Bases de données pour capteurs sans fil
Bases de données pour capteurs sans fil
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Université du Havre
Laboratoire d’Informatique du Traitement de l’Information et des Systèmes
BP 1123, 76063 Le Havre cedex, France
[email protected]
RÉSUMÉ. Ces dernières années, l’utilisation des capteurs sans fil est en plein essor. Les réseaux
de capteurs sans fil (RCSF) ont attiré l’intérêt des industriels et ils ont conquis une diversité de
champs d’applications (militaire, santé, transport, agriculture, etc). Ces capteurs sont souvent
organisés en réseau ad hoc, qui n’a pas a priori de topologie définie. Les applications utilisant
les capteurs et les réseaux de capteurs sont orientées données, dans le sens où les capteurs
acquièrent puis envoient leurs données vers une station de base. Des recherches intensives ont
commencé il y a un peu plus d’une dizaine d’années sur la structuration des données de cap-
teurs en bases de données. Dans cet article, nous effectuons un état de l’art sur les bases de
données de capteurs. Nous présentons les différentes approches proposées après avoir décrit les
principaux types de capteurs, leur organisation en réseau et les problèmes y afférant, puis nous
décrivons quelques modèles implantés et/ou de recherche de bases de données de capteurs.
ABSTRACT. In recent years, the use of wireless sensors in most fields has increased drastically.
Wireless Sensor Networks (WSN) have attracted the interest of industrial and they have been
used on several application areas (military, health, transport, agriculture). These sensors, are
often organized in sensors networks to facilitate the exchange of data. In most cases, a sensors
network is an ad hoc network, i.e., has not a predefined topology. Application using sensors and
sensors networks are data-center, in which the sensors send their data to a central station (base
station). Since about a decade, intensive research started on the means to structure the sensor
data in sensor databases. In this article, we give an overview on existing research prototypes of
sensor databases. We begin to recall the characteristics and typology of the main types of sen-
sors and their organization in network, then we describe some implemented models of sensor
databases.
MOTS-CLÉS : capteur, réseau de capteurs, base de données, langage de requêtes.
KEYWORDS: sensor, sensor Network, database, query language.
1. Introduction
Les réseaux de capteurs sans fil constituent une technologie émergente qui connaît
un succès grandissant aussi bien dans le domaine civil que militaire. Un RCSF peut
généralement être décrit comme un réseau de nœuds, relié par des canaux sans fil, qui
permettent de détecter des informations (telles que la température ou la pression) à
l’aide des capteurs sur le milieu dans lequel ils sont déployés, et de les envoyer par la
suite vers des points de collecte, appelés « stations de base ». C’est ainsi que les RCSF
sont utilisés dans plusieurs domaines tels que la surveillance de l’environnement, les
transports intelligents, le bâtiment, la surveillance de malades, l’agriculture, etc.
Dans de nombreuses applications, le déploiement de capteurs est effectué sans
planification préalable. Une fois déployés, les capteurs doivent être capables de s’auto-
organiser. Ils sont soumis à plusieurs contraintes, telles que les contraintes énergé-
tiques, de puissance de calcul, de faible portée radio, de précision des résultats, de
quantités de données échangées, ... (cf. section 3.5). Ces contraintes sont dues à l’en-
vironnement dynamique, aux communications sans fil et à la densité du réseau.
Les travaux de recherche menés pour faire face à ces défis se sont focalisés no-
tamment sur la mise en place de standards et de normes tels que le standard 802.15.4
(Gutierrez et al., 2001) et le protocole ZigBee (Jun Zheng, 2009), afin d’organiser le
réseau et de faciliter les communications entre les capteurs. Il s’agit de mettre en place
une architecture qui prend en considération les capacités énergétiques des capteurs.
Plusieurs systèmes d’exploitation sur lesquels se basent ces réseaux ont également été
proposés pour résoudre les défis rencontrés dans les RCSF et pour améliorer la qualité
de service proposée. Parmi ces systèmes, on peut citer : TinyOS (Levis, Gay, 2009),
Contiki (Dunkels et al., 2004), SOS (Han et al., 2005), RETOS (Hojung et al., 2007)
et LiteOS (Cao et al., 2008).
Les réseaux de capteurs récoltent les données mais n’effectuent que très peu de
traitements (Petit, 2009). Les stations de base récupèrent les informations et forment
avec des nœuds un réseau de traitement de données. Les bases de données peuvent
répondre à certains défis liés à la gestion des données dans les réseaux de capteurs. Une
base de données de capteurs est un ensemble de données qui représente des mesures
effectives sur l’environnement physique. Les données ne sont pas toujours stockées
dans cette base. Elles sont instantanées, transitoires, et fréquemment variables (Gurgen
et al., 2009).
Cougar (Fung et al., 2002), TinyDB (Madden, Franklin et al., 2003), Sina (Jaikaeo
et al., 2000), Antelope (Adam, Tsiftes, 2011) sont des intergiciels basés sur une ap-
proche orientée base de données. Ils fournissent aux utilisateurs des interfaces flex-
ibles qui permettent d’exécuter des requêtes dans un langage proche de SQL 1 , afin
d’extraire les données pertinentes du réseau de capteurs.
Dans ce travail, nous présentons un état de l’art sur les bases de données dans les
réseaux de capteurs. Nous commençons par donner une définition des capteurs et leurs
caractéristiques dans la section 2. Dans la section 3, nous présentons les réseaux de
capteurs sans fil et les différents problèmes rencontrés. Nous étudions par la suite les
différents systèmes d’exploitation et les intergiciels qui s’apparentent à des bases de
données, proposés pour gérer les données dans les RCSF.
2. Les capteurs
2.1. Définition
Conversion
Capteur Conditionnement
analogique-numérique
détection
Traitement du signal
Processus
Conversion
Actionneur Conditionnement
numérique-analogique
actionnement
– La finesse : elle permet d’estimer l’influence que peut avoir un capteur sur la
grandeur à mesurer.
– La rapidité : représente le temps de réponse d’un capteur, qui est en rapport avec
la bande passante utilisée.
– La répétabilité : représente la capacité d’un capteur à présenter la même valeur
dans des conditions identiques.
– L’incertitude : représente l’estimateur de la dispersion ou l’écart entre la valeur
mesurée et la valeur exacte. Chaque mesure doit être accompagnée de cet écart, pour
considérer le résultat comme complet.
– Hystérésis (hystérèse) : représente la différence maximale entre les deux
grandeurs de sortie obtenues pour la même grandeur à mesurer.
3.1. Définition
Un réseau de capteurs sans fil est un type particulier de réseau Ad-hoc Mobile
(MANET 2 ) (Egea-López et al., 2005). Il est composé d’un grand nombre de nœuds
(dispositifs de détection) qui communiquent entre eux via des transmissions sans fil.
Chaque nœud possède la capacité de collecter des données et de les transmettre à une
station de base (cf. figure 2).
Gestionnaire de réseau
Station de base
Utilistateur
Capteurs
Station de base
Un réseau de capteurs est composé d’un grand nombre de nœuds à forte den-
sité déployés dans une zone de détection, avec une ou plusieurs stations de base qui
se trouvent à l’intérieur de la zone ou à proximité. La station de base communique
avec les capteurs via des requêtes ou des commandes, et les capteurs communiquent
entre eux via des communications sans fil. Ils participent à l’accomplissement de la
tâche de détection et d’envoi des données à la station de base. Dans les réseaux de
capteurs, l’énergie consommée pour la communication est beaucoup plus élevée que
celle nécessaire à la détection ou au calcul. Par exemple, la transmission d’un seul
bit de données est équivalente à 800 instructions (Madden et al., 2002). Un réseau de
capteurs sans fil peut être organisé selon différents types de topologies, dont voici les
principales.
Un capteur sans fil est un dispositif souvent capable d’effectuer un certain nombre
de traitements tel que la collecte d’informations et la communication avec d’autres
capteurs dans le réseau (Kumar et al., 2010). Il est composé de plusieurs unités (cf.
figure 3).
Système de localisation et
Mobilisateur
de recherche
Elle permet d’envoyer les données à travers un émetteur radio muni d’une antenne
suivant une fréquence, pour les récupérer par la suite sur d’autres nœuds. L’unité émet-
trice/réceptrice du capteur peut être un dispositif passif ou actif (Pottie, Kaiser, 2000).
La plupart du temps, la radio est en écoute de messages entrants, sinon elle se met en
veille pour réduire la consommation d’énergie du capteur.
Elle est constituée d’une batterie et d’un convertisseur DC-DC 5 (Munir, Ross,
2010). Un convertisseur DC-DC est alimenté par des batteries. Sa fonction principale
est de fournir l’énergie au capteur et également de réguler sa tension de sortie. La
circulation du courant dans le convertisseur DC-DC est élevée, ce qui peut amener à
des pertes importantes en énergie, réduisant considérablement le rendement global du
système (Forghani-zadeh, Rincón-Mora, 2005).
Les capteurs peuvent être utilisés pour détecter et surveiller un certain nombre
de paramètres physiques : la lumière, le son, l’humidité, la pression, la température,
la composition du sol, de l’air ou de l’eau, etc. L’avantage principal des capteurs
est qu’ils peuvent être déployés dans plusieurs environnements avec un faible coût.
Les réseaux de capteurs sans fil peuvent améliorer de nombreuses applications : la
médecine, l’agriculture, les transports, le contrôle de processus industriels et de l’ar-
mée. Dans la suite de cette section, nous décrivons brièvement l’utilisation des RCSF
dans quelques domaines.
Les RCSF sont bien exploités dans les applications militaires. Certains ont pour
objectif le suivi et la détection des intrusions non autorisées dans une zone protégée.
Le système de surveillance basé sur des capteurs sans fil doit fournir des informa-
tions avec une précision et une confidentialité acceptables sur la position des objets
qui se déplacent dans une zone géographique, localiser et suivre les déplacements
des forces ennemies avec précision et prévenir les attaques chimiques, biologiques,
voire nucléaires, par une détection anticipée (De Sousa, 2008). Toutes les informa-
tions requises sont signalées à une station de base à distance, dans un temps de latence
acceptable pour avoir le temps de prendre les précautions nécessaires et agir au bon
moment.
des congestions et la prévention des accidents. Ces données sont stockées dans des
bases de données. La majorité des réseaux de capteurs envoie les données vers une
base centralisée localisée en mémoire vive. Une réplication des données peut être ef-
fectuée vers d’ autres bases ou des entrepôts de données en dehors du réseau et sur
disque (Servigne et al., 2009).
Une application possible dans le domaine du transport est la solution ParkSense
(Solivellas, 2012) qui permet aux automobilistes de se rendre directement à une place
de stationnement libre sans avoir à chercher via une application mobile et une carte
géographique. L’idée générale s’appuie sur des capteurs autonomes, installés sur la
chaussée. Ces capteurs (des capteurs magnétiques) peuvent détecter la présence d’un
véhicule en analysant les variations du champ magnétique. Ce champ est stable lorsque
la place est libre et sera déformé à l’arrivée d’un véhicule.
approche a été discutée dans (Yu et al., 2006). Elle est basée sur une méthode de re-
groupement des capteurs en sous-ensembles puis sur l’attribution des chefs de groupe
(cluster-heads). Cette approche propose aussi des algorithmes pour minimiser le nom-
bre de chefs de groupe dans un réseau. Ces techniques de regroupement utilisent dif-
férents critères de priorité pour sélectionner les chefs de groupe afin d’assurer un fonc-
tionnent sans interruptions du réseau.
Urgaonkar, 2009) pour éviter l’acheminement des paquets à travers les liens conges-
tionnés du réseau et la prise en charge des vides de routage.
- MMSPEED (Multi-Path Multi-Speed Protocol) (Emad et al., 2006), qui est une
extension de SPEED, pour améliorer les mécanismes de QoS dans les RCSF. Il fournit
deux paramètres de QoS : la ponctualité et la fiabilité dans l’acheminement des paquets
(Aissani, 2011). La ponctualité est garantie en prévoyant différents niveaux de vitesse
de livraison des paquets. La fiabilité est assurée par l’utilisation de chemins multiples
de routage.
distance(i,j)
V itesse(i,j) =
délai d0 envoi(i,j)
(iii) Le candidat pour la transmission est choisi parmi les capteurs du premier groupe
selon un choix probabiliste (He et al., 2002).
La collecte des données est une opération basique dans les RCSF. Elle consiste
à transmettre les données prélevées par des capteurs vers une station de base. Les
données sont collectées suivant un protocole de routage de type « convergecast »
(Annamalai et al., 2003) : les nœuds forment un arbre de recouvrement et transmet-
tent leurs données vers la racine (station de base). Généralement, la collecte des don-
nées peut être déclenchée par des requêtes (à la demande de l’utilisateur) pour avoir
750 TSI. Volume 33 – no 9-10/2014
des informations sur le réseau. Elle peut également être déclenchée périodiquement
pour surveiller une zone géographique, comme elle peut être déclenchée par l’appari-
tion d’un événement. Les données collectées au niveau de la station de base peuvent
être traitées immédiatement pour répondre aux besoins de l’utilisateur. Elles peuvent
être également stockées dans une base de données pour être analysées par la suite
(Incel et al., 2011). On distingue deux types de collecte de données : (i) les données
collectées et transmises individuellement vers la station de base lorsque les mesures
sont importantes, (ii) l’agrégation de données, définie comme le processus de fusion
de données provenant de plusieurs capteurs au niveau des nœuds intermédiaires afin
d’éliminer les transmissions redondantes et réduire la quantité de données transmises à
travers le réseau (Ozdemir, Xiao, 2009). L’agrégation de données cherche à collecter
les données les plus critiques des capteurs et les transmettre à la station de base de
manière efficace, i.e. avec une latence minimale et une faible consommation d’énergie
(Rajagopalan, Varshney, 2006).
Dans les RCSF, les requêtes représentent des demandes d’une station de base aux
capteurs pour envoyer leurs données prélevées (Rahman, Hussain, 2007). Ils peuvent
être classés en fonction de critères tels que la fréquence des réponses qui peut être
périodique, à la demande, etc. ou la quantité de données, ou les événements ou la
durée de vie (Jun Zheng, 2009).
– Requêtes d’agrégation : ces requêtes sont appliquées quand les capteurs doivent
envoyer une grande quantité de données à travers le réseau. Elles permettent d’éviter
la redondance d’informations provenant de plusieurs sources. Elles utilisent des fonc-
tions telles que MIN, MAX, SUM, COUNT et AVG pour manipuler ces données.
nécessitent beaucoup d’énergie. Cela signifie qu’un traitement local des données au
niveau de nœuds est nécessaire pour réduire la consommation énergétique dans le
réseau. Plusieurs techniques ont été proposées, telles que l’agrégation, l’approxima-
tion (Considine et al., 2004) et la compression (Hoeller et al., 2010) des données.
Les performances d’un système de traitement de requêtes dans un RCSF sont prin-
cipalement liées au protocole de routage utilisé. Ce protocole est responsable de la
diffusion et de la collecte des réponses aux requêtes diffusées (Krishnakumar, 2010).
Un protocole de routage intelligent au niveau de la couche réseau offre un mécanisme
efficace de sélection d’itinéraires et réduit le nombre de transmissions de données. La
réduction de la quantité de données échangées minimise la consommation d’énergie
dans le réseau (Jacquot, 2010). L’intégration de la couche de traitement des requêtes
à la couche réseau conduit à une gestion intelligente des ressources pour fournir une
qualité de service qui satisfait les besoins de l’utilisateur.
L’approche entreposage est basée sur un système centralisé. Les données collectées
depuis un réseau de capteurs sont envoyées vers une base de données centralisée. Le
traitement des données est effectué au niveau de cette base pour répondre aux requêtes
des utilisateurs. Dans cette approche, le traitement des requêtes et l’accès au réseau de
capteurs sont séparés (Bonnet et al., 2001). L’approche entreposage est bien adaptée
pour répondre à des requêtes prédéfinies sur des données historiques. Les limites de
cette approche résident dans le fait qu’elle génère un grand nombre de données qui
peut créer un goulot d’étranglement sur le serveur central. De plus, la transmission
sans fil de données nécessite plus d’énergie que les traitements. Selon une étude faite
par Hill et al. (Hill et al., 2000), la transmission d’un bit dans les réseaux de capteurs
consomme l’équivalant de l’exécution de 800 à 1 000 instructions.
Dans cette approche, les données sont stockées dans un serveur de base de don-
nées et dans les capteurs eux-mêmes, qui seront alors considérés comme des bases de
données. Généralement, le système de base de données construit un plan d’exécution
pour le traitement des requêtes (Bonnet, Seshadri, 2000). Dans un contexte distribué,
le plan d’exécution est reparti sur plusieurs sites. La charge de travail des requêtes
détermine les données qui doivent être extraites des sites distants. En effet, les re-
quêtes de longue durée engendrent un long temps de réponse. De ce fait, seules les
données pertinentes sont extraites à partir du réseau de capteurs (Bonnet et al., 2001),
permettant ainsi de minimiser le nombre de transferts de données entre les capteurs
et mieux exploiter leurs capacités de calcul. Pour minimiser les transferts, il arrive
également que l’on n’extrait que certaines données agrégées (par exemple la moyenne
des températures dans un voisinage). Cependant, les bases de données distribuées tra-
ditionnelles ne sont pas adaptées pour les réseaux de capteurs à grande échelle. De
plus, la conception de l’approche distribuée suppose que la distribution globale des
métadonnées est bien définie et que la topologie du réseau est bien maintenue (Sarkar,
2012).
Des méthodes d’indexation sont également proposées pour bien gérer les données
issues d’un réseau de capteurs en temps réel. Par exemple, la méthode PoTree pro-
posée dans (Noël, Servigne, 2004), la méthode PasTree proposée dans (Noël, 2006),
et la méthode StH proposée dans (Servigne, Noël, 2008). Ces méthodes consistent
à indexer les bases de données spatio-temporelles en mémoire vive (Noël, Servigne,
2005). Le modèle PoTree consiste à utiliser des arbres pour structurer les données.
Cette méthode permet de réduire la taille de la structure de données et facilite sa
mise à jour. Le modèle PasTree est une amélioration du modèle PoTree. Il supporte le
phénomène d’agilité des capteurs et est présenté sous la forme d’un arbre d’indexation
permettant l’accès aux données par le biais des identifiants des capteurs. Elle contient
une couche d’abstraction pour différencier les données collectées des données concer-
nant le changement de position des capteurs.
754 TSI. Volume 33 – no 9-10/2014
Enfin, le modèle STH (spatio temporal / heat) est basé sur le même principe que
PasTree, mais il est dédié en plus pour la gestion de la saturation de la mémoire de la
base de donnée.
Les réseaux de capteurs peuvent être considérés comme des bases de données
distribuées (Akyildiz, Vuran, 2010), où les données sont générées en flux continu.
L’ensemble de données perçu forme une grande base de données répartie, qui né-
cessite un système de gestion des données (SGD) pour les maintenir. Les SGD pour
RCSF sont vus aussi comme des bases de données distribuées puisqu’ils gèrent toutes
les données du réseau. Ils assurent une séparation entre le modèle logique des données
(l’accès, l’exploitation et la mise à jour) géré par le réseau et la mise en œuvre effec-
tive de ces opérations sur le réseau. L’utilisateur peut interroger les capteurs à travers
des requêtes, sans avoir par avance une idée sur la topologie du réseau.
Les SGD pour RCSF sont différents des systèmes de bases de données distribuées
traditionnels (SBDDT) :
– Le traitement des données dans les RCSF est fortement lié à l’environnement
du réseau. Cet environnement est composé d’un ensemble de capteurs caractérisés par
un espace de stockage et une capacité de calcul limités et une faible autonomie. Au
contraire, les SBDDT ne dépendent pas du réseau. Ils ne sont que des applications
installés sur des machines performantes.
– Les bases de données traditionnelles peuvent contenir des données statiques i.e.
des données qui ne sont que rarement modifiées. Les données historiques qui stockent
les dernières mises à jour sur les données peuvent aussi être considérées comme des
données statiques.
Par contre, les SGD pour RCSF utilisent de données dynamiques (flux continu de
données) et les réponses aux requêtes sont approximatives.
– Les techniques de traitement de requêtes dans les SBDDT ne s’adaptent pas aux
RCSF :
a) Les SBDDT utilisent des fonctions de verrouillage sur les données lorsque
des erreurs se produisent. Ces fonctions ne conviennent pas aux flux de données con-
tinues et aux requêtes de longue durée.
b) Les techniques d’optimisation de requêtes dans les SBDDT sont basées sur
des modèles à coût fixe et sur des informations statiques. Les SGD pour RCSF utilisent
un plan de requête basé sur le coût de consommation d’énergie et sur des données
dynamiques.
– Les SGD pour RCSF ont des opérateurs supplémentaires pour fixer la durée de
vie et le cycle d’exécution d’une requête.
Les bases de données dans les RCSF 755
– Les tables d’une base de données traditionnelle sont stockées sous forme de
fichiers sur une unité de stockage. Les tables dans un réseau de capteurs sont des
tables virtuelles, qui représentent des vues relationnelles générées par le réseau de
capteurs (Govindan et al., 2002).
Les bases de données de capteurs contiennent deux types de données : des données
dites statiques, qui sont relatives aux caractéristiques des capteurs telles que son type,
sa capacité de stockage, sa puissance d’émission, etc., et des données collectées sur
les caractéristiques physiques de l’environnement telles que la température, l’humid-
ité, la lumière, etc. Ces données sont enregistrées sous forme de relations (tables) pour
faciliter la formulation de requêtes. Bonnet et al. ont choisi de représenter les données
de capteurs comme des séries chronologiques avec les propriétés suivantes (Bonnet
et al., 2001) : (i) l’ensemble des données enregistrées sont des valeurs qui représen-
tent les sorties des fonctions de traitement du signal, (ii) toutes les valeurs de sortie
sont générées au cours d’un quantum de temps et associées à une position. La série de
données doit être mise à jour avec la position correspondante, durant le temps de pro-
duction. Le modèle de données dans les bases de données de capteurs est inspiré des
modèles de bases de données traditionnelles pour faciliter l’utilisation des données de
capteurs. Parmi les bases de données de capteurs, on peut citer : Cougar (Yao, Gehrke,
2002), Antelope (Adam, Tsiftes, 2011) et TinyDB (Madden, Hellerstein, Hong, 2003),
que nous allons décrire dans la section 6.
Les performances des bases de données de capteurs sont directement liées au bon
fonctionnement du système d’exploitation, et aux capacités des capteurs utilisés. Le
rôle essentiel du système d’exploitation est d’abstraire l’acquisition des mesures et
de faciliter la transmission des données (Labbé, 2010). Dans les bases de données
traditionnelles, le temps de réponse moyen des transactions est la métrique principale
de mesure de performance des SGBD. Dans les bases de données de capteurs, Bonnet
et al. proposent de nouvelles métriques comme la quantité totale d’énergie consommée
par les capteurs lors de l’exécution d’une requête (car les capteurs sont généralement
alimentés par des batteries) et le temps de réaction qui représente l’intervalle entre le
moment d’envoi de la valeur et le moment de sa réception.
En général, les capteurs ne peuvent pas générer des requêtes sur les données détec-
tées. Ils ne font que de l’acquisition de données, un traitement simple sur ces données
(conversion de format, etc.) et reçoivent l’ensemble des requêtes à traiter. Chaque cap-
teur doit être capable de planifier ses tâches pour satisfaire toutes les demandes. L’ac-
cès aux données peut être entravé par des retards, qui peuvent dépendre de la vitesse
à laquelle ces données sont arrivées. Une des solutions apportées à ce problème est
la réduction de la quantité de données au niveau des nœuds en utilisant des fonctions
d’agrégation (Feng Zhao, 2004), qui consistent à envoyer une seule valeur agrégée
756 TSI. Volume 33 – no 9-10/2014
Les réseaux de capteurs sont considérés comme des modèles de données relation-
nelles. Le modèle de données proposé par (Govindan et al., 2002), est composé d’un
ensemble des capteurs, dont chacun produit un ou plusieurs tuples de données, appelé
source (ou table relationnelle). Les tables, dans les bases de données classiques, sont
généralement stockées sur disque. Les tables dans le contexte des réseaux de capteurs
sont virtuelles et représentent des vues générées par le réseau de capteurs. Les accès
à ces tables virtuelles sont des opérations de collecte des données pertinentes perçues
par les capteurs. La conception d’une base de données de capteurs doit assurer une
abstraction complète du réseau car l’utilisateur n’est pas sensé connaître la topologie
Les bases de données dans les RCSF 757
réelle du réseau. Les bases de données partagent la même terminologie que les bases
de données classiques, sauf pour la source de données (cf. tableau 1) (Govindan et al.,
2002).
Tableau 1. Terminologie des bases de données de capteurs
Terme Description
Modèle de données Un modèle qui décrit de façon abstraite la représentation sé-
mantique des données
Un tuple Un groupe de données composé de plusieurs valeurs d’at-
tributs relatifs à un objet
Une source Le capteur qui génère un tuple
Une table Une collection de tuples de même type
Un opérateur Une fonction qui prend une ou plusieurs tables en entrée et
génère une table en sortie
Une requête Une composition d’opérateurs
Les bases de données de capteurs partagent les mêmes opérateurs que les bases
de données relationnelles. Les opérateurs traditionnels des bases de données tels que
l’agrégation, le regroupement, la sélection et les jointures, sont adaptés au contexte des
réseaux de capteurs. Le résultat de l’un de ces opérateurs est une table relationnelle,
qui peut servir comme entrée à d’autres opérateurs.
L’agrégation de données est une opération effectuée pour éviter la transmission
d’informations redondantes et pour améliorer la durée de vie du réseau (Sivaranjani et
al., 2013). Généralement, les opérations d’agrégation utilisent un ensemble de fonc-
tions pour calculer la somme (SUM), la moyenne (AVERAGE) ou le minimum, et
maximum (MIN, MAX). Exemple « Quelle est la température moyenne retournée par
l’ensemble des capteurs au troisième étage », traduit par la requête suivante avec la
syntaxe de TinyDB : SELECT AVG(temperature) FROM sensors WHERE floor=3.
L’opération de jointure permet de réunir plusieurs tables qui satisfont le critère de join-
ture. Elle consiste à générer toutes les paires de tuples, puis à faire une itération de tous
les tuples qui satisfont le prédicat de sélection. Il existe d’autres opérateurs relationnels
tels que le regroupement (GROUP BY), la sélection (SELECT), la projection, l’union
(UNION), la différence (EXCEPT) et l’élimination des doublons (DISTINCT).
6.1.1. Présentation
Le projet COUGAR (Yao, Gehrke, 2002) a été réalisé à l’Université Cornell (USA).
Il présente une infrastructure dédiée à la gestion de données de capteurs. COUGAR
758 TSI. Volume 33 – no 9-10/2014
est basé sur des capteurs pré-programmés et sur une entité centrale à laquelle les don-
nées sont agrégées et stockées pour tester des techniques de traitement des requêtes
sur les réseaux de capteurs sans fil (Fung et al., 2002). COUGAR considère le réseau
de capteurs comme une grande base de données distribuée où les données sont assim-
ilées à une table relationnelle. Les attributs de cette table sont les attributs des capteurs
et les valeurs sont les mesures. Les nœuds sont organisés en groupes « clusters », dont
chacun possède un chef de cluster, qui joue le rôle d’un point d’agrégation de données
(Makhoul, 2008).
6.1.2. Architecture
A. Le proxy Requête
Il s’agit d’une petite application associée à chaque capteur, entre sa couche réseau
et sa couche application, pour interpréter et exécuter les requêtes échangées entre le
capteur et la station de base (Jun Zheng, 2009). Le proxy Requête est responsable des
communications entre les trois éléments : les capteurs, la station de base et les requêtes
utilisateur (cf. figure 5). Il regroupe et élimine les données non pertinentes.
B. Le composant Frontal
Il joue le rôle de passerelle entre l’interface graphique et le réseau de capteurs
(cf. figure 5). Il exécute les tâches suivantes : (i) il envoie les requêtes qu’il reçoit
de l’interface graphique vers le proxy requête qui les traite, (ii) il reçoit les résultats
des chefs de clusters, en gardant une trace des requêtes en cours d’exécution pour
l’interface graphique, (iii) il fournit les tuples nécessaires aux requêtes, et il envoie
par la suite les résultats à l’interface utilisateur. Il peut émettre aussi des tuples de
données vers une base de données MySQL installée sur un serveur central.
C. L’interface graphique
Elle permet à l’utilisateur d’interroger le réseau de capteurs via des requêtes qui lui
permettent de visualiser la topologie du réseau (cf. figure 5). Les résultats des requêtes
sont affichés à l’utilisateur sous forme d’un tableau.
start/stop tuples
Messages Expédition requêtes Tuples
Couche File d'attente Gestion de requêtes
Processeur leader
réseau Leader requêtes
start/stop tuples
Messages requêtes Tuples
dirigée ] File d'attente Expédition Gestion de
requêtes
Processeur leader requêtes
Leader
Données Capteurs
Gestionnaire de
périphériques
Tuples
Tuples (pour GUI)
Interface graphique
Dans cet exemple, les clauses WHERE, SELECT, GROUP BY et HAVING ont la
même signification que dans SQL standard, c’est-à-dire : la clause SELECT permet de
récupérer les données, la clause WHERE permet de filtrer les n-uplets en imposant une
condition à remplir, la clause GROUP BY regroupe les capteurs selon leurs attributs
et la clause HAVING agit comme le filtre WHERE, mais sur les opérations résultant
des regroupements. Les clauses DURATION et EVERY sont spécifiques au langage
SQL de COUGAR. Ainsi, la clause DURATION spécifie la durée de vie de la requête
et la clause EVERY détermine le cycle d’exécution de la requête.
760 TSI. Volume 33 – no 9-10/2014
6.2.1. Architecture
Dans l’utilisation de TinyDB, on distingue trois parties (cf. figure 6) : l’utilisa-
teur, le serveur et le réseau de capteurs. L’utilisateur peut se connecter au réseau à
travers la station de base via un port série et les capteurs peuvent communiquer entre
eux à travers le réseau sans fil. La machine de l’utilisateur doit contenir l’application
TinyDB, pour gérer les requêtes utilisateur. Elle les analyse, les décompose, puis les
envoie aux nœuds du réseau à travers la station de base. Dès qu’elle reçoit les résultats
des requêtes, elle les transmet à l’utilisateur.
Le système TinyDB possède deux sous-systèmes : une application pour les réseaux
de capteurs et une interface graphique en java pour utilisateur. L’application TinyDB
s’exécute sur chaque capteur. Elle est composée des parties suivantes :
Les bases de données dans les RCSF 761
Données Requêtes
TinyDB
Les capteurs
Dans ce canevas de requêtes, les clauses WHERE, GROUP BY et HAVING ont les
mêmes significations que pour SQL standard. Les clauses TRIGGER ACTION et
EPOCH DURATION sont spécifiques au langage TinySQL.
TinyDB comprend un service pour le déclencheur (Madden, Hellerstein, Hong,
2003). Une action de déclenchement est exécutée lorsque le résultat satisfait la clause
WHERE de la requête. La requête suivante illustre ce propos :
Cette requête correspond à une alarme déclenchée à chaque fois que la température
dépasse un seuil fixé par l’utilisateur. SetSnd(512) indique que la durée sonore de
l’alarme est de 512 ms.
TinyQP est une application de traitement de requêtes comme TinyDB, basée sur
TinyOS, installée sur chaque capteur dans le réseau. Elle fournit un traitement pour
plusieurs requêtes complexes, y compris les requêtes en temps réel, les requêtes his-
toriques et les requêtes agrégées (Mo et al., 2013). TinyQP est composée de deux
sous-systèmes (cf. figure 7) :
1. Un sous-système web composé : (i) d’une interface graphique pour person-
naliser et afficher les résultats des requêtes utilisateur, (ii) un optimiseur de requêtes
pour analyser et formuler les requêtes, (iii) un port de communication en série pour
transmettre les requêtes utilisateur à la station de base et recevoir les réponses aux
requêtes.
2. Une sous-système de traitement de requêtes qui assure : (i) la transmission des
requêtes à la station de base, le parçage des requêtes SQL, la diffusion des requêtes à
tous les nœuds, la collecte des réponses aux requêtes et la transmission des données
au serveur d’application.
Contrôle
confidentiel MV logique
Requêtes Résultat
Processeur de Résultats transformés
requêtes
Noyau de la base
de données
Processeur indexeur
toutes les fonctionnalités SQL complexes telles que les extensions procédurales, les
déclencheurs et les transactions (Adam, Tsiftes, 2011).
L’analyseur AQL traduit les opérations d’une représentation textuelle en données
de calcul abstraites. Il permet l’exécution de plusieurs requêtes simultanément. La
création d’une base de données avec AQL passe par trois étapes : la création de la
relation, puis de ses attributs, et enfin de ses index (cf. figure 9).
Dans le canevas de requêtes (cf. figure 9), nous présentons les étapes de création
de la base de données avec Antelope en utilisant les clauses CREATE RELATION,
CREATE ATTRIBUTE et CREATE INDEX. Nous créons d’abord la relation, puis
ses attributs, et enfin ses index. Une fois la base de données créée, l’utilisateur peut
l’interroger en utilisant les opérations listées dans la figure 10.
Operation Usage
INSERT Insérer un tuple dans une relation.
REMOVE Supprimer les tuples correspondant à une condition.
SELECT Sélectionner les tuples et les attributs du projet.
JOIN Joindre deux relations selon une condition.
CREATE RELATION Créer une relation vide.
REMOVE RELATION Supprimer une relation et tous les index associés.
CREATE ATTRIBUTE Ajouter un attribut à une relation.
CREATE INDEX Créer un index d’attribut.
REMOVE INDEX Supprimer un index d’attribut.
Antelope utilise trois algorithmes d’indexation pour optimiser l’exécution des re-
quêtes dans les bases de données en délimitant l’ensemble des tuples à traiter (Adam,
Tsiftes, 2011) :
SINA est un intergiciel permettant aux applications capteurs d’émettre des re-
quêtes à travers le réseau et de collecter les réponses. SINA s’exécute sur chaque nœud
du réseau. Il fournit une organisation des informations collectées et une surveillance
des événements. Pour assurer l’efficacité énergétique et l’évolution des opérations, les
nœuds du réseau sont regroupés en clusters.
Les applications
capteurs
Intergiciel SINA
Réponses Evènement
(a)
(b) Les capteurs
capteurs. SINA prend en charge trois types d’événements : (i) les événements générés
lorsqu’un message est reçu par un capteur, (ii) les événements déclenchés périodique-
ment par une minuterie et (iii) les événements provoqués par l’expiration d’un tempo-
risateur. Voici un exemple de modèle de déclaration de requête (Srisathapornphat et
al., 2001) :
SELECT avg(getTemperature())
AS avgTemperature
FROM CLUSTER-MEMBERS
Ces lignes de code permettent de calculer la moyenne des températures des clusters
formant le réseau.
Cougar ne fournit pas d’interface graphique, alors que TinyDB fournit une in-
terface graphique qui permet à l’utilisateur de spécifier des données à extraire du
réseau, de fixer des paramètres supplémentaires tel que la vitesse à laquelle les données
doivent être mises à jour et de saisir de requêtes SQL. Sina ne fournit pas d’interface
graphique mais elle offre une interface procédurale pour saisir un script. Antelope ne
fournit pas d’interface graphique mais utilise une application réseau NetDB qui dis-
pose d’une interface en ligne de commande par laquelle l’utilisateur peut saisir ses
requêtes.
Nous avons expliqué ce type de requêtes dans 4.2.3. Cougar et Antelope ne suppor-
tent pas ce type de requêtes. TinyDB supporte les événements comme un mécanisme
pour déclencher la collecte des données. Les événements sont générés de manière ex-
plicite, soit par une autre requête, soit par une partie de niveau inférieur du système
d’exploitation (Madden et al., 2005). TinyDB utilise le prédicat "ON EVENT" pour
définir un évènement dans une requête. SQTL, le langage de script de Sina supporte
trois types d’événements. Il utilise des prédicats pour définir ces événements : (i) RE-
CEIVE pour les événements générés quand un message est reçu par un capteur, (ii)
EVERY pour les événements déclenchés périodiquement par un temporisateur et (iii)
EXPIRE pour les événements déclenchés par l’expiration du temporisateur (Jaikaeo
et al., 2000).
7.7. Synchronisation
8. Conclusion et perspectives
Les capteurs et les réseaux de capteurs sont de plus en plus présents dans notre vie
quotidienne. Les recherches actuelles s’orientent vers la mise en œuvre des données
provenant de ces réseaux en bases de données, appelées bases de données de capteurs.
Une fois que les données de capteurs sont organisées en base de données, on peut
exploiter la puissance liée aux bases de données, grâce notamment à leur mécanisme
de sécurité, de contrôle de concurrence, des opérateurs de leur langage de manipula-
tion, etc. Cependant, les outils performants de création et de manipulation de bases
de données de capteurs nécessitent des recherches, car beaucoup de verrous restent
encore à lever, comme la structuration en base de données centralisée ou distribuée,
l’utilisation des données de capteurs individuelles ou de leur agrégation, etc.
Dans cet article, nous avons présenté une synthèse sur les travaux relatifs aux
réseaux et bases de données de capteurs. Nous avons commencé par une présenta-
tion générale sur les capteurs. Ensuite, nous avons détaillé leurs caractéristiques et
la topologie qui les définissent. Nous avons décrit la structure d’un capteur et d’un
réseau de capteurs, et montré les défis qui existent dans ces réseaux. Nous avons ter-
miné par une étude spécifique des différentes solutions proposées pour la structuration
des données acquises depuis un réseau de capteurs en base de données et leur traite-
ment. D’autres recherches sont menées sur les réseaux et bases de données de capteurs
pour prendre en compte les contraintes d’économie d’énergie (rallonger la durée de
vie des capteurs), les communications entre les capteurs, les traitements qui peuvent
être intégrés au sein d’un capteur, etc.
Les bases de données dans les RCSF 771
Parmi les perspectives liées aux recherches sur les bases de données de capteurs, il
y a la prise en compte des contraintes temps réel liées à la manipulation des données
de capteurs. En effet, dans la plupart des cas, les capteurs, pour refléter de la manière
la plus fidèle possible l’état de l’environnement, doivent délivrer leurs mesures avant
une échéance donnée, sinon les données délivrées deviennent obsolètes et ne corre-
spondront plus à l’état réel de l’environnement. De même que les opérations de ma-
nipulation de la base, qui doivent être contraintes par le temps. A défaut de respecter
strictement les échéances des actions et les durées de validité des données, il est pos-
sible de travailler sur le respect d’une certaine qualité de service, comme la délivrance
de données avec une certaine incertitude, ou avec un retard borné.
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