DROIT DES CONTRATS SPÉCIAUX
Dr /Radwa Magdy Shaker
INTRODUCTION
«Ce sont l’ensemble des normes- lois et
LE DROIT
jurisprudence -qui définissent et régissent
GÉNÉRAL DES en général les obligations qui lient
OBLIGATIONS juridiquement les personnes.»
QUELLES SONT LES
SOURCES DES
OBLIGATIONS?
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1- La loi.
5 SOURCES
D’OBLIGATIONS 2- les contrats.
:
4- les délits.
DROIT DES CONTRATS SPÉCIAUX (C.S):
DÉFINITION:
- La théorie générale des contrats « TGC » étudie les règles communes et
applicables aux différents types des contrats telles les conditions de validités, les
règles de formation des contrats, l’exécution et les modes d’extinction des
contrats.
- Or, les C.S « C’est l’étude des contrats nommés, répétés dans la pratique et
réglés par le Code civil, ce sont les règles pratiques et courantes de chaque
type de contrat. ».C’est le droit spécialisé de chaque type de contrat.
La relation délicate entre les C.S et la TGC :
Les règles générales s’appliquent mais sous
réserve des règles particulières spécifiques à
chaque type de contrat (distinction règles
supplétives/impératives).
Chaque contrat nomme’ a un
OBJET DES statut juridique propre et
pourtant certaines règles y
sont impératives.
CS : LES
CONTRATS En revanche, le principe de la
liberté
NOMMÉS. contractuelle/autonomie de la
volonté reste souverain car on
trouve des règles supplétives
« auxquelles les parties
peuvent déroger ».
NOTIONS DES CONTRATS SPÉCIAUX :
SOURCES
- L’impossible liste des contrats spéciaux : la pratique génère multiples nouveaux contrats. - Les
sources du droit des Contrats Spéciaux :
1- La loi/ la législation en terme général :
a- le code civil ;
b- les codes spéciaux (codes d’assurance, de travail, de commerce, de consommation…)
2- les conventions internationales : ex : le domaine des contrats de ventes internationales «
Convention de Vienne sur la Vente Internationale des marchandises. »
3- le droit européen et communautaire : la création du marché européen commun et la
jurisprudence de la Cour de Justice.
4- la pratique commerciale.
- LES CONSÉQUENCES DE LA
DIVERSITÉ DES SOURCES
a- les contrats sont devenus de +en +
nommés et régulés par les lois,
b- l’organisation législative des
contrats entre professionnels et
consommateurs ( les grands contrats).
DEUX PHÉNOMÈNES
IMPORTANTES :
b- Leurs règles sont
a- la professionnalisation
devenues de + en +impératives,
des contrats (la rédaction des car ont une importance sociale
contrats est devenue de + en +
(tels les contrats de mariage) et
compliquée et doit être faite par économique (tels les contrats
des juristes spécialistes)
de sociétés, les grands contrats
exemples?? de l’État.
Distinction : Contrats nommés/ Contrats innommés tendance de
ces derniers à devenir nommés car connus par la jurisprudence et la
pratique.
ÉVOLUTIONS DES C.S: LA
SPÉCIALISATION DES CONTRATS
1- Une spécialisation objective ex : vente
mobilière/immobilière.
2- Une spécialisation subjective selon
les acteurs du contrat (professionnel
/consommateur- employeur/employé)
- Exclusion des contrats
publics (visés par le droit
DOMAINE administratif), commerciaux
(visés par le droit commercial),
contrats matrimoniaux (droit de
DES la famille).
CONTRATS - Importance de la
SPÉCIAUX : qualification juridique : c’est
l’opération qui consiste à
rapprocher le contrat aux règles
juridiques les plus proches pour
déterminer la nature du contrat
et les obligations de parties.
1. Vente.
LE PLAN :
2. Échange.
Les contrats translatifs de propriété 3. Contrats de
distribution.
Les contrats portant sur l’usage des biens 1. Bail.
2. Prêt des choses.
Contrats de services 1. Contrat d’entreprise.
2. Contrat de mandat.
3. Contrat de dépôt.
Les contrats de crédit 1. Crédit personnel (prêt
d’argent).
2. Crédit réel.
3. Le crédit-bail.
Les contrats aléatoires 1. Jeux.
2. Rentes viagères.
PARTIE I : LES CONTRATS ASSURANT LE
TRANSFERT DE PROPRIETE’ :
1- vente 2- échange 3- distribution
TITRE I : LA VENTE :
Art. 1582 du C.civ. : « la
convention par laquelle l’un
s’oblige à livrer une chose et
l’autre a la payer. »
DÉFINITION Un contrat translatif de propriété
T.B par le seul échange de
DE LA consentement (une conséquence
du principe de l’autonomie de la
volonté) nouvel art. 1196 C.civ.
VENTE N.B : la plupart des droits
étrangers subordonnent le T.P a
d’autres formalités.
LES SOURCES DU STATUT JURIDIQUE
DU CONTRAT DE VENTE :
2- Le droit
3- Le droit de la
1- Le Code civil. commercial pour les
contrats commerciaux. concurrence.
5- Des sources
4- Le droit de la
internationales pour les
consommation pour les ventes internationales
ventes entre
(telle la Conv. De Vienne
professionnels/ de 11/4/1980 des V.I
consommateurs. des marchandises
CHAPITRE I : LES ELEMENTS
DE LA VENTE
Les caractères translatif de
principaux : propriété Synallagmatique Consensuel à titre onéreux.
SECTION I : LE TRANSFERT D’UNE
CHOSE
SECTION II : LE PAIEMENT DU PRIX.
SECTION I : LE TRANSFERT
DE LA CHOSE :
C’est une
Les art. de double étage
car on transfert
1598 a 1601
Code civil. la chose ainsi
que les droits
sur la chose.
&1. LA CHOSE :
A- LES CHOSES VENDABLES
UNE CHOSE DANS LE COMMERCE JURIDIQUE :
- Une chose et non pas un
- C’est la possibilité de service (ex : contrat d’hôtellerie ou
créer des relations juridiques au contrat de transport sont des c.
sujet de la chose. (art.1128/
d’entreprise car il s’agit d’une
1598) fourniture de travail).
- Objet de la vente peut
être meuble ou immeuble : or,
Complexité des contrats de vente concernant les biens meubles
de choses à fabriquer vente/ incorporels (les droits de propriété
entreprise ? intellectuelle/ droit de créance/ le
Fonds de Commerce) des lois
spéciales organisent ces ventes.
Le principe : toute chose peut être
- Distinction entre chose dans le commerce (meubles/
appropriable/non-appropriable. immeubles - corps certain ou de
genres).
a- ex : les personnes
humaines,
EXCEPTION b- les produits interdit/ les
: LES chose illicites : (drogues, armes) ce
sont des choses dans le commerce
mais des limites à leur vente.
CHOSES c- les choses communes, le
domaine public.
HORS LE
COMMERCE d- L’autorisation
administrative pour la vente de
certains produits : (ex.
médicaments, alchooles…)
B- LA CHOSE VENDUE :
1- la détermination de la chose :
La chose doit être déterminée au moment de la vente ou déterminable.
-distinction corps certain (déterminée par leur qualités et spécificités/ chose de genre (qui sont déterminées par leur
poids, mesures, taille…)
2- l’existence de la chose :
-vente de chose future :(vendeur ne la possède pas lors de la conclusion de la vente)
Ex. (Vente de récoltes), dans ce cas la’ la vente ne devient parfaite que lors de l’existence de la chose, dans le cas
contraire la vente devient caduque
-la perte de la chose : entre la conclusion de la vente et la livraison de la chose. On trouve deux hypothèses :
1- perte totale de la chose : donc nullité de la vente.
2-perte partielle de la chose : l’acheteur a le choix entre la diminution du prix ou l’annulation de la vente.
A- la nature des droits cédés :
Les droits cédés sont de la propriété et ses
&2. LE démembrements :
1- la vente peut porter sur la nue-
DROIT propriété seulement (ex :la vente
immobilière viagère).
SUR LA 2- Ou elle peut porter seulement sur
CHOSE : l’usufruit.
3- La vente peut porter sur le droit de
la propriété entier.
B- Existence du droit cède’ :
- la vente de la chose d’autrui : cela est
invalide car le vendeur doit être le propriétaire
de la chose.
- ces ventes sont nulles nullité relative à la
disposition de l’acheteur seulement.
-modes juridique de règlement de ce cas :la
théorie de propriétaire apparent : *acheteur a
un délai de 5 ans pour invoquer la nullité de la
vente.
*protection de l’acheteur de bonne foi par la
théorie du propriétaire apparent et l’erreur
commun. Donc le vrai propriétaire ne peut
pas agir en nullité.
La vente est un Contrat à titre
onéreux donc élément
SECTION II essentiel.
: LE PRIX :
(ART. 1591-
Definition:« Le prix est la
1592) contrepartie financière du
transfert de propriété exprimée
par une somme d’argent. »
PRIX A UN CARACTERE MONETAIRE :
$1. LA -prix fixe’ en argent : c’est ce qui différencie
Vente/échange.
NÉCESSITÉ
D’UN PRIX :
-en euro obligatoirement depuis 2002.
-vente et dation en paiement : lors de la formation de la
vente un prix en argent a été fixe’ tandis que lors du
paiement il remet un bien de valeur égale (il faut
l’accord du vendeur).
A. Un prix déterminé :
Art. 1591 prévoit un prix déterminé par les parties ou déterminable avec
détermination des critères de son calcul dans le contrat. C’est le principe de
liberté dans la fixation de prix : le prix est le résultat de la négociation des parties
(le rencontre de l’offre/ la demande) donc de point de vue économique c’est la
théorie de la main invisible d’Adam Smith qui imprime sa marque sur le dr.civ.
Même s’il paraît moindre ou supérieure pour d’autres personnes.
Art. 1592 : prévoit le cas de détermination du prix par un tiers (expert ou arbitre)
dans les cas de contrat-cadre.
cette solution rigoureuse de détermination
du prix lors de la formation du contrat
n’était pas retenue par la convention de
Vienne art.55 “la v est valablement
conclue sans que le prix des marchandises
ait été fixe’ et possibilité de référer au prix
LES habituellement pratique’ dans le même
marche’.”
VENTES
-déterminabilité des prix :
INTERNAT
Pour les quantités non fixées ou les ventes
-IONALES : a exécutions successives.
CHAPITRE II :LA FORMATION DE LA VENTE :
La vente était considérée l’archétype des contrats lors de la codification.
La vente obéit aux règles de droit commun quant à ses conditions de formation
(consentement, capacité et cause) et a sa preuve. L’importance pratique de la vente a
élaborée une grande variété de ses objets.
SECTION I : LE DROIT DE VENDRE ET D’ACHETER :
SECTION II : LE PROCESSUS DE LA VENTE.
SECTION III : LA VENTE AVEC DROIT DE REPENTIR :
SECTION I : LE
DROIT DE
VENDRE ET
D’ACHETER :
les art. de 1594 a 1597 C.civ
Le principe de la liberté
contractuelle « tous ceux
auxquels la loi ne l’interdit pas
Le principe : peuvent acheter ou vendre » art.
1594. C’est le principe général
de la liberté contractuelle avec
ses volets positif et négatif.
$1. LES RESTRICTIONS AU DROIT DE
VENDRE ET D’ACHETER :
A- RESTRICTIONS AU DROIT DE VENDRE :
1- Les cas d’incapacités :
a- les mineurs et les majeurs protégés par régime de protection (la tutelle et la curatelle)
b- les régimes qui limitent les pouvoirs de certaines personnes (tels les cas de
redressement ou liquidation judiciaire du débiteur),
c- les restrictions émanant des régimes matrimoniaux qui interdissent a un époux de
vendre seul le logement familial ou les meubles.
2- Les cas d’inaliénabilités :
a- les biens classés monuments historiques.
b- la procédure de redressement judiciaire dans le cadre des entreprises en difficultés :les
B- LES RESTRICTIONS AU DROIT D’ACHETER :
C’est le cas des incapacités spéciales :
Certaines personnes sont privées d’acheter certains biens dans le but de
protéger le vendeur contre eux (ex :le tuteur et le mandataire ne peuvent
pas acheter les biens dont ils sont responsables de gérer, ainsi le
mandataire judiciaire dans le cas des entreprises en difficultés).
C- RESTRICTIONS AU DROIT DE NE PAS VENDRE :
En principe, le droit de ne pas vendre est une liberté consacrée à tout
contractant (le propriétaire a un droit absolu sur la propriété de la chose.
C’est un principe a valeur constitutionnelle sauf au cas de l’expropriation).
La jurisprudence a affirmé ce principe et a écarté l’application de la théorie
de l’abus de droit dans le cas de refus de vendre ou d’acheter.
LES EXCEPTIONS :
1- Le domaine particulier du commerce, le refus de vendre est anormal car l’activité
normale du commerçant est de vendre ses produits. Le refus de vendre sera donc considère
discriminatoire et entrave les principes de la fluidité du marché et la libre concurrence. La loi
1er Juillet 1996 a effectué une distinction :
a- Le refus de vendre à l’égard des professionnels : n’est pas interdit sauf s’il constitue
une « pratique anticoncurrentielle »
b- Le refus de vendre l’égard des consommateurs : le refus de vendre reste interdit en tant
que tel sauf motif légitime.
2- Les ventes forcées :
a- Les cas d’expropriation : pour cause d’utilités publique.
b- La saisie des biens du débiteur en faillite par les voies d’exécution force’.
&2. RESTRICTIONS AU LIBRE CHOIX DE
SON CONTRACTANT :
Deux techniques peuvent être envisagés dans ce cas :
A- Le cas de cocontractant prédéterminé :
C’est le cas de contrats préalables qui obligent celui qui veut vendre de se diriger vers un contractant prédéterminé. tel :
1-les pactes de préférences : art. 1123 qui donne la définition c’est « le contrat par lequel une partie s’engage à proposer
prioritairement au bénéficiaire de ce pacte de traiter avec lui s’il déciderait de contracter. »
C’est une création par la pratique et consacrée par la jurisprudence, et consacrée dans le C.civ par l’Ord. de 10 Fev.2016.
Ex : préférence de vente d’un bien immeuble,/préférence d’achat recourir a un tel fournisseur pour acheter.
La sanction du non-respect de ce pacte :
a- Si le tiers acheteur de bonne foi : aucun remplacement par le bénéficiaire, ce dernier peut seulement avoir D-I pour
violation de son droit personnel.
b- Le tiers acheteur de mauvaise foi : la vente peut être annulée si l’acheteur connaissait l’existence de ce pacte et de
l’intention de son bénéficiaire de s’en prévaloir. Récemment la C.cass a affirmé le droit du bénéficiaire non seulement d’annuler le
contrat mais en plus de se substituer à l’acquéreur (consécration par le nouvel art. 1123 modifie’ par l’ordonnance de 10 Fev.2016)
Elles sont connues dans les domaines
commerciaux, souvent dans le domaine des
chaines de distribution. C’est le cas de partenaires
consentant une clause d’exclusivité :
a- Exclusivité d’achat :(l’approvisionnement
2-LES CLAUSES exclusif) ex : * le distributeur (carrefour) s’engage
à se fournir d’un tel fabriquant/fermier.) *un club
D’EXCLUSIVITÉ : s’engage à se fournir ses vêtements sportifs d’un
vendeur/marque détermine’.
b- Exclusivité de vente : (la concession
exclusive) dans le cas où le fabriquant ( ex : PEPSI
co.) s’engage à fournir exclusivement à un tel
vendeur/distributeur(KFC).
B- Le cocontractant substitue’ :
1- Les droits de préemption ou de retrait « c’est un droit d’origine légale permettant à son
titulaire de se substituer à l’acquéreur/acheteur dans le contrat »
Ex : dans les ventes immobilières, le locataire a droit de préemption sur l’immeuble loue’ au cas
ou le loueur veut vendre sa propriété.
Les sanctions de non-respect de ce droit : la substitution du bénéficiaire a l’acquéreur/ dans
d’autres cas c’est la nullité de la vente/ ou des d-i seulement.
2- Les clauses d’agrément : « c’est de subordonner la réalisation définitive de la vente à
l’agrément de l’acquéreur par un tiers, qui doit donner son approbation a la vente pour qu’elle
devienne parfaite. » Ex : dans le cas de la cession de ses parts sociaux, les autres associés de la
société doivent accepter.
SECTION II : LE PROCESSUS DE
LA VENTE :
Les art. 1583 a 1590 C.civ.
Art. 1583 prévoit un principe fondamental que la V : « est parfaite entre les parties… des qu’on est convenu de la chose et
du prix quoique la chose n’ait pas encore été délivrée ni le prix paye’. » ce principe a été retenue par cette nouvelle
rédaction en 2016.
Les règles de droit commun s’appliquent toujours. C’est un contrat a formation instantanée. La règle fondamentale c’est
que la vente est parfaite dès l’accord des parties sur la chose et le prix « c’est le principe de la formation immédiate et
définitive. »
Or, la V peut être instantanée ou successive selon l’importance de la chose vendue (les petites et moyennes ventes sont
souvent instantanée tandis que les biens de grande valeur engendre des avant-contrats):
- Le schéma simple du contrat : la vente est conclue par le simple rencontre de l’offre et de l’acceptation (c’est
la formation instantané)
- Une série de complications peuvent intervenir comme étapes préparatoires a la vente durant la phase
précontractuelle. (c’est la formation successive).
DONC CE PRINCIPE EST
ATTENUE’ PAR 3
CATÉGORIES D’EXCEPTION :
1- Les promesses de vente et d’achat.
2- Les ventes conditionnelles.
3- Les ventes avec droit de repentir.
(p.85-105) projet de présentation prochaine séance.
SECTION III : LE PROCÉDÉ
DE VENTE :
La règlementation de l’acte de vente :
- Le principe est le consensualisme.
- D’autres exigences :
1- Les ventes formalistes : un texte exprès doit prévoir ce cas
a- Il peut s’agir de la rédaction d’un écrit. (ex ; les ventes de navires, les cessions de brevets dans le cadre des droits de propriété
intellectuelle)
b- Ile peut s’agir d’un acte notarié (ex : les V d’immeubles à construire)
c- Les cas de ventes aux enchères (dans les cas de saisie immobilières)
2- La preuve de la vente : l’exigence d’un écrit pour les V supérieures a 1500 euros
3- Certaines règles fiscales
4- Les règles de publicité : pour l’opposabilité aux tiers (les immeubles) et d’autres cas exigent des régimes de publicité tels les V
de fonds de commerce, de navires, d’avions, cessions de brevets.
5- Des règles d’autorisations administratives pour mettre en œuvre certaines ventes tels, les médicaments)