x) =
a (f (x) − u(x)) = a (f − u) (x).
Donc la fonction v = f − u est solution de l'équation homogène associée y0 = ay.
On peut donc écrire f = u + v et donc conclure que f subsetA, soit S ⊂ A.
. Montrons que A ⊂ S .
Soit f ∈ A. Il existe alors u une fonction solution de l'équation diérentielle y0 = ay + b et v une solution de
l'équation homogène y0 = ay telles que f = u + v.
Pour tout réel x, on a f 0 (x) = (u + v)0 (x) = u0 (x) + v0 (x) = au(x) + b + av(x) = a (u + v) (x) + b = af (x) + b.
Donc f = u + v est bien une solution de l'équation y0 = ay + b. On a donc A ⊂ S .
En conclusion, A = S .
8
Corollaire 3.11
Les solutions
de l'équation diérentielle y = ay + b avec a et b des réels et a 6= 0, sont les fonctions dénies
0
sur R par x 7→ λeax − ab , avec λ ∈ R.
Exemple 3.12 :
1. Résoudre sur R l'équation diérentielle 2y0 + 3y = 2.
2. En déduire une solution telle que y(2) = − 13 .
1. 3
2y 0 + 3y = 2 ⇔ y 0 = − y + 1.
2
. Une solution particulière de cette équation est la fonction constante u dénie sur R par
1 2
u(x) = − 3 = .
−2 3
3
. L'équation homogène associée est y0 = − y. L'ensemble de ses solutions est
2
x 7→ λe− 2 x .
nh 3
i o
S0 = ,λ ∈ R
. Les solutions de l'équation diérentielle 2y 0 + 3y = 2 sont donc les fonctions f de la forme
2
f (x) = λe− 2 x + , avec λ ∈ R.
3
3
2. 1 2
f (2) = − ⇔ λe− 2 ×2 + = −
3
3
3
1
3
⇔ λe = −1
−3
−1
⇔ λ = −3 = −e3
e
1
L'unique fonction solution de 2y0 + 3y = 2 et vériant la condition initiale y(2) = − est donc la
3
2
fonction f dénie sur R par f (x) = −e 3− 32
+ .
3
3.3 Résolution des équations du type y0 = ay + f avec a 6= 0 et f une fonction.
Proposition 3.13
Soit a un réel non nul et f une fonction dénie sur un intervalle I .
Les solutions de l'équation y0 = ay + f sont les fonctions de la forme [x 7→ u(x) + v(x)] où :
. u est une solution particulière de l'équation y 0 = ay + f
. v est une solution quelconque de l'équation y 0 = ay .
Démonstration. La démonstration est laissée en exercice.
On s'inspirera de la démonstration de la proposition 3.10.
Remarque 3.14 : Cette propriété est un cas particulier du principe de superposition, fondamental pour
la résolution des équations diérentielles.
9
Exemple 3.15 : Résoudre l'équation diérentielle (E) : 2y0 + 3y = 6x + 1.
On admettra qu'une fonction ane que l'on déterminera est une solution de cette équation diérentielle.
. Détermination d'une solution particulière :
On pose ϕ(x) = mx + p (où m et p sont des réels que l'on va déterminer).
Comme c'est une fonction ane, ϕ est dérivable sur R et, pour tout x ∈ R, ϕ0 (x) = m.
ϕ est solution de l'équation 2y 0 +3y = 6x+1 si et seulement si pour tout réel x ∈ R, 2ϕ0 (x)+3ϕ(x) = 6x+1,
ce qui se ré-écrit : 2m + 3(mx + p) = 6x + 1. ( (
2m + 3p =1 p = −1
2m + 3(mx + p) = 6x + 1 ⇔ 2m + 3mx + 3p = 6x + 1 ⇔ ⇔ .
3m =6 m=2
Donc ϕ : 2x − 1 est une solution particulière de l'équation (E).
. Détermination des solutions de l'équation homogène associée :
3
L'équation homogène associée à (E) est 2y0 + 3y = 0, soit y0 = − y.
2 o
L'ensemble de solutions de cette équation est : x 7→ λe , λ∈R .
nh i
− 32 x
. On conclut :
Les solutions3 de l'équation diérentielle 2y0 + 3y = 6x + 1 sont donc les fonctions fλ dénies sur R par
fλ (x) = λe− 2 x + 2x − 1, avec λ ∈ R.
Après avoir travaillé ce chapitre,
Exercices d'applications Exercices
Je dois être capable de : pages 304 et 305 d'entrainements (pas
d'approfondissement)
Calculer une primitive en utilisant les primitives de n15 à 35 Page 306 à 308.
référence et les fonctions de la forme v0 × (u0 ◦ v).
Pour une équation diérentielle y0 = ay + b (a 6= 0) :
déterminer une solution particulière constante ; n36 à 43 Pages 309 et 310 n106
utiliser cette solution pour déterminer toutes les à 123
solutions.
Pour une équation diérentielle y0 = ay + f : à partir
de la donnée d'une solution particulière, déterminer n44 à 47 Page 311 n124 à 132.
toutes les solutions.
Démonstrations au programme Où la trouver dans le
cours
Deux primitives d'une même fonction continue sur un intervalle dièrent d'une Proposition 2.7 page 2
constante.
Résolution de l'équation diérentielle y0 = ay où a est un nombre réel. Proposition 3.3 page 6
Pour travailler en autonomie : Pages 312 et 313.
Pour préparer le bac : Pages 324 et 325.
10