Gravité Quantique
Gravité Quantique
La gravité quantique
Xavier Chartrand & Élie Dumas-Lefebvre
1 Introduction 1
4 Invariance de Lorentz 6
4.1 Groupe de Lorentz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4.2 Groupe de Poincaré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4.3 Violation de l’invariance de Lorentz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
i
9 Graviton en théorie des cordes 29
9.1 Connexions vers la relativité générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
9.2 Théorie des supercordes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
9.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
10 Conclusion 33
Références 35
ii
Avant-propos
Ce travail expose une synthèse des études qui ont été faites par Xavier Chartrand et Élie
Dumas-Lefebvre dans le domaine de la gravité quantique. Les travaux de Xavier Chartrand
sont consignés aux sections 4, 6, 8 et 9. Les travaux d’Élie Dumas Lefebvre sont consignés
aux sections 3, 5 et 7. Autrement, le travail a été réalisé de façon collaborative.
iii
1 Introduction
La gravité peut sembler la force que nous comprenons le plus, ou du moins, la force
la plus près de nous. Après tout, nos pieds restent sur terre, on envoie des fusées dans
l’espace et des satellites orbiter des planètes à des millions de kilomètres d’ici. De Galilée à
Einstein, en passant par Newton, nombreux sont les génies qui ont contribué à l’avancement
des connaissances de la gravité. Plusieurs avancées dans le domaine de la science ont un point
en commun : elles créent un pont entre deux théories qui semblent se contredire au niveau de
leurs prémisses théoriques, mais qui sont toutes deux vérifiées empiriquement. Ce fut le cas
pour Newton, où sa tentative d’unir les orbites elliptiques de Kepler avec celles paraboliques
de Galilée a mené à sa théorie de la gravitation universelle. Depuis les premières tentatives
de liaison entre la relativité générale et la mécanique quantique par Matvei Bronstein en
1934, au moins 16 théories de la gravité quantique ont été proposées. Parmi celles-ci, les
deux principaux opposants sont la théorie des cordes et les boucles quantiques. Dans le cas
de la théorie des cordes, on tente d’unifier toutes les forces de la Nature en postulant que
la nature fondamentale de la matière serait une corde, qui, selon son niveau de vibration et
ses degrés de liberté, produirait différentes particules. Étant déjà vérifiée expérimentalement
pour certains processus particulaires du modèle standard, cette théorie semble prometteuse
pour une unification des forces de la Nature. En ce qui concerne la gravité quantique à
boucles, celle-ci repose sur les postulats de la relativité générale, notamment sur le fait qu’une
mesure de géométrie est du même fait une mesure du champ gravitationnel. Cette théorie
développe donc une version quantique de la relativité générale afin de quantifier la géométrie
de l’espace, ce qui n’implique pas d’unification des forces, mais bien seulement la création
d’un cadre quantique à la gravité selon Einstein. Bref, tout au long de notre travail, vous serez
introduit notamment à l’échelle de Planck, au graviton, à la gravitation quantique à boucles
ainsi qu’à la théorie des cordes. Certains autres aspects de la gravité quantique, comme la
théorie phénoménologique de la relativité doublement restreinte, seront aussi présentés. Le
mystère de la gravité quantique n’étant pas résolu à ce jour, nous avons préféré dresser un
portrait sommaire de ce domaine plutôt que de s’intéresser à une seule théorie.
1
unification pourrait non seulement apporter des réponses à notre conceptualisation de l’uni-
vers, mais concrètement elle permettrait aussi de mieux appuyer de pousser davantage nos
raisonnements sur des questions fondamentales. Cela dit, la première motivation est manifes-
tement l’unification des interactions. Le fait qu’on retrouve des interactions gravitationnelles
dans tous les domaines de la physique, même en mécanique quantique, suppose a priori que
la gravité peut être elle aussi quantifiée. Mais encore, toutes les théories qui sont basées sur
une approche semiclassique où la gravité reste décrite par la physique classique (relativité
générale), mais que tous les autres champs de la physique soient quantifiés ont échoués à ce
jour [12]. Ceci démontre en particulier que les concepts de physique classique sont pour la
plupart incompatibles. Comme deuxième motif, on retrouve la cosmologie et les trous noirs.
Vers la fin des années 1960, le regretté Stephen Hawking et Roger Penrose ont démontré le
théorème sur les singularités qui stipule que le formalisme de la relativité générale d’Einstein
contient inévitablement des singularités sous sa description de l’espace-temps. Il est pour
dire que les singularités signalent généralement des problématiques dans les formalismes de
physique ou de mathématique, donc certains essaient aussi d’éliminer les singularités de la
relativité générale. Cela dit, d’une vision cosmologique, une défaillance de la relativité géné-
rale appuie le fait que notre compréhension de l’univers soit déconcertante puisqu’on n’arrive
pas à bien comprendre l’univers à sa naissance, à ses conditions initiales, et jusqu’à son état
« final » qu’on identifie aux dernières irradiations d’un trou noir.
2
L’énergie de Planck, quant à elle, est obtenue par l’équivalence énergétique de la masse de
Planck
Remarquons à quel point la valeur numérique de la longueur de Planck est loin de l’échelle
humaine, soit 100 m. En perspective, l’échelle de l’Univers, qui est d’environ 1026 m, est
plus près de la nôtre que celle de Planck. Il est aussi à noter que les expériences actuelles
de collisions de particules atteignent des énergies allant jusqu’à 103 GeV et que les rayons
cosmiques de plus haute énergie détectés à ce jour sont de l’ordre de 1012 GeV, encore bien
loin de l’énergie à l’échelle de Planck [10]. En effet, si les interactions de la gravité quantique
se déroulent bel et bien à cette échelle, un collisionneur voulant tester la gravité quantique
devrait avoir la taille de la Voie lactée et un détecteur de la taille de Jupiter détecterait au
maximum un seul graviton dans un temps de l’ordre de l’âge de l’univers [17].
Les unités fondamentales étant définies, nous présenterons maintenant quelques expériences
de pensée en lien avec le principe d’incertitude d’Heisenberg, menant à l’identification de
l’empreinte classique de la gravité sur le régime quantique.
∆x∆p ≈ ~ . (3.3)
Qui plus est, on considère qu’il est possible d’avoir une précision infinie sur la position si
notre erreur sur la quantité de mouvement, elle, est infinie. Par contre, en faisant tendre ∆x
vers 0, l’influence gravitationnelle du photon utilisé pour sonder les propriétés d’une particule
viendra qu’a avoir une influence sur la précision de la mesure. En effet, un photon d’énergie hν
possède une masse effective Mγ ef f = hν/c2 , laquelle cause un champ gravitationnel effectif.
Ainsi, en considérant un potentiel gravitationnel newtonien [1], les variations d’accélération
et de position de la particule causées par le champ gravitationnel du photon sont
2
GMγ ef f tef f
∆ag ≈ 2
, ∆xg ≈ ∆ag t2ef f = GMγ ef f , (3.4)
ref f ref f
3
avec tef f et ref f représentants le temps et la longueur caractéristiques d’interaction. La vitesse
caractéristique étant c, nous prenons ref f /tef f ≈ c 1 [1]. Ainsi,
Manifestement, l’équation (3.3) indique que l’incertitude minimale sur la position sans consi-
dérer l’effet de la gravité est
~
∆x ≈ . (3.6)
∆p
~ ∆p
∆x ≈ + lp2 . (3.7)
∆p ~
L’équation (3.7) est ce qu’on appelle le principe d’incertitude généralisé et ce dernier est
obtenu de nombreuses façons, allant de démarches simples impliquant un potentiel newtonien
aux approches plus sophistiquées de la théorie des cordes [2, 21]. Il est à noter que la forme
du principe d’incertitude généralisé donne lieu à l’existence d’un maximum de précision sur
la position, ce qui vient poser une limite à la prémisse de résolution arbitraire sur la position
du principe d’incertitude standard mentionnée plus haut (c.f. figure 3.1). En effet, lorsque
~
∆p
= lp , un minimum d’incertitude sur la position est obtenu, i.e. ∆xmin ≈ 2lp . Cela laisse
sous-entendre que la longueur de Planck serait la longueur minimale à laquelle nous pourrions
accéder pour la mesure de propriétés physiques.
∆l |φ|
≈ 2 , (3.8)
l c
1. Nous aurions aussi pu considérer ref f ≈ lp ainsi que tef f ≈ tp et le même résultat aurait été obtenu
4
Figure 3.1 – Comparaison entre la forme du principe d’incertitude standard (PI), i.e. ∆x ≈
1/∆p et celle du principe d’incertitude généralisé (PIG), i.e. ∆x ≈ 1/∆p + ∆p. Fait avec
Matplotlib.
lp2
∆l 1 GMef f ~G 1
≈ 2 = 3 = . (3.9)
l c l c l2 l2
L’équation (3.9) montre donc que pour un volume de longueur caractéristique l = lp , l’in-
certitude sur la mesure devient aussi grande que la longueur elle-même, rendant du même
coup la mesure totalement invalide. On peut ainsi conclure qu’une telle mesure des propriétés
physiques d’un objet ayant une dimension principale plus petite que la longueur de Planck
n’est pas possible. En effet, étant donné la grandeur des énergies présentes à cette échelle,
une telle mesure impliquerait de grandes fluctuations dans la géométrie du volume étudié, ce
qui pourrait résulter en la formation d’un trou noir ou d’autres objets exotiques du même
genre, comme des trous de verre [1].
5
sant simplement la force de coulomb entre deux électrons de charge élémentaire e à la force
gravitationnelle entre deux objets de masse M
GM 2 e2 e2
= ⇒ M 2
= . (3.10)
r2 r2 G
e2
α= , (3.11)
4π~c
Ainsi, la grandeur de la force gravitationnelle sera du même ordre de grandeur que la force
électrique lorsque la masse des particules chargées sera de l’ordre de la masse de Planck, ou
de façon analogue, lorsque leur énergie respective sera de l’ordre de l’énergie de Planck, soit
1019 GeV .
Malgré la simplicité des expériences de pensées présentées ici, celles-ci introduisent à trois
idées importantes : l’impact classique de la gravité sur le régime quantique, la limite de
mesure des propriétés physiques d’un objet à l’échelle de Planck et la grandeur des énergies
nécessaires afin d’avoir une union entre les forces électriques et gravitationnelles. Au-delà
de quelques milliers de GeV , le modèle standard unifie la force électromagnétique avec la
force faible, deux forces étant initialement distinctes, ce qui s’avère donner de très bonnes
prédictions de résultats expérimentaux [1]. De façon similaire, il est attendu que la force
nucléaire forte devient comparable à la force électrofaible à des énergies près de 1016 GeV ,
à seulement quelques ordres de grandeur de l’énergie de Planck. Il serait donc possible que
toutes les forces de la nature s’unifient lorsque les énergies en jeux sont près de l’échelle de
Planck.
4 Invariance de Lorentz
Avant d’introduire une approche basée sur des principes d’invariance en relativité res-
treinte, il est d’abord primordial de bien définir les symétries décrites par ces soi-disant
invariances. Les sous-chapitres suivants se consacreront uniquement à l’élaboration des sy-
métries qui décrivent l’invariance de Lorentz, soit celle de la vitesse de la lumière entre les
référentiels, et aussi les symétries associées à une invariance par rapport à une translation de
6
l’espace et du temps, qui est rigoureusement décrite par le groupe de Poincaré.
0 0 0
X X
s2 ≡ −c2 t2 + xi xi = −c2 t 2 + x i x i = xµ xν gµν | µ, ν ∈ {0, 1, 2, 3} , (4.2)
i i
ici écrite sous forme tensorielle forment le groupe de Lorentz GL , avec gµν = diag(−1, 1, 1, 1)
la métrique de Minkowski d’un espace plat par convention. Il est commun de considérer
c = 1. Généralement, cette dernière expression s’écrit plutôt à l’aide de formes différentielles,
à savoir que
Cette dernière relation montre que sous la transformation, la métrique doit être préservée
puisque
0 0
xµ xν gµν = x µ x ν gµν . (4.4)
Une transformation reliant l’espace O à l’espace O0 se doit donc d’être linéaire et homogène ;
elle est de la forme
0
x ν = Λν µ xµ , (4.5)
ce qui implique gαβ = gµν Λµα Λν β avec Λν µ ∈ GL manifestement. Ainsi, on peut réécrire
l’expression précédente sous forme matricielle :
g = ΛT gΛ . (4.6)
Puisque le déterminant d’un produit de matrice est le produit des déterminants des matrices,
et que généralement det |ΛT | = det |Λ|, alors on retrouve
det |g| = det |ΛT | det |g| det |Λ| =⇒ det |Λ|2 = 1 =⇒ det |Λ| = ±1 . (4.7)
7
Ainsi, on peut identifier le groupe de Lorentz GL au groupe spécial orthogonal indéfini
SO1,3 (R) des matrices de déterminant ±1 tel que, généralement,
(4.8)
Il est connu que ce groupe est isomorphe au groupe spécial linéaire SL2 (C), et que son algèbre
est donnée par [14]
[Lµν , Lαβ ] = i(gνα Lµβ − gµα Lνβ − gνβ Lµα + gµβ Lνα ) | Lµν ≡ i(xµ ∂ ν −xν ∂ µ ) . (4.9)
D’une autre façon, on peut reformuler ces opérateurs en de plus simples et plus intuitifs pour
les coordonnées spatiales. Définissant
1 1
Ki ≡ Loi et Ji ≡ ijk Ljk = ijk Ljk | i, j, k ∈ {1, 2, 3} , (4.10)
2 2
alors il peut être démontré qu’on a les relations de commutation suivantes [14] :
On remarque ici que les générateurs Ji , Jj , Jk respectent les mêmes relations de commutation
que celle du moment cinétique, avec ~ = 1. On dira donc des générateurs Ji qu’ils trans-
forment par rotation, et que les Ki agissent comme une transformation de Lorentz pure, soit
une transformation qui laisse inchangée tout ensemble de vecteurs spatiaux dans le plan or-
thogonal à la direction de la transformation [11]. Considérant la représentation différentielle
des générateurs, alors on déduit ces autres relations de commutations :
0
x µ → x µ = x µ + aµ . (4.13)
8
On détermine les générateurs associés à cette transformation pour établir l’algèbre du groupe
de Poincaré. Pour une transformation infinitésimale de xµ par µ , on a que
[Pα , Pβ ] = 0 . (4.15)
Ainsi, considérant aux générateurs Lµν de l’algèbre de Lorentz et ceux de l’algèbre du groupe
de translation, on a que [14]
Par une représentation matricielle, il est évident que les générateurs de l’algèbre de Lorentz
sont représentés par des matrices 4 × 4. Cependant, il faut considérer un degré de liberté
supplémentaire, i.e. des matrices 5×5 pour faire la représentation matricielle des générateurs
du groupe de Poincaré puisqu’on considère en plus un paramètre de translation de l’espace et
du temps. Ceci dit, la totalité ce des générateurs peuvent construire le groupe R4 o O1,3 (R)
qui résulte du produit semi-direct entre l’espace euclidien de dimension 4 et le groupe de
Lorentz, auquel on associe toute transformation de Poincaré qui laisse invariante de Lorentz
et invariante sous translation de l’espace et du temps.
9
quences d’une telle violation sur notre interprétation de la dynamique de l’espace-temps.
Tout d’abord, l’invariance de Lorentz est basée sur le principe qu’il existe une quantité phy-
sique, ici la vitesse de la lumière, qui soit invariante du référentiel dans lequel elle est mesurée.
La prémisse actuelle est que l’invariance de Lorentz soit une symétrie exacte de la nature,
i.e. qu’elle gouverne la cinématique et les interactions des particules. On pourrait cependant
supposer le contraire et se questionner sur les conséquences induites et observables. L’idée
d’une vitesse maximale amène naturellement à redéfinir les concepts d’espace et d’unités
temporelles. Il est déjà connu de la relativité restreinte que le phénomène de contraction des
longueurs survient. Ceci dit, l’invariance de Lorentz vient directement contredire le principe
d’invariance de l’échelle de Planck puisque deux référentiels n’auraient généralement pas la
même mesure de la longueur de Planck d’après le phénomène de contraction des longueurs.
De ce fait, puisque l’invariance de Lorentz est établie de sorte qu’aucun référentiel n’est favo-
risé, alors s’il existe bel et bien une symétrie de l’espace-temps basée à la fois sur l’invariance
de la vitesse de la lumière et de l’échelle de Planck, on en tire deux conclusions : soit qu’il
existe un référentiel préférable auquel la vitesse de la lumière et la longueur de Planck soient
des dimensions attendues, ou alors qu’il existe une symétrie plus forte que celle de Lorentz qui
englobe à la fois la symétrie de la relativité restreinte et qui incorpore une nouvelle symétrie
sur l’invariance de la longueur de Planck.
Les conséquences de l’inexistence d’une échelle de Planck sont déjà bien connues : la ciné-
matique des particules est dictée par régime de relativité restreinte usuel. Cependant, on
pourrait s’intéresser cette fois à l’inexistence d’une vitesse maximale pour les particules. Une
idée d’une telle condition est exposée par [7] qui stipule que la vitesse maximale pour les par-
ticules serait différente. On considère d’abord un référentiel préféré, soit celui du rayonnement
du fond cosmique. À titre d’exemple, étant donnée une particule chargée qui se propage à une
vitesse qui excède celle de la lumière, [7] propose pour faire suite à un développement ma-
thématique que ces particules émettent un rayonnement électromagnétique jusqu’à atteindre
à nouveau la vitesse de la lumière. Cependant, on ne peut pas stipuler une telle hypothèse
pour les particules sans charge puisqu’elles n’ont aucune interaction électromagnétique. Ceci
amène à réfléchir plus loin sur les conséquences d’une violation de l’invariance de Lorentz
sur les particules chargées ou généralement les charges, les parités et l’inversion temporelle,
soi-disant sur la symétrie CPT , une autre symétrie supposément exacte de la nature 6.2.
10
5 La relativité doublement restreinte
Nous avons obtenu, à partir de démarches assez simplistes, des résultats nous laissant
croire que la longueur de Planck constitue une limite de mesure. Une extension de ce résultat
consisterait donc à ce que cette longueur demeure invariante peu importe la vitesse d’un ob-
servateur. Ce postulat a mené, en l’an 2000, à la théorie de la relativité doublement restreinte.
Tout comme la relativité restreinte est venue expliquer le comportement d’objets ayant de
grandes vitesses à partir du modèle de Galilée en introduisant la vitesse de la lumière c, la
relativité doublement restreinte tente de faire le pont entre le régime des très hautes énergies
et la relativité restreinte en introduisant une combinaison de ~, G et c, soit la longueur de
Planck.
En ajoutant une invariance sur une longueur minimale à celle de la vitesse de la lumière de
la relativité restreinte, cette théorie vient, entre autres, modifier la relation de dispersion de
la lumière pour les hautes énergies
E 2 = p2 + m2 → E 2 = p2 + m2 + f (E, p, lP ) . (5.1)
lP E
f (E, p, lP ) ∝ , (5.2)
c
où lP E/c est une quantité adimensionnelle. Cette relation de proportionnalité semble logique,
car elle implique une déformation négligeable (i.e. O(lP )) de la relation de dispersion aux
basses énergies tout en laissant apparaître une modification significative pour les processus
11
astronomiques pouvant se dérouler jusqu’à des énergies de l’ordre de 1012 GeV.
f (E, p, lP ) = lP p2 cE , (5.3)
qui, sous l’utilisation de la longueur d’onde de de Broglie (i.e. λ = h/p) revient proportionnelle
au paramètre adimensionnel mentionné plus tôt.
∂ ∂ ∂
Ra = −iabc pb , Ba = icpa + ic−1 E . (5.4)
∂pc ∂E ∂pa
Or, la considération d’une correction linéaire pour l’implantation d’une échelle minimale
implique une déformation du générateur d’énergie-impulsion, aussi appelé générateur de
« boost » dans la littérature anglophone à ce sujet.
12
prend la forme
E2 p2z ∂
∂ E
BzlP = icpz +i + lP 2 + lP . (5.5)
∂E c c 2 ∂pz
Nous avons mentionné ici que le générateur devait laisser la relation de dispersion invariante,
mais pourquoi ? En fait, selon Amelino-Camelia, toute l’information sur l’échelle minimale est
encodée dans la relation de dispersion, celle-ci étant mesurable par différents observateurs.
Ainsi, une relation de dispersion invariante implique une longueur minimale invariante. Ceci
étant dit, la variation d’énergie et d’impulsion sous une transformation de Lorentz générée
par le générateur de « boost » déformé s’exprime comme
E2 p2z
E
∆E = iBzlP E = −cpz , ∆p = iBzlP pz =− + lP 2 + lP . (5.6)
c c 2
a + b → c + d. (5.7)
Ea + Eb − Ec − Ed = 0 , pa + pb − pc − pd = 0 . (5.8)
Or, comme la déformation des lois de transformation implique un changement dans les lois de
conservation de l’énergie et de l’impulsion, la considération d’un principe d’échelle minimale
mène aux lois de conservation suivantes :
lP
pa + p b − pc − pd + (Ea pb + Eb pa − Ec pd − Ed pc ) = 0 ,
c
(5.9)
Ea + Eb − Ec − Ed + lP (pa pb − pc pd ) = 0 .
Encore une fois, une considération de la limite lp → 0 mène directement aux lois de conser-
vations usuelles.
13
5.2.1 Résultats
Dans la littérature au sujet de la relativité doublement restreinte, deux chemins ont été
pris pour l’étude de l’anomalie observée dans les galaxies Mrk 501 et Mrk 421. Un premier
consiste en la prise en considération d’une déformation de la relation de dispersion sans
changer les lois de conservation, tandis qu’un deuxième est la méthode présentée ici, soit une
modification de la relation de dispersion jumelée à une modification des lois de conservation.
En omettant une modification des lois de conservation, la première approche implique une
brisure de l’invariance de Lorentz par rapport à la mesure de la relation de dispersion. Une
telle brisure impose un concept de référentiel préféré, ce qui n’a pas été observé expérimen-
talement à ce jour.
Manifestement, la forme proposée pourrait être totalement différente dans la Nature, ce qui
pourrait mener à un résultat favorable pour la démarche basée sur la relativité doublement
restreinte. Qui plus est, il est possible que les anomalies observées ne s’expliquent tout sim-
plement pas par une modification de la relation de dispersion, rendant purement académique
le travail fait jusqu’ici.
Enfin, la théorie de la relativité restreinte déformée n’est pas une théorie de la gravité quan-
tique à proprement parler, mais il s’agit tout de même d’une théorie phénoménologique de
la gravité quantique nous permettant de sonder la physique à l’échelle de Planck. Pour tout
dire, nous avons obtenu la longueur de Planck en combinant les constantes fondamentales
~, G et c de façon à obtenir des unités de mètres et lui avons ensuite instantanément attribué
le rôle de gestionnaire de la structure de l’espace-temps sans savoir si c’est réellement le cas.
En effet, nous avons procédé à différentes expériences d’idées nous indiquant qu’il semble y
avoir un sens physique associé à la longueur de Planck. Mais il ne faut pas oublier que même
des développements sans failles logiques peuvent s’avérer illogiques quand la Nature nous
14
révèle ses principes ; la catastrophe ultraviolette en est un bon exemple.
Bref, la relativité doublement restreinte revêt une utilité dans le contexte de la gravité quan-
tique lorsqu’une théorie obtient les mêmes axiomes ; soit une équivalence complète entre deux
observateurs inertiels et des lois de transformation entre ces derniers étant caractérisées par
des invariances sur une longueur minimale et sur une vitesse maximale. Une théorie candidate
au respect de ces conditions est la gravitation quantique à boucles.
On retire d’abord quelques constats par rapport à une telle théorie. Si on infirme qu’elle
possède un groupe de symétrie par le biais que l’invariance sous la vitesse de la lumière est
déjà bien décrit par le groupe de Lorentz (de Poincaré généralement), alors deux options se
présentent a posteriori. De prime abord, l’algèbre du groupe de Poincaré doit être une sous-
algèbre de celle du groupe de symétrie GDSR de la théorie, car elles décrivent toutes les deux
une symétrie par rapport à l’invariance de la vitesse de la lumière. En deuxième, si le groupe
de symétrie GDSR est une déformation du groupe de Poincaré, on devrait retrouver une limite
pour laquelle le groupe de symétrie GDSR se rapproche du groupe de Poincaré dans un régime
où l’invariance de la vitesse de la lumière domine sur l’invariance de l’énergie-impulsion. Ceci
dit, une théorie de la relativité doublement restreinte ne peut pas se consacrer uniquement
à l’étude de la vitesse de la lumière ou uniquement aux concepts de l’échelle de Planck dans
l’espace d’énergie-impulsion. D’après [13], il s’avère que la relativité doublement restreinte
peut être comprise si on formule l’ensemble de coordonnées du système dans un espace de
Minkowski à cinq dimensions, où l’on retrouve quatre degrés de liberté pour l’impulsion et
un pour le temps. Un tel espace de quatre dimensions en impulsion est appelé espace de de
Sitter.
À première vue, l’espace de de Sitter se conçoit facilement : puisqu’on ajoute une quatrième
dimension en impulsion. La métrique du nouvel espace de Minkowski en cinq dimensions
15
s’écrit diag(−1, 1, 1, 1, 1), et l’élément de longueur ds2 est alors dénoté
3
X
ds2 = g M N dxM dxN = g µν dxµ dxν + dx25 = −dx20 + dx2i + dx24 | M, N ∈ {0, 1, 2, 3, 4} .
i=1
(6.1)
Manifestement, tout élément du groupe SO1,4 (R) laisse inchangée cette nouvelle métrique de
Minkowski en cinq dimensions. Or, on cherche désormais des générateurs qui laissent inchan-
gée la nouvelle coordonnée x4 également. Pour se faire, on introduit de nouvelles relations
qui caractérisent une algèbre de Poincaré déformée dite algèbre de κ-Poincaré (aussi appelée
κ-Poincaré Hopf). On en discute davantage à la sous-section 6.3.
(6.2)
i j i j
xi , pj = iδ ij ,
x ,x = 0 p ,p = 0
avec encore une fois ~ = 1. Quoiqu’abstrait, le concept de géométrie non commutative s’ex-
plique à partir des relations de commutations entre les variables canoniques d’un espace.
D’après l’équation (6.2), on remarque que les opérateurs de position commutent entre eux,
et pareillement pour les opérateurs de moment cinétique, mais que ces deux variables cano-
niques ne commutent pas entre elles. On pourrait donc se questionner à savoir s’il existe un
régime dans lequel un ensemble de variables canoniques du même type ne commutent pas
entre elles, e.g. [pi , pj ] 6= 0. Bien, il en existe effectivement d’après [8] que, dans un régime
quantique non relativiste soumis à un champ magnétique H, le couplage d’une particule avec
le champ magnétique fait en sorte que les quantités de mouvement ne commutent plus en-
semble. On dira alors de l’espace des fonctions d’onde de quantité de mouvement qu’il est
non commutatif.
Brièvement, une géométrie non commutative est pour laquelle de nouvelles règles de com-
mutations de l’algèbre qui décrit la géométrie sont introduites. On présente uniquement
une propriété mathématique de l’algèbre qui permet de décrire la géométrie de l’espace κ-
Minkowski. L’espace de κ-Minkowski est un exemple particulier d’un espace décrit par une
géométrie non commutative pour laquelle les coordonnées d’espace-temps ne commutent pas
16
ensembles. En général, ces conditions sont formulées comme suit [5] :
i µ ν
[xµ , xν ] = (a x − aν xµ ) . (6.3)
κ
On considère ici une non-commutativité seulement par rapport à l’espace et le temps, soit
que aµ = (1, 0, 0, 0) ce qui mène à
i
x0 , xi = xi , (6.4)
i j
x ,x = 0.
κ
Comme première observation, on note que l’espace-temps est commutatif dans la limite
où κ → ∞. Ceci dit, aucune interprétation du facteur κ n’a encore été faite. [13] affirme
que, considérant un couplage limite de la gravité quantique avec G → 0 et ~ → 0, alors
κ−1 ≡ limG,~→0 G/~ reste constant, et vaut exactement la longueur de Planck. Ainsi, par
p
construction [13] suggère que κ serait une nouvelle constante fondamentale, dont les unités
sont l’inverse d’une longueur ([L−1 ]), et invariante de Lorentz, qui gouvernerait la cinématique
des particules dans un espace de Minkowski pour de hautes énergies. Ceci dit, si κ → ∞,
alors κ−1 → 0, et on retrouve un espace de Minkowski décrit par une géométrie commuta-
tive, i.e. on retrouve à nouveau une cinématique des particules qui est décrite par la relativité
restreinte telle qu’on la connaît. De plus, puisque κ−1 a des unités de longueur et qu’il cor-
respond à la longueur de Planck dans la limite G, h → 0, alors un régime décrit uniquement
par la relativité restreinte usuelle, on aurait une longueur d’onde de Planck nulle, soit qu’il
n’y a aucune limite d’échelle minimale.
L’idée ici est d’expliquer si une géométrie non commutative pourrait engendrer une brisure
17
de la symétrie CPT . Généralement, une géométrie non commutative est caractérisée par
i i
Ki , x0 = Ki − ix0 , Ki , xj = ijk Jk − iδij x0 . (6.6)
κ κ
De cette construction, on remarque encore dans le cas κ → 0 qu’on retrouve les relations de
commutation standard, en (4.12), qui décrivent l’espace de Minkowski.
Pour faire le bilan, on a construit une algèbre déformée d’après un paramètre κ ayant des uni-
tés de longueur. On a considéré une déformation des quatre dimensions usuelles de l’espace-
temps, mais on n’a pas encore discuté sur comment cette algèbre agirait sur une cinquième
coordonnée qu’on vise à laisser invariante. A priori, on remarque que la symétrie de l’espace
des positions est modifiée puisque les nouveaux générateurs déformés n’agissent pas de la
même façon sur les coordonnées d’espace-temps. Cependant, il est possible de procéder à une
paramétrisation des espaces des moments et de considérer plutôt l’action des générateurs sur
18
ces moments ηA ., telle qu’il l’est fait par [13]. En corolaire, on retrouve que l’action des géné-
rateurs sur ces variables ηA sont exactement les mêmes pour A ∈ {0, 1, 2, 3}, i.e. on retrouve
la dynamique de l’espace de Minkowski, et η4 est laissé invariant. Cependant, les relations de
commutation entre les variables de position et de moment sont elles aussi modifiées par des
facteurs proportionnels à 1/κ. Il en résulte donc que la relativité doublement restreinte ne se
démarque pas plus de la relativité restreinte dans l’espace des moments puisque les généra-
teurs agissent de la même façon sur des variables de moment judicieusement définies. Or, la
majeure différence entre ces théories provient du fait que la géométrie de l’espace-temps est
non commutative, ce qui induit de prime abord une violation de l’invariance de Lorentz mais
non de la symétrie CPT . Néanmoins, une telle construction qui laisse invariance κ permet
de généraliser la relativité restreinte usuelle dans le cas κ, donc elle ne la contredit pas dans
les mêmes limites physiques qu’elle suppose.
On termine rapidement cette section sur une note, en discutant brièvement de l’équation de
Klein-Gordon. Cette équation est une version relativiste de l’équation de Schrödinger. En
particulier, elle décrit la dynamique pour les particules de spin nul. Dans un nouveau régime
de relativité restreinte, on s’attend donc à une modification de cette équation.
6.4 Discussion
On a vu que l’algèbre de κ-Poincaré devient effectivement l’algèbre de Poincaré dans la
limite où κ−1 → 0, donc qu’elle semble une bonne candidate pour décrire les symétries de
l’espace-temps en relativité doublement restreinte puisqu’on y retrouve les résultats phy-
siques attendus dans une limite de relativité simplement restreinte au sens de Lorentz. On
a constaté aussi que la géométrie de l’espace est non commutative, ce qui engendre de facto
une violation de l’invariance de Lorentz, mais que la non-commutativité des coordonnées xµ
n’engendrait pas une brisure de la symétrie CPT . Elle reste donc en accord avec les évidences
expérimentales à ce sujet. Pour finir, on a constaté aussi que la dynamique dans l’espace des
moments restait inchangée, mais que celle dans l’espace des positions était considérablement
modifiée. Elle laisse aussi invariante la nouvelle quatrième coordonnée d’impulsion dans l’es-
pace des moments. Cette algèbre n’est donc pas tout à fait satisfaisante dans le sens qu’elle
n’est pas adaptée pour l’espace des positions du à l’aspect non commutatif des coordonnées
xµ , mais elle est satisfaisante puisqu’elle laisse invariante la dynamique dans l’espace des mo-
ments puisque la géométrie cet espace reste commutative. En terminant sur une ouverture,
on s’attend à pouvoir poursuivre son étude sur d’autres particularités de la physique comme
l’équation de Klein-Gordon qui s’avère aussi modifiée selon [13].
19
7 Gravitation quantique à boucles
Au cours du dernier siècle, la théorie de la relativité générale de Einstein ainsi que la
mécanique quantique ont révolutionné notre perception de l’Univers et des processus qui s’y
opèrent. En effet, la relativité générale est venue changer les notions d’espace et de temps,
alors que la mécanique quantique est venue bouleverser notre intuition au niveau du processus
de mesure et des liens de causalité. Étant formulées sur des bases contradictoires, ces deux
théories semblent difficiles à synthétiser en une seule afin d’obtenir un portrait quantique
de la relativité générale. C’est donc par l’union délicate de la relativité générale et de la
mécanique quantique que la théorie de gravitation quantique à boucles tente de résoudre un
des plus grands mystères du 21e siècle : la gravité quantique.
Jusqu’à maintenant, la gravité quantique à boucles est la théorie la plus développée d’une
version quantique de la relativité générale. Basée sur le postulat que certains états sont
concentrés sur des structures unidimensionnelles finies prenant la forme de réseau de spin,
cette théorie de la gravité quantique prédit une discrétisation de l’espace en termes de surface
et de volume.
Le niveau de formalité de cette théorie étant très élevé, il s’agira ici que d’un survol de la
gravitation quantique à boucles, notamment sous la présentation du chemin qui mène à la
discrétisation, une introduction aux réseaux de spin et les principaux résultats de la théorie.
Tout système physique en interaction échangera de l’énergie sous différentes formes, mais
dans le régime quantique, ces échanges se feront par quanta. Par exemple, l’énergie d’un oscil-
lateur quantique s’échangera par paquets d’énergie de grandeur hν. De fait, les quanta d’un
tel oscillateur sont les photons, qui sont eux-mêmes une manifestation du champ électroma-
gnétique. En prenant un angle plus mathématique, on peut dire que le système oscillant est
gouverné par un opérateur, qui dans ce cas est l’Hamiltonien Ĥ, lequel a un spectre discret
laissant place à une quantisation des niveaux d’énergie des quanta de lumière.
S’intéressant ici au champ gravitationnel, est-ce que ce dernier possède une certaine forme
de quanta, tout comme le champ électromagnétique possède les photons ? Sachant que les
propriétés des quanta d’un système sont déterminées par les propriétés spectrales de l’opéra-
teur les gouvernant, il nous faut identifier un opérateur dictant l’interaction gravitationnelle
20
possédant un spectre discret.
Une leçon importante que la relativité générale nous a apprise est qu’une mesure de lon-
gueur, de surface ou de volume donne de l’information sur les propriétés locales du champ
gravitationnel. Ainsi, on peut s’intéresser à la mesure d’un volume à partir de l’opérateur
Z
V̂ = d3 x|det e(x)| , (7.1)
R
Carlo Rovelli, auteur d’un livre sur la gravité quantique à boucles [19] fait un développement
mathématique en lien avec les propriétés spectrales de l’opérateur V̂ et arrive à la conclusion
que ce dernier possède un spectre discret. Cela laisse donc sous-entendre que l’espace possède
des quanta de volume, dont la grandeur est donnée par les valeurs propres de V̂. Il associe
donc les quanta de volume à un nombre quantique in . Bref, Rovelli interprète ce résultat en
introduisant le concept de granularité de l’espace, où les quanta de volume représentent les
grains. Une nature discrète de l’espace-temps étant établie, il nous reste maintenant à trouver
comment les grains sont reliés.
Soit deux régions de l’espace séparées par une surface physique S, une mesure de celle-
ci à partir de l’observable de surface  mènera à une mesure de grandeur A appartenant
aux valeurs propres de Â. De façon similaire au développement mathématique fait pour
l’opérateur de volume, Rovelli obtient que le spectre de  est discret. Ainsi, des quanta de
surface seraient aussi présents dans la structure de l’espace-temps. Concrètement, les valeurs
propres obtenues sont
Xp
A = 8πγlP2 ji (ji + 1) , (7.2)
i
21
plus petite mesure de surface possible serait de l’ordre de
√
A0 = 4 3πlP2 ≈ 10−66 cm2 . (7.3)
Ainsi, en utilisant une démarche complexe nécessitant plusieurs bases théoriques et mathé-
matiques, nous arrivons encore à la finalité qu’une échelle minimale existe et que celle-ci est
de l’ordre de la longueur de Planck, d’où l’importance du développement de modèles phé-
noménologique pour sonder le comportement à cette échelle comme la relativité doublement
restreinte.
s = {Γ, in , jn } , (7.4)
Ceci étant dit, nous parlons de la gravité quantique à boucles depuis maintenant quelques
pages, mais n’avons toujours pas parlé des dites boucles. Ces dernières sont des états |αi et
sont représentées par des graphes Γ ne possédant pas de noeuds. De plus, les boucles forment
la base fondamentale des réseaux de spin, car ces derniers peuvent être obtenus par une
combinaison linéaire de boucles. Par exemple, on voit à la figure 7.2 une décomposition d’un
réseau similaire à celui présenté à la figure 7.1a. Une revue de la littérature au sujet de la
22
a) b)
gravité quantique à boucle montre que l’aspect schématique de la théorie revient souvent. De
façon similaire aux diagrammes de Feynman, on tente d’y résumer des démarches mathéma-
tiques complexes dans des schémas relativement plus simples. De plus, les réseaux de spin
présenté ici font parte de la classe unidimensionnelle, mais il faut savoir que les théoriciens
ont su faire travailler leur génie en créant des extensions bi, tri et quadridimensionnelles de
ces réseaux afin d’explorer la cohérence de la théorie.
Figure 7.2 – Décomposition d’un réseau de spin en boucles élémentaires. Figure prise de
[19].
7.3 Résultats
La théorie de la gravitation quantique à boucles, de par son cadre mathématique complexe,
obtient plusieurs résultats intéressants, notamment la discrétisation de l’espace, qui semble
être le plus grand accomplissement de cette théorie. On peut comparer ce résultat à ceux
obtenus par la théorie quantique des champs. En effet, la première prédiction de cette théorie
pour le champ électromagnétique est l’existence des photons ainsi que la quantification de
leur énergie. De façon similaire, la gravité quantique à boucles à comme première prédiction
pour le champ gravitationnel l’existence de quanta géométriques ainsi que la quantification
23
de leur grandeur. Semblerait-il que cette théorie puisse aussi résoudre les problèmes de sin-
gularités, autant au niveau du Big Bang que par rapport aux trous noirs. Elle offre aussi
un cadre conceptuel dans lequel la relativité générale et la théorie quantique des champs
ont du sens ensemble, et ce, de façon cohérente [20]. Par contre, le plus grand obstacle de
cette théorie est le fait qu’il n’existe pas de technologie assez puissante permettant de sonder
directement la physique à ces échelles. Il demeure donc impossible de vérifier cette théorie
expérimentalement.
Malgré les belles conclusions tirées de cette théorie, celle-ci possède bel et bien plusieurs failles.
Entre autres, aucune formulation adéquate de la limite classique de la gravité quantique à
boucles n’a encore été réalisée. Une telle formulation consisterait à réobtenir les principes de
base de la relativité générale à partir de ceux de la gravitation quantique à boucles.
Bref, c’est en traçant un portrait sommaire de la gravité quantique à boucles qu’il a été pos-
sible de jeter un coup d’oeil à un grand problème que les théoriciens s’efforcent à résoudre. En
effet, cette théorie n’est pas la seule. Il existe de nombreuses autres approches, notamment la
théorie des cordes et la géométrie non commutative, qui tentent d’expliquer la gravité dans le
régime quantique. Jusqu’à maintenant c’est la théorie des cordes qui possède la plus grande
communauté [20], entre autres parce qu’elle prédit différents résultats, et ce, avec une grande
précision, pour d’autres interactions que celle gravitationnelle.
24
8 Concept du graviton d’après la relativité générale
Le graviton joue un rôle central dans la quantification du champ gravitationnel. De façon
analogique aux bosons de jauge du modèle standard, le graviton est un boson de spin 2
et il agit comme médiateur pour les interactions gravitationnelles [12]. Un raisonnement
mathématique mène aussi à l’hypothèse que le graviton intervient dans le phénomène d’ondes
gravitationnelles, comme il le sera exposée à la sous-section 8.1 qui suit. On retrace également
le chemin qui mène à affirmer que le graviton est une particule de spin 2 en s’inspirant d’une
transformation proscrite par le groupe de Poincaré.
1 8πG
Gµν ≡ Rµν − Gµν R + ΛGµν = 4 Tµν (8.1)
2 c
dite équation du champ d’Einstein est une équation dynamique qui décrit la déformation de
l’espace-temps engendrée par l’énergie et la matière, avec Rρµρν , dénoté Rµν par convention,
le tenseur de Ricci, R la courbure scalaire de Ricci, gµν le tenseur métrique de Minkowski de
signature (+, −, −, −), Λ la constante cosmologique, et Tµν le tenseur d’énergie-impulsion.
25
Les ondes gravitationnelles faibles peuvent être formalisées à
l’aide d’une perturbation locale du tenseur métrique. Consi-
dérant le tenseur métrique
26
Les deux états de polarisation sont usuellement les états × et + présentées à la figure
??. D’après cette figure, on remarque schématiquement que, dans un plan xy quelconque
avec z et t fixés, une rotation de l’espace de 180° ramène l’état de polarisation à son état
initial. Autrement dit, une rotation de l’espace d’un angle θ amène une rotation de l’état de
polarisation de 2θ. En général, si une onde plane se transforme comme ψ → exp(ihθ)ψ sous
une rotation de l’espace, on dit de h qu’elle est l’hélicité de l’onde. Donc, l’état de polarisation
une onde gravitationnelle a ici une hélicité de 2 (état de polarisation circulaire gauche) où
−2 (état de polarisation circulaire droit). [12] affirme que les états droit et gauche soient
e+ + iex e+ − iex
eR = √ , eL = √ , (8.5)
2 2
Une discussion plus approfondie sur les états de polarisation de l’onde gravitationnelle est
présentée à la sous-section suivante.
0
x µ = Λµν xν + aµ , (8.7)
Puisque la transformation U (Λ, a) est unitaire, alors ||ψ|| est invariante sous l’action de U .
Puisque le groupe de Poincaré est un groupe de Lie, on peut étudier le comportement de la
transformation au voisinage de l’identité. On pose
Λµν = δ µν + ω µν , aµ = µ , (8.9)
27
avec ω µν et µ des transformations infinitésimales au voisinage de l’identité du groupe. Par
un développement autour de ω et , on retrouve d’après [12] que
1
U (1 + ω, ) = 1 + i ωµν J µν − iµ P µ + . . . , (8.10)
2
tels que Lµν et P µ dénotent les générateurs du groupe de Poincaré pour une transformation de
Lorentz et une translation de l’espace-temps respectivement. Naturellement, les générateurs
P µ respectent les relations de commutation de la quantité de mouvement, et puisque les
générateurs P µ commutent entre eux, alors leur application sur ψ ne change pas l’état des
nombres quantiques. Autrement dit, l’équation aux valeurs propres de P µ se dénote
Puisque seulement qu’une composante du moment angulaire, soit dans la direction de pro-
pagation, alors il y a seulement un générateur du moment cinétique, par convention J3 ,
qui n’annihile pas l’état quantique ψ. Cependant, les générateurs Ji ne commutent pas en-
sembles, donc l’application de J3 sur ψ change l’état de l’impulsion d’après la transformation
de Lorentz Λ. On obtient alors [12]
où ici σ correspond l’hélicité, et θ(Λ, p) dénote l’angle de rotation qui tient compte de Λ.
On constate d’après cette dernière équation que les états propres d’hélicité correspondent
aux états circulaires de polarisation d’une onde gravitationnelle donnée par l’équation (8.6).
Puisque les états propres d’une particule d’hélicité de 2 correspondant aux états de polarisa-
tion des ondes gravitationnelles faibles [12] proposent que les états de polarisation deviennent,
dans un régime quantique, les états du graviton. Par ailleurs, pour une particule sans masse,
l’hélicité d’une particule |σ| devient son spin. Puisque la portée de l’interaction gravitation-
nelle est infini en pratique, alors le graviton possède une masse nulle. On associe donc un spin
de 2 au graviton. Par analogie, considérant que l’hélicité d’une onde électromagnétique est 1
(polarisation circulaire gauche) ou −1 (polarisation circulaire droite), et que le spin du photon
28
est 1, ceci laisse supposer a priori que l’onde gravitationnelle est une manifestation classique
de l’existence d’une particule de spin 2 responsable des interactions gravitationnelles, soit le
graviton.
La théorie des cordes à commencée comme une tentative à décrire le spectre des hadrons,
soient de décrire la masse et les désintégrations des particules issues d’une liaison de quarks,
mais la chromodynamique quantique a vite réussi à prédire avec succès de tels aspects. La
théorie des cordes a donc été mise de côté, cependant, l’apparition d’une particule sans masse
et de spin 2 dans le spectre des cordes a suscitée un intérêt qui a fait revivre cette théorie
puisque, comme il l’a été démontré plus tôt, la théorie de la relativité générale suppose aussi
une particule de masse nulle et de spin 2.
On présente ici une vue d’ensemble de la théorie des cordes, basées sur ces attraits principaux
d’après [12]. Tout d’abord, cette théorie fait l’hypothèse que la totalité des particules surgit
à la suite de l’excitation des cordes. Cela dit, les particules n’apparaissent plus comme des
constituants fondamentaux de la matière. Le graviton apparaît comme une excitation d’une
corde fermée. Les cordes ouvertes ne contiennent pas le graviton. Cependant, les interactions
entre les cordes ouvertes font intervenir des cordes fermées virtuelles, donc la supposition
qu’il existe un graviton est encore mise de l’avant. Par ailleurs, la théorie des cordes est en
accord avec la théorie de jauge, i.e. l’invariance de jauge puisque les bosons de jauge sont
retrouvés dans le spectre des cordes. Elle propose ainsi une unification des interactions de
jauge, donc c’est une théorie qui unit les domaines des interactions nucléaires et électriques
avec les interactions gravitationnelles. Le concept des cordes fermées et ouvertes se définit
de pair avec celui d’une brane. Une brane est généralement visualisée et schématisée comme
29
une feuille qui supporte les cordes, où les deux extrémités des cordes ouvertes se rattachent
à une brane, et où les cordes fermées n’y sont pas liées. Formellement, on définit une brane
est un objet qui généralise la notion de particule ponctuelle à un espace de dimensions
supérieures. Leur dynamique est décrite par les principes de la mécanique quantique ; elles
peuvent donc évidemment posséder une masse et une charge. On définit par ailleurs le concept
de surface d’univers : une surface d’univers est une généralisation en deux tridimensionnelles
(deux dimensions spatiales et la dimension temporelle) de la ligne d’univers d’une particule.
Autrement dit, il s’agit de la ligne d’univers d’une corde.
Une conséquence d’une telle conceptualisation d’une brane et des types de cordes est que les
cordes fermées n’y sont pas attachées. Ainsi, certains suggèrent que le graviton, étant une
corde fermée, pourrait quitter une brane suite à sa création via une réaction de particules,
ce qui rendrait sa détection difficile. Autrement dit, il sa dynamique est plutôt décrite dans
un espace de Minkowski de dimension D, soit une dimension temporelle et D − 1 dimensions
spatiales. Néanmoins, on pourrait s’attendre à une baisse de l’énergie suite à l’extraction d’un
graviton d’une brane, soi-disant qu’on pourrait détecter le graviton indirectement en usant
des lois de conservations de l’énergie. Cependant, d’après [18], les instruments qu’il faudrait
utiliser pour la détection des gravitons seraient physiquement inconcevables.
Il n’est pas nécessaire de pousser la théorie aussi loin que la théorie des supercordes, puisque
certaines de ses formalités sont abordées dans la théorie des cordes bosoniques. On la présente
ici simplement pour faire le point sur certains aspects de la théorie des supercordes avant
de l’introduire. D’abord, il faut comprendre que la théorie des cordes bosoniques contient
seulement des bosons dans son spectre. Autrement dit, elle ne prédit pas l’existence des
fermions. En ce sens, cette théorie n’est pas compatible avec les expériences d’aujourd’hui,
mais elle peut être probablement réutilisée pour construire une autre théorie qui est plus
riche et complète.
Dans la version quantique, cette théorie propose la longueur fondamentale d’une corde, à
savoir [12] :
√
`s = 2α0 ~ , (9.1)
avec α0 une constante fondamentale ayant des unités de longueur par masse. La longueur
d’une corde bosonique est de la même échelle que la longueur de Planck d’après [12], mais
rien ne laisse supposer a priori l’invariance par rapport à une échelle minimale comme dans
30
le cas de la relativité doublement restreinte.
Les premières approches mathématiques en théorie des cordes bosoniques sont basées sur
des principes de calcul variationnel. De prime abord, on vise à minimiser une action, dite
de Polyakov [12] sur une surface d’univers, pour obtenir l’équation différentielle suivante qui
décrit celle d’une onde :
∂2 ∂2
2
− 2 X µ (τ, σ) = 0 , (9.2)
∂τ ∂σ
1
0 = Rµν − Hµ λρ Hνλρ + 2∇µ ∇ν Φ + O(α0 ) , (9.3)
4
où Φ dénote un champ scalaire, et Hµλρ , Hνλρ dénotent des champs tensoriels associés
respectivement aux dilaton et à l’axion. L’idée ici n’est pas de décrire ce que représente
l’aspect de champ qu’on confère aux particules, mais sachant que ces objets mathématiques
sont associés à de telles particules, alors cette équation peut être plutôt vue comme la version
de l’équation d’Einstein qui décrit le couplage entre le dilaton et l’axion avec la métrique. Il
31
est donc intéressant de savoir que ces équations découlent de l’invariance de Weyl sur une
surface d’univers et donc qu’elles démontrent une connexion importante entre la relativité
générale et la théorie des cordes.
2−D
M2 = (9.4)
24α0
pour un espace à D dimensions. Cette particule est appelée le tachyon. Manifestement, pour
un espace ayant plus de deux dimensions, la masse au carré d’une telle particule est effective-
ment négative, ce qui démontre que le tachyon ait une masse imaginaire, même dans l’espace
de Minkowski usuel à quatre dimensions. Un tel résultat signale une instabilité du vide selon
[12], mais le problème du tachyon peut être résolu en particulier en introduisant une théorie
des cordes supersymétrique, soit la théorie des supercordes. Le principe de supersymétrie est
simple : la supersymétrie suppose qu’il existe autant de fermions que de bosons dans l’uni-
vers, soit que pour chaque fermion, il existe un partenaire bosonique, et pour chaque boson,
il existe un partenaire fermionique associé. Ces partenaires sont communément appelés par-
tenaires supersymétriques, ou alors superpartenaires.
Jusqu’à présent, aucun sujet relatant au fermion n’a été à discuter dans la théorie des cordes
bosoniques. Or, la supersymétrie amène naturellement introduire les fermions dans une telle
théorie. Le superpartenaire du graviton est appelé le gravitino. Il s’agit d’un fermion de spin
3/2, sans charge, dont son antiparticule est elle-même [4]. En généralisant ce concept, le spectre
des supercordes décrit la totalité des particules jusqu’à aujourd’hui observable, et bien plus
encore. Il comporte la totalité des bosons de jauge, les fermions et les leptons du modèle
standard, les hadrons, et tout leur superpartenaire. D’autant plus, le tachyon et les autres
particules problématiques se trouvent éliminés comme il l’a été discuté. Autrement, les idées
et les approches mathématiques restent les mêmes, pourvu qu’elles incluent la supersymétrie.
9.3 Résultats
Quoique mathématiquement complexe, la théorie des cordes est conceptuellement simple.
La quantification de la gravité se fait de la même façon que pour les autres particules :
les particules ne sont plus élémentaires dans le sens qu’il existe des entités matérielles plus
32
petites et plus fondamentales encore, soient les cordes. La dynamique des cordes permet de
générer la totalité du spectre observable du modèle standard, incluant le graviton, et bien
plus. Si la théorie des supercordes semble le meilleur candidat pour décrire la matière et
unifier les interactions, on n’est toujours pas en mesure de mettre de l’avant des évidences
expérimentales qui appuient une telle théorie, et même de façon plus restreinte de démontrer
le principe de supersymétrie qui est au fondement même de cette théorie prometteuse. Par
ailleurs, cette théorie reste toutefois en accord avec les symétries de la nature telles qu’on les
suppose aujourd’hui ; elle ne complexifie a priori aucun principe physique comme la relativité
doublement restreinte par exemple, et elle démontre dans son cadre théorique une approche
qui permet facilement de faire des connexions entre les domaines de la mécanique quantique
et de la relativité générale. On a vu aussi l’existence du gravitino en théorie des supercordes,
et quoiqu’il ne l’ait pas été mentionné, le gravitino est aussi au centre de la théorie de la
supergravité selon [4]. En ce sens, il est responsable de la majorité des interactions décrites
par cette théorie. Cela amène a dire que la théorie des cordes permet de faire des unions
au-delà des lois et des symétries physiques assez bien comprises aujourd’hui, soit de faire
des unions avec des théories phénoménologiques qui ont ultimement le même objectif que la
théorie des supercordes.
10 Conclusion
Afin d’introduire l’impact classique de la gravité sur le régime quantique tel que perçu
par Heisenberg, il a été montré, par une expérience de pensée simple, que la gravité pouvait
avoir un impact sur la précision d’une mesure à l’échelle de Planck. En, effet, cette l’échelle
en est une qui revient souvent dans le cadre de la gravité quantique, simplement par le fait
que les équations qui mènent à une étude de ce secteur impliquent l’utilisation des constantes
fondamentales ~, G et c. Étant donné cette apparente échelle minimale, nous avons ensuite
abordé la théorie de la relativité doublement restreinte dans le but de voir et de comprendre
les implications d’une longueur minimale invariante de Lorentz et avons vu, notamment, une
déformation de l’algèbre ainsi qu’une modification des lois de conservation d’énergie et de
quantité de mouvement. Puis, nous nous sommes attaqués à une première théorie de la gravité
quantique, la gravitation quantique à boucles. Nous avons présenté ces principaux résultats,
notamment sa discrétisation de l’espace. En effet, nous avons vu que celle-ci possède certains
points positifs, mais son inaptitude à la vérification expérimentale est un facteur repoussant
pour plusieurs chercheurs.
Les principaux accomplissements de notre travail ayant été mentionnés, passons à une dis-
33
cussion entre les deux principaux opposants : la gravité quantique à boucles et la théorie
des cordes. En combinant relativité générale et mécanique quantique, la théorie quantique
à boucles obtient comme principal résultat une quantification de la géométrie de l’espace.
Quant à elle, la théorie des supercordes parvient à décrire la totalité des fermions et de bo-
sons, en démontrant que les cordes fermées de masse nulles surviennent dans les équations
d’Einstein d’après l’invariance conforme de Weyl. D’emblée, le plus grand enseignement de la
relativité générale est que la gravité se manifeste par une courbure de l’espace-temps. Ainsi,
une quantification de la géométrie impliquerait une quantification de la gravité, car, à une
échelle très petite, nous mesurions des grandeurs discrètes ce qui ferait en sorte que l’infor-
mation sur le champ gravitationnel viendrait en quanta.
Les interactions électromagnétiques se faisant par l’échange d’un photon virtuel et les inter-
actions faibles se faisant par l’échange de bosons de jauge, il devrait nécessairement avoir
une particule d’échange pour la force gravitationnelle ! C’est sur cette prémisse qu’est basée
la théorie des cordes en ce qui concerne la gravité quantique. Mathématiquement, la théorie
des cordes commence son développement en considérant une perturbation de la métrique
comme étant responsable de l’interaction gravitationnelle. C’est là que la prémisse des deux
théories se contredit. Pour la gravité quantique à boucles, c’est la métrique elle-même qui est
responsable de l’interaction gravitationnelle. En utilisant des objets unidimensionnels comme
excitation fondamentale à l’échelle de Planck, soit les boucles et les cordes, ces théories ont
un point en commun. Par contre, il existe bel et bien une différence entre ces entités : les
cordes sont des objets qui bougent dans l’espace alors que les boucles forment l’espace.
34
Références
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1001.1205, 2010. (En ligne ; consultée le 3 avril 2018).
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