GRAMMAIRE
LES ACCORDS
Mme Ny Aina RANAIVOSON RATSIMBAZAFY
En grammaire, les accords servent à écrire la bonne forme des mots en fonction d'autres dont ils
dépendent. Les mots peuvent prendre une forme masculine, féminine, être au singulier ou au pluriel.
Tout ceci dans le but d'une meilleure compréhension de la phrase. Si on voit un mot au masculin
singulier, on a tout de suite une indication du sens de la phrase sans l'avoir forcément lue en entier.
Sommaire :
I. L'accord du verbe
1. L'infinitif
2. La conjugaison des verbes
3. Les participes passés
II. L'accord de l'adjectif qualificatif
1. Le féminin
2. Les cas particuliers du féminin
3. Le pluriel des adjectifs
4. Le participe passé des adjectifs
III. L'accord des noms
1. Le féminin des noms
2. Le pluriel des noms
Tout d'abord voyons l'ensemble des mots qui peuvent s'accorder :
Nous avons les verbes (les infinitifs, les verbes conjugués, les participes passés), les adjectifs
qualificatifs et les noms.
I. L'accord du verbe
1. L'infinitif
La première forme du verbe que l'on rencontre, c'est l'infinitif. Il est invariable, ce
qui veut dire qu'il ne s'accorde pas.
- Au coucher du soleil, les moutons devront rentrer à la bergerie.
En fait, tout verbe précédé directement d'un autre, est à l'infinitif. Et si on a encore
un doute, on remplace le verbe par "prendre". Si le verbe prendre, associé avec
le précédent, peut être cohérent, alors nous avons bien affaire à un verbe à
l'infinitif.
- Au coucher du soleil, les moutons devront "prendre" à la bergerie. "Devront
prendre" est quelque chose de cohérent (on n'obtient pas "devront prendrait" par
exemple, ce qui ne veut rien dire).
Cependant, il existe une exception. Il ne faut pas confondre l'infinitif des verbes se
terminant en « ir » avec les verbes conjugués à la troisième personne du pluriel du
passé simple, car il faut mettre alors la terminaison « i.r.e.n.t. » et non « ir ».
Astuce pour savoir si on parle vraiment au passé simple: il vous suffit de mettre
l'imparfait à la place du verbe.
- Pendant la récréation, les enfants salirent leurs chaussures dans la boue. ("salirent"
est au passé simple et non à l'infinitif)
On pourrait dire :
- Pendant la récréation, les enfants salissaient leurs chaussures dans la boue. Avec
l'imparfait, la phrase reste cohérente, donc on ne met pas de l'infinitif. S'il n'avait pas
été possible de mettre de l'imparfait, on aurait mis l'infinitif.
2. La conjugaison des verbes
Il faut se poser la question suivante : "qui est-ce qui fait l'action du verbe ?" (Le
sujet).
Cela va nous permettre de conjuguer correctement les verbes (c'est-à-dire trouver la
bonne personne à conjuguer) en respectant les règles suivantes :
Le verbe s'accorde en personne (sujet) et en nombre (singulier/pluriel)
avec son sujet.
- Sous les coups de fusil du chasseur, les canards s'envolent (e.n.t), la
forêt frémit (t). S'envolent prend « e.n.t » car c'est un pluriel (Qui est-ce qui
s'envolent ? Les canards). Frémit prend un « t » car c'est un singulier (Qui
est-ce qui frémit ? La forêt). Donc selon le pluriel ou le singulier, on regarde
dans la conjugaison du verbe s'il s'agit des personnes du singulier ou du
pluriel, et on le conjugue selon son nombre.
Deux sujets singuliers valent un sujet pluriel.
- La tempête faisait rage, le vent et la pluie giflaient le marin sur le pont de
son bateau. Giflaient prend « e.n.t » car qui est-ce qui giflaient le marin ? Le
vent et la pluie. Il s'agit de deux sujets singuliers qui valent un pluriel. Donc
on conjugue à la troisième personne du pluriel (de l'imparfait).
Pièges à éviter :
Nous savons que le verbe s'accorde toujours avec son sujet, mais parfois, il peut-être
difficile de bien le reconnaitre :
Lorsqu'il y a une inversion de sujet.
- Cette nuit noire, où ululaient les chouettes, m'angoissait. Qui est-ce qui
ululaient ? Les chouettes (troisième personne du pluriel). En revanche qui
est-ce qui m'angoissait ? C'est bien la nuit noire et non les chouettes
(première personne du singulier)
Lorsqu'il y a des mots intercalés entre le sujet et le verbe.
- Le feu se propageait à toute la forêt. Le vent l'attisait malgré les efforts des
pompiers. Ici, qui est-ce qui se propageait ? Le feu. Et qui est-ce qui l'attisait
? Le vent.
Les cas particuliers d'accord du verbe :
Lorsque le sujet est "tu" : à tous les temps, le verbe se termine par « s »
sauf avec tu peux, tu veux, tu vaux. Attention cependant à la conjugaison des
verbes du premier groupe à l'impératif présent (très proche du présent de
l'indicatif), qui ne prennent jamais de « s » à la deuxième personne du
singulier : tu manges -> mange !
Lorsque le sujet est "on" : quand on dit "on", il s'agit toujours de la
troisième personne du singulier.
Lorsque le sujet est "qui" : c'est un pronom relatif. Il remplace le sujet qui
se trouve quelque part avant dans la phrase.
- Le soleil était à peine levé lorsque les nuages noirs qui le rattrapaient depuis
l'horizon, menaçaient de l'engloutir. Le sujet de "qui" sont bien les nuages et
non le soleil, donc les verbes rattrapaient et menaçaient ont bien pour sujet
les nuages. Mais encore une fois, si on se demande qui est-ce qui
"rattrapaient" et "menaçaient", on trouve bien qu'il s'agit des nuages.
Lorsque le sujet regroupe plusieurs sujets, comme les mots « tout, rien,
ce, ..., » le verbe s'accorde avec ce mot.
Lorsque le verbe a au moins deux sujets singuliers différents réunis
par ou ou par ni, il se met au pluriel.
- Ni la chaleur ni la soif n'eurent raison de sa volonté de marcher toujours
plus loin dans le désert brûlant.
Lorsque les sujets du verbe sont regroupés dans une sorte de graduation,
c'est le dernier sujet qui fait l'accord.
- Le plaisir, la joie, le simple bonheur d'être là lui redonnait le moral.
Lorsque le sujet est un adverbe représentant la quantité comme assez,
peu, beaucoup, combien,..., le verbe se met au pluriel.
- Beaucoup renoncent face à l'immensité de la tâche.
Lorsque le sujet est précédé des locutions le peu de ou plus d'un, le verbe
peut être au singulier ou au pluriel. Les deux sont acceptés.
- Plus d'un homme tentèrent (tenta) de dompter ce cheval sauvage, sans
succès.
3. Les participes passés
Rappelons-nous que le participe passé est la forme que prend le verbe quand il est
précédé du verbe être ou avoir (auxiliaire). Contrairement à la règle des deux verbes
qui se suivent et qui met le second à l'infinitif, ici quand un verbe est précédé d'un
auxiliaire, il prend la forme du participe passé.
Le participe passé employé avec le verbe "être" :
Celui-ci donc, précédé de l'auxiliaire (verbe) "être" s'accorde en genre
(masculin/féminin) et en nombre (singulier/pluriel) avec le sujet.
- Les quartiers de la ville sont séparés par de grands boulevards.
- La châtaigneraie avait été coupée, et une fois encore, les animaux étaient
partis, plus loin, plus profondément dans la forêt.
Le participe passé employé avec le verbe "avoir" :
Il n'y a pas d'accord avec le sujet !
- J'ai mangé trop de chocolat !
Cependant, il existe un cas où on accorde le participe passé : il s'accorde en
genre et en nombre avec le Complément d'Objet Direct (C.O.D) quand
celui ci est placé avant le participe passé.
Auxiliaire « avoir » + COD placé AVANT le verbe.
- Les fleurs de la prairie avaient fleuri. Pas d'accord, car pas de C.O.D. (On
ne peut pas répondre à : les fleurs de la prairie avaient fleuri qui ou quoi ?)
- On les a aperçus près de la route. Le C.O.D. (on a aperçu qui ? les) est
placé avant le participe passé, donc on l'accorde avec les, masculin pluriel, et
aperçus se termine par « u.s ». La plupart du temps, lorsqu'il y a accord du
participe passé, le C.O.D. se trouve presque toujours sous la forme d'un
pronom personnel (le, la les, l', nous, vous, que - pronom relatif - )
- Le chat avait mangé la souris. Le C.O.D. (Le chat avait mangé quoi ? la
souris) est placé après le participe passé, donc on ne l'accorde pas.
Le participe passé employé sans auxiliaire (sans le verbe être ou avoir) :
Dans ce cas, la règle est encore plus simple, puisque qu'il faut tout
simplement accorder le participe passé avec le sujet de la phrase !
- L'équipe des bleus, admise à la coupe du monde, fête sa victoire.
Il existe encore quelques cas particuliers, mais n'allons pas trop compliquer
les choses pour le moment. Sachez juste qu'il existe aussi les cas suivants :
Participe passé avec avoir et suivi d'un verbe à l'infinitif : il
s'accorde si le C.O.D. est placé avant et qu'il fait l'action du verbe à
l'infinitif.
Participe passé précédé de « en » : il est invariable, sauf si "en" a
un C.O.D. et qu'il est placé avant lui.
Participe passé des verbes employés à la forme impersonnelle : il
est invariable.
Participe passé dont le C.O.D. est « que », et que "que" n'est pas
un complément circonstanciel : il s'accorde en suivant la règle
générale.
II. L'accord de l'adjectif qualificatif
1. Le féminin
On forme le féminin de l'adjectif qualificatif en ajoutant un « e » dit "muet" au
masculin.
- Un escargot vert, une souris verte
2. Les cas particuliers du féminin
« -eux » au masculin, « -se » au féminin.
Peureux / peureuse
« -er » au masculin, « -ère » au féminin.
Cher / chère
« -et » au masculin, « -tte » au féminin.
Maigrelet / maigrelette
Cependant, quelques-uns font exception :
Désuet / désuète
Replet / replète
Secret / secrète
Concret / concrète
(in)complet / (in)complète
(in)discret / (in)discrète
(in)quiet / (in)quiète
« -eur » au masculin, « -eure, -euse, -ice, -esse » au féminin.
Majeur / majeure
Rieur / rieuse
Vengeur / vengeresse
Créateur / créatrice
Les adjectifs qui doublent leur consonne finale :
Aérien / aérienne
Annuel / annuelle
Bas / basse
Net / nette
Pâlot / pâlotte
« -ique, -oire, -ile » s'écrivent pareil au masculin ou au féminin sauf :
Civil / civile
Noir / noire
Public / publique
Puéril / puérile
Viril / virile
Volatil / volatile
« -al » au masculin, « -ale » au féminin :
National / nationale
« -el, -eil » au masculin, « -lle » au féminin :
Vermeil / vermeille
Habituel / habituelle
Les adjectifs masculins qui changent carrément leurs terminaisons au féminin :
Bénin / bénigne
Blanc / blanche
Doux / douce
Faux / fausse
Frais / fraîche
Grec / grecque
Long / longue
Précieux / précieuse
Turc / turque
3. Le pluriel des adjectifs
Le pluriel des adjectifs qualificatifs se forme en ajoutant un « s » au singulier :
- La mer bleue; les vestes bleues
- La grosse voiture; Les grosses pommes
Quelques cas particuliers :
« -eau » au singulier, « -eaux » au pluriel
- Le beau jouet, les beaux jouets.
« -al » au singulier, « -aux » au pluriel
- Un fléau mondial, des fléaux mondiaux.
Mais certains adjectifs en -al au singulier se terminent par un s en plus, au
pluriel : bancals, fatals, navals, natals, finals.
De plus, les adjectifs qui se terminent déjà par un s ou un x au singulier, ne
changent pas au pluriel.
- Un pantalon gris, des pantalons gris.
4. Le participe passé des adjectifs
Le plus souvent, le verbe a un participe passé, et il s'utilise en général comme un
adjectif qualificatif.
- Le gros chat. "Gros" est ici un simple adjectif qualificatif.
- Le chat perdu. "Perdu" est ici un adjectif qualificatif et également un participe
passé.
La terminaison du participe passé dépend du groupe auquel il appartient. Au pluriel,
on ajoute un « s », et au féminin, on ajoute un « e ».
Le participe passé du 1er groupe se termine en -é
- La part de gâteau mangée. Les bouts de pain grignotés.
Le participe passé du 2eme groupe se termine en -i
- L'exercice fini. Les sources taries.
Le participe passé du 3eme groupe se termine en -u, -s, -t
- La canalisation rompue. Les lettres reçues.
- La leçon apprise. Le courrier remis.
- Le lampadaire peint. La chambre peinte.
Attention ! Il existe encore quelques petites exceptions :
Certains participes passés du 3ème groupe ont leur terminaison comme celle du 2ème
groupe. Ceux précisément dont le verbe se termine en « -ir ».
Pour savoir quels sont les verbes du 3e groupe finissant en « -ir » et qui
n'appartiennent pas au 2e groupe, il suffit de les mettre au participe présent. Et si leur
terminaison est en « -issant », alors il s'agit bien d'un verbe du 2e groupe, sinon c'est
du 3e groupe.
Ensuite, quand on sait si on parle bien d'un verbe du 3e groupe en « -ir », il suffit de mettre
le participe passé au féminin. Si on peut trouver une terminaison en « -se », alors la
terminaison au masculin sera en « -s ». Sinon, on écrira la terminaison en « -i » au masculin
et en « -ie » au féminin, comme pour les participes passés appartenant au 2e groupe.
- Le repas servi. La version démentie
Les verbes dissoudre et absoudre (3e groupe) ne se terminent ni en « -u, -s, -t », mais
comme ceci :
- un coupable absous, une accusée absoute
- Un corps dissous, une matière dissoute.
III. L'accord des noms
1. Le féminin des noms
Comme pour les adjectifs qualificatifs, on forme le féminin des noms en ajoutant
un « e ».
- Un Anglais, une anglaise.
- Un président, une présidente.
Quelques cas particuliers :
« -er » au masculin, « -ère » au féminin :
- Un boulanger, une boulangère.
« -eur » au masculin, « -euse, -ice, -esse » au féminin :
- Un acteur, une actrice.
- Le vengeur, la vengeresse.
- Un ramasseur, une ramasseuse.
Certains noms doublent la consonne finale au féminin :
- Un chien, une chienne.
Certains noms changent la consonne finale au féminin :
- Un loup, une louve.
- Un époux, une épouse.
2. Le pluriel des noms
En général, il suffit d'ajouter un « s » au nom pour former le pluriel :
- Le chat, les chats.
- Un verre, des verres.
Cas particuliers :
« -au, -eau, -eu » au singulier, « x » au pluriel :
- Un seau, des seaux
- Un jeu, des jeux
- Un étau, des étaux
... Sauf landau, sarrau, bleu et pneu qui prennent un s au pluriel et non un x.
« -al » au singulier, « -aux » au pluriel :
- Un cheval, des chevaux
- Un canal, des canaux.
... Sauf bal, chacal, festival, régal, carnaval, récital, qui prennent un s au
pluriel.
« -ou » au singulier, « -s » au pluriel :
- Un trou, des trous
- Un verrou, des verrous
... Sauf les fameux : bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou qui
prennent un x au pluriel (bijoux, joujoux...).
« -ail » au singulier, « -s » au pluriel :
- Un rail, des rails.
... Sauf corail, bail, vitrail, travail, émail qui prennent -aux au pluriel (coraux,
vitraux, baux...).
« -s, -x, -z » au singulier, et qui ne changent pas au pluriel :
- le nez, le silex, le lis.