LE PROJET DES TARTRES DU
DÉPARTEMENT DE SEINE-SAINT-
DENIS
Réalisé par: Chenni Khais et Ghandour Nassim
UFR Lettres et Sciences Humaines, L2 Géographie et Aménagement, 2021– 2022
I) Présentation du contexte menant a l’aménagement
Nous avons ici choisi de traiter du projet d’aménagement de de la ZAC, ou
Zone d’Activité Concerté des Tartres. Ce projet d’aménagement urbain qui
s’étend sur les communes de Pierrefitte-sur-Seine,Stains,Saint-Denis ;
représentant un projet d’aménagement de 33 hectares. Ces trois communes
sont des communes de Seine-Saint-Denis et ce projet d’aménagement
représente un totale de 33 hectares. Le site des Tartres doit être transformé en
un écoquartier et en une solution de désenclavement pour ces villes mais aussi
les habitants l’occupants. Dans cette objectif, la proximité de ce territoire avec
Paris est un moteur pour repenser l’accessibilité aux transports en commun et
faciliter les flux de voyageurs. Avec une densité de population importante, la
question du logement est une préoccupation majeure. Ce projet a donc pour
ambition de proposer des logements diversifiés, des équipements multiples
mais aussi d’aménager cet espace pour valoriser et intégrer les espaces verts
qui sont souvent manquants en banlieue.
L’écologie est donc un pilier dans le projet développé et l’obtention d’un label
EcoCité pour le projet est une reconnaissance pour ce qui est “les villes de
demain”. Cette nouvelle façon de concevoir la ville doit allier respect de
l’environnement, qualité de vie et cohésion sociale. Le territoire sur lequel le
projet de la future ZAC des Tartres à un identité maraîchère très prononcer, en
effet par le passer cette zone comptait de grands espaces maraîchers.
Et ce caractère a durant la conception du projet, le caractère historique de ce
territoire a voulu être souligné par les aménageurs publics. Un éco quartier est
un quartier qui s’inscrit dans une vision durable de la cohabitation entre respect
et valorisation de la biodiversité tout en permettant le développement
d’activités humaines dans une politique de développement durable. Cette
inscription dans une vision durable passe dans un premier temps passe par de
nombreux vecteur comme notamment l’utilisation d’énergies renouvelables ou
une autonomie énergétique, le développement de mobilités douce ou de
transports en commun, une gestion optimale voir une revalorisation des
déchets en intégrants les usagers dans une optique de durabilité, le
développement d’une agriculture urbaine et de cultures maraîchères afin de
développer des marchés locaux, un développement d’espaces verts et une
politique de logements durables. Le chiffrage total des investissements dans ce
projet s’élève a soixante-seize millions d’euros.
II) Le projet en tant que tel
Le projet des Tartres est issu de la collaboration mais aussi est porté et est
réalisé par une diversité d’acteurs multiple. Ce projet repose tout d’abord sur
des acteurs à l’échelle communale qui font équipe pour mener à bien sa
réalisation. Compte tenu que ces aménagements s’étendent sur trois villes, les
maires des trois villes partagent une responsabilité égale. Nous retrouvons
donc comme acteurs majeurs, la ville de Pierrefitte-sur-Seine, la ville de Stains
et la ville de Saint-Denis. L’EPT (Établissement Public Territorial) de la Plaine
Commune est un regroupement de neuf villes au nord de Paris dont font partie
les trois communes concernées et participe à ce projet. Il y a cinq maîtres
d'œuvres des espaces publics.
Le paysagiste-coordonnateur est Atelier Jours. La mission AMO
environnementale est proposée par S’pace Environnement qui accompagne le
projet dans programmation, conception, construction, mise en exploitation.
Cette mission doit apporter une réponse technique dans la conception
d’infrastructures répondant aux enjeux du développement durable.
L'urbanisme transitoire des sites des Tartres est assuré par l’association
Chifoumi. Cette association fondée en 2011 compte de jeunes paysagistes qui
ont pour objectif de concevoir des espaces publics participatif et écologique.
Le projet met en avant une agriculture urbaine et pour répondre aux besoins
d’irrigation de celle-ci, l’agence d’urbanisme et de paysage spécialisé dans
l'hydrologie urbaine est engagée afin d’apporter des solutions fiables et
responsables. Les derniers acteurs qui sont majoritaires sur ce projet sont les
bailleurs et promoteurs immobiliers.
L’achèvement des travaux est prévu pour 2027. Cependant au vu de la crise
sanitaire actuelle et aux dates de livraison des projets qui sont souvent
repoussées, l’échéance pourrait être rallongée. Le regroupement de trois
communes fait émerger la notion de “locaux communs” repris par le maire de
Pierrefitte-sur-Seine. Ce projet remet en question les frontières entre les
communes. En effet, en 2019, dans le sud de Stains, la construction du premier
groupe scolaire s’est achevée. Les maires sont concertés pour que ce groupe
scolaire profite aux enfants quelques soit leur ville de résidence.
Dans le cadre du projet des Tartres, on peut suggérer qu’il s’agirait davantage
d’un projet marketing que d'un véritable projet d’éco-quartier. S’opposant à
une politique multidimensionnelle, ce projet, dans une politique de mise en
avant d’un futur éco-quartier, semble davantage mettre l’accent sur la présence
de larges zones d’espaces verts pour les riverains, afin de permettre une
agriculture urbaine et des jardins familiaux. Également, une politique de
continuité écologique, diversité des milieux et une gestion des eaux pluviales
pour les périodes de forte chaleur sont aussi mis en avant. Il semble cependant
difficile de permettre une continuité écologique, c’est-à-dire de permettre aux
êtres vivants une libre circulation vers les zones de reproduction, abris et
d’alimentation, au cœur même d’une ville. De ce fait, le projet global semble
plutôt se centrer autour du développement d’un quartier désenclavé, de
permettre une mixité sociale et une liaison avec les grands axes de transports et
université plutôt qu’un véritable éco-quartier.
III) Analyse critique des principaux enjeux de ce projet
Cet aménagement veut redonner un second souffle au territoire francilien en y
ajoutant la dimension de développement durable qui a pour vocation d’en faire
un éco-quartier. Les hectares d’espaces verts font opposition à l’enclavement
urbain. Cependant, tout projet ambitieux fait aussi émerger quelques critiques
négatives.
Tout d’abord, nous pourrions nous poser la question de la crédibilité de ce
projet. Malgré une dominance de bailleurs sociaux, des habitations restent
gérées par des entreprises privées et font donc partie du parc privé. Ainsi cette
opposition public et privé pourra mener à une dominance d’une population
plus aisée. Cette critique est d’autant plus appuyée par la localisation
géographique de ce territoire qui est situé à proximité de Paris. Ce projet
d’éco-quartier, reste seulement à l’échelle d’un quartier et nous voyons donc
une opposition à l’échelle communale entre un quartier qui se veut responsable
et s’inscrit dans une logique de développement durable au reste de la ville qui
s’enferme dans une logique de concentration urbaine et ainsi d’une forte
pollution. Les éco-quartiers sont souvent perçus comme un “laboratoire
expérimental” mais celui-ci reste limité à l’échelle d’un quartier. De plus, ce
projet est comparable à du greenwashing. La vaste population que compte le
département a besoin d’être sensibilisée aux questions environnementales. Les
limites de ce projet trace aussi une limite entre les populations et accroît les
inégalités au sein d’un même territoire. En effet, alors que l'îlot urbain qui s’est
construit depuis des années enferme les séquano-dionysiens, une minorité de
cette population profite de nouveaux logements, infrastructures, écoles et
surtout d’espaces verts. La Charte d’Aménagement Soutenable de ce projet
datant de 2017 met en lumière le fait “d’aménager une ville économe dans
l’utilisation de ces ressources”. Ainsi malgré la participation du bureau d’étude
Coup d'Éclat, aucune réponse viable sur la production de ressources électriques
n’a été apportée.
Bibliographie :
Légifrance, “Code général des collectivités territoriales”, consulté le
01/04/2022,
[Link]
isSuggest=true
Mairie de Pierrefitte-sur-Seine, “un après-midi pour découvrir les
Tartres”, consulté le 08/04/2022,
[Link]
tartres/
Plaine [Link], “Plaine Commune, Les Tartres”, consulté
le 13/30/2021,
[Link]
Tartres Journal, Septembre 2018, numéro 1, page 1 à 3, consulté le
20/03/2022,
[Link]
Grands_projets/Tartres_Journal_Sept2018.pdf
Ville de Stains, 27 novembre 2020,” Ecoquartier des Tartres – Des
travaux démarrent”, consulté le 03/03/2022,
[Link]