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Régimes coloniaux en Afrique du Nord

Le document traite des régimes coloniaux au nord de l'Afrique, en mettant l'accent sur la colonisation de l'Algérie, le protectorat en Tunisie et au Maroc, ainsi que la situation hybride en Égypte et en Libye. Il souligne les modalités de domination coloniale, l'arrivée de colons européens, l'appropriation des terres et la désorganisation des sociétés rurales. Enfin, il aborde les stratégies de contrôle des populations colonisées, notamment par la réorganisation sociale et religieuse.

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Régimes coloniaux en Afrique du Nord

Le document traite des régimes coloniaux au nord de l'Afrique, en mettant l'accent sur la colonisation de l'Algérie, le protectorat en Tunisie et au Maroc, ainsi que la situation hybride en Égypte et en Libye. Il souligne les modalités de domination coloniale, l'arrivée de colons européens, l'appropriation des terres et la désorganisation des sociétés rurales. Enfin, il aborde les stratégies de contrôle des populations colonisées, notamment par la réorganisation sociale et religieuse.

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CM4 – LES RÉGIMES COLONIAUX AU

NORD DE L’AFRIQUE
On a vu que c’était une conquête longue, tâtonnante, avec une forte résistance. Il est important de faire
attention à la chronologie : 80 ans séparent la prise d’Alger de la prise de la Libye. Les périodes de domination
coloniales ont été de périodes variées, de quelques décennies à plus d’un siècle.

Il faut comprendre que la colonisation ne se résume pas à une simple conquête, c’est le maillage de ce
territoire par une administration (plus ou moins) efficace, qui permet à la puissance coloniale de contrôler le
territoire et les populations qui y vivent. Le droit joue un rôle extrêmement important.

Quels sont les modalités (politiques, juridiques, démographiques, économiques) des dominations coloniales
européennes dans le Nord de l’Afrique, de l’Égypte au Maroc ?

I – L’IMPOSITION DE L’AUTORITÉ D’UN ÉTAT ÉTRANGER SUR UN TERRITOIRE : COLONIE


ET PROTECTORAT

A – L’ALGÉRIE, UNE COLONIE FRANÇAISE

 Région du Maghreb où la domination coloniale a été la plus longue et la plus forte.

Annexion de l’Algérie en 1834. On parle alors de « possession française dans le nord de l’Afrique ». C’est
seulement en 1839 qu’apparaît la 1re occurrence du mot « Algérie ».

Reflète les hésitations de Paris pour fixer un mode de gouvernement précis. Jusqu’à la fin du XIXe, trois
grandes interrogations, autour de la façon dont on doit, ou non, coloniser l’Algérie, auxquelles on a répondu de
façon variable dans le temps :

• Les relations entre la colonie et Paris, c’est-à-dire entre l’administration d’Alger et le gouvernement à Paris.

• L’opposition entre civils et militaires sur le territoire algérien

• Les relations entre Européens, musulmans et juifs ; la relation entre colonisateurs et colonisés.

Ces trois questions engendrent des réponses variées, qui vont moduler la manière de coloniser le pays durant
cette période.

Algérie est gouvernée depuis Alger par un gouverneur général. On va diviser le territoire entre territoires civils
(dans le nord du pays), organisé selon un modèle similaire à la métropole, et des territoires militaires (dans le
sud), avec les « Bureaux arabes », et vont encadrer les chefs locaux, les « chefs indigènes ».

A partir de 1848, division du territoire algériens en 3 départements : Oran à l’ouest, Alger au centre,
Constantine à l’est.

Sous la IIIe République, les pouvoirs des civils vont être renforcés et étendus à l’ensemble des trois
départements, ce qu’on appelle le « Tell » ou « Algérie utile ». Administration calquée sur la métropole. Va de
pair avec un accroissement d’arrivée d’Européen, au détriment des populations locales  européens ont + de
pouvoir que les colonisés

Au début du XXe, l’ensemble du Sahara est organisé en 4 grands territoires militaires.

B – LE PROTECTORAT, UNE FORMULE ÉLASTIQUE

Établit en Tunisie par le traité du Bardo en 1881. Étendu au Maroc par le traité de Fès en 1912.

Protectorat = en théorie, statut colonial qui autorise un État ou un territoire mis sous tutelle d’un autre de
conserver une administration, un gouvernement et une personnalité juridique. Abandon partiel de la
souveraineté, mais le reste est respecté.

Ici, la France prend en main les affaires financières, militaires et diplomatiques du protectorat. Elle protège les
Français sur ces territoires, qui ont un statut à part. Elle est représentée dans ces Protectorats par un «
Résident général », qui a autorité sur les troupes françaises et qui préside le conseil des ministres. Il relève à
Paris du Ministère des Affaires étrangères. Le protectorat est bien un traité de droit international.

De son côté, le pouvoir protégé, le Bey de Tunis ou le Sultan du Maroc, sont maintenus, continuent d’encadrer
l’administration intérieure, et conservent des fonctions, notamment religieuse, ou juridique sur les questions
liées au statut personnel (mariage, héritage …).

Ce qu’il faut bien penser, c’est que c’est une formule très élastique. Très avantageux pour le colonisateur. C’est
un protectorat économique : le personnel français est très limité sur place, ne fait qu’encadrer l’administration
locale. On peut avoir des ambitions très différentes qui s’expriment : pour certains, cela confère une vraie
marge d’autonomie aux populations locales.

C’est le cas du 1er Résident Général du Maroc, le Général Lyautey, qui a cherché à préserver les traditions des
populations marocaines, et qui pensait le protectorat comme une formule avec une fin.

 « Il est à prévoir (…) que dans un temps plus ou moins lointain, l’Afrique du Nord, évoluée, civilisée, vivant
de sa vie propre, autonome, se détachera de la métropole »

MAIS
Pour d’autres, au contraire, ils voient derrière le protectorat comme une colonisation plus intense, et le
protectorat n’est qu’une façade. Par exemple, les fonctionnaires français de Tunisie et du Maroc venus
d’Algérie veulent transformer ces deux pays comme des satellite de la 1re colonie.

L’administration française ne vas pas ainsi simplement encadrer l’administration locale, mais prendre en main
directement. En Tunisie en 1914, on compte 3800 fonctionnaires français contre 3100 fonctionnaires
tunisiens.

Le régime originellement mis en place en Tunisie et au Maroc sont bien différent du statut de colonie de
l’Algérie. Les traités du Bardo et Fès prévoient seulement de protéger et réformer ces pays, mais les
protectorats ont pu être transformés de l’intérieur en des sortes de colonies.

C – ÉGYPTE – LIBYE, DES SITUATIONS HYBRIDES QUI NE DISENT PAS LEUR NOM.

En Égypte, de 1882 à 1914, sorte de « protectorat voilé ». Les Britanniques sont entrés sur le territoire sous
prétexte de rétablir l’ordre, et devaient se retirer lorsque la situation politique et économiques (comprendre
les dettes remboursées) seraient stabilisées. Mais la présence britannique a durée, et même au-delà : la
présence militaire a duré jusqu’en 1956.

Officiellement, reste une province ottomane, et les Khédives restent sur le trône.

Lord Cromer est « consul », mais en réalité c’est lui qui dirige la politique locale pendant plus de 20 ans (1883 –
1907), sous prétexte que les Égyptiens seraient incapables de se gouverner. Ce statut perdure jusqu’en 1914. A
cette date, l’EO rentre en guerre contre la GB, qui instaure un protectorat officiel en décembre 1914. Le consul
devient un Haut-commissaire, la monnaie égyptienne est rattachée à la £, perte totale d’autonomie.

En 1922, la G-B rassoit son pouvoir

Situation similaire en Libye, avec une alternance entre colonie et protectorat, lié aux difficultés à dominer la
région et aux hésitations italiennes.

Dès octobre 1911, au moment de la conquête, la Tripolitaine et la Cyrénaïque sont d’abord considérés comme
« parties intégrante du royaume d’Italie ».  Proche du modèle algérien

On parle de « quatrième littoral italien ». Durant la 1GM, et même après, heurts que les Italiens n’arrivent pas à
contrôler. En 1919, l’Italie reconnaît une autonomie, en établissant une République en Tripolitaine, et un
Émirat en Cyrénaïque. République et Émirat sont placés sous une forme de protectorat, où seule l’armée, la
justice et la diplomatie restent sous contrôle italien. En 1922, lors de la prise de pouvoir par Mussolini, la Libye
est reprise en main, rétablit un statut de colonie, et lance des colonies de peuplement.

On observe ainsi en Égypte comme en Libye un durcissement de l’autorité coloniale. En Libye et en Algérie, on
observe des hésitations, mais qui aboutissent toutefois à une véritable colonisation.

II – LES MOYENS DE LA COLONISATION

A – L’ARRIVÉE DE COLONS EUROPÉENS

Au Maghreb, les autorités coloniales vont favoriser l’installation des populations européennes. Ce qui nous
intéresse, c’est que cela favorise l’appropriation des terres.

 Le terme « colon » désigne un individu non-autochtone s’appropriant des terres agricoles autochtones.

MAIS
Professions libérales et non-agricoles ne sont pas considérés comme « colons »

En Algérie, politique étatique mise en place par l’État, dès les années 1840 par le Gouverneur Général
Bugeaud. Selon lui : « C’est la colonisation qui gardera cette conquête et libérera peu à peu notre armée (…). Il
faut les [colons] placer, sans s’informer à qui appartiennent les terres, il faut distribuer celles-ci en toute
propriété ».

On a à partir de ce moment-là un double mouvement :

• D’une part un mouvement de colonisation officielle, encadrée par l’État

• D’autre part un mouvement de colonisation libre


 Chronologiquement, les 1ers colons étaient des Parisiens et des opposants politiques, afin de les éloigner de
Paris (1851, coup d’État de Louis-Napoléon). Dans le dernier quart du XIXe, les Européens représentent
seulement entre 10 et 15 % de la population.

En Tunisie et au Maroc, plus difficile de justifier avec le statut de protectorat. Mais pourtant, leur nombre ne
va cesser d’augmenter.

1911, Tunisie = 200 000 Européens pour 1,7M de Tunisiens (soit 10 %)  46 000 Français, 88 000 Italiens et 11
000 Maltais.

Entre 1911 et 1926, Maroc (la progression est forte après la 1GM) = population européenne est multipliée par
10  10 000 à 100 000.

1934, Libye = 44 000 Italiens sur une population totale de 700 000 habitants.

En Egypte, les Britanniques sont surtout dans l’administration, la finance, la justice, les travaux publics. On
trouve toutefois beaucoup d’autres étrangers : Grecs, Italiens, Maltais, qui ont pu s’installer grâce au système
de capitulation (statut d’extra-territorialité : sont jugés par les tribunaux de leur pays ; bénéfices fiscaux).

XVIIIe-XIXe s, Alexandrie = population multipliée par 40 en un siècle, dont environs 15 % est née hors d’Égypte.

 Personnalité des lois dans l’EO = statut d’extra-territorialité car PAS de territorialité des lois en EO (et donc
en Égypte)

 Cette arrivée massive de colons entraîne une appropriation des terres des populations locales, les
expropriant ainsi d’office.

« Situation coloniale », par Georges Balandier :

- Des colonisés qui se trouvent en situation de majorité numérique mais en même temps de minorité
sociale
- Des colonisateurs qui constituent une minorité numérique mais en situation dominante sur les plans
sociaux, politiques, juridiques et économiques

B – L’APPROPRIATION DES TERRES

 Plusieurs techniques d’appropriation du foncier et des terres agricoles sont utilisées.

 En Algérie, la France confisque les propriétés du Dey. Une autre façon est d’exproprier pour utilité
publique, si par exemple ils aménager des routes. On peut également exproprier des terres incultes,
qui ne sont pas mises en valeur, qui permettent de les mettre en valeur.

L’idée est d’imposer, par des mesures juridiques, un modèle de propriété à l’européenne : propriété pleine,
entière, individuelle, cessible et divisible.

Loi Warnier de 1873, qui permet de transformer les terres collectives des tributs (indivisibles, propriété
collective) en propriété privées soumises à la vente. De même la pression fiscale va obliger les Algériens à
vendre leurs terres pour payer impôts.

Droit est très important dans la domination coloniale


Entre 1830 et 1895, les Algériens perdent 5M d’hectares, soit 40 % des superficies qu’ils possédaient. Entraîne
une prolétarisation et d’appauvrissement très important.

Malgré cela, le projet de colonisation d’implantation est mis en danger. A la fin du XIXe, les Européens ne
trouvent pas assez bénéfique l’exploitation des terres, et retournent vers les villes. Les Européens vont alors
continuer de posséder la terre, mais vont soit la mettre en métayage (on parle de khammes, métayers
algériens), soit laisser un gérant européen et des salariés locaux s’en occuper.

En Tunisie et au Maroc, l’occupation des terres est moindre, mais qui passe par des procédures similaires.

En Libye, l’État a favorisé l’instauration de grands domaines européens. Entre 1914 et 1919, 90 000ha de terres
agricoles sont utilisées à des Européens. L’arrivée des colons, l’appropriation des terres, et surtout les nouvelles
règles imposées par les pouvoirs coloniaux déstabilisent profondément les populations locales.

Cela sert le projet de contrôle des indigènes par l’État français  esprit de corps des tribus est la cible des
pouvoirs coloniaux

III – DÉSORGANISATION ET CONTRÔLE DES POPULATIONS COLONISÉES

A – DÉSTABILISATION DES SOCIÉTÉS RURALES

Sociétés rurales représentent la majorité des populations. Se voit dans les « tribus » (concept d’un ancêtre
commun entre les différents membres, qu’il soit réel ou fictif).

Seulement 11 % d’urbain en 1911.

L’irruption des pouvoirs coloniaux, des colons européens, ainsi que des productions européennes et des
nouvelles règles imposées servent l’appropriation des terres. Porte atteinte à l’organisation de la tribu (esprit
de corps, solidarité, travail collectif). Forte réduction des terres collectives, moins de terres pour le bétail
(notamment pour les pauvres).

Forte modification des équilibres entre activités agricoles et pastorales.

L’autre politique qui déstabilise les tributs sont les politiques de sédentarisation. Ces populations nomades sont
considérées comme dangereuses, et difficiles à contrôler. Les sédentariser faciliterait le projet colonial.

Enfin, les impôts sont réorganisés, ce qui appauvrie les populations rurales. Les impôts indigènes sont
beaucoup + lourd, payant les impôts européens + des impôts spécifiques. Ainsi, les Fellahs, c’est-à-dire les
paysans doivent s’endetter. De plus, l’économie est peu monétarisée.

En Libye, le système agro-pastoral est détruit. La Cyrénaïque est complètement dépeuplée, perte des 9/10 du
cheptel entre 1910-1920. Forte émigration pour fuir la région.

B – RÉORGANISER POUR MIEUX CONTRÔLER

Pour réorganiser, trois pratiques :

- Renommer = se fait par l’État civil, on change les populations. Impose d’adopter un nom de famille, et
d’abandonner les autres formes d’identification (lignée, lieu … permis par le nom arabe)
- Contrôler les pratiques musulmanes. Vont encadrer strictement les pèlerinages locaux, mais
également les mouvements vers le Hadj, considéré comme dangereux.

o Certaines années, le Hadj est interdit, par peur des épidémies.


o Le financement des lieux de culte est contrôlé et réduit.
o Domaine de compétences des tribunaux religieux sont très limités.
 Par exemple, en Tunisie, les tribunaux français installés dès 1883 ont toute
compétence dès qu’un Français est impliqué.

- Réduire ou nier la citoyenneté. Très visible dans le cadre de l’Algérie : disjonction entre la citoyenneté
et la nationalité
o Sénatus-consulte, 1865 (loi du 2nd Empire), donne la nationalité française à toute la
population algérienne, mais ne leur reconnaît pas la citoyenneté, leur laissant leur statut
personnel. « L’Indigène » n’est ni pleinement Français, ni étranger.

A partir de cette date, les Musulmans et Juifs d’Algérie ne peuvent accéder aux élections, avoir un poste dans
l’administration … doivent se faire « naturaliser » (procédure individuelle), de la même manière qu’un étranger.
Musulmans et juifs se méfient de cette mesure, à cause de la rupture forte avec le milieu d’origine.

 De 1865 et 1944, seul 6000 musulmans algériens ont demandé la naturalisation

Les juifs obtiennent un statut particulier avec le Décret Crémieux de 1870, et octroie d’office la citoyenneté
française aux 30 000 juifs d’Algérie. On supprime les tribunaux judaïques. Sur plusieurs générations, les sépare
de la population locale, et vont progressivement être assimilés.

Ce que montre le Décret Crémieux, c’est la capacité du droit de changer les clivages dans la population. On voit
comment le droit colonial peut restreindre les libertés. Exemple du Code de l’Indigénat, mis en place
systématiquement à partir 1881.

Maroc + Tunisie = obtention de nationalité française pour services exceptionnels rendus ET naturalisation pour
les combattants par les mouvements nationalistes après 1e GM

1912, « état de siège » au Maroc. Permet la surveillance des personnes, la répression des mouvements
ouvriers et nationaux qualifiés de « subversifs », et permet les « aveux dans locaux policiers », c’est-à-dire la
torture. Donne des droits très fort à l’administration.

1881, Algérie = Régime de l’indigénat en Algérie limitation des libertés ; sanctions spéciales  volonté de
contrôle = justification des réunions familiales, amicales ou autres paiement de l’impôt, permis pour circuler

- Sanctions directement appliquées sans procès, jugement ou défense


- 1912, Algérie = « indigènes » paient 71% des impôts directs locaux alors qu’ils ne détiennent que 38%
de la fortune du pays et que leurs droits politiques sont limités

En 1927, création d’une « citoyenneté libyque », inférieure à la citoyenneté italienne. Interdit d’avoir une
profession libérale, de créer un journal, etc. Recul par rapport aux promesses de 1919 avec les formes de
protectorat.

Conclusion :

On voit ainsi comment la distinction initiale entre colonie et protectorat devient très
rapidement sémantique. On voit qu’il s’agit davantage de « variation dans le cadre

colonial »

Tendance à vouloir transformer les protectorat en colonies. « Protéger » c’est

coloniser à moindres frais.

Conjugué à la mise en place de régimes coloniales, d’un droit nouveau, les

populations locales sont affaiblies, prolétarisées, ségréguées, et mis à part politiquement.

Téléchargé par Sarah B ([email protected])lOMoARcPSD|40300882

La « situation coloniale », c’est donc :

• des colonisés qui se trouvent en situation de majorité numérique mais dans le

même temps de « minorité sociologique »

• des colonisateurs qui constituent une minorité numérique mais en situation

dominante sur les plans sociologique, politique, juridique et économique.

Définition donnée par Georges Balandier,

« La situation coloniale : approche théorique », Cahier internationaux de Sociologie, 1951

Pour Adolphe Crémieux, juif, il était primordial de les transformer en Juifs. La

nationalité française était la meilleure chose pour eux, selon Crémieux. Cependant, les

Juifs ne désiraient pas ce statut, préférant conserver leurs traditions et leurs tribunaux.

Mais en 1870, par décret et sans leur demander, il leur donner le statut de

citoyenneté. Crémieux s’appelera lui-même le « Yahvé des juifs d’Algérie ». Ce décret les

fait passer du côté des dominants et du côté du pouvoir (même symbolique). Cependant,

hostilité des Européens en Algérie, considérés comme une provocation. Pour les colons,

ce sont des arabes de confession juive, des simples indigènes.

Ce décret entraîne la création d’un fossé entre juifs et musulmans. Cela va prendre

quelques décennies, par les lieux d’habitation, les moyens de se déplacer, mais

également par les actes de naissance, où les juifs vont porter davantage de prénoms

« francisés ».

Durant la période de transition entre pouvoir militaire et pouvoir civile, instauration

de commune de plein droit (pour les régions fortement peuplés d’européens) et de

commune « mixte », où un gouverneur civile est nommé pour diriger. Il est doté d’un
pouvoir judiciaire pour condamner les « incivilités », notamment les résistance à l’impôt.

Système de permis de circulation. Répression de l’activité des « confréries » …

L’Indigénat consiste ainsi en un ensemble de délits réservés pour les Indigènes.

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