GESTION INTEGREE DES
PRINCIPAUX RAVAGEURS ET
MALADIES DE CULTURES
MARAICHERES AU NIGER
PROTECTION DU POIVRON ET
DU PIMENT
Une histoire pour commencer
• Les maladies de plantes c’est comme le paludisme.
• Souvent, on ne s’intéresse au paludisme que lorsqu’on
est très malade (fièvre, froid, chaud). Dans ce cas il faut
aller à l’hôpital (payer), acheter des médicaments
(payer) et on sort affaibli.
• Mais on devrait s’intéresser au paludisme pour ne pas
l’attraper. Dans ce cas on se protège avec une
moustiquaire, on enlève les points d’eau pour empêcher
la multiplication des moustiques… malade.
• C’est la même chose pour les cultures.
Le poivron et le piment appartiennent à la famille de
plantes appelée solanacées qui comprend :
• Aubergine, djakatou,
poivron, pomme de
terre, tomate, piment
Etre de la même famille c’est important à savoir
• De nombreux ravageurs
et maladies sont
communs.
• L’araignée rouge
attaque l’aubergine, la
tomate et la pomme de
terre.
• Les plantes de la même
famille ne doivent pas
se succéder dans la
rotation
Les objectifs pédagogiques
• Être capable de décrire les ravageurs du poivron et du
piment au Niger.
• Être capable de faire des observations sur les
ravageurs et les cultures.
• Être capable de proposer et d’expliquer aux
producteurs et productrices des mesures de lutte à
mettre en place (lutte intégrée) en fonction des
situations.
1. Avez-vous ces attaques ?
3. Avez-vous ces attaques ?
4. Avez-vous ces attaques ?
5. Avez-vous ces attaques ?
2. Avez-vous ces attaques ?
Les ennemis du poivron et du piment au Niger
1. Les pucerons
• Insectes piqueurs suceurs
• Couleur: jaune au vert
sombre
• Généralement aptères (sans
ailes)
Types de dégâts
• Chloroses
• Enroulement des
feuilles
• Distorsion des
feuilles
• Abscission des fleurs
• Production miellat
– Développement
fumagine
Méthodes de lutte
• Protéger la pépinière
avec une moustiquaire
• Désherber les alentours
de la parcelle avant la
plantation
Attention : un maraîcher n’est pas tout seul sur un site de
production et les ravageurs ne connaissent pas les limites
de sa parcelle. Les mesures préventives doivent être
discutées et appliquées collectivement, autrement leur
effet sera limité.
Les traitements insecticides / biopesticides
• Neem ou solutions à base
de piment, tabac ou ail, ces
produits sont
principalement des répulsifs
• A employer précocement
dès l’observation des
pucerons
• Traitement préventif si l’on
connait la date d’apparition
Les traitements insecticides / pesticides
• Utiliser un insecticide • Un pesticide homologué est un
homologué à la dose produit dont la vente et
recommandée. l’utilisation ont été approuvées
par les autorités nationales ou
régionales.
• Un insecticide de contact agit si
• On peut utiliser un le produit arrive sur le ravageur,
insecticide de contact le touche.
comme les pyréthrinoïdes. • Un produit systémique est un
produit qui pénètre dans la
• Ou un insecticide sève de la plante puis se diffuse
systémique. dans toutes les parties
La mouche blanche/vecteur du TYLC
• Insecte piqueur suceur
• 200 œufs en cercle
• Cycle en 20 jours et
même moins dans les
climats chauds
La mouche blanche/vecteur du TYLC
• Provoque
jaunissement,
déformation et chute
des feuilles
• Dépôt de miellat
• Transmet le TYLCV
Maladie de l’enroulement des feuilles (Maladie virale causée par
le Tomato yellow Leaf Curl Virus ou TYLCV, transmis par les
mouche blanches (Bemisia tabaci)
• Protection des
pépinières avec la toile
pour avoir des plants
exempts de TYLCV
• Comme pour le palu on
peut protéger avec des
moustiquaires la
pépinière. Cela permet
de retarder l’attaque
Semis sous moustiquaire GF de Djoga (Torodi)
Protéger piment et poivron
• Nettoyage de la parcelle
pour éloigner les mouches
blanches qui transmettent
la maladie
• Contrôle des herbes comme
le datura qui est un
réservoir du virus
• Le virus du TYLCV fait des
dégâts, le producteur doit
observer les plantes qui
abritent des mouches
blanches.
Protéger piment et poivron contre les virus
J’observe des plants attaqués :
• Arrachage et destruction par le feu des plants attaqués porteurs du
virus ;
• Lutte contre les mouches blanches (Bemisia tabaci), agent vecteur
par application d’insecticides homologués aux doses
recommandées
• Chercher à repérer les plantes qui abritent des mouches blanches
La prochaine campagne :
• Choix d’une variété tolérante ou résistante ou rotation
• Protection de la pépinière avec une moustiquaire
• Eviter certaines associations avec certaines cultures (solanacées ou
cucurbitacées)
• Nettoyer la parcelle des plantes qui abritent les mouches
Les trips
• Insectes piqueur-suceurs
• Longueur: 1 mm
• Induisent:
Enroulement des feuilles vers
le haut (aspect pirogue),
Distorsion feuilles
Brunissement, rétrécissement
et réduction du nombre de
feuilles
Distorsion et craquelure sur
fruits
Méthodes de lutte
• Couper les parties • Utiliser les pièges
atteintes englués bleus pour
• Les trips n’aiment pas la détecter les 1ères
pluie, irrigué avec attaques
asperseurs ou arrosoir • Utiliser des insecticides
• Protéger les pépinières systémiques
• Arracher les mauvaises
herbes autour des
parcelles
L’araignée rouge, comment la reconnaître?
L’araignée rouge
• Les araignées rouges sont
présentes partout au Niger.
• Elles ont été observées en toutes
saisons.
• On les trouve sur les solanacées :
aubergine, tomate, poivron et
pomme de terre.
• Les araignées rouges sont des
acariens, ce ne sont pas des
insectes.
• Bien que de petite taille, les
araignées rouges peuvent se voir
à l’œil nu.
• Leur présence peut être • Les araignées rouges sont
confirmée par l'observation présentes partout au Niger.
de fines toiles qui • Elles ont été observées en
deviennent visibles à l’œil toutes saisons.
nu après vaporisation d'eau • En absence de nourriture cet
sur la plante. acarien peut rester
• Les toiles protègent les longtemps à l’état dormant
araignées rouges contre le dans le sol ou sur les résidus
vent et aussi les pesticides. de plantes.
Une multiplication très rapide…
• Les araignées rouges se • La dissémination de cette
développent très vite dans araignée se fait par le vent
des conditions favorables : et l’homme lors de ses
une température de 30°C et déplacements dans la
un temps sec. La femelle parcelle.
pond entre 100 et 200 œufs
qui donnent des larves et se
transforment en adulte une
semaine après. Ces derniers
s’accouplent
immédiatement.
Méthodes de lutte : le premier principe à respecter
reste la prévention
• Brûler immédiatement les
résidus de culture pour éviter
l’accumulation de population
dans les champs – Attention
aux vieilles aubergines.
Parcelle abandonnée • Surveiller et protéger la
pépinière.
• Ne pas placer des plants à
l’ombre des arbres car l’attaque
commence toujours sous
l’arbre.
• Chercher les plantes abris.
Parcelle fortement attaquée
Méthodes de lutte : le second principe à
respecter est de contrarier les ravageurs
• Utiliser une irrigation par
aspersion pour augmenter
l’humidité car les araignées
se multiplient en conditions
sèches.
• Ne pas laisser pousser des
mauvaises herbes surtout
de la famille des solanacées
autour du champ.
• Planter des haies autour des
champs pour réduire la
migration d’adultes entre
les champs.
Méthodes de lutte : le troisième principe est
d’arracher et d’éliminer les plantes ou les branches
fortement atteintes
• Il faut couper les
branches ou arracher
les plants et les brûler.
• Les araignées rouges
vont aller coloniser
d’autres plants et
d’autres cultures.
L’utilisation des pesticides
Les biopesticides Les pesticides chimiques
• Les préparations naturelles • Les araignées rouges sont
à base de savon ou de neem des acariens. Elles doivent
sont efficaces. être traitées avec des
• Il est indispensable de les acaricides spécifiques.
utiliser le plus tôt possible • Il faut appliquer l’acaricide
dès l’apparition des dès l’apparition des
premiers acariens. premiers symptômes au
cours du stade de
développement primaire de
ces populations, avant
qu’elles ne tissent leur toile.
L’utilisation des pesticides
Attention ! Il est très difficile de trouver des
acaricides au Niger.
• Il faut que le terme « acaricide » soit sur
l’emballage du produit.
• Le plus souvent, les producteurs utilisent leurs
insecticides habituels.
• Certains insecticides sont peu ou pas actifs sur les
acariens mais ils peuvent favoriser leur
développement en éliminant leurs prédateurs
(ennemis).
• Se renseigner auprès des agents de la Protection
des végétaux ou de la CRA.
Les ennemis du poivron et du piment au Niger
1. Les nématodes
Flétrissement des plants, dessèchement, perte de
récolte
Manifestation des attaques
Sur la partie aérienne de Sur les racines
la plante
• Nanisme • Réduction du système
• Flétrissement racinaire
• Chlorose (jaunissement) • Prolifération des racines
• Pertes prématurées des • Galles sur racines
feuilles et des fruits
• Mort des plantes
Facile à reconnaître
les racines présentent des galles (boules)
Les nématodes c’est quoi ?
• Ce sont des vers
invisibles à l’œil qui
piquent les racines
• Ils bloquent le
fonctionnement normal
des racines
• Surtout dans les sols
sableux sans inondation
• En sol contaminé il reste
longtemps
Sur aubergine (2 ou 3 plants avaient des feuilles
jaunes)
• Jaunissement des
feuilles
• Prolifération des
racines
• galles
Biologie des nématodes
• Les nématodes se
conservent dans le sol et
les débris de racines sous
forme de juvéniles et
d’œufs.
• Après la germination, les
jeunes racines sécrètent des
substances qui attirent les
juvéniles qui y pénètrent.
• Une femelle adulte peut
pondre 200 à 500 œufs
Les nématodes sont un problème
TRES IMPORTANT
• Les pertes peuvent être
de 60 à 100 %
Si le producteur a des nématodes il doit
apprendre à les « gérer »
Comment lutter ?
Les mesures à prendre en pépinière
Installer des pépinières sur :
• un terrain désinfecté par solarisation
• et/ou traité avec des feuilles ou de la poudre de
graines de neem,
• et enrichi en matière organique, pour éviter une
infestation précoce des plants de poivrons.
Désinfecté par solarisation
La solarisation
• consiste à élever la température du sol pour
tuer les nématodes
• Recouvrir le sol d’un plastique transparent
après un arrosage abondant : c’est l’eau qui
transmet la chaleur captée par le plastique
transparent.
• Le film transparent laisse passer les rayons UV
qui ont un fort pouvoir biocide.
1. Bien nettoyer le terrain
2. Travailler le sol sur une
profondeur de 25-30
cm afin d’aboutir à une
structure fine et
régulière en utilisant
des outils à dents
(râteau, bêche, etc.)
3. Niveler le terrain (avec
un râteau)
4. Arroser abondamment
le sol pour bien
l’humidifier en
profondeur jusqu’à
saturation à l’aide d’un
arrosoir avec pomme
5. Poser le plastique
transparent qui doit être
bien tendu pour être en
contact direct avec le sol, en
évitant de créer des poches
d’air. Plaquer le plastique au
sol en exerçant une légère
pression puis placer des
pierres sur les bords pour le
maintenir bien fixé.
6. Enlever le plastique 1 à 2
mois après sa pose selon
les saisons.
A quelle période faire la solarisation?
• 1. La solarisation se met en place pendant les
périodes chaudes de l’année (mars-mai ou
septembre-octobre) pour une bonne montée
en température et une efficacité optimale ;
• 2. La solarisation est surtout recommandée
pour les petites parcelles (pépinières par
exemple).
Traité avec le neem
• Feuilles : Cueillir les feuilles assez vertes ; sécher à l’ombre
pendant 7 à 10 jours ; broyer les feuilles sèches à la main et
les conserver dans un endroit sec et aéré.
• Epandre 500 g/m2 de brisures de feuilles (soit 2 tias) ;
incorporer au sol avec la houe ; arroser tous les 4 jours
pendant quatorze semaines pour permettre leur
décomposition et réduire éventuellement leur phytotoxicité ;
• Graines : 400 g/m2 de poudre de graines de neem soit 4 à 5
boites de nescafé avec une utilisation identique aux feuilles
(incorporation au sol, délai de quatorze semaines et arrosage
régulier).
Attention !
• Si des attaques • Ne pas repiquer des
surviennent en pépinière, plants qui présentent des
les plants affectés doivent galles.
être impérativement
arrachés. Dans le cas
contraire, leur plantation
au champ contribuera à
assurer la dissémination
des nématodes et la
contamination de sols
sains.
Comment lutter ? Les mesures à prendre
sur la parcelle avant repiquage
• Faire une rotation
• Cultiver de l’arachide
• Eviter les plantes « réservoirs »
• Apporter de la matière organique avant repiquage
• Enfouir des feuilles de neem
• La culture est finie / arracher et brûler les résidus et
surtout les racines
Faire une rotation
• Eviter les plantes de la
même famille
• Eviter les melon,
courge, pastèque,
gombo
• Mettre oignon, chou,
céréales
Le principe de la rotation
• Mettre en place une
• Le producteur ne doit pas
rotation avec des plantes
donner de la
maraîchères résistantes
« nourriture » aux
ou peu sensibles aux
nématodes.
nématodes : oignon ou
chou pour les plantes • Sans nourriture, le
maraîchères, céréales, nombre de nématodes va
arachide ou cultures diminuer
fourragères. progressivement.
• La tomate, le poivron, le • C’est pourquoi il faut
piment ou le melon ne choisir les plantes qui
doivent revenir que tous vont être cultivées, les
les 4 ans. unes derrière les autres.
L’idée de rotation ne va pas être acceptée par le
producteur ?
• Dans ce cas il sera
comme ce producteur
qui a perdu ses
semences, son
engrais, son carburant
et son travail…
Cultiver l’arachide
• L’arachide est considérée
comme une plante piège. Ses
racines attirent les formes
infestantes des nématodes
mais elles ne permettent pas
aux nématodes de se
développer et abaisse le taux
d’infestation des sols. Elle peut
être cultivée pendant la saison
des pluies. Il faut que sa
culture soit parfaitement
sarclée pour éviter les plantes
adventices hôtes des
nématodes.
Eviter les plantes « réservoirs »
• Eviter les plantes
« réservoirs » qui ne
manifestent aucun symptôme
mais hébergent les
nématodes dans leurs
racines. Il s’agit entre autres
du : moringa, papayer,
baobab, prosopis, accacia.
• Pour les haies vives ou les
brises vents il faut choisir le
neem ou le citrus. Le neem
est prioritaire car son
feuillage incorporé dans les
parcelles, permet de lutter
contre les nématodes à
galles.
L’effet du fumier sur terrain sableux
beaucoup plus de racines, la plante résiste mieux
Incorporer des feuilles ou des graines de neem
• Feuilles : Cueillir les feuilles assez vertes ; sécher à l’ombre
pendant 7 à 10 jours ; broyer les feuilles sèches à la main et
les conserver dans un endroit sec et aéré.
• Epandre 500 g/m2 de brisures de feuilles (soit 2 tias) ;
incorporer au sol avec la houe ; arroser tous les 4 jours
pendant quatorze semaines pour permettre leur
décomposition et réduire éventuellement leur phytotoxicité ;
• Graines : 400 g/m2 de poudre de graines de neem soit 4 à 5
boites de nescafé avec une utilisation identique aux feuilles
(incorporation au sol, délai de quatorze semaines et arrosage
régulier).
La culture est finie / je ne garde pas mes ennemis
• Il faut tout de suite
arracher et brûler les plants
qui restent.
• Pour détruire les œufs, les
larves…
• J’en parle avec mes voisins
pour que tout le monde le
fasse.
• Chaque galle contient une
femelle qui peut pondre
500 œufs…
Attention !
• Toutes ces méthodes de lutte ne doivent pas être appliquées
seules, elles doivent être combinées : rotation avec plantes
non-hôtes, amendement du sol avec la matière organique, …
• En dernier ressort l’application rationnelle des nématicides
homologués peut permettre de réduire les densités des
populations des nématodes.
• L’utilisation de nématicides ne permet pas de résoudre le
problème des nématodes même dans le pays d’Europe et du
Maghreb.