L'autisme Selon La Théorie Neurodéveloppementale
L'autisme Selon La Théorie Neurodéveloppementale
neurodéveloppementale
Résumé
Cet article présente l’état des connaissances sur les troubles
neurodéveloppementaux observés chez l’enfant de quatre-
cinq ans avec autisme. Cette recension des écrits vise à mieux
cerner les principales structures cérébrales qui sont touchées
Author / Auteur chez l’enfant avec autisme. L’objectif de cette recension est
également d’examiner les conséquences de ces perturbations
Stéphane Beaulne sur le développement psychologique, et de décrire les troubles
neurodéveloppementaux associés à l’autisme, dont certains se
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manifestent dès la naissance, et d’autres, plus tardivement. Un
– Autism Spectrum dernier objectif de cet article est d’illustrer dans quelle mesure
Disorders/Programme de la connaissance de ces troubles permet de mieux comprendre
soutien en milieu scolaire l’hétérogénéité des manifestations comportementales associées
– troubles du spectre à l’autisme.
autistique
Ottawa, ON
Abstract
This article presents a summary of the current state of knowledge
concerning the neurodevelopmental dysfunctions identified in
4 to 5 year old children with autism. This literature review
focuses on the identification of the main cerebral structures
which are affected in the case of children with autism. The author
examines the consequences of these dysfunctions on psychological
Correspondence
development, and describes some of the neurological dysfunctions
that are specific to autism, some of which are apparent from birth
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while others manifest themselves later in childhood. This article
stresses the fundamental contribution which this evidence can
make to our understanding of the heterogeneity in the behavioral
Mots clés manifestations associated with autism.
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L’autisme selon la théorie neurodéveloppementale
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Méthodologie: Procédure De manière plus spécifique, l’ontogenèse du
cerveau traite des différentes étapes de maturation
La littérature à consulter a été identifiée en qui se déroulent selon un calendrier propre à
utilisant principalement les moteurs de recherche chaque structure cérébrale. Il importe de préciser
Scholars Portal, Scopus et Ingenta. À partir de qu’au sein d’une même structure, il peut exister
plus d’une centaine d’articles et de chapitres une hétérochronie, c’est-à-dire une modification
de livres recensés, pour la période de 1990 à de la durée et de la vitesse du développement
2008, dans différentes bases de données (telles pour un même phénomène ontogénique (Acosta
Medline, PsycINFO, ComDisDome, CAIRN et Pearl, 2004; Akshoomoff et al., 2002; Amaral et
e-journals et Psych Books), l’auteur a utilisé les al., 2008; Brambilla, Hardan, Ucelli di Nemi, Perez,
termes clés suivants, pour identifier les études Soares et Barale, 2003; Luria, 1970, 1973, 1978).
appropriées : enfance, développement cérébral, Certaines des grandes étapes de la maturation
imagerie cérébrale, maturation cérébrale, troubles cérébrale incluent l’apoptose,1 la production
développementaux, autisme, macrocéphalie, des axones et dendrites et leur myélinisation,
myéline, apoptose, structure cérébrale, fonction l’élimination des axones et dendrites excédentaires,
cérébrale, et matière blanche et grise. Les la synaptogenèse, l’élimination et la stabilisation
articles ont été sélectionnés à partir des critères sélective des synapses, la production des astro
suivants : 1) autisme infantile; 2) participants
cytes et oligodendrocytes, et l’angiogenèse
âgés de 0 à 5 ans; 3) études avec des enfants
(Bartzokis, 2004; Choi et Benveniste, 2004; Chung
ayant reçu un diagnostic d’autisme; 4) articles
et al., 2004; Feldman, 1999; Gordon, 1995; Honig et
traitant des phénomènes de macrocéphalie
Rosenberg, 2000).
incluant l’apoptose et la myélinisation; 5) études
traitant des différentes structures du cerveau;
6) études abordant l’autisme selon la perspective Aux fins du présent article, l’auteur s’attarde
neuro-fonctionnelle; 7) études utilisant l’imagerie plus spécifiquement aux périodes critiques
comme procédure. Les études portant sur les sur le plan neurologique qui affectent ou qui
autres troubles du spectre autistique n’ont pas ont affecté l’enfant avec autisme à l’âge de
été incluses dans cette revue de littérature. 4–5 ans. Ces périodes s’échelonnent donc de
0 à 5 ans et concernent plus spécifiquement le
processus d’apoptose (Becker et Bonni, 2005;
Résultats Choi et Benveniste, 2004; Gordon, 1995; Honig
et Rosenberg, 2000) et celui de la myélinisation
La maturation cérébrale (Bartzokis, 2004).
v.15 n.2
48 Beaulne
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L’autisme selon la théorie neurodéveloppementale
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tion, et qu’il augmente en rapidité durant les Macrocéphalie
deux premières années de vie. Au cours de
la deuxième année, ce processus touche les Selon Courchesne et Pierce (2005), Dementieva
projections thalamocorticales et, par la suite, et al., (2005) et Redcay et Courchesne
l’aire calcarine ainsi que des aires pré- et post- (2005), l’autisme semble être associé à une
centrales responsables des représentations de macrocéphalie postnatale transitoire survenant
la position du corps et de ses mouvements. entre l’âge de 2 et 4 ans, laquelle se résorbe
C’est grâce à la myélinisation de ces aires que progressivement vers 5–6 ans pour finalement
l’enfant parvient à observer son propre corps faire en sorte que le cerveau atteint une
même lorsqu’il est en mouvement, mais surtout, taille comparable à la personne typique vers
qu’il parvient à assurer la coordination de ses l’adolescence. Dès son étude initiale de l’autisme
mouvements (Bourassa, 2006). réalisée en 1943, Kanner avait observé que
certains troubles neurologiques survenaient de
Dans une étude par IRM sur le volume de manière concomitante, dans le cas de cinq de
myéline, Pujol et al., (2004) ont comparé 100 ses onze sujets, et que tous étaient accompagnés
enfants âgés en moyenne de 4,4 ans qui d’une légère macrocéphalie. Près de 50 ans plus
présentaient des retards de développement. Près tard, Courchesne et al., (2001) ont corroboré les
du quart d’entre eux (22) montraient des traits observations de Kanner. Ces chercheurs ont
associés à l’autisme. Les observations de Pujol comparé le volume de la tête de 60 personnes de
et de ses collaborateurs ont révélé un retard 2 à 16 ans avec autisme à celui de 52 personnes
dans le processus de myélinisation. Ce retard neurotypiques. Comparé au groupe contrôle, le
coïncidait avec les troubles sensorimoteurs dans groupe d’enfants avec autisme âgés de 2 à 4 ans
l’ensemble du groupe. De plus, tous les enfants présentait une macrocéphalie. Courchesne et
présentaient des problèmes importants sur le Pierce (2005) ont avancé que 90 % des enfants
plan langagier, avec un déficit plus marqué chez avec autisme souffrent d’une macrocéphalie.
16 d’entre eux. Ces chercheurs ont remarqué
aussi des déficits sur le plan cognitif non verbal Ben Bashat et al., (2007) ont constaté par IRM
chez 92 des 100 enfants participants. que 7 enfants de 1,8 à 3,3 ans avec autisme
présentaient une maturation accélérée de la
Bien qu’ils ne fassent pas référence au problème matière blanche dans l’hémisphère gauche
de myélinisation, les travaux de Belmonte et al. qui coïncidait avec la macrocéphalie observée.
(2004) appuient indirectement cette hypothèse, Dans une autre étude de cas, où un enfant
puisque ces chercheurs ont constaté que 95 % avec autisme de 3 ans a été comparé à un
des enfants avec autisme entre les âges de enfant neurotypique, Kennedy, Semendeferi et
2 et 6 ans présentaient un développement du Courchesne (2007) ont observé la présence d’un
cerveau anormal, et que l’ampleur de cette surcroît de neurones pyramidaux de l’ordre de
anomalie constituait un indicateur du degré de 58 % chez l’enfant avec autisme. L’excès de ces
sévérité de l’autisme. neurones, qui représentent 80 % de l’ensemble
des neurones dans le cortex, provoque un
En résumé, les diverses informations dont excès d’axones, de dendrites, de synapses et
nous disposons à l’heure actuelle pointent de myéline qui entraîne un volume exagéré
vers l’hypothèse que les premières anomalies de substance grise et de substance blanche
observées chez l’enfant avec autisme proviennent (Courchesne et al., 2007).
d’un développement neurologique atypique
durant certaines périodes critiques (soit entre Or, l’augmentation du volume de la tête coïncide
0 et 5 ans) au cours desquelles les processus avec l’apparition d’anomalies importantes aux
d’apoptose et de myélinisation rencontrent plans moteur, sensoriel et attentionnel entre
de sérieux problèmes de régulation (Hughes, l’âge de deux et quatre ans et demi (Courchesne
2007). Cette hypothèse apporte un éclairage et Pierce, 2005). Dementieva et al. (2005) ajoutent
nouveau, susceptible d’expliquer certaines que cette augmentation rapide du volume de la
manifestations associées à la personne avec tête s’avère un marqueur potentiel des premiers
l’autisme. Avant de procéder à la description signes de l’autisme. En fait, Courchesne et
de ces manifestations, il est intéressant de Pierce (2005) ont relevé une forte corrélation
souligner quelles conséquences observables le entre le phénomène de macrocéphalie et le
dysfonctionnement de la production de myéline degré de sévérité chez les enfants avec autisme
peut avoir sur la morphologie du cerveau. de 2 à 4 ans. L’étude de Sacco et al., (2007) a
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50 Beaulne
examiné les différents degrés de macrocéphalie et 12 filles). Leur étude a révélé une régression
chez 241 personnes avec autisme âgées de 3 chez 25 % des enfants avec autisme. Selon ces
à 16 ans. Leurs résultats indiquent que les auteurs, toute régression avant l’âge de 36 mois
personnes se trouvant dans les rangs percentiles permet de confirmer le diagnostic d’autisme.
1 à 25 manifestent peu de déficits sur le
plan des comportements stéréotypés et des En résumé, l’anomalie morphologique qu’est
comportements d’automutilation. Leurs déficits la macrocéphalie transitoire entre les âges de
se situent plutôt sur le plan sensorimoteur et 2 et 4 ans semble être la conséquence directe
incluent un retard de la marche et la présence de certaines anomalies liées au développement
d’une hypotonie musculaire. Les personnes anarchique survenant au même moment en
avec autisme se trouvant dans les rangs ce qui a trait aux processus d’apoptose et
percentiles 26 à 75 connaissent essentiellement de myélinisation. Or, nombre d’études, ces
des déficits cognitifs. dernières années, ont mis en évidence des
anomalies cérébrales morphologiques et
Quel est le lien entre cette macrocéphalie fonctionnelles (Courchesne et Pierce, 2005;
transitoire et les dysfonctionnements des Dementieva et al., 2005; Redcay et Courchesne,
processus d’apoptose et de myélinisation? La 2005). Il est donc permis de penser qu’il existe
première partie de la réponse à cette question une corrélation entre la morphogenèse du
est que le phénomène de macrocéphalie observé cerveau et l’intégrité des fonctions neuronales
chez certains enfants avec autisme coïncide qui se développent de manière parallèle.
avec une apoptose dysfonctionnelle. En effet, Autrement dit, la morphogenèse représente le
Courchesne et Pierce (2005) ont constaté que fondement structural des différentes fonctions
la dérégulation de l’apoptose, chez certains psychiques pendant que ces dernières exercent
enfants avec autisme de 2 à 4 ans, s’exprimait une action de stimulation sur la maturation
par un volume anormalement élevé de des structures correspondantes.
matière grise (les neurones et certains axones
non myélinisés) dans certaines régions du Parallèlement, les progrès dans le domaine des
cerveau. La deuxième partie de la réponse à neurosciences ont permis d’expliquer certaines
cette question découle du processus de sur- dysfonctions structurelles du cerveau. À titre
myélinisation (l’augmentation excessive de la d’exemple, Acosta et Pearl (2004) mettent en
production de myéline dans certaines régions) évidence les manifestations comportementales
observable par IRM chez certains enfants associées à certaines anomalies structurales.
avec autisme (Courchesne et al., 2001). Ces Des atteintes corticales très diverses peuvent
deux dysfonctions, qu’elles soient isolées ou perturber un même système neurofonctionnel,
concomitantes, provoquent une augmentation mais selon le moment et « selon leur répar
du volume du cerveau. Il importe de préciser tition, le trouble porte chaque fois un carac
que le pourcentage exact d’enfants souffrant tère spécifique » qui survient suite à des
d’autisme à cause de dysfonctionnements des reconstructions fonctionnelles du système
processus d’apoptose et de myélinisation est pathologiquement modifié, comme l’indique
inconnu. Luria (1967/1978, p. 59). Luria (ibid., p. 59) suggère
que ces reconstructions sont le fruit d’une sorte de
Or, la dérégulation de l’apoptose et de la mécanisme régissant la compensation du déficit
myélinisation et l’augmentation du volume de par « la mobilisation de chaînons conservés
la tête offrent un éclairage intéressant pour dans l’appareil cortical ». Ainsi, « privé d’un
expliquer le phénomène de régression observé chaînon indispensable à son exercice, le système
chez certains enfants avec autisme. En effet, fonctionnel tout entier se désorganise ou bien
Davidovitch, Glick, Holtzman, Tirosh et Safir se construit grâce à son principe d’organisation
(2000) ont rapporté que les premiers indicateurs topologique et non pas métrique pour accomplir
d’une régression se produisaient vers 18 mois. son objet par un nouvel assemblage de moyens »
Ce moment d’apparition de la régression (Luria, 1967/1978, p. 96).
coïncide précisément avec la perte des habiletés
langagières et l’apparition de comportements Cette hypothèse d’une organisation topologique
atypiques. Lord, Shulman et DiLavore (2004) ont favorisant des réorganisations majeures suite à
réalisé une étude sur le phénomène de régression une morphogenèse anormale souligne combien
auprès de 110 enfants avec autisme (93 garçons et il est important d’étudier l’autisme dans un cadre
17 filles) et 33 enfants neurotypiques (21 garçons neurodéveloppemental. Seul un tel recadrage est
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L’autisme selon la théorie neurodéveloppementale
51
susceptible d’expliquer que, malgré l’apparente Les deux structures les plus fortement associées
homogénéité des critères cliniques, les profils à l’autisme sont celles du tronc cérébral et de la
autistiques sont remarquablement hétérogènes. formation réticulée.
Étudier les difficultés structuro-fonctionnelles
sous une lentille développementale semble la Tronc cérébral
meilleure piste pour tracer un profil de l’enfant
avec autisme en établissant des rapports de
relation entre le fonctionnement observé et L’étude par IRM de Hashimoto, Tayama, Mori,
l’étape de développement ainsi perturbée. Or, que Fujino, Miyazaki et Kuroda (1988), effectuée
savons-nous du profil neurodéveloppemental auprès de 18 enfants avec autisme – âgés en
des enfants avec autisme de 4–5 ans? moyenne de 3,8 ans et présentant un quotient
développemental de 65,5 – indique que ces
La section qui suit examine certaines structures enfants exhibaient tous une hypotrophie du
sous-corticales qui sont chargées des mécanismes tronc cérébral. Une étude ultérieure menée par
d’éveil et de vigilance, comme le tronc cérébral, Hashimoto et al., (1992) auprès de 29 enfants
le cervelet, l’amygdale et l’hippocampe, ainsi avec autisme âgés en moyenne de 4,3 ans a de
que les structures corticales postérieures (les nouveau établi l’existence d’une hypotrophie
lobes temporaux, pariétaux et occipitaux), car du tronc cérébral.
la nature de leurs dysfonctionnements est
généralement associée à l’autisme. L’irrégularité de filtrage des afférences sen
sorielles causée par l’hypotrophie du tronc
Les structures reptiliennes2 et l’autisme cérébral entraîne ce que Luria (1973, 1978) a
nommé une inhibition cortico-sous-corticale,
La figure 1 illustre les structures reptiliennes. qui provoque un trouble important de la
Les structures reptiliennes sont constituées du modulation de l’information sensorielle. Ornitz
tronc cérébral, soit le bulbe rachidien, le pont (1983) suggère qu’une inhibition cortico-sous-
de varole et, au sein de ce dernier, la formation corticale provoque une anomalie de filtrage des
réticulée. entrées sensorielles au niveau de la formation
réticulée, et que cette inhibition peut expliquer,
chez l’enfant avec autisme, les troubles de
modulation des afférences sensorielles et, par
« effet rebond », des réponses motrices. Selon
ce même auteur, une anomalie de filtrage fait
en sorte que l’information sensorielle quitte
la région réticulée en étant déjà déformée,
ce qui provoque d’importantes perturbations
sensorimotrices.
v.15 n.2
52 Beaulne
La figure 2 illustre le cervelet. Le cervelet Ces difficultés ont certes un effet direct, voire
est situé à la base arrière du crâne, et plus débilitant, sur la réponse motrice de ces enfants,
spécifiquement sous la partie inférieure arrière rendant difficile la communication « cognitivo-
des hémisphères cérébraux motrice ». En effet, comme l’explique Bullinger
(1996), toute personne utilise la modulation de
son tonus pour ressentir ses limites corporelles.
Or, sur le plan tonico-postural, l’enfant avec
JoDD
L’autisme selon la théorie neurodéveloppementale
53
tonique (Gepner, 2001). Ces troubles empêchent exploraient peu leur environnement, les objets ou
l’enfant d’utiliser son corps comme point de les matériaux mis à leur disposition. Ces enfants
repère dans son environnement immédiat, préféraient s’attarder à des comportements ne
limitant ainsi ses représentations physiques demandant aucune exploration ou stimulation.
possibles, ce qui entraîne certaines négligences En effet, les enfants passaient 27 % de leur temps
visuo-spatiales. dans des activités restreintes et stéréotypées
comme de faire des battements des mains
Un dysfonctionnement au niveau du cervelet ou de faire tournoyer des objets. Ces mêmes
peut ainsi expliquer certains problèmes cog chercheurs proposent qu’une des fonctions du
nitifs souvent associés à des problèmes de cervelet est de permettre l’apprentissage de
communication entre le cervelet et les lobes « comment » trouver un objet. Selon eux, l’en
front aux (Carper et Courchesne, 2000; gagement dans des mouvements stéréotypés
Courchesne et Pierce, 2005). Ces problèmes de sert de palliatif, permettant à l’enfant de rem
communication entraînent dans leur sillage : placer ou d’éviter la nécessité d’explorer son
1) un comportement exploratoire anormal environnement. Selon Pierce et Courchesne, il
(p. ex., difficulté à transférer son attention existe une corrélation directe entre l’atrophie du
vers un autre stimulus, souvent à cause d’une cervelet et les mouvements stéréotypés que l’on
inaptitude à filtrer les distractions provenant de rencontre fréquemment chez les enfants avec
l’environnement); 2) une réduction de l’inhibition autisme. Ce phénomène est plus prononcé chez
comportementale (p. ex., réponse donnée à les enfants ayant un cervelet plus petit et, plus
la hâte, échappée, actions et mots impulsifs); spécifiquement, une hypoplasie des lobules du
3) une persévération accrue accompagnée d’une vermis VI-VIII (Courchesne et al., 2001).
diminution des comportements orientés vers
un but (p. ex., inaptitude à se concentrer sur En résumé, le cervelet joue un rôle de premier
une tâche, à faire attention; tendance à être plan dans l’ajustement du corps lorsqu’un
facilement distrait par ce qui se trouve dans être est en mouvement, de même que dans
l’environnement immédiat); 4) une réduction la planification, la coordination et l’exécution
du temps passé à l’exploration d’informations de mouvements moteurs précis. Comme nous
nouvelles; et enfin, 5) une augmentation de l’avons expliqué précédemment, l’enfant avec
mouvements redondants avec un objet ou un autisme a des difficultés dans ces domaines, de
traitement incomplet des particularités d’un même qu’il lui est difficile d’inhiber certaines
objet (Bauman, 1999; Belmonte et al., 2004; réponses considérées comme inappropriées
Degangi et al., 2000; Gepner, 2001; Gomez et dans certains contextes.
Baird, 2005; Pierce et Courchesne, 2001).
Le système limbique et l’autisme
Ces problèmes d’exploration et d’ajustement
continus face à la nouveauté sont si débilitants La figure 3 illustre le système limbique. Le
que Pierce et Courchesne (2001) ont constaté système limbique est un ensemble de structures
qu’un certain nombre d’enfants avec autisme en anneau situées au cœur des hémisphères
s’en tenaient à des comportements appris, pour cérébraux, juste à côté des noyaux gris centraux.
lesquels ils développaient une dépendance
importante. Chez l’enfant avec autisme, ces
problèmes s’expriment souvent par la reprise
du geste qui a, au départ, mobilisé son atten
tion. Ce besoin d’immutabilité l’empêche de
transférer son attention aux stimuli nouveaux
qui méritent une attention de sa part s’il veut
composer adéquatement avec la situation
(Townsend et al., 1996).
v.15 n.2
54 Beaulne
Deux zones du système limbique, soit l’amyg une hypersensibilité tactile et motrice, et la
dale et l’hippocampe, sont présentées ici, car perte de contrôle émotionnel tout comme
leurs fonctions semblent plus directement comportemental reçoivent, à 36 mois, un diag
touchées dans l’autisme. nostic d’un trouble autistique. Dans un même
ordre d’idées, l’étude de Gomez et Baird (2005)
L’amygdale auprès de 65 parents qui avaient un enfant
avec autisme d’âge préscolaire souligne la
Bauman (1999), Howard, Cowell, Boucher, présence de troubles d’autorégulation, l’ab
Broks, Mayes, Farrant, et Roberts, (2000), sence d’expressions faciales, des troubles
Skuse (2003) ainsi que Sweeten et al. (2002) ont sensorimoteurs, l’absence d’attention conjointe,
observé, chez certains enfants avec autisme, une hypersensibilité tactile, un comportement
des anomalies au niveau de l’amygdale. Ces d’enfant sourd en dépit d’une ouïe normale,
chercheurs ajoutent que certains maniérismes, et l’absence des acquis pré-linguistiques,
qui renvoient à une incapacité de s’autoréguler avant même les premières manifestations
durant les moments de frustration, peuvent autistiques.
souvent empêcher l’enfant de porter attention
à une tâche spécifique. Ce phénomène, connu Bourassa (2006) a posé l’hypothèse que ces
sous le terme d’apractognosie, reflète une difficultés peuvent s’expliquer entre autres
insuffisance souvent mixte – à la fois sensorielle par une labilité attentionnelle, c’est-à-dire une
et motrice – qui entraîne dans son sillage une difficulté, chez les enfants avec autisme, à
restriction de l’engagement de l’enfant avec soutenir l’attention suffisamment longtemps
son environnement (Pierce et Courchesne, pour combiner de manière opératoire l’en
2001). Cette restriction fait en sorte que semble des informations présentées. Pick et
l’expression sensori-motrice cède la place à des Dyck (2004), Planche et al. (2002) ainsi que
manifestations stéréotypées, des maniérismes Sweeten et al. (2002) ont constaté que l’enfant
et des obsessions qui procurent à l’enfant une avec autisme éprouve effectivement de la
sorte d’exutoire. Bauman (1999) ajoute que difficulté à demeurer attentif à une tâche et
les mouvements stéréotypés permettent aux que cela l’empêche d’avoir accès aux diverses
enfants avec autisme de stabiliser leur niveau informations dont il a besoin pour guider ses
d’excitation durant les moments monotones, réponses ou ses actions. De plus, il a été observé
frustrants, et également, à l’inverse, pendant les que cet enfant est incapable de générer des
moments qui offrent une hyperstimulation. Ces séquences planifiées d’actions intentionnelles,
mouvements doivent être compris non comme de persévérer dans une tâche avec l’intention de
une recherche de stimulation, mais plutôt, la terminer et surtout, de maintenir un niveau
comme un mécanisme d’autorégulation. d’attention qui lui permettrait de contrôler ses
performances afin d’obtenir une rétroaction
Dans une étude sur l’autorégulation conduite positive et, dans le cas inverse, de modifier ses
auprès d’enfants d’âge préscolaire incluant 32 décisions (Bauman, 1999; Belmonte et al., 2004;
enfants avec des troubles d’autorégulation, Degangi et al., 2000; Gepner, 2001; Gomez et
38 enfants neurotypiques et 18 enfants avec Baird, 2005; Pierce et Courchesne, 2001).
des troubles globaux de développement,
Degangi et al., (2000) ont remarqué que 31 Le déficit de l’attention conjointe de l’enfant avec
enfants avec des troubles d’autorégulation autisme – soit l’incapacité de se laisser guider
et 18 enfants avec des troubles globaux de vers un objet ou vers une personne par le regard
développement présentaient toujours, à l’âge de d’autrui – peut provenir de ce problème. Dans
36 mois, des réactions sensorielles exagérées, une étude sur la capacité de porter attention au
une incapacité d’autoapaisement, des sautes mouvement, menée auprès de 10 enfants avec
d’humeur, ainsi qu’une instabilité émotionnelle autisme de 3 à 8 ans, Gepner (2001) a constaté
et comportementale. Ces chercheurs ont que ces enfants présentaient des difficultés
ajouté que ces diverses manifestations com importantes lorsqu’ils devaient porter une
portementales représentaient des signes attention particulière à des mimiques faciales
annonciateurs d’un trouble autistique. En d’autrui. Cette difficulté semblait provenir
effet, les enfants qui manifestent des troubles d’une aversion à l’égard des changements
d’autorégulation, une labilité attentionnelle, trop rapides dans les mouvements, comme
JoDD
L’autisme selon la théorie neurodéveloppementale
55
si, dans une certaine mesure, ces enfants à expliquer des comportements de peur et
souffraient d’une sorte de « malvoyance » du d’anxiété excessive lors d’interactions sociales.
mouvement dynamique. À cet égard, Skuse Or, ces comportements requièrent aussi la
(2003) et Sweeten et al., (2002) ont proposé que participation active de l’hippocampe. Dans la
c’est plutôt une anomalie dans l’activation de section suivante, nous expliquons pourquoi.
l’amygdale face aux stimuli sociaux qui pourrait
expliquer l’incapacité des enfants avec autisme à L’hippocampe
reconnaître certaines émotions qui s’expriment
par des mimiques faciales. Or, les études de Sparks et al., (2002) ont comparé, par IRM, le
ces chercheurs démontrent que les enfants développement neuro-structural de 45 enfants
avec autisme manifestent des difficultés dans avec autisme de 3,2 à 4,6 ans, à celui de 12 enfants
des tâches de reconnaissance émotionnelle de présentant un retard de développement et
mimiques faciales, de perception de la direction de 23 enfants neurotypiques du même âge.
du regard, ou encore de lecture labiale, c’est-à- Leurs analyses ont révélé qu’une hypertrophie
dire dans des tâches qui exigent un traitement de l’hippocampe n’était présente que chez les
de mouvements faciaux rapides. enfants avec autisme. Dans une étude similaire,
Saitoh, Courchesne, Egaas, Lincoln et Schreibman
En réponse à ce déficit, l’enfant avec autisme (1995) ont examiné, par imagerie, les différences
tente de minimiser ou de ralentir l’excitation structurales chez 33 personnes avec autisme de
sensorielle. Gepner (2001) ajoute que le 5 à 42 ans. Leur étude a révélé la présence de
« détournement intentionnel du regard serait différences structurales de l’hippocampe dans
destiné à solliciter la rétine périphérique afin un sous-groupe de 12 personnes dont le quotient
d’augmenter la quantité d’informations sur les intellectuel était inférieur à 70.
mouvements ambiants et ceux de l’interlocuteur,
à optimiser la perception du mouvement » Bien que peu d’études aient examiné le rôle
(p. 99). Comme le suggère ce même auteur, ce que joue l’hippocampe dans la mémoire de la
rétrécissement du champ d’attention est sans personne avec autisme (Howard et al., 2000;
doute ce qui entraîne un trouble de l’attention Saitoh et al., 1995), Garcia O’Shea, Fein, Cillessen,
visuo-spatiale, entendu dans le sens d’une Klin et Shultz (2005) ont fait remarquer que
incapacité de l’enfant avec autisme à prendre certaines personnes avec autisme exhibent une
en compte l’ensemble des stimulations situées mémoire visuelle exceptionnelle. Heaton (2003)
de manière périphérique autour de son point a pour sa part constaté que certains enfants
de fixation visuelle. Ce problème explique sans avec autisme possèdent une mémoire auditive
doute à son tour les troubles de l’orientation exceptionnelle, qui leur permet de répéter
visuelle dans l’espace (agnosie spatiale) qui un long passage que quelqu’un a récité, ou
occasionnent à ces enfants des problèmes encore, de jouer un morceau de musique qu’ils
moteurs (gaucherie, désorientation) (Gepner, ont entendu sans même qu’il soit nécessaire
2001; Hooker et al., 2003; Piek et Dyck, 2004; qu’ils connaissent la théorie musicale. Or,
Townsend et al., 1996). Luria (1970/1995) considère que cette forme
d’exceptionnalité est souvent révélatrice d’une
Par ailleurs, Skuse (2003) et Sweeten et al. anomalie importante. Bruck, London, Landa et
(2002) insistent sur le fait qu’il est important de Goodman (2007) mentionnent qu’en dépit d’une
reconnaître l’alternance de l’amygdale entre des mémoire exceptionnelle sur certains plans,
états d’hypoactivité et des états d’hyperactivité nombre de personnes avec autisme présentent
qui font en sorte que l’enfant réussit parfois des problèmes de reconnaissance des visages,
certaines tâches comme de reconnaître une des objets et des événements qui se rapportent
émotion faciale, alors qu’à un autre moment, à leur vécu. Or, cette forme de mémoire relève
il s’en montre incapable. Dans une étude du travail conjoint entre l’hippocampe et
par IRM portant sur l’amygdale, Sparks et les aires associatives, un travail qui permet
al., (2002) ont constaté la présence d’une de comparer les événements présents à des
hypertrophie de l’amygdale chez un enfant épisodes vécus pour leur conférer du sens
avec autisme âgé de 4 ans. Des signes d’hyper- (Bruck et al., 2007). Les difficultés de certaines
ou d’hypo-activation de l’amygdale chez les personnes autistes expliquent sans doute en
enfants avec autisme pourraient contribuer partie leur difficulté à entrer en relation sociale,
v.15 n.2
56 Beaulne
comme leur crainte des situations nouvelles, avec autisme de 5 à 9 ans. De plus, leurs don
et leur recherche d’une certaine immutabilité nées ont permis à ces chercheurs d’établir une
(Kanner, 1943; Lenoir et al., 2003). corrélation significative entre l’hypoperfusion
du débit sanguin cérébral et le degré de
Les lobes temporaux, pariétaux sévérité de l’autisme indiqué par le ADI-R
et occipitaux (Autism Diagnostic Interview-Revised). Or,
cette région est impliquée dans le traitement
des informations sensorielles nécessaires à
La figure 4 illustre les lobes temporaux, parié
une analyse des dispositions et des intentions
taux et occipitaux. Ces lobes forment l’exten
d’autrui, y compris dans la prise en compte du
sion postérieure des hémisphères cérébraux,
regard et de l’expression faciale.
sous l’aire de Sylvius pour le temporal, derrière
l’aire de Rolando pour ce qui est du pariétal
Quelques années auparavant, des observations
et derrière les deux premiers, pour l’aire
similaires avaient porté Baron-Cohen (1991) à
occipitale.
proposer que la personne avec autisme présente
un problème au plan de l’intersubjectivité
et de la perception sociale qui l’empêche de
reconnaître l’intentionnalité chez autrui, de
comprendre le sens du regard et du mouvement
d’autrui, de développer un sens, et donc, de
partager certaines émotions avec autrui. Cette
incapacité, Baron-Cohen l’a nommée le déficit
de la théorie de l’esprit,3 dans le sens où la
personne se révèle incapable de s’attribuer
certains états mentaux ou d’en attribuer à
autrui, Cette théorie, dont la justesse a été
confirmée par Damasio en 2003, s’apparente à
une forme de paralysie psychique qui rend la
personne avec autisme incapable de conférer
un sens précis et approprié aux perceptions
sensorielles (Planche et al., 2002).
JoDD
L’autisme selon la théorie neurodéveloppementale
57
en séquences des informations (Luria, 1973, le langage) et celles qui se sont intéressées à
1978). Un dysfonctionnement de cette zone l’aire d’intégration polysensorielle – il devient
fait en sorte que ces enfants ne réalisent pas possible d’avancer une explication concernant
dans quels cas ils enfreignent certaines règles la nature écholalique du langage de l’enfant
sociales ou si une action d’autrui qu’ils ont avec autisme. Luria (1978) précise que ce type
perçue comme déstabilisante est intentionnelle de langage apparaît lorsqu’il y a eu, durant la
ou non. Cette cécité expliquerait aussi sans petite enfance, un trouble important de l’analyse
doute le fait que l’enfant avec autisme n’exprime et de la synthèse au plan sensorimoteur. Il
pas ses émotions par le langage, se montrant propose que ce trouble empêche la formation
même incapable d’utiliser certaines expressions de réseaux neurofonctionnels nécessaires au
émotives aussi courantes que « j’aime ce que tu développement du langage, ce qui lui confère
portes » ou « je suis content d’être ton ami » un caractère stéréotypé et sans émotion, comme
(Damasio, 2002, 2003). le rapportent, Rapin et Dunn (2003). L’ensemble
des recherches neuroscientifiques récentes
D’autres études soulignent, quant à elles, (Boddaert et al., 2004a; Carper et Courchesne,
l’existence d’une alternance entre une sous- et 2000; Courchesne et Pierce, 2005; Dementieva
une sur-alimentation sanguine ou électrique et al., 2005; Grabowski et al., 2001; Pierce et
de certaines régions chez les individus avec Courchesne, 2001; Rojas et al., 2002) apporte un
autisme. Ainsi, par la TEP, Lelord, Zilbovicius, éclairage essentiel à notre compréhension des
Boddaert, Adrien et Barthelémy (2003), par enfants avec autisme.
exemple, ont observé une hypo-perfusion
bitemporale – au repos – chez 21 enfants avec
autisme de 5 à 13 ans. Ils ont par contre constaté Conclusion
que, lorsqu’il y avait stimulation auditive, on
observait une hyper-perfusion du débit sanguin L’objectif de cet article était d’expliquer l’autisme
de la région temporale droite chez les enfants selon la théorie neurodéveloppementale en
souffrant d’autisme, tandis que l’on observait empruntant les concepts structuro-fonctionnels
une hyper perfusion dans la région temporale de Luria (1973, 1978). L’auteur accorde une
gauche chez les enfants souffrant d’un retard attention particulière, ici, à l’enfant de 4–5
intellectuel. Dans une seconde étude, Boddaert ans avec autisme, parce que ces années sont
et al. (2004a) ont constaté, grâce à la TEP, critiques dans l’établissement des composantes
que 11 enfants avec autisme de 4 à 10 ans et structuro-fonctionnelles et que ces compo
6 enfants de 3 à 9 ans souffrant d’un retard santes ont un impact fondamental sur le
intellectuel connaissaient une hypoperfusion développement de ces jeunes enfants. Deux
dans les régions temporales impliquées dans le processus sont expliqués dans cette étude,
langage. L’étude de Martineau, Cochin, Magne soit l’apoptose et la myélinisation, parce qu’ils
et Barthelemy (2008) corrobore leurs résultats. permettent d’expliquer certaines manifestations
À partir de l’encéphalogramme (EEG), cette autistes. La combinaison de ces deux ensembles
dernière équipe a examiné le rôle des neurones d’éléments offre une perspective innovante et
miroirs, durant une activité de visualisation, pertinente pour comprendre les divers troubles
chez 14 enfants avec autisme de 5 à 7 ans. neurodéveloppementaux reliés à l’autisme –
Les résultats de cette étude ont révélé une dont certains se manifestent à la naissance
réduction d’activité électrique dans les régions et d’autres, plus tardivement – et pour saisir
postérieures de l’hémisphère gauche chez de quelle manière ces troubles permettent
les enfants avec autisme. Ces chercheurs ont de mieux comprendre l’hétérogénéité des
proposé que cette réduction peut en partie manifestations comportementales associées.
expliquer les déficits langagiers, l’inaptitude
dans l’analyse séquentielle et les troubles de Cet article apporte une contribution à trois égards.
mémoire qui sont souvent associés à l’autisme. Premièrement, les diverses recherches présentées
dans cet article illustrent de manière indéniable
Lorsque l’on combine les deux séries d’études le lien qui existe entre les dysfonctionnements
que nous avons examinées dans cet article – structuro-fonctionnels (Luria, 1973, 1978) et les
les recherches portant sur l’aire réceptive du comportements atypiques associés à l’autisme.
langage (régions temporales impliquées dans Deuxièmement, ces recherches soulignent combien
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