Organisation judiciaire au Congo
Organisation judiciaire au Congo
INTRODUCTION
Le droit congolais est le droit appliqué en République du Congo depuis son accession à l'indépendance
le 15 aout 1960. Ce droit s'est construit depuis plusieurs années non seulement en conservant une
partie du droit français alors en vigueur à la date de l'indépendance, mais aussi par un effort constant
de construction originale d'un droit congolais, notamment en matière de droit foncier. Cette
construction ne s’est pas faite sans difficultés. En effet, les conflits politiques qui ont pendant
longtemps secoué le pays sont en partie à l’origine de l’affaiblissement de l’appareil judiciaire et des
difficultés de mise en œuvre des décisions rendues. En 1997, des réformes touchant à l’organisation de
la justice ont été entreprises. C’est dans ce cadre que fut adoptée la loi n°17-99 du 15 avril 1999 qui
complète et modifie certaines dispositions de la loi n°025-92 du 20 août 1992 et la loi n°30-94 du 18
octobre 1994 portant organisation et fonctionnement de la Cour suprême du Congo. La Constitution
consacre le principe de la séparation des pouvoirs en élevant la justice au rang de pouvoir
indépendant. Le principe du double degré de juridictions est appliqué.
Au Congo, le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif. Il statue
sur les litiges nés entre les citoyens ou entre les citoyens et l’Etat. Les juges ne sont soumis, dans
l’exercice de leurs fonctions, qu’à l’autorité de la loi.
Les citoyens Congolais sont égaux devant la loi et devant les Juridictions. Ils peuvent agir et se
défendre eux-mêmes verbalement ou sur mémoire devant toutes les juridictions à l'exception de la
Cour Suprême. La Justice est gratuite à toutes les instances. Toutefois, à la fin du procès, le jugement
met les frais à la charge des parties qui succombent solidairement ou à proportion de la gravité de leurs
condamnations respectives. La justice est rendue sur le territoire national au nom du peuple congolais.
Dans le cadre de ses attributions, le pouvoir judiciaire ne peut empiéter ni sur les attributions du
pouvoir exécutif, ni sur celles du pouvoir législatif. Le pouvoir exécutif ne peut ni statuer sur les
différends, ni entraver le cours de la justice ou s’opposer à l’exécution d’une décision de justice. Le
pouvoir législatif ne peut ni statuer sur les différends, ni entraver le cours de la justice ou s’opposer à
l’exécution d’une décision de justice. Toute loi dont le but est de fournir la solution à un procès en
cours est nulle et de nul effet.
Aux termes de l’article 166 de la constitution de 2015 « Il est institué un pouvoir judiciaire exercé par
la Cour suprême, les Cours d’appel et les autres juridictions nationales. La Cour suprême, les Cours
d’appel, les Tribunaux de grande instance, les Tribunaux administratifs, les Tribunaux du travail, les
Tribunaux de commerce, les Tribunaux d’instance ainsi que toutes autres juridictions nationales sont
créés par des lois organiques qui fixent leur ressort, leur composition, leur organisation et leur
fonctionnement ». Il convient cependant de souligner l'apport particulier du droit OHADA ainsi que
du droit communautaire issu de la CEMAC, ces deux derniers étant d'applicabilité directe en droit
interne congolais.
L’organisation de la justice au Congo est caractérisée par un ordre unique de juridiction qui comprend,
selon les textes en vigueur, du sommet à la base : la Cour constitutionnelle, la Haute Cour de justice, la
Cour suprême, la Cour des comptes et de discipline budgétaire, les Cours d’appel, les tribunaux de
grande instance, les tribunaux administratifs, les tribunaux de commerce, les tribunaux d’instance, les
tribunaux de travail et les tribunaux militaire. Relativement aux textes en vigueur, la carte judiciaire du
Congo se présente comme
A cette présentation, on peut ajouter les apports du dispositif judiciaire issu du Traité de l’Organisation
pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) qui a institué la Cour Commune de
Justice et d’Arbitrage (CCJJA) comme juridiction de cassation pour toutes les décisions rendues en
dernier ressort par les juridictions des Etats parties.
A la lumière de cette carte, nous allons présenter la cartographie des juridictions congolaises en les
présentant par degré de juridiction d’une part et aborder le personnel chargé d’animer la machine
judiciaire d’autre part.
Chaque Tribunal administratif comprend un Greffe. Le Ministère Public y est représenté par le
Procureur de la République et un substitut du Procureur de la République au moins. Les Tribunaux
Administratifs sont juges de Droit Commun en Première Instance en matière Administrative.
Le Tribunal Administratif est, en matière Administrative, Juge de Droit Commun en premier ressort,
et au plan contentieux, il est au Cours des Instances dont il est saisi, compétent pour interpréter les
décisions des diverses autorités Administratives et apprécier leur régularité juridique, à la demande de
l'une des parties, sans pouvoir en prononcer l'annulation qui est de la compétence de la Cour Suprême.
A ce titre, le tribunal administratif connaît :
Toutes les actions tendant à faire déclarer débitrice les collectivités publiques
Tous les litiges portant sur les avantages pécuniaires ou statutaires reconnus aux
fonctionnaires et Agents Publics des diverses administrations, notamment aux fins de
redresser les situations de carrières inadéquates et de prononcer le cas échéant, la réparation
qui leur est due pour le préjudice.
Des actions intentées par les Administrations contre les particuliers, ou d'autres
administrations lorsqu'elles se rapportent à des relations relevant du droit public.
Le Tribunal administratif comprend des Magistrats du siège nommés par décret du Président de la
République sur proposition du Conseil Supérieur de la Magistrature et des Magistrats du Ministère
public nommés dans les mêmes conditions. Trois Magistrats sont nommés l'un président du Tribunal
Administratif, l'autre Vice-Président et le troisième juge du siège.
Le Greffe du Tribunal Administratif comprend un Greffier en Chef et des Greffiers nommés par arrêté
du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, parmi les membres du corps des Greffiers. Le Greffe du
Tribunal Administratif est exercé sous l'autorité du Président et du Procureur de la République.
D’après l’article 93, les Tribunaux de commerce sont juges de droit commun en première instance en
matière de commerce. Ils sont compétents pour connaître :
Dans les arrondissements où il n'y aura pas de tribunaux de commerce, les juges du tribunal civil
exerceront les fonctions et connaîtront des matières attribuées aux juges de commerce par la loi.
L'instruction, dans ce cas, aura lieu dans la même forme que devant les tribunaux de commerce, et les
jugements produiront les mêmes effets.
Le Tribunal de commerce est en matière de commerce, juge de droit commun en premier ressort, il est
au cours des instances dont il est saisi, compétent pour interpréter les décisions des diverses autorités
administratives et apprécier leur régularité juridique, à la demande de l'une des parties sans pouvoir en
prononcer l'annulation qui est de la compétence de la Cour Suprême.
En matière commerciale, le tribunal de commerce est compétent pour juger toutes les demandes
principales, incidentes, reconventionnelles ou en compensation. Il connaît, en premier ressort et à
charge d'appel de toutes les actions commerciales dont le montant en capital est supérieur à 1.000.000
frs et 300.000 frs CFA en revenus, rente ou prix de bail.
Au cours des instances commerciales dont il est saisi, le tribunal de commerce est compétent pour
interpréter les décisions des diverses autorités administratives et apprécier leur régularité juridique,
lorsqu'elles sont invoquées à l'appui de la demande ou comme moyen de défense.
Le Greffe du Tribunal de commerce comprend : un Greffier en Chef et des Greffiers nommés par
arrêté du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice. Le Greffier du Tribunal de Commerce exerce sous
l'autorité du Président et du Procureur de la République.
Les Tribunaux de Travail peuvent être créés dans chaque Région, Commune, Arrondissement ou
District lorsque l'activité économique le justifie.
Le Tribunal de Travail est juge de droit commun en matière sociale. Il connaît des différends
individuels ou collectifs survenus à l'occasion du contrat de travail ou contrat d'apprentissage entre le
travailleur et son employeur, l'apprenti et son maître. Il statue sur les différends individuels relatifs aux
conventions collectives. Sa compétence s'étend aux contentieux du régime de la sécurité sociale, aux
différends individuels nés entre entrepreneurs du secteur privé ou étatique ainsi qu'aux actions
récursoires des entrepreneurs contre les sous-entrepreneurs lorsqu'en cas d'insolvabilité des sous-
entrepreneurs, la responsabilité des entrepreneurs est substituée à celle des sous-entrepreneurs pour le
versement des cotisations à la sécurité sociale.
Le Tribunal de Travail est composé d'un Magistrat nommé par décret du Président de la République
sur proposition du Conseil Supérieur de la Magistrature et de deux Assesseurs nommés conformément
aux textes en vigueur. Le Magistrat en est le Président.
Les Assesseurs sont choisis sur les listes établies par les organismes syndicaux les plus représentatifs
de chaque préfecture ou commune urbaine. Pour les travailleurs, ils établissent deux listes des
assesseurs ainsi constituées : D’abord la liste des Assesseurs travailleurs privés et des établissements
publics à caractère industriel et commercial, ensuite la liste des Assesseurs artisans ou travailleurs
agricoles et leurs suppléants et enfin la liste des Assesseurs employeurs de leurs suppléants constituée
par les organisations d'employeurs, des secteurs privés, mixtes et d'Etat. Chaque liste comprend deux
assesseurs et deux suppléants. Ces listes après avoir été adoptées par les organismes syndicaux
Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance dans le ressort duquel se trouve le
Tribunal du Travail occupe le siège du Ministère Public par lui-même ou ses Substituts.
Le Tribunal est assisté d'un Greffe, qui est dirigé par un Greffier en Chef nommé par arrêté du Garde
des Sceaux Ministre de la Justice.
L’article 135 de la loi dispose que « Il peut être créé un Tribunal Militaire dans une région militaire ou
une garnison. La loi de création fixe son siège et son ressort qui comprend une ou plusieurs régions
militaires, une ou plusieurs garnison ». La justice, dans les tribunaux militaires, est rendue par des
magistrats civils et militaires. Les magistrats militaires peuvent être élus à la Cour suprême dans les
mêmes conditions que les magistrats civils.
1. Compétences
Le tribunal militaire connaît des infractions militaires punies des peines correctionnelles et des
contraventions qui leur sont connexes. Il connaît aussi des infractions militaires punies des peines de
police commises dans l’étendue de son ressort.
En temps de guerre les tribunaux militaires demeurent seuls compétents pour connaître, en outre, de
toutes les infractions de droit commun. Pendant cette période le Tribunal Militaire est présidé par le
Magistrat Militaire le plus ancien. De même, lorsque l'état de siège ou l'état d'urgence est proclamé, les
tribunaux militaires connaîtront des infractions commises pendant cette période qui se rapportent aux
événements en cours ou qui leur sont connexes.
Le tribunal militaire quelle que soit sa formation statue toujours à charge d’appel. La Cour suprême
règle les conflits positifs ou négatifs de compétence.
B. Organisation
Le tribunal militaire comprend des magistrats nommés par décret du Président de la République sur
proposition du Conseil supérieur de la magistrature après avis du Ministre de la défense. Il est présidé
par un magistrat civil, assisté de deux magistrats militaires. Le Ministère public est assuré par un
une chambre correctionnelle compétente pour statuer sur les délits et contraventions connexes
qui relèvent de sa compétence matérielle. S’il résulte des débats que le fait comporte une
qualification légale autre que celle donnée par l’ordonnance de renvoi ou la citation directe, la
chambre correctionnelle requalifie et renvoie l’affaire devant la chambre compétente ;
une chambre de police compétente pour statuer sur les contraventions ;
une chambre correctionnelle pour mineurs compétente pour juger les élèves des écoles de
formation militaire ;
un ou plusieurs cabinets d’instruction.
C’est le Procureur de la République qui dirige le Parquet du Tribunal militaire et occupe le Siège du
Ministère Public devant les formations juridictionnelles du Tribunal.
Toutefois, les tribunaux militaires n’étant pas encore opérationnels, l’article 160 précise que « Jusqu'à
la mise en place des Tribunaux Militaires, les Tribunaux de Grande Instance et les Tribunaux
d'Instance sont compétents pour connaître des infractions militaires ».
Chaque Tribunal d'Instance comprend un Greffe. Le Ministère Public y est représenté par un substitut
du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance.
Le Tribunal d'Instance comprend un Magistrat qui est un Président nommé par décret du Président de
la République sur proposition du Conseil Supérieur de la Magistrature et un Magistrat du Parquet
nommé dans les mêmes conditions.
Le Tribunal d'Instance connaît, en matière civile en conciliation de toutes les actions et aux
contentieux de toutes les actions personnelles, mobilières ou immobilières en premier ressort et à
charge d'appel jusqu'à la valeur de 1.000.000 de francs CFA en capital et 300.000 Frs en revenus, rente
ou prix de bail.
Le Tribunal d'Instance connaît lorsque les causes de la saisie sont dans les limites de sa compétence :
Lorsque plusieurs demandes procédant de causes différentes et non connexes, sont formées par la
même partie contre le même défendeur et réunies en même instance, la compétence du Tribunal et le
taux du ressort sont déterminés par la nature et la valeur de chaque demande prise isolement. Lorsque
les demandes réunies procèdent de la même cause ou sont connexes, la compétence et le taux du
ressort sont déterminés par la valeur totale des demandes.
En matière de divorce les conjoints peuvent saisir à leur choix le Tribunal d'Instance ou le Tribunal de
Grande Instance. En cas de désaccord, le choix du défendeur à la première action principale détermine
le Tribunal compétent.
Les tribunaux de grande instance (TGI) constituent la juridiction de droit commun qui tranche les
litiges au civil. Chaque formation juridictionnelle du Tribunal de Grande Instance comprend un
Greffier.
En matière Civile, le Tribunal de Grande Instance est compétent pour juger toutes les demandes
principales, incidentes, reconventionnelles ou en compensation. Il connaît, en premier ressort et à
charge d'appel, de toutes les actions civiles dont le montant en capital est supérieur à 1.000.000 de
francs (environ 1524 €) et 300.000 francs CFA (environ 452€) en revenus, rente ou prix de bail.
Au cours des Instances Civiles dont elle est saisie, la Chambre Civile est compétente pour interpréter
les décisions des diverses autorités administratives et apprécier leur régularité juridique, lorsqu'elles
sont invoquées à l'appui de la demande ou comme moyen de défense. Cette compétence ne lui est
toutefois reconnue qu'à défaut du Tribunal Administratif dans le ressort. Dans les ressorts où il existe
un Tribunal Administratif, la Chambre Civile doit surseoir à statuer.
En matière pénale, le TGI connaît des infractions punies de peines correctionnelles et des
contraventions qui leur sont connexes. Il a, au cours des instances dont il est saisi plénitude de
juridiction et peut interpréter les décisions des diverses autorités administratives et en apprécier la
régularité juridique, à la demande de l'une des parties.
Les Tribunaux de Grande Instance sont Juges de droit commun en première instance en matière civile
dans leur ressort. Ils sont également compétents en matière sociale, administrative et commerciale
dans les localités où ils n'existent pas de Tribunaux de Travail, de Tribunaux Administratifs et de
Tribunaux de Commerce.
En matière de divorce, les conjoints ont la latitude de saisir à leur choix le Tribunal d'Instance ou le
Tribunal de Grande Instance. En cas de désaccord le choix du défendeur à la première action
principale détermine le Tribunal compétent.
Le tribunal de Grande Instance, outre les Juges d'Instruction comprend des Magistrats du Siège
nommés par décret du Président de la République sur proposition du Conseil supérieur de la
Magistrature et des Magistrats du Ministère Public nommés dans les mêmes conditions. Selon
l'importance des tribunaux, sont nommés parmi les Magistrats du siège :
un Président ;
des Vice-Présidents.
Le Président du tribunal de Grande Instance est Président de la première chambre civile. Le Ministère
Public est représenté par le Procureur de la République assisté d'un Procureur Adjoint et d'un Substitut
du Procureur de la République au moins.
Le Greffe du Tribunal de Grande Instance comprend un Greffier en Chef et des Greffiers nommés par
arrêté du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, parmi les membres du corps des Greffiers.
Aux termes des dispositions de l’article 72 de la loi n°19-99 du 15 aout 1999 modifiant et complétant
certaines dispositions de la loi n°22-92 du 20 aout 1992 portant organisation du pouvoir judiciaire en
République du Congo, « le Tribunal de Grande Instance comporte : une ou plusieurs chambres civiles
compétentes en matière civile, une ou plusieurs chambres correctionnelles compétente en matière
correctionnelle, un tribunal pour enfants et un ou plusieurs cabinets d’instruction ».
Selon l’article 691 du code de procédure pénale, « il existe au siège de chaque tribunal de grande
instance ou de chaque section de tribunal, un tribunal pour enfants et un juge des enfants ». Ce tribunal
est compétent pour connaitre des infractions qualifiées crimes ou délits, imputées aux mineurs de dix-
huit ans. Il connait les affaires dans lesquelles sont impliquées les mineurs et des majeurs. Il est aussi
compétent pour connaitre des cas ou la santé, la moralité ou l’éducation des mineurs sont en danger. Et
le juge peut à cet effet ordonner des mesures d’assistance éducative. Dans chaque cas, le Juge peut
ordonner une mesure d'assistance éducative à la requête du Gardien ou du tuteur, du mineur lui-même
ou du Ministère Public. Le Juge peut se saisir d'office à titre exceptionnel.
Le juge des enfants est nommé par décret du Président de la République sur proposition du Conseil
Supérieur de la Magistrature.
Les Cours d'Appel connaissent en dernier ressort des appels des jugements rendus en premier ressort
par les Tribunaux de Grande Instance, les Tribunaux d'Instance, les Tribunaux de Travail, les
Tribunaux Administratifs, les Tribunaux de Commerce, les Tribunaux Militaires et généralement des
jugements rendus en premier ressort seulement par toute juridiction de leur ressort pour laquelle
aucune juridiction spéciale d'appel n'est désignée par la loi.
En premier et dernier ressort, les cours d’appel connaissent : Des litiges relatifs à la désignation par
voie d'élection des assemblées, corps ou organisme, à l'exclusion des litiges relatifs aux élections des
collectivités territoriales, municipales, législatives et présidentielles ; Des litiges relatifs à l'assiette, au
taux de recouvrement des contributions directes, des taxes assimilées et des impositions de toutes
natures perçues en matière de contributions directes et notamment des demandes ou décharge ou
réduction formulées par les contribuables ainsi que des demandes en annulation des actes de saisies ou
de poursuites administratives et elles reçoivent les serments qui relèvent de leur compétence.
Le Greffe de la Cour d'Appel comprend : Le Greffier en Chef et des Greffiers nommés par arrêté du
Garde des Sceaux, Ministre de la Justice parmi les membres du Corps des Greffiers. Le Greffe de la
Cour assure sous l'autorité et le contrôle des deux Chefs de Cour les missions suivantes : - tenir la
plume aux audiences, mentionner fidèlement, dans les registres appropriés, les déclarations des parties
et leur conseil, les demandes de donner acte et les données actes ; - noter tous les incidents d'audience ;
- rédiger les troubles d'audience et autres faits sous la dictée du Président ; - établir les minutes des
arrêts.
Une ou plusieurs chambres Civiles compétentes pour connaître des appels en matière civile ;
Une ou plusieurs chambres commerciales compétentes pour connaître des appels en matière
commerciale ;
Une ou plusieurs chambres administratives compétentes pour connaître des appels en matière
administrative ;
Une ou plusieurs chambres correctionnelles compétentes pour connaître des appels en matière
correctionnelle ou contraventionnelle des tribunaux correctionnels et des tribunaux militaires.
Une ou plusieurs chambres sociales, compétentes pour connaître des appels en matière sociale.
La Cour Criminelle, compétente pour juger les crimes commis par les civils ou les militaires
dans le ressort de la Cour d'Appel ainsi que les délits et contraventions qui leur sont connexes.
Néanmoins lorsqu'il se révèle que les infractions principales reprochées aux accusés ne sont
pas des crimes, la Cour Criminelle a plénitude de juridiction pour juger les accusés renvoyés
devant elle. Elle ne se dessaisit pas au profit de la juridiction pénale normalement compétente.
La chambre d’accusation est le second degré d’instruction des affaires pénales. Ainsi elle est
compétente pour juger les appels des ordonnances rendues par le juge d’instruction, elle est le
second degré d’instruction des affaires criminelles, un arrêt de la chambre d’accusation
renvoie devant la Cour criminelle.
Les formations de la Cour d'Appel, sauf la Cour Criminelle comprennent un Président et deux
Magistrats. La Cour Criminelle comprend trois Magistrats dont un Président et six Jurés. Lorsqu'elle
statue sur les infractions militaires, les jurés sont militaires et le Ministère Public est tenu par un
Magistrat Militaire, sous réserve du droit reconnu au Procureur Général de tenir lui-même le siège du
Ministère Public.
Le Procureur Général occupe le siège du Ministère Public devant toutes les formations
juridictionnelles de la Cour d'Appel.
Le Procureur Général près la Cour d'Appel est chargé de veiller à l'application de la loi dans toute
l'étendue du ressort de la Cour d'Appel et d'assurer l'exécution des décisions juridictionnelles. Il reçoit
des Procureurs de la République près les Tribunaux de Grande Instance et des Tribunaux d'Instance un
état mensuel des affaires de leur ressort au plus tard le 5 du mois suivant.
La Cour des comptes est la juridiction compétente en matière de gestion financière et comptable de
l’Etat, des collectivités locales et établissements publics. Elle est chargée de contrôler les comptes des
administrations et des entreprises et établissements publics.
Au Congo, la cour des comptes est représentée par la cour des comptes et de discipline budgétaire
(CCDB). L’article 189 de la constitution de 2015 dispose qu’« Il est institué une Cour des comptes et
de discipline budgétaire ». Elle siège à Brazzaville.
1. La compétence
La CCDB est la juridiction compétente en matière de gestion financière et comptable des deniers de
l'Etat, des collectivités locales, des établissements publics quel que soit leur caractère, des entreprises
d'Etat, des entreprises d'économie mixte, des organismes de prévoyance et de sécurité sociales, des
organismes subventionnés et généralement de tous les organismes personnalisés ou non que la loi a
soumis à sa juridiction et à son contrôle. Ses arrêts définitifs sont susceptibles de recours en cassation
devant la Cour Suprême ou de pourvoi en révision devant la Cour des Comptes elle-même.
En ce qui concerne les administrations publiques de l'Etat, et des collectivités locales, les
établissements publics et les entreprises d'Etat, la Cour des Comptes exerce aussi bien des attributions
juridictionnelles, de discipline budgétaire que de contrôle des administrations.
Sur le plan juridictionnel, elle juge les comptes des ordonnateurs et des comptables publics ainsi que
des personnes déclarées comptables de fait. Elle juge les comptes des comptables matières qui sont
Sur le plan de discipline budgétaire, elle sanctionne les fautes de gestion commises à l'égard de la
législation et de la réglementation financière. Elle sanctionne les errements commis à l'égard de la
législation et de la réglementation en matière de passation des marchés et contrats. Elle sanctionne les
infractions à la morale administrative.
Au sens de l’article 9 de la loi, « La Cour des Comptes exerce les attributions de contrôle sur l'activité
des organismes d'économie mixte, des organismes de prévoyance et de sécurité sociales, des
organismes subventionnés et généralement tous les organismes personnalisés ou non que la loi a
soumis à son contrôle ». La Cour des Comptes établit un rapport annuel. Elle peut être consultée et
peut donner des avis. La Cour est habilitée à se faire communiquer périodiquement tous documents de
quelque nature que ce soit relatifs à la gestion des services, organismes et entreprises soumis à son
contrôle. Elle a pouvoir d'entendre tout Directeur ou Chef de Service ou tout gestionnaire de fond
publics, tout membre des institutions et corps de contrôle.
En ce qui concerne ses attributions de contrôle, la Cour des Comptes exerce son contrôle sur tous les
ordonnateurs des collectivités locales. Elle atteste, par déclaration de conformité, la concordance
générale des écritures des ordonnateurs et des comptables.
Elle contrôle les établissements publics à caractère industriel et commercial, des entreprises d'Etat
ainsi que les sociétés d'économie mixte dans lesquels l'Etat, les collectivités locales et les
établissements publics détiennent séparément ou conjointement plus de 30 % du capital sont contrôlés
par la Cour des Comptes.
Elle contrôle aussi les organismes de sécurité sociale. En effet les organismes de droit privé jouissant
de la personnalité civile et de l'autonomie financière, assurant en tout ou en partie la gestion d'un
régime légal de sécurité sociale, sont contrôlés par la Cour des Comptes. Le contrôle porte sur
l'ensemble des activités exercées par ces organismes envisagés sous leurs différents aspects ainsi que
sur les résultats obtenus.
De même, tout comptable qui n'a pas répondu aux injonctions prononcées sur ses comptes dans le
délai prescrit peut être condamné par la Cour à une amende de 5.000 francs (environ 8€) au maximum
par injonction et par mois de retard, s'il ne fournit aucune excuse jugée pertinente par elle au sujet de
ce retard.
Dans le cas où une gestion fait l'objet des poursuites prévues par le Code Pénal, le Comptable de fait
peut être condamné, par la Cour à une amende calculée suivant l'importance et la durée du maniement
des deniers et dont le montant ne peut dépasser le total des sommes indûment maniées.
Tout fonctionnaire civil ou militaire, tout agent de l'Etat, tout membre de Cabinet de Ministre,
Secrétaire ou Sous-Secrétaire d'Etat et généralement tout membre du Gouvernement qui aura engagé
une dépense, sans avoir obtenu le visa du Directeur du Contrôle Financier dans les conditions
prescrites par la réglementation sur le contrôle financier de l'Etat ou qui malgré le refus de visa opposé
par le Directeur du Contrôle Financier à une proposition d'engagement et de dépense aura passé outre
sans avoir obtenu l'avis conforme du Ministre des Finances ou qui engage des dépenses sans avoir reçu
à cet effet délégation de signature sera passible d'une amende dont le maximum pourra atteindre le
montant du traitement brut annuel qui lui était alloué à la date à laquelle le fait a été commis.
Tout agent de l'Etat, tout membre d'un Cabinet de Ministre, Secrétaire ou Sous-Secrétaire d'Etat et
généralement tout membre du Gouvernement, tout agent des collectivités locales, des établissements
publics, des établissements, sociétés ou organismes visés par la présente loi, et généralement de tout
organisme bénéficiant du concours financier de l'Etat ou dont les résultats d'exploitation intéresse le
Trésor Public par suite d'une disposition statutaire ou réglementaire prévoyant une participation aux
bénéfices et aux pertes qui, en dehors de cas prévus au précédent article, aura enfreint les règles
relatives à l'exécution des recettes et des dépenses des collectivités précitées ou la gestion des biens
leur appartenant, sera passible d'une amende dont le minimum ne pourra être inférieur à 60.000 francs
(environ 90€)et dont le maximum pourra atteindre le montant du traitement ou salaire brut annuel qui
lui était alloué à la date de l'infraction. Toutefois, lorsque les faits incriminés constituent une gestion
de fait, celle-ci demeure soumise aux dispositions prévues en pareil cas par la loi.
Tout fonctionnaire ou agent qui, dans l'exercice de ses fonctions aura procuré ou tenté de procurer à
ceux avec lesquels il contracte un bénéfice au moins double à dire d'experts du bénéfice normal, par
suite de défaut de publicité ou de concurrence ou par manque de diligence, sera passible d'une amende
dont le minimum atteindra le montant du traitement brut annuel qui lui était alloué à la date à laquelle
il a contracté.
Les auteurs des faits signalés ci-dessus ne sont passibles d'aucune sanction s'ils peuvent exciper d'un
ordre écrit, préalablement donné à la suite d'un rapport particulier à chaque affaire par leur supérieur
hiérarchique ou par leur Ministre dont la responsabilité se substituera dans ce cas à la leur.
Dans le cadre de son activité, elle peut requérir dans toutes les affaires soumises à son jugement ou à
son contrôle. Elle peut ordonner communication d'office.
3. Saisine de la CCDB
Ne peuvent saisir la cour des comptes par l'organe du Ministère Public que le Président de la
République, le Président de l'Assemblée Nationale, le Président du Sénat, le Premier Ministre, Chef du
Gouvernement, le Ministre des Finances, le Ministre de la Justice ainsi que les Ministres pour les faits
relevés à la charge des fonctionnaires et agents placés sous leur autorité.
Le Ministère Public est constitué par le Procureur Général près la Cour des Comptes, un Avocat
Général et des Substituts Généraux, tous Magistrats.
Le Greffe de la Cour des Comptes comprend : un (1) Greffier en Chef et des Greffiers nommés par
arrêté du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice parmi les membres du Corps des Greffiers.
Le Procureur Général occupe le siège du Ministère Public devant toutes les formations
juridictionnelles de la Cour des Comptes. Il prend des réquisitions écrites et orales dans toutes les
affaires qu'il soumet au jugement de la Cour ou dans celles pour lesquelles la Cour a ordonné la
communication d'office. Il suit devant la Cour l'instruction et le jugement des demandes à fin de
révision pour cause d'erreur, omissions double ou faux emplois. Toutes les fois qu'une prévention de
faux ou de concussion est relevée contre un comptable, le Procureur Général est entendu dans ses
réquisitions avant d'y être statué.
A- LA COUR SUPREME
La Cour suprême a son siège à Brazzaville. Son ressort est constitué par l’ensemble du territoire
national et son pouvoir de contrôle de l’interprétation des lois s’exerce sur toutes les juridictions
nationales, hors mis la Cour constitutionnelle.
1. Compétences
La Cour suprême est compétente pour connaître des pourvois formés contre les jugements rendus en
premier et dernier ressorts en toutes matières par toutes les juridictions et par les organismes
administratifs à caractère juridictionnel ainsi que des pourvois formés contre les arrêts des Cours
d’appel, pour incompétence, violation de la loi, de la coutume et des principes du droit. La Cour
suprême connaît aussi des recours contre les décisions ou les recommandations exécutoires des
conseils d'arbitrage ou des commissions de recommandation et contre les sentences arbitrales qui
sanctionnent le règlement des conflits soumis à des clauses compromissoires. La procédure devant la
Cour suprême doit être diligentée par un avocat à peine d’irrecevabilité.
La Cour Suprême peut ainsi être consultée, sous réserve de trois conditions :
il faut que les dispositions légales ou réglementaires, qui régissent la matière, n'y fassent pas
obstacle ;
il faut que l'autorité investie du pouvoir de décider ne se considère pas liée par la proposition
ou l'avis formulé ;
il faut que l'autorité, qui saisit la Cour Suprême, à l'exception du Président de la République,
du bureau du Parlement, soit compétente sur la question sur laquelle elle souhaite obtenir
l'avis de la Cour Suprême.
2. Organisation
La Cour Suprême est composée d'un Premier Président, d'un Vice-Président, de cinq Présidents de
chambre et de seize juges. Le Ministère public est constitué par le Procureur Général près la Cour
Suprême. Il est assisté d'un Premier Avocat général et de cinq Avocats généraux.
Les membres de la Cour Suprême ne peuvent être poursuivis, arrêtés, détenus ou jugés, en matière
pénale, qu'avec l'autorisation du Bureau de la Cour Suprême. Le greffe de la Cour Suprême est dirigé
par un Greffier en chef qui assure le secrétariat des chambres et de l'assemblée générale consultative.
Il est choisi parmi les plus gradés des greffiers en chef des cours et tribunaux. Le Premier Président de
la Cour Suprême préside la Première Chambre civile, la Chambre mixte, les Chambres réunies,
l'assemblée générale consultative ainsi que toute autre formation de la Cour Suprême lorsqu'il le juge
utile. Le Premier Président de la Cour Suprême est suppléé par le Vice-Président et, à défaut, par le
Président de Chambre ayant le rang le plus élevé.
3. Les formations
Elle est juge de la constitutionnalité des lois, des traités et accords internationaux. La Cour
constitutionnelle est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et des activités des
pouvoirs publics. Elle veille à la régularité de l’élection du Président de la République, des opérations
et en proclame les résultats définitifs. Elle examine les réclamations et proclame les résultats définitifs
du scrutin. La Cour constitutionnelle est juge du contentieux des élections législatives et sénatoriales.
A ce titre, elle examine les recours relatifs à la contestation des candidatures et aux résultats de ces
élections. Le contentieux des autres élections relève des juridictions ordinaires.
La Cour constitutionnelle est composée de neuf membres nommés pour un mandat de quatre ans
renouvelable deux fois. Depuis la Constitution du 25 octobre 2015, le Président de la République n’est
plus le seul à nommer les membres de la Cour constitutionnelle. En effet, désormais il nomme trois
membres de la Cour, tandis que les Présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale et la Cour
suprême en nomment deux chacun, soit neuf membres au total. La Cour suprême les choisi parmi ses
membres. Le Président de la Cour constitutionnelle est nommé par le Président de la République parmi
ses membres. Il a voix prépondérante en cas de partage égal des voix.
Il est à rappeler que les fonctions de membre de la Cour constitutionnelle sont incompatibles avec
celles de membre du Gouvernement, du Parlement ou de la Cour suprême. Les personnalités
condamnées pour forfaiture, haute trahison, parjure ou tout autre crime ne peuvent être membres de la
Cour constitutionnelle. Au moins six membres de la Cour constitutionnelle doivent jouir d’une grande
expérience dans le domaine du Droit.
De même, toute personne peut, soit directement, soit par la procédure de l’exception
d’inconstitutionnalité invoquée devant une juridiction dans une affaire qui le concerne, saisir la Cour
constitutionnelle sur la constitutionnalité des lois et des traités. En cas d’exception
d’inconstitutionnalité, la juridiction saisie sursoit à statuer et impartit au requérant un délai d’un (1)
mois à partir de la signification de sa décision pour saisir la Cour constitutionnelle.
Une disposition déclarée inconstitutionnelle ne peut être ni promulguée, ni mise en application. Les
décisions de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux
pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives, juridictionnelles et aux particuliers. Les
décisions de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours.
La Haute Cour de justice (HCJ) est compétente pour juger le Président de la République en cas de
manquement grave à ses devoirs. C’est ce qui ressort de l’article 95 de la constitution de 2015 « Le
Président de la République est justiciable devant la Haute Cour de justice. La responsabilité pénale du
Président de la République peut être engagée en cas de manquement grave à ses devoirs,
manifestement incompatible avec l’exercice de sa haute fonction. Dans ce cas, le Président de la
République est mis en accusation par le Parlement réuni en congrès statuant à la majorité des trois
quarts (3/4) de ses membres ».
Toutefois, à la fin de son mandat, ces faits ne pourront plus être poursuivis par la HCJ. En effet
l’article 96 de la même constitution pose le principe de l’impunité présidentielle à la fin de de son
mandat « Aucune poursuite pour des faits qualifiés crime ou délit ou pour manquement grave à ses
devoirs commis à l’occasion de l’exercice de sa fonction ne peut plus être exercée contre le Président
de la République après la cessation de ses fonctions. La violation des dispositions ci-dessus constitue
le crime de forfaiture ou de haute trahison conformément à la loi ».
Par contre, les membres de l’Assemblée nationale et du Sénat, le Premier ministre, les ministres, les
membres de la Cour suprême et les membres de la Cour constitutionnelle, sont justiciables devant la
Haute Cour de justice, pour les actes qualifiés crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs
fonctions. Ils sont mis en accusation par le Parlement réuni en congrès statuant par un vote au scrutin
secret, à la majorité des deux tiers de ses membres. Leurs co-auteurs et complices sont également
justiciables devant la Haute Cour de justice, sans qu’il soit nécessaire que l’acte de mise en accusation
les concernant émane du Parlement.
La Haute Cour de justice est composée de députés et de sénateurs élus en nombre égal par leurs pairs,
et de membres issus de la Cour suprême également élus par leurs pairs. La représentation des
parlementaires au sein de la Haute Cour de justice doit refléter, autant que possible, la configuration
politique de chaque chambre du Parlement. La Haute Cour de justice est présidée par le Premier
Président de la Cour suprême. Le ministère public est représenté par le Procureur général près la Cour
suprême.
Instituée en application du Traité OHADA, la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage (CCJA) est
une juridiction supranationale basée à Abidjan en Côte d'Ivoire. Elle a été créée en 1993. La Cour
commune de Justice et d'Arbitrage de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des
affaires (OHADA) n'a pas pour seul objet d'administrer des arbitrages. Elle est juge de cassation, en
lieu et place des cours de cassation nationales, pour tout contentieux relatif au droit commercial
uniforme. Elle donne également des avis sur les projets de textes de lois, appelés « actes uniformes »
pour l'ensemble des pays de l'OHADA. Elle dispose d'un règlement d'arbitrage.
La CCJA est aussi un centre d'arbitrage. Avec ces trois fonctions consultatives, juridictionnelles et
arbitrales, elle est une institution utile dans le processus d'harmonisation du droit des affaires en
Afrique, qui devra sans doute se réformer pour permettre un traitement plus rapide des affaires.
La CCJA peut être directement saisie par une partie qui, après avoir soutenu en vain l'incompétence
d'une juridiction nationale statuant en cassation, estime que cette juridiction a méconnu la compétence
de la CCJA.
SCHEMA DE L’ORGANISATION JUDICIAIRE DE LA REPUBLIQUE DU CONGO
COUR CONSTITUTIONNELLE
Contrôle de constitutionnalité
HAUTE COUR DE JUSTICE
Crimes et délits liés aux hautes fonctions politiques
3e degré COUR SUPREME - Cassation
COUR COMMUNE DE JUSTICE ET D’ARBITRAGE
DE L’OHADA (Cassation en matière commerciale)
COURS D’APPEL (Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie,
Owando)
2e degré
COUR DES COMPTES ET DE DISCIPLINE
BUDGETAIRE
TRIBUNAUX MILITAIRES
TRIBUNAUX DE TRAVAIL
1er degré TRIBUNAUX D’INSTANCE
TRIBUNAUX DE GRANDE INSTANCE
TRIBUNAUX ADMINISTRATIFS
TRIBUNAUX DE COMMERCE