0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
40 vues5 pages

Anguillulose : Épidémiologie et Traitement

L'anguillulose est une infection causée par le ver Strongyloïdes stercoralis, principalement répandue dans les régions tropicales et subtropicales, pouvant entraîner des complications graves, notamment chez les enfants. Le cycle de vie complexe du parasite inclut des phases d'infestation, de migration et d'état, avec divers modes de contamination, notamment par voie transcutanée et auto-infestation. Le traitement actuel repose sur l'utilisation de l'ivermectine et de l'albendazole, accompagnés de mesures préventives telles que l'éducation sanitaire et l'amélioration des conditions d'hygiène.

Transféré par

el aouni adil
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
40 vues5 pages

Anguillulose : Épidémiologie et Traitement

L'anguillulose est une infection causée par le ver Strongyloïdes stercoralis, principalement répandue dans les régions tropicales et subtropicales, pouvant entraîner des complications graves, notamment chez les enfants. Le cycle de vie complexe du parasite inclut des phases d'infestation, de migration et d'état, avec divers modes de contamination, notamment par voie transcutanée et auto-infestation. Le traitement actuel repose sur l'utilisation de l'ivermectine et de l'albendazole, accompagnés de mesures préventives telles que l'éducation sanitaire et l'amélioration des conditions d'hygiène.

Transféré par

el aouni adil
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

ANGUILLULOSE

- Géo-helminthiase cosmopolite due à la présence dans l’intestin grêle, d’un ver rond : Strongyloïdes
stercoralis = anguillule
- Parasites très répandus dans les régions tropicales et subtropicales
- Parfois responsables d’infections sévères du fait de l’anémie qu’ils entraînent (+++ enfants)
- En l'absence de traitement, son cycle interne d'auto-infection pérennise à vie le parasitisme

I. EPIDEMIOLOGIE

1) Agent pathogène

a) Classification

Phylum : Nematoda
Classe : Secernentea
Ordre : Rhabditida
Famille : Strongyloïdidae (alternance générations parasites avec générations libres)
Genre : Strongyloïdes (génération parasite : femelle parthénogénétique)
Espèces : Strongyloïdes stercoralis
Strongyloïdes fuelleborni

b) Morphologie

Formes matures = vers adultes : adultes stercoraux (libres) et femelles parthénogénétiques

Adultes stercoraux = libres : œsophage caractéristique de type rhabditoïde (2 renflements)


Mâle Femelle

- 1,5 mm de long
- 1 mm de long
- Extrémité postérieure longue et pointue
- Extrémité postérieure : courte, pointue, recourbée en
- Appareil reproducteur : en pair, formé de 2
crochets avec 2 spicules
cordons comportant chacun un ovaire, un oviducte
- Appareil reproducteur : nombreux testicules dans sa
et un utérus (grand nombre d’œufs embryonnés) +
partie postérieure
vulve sur la face ventrale

Femelle du parasite ou femelle parthénogénétique

- Petit ver cylindrique, mince et transparent


- 2-3 mm de long sur 30 μm de diamètre (+ longue que les formes libres)
- Partie antérieure : arrondie et comporte un œsophage de type strongyloïde (un seul renflement) et long
(1/3 du corps)
- Partie postérieure : courte et pointue
- Utérus : double et distendu par les œufs (embryonnés) + orifice vulvaire (1/3 postérieur du corps)
- Orifice buccal : hexagonale, entouré par 2 lèvres latérales trilobées

1
Formes immatures : larves (rhabditoïdes et strongyloïdes) et œufs

Larves rhabditoïdes (L1 - L2) Larves strongyloïdes (L3)


- Œsophage de type - Œsophage de type strongyloïde
rhabditoïde - Filiformes
- Présence de gaine - Pas de gaine (perte lorsque la
- Cavité buccale : courte larve devient infestante)
- 250 μm / 17 μm de diamètre - 400 μm / 10 μm de diamètre
- Extrémité postérieure : effilée - Extrémité postérieure : étroite,
et conique tronquée et bifide (terminée par
- Grande ébauche génitale 2 pointes)

 Forme non infestante :  Forme infestante : capable de


retrouvée dans les selles pénétration percutanée

Œufs :
- Ovoïdes, incolores, transparents à coque mince et lisse, de 40-70 µm de diamètre
- Embryonnés à la ponte avec une larve épaisse L1 repliée une ou plusieurs fois sur elle-même ("trapue")

c) Biologie

Habitat
- Femelles parthénogénétiques : - duodénum (enchâssées dans la muqueuse duodéno-jéjunale)
- si infestation massive  peuvent déborder jusqu'à l’iléon
- Adultes libres : milieu extérieur (sol humide)

Nutrition : détritiphages  particules tissulaires (non hématophages) et déchets organiques

Cycle évolutif  complexe

Infestation de l’homme par les larves strongyloïdes qui pénètrent par voie transcutanée  migrent par les
vaisseaux sanguins  cœur droit  poumons
Elles remontent l’arbre bronchique  pharynx  œsophage  puis sont dégluties dans le tube digestif
Elles gagnent ensuite  duodénum et se transforment en femelles parthénogénétiques  pondent des
œufs  éclosion et libération des larves rhabditoïdes

A ce stade, 3 évolutions possibles :

- Cycle extérieur indirect ou sexué : larves rhabditoïdes  émises avec les selles dans le milieu extérieur
Lorsque les conditions de ce milieu sont optimales (T° > 20°C, bonne humidité, sol riche en matières
organiques) : larves rhabditoïdes  adultes libres rhabditoïdes mâles et femelles  qui vont s’accoupler
Femelles  pondent des œufs  éclosion et libération des larves rhabditoïdes  larves strongyloïdes
infestantes

- Cycle extérieur direct ou asexué :


Lorsque les conditions du milieu extérieur ne sont pas favorables  larves rhabditoïdes émises avec les
selles  se transforment directement en larves strongyloïdes infestantes (en subissant 2 mues)

- Cycle interne ou auto-infestation endogène : larves rhabditoïdes (issues des oeufs pondus par la femelle
parthénogénétique)  se transforment directement dans l’intestin en larves strongyloïdes infestantes
Ce cycle interne explique la longévité de la maladie

2
2) Réservoir de parasite

- Homme malade : principal réservoir de parasite


- Réservoirs de parasite secondaires : chien, chat, singe
- Pas d’immunité naturelle, mais les ID sont + sensibles

3) Modes de contamination

- Voie transcutanée : larves strongyloïdes infectantes pénètrent par la peau lors de la marche pieds nus
dans la boue contaminée
- Auto-infestation
- Voie orale : ingestion d’eau ou de crudités contenant des formes infectantes

4) Circonstances favorisantes

Ordre général Ordre individuel


- Climat (> à 20°C) - Péril fécal
- Humidité du sol et richesse en matières organiques - Marche pieds nus
Liés au parasite
- Durée de vie longue du parasite adulte
- Durée de vie longue des larves dans le milieu extérieur : sol (2 à 10 mois) / eau (18 mois)
- Thermotropisme positif des larves
- Hydrotropisme (hygrotropisme)
- Histotropisme (peau) des larves

II. CLINIQUE

- Phase d’infestation (pénétration) : prurit associé à une éruption papulo-érythémateuse


- Phase de migration larvaire :
+ Manifestations larvaires à type de toux, dyspnée parfois expectorations (lors de l’auto-réinfestation+++)
+ SD de Larva currens = traînée urticarienne prurigineuse d’une dizaine de cm, linéaire ou serpigineuse,
progressant rapidement de 2 à 10 cm/h  dermatite + œdème périphérique
Localisation : fesses, lombes, abdomen et cuisses
+ SD de Loeffler (rare)
- Phase d’état : signes digestifs +++ avec : diarrhée, crises abdominales douloureuses et violentes de 2 à 3
jours. Du fait de sa chronicité  AEG
- Complications majeures  anguillulose maligne (ID, corticothérapie au long court)  mort par cachexie
3
 atteintes : respiratoire, intestinale, nerveuse, cardiaque, hémorragique (rare)
III. DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

1) Prélèvement

- Selles : adultes, larves, œufs (rarement)


- Liquide duodénal : adultes, larves
- Crachats : adultes, œufs
- LBA (ID) : adultes
- LCR (formes disséminées) : larves

2) Diagnostic de présomption : hyperéosino (70%) évoluant en dents de scie (migration larvaire) + ↑ IgE

3) Diagnostic direct

 Coproscopie : examen direct à l’état frais des selles (sans coloration)


Si négatif  techniques de concentration et d’extraction ou culture sur du charbon végétal

 Technique de concentration : MIF

 Technique de concentration : RITCHIE


- Diluer 2g de selles dans 10 fois son volume de solution de formol
- Tamiser le mélange et de récupérer dans un tube à centrifuger
- Ajouter au mélange de l'éther (inflammable) : 1/3 d'éther pour 2/3 de mélange et agiter
- Centrifuger pendant 2 à 3 min  les constituants de la suspension sont répartis en 4 couches
- Éliminer le surnageant par retournement du tube
- Réaliser un examen microscopique sur le culot de centrifugation

 Technique d’extraction de BAERMANN : METHODE de REFERENCE +++


= repose sur les propriétés d’hygrotropisme et de thermotropisme positifs des larves
Mais, permet uniquement la détection des larves vivantes
Technique :
- Mettre des selles sur de la gaze disposée sur une passoire
- Poser la passoire dans un entonnoir (fermé) contenant de l'eau tiède
- Laisser reposer 2-3h
- Récupérer le liquide, centrifuger
- Réaliser un examen microscopique sur le culot de centrifugation

 Coproculture en boîte de Pétri +++ (étuve humide à 25°C pendant au moins 10 jours)
= repose sur la transformation des larves rhabditoïdes en adultes libres stercoraux capables de se multiplier
par voie sexuée lorsque la température est supérieure à 25°C
Permet le diagnostic différentiel entre anguillulose et ankylostomose
Résultats :
- Au bout de 48h : - larves strongyloïdes d’ankylostome (L2)
- larves strongyloïdes infestantes d’anguillule (L3) issues des rhabditoïdes (cycle direct)
ème ème
- Du 2 au 4 jour : - larves strongyloïdes d’ankylostomes (L2)
- larves strongyloïdes infestantes d’anguillule (L3) + adultes mâles et femelles
- Vers le 7ème jour : - larves strongyloïdes infestantes d’ankylostome (L3)
- larves strongyloïdes infestantes d’anguillule (L3)
- Plus de 7 jours : culture négative pour anguillule mais persistance ankylostome

4) Diagnostic immunologique : Immunofluorescence indirecte (IFI) et ELISA

4
5) Diagnostic moléculaire : RT-PCR

IV. TRAITEMENT

- Avant : Thiabendazole (Mintezole®) mais effets secondaires fréquents  abandon


- Actuellement, on utilise :
+ Ivermectine (TTT de choix) : 0,2 mg/kg en prise unique (si échec : 2ème cure à 15 jours d’intervalle)
+ Albendazole : 15 mg/kg pendant 3 jours
- Anguillulose maligne : antiparasitaire (Ivermectine) + ATB

V. PROPHYLAXIE

- Dépistage et traitement des porteurs


- Lutte contre le péril fécal et éducation pour la santé
- Éviter la marche pieds nus par le port de chaussures
- Mesures d’hygiène et d’assainissement : construction de latrines, adduction d’eau potable

Vous aimerez peut-être aussi