Université de Blida 1
Institut d’Architecture et d’Urbanisme
COURS 02: PROGRAMMATION
URBAINE:TERRITORIALE-
VILLE-QUARTIER (PARTIE1:
L’ECHELLE TERRITORIALE)
PROGRAMMATION Dr. AOUISSI K. B.
ARCHITECTURALE ET URBAINE
Année universitaire:
(2023/2024)
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1/ LA PROGRAMMATION URBAINE
TERRITORIALE ET LA POLITIQUE DE LA VILLE:
Ce champ de programmation urbaine dépend souvent des grands enjeux des Etats qui interviennent
pour tracer et architecturer leurs politiques territoriales et régionales. La finalité de la
programmation territoriale est d’esquisser et analyser les politiques publiques à différentes échelles
depuis l’échelle de territoire, ainsi les scénarii possibles de développement dans tous les domaines
analysables notamment ceux stratégiques. Le rôle des acteurs de l’architecture de territoire est
primaire à savoir les experts, les décideurs, les élus, les habitants...
Nous allons donner quelques éléments de réponse tellement le sujet de la programmation est
énorme et étendu.
Les modes d’intervention à cette échelle :
En Algérie, il s’agit de : SNAT, SRAT, PAW, PDAU….
Cela ne signifie pas que la décentralisation n’est pas une programmation territoriale, c’est une
responsabilisation des agents publics pour développer leurs territoires en concertation avec
habitants. Par exemple : la loi 142 de 1990 relative à l’autonomie des collectivités
locales…pour la première fois les municipalités et les provinces étaient dotées des pouvoirs leur
permettant de voter leurs propres lois et définir leur organisation. La loi clarifiait par ailleurs le rôle
et les fonctions des communautés montagnardes et instituait des zones métropolitaines autour des
principaux pôles nationaux de centralisation urbaine- Turin, Milan, Venise, Gênes, Bologne, Florence,
Rome, Bari et Naples. Ces centres urbains se voyaient confier des fonctions liées à la programmation
territoriale et à l’animation de réseaux ainsi que des tâches relatives au développement économique
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A. La programmation territoriale en Algérie, enjeux, scénarii et PAT :
Ce champ est très élargi, on va parler de l’échelle territoriale et l’échelle de la ville.
1. L’échelle territoriale :
Le Schéma territorial prend en compte les enjeux suivants :
- La première doit être de répondre aux déséquilibres de localisation de la population et
des activités dans le territoire ;
- La seconde exigence est celle de la mise en attractivité des territoires ;
- La préservation et de la valorisation du capital naturel et culturel du pays.
Cette stratégie s’appuiera en particulier sur l’organisation des espaces de programmation
territoriale (EPT), sur l’émergence des pôles d'attractivité (PA), et sur la création des Zones
Intégrées de Développement Industriel (ZIDI) et des villes nouvelles à partir desquels seront
mis en œuvre les mécanismes qui permettront de diffuser la croissance sur l’ensemble du
territoire (SNAT, 2030).
Diagnostic Action
territorial programmatique
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Les six enjeux majeurs SNAT 2023
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La programmation territoriale propose des scénarii possibles selon les
enjeux majeurs de développement. En Algérie il y a 4 scénarii
possibles et réalisables voir le contexte d’évolution en cours sur notre
territoire. Un scénario a pour objectif de rendre le territoire équilibré
et durable et adapté à la concurrence internationale.
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Le scénario accepté est : EQUILIBRE TERRITORIAL ET COMPETITIVITE. L’objectif, à long terme, est de
concilier harmonieusement les deux impératifs de l’ aménagement du territoire : rétablir un équilibre durable
entre les grandes composantes du territoire national et adapter le territoire aux exigences de l’économie
contemporaine. Cette vision s’inscrit dans l’Option Hauts Plateaux, consistant en une double valorisation du
territoire, avec : la constitution de pôles d’équilibre assurant le développement des Hauts Plateaux et du Sud,
et la restructuration de la zone tellienne.
L’équilibre de territoire : L’équilibre entre le développement des activités humaines et la sauvegarde du
capital naturel et culturel est la condition d’un territoire durable. La mise en œuvre de cette orientation
s’appuie sur une gestion raisonnée, dans le long terme, des patrimoines naturels et culturels.
Cela signifie qu’on limite le développement dans les zones fragiles et vulnérables et qu’on le favorise dans les
zones moins sensibles. Il ne s’agit pas de freiner le littoral pour développer les Hauts Plateaux mais, d’une
part, de faire reposer le rééquilibrage sur l’intensité du développement des Hauts Plateaux et du Sud, et,
d’autre part, de restructurer la zone tellienne entre littoral, piémont et montagne. C’est dans cette même
perspective que doit être maintenu un équilibre entre l’urbain et le rural. Face à la menace des déséquilibres
accentués (exode rural, dépérissement des activités rurales, désertification naturelle et anthropique), s’impose
une politique de renouvellement rural, articulant mieux les espaces, les activités et les sociétés rurales et
urbaines. De cet équilibre dépend, notamment, l’équité sociale et territoriale, c’est-à-dire l’égalité des chances,
pour l’ensemble de la population, d’accéder à des conditions de vie satisfaisantes, à la formation, à la santé
et à l’emploi.
La compétitivité de territoire : L’ouverture internationale recommandée s’appuiera sur les pôles les plus
attractifs qui devront alors se doter de tous les équipements et services liés aux fonctions d’échanges
internationales.
Une stratégie s’appuie sur l’organisation des espaces de programmation territoriale et sur l'émergence des
Pôles d'Attractivité et des Zones Intégrées de Développement Industriel (ZIDI) à partir desquels seront mis en
œuvre les mécanismes qui permettront de diffuser la croissance sur l’ensemble du territoire.
Afin qu’aucun territoire ne soit marginalisé au niveau de son développement, une nouvelle politique
économique spatiale sera mise en place qui reposera sur trois axes : l’organisation des espaces de
programmation territoriale et leur mise en perspective pour les 20 ans à venir ; la diffusion de la croissance à
travers l’articulation du territoire dans le cadre des espaces de programmation territoriale et du plan
national ; et le développement endogène, c’est-à-dire le développement du territoire à partir de ses
ressources propres.
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Chaque PAT comporte des objectifs, une stratégie et un programme
d’action
Par exemple PAT 1 :
Objectifs :
§Protéger et valoriser la ressource en eau afin d’en assurer la
pérennité,
§Aménager le territoire en intégrant des usages de l’eau compatibles
avec la préservation et le renouvellement de la ressource,
§Satisfaire les besoins en eau pour les 20 ans à venir.
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Stratégies:
§Assurer la durabilité de la ressource en eau,
§Promouvoir des usages de l’eau plus durables et assurer l’équité de sa répartition
entre différents types d’usagers,
§Assurer une répartition équitable de l’eau entre les espaces et en faire un facteur
de rééquilibrage territorial,
§Assurer une économie de l’eau permettant la modération de la demande
Programme d’action:
§Une mobilisation accrue de la ressource : une distribution quotidienne de l’eau,
§Des transferts d’eau inter-territoriaux: une équité territoriale pour les transferts,
§L’amélioration de la qualité des eaux,
§Une équité dans les usages de l’eau,
§Un renouvellement du mode de gestion de l’eau : l’économie de l’eau
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LES 4 LIGNES DIRECTRICES ET LES VINGT PROGRAMMES D’ACTION TERRITORIALE
Quatre lignes directrices viennent structurer le SNAT et répondre aux enjeux du
développement du territoire national tels qu’ils ont été identifiés dans le diagnostic
puis déclinés en futurs possibles dans les différents scénarios :
La ligne directrice n° 1 : Vers un territoire durable (La première ligne directrice du
SNAT vise à bâtir un territoire durable, établissant ainsi un lien étroit entre
aménagement du territoire et durabilité et en faisant de celle-ci une préoccupation
préalable à toute intervention dans le domaine de l’aménagement.);
« Le développement durable du territoire national constitue une dimension orientant
l’ensemble des lignes directrices du SNAT. La ligne directrice « vers un territoire
durable » se décline en cinq Programmes d’Action Territoriale (PAT) :
PAT 1 : la durabilité de la ressource en eau3
PAT 2 : la conservation des sols et la lutte contre la désertification
PAT 3 : les écosystèmes
PAT 4 : les risques majeurs
PAT 5 : le patrimoine culturel
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La ligne directrice n° 2 : Créer les dynamiques du rééquilibrage territorial (Les objectifs
de la ligne directrice sont de lancer les dynamiques d’un nouvel équilibre entre la
frange littorale et les zones intérieures et de mettre en place un système urbain au
service du territoire. ;
PAT N° 6 : le freinage de la littoralisation et l’équilibrage du littoral
PAT N° 7 : L’Option Hauts Plateaux
PAT n° 8 : L’option développement du Sud
PAT n° 9 : La délocalisation des activités et la déconcentration administrative
PAT N°10 : un système urbain hiérarchisé et articulé
La ligne directrice n° 3 : Créer les conditions de l’attractivité et la compétitivité des
territoires (Le contexte économique global dans lequel s’inscrit l’Algérie est celui de la
mondialisation et de l’émergence d’une économie de la connaissance. Pour sa part,
l’Algérie est entrée depuis la fin des années 1980 dans une phase de transition
économique. Dans ce double contexte, le SNAT entend créer les conditions de la
compétitivité et de l’attractivité des territoires en affirmant leurs capacités à produire
et échanger selon les règles de l’économie moderne et à attirer les savoir-faire, les
technologies et les investissements étrangers (IDE), qui les accompagnent.
La ligne directrice «Créer les conditions de l’attractivité et de la compétitivité des
territoires» se décline en sept Programmes d’Action Territoriale :
PAT 11 : La modernisation et le maillage des infrastructures de travaux publics, de
transport, de logistique, de technologies de l'information et de la communication
PAT 12 : La mise à niveau et la modernisation des grandes villes
PAT 13 : Les Pôles d'Attractivité et les Zones Intégrées de Développement Industriel
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PAT 14 : Les Espaces de Programmation Territoriale (EPT)
PAT 15 : Le développement local
PAT 16 : L’ouverture à l’international
PAT 17 : Le Maghreb.
La ligne directrice n° 4 : Réaliser l’équité territoriale. (Les chances de vie des
individus sont restreintes par des facteurs complexes d’inégalité, il s’agit en
particulier :
- des disparités dans les domaines de la santé, l’éducation et le revenu qui existent
dans le pays, avec une ampleur variable.
- des inégalités liées à la richesse, au sexe et à la situation géographique qui
n’opèrent pas isolément
Ces inégalités de développement humain et social qui divergent risquent de
s’accentuer et créer ainsi des écarts entre les espaces. Cette différence peut être
exprimée sous forme de statistiques, mais derrière les chiffres se cachent la vie et les
espoirs de gens ordinaires).
La ligne directrice «Réaliser l’équité territoriale » se décline en trois Programmes
d’Action
Territoriale (PAT) :
PAT 18 : le renouvellement urbain et la politique de la ville
PAT 19 : le renouveau rural
PAT 20 : le rattrapage et la mise à niveau des zones à handicap.
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Ces Lignes Directrices sont mises en œuvre à la faveur de ces 20 Programmes
d’Action Territoriale « PAT ». Les Programmes d’Action Territoriale constituent des
programmes opérationnels. Leur ampleur, leur complexité ou leur caractère
transversal, en font des opérations de longue haleine, fédérant des acteurs variés et
multiples. Les lignes directrices ne constituent, toutefois, qu’une étape dans leur
élaboration. Elles ont ainsi vocation à servir de support et à être discutées et
déclinées de manière territoriale à l’échelle des espaces de programmation
territoriale par les autorités locales (les walis et les élus locaux) mais aussi de
manière sectorielle au niveau national par le Gouvernement.
Pyramide
hiérarchique de la
programmation
urbaine
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