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Ch1 GENERALITES & RAPPEL

Le document traite des conditions mécaniques de contact entre solides, en se concentrant sur la tribologie, qui étudie le frottement, l'usure et la lubrification. Il aborde les propriétés mécaniques des matériaux, notamment l'élasticité et la plasticité, ainsi que les lois de déformation et de contrainte. Enfin, il présente des concepts fondamentaux tels que le module de Young, le module de cisaillement et les comportements élastiques et plastiques des matériaux.

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Ch1 GENERALITES & RAPPEL

Le document traite des conditions mécaniques de contact entre solides, en se concentrant sur la tribologie, qui étudie le frottement, l'usure et la lubrification. Il aborde les propriétés mécaniques des matériaux, notamment l'élasticité et la plasticité, ainsi que les lois de déformation et de contrainte. Enfin, il présente des concepts fondamentaux tels que le module de Young, le module de cisaillement et les comportements élastiques et plastiques des matériaux.

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CHAPITRE I Dans cette partie, on présente les conditions mécaniques de contact, à savoir : l’aire

de contact et les contraintes développées dans chacun des deux solides ainsi que leur
distribution sur ce même solide. Sera développé également l’architecture des surfaces
GENERALITES ET RAPPELS en contact et les différents procédés d’usure de ces surfaces. La partie relative au
contact à trois corps (deux solides + un liquide) sera abordée dans le cours intitulé
« Usure et lubrification ».
2- CARACTERISTIQUES MECANIQUES DES MATERIAUX SOLIDES
1- GENERALITES
On distingue deux propriétés principales :
La tribologie est la branche de la mécanique qui étudie le frottement, l'usure et la
- l’élasticité,
lubrification des surfaces de contact entre deux solides. La tribologie s’intéresse
principalement aux corps solides ou à l’interaction entre un solide et un lubrifiant - la plasticité.
liquide (huile), onctueux (graisse) ou granulaire (poudre). Frottement et usure se Elles sont indépendantes du temps donc de la durée de la sollicitation. Pour les
produisent à la surface entre deux solides en contact. La lubrification permet de liquides on a la viscosité. Pour certains solides et pour certaines durées de
séparer les surfaces en contact par un film lubrifiant, et par conséquent limiter sollicitations on a les propriétés visqueuses.
l’usure (contact à trois corps).
2-1 L’élasticité
La force de frottement est une force de réaction, qui s'oppose toujours au mouvement
relatif entre deux corps en contact. Quand on applique une force normale Fn Les théories élastiques des contacts furent élaborées par Hertz et Boussinesq en 1885,
perpendiculairement à la surface plane du contact, une force tangentielle Ft est elles reposent sur les hypothèses principales suivantes :
induite par le déplacement relatif, parallèle au plan et opposée au sens du • Les solides sont soumis à de petites déformations sans dépasser leur limite
glissement. Elle croit à un maximum avant le début du mouvement macroscopique : élastique ;
c’est la force de frottement statique. Après le début du mouvement, elle diminue
• Les surfaces sont continues et non conformables ;
jusqu’à une nouvelle valeur qui demeure constante tant que le mouvement persiste :
c’est la force de frottement dynamique. L’effort normal Fn et l’effort tangentiel Ft sont • La déformation élastique est calculée en admettant que chaque corps en
reliés suivant la loi de frottement de Coulomb, qui donne le coefficient de contact est un demi-espace élastique ; etc.
frottement « f » qui est définis par une constante :
En général on a le schéma suivant :
F
f = t
Etat initiale Après l’arrêt de la
F
n + Forme modifiée sollicitation le solide retrouve
Sollicitation sa forme initiale.
Le travail effectué par les forces de frottement a un triple effet :
• de l’énergie est dissipée sous forme de chaleur;
On dit alors que le comportement du solide est élastique.
• des déformations plastiques sont générées;
• des particules solides sont arrachées sur les surfaces de contact. F
Dans les machines, la génération de chaleur et les déformations plastiques sont
responsables des pertes de rendement, tandis que l'arrachement progressif des
λo
particules à la surface des pièces est la cause de l'usure. λ
Soit donc à analyser un système mécanique contenant le contact entre deux solides. h
Sont alors communs les paramètres suivants : w
F
- la géométrie des solides en contact,
Figure 1.1 : Cube soumis à la traction suivant l’une de ses trois directions.
- la cinématique des solides en contact,
Remarque
- les efforts appliqués.
Nous n’étudierons en général que le comportement élastique linéaire.

3 4
Etat initiale : hauteur λ0 ; Déformation par compression :
Application de F : on a la hauteur λ ; donc on a un allongement : ∆λ = λ - λ0. p ∆λ 1 p
〈 0 ⇒ = -
Pour l’acier, le bois, etc. ∆λ est de quelques centièmes de la hauteur initiale λ0. E λ E
Pour de faibles allongements et pour un grand nombre de matériaux ∆λ est Cas 2 : pression sur les côtés du bloc
proportionnel à l’effort F suivant une loi dite de Hooke. p
Déformation par pression : -
On a donc le rapport : E
F ∆λ ∆w p
σ = = E Loi de Hooke Déformation latérale : = -
S λ w E
Où E est le module de Young, F l’effort normal appliqué et S la surface de contact. Déformation longitudinale (déformation latérale multipliée par « -ν ») :

Remarque ∆λ 2 p
= ν
La loi de Hooke a également une autre implication : lorsque vous étirez un bloc de λ E
matériau dans une direction, il se contracte perpendiculairement à la tension. La Cas 3 : pression sur les faces avant et arrière du bloc,
contraction en largeur est proportionnelle à la largeur w et aussi à ∆λ/λ. On a par
Déformation par compression égale à –p/E,
conséquent :
Déformation correspondante dans la direction longitudinale :
∆w ∆h ∆λ
= = -ν ∆λ 3 p
w h λ = ν
λ E
Où ν est le coefficient de Poisson qui caractérise une autre propriété du matériau.
En combinant les trois résultats relatifs aux cas (1), (2) et (3), nous obtenons :
E et ν sont deux constantes qui déterminent intégralement les propriétés élastiques
d’un matériau homogène et isotrope. ∆λ = ∆λ1 + ∆λ2 + ∆λ3
∆λ p
C’est le cas des matériaux que nous allons aborder dans ce cours. Soit : = (2ν - 1)
λ E
2-2 Définitions uniformes
On a un problème symétrique d’où :
Soit un bloc rectangulaire soumis à une pression hydrostatique uniforme p (exemple
d’un bloc mis dans un réservoir d’eau sous pression). ∆w ∆h p
= = (1 - 2ν )
Chaque face du bloc (six faces) va subir une action vers l’intérieur proportionnelle à la w h E
surface. La variation volumique s’écrit aussi :
On peut imaginer que la variation de la longueur du bloc est la somme des variations Comme V = h. λ.w, et pour des petits déplacements, on peut écrire :
de longueur qui se produisent dans les trois cas suivants :
∆V ∆h ∆λ ∆w p
p w = + + = - 3 (1 - 2ν )
h V h λ w E
∆V
p p est appelée « déformation volumique » soit également
V
λ (1) (2) p (3) ∆V E
+ + p = - B où B =
V 3(1 - 2ν )
B représente le module de compressibilité.
Figure 1.2 : Décomposition d’un bloc rectangulaire soumis à
une pression hydrostatique uniforme p.
Cas 1 : pression p sur les extrémités du bloc

5 6
2 – 3 Cisaillement perpendiculaire et faisant un angle de 45° par rapport aux faces primitives du cube,
La déformation de cisaillement sur un élément de matière peut être modélisée par le figure 1.4.
type de distorsion que nous présentons dans la figure 1.3. Les efforts et déformations internes sont les mêmes que ceux qui seraient produits
dans un cube de matériaux plus grand, aux faces égales à 2 S , avec les forces
T représentées dans la figure 1.4.
Effets équivalents à ceux de la figure 1.2 de ce paragraphe.
On retrouve le problème que nous avons déjà résolu.
B A
F F
2T
2T
2T
Figure 1.3 : Modélisation de la déformation de cisaillement.

On considère les déformations existantes dans un cube de matériau soumis aux


forces indiquées sur la figure 1.3, qu’on peut décomposer en deux études suivant le
cas des efforts appliqués :
2T 2T
1. Celles des poussées verticales, Figure 1.4 : Cisaillement.
2. Celles des tractions horizontales.
Soit S la surface d’une face du cube ; la variation de la longueur horizontale est : La variation de longueur de la diagonale est :
∆λ 1 F ν F ∆D 1 T
= + = (1 + ν)
λ ES ES D E S
Et la variation de hauteur h est l’opposé de ce résultat soit : Une diagonale est raccourcie, l’autre est allongée.
∆h 1F ν F La déformation de cisaillement est généralement exprimée par l’ « Angle de
=- −
h ES ES Torsion » du cube « Angle γ », figure 1.5.
T
Soit maintenant le même cube soumis aux efforts de 1er dessin (figure 1.2) : δ
Toutes les forces doivent être égales : cube en équilibre et pas de couple résultant. λ δ
On dit que le cube est en état de « cisaillement pur ». γ

Remarque D
∆D
Si on coupe le cube par un plan à 45°, le long de la diagonale A on a :
La force totale agissant sur le plan est normale au plan et égale à « 2T »; λ

L’aire sur laquelle s’exerce cette force est égale à « 2S »;


Figure 1.5 : Déformation de cisaillement.
T
L’effort de tension normal à ce plan vaut simplement .
S

De même pour la diagonale B on obtient −


T
. δ2 ≈ (∆D)2 + (∆D)2 = 2 (∆D)2 soit δ ≈ 2 ∆D
S
δ
On peut dire que le cisaillement pur est équivalent à un effort qui est la combinaison γ = tg γ ≈
d’un effort de tension et d’un effort de compression « d’intensités égales » λ

7 8
δ : Déplacement horizontal de l’arrête du haut est égal à 2 ∆D (γ petit) Quand F augmente on a S qui diminue (conservation du volume) ;
 1er stade → déformation réversible ⇒ comportement élastique.
δ 2 ∆D D
γ = = ∆D = 2 car δ = 2 ∆D et λ =
λ λ D 2  2ème stade → quand σ > Y (appelée R0,2 : limite élastique à 0,2 % de déformation) :
déformations irréversibles et indépendantes de la vitesse de déformation ⇒
La contrainte de cisaillement « τ » est définie comme une force tangentielle T comportement plastique.
s’exerçant sur une surface A :
E : caractérise le régime élastique,
τ = T/A
Y : caractérise le régime plastique.
∆D ∆D 1 T
On a γ = 2 or on a vu que = (1 + ν )
D D E S
1 – 5 Module élastique des matériaux
1+ν
d’où γ = 2 ou encore τ = G γ On a déjà présenté les paramètres E, B, G et ν qu’on peut mettre sous forme de
D
tableau suivant :
E
Avec G = appelé « Module de cisaillement » Tableau 1.1 : Paramètres relatifs au domaine élastique.
2 (1 + ν )
E Module de Young pour un essai de traction, il est identique
2-4 Essai de traction
pour un essai de compression pure.
Soumettre une éprouvette à un effort normal F à sa section S0 entre des repères
distants de λ0. B Module de compressibilité : pour une pression
hydrostatique :
La forme de l’éprouvette est ou bien cylindrique ou bien prismatique, figure 1.6.
E
B=
λo λo 3 (1 - 2ν )

G Le module de cisaillement (coefficient de rigidité)


E
So So G=
2 (1 + ν )

Figure 1.6 : Eprouvettes de traction. ν Le coefficient de Poisson 0 < ν < 0,5

En générale : λ0 = 5,65 S0
Dans le tableau 1.2 on présente les caractéristiques élastiques de quelques matériaux.
On mesure l’allongement de l’éprouvette à l’aide de l’extensomètrie, on obtient la Tableau 1.2 : Caractéristiques élastiques de quelques matériaux.
courbe F = f(∆λ).
Matériaux E (en GPa) ν
σ = F/S Acier doux 196 0,30
σ la contrainte moyenne, Y1
Acier à haute résistance 200 – 210 0,30
ε la déformation moyenne. Y
Tungstène 400 0,19
Fonte 170 – 190 0,25
E
ε = ∆λ/λ Cuivre 124 0,34
Figure 1.7 : Courbe σ = f(∆λ/λ).
εp Téflon 0,4 0,48
Caoutchouc 0,001 à 0,1 0,50

9 10
2-6 Le comportement
Pour aborder les problèmes mécaniques il est nécessaire de connaître les relations
physiques entre les contraintes σ et les déplacements ε, on peut présenter les courbes
idéalisées dans la figure 1.8.
 matériau fragile : ne présente pas de domaine de plasticité,
 matériau ductile : présente un domaine de plasticité.

σ σ
Figure 1.9 : Comportement de trois matériaux typiques.
σ
(a) aluminium; (b) acier à haute teneur en carbone ; (c) alliage cuivreux.

La figure 1.9, ci dessus montre le comportement de trois matériaux typiques : (a) un


aluminium qui durcit très peu à l’écrouissage; (b) un acier à haute teneur en carbone
qui durcit moyennement à l’écrouissage et (c) un alliage cuivreux qui durcit
ε
rapidement avec les déformations plastiques.
ε ε
Matériau fragile Matériau parfaitement 2-7 Propriétés plastiques
Matériau élastique
linéaire fragile plastique La plasticité est la loi de comportement macroscopique qui traduit un phénomène
irréversible dans le temps. Elle ne dépend pas du temps et de la vitesse de
σ σ σ déformation.
Ils existent de nombreux critères de plasticité, parmi eux, deux sont indépendant de
la pression hydrostatique appliquée au matériau :
 le critère de Tresca,
 le critère de Von Mises.
ε ε ε
Ils expriment des relations entre les contraintes principales, qui sont des contraintes
Matériau rigide Matériau élastique Matériau élastique normales au petit élément cubique de matière et la contrainte de cisaillement
plastique écrouissable plastique non écrouissable plastique écrouissable maximale, qui apparaît lorsque le petit cube tourne dans l’espace autour d’un point
M du matériau sous contrainte, figure 1.10.
σ1
Figure 1.8 : courbes idéalisées.
M
Exemples
Fragile (élastique) : aciers trempés ; σ3
Ductile (élastique plastique non écrouissable) : plomb, pâte à modeler ;
Ductile (élastique plastique écrouissable) : aciers doux, bronzes, alliages
σ2
d’Aluminium.
Figure 1.10 : petit cube tournant dans l’espace autour d’un
point M du matériau sous contrainte

 Critère de Tresca
τmax est le paramètre sensible du matériau, c’est le cas pour un matériau ductile : « les
métaux ».

11 12
τmax est déterminé de la façon suivante : Si on applique au matériau une pression hydrostatique « p », les cisaillements
associés peuvent produire une plasticité au matériau avant la rupture.
Avec σ1, σ2 et σ3 les contraintes principales. En prenant par exemple : σ1 > σ2 > σ3
τmax est donné par la relation :
σ
1 1 S+p
τ max = (σ 1 - σ 3 ) = k = Y
2 2 Ductile
Y la contrainte de seuil en tension, S
k la contrainte de seuil en cisaillement.
Elastique fragile
Y et k sont les « caractéristiques plastiques » du matériau dans l’espace (ττ ; σ).
Lorsque le petit cube prend toutes les orientations dans l’espace, le lieu des ε
contraintes appliquées au point M est donné par trois cercles appelés : cercles de
Mohr, Figure 1.11.
X
Figure 1.12 : Courbe caractéristique d’un matériau fragile.
1
En effet un cisaillement de (S + p) est associé à la contrainte de tension.
2
σ3 σ2 σ1
Si ce cisaillement est inférieur à une valeur critique, on a le matériau qui s’écoule de
σ manière ductile, avant la rupture fragile.
L’étude de la fracture est importante, elle met en jeu les propriétés physico-
chimiques fondamentales du solide.
Figure 1.11 : Cercles de Mohr. La contrainte maximale théorique que peut supporter un matériau, peut être estimée
grâce à l’énergie de l’interaction moléculaire. Elle est de 10 à 100 fois plus
importante que la contrainte seuil observée pratiquement. Cette divergence est due à
 Critère de Von Mises la présence de micro défauts, de lésions, etc.…dans le matériau.
Sous l’action combinée des contraintes tangentielles et normales, la tendance d’un Nb. L’idée d’une résistance des matériaux gouvernée par les micros fissures sera la
matériau, à atteindre le seuil plastique est donnée grâce à une fonction de cet état de base des théories de la mécanique de la fracture.
contrainte.
C’est l’effet de la concentration de contrainte qui a lieu sur les bords des fissures qui
 Critère de Tresca : la contrainte maximale, seuil en cisaillement simple τmax, engendre la fracture.
est la seule retenue ;
Différents modes d’ouvertures
 Critère de Von Mises : relation un peu plus compliquée, elle dépend des
Trois modes : en général peuvent se produire d’une façon simultanée, figure 1.13 :
contraintes principales σ1, σ2, σ3 ;
 Au seuil de plasticité, ces contraintes sont reliées aux caractéristiques du
matériau (k ou Y) par la relation suivante :
σ1 - σ2)2 + (σ
(σ σ2 - σ3)2 + (σ
σ3 - σ1)2 = 6 k2 = 2 Y2
Remarque :
La différence maximale entre les deux critères est de 15 %. Mode I Mode II Mode III
2- 8 Fragilité
Un matériau est dit fragile quand il ne présente pas de ductilité (donc pas de régime
plastique) figure 1.12, se fracture subitement pour une contrainte « S ». Figure 1.13 : Modes d’ouverture.

13 14
 Etude de mode 1 (pour simplicité) Le facteur KIC/k nous permet de tester la fragilité d’un matériau.
On cherche à déterminer la distribution des contraintes et des déplacements autour k : le seuil de plasticité en cisaillement.
de la fracture. Exemple :
 Hypothèses K IC
Pour les métaux : = 5 à 50
- fracture considérée comme une surface de discontinuité k
- aucune force extérieure ne s’applique sur les lèvres de la fracture Pour les polymères : 0,5 à 5
(hypothèse fondamentale)
Pour les céramiques : 0,035 à 0,11
σ(x) : contrainte normale et u(x) déplacement vertical

On parle en général de « Ténacité ».


u(x)
σ(x)

3 – FROTTEMENT ENTRE SOLIDES


3-1 Définitions
La complexité de la nature du frottement et du caractère interdisciplinaire qui
x
requiert l’expérience et les connaissances des chimistes, des ingénieurs, des
O métallurgistes et des physiciens mérite de rappeler les différentes définitions qui lui
sont attribuées par différents chercheurs et organismes.
Figure 1.14 : Distribution des contraintes et des déplacements autour de la fracture.
• C’est la résistance au mouvement qui existe lorsqu’un objet solide est déplacé
tangentiellement par rapport à la surface d’un autre qu’il touche, ou lorsqu’on
- En deçà de la fracture essaie de provoquer un autre déplacement (RABINOWICZ 1965).
KI • C’est la force résistante tangentielle à l’interface entre deux corps lorsque, sous
σ(x ) = et u(x) = 0 pour x > 0
2πx l’action d’une force externe, un corps se déplace ou tend à se déplacer
relativement à la surface de l’autre (OEDC 1969).
- au-delà de la fracture
• Le frottement se résume à l’action agissant contre le mouvement relatif de
4K
σ(x) = 0 et µ( x) = I - x pour x < 0 corps en contact (DIN 1977).
E * 2π • La force de frottement est la force résistante tangentielle à l’interface entre
E* : module élastique du matériau dont la valeur dépend des conditions opératoires deux corps lorsque, sous l’action d’une force extérieure, un corps se déplace
suivantes : ou tend à se déplacer relativement à l’autre (ASTM 1990).
 condition de contrainte plane : Cette liste de définitions montre la difficulté à englober tous les aspects des
frottements tels que les contacts lubrifiés, la résistance à l’initiation du mouvement et
σyy = σzz = 0 ; E* = E
la différence entre frottement et force de frottement.
 condition de déformation plane :
3-2 Lois empiriques du frottement (Historique)
E
σzz = γ (σxx + σyy) et σxz = σyz = 0 ; E * = Peu d’informations sur les développements et la résolution des problèmes quotidiens
(1 - ν 2 ) concernant le frottement jusqu’à Léonard de Vinci (1452-1519).
K1 : facteur d’intensité des contraintes, il dépend de la géométrie et des forces 1ere approche scientifique du frottement : la force que l’on doit appliquer pour
extérieures appliquées. permettre le glissement d’un corps est proportionnelle a la charge et ne dépend pas
⇒ Critère de fracture : le matériau cède lorsque le facteur d’intensité des contraintes de la surface de contact (LEONARD DE VINCI 1452-1519).
est supérieur à une certaine valeur critique KIC nommée Deux siècles plus tard environ (1699) AMONTONS a énoncé les deux lois de
résistance à la fracture KI > KIC frottement :

15 16
- La force de frottement Ft est proportionnelle a la charge normale Fn f×a ; (x = f×a) où a est le rayon de l’aire de contact de la bille avec le plan (voir le cours
permettant de définir un coefficient de frottement « f » : Ft = f . Fn de mécanique des contacts). On obtient la relation suivante :
- Le coefficient de frottement « f » ne dépend pas de la surface de contact
apparente. Fr a a
f = fr = = fg
Une troisième loi a été introduite par COULOMB en 1785 comme suite : P R R
- Le frottement cinétique est à peu près indépendant de la vitesse de
glissement.
De même il a été vérifié que :
- La force de frottement dépend de l’état de surface.
Ces lois sont assez bien vérifiées en première approximation.

3-3 Types de frottements


On distingue le frottement solide et le frottement fluide. Le frottement est dit solide
quand les deux corps sont des solides. Ce genre de frottement peut être du type
glissement ou roulement ou pivotement.
Le frottement est dit fluide quand l’un des deux corps est un fluide.
3-3-1 Frottement de glissement
C’est quand on déplace, sans le faire rouler, la surface d’un corps solide sur la surface
d’un autre corps solide. On constate que la force de glissement est :
 indépendante de la surface de contact (surface apparente), Figure 1.15 : Cylindre ou une sphère roulant sur une surface plane.

 indépendante de la vitesse de déplacement du corps,


 proportionnelle à la charge Fn que supporte le corps : Ft = fg × Fn 3-3-3 Frottement de pivotement

f (ou fg) est le « coefficient de frottement de glissement » qui ne dépend que de la Se produit lorsqu’une surface oscille, tourne en reposant par le même point sur une
nature et l’état des surfaces en contact. L’expérience montre que : f statique > à f autre surface. Le contact entre les deux surfaces est en réalité une surface plus ou
dynamique. moins importante selon la charge et l’élasticité des matériaux en présence.

3-3-2 Frottement de roulement 3-3-4 Frottement fluide

Se produit lorsqu’un cylindre ou une sphère roule sur une surface plane ou de Lorsqu’on introduit un liquide entre deux corps solides et que l’on déplace l’un de
courbure moindre (cas des roulements à rouleaux ou à billes). Très tôt, on a constaté ces corps par rapport à l’autre on a une formation du film lubrifiant, d’où le
que pour vaincre le frottement de roulement, il est nécessaire de développer moins frottement fluide (cours de lubrification).
de force que pour vaincre le frottement de glissement. On peut poser : Ft = Fn × fr 3-4 Théorie du frottement
Par analogie f (ou fr) est le coefficient de frottement de roulement. Le modèle classique stipule que la force de frottement par glissement résulte d’une
Dans ce cas l’expérience a montrée que le coefficient de frottement statique de force d’adhésion et d’une force de déformation au niveau des aspérités des surfaces.
roulement est très voisin du coefficient de frottement dynamique : « f » statique ≅ On a :
« f » dynamique. ×po
P = A×
Sur la figure 1.15 ci-dessous, qui schématise le contact ponctuel entre une sphère et Où A (ou Aa) est la surface apparente, et po la pression de transmission plastique du
un plan on montre les différentes actions sur la bille : P, Fr et N (réaction) qui est matériau.
dans ce cas décalée de « x » du centre et fait un angle avec la verticale. On somme
Si τ est la contrainte de cisaillement, pour cisailler les jonctions on a :
des moments des forces par rapport au centre de la bille. L’angle θ étant petit, on a
sinθ ≅ 0 et cosθ = 1, de même la dimension x est approximativement égale au produit Ft = Aa . τ + Pe

17 18
Pe pour tenir compte de la déformation nécessaire au labourage, elle est négligeable Tableau 1.3 : Valeurs indicatives usuelles des coefficients de frottement à sec.
pour les métaux.
fs fd
P.τ F τ Acier/Acier 0,2 – 0,8 0,2 – 0,8
Ft = A . τ = et f= t = Aluminium/Acier ≥ 0,8 ≥ 0,8
p0 P p0
Aluminium/Aluminium 1 0,8
Phénomène d’adhésion
Cuivre/Acier 0,5 0,45
Modèle de contact entre les surfaces : Ft = Fad + Fdef Chrome/Acier dur 0,4 0,4
Ft la force de frottement, Garniture de frein/Acier 0,3 – 0,4 0,25 – 0,35
Graphite/Acier ≈ 0,1 (Air) ≈ 0,1 (Air)
Fad la force d’adhésion qui exprime la force nécessaire pour rompre les microliaisons Cupro-Plomb/Acier 0,25 0,2
interfaciales qui peuvent s’établir entre les sommets des aspérités en contact.
Laiton/Acier 0,5 0,45
Fdef la force de déformation qui exprime l’effort nécessaire à la déformation du Polyacétal POM/Acier XC40 0,09 0,12
matériau le moins dur par les aspérités du matériau le plus dur. En mécanique Polyamide PA6/Acier XC40 0,22 0,26
classique on peut limiter l’influence de ce terme en durcissant les matériaux PTFE/Acier ≈ 0,05 – 0,1 <0,1 (V faible)
La plupart des théories admettent que : Fad = Ar . τc , ce qui n’est pas contraire aux Caoutchouc/Métal ≈1 ≈ 0,5 – 1,5
lois de frottement qui stipulent que : Caoutchouc/Route ≈1 0,5 – 0,6
Bronze au Plomb/Acier ≈ 0,2 0,15 – 0,2
« La force de frottement est indépendante de la surface de contact apparente Aa et est
proportionnelle à la charge normale Fn». Polyéthylène/Acier ≈ 0,15 – 0,2 0,1 – 0,15
Acier austénitique/Acier austénitique ≈ 0,4 – 0,8 0,45 – 0,6
On peut montrer que Ar (aire réelle de contact) est indépendante de Aa (aire Carbure de tungstène/ Carbure de tungstène 0,2 – 0,25
apparente de contact) et est proportionnelle à Fn.
3–5 Mécanismes généraux du frottement
Tableau 1.4 : coefficients de frottement dynamique de roulement.
Dans le cas général, la prise en compte des paramètres de fonctionnement et des
propriétés des matériaux conduit, du point de vue physique, à proposer pour le Type de roulement fr
coefficient de frottement la composition suivante, par exemple : Roulements rigides à billes 0,0015
Roulements à billes à rotule 0,0010
f = fpot + fad + fdef
Roulements à billes à gorges profondes 0,0015
Les facteurs fad et fdef correspondent respectivement aux efforts Fad et Fdef définis ci- Roulements à contact oblique à une rangée de billes 0,0020
dessus. Par contre le facteur fpot est un terme de potentiel lié à l’effort nécessaire pour Roulements à contact oblique à 2 rangées de billes 0,0024
franchir les aspérités. On peut agir sur ce terme en améliorant l’état de la surface Roulements à rouleaux cylindriques 0,0011
microgéométrique. Roulements à aiguilles 0,0025
3-5-1 Frottement des métaux Roulements à rotule sur deux rangées de rouleaux 0,0018
Roulements à rouleaux coniques et sphériques 0,0018
Les surfaces métalliques propres, placées dans le vide, engendrent des liaisons
interfaciales fortes qui induisent des coefficients de frottement élevés (f > 1). En effet, Butées à billes 0,0013
l’absence de contaminants fait que des liaisons interfaciales fortes s’établissent entre Butée à rotules sur rouleaux 0,0018
les surfaces. Mais dans le cas général, et dans les milieux ambiants habituels ces
coefficients de frottement à sec sont donnés approximativement dans le tableau 1.3
3-5-2 Frottement des Polymères
ci-dessous.
Il est très dépendant des paramètres de fonctionnement et des paramètres liés à leur
Pour les coefficients de frottement de roulement, le tableau 1.4 nous présente des
nature et à leur structure. On peut citer particulièrement :
valeurs de coefficients de frottement de roulement relatifs à différents types de
roulement. A noter que ces valeurs correspondent à des charges radiales voisines du • Leur structure interne,
dixième de la charge dynamique de base C (voir cours de construction mécanique en S2) • La pression de contact,
et qui sont lubrifiés correctement (source SKF). • La vitesse de glissement,
• La température de l’humidité,

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• L’état de surface, Le coefficient de frottement des élastomères décroit en fonction de la pression de
• Sa nature, contact suivant une loi empirique :
• L’énergie cohésive spécifique et l’énergie cohésive moléculaire.
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Il faut noter que pratiquement il est facile d’associer à ces polymères des charges = (m + p )
(inserts) métalliques, minérales ou organiques, sous forme de poudre, de tissus ou de f s
fibres pour améliorer leurs propriétés mécaniques, thermiques et tribologiques. Avec p la pression de contact, m un coefficient lié à l’aptitude du caoutchouc à
épouser la surface dure du contact et s son aptitude à l’adhésion.
En tribologie on retrouve les deux grandes familles de polymères utilisées en génie
mécanique qui sont les thermoplastiques et les thermodurcissables. L’augmentation de la vitesse produit un pic d’adhésion lorsqu’on approche des
vitesses de fluage et un pic du à l’hystérésis à très hautes vitesses. La figure 1.16
Le tableau 1.5 ci-dessous nous donne des valeurs indicatives de coefficients de montre l’allure des variations du coefficient de frottement de la pression (a) et de la
frottement de quelques familles de polymères. vitesse (b).
Tableau 1.5 : Valeurs indicatives de coefficients de frottement des polymères.
fs fd Environnement
0,1 – 0,3 0,1 – 0,2 Air sec
Résine acétal/Acier 0,1 – 0,2 0,1 – 0,3 Eau
0,05 – 0,1 0,01 – 0,1 Huile
Résine acétal/Résine acétal 0,4 – 0,6 0,15 – 0,25 Air sec
0,35 – 0,6 0,3 – 0,6 Air sec
Polyamide/Acier 0,35 – 0,5 0,3 – 0,5 Eau
0,05 – 0,2 0,2 – 0,15 Huile
0,35 – 0,65 0,3 – 0,6 Air sec
Polyamide/Bronze 0,35 – 0,55 0,3 – 0,5 Eau
0,1 – 0,25 0,08 – 0,15 Huile
PTFE/Acier ≤ 0,05 0,1 – 0,25 Air sec (a) (b)
(V ≤ 0,5 m/s)
Figure 1.16 : Variation du frottement en fonction de p et de V.
Polyimide/Acier 0,4 – 0,5 0,2 – 0,5 Air sec

3-5-4 Frottement des Céramiques


3-5-3 Frottement des élastomères
Les céramiques techniques forment une classe de matériaux qui inclut une grande
Le contact d’un élastomère avec une surface dure et rugueuse se caractérise par la
variété de composés réfractaires inorganiques, qui sont la plus part mis en œuvre par
déformation de l’élastomère qui vient envelopper la surface antagoniste ce qui induit
frittage ou compression isostatique à chaud. On obtient des matériaux qui combinent
une force tangentielle qui prend en compte à la fois les effets de potentiel et de
une masse volumique plus faible que celle des métaux avec d’excellentes propriétés
déformation (hystérésis).
mécaniques : grande dureté, bonne résistance chimique et dans certaines situations
Ft = Fad + Fhyst une grande résistance à l’usure que les métaux.
Ces deux phénomènes impliquent une grande plage de variation du coefficient de Elles peuvent aussi être mises en œuvre sous forme de revêtements minces. Les
frottement : 0,5 à 2 suivant les conditions de fonctionnement et la nature de céramiques techniques les plus utilisés dans la solution des problèmes tribologiques
l’environnement. En général, le frottement des élastomères dépend des paramètres sont : les borures, les carbures, les nitrures, les oxydes purs ou mixtes, les siliciures et
principaux suivants : les verres.
• La nature physico chimique de l’élastomère en surface ; Vue leur structure cristalline comportant des liaisons ioniques ou covalentes fortes et
• La vitesse ; directionnelles, qui leur assure une faible aptitude à l’adhésion et une grande
cohésion. Le tableau 1.6 ci-dessous nous donne des valeurs indicatives des
• La pression de contact ; coefficients de frottement de céramiques techniques.
• La température.

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Le tableau 1.6 Valeurs indicatives des coefficients de frottement de céramiques
techniques.
Couples fd Environnement
Alumine/Alumine ≥ 0,5 (Usure) Air sec
≤ 0,2 Eau
Alumine/SiC ≥ 0,5 (Usure) Air sec
Zircone/Zircone ≥ 0,5 (Usure) Air sec
0,12 Lubrifiant
≥ 0,5 (Usure) Air sec
SiC/SiC ≈ 0,15 Eau
0,08 Lubrifiant
TiN/TiN ≥ 0,5 Air sec
Si3N4/Si3N4 0,07 Lubrifiant

3-5-5 Résumé sur les caractéristiques du coefficient de frottement


Léonard de VINCI, AMONTON puis COULOMB ont exprimé les lois de base
générales caractérisant le frottement de manière suivante :
• Le coefficient de frottement est proportionnel à la charge normale,
• Le coefficient de frottement est indépendant de l’aire apparente de contact,
• Le coefficient de frottement est indépendant de la vitesse de glissement,
• Le coefficient de frottement est indépendant de la charge,
• Le coefficient de frottement dépend de l’état de surface,
• Le coefficient de frottement dépend de l’environnement.
Ces lois sont assez bien vérifiées en première approximation et peuvent s’utiliser
pour un premier dimensionnement des composants.

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