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Science

La science est définie comme l'ensemble des connaissances acquises par l'étude, l'expérience et l'observation, structurées de manière systématique pour produire des explications et des prédictions. Elle se divise en différentes disciplines, allant des sciences exactes aux sciences humaines, et est liée à des méthodes rigoureuses d'expérimentation et de vérification. L'histoire de la science est intimement liée à l'évolution des sociétés et des civilisations, et son étude implique une réflexion sur la nature même de la connaissance.

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La science est définie comme l'ensemble des connaissances acquises par l'étude, l'expérience et l'observation, structurées de manière systématique pour produire des explications et des prédictions. Elle se divise en différentes disciplines, allant des sciences exactes aux sciences humaines, et est liée à des méthodes rigoureuses d'expérimentation et de vérification. L'histoire de la science est intimement liée à l'évolution des sociétés et des civilisations, et son étude implique une réflexion sur la nature même de la connaissance.

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Science

activité d'élaboration des


connaissances, ainsi que l'ensemble
des savoirs produits par cette
méthode

La science (du lat in scientia, « connaissance », « savoir ») est dans son sens
premier « la somme des connaissances » et plus spécifiquement une ent reprise
syst émat ique de const ruct ion et d'organisat ion des connaissances sous la forme
d'explicat ions et de prédict ions t est ables.

Science
Allégorie de la Science par
Jules Blanchard, située sur
le parvis de l'hôtel de ville
de Paris.
Partie de Syst
ème
de
conn
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Pratiqué par Scie


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littér
ature
scien
tifiqu
e( ) en

Histoire Histo
ire
des
scien
ces
Faisant suit e à la t echnique au niveau de son hist oire, elle se développe en
Occident au t ravers de t ravaux à caract ère universel basés sur des fait s, une
argument at ion et des mét hodes qui varient selon qu'elles t iennent de l'observat ion,
l'expérience, l'hypot hèse, d'une logique de déduct ion ou d'induct ion, et c. Lorsqu'on
divise la science en différent s domaines, ou disciplines, on parle alors de sciences
au pluriel, comme dans l'opposit ion ent re sciences, t echnologies, ingénierie et
mat hémat iques et sciences humaines et sociales ou encore celle ent re sciences
formelles, sciences de la nat ure et sciences sociales.
l'argument at ion ut ilisée lors de la recherche scient ifique ou part icipat ive. Dans le
cadre de cet exercice de perpét uelle remise en quest ion, elle fait l'objet d'une
discipline philosophique spécifique int it ulée l'épist émologie. Les connaissances
ét ablies par la science sont à la base de nombreux développement s t echniques
dont les incidences sur la sociét é et son hist oire sont parfois considérables.

Définition
Le mot science peut se définir de plusieurs manières selon son cont ext e
d'ut ilisat ion, alors que dans un sens premier on peut y voir la « somme de
connaissances qu'un individu possède ou peut acquérir par l'ét ude, la réflexion ou
l'expérience » 1 Hérit é du mot lat in scientia (lat in scientia, « connaissance ») elle est
« ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on t ient pour vrai au sens large,
l'ensemble de connaissances, d'ét udes d'une valeur universelle, caract érisées par
un objet (domaine) et une mét hode dét erminés, et fondés sur des relat ions
object ives vérifiables [sens rest reint ] » 2.

Dans un passage du Banquet, Plat on dist ingue la droit e opinion (orthos logos) de la
science ou de la connaissance (Épistémé)3. Synonyme de l’épistémé en Grèce
ant ique, c'est selon les Définitions du pseudo-Plat on, une « Concept ion de l’âme
que le discours ne peut ébranler » 4,5,6.

Un terme générique de la
connaissance

Article détaillé : Connaissance.


La science, par ses découvertes, a su
marquer la civilisation. Ici, les images
rapportées par l'astronomie
nourrissent la pensée humaine quant
à sa place dans l'Univers.

Le mot science est un polysème, recouvrant principalement t rois sens7 :

1. Savoir, connaissance de
certaines choses qui servent à
la conduite de la vie ou à celle
des affaires ;
2. Ensemble des connaissances
acquises par l’étude ou la
pratique ;
3. Hiérarchisation, organisation et
synthèse des connaissances
au travers de principes
généraux (théories, lois, etc.).
Définition stricte
D'après Michel Blay8, la science est « la connaissance claire et cert aine de quelque
chose, fondée soit sur des principes évident s et des démonst rat ions, soit sur des
raisonnement s expériment aux, ou encore sur l'analyse des sociét és et des fait s
humains ».

Cet t e définit ion permet de dist inguer les t rois t ypes de science :

les sciences exactes, comprenant


les mathématiques et les
« sciences mathématisées »
comme la physique théorique ;
les sciences physico-chimiques et
expérimentales (sciences de la
nature et de la matière, biologie,
médecine) ;
les sciences humaines, qui
langue, le social, le psychologique,
le politique.
Néanmoins, leurs limit es sont floues ; en d'aut res t ermes il n'exist e pas de
cat égorisat ion syst émat ique des t ypes de science, ce qui const it ue par ailleurs l'un
des quest ionnement s de l'épist émologie. Dominique Pest re explique ainsi que « ce
que nous met t ons sous le vocable « science » n’est en rien un objet circonscrit et
st able dans le t emps qu’il s’agirait de simplement décrire » 9.

Principe de l'acquisition de
connaissances scientifiques

Article détaillé : Évaluation de la


recherche scientifique.
L'acquisit ion de connaissances reconnues comme scient ifiques passe par une suit e
d'ét apes. Selon Francis Bacon, la séquence de ces ét apes peut êt re résumée
comme suit :

1. Observation, expérimentation et
vérification ;
2. Théorisation ;
3. Reproduction et prévision ;
1. Abduction : création de
conjectures et d'hypothèses ;
2. Déduction : recherche de ce
que seraient les conséquences
si les résultats de l'abduction
étaient vérifiés ;
3. Induction : mise à l'épreuve des
faits ; expérimentation10.
Les mét hodes scient ifiques permet t ent de procéder à des expériment at ions
rigoureuses, reconnues comme t elles par la communaut é de scient ifiques. Les
données recueillies permet t ent une t héorisat ion, la t héorisat ion permet de faire
des prévisions qui doivent ensuit e êt re vérifiées par l'expériment at ion et
l'observat ion. Une t héorie est rejet ée lorsque ces prévisions ne cadrent pas à
l'expériment at ion. Le chercheur ayant fait ces vérificat ions doit , pour que la
connaissance scient ifique progresse, faire connaît re ces t ravaux aux aut res
scient ifiques qui valideront ou non son t ravail au cours d'une procédure d'évaluat ion.

Pluralisme des définitions


Le mot « science », dans son sens st rict , s'oppose à l'opinion (« doxa » en grec),
assert ion par nat ure arbit raire 11 Néanmoins le rapport ent re l'opinion d'une part et
Le discours scient ifique s'oppose à la superst it ion et à l'obscurant isme. Cependant ,
l'opinion peut se t ransformer en un objet de science, voire en une discipline
scient ifique à part . La sociologie des sciences analyse not amment cet t e
art iculat ion ent re science et opinion. Dans le langage commun, la science s'oppose
à la croyance, par ext ension les sciences sont souvent considérées comme
cont raires aux religions. Cet t e considérat ion est t out efois souvent plus nuancée
t ant par des scient ifiques que des religieuxnote 1,note 2.

L’idée même d’une product ion de connaissance est problémat ique : nombre de
domaines reconnus comme scient ifiques n’ont pas pour objet la product ion de
connaissances, mais celle d’inst rument s, de machines, de disposit ifs t echniques.
Terry Shinn a ainsi proposé la not ion de « recherche t echnico-inst rument ale » 12.
Ses t ravaux avec Bernward Joerges à propos de l’« inst rument at ion » 13 ont ainsi
permis de met t re en évidence que le crit ère de « scient ificit é » n'est pas dévolu à
des sciences de la connaissance seules.

e e
Le mot « science » définit aux et siècles l'inst it ut ion de la science, c'est -
à-dire l'ensemble des communaut és scient ifiques t ravaillant à l'améliorat ion du
savoir humain et de la t echnologie, dans sa dimension int ernat ionale,
mét hodologique, ét hique et polit ique. On parle alors de « la science ».

La not ion ne possède néanmoins pas de définit ion consensuelle. L'épist émologue
André Pichot écrit ainsi qu'il est « ut opique de vouloir donner une définit ion a priori
de la science » 14. L'hist orien des sciences Robert Nadeau explique pour sa part qu'il
est « impossible de passer ici en revue l'ensemble des crit ères de démarcat ion
proposés depuis cent ans par les épist émologues, [et qu'on] ne peut apparemment
formuler un crit ère qui exclut t out ce qu'on veut exclure, et conserve t out ce qu'on
veut conserver » 15. La physicienne et philosophe des sciences Léna Soler, dans son
manuel d'épist émologie, commence également par souligner « les limit es de
l'opérat ion de définit ion » 16. Les dict ionnaires en proposent cert es quelques-unes.
Mais, comme le rappelle Léna Soler, ces définit ions ne sont pas sat isfaisant es. Les
not ions d'« universalit é », d'« object ivit é » ou de « mét hode scient ifique » (surt out
lorsque cet t e dernière est conçue comme ét ant l'unique not ion en vigueur) sont
l'objet de t rop nombreuses cont roverses pour qu'elles puissent const it uer le socle
d'une définit ion accept able. Il faut donc t enir compt e de ces difficult és pour
décrire la science. Et cet t e descript ion rest e possible en t olérant un cert ain
« flou » épist émologique
Étymologie : de la
« connaissance » à la
« recherche »
L'ét ymologie de « science » vient du lat in, « scientia » (« connaissance »), lui-même
du verbe « scire » (« savoir ») qui désigne à l'origine la facult é ment ale propre à la
connaissance 17. Ce sens se ret rouve par exemple dans l'expression de François
Rabelais : « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme ». Il s'agissait ainsi
d'une not ion philosophique (la connaissance pure, au sens de « savoir »), qui devint
ensuit e une not ion religieuse, sous l'influence du christ ianisme. La « docte science »
concernait alors la connaissance des canons religieux, de l'exégèse et des
écrit ures, paraphrase pour la t héologie, première science inst it uée.

La racine « science » se ret rouve dans d'aut res t ermes t els la « conscience »
(ét ymologiquement , « avec la connaissance »), la « prescience » (« la connaissance
du fut ur »), l'« omniscience » (« la connaissance de t out »), par exemple.

Histoire de la science

Article détaillé : Histoire des


sciences.
La science est hist oriquement liée à la philosophie. Dominique Lecourt écrit ainsi
qu'il exist e « un lien const it ut if [unissant ] aux sciences ce mode part iculier de
philosophes ont ét é amenés à faire de la science (sans que les deux soient
confondues). La t héorie de la connaissance en Science est port ée par
l'épist émologie.

L'hist oire de la Science est nécessaire pour comprendre l'évolut ion de son cont enu,
de sa prat ique.

La science se compose d'un ensemble de disciplines part iculières dont chacune


port e sur un domaine part iculier du savoir scient ifique. Il s'agit par exemple des
mat hémat iquesnote 3, de la chimie, de la physique, de la biologie, de la mécanique,
de l'opt ique, de la pharmacie, de l'ast ronomie, de l'archéologie, de l'économie, de la
sociologie, et c. Cet t e cat égorisat ion n'est ni fixe, ni unique, et les disciplines
scient ifiques peuvent elles-mêmes êt re découpées en sous-disciplines, également
de manière plus ou moins convent ionnelle. Chacune de ces disciplines const it ue
une science part iculière.

L'épist émologie a int roduit le concept de « science spéciale », c'est la science


« port e drapeau » parce qu'elle port e les problémat iques liées à un t ype de
Sciences.

Histoire des sciences

Article détaillé : Histoire des


sciences.
L'hist oire des sciences est int imement liée à l'hist oire des sociét és et des
civilisat ions19. D'abord confondue avec l'invest igat ion philosophique, dans
l'Ant iquit é, puis religieuse, du Moyen Âge jusqu'au Siècle des Lumières, la science
possède une hist oire complexe. L'hist oire de la science et des sciences peut se
dérouler selon deux axes comport ant de nombreux embranchement snote 4 :

l'histoire des découvertes


l'histoire de la pensée scientifique
d'autre part, formant pour partie
l'objet d'étude de l'épistémologie.

Allégorie de la Sciencenote 5.

Bien que t rès liées, ces deux hist oires ne doivent pas êt re confondues. Bien plut ôt ,
il s'agit d'une int errogat ion sur la product ion et la recherche de savoir. Michel Blay
fait même de la not ion de « savoir » la vérit able clé de voût e d'une hist oire des
sciences et de la science cohérent e :

« Repenser la science classique exige de saisir


l'émergence des territoires et des champs du savoir au
moment même de leur constitution, pour en retrouver les
questionnements fondamentaux20. »

De manière générale, l'hist oire des sciences n'est ni linéaire, ni réduct ible aux
schémas causaux simplist es. L'épist émologue Thomas Samuel Kuhn parle ainsi, bien
plut ôt , des « paradigmes de la science » comme des renversement s de
représent at ions, t out au long de l'hist oire des sciences. Kuhn énumère ainsi un
nombre de « révolut ions scient ifiques » 21. André Pichot dist ingue ainsi ent re
l’hist oire des connaissances scient ifiques et celle de la pensée scient ifique 22 Une
Premières traces : Préhistoire et
Antiquité

Article détaillé : Histoire des


sciences#Antiquité.

Préhistoire

Article connexe : Préhistoire.

L'usage d'outils en pierre précède


l'apparition d'Homo sapiens de plus
de 2 millions d'années.

La t echnique précède la science dans les premiers t emps de l'humanit é. En


s'appuyant sur une démarche empirique, l'homme développe ses out ils (t ravail de la
pierre puis de l'os, propulseur) et découvre l'usage du feu dès le Paléolit hique
inférieur. La plupart des préhist oriens s'accordent pour penser que le feu est ut ilisé
depuis 250 000 ans ou 300 000 ans. Les t echniques de product ion de feu relèvent
soit de la percussion (silex cont re marcassit e), soit de la frict ion de deux morceaux
de bois (par sciage, par rainurage, par girat ion).

Pour de nombreux préhist oriens comme Jean Clot t es l'art pariét al mont re que
Ainsi, l'homme préhist orique savait , int uit ivement , calculer [réf. nécessaire] ou déduire
des comport ement s de l'observat ion de son environnement , base du raisonnement
scient ifique. Cert aines « prot o-sciences » comme le calcul ou la géomét rie en
part iculier apparaissent sans dout e t rès t ôt . L'os d'Ishango, dat ant de plus de
20 000 ans, a ét é int erprét é par cert ains aut eurs comme l'un des premiers bât ons
de compt age. L'ast ronomie permet de const it uer une cosmogonie. Les t ravaux du
français André Leroi-Gourhan, spécialist e de la t echnique, explorent les évolut ions à
la fois biopsychiques et t echniques de l'homme préhist orique. Selon lui, « les
t echniques s'enlèvent dans un mouvement ascensionnel foudroyant » [pas clair]23,
dès l'acquisit ion de la st at ion vert icale, en somme t rès t ôt dans l'hist oire de
l'homme.

Mésopotamie

Article détaillé : Sciences


mésopotamienne et babylonienne.
Les premières t races d'act ivit és scient ifiques dat ent des civilisat ions humaines du
néolit hique où se développent commerce et urbanisat ion24. Ainsi, pour André
Pichot , dans La Naissance de la science25, la science naît en Mésopot amie, vers -
3500, principalement dans les villes de Sumer et d'Élam. Les premières
int errogat ions sur la mat ière, avec les expériences d'alchimie, sont liées aux
découvert es des t echniques mét allurgiques qui caract érisent cet t e période. La
fabricat ion d'émaux dat e ainsi de - 2000. Mais l'innovat ion la plus import ant e
provient de l'invent ion de l'écrit ure cunéiforme (en forme de clous), qui, par les
pict ogrammes, permet la reproduct ion de t ext es, la manipulat ion abst rait e de
concept s également note 7. La numérat ion est ainsi la première mét hode scient ifique
à voir le jour, sur une base 60 (« gesh » en mésopot amien), permet t ant de réaliser
des calculs de plus en plus complexes, et ce même si elle reposait sur des moyens
mat ériels rudiment aires26. L'écrit ure se perfect ionnant (période dit e « akadienne »),
les sumériens découvrent les fract ions ainsi que la numérat ion dit e « de posit ion »,
permet t ant le calcul de grands nombres. Le syst ème décimal apparaît également ,
de division, ou « t ables d'inverses » pour cet t e dernière 29 ; mais aussi des
puissances, racines carrées, cubiques ainsi que les équat ions du premier degré, à
une et deux inconnues), la géomét rie (calculs de surfaces, t héorèmes30),
l'ast ronomie enfin (calculs de mécanique célest e, prévisions des équinoxes,
const ellat ions, dénominat ion des ast res). La médecine a un st at ut part iculier ; elle
est la première science « prat ique », hérit ée d'un savoir-faire t ât onnant 31.

Une tablette d'argile en écriture


cunéiformenote 8.

Les sciences ét aient alors le fait des scribes, qui, not e André Pichot , se livraient à
de nombreux « jeux numériques » 32 qui permet t aient de list er les problèmes.
Cependant , les sumériens ne prat iquaient pas la démonst rat ion. Dès le début , les
sciences mésopot amiennes sont assimilées à des croyances, comme l'ast rologie
ou la myst ique des nombres, qui deviendront des pseudo-sciences ult érieurement .
L'hist oire de la science ét ant t rès liée à celle des t echniques, les premières
invent ions t émoignent de l'apparit ion d'une pensée scient ifique abst rait e. La
Mésopot amie crée ainsi les premiers inst rument s de mesure, du t emps et de
l'espace (comme les gnomon, clepsydre, et polos). Si cet t e civilisat ion a joué un
rôle majeur, elle n'a pas cependant connu la rat ionalit é puisque celle-ci « n'a pas
encore ét é élevée au rang de principal crit ère de vérit é, ni dans l'organisat ion de la
pensée et de l'act ion, ni a fortiori, dans l'organisat ion du monde » 33.

Égypte pharaonique

Article détaillé : Sciences dans


L'Égypt e ant ique va développer l'hérit age pré-scient ifique mésopot amien.
Cependant , en raison de son unit é cult urelle spécifique, la civilisat ion égypt ienne
conserve « une cert aine cont inuit é dans la t radit ion [scient ifique] » 34 au sein de
laquelle les élément s anciens rest ent t rès présent s. L'écrit ure des hiéroglyphes
permet la représent at ion plus précise de concept s ; on parle alors d'une écrit ure
idéographique. La numérat ion est décimale mais les Égypt iens ne connaissent pas
le zéro. Cont rairement à la numérat ion sumérienne, la numérat ion égypt ienne évolue
vers un syst ème d'écrit ure des grands nombres (ent re 1800 et 1000 av. J.-C.) par
« numérat ion de juxt aposit ion » note 9. La géomét rie fit principalement un bond en
avant . Les Égypt iens bât issaient des monument s grandioses en ne recourant qu'au
syst ème des fract ions symbolisé par l'œil d'Horus, dont chaque élément
représent ait une fract ion.

L'œil Oudjat, ou œil d'Horus.

Dès 2600 av. J.-C., les Égypt iens calculaient correct ement la surface d'un
rect angle et d'un t riangle. Il ne rest e que peu de document s at t est ant l'ampleur
des mat hémat iques égypt iennes ; seuls les papyri de Rhind, (dat ant de 1800
av. J.-C.), de Kahun, de Moscou et du Rouleau de cuir35 éclairent les innovat ions de
cet t e civilisat ion qui sont avant t out celles des problèmes algébriques (de division,
de progression arit hmét ique, géomét rique). Les Égypt iens approchent également
la valeur du nombre Pi, en élevant au carré les 8/9es du diamèt re, découvrant un
nombre équivalant à ≈ 3,1605 (au lieu de ≈ 3,1416). Les problèmes de volume (de
pyramide, de cylindre à grains) sont résolus aisément . L'ast ronomie progresse
également : le calendrier égypt ien compt e 365 jours, le t emps est mesuré à part ir
d'une « horloge st ellaire » et les ét oiles visibles sont dénombrées. En médecine, la
chirurgie fait son apparit ion. Une t héorie médicale se met en place, avec l'analyse
des sympt ômes et des t rait ement s et ce dès 2300 av. J.-C. (le Papyrus Ebers est
ainsi un vérit able t rait é médical).

Pour André Pichot , la science égypt ienne, comme celle de Mésopot amie avant
Chine de l'Antiquité

Article détaillé : Histoire des


sciences et techniques en Chine.
Les Chinois découvrent également le t héorème de Pyt hagore (que les Babyloniens
connaissaient quinze siècles avant l'ère chrét ienne). En ast ronomie, ils ident ifient la
comèt e de Halley et comprennent la périodicit é des éclipses. Ils invent ent par
ailleurs la font e du fer. Durant la période des Royaumes combat t ant s, apparaît
l'arbalèt e. En -104, est promulgué le calendrier « Taichu », premier vérit able
calendrier chinois. En mat hémat iques, les Chinois invent ent , vers le
e
siècle av. J.-C., la numérat ion à bât ons. Il s'agit d'une not at ion posit ionnelle à
base 10 comport ant dix-huit symboles, avec un vide pour représent er le zéro,
c'est -à-dire la dizaine, cent aine, et c. dans ce syst ème de numérot at ion.

La « numération en bâtons » chinoise.

En 132, Zhang Heng invent e le premier sismographe pour la mesure des


t remblement s de t erre et est la première personne en Chine à const ruire un globe
célest e rot at if. Il invent e aussi l'odomèt re. La médecine progresse sous les Han
orient aux avec Zhang Zhongjing et Hua Tuo, à qui l'on doit en part iculier la première
anest hésie générale.

En mat hémat iques, Sun Zi et Qin Jiushao ét udient les syst èmes linéaires et les
congruences (leurs apport s sont généralement considérés comme majeurs). De
manière générale, l'influence des sciences chinoises fut considérable, sur l'Inde et
sur les pays arabes.
Article détaillé : Mathématiques
indiennes.
La civilisat ion dit e de la vallée de l'Indus (−3300 à −1500) est surt out connue en
hist oire des sciences en raison de l'émergence des mat hémat iques complexes (ou
« ganit a »).

La numérat ion décimale de posit ion et les symboles numéraux indiens, qui
deviendront les chiffres arabes, vont influencer considérablement l'Occident via les
e
arabes et les chinois. Les grands livres indiens sont ainsi t raduit s au siècle dans
les « maisons du savoir » par des élèves d'Al-Khwârizmî, mat hémat icien persan dont
le nom lat inisé est à l'origine du mot algorit hme. Les Indiens ont également
maît risé le zéro, les nombres négat ifs, les fonct ions t rigonomét riques ainsi que le
calcul différent iel et int égral, les limit es et séries. Les « Siddhânt a » sont le nom
générique donné aux ouvrages scient ifiques sanskrit s.

On dist ingue habit uellement deux périodes de découvert es abst rait es et


d'innovat ions t echnologiques dans l'Inde de l'Ant iquit é : les mat hémat iques de
l'époque védique (−1500 à −400) et les mat hémat iques de l'époque jaïnist e (−400
à 200)note 10.

« Logos » grec : les prémices


philosophiques de la science

Article détaillé : sciences grecques.

Présocratiq es
présocrat iques. Appelés « physiologoï » par Arist ot e parce qu'ils t iennent un
discours rat ionnel sur la nat ure, les présocrat iques s'int errogent sur les
phénomènes nat urels, qui deviennent les premiers objet s de mét hode, et leur
cherchent des causes nat urelles.

Thalès de Milet (v. 625-547 av. J.-C.) et Pyt hagore (v. 570-480 av. J.-C.) cont ribuent
principalement à la naissance des premières sciences comme les mat hémat iques,
la géomét rie (t héorème de Pyt hagore), l'ast ronomie ou encore la musique. Dans le
domaine de la cosmologie, ces premières recherches sont marquées par la volont é
d'imput er la const it ut ion du monde (ou « cosmos ») à un principe nat urel unique (le
feu pour Héraclit e par exemple) ou divin (l'« Un » pour Anaximandre). Les pré-
socrat iques met t ent en avant des principes const it ut ifs des phénomènes, les
« archè ».

Héraclite. Tableau de Hendrik ter Brugghen.

Les présocrat iques init ient également une réflexion sur la t héorie de la
connaissance. Const at ant que la raison d'une part et les sens d'aut re part
conduisent à des conclusions cont radict oires, Parménide opt e pour la raison et
est ime qu'elle seule peut mener à la connaissance, alors que nos sens nous
t rompent . Ceux-ci, par exemple, nous enseignent que le mouvement exist e, alors
que la raison nous enseigne qu'il n'exist e pas. Cet exemple est illust ré par les
célèbres paradoxes de son disciple Zénon. Si Héraclit e est d'un avis opposé
concernant le mouvement il part age l'idée que les sens sont t rompeurs De t elles
manière plus nuancée, jusque Plat on, pour qui les sens ne révèlent qu'une image
imparfait e et déformée des Idées, qui sont la vraie réalit é (allégorie de la caverne).

À ces philosophes, s'oppose le courant épicurien. Init ié par Démocrit e,


cont emporain de Socrat e, il sera développé ult érieurement par Épicure et exposé
plus en dét ail par le Romain Lucrèce dans De rerum natura. Pour eux, les sens nous
donnent à connaît re la réalit é. La t héorie de l'at omist e affirme que la mat ière est
formée d'ent it és dénombrables et insécables, les at omes. Ceux-ci s'assemblent
pour former la mat ière comme les let t res s'assemblent pour former les mot s. Tout
est const it ué d'at omes, y compris les dieux. Ceux-ci ne s'int éressent nullement aux
hommes, et il n'y a donc pas lieu de les craindre. On t rouve donc dans l'épicurisme la
première formulat ion claire de la séparat ion ent re le savoir et la religion, même si,
de manière moins explicit e, l'ensemble des présocrat iques se caract érise par le
refus de laisser les myt hes expliquer les phénomènes nat urels, comme les
éclipses.

Il faudra at t endre Arist ot e pour aplanir l'opposit ion ent re les deux courant s de
pensée ment ionnés plus haut .

La mét hode pré-socrat ique est également fondée dans son discours, s'appuyant
sur les élément s de la rhét orique : les démonst rat ions procèdent par une
argument at ion logique et par la manipulat ion de concept s abst rait s, bien que
génériques.

Platon et la dialectique

Article détaillé : dialectique.


Avec Socrat e et Plat on, qui en rapport e les paroles et les dialogues, la raison :
logos, et la connaissance deviennent int imement liés. Le raisonnement abst rait et
const ruit apparaît . Pour Plat on, les Formes sont le modèle de t out ce qui est
sensible, ce sensible ét ant un ensemble de combinaisons géomét riques
d'élément s. Plat on ouvre ainsi la voie à la « mat hémat isat ion » des phénomènes.
Les sciences met t ent sur la voie de la philosophie, au sens de « discours sur la
sagesse » ; inversement , la philosophie procure aux sciences un fondement assuré.
L'ut ilisat ion de la dialect ique, qui est l'essence même de la science complèt e alors
la philosophie, qui a, elle, la primaut é de la connaissance discursive (par le discours),
ou « dianoia » en grec. Pour Michel Blay : « La mét hode dialect ique est la seule qui,
rejet ant successivement les hypot hèses, s'élève jusqu'au principe même pour
assurer solidement ses conclusions ». Socrat e en expose les principes dans le
Théétète38. Pour Plat on, la recherche de la vérit é et de la sagesse (la philosophie)
est indissociable de la dialect ique scient ifique, c'est en effet le sens de
l'inscript ion figurant sur le front on de l'Académie, à At hènes : « Que nul n'ent re ici s'il
n'est géomèt re » note 12.

Aristote et la physique

Articles détaillés : Aristote et


Physique.
C'est surt out avec Arist ot e, qui fonde la physique et la zoologie, que la science
acquiert une mét hode, basée sur la déduct ion. On lui doit la première formulat ion
du syllogisme et de l'induct ion39. Les not ions de « mat ière », de « forme », de
« puissance » et d'« act e » deviennent les premiers concept s de manipulat ion
abst rait e 40. Pour Arist ot e, la science est subordonnée à la philosophie (c'est une
« philosophie seconde » dit -il) et elle a pour objet la recherche des premiers
principes et des premières causes, ce que le discours scient ifique appellera le
causalisme et que la philosophie nomme l'« arist ot élisme ». Néanmoins, dans le
domaine part iculier de l'ast ronomie, Arist ot e est à l'origine d'un recul de la pensée
par rapport à cert ains pré-socrat iques [réf. nécessaire] quant à la place de la t erre dans
une chaîne hiérarchisée mais sa t héorie est avant t out fixist e. Il pose l'exist ence
des premiers principes indémont rables, ancêt res des conject ures mat hémat iques
et logiques. Il décompose les proposit ions en nom et verbe, base de la science
linguist ique 39.

Période alexandrine et
Alexandrie à l'époque romaine

Article détaillé : sciences grecques.

Un fragment des Éléments d'Euclide


trouvé à Oxyrhynque.

Le fragment principal de la machine


d'Anticythère, un mécanisme à
engrenages capable de calculer la
date et l'heure des éclipses solaires
et lunaires.
mat hémat iques ainsi que par quelques avancées en physique. La ville égypt ienne
d'Alexandrie en est le cent re int ellect uel et les savant s d'alors y sont grecs.

Euclide (-325 à -265) est l'aut eur des Éléments, qui sont considérés comme l'un
des t ext es fondat eurs des mat hémat iques modernes. Ces post ulat s, comme celui
nommé le « post ulat d'Euclide » (voir Axiome des parallèles), que l'on exprime de
nos jours en affirmant que « par un point pris hors d'une droit e il passe une et une
seule parallèle à cet t e droit e » sont à la base de la géomét rie syst émat isée.

Les t ravaux d'Archimède (-292 à -212) sur sa poussée correspond à la première loi
physique connue alors que ceux d'Érat ost hène (-276 à -194) sur la circonférence
de la t erre ou ceux d'Arist arque de Samos (-310 à -240) sur les dist ances t erre-
lune et t erre-soleil t émoignent d'une grande ingéniosit é. Apollonius de Perga
modélise les mouvement s des planèt es à l'aide d'orbit es excent riques.

Hipparque de Nicée (-194 à -120) perfect ionne les inst rument s d’observat ion
comme le diopt re, le gnomon et l'ast rolabe. En algèbre et géomét rie, il divise le
cercle en 360°, et crée même le premier globe célest e (ou orbe). Hipparque rédige
également un t rait é en 12 livres sur le calcul des cordes (nommé aujourd'hui la
t rigonomét rie). En ast ronomie, il propose une « t héorie des épicycles » qui
permet t ra à son t our l'ét ablissement de t ables ast ronomiques t rès précises.
L'ensemble se révélera largement fonct ionnel, permet t ant par exemple de calculer
pour la première fois des éclipses lunaires et solaires. La machine d'Ant icyt hère, un
calculat eur à engrenages, capable de calculer la dat e et l'heure des éclipses, est
un des rares t émoignages de la sophist icat ion des connaissances grecques t ant en
ast ronomie et mat hémat iques qu'en mécanique et t ravail des mét aux.

Pt olémée d’Alexandrie (85 apr. J.-C. à 165) prolonge les t ravaux d'Hipparque et
d'Arist ot e sur les orbit es planét aires et about it à un syst ème géocent rique du
syst ème solaire, qui fut accept é dans les mondes occident al et arabe pendant
plus de mille t rois cent s ans, jusqu'au modèle de Nicolas Copernic. Pt olémée fut
l’aut eur de plusieurs t rait és scient ifiques, dont deux ont exercé par la suit e une t rès
grande influence sur les sciences islamique et européenne. L’un est le t rait é
d’ast ronomie, qui est aujourd’hui connu sous le nom de l’Almageste ; l’aut re est la
Géographie, qui est une discussion approfondie sur les connaissances
géographiques du monde gréco-romain.
Ingénierie et technologie
romaines

Article détaillé : Technologie de la


Rome antique.
La t echnologie romaine est un des aspect s les plus import ant s de la civilisat ion
romaine. Cet t e t echnologie, en part ie liée à la t echnique de la voût e, probablement
emprunt ée aux Ét rusques, a ét é cert ainement la plus avancée de l'Ant iquit é. Elle
permit la domest icat ion de l'environnement , not amment par les rout es et
aqueducs. Cependant , le lien ent re prospérit é économique de l'Empire romain et
niveau t echnologique est discut é par les spécialist es : cert ains, comme Emilio
Gabba, hist orien it alien, spécialist e de l'hist oire économique et sociale de la
République romaine, considèrent que les dépenses milit aires ont freiné le progrès
scient ifique et t echnique, pourt ant riche 41. Pour J. Kolendo, le progrès t echnique
romain serait lié à une crise de la main-d'œuvre, due à la rupt ure dans la
« fournit ure » d'esclaves non qualifiés, sous l'empereur August e. Les romains aurait
ainsi ét é capables de développer des t echniques alt ernat ives. Pour L. Cracco
Ruggini, la t echnologie t raduit la volont é de prest ige des couches dominant es42.

Cependant , la philosophie, la médecine et les mat hémat iques sont d'origine


grecque, ainsi que cert aines t echniques agricoles. La période pendant laquelle la
e
t echnologie romaine est la plus foisonnant e est le siècle av. J.-C. et le
er
siècle av. J.-C., et surt out à l'époque d'August e. La t echnologie romaine a at t eint
er
son apogée au siècle avec le ciment , la plomberie, les grues, machines, dômes,
arches. Pour l'agricult ure, les Romains développent le moulin à eau. Néanmoins, les
savant s romains furent peu nombreux et le discours scient ifique abst rait progressa
peu pendant la Rome ant ique : « les Romains, en faisant prévaloir les « humanit és »,
la réflexion sur l'homme et l'expression écrit e et orale, ont sans dout e occult é pour
l'avenir des « realit a » scient ifiques et t echniques » 43, mis à part quelques grands
Science au Moyen Âge

Articles détaillés : Science du Moyen


Âge et Sciences et techniques dans
l'Empire byzantin.
Bien que cet t e période s'apparent e généralement à l'hist oire européenne, les
avancées t echnologiques et les évolut ions de la pensée scient ifique du monde
orient al (civilisat ion arabo-musulmane) et , en premier lieu, celles de l'empire
byzant in, qui hérit e du savoir lat in, et où puisera le monde arabo-musulman, enfin
celles de la Chine sont décisives dans la const it ut ion de la « science moderne »,
int ernat ionale, inst it ut ionnelle et se fondant sur une mét hodologie. La période du
Moyen Âge s'ét end ainsi de 512 à 1492 ; elle connaît le développement sans
précédent des t echniques et des disciplines, en dépit d'une image obscurant ist e,
propagée par les manuels scolaires.

En Europe
Les byzant ins maît risaient l'archit ect ure urbaine et l'admission d'eau ; ils
perfect ionnèrent également les horloges à eau et les grandes norias pour
l'irrigat ion ; t echnologies hydrauliques dont la civilisat ion arabe a hérit é et qu'elle a
t ransmis à son t our. L'hygiène et la médecine firent également des progrès44. Les
Universit és byzant ines ainsi que les bibliot hèques compilèrent de nombreux t rait és
et ouvrages d'ét ude sur la philosophie et le savoir scient ifique de l'époque 45.

L'Europe occident ale, après une période de repli durant le Haut Moyen Âge,
e e
ret rouve un élan cult urel et t echnique qui culmine au siècle. Néanmoins, du
e
au siècle la période dit e, en France, de la Renaissance carolingienne permit ,
principalement par la scolarisat ion, le renouveau de la pensée scient ifique. La
apparit ion — avec l'académie de Port -Royal des Champs — et diverses mét hodes
scient ifiques se développer ainsi qu'un effort pour élaborer des modèles
mat hémat iques ou médicaux qui jouera « un rôle majeur dans l'évolut ion des
différent es concept ions du st at ut des sciences » 46. D'aut re part , le monde
médiéval occident al voit apparaît re une « laïcisat ion du savoir », concomit ant à
l'« aut onomisat ion des sciences ».

Dans le monde arabo-musulman

Article détaillé : Sciences et


techniques islamiques.
e e
Le monde arabo-musulman est à son apogée int ellect uel du au siècle ce
qui permet le développement d'une cult ure scient ifique spécifique, d'abord à
Damas sous les derniers Omeyyades, puis à Bagdad sous les premiers Abbassides.
La science arabo-musulmane est fondée sur la t raduct ion et la lect ure crit ique des
ouvrages de l'Ant iquit é note 14. L'ét endue du savoir arabo-musulman est ét roit ement
liée aux guerres de conquêt e de l'Islam qui permet t ent aux Arabes d'ent rer en
cont act avec les civilisat ions indienne et chinoise. Le papier, emprunt é aux Chinois
remplace rapidement le parchemin dans le monde musulman. Le Calife Hâroun ar-
Rachîd, féru d'ast ronomie, crée en 829 à Bagdad le premier observat oire
permanent , permet t ant à ses ast ronomes de réaliser leurs propres ét udes du
mouvement des ast res. Abu Raihan al-Biruni, reprenant les écrit s d'Érat ost hène
e
d'Alexandrie ( siècle av. J.-C.), calcule le diamèt re de la Terre et affirme que la
Terre t ournerait sur elle-même, bien avant Galilée. En 832 sont fondées les
Maisons de la sagesse (Baït al-hikma), lieux de part age et de diffusion du savoir.

En médecine, Avicenne (980-1037) rédige une monument ale encyclopédie, le


Qanûn. Ibn Nafis décrit la circulat ion sanguine pulmonaire, et al-Razi recommande
e
l'usage de l'alcool en médecine. Au siècle, Abu-l-Qasim az-Zahrawi (appelé
Abulcassis en Occident ) écrit un ouvrage de référence pour l'époque, sur la
chirurgie.
Enfin, la t héologie mot azilit e se développe sur la logique et le rat ionalisme, inspirés
de la philosophie grecque et de la raison (logos), qu'elle cherche à rendre
compat ible avec les doct rines islamiques.

Sciences en Chine médiévale

Article détaillé : Histoire des


sciences et techniques en Chine.
La Chine de l'Ant iquit é a surt out cont ribué à l'innovat ion t echnique, avec les quat re
invent ions principalesnote 15 qui sont : le papier (dat é du e
siècle av. J.-C.),
l'imprimerie à caract ères mobiles (au e
siècle)47, la poudre (la première t race
écrit e at t est ée semble êt re le Wujing Zongyao qui dat erait des alent ours de 1044)
e
et la boussole, ut ilisée dès le siècle, dans la géomancie. Le scient ifique chinois
Shen Kuo (1031-1095) de la Dynast ie Song décrit la boussole magnét ique comme
inst rument de navigat ion.

Maquette d'une cuillère indiquant le


sud (appelée sinan) du temps des
Han (206 av. J.-C. - 220 apr. J.-C.).

Pour l'hist orien Joseph Needham, dans Science et civilisation en Chine48, vast e
ét ude de dix-sept volumes, la sociét é chinoise a su met t re en place une science
innovant e, dès ses début s. Needham en vient même à relat iviser la concept ion
Les t rait és de mat hémat iques et de démonst rat ion abondent comme Les Neuf
e
Chapitres (qui présent ent près de 246 problèmes) t ransmis par Liu Hui ( siècle)
e
et par Li Chunfeng ( siècle) ou encore les Reflets des mesures du cercles sur la
mer de Li Ye dat ant de 1248 ét udiés par Karine Chemla et qui abordent les not ions
arit hmét iques des fract ions, d'ext ract ion de racines carrée et cubique, le calcul de
l'aire du cercle et du volume de la pyramide ent re aut res50. Karine Chelma a ainsi
démont ré que l'opinion répandue selon laquelle la démonst rat ion mat hémat ique
serait d'origine grecque ét ait part iellement fausse, les Chinois s'ét ant posé les
mêmes problèmes à leur époque ; elle dira ainsi : on ne peut rest er occident alo-
cent ré, l'hist oire des sciences exige une mise en perspect ive int ernat ionale des
savoirs51.

Inde des mathématiques


médiévales
Les mat hémat iques indiennes sont part iculièrement abst rait es et ne sont pas
orient ées vers la prat ique, au cont raire de celles des Égypt iens par exemple. C'est
avec Brahmagupt a (598 - 668) et son ouvrage célèbre, le Brahmasphutasiddhanta,
part iculièrement complexe et novat eur, que les différent es facet t es du zéro,
chiffre et nombre, sont parfait ement comprises et que la const ruct ion du syst ème
de numérat ion décimal de posit ion est parachevée. L'ouvrage explore également ce
e
que les mat hémat iciens européens du siècle ont nommé la « mét hode
chakravala », qui est un algorit hme pour résoudre les équat ions diophant iennes. Les
nombres négat ifs sont également int roduit s, ainsi que les racines carrées. La
période s'achève avec le mat hémat icien Bhaskara II (1114-1185) qui écrivit
plusieurs t rait és import ant s. À l'inst ar de Nasir al-Din al-Tusi (1201-1274) il
développe en effet la dérivat ion [réf. nécessaire]. On y t rouve des équat ions
polynomiales, des formules de t rigonomét rie, dont les formules d'addit ion.
Bhaskara est ainsi l'un des pères de l'analyse puisqu'il int roduit plusieurs élément s
relevant du calcul différent iel : le nombre dérivé, la différent iat ion et l'applicat ion
aux ext rema et même une première forme du t héorème de Rolle [réf. nécessaire]
Aryabhata.

Mais c'est surt out avec Âryabhat a (476-550), dont le t rait é d’ast ronomie (nommé
l’Aryabatîya) écrit en vers aux alent ours de 499, que les mat hémat iques indiennes
se révèlent note 16. Il s'agit d'un court t rait é d'ast ronomie présent ant 66 t héorèmes
d'arit hmét ique, d'algèbre, ou de t rigonomét rie plane et sphérique. Aryabhat a invent e
par ailleurs un syst ème de représent at ion des nombres fondé sur les signes
consonant iques de l'alphasyllabaire sanskrit .

Ces percées seront reprises et amplifiées par les mat hémat iciens et ast ronomes
de l'école du Kerala, parmi lesquels : Madhava de Sangamagrama, Nilakant ha
Somayaji, Parameswara, Jyesht adeva, ou Achyut a Panikkar, pendant la période
e e
médiévale du siècle au siècle. Ainsi, le Yuktibhasa ou Ganita Yuktibhasa est
un t rait é de mat hémat iques et d'ast ronomie, écrit par l'ast ronome indien
Jyest hadeva, membre de l'école mat hémat ique du Kerala en 153052. Jyest hadeva
a ainsi devancé de t rois siècles la découvert e du calcul infinit ésimal par les
occident aux.

Fondements de la science
moderne en Europe
Science institutionnalisée
e
C'est au t ournant du siècle, et not amment avec la créat ion des premières
universit és de Paris (1170) et Oxford (1220) que la science en Europe
s'inst it ut ionnalisa, t out en conservant une affiliat ion int ellect uelle avec la sphère
religieuse. La t raduct ion et la redécouvert e des t ext es ant iques grecs, et en
premier lieu les Éléments d'Euclide ainsi que les t ext es d'Arist ot e, grâce à la
civilisat ion arabo-musulmane, firent de cet t e période une renaissance des
disciplines scient ifiques, classées dans le quadrivium (parmi les Art s Libéraux). Les
Européens découvrirent ainsi l'avancée des Arabes, not amment les t rait és
mat hémat iques : Algèbre d'Al-Khwarizmi, Optique d'Ibn al-Hayt ham ainsi que la
somme médicale d'Avicenne. En s'inst it ut ionnalisant , la science devint plus ouvert e
et plus fondament ale, même si elle rest ait assujet t ie aux dogmes religieux et
qu'elle n'ét ait qu'une branche encore de la philosophie et de l'ast rologie. Aux côt és
de Roger Bacon, la période fut marquée par quat re aut res personnalit és qui
jet èrent , en Europe chrét ienne, les fondement s de la science moderne :

Roger Bacon (1214-1294) est


philosophe et moine anglais. Il
jeta les bases de la méthode
expérimentale. Roger Bacon
admet trois voies de
connaissance : l'autorité, le
raisonnement et l'expérience. Il
rejette donc l'autorité de
raisons extérieures et promeut
« L'argument [qui] conclut et nous
fait concéder la conclusion, mais
il ne certifie pas et il n'éloigne pas
le doute au point que l'âme se
repose dans l'intuition de la vérité,
car cela n'est possible que s'il la
trouve par la voie de
l'expérience »53. Les œuvres de
Bacon ont pour but l'intuition de la
vérité, c'est-à-dire la certitude
scientifique, et cette vérité à
atteindre est pour lui le salut. La
science procédant de l'âme est
donc indispensable.
Robert Grosseteste (env 1168-
prémices des sciences
expérimentales, en explicitant le
schéma : observations,
déductions de la cause et des
principes, formation
d'hypothèse(s), nouvelles
observations réfutant ou vérifiant
les hypothèses enfin54. Il
développa les techniques
d'optique et en fit même la
science physique fondamentale (il
étudia le comportement des
rayons lumineux et formule même
la première description de principe
du miroir réfléchissant, principe
qui permettra l'invention du
« Réfraction de la lumière » par Robert Grosseteste De
natura locorum ( e siècle).

Le religieux dominicain Albert le


Grand (1193-1280) fut considéré
par certains contemporains
comme un alchimiste et magicien,
néanmoins ses études
biologiques permirent de jeter les
fondations des disciplines des
sciences de la vie. Il mena ainsi
l'étude du développement du
poulet en observant le contenu
d'œufs pondus dans le temps et
commenta le premier le
fœtus. Il établit également une
classification systématique des
végétaux, ancêtre de la
taxonomie. Il décrit également les
premières expériences de
chimie55.
L'Europe sort ait ainsi d'une lét hargie int ellect uelle. L'Église, avait int erdit jusqu'en
1234 les ouvrages d'Arist ot e, accusé de paganisme [réf. nécessaire]. Ce n'est qu'avec
Saint Thomas d'Aquin que la doct rine arist ot élicienne fut accept ée par les papes.

Saint Thomas d'Aquin, t héologien, permit de redécouvrir, par le monde arabe, les
t ext es d'Arist ot e et des aut res philosophes grecs, qu'il ét udia à Naples, à
l'universit é dominicaine note 17. Cependant , il est surt out connu pour son principe dit
de l'autonomie respective de la raison et de la foi. Saint Thomas d'Aquin fut en effet
le premier t héologien à dist inguer, dans sa Somme théologique (1266-1273) la
raison (facult é nat urelle de penser, propre à l'homme) et la foi (adhésion au dogme
de la Révélat ion)56. Celle-ci est indémont rable, alors que la science est explicable
par l'ét ude des phénomènes et des causes. L'une et l'aut re enfin ne peuvent
s'éclairer mut uellement .

Guillaume d'Occam (v. 1285- v. 1349) permit une avancée sur le plan de la mét hode.
En énonçant son principe de parcimonie, appelé aussi rasoir d'Occam, il procure à la
science un cadre épist émologique fondé sur l'économie des argument s. Empirist e
avant l'heure, Occam post ule que : « Entia non sunt multiplicanda praeter
necessitatem », lit t éralement « Les ent it és ne doivent pas êt re mult ipliées par delà
ce qui est nécessaire ». Il explique par là qu'il est inut ile d'avancer sans preuves et
de forger des concept s illusoires permet t ant de just ifier n'import e quoi57.
Renaissance et la « science
classique »

Article détaillé : Sciences et


techniques de la Renaissance.

L'Homme de Vitruve de Léonard de


Vinci, représentatif de la Renaissance
italienne.

La Renaissance est une période qui se sit ue en Europe à la fin du Moyen Âge et au


e e
début des Temps modernes. Dans le courant du siècle et au siècle, cet t e
période permit à l'Europe de se lancer dans des expédit ions marit imes d'envergure
mondiale, connues sous le nom de grandes découvert es ; de nombreuses
innovat ions furent popularisées, comme la boussole ou le sext ant ; la cart ographie
se développa, ainsi que la médecine, grâce not amment au courant de l'humanisme.
Selon l'hist orien anglais John Hale, ce fut à cet t e époque que le mot Europe ent ra
dans le langage courant et fut dot é d'un cadre de référence solidement appuyé sur
des cart es et d'un ensemble d'images affirmant son ident it é visuelle et cult urelle.
descript ions, invent ions, applicat ions et en représent at ions du monde, qu'il import e
de décomposer afin de rendre une image fidèle de cet t e phase hist orique :

Naissance de la méthode
scientifique : Francis Bacon

Francis Bacon.

Francis Bacon (1561-1626) est le père de l'empirisme. Il pose le premier les


fondement s de la science et de ses mét hodes58. Dans son ét ude des faux
raisonnement s, sa meilleure cont ribut ion a ét é dans la doct rine des idoles.
D'ailleurs, il écrit dans le Novum Organum (ou « nouvelle logique » par opposit ion à
celle d’Arist ot e) que la connaissance nous vient sous forme d'objet s de la nat ure,
mais que l'on impose nos propres int erprét at ions sur ces objet s.

D'après Bacon, nos t héories scient ifiques sont const ruit es en fonct ion de la façon
dont nous voyons les objet s ; l'êt re humain est donc biaisé dans sa déclarat ion
d'hypot hèses [pas clair]. Pour Bacon, « la science vérit able est la science des
causes ». S’opposant à la logique arist ot élicienne note 19 qui ét ablit un lien ent re les
principes généraux et les fait s part iculiers, il abandonne la pensée déduct ive, qui
procède à part ir des principes admis par l’aut orit é des Anciens, au profit de
l’« interprétation de la nature », où l’expérience enrichit réellement le savoirnote 20. En
somme, Bacon préconise un raisonnement et une mét hode fondés sur le
raisonnement expériment al :
dogmatique, telle l'araignée ourdit des toiles dont la
matière est extraite de sa propre substance. L'abeille
garde le milieu ; elle tire la matière première des fleurs
des champs, puis, par un art qui lui est propre, elle la
travaille et la digère. […] Notre plus grande ressource,
celle dont nous devons tout espérer, c'est l'étroite
alliance de ses deux facultés : l'expérimentale et la
rationnelle, union qui n'a point encore été formée59. »

Pour Bacon, comme plus t ard pour les scient ifiques, la science améliore la
condit ion humaine. Il expose ainsi une ut opie scient ifique, dans la Nouvelle Atlantide
(1627), qui repose sur une sociét é dirigée par « un collège universel » composé de
savant s et de prat iciens.

De l'« imago mundi » à l'astronomie

Articles détaillés : Révolution


copernicienne et Histoire de
l'astronomie.

Représentation de la mécanique
céleste au sein du système de
Ni l C i
Maria Cunitz, astronome (1610-1664),
autrice de l'ouvrage Urania propitia

Direct ement permise par les mat hémat iques de la Renaissance, l'ast ronomie
s'émancipe de la mécanique arist ot élicienne, ret ravaillée par Hipparque et
Pt olémée. La t héologie médiévale se fonde quant à elle, d'une part sur le modèle
d'Arist ot e, d'aut re part sur le dogme de la créat ion biblique du monde. C'est surt out
Nicolas Copernic, avec son ouvrage De revolutionibus (1543) qui met fin au modèle
arist ot élicien de l'immuabilit é de la Terre. Sa doct rine a permis l'inst aurat ion de
l'héliocent risme : « avec Copernic, et avec lui seul, s'amorce un bouleversement
dont sort iront l'ast ronomie et la physique modernes » explique Jean-Pierre Verdet ,
Doct eur ès sciences60. Repris et développé par Georg Joachim Rhet icus,
l'héliocent risme sera confirmé par des observat ionsnote 21, en part iculier celles des
phases de Vénus et de Jupit er par Galilée (1564-1642), qui met par ailleurs au point
une des premières lunet t es ast ronomiques, qu'il nomme « t élescope ». Dans cet t e
période, et avant que Galilée n'int ervienne, la t héorie de Copernic rest e confinée à
quelques spécialist es, de sort e qu'elle ne rencont re que des opposit ions
ponct uelles de la part des t héologiens, les ast ronomes rest ant le plus souvent
favorables à la t hèse géocent rique. Néanmoins, en 1616, le Saint -Office publie un
décret condamnant le syst ème de Copernic et met t ant son ouvrage à l'index. En
dépit de cet t e int erdict ion, « Galilée adopt era donc la cosmologie de Copernic et
const ruira une nouvelle physique avec le succès et les conséquences que l'on
sait » 61, c'est -à-dire qu'il permet t ra la diffusion des t hèses héliocent riques. Kepler
dégagera les lois empiriques des mouvement s célest es alors que Huygens décrira
la force cent rifuge. Newt on unifiera ces approches en découvrant la gravit at ion
universelle.
Portrait de Galilée.

Le danois Tycho Brahe observera de nombreux phénomènes ast ronomiques


comme une nova et fondera le premier observat oire ast ronomique, « Uraniborg » 62.
Il y fit l'observat ion d'une comèt e en 1577. Johannes Kepler, l'élève de Brahe qu'il
rencont re en 1600, va, quant à lui, amorcer les premiers calculs à des fins
ast ronomiques, en prévoyant précisément un lever de Terre sur la Lune [Quoi ?] et en
énonçant ses « t rois lois » publiées en 1609 et 16l9note 22. Avec Huygens la
géomét rie devient la part ie cent rale de la science ast ronomique, faisant écho aux
mot s de Galilée se paraphrasant par l'expression : « le livre du monde est écrit en
mat hémat ique » 63.

Avec t ous ces ast ronomes, et en l'espace d'un siècle et demi (jusqu'aux Principia
de Newt on en 1687), la représent at ion de l'univers passe d'un « monde clos à un
monde infini » selon l'expression d'Alexandre Koyré 64.

De l'alchimie à la chimie

Articles détaillés : Alchimie et


Histoire de la chimie.
Art ésot érique depuis l'Ant iquit é, l'alchimie est l'ancêt re de la physique au sens
pensée scient ifique. L'expériment at ion doit ainsi beaucoup aux laborat oires des
alchimist es, qui découvrirent de nombreux corps que répert oriés plus t ard par la
chimie : l'ant imoine, l'acide sulfurique ou le phosphore par exemple. Les inst rument s
des alchimist es furent ceux des chimist es modernes, l'alambic par exemple. Selon
Serge Hut in, c'est surt out sur la médecine que l'alchimie eut une influence not able,
par l'apport de médicat ions minérales et par l'élargissement de la pharmacopée 66.

En dépit de ces fait s hist oriques, le passage de l'alchimie à la chimie demeure


complexe. Pour le chimist e Jean-Bapt ist e Dumas : « La chimie prat ique a pris
naissance dans les at eliers du forgeron, du pot ier, du verrier et dans la bout ique du
parfumeur » 67. « L'alchimie n'a donc pas joué le rôle unique dans la format ion de la
chimie ; il n'en rest e pas moins que ce rôle a ét é capit al ». Pour la conscience
populaire, ce sont les premiers chimist es modernes — comme Ant oine Laurent de
e
Lavoisier surt out , au siècle, qui pèse et mesure les élément s chimiques — qui
consomment le divorce ent re chimie et alchimie. De nombreux philosophes et
savant s sont ainsi soit à l'origine des alchimist es (Roger Bacon ou Paracelse), soit
s'y int éressent , t els Francis Bacon68 et même, plus t ard Isaac Newt on. Or, « c'est
une erreur de confondre l'alchimie avec la chimie. La chimie moderne est une
science qui s'occupe uniquement des formes ext érieures dans lesquelles l'élément
de la mat ière se manifest e [alors que] […] L'alchimie ne mélange ou ne compose
rien » selon F. Hart mann, pour qui elle est davant age comparable à la bot anique 69.
En somme, bien que les deux disciplines soient liées, par l'hist oire et leurs act eurs,
la différence réside dans la représent at ion de la mat ière : combinaisons chimiques
pour la chimie, manifest at ions du monde inanimé comme phénomènes biologiques
pour l'alchimie. Pour Bernard Vidal, l'alchimie a surt out « permis d'amasser une
connaissance manipulat oire, prat ique, de l'objet chimique (…) L'alchimist e a ainsi
commencé à débroussailler le champ d'expériences qui sera nécessaire aux
chimist es des siècles fut urs » 70.

La chimie naît ainsi comme discipline scient ifique avec Andreas Libavius (1550-
1616) qui publie le premier recueil de chimie, en lien avec la médecine et la
pharmacie (il classifie les composés chimiques et donne les mét hodes pour les
préparer) alors que plus t ard Nicolas Lémery (1645-1715) publiera le premier t rait é
de chimie faisant aut orit é avec son Cours de chimie, contenant la manière de faire
les opérations qui sont en usage dans la médecine, par une méthode facile, avec des
raisonnements sur chaque opération, pour l’instruction de ceux qui veulent
( )
Émergence de la physiologie
moderne

Articles détaillés : Histoire de la


biologie et Renaissance.
Les découvert es médicales et les progrès effect ués dans la connaissance de
l’anat omie, en part iculier après la première t raduct ion de nombreuses œuvres
e e
ant iques d’Hippocrat e et de Galien aux siècle et siècle permet t ent des
avancées en mat ière d'hygiène et de lut t e cont re la mort alit é. André Vésale jet t e
ainsi les bases de l'anat omie moderne alors que le fonct ionnement de la circulat ion
sanguine est découvert e par Michel Servet et les premières ligat ures des art ères
sont réalisées par Ambroise Paré.

Diffusion du savoir
Le domaine des t echniques progresse considérablement grâce à l’invent ion de
e
l’imprimerie par Johannes Gut enberg au siècle, invent ion qui bouleverse la
t ransmission du savoir.

Le nombre de livres publiés devient ainsi exponent iel, la scolarisat ion de masse est
possible, par ailleurs les savant s peuvent débat t re par l'int ermédiaire des compt es-
rendus de leurs expériment at ions. La science devient ainsi une communaut é de
savant s. Les académies des sciences surgissent , à Londres, Paris, Saint -
Pét ersbourg et Berlin.

Les journaux et périodiques prolifèrent , t els le Journal des sçavans, Acta


Eruditorum, Mémoires de Trevoux, et c. mais les domaines du savoir y sont encore
mêlés et ne const it uent pas encore t ot alement des disciplines. La science, bien
que s'inst it ut ionnalisant , fait encore part ie du champ de l'invest igat ion
Galileo and Viviani, par Tito Lessi
(1892).

Finalement la Renaissance permet , pour les disciplines scient ifiques de la mat ière,
la créat ion de disciplines et d'épist émologies dist inct es mais réunies par la
scient ificit é, elle-même permise par les mat hémat iques, car, selon l'expression de
Pascal Brioist : « la mat hémat isat ion d’une prat ique conduit à lui donner le t it re
spécifique de science » 73. Michel Blay voit ainsi dans les débat s aut our de
concept s clés, comme ceux d'absolu ou de mouvement , de t emps et d'espace, les
élément s d'une science classique.

Les « Lumières » et les grands


systèmes scientifiques
Au e
siècle, la « révolut ion scient ifique » 74 est permise par la mathématisation
de la science. Les universit és occident ales avaient commencé à apparaît re au
e e
siècle, mais ce n'est qu'au cours du siècle qu'apparaissent les aut res
inst it ut ions scient ifiques, not amment l'Accademia dei Lincei, fondée en 1603
(ancêt re de l'Académie pont ificale des sciences), les académies des sciences, les
sociét és savant es. Les sciences nat urelles et la médecine surt out se
développèrent durant cet t e période 75.

L'Encyclopédie
morale du savoir. Le philosophe Denis Diderot et le mat hémat icien Jean Le Rond
d'Alembert publient en 1751 l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences,
des arts et des métiers qui permet de faire le point sur l'ét at du savoir de l'époque.
L'Encyclopédie devient ainsi un hymne au progrès scient ifique 76.

La Planche 1-143 de l'Encyclopédie


représentant l'anatomie humaine.

Avec l'Encyclopédie naît également la concept ion classique que la science doit
son apparit ion à la découvert e de la mét hode expériment ale. d'Alembert explique
ainsi, dans le Discours préliminaire de l'Encyclopédie (1759) que :

« Ce n'est point par des hypothèses vagues et arbitraires


que nous pouvons espérer de connaître la nature, c'est
(…) par l'art de réduire autant qu'il sera possible, un
grand nombre de phénomènes à un seul qui puisse en
être regardé comme le principe (…). Cette réduction
constitue le véritable esprit systématique, qu'il faut bien
se garder de prendre pour l'esprit de système77 »
Article détaillé : Rationalisme.
La période dit e des Lumières init ie la mont ée du courant rat ionalist e, provenant de
René Descart es puis des philosophes anglais, comme Thomas Hobbes et David
Hume, qui adopt ent une démarche empirique 78, met t ant l’accent sur les sens et
l’expérience dans l’acquisit ion des connaissances, au dét riment de la raison pure.
Des penseurs, également scient ifiques (comme Got t fried Wilhelm Leibniz, qui
développe les mat hémat iques et le calcul infinit ésimal, ou Emmanuel Kant , le baron
d'Holbach, dans Système de la nature, dans lequel il sout ient l’at héisme cont re
t out e concept ion religieuse ou déist e, le mat érialisme et le fat alisme c'est -à-dire
le dét erminisme scient ifique, ou encore Pierre Bayle avec ses Pensées diverses sur
la comète79) font de la Raison (avec une majuscule) un cult e au progrès et au
développement social. Les découvert es d'Isaac Newt on, sa capacit é à confront er
et à assembler les preuves axiomat iques et les observat ions physiques en un
syst ème cohérent donnent le t on de t out ce qui suit son exemplaire Philosophiae
Naturalis Principia Mathematica. En énonçant en effet la théorie de la gravitation
universelle, Newt on inaugure l'idée d'une science comme discours t endant à
expliquer le monde, considéré comme rat ionnel car ordonné par des lois
reproduct ibles.

L'avènement du sujet pensant , en t ant qu'individu qui peut décider par son
raisonnement propre et non plus sous le seul joug des us et cout umes, avec John
Locke, permet la naissance des sciences humaines, comme l'économie, la
démographie, la géographie ou encore la psychologie.

Naissance des grandes disciplines


scientifiques
Carl von Linné.

La majorit é des disciplines majeures de la science se consolident , dans leurs


e
épist émologies et leurs mét hodes, au siècle. La bot anique apparaît avec Carl
von Linné qui publie en 1753 Species plantarum, point du départ du syst ème du
binôme linnéen et de la nomenclat ure bot anique 80. La chimie naît par ailleurs avec
Ant oine Laurent de Lavoisier, qui énonce en 1778 la loi de conservation de la
matière, ident ifie et bapt ise l'oxygène. Les sciences de la t erre font aussi leur
apparit ion. Comme discipline, la médecine progresse également avec la
const it ut ion des examens cliniques et les premières classificat ion des maladies par
William Cullen et François Boissier de Sauvages de Lacroix.

e siècle
e
La biologie connaît au siècle de profonds bouleversement s avec la naissance
de la génét ique, à la suit e des t ravaux de Gregor Mendel, le développement de la
physiologie, l'abandon du vit alisme à la suit e de la synt hèse de l'urée qui démont re
que les composés organiques obéissent aux mêmes lois physico-chimiques que les
composés inorganiques. L'opposit ion ent re science et religion se renforce avec la
parut ion de L'Origine des espèces81 en 1859 de Charles Darwin. Les sciences
humaines naissent , la sociologie avec August e Comt e, la psychologie avec Charcot
et Wilhelm Maximilian Wundt .
Claude Bernard et la méthode
expérimentale

Claude Bernard.

Claude Bernard (1813-1878) est un médecin et physiologist e, connu pour l'ét ude du
syndrome de Claude Bernard-Horner. Il est considéré comme le fondat eur de la
médecine expériment ale 82,note 23. Il rédige la première mét hode expériment ale,
considérée comme le modèle à suivre de la prat ique scient ifique. Il énonce ainsi les
axiomes de la mét hode médicale dans Introduction à l'étude de la médecine
expérimentale (1865) et en premier lieu l'idée que l'observat ion doit réfut er ou
valider la t héorie :

« La théorie est l’hypothèse vérifiée après qu’elle a été


soumise au contrôle du raisonnement et de la critique.
Une théorie, pour rester bonne, doit toujours se modifier
avec le progrès de la science et demeurer constamment
soumise à la vérification et la critique des faits nouveaux
qui apparaissent. Si l’on considérait une théorie comme
parfaite, et si on cessait de la vérifier par l’expérience
scientifique, elle deviendrait une doctrine83 »
Article détaillé : Révolution
industrielle.

Un des premiers microscopes.

Les Première et Seconde Révolut ions Indust rielles sont marquées par de profonds
bouleversement s économiques et sociaux, permis par les innovat ions et
découvert es scient ifiques et t echniques. La vapeur, puis l'élect ricit é compt ent
parmi ces progrès not ables qui ont permis l'améliorat ion des t ransport s et de la
product ion. Les inst rument s scient ifiques sont plus nombreux et plus sûrs, t els le
microscope (à l'aide duquel Louis Past eur découvre les microbes) ou le t élescope
se perfect ionnent . La physique acquiert ses principales lois, not amment avec
James Clerk Maxwell qui, énonce les principes de la t héorie cinét ique des gaz ainsi
que l'équat ion d'onde fondant l'élect romagnét isme. Ces deux découvert es
permirent d'import ant s t ravaux ult érieurs not amment en relat ivit é rest reint e et en
e
mécanique quant ique. Il esquisse ainsi les fondement s des sciences du siècle,
not amment les principes de la physique des part icules, à propos de la nat ure de la
lumière.
e e
Tout comme le siècle, le siècle connaît une accélérat ion import ant e des
découvert es scient ifiques. On not e l'améliorat ion de la précision des inst rument s,
qui eux-mêmes reposent sur les avancées les plus récent es de la science ;
l'informat ique qui se développe à part ir des années 1950 et permet un meilleur
t rait ement d'une masse d'informat ions t oujours plus import ant e et about it à
révolut ionner la prat ique de la recherche, est un de ces inst rument s.

Les échanges int ernat ionaux des connaissances scient ifiques sont de plus en plus
rapides et faciles (ce qui se t raduit par des enjeux linguist iques) ; t out efois, les
e
découvert es les plus connues du siècle précèdent la vérit able mondialisat ion
et l'uniformisat ion linguist ique des publicat ions scient ifiques. En 1971, la firme Int el
met au point le premier micro-processeur et , en 1976, Apple commercialise le
premier ordinat eur de bureau. Dans La Société post-industrielle. Naissance d'une
société, le sociologue Alain Touraine présent e les caract érist iques d'une science au
service de l'économie et de la prospérit é mat érielle.

Complexification des sciences


De « révolut ions scient ifiques » note 24 en révolut ions scient ifiques, la science voit
ses disciplines se spécialiser. La complexificat ion des sciences explose au
e
siècle, conjoint ement à la mult iplicat ion des champs d'ét ude. Parallèlement ,
les sciences viennent à se rapprocher voire à t ravailler ensemble. C'est ainsi que,
par exemple, la biologie fait appel à la chimie et à la physique, t andis que cet t e
dernière ut ilise l'ast ronomie pour confirmer ou infirmer ses t héories (développant
l'ast rophysique). Les mat hémat iques deviennent le « langage » commun des
sciences ; les applicat ions ét ant mult iples. Le cas de la biologie est exemplaire.
Elle se divise en effet en de nombreuses branches : biologie moléculaire, biochimie,
biologie génét ique, agrobiologie, et c.
L'informatique, innovation majeure du
e
siècle, a apporté une précieuse
assistance aux travaux de recherche.

La somme des connaissances devient t elle qu'il est impossible pour un scient ifique
de connaît re parfait ement plusieurs branches de la science. C'est ainsi qu'ils se
spécialisent de plus en plus et , pour cont rebalancer cela, le t ravail en équipe
devient la norme. Cet t e complexificat ion rend la science de plus en plus abst rait e
pour ceux qui ne part icipent pas aux découvert es scient ifiques, en dépit de
programmes nat ionaux et int ernat ionaux (sous l'égide de l'ONU, avec l'Organisat ion
des Nat ions unies pour l'éducat ion, la science et la cult ure (UNESCO)) de
vulgarisat ion des savoirs.

Développement des sciences


sociales
Le siècle est également marqué par le développement des sciences sociales.
Celles-ci comport ent de nombreuses disciplines comme l'ant hropologie, la
sociologie, l'et hnologie, l'hist oire, la psychologie, la linguist ique, la philosophie,
l'archéologie, l'économie, ent re aut res.

Éthique et science : l'avenir de la


e
Le siècle est caract érisé par une accélérat ion des découvert es de point e,
comme la nanot echnologie. Par ailleurs, au sein des sciences nat urelles, la
génét ique promet des changement s sociaux ou biologiques sans précédent .
L'informat ique est par ailleurs à la fois une science et un inst rument de recherche
puisque la simulat ion informat ique permet d'expériment er des modèles t oujours
plus complexes et gourmands en t ermes de puissance de calcul. La science se
démocrat ise d'une part : des projet s int ernat ionaux voient le jour (lut t e cont re le
SIDA et le cancer, programme SETI, ast ronomie, dét ect eurs de part icules, et c.) ;
d'aut re part la vulgarisat ion scient ifique permet de faire accéder t oujours plus de
personnes au raisonnement et à la curiosit é scient ifique.

Une application nanotechnologique.

L'ét hique devient une not ion concomit ant e à celle de science. Les
nanot echnologies et la génét ique surt out posent les problèmes de sociét é fut urs,
à savoir, respect ivement , les dangers des innovat ions pour la sant é et la
manipulat ion du pat rimoine hérédit aire de l'homme. Les pays avancés
t echnologiquement créent ainsi des organes inst it ut ionnels chargé d'examiner le
bien-fondé des applicat ions scient ifiques. Par exemple, des lois bioét hiques se
met t ent en place à t ravers le monde, mais pas part out de la même manière, ét ant
t rès liées aux droit s locaux. En France, le Comit é Consult at if Nat ional d'Ét hique est
chargé de donner un cadre légal aux découvert es scient ifiques84.

Disciplines scientifiques
La science peut êt re organisée en grandes disciplines scient ifiques, not amment :
mat hémat iques, chimie, biologie, géologie, physique, mécanique, informat ique,
h l i i h i éd i i hé l i é i
Classification des
sciences

Hiérarchie des principales disciplines


scientifiques d'après Auguste Comte.
Par exemple, les sciences physiques
étudient la matière qui est régie par
des lois essentiellement
mathématiques, elles-mêmes régies
par des lois logiques. Les groupes de
disciplines diffèrent par leur méthode,
formelle ou empirique, et par leur
objet d'étude dont la complexité est
représentée sur le diagramme par un
nombre plus ou moins grand de
côtés aux figures.

Plusieurs axes de classificat ion des disciplines exist ent et sont présent ées dans
axe de la finalité : sciences
fondamentales (ex. : l'astronomie)
/ sciences appliquées (ex. : les
sciences de l'ingénieur) ;
axe par nature (catégories). Après
un classement par deux, puis par
trois dans l'histoire des sciences,
la pratique retient maintenant
quatre catégories :
1. les sciences formelles (ou
sciences logico-formelles),
2. les sciences physiques,
3. les sciences de la vie,
4. les sciences sociales ;
axe méthodologique.
abst rait es85, t andis que les sciences, t echnologies, ingénierie et mat hémat iques
(STEM) regroupent les sciences formelles et nat urelles.

Les sciences sociales, comme la sociologie, port ent sur l'ét ude des phénomènes
sociaux, les secondes, comme la physique, port ent sur l'ét ude des phénomènes
nat urels. Plus récemment , quelques aut eurs, comme Herbert Simon86,87, ont
évoqué l'apparit ion d'une cat égorie int ermédiaire, celle des sciences de l'art ificiel,
qui port ent sur l'ét ude de syst èmes créés par l'homme, mais qui présent ent un
comport ement indépendant ou relat ivement à l'act ion humaine. Il s'agit par
exemple des sciences de l'ingénieur.

On peut également dist inguer les sciences empiriques, qui port ent sur l'ét ude des
phénomènes accessibles par l'observat ion et l'expériment at ion, des sciences
logico-formelles, comme la logique ou les mat hémat iques, qui port ent sur des
ent it és purement abst rait es. Une aut re manière de cat égoriser les sciences
consist e à dist inguer les sciences fondament ales, dont le but premier est de
produire des connaissances, des sciences appliquées, qui visent avant t out à
appliquer ces connaissances à la résolut ion de problèmes concret s. D'aut res
cat égorisat ions exist ent , not amment la not ion de science exact e ou de science
dure. Ces dernières cat égorisat ions, bien que t rès courant es, sont beaucoup plus
discut ables que les aut res, car elles sont port euses d'un jugement (cert aines
sciences seraient plus exact es que d'aut res, cert aines sciences seraient
« molles »).

En out re, cert ains savant s, comme Paul Oppenheim, ont proposé une classificat ion
des sciences les imbriquant les unes dans les aut res, selon le principe des poupées
russes88.

De manière générale, aucune cat égorisat ion n'est complèt ement exact e ni
Sciences fondamentales et
appliquées

Articles détaillés : Science


fondamentale et Sciences
appliquées.
Cet t e classificat ion première repose sur la not ion d'ut ilit é : cert aines sciences
produisent des connaissances en sort e d’agir sur le monde (les sciences
appliquées, qu'il ne faut pas confondre avec la t echnique en t ant qu'applicat ion de
connaissances empiriques), c’est -à-dire dans la perspect ive d’un object if prat ique,
économique ou indust riel, t andis que d'aut res (les sciences fondament ales) visent
en priorit é l’acquisit ion de nouvelles connaissances.

Néanmoins, cet t e limit e est floue. Les mat hémat iques, la physique, la chimie, la
sociologie ou la biologie peuvent ainsi aussi bien êt re fondament ales qu'appliquées,
selon le cont ext e. En effet , Les découvert es issues de la science fondament ale
t rouvent des fins ut iles (exemple : le laser et son applicat ion au son numérique sur
CD-ROM). De même, cert ains problèmes t echniques mènent parfois à de nouvelles
découvert es en science fondament ale. Ainsi, les laborat oires de recherche et les
chercheurs peuvent faire parallèlement de la recherche appliquée et de la
recherche fondament ale. Par ailleurs, la recherche en sciences fondament ales
ut ilise les t echnologies issues de la science appliquée, comme la microscopie, les
possibilit és de calcul des ordinat eurs par la simulat ion numérique, par exemple.
Cert aines disciplines rest ent cependant plus ancrées dans un domaine que dans un
aut re. La cosmologie et l'ast ronomie sont par exemple des sciences
exclusivement fondament ales t andis que la médecine, la pédagogie ou l'ingénierie
sont des sciences essent iellement appliquées.

Par ailleurs, les mat hémat iques sont souvent considérées comme aut re chose
qu'une science, en part ie parce que la vérit é mat hémat ique n'a rien à voir avec la
vérit é des aut res sciences. L'objet des mat hémat iques est en effet int erne à cet t e
discipline. Ainsi, sur cet t e base, les mat hémat iques appliquées souvent perçues
davant age comme une branche mat hémat ique au service d'aut res sciences
(comme le démont rent les t ravaux du mat hémat icien Jacques-Louis Lions qui
explique : « Ce que j'aime dans les mat hémat iques appliquées, c'est qu'elles ont
pour ambit ion de donner du monde des syst èmes une représent at ion qui permet t e
de comprendre et d'agir ») seraient bien plut ôt sans finalit é prat ique. A contrario,
les mat hémat iques possèdent un nombre import ant de branches, d'abord
abst rait es, s'ét ant développées au cont act avec d'aut res disciplines comme les
st at ist iques, la t héorie des jeux, la logique combinat oire, la t héorie de l'informat ion,
la t héorie des graphes ent re aut res exemples, aut ant de branches qui ne sont pas
cat alogués dans les mat hémat iques appliquées mais qui pourt ant irriguent d'aut res
branches scient ifiques.

Sciences nomothétiques et
idiographiques
Un classement des sciences peut s'appuyer sur les mét hodes mises en œuvre. Une
première dist inct ion de cet ordre peut êt re fait e ent re les sciences nomot hét iques
et les sciences idiographiques :

les sciences nomothétiques


cherchent à établir des lois
susceptibles de se reproduire : on
y retrouve la physique et la
biologie, mais également des
sciences humaines ou sociales
comme l'économie, la psychologie
ou même la sociologie ;
les sciences idiographiques
s'occupent au contraire du
singulier, de l'unique, du non
récurrent. L'exemple de l'histoire
montre qu'il n'est pas absurde de
considérer que le singulier peut
être justiciable d'une approche
scientifique.
Wilhelm Windelband.

e
C'est à Wilhelm Windelband, philosophe allemand du siècle, que l'on doit la
première ébauche de cet t e dist inct ion, la réflexion de Windelband port ant sur la
nat ure des sciences sociales. Dans son Histoire et science de la nature (1894), il
sout ient que l'opposit ion ent re sciences de la nat ure et de l'esprit repose sur une
dist inct ion de mét hode et de « formes d'object ivat ion » 91. Jean Piaget reprendra le
vocable de nomothétique pour désigner les disciplines cherchant à dégager des
lois ou des relat ions quant it at ives en ut ilisant des mét hodes d'expériment at ion
st rict e ou syst émat ique. Il cit e la psychologie scient ifique, la sociologie, la
linguist ique, l'économie et la démographie. Il dist ingue ces disciplines des sciences
hist oriques, juridiques et philosophiques92.

Sciences empiriques et logico-


formelles

Articles détaillés : Science


ii tS i f ll
mat hémat iques et leur usage dans les disciplines liées ; cependant , selon les mot s
de Gilles-Gast on Granger, « la réalit é n'est pas aussi simple. Car, d'une part , c'est
souvent à propos de quest ions posées par l'observat ion empirique que des
concept s mat hémat iques ont ét é dégagés ; d'aut re part , si la mat hémat ique n'est
pas une science de la nat ure, elle n'en a pas moins de vérit ables objet s » 93. Selon
Léna Soler, dans son Introduction à l’épistémologie, dist ingue d’une part les
sciences formelles des sciences empiriques, d’aut re part les sciences de la nat ure
des sciences humaines et sociale 94 :

les sciences dites empiriques


portent sur le monde accessible
par l'expérience et par les sens.
Elles regroupent : les sciences de
la nature, qui étudient les
phénomènes naturels ; les
sciences humaines étudiant
l'Homme et ses comportements
individuels et collectifs, passés et
présents ;
de leur côté, les sciences logico-
formelles (ou sciences formelles)
des règles de formation et de
démonstration, des systèmes
axiomatiques. Il s'agit par
exemple des mathématiques ou
de la logiquenote 25.

Sciences de la nature et
sciences sociales

Articles détaillés : Sciences de la


nature et Sciences sociales.
Selon Gilles Gast on Granger, il exist e une aut re sort e d'opposit ion épist émologique,
dist inguant d'une part les sciences de la nature, qui ont des objet s émanant du
monde sensible, mesurables et classables ; d'aut re part les sciences de l'homme
aussi dit es sciences humaines, pour lesquelles l'objet est abst rait . Gilles-Gast on
Granger récuse par ailleurs de faire de l'ét ude du phénomène humain une science
proprement dit e note 26 :

les sciences sociales sont celles


qui ont pour objet d'étude les
phénomènes sociaux; les
cultures, leurs réalisations et leurs
comportements ;
les sciences de la nature, ou
« sciences naturelles » (« Natural
science » en anglais) ont pour
objet le monde naturel, la Terre et
l'Univers.
Le sens commun associe une discipline à un objet . Par exemple la sociologie
s’occupe de la sociét é, la psychologie de la pensée, la physique s’occupe de
phénomènes mécaniques, t hermiques, la chimie s’occupe des réact ions de la
mat ière. La recherche moderne mont re néanmoins l’absence de front ière et la
nécessit é de développer des t ransversalit és ; par exemple, pour cert aines
disciplines on parle de « physico-chimique » ou de « chimio-biologique »,
expressions qui permet t ent de mont rer les liens fort s des spécialit és ent re elles.
Une discipline est finalement définie par l’ensemble des référent iels qu’elle ut ilise
pour ét udier un ensemble d’objet s, ce qui forme sa scientificité. Néanmoins, ce
crit ère n'est pas absolu.

Pour le sociologue Raymond Boudon, il n'exist e pas une scient ificit é unique et
t ransdisciplinaire. Il s’appuie ainsi sur la not ion d’« airs de famille », not ion déjà
t héorisée par le philosophe Ludwig Wit t genst ein selon laquelle il n'exist e que des
ressemblances formelles ent re les sciences, sans pour aut ant en t irer une règle
générale permet t ant de dire ce qu'est « la science ». Raymond Boudon, dans L’art
de se persuader des idées douteuses, fragiles ou fausses95 explique que le
relat ivisme « s'il est une idée reçue bien inst allée […], repose sur des bases
fragiles » et que, cont rairement à ce que prêche Feyerabend, « il n'y a pas lieu de
édi l i
Classification des Sciences de
l'Homme et sociales (SHS) en
France

Article détaillé : Sciences humaines


et sociales.
Au niveau de la recherche scient ifique en France, le classement des disciplines est
le suivant dans la nouvelle nomenclat ure (2010) de la st rat égie nat ionale pour la
recherche et l'innovat ion (SNRI) des Sciences de l'Homme et de la Sociét é
(SHS)96 :

SHS1 : Marchés et organisations


(économie, finances,
management)
SHS2 : Normes, institutions et
comportements sociaux (Droit,
science politique, sociologie,
anthropologie, ethnologie,
dé hi i f ti t
SHS3 : Espace, environnement et
sociétés (Études
environnementales, géographie
physique, géographie sociale,
géographie urbaine et régionale,
aménagement du territoire)
SHS4 : Esprit humain, langage,
éducation (Sciences cognitives,
sciences du langage, psychologie,
sciences de l'éducation, STAPS)
SHS5 : Langues, textes, arts et
cultures (Langues, littérature, arts,
philosophie, religion, histoire des
idées)
SHS6 : Mondes anciens et
archéologie, histoire, histoire de
l'art)

Raisonnement
scientifique

Type formel pur

Article détaillé : Logique.


Selon Emmanuel Kant , la logique formelle est « science qui expose dans le dét ail
et prouve de manière st rict e, uniquement les règles formelles de t out e pensée ».
Les mat hémat iques et la logique formalisées composent ce t ype de raisonnement .
Cet t e classe se fonde par ailleurs sur deux principes const it ut ifs des syst èmes
formels : l'axiome et les règles de déduct ion ainsi que sur la not ion de syllogisme,
exprimée par Arist ot e le premier97 et liée au « raisonnement déduct if » (on parle
aussi de raisonnement « hypot hét ico-déduct if »), qu'il expose dans ses Topiques98
et dans son t rait é sur la logique : Les Analytiques.

Il s'agit également du t ype qui est le plus adéquat à la réalit é, celui qui a fait le plus
ses preuves, par la t echnique not amment . Le maît re-mot du t ype formel pur est la
démonst rat ion logique et non-cont radict oire (ent endu comme la démonst rat ion
qu'on ne pourra dériver dans le syst ème ét udié n'import e quelle proposit ion)99. En
d'aut res t ermes, il ne s'agit pas à proprement parler d'un raisonnement sur l'objet
mais bien plut ôt d'une mét hode pour t rait er les fait s au sein des démonst rat ions
scient ifiques et port ant sur les proposit ions et les post ulat s.
1. la logique de la déduction
naturelle ;
2. la logique combinatoire.
e
Le t ype formel fut part iculièrement développé au siècle, avec le logicisme et
la philosophie analyt ique. Bert rand Russell développe en effet une « mét hode
at omique » (ou at omisme logique) qui s’efforce de diviser le langage en ses part ies
élément aires, ses st ruct ures minimales, la phrase simple en somme. Wit t genst ein
projet ait en effet d’élaborer un langage formel commun à t out es les sciences
permet t ant d'évit er le recours au langage nat urel, et dont le calcul proposit ionnel
représent e l'about issement . Cependant , en dépit d'une st abilit é épist émologique
propre, a contrario des aut res t ypes, le t ype formel pur est également largement
t ribut aire de l'hist oricit é des sciences100

Type empirico-formel

Articles détaillés : Empirisme,


Modèle, Théorie et expérimentation.
Le modèle de ce t ype, fondé sur l'empirisme, est la physique. L'objet est ici
concret et ext érieur, non const ruit par la discipline (comme dans le cas du t ype
formel pur). Ce t ype est en fait la réunion de deux composant es :

d'une part il se fonde sur la


théorique formelle les
mathématiques (la physique
fondamentale par exemple) ;
d'autre part la dimension
expérimentale est complémentaire
(la méthode scientifique).

Expérience démontrant la viscosité du


bitume.

Le t ype empirico-formel progresse ainsi de la t héorie — donnée comme a priori — à


l'empirie, puis revient sur la première via un raisonnement circulaire dest iné à
confirmer ou réfut er les axiomes. Le « modèle » est alors l'int ermédiaire ent re la
t héorie et la prat ique. Il s'agit d'une schémat isat ion permet t ant d'éprouver
ponct uellement la t héorie. La not ion de « t héorie » est depuis longt emps cent rale
en philosophie des sciences, mais elle est remplacée, sous l'impulsion empirist e,
par celle de modèle, dès le milieu du e
siècle note 27. L'expérience (au sens de mise
en prat ique) est ici cent rale selon l'expression de Karl Popper : « Un syst ème
permet pas, en se coupant de l'imaginat ion, d'élaborer des t héories novat rices,
fondées sur l'int uit ion du scient ifique, permet t ant de dépasser des cont radict ions
que la simple observat ion des fait s ne pourrait résoudre.

Des débat s port ent néanmoins quant à la nat ure empirique de cert aines sciences
humaines, comme l'économie 102 ou l'hist oire, qui ne reposent pas sur une mét hode
t ot alement empirique, l'objet ét ant virt uel dans les deux disciplines.

Type herméneutique

Articles détaillés : Herméneutique et


Phénoménologie (science).
Les sciences herméneut iques (du grec hermeneutikè, « art d'int erprét er »)
décodent les signes nat urels et ét ablissent des int erprét at ions. Ce t ype de
discours scient ifique est caract érist ique des sciences humaines, où l'objet est
l'homme. Dans la mét hode herméneut ique, les effet s visibles sont considérés
comme un t ext e à décoder, à la significat ion cachée. La phénoménologie est ainsi
l'explicat ion philosophique la plus proche de ce t ype 103, qui regroupe, ent re aut res,
la sociologie, la linguist ique, l'économie, l'et hnologie, la t héorie des jeux, et c.

Il peut s'agir dès lors de deux cat égories de discours :

1. l'intention première est alors


l'objet de la recherche
herméneutique, exemple : dans
l h l i
2. l'interprétation est aussi
possible : la théorie prévoit les
phénomènes, simule les
relations et les effets mais
l'objet reste invisible (cas de la
psychanalyse).
Par rapport aux deux aut res t ypes formels, le st at ut scient ifique du t ype
herméneut ique est cont est é par les t enant s d'une science mat hémat ique, dit e
« dure ».

Wilhelm Dilthey.

À la concept ion de l’unit é de la science post ulée par le posit ivisme t out un courant
de pensée va, à la suit e de Wilhelm Dilt hey (1833-1911), affirmer l’exist ence d’une
coupure radicale ent re les sciences de la nat ure et les sciences de l’esprit . Les
i d l h h 'à li l bj di l
êt re l'objet d'une int rospect ion, ce que Wilhelm Dilt hey appelle une « démarche
herméneut ique », c’est -à-dire une démarche d’int erprét at ion des manifest at ions
e
concrèt es de l’esprit humain. Le t ype herméneut ique marque le siècle, avec
des aut eurs comme Hans-Georg Gadamer qui publia en 1960, Vérité et Méthode qui,
s'opposant à l'empirisme t out -puissant , affirme que « la mét hode ne suffit pas » 104.

La scientificité ne se limite pas à


l'observation.

Scientificité et méthode
scientifique

Articles détaillés : Méthode


scientifique et Évaluation de la
recherche scientifique.
La connaissance acquise ne peut êt re qualifiée de scient ifique que si la scient ificit é
des processus d'obt ent ion a ét é démont rée.

La « mét hode scient ifique » (grec ancien méthodos, « poursuit e, recherche, plan »)
est « l'ensemble des procédés raisonnés pour at t eindre un but ; celui-ci peut êt re
l'hist oire des sciences106. La mét hode scient ifique suit par ailleurs cinq opérat ions
dist inct es :

expérimentation ;
observation ;
théorie et modèle ;
simulation ;
publication et validation.

Scientificité
La scient ificit é est la qualit é des prat iques et des t héories qui cherchent à ét ablir
des régularit és reproduct ibles, mesurables et réfut ables dans les phénomènes par
le moyen de la mesure expériment ale, et à en fournir une représent at ion explicit e.

Plus généralement , c'est le « caract ère de ce qui répond aux crit ères de la
science » 107. De manière générale à t out es les sciences, la mét hode scient ifique
repose sur quat re crit ères :

1. elle est systématique (le


protocole doit s'appliquer à
tous les cas, de la même
façon) ;
2. elle fait preuve d'objectivité
(c'est le principe du « double-
aveugle » : les données doivent
être contrôlées par des
collègues chercheurs - c'est le
rôle de la publication) ;
3. elle est rigoureuse, testable
(par l'expérimentation et les
modèles scientifiques) ;
4. et enfin, elle doit être cohérente
(les théories ne doivent pas se
contredire, dans une même
discipline).
Néanmoins, chacun de ces point s est problémat ique, et les quest ionnement s de
l'épist émologie port ent principalement sur les crit ères de scient ificit é. Ainsi,
concernant la cohérence int erne aux disciplines, l'épist émologue Thomas Samuel
Kuhn bat en brèche ce crit ère de scient ificit é, en posant que les paradigmes
subissent des « révolut ions scient ifiques » : un modèle n'est valable t ant qu'il n'est
Pour le sociologue de la science Robert o Miguelez : « Il semble bien que l'idée de
la science suppose, premièrement , celle d'une logique de l'act ivit é scient ifique ;
deuxièmement , celle d'une synt axe du discours scient ifique. En d'aut res t ermes, il
semble bien que, pour pouvoir parler de la science, il faut post uler l'exist ence d'un
ensemble de règles - et d'un seul - pour le t rait ement des problèmes scient ifiques
- ce qu'on appellera alors « la mét hode scient ifique » -, et d'un ensemble de règles
- et d'un seul - pour la const ruct ion d'un discours scient ifique » 108. La sociologie
des sciences ét udie en effet de plus en plus les crit ères de scient ificit é, au sein de
l'espace social scient ifique, passant d'une vision int erne, celle de l'épist émologie, à
une vision davant age globale.

Expérimentation

Article détaillé : Expérimentation.

Thomas Edison dans son laboratoire


(1901).

L'« expériment at ion » est une mét hode scient ifique qui consist e à t est er par des
expériences répét ées la validit é d'une hypot hèse et à obt enir des données
quant it at ives permet t ant de l'affiner. Elle repose sur des prot ocoles expériment aux
permet t ant de normaliser la démarche. La physique ou la biologie reposent sur une
doit apport er des précisions quant ifiées (ou st at ist iques) permet t ant de réfut er ou
d'ét ayer le modèle. Les résult at s des expériences ne sont pas t oujours
quant ifiables, comme dans les sciences humaines. L'expérience doit ainsi pouvoir
réfut er les modèles t héoriques.

L'expériment at ion a ét é mise en avant par le courant de l'empirisme. Néanmoins, le


logicien et scient ifique Charles Sanders Peirce (1839-1914), et plus t ard mais
indépendamment 109, l'épist émologue Karl Popper (1902-1994), lui opposent
l'abduct ion (ou mét hode par conject ure et réfut at ion) comme ét ape première de la
recherche scient ifique. L'abduct ion (ou conject ure) est un procédé consist ant à
int roduire une règle à t it re d’hypot hèse afin de considérer ce résult at comme un
cas part iculier t ombant sous cet t e règle. Elle consist e en l'invent ion a priori d'une
conject ure précédant l'expérience. En somme, cela signifie que l'induct ion fournit
direct ement la t héorie, alors que dans le processus abduct if, la t héorie est
invent ée avant l'expérience et cet t e dernière ne fait que répondre par l'affirmat ive
ou par la négat ive à l'hypot hèse.

Observation

Article détaillé : Observation.


L’« observat ion » est l’act ion de suivi at t ent if des phénomènes, sans volont é de les
modifier, à l’aide de moyens d’enquêt e et d’ét ude appropriés. Les scient ifiques y
ont recours principalement lorsqu'ils suivent une mét hode empirique. C'est par
exemple le cas en ast ronomie ou en physique. Il s'agit d'observer le phénomène ou
l'objet sans le dénat urer, ou même int erférer avec sa réalit é. Cert aines sciences,
comme la physique quant ique ou la psychologie, prennent en compt e l'observat ion
comme un paradigme explicat if à part ent ière, influençant le comport ement de
l'objet observé. La philosophe Cat herine Chevalley résume ainsi ce nouveau st at ut
de l'observat ion : « Le propre de la t héorie quant ique est de rendre caduque la
sit uat ion classique d’un « objet » exist ant indépendamment de l’observat ion qui en
est fait e ».

La science définit la not ion d’observat ion dans le cadre de l’approche object ive de
la connaissance, observat ion permise par une mesure et suivant un prot ocole fixé
d'avance.

Théorie et modèle
Une « t héorie » (du grec theoria soit « vision du monde ») est un modèle ou un cadre
de t ravail pour la compréhension de la nat ure et de l'humain. En physique, le t erme
de t héorie désigne généralement le support mat hémat ique, dérivé d'un pet it
ensemble de principes de base et d'équat ions, permet t ant de produire des
prévisions expériment ales pour une cat égorie donnée de syst èmes physiques. Un
exemple est la « t héorie élect romagnét ique », habit uellement confondue avec
l'élect romagnét isme classique, et dont les résult at s spécifiques sont obt enus à
part ir des équat ions de Maxwell. L’adject if « t héorique » adjoint à la descript ion d'un
phénomène indique souvent qu'un résult at part iculier a ét é prédit par une t héorie
mais qu'il n'a pas encore ét é observé. La t héorie est ainsi bien souvent plus un
modèle ent re l'expériment at ion et l'observat ion qui rest e à confirmer.

La concept ion scient ifique de la t héorie devient ainsi une phase provisoire de la
mét hode expériment ale. Claude Bernard, dans son Introduction à la médecine
expérimentale appuie sur le rôle clé des quest ions et sur l'import ance de
« Le scientifique construit des « modèles » qu'il confronte
au réel. Il les projette sur le monde ou les rejette en
fonction de leur adéquation avec celui-ci sans toutefois
prétendre l'épuiser. La démarche du scientifique est
débat critique, « improvisation déconcertante »,
hésitation, toujours consciente de ses limites110 »

En effet , si l'expériment at ion est prépondérant e, elle ne suffit pas, conformément


à la maxime de Claude Bernard : « La mét hode expériment ale ne donnera pas d'idée
neuve à ceux qui n'en ont pas », la t héorie et le modèle permet t ant d'éprouver la
réalit é a priori.

Simulation

Articles détaillés : Simulation de


phénomènes et Modèle
mathématique.
La « simulat ion » est la « reproduct ion art ificielle du fonct ionnement d'un appareil,
d'une machine, d'un syst ème, d'un phénomène, à l'aide d'une maquet t e ou d'un
programme informat ique, à des fins d'ét ude, de démonst rat ion ou d'explicat ion » 111.
e
Elle est direct ement liée à l'ut ilisat ion de l'informat ique au siècle. Il exist e deux
t ypes de simulat ions :
Simulation d'une collision de
particules.

1. La modélisation physique
consiste spécifiquement à
utiliser un autre phénomène
physique que celui observé,
mais en y appliquant des lois
ayant les mêmes propriétés et
les mêmes équations. Un
modèle mathématique est ainsi
une traduction de la réalité pour
pouvoir lui appliquer les outils,
les techniques et les théories
les modèles prédictifs (qui
anticipent des événements ou
des situations, comme ceux qui
prévoient le temps avec la
météorologie) et les modèles
descriptifs (qui représentent
des données historiques).
2. La simulation numérique utilise
elle un programme spécifique
ou éventuellement un progiciel
plus général, qui génère
davantage de souplesse et de
puissance de calcul. Les
simulateurs de vol d’avions par
exemple permettent d'entraîner
les pilotes En recherche
que l'on nomme aussi
« modélisations numériques »
permettent de reproduire des
phénomènes complexes,
souvent invisibles ou trop
ténus, comme la collision de
particules.

Publication et littérature
scientifique

Articles détaillés : Publication


scientifique et Scientométrie.
Le t erme de « publicat ion scient ifique » regroupe plusieurs t ypes de
communicat ions que les chercheurs font de leurs t ravaux en direct ion d'un public
de spécialist es, et ayant subi une forme d'examen de la rigueur de la mét hode
scient ifique employée pour ces t ravaux, comme l'examen par un comit é de lect ure
indépendant par exemple. La publicat ion scient ifique est donc la validat ion de
t ravaux par la communaut é scient ifique. C'est aussi le lieu de débat s
cont radict oires à propos de sujet s polémiques ou de discussions de mét hodes.
les revues scientifiques à comité
de lecture ;
les comptes-rendus de congrès
scientifique à comité de lecture ;
des ouvrages collectifs
rassemblant des articles de revue
ou de recherche autour d'un thème
donné, coordonnés par un ou
plusieurs chercheurs appelés
éditeurs ;
des monographies sur un thème
de recherche.
Un exemple de publication
scientifique : la revue Science and
Invention (1928).

Les publicat ions qui ent rent dans un des cadres ci-dessus sont généralement les
seules considérées pour l'évaluat ion des chercheurs et les ét udes bibliomét riques,
à t el point que l'adage « publish or perish » (publier ou périr) est fondé. La
scient omét rie est en effet une mét hode st at ist ique appliquée aux publicat ions
scient ifiques. Elle est ut ilisée par les organismes finançant la recherche comme
out il d'évaluat ion. En France, ces indicat eurs, t el le fact eur d'impact , occupent ainsi
une place import ant e dans la LOLF (pour : Loi Organique relat ive aux Lois de
Finances)112. Les polit iques budgét aires dévolues aux laborat oires et aux unit és de
recherche dépendent ainsi souvent de ces indicat eurs scient omét riques.

Discours sur la science

Épistémologie

Article détaillé : Épistémologie.


la racine grecque επιστήμη / épistémê signifiant « science au sens de savoir et de
connaissance » et sur le suffixe λόγος / lógos, « le discours ». Ferrier l'oppose au
concept ant agonist e de l'« agnoiology », ou t héorie de l'ignorance. Le philosophe
analyt ique Bert rand Russell l'emploie ensuit e, dans son Essai sur les fondements de
la géométrie en 1901, sous la définit ion d'analyse rigoureuse des discours
scient ifiques, pour examiner les modes de raisonnement qu'ils met t ent en œuvre et
décrire la st ruct ure formelle de leurs t héories114. En d'aut res mot s, les
« épist émologues » se concent rent sur la démarche de la connaissance, sur les
modèles et les t héories scient ifiques, qu'ils présent ent comme aut onomes par
rapport à la philosophie 115.

Jean Piaget 116 proposait de définir l’épist émologie « en première approximat ion
comme l’ét ude de la const it ut ion des connaissances valables », dénominat ion qui,
selon Jean-Louis Le Moigne, permet de poser les t rois grandes quest ions de la
discipline :

1. Qu’est ce que la connaissance


et quel est son mode
d'investigation (c'est la
question « gnoséologique ») ?
2. Comment la connaissance est-
elle constituée ou engendrée
(c'est la question
méthodologique) ?
3. Comment apprécier sa valeur
scientificité) ?

Philosophie des sciences

Article détaillé : Philosophie des


sciences.
Avant ces invest igat ions, la science ét ait conçue comme un corpus de
connaissances et de mét hodes, objet d’ét ude de la Philosophie des sciences, qui
ét udiait le discours scient ifique relat ivement à des post ulat s ont ologiques ou
philosophiques, c'est -à-dire non-aut onomes en soi. L'épist émologie permet t ra la
reconnaissance de la science et des sciences comme disciplines aut onomes par
rapport à la philosophie. Les analyses de la science (l'expression de
« mét ascience » est parfois employée) ont t out d’abord port é sur la science
comme corpus de connaissance, et ont longt emps relevé de la philosophie. C'est
le cas d'Arist ot e, de Francis Bacon, de René Descart es, de Gast on Bachelard, du
cercle de Vienne, puis de Popper, Quine, Lakat os enfin, parmi les plus import ant s.
L’épist émologie, au cont raire, s'appuie sur l'analyse de chaque discipline part iculière
relevant des épist émologies dit es « régionales ». Aurel David explique ainsi que
« La science est parvenue à se fermer chez elle. Elle aborde ses nouvelles
difficult és par ses propres moyens et ne s'aide en rien des product ions les plus
élevées et les plus récent es de la pensée mét ascient ifique » 117.

Pour le prix Nobel de physique St even Weinberg, aut eur de Le Rêve d'une théorie
ultime (1997)118 la philosophie des sciences est inut ile car elle n'a jamais aidé la
connaissance scient ifique à avancer.

Science au service de
Articles détaillés : Progrès
scientifique, Progrès technique et
Sciences, Technologies et Société.
Le t erme de progrès vient du lat in « progressus » qui signifie l'act ion d'avancer.
Selon cet t e ét ymologie le progrès désigne un passage à un degré supérieur, c'est -
à-dire à un ét at meilleur, part icipant à l'effort économique 119. La civilisat ion se
fonde ainsi, dans son développement , sur une série de progrès dont le progrès
scient ifique. La science serait avant t out un moyen de faire le bonheur de
l'humanit é, en ét ant le mot eur du progrès mat ériel et moral. Cet t e ident ificat ion de
la science au progrès est t rès ancienne et remont e aux fondement s
philosophiques de la science 120. Cet t e t hèse est dist inct e de celle de la science
dit e pure (en elle-même), et pose le problème de l'aut onomie de la science, en
part iculier dans son rapport au pouvoir polit ique 121. Les quest ions ét hiques limit ent
également cet t e définit ion de la science comme un progrès122. Cert aines
découvert es scient ifiques ont des applicat ions milit aires ou même peuvent êt re
lét ales en dépit d'un usage premier bénéfique note 28.

Albert Einstein et Robert


Oppenheimer. L'utilisation militaire de
la technologie nucléaire a posé un
dilemme aux deux scientifiques.

Selon les t enant s de la science comme moyen d'améliorat ion de la sociét é, dont
Ernest Renan ou August e Comt e sont parmi les plus représent at ifs, le progrès
offre :
une explication du fonctionnement
du monde : il est donc vu comme
un pouvoir explicatif réel et
illimité ;
des applications technologiques
toujours plus utiles permettant de
transformer l'environnement afin
de rendre la vie plus facile.
La t hèse de la science pure pose, quant à elle, que la science est avant t out le
propre de l'humain, ce qui fait de l'homme un animal différent des aut res. Dans une
let t re du 2 juillet 1830 adressée à Legendre, le mat hémat icien Charles Gust ave
Jacob Jacobi écrit ainsi, à propos du physicien Joseph Fourier : « M. Fourier avait
l’opinion que le but principal des mat hémat iques ét ait l’ut ilit é publique et
l’explicat ion des phénomènes nat urels ; mais un philosophe comme lui aurait dû
savoir que le but unique de la science, c’est l’honneur de l’esprit humain, et que sous
ce t it re, une quest ion de nombres vaut aut ant qu’une quest ion du syst ème du
monde » 123. D'aut res courant s de pensée comme le scient isme envisagent le
progrès sous un angle plus ut ilit arist e.

Enfin des courant s plus radicaux posent que la science et la t echnique permet t ront
de dépasser la condit ion ont ologique et biologique de l'homme. Le t ranshumanisme
ou l'ext ropisme sont par exemple des courant s de pensée st ipulant que le but de
l'humanit é est de dépasser les injust ices biologiques (comme les maladies
génét iques, grâce au génie génét ique) et sociales (par le rat ionalisme), et que la
science est le seul moyen à sa port ée. À l'opposé, les courant s t echnophobes
Interrogations de
l'épistémologie

Articles détaillés : épistémologie et


Les questions épistémologiques.
L'épist émologie pose des quest ions philosophiques à la Science, et à la « science
en t rain de se faire ». La science progressant de manière fondament alement
discont inue, les renversement s de « représent at ions » des savant s, appelées
également « paradigmes scient ifiques » selon l'expression de Thomas Samuel Kuhn
qui, dans son livre La structure des révolutions scientifique (1962), dist ingue :

1. la nature de la production des


connaissances scientifiques
(par exemple, les types de
raisonnements sont-ils
fondés ?) ;
2. la nature des connaissances en
elles-mêmes (l'objectivité est-
elle toujours possible, etc.). Ce
concerne plus directement la
question de savoir comment
identifier ou démarquer les
théories scientifiques des
théories métaphysiques ;
3. l'organisation des
connaissances scientifiques
(notions de théories, de
modèles, d'hypothèses, de
lois) ;
4. l'évolution des connaissances
scientifiques (quel mécanisme
meut la science et les
disciplines scientifiques).
Une aut re formulat ion en quat re paradigmes, int égrant les apport s de
l'informat ique, est proposée par Tansley & Tolle en 2009, int égrant les progrès de
l'informat ique 124 reformulée au début des années 2000 par Jim Gray (chercheur en
1. Science empirique puis Science
expérimentale (antiquité -
XVIIIe siècle) : Ce paradigme
repose sur une science
caractérisée basée sur
l'observation directe des
phénomènes naturels et sur
des expériences simples à
partir desquelles les
scientifiques recueillaient des
données et formulaient des
hypothèses. Depuis la fin du
16ème siècle c'est le principal
moteur des avancées
scientifiques, pour notamment
mieux comprendre le monde
2. Science théorique (XIXe - milieu
du XXe siècle) : Ce paradigme
se concentre sur le
développement de modèles et
de théories pour expliquer des
phénomènes observés ; des
concepts abstraits permettent
de « formuler » des lois et des
principes qui régissent le
comportement de la nature ;
avec l'essor conjoint des
mathématiques, de la physique
théorique et de la chimie, de la
biologie, la science se tourne
vers la construction de
modèles et de théories
expliquer les phénomènes
naturels de l'infiniment petit à
l'infiniment grand. Des
expériences visent à vérifier ou
infirmer ces théories ;
3. Science de la simulation et/ou
la science informatique (milieu
du XXe siècle - années 2000) :
Avec l’avènement des
ordinateurs et la croissance de
la puissance de calcul
informatique, ce paradigme
décrit une science capable de
simuler des phénomènes
complexes qui seraient
difficiles ou impossibles à
simulations informatiques
aident à prédire le
comportement des systèmes
et à tester des théories dans
des environnements virtuels.
Les simulations numériques,
les analyses statistiques et la
modélisation complexe sont
devenues des outils
indispensables dans de
nombreux domaines
scientifiques
4. Science des données, ou
eScience pour Jim Gray
(années 2000 à aujourd'hui): Ce
paradigme émerge avec
collecter et d’analyser de
grandes quantités de données
(big data, dont une partie en
open data). Il met l’accent sur
le partage et la réanalyse des
données dans différents
contextes pour générer de
nouvelles hypothèses et
découvertes scientifiques. Les
plateformes de type data
commons pourraient jouent un
rôle crucial dans ce paradigme
en facilitant la gestion,
l’analyse et le partage des
données126. Cette dernière
phase est marquée par la
pour partie, partager à grande
échelle des flux et stocks de
données, éventuellement
collaborativement, via des
outils logiciels de plus en plus
sophistiqués. Malgré plusieurs
"hivers", l'IAg (IA générative)
émerge dans les années 2020.
Nombre de philosophes ou d'épist émologues ont ainsi int errogé la nat ure de la
science et en premier lieu la t hèse de son unicit é. L'épist émologue Paul
Feyerabend, dans Contre la méthode, est l'un des premiers, dans les années
soixant e-dix, à se révolt er cont re les idées reçues à l'égard de la science et à
relat iviser l'idée t rop simple de « mét hode scient ifique ». Il expose une t héorie
anarchist e de la connaissance plaidant pour la diversit é des raisons et des opinions,
et explique en effet que « la science est beaucoup plus proche du myt he qu’une
philosophie scient ifique n’est prêt e à l’admet t re » 127. Le philosophe Louis
Alt husser, qui a produit un cours sur cet t e quest ion dans une perspect ive marxist e,
sout ient que « t out scient ifique est affect é d’une idéologie ou d’une philosophie
scient ifique » 128 qu’il appelle « Philosophie Spont anée des Savant s » (« P.S.S » 129).
Dominique Pest re s'at t ache lui à mont rer l'inut ilit é d'une dist inct ion ent re
« rat ionalist es » et « relat ivist es », dans Introduction aux Science Studies.

G d dèl
Article détaillé : épistémologie.
L'hist oire des sciences et de la philosophie a produit de nombreuses t héories quant
à la nat ure et à la port ée du phénomène scient ifique. Il exist e ainsi un ensemble de
grands modèles épist émologiques qui prét endent expliquer la spécificit é de la
e
science. Le siècle a marqué un t ournant radical. Très schémat iquement , aux
premières réflexions purement philosophiques et souvent normat ives sont venus
s’ajout er des réflexions plus sociologiques et psychologiques, puis des approches
sociologiques et ant hropologiques dans les années 1980, puis enfin des approches
fondament alement hét érogènes à part ir des années 1990 avec les Science studies.
Le discours sera également int errogé par la psychologie avec le courant du
const ruct ivisme. Enfin, l'épist émologie s'int éresse à la « science en act ion »
(expression de Bruno Lat our), c'est -à-dire à sa mise en œuvre au quot idien et plus
seulement à la nat ure des quest ions t héoriques qu'elle produit .

Cartésianisme et rationalisme

Articles détaillés : épistémologie et


Rationalisme.

Empirisme

Articles détaillés : épistémologie et


Empirisme.
Articles détaillés : épistémologie et
Positivisme.

Critique de l'induction de Mach

Article détaillé : épistémologie.

Réfutabilité de Karl Popper et les


« programmes de recherche
scientifique » de Imre Lakatos

Article détaillé : épistémologie.

« Science normale » de Thomas


Kuhn

Article détaillé : épistémologie.

Constructivisme
Constructivisme (épistémologie).

Science et société

Histoire

La représentation du monde au
Moyen Âge.

Le Concile de Nicée de 325 avait inst auré dans l'Église l'argument dogmat ique
selon lequel Dieu avait créé le ciel et la t erre en six jours. Cependant , des
explicat ions scient ifiques furent possibles dès ce credo, qui ne se prononçait pas
sur l'engendrement du monde, œuvre du Christ . Cet t e lacune t héologique avait
permis une cert aine act ivit é scient ifique au Moyen Âge, dont , en premier lieu,
e
l'ast ronomie. Dès le siècle, la science arabo-musulmane prospérait et
développait la médecine, les mat hémat iques, l'ast ronomie, et d'aut res sciences. À
cet t e époque, dans l'islam, la science ét ait part iculièrement encouragée, le monde
ét ant vu comme un code à déchiffrer pour comprendre les messages divins. Les
e
pays de cult ure chrét ienne en profit èrent largement à part ir du siècle lors d'une
e
période de renouveau appelée Renaissance du siècle par l'hist orien Charles H.
Haskins.

Au sein du christ ianisme le premier pas en faveur de l'héliocent risme (qui place la
int erprét at ion lit t érale de la Bible, qui recoupait la représent at ion du monde des
savant s grecs de l'Ant iquit é (Pt olémée et Arist ot e). Le procès de Galilée, en 1633,
marque un divorce ent re la pensée scient ifique et la pensée religieuse 130, pourt ant
init iée par l'exécut ion de Giordano Bruno en 1600note 29. L'opposit ion des aut orit és
religieuses aux implicat ions des découvert es fait es par des scient ifiques, t elle
qu'elle s'est manifest ée dans le cas de Galilée, est apparue a posteriori comme une
singularit é dans l'Hist oire note 30. Le procès de Galilée devint le symbole d'une
science devenant indépendant e de la religion, voire opposée à elle. Cet t e
e
séparat ion est consommée au siècle, pendant les Lumières.

e
Au siècle, les scient ismes posent que la science seule peut expliquer l'univers
et que la religion est l'« opium du peuple » comme dira plus t ard Karl Marx qui fonde
la vision mat érialist e de l'hist oire. Les réussit es scient ifiques et t echniques, qui
améliorent la civilisat ion et la qualit é de vie, le progrès scient ifique en somme, bat
en brèche les dogmes religieux, quelle que soit la confession. Les t héories
modernes de la physique et de la biologie (avec Charles Darwin et l'évolut ion), les
découvert es de la psychologie, pour laquelle le sent iment religieux demeure un
phénomène int érieur voire neurologique, supplant ent les explicat ions myst iques et
spirit uelles.

e
Au siècle, l'affront ement des part isans de la t héorie de l'évolut ion et des
créat ionnist es, souvent issus des courant s religieux radicaux, crist allise le dialogue
difficile de la foi et de la raison. Le « procès du singe » (à propos de
l'« ascendance » simiesque de l'homme) illust re ainsi un débat permanent au sein de
la sociét é civile 131. Enfin, nombre de philosophes ou d'épist émologues se sont
int errogés sur la nat ure de la relat ion ent re les deux inst it ut ions. Le paléont ologue
St ephen Jay Gould dans « Que Darwin soit ! » parle de deux magist ères, chacun
rest ant maît re de son t errit oire mais ne s'empiét ant pas, alors que Bert rand Russell
ment ionne dans son ouvrage Science et Religion les conflit s les opposant . Nombre
de religieux t ent ent , comme Pierre Teilhard de Chardin ou Georges Lemaît re (père
de la t héorie du Big bang), d'allier explicat ion scient ifique et ont ologie religieuse.

L'encyclique de 1998, Fides et ratio, de Jean-Paul II cherche à réconcilier la religion


et la science en proclamant que « la foi et la raison sont comme les deux ailes qui
permet t ent à l'esprit humain de s'élever vers la cont emplat ion de la vérit é ».

Les explicat ions de la science rest ent limit ées aux phénomènes. La quest ion des
« Toutes nos actions ont des fins, des fins ultimes, et la
science n’a affaire qu’aux moyens que nous pouvons
régulièrement et rationnellement mettre en œuvre pour
atteindre certaines fins. »

Science et pseudo-sciences

Article détaillé : Pseudo-science.


Une « pseudo-science » (grec ancien pseudês, « faux ») est une démarche
prét endument scient ifique qui ne respect e pas les canons de la mét hode
scient ifique, dont celui de réfut abilit é.

L'astrologie est considérée comme


une pseudo-science.

Ce t erme, de connot at ion normat ive, est ut ilisé dans le but de dénoncer cert aines
disciplines en les démarquant des démarches au caract ère scient ifique reconnu.
e
C'est au siècle (sous l'influence du posit ivisme d'August e Comt e, du
scient isme et du mat érialisme) que fut exclu du domaine de la science t out ce qui
n'est pas vérifiable par la mét hode expériment ale. Un ensemble de crit ères
explique en quoi une t héorie peut êt re classée comme pseudo-science. Karl
Popper relègue ainsi la psychanalyse au rang de pseudo-science, au même t it re
que par exemple l'ast rologie la phrénologie ou la divinat ion133 Le crit ère de
Les scept iques, comme Richard Dawkins, Mario Bunge, Carl Sagan, Richard
Feynman ou encore James Randi considèrent t out e pseudo-science comme
dangereuse. Le mouvement zét ét ique œuvre quant à lui principalement à met t re à
l'épreuve ceux qui affirment réaliser des act ions scient ifiquement inexplicables.

Science et protoscience
Si le t erme normat if « pseudoscience » démarque les vraies sciences des fausses
sciences, le t erme prot oscience (du grec πρῶτος / prỗtos, « premier, init ial »)
inscrit les champs de recherche dans un cont inuum t emporel : est
prot oscient ifique ce qui pourrait , dans l'avenir, êt re int égré dans la science, ou ne
pas l'êt re. Le t erme anglophone de fringe science désigne un domaine sit ué en
marge de la science, ent re la pseudo-science et la prot oscience.

Science ou technique ?

Articles détaillés : Technique et


Connaissance technique.
La t echnique (τέχνη / téchnê, « art , mét ier, savoir-faire ») « concerne les
applicat ions de la science, de la connaissance scient ifique ou t héorique, dans les
réalisat ions prat iques, les product ions indust rielles et économiques » 134. La
t echnique couvre ainsi l'ensemble des procédés de fabricat ion, de maint enance, de
gest ion, de recyclage et , même d'éliminat ion des déchet s, qui ut ilisent des
mét hodes issues de connaissances scient ifiques ou simplement des mét hodes
et le savoir-faire. Néanmoins, hist oriquement , la t echnique est première. « L’homme
a ét é Homo faber, avant d’êt re Homo sapiens », explique le philosophe Bergson.
Cont rairement à la science, la t echnique n’a pas pour vocat ion d’int erprét er le
monde, elle est là pour le t ransformer, sa vocat ion est prat ique et non t héorique.

La t echnique est souvent considérée comme faisant part ie int égrant e de l’hist oire
des idées ou à l'hist oire des sciences. Pourt ant il faut bien admet t re la possibilit é
d’une t echnique « a-scient ifique », c'est -à-dire évoluant en dehors de t out corpus
scient ifique et que résume les paroles de Bert rand Gille : « le progrès t echnique
s'est fait par une somme d'échecs que vinrent corriger quelques spect aculaires
réussit es ». La t echnique au sens de connaissance int uit ive et empirique de la
mat ière et des lois nat urelles est ainsi la seule forme de connaissance prat ique, et
e
ce jusqu'au siècle, époque où se développeront les t héories et avec elles de
nouvelles formes de connaissance axiomat isées.

En définit ive, on oppose généralement le t echnicien (qui applique une science) avec
le t héoricien (qui t héorise la science).

Arts et science

Article détaillé : Arts scientifiques.


L'Expulsion d'Adam et Ève du Jardin
d'Eden, fresque de Masaccio,
Florence, Italie, avant et après sa
restaurationnote 31.

Hervé Fischer parle, dans La société sur le divan, publié en 2007, d'un nouveau
courant art ist ique prenant la science et ses découvert es comme inspirat ion et
ut ilisant les t echnologies t elles que les biot echnologies, les manipulat ions
génét iques, l'int elligence art ificielle, la robot ique, qui inspirent de plus en plus
d'art ist es. Par ailleurs, le t hème de la science a ét é souvent à l'origine de t ableaux
ou de sculpt ures. Le mouvement du fut urisme par exemple considère que le champ
social et cult urel doit se rat ionaliser. Enfin, les découvert es scient ifiques aident les
expert s en Art 135. La connaissance de la désint égrat ion du carbone 14 par exemple
permet de dat er les œuvres. Le laser permet de rest aurer, sans abîmer les
surfaces, les monument s. Le principe de la synt hèse addit ive des couleurs rest aure
les aut ochromes. Les t echniques d'analyse physico-chimiques permet t ent
d'expliquer la composit ion des t ableaux, voire de découvrir des palimpsest es. La
radiographie permet de sonder l'int érieur d'objet s ou de pièces sans polluer le
milieu. La spect rographie est ut ilisée enfin pour dat er et rest aurer les vit rauxnote 32.

Vulgarisation scientifique
Une démonstration de l'expérience de
la cage de Faraday au Palais de la
découverte de Paris.

La compréhension de la science par le grand public est l’objet d’ét udes à part
ent ière ; les aut eurs parlent de « Public Understanding of Science » (expression
consacrée en Grande-Bret agne, « science literacy » aux Ét at s-Unis) et de « cult ure
scient ifique » en France. Il s'agit du principal vect eur de la démocrat isat ion et de la
généralisat ion du savoir selon les sénat eurs français Marie-Christ ine Blandin et Ivan
Renard136.

Dans nombre de démocrat ies, la vulgarisat ion de la science est au cœur de projet s
mêlant différent s act eurs économiques, inst it ut ionnels et polit iques. En France,
l'Éducat ion nat ionale a ainsi pour mission de sensibiliser l'élève à la curiosit é
scient ifique, au t ravers de conférences, de visit es régulières ou d'at eliers
d'expériment at ion. La Cit é des sciences et de l'indust rie met à disposit ion de t ous
des exposit ions sur les découvert es scient ifiques alors que les quelque t rent e 137
cent res de cult ure scient ifique, t echnique et indust rielle ont « pour mission de
favoriser les échanges ent re la communaut é scient ifique et le public. Cet t e
mission s'inscrit dans une démarche de part age des savoirs, de cit oyennet é act ive,
permet t ant à chacun d'aborder les nouveaux enjeux liés à l'accroissement des
connaissances » 138.

Le Fut uroscope ou Vulcania ou le Palais de la découvert e sont d'aut res exemples


de mise à disposit ion de t ous des savoirs scient ifiques. Les Ét at s-Unis possèdent
également des inst it ut ions t elles que l'Explorat orium139 de San Francisco, qui se
veulent plus près d'une expérience accessible par les sens et où les enfant s
La vulgarisat ion se concrét ise donc au t ravers d'inst it ut ions, de musées, mais aussi
d'animat ions publiques comme les Nuit s des ét oiles par exemple, de revues, et de
personnalit és (Hubert Reeves pour l'ast ronomie), qu'énumère Bernard Schiele dans
Les territoires de la culture scientifique140.

Science et idéologie

Article détaillé : Technocratie.

Scientisme ou « religion » de la
science

Article détaillé : scientisme.


e
La valeur universelle de la science est débat t ue depuis le début du siècle, t ous
les syst èmes de connaissances n'ét ant pas forcément assujet t is à la science 141.
La croyance en une universalit é de la science const it ue le scient isme.

e
Le scient isme est une idéologie apparue au siècle, selon laquelle la
connaissance scient ifique permet t rait d'échapper à l'ignorance dans t ous les
domaines et donc, selon la formule d'Ernest Renan dans L'Avenir de la science
d'« organiser scient ifiquement l'humanit é ».

Il s'agit donc d'une foi dans l'applicat ion des principes de la science dans t ous les
domaines. Nombre de dét ract eurs142 y voient une vérit able religion de la science,
part iculièrement en Occident . Sous des accept ions moins t echniques, le
scient isme peut êt re associé à l'idée que seules les connaissances
scient ifique et a pour object if de cont ribuer à la format ion chez chaque individu
d'une capacit é d'appropriat ion crit ique du savoir humain, est en ce sens une forme
de scient isme.

Pour cert ains épist émologues, le scient isme prend de t out es aut res formes.
Robert Nadeau, en s’appuyant sur une ét ude réalisée en 1984143, considère que la
cult ure scolaire est const it uée de « clichés épist émologiques » qui formeraient
une sort e de « myt hologie des t emps nouveaux » qui ne serait pas sans rapport
avec une sort e de scient isme 144. Ces clichés t iennent soit à l'hist oire de la science,
résumée et réduit e à des découvert es qui jalonnent le développement de la
sociét é, soit à des idées comme celles qui met en avant que les lois, et plus
généralement les connaissances scient ifiques, sont des vérit és absolues et
dernières, et que les preuves scient ifiques sont non moins absolues et définit ives
alors que, selon les mot s de Thomas Samuel Kuhn, elles ne cessent de subir
révolut ions et renversement s.

Enfin, c'est surt out la sociologie de la connaissance, dans les années 1940 à 1970,
qui a mis fin à l'hégémonie du scient isme. Les t ravaux de Ludwig Wit t genst ein,
Alexandre Koyré et Thomas Samuel Kuhn surt out ont démont ré l'incohérence du
posit ivisme. Les expériences ne const it uent pas, en effet , des preuves absolues
des t héories et les paradigmes sont amenés à disparaît re. Pour Paul Feyerabend,
ce sont des forces polit iques, inst it ut ionnelles et même milit aires qui ont assuré à
la science sa dominance, et qui la maint iennent encore dans cet t e posit ion145.

Science au service de la guerre

Le laser est à l'origine une découverte


militaire.

Pendant la Première Guerre mondiale, les sciences ont ét é ut ilisées par l'Ét at afin
grâce à l'ordonnancement des t âches, permis not amment par le chronomét rage.
Néanmoins, c'est pendant la Seconde Guerre mondiale que la science est le plus
ut ilisée à des fins milit aires. Les armes secrèt es de l'Allemagne nazie comme les
V2 sont au cent re des découvert es de cet t e époque.

Tout es les disciplines scient ifiques sont ainsi dignes d'int érêt pour les
gouvernement s. Le kidnapping de scient ifiques allemands à la fin de la guerre, soit
par les Soviét iques, soit par les Américains, fait naît re la not ion de « guerre des
cerveaux », qui culminera avec la course à l'armement de la Guerre froide. Cet t e
période est en effet celle qui a le plus compt é sur les découvert es scient ifiques,
not amment la bombe at omique, puis la bombe à hydrogène. De nombreuses
disciplines naissent d'abord dans le domaine milit aire, t elle la crypt ographie
informat ique ou la bact ériologie, pour la guerre biologique. Amy Dahan et Dominique
Pest re 146 expliquent ainsi, à propos de cet t e période de recherches effrénées,
qu'il s'agit d'un régime épist émologique part iculier. Comment ant leur livre, Loïc
Pet it girard explique : « Ce nouveau régime de science se caract érise par la
mult iplicat ion des nouvelles prat iques et des relat ions t oujours plus ét roit es ent re
science, Ét at et sociét é » 147. La concept ion de ce qu'on nomme alors le complexe
milit aro-indust riel apparaît , en lien t rès int ime avec le polit ique 148.

Dès 1945, avec la const at at ion de la mont ée des t ensions due à l'opposit ion des
blocs capit alist es et communist es, la guerre devient en elle-même l'objet d'une
science : la polémologie. Le sociologue français Gast on Bout houl (1896-1980),
dans « le Phénomène guerre », en fonde les principes.

Enfin, si la science est par définit ion neut re, elle rest e l'affaire d'hommes, sujet s
aux idéologies dominant es. Ainsi, selon les sociologues relat ivist es Barry Barnes et
David Bloor de l'Universit é d'Édimbourg, les t héories sont d'abord accept ées au
sein du pouvoir polit ique note 33. Une t héorie s'imposerait alors non parce qu'elle est
vraie mais parce qu'elle est défendue par les plus fort s. En d'aut res t ermes, la
science serait , sinon une expression élit ist e, une opinion majorit aire reconnue
comme une vérit é scient ifique et le fait d'un groupe, ce que démont rent les
t ravaux d'Harry Collins. La sociologie des sciences s'est ainsi beaucoup int éressée,
dès les années 1970, à l'influence du cont ext e macro-social sur l'espace
scient ifique. Robert King Mert on a mont ré, dans « Élément s de t héorie et de
mét hode sociologique » (1965) les liens ét roit s ent re le développement de la
Royal Societ y de Londres fondée en 1660 et l'ét hique purit aine de ses act eurs
Science et religion

Article détaillé : Relation entre


science et religion.
Hist oriquement , la science et la religion ont longt emps ét é apparent ées. Dans
« Les Formes élément aires de la vie religieuse » (1912), Émile Durkheim mont re que
les cadres de pensée scient ifique comme la logique ou les not ions de t emps et
d'espace t rouvent leur origine dans les pensées religieuses et myt hologiques.
L’Église Cat holique s'int éresse de près à la science et à son évolut ion comme en
t émoigne le fait qu'elle ait organisé pour la quat rième fois une conférence
int ernat ionale au Vat ican int it ulée « Unite to Cure » 149 en avril 2018. Cet t e
conférence a pour but d'unir différent es opinions dans différent es disciplines
scient ifiques afin de réfléchir sur le fut ur de la science et de l'Homme 150.

Le non-recouvrement

[réf. nécessaire]
La philosophie des sciences
modernes a abouti à la nécessité
pour la science et la religion de
marquer leurs territoires. Le principe
aujourd'hui largement accepté est
pensée religieuse et la pensée
scientifiques doivent poursuivre des
buts différents pour cohabiter. La
science explique le fonctionnement
de l'univers (le « comment ») tandis
que la religion propose des
croyances qui donnent un sens à
l'univers (le « pourquoi »). En grande
partie, cette division est un corollaire
du critère de réfutabilité de Karl
Popper : la science propose des
énoncés qui peuvent être mis à
l'épreuve des faits et doivent l'être
pour être acceptés ou refusés. La
religion propose des énoncés qui
doivent être crus sans pouvoir être
Les conflit s ent re la science et la religion se produisent dès lors que l'une des deux
prét end répondre à la quest ion dévolue à l'aut re.

Cet t e violat ion peut se produire dans les deux sens. La religion empièt e sur la
science quand des personnes prét endent déduire des t ext es religieux des
informat ions sur le fonct ionnement du monde. Le conflit de ce t ype le plus évident
est celui du créat ionnisme face à la t héorie de l'évolut ion. Scient ifiquement , la
créat ion de l'ensemble des êt res vivant s en six jours n'est pas t enable. Mais
différent s courant s religieux radicaux défendent l'exact it ude du récit de la Genèse
(depuis, l'Église cat holique, par exemple, a résolu la cont radict ion apparent e en
déclarant que ce récit est mét aphorique, ce qui assure de ne pas empiét er sur le
domaine scient ifique).

L'aut re cas de violat ion est celui où on ext rapole à part ir de données scient ifiques
une vision du monde t out à fait irréfut able (au sens de Popper), empiét ant sur le
domaine du religieux. Dans le cadre du non-recouvrement , les proposit ions
scient ifiques doivent rest er compat ibles avec t out es les posit ions religieuses qui
cherchent à donner du sens à l'univers (sauf celles qui violent elles-mêmes la
démarcat ion). Albert Einst ein et Paul Dirac ut ilisent le concept de Dieu en
comment ant la physique quant ique, mais les résult at s qu'ils ét ablissent ne
dépendent pas de son exist ence.

Le pape François, dans l'encyclique Laudato si' « sur la sauvegarde de la maison


commune » (2015), est ime cependant que « la science et la religion, qui proposent
des approches différent es de la réalit é, peuvent ent rer dans un dialogue int ense et
fécond pour t out es deux » 151.

Communauté
scientifique
internationale
scientifique.

Du savant au chercheur
Si la science est avant t out une affaire de mét hode, elle dépend aussi beaucoup
du st at ut de ceux qui la font . L'ancêt re du chercheur rest e, dans l'Ant iquit é, le
e
scribe. Le t erme de « savant » n'apparaît qu'au siècle ; se dist inguant du clerc
e
et de l'humanist e. Au siècle cet t e figure s'est ompe et laisse place à celle du
« scient ifique universit aire » et du « chercheur spécialisé » aux côt és desquels
évoluent le « chercheur indust riel » et le « chercheur fonct ionnaire ». Aujourd'hui
c'est la figure du « chercheur ent repreneur » qui domine selon les aut eurs Yves
Gingras, Pet er Keat ing et Camille Limoges, dans l'ouvrage Du scribe au savant. Les
porteurs du savoir, de l'Antiquité à la révolution industrielle152. C'est la créat ion
d'inst it ut ions comme le Jardin royal des plant es médicinales ou l'Académie royale
des sciences de Paris qui marquent l'avènement du st at ut de chercheur spécialisé
e
au siècle. Elles fournissent en effet des revenus et un cadre de recherche
except ionnels. C'est en Allemagne, avec Wilhelm von Humboldt , en 1809, que la
recherche est affiliée aux Universit és. Dès lors commence l'indust rialisat ion de la
product ion de chercheurs, qui accéléra la spécialisat ion du savoir. Depuis la
Seconde Guerre mondiale, ce sont les inst it ut s de recherche et les organismes
gouvernement aux qui dominent , à t ravers la figure du chercheur fonct ionnaire.

Les sociologues et ant hropologues Bruno Lat our153, St eve Woolgar, Karin Knorr-
Cet ina ou encore Michael Lynch ont ét udié l'espace scient ifique, les laborat oires et
les chercheurs. Lat our s'est en part iculier int éressé à la product ion du discours
scient ifique, qui semble suivre un processus de st abilisat ions progressives, ce qui
permet aux énoncés d'acquérir de la crédibilit é au fur et à mesure alors que Jean-
François Sabouret et Paul Caro, dans « Chercher. Jours après jours, les avent uriers
du savoir » présent ent des port rait s de chercheurs venant de t ous les domaines et
t ravaillant au quot idien154,155.
La communaut é scient ifique désigne, dans un sens assez large, l'ensemble des
chercheurs et aut res personnalit és dont les t ravaux ont pour objet les sciences et
la recherche scient ifique, selon des mét hodes scient ifiques. Parfois cet t e
expression se réduit à un domaine scient ifique part iculier : la communaut é des
ast rophysiciens pour l'ast rophysique, par exemple. La sociologie des sciences
s'int éresse à cet t e communaut é, à la façon dont elle fonct ionne et s'inscrit dans la
sociét é.

Le physicien Hans Bethe recevant le


prix Nobel en 1967, pour sa
contribution à la théorie des réactions
nucléaires.

On peut parler de « sociét é savant e » lorsqu'il s'agit d'une associat ion d’érudit s et
de savant s. Elle leur permet de se rencont rer, de part ager, confront er et exposer le
résult at de leurs recherches, de se confront er avec leurs pairs d'aut res sociét és du
même t ype ou du monde universit aire, spécialist es du même domaine, et le cas
échéant , de diffuser leurs t ravaux via une revue, des conférences, séminaires,
colloques, exposit ions et aut res réunions scient ifiques. Un congrès ou conférence
scient ifique est un événement qui vise à rassembler des chercheurs et ingénieurs
d'un domaine pour faire ét at de leurs avancées. Cela permet également à des
collègues géographiquement éloignés de nouer et d'ent ret enir des cont act s. Les
congrès se répèt ent généralement avec une périodicit é fixée, le plus souvent
annuelle.

La collaborat ion est de mise au sein de la communaut é scient ifique, en dépit de


part ageant leur t ravail avec une personne bénéficiant d’une maît rise dans le
domaine.

Recherche

Article détaillé : Recherche


scientifique.

Le Fermilab, à Batavia près de


Chicago.

La recherche scient ifique désigne en premier lieu l’ensemble des act ions
ent reprises en vue de produire et de développer les connaissances scient ifiques.
Par ext ension mét onymique, la recherche scient ifique désigne également le cadre
social, économique, inst it ut ionnel et juridique de ces act ions. Dans la majorit é des
pays finançant la recherche, elle est une inst it ut ion à part ent ière, voire une
inst ance minist érielle (comme en France, où elle fait part ie du Minist ère de
l'Éducat ion Nat ionale et de la Recherche) car elle const it ue un avant age
géopolit ique et social import ant pour un pays. Le prix Nobel (il en exist e un pour
chaque discipline scient ifique promue) récompense ainsi la personnalit é
scient ifique qui a le plus cont ribué, par ses recherches et celles de son équipe, au
développement des connaissances.

Les Science studies sont un courant récent regroupant des ét udes


i t di i li i d i i td l i l i d l’ t h l i
Sociologie du champ
scientifique

Article détaillé : Sociologie des


sciences.
La sociologie des sciences vise à comprendre les logiques d'ordre sociologique à
l'œuvre dans la product ion des connaissances scient ifiques156. Néanmoins, il s'agit
d'une discipline encore récent e et évoluant au sein de mult iples posit ions
épist émologiques ; Olivier Mart in dit qu'« elle est loin de disposer d'un paradigme
unique : c'est d'ailleurs une des raisons de sa vivacit é » 157. Dans les années 1960 et
1970, une grande part de ces ét udes s’inscrivait dans le courant st ruct uralist e.
Mais, depuis le début des années 1980, les sciences sociales cherchent à
dépasser l’ét ude de l’inst it ut ion « science » pour aborder l’analyse du cont enu
scient ifique. La sociologie du « champ scient ifique », concept créé par Pierre
Bourdieu, port e ainsi une at t ent ion part iculière aux inst it ut ions scient ifiques, au
t ravail concret des chercheurs, à la st ruct urat ion des communaut és scient ifiques,
aux normes et règles guidant l'act ivit é scient ifique surt out . Il ne faut cependant
pas la confondre avec l'ét ude des relat ions ent re science et sociét é, quand bien
même ces relat ions peuvent êt re un objet d'ét ude des sociologues des sciences.
Elle est en effet plus proche de l'épist émologie.

Le « père » de la sociologie des sciences est Robert K. Mert on qui, le premier, vers
1940, considère la science comme une « st ruct ure sociale normée » formant un
ensemble qu'il appelle l'« èt hos de la science » (les principes moraux dirigeant le
savant ) et dont les règles sont censées guider les prat iques des individus et
assurer à la communaut é son aut onomie (Mert on la dit égalit aire, libérale et
démocrat ique). Dans un art icle de 1942, int it ulé The Normative Structure of Science,
il cit e quat re normes régissant la sociologie de la science : l'universalisme, le
communalisme, le désint éressement , le scept icisme organisé. Ce que cherche
sociologues dénoncèrent la dist inct ion port ant sur la mét hode mise en œuvre et
firent port er leurs invest igat ions sur le processus de product ion des connaissances
lui-même.

Si la philosophie des sciences se fonde en grande part ie sur le discours et la


démonst rat ion scient ifique d'une part , sur son hist oricit é d'aut re part , pour Ian
Hacking, elle doit ét udier aussi le st yle du laborat oire. Dans « Concevoir et
expériment er », il est ime que la philosophie des sciences, loin de se cant onner aux
t héories qui représent ent le monde, doit aussi analyser les prat iques scient ifiques
qui le t ransforment . Le sociologue américain Joseph Ben David a ainsi ét udié la
sociologie de la connaissance (« sociology of scientific knowledge ») dans ses
« Élément s d'une sociologie hist orique des sciences » (1997).

Applications, inventions,
innovations et économie de la
science

Articles détaillés : Innovation et


Invention (technique).
Le domaine de l'informatique est
particulièrement concerné par les
innovations. Ici, une puce
électronique.

L’« applicat ion » d’une science à une aut re est l'usage qu’on fait des principes ou
des procédés d’une science pour ét endre et perfect ionner une aut re science.
L'« invent ion » est d'abord une mét hode, une t echnique, un moyen nouveau par
lequel il est possible de résoudre un problème prat ique donné. Le concept est t rès
proche de celui d'une innovat ion. Par exemple, Alast air Pilkingt on a invent é le
procédé de fabricat ion du verre plat sur bain d'ét ain dont on dit qu'il s'agit d'une
innovat ion t echnologique majeure.

Une « innovat ion » se dist ingue d'une invent ion ou d'une découvert e dans la mesure
où elle s'inscrit dans une perspect ive applicat ive. L'une et l'aut re posent des enjeux
majeurs à l'économie. Dans les pays développés, les guerres économiques
reposent sur la capacit é à prévoir, gérer, suscit er et conserver les applicat ions et
les innovat ions, par le brevet not amment . Pour les économist es classiques,
l'innovat ion est réput ée êt re l'un des moyens d'acquérir un avant age compét it if en
répondant aux besoins du marché et à la st rat égie d'ent reprise. Innover, c'est par
exemple êt re plus efficient , et /ou créer de nouveaux produit s ou service, ou de
nouveaux moyens d'y accéder158.

Ce sont t out d'abord les sociologues de la science Norman St orer et Warren


Hagst rom, aux Ét at s-Unis, puis Gérard Lemaine et Benjamin Mat alon en France, qui
proposent une grille de lect ure pour le champ économique des disciplines
scient ifiques. Ils envisagent en effet la science comme un syst ème d'échange
semblable à un marché sauf que la nat ure des biens échangés est du domaine du
surt out le sociologue Pierre Bourdieu qui a su analyser l'économie du champ
scient ifique. Dans son art icle int it ulé « Le Champ scient ifique », dans les Actes de la
recherche en sciences sociales160, il indique que la science obéit aux lois du marché
économique sauf que le capit al est dit « symbolique » (ce sont les t it res, les
diplômes, les post es ou les subvent ions par exemple). Par ailleurs, ce capit al
symbolique dépend de l'int érêt général et inst it ut ionnel : ainsi t out es les
recherches se valent mais les plus en vue sont favorisées. Enfin, le milieu
scient ifique est dominé par des relat ions de pouvoir, polit ique et communaut aire.

Notes et références

Notes

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code: l'éducation des filles et des
femmes aux sciences, technologie,
ingénierie et mathématiques (STEM) (h
ttps://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/
pf0000259816) [archive] » de UNESCO,
publié par UNESCO, le texte ayant été
placé par l’auteur ou le responsable de
(https://creativecommons.org/license
s/by-sa/3.0/igo/deed.fr) [archive]
1. Encyclique du Pape Jean-Paul II,
Fides et ratio (1998)
redéfinissant le rapport science-
religion ainsi : « La foi et la
raison sont comme deux ailes
qui permettent à l'esprit humain
de s'élever vers la
contemplation de la vérité ».
2. Albert Einstein : « La science
sans religion est boiteuse, la
religion sans science est
aveugle. » in Ideas and
Opinions, p. 46,
(ISBN 978-0517003930)
3. Les mathématiques ont un
statut particulier, parce qu'elles
constituent une construction de
logique pure en application de
règles posées, plutôt que
suivant des observations du
monde. Toutefois, elles sont
indissociables des sciences, car
elles servent d'outil aux autres
sciences et techniques (en
physique, les prédictions ont
autant de valeur qu'elles
découlent des lois de base sans
calculs, ou qu'elles fassent
appel au calcul infinitésimal, par
exemple)
4. Michel Serres, p. 16 nomme ces
embranchements les
« bifurcations », sachant que
« Loin de dessiner une suite
alignée d'acquis continus et
croissants ou une même
séquence de soudaines
coupures, découvertes,
inventions ou révolutions
précipitant dans l'oubli un passé
tout à coup révolu, l'histoire des
sciences court et fluctue sur un
réseau multiple et complexe de
chemins qui se chevauchent ».
5. Détail d'un cycle d'allégories
réalisées pour le hall
Postberardine de Varsovie,
Pologne (1870).
. Dans leur ouvrage, Les
Chamanes de la Préhistoire,
Jean Clottes et David Lewis-
Williams (professeur
d'archéologie cognitive)
développent la thèse selon
laquelle l'homme préhistorique
possédait les mêmes facultés
cognitives que l'homme
moderne.
7. Les notions mathématiques
employés ci-après ne reflètent
pas à proprement parler les
l i f i l d l'é
« démonstration
mathématique » par exemple
est un abus de langage,
employé dans le but de faire
comprendre au lecteur moderne
à quoi se rapporterait l'usage
que le mésopotamien fait de
son objet mathématique, de
manière intuitive. Ainsi, les
Mésopotamiens « démontrent »
vraiment que la solution d'un
problème donné est la bonne,
en revanche, ils ne démontrent
pas de théorème. De même,
certains termes sont
anachroniques : il n'existe pas
qu'il n'existe d'équation
(l'invention de l'inconnue est en
effet plus tardive). Leur langage
mathématique n'est ainsi pas
adapté aux notions modernes.
. Contrat archaïque sumérien
concernant la vente d'un champ
et d'une maison. Shuruppak, v.
2600 av. J.-C., inscription pré-
cunéiforme. Musée du Louvre,
Paris, Département des
Antiquités Orientales, Richelieu,
rez-de-chaussée, chambre 1a.
9. L'écriture d'un nombre se fait en
répétant les signes des unités,
di i i d
chacun de ces nombres d'unités
étant inférieurs à 10.
10. Même si : « Vers 500 avant J.–
C. naissent de nouvelles
religions en réaction au
védisme, il s’agit notamment du
Bouddhisme et du Jaïnisme.
Leurs premiers textes ne seront
pas en Sanskrit, mais dans des
langues régionales,
« vernaculaires », le pali et le
prakrit. En particulier les textes
canoniques jaïns composés en
prakrit recèlent des trésors de
pensée mathématique. »
explique Agathe Keller du CNRS
dans la tradition mathématique
de l’Inde médiévale sur le site
CultureMath (http://www.dma.e
ns.fr/culturemath/histoire%20de
s%20maths/htm/Keller06_Inde/
Keller_Inde.htm) [archive].
11. Mosaïque représentant
l'Académie de Platon, maison de
Siminius Stephanus, Pompéï.
12. « la dialectique platonicienne
consistera à prendre appui sur
les hypothèses mathématiques
pour s'élever jusqu'au principe et
dériver ensuite les
conséquences du principe. En
' ll li l
à l'égard d'un terme unique, la
dialectique est connaissance
intégrale, « vue synoptique » de
l'ensemble des savoirs et de la
totalité du réel. », in Emmanuel
Renault, p. 308 qui cite alors le
dialogue La République, dans
lequel Platon expose cette
thèse, au passage 537c.
13. Le terme de « loi » est
néanmoins anachronique ; à
l'époque de la naissance des
premières grandes universités
d'occident, le mot « loi » avait
une signification exclusivement
juridique
14. Certains ouvrages des
mécaniciens d'Alexandrie,
comme le livre des appareils
pneumatiques de Philon de
Byzance, ne sont connus
aujourd'hui que par
l'intermédiaire de la civilisation
islamique.
15. Francis Bacon considérait que
trois grandes inventions avaient
changé le monde : la poudre à
canon, le compas magnétique
et l’imprimerie.
1 . Exemple de problème
d'extraction de racine carrée et
h hi d i
CultureMath (http://www.dma.e
ns.fr/culturemath/histoire%20de
s%20maths/htm/Keller06_Inde/
Keller_Inde.htm) [archive].
17. L'ordre des Dominicains allait
ainsi être à l'origine du
renouveau intellectuel de
l'Église, à l'origine même de
l'acceptation des positions
scientifiques.
1 . Se référer à l'ouvrage de Michel
Blay, Dictionnaire critique de la
science classique, Flammarion,
1988. Cette période fut
également reconnue comme
f d i d l i
les Actes du Congrès
International d'Histoire des
Sciences, tenus à Liège en
1997.
19. Francis Bacon la fustige à
travers cette célèbre
déclaration, tirée du Novum
Organum : « La science doit être
tirée de la lumière de la nature,
elle ne doit pas être retirée de
l’obscurité de l’Antiquité. »
20. « Ce ne sont pas des ailes qu’il
faut à notre esprit, mais des
semelles de plomb », explique-t-
il, afin de montrer la
é dé d l' éi
21. « Le mouvement de la terre
autour du soleil ouvre une
stratégie nouvelle à la pratique
astronomique », in Jean-Pierre
Verdet, p. 98.
22. en ligne (http://www.iki.rssi.ru/m
irrors/stern/stargaze/Fkep3law
s.htm) [archive].
23. Henri Bergson : « L'Introduction
à l'étude de la Médecine
expérimentale est un peu pour
nous ce que fut pour le
e e
siècle et le siècle le
discours de la Méthode. Dans
un cas comme dans l'autre,
d
commencé par faire de grandes
découvertes, et qui s'est
demandé ensuite comment il
fallait s'y prendre pour les faire :
marche paradoxale en
apparence et pourtant seule
naturelle, la manière inverse de
procéder ayant été tentée
beaucoup plus souvent et
n’ayant jamais réussi. Deux fois
seulement dans l'histoire de la
science moderne, et pour les
deux formes principales que
notre connaissance de la nature
a prises, l'esprit d'invention s'est
replié sur lui-même pour
ainsi les conditions générales
de la découverte scientifique.
Cet heureux mélange de
spontanéité et de réflexion, de
science et de philosophie, s'est
produit les deux fois en
France. »
24. Selon l'expression de Thomas
Samuel Kuhn, dans La Structure
des révolutions scientifiques.
25. Certaines approches de
l'économie appartiennent
également à cette catégorie
(voir École autrichienne
d'économie).
connaissance des faits humains
sera du reste considéré par
certains comme un abus de
langage. Il est assez clair en
effet que ni les savoirs
sociologiques ou
psychologiques, économiques
ou linguistiques ne peuvent
prétendre, dans leur état présent
et passé à la solidité et à la
fécondité des savoirs physico-
chimiques, ou même
biologiques. » Gilles-Gaston
Granger, p. 85.
27. Jean-Marie Legay et Anne-
Françoise Schmidt dans
Modélisation des objets
complexes et interdisciplinarité,
une collaboration entre un
biologiste et une philosophe
étudient le passage de la théorie
au modèle.
2 . Le double usage de la fission
nucléaire - l'arme atomique
d'une part, le nucléaire civil
d'autre part - illustre
l'ambivalence des découvertes
scientifiques.
29. G.L Bruno avait postulé et
prouvé le pluralisme des
mondes possibles, c'est-à-dire
l' i d' d
ouvrage De l’infinito universo et
Mondi (De l’infini, l'univers et les
mondes).
30. L'Église a accepté la théorie de
l'héliocentrisme dès la première
e
moitié du siècle, dès que la
preuve en fut fournie par
l'aberration de la lumière. Le
pape Jean-Paul II a reconnu en
1992 les erreurs commises par
les théologiens lors du procès
de Galilée.
31. Tableau peint en 1425 (finition
en 1428), altéré en 1680, et
restauré en 1980.
propose une exposition sur le
thème art et science, présentant
les différentes techniques au
service de la conservation des
ouvrages d'art.
33. Barnes et Bloor sont à l'origine
du « programme fort » qui, en
sociologie de la connaissance
cherche à expliquer les origines
de la connaissance scientifique
par des facteurs exclusivement
sociaux et culturels.

Références

1. Centre National de Ressources


Textuelles et Lexicales
s://web.archive.org/web/20210
424141929/https://www.cnrtl.f
r/definition/science) », sur
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(consulté le 17 mai 2021).

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de 1995, p. 2 051.
3. Ménon (96c-98d).
4. Platon, La République [détail des
éditions] [lire en ligne (http://mercure.fl
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(477d).
5. Platon, Timée [détail des éditions]
[lire en ligne (http://ugo.bratelli.free.fr/
. Brisson 2008, p. 292.
7. D'après le Trésor Informatisé de
la Langue Française (http://atilf.
atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/vis
usel.exe?13;s=1052873835;r=1;
nat=;sol=2;) [archive] ; voir aussi
le schéma proxémique (http://w
ww.cnrtl.fr/proxemie/science) [
archive] sur le Centre National de
Ressources Textuel et Lexical.
. Michel Blay, p. 734.
9. Dominique Pestre, p. 104.
10. (en) Robert Burch, « Charles
Sanders Peirce (http://plato.stan
ford.edu/entries/peirce/#prag)
involves three phases or stages:
abduction (making conjectures
or creating hypotheses),
deduction (inferring what should
be the case if the hypotheses
are the case), and induction (the
testing of hypotheses) ».
11. Michel Blay, p. 734-735.
12. Terry Shinn, « Formes de
division du travail scientifique et
convergence intellectuelle. La
recherche technico-
instrumentale », Revue française
de sociologie, no 41 (3), pp. 447-
73, 2000.
Science, State and Industry,
Kluwer Academic Press,
Dordrecht, 2001.
14. André Pichot, p. 7.
15. Robert Nadeau, p. 126.
1 . Léna Soler, p. 13.
17. Dictionnaire étymologique de la
langue française, sous la
direction de Oscar Bloch,
Walther von Wartburg, 2008.
1 . Lecourt Dominique, La
philosophie des sciences, Paris,
PUF, 2015, 127 p.
(ISBN 978-2-13-062444-8), p. 7.
19 René Taton
20. Michel Blay, entrée science
classique, citée dans « La
science classique en chantier »,
in magazine Sciences
Humaines, hors-série, Histoire et
philosophie des sciences, no
31, décembre-janvier 2000-
2001, p. 14.
21. Bruno Jarrosson, p. 170 résumé
le modèle de Kuhn ainsi : « pré-
science - science normale -
crise - révolution - nouvelle
science normale - nouvelle
crise ».
22. André Pichot, introduction.
p. 152.
24. (en) Russell M. Lawson, (sous la
direction de), Science in the
ancient world - An Encyclopedia,
ABC-CLIO, 2004, p. 149.
25. André Pichot, p. 3.
2 . André Pichot explique ainsi
qu'« avec deux roseaux de
diamètres différents, on pouvait
écrire tous les nombres » [sur
des tablettes d'argile].
27. André Pichot, p. 73.
2 . André Pichot, p. 75 « Il faudra
l'invention du système métrique
pour en trouver l'équivalent ».
29. André Pichot, p. 81 cite
l'exemple d'une table de
multiplication par 25 provenant
de Suse et datant du IIe
millénaire av. J.-C.
30. André Pichot, p. 110-111
évoque des tablettes où les
sumériens ont anticipé les
théorèmes fondamentaux de
Thalès et de Pythagore, sur la
géométrie du triangle.
31. André Pichot, p. 169 :
« Comparativement aux
disciplines précédemment
exposées, la médecine à ceci de
i li ' ll i l à
science proprement dite, du
moins en ce qui concerne ses
formes primitives ».
32. André Pichot, p. 116.
33. André Pichot, p. 191.
34. André Pichot, p. 199.
35. « Mathématiques égyptiennes »
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m) [archive], Instituts de
recherche sur l’enseignement
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3 . André Pichot, p. 311.
37 1970 Early Greek science
Chatto & Windus. Trad. fr. Les
débuts de la science grecque.
De Thalès à Aristote, Paris,
Maspero, 1974.
3 . (189e-190a).
39. Emmanuel Renault, p. 75.
40. L. Couloubaritsis, La Physique
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science physique, 2e édition,
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41. Jean-Pierre Vallat, Technologie,
économie et société dans le
monde romain (http://www.pers
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42. Raymond Chevallier, p. 108-110.
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44. Jean Théodoridès, Les Sciences
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statut des sciences à la fin du
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universitaires du Septentrion,
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matérielle, économie et
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quotidien, 1979, page 349.
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civilisation en Chine, Picquier
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abrégée des deux premiers
tomes).
49. Pour une analyse de l'ouvrage
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Filtration. Science and Society in
East and in West », Bulletin de
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w.persee.fr/web/revues/home/
prescript/article/befeo_0336-15
19_1971_num_58_1_5116) [arc
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Chine ancienne et ses
commentaires [détail de l’édition].
51. Voir la présentation, sur le site
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52. (en) K. V. Sharma et S. Hariharan,


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p://www.new.dli.ernet.in/insa/IN
SA_1/20005ac0_185.pdf) [archi
ve].

53. Roger Bacon, Opus majus, tome


II, p. 177.
and the origins of experimental
science, 1100-1700, Oxford :
Clarendon Press, 1971.
55. Ferdinand Hoefer, Histoire de la
physique et de la chimie :
depuis les temps les plus
reculés jusqu'à nos jours, Paris,
Hachette, 1872,
(ISBN 2-04-017396-X).

5 . Noëlla Baraquin et Jacqueline


Laffitte, p. 383.
57. Noëlla Baraquin et Jacqueline
Laffitte, p. 167.
5 . Michel Malherbe, Jean-Marie
Pousseur, Francis Bacon,
r/books?id=7iKYOZqYnCkC&dq=
bacon+science&printsec=frontc
over&source=bl&ots=3th6AxvLc
d&sig=aMK2Tr2D-VkNn2Wx_f-gr
AbcMhM&hl=fr&ei=Lka4SfjdOKK
HjAeYyeCuCQ&sa=X&oi=book_r
esult&resnum=4&ct=result#PP
A9,M1) [archive].
59. Bacon, Novum organum, Livre I,
95, chapitre « la fourmi,
l'araignée, l'abeille ».
0. Jean-Pierre Verdet, p. 86.
1. Jean-Pierre Verdet, p. 99.
2. Jean-Pierre Verdet, p. 9133.
3. Titre d'un chapitre de Jean-
explique ainsi dans la
Saggiatore que la nature a pour
langage les mathématiques.
4. Alexandre Koyré (trad. Raïssa
Tarr), Du monde clos à l’univers
infini, Gallimard, Paris, 2003,
1957, 350 p. (ISBN 2-07-071278-8).
5. Serge Hutin, p. 109.
. Serge Hutin, p. 110.
7. Cité par Serge Hutin, p. 120.
. Voir notamment : Francis Bacon
réformateur de l'alchimie :
tradition alchimique et invention
scientifique au début du
e
siècle (http://cat.inist.fr/?a
Modele=afficheN&cpsidt=1450
1511) [archive] sur CAT.INIST.
9. Cité par Serge Hutin, p. 78-79.
70. Bernard Vidal, p. 32.
71. Pour plus de détails concernant
les savants auteurs de
découvertes dans les premiers
temps de l'alchimie, voir
l'ouvrage de Bernard Vidal et le
site La Ligne du Temps de la
Chimie (http://w3.umh.ac.be/lig
netempschimie/15to17s.html) [
archive].

72. Michel Blay, entrée science


classique, citée dans « La
Humaines, hors-série, Histoire et
philosophie des sciences, no 31,
décembre-janvier 2000-2001,
p. 14.
73. Evelyne Barbin.
74. « Cette notion apparaît avec
l'histoire des sciences elle-
e
même, au siècle. […] Le
mot se répand très vite pour
parler de l'œuvre de Newton, et
se banalise dans
l'Encyclopédie ». Dominique
Lecourt, p. 840.
75. Sciences naturelles et Médecine
au siècle des Lumières (http://w
ere.htm) [archive], ressources
scientifiques en ligne pour
l'enseignement des sciences.
7 . Pierre Astruc et al.,
L'Encyclopédie et le progrès des
sciences et des techniques,
Centre International de
synthèse, Section d'Histoire des
Sciences, 1952, (Articles parus
précédemment dans la Revue
d'histoire des Sciences et de
leurs applications et réunis à
l'occasion du bicentenaire de
l'Encyclopédie).
77. Jean le Rond D'Alembert,
Di éli i i d
l'Encyclopédie, Vrin, Paris, 1984,
p. 30.
7 . Sur l'empirisme en philosophie,
notamment chez Hume voir le
site de Yann Ollivier (http://www.
yann-ollivier.org/philo/Empiris
me) [archive].
79. Pierre Bayle, Pensées diverses
sur la comète, GF-Flammarion,
édition de Joyce et Hubert Bost,
512 p., (ISBN 9782081207127).
0. « La classification du vivant :
Carl von Linné1707 - 1778 » (htt
p://archive.wikiwix.com/cache/i
ndex2.php?url=http%3A%2F%2F
ope%2F1735_linne%2Flinne.ht
ml) , Université de Namur
(archive).
1. Charles Darwin, L'Origine des
espèces, édition du
Bicentenaire, P. Tort(dir.), M.
Prum et Patrick Tort (coord.)
(trad. A. Berra), « Naître à vingt
ans. Genèse et jeunesse de
L’Origine », Champion
Classiques, Paris, 2009.
2. Henri Bergson, La pensée et le
mouvant : Articles et
conférences datant de 1903 à
1923, Paris, Presses
i i i d F
philosophie contemporaine »,
1969, 294 p. (lire en ligne (http://cla
ssiques.uqac.ca/classiques/bergson_
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0335-5322_1976_num_2_2_345
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uvrage=false) [archive].

Voir aussi

Bibliographie

Un article bibliographique spécifique serait utile (juillet 2023). Compt e t enu


du nombre d'ouvrages ou d'ét udes relat ives au sujet de l'art icle, il serait ut ile
de créer un art icle bibliographique spécifique. On ne garderait alors dans
l'art icle que les ouvrages biographiques ou de référence principaux, ainsi que
ceux ut ilisés pour écrire l'art icle.

Il serait ut ile de marquer les art icles ut ilisés dans l'art icle par le modèle
{{plume}} (juillet 2023).

: document ut ilisé comme source pour la rédact ion de cet art icle.
Jean-Pierre Verdet, Une Histoire de
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La Science et l'hypothèse d'Henri
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Les Valeurs de la science d'Henri
Poincaré (1902)
Discours de la méthode pour bien
conduire sa raison et chercher la
vérité dans les sciences (1637) de
René Descartes

Articles connexes
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