DRC Implementation Plan
DRC Implementation Plan
PNLS
PNLT
Décembre 2018
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Table des matières
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III.2. STRATEGIES ET MECANISMES DE MISE EN ŒUVRE ................................................................. 44
III.2.1. Renforcer la collaboration entre les acteurs de prise en charge de la TB et du VIH : Modèle
collaboratif : ................................................................................................................................... 44
III.2.2. Intégrer les activités de la PEC de la TB et du VIH afin de traiter le patient TB/VIH : Modèle
Intégrateur : ................................................................................................................................... 45
III.3. DESCRIPTION DE CES DEUX MODELES DE G.U. ET LEUR FONCTIONNEMENT ......................... 46
III.3.1. LES MODELES COLLABORATIFS ........................................................................................ 46
III.3.1.1. PORTE TB : ................................................................................................................... 46
III.3.1.2. PORTE VIH : ASSURER LE DEPISTAGE PRECOCE DE LA TB CHEZ LES PVVIH............ 48
DANS LES SERVICES DE PRISE EN CHARGE DU VIH ................................................................ 48
III.3.2. LE MODELE INTEGRATEUR OU SERVICES INTEGRES VIH/TB ............................................ 51
III.3.2.1. Introduction ................................................................................................................... 51
III.3.2.2. Paquet d’activités .......................................................................................................... 52
III.3.2.3. Circuit du Patient ........................................................................................................... 52
III.3.2.4. Avantages et inconvénients des services intégrés et non intégrés en matière de TB/VIH
.................................................................................................................................................. 53
III.3.3. CONTINUITE DES SOINS DANS LE MODELE GUICHET UNIQUE .......................................... 54
III.3.3.1. Modèle intégrateur :....................................................................................................... 54
III.3.3.2. Modèle collaboratif : ...................................................................................................... 54
III.4. CONSIDERATIONS A PRENDRE EN COMPTE DANS LE GUICHET UNIQUE................................. 57
ANNEXES ......................................................................................................................................... 58
ANNEXE A1. CO-INFECTION TB/VIH: politique de lutte concertée (OMS 2018) ................................... 58
ANNEXE A2. Fiches sur les critères de sélection des Fosa pour en faire des G.U............................... 59
ANNEXE A3. Procédures de priorisation des Fosa et des ZS dans la cadre du plan
d’opérationnalisation des SD et GU au niveau provincial.................................................................... 63
ANNEXE A4. Fiche d’évaluation initiale des G.U. sélectionnés ........................................................... 70
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .................................................................................. 75
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SIGLES ET ACRONYMES
ARV Antirétroviral
CDV Conseil et Dépistage du VIH/Sida
CSDT Centre de Santé de Dépistage et de Traitement de la Tuberculose
CST Centre de Santé de Traitement de la Tuberculose
CSU Couverture Sanitaire Universelle
CTX Cotrimoxazole
CV Charge Virale
DCIP Dépistage Conseil Initié par le Prestataire
DCP Distributeur Communautaire Polyvalent
DPN Diagnostic Précoce du Nourrisson
DOTS Directly Observed Treatment, Short Course
EDS Etude Démographique de Santé
EID Early Infant Diagnosis
EIM Effets Indésirables des Médicaments
FM Fonds Mondial
FOSA Formation Sanitaire
GCT Groupe Communautaire TARV
HGR Hôpital Général de Référence
HPV Human Papilloma Virus
IMC Indice de Masse Corporelle
IO / AO Infections Opportunistes / Affections Opportunistes
IRIS Syndrome Inflammatoire de Reconstitution Immunitaire
IST Infections Sexuellement Transmissibles
OAC Organisation d’Assise Communautaire
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONUSIDA Programme commun des nations Unies sur le VIH/Sida
PB Périmètre Brachial
PCR (HIV DNA PCR) Polymerase Chain Reaction for the Diagnosis of HIV infection in exposed infants
PEC Prise En Charge
PEP Prophylaxie Post Exposition
PNDS Plan National de Développement Sanitaire
PNLS Programme National de Lutte contre le Sida et les IST
PNLT Programme National de Lutte contre la Tuberculose
PTME Prévention de la Transmission de la Mère à l’Enfant du VIH/Sida
PODI Point de Distribution des ARV
PrEP Prophylaxie Pré Exposition
PVVIH Personnes Vivant avec le VIH/SIDA
RDC République Démocratique du Congo
RECO Relais communautaire
Sida Syndrome d’Immunodéficience Acquise
SMNE Santé de la Mère du Nouveau-né et de l’Enfant
TasP Traitement comme prévention
TAR / TARV Traitement Anti Rétroviral
TB / TBC Tuberculose
TB-MR Tuberculose Multi-Résistante
TB-PR Tuberculose Pharmaco-Résistante
TPI Traitement Prophylactique à l’INH
VIH Virus de l’Immunodéficience Humaine
ZS Zone de Santé
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PREFACE
La pandémie du VIH/sida constitue un énorme défi pour la lutte contre la tuberculose dans le monde et
particulièrement dans la Région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre où la tuberculose est aussi l’une des
causes de morbidité les plus fréquentes et l’une des principales causes de mortalité chez les PVVIH.
En 2016 dans le monde, selon Global report, environ 40% des décès parmi les PVVIH ont été dus à la
tuberculose. On estime qu’il y a eu 10% de nouveaux cas de tuberculose chez des séropositifs pour le
VIH, dont 74% vivaient en Afrique.
Pour atteindre l’objectif mondial d’élimination de l’épidémie du sida d’ici 2030, des cibles intermédiaires
ont été fixées au niveau de l’ONUSIDA, à savoir les triple « 90 », pour un jalon 2020. Concernant la
tuberculose, l’OMS préconise la Stratégie « Mettre fin à la TB » d’ici 2035 avec des cibles intermédiaires
à savoir le triple « 90 » pour un jalon 2025.
La RDC est classée parmi les 30 pays avec forte charge de la Tuberculose, la coïnfection VIH/TB et de
la TB-MR. En 2017, la séropositivité du VIH chez les patients tuberculeux était estimée à 12% et celle
de la TB chez les PVVIH était à 10% (rapports annuels 2017 PNLS et PNLT).
L’OMS et l’ONUSIDA recommandent la synergie d’actions entre les deux programmes sur la coïnfection
TB-VIH dans le but ultime de maximiser l'impact des ressources disponibles pour leur utilisation efficiente
tant au plan local, national, régional que mondial et d’améliorer globalement les résultats de la lutte grâce
à une politique sanitaire appropriée au travers le renforcement des systèmes de santé et des systèmes
communautaires.
Actuellement les 2 programmes de lutte contre le VIH (PNLS) et la TB (PNLT) sont très loin d’atteindre
ces cibles pour diverses raisons, notamment à cause des ressources financières et humaines qui restent
limitées, l’absence des politiques audacieuses et d’innovation au niveau des services de santé (modèles
indifférenciés), l’insuffisance d’implication de la communauté dans la lutte, etc.
Pour espérer atteindre ces cibles aux échéances fixées, dans un contexte où les ressources deviennent
très limitées, il nous faudrait, non seulement prodiguer des services de prévention et des soins dans le
cadre sanitaire universelle, mais aussi et surtout des modèles différenciés, centrés sur le patient tout en
prenant en compte les prestataires appelés à assurer les services et soins de qualité, les aspects
multisectoriels et selon différents contextes, ainsi qu’une plus grande dynamique communautaire.
Dans la lutte contre la coïnfection VIH/TB, le modèle différencié choisi comme cadre approprié pour
rendre disponibles les services de soins aux patients dans le besoin, de manière efficace et efficiente,
est le Guichet Unique (One Stop Shop).
Tous les niveaux de la pyramide sanitaire doivent prioriser dans leurs interventions la promotion des
modèles différenciés en partant de la prévention, dépistage, prise en charge et traitement, ainsi que le
suivi des patients spécifiques tels que les Co-infectés VIH/TB afin d’atteindre les objectifs et cibles aussi
bien du VIH (2030) que de la TB (2035).
Le présent Manuel de deux Programmes vient donc à point nommé, avec le mérite de combler les
lacunes que les stratégies nationales actuelles n’ont pas incluses, sur la prévention, le dépistage et les
soins et traitement.
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AVANT-PROPOS ET REMERCIEMENTS
Conformément à la mise en œuvre de leurs Plans stratégiques sectoriels nationaux 2018-2020, dont l’un
de grands objectifs est de contribuer à l’atteinte des cibles mondiales de lutte contre le VIH/Sida telles
que définies par l’ODD pour mettre fin à l’épidémie du sida en 2030 et par l’OMS « Mettre fin à la TB »
en 2035, les Programmes Nationaux de lutte contre le VIH/Sida & IST (PNLS) et de lutte contre la
tuberculose (PNLT) ont décidé d’élaborer un Manuel d’opérationnalisation des modèles différenciés et
du Guichet Unique VIH/TB.
Afin de booster largement les performances et les résultats de la lutte contre le VIH, la TB et la coïnfection
VIH/TB, ce manuel se veut être très pratique et centre ses priorités sur les aspects et domaines suivants :
- Réponse orientée en fonction des épidémies du VIH et de la Tuberculose ;
- Dépistage ciblé des groupes à haut risque tant pour le VIH que pour la tuberculose ;
- Décentralisation des soins avec une plus grande implication de la communauté ;
- Organisation des modèles différenciés et du Guichet Unique pour lutter efficacement contre la
coïnfection VIH/TB ;
- Amélioration du suivi biologique tant pour le VIH que pour la TB (bilans initiaux et de suivi) ;
- Optimisation de suivi des patients : Tier.Net ;
- Production de l’information stratégique de qualité (DHIS2).
Le choix à opérer sur les stratégies de mise en place des modèles différenciés doit être guidé par une
analyse de la situation locale des données en répondant aux questions telles que : Quand ? Où ? Qui ?
Quoi ?
Des modèles de prestation de services différenciés sont mis en place pour répondre à des défis
spécifiques et priorisés afin de combler les lacunes dans la réalisation des objectifs 90-90-90.
La mise en place des modèles différenciés est orientée en RDC par la priorisation des provinces, des
ZS, des FOSA, des services et des catégories des patients.
Les Programmes Nationaux de lutte contre le VIH/Sida & les IST (PNLS) et de lutte contre la tuberculose
(PNLT) expriment leur profonde gratitude à Expertise France à travers l’Initiative 5% et au Fonds
Mondial pour le financement de la mission de consultance, au panel d’experts VIH et tuberculose, aux
partenaires et acteurs de terrain qui ont contribué à l’élaboration et la finalisation du présent Manuel
avec toutes ses annexes. Il s’agit de :
Pour la conception et la finalisation du document :
- Des Consultants chargés de cette mission : Dr Faustin Kitetele pour le PNLS et Dr Pamphile
Lubamba Ngimbi pour le PNLT,
- Les Points focaux de la lutte contre la coïnfection TB-VIH : Dr Patricia Nyembo et Dr Richard Ingwe
Chuy (Modèles différenciés) pour le PNLS ; Dr Jean Judier Diala pour le PNLT ;
- Autres Experts du PNLS : Dr Placide Welo, Dr Théodore Assani, Dr Roger Ngantsui, Dr Constantin
Mingina, Dr Florent Ekili, Dr Elie Twite, Dr François Mpanga, Dr Tharcisse Ipan, Dr Darius Makela,
Biol Jean Paul Kashongwe ;
- Autres Experts du PNLT : Dr Joseph Muhima, Dr Teto Fondacaro, Dr Mamie Shoma, Dr Etienne
Bahati, Dr Jean Pierre Malemba, Dr Colette Kinkela, Dr Grace Bolie, Biol Maxime Azangi, Biol
Rossin Lebeke.
- Les partenaires : Dr Henriette Sefu, Dr Pulchérie …, Bonard, Dr Matthieu …,
Pour la revue et les commentaires : Fadiga et Miriam du FM, Dr Etienne MPOY de l’OMS/RDC ;
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Pour la coordination : Dr Michel KASWA, Directeur du PNLT et Dr Luc Ferdinand KAMANGA LUKUSA
Directeur du PNLS.
Enfin, nos remerciements s’adressent à tous les experts et partenaires qui ont contribué, d’une manière
ou d’une autre, à l’élaboration et la validation de ce manuel.
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INTRODUCTION
Avec la mise en œuvre des modèles différenciées des services et des soins ainsi que du Guichet unique
TB/VIH, le PNLS et le PNLT veulent résolument améliorer les performances et les résultats dans l’atteinte
des objectifs « Triple 90 » concernant les 2 endémies, au niveau de l’offre des services de dépistage du
VIH et de la TB, du renouvellement des médicaments (ARV, Antituberculeux, CTX et INH), de l’offre de
la charge virale, CD4 et des bilans biologiques et para cliniques TB, du suivi individuel des patients en
traitement et de la production de l’information stratégique de qualité indispensable à la prise de décision.
3. Le développement du Guichet uniques des services TB-VIH ou le One Stop Shop for TB/HIV services.
Ce manuel, est essentiellement destiné aux prestataires de services du niveau opérationnel. Cependant,
il reste aussi utile aux cadres nationaux et provinciaux et des Zones de Santé dans le cadre de la lutte
contre le VIH et la tuberculose. Tous les acteurs sont donc encouragés à s’approprier et à mettre en
pratique les différentes stratégies qui y sont développées.
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Section I. GENERALITES ET CONTEXTE
D’après l’ONUSIDA et l’OMS, malgré des progrès toujours plus importants, certains services de santé
vitaux ne sont pas encore accessibles à toutes les personnes qui en ont besoin. Les données collectées
à l’échelle mondiale ou régionale permettent de dresser un tableau général de l’épidémie du VIH, mais
elles masquent la diversité des épidémies et des populations touchées aux niveaux national, provincial
et périphérique.
Cela vaut également pour la tuberculose, car la Stratégie mondiale « Mettre fin à la Tuberculose »
appelle les acteurs de la lutte contre la maladie à trouver de nouveaux moyens pour atteindre les
populations les plus vulnérables et les plus marginalisées.
Les anciens modèles de soins, en milieu hospitalier, ont abouti à des prises en charge indifférenciées ne
correspondant pas aux besoins particuliers des individus, et n’ont souvent pas pris ces facteurs
suffisamment en compte. Cependant, certains sites ont mis au point des méthodes prometteuses visant
à optimiser la prestation des services et à adapter la prise en charge aux besoins et aux contraintes des
patients.
Cette adaptation a contribué à améliorer la santé des patients ainsi que la couverture et la qualité des
services, tout en optimisant l’utilisation des ressources.
Sur le plan mondial, le chemin pour mettre fin à l’épidémie du sida en 2030, a été défini par l’atteinte d’ici
2020 des objectifs suivants : les trois « 90 » (90% des PVVIH qui connaissent leur statut sérologique,
90% des PVVIH sous ARV, 90% des PVVIH sous ARV qui ont leur charge virale supprimée/indétectable) ;
la réduction de la transmission de la mère à l’enfant ; la réduction de la mortalité d’au moins 80% ; la
réduction de nouvelles infections d’au moins 75%.
La RDC est confrontée à une épidémie du VIH de type généralisé avec une prévalence moyenne de 1,2%
dans la population générale de 15 à 49 ans (EDS 2013-2014) et 2,77% chez les femmes enceintes de
15-49 ans (Rapport de la surveillance épidémiologique 2017).
Par rapport aux objectifs mondiaux, le pays a encore du chemin à parcourir quand on voit les derniers
résultats de 2017 : 46% des PVVIH qui connaissent leur statut sérologique, 41% des PVVIH sous ARV
et seulement 8% qui ont eu la charge virale indétectable.
Quant à la TB, la RD Congo figure parmi les 30 pays les plus atteints de la tuberculose dans le monde,
et selon le Rapport mondial de la tuberculose 2016, elle occupe le 9ème rang mondial et le 2ème rang en
Afrique, pour la TB sensible, le 8ème rang en Afrique pour la coïnfection TB-VIH, et la 14ème place
mondiale pour la TB-PR. [Global Report 2016]. Pour la TB, l’OMS estime une incidence de 324 cas pour
100.000 habitants (Global Report TB 2016). En 2017, le PNLT/RD Congo a notifié un total de 151.832
cas de tuberculose toutes formes ; le succès thérapeutique pour la cohorte des patients TB notifiés en
2016 était de 89%, tandis que la détection de la TB-PR n’a été que de 12% environ (Rapport annuel
PNLT 2017).
Il a été constaté, au cours de cette décennie un gap d’environ 50% des cas de TB qui n’ont pas été
dépistés.
Parmi les cibles fixées dans la stratégie pour mettre fin à la tuberculose figurent notamment une réduction
de 90 % du nombre de décès imputables à cette maladie et une réduction de 80 % de l’incidence de la
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tuberculose (nouveaux cas et rechutes par an), d’ici à 2030, par rapport à 2015. Pour les atteindre, il
faudra prodiguer des services de soins et de prévention dans le cadre plus général de la couverture
sanitaire universelle, engager une action multisectorielle face aux déterminants socioéconomiques de la
tuberculose et à ses conséquences, et réaliser d’ici à 2025 des avancées technologiques permettant de
faire reculer les taux d’incidence plus rapidement que par le passé.
Les données consolidées par les deux programmes (PNLS et PNLT) de l’année 2017 indiquent qu’il y a
encore des lacunes par rapport aux indicateurs de performances par les portes d’entrée VIH et TB. En
effet, il découle de ces données qu’environ 40% des personnes atteintes de la tuberculose ne sont pas
testés au VIH et que 21% des cas Co-infectés n’ont pas accès aux antirétroviraux. De même, la
recherche active de la tuberculose a été faite seulement chez 33% des malades si on considère la
cohorte totale, et que 71 % seulement des PVVIH chez qui la tuberculose a été exclue ont reçu un
traitement préventif à l’isoniazide.
Afin de répondre à ces faiblesses, le PNLT et PNLS ont décidé de mettre en œuvre deux stratégies, à
savoir le « guichet unique » et la « stratégie des modèles différenciés ».
Il est important de garder à l’esprit que ces approches ne nécessitent ni changement d’orientation,
ni ressources supplémentaires importantes, dans la mesure où elles ne sont que des adaptations de
ce qui est déjà mis en œuvre au niveau d’un site.
Si ces méthodes sont mises en œuvre à grande échelle, leur impact potentiel est considérable. Pour
l’instant, leur application est limitée, mais le passage d’une approche fondée sur la couverture à une
démarche axée sur l’optimisation des ressources devrait permettre aux pays et aux établissements
concernés d’atteindre de meilleurs résultats et, en fin de compte, de toucher une population plus
importante avec des ressources identiques.
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Section II. DEVELOPPEMENT DE MODELES DIFFERENCIES
DES SERVICES VIH ET TUBERCULOSE
Le Cadre décisionnel utilise un plan d’évaluation en 5 orientations stratégiques : qui incorporent les
composantes de base et les éléments de prise en charge différenciée en vue d’aider les gestionnaires
de programmes à déterminer les changements à apporter à leurs services de prestation.
Ces changements doivent porter sur :
- La fréquence et les lieux dans lesquels les services sont fournis ;
- Les personnes qui fournissent le service ;
- L’adaptation continue des services en fonction des besoins médicaux changeant du client, des
sous-populations et des facteurs contextuels.
L’application systématique de ces étapes permettra d’adopter une approche de la prestation axée sur
les clients/patients.
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Figure 1 : Orientations stratégiques pour le cadre décisionnel
La figure 2 ci-dessous visualise la Chaîne des services liés au VIH et la cascade de la prise en charge
12
- L’initiation du traitement
- La rétention
- La suppression virale.
- Les soins chroniques
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II.2. OFFRE DES MODELES DIFFERENCIES DE SERVICES
Quant à la Tuberculose, pour espérer faire baisser de 90 % le nombre de nouveaux cas de tuberculose
entre 2015 et 2035, il faudrait d’abord détecter au moins 90% des cas dans la population et rechercher
la TB chez 90% des populations spéciales (vulnérables ou à haut risque). Le taux de détection en 2017
atteint à peine la barre de 50%, parce qu’il y a de nombreux cas qui ne sont pas dépistés ou des cas
manquants.
Des approches différenciées sont donc à mettre en œuvre pour innover et intensifier ce dépistage afin
de rechercher ces cas manquants.
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changements de comportement) et biomédicales (qui visent à promouvoir l’utilisation des instruments
médicaux pour limiter la transmission du VIH).
1.1.1 Activités de la prévention combinée :
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1.1.2 Préventions combinées dans le contexte des cas spécifiques et le milieu à haute prévalence
c) Prévention combinée du VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des
hommes
L’objectif est de permettre l’accès à 90% à des services de prévention adaptée. Ci-dessous 6 services
clés de prévention chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) :
1. Offre de dépistage et des traitements ARV (TaSP, PrEP et PEP) à la population en fonction
des besoins
2. Offre du diagnostic et traitement optimal des IST
3. Intensification de la promotion du programme des préservatifs et lubrifiants
4. Intensification de la pratique de l’approche améliorée de la sensibilisation par les pairs (EPOA)
5. Intensification du plaidoyer sur la législation allégeant la pression communautaire à l’endroit
des HSH
6. Prise en compte dans la législation des lois et des droits des HSH.
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d) Prévention combinée du VIH chez les utilisateurs de drogues injectables
L’objectif est de permettre l’accès à 90% à des services de prévention adaptée. Ci-dessous 6 services
clés de prévention chez les utilisateurs de drogues injectables (UDI) :
1. Offre de dépistage et des traitements ARV (TaSP, PrEP et PEP) à la population en fonction
des besoins
2. Intensification de la promotion du programme des préservatifs et lubrifiants
3. Promotion des programmes d’échange des aiguilles et seringues autobloquants
4. Promotion de la thérapie de substitution aux opiacés
5. Offre du diagnostic et de traitement optimal des hépatites, des IST et de la tuberculose)
6. Intensification du plaidoyer sur la législation allégeant la pression communautaire à l’endroit
des UDI
1.2.2 Dans les FOSA et autres structures des soins : l’application des mesures sur le contrôle de
l’infection pour éviter la propagation de la maladie chez les personnels soignants, les autres
patients et les personnes qui fréquentent ces FOSA.
Mesures administratives :
Comité ou groupe responsable
Guide ou recueil des mesures à appliquer dans la FOSA
Suivi et évaluation périodiques
Note administrative formelle du screening au moins une fois l’an de la TB et dépistage du VIH
chez le personnel soignant.
Mesures environnementales :
Disposition des locaux de consultation en faisant attention à la circulation des courants d’air
principaux, boxes, pièces et salles d’attente bien aérées
Prise en consultation rapide et prioritaire des éventuels tousseurs dans les salles d’attente, etc.
Appliquer des espaces différenciés ou des horaires différenciés pour les patients TB, VIH et
TB/VIH
Gestion des déchets médicaux (poubelle appropriée en fonction de type des déchets et
utilisation des incinérateurs à la température adaptée).
Application des mesures de protection individuelle
Sensibilisation et promotion des mesures d’hygiène de la toux (usage des papiers mouchoirs,
couvrir le nez et la bouche avec le creux du coude au lieu de la main lors de la toux, lavage
régulier des mains et jeter dans les poubelles tout outil utilisé pour se moucher)
Intensification du respect de port des respirateurs (prestataires) ou des masques (patients) lors
de la prestation
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Promotion de la communication pour le changement de comportement dans la communauté,
particulièrement sur le dépistage et traitement précoce, l’observance du traitement, etc.
1.2.3 La vaccination des nourrissons au BCG : protection contre les formes graves de la TB
(méningite, miliaire, …)
1.2.5 Le dépistage et traitement précoces de tous les cas TB afin de couper la chaîne de
contamination.
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Figure 3 : Lieu et mode de dépistage ciblé du VIH et de la TB
La pratique du dépistage ciblé est orientée par la triade qui prend en compte l’analyse des données pour
identifier le milieu à haute prévalence du VIH et de la TB, l’identification des facteurs de risque chez les
groupes cibles et la recherche des signes évocateurs du VIH et TB comme décrits ci-dessous :
a. L’analyse des données
Dans les FOSA, les prestataires auront régulièrement à :
- Connaître le nombre des nouveaux cas VIH et TB enrôlés dans les services
- Comprendre le milieu de provenance de ces nouveaux cas
- Identifier le milieu d’où la plupart des nouveaux cas proviennent
- Comprendre les facteurs de risque de ce milieu
- Dresser les interventions ciblées en stratégie avancée ou mobile
L’implication de la communauté est très importante pour avoir également toutes les informations sur
les présumés qui sont en dehors des Fosa
b. L’identification des facteurs de risques chez les groupes cibles (PS, HSH, UDI et les
populations spécifiques)
L’opérationnalisation de la stratégie EPOA ou la sensibilisation régulière dans les points névralgiques
(points chauds et couloirs stratégiques) en utilisant les pairs, demandent chaque fois d’identifier les
facteurs de risque associés au VIH avant de proposer le test, à savoir :
- Connaissance du statut sérologique par le client
- Notion des relations sexuelles non protégées au cours des 3 ou 6 derniers mois
- Notion des relations sexuelles avec échange de l’argent ou de bien au cours du 3 ou 6 derniers
mois
- Notion des relations sexuelles anales non protégées au cours des 3 ou 6 derniers mois
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- Notion d’injection des drogues au cours des 3 ou 6 derniers mois
- Notion de consommation des drogues à usage récréatif au cours des 3 ou 6 derniers mois
Les éléments pouvant classer les clients (population clés, spécifiques et autres) par catégorie de priorité
sont :
- Dernier dépistage du VIH remontant à 6 mois, EPOA :
- Connaissance du statut par le client, Si le client est
C’est une approche qui utilise les réseaux de chaine de
VIH+, demander s’il est sous ARV référence pour atteindre les membres des populations clés
- Lorsqu’il y a notion de rapport sexuel en échange inaccessibles avec les méthodes normales de
d’argent ou d’un autre bien, poser la question sur sensibilisation, elle est animée par :
le nombre de partenaires sexuels au cours du mois Le Pair éducateur : contacte les membres des
précédent populations clés et les invite à faire le dépistage
- Lorsqu’il y a notion d’injection des drogues, du VIH et à devenir des pairs mobilisateurs
demander si le client a utilisé la même aiguille que Les pairs mobilisateurs : contactent les membres
d’autres UDI de populations clés de leurs réseaux et les incite
à faire le dépistage du VIH ou à s’inscrire au
- Identification des symptômes d’une IST active
TARV en cas de VIH+
NB : le client qui va répondre « oui » à une seule Pairs : sont des membres des populations clés
incités à se faire dépister du VIH par les pairs
question sera considéré comme prioritaire et le
éducateurs ou mobilisateurs
dépistage du VIH lui sera offert. Pair navigateur : facilite le lien des populations
clés dépistées VIH vers le TARV et améliore la
rétention aux soins
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Porte TB :
Présumé TB
Sujet contact de tuberculeux d’un cas index (vivre dans une même maison avec un tuberculeux à
bacilloscopie positive pendant 3 mois)
Les enfants et nourrissons né des mères tuberculeuses
Les enfants de moins de 5 ans vivant sous le même toit avec un cas TB+.
Concernant plus spécifiquement le dépistage différencié dans la Tuberculose, la préoccupation
majeure reste de rechercher les cas manquants TB qui constituent l’énorme gap dans le dépistage.
Ceci nécessite d’utiliser des approches différenciées innovantes afin de les dépister.
Le diagramme de « l’oignon » ci-dessous (figure 4) reprend les grands groupes des cas manquants selon
l’information stratégique disponible :
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l’investigation des contacts, la préparation des activités spéciales de dépistage actif avec les
équipes mobiles, etc.
Les services de santé doivent accompagner la communauté dans la lutte (formations, briefing,
suivi et encadrement, etc.), et établir des liens de collaboration avec les services communautaires
(référence, Bilo, etc.).
Lieux à risque de TB où rechercher les présumés :
Le dépistage devra être ciblé dans les groupes des populations à risque TB ci-dessous pour avoir de
l’impact (rendement avec un apport significatif des cas TB).
- Sujets contacts des cas tuberculeux (index) - Eglises qui gardent des fidèles pour des séances
- PVVIH de prière de plusieurs jours (concentration des
- Mères et enfants (SMNE) fidèles, parfois malades…)
- Prisonniers - Les lieux de travail
- Malades souffrant de diabète - Ecoles et internats
- Mineurs (industriels et creuseurs artisanaux) - Populations transfrontalières
- Déplacés/refugiés - Populations riveraines
- Personnel soignant - Utilisateurs de drogues et les fumeurs
- Autochtones - Populations marginalisées (les pygmées) - Professionnelles de sexe
- Services de récupération nutritionnelle - Milieux universitaires
- Militaires et les policiers - Enfants de la rue/orphelinats
- etc.
22
CHAP. 2 : PRISE EN CHARGE MEDICALE ET THERAPEUTIQUE DIFFERENCIEE
2.1 INTRODUCTION
Ce chapitre met l’accent sur des méthodes efficaces de prise en charge différenciée du VIH et de la TB.
Il a pour but d’aider les responsables des sites à concevoir et à mettre en œuvre des modèles de
prestation de services adaptés aux besoins des patients et aux contraintes des prestataires. Chaque
approche vise à améliorer l’efficacité des services en répondant aux besoins spécifiques des patients et
en réduisant les obstacles qui les empêchent d’accéder aux soins.
2.2 OBJECTIF
Améliorer l’efficacité des services en répondant aux besoins spécifiques des patients et en réduisant les
obstacles qui les empêchent d’accéder aux soins.
23
- Déterminer les caractéristiques cliniques des
patients pour le VIH (patient en bon état de santé
apparente, patient stable, patient instable, patients au
stade avancé du sida, …) et pour la TB (état général du
patient, type de TB, patient en échec ou succès
thérapeutique,)
Etape 3. Définition du patient bénéficiaire d'une
prestation différenciée des ARV et Antituberculeux - Définir le contexte (milieu urbain ou rural et présence ou
non des situations humanitaires) ;
- Déterminer les aspects genre, âge ("enfant, adolescent
et adulte"), sexe ("masculin ou féminin), pour les
situations de «grossesse » et populations clés (‘’HSH,
PS, UDI" ou spécifiques) ;
Etape 4. Construction d’un modèle de prestation - Construire des modèles différenciés en fonction du
différenciée ARV et Antituberculeux contexte de l’établissement de soins et des modèles
retenus par le pays :
o PODI
o Club d'observance
o GCT
o Circuit rapide ou l’espacement de rendez-vous
o Implémentation d'une unité de mise au point
rapide
o Horaires différenciés
o Rendez-vous de suivi clinique et suivi
biologique par les prestataires
o Les TDO
o Mesure de contrôle de l’infection dans
l’établissement de soins
o Recherche active des cas contacts des
tuberculeux et PVVIH
- Définir les critères (cliniques et para cliniques)
d’éligibilité des patients et des procédures d’orientation
de ces derniers dans les modèles de prestations
différenciées
- Définir le moment où les conditions de réorientation des
patients affectés dans les modèles différenciés auprès
Etape 5. La mise en œuvre du choix du modèle de des professionnels de santé.
prestation différenciée
- Former/recycler les parties prenantes dans les modèles
des prestations différenciées
- S’assurer de la disponibilité des médicaments et des
autres intrants de lutte contre le VIH et la tuberculose
- Identifier l’espace/infrastructure où seront organisés les
services choisis
24
- Assurer de l’existence d’une motivation et des frais de
fonctionnement pour principalement la mise en œuvre
de PODI
Mesurer les interventions mise en place :
- S’il n’y a pas d'amélioration, recadrer les choses par
l'innovation
Etape 6. Autre adaptation (innovation)
- S’il y a amélioration (rétention, suppression de la charge
virale, succès thérapeutique,…) maintenir les actions et
partager l'expérience.
La pratique des différents modèles différenciés énumérés ci-dessus retenus par les deux programmes
est annoncée dans la partie suivante.
25
Rappel sur la catégorisation des patients
Type de Caractéristique
Définition Lieu de PEC RDV clinique
malade clinique
- 14 jours
En bon état de
FOSA (12 mois) - 1M/6M
santé apparente
- 3M/12M
- En
ambulatoire
Tout patient dépisté VIH+
Patient
et qui n’a jamais pris - Si stade
naïf
d’ARV dans sa vie avancé :
Avec une infection
Unité de mise au hospitalisation
à VIH au stade
point rapide jusqu’à la
avancé ou pas
stabilisation
- 1M/6M
- 3M/12M
- 14 jours
En Bon état de
FOSA (12 mois) - 1M/6M
santé apparente
Tout patient ayant soit : - 3M/12M
- abandonné les TARV ou
- En
- changé de FOSA de suivi
ambulatoire
où il est connu.
Patient
faux-naïf - Si stade
Il revient dans le circuit du avancé :
Avec une infection
système en refusant de Unité de mise au hospitalisation
à VIH au stade
révéler aux prestataires point rapide jusqu’à la
avancé ou pas
qu’il a déjà été sous TARV stabilisation
- 1M/6M
- 3M/12M
Dans un modèle
différencié (FOSA - Chaque 6 à
Stable
Patient Tout patient déjà sous ou 12 mois
non naïf ARV communautaire)
Suivi bihebdomadaire
Instable FOSA
ou mensuel
26
2.4.3 Description par le niveau national des différents modèles opérationnalisés :
27
c) Opérationnalisation de PODI
DEFINITION PAQUET D’INTERVENTIONS
Le PODI est un poste de distribution Principal :
communautaire des médicaments (ARV et CTX)
- Renouvellement d’ARV et CTX (3 mois)
- Screening des signes de danger
- Screening TB et prise de poids
- Gestion de l’échéancier des patients
- Tracking des présumés perdus de vue
- Orientation des patients chaque année dans
la structure pour le suivi clinique et
biologique
- Orientation sans délai pour chaque problème
clinique
- Soutien à l’observance
Complémentaire :
- Dépistage (famille, index testing et en
situation de présence de signe d’orientation)
- Soutien psycho-socio-éducationnel
ANIMATEUR CIBLE
Il est animé par des personnes vivant avec le Patient stable.
VIH et toutes sont polyvalentes :
Définition d’un patient stable :
- Superviseur : assure la supervision et le lien
- Adhère et est observant au traitement attesté
entre le PODI et le système de santé
par la CV et/ou la stabilité clinique
- DCP : distribue les médicaments et évalue
- Absence des IOs dans 3 derniers mois
les difficultés socio-familiales des patients
- Si c’est une femme, elle ne doit pas être
- ACP : accueille les PVVIH, les met en
enceinte
confiance, ouvre le dossier et gère
l’échéancier des patients - Avoir au moins 15 ans
- Conseillère : offre le dépistage et réfère les - Absence d’effet indésirable
cas positifs dans les FOSA - Bon état nutritionnel (IMC > 16)
- Deux gardiens : assurent la sécurité et le Le PODI s’opérationnalise dans le milieu Urbain
contrôle des acteurs et des biens
- Encodeur : encode les données de PODI
28
d) Opérationnalisation du Club d’observance
DEFINITION PAQUET D’INTERVENTIONS
C’est un groupe de tout au plus 25 patients - Renouvellement d’ARV et CTX (3 mois) en
stables qui se choisissent un responsable qui fonction des colisages effectués par les
aura pour rôle d’approvisionner ses pairs après prestataires
une réunion de soutien. - Soutien psycho-socio-éducationnel
- Prise de poids
- Orientation des patients chaque semestre
dans la structure pour le suivi clinique et
biologique
- Orientation sans délai pour chaque problème
clinique
- Cracking des présumés perdus de vue
- Soutien à l’observance
ANIMATEUR CIBLE
Un responsable PVVIH choisi par le membre du Patient stable (cfr. PODI) dans un milieu urbain
groupe
e) Opérationnalisation du GCT
DEFINITION PAQUET D’INTERVENTIONS
C’est un groupe d’au moins 6 patients - Renouvellement ARV et CTX (mensuel)
cliniquement stables qui renouvellent à tour de - Soutien à l’observance
rôle les ordonnances des pairs du groupe dans
une FOSA de la localité - Prise de poids
- Orientation des patients chaque semestre
dans la structure pour le suivi clinique et
biologique
- Orientation sans délai pour chaque problème
clinique
- Tracking des présumés perdus de vue
ANIMATEUR CIBLE
Les membres du groupe Patients cliniquement stables dans un milieu
rural
29
f) Opérationnalisation de recherche des signes de dangers
DEFINITION PAQUET D’INTERVENTIONS
Symptômes ou signes qui menacent la vie des - Mesure des paramètres vitaux (TA, FC, FR,
patients température et SAO2)
- Recherche des signes de déshydratation
- Evaluation de l’indice de Karnofsky
- Examen neurologique complet
ANIMATEUR CIBLE
Professionnel de santé expérimenté PVVIH au stade III/IV de l’OMS
30
h) Opérationnalisation du TDO
DEFINITION PAQUET D’INTERVENTIONS
Traitement directement observé - Administration/prise surveillée des Anti-TB
- Evaluation des patients (effets indésirables,
présence d’autres pathologies associées et
évolution clinique)
ANIMATEUR CIBLE
Infirmier formé (prestataire) - Patient tuberculeux en phase intensive
Agent communautaire formé et supervisé par le - Patient en phase de continuation
prestataire
j) Opérationnalisation de la recherche active de la TB chez les sujets contacts des cas index TB
DEFINITION PAQUET D’INTERVENTION
C’est l’ensemble des mesures visant à identifier - Recherche des signes de présomption
les personnes contacts des cas tuberculeux - Offre de test rapide TB par GeneXpert ou à défaut
confirmés bactériologiquement dans la Ziehl pour les présumés
communauté, les établissements de soins, les
milieux fermés, les écoles, les lieux de travail, - Orientation des patients confirmés TB vers les
etc. services de traitement
- Offre de la prophylaxie à l’INH chez les enfants de
moins de 5 ans après exclusion de la TB
ANIMATEUR CIBLE
Professionnel de santé Toute personne en contact avec le cas Index
Agent communautaire
31
2.4.4 Description de quelques particularités de la TB :
Mise en traitement et suivi des patients :
- Selon les régimes standardisés de traitement des patients : 1ère ligne (traitement initial de
première intention et retraitements de 6/8 mois avec les médicaments de 1ère intention) et 2ème
lignes (Traitement court de 9 mois, traitement long et autres traitements individualisés)
- Formes graves de l’enfant : traitement avec médicaments de 1ère ligne jusqu’à 12 mois
- Bilan initial obligatoire (liste d’examens biologiques et autres para cliniques) pour les Patients
sous médicaments de 2ème ligne (TB-PR) avant de commencer le traitement
- LPA pour TB RR avant le régime court de 9 mois
- Profil épidémiologique de la résistance aux anti-TB de 2ème ligne pour TB Pré et XDR afin de
déterminer le traitement approprié
- Soins en ambulatoire en principe, mais hospitalisation des patients TB graves/grabataires
(quelques pavillons dans les hôpitaux de certaines provinces) et tous les Pré et XDR dans
certains centres particuliers (comme le Centre d’Excellence Damien « CEDA » à Kinshasa)
- Suivis différenciés des patients sous 1ère et 2ème intention : bilan clinique, biologique (Ziehl,
culture, et autres examens para cliniques), RX, soutien nutritionnel, soutien psychosocial, etc.
- Bilan bactériologique et clinique obligatoire pour le passage de la phase intensive vers la phase
de continuation
- TDO dans la FOSA ou Accompagnement communautaire avec remise des médicaments pour
un temps déterminé (15-30 jours), suivi des RDV au CSDT/CST.
Evolution et Issues de traitement :
- Possibilité pour le patient de revenir à tout moment quand il ressent un problème
- Critères différenciés 1ère versus 2ème intention
- Suivi obligatoire après la fin du traitement pour les patients TB-PR (surveillance des
rechutes…)
- Suivi des patients Co-infectés TB/VIH après le traitement de la TB : voir chapitre sur le GU.
Contrôle de l’infection : est capitale pour éviter d’avoir davantage des contaminations et la
propagation de la maladie :
- Applications des mesures universelles et spécifiques de CI.
- Espaces et/ou heures de rendez-vous différenciés pour TB et PVVIH
- Horaires différenciés si l’espace n’est pas extensible.
32
CHAP. 3: DELIVRANCE DIFFERENCIEE DES MEDICAMENTS
3.1 INTRODUCTION
La délivrance des médicaments consiste non seulement à dispenser les traitements aux patients, mais
aussi à faire en sorte que les médicaments et autres produits de qualité nécessaires à la prise en charge
médicale et thérapeutique soient constamment disponibles.
Les procédures de délivrance différenciées des médicaments peuvent être adaptées aux besoins et aux
préférences de certains groupes de patients. Les prestataires de services disposent d’une grande latitude
pour imaginer différentes options en fonction du lieu de prestation, de la fréquence des visites et du type
de prestataire.
3.2 OBJECTIF
Améliorer l’efficacité et l’acceptabilité des services de délivrance des médicaments ainsi que le recours
à ces services, en proposant différentes options aux patients en fonction de leurs besoins et de leurs
préférences.
3.3.1 Types de délivrance des médicaments dans une FOSA et/ou dans la communauté
33
Résumé - Solutions pour une délivrance différenciée des médicaments
b) Des obstacles auxquels sont confrontés les patients ou les prestataires de services.
Obstacles en lien avec les patients
- Obstacles matériels : distance de la Fosa, conditions de voyage difficiles, faible
disponibilité des médicaments ;
- Contraintes de temps et de coûts : éloignement, horaires de travail contraignants, perte
de revenu en cas d’absence au travail, temps d’attente trop longs ;
- Stigmatisation de la part de la communauté, de la famille ou du prestataire de services :
manque d’intimité, de confidentialité ou de respect ;
- Absence d’aide au traitement par des pairs, la communauté ou la famille.
Pour améliorer la satisfaction des patients, les FOSA peuvent jouer sur la fréquence des visites,
le type de prestataire ou le lieu de prestation des services. Cela devrait avoir pour effet d’améliorer
le maintien des patients dans le système de soins.
35
les cas. En général, le traitement des patients traités depuis un certain temps et stables est
renouvelé pour une période égale à la durée maximale autorisée (trois mois la plupart du
temps). Le traitement de la tuberculose fait l’objet d’une surveillance quotidienne pendant la
phase intensive, puis hebdomadaire pendant la phase de continuation.
- Les FOSA peuvent proposer des rendez-vous à intervalles différents en fonction du profil des
patients. Par exemple, les rendez-vous pourront être espacés différemment selon qu’il s’agit
d’une consultation médicale (une fois tous les trois ou six mois) ou d’un renouvellement de
traitement. La fréquence des consultations médicales pourra être ramenée à une consultation
par an pour les patients séropositifs stables sous traitement antirétroviral depuis plus de 12
mois, dont la charge virale est indétectable et qui respectent correctement les consignes de
traitement. Ces patients pourront bénéficier d’une ordonnance renouvelable plus longtemps
(par exemple tous les trois mois).
- Pour les patients atteints de la tuberculose, la durée du renouvellement peut être modifiée en
fonction du mode de prise en charge thérapeutique. Par exemple, si le patient se rend dans
la FOSA pour y suivre un traitement de brève durée sous observation directe (TDO), les
médicaments sont alors dispensés quotidiennement. Si le patient opte pour un TDO par un
membre de sa famille ou un agent de santé communautaire, les médicaments peuvent être
dispensés pour une ou deux semaines (voire plus en phase de continuation, si une nette
rémission est notée).
36
c) Délivrance décentralisée des médicaments
Deux possibilités sont exploitées qui permettent de délivrer des médicaments − sous la supervision du
personnel médical - en dehors des FOSA, au plus près des patients :
La première consiste à s’appuyer sur des Fosa périphériques existants.
La seconde consiste à mettre en place des points de distribution communautaires.
37
Les options de délivrance différenciée des médicaments
38
3.4 APPROVISIONNEMENTS DES INTRANTS DANS UN CONTEXTE DES MODELES DES
SERVICES DIFFERENCIES
Dans le contexte des modèles de services différenciés, il est à noter que les différentes étapes du cycle
logistique devront être respectées.
Seule la distribution des médicaments et autres intrants va concerner les différentes options d’offre des
services différenciés. Il est à noter que tous les modèles d’offre des services différenciés se retrouvent
dans un des points décrits ci-dessous dans le cadre des approvisionnements en médicaments et autres
intrants.
a) Approvisionner le PODI
Dans le contexte de la RDC, le PODI s’aligne sur une approche Zonale (liée à la ZS). Par voie de
conséquence, ce dernier est alimenté uniquement par les PVVIH stables provenant de plusieurs FOSA
de la ZS, bien que certains PODI desservent plus d’une zone de santé dans certaines provinces.
Toutefois, pour le programme, le PODI devra rester dans une configuration zonale.
Il est à noter que l’approvisionnement de la ZS en RDC est assuré par la CDR. Etant donné que la ZS
élabore une commande trimestrielle, le pharmacien de la ZS devra être renforcé sur l’élaboration de sa
commande des médicaments et autres intrants dans un contexte de l’offre des services différenciés.
Ainsi, pour son approvisionnement les étapes suivantes devront être respectées :
• Etablissement de la liste codifiée des patients affectés dans le PODI par les FOSA de provenance ;
• Signature de chaque liste de la FOSA par son responsable et le chargé de gestion logistique (DCP)
du PODI ;
• Transmission de la liste codifiée des patients affectés dans le PODI à l’IT de la FOSA, responsable
de l’aire de santé et au chargé de gestion logistique (DCP) du PODI ;
• Elaboration de bon de commande par l’IT de la FOSA contresignée par le chargé de gestion
logistique (DCP) du PODI ;
• Transmission par l’IT de la commande au BCZS ;
• Livraison des médicaments et autres intrants à la FOSA de responsabilité ;
• Retrait des médicaments et autres intrants par le chargé de gestion logistique (DCP) du PODI ;
• Dispensation des médicaments assurée par les acteurs du PODI selon la liste et le régime des
patients ;
NB : L’actualisation des listes des patients par FOSA pour le PODI se fera à un rythme mensuel et les
différents outils adaptés pour la gestion des médicaments et autres intrants seront utilisés.
39
Validation des listes des patients dans le PODI Commande et livraison des médicaments dans le PODI
FOSA1 FOSA2
BCZ
FOSA2 FOSA4
PODI
FOSA4 FOSA3
40
Approvisionnement des Clubs d’observance
Club1
Club 2
BCZ Commande et livraison FOSA
Remise de colis au responsable du club
Club 3
Club 4
41
Approvisionnement GCT
GCT 1
GCT 1
GCT 1
GCT 1
Dans la cadre de la prise en charge des patients Co-infectés VIH/TB, le pays a développé deux
modèles d’offre des services différenciés : le modèle intégrateur (Guichet unique) et le modèle
collaboratif.
Il est souhaitable que la gestion des médicaments se fasse à la pharmacie de façon quotidienne.
Les responsables des services VIH et TB émettent des réquisitions journalières en fonction des
besoins des malades.
42
Section III. DEVELOPPEMENT DU GUICHET UNIQUE TB/VIH
OU ONE STOP SHOP FOR TB/HIV SERVICES
III.1. INTRODUCTION
L'infection par le VIH reste le principal facteur de risque de développer la tuberculose (TB), tandis que la
TB est la principale cause de décès chez les PVVIH.
Malgré le taux élevé de la coïnfection TB/VIH en RDC, dans la majorité des cas et voire au sein d’une
même FOSA, ces patients sont traités séparément. Les patients TB avec présomption du VIH sont
orientés vers le service de prise en charge du VIH et inversement.
Le modèle actuel de prise en charge a montré ses limites dans plusieurs aspects :
a) Du point de vue de l’offre de services :
- Couverture inadéquate de service : en terme des zones de santé, la couverture est totale pour la
TB (516 ZS) et partielle pour le VIH (407 ZS). Ainsi donc, 109 ZS sur les 516 n’ont pas encore
intégré le paquet VIH ;
- Certains CSDT avec grande charge de la tuberculose et ceux de milieux carcéraux n’ont pas
encore intégré le paquet VIH ;
- Faible disponibilité de certains intrants pour la prise de la coïnfection (Tests VIH, INH, ARV) avec
des circuits d’approvisionnement différents selon les PR et PTF ;
- Faible couverture en GeneXpert et point of care pour le suivi des Patients Co-infectés VIH/TB.
43
Ces faiblesses dans le processus de l’offre des services et soins de la prise en charge de la coïnfection
VIH/TB dans nos FOSA ont pour conséquences les contre-performances programmatiques telles que :
- La faible proportion de tests VIH réalisés chez les patients TB (64%) compromettant l’identification
des PVVIH dans ce groupe ;
- La faible recherche active de la TB chez les PVVIH (57%) entravant la détection précoce de la TB;
- La faible proportion des PVVIH bénéficiant la chimio prophylaxie à l’INH ;
- La faible proportion des patients Tuberculeux co-infectés par le VIH mis sous TARV dans le délai ;
- La faible proportion des PVVIH Co-infectés par la Tuberculose mis sous antituberculeux dans le
délai avec risque de compromettre leur pronostic vital.
Ainsi, cette situation entraîne une limitation à l’accès aux services et soins préventifs avec une
augmentation des décès des patients Co-infectés VIH/TB.
Pour remédier à cette situation, le pays recommande une application stricte des directives de l’OMS en
matière de collaboration pour la lutte contre les 2 maladies à tous les niveaux de la pyramide sanitaire en
mettant en œuvre des stratégies opérationnelles efficientes au niveau des ZS et/ou FOSA.
d) Recommandations d’adaptation des modèles de prestation des services pour maximiser l’offre
du paquet VIH/TB aux patients dans le besoin
La RDC recommande l’intégration des services de prise en charge de la coïnfection en tenant compte
de spécificité de chaque FOSA et cela sous l’accompagnement des ECZ, avec les conseils des
MCP/BPC et CPLT.
De manière opérationnelle, les autorités médico-sanitaires de la DPS veilleront à ce que les ECZ et
les prestataires puissent :
- Etendre le dépistage et l’accès aux soins du VIH à tous les centres de traitement de la tuberculose
(CSDT et CST) ;
- Intégrer la recherche active et systématique de la TB à toutes les PVVIH pour assurer le dépistage
précoce de cette maladie ;
- Etendre l’accès aux Antituberculeux et la chimio prophylaxie à l’INH dans les sites de prise en
charge du VIH ;
- Administrer systématiquement la prophylaxie contre la TB chez toutes les PVVIH après exclusion
de la TB ;
- Intégrer et impliquer fortement les organisations communautaires pour renforcer le lien entre les
sites cliniques et la communauté dans la lutte contre la coïnfection VIH/TB.
III.2.1. Renforcer la collaboration entre les acteurs de prise en charge de la TB et du VIH : Modèle
collaboratif :
- Etendre le dépistage et l’accès aux soins du VIH à tous les centres de traitement de la TB (CSDT et
CST);
- Rechercher systématiquement la TB chez les PVVIH dans les services de prise en charge du VIH.
44
III.2.2. Intégrer les activités de la PEC de la TB et du VIH afin de traiter le patient TB/VIH : Modèle
Intégrateur :
- Dans la même FOSA
- Par le même personnel
Le modèle de l'approche «guichet unique TB/VIH» ou «One Stop Shop» proposé par l’OMS et le Fonds
mondial préconise que les patients Co-infectés soient gérés pour deux infections à la même clinique, par
le(s) même(s) prestataire(s) et en même temps.
Ce modèle est une stratégie importante pour contribuer à la réalisation des objectifs de traitement de
l'ONUSIDA 90-90-90, notamment en augmentant le nombre de patients TB testés pour le VIH (premier
90) et le nombre de patients TB Co-infectés avec le VIH qui reçoivent les ARV (deuxième 90).
Dans notre contexte, le choix d’un modèle de guichet unique (collaboratif ou intégrateur) dépendra d’une
structure à une autre, selon le contexte local. Ce choix nécessitera un état des lieux minutieux qui devra
tenir compte de :
- la disponibilité des nouveaux schémas thérapeutiques plus courts et de la prophylaxie à l’INH ;
- les compétences des prestataires dans la gestion des effets indésirables des ARV, anti
tuberculeux, et autres médicaments utilisés pour lutter contre le VIH et la TB et du Syndrome de
Reconstitution Immunitaire ;
- la capacité d’administrer la prophylaxie à l’INH et la prophylaxie au Cotrimoxazole ainsi que la
gestion de leurs effets indésirables ;
- les compétences des prestataires dans le remplissage adéquat des fiches, registres des patients
et canevas de rapportage VIH et/ou TB ;
- Conditions minimales des mesures de contrôle de l’infection (locaux spacieux, disposition des
fenêtres pour une bonne aération et circulation de l’air, horaires différenciés ou espaces
différenciés, les autres mesures administratives, environnementales et de protection
individuelle…).
Une fiche pour cet état des lieux est disponible en annexe.
Toutefois, quel que soit le modèle choisi, les prestataires du service « one stop shop TB/HIV »
nécessite une formation dans la coïnfection TB/VIH qui leur permettra de réaliser :
- Un counseling pré test du VIH ;
- Un prélèvement de l’échantillon pour le test VIH;
- Une réalisation de test de dépistage du VIH, selon l’algorithme en vigueur ;
- Un counseling post test du VIH ;
- Un prélèvement pour le CD4, la charge virale du VIH et autres examens éventuel ;
- Une identification des patients présumés TB ;
- Un bon de demande d’examen de confirmation TB (Ziehl, GeneXpert, TB Lam, …) ;
- Des conseils en guidant les différents prélèvements des spécimens dans le cadre du diagnostic
TB (crachat, …);
- Une prescription des ARV et les anti-TB de première intention ;
- Une découverte et gestion des effets indésirables des ARV et des anti-TB ;
45
- Un remplissage des dossiers VIH et/ou TB et un enregistrement des cas VIH et/ou TB ainsi que
tous les autres supports de collecte et de centralisation;
- Une administration du traitement prophylactique au Cotrimoxazole ;
- Une administration du traitement prophylactique à l’INH ;
- Une évaluation du patient.
- Une élaboration du rapport mensuel VIH et/ ou trimestriel TB.
III.3.1.1. PORTE TB :
Etendre le dépistage et l’accès aux soins du VIH à tous les CSDT et CST.
La connaissance du statut sérologique d’une personne vis-à-vis du VIH est le point d’entrée pour les soins
et le traitement du VIH.
Un accès rapide aux soins du VIH, y compris au TARV, accroît la survie des PVVIH et des patients
tuberculeux infectés par le VIH et améliore les résultats du traitement antituberculeux.
Etendre le dépistage et l’accès aux soins du VIH à tous les CSDT et CST aura pour objet de réduire la
charge du VIH chez les patients tuberculeux.
Ainsi, dans le modèle collaboratif du guichet unique des services TB/VIH, porte TB, il est recommandé
aux prestataires de :
- Connaitre les liens qui existent entre la TB et le VIH ;
- Procéder au conseil et au test de dépistage sur le VIH (DCIP) aux personnes présentant des
symptômes évoquant la TB ;
- Envisager le dépistage du VIH chez les patients tuberculeux séropositifs pour le VIH, leurs
conjoints, les autres partenaires sexuels et leurs enfants ;
- Orienter vers des services de prise en charge du VIH, les personnes présumées TB qui se
révèleront indemnes, mais dont le test VIH sera positif ;
- Instaurer le TARV chez les patients Co-infectés TB/VIH ;
- Instaurer le TARV chez tous les patients TB/VIH ;
- Assurer la divulgation du statut sérologique VIH aux patients TB/VIH ;
- Instaurer un traitement préventif au CTX chez les patients Co-infectés TB/VIH ;
- Promouvoir le comportement sexuel à moindre risque ;
- Assurer le dépistage des IST et la prise en charge syndromique doivent être fournis à tous les
patients TB conformément aux directives nationales du PNLS ;
- Assurer la protection de la vie privée des patients.
46
Les FOSA où existe le guichet unique, porte TB, doivent :
- Mettre en œuvre les mesures de contrôle de l’infection (procédures de réduction de l’exposition
professionnelle et nosocomiale de l’infection à VIH) ;
- Mettre à disposition les directives nationales sur le contrôle de l’infection.
NB : L’IRIS, les interactions médicamenteuses, les effets indésirables des médicaments, les substitutions
des médicaments et le passage en deuxième ligne seront pris en charge sous la responsabilité d’un
médecin expérimenté en la matière.
- Le CSDT et CST :
Dans le but de diminuer le risque d’interruption de traitement et de déperdition des patients au
cours du suivi, il convient d’organiser les services afin de veiller à ce que les patients VIH/TB
devant poursuivre leurs soins pour le VIH, puissent le faire facilement au terme de leur
traitement antituberculeux.
Ceci requiert une bonne communication/collaboration entre les unités TB et VIH, les patients et
leurs accompagnateurs. Aussi, il est important de contrôler le système d’orientation des patients
afin qu’ils puissent accéder aux FOSA vers lesquelles ils sont transférés.
47
III.3.1.2. PORTE VIH : ASSURER LE DEPISTAGE PRECOCE DE LA TB CHEZ LES PVVIH
DANS LES SERVICES DE PRISE EN CHARGE DU VIH
Sans traitement, l’infection par le VIH entraîne la destruction des mécanismes de défense immunitaire de
l’organisme. Par conséquent, les PVVIH contractent des infections sévères et souvent fatales (IO).
Le dépistage précoce ou la recherche active et systématique de la TB chez les PVVIH permet de réduire
la charge de la TB chez les patients VIH. Cependant, il faut insister sur les mesures de contrôle de
l’infection et l’administration de l’INH chez les PVVIH après exclusion de la TB.
- La TB peut apparaître à tous les stades de l’infection par le VIH. Son tableau clinique dépend de
l’importance de la destruction des mécanismes de défense immunitaire de l’organisme ; ainsi, les
symptômes et les signes évocateurs de la TB diffèrent selon que la personne se situe à un stade
précoce ou avancé de l’infection par le VIH.
- Cet élément complique la recherche active de la TB chez les PVVIH : certains présentent des
symptômes « classiques » similaires à ceux des personnes séronégatives pour le VIH présumés
tuberculeux, et d’autres peuvent présenter des symptômes atypiques ou n’ont presque pas de
symptômes.
- L’intensification du dépistage de la TB est une activité qui se concentre sur la recherche
systématique de cas de TB dans des groupes spécifiques de personnes plus susceptibles d’être
atteintes de TB que la population générale.
Parmi ces groupes figurent les PVVIH et les enfants de moins de cinq ans qui ont été en contact
avec des patients souffrant de TB contagieuse.
48
Dans la mesure où la TB constitue l’IO la plus fréquente et la cause principale de décès chez les PVVIH,
il est recommandé aux prestataires de :
- Prévenir l'infection TB chez les PVVIH :
La recherche active des contacts (visite à domicile pour le dépistage TB des contacts familiaux
à l’aide d’un check list)
Le contrôle de l’infection dans les milieux à haut risque (FOSA, prisons, lieux de travail, les
églises, les pensions, les orphelinats, hôpitaux psychiatrique …).
- Rechercher systématiquement la TB chez les patients VIH lors de tout contact avec les services
de santé. Cette recherche active et systématique de la Tuberculose chez les PVVIH doit se réaliser
en routine dans les FOSA et/ou dans la communauté avec les procédures suivantes :
• Cibler toutes les PVVIH ne développant pas la TB active
• Screener la Tuberculose à chaque visite médicale
• Utiliser la fiche de screening TB, la fiche de suivi des patients et le canevas de rapportage
• Respecter les techniques suivantes :
Pour les enfants, recueillir auprès du tuteur ou de l’accompagnant des
informations plus poussées sur les symptômes présents en rapport avec : type
et fréquence de la toux, courbe de poids, contact possible avec des personnes
atteintes de TB.
Pour les adultes et adolescents, demander s’ils éprouvent un des symptômes
majeurs ci-dessous : toux, fièvre, perte de poids et sueurs nocturnes...
- Procéder à la recherche des contacts de patients tuberculeux (surtout les enfants en contact avec
un cas index, qu’ils soient infectés par le VIH ou pas) ;
- Réaliser un test de dépistage du VIH chez tous les enfants si le cas index de TB est un parent
infecté par le VIH ;
- Réaliser les examens chez les enfants présentant des symptômes afin de rechercher une TB
active ;
- Administrer la prophylaxie à l’INH (TPI), les enfants de moins de cinq ans ou plus infectés par le
VIH, mais ne présentant ni symptômes ni signes cliniques de TB, pour une durée de traitement
d’au moins 6 mois ;
- Administrer l’INH chez toutes les PVVIH après exclusion de la TB active ;
- Remplir correctement le bon d’examen pour le diagnostic de la TB ;
- Offrir le test de diagnostic rapide chez toutes les PVVIH qui sont présumés TB (GeneXpert MTB/Rif,
RX, Ziehl, ou TB Lam) ;
- Administrer les anti-TB à toutes les PVVIH Co-infectés par la TB conformément aux directives du
PNLT.
Chez toute PVVIH enfant ou adulte ayant un ou plusieurs symptômes suggestifs de la TB ci- haut
énumérés lors du screening, il faut prélever 2 échantillons de crachat pour analyse avec le GeneXpert si
disponible. Dans le cas contraire réaliser cet examen sur crachat par Ziehl Nielsen par microscopie.
Si la PVVIH est au stade du Sida avancé, recueillir ses urines pour la recherche de la TB par la méthode
de TB LAM si disponible.
49
Conduite à tenir en fonction des résultats :
Résultat Examen* Conduite à tenir
Ziehl GeneXpert TB-Lam (CD
≼100 cellules/ml)
Résultat 1 + + + Traitement antituberculeux (TB+)
Résultat 2 + + - Traitement antituberculeux (TB+)
Résultat 3 + - - Traitement antituberculeux (TB+)
Si, persistance de symptôme malgré une
antibiothérapie contre les germes
banaux, faire RX et biologie
Résultat 4 - - - inflammatoire : si suggestives,
administrer le traitement antituberculeux
(TB/C)
Si, asymptomatique, administrer l’INH
(*) Les trois examens ne sont pas à faire systématiquement, ils seront faits en fonction de leur disponibilité et des
caractéristiques des patients. Si l’un de ces trois examens est disponible dans la FOSA et il revient positif,
considérer que le patient est TB+.
Documenter tous les examens réalisés et leurs résultats ainsi que les médicaments prescrits sur les fiches
et registres des patients.
50
III.3.2. LE MODELE INTEGRATEUR OU SERVICES INTEGRES VIH/TB
III.3.2.1. Introduction
Le fonctionnement du One stop shop, approche totalement intégrée des soins de la coïnfection TB-VIH,
où le même soignant fournit sous le même toit tous les services TB-VIH aux patients tuberculeux.
Il a pour avantage de restreindre le nombre de rendez-vous des patients Co-infectés, de réduire
l’exposition des PVVIH à la tuberculose et d’améliorer la qualité des soins des patients.
Les services intégrés TB-VIH de Guichet Unique :
Dans ce modèle intégré, les patients n’ont pas besoin de quitter le service/ FOSA où ils sont sous TARV
s’ils développent une TB, ni de se présenter en tant que patients tuberculeux dans une nouvelle FOSA
ou service alors qu’ils reçoivent un TARV ailleurs.
La TB et le VIH sont deux maladies qui touchent un même individu.
La mise en place des services intégrés en matière de TB-VIH, nécessite de former toute l’équipe de
santé à la prise en charge des patients Co-infectés.
La façon d’organiser au mieux la formation dépend du contexte, du nombre de membres du personnel
concernés et des ressources disponibles.
Les organes de coordination TB-VIH étudient la possibilité de réaliser une supervision conjointe.
51
III.3.2.2. Paquet d’activités
Soins centrés sur le patient
Services TB et VIH au même moment et au même endroit
Services TB Services VIH Services SMNE (eTME)
- Traitement TB - Traitement ARV - PF pour les femmes HIV+,
- Dépistage du VIH - Prophylaxie au TB et HIV/TB
- Prophylaxie au Cotrimoxazole - Dépistage du VIH
Cotrimoxazole - TPI pour HIV+ - Prophylaxie au CTX
- Traitement ART - Mesures de contrôle de - TPI pour VIH+
- Mesures de contrôle de l’infection - Traitement ARV
l’infection - Screening TB and - Mesures de contrôle de
- TPI pour HIV+ diagnostic l’infection
- Traitement anti-TB - Screening TB and
diagnostic
- Traitement anti-TB
52
III.3.2.4. Avantages et inconvénients des services intégrés et non intégrés en matière de TB/VIH
AVANTAGES INCONVENIENTS
Les patients reçoivent des soins complets : Le modèle intégrateur nécessite une gestion du
Une seule visite est suffisante : changement :
Tous les tests nécessaires peuvent être Coordination et collaboration entre les
menés ; services antituberculeux et anti-VIH, en
Les résultats sont disponibles pour les particulier aux niveaux, national et
patients et les soignants, ils sont régional/provincial des soins de santé :
enregistrés dans un seul dossier patient ;
Tous les médicaments sont délivrés Si prévalence élevée du VIH, les soins du sida
Aucun risque de patients perdus de vue et le TARV à vie peuvent saturer les services
au cours du suivi antituberculeux
Temps d'attente plus court
Un seul prestataire : simplification du
diagnostic et de la prise en charge des
EIM et des IRIS
Meilleure communication avec le patient,
meilleur soutien en faveur de
l'observance du traitement
Aucune orientation nécessaire :
Acceptation élevée du CTX et du TARV
et Morbidité et mortalité plus faible.
Services de santé S’assurer que la maîtrise de l'infection
tuberculeuse constitue une priorité :
Moins de ressources doivent être consacrées Des zones d'attente adaptées et spacieuses et
à la gestion des orientations. des salles bien ventilées et lumineuses sont
Dossiers des patients et registres intégrés nécessaires
disponibles dans un seul établissement. Nécessité d'une politique et de procédures de
Satisfaction professionnelle du soignant : maîtrise de l’infection, ainsi que d'une
il peut suivre les patients au fil du temps formation et d'une supervision du personnel
Les agents de santé doivent avoir reçu une «
formation transversale » ou être
« polyvalents » et connaître les bases de la
prise en charge de l'infection tuberculeuse et
de l’infection à VIH
Les patients ne s'adressent qu'à un seul service, ce qui permet une meilleure synchronisation des
traitements, une meilleure réactivité par rapport aux incompatibilités de médicaments et effets
secondaires et de manière générale un meilleur suivi.
53
III.3.3. CONTINUITE DES SOINS DANS LE MODELE GUICHET UNIQUE
Il est nécessaire de définir le circuit du patient une fois entré dans la FOSA. Ce circuit doit être assez
court pour permettre au patient de bénéficier de la prise en charge complète et de qualité dans un délai
acceptable. Le modèle intégrateur n’a qu’un seul circuit et le modèle collaboratif a deux circuits selon la
porte d’entrée initiale du patient dans la FOSA (patient au départ dépisté TB ou PVVIH).
54
En cas de coïnfection aux deux maladies, elle se fera à la porte d’entrée initiale (VIH ou TB) ;
On ne peut référer que si les instructions susmentionnées ne peuvent pas être appliquées ;
Dans la prise en charge de ces deux pathologies, il faut une application stricte des mesures de
contrôle de l’infection ;
Mettre en place des horaires et/ou espaces différenciés de prise en charge de PVVIH et des
patients TB et/ou Co-infectés.
55
a.3 Gestion de l’information sanitaire
A la fin de chaque mois, les équipes des deux unités doivent se réunir pour harmoniser les informations
sur les malades co-infectés VIH/TB et mettre à jour les différents registres avant d’établir le rapport
mensuel de la FOSA (même si le rapport TB reste trimestriel).
56
Réquisitionner trimestriellement les ARV et CTX correspondant au nombre de co-infectés
TB/VIH de la FOSA,
Si les deux pathologies diagnostiquées au même moment, décaler de 2 semaines la mise sous
TARV,
Assurer le suivi clinique (y compris les effets indésirables) et biologique ainsi que la
dispensation des médicaments.
A la fin du traitement anti-TB :
Si la FOSA a une forte charge des cas TB dépistés par mois (≥ à la moyenne de la ZS),
transférer le patient dans l’unité VIH après consentement éclairé préalable de ce dernier ;
Vérifier l’arrivée effective du patient et son enregistrement dans la FOSA VIH ;
Si la FOSA a une faible charge de cas TB dépistés par mois (≤ à la moyenne de la ZS) avec
un PMA requis pour le suivi à long terme de l’infection à VIH, garder le patient après obtention
de son consentement éclairé ;
Initier le traitement prophylactique à l’INH.
N.B. : Le patient Co-infecté peut-être référé immédiatement après le diagnostic de la TB vers un CST qui
est également un site TARV pour y débuter et poursuivre les deux traitements.
57
ANNEXES
58
ANNEXE A2. Fiches sur les critères de sélection des Fosa pour en faire des G.U.
CRITERES DE CHOIX DES FOSA
Nom de la FOSA :………………………………………..…………
O CST O CSDT O Sites de PEC VIH O CSDT et sites De PEC VIH
Zone de Santé ;………………………………………………………
Province / Coordination: …………………………………………………………….
CRITERES DE SELECTION/CHOIX DES FOSA POUR OPERATIONNALISATION DU GUICHET UNIQUE
N° PARAMETRES ECHELLE DE COTATION observations
59
17 Taux d’abandon Moins de 10 % 10 à 20 % Plus de 20 %
18 Nombre total des 2 et plus 2 1
prestataires formés en VIH
et TB
A. Pour la Tuberculose :
1. Population totale de l’aire de santé
2. Présence des populations à risque TB (populations spéciales : prisonniers, réfugiés et déplacés
internes, creuseurs artisanaux des minerais, hommes en uniforme, etc.)
3. Taux d’utilisation des services
4. Nombre de TB TTF notifiés
5. Taux de notification TB TTF
6. Nombre de TB-PR notifiés
7. Nombre de TB-VIH notifiés
8. Autres indicateurs importants :
8.1. Taux de succès thérapeutique TB sensible
8.2. Proportion des TB testés pour le VIH
8.3. Pourcentage patients TB VIH+
8.4. Pourcentage patients TBVIH sous TARV
8.5. Pourcentage patients TB sous CTX
8.6. Taux de décès des patients coïnfectés TB-VIH
B. Pour le VIH :
1. Population totale de l’aire de santé
2. Présence des populations clés à risque VIH (prisonniers, populations en milieu fermées, PS,
hommes en uniforme, creuseurs artisanaux des minerais, UDI, MSM, camionneurs, etc.)
PS, UDI, MSM 2 Autre 1 si rien : 0
3. Taux d’utilisation des services
4. File active PVVIH
5. Nouvelles inclusions mensuelles (en partant des chiffres annuels)
6. Taux de rétention
7. Réalisation de la charge virale
8. Rendu des résultats sur les examens de la CV
60
9. Suppression de la CV
10. Screening de la TB chez les PVVIH
10.1. Nouvelles inclusions PVVIH ayant subi le screening pour la TB
10.2. Proportion des patients PVVIH avec TB (VIH-TB)
10.3. Proportion des patients coïnfectés mis sous antituberculeux
10.4. Proportion des PVVIH mis sous INH après exclusion de la TB
10.5. Proportion des PVVIH sous CTX
10.6. Taux de décès des patients coïnfectés VIH-TB
61
18 Nombre total des prestataires Interview, Revue
affectés dans les services VIH documentaire
et TB
19 Nombre des jours des Revue documentaire
ruptures de stock de RHEZ au
courant de l’année
20 Nombre des jours des Revue documentaire
ruptures de stock de
TDF/3TC/EFV
62
ANNEXE A3. Procédures de priorisation des Fosa et des ZS dans la cadre du plan
d’opérationnalisation des SD et GU au niveau provincial.
Les critères varient d’une province à une autre, voire d’une zone de santé à une autre, selon le contexte local
et la population couverte.
Le processus passe par les étapes ci-après :
Priorisation des ZS en fonction de la lutte contre le VIH,
Priorisation des ZS en rapport avec la Tuberculose
Sélection des ZS hyper prioritaires pour les deux maladies (ZS de convergence)
1. Les éléments d’appréciation sont les facteurs de risque de transmission du VIH (Liste non
exhaustive et varie d’un contexte à un autre) :
Poids des malades par rapport à la moyenne de la ZS, prévalence du VIH, absence de TAR, rétention
des patients sous TAR, fréquence des IST, usage du préservatif, présence des populations clés,
échanges transfrontaliers, présence d’un camp militaire, présences des populations déplacées et
réfugiées, présences des conflits armés et des groupes armés, présence des sites miniers, présence
des ports,….
63
B. Critères de priorisation des zones de santé en rapport avec la TB
1. Les éléments d’appréciation (Liste non exhaustive et varie d’un contexte à un autre) :
Poids des malades, Incidence de la TB (NP et rechutes), notification des cas TB/VIH,
Incidence des cas TB-PR, Taux de succès thérapeutique des cas TB et TB-PR, prévalence de la coïnfection
TB/VIH, présence des populations clés, échanges transfrontaliers, présence d’un camp militaire, présences des
populations déplacées et réfugiées, présences des conflits armés et des groupes armés, présence des sites
miniers, présence des ports,….
3. Total Cotation
De 19 - 27 Hyper prioritaire
De 10 – 18 Prioritaire
≤9 Autres
Total cotation est de 27
Sur base des priorisations des Zones de santé par rapport à la TB et au VIH, les zones de santé de convergence
seront dégagées en tenant compte de la charge de la coinfection et des risques potentiels.
64
Priorisation détaillée des Zones de santé
cotation
Tx SUCC
TB COINF TX SUCCES POP
ZONES DE SANTE POPULATION Tx Notif PVVIH TBMR succès TBMR DEMOGRA INCID COINF PVVIH TBMR TB TOTAL
Enreg TBVIH NOTI TBMR SPE
thér SENS
65
II. LES CRITERES ET MODALITES DE PRIORISATION DES FOSA
D’abord il est important que chaque Zone de santé complète le canevas ad hoc reprenant les informations de
chaque FOSA pour faire la sélection.
Ensuite pour chacune d’elle, ces FOSA seront alignées sur un tableau avec une appréciation du niveau et
degré de mise en œuvre des activités (performances) TB et/ou VIH ainsi que de ses résultats sur la lutte,
grâce à une cotation chiffrée.
Les critères suivants seront pris en compte, avec une cotation proposée pour chaque critère.
A. Pour la Tuberculose :
1. Population totale de l’aire de santé
2. Présence des populations à risque TB (populations spéciales : prisonniers, réfugiés et déplacés
internes, creuseurs artisanaux des minerais, hommes en uniforme, etc.)
3. Taux d’utilisation des services
4. Nombre de TB TTF notifiés
5. Taux de notification TB TTF
6. Nombre de TB-PR notifiés
7. Nombre de TB-VIH notifiés
8. Autres indicateurs importants :
8.7. Taux de succès thérapeutique TB sensible
8.8. Proportion des TB testés pour le VIH
8.9. Pourcentage patients TB VIH+
8.10. Pourcentage patients TBVIH sous TARV
8.11. Pourcentage patients TB sous CTX
8.12. Taux de décès des patients coïnfectés TB-VIH
B. Pour le VIH :
1. Population totale de l’aire de santé
2. Présence des populations clés à risque VIH (prisonniers, populations en milieu fermées, PS, hommes
en uniforme, creuseurs artisanaux des minerais, UDI, MSM, camionneurs, etc.)
3. PS, UDI, MSM 2 Autre 1 si rien : 0
4. Taux d’utilisation des services
5. File active PVVIH
6. Nouvelles inclusions mensuelles (en partant des chiffres annuels)
7. Taux de rétention
8. Réalisation de la charge virale
9. Rendu des résultats sur les examens de la CV
10. Suppression de la CV
11. Screening de la TB chez les PVVIH
11.1. Nouvelles inclusions PVVIH ayant subi le screening pour la TB
11.2. Proportion des patients PVVIH avec TB (VIH-TB)
11.3. Proportion des patients coïnfectés mis sous antituberculeux
11.4. Proportion des PVVIH mis sous INH après exclusion de la TB
11.5. Proportion des PVVIH sous CTX
A la fin on aura 2 possibilités pour arriver aux conclusions
a) Soit on additionne les points obtenus sur la check-list et on fait le classement en pourcentage par
rapport aux catégories de priorisation définies (hyper prioritaire, prioritaire et autre)
66
PRIORISATION DES FOSA POUR LE GUICHET UNIQUE
67
b) Soit on reprend les FOSA sur un tableau avec les critères TB puis VIH, avec la cotation pour chaque critère ; on additionne les points obtenus pour les différents
critères et l’on arrive à un total global par FOSA. Le total des points obtenus par chaque FOSA doit être comparé au total des points maxima des critères, et ramené
en pourcentage pour pouvoir comparer les Fosa et les catégoriser.
Tata
2 2 1 1 1 2 1 1 13 27 52% Autre
Mosala
68
File TX DE TX DE SUPPRESSION
FOSA pop pop sp TOTAL TOTAL GEN SCORE OBSERVATION
active RENTENTION CAS DECES CHARGE VIRALE
69
ANNEXE A4. Fiche d’évaluation initiale des G.U. sélectionnés
70
RHEZ , ARV 1er et 2e ligne , réactif Ziehll , cartouche
, INH , CTX , papiers buvard , ARV Pédiatrique , Vikia
, vaccin BCG )
V APPROCHES DIFFERENCIEES
V.1. PREVENTION
16 L’application systématique de la chimio prophylaxie à
INH chez les enfants de moins de 5 ans exposés à la
TB ?
17 L’application systématique de la chimio prophylaxie à
INH chez les PVVIH exclus de la TB est-elle
respectée ?
18 Avez-vous intégrer la prévention combinée?
19 Citez les approches utilisées en rapport avec la
prévention combinée dans la FOSA
20 Réalisez-vous la CSCC ?
21 Distribuez-vous les préservatifs aux Tuberculeux
séronégatif?
22 prenez-vous en charge les cas IST chez les
tuberculeux?
23 Offrez-vous la PEP et la PREP ?
24 Réalisez-vous la sécurité sanguine avant la
transfusion ?
25 Les activités de la PTME sont-elles intégrées ?
26 Appliquez-vous les précautions universelles ?
V.2. DEPISTAGE
27 Proposez-vous systématiquement le dépistage du VIH
chez les tuberculeux ?
28 Faites-vous la recherche de la TB en cas d’infection
néonatale chez un Nouveau-né d’une mère VIH+ ou
autre ?
29 Réalisez-vous le dépistage du VIH chez tous les
Tuberculeux ?
30 Faites-vous la recherche active de la TB chez les
PVVIH?
31 Réalisez-vous le dépistage de la TB chez tous les
PVVIH présumés TB ?
32 Les services de dépistage VIH ou TB sont-ils adaptés
aux clients (heures propices, en fonction d’occupation,
profil des populations clés/spécifiques …)
33 Réalisez-vous le dépistage de la TB ET VIH chez tous
les Enfants malnutris ?
34 Réalisez-vous le dépistage de la TB chez tous les
contacts ?
35 Réalisez-vous l’index testing pour le dépistage du
VIH ?
36 Le transport des échantillons est-il organisé de CST
vers les sites de microscopie ?
71
37 Le transport des échantillons est-il organisé de CSDT
vers le site Xpert ?
38 Avez-vous des outils de ciblage du test VIH?
39 Organisez-vous le prélèvement sur DBS pour le
dépistage précoce des enfants exposés (VIH)?
40 Réalisez-vous le dépistage familial ou autre, des cas
contact à partir d’un cas index TB+?
41 Comment la population accède-t-elle au dépistage du
VIH dans votre structure?
42 Comment la population accède-t-elle au dépistage de
la TBC dans votre structure?
V. 3 PRISE EN CHARGE
43 Respect de schéma de prise en charge de la TB
sensible et de la TB PR
44 Respect de schéma de TARV en vigueur en RDC (1ère,
2ème et 3ème ligne)
45 Quelles sont les approches différenciées utilisés pour
la prise en charge des cas selon les différentes
catégories (TB sensible, TB résistant)
46 Avez-vous les outils de screening des signes de
dangers (cas de Sida avancé)?
47 Les cas du sida avancé sont-ils transférés à l’hôpital
pour une meilleure prise en charge
48 Les patients dépistés stables sont-ils mis directement
sous ARV
49 Avez-vous déjà proposé à vos patients VIH stables l’un
des modèles des soins différenciés
50 Si OUI, Lequel (s)?
72
57 Quel est le type de délivrance des médicaments
assurez-vous?
58 Quelles sont les approches communautaires utilisées
dans la dispensation des médicaments et suivi de
l’observance (ANTI TB et TAR)?
V.5 GUICHET UNIQUE
59 Les services TB/VIH sont-ils organisés dans votre
établissement des soins?
60 Si oui, de quelle manière sont-ils organisés?
61 Par deux équipes et deux services différents
62 En collaboration avec d’autres FOSA
V.6 INDICATEURS CLES
63 Couverture vaccinale BCG
64 Nombre total des malades sous ARV
65 Nombre total des malades sous ARV (0 – 14 ans)
66 Nombre total des malades sous ARV (15 ans et plus)
67 Nombre total des cas de TB (toutes formes) pris en
charge
68 Nombre total des cas Co infectés TB/VIH pris en
charge
69 Nombre total des cas TB PR pris en charge
70 Nombre total des cas TB pédiatrique pris en charge
71 Nombre total des Nouveaux cas VIH enrôlés au
courant de l’année 2017
72 Nombre total des Nouveaux cas TB diagnostiqués au
courant de l’année 2017
73 Proportion des patients tuberculeux infectés au VIH
mis sous ARV
74 Proportion des patients tuberculeux infectés au VIH
mis sous CTX
75 Proportion des PVVIH TB positif mis sous anti TB
76 Proportion des PVVIH TB positif mis sous CTX
77 Proportion des PVVIH TB négatif mis sous INH
78 Taux de détection TB
79 Taux de guérison TB
80 Taux d’échec TB
81 Taux de décès TB
82 Taux de décès PVVIH
83 Taux de Perdu de vue TB
84 Taux de Perdu de vue PVVIH
85 Taux d’abandon PVVIH
86 Taux d’abandon TB
87 Nombre des patients sous ARV depuis 6 - 12 mois
88 Nombre des patients Co infectés en 2017
89 Nombre des patients sous ARV depuis 6 - 12 mois et
qui ont fait la charge virale ?
73
90 Nombre des patients sous ARV depuis 6 - 12 mois et
qui ont reçu le résultat de leur charge virale ?
91 Nombre des patients sous ARV depuis 6 - 12 mois
avec une charge virale indétectable (˂40 copies)
92 Nombre des cas du sida avancé
93 Nombre de réunions de staff (comité thérapeutique)
tenues avec compte rendu disponible
94 Quelle est la date de la dernière supervision de la
FOSA par ECZS avec rapport disponible
95 Quelle est la date de la dernière supervision de la
FOSA par ECP/PNLT/PNLS avec rapport disponible
74
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1. Compte rendu de l’Atelier Régional de l’Ouagadougou (OMS-ONUSIDA-UNICEF) sur les approches
différenciées des services VIH dans le contexte des Fast-track des 90-90-90 et du Plan de
Rattrapage pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Février 2018
2. Differentiated Care: Operational Guide. NASCOP, Kenya_january 2017.
3. Directives nationales sur la prise en charge de la TB auprès des populations spéciales, PNLT
décembre 2017
4. Directives nationales sur l’utilisation des unités mobiles dans le dépistage actif de la Tuberculose,
PNLT décembre 2017
5. Documents de travail sur le ONE STOP SHOP, PNLS-PNLT 2017 et 2018
6. Guide actualisé de prise en charge intégré du VIH, PNLS 2017
7. Guide sur l’opérationnalisation du Guichet unique pour les activités de lutte contre la coïnfection VIH-
TB, Draft PNLS-PNLT février 2018
8. Hart_Tool_HIAP, PEPFAR 2018
9. Implementation of TB/HIV collaborative activities in Ghana joint programme planning policy and
guidelines.
10. Lignes directrices unifiées sur le suivi des patients infectés par le VIH et la surveillance des cas selon
une approche centrée sur la personne. OMS, juin 2017.
11. Mise en œuvre d’activités conjointes de lutte contre la Tuberculose et le VIH. Un guide
programmatique. Version Française, Union 2014
12. One Stop Shop Model for TB/HIV Services Stop Shop TB and HIV (Patient Centered Care)-MOH
Uganda.
13. One-stop shop for TB/HIV services: a model for increasing antiretroviral therapy uptake in Uganda.
Technical brief, January 2017
14. Outils d’évaluation opérationnelle de mise en œuvre des soins différenciés dans les Fosa, PNLS
2018
15. PAO du BPC Maniema 2017 et 2018
16. Plan de boostage d’urgence de la riposte contre l’épidémie du VIH au Maniema en 2018
17. Plan opérationnel de la prise en charge de la coïnfection VIH/TB dans le cadre du guichet unique en
RDC, PNLS-PNLT octobre 2017
18. Plan opérationnel des soins différenciés de la lutte contre le VIH/Sida et les IST, PNLS mai 2018
19. Plan opérationnel pour la mise en œuvre du dépistage actif de la TB par les équipes mobiles, PNLT
mai 2018
20. Principales considérations concernant la délivrance différenciée de traitements antirétroviraux à des
populations particulières : enfants, adolescents, femmes enceintes ou allaitantes et populations clés.
WHO/HIV/2017.34.
21. Prise en charge différenciée du VIH et de la Tuberculose. Guide à l’usage des établissements de
santé. Fonds mondial, Genève, novembre 2015.
22. Stratégie mondiale du secteur de la santé contre le VIH 2016 – 2021 : vers l’élimination du Sida.
OMS, juin 2016.
23. Stratégie mondiale du Secteur de la Santé contre le VIH 2016-2021, Vers l’élimination du SIDA
24. The End TB Strategy, WHO may 2014.
75