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UNDP BF ECPP 2015

Le rapport d'étude sur la cohérence des politiques publiques au Burkina Faso vise à analyser le système de planification et à établir des critères pour définir les secteurs de planification de l'économie. Il propose des recommandations pour renforcer la cohérence entre les politiques publiques et les budgets, ainsi que des mécanismes de vérification et d'élaboration des politiques. Réalisée par une équipe de consultants, l'étude s'appuie sur une revue documentaire et des entretiens avec des acteurs clés du développement.

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Le rapport d'étude sur la cohérence des politiques publiques au Burkina Faso vise à analyser le système de planification et à établir des critères pour définir les secteurs de planification de l'économie. Il propose des recommandations pour renforcer la cohérence entre les politiques publiques et les budgets, ainsi que des mécanismes de vérification et d'élaboration des politiques. Réalisée par une équipe de consultants, l'étude s'appuie sur une revue documentaire et des entretiens avec des acteurs clés du développement.

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MINISTERE DE L’ECONOMIE BURKINA FASO

ET DES FINANCES Unité - Progrès – Justice

--------- ---------

RAPPORT D’ETUDE SUR LA COHERENCE DES POLITIQUES PUBLIQUES

CONSULTANTS
Bonoudaba DABIRE
Daniel BAMBARA
Moumounou GNANKAMBARY

Décembre 2015

1
TABLES DES MATIERES

SIGLES ET ABREVIATIONS ....................................................................................................................... 4


RESUME ..................................................................................................................................................... 6
INTRODUCTION : CONTEXTE ET JUSTIFICATION ...................................................................................10
I - LE SYSTEME DE PILOTAGE ET DE GESTION DU DEVELOPPEMENT : QUELQUES RAPPELS
HISTORIQUES ...........................................................................................................................................11
1.1 Les plans quinquennaux de développement : les raisons des contre-performances .............................11
1.1.1 Les Plans-projets ............................................................................................................................................. 11
1.1.2 Les plans par objectifs .................................................................................................................................... 13
1.2. Le renouveau de la planification : la nécessité de concilier le court, moyen et long terme ....................17
1.3 La ré-conceptualisation du développement : les initiatives nouvelles ...................................................19
1.3.1 La promotion du concept de développement humain ...................................................................................... 20
1.3.2 La problématique de la gestion de la dette : l’avènement des Cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté
(CSLP)...................................................................................................................................................................... 20
II - LES INSTRUMENTS DE MISE EN ŒUVRE DE LA SCADD : UNE COHERENCE A RENFORCER ........24
2.1. La stratégie de croissance accélérée et de développement durable : la volonté d’opérationnalisation de
la vision 2025 ..........................................................................................................................................24
2.2. L’articulation des outils de pilotage et de gestion stratégique : une cohérence à renforcer ...................24
2.3 Les politiques sectorielles : quel véritable lien avec la SCADD ? .........................................................29
2.3.1. Etat des lieux des politiques sectorielles et leur lien avec la SCADD ............................................................. 29
2.3.2. Typologie et procédures d’élaboration des politiques publiques .................................................................... 33
2.4. La budgétisation de la SCADD : des liens à renforcer ........................................................................38
2.4.2. Le budget-programme, instrument de mise en œuvre des politiques publiques ............................................ 40
2.4.2. Le Programme triennal d’investissement public glissant (PTIG), véritable lien à faire avec les politiques
publiques .................................................................................................................................................................. 43
III - LES EXIGENCES D’UNE GESTION AXEE SUR LES RESULTATS : VERS UNE DEFINITION PLUS
FONCTIONNELLE DES SECTEURS DE PLANIFICATION .........................................................................46
3.1 La clarification du concept de secteur de planification .........................................................................46
3.2 L’évolution des secteurs de planification : Forces et limites ................................................................47
3.3 Tentative récente ...............................................................................................................................53
3.3.1 Le lien entre les secteurs de planification et ceux de la nomenclature ............................................................ 53
3.3.2 L’utilité du secteur de planification................................................................................................................... 53
3.3.3 L’exclusivité entre les secteurs de planification définis.................................................................................... 53
3.4. Secteurs identifiés ..................................................................................... Erreur ! Signet non défini.
3.5 Les secteurs de planification fonctionnels : l’impératif d’une synergie d’action ......................................57
IV - LE RENFORCEMENT DES CAPACITES : OPERATIONNALITE DU DISPOSITIF DE PILOTAGE ET
FORMATION DES CADRES, SOURCE D’EFFICACITE ..............................................................................63
4.1 La commission nationale de la planification du développement (CNPD) ..............................................63
4.2 Le dispositif de suivi et d’évaluation de la SCADD...............................................................................64
4.3 Les Directions générales des études et des statistiques sectorielles (DGESS).....................................64
4.4 Les cadres de concertations régionaux (CCR) ....................................................................................65
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS ..................................................................................................66

2
ANNEXES ..................................................................................................................................................68
Annexe 1 : Grille d’appréciation des politiques et stratégies sectorielles ....................................................70
Annexe 2 : Programmation des entretiens ................................................................................................91
Annexe 3: Termes de référence ...............................................................................................................95
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ......................................................................................................103

3
SIGLES ET ABREVIATIONS

APD : Aide publique au développement


AVV : Autorité de mise en valeur des vallées des voltas
BND : Banque nationale de développement
CARPAS : Cadre africain de référence pour les programmes d’ajustement structurel
CASEM : Conseil d’administration du secteur ministériel
CEA : Commission économique pour l’Afrique
CID : Cadre de développement intégré
CNP : Conseil national du plan
CNPD : Commission nationale de la planification du développement
CSLP : Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté
DAF : Direction de l’administration et des finances
DCPE : Document cadre de politique économique
DEP : Direction des études et de la planification
DGB : Direction générale du budget
DGCOOP : Direction générale de la coopération
DGEP : Direction générale de l’économie et de la planification
DGESS : Direction générale des études et des statistiques sectorielles
DOS : Document d’orientation stratégique
DR : Direction régionale
DREP : Direction régionale de l’économie et de la planification
DRPC : Direction régionale du plan et de la coopération
DRPDP : Division régionale de la planification et du développement populaire
DSRP : Stratégie pour la réduction de la pauvreté
FAC : Fonds d’aide et de coopération
FIDES : Fonds d’investissement pour le développement économique et social
GAR : Gestion axée sur les résultats
IADM : Initiative d'annulation de la dette multilatérale
LIPDHD : Lettre d’intention de politique de développement humain durable
MATD : Ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation
MDS : Ministère de la défense et de la sécurité
MEF : Ministère de l’économie et des finances
MFPTSS : Ministère de la fonction publique, du travail et de la sécurité sociale
MHU : Ministère de l’habitat et de l’urbanisme
MIC : Ministère de l’information et de la communication
MIDT : Ministère des infrastructures, du désenclavement et des transports
MJ : Ministère de la justice
MPDP : Ministère de la planification et du développement populaire
MPEN : Ministère des postes et de l’économie numérique
MPFG : Ministère de la promotion de la femme et du genre
MRSI : Ministère de la recherche scientifique et de l’innovation
MSL : Ministère des sports et des loisirs
OMD : Objectifs du millénaire pour le développement
ONG : Organisation non gouvernementale
ORD : Organisme régional de développement
PAS : Programme d’ajustement structurel
PCD : Plan communal de développement
PED : Pays en développement
PIB : Produit intérieur brut
PIP : Programme d’Investissement Public
PMI/PME : Petite et moyenne industrie / Petite et moyenne entreprise
PNUD : Programme des nations unies pour le développement
PPD : Programme populaire de développement

4
PPTE : Pays pauvre très endetté
PRD : Plan régional de développement
PTIG : Programme triennal d’investissement public glissant
SCADD : Stratégie de croissance accélérée et de développement durable
SEDES : Société française d’étude sur le développement économique et social
SNADDT : Schéma national d’aménagement pour le développement durable du territoire
SNP : Système national de planification
SOVICA : Société voltaïque d’investissement et de crédit automobile
SOVOLCOM : Société voltaïque pour le commerce
STN-SCADD : Secrétariat technique national de la SCADD
TEE : Tableau économique d’ensemble
TEI : Tableau d’échanges intersectoriels
TIC : Technologie de l’information et de la communication
TOFE : Tableau des opérations financières de l’Etat
UEMOA : Union économique et monétaire ouest africaine
UNICEF : Fonds des nations unies pour l’enfance
VIH/SIDA : Virus de l'immunodéficience humaine / Syndrome d'immunodéficience acquise

5
RESUME

L’étude sur la cohérence des politiques publiques a été initiée par le Gouvernement dans le cadre de la
formulation du deuxième cycle de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable
(SCADD). En substance, les résultats spécifiques attendus de cette étude étaient :

i. L’analyse rétrospective du système de planification au Burkina Faso, mettant en évidence


l'articulation et la cohérence des politiques publiques ;
ii. La détermination de critères clairs et objectifs de définition des secteurs de planification de l'économie
burkinabè ;
iii. La définition des secteurs de planification de l'économie burkinabè ;
iv. La définition et l’établissement d’une typologie des politiques publiques selon l'horizon temporel, le
champ d'intervention, et les modalités de prise en compte des questions émergentes et d’adoption ;
v. L’établissement des procédures d'élaboration des politiques publiques ;
vi. La détermination d’un dispositif de vérification de la conformité des politiques publiques ;
vii. La détermination d’un mécanisme permettant que chaque ministère, institution et collectivité
territoriale se dote d'un plan d'action annuel élaboré tenant compte des ressources mobilisables ;
viii. La détermination d’un mécanisme garantissant la prise en compte, par le budget de l'État et les
budgets des collectivités territoriales, des plans d'action annuels ci-dessus indiqués ;
ix. La définition des modalités et l’établissement d’un calendrier de mise en œuvre des dispositions
définies.

L’étude a été réalisée par une équipe de trois consultants (deux experts en planification du développement et
un expert en finances publiques). Sur le plan méthodologique, ils ont procédé à une large revue documentaire
(les différentes politiques et stratégies sectorielles existantes) et à des entretiens avec les principaux acteurs
des départements ministériels et des institutions du 12 au 14 août 2015. Il importe de souligner que le
processus de réalisation de cette étude a connu deux importants moments : la réunion de cadrage du 23 juillet
et le séminaire de validation du rapport provisoire les 15 et 16 octobre 2015 au cours duquel d’importantes
suggestions d’améliorations et recommandations ont été faites.

 De l’analyse rétrospective du système de planification au Burkina Faso

Le Burkina Faso a connu une longue tradition de planification de son développement économique et social,
subdivisée en quatre grandes périodes : la période des plans quinquennaux de développement, celle du
renouveau de la planification et celle de la ré-conceptualisation du concept même de
développement fortement marquée par l’avènement d’initiatives nouvelles. Ces différentes périodes se sont
enrichies mutuellement pour en définitive consolider au fur et à mesure le système national de planification
dans son ensemble. La précision des fonctions essentielles de cette technique a indiqué la nature des
instruments à mettre au point pour réussir la conduite du processus de développement.

 la prospective : la conduite d’une étude prospective avec pour finalité de définir une vision
consensuelle de société ;

6
 l’orientation stratégique : l’élaboration d’un Document d’orientation stratégique (DOS) donnant les
grandes orientations pour parvenir au projet de société et à la réalisation de la vision ;

 la programmation économique : une programmation triennale glissante des investissements pour la


mise en œuvre concrète et successive des orientations stratégiques ;

 la mobilisation des ressources : la mobilisation et la gestion rationnelle des ressources publiques


pour réussir l’exécution des programmes d’investissements.

 De la définition et l’établissement d’une typologie des politiques publiques

Après un examen des différents instruments pratiqués au niveau du processus actuel de pilotage et
d’animation du développement, il s’est avéré que celui-ci devra désormais s’appuyer sur des instruments clés
que sont les résultats des études exploratoires et leur traduction en documents d’orientation stratégique, les
politiques transversales et sectorielles couvrant une période de dix ans et sur des programmes plus
opérationnels tels que le programme triennal d’investissements publics, le programme triennal sous-sectoriel
et les plans d’actions annuels.

 De l’établissement des procédures d'élaboration des politiques publiques

Le Burkina Faso est réputé pour sa tradition de processus participatif associant aussi bien l’ensemble des
acteurs étatiques et non étatiques ainsi que les partenaires techniques et financiers. Le Ministère de
l’économie et des finances (MEF) a toujours joué le leadership dans les processus de formulation des
politiques et stratégies. La Direction générale de l’économie et de la planification (DGEP) au regard de ses
attributions demeure la cheville-ouvrière de tels processus. En outre, celle-ci devra assurer la veille afin
d’éviter toute contradiction et chevauchement de ces instruments. Le contenu et les procédures d’adoption de
ces instruments sont ceux contenus dans le guide d’élaboration des politiques sectorielles adopté par les
autorités burkinabè en 2010, devant s’enrichir de propositions nouvelles contenues dans la présente étude. A
cet effet, pour permettre à la DGEP de remplir pleinement et efficacement ses missions, la ligne budgétaire
‘’Appui à la planification’’ dont elle dispose, devrait bénéficier d’une allocation de ressources plus
importantes.

 De la détermination d’un dispositif de vérification de la conformité des politiques


publiques
Il n’est point besoin de dupliquer les structures ad’ hoc qui ont du mal à fonctionner faute de moyens
financiers. Aussi la Commission nationale de la planification du développement (CNPD), chargée d’examiner
la pertinence et la conformité des politiques sectorielles, intervenant en dernière instance avant leur adoption
devra faire preuve de professionnalisme et de fermeté et veiller sur la qualité des documents. La composition
de cette commission devrait être revue pour tenir compte des propositions d’élargissement.

 De la détermination d’un mécanisme garantissant la prise en compte, par le budget de


l'État et les budgets des collectivités territoriales, des plans d'action annuels
Le Programme triennal d'investissement public glissant (PTIG) participe du souci du gouvernement
d’améliorer d’une part, le système d’organisation et de gestion économique, et d’autre part, de traduire en
terme de besoins d’investissement, les grandes orientations de sa politique économique et sociale. Il présente
les investissements par agent et par secteur, ainsi que les actions nécessaires pour atteindre les objectifs de

7
développement fixés sur une période glissante de trois (03) ans. Les programmes sectoriels triennaux
pourront donc s’arrimer au PTIG pour plus de cohérence.

Le Programme d’investissement public (PIP) perçu comme la synthèse des plans d’actions des ministères, est
la tranche annuelle du PTIG. Il constitue l’instrument de prévision annelle des dépenses d’investissement et
fait partie intégrante du de la loi de finances qui le traduit en son titre 5 « Investissements exécutés par
l’Etat », toutes sources de financement confondues. Les plans d’actions annuels devront aussi s’arrimer au
PIP. Dans tous les cas les nouvelles dispositions prises par le Gouvernement pour faire des chefs de
département ministériels et institutions, ordonnateurs de leurs budgets respectifs, augurent de bonnes
perspectives.

 De la détermination de critères clairs et objectifs de définition des secteurs de planification


de l'économie burkinabè

Il n’existe pas de critères figés de définition des secteurs de planification. Toutefois par analogie aux secteurs
de la comptabilité nationale, il a été arrêté les critères suivants d’appartenance à un secteur :
i. les entités composant le secteur, mènent la même principale activité ou activité similaire ;
ii. les entités composant le secteur, peuvent se constituer en groupes (sous-secteurs) menant la même
activité et entretenant une forte complémentarité. Dans ce sens l’activité d’un sous-secteur peut renforcer
l’activité d’autres sous-secteurs et partant celle du secteur entier ;
iii. la synergie d’actions des sous-secteurs composant le secteur de planification doit être un principe et
toutes leurs actions doivent converger à la réalisation des mêmes objectifs et de la même finalité de
développement du secteur ;
iv. le secteur de planification est un espace homogène en ce sens que l’activité d’une entité ou d’un sous-
secteur ne doit pas compromettre la cohérence interne du secteur ;
v. le secteur de planification est par définition vertical et autonome dans sa réalisation. II est éclairé par les
domaines transversaux et contribue à leur mise en œuvre.
 De la définition des secteurs de planification de l'économie burkinabè
Tenant compte des critères ci-dessus et de la riche expérience en matière de planification il est suggéré
quinze secteurs, un domaine transversal et un domaine de souveraineté constitué des institutions à savoir :
1. le secteur du développement rural ;
2. le secteur des industries- énergie et commerce ;
3. le secteur des infrastructures économiques, des transports et des équipements ;
4. le secteur de la culture et du tourisme;
5. le secteur de la recherche scientifique et des innovations ;
6. le secteur de l’éducation et de la formation ;
7. le secteur de la santé et de la famille ;
8. le secteur des sports et des loisirs ;
9. le secteur de l’administration du territoire et de la décentralisation ;

8
10. le secteur de la défense et de la sécurité ;
11. le secteur du travail, de l’emploi et de la sécurité;
12. le secteur de la justice et des droits humains ;
13. le secteur de l’économie, des finances et de la monnaie ;
14. le secteur de la diplomatie et de la coopération internationale
15. le secteur de l’information
16. le domaine de la population, du genre et de la jeunesse ;
17. le domaine de la souveraineté.
Il n’y a pas de divergences profondes entre ces propositions et celles faites dans le cadre de l’étude initiée par
le Ministère de l’économie et des finances en 2012.
Au terme de l’étude d’importantes recommandations ont été faites pour renforcer le système de pilotage et
d’animation du développement. Celles-ci devront faire l’objet d’un agenda à annexer à la SCADD.
La présente étude a le mérite d’aborder un sujet difficile. C’est pourquoi, elle devrait être considérée
comme un chantier inachevé de réflexion, toujours perfectible.

9

INTRODUCTION : CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Le Burkina Faso a une longue et bien riche expérience en matière de planification créant ainsi les conditions
d’accueil avec esprit de suite, de toutes les nouvelles initiatives de management stratégique du
développement. Cette aptitude, il l’a tirée de ses propres capacités endogènes de remise en cause opportune
de ses procédures et outils de conduite du changement. A la faveur du renouveau de la planification et de la
ré conceptualisation du développement, il a élaboré la Lettre d’intention de politique de développement
humain durable (LIPDHD) pour la période 1995-2005 afin de promouvoir le concept de sécurité humaine.
Avec l’éligibilité du pays à l’initiative de l’allègement de la dette des Pays pauvres très endettés (PPTE) après
six années consécutives de conduite des réformes économiques et structurelles avec succès, les autorités
burkinabè ont trouvé les ressources pour formuler en s’appuyant principalement sur la LIPDHD, le Cadre
stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) exigible pour bénéficier des gains liés à cette initiative
d’allègement de la dette. Il y a eu deux cycles de CSLP (2001-2003) et (2004-2006), le dernier ayant été
prolongé jusqu’en 2010. Leur mise en œuvre successive a eu un impact certain sur la pauvreté humaine mais
bien limité sur la pauvreté monétaire. Sur la base de ce constat, les autorités burkinabè ont adopté en 2010, la
Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) mettant l’accent sur la
transformation de la structure de l’économie et l’impulsion de la croissance afin de doubler le revenu par tête
dans une perspective de moins de trente-cinq (35) ans. Les politiques sectorielles ont été les moyens de mise
en œuvre de cette stratégie. Au terme de la mise en œuvre du premier cycle de la SCADD, au-delà de
certains objectifs quantitatifs qui restent en deçà des attentes notamment en retrait des Objectifs du millénaire
pour le développement (OMD), l’appropriation de la stratégie apparait mitigée du fait de l’attentisme d'acteurs
sectoriels et régionaux, et des changements institutionnels fréquents tel que cela ressort du rapport global de
performance de la SCADD de l'année 2014. La faible cohérence des politiques publiques persiste et se
manifeste par : i) le foisonnement et la multiplicité des politiques publiques dus aux changements
institutionnels, ii) la confusion et la divergence des dénominations (contenus et horizons temporels), iii) le
faible alignement des référentiels locaux notamment, les Plans régionaux de développement (PRD) et les
Plans communaux de développement (PCD) aux référentiels nationaux, rendant difficile la visibilité de la
contribution des collectivités territoriales à l’atteinte des objectifs nationaux de développement et renforçant les
disparités régionales de développement.

C’est bien tenant compte de ce qui précède, que dans le cadre du processus d’élaboration du deuxième cycle
de la SCADD (2016-2020), une réflexion est consacrée à la cohérence des politiques publiques (voir termes
de référence en annexe) et conduite par une équipe de trois consultants nationaux. Sur le plan
méthodologique, ceux-ci ont procédé à une large revue documentaire et à des entretiens avec les principaux
acteurs des départements ministériels et des institutions (CF. programme des entretiens en annexe).

Le présent rapport d’étude se veut une contribution à la recherche de solution à une problématique qui en
réalité n’est pas nouvelle et est rendue de surcroit complexe au regard du contexte politique et des évolutions
institutionnelles possibles. Il s’articule autour des points ci-après :

 le système de pilotage et de gestion du développement : quelques rappels historiques ;


 les instruments de mise en œuvre de la SCADD : une cohérence à renforcer ;
 les exigences d’une gestion axée sur les résultats : vers une définition plus fonctionnelle des secteurs
de planification ;

10
 le renforcement des capacités : opérationnalité du dispositif de pilotage et formation des cadres,
source d’efficacité.

I - LE SYSTEME DE PILOTAGE ET DE GESTION DU DEVELOPPEMENT : QUELQUES


RAPPELS HISTORIQUES

Au Burkina Faso, la longue tradition de planification de son développement économique et social commence à
la faveur de la mise en place du Fonds d’investissement pour le développement économique et social (FIDES)
entre 1947 et 1960, devenu Fonds d’aide et de coopération (FAC) en 1959. S’appuyant sur les opportunités
offertes par cet instrument de coopération, les autorités publiques se sont convaincues déjà en 1958, de la
nécessité de la planification de l’action de l’Etat en tant que processus itératif de détermination et de mise en
cohérence des moyens pour atteindre des objectifs à moyen terme et dans un espace donné. Elle
apparaissait comme la seule voie susceptible de réaliser et de consolider l’unité nationale, de relever le niveau
de vie général des populations par le travail et d’assurer la vraie justice sociale.

Cette option est devenue plus officielle et effective à partir de 1961. Depuis cette date et jusqu’en 1995, le
Burkina Faso a connu cinq plans quinquennaux et un programme biennal. Après une période d’auto-
ajustement qui ne s’est pas accompagnée d’une véritable mobilisation des ressources notamment extérieures,
les autorités gouvernementales, à l’issue des assises sur l’économie nationale qui ont mis en exergue le
déficit chronique des finances publiques, ont conclu en mars 1991, un Programme d’ajustement structurel
(PAS) avec les Institutions de Bretton Woods. L’impératif de concilier le court, le moyen et le long terme et
l’émergence d’initiatives nouvelles liées au renouveau du concept même de développement vont entrainer une
évolution rapide du Système national de planification (SNP).

1.1 Les plans quinquennaux de développement : les raisons des contre-performances


La longue période des plans quinquennaux de développement (1961 à 1995) peut se subdiviser en
deux sous- périodes. Celle des plans ‘’passifs’’ dits ‘’plans-projets’’ de 1961 à 1985 et celle des plans
‘’dynamiques’’ dits ‘’ plans par objectifs’’ de 1986 à 1995.

1.1.1 Les Plans-projets


Il faut souligner qu’en 1963, le Burkina Faso disposait à la fois d’un plan prospectif couvrant la période 1960-
1975 et d’un plan quinquennal 1963-1967, traduisant ainsi sa volonté de rattraper son retard de
développement économique. Ces outils n’ont malheureusement pas pu être pratiqués pour des raisons
techniques et des divergences politiques. Ils ont été abandonnés au profit d’un plan intérimaire 1963-1964 qui
avait pour finalité de créer les conditions pour l’instauration d’une planification de moyen et de long terme.

Après ces tentatives et au sortir du soulèvement populaire de 1966, le nouveau pouvoir s’est doté d’un plan
cadre 1967-1970. Plutôt qu’un plan de type classique, il s’agissait véritablement d’un programme d’actions et
d’un cadre de réformes des structures publiques, devant permettre : (i) d’assainir la gestion des finances
publiques ; (ii) de mettre en place un programme financé par les aides extérieures ; (iii) de déterminer les
priorités des différents secteurs de l’économie et des services administratifs ; (iv) de former l’administration
aux méthodes de planification et informer la population des efforts à entreprendre et ; (v) de préparer le
prochain plan de développement.

Les résultats les plus significatifs de ce cadre de réformes ont été :


 la mise en place des Organismes régionaux de développement (ORD) ;

11
 la création de la Société voltaïque pour le commerce (SOVOLCOM), de la Banque nationale de
développement (BND) et de la Société voltaïque d’investissement et de crédit automobile (SOVICA).
La mise en œuvre du plan cadre sera prolongée en 1971, par un plan intérimaire pour donner lieu au premier
plan quinquennal de développement économique et social.

Le deuxième plan quinquennal de développement économique et social (1972-1976), adopté par les
autorités publiques burkinabè, traduisait des progrès par rapport au précédent. Son élaboration devait
respecter un certain nombre de principes :
 le principe de ‘’plan de projets’’ a été retenu parce qu’il correspondait mieux à la réalité de l’économie
burkinabè. Cette démarche impliquait l’établissement d’une cohérence d’ensemble après recensement
de tous les projets en fonction des orientations et des objectifs généraux ;
 la décision de faire coïncider la période d’élaboration du troisième plan avec la première année de la
prochaine législature ;
 l’adoption en cours d’exécution afin d’intégrer de nouveaux projets sans perturber la cohérence du plan.

Sur le plan technique, ce deuxième plan a eu le mérite d’être élaboré en se servant du bilan d’exécution du
premier plan et d’études économiques (perspectives démographiques, comptes économiques de 1968 et
comptes économiques prospectifs de 1976). Malgré ces quelques avancées, ce plan est demeuré une
sommation des projets sans aucune analyse de type transversal (TEI) ne permettant pas d’assurer une
cohérence physique entre les divers projets. La projection des dépenses, fondée sur des hypothèses de
maintien de tendance ou de structures, n’a pas été bouclée par celle des revenus. Enfin, il n’existait aucune
cohérence entre la programmation financière et les évolutions des finances publiques et des ressources
extérieures.

Le troisième plan quinquennal 1977-1981, présentait les mêmes caractéristiques que les deux précédents.
Mais à la différence, il se voulait la tranche d’un plan perspectif visant à mieux appréhender les problèmes de
certains secteurs (éducation, adéquation formation-emploi, développement rural, etc.) qui ne peuvent être
envisagés que dans le long terme. Dans le cadre de ce plan adopté à son terme en 1981, l’effort a été mis sur
la recherche de la cohérence sectorielle en ce sens que les projets étaient analysés en tenant compte des
objectifs quantitatifs définis dans le secteur.

Le troisième plan, malgré sa forme de plans de projets, présentait une nette évolution du point de vue des
techniques de planification parce qu’il était assorti d’un bouclage macroéconomique (TEI et TEE)1 établi par la
Société française d’étude sur le développement économique et social (SEDES).

Les acquis de ces différents plans se sont consolidés successivement et leurs processus d’élaboration se sont
continuellement améliorés en termes de démarche méthodologique d’élaboration. Ils avaient des
préoccupations communes d’élévation du niveau de vie général des populations, avec comme priorité le

1Tableau d’échanges intersectoriels (TEI) : Tableau synthétique décrivant les équilibres ressources-emplois de biens et services
et les éléments principaux des comptes de production et d'exploitation des branches.

Tableau économique d’ensemble (TEE) : Tableau décrivant de façon synthétique, l’ensemble des flux économiques effectués par
les différents secteurs institutionnels résidents entre eux et avec le reste du monde. Il revêt un intérêt grandiose, en ce sens qu’il
permet une représentation simplifiée de la structure de l’activité économique d’un pays au cours d’une période annelle.

12
développement rural et la préservation des ressources naturelles (Cf. création des ORD et de l’Autorité de
mise en valeur des vallées des voltas (AVV) chargés de mieux canaliser les mouvements des populations).

L’évaluation de ces premières générations d’instruments de planification du développement économique et


social montre que le pays a connu quatre plans de projets. Les processus respectifs d’élaboration et de mise
en œuvre de ces plans traduisaient des évolutions techniques très appréciables qui ont été en fait l’œuvre de
l’assistance technique étrangère qui appuyait les départements ministériels notamment celui chargé du Plan.
De 1963 à 1983, le Burkina Faso a toujours disposé d’un ministère du plan même si celui-ci a subi des
mutations diverses pour tenir compte du contexte politique national. La faiblesse de l’appropriation des plans
par les cadres nationaux, était bien manifeste, justifiant d’une part, les difficultés qui sont apparues quant au
suivi de leur exécution et d’autre part, leur faible performance. C’est dans la perspective de faire face à cette
insuffisance de capacités nationales de formulation et de programmation fortement ressentie lors de
l’établissement du bilan du deuxième plan et de la préparation du troisième, qu’ont été initiés avec l’appui du
Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), successivement les projets
UPV/75/018 (Assistance au ministère du plan et de la coopération notamment la direction des études et des
projets), UPV/79/005 (Assistance à la création des structures de planification régionale) et
BKF/82/010 (Assistance à la planification et au développement).

Tirant leçons des limites des plans de projets et soucieuses d’apporter des changements structurels à
l’économie nationale, les autorités burkinabè ont fait l’option de la planification globale et par objectifs.

1.1.2 Les plans par objectifs


La nouvelle approche a été plus effective avec l’avènement du régime révolutionnaire en août 1983. L’option
économique est bien claire : édification d’une économie indépendante, autosuffisante et planifiée. La
planification dans ce nouveau contexte, devait offrir un lieu et une opportunité de dialogue et d’échanges entre
groupes sociaux pour rechercher un consensus par rapport aux priorités et aux exigences. Les objectifs du
plan avaient désormais un caractère global et impératif "Le plan aura force de loi pour tous les
Burkinabè". Cette nouvelle approche a eu des implications d’ordre méthodologique, organisationnel et
institutionnel. A cet effet, les autorités de l’époque se sont dotées d’un Programme d’actions pour préparer ces
changements : le Programme populaire de développement (PPD) 1984-1985.

Le PPD était un ensemble de programmes d’investissements à l’échelle nationale et provinciale dont la


réalisation devait permettre de jeter les bases économiques et sociales nécessaires à l’élaboration du
prochain plan quinquennal de développement populaire 1986-1990 mais surtout de répondre aux
préoccupations premières des populations urbaines et rurales. Ce programme était sous-tendu
particulièrement par une forte philosophie de promotion de la femme et de préservation de l’environnement
(les trois luttes : lutte contre la divagation des animaux, lutte contre les feux de brousse et lutte contre la
désertification). Le PPD comportait :
 un programme de base (ou programme populaire de développement), correspondant aux projets
initiés au niveau des provinces ;
 un programme complémentaire ou programme d’appui, formé par les projets élaborés par les autorités
centrales qui en assuraient le suivi et le contrôle ;
 les grands projets d’intérêt national qui nécessitaient des financements très importants (barrages
hydro-électriques, tronçon Ouagadougou-Kaya du chemin de fer Ouagadougou-Tambao).

13
Le premier plan quinquennal de développement populaire 1986-1990 : l’élaboration de ce plan a introduit
d’importantes innovations d’ordre méthodologique et organisationnel.

Par rapport à la démarche méthodologique, à la différence des précédents plans, le plan quinquennal de
développement populaire (1986-1990) s’est voulu global et intégral. Le processus de son élaboration a été
précédé par une directive définissant le cadre macroéconomique à la lumière du bilan d’exécution du PPD et
de l’analyse globale de la situation économique et sociale mettant en évidence les caractéristiques suivantes :
 l’extraversion accrue de l’économie nationale ;
 la modestie du taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) ;
 l’inadéquation des structures productives ;
 la forte propension à consommer.

Ainsi, l’option stratégique qui s’en dégageait était l’édification d’une économie nationale, indépendante et
autosuffisante avec l’agriculture comme moteur du développement. Il importe de souligner que pour la
première fois était assigné au plan, un objectif de croissance du PIB (3,1%) dont la détermination était
appuyée sur le modèle d’Harrod et Domar2 . Les analyses économiques et financières ont utilisé des outils tels
que le Tableau d’échange intersectoriel (TEI) et le Tableau des opérations financières de l’Etat (TOFE) pour
établir les niveaux d’investissements sectoriels et apprécier la cohérence d’ensemble. Notons toutefois que la
fragilité des bases statistiques s’est avéré un réel handicap à l’utilisation efficace de tous ces outils.

Le cadre organisationnel et institutionnel : le fait le plus marquant de l’évolution de la structure chargée du


plan, a été la création en 1984 du Ministère de la planification et du développement populaire (MPDP) avec
pour missions :
 de traduire plus concrètement les objectifs économiques et sociaux auprès des masses, inciter celles-ci
à mettre en œuvre leurs potentialités de ressources naturelles, humaines et financières en vue de
concrétiser ces objectifs ;
 d’aider les provinces à faire l’inventaire de toutes leurs ressources, à en planifier l’utilisation, recueillir de
façon continue toutes les données socioéconomiques des provinces pour éclairer le travail de
planification ;
 de coordonner, suivre et contrôler l’ensemble de l’exécution des plans et programmes de
développement.

La volonté de promouvoir le développement participatif a conduit les autorités à ériger en 1988, les ‘’Divisions
régionales de la planification et du développement populaire (DRPDP)’’ en ‘’ Directions régionales du plan et
de la coopération (DRPC)’’ chargées d’animer le développement au niveau décentralisé et d’assurer la liaison
avec le niveau central.

Par ailleurs, en prenant la décision auparavant en 1986, de généraliser dans tous les départements
ministériels, les Directions des études et de la planification (DEP), les autorités burkinabè ont voulu disposer

2Royes
Forbes HARROD et Evsey DOMAR ont été à l’origine du premier modèle formalisé de la croissance qui a ouvert la voie aux
modèles modernes de la croissance notamment celui de SOLOW.

14
d’un système national de planification intégré. Les DEP étaient essentiellement chargées : i) de planifier les
activités du ministère ; ii) d’étudier et mettre en forme les documents de projets à soumettre aux bailleurs de
fonds ; iii) de suivre et contrôler les projets du ministère inscrits ou non dans les plans et programmes de
développement ; iv) et d’assurer la liaison avec les services déconcentrés du ministère et superviser les
activités des chefs de projets sous tutelle. L’instauration des réunions mensuelles des DEP a donné plus de
visibilité à l’activité de planification et un meilleur suivi de l’exécution du plan. Ces directions ont été d’un
apport appréciable dans le suivi et l’exécution du premier plan quinquennal de développement populaire 1986-
1990.

Outre les structures centrales et déconcentrées des ministères, chargées d’animer la fonction de planification,
un dispositif institutionnel a été mis en place : le Conseil national du plan (CNP) chargé de l’élaboration du
Plan quinquennal sur la base des orientations de développement définies par le Conseil national de la
révolution (CNR), en suit l’exécution et propose les ajustements nécessaires. A cet effet, il comprend :

 une Commission nationale de synthèse chargée d’examiner les rapports des Commissions
sectorielles nationales et des Conseils provinciaux et d’en faire la synthèse, tout en veillant à
l’harmonisation entre les politiques et programmes sectoriels et ceux des Conseils provinciaux. Elle
élabore l’avant-projet de Plan à soumettre à l’Assemblée générale du Conseil national du Plan ;
 des Commissions sectorielles nationales qui avaient pour missions de faire le point de la situation
de leur secteur d’activité respectif, de proposer des orientations et des objectifs, de déterminer et
évaluer les moyens correspondants, de juger de la cohérence des moyens et de leur efficacité, de
proposer les politiques et les programmes sectoriels, et de faire le rapport de leurs travaux à la
Commission nationale de synthèse ;
 des Conseils provinciaux du Plan chargés d’une part, d’établir la situation économique et sociale de
la province et d’autre part, de déterminer les besoins et d’élaborer les politiques et les programmes de
développement en s’appuyant sur les propositions des cellules villageoises ou de secteurs.

A l’analyse, il faut relever qu’à cette période, la planification devenue éminemment politique a connu beaucoup
plus d’engagement des Burkinabè et a enregistré d’importantes innovations majeures du point de vue
technique et organisationnel. Toutefois, malgré le discours politique autour de ce plan, le financement du
programme global des investissements d’un montant de 630 milliards de FCFA dépendait à 79% des
ressources extérieures. C’est le premier plan qui a fait l’objet d’un bilan exhaustif soumis aux autorités
gouvernementales. Il a été financièrement exécuté à hauteur de 60% avec une prédominance des
financements extérieurs justifiant du même coup les nombreuses réalisations hors plan notamment dans les
secteurs agricoles et des infrastructures économiques.

Le deuxième Plan quinquennal de développement populaire 1991-1995 a été élaboré dans les mêmes
conditions concomitamment avec le processus de négociation avec les Institutions de Bretton Woods. Par
ailleurs, ce plan intervenait après un changement de régime beaucoup plus tourné vers l’ouverture et le
recentrage du rôle de l’Etat sur ses missions régaliennes en faveur de celui plus accru du secteur privé. Ainsi,
les objectifs globaux du Plan consistaient essentiellement à : i) assurer un taux de croissance économique de
4% par an en s’appuyant sur l’agriculture ; ii) donner une nouvelle impulsion au secteur privé ; iii) restaurer les
grands équilibres macroéconomiques et financiers.

15
Les investissements globaux étaient estimés à 508 milliards de FCFA. Mais l’adoption du Programme
d’ajustement structurel (PAS) en mars 1991 dont la mise en œuvre s’appuyait sur le PIP et les programmes
d’ajustement sectoriels aux niveaux des transports, de l’agriculture, de la santé et de l’éducation, a
véritablement éclipsé le plan quinquennal.

Les PIP regroupaient essentiellement les projets en cours d’exécution et les projets dont le financement était
acquis ou partiellement. Ils étaient révisés au moins une fois par an et constituaient les budgets
d’investissement de la loi des finances élargis aux investissements des sociétés d’Etat. Pour être éligibles au
PIP, les projets devaient répondre à des critères de conformité avec les priorités nationales, de rentabilité
économique, de disponibilité totale ou partielle de financement (pour les prêts à des taux concessionnels).
L’arbitrage du PIP était un moment décisif du processus d’élaboration du budget de l’Etat et mettait en jeu les
capacités des DEP et des Directions de l’administration et des finances (DAF) à maitriser leurs projets
respectifs. Les PIP faisaient l’objet de bilans périodiques réguliers à tel point que celui du plan quinquennal ne
s’est pas révélé opportun alors même que les capacités existaient.

En effet, au cours de toute cette période de planification globale, un accent particulier a été mis sur le
développement des instruments et le renforcement des capacités des structures de planification. Le
Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a joué un rôle de premier plan. Cette
assistance a concerné la planification générale de l’économie, la mobilisation des ressources (organisation
des tables rondes à Genève : 1991,1993 et 1995), la coordination des aides extérieures et la formulation des
politiques générales). Les projets (BKF/82/010 ‘’Assistance à la planification et au développement’’ et
BKF/88/010 ‘’Appui à la planification économique’’), ont permis des progrès significatifs dans les domaines
de : i) l’analyse macroéconomique ; ii) la planification régionale ; iii) l’analyse des projets ; iv) la gestion des
ressources ; et v) le développement participatif. De manière concrète, leur réalisation a produit d’importants
acquis physiques tant au niveau du renforcement des compétences (mise en place d’une masse critique de
cadres nationaux) qu’au niveau de la mise au point des instruments (la création de la banque intégrée des
projets informatisée améliorant ainsi les capacités techniques d’analyse et de gestion des projets, le
développement d’un modèle de sélection des projets et la réalisation d’études cartographiques pour servir de
base à la politique d’aménagement du territoire). Bien d’autres initiatives méritent d’être relevées telles que :
 le projet BKF/87/P02 ‘’ Unité de population pour la planification’’ qui a contribué à formuler la politique
nationale de population en 1991 et la prise en compte de ses objectifs dans le plan de
développement ;
 le projet BKF/87/049 ‘’ Renforcement de la direction des études et de la planification du ministère de
l’agriculture et de l’élevage’’ qui a favorisé l’émergence d’une expertise nationale au sein de la DEP ;
 le Projet BKF/86/014 ‘’Appui à la direction des études et de la planification du ministère de
l’environnement et du tourisme’’ en vue de renforcer les capacités de formulation, de programmation,
de suivi et d’évaluation des projets du ministère ;
 le projet AID/686/0251 ‘’ Renforcement de la capacité de planification de la DEP du ministère de la
santé’’ dans la perspective de la mise sur pied d’une stratégie et d’un programme de santé ;
 le projet ‘’Education en appui à la DEP’’ financé par la Banque mondiale en vue de l’amélioration de la
planification scolaire et l’établissement des cartes scolaires.

16
Au terme de l’examen de cette longue période des plans quinquennaux, l’on peut mettre en relief quelques
faiblesses mais aussi quelques forces.

Au titre des faiblesses, il faut relever que la technique de planification dès les premiers instants de son
adoption en tant qu'outil de conduite du processus de développement national était beaucoup plus l’affaire de
l’assistance extérieure, faute de cadres nationaux. Les plans se caractérisaient par juxtaposition de projets
même si cette situation a connu une nette amélioration au fil des années et plus précisément à partir de 1986
avec l’option d’une planification globale et par objectifs. Tous ces plans étaient fortement dépendants des
financements extérieurs qui n’étaient pas toujours destinés prioritairement aux projets inscrits dans le plan. La
non maitrise des financements extérieurs engendrait de nombreuses incohérences dans la programmation
des investissements marquées par d’importantes réalisations hors-plan.

Au titre des forces et des acquis, il faut reconnaitre le grand mérite, des autorités burkinabè, d’avoir œuvré
de manière progressive et soutenue à la construction d’un environnement institutionnel et d’un système de
planification plus ou moins stables et suffisamment réactifs. Toute chose qui, quoiqu’on dise, a facilité
l’exécution des PAS. Le renforcement des capacités organisationnelles et des compétences a été un souci
permanent afin que les programmes sectoriels soient plus cohérents et plus contributifs à la réalisation des
objectifs des différents plans de développement. L’adoption de la politique nationale de population en 1991,
l’élaboration de la stratégie nationale de renforcement du rôle de la femme dans le processus de
développement en 1992 et de celle du plan d’action national de lutte contre la désertification en 1993 sont
l’expression de la volonté des autorités de prendre en charge avec esprit de suite, ces problématiques.
L’organisation du séminaire sur le renouveau de planification en 1994, a marqué un tournant décisif dans
l’évolution du système national de planification.

1.2. Le renouveau de la planification : la nécessité de concilier le court, moyen et long terme


Le Burkina Faso a souscrit en mars 1991, au PAS pour assainir son cadre macroéconomique et la
mobilisation de ressources notamment extérieures. Les tables rondes des bailleurs de fonds de 1991 et 1993
se sont tenues respectivement autour des Documents cadres de politique économique (DCPE) 1991-1993 et
1994-1996. Il importe de relever que les programmes d’ajustements ont eu pour fondement les propositions
de sortie des crises paralysantes de l’endettement de la décennie 80, de l’économiste américain John
WILLIAMSON d’obédience néolibérale de l’institut d’économie internationale de Washington dénommées
‘’Consensus de Washington’’ (voir encadré 1).

17
Encadré 1 : Le Consensus de Washington

Le consensus de Washington a été conçu à l’origine comme un ensemble de mesures pour sortir les pays
d’Amérique latine de la grave crise de 1989. Il porte entre autres sur les réformes suivantes :
i. la discipline budgétaire visant à réduire le déficit à l’origine des crises de balance des paiements et d’inflation ;
ii. la redéfinition des priorités en matière de dépenses publiques en vue de les réorienter au profit de la croissance
et des pauvres ;
iii. la libéralisation du commerce par la suppression de toutes les barrières protectionnistes ;
iv. la libéralisation des investissements directs en provenance de l’étranger par la création des conditions favorisant
un mouvement intense des capitaux ;
v. la privatisation en vue d’améliorer les services par l’instauration d’une concurrence ;
vi. la déréglementation à travers l’assouplissement des barrières à l’entrée et à la sortie des marchés, l’abolition de
la protection dans les domaines concurrentiels.
Cette ambition assignée au consensus de Washington n’a pas tardé à mettre en évidence ses limites, les
réalités et les capacités des différents pays récipiendaires n’étant pas les mêmes. Les résultats
macroéconomiques et financiers ont été inhibés par l’ampleur des problèmes sociaux induits par la mise en
œuvre de ces réformes. De nombreuses critiques se sont élevées sur l’inefficacité de la première génération
des PAS de la part de certaines Organisations non gouvernementales (ONG) mais aussi de la part des
organisations internationales telles que le Fonds des nations unies pour l’enfance (UNICEF) à travers le
célèbre ouvrage de Richard JOLLY 3 et la Commission économique pour l’Afrique (CEA) par l’adoption en
1989 d’un Cadre africain de référence des PAS (CARPAS) 4. A la faveur de ces critiques, il s’est avéré
nécessaire de les renforcer par une deuxième génération de mesures portant sur des réformes
institutionnelles et politiques ainsi que par des mesures visant à minimiser les effets sociaux des politiques de
réformes économiques et structurelles. On parlera de programme d'ajustement à visage humain.

Le Burkina Faso a conclu en mars 1991 un PAS avec les institutions de Bretton Woods, après des assises
nationales sur l’économie tenues en mai 1990. Celles-ci ont fait le constat que les mesures d’auto-ajustement
sous la période révolutionnaire n’ont pas été accompagnées par un accroissement des ressources internes et
encore moins par une forte adhésion des partenaires extérieures aux programme et plan nationaux de
développement. En conséquence, elles ont recommandé le redressement vigoureux de l’économie nationale.
Dans cette perspective, il fallait favoriser le développement de l’initiative privée et recentrer le rôle de l’Etat sur
ses missions régaliennes notamment en mettant l’accent sur des secteurs tels que l’éducation, la santé, les
finances publiques, l’agriculture et les infrastructures. Heureusement que l’avènement de ces programmes de
redressement économique n’a pas engendré le démantèlement des structures chargées de la planification.
Bien au contraire, celles-ci ont fortement contribué à leur mise en œuvre. Après trois années de rattrapage
économique, les autorités se sont rendues à l’évidence de la nécessité d’inscrire ces politiques vertueuses de
court terme dans la dynamique de planification, seule capable de conduire des changements véritables et
durables.

3 Richard JOLLY, Directeur exécutif adjoint de l’UNICEF, Ed ECONOMICA 1987


4 Recommandation issue de la Conférence internationale sur le facteur humain dans le redressement économique et le
développement de l’Afrique, mars 1988

18
C’est ainsi qu’elles ont initié une réflexion à travers l’organisation d’un séminaire sur le renouveau de la
planification à Bobo-Dioulasso en 1994. L’objectif de ce séminaire était de clarifier les fonctions de
planification dans la perspective d’une meilleure prise en compte des préoccupations de court, moyen et long
termes. Les principales fonctions retenues sont :
 la prospective qui s’est traduite par la conduite de l’étude prospective « Burkina 2025 » avec pour
finalité de définir une vision consensuelle de société ;
 l’orientation stratégique à travers l’élaboration d’un DOS donnant les grandes orientations pour
parvenir au projet de société ;
 la programmation économique à travers une programmation triennale glissante des investissements
pour la mise en œuvre concrète et successive des orientations stratégiques ;
 la mobilisation des ressources pour faciliter l’exécution des programmes d’investissements.

La conduite de l’étude prospective était d’autant plus capitale que la construction d’une économie puissante et
compétitive fondée sur une démarche consensuelle et participative n’était possible que si le projet s’inscrivait
dans une vision commune de société. Le rôle dévolu à l’étude était donc de dégager les tendances d’évolution
de la société burkinabè, de définir le profil de cette société au bout d’une génération, d’en déterminer les
différents germes de changement et d’élaborer des scénarios alternatifs devant servir de base à la formulation
des politiques et stratégies à moyen terme. Ce fut un apport substantiel au système national de planification.
La recommandation de cette démarche nouvelle a eu des conséquences d’ordre institutionnel telles que la
création du Ministère de l’économie et des finances (MEF) même si les institutions de Bretton Woods avaient
déjà en son temps, insisté sur la désignation d’un ordonnateur unique. L’avènement du MEF en 1995, a eu
l’avantage de regrouper l’ensemble des fonctions de planification.

Il faut relever que compte tenu de la spécificité du PAS, une structure ad hoc dénommée Secrétariat
technique permanent du PAS (STP-PAS) a été mise en place en 1992 et prendra plus tard la dénomination en
1998 de Secrétariat technique pour la coordination des Programmes de développement économique et social
(STC-PDES). Cette structure apparaissait comme une forme de doublure de la DGEP crée en 1995 suite au
séminaire sur le renouveau de la planification. En effet, la DGEP avait entre autres missions la réalisation des
études de long terme mais aussi la traduction des orientations du Gouvernement en plans et programmes de
développement économique et social. Sur cette base, elle s’est appropriée la formulation du DCPE/PAS en
1996 et depuis a joué un rôle de premier plan dans la conduite des nouvelles initiatives.

1.3 La ré-conceptualisation du développement : les initiatives nouvelles


Le processus de ré-conceptualisation trouve sa forme la plus achevée dans le concept de développement
humain durable. Ce type de développement prône d’une part, un développement favorable par une croissance
de qualité c’est-à-dire celle dont les fruits sont équitablement répartis, celle qui régénère l’environnement au
lieu de le détruire et d’autre part, un développement qui permet aux citoyens de s’affirmer et d’avoir une
influence sur le cours de leur existence au lieu d’être marginalisés. Il donne la priorité aux pauvres et élargit
l’éventail de leurs possibilités et de leur choix. En somme ce nouveau paradigme met l’homme au centre de
l’économie politique.

19
1.3.1 La promotion du concept de développement humain
Face aux résultats mitigés des différentes politiques sur le plan social notamment et avant même que ne
s’impose le nouveau paradigme du développement humain au niveau international, le Gouvernement du
Burkina Faso a élaboré en 1995, la LIPDHD pour la période 1995-2005. Elle a servi de principal document de
base, à la troisième table ronde générale des bailleurs de fonds tenue à Genève en juin 1995.

La finalité de cette perspective décennale était de centrer la stratégie de développement du pays sur le
concept de sécurité humaine qui se définit selon les cinq dimensions suivantes :
 la sécurité économique liée à l'accès à l'éducation, à la formation professionnelle et à un emploi
rémunérateur ;
 la sécurité sanitaire liée à l'accès à moindre coût à des soins médicaux aussi bien préventifs que
curatifs ;
 la sécurité alimentaire liée à l'accès à une alimentation de base y compris l'eau potable ;
 la sécurité environnementale liée à la préservation d'un environnement sain ;
 la sécurité individuelle et politique liée à la mise en valeur des principes vertueux de bonne gestion de la
cité que sont la primauté du droit, la responsabilité et la participation, l'efficacité et la transparence.

Ce renouveau de politique économique et sociale était guidé par les principes fondamentaux suivants : (i) la
recherche du maximum d’impact des dépenses publiques sur les principaux indicateurs sociaux ; (ii) la
promotion de l’équité et l’égalité des chances entre les différentes couches sociales et les sexes sans
restriction de libertés publiques et civiques ; (iii) la participation des populations et de la société civile
(notamment les ONG et les mouvements associatifs) dans la formulation, la transparence des procédures et
des outils de gestion des ressources publiques. C’est pourquoi des actions fortes portaient sur l’éducation et la
santé, sur la maitrise de la croissance démographique, sur la création d’emplois et de revenus, et sur le
renforcement du rôle actif de la femme dans le processus de développement.

Cette initiative nouvelle traduisait par ailleurs, une option politique forte pour un renouveau de la planification
au Burkina Faso à un moment où l’on se posait à juste titre des questions sur l’après ajustement. La LIPDHD
s’est imposé comme la principale référence devant inspirer désormais l’établissement des prochains DCPE.
Le principal outil de mise en œuvre est demeuré le PIP dont la fonction essentielle était d’assurer la
cohérence d’ensemble des projets et programmes d’investissements et d’optimiser leur niveau d’exécution
dans un contexte de raréfaction des ressources notamment extérieures. La première assemblée générale des
chefs de projets et programmes, tenue en mai 1995, traduisait bien le souci des autorités burkinabè
d’améliorer de manière significative les capacités de mobilisation des différentes administrations (DAF et DEP)
et d’absorption des unités de coordination des projets et programmes (institution de critères et procédures de
nomination et d’évaluation des chefs de projets et programmes et mise en place d’un système de motivation).

1.3.2 La problématique de la gestion de la dette : l’avènement des Cadres stratégiques de lutte


contre la pauvreté (CSLP)
Les mesures édictées dans le cadre du consensus de Washington avaient pour finalité de créer les meilleures
conditions de remboursement de la dette. Malgré tout, certains pays se sont enlisés dans leur processus de
développement du fait du poids du service de la dette absorbant parfois 40 à 60% des ressources budgétaires
nationales. Le mécanisme de gestion de la dette a connu diverses fortunes avant d’aboutir à cette initiative

20
d’allègement de la dette en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE) jugée très avancée et plus
avantageuse pour eux.

Cette initiative lancée en 1996, sous l’égide du G7, se justifiait pour trois raisons essentielles :
 les méthodes traditionnelles en matière de traitement de la dette n’ont pas permis à la plupart des
pays débiteurs, d’assurer leur propre développement ;
 la pression de la société civile internationale pour l’allègement de la dette des pays pauvres très
endettés (conditionnalités, efficacité limitée, inefficacité des PAS, etc.) ;
 la volonté d’humaniser le développement en veillant effectivement au bien-être des populations.

Dans le cadre de l’Initiative PPTE, il s’agissait désormais: 1) de traiter non plus seulement le service de la
dette mais aussi son encours ; 2) de traiter non seulement la dette bilatérale mais aussi la dette multilatérale
et 3) de traiter non seulement le rééchelonnement mais aussi l’annulation. Elle avait pour finalité de ramener
l’endettement des pays qui menaient de bonnes politiques économiques à un niveau soutenable, afin d’éviter
que le poids élevé des charges de leur dette ne compromette leurs efforts. Elle semblait être une solution
globale aux problèmes d’endettement. Le sommet des pays les plus industrialisés tenu en septembre 1999 à
Cologne lui a apporté d’importants réaménagements en élargissant le nombre des pays bénéficiaires et en
assurant une rapidité dans le traitement de la dette.

Avec cette initiative, les institutions financières internationales en l’occurrence la Banque mondiale, ont rompu
avec l’approche de court terme au profit d’une approche holistique et de long terme en adoptant en 1999, le
Cadre de développement intégré (CID) en vue d’orienter désormais ses interventions. Ce cadre a fortement
inspiré la formulation des Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) ou Cadre
stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP). En effet, il suggère avec une insistance : 1) la maîtrise du
processus CSLP par le pays notamment à travers une large participation des parties prenantes ; 2) une
approche globale, holistique, formulée dans une perspective à long terme ; 3) la primauté des partenariats, à
la fois avec les parties prenantes au niveau national et avec les partenariats extérieurs ; 4) l’accent mis sur les
résultats.

Ainsi dit, les conditions de bénéfice effectif de cette initiative étaient de trois ordres : 1) la réussite durant un
certain nombre d’années (six années successives) des réformes économiques ; 2) la poursuite de ces
réformes ; et 3) l’élaboration d’une stratégie nationale de réduction de la pauvreté permettant d’établir le lien
entre l’allègement de la dette et la lutte contre la pauvreté. L'initiative PPTE sera complétée en 2004 par
l'Initiative d'annulation de la dette multilatérale (IADM).

Eligible en 1997 à cette initiative, le Burkina Faso a élaboré en 2000 suivant un large processus participatif, un
CSLP pour la période 2000-2002. Ainsi, le Burkina Faso devenait après l’Ouganda, le deuxième pays en
Afrique au sud du Sahara à disposer d’une telle stratégie. L’avènement du CSLP a emporté l’adhésion de tous
les acteurs nationaux et extérieurs de développement en tant que principale référence de leurs interventions
respectives.

Le processus de révision du premier CSLP en 2003 sous l’éclairage des résultats de l’étude nationale
prospective «Burkina 2025» a mis en évidence la nécessité de s’attaquer à la pauvreté dans une perspective
structurelle de long terme. Cette approche plus pragmatique prônait entre autres les principes directeurs
suivants :

21
 l’adoption d’une posture résolument prospective : la lutte contre la pauvreté, compte tenu des
représentations diversifiées et multiformes du phénomène, requiert de meilleures pratiques de
gouvernance c’est-à-dire une gouvernance dotée d’un leadership effectif ;
 le développement du capital humain : en raison du déficit prononcé dans ce domaine, il est urgent de
mettre l’accent sur le développement du capital humain en quantité et en qualité ;
 la promotion de l’emploi et des jeunes: faire de l’emploi un objectif explicite des politiques
macroéconomiques et des politiques sectorielles de développement ;
 l’inculturation et l’ouverture : il s’agit d’opérer d’une part, une rupture d’avec la pensée qui privilégie
un développement exogène en faveur d’un développement plus endogène et d’autre part, une rupture
d’avec la pensée que la pauvreté est une fatalité en faveur d’un comportement proactif ;
 la promotion des Technologies de l’information et de la communication (TIC) : elle devrait
consister à capitaliser les atouts des TIC en tant qu’instrument d’ouverture et de réduction de l’espace
et du temps et de renforcement des capacités de dialogue.

Sur cette base, les domaines prioritaires ont été élargis à la lutte contre le VIH/SIDA, l’environnement et le
cadre de vie (désertification, assainissement, électrification rurale), la sécurité publique, les Petites et
moyennes industries (PMI) et les Petites et moyennes entreprises (PME), la petite mine, le renforcement des
capacités et les TIC.

A la différence de la première phase du CSLP, le processus de révision a insisté sur la prise en compte des
thématiques nouvelles et surtout l’emploi des jeunes. La cohérence des politiques et des stratégies
sectorielles à travers les réunions gouvernementales de cohérence des politiques et stratégies sectorielles
avec le CSLP (voir encadré 2) et l’élaboration du programme d’actions prioritaires 2004-2006 qui s’est
poursuivi jusqu’en 2010 en vue d’assurer plus de synergie et d’impact aux investissements prévus sur la
période.

Encadré 2 : Les réunions de cohérence des politiques sectorielles avec le CSLP

Les réunions de cohérence avaient pour principal objectif de mieux préciser le lien entre les politiques sectorielles et
les différents axes du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté. De manière spécifique, elles ont permis :
i. une meilleure appropriation du cadre CSLP par les départements ministériels : le premier responsable
du département et ses principaux collaborateurs ont été amenés à découvrir ou à redécouvrir le CSLP pour en
faire le rapprochement avec les politiques sectorielles. Ce résultat participe, du reste, de la mise en œuvre de
la recommandation issue des assises nationales sur le CSLP, organisées en juillet 2002 ;
ii. une claire perception de l’importance et du rôle des politiques sectorielles en tant qu’instruments
d’opérationnalisation du CSLP : les départements ministériels qui disposent de politiques et de stratégies
sectorielles ont pu indiquer avec netteté leur axe d’insertion au CSLP et leur contribution à sa mise en œuvre.
Ceux qui n’en disposent pas encore ont perçu la nécessité de disposer sans délai de telles politiques et
stratégies ;
iii. des contributions substantives à la révision du CSLP : les échanges au cours de ces rencontres ont
démontré la nécessité de tenir compte de certains domaines ou thématiques qui n’avaient pas pu l’être en
2000 lors de l’élaboration de la première version du CSLP.
L’élaboration du deuxième cycle de CSLP a coïncidé avec l’érection en 2003, des régions en collectivités
territoriales. Cette donnée nouvelle avait motivé les autorités burkinabè à régionaliser le CSLP suivant une

22
démarche qui tienne compte des spécificités de chaque région. Cette décision visait à doter les Gouverneurs
de région qui entraient en fonction, d’un outil de coordination des interventions dans leur zone respective de
compétence.

Sur le plan de la mobilisation des ressources extérieures, un cadre général des appuis budgétaires en appui
au CSLP a été établi et perçu comme un instrument de dialogue et de programmation, entre le gouvernement
et certains partenaires bilatéraux et multilatéraux favorables à l’approche ‘’appuis budgétaires’’. En tout état
de cause, la revue annuelle du CSLP déterminait les partenaires quant à la disponibilité de leurs ressources
pour accompagner la stratégie nationale de développement. Le défi à l’époque était d’organiser cette revue à
bonne date pour tenir compte du calendrier budgétaire afin d’assurer une meilleure prévisibilité des
financements extérieurs. Malgré les efforts, cette préoccupation demeure actuelle.

Après une décennie de mise en œuvre du CSLP, les indicateurs sociaux se sont nettement améliorés. Par
contre, la pauvreté monétaire est demeurée massive (46,7% en 2009) malgré une croissance moyenne de 6%
par an au cours de la période sous revue. Ce paradoxe apparent a conduit les autorités burkinabè à opter
pour la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) pour la période 2011-2015.
Cette option plus volontariste est centrée sur le renforcement des capacités productives de l’économie
nationale.

23
II - LES INSTRUMENTS DE MISE EN ŒUVRE DE LA SCADD : UNE COHERENCE A RENFORCER

2.1. La SCADD : la volonté d’opérationnalisation de la vision 2025


La SCADD pour la période 2011-2015, s’inscrivait d’une part, dans la continuité des réformes engagées
depuis l’adoption du CSLP en 2000 et d’autre part, dans la perspective de consolider les différents acquis
enregistrés dans les domaines politique, économique et social. Elle vise à jeter les bases d’une croissance
accélérée et les fondements d’un développement durable, et surtout à édifier une société moderne et
solidaire. En conséquence, elle se veut l’instrument d’opérationnalisation de la vision 2025 par cycles
quinquennaux.

Sur le plan quantitatif, la SCADD s’était fixée comme objectif de réaliser 10% de croissance économique par
an dans la perspective de doubler le revenu par tête en moins de trente cinq (35) ans. Après quatre années
d’exécution, le taux de croissance du PIB réel est ressorti à 5,92% en moyenne par an entre 2011 et 2014
contre 5,57% sur la période 2000-2010 et bien en-deçà de l’objectif initial visé.

En revanche, la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) connait des avancées en
matière d’éducation, de santé, de disponibilité en eau potable, de l’égalité de genre et de l’autonomisation de
la femme. L’incidence de la pauvreté monétaire a été ramenée à 40,1% en 2014 contre 46,7% en 2009,
assez loin des moins de 35% visés en 2015.

Les graves crises sociopolitiques de 2011 et de 2014 expliquent en grande partie ces résultats fortement
mitigés. Mais au-delà, il importe d’interroger principalement la qualité des politiques et stratégies sectorielles
qui sont les instruments privilégiés de mise en œuvre de la SCADD.

Sur le plan institutionnel, l’adoption de la SCADD en 2010 a été accompagnée par la création d’une nouvelle
structure dénommée Secrétariat technique national de la SCADD (STN-SCADD) au détriment du STC/PDES
réduit en une Direction de la coordination de la politique de réduction de la pauvreté (DCPRP) au sein de la
DGEP5 pour tenir compte des nouvelles ambitions données à la SCADD. La DCPRP a évolué pour prendre la
dénomination de Direction du suivi et de l’évaluation des politiques publiques (DSEP) 6. Dans la pratique les
deux structures semblent travailler dans une parfaite harmonie mais il reste que le problème de la doublure
des structures et de conflit des compétences demeure comme par le passé. Le même constat peut être fait
quant au conflit de compétence entre la Direction générale du budget (DGB) et la DGEP par rapport à
l’exercice d’arbitrage du titre 5 du budget de l’Etat consacré aux investissements (transféré à la DGB depuis
2007). Il importe de réaliser un audit institutionnel du MEF afin de régler durablement ces cas de figure et de
mutualiser les ressources pour plus d’efficacité.

2.2. L’articulation des outils de pilotage et de gestion stratégique : une cohérence à renforcer
Le Burkina Faso s’est doté en 2003, d’une vision de développement à travers la réalisation de l’étude
nationale prospective « Burkina 2025 ». Le DOS élaboré pour traduire progressivement cette vision en réalité,
a laissé place à la SCADD. Dans tous les cas, l’on tend vers l’horizon 2025 mais aucune disposition n’est

5 Article 03 de l’arrêté n°2008-283/MEF/SG/DGEP du 29/09/08 portant attributions, organisation et fonctionnement de la DGEP


6 Article 21 de l’arrêté n°2012-460/MEF/SG/DGEP du 31/12/12 portant attributions, organisation et fonctionnement de la DGEP

24
prise pour évaluer l’état de réalisation de cette vision compte tenu de la survenue d’évènements majeurs (la
mutinerie militaire de 2011 et la crise sociopolitique de 2014).

Au niveau sectoriel et thématique, des études prospectives ont été réalisées dans les domaines de la défense
nationale, de l’énergie, du coton et du VIH/SIDA. Ces importants résultats qui placent le Burkina Faso dans le
cercle restreint des pays de la sous-région ayant des avancées notables en matière de planification
stratégique, n’ont jamais été adoptés officiellement en Conseil des Ministres. Une prospective spatiale, à
travers l’élaboration du Schéma national d’aménagement et de développement durable du territoire (SNADDT)
est aussi disponible. Il a été adopté par le Gouvernement en 2013 mais n’a pas pu être examiné par
l’Assemblée Nationale. Les études prospectives sectorielles et thématiques sont à recommander vivement
parce qu’elles permettent de faire un diagnostic profond du secteur ou du domaine et de repérer les germes
de changement, dans la perspective d’une meilleure planification. A côté de ces documents de prospection de
long terme, existent des politiques thématiques dont la prise en compte des objectifs, dans la stratégie globale
de développement national est une règle de principe. Il s’agit de :

 la politique nationale de population adoptée en 2008 ;


 la politique nationale de bonne gouvernance adoptée en août 2005 ;
 la politique nationale ‘’genre’’ adoptée en 2010 ;
 la politique nationale de l’emploi adoptée en 2008 ;
 la politique nationale de renforcement des capacités adoptée en 2010 ;
 la politique nationale de la jeunesse adoptée en 2008 ;
 la politique nationale de l’habitat et de l’urbanisme adoptée en 2006 ;
 la politique nationale de développement durable en 2013.

Ces politiques horizontales (transversales) ne peuvent s’exécuter de manière efficace qu’à travers la mise à
contribution des politiques verticales ou sectorielles. En clair, ces politiques doivent alimenter le processus de
formulation de la stratégie globale de développement qui à son tour, sert de référence pour les politiques
sectorielles. L’absence de cette hiérarchisation, a conduit à mettre toutes les politiques au même niveau et à
rendre moins visible la prise en compte des politiques transversales qui en définitive, trouvent leur meilleure
position dans les principes directeurs devant guider l’action comme ce fut le cas dans les précédentes
stratégies de lutte contre la pauvreté. Cette approche peut être un critère de conformité de la politique
sectorielle avec la stratégie globale.

Il faut relever qu’à l’exception des thématiques émergentes, la généralisation de la formulation des politiques
sectorielles est un phénomène très récent au sein des départements ministériels. Leur lien avec le budget de
l’Etat est plus évident dans le cadre de l’expérimentation du budget-programme dans la perspective de
l’application de la directive de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) en la matière d’ici
2017. Avec le budget de moyens encore en vigueur, ce lien n’est pas très perceptible car il ressort que les
projets éligibles aux dépenses d’investissement (Titre 5) ne sont pas toujours en rapport avec les politiques
sectorielles. Pour rendre la contribution de ces politiques plus pertinente à la stratégie globale et renforcer le
lien avec le budget, il faut un outil fédérateur et de cohérence de toutes les actions prioritaires des
départements ministériels et institutions. Le PTIG a déjà fait ses preuves et donné toute la rigueur à l’exercice
d’arbitrage des dépenses d’investissement conformément aux priorités nationales. Cet outil pourrait être
animé par DGEP. Une telle démarche donnerait plus de confort à la matrice de performance de la SCADD qui
demeure un instrument de suivi des mesures urgentes d’accompagnement, de suivi des indicateurs et de

25
dialogue avec les partenaires. Le budget de l’Etat est l’instrument de mise en œuvre par excellence de la
politique économique. Cette fonction va se renforcer avec la généralisation effective du budget-programme.

Au niveau local, les Plans régionaux de développement (PRD) devront être considérés comme les références
de proximité. Ils devront refléter les véritables priorités régionales et indiquer les moyens autonomes pour les
réaliser. Ces programmes devront être débarrassés des projets nationaux qui en alourdissent les différents
portefeuilles de projets dont les régions n’ont pas la maitrise, ni le calendrier de mobilisation des
financements. Les collectivités territoriales selon le Code général7 ont compétence d’élaborer et d’exécuter
leurs politiques et plans de développement dans le respect des grandes orientations de l’Etat et de ce fait
bénéficient de l’appui des services techniques dans les conditions définies par la loi. Dans ces conditions, les
PRD et les Plans communaux de développement (PCD) doivent contribuer à l’atteinte des objectifs nationaux
de développement.

La perception du rôle de chaque outil dans le dispositif de pilotage et de gestion du développement, donne la
hiérarchisation telle qu’elle ressort du schéma ci-dessous :

7 Code général des collectivités territoriales au Burkina Faso, Loi n°0055-2004/AN du 21/12/2004, ensemble et ses modificatifs et
textes d’application.

26
Schéma 1 : Articulation des outils de pilotage et de gestion du développement

27
28
2.3 Les politiques sectorielles : quel véritable lien avec la SCADD ?
2.3.1. Etat des lieux des politiques sectorielles et leur lien avec la SCADD
a) Avènement des politiques sectorielles
La politique dans un secteur reste avant tout un concept polysémique. Elle est considérée dans son
acception la plus simple, comme les lignes de conduite à adopter dans le cadre de la gestion d’un secteur ou
d’un domaine, pour faciliter l’atteinte des objectifs assignés au secteur ou domaine. La politique trace le cadre
à l’intérieur duquel sont prises les décisions qui permettront l’atteinte des objectifs tout en assurant et
optimalisant la gestion des ressources et le gain de temps.

La stratégie (ou les procédures) est un ensemble de méthodes à suivre pour l’atteinte des objectifs. Elle fixe
selon une chronologie les différentes étapes d’une démarche. Elle fixe les modalités d’exécution de la
politique.

Au Burkina Faso, les politiques publiques connaissent différentes dénominations : lettre de politique
(conditionnalité des PAS) indiquant les priorités et les grandes décisions à envisager dans le secteur ou le
domaine, politique sectorielle, stratégie, plan d’action et programme. L’avènement de ces instruments de
politique de développement quoique fortement liés à l’émergence de nouvelles thématiques ou
préoccupations au plan mondial et auxquelles le Burkina Faso a généralement souscrit, s’est révélé en
définitive pertinent et indispensable.

La nécessité de leur généralisation est intervenue en 2003 avec les fameuses "réunions de cohérence avec
le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté’’ au cours desquelles chaque département ministériel
devait prouver son ancrage aux principaux axes de ce cadre de référence. Cette nécessité a été renforcée
avec l’expérimentation en 2009, des budgets-programmes (directive de l’UEMOA) dont la généralisation est
prévue en 2017. Dans cette ferveur, il n’a malheureusement pas été pris soin d’harmoniser et de codifier ces
outils même s’il faut reconnaitre que pour accompagner techniquement l’établissement de ces politiques au
sein des départements ministériels, les autorités burkinabè ont conçu en 2008, un guide méthodologique
d’élaboration des politiques sectorielles. Ce guide a fait l’objet d’une révision en 2009 pour tenir compte de
l’impératif de promouvoir l’approche Gestion axée sur les résultats (GAR). Son adoption par le Gouvernement
est intervenue en septembre 2010.

b) Etat des lieux des politiques sectorielles et leur lien avec la SCADD
Le Burkina Faso dispose de plus d’une soixantaine de politiques ou de stratégies sectorielles d’horizons divers
comme l’indique le tableau 1. Elles présentent les caractéristiques suivantes (Cf. grille d’appréciation en
annexe pour les détails) :
 l’antériorité des politiques publiques à la SCADD ;
 le décalage temporel avec la SCADD ;
 le caractère non adopté et permanent des politiques publiques ;
 la multiplicité des politiques sectorielles ;
 le format de présentation des politiques ou stratégies sectorielles ;
 le lien avec la SCADD ;
 la prise en compte des thématiques transversales : environnement, genre, lutte contre la pauvreté ;
 la culture d’évaluation rétrospective.

29
L’antériorité des politiques publiques à la SCADD : la majorité des politiques et stratégies sectorielles sont
bien antérieures à la SCADD et n’ont pas pu être réajustées ; seulement dix-sept ont été ont été élaborées au
cours de la période de la SCADD et s’y réfèrent. Pour des questions techniques, il n’a pas été jugé opportun
de réajuster les politiques et stratégies antérieures alors même qu’elles demeurent les premières références
sectorielles pour les intervenants dans lesdits secteurs.

Le décalage temporel avec la SCADD : sur plus d’une soixantaine de politiques passées en revue, à
l’exception de Burkina 2025, du SNADDT et de la Politique nationale de développement durable (PNDD) à
l’horizon 2050 qui se positionnent comme des références prospectives, plus d’une quarantaine couvrent des
périodes supérieures à dix ans, une quinzaine, des périodes au plus égales à dix ans et moins d’une dizaine
des périodes de cinq ans. En vérité, il ya une forte propension pour les politiques et stratégies sectorielles
s’inscrivant dans la durée (perspective décennale). Celles élaborées après l’adoption de la SCADD en 2010,
confirment bien cette tendance. Une telle situation repose avec une certaine insistance, la question de l’option
temporelle du DOS : le quinquennat ou la décennie. Les politiques sectorielles en tant qu’instruments de mise
en œuvre de la SCADD se nourrissent de ses orientations et non l’inverse. De ce point de vue, le cadre
temporel est un élément pertinent de cohérence.

Le caractère non adopté des politiques publiques : il est avéré que les processus d’élaboration des
politiques publiques ne sont pas achevés par une adoption officielle en Conseil des Ministres donnant
l’impression que celles-ci n’engagent que les ministères initiateurs. Pour renforcer l’adhésion des acteurs aux
politiques de leur secteur respectif d’intervention et donner à celles-ci tout le sceau officiel, le guide
d’élaboration des politiques sectorielles 8 fait obligation de soumettre les avant-projets de politique en ateliers
technique et national avant leur adoption en Conseil des Ministres. C’est pour raffermir cet esprit que la
Commission nationale de la planification du développement (CNPD), créée en septembre 2014, a été rendue
opérationnelle en mars 2015 afin de veiller sur la qualité des projets de documents de politique de
développement ainsi que leurs plans d’action et surtout leur conformité avec les références stratégiques,
avant leur approbation par le Gouvernement 9. Une telle décision devrait aussi se préoccuper d’éteindre
officiellement les stratégies ou politiques antérieures lorsque celles-ci sont remplacées par des stratégies ou
politiques nouvelles.

La multiplicité des politiques sectorielles : la multiplicité peut simplement résulter de la volonté des
départements ministériels de traduire leurs attributions en politiques comme elle peut être le fait des
partenaires extérieurs. Dans le contexte nouveau de la promotion de la gestion axée sur les résultats, la
multiplicité des références sectorielles est préjudiciable à la synergie d’actions, à l’efficience et l’efficacité dans
l’utilisation des ressources affectées et au suivi de la mise en œuvre. Cette évidence déjà bien perçue,
commande d’aller vers une politique unique par département ministériel.

Le format de présentation des politiques ou stratégies sectorielles : les formats de présentation sont bien
variés et n’ont pas respecté formellement les guides d’élaboration de 2008 et 2010 (voir encadré 3)
considérés bien à juste titre comme des cadres minimums. En effet, le guide fait abstraction de deux éléments
importants (les principes directeurs et les hypothèses et gestion des risques) dont l’observation constitue une
condition de réussite de la mise en œuvre de la politique sectorielle. Les principes sont généralement des
exigences liées à de bonnes pratiques telles que la bonne gouvernance, l’égalité de genre, la gestion

8 Guide révisé d’élaboration des politiques sectorielles adopté en septembre 2010, P32
9 Décret N°2014-828/PRES/PM/MEF du 24 sept 2014 portant création, organisation et fonctionnement de la Commission de
planification du développement (CNPD), Article 3.

30
rationnelle des ressources environnementales, etc. Les hypothèses évoquent les situations non maitrisées
dont la survenue peut compromettre la réussite de la politique. En outre, il importe d’assortir les politiques
publiques d’une stratégie de communication.

Encadré 3 : Eléments clés d’une politique sectorielle

Le lien avec la SCADD : dans un contexte marqué par un foisonnement de politiques et de stratégies
sectorielles dont les horizons sont lointains comparativement à celui de la SCADD, il n’est pas évident d’établir
une nette conformité et un lien véritable entre elles. La SCADD opérationnalise séquentiellement (tous les cinq
ans) la vision globale telle que définie dans ‘’Burkina 2025’’. A ce propos, il devient urgent de mettre en place
le dispositif de veille prospective ; mais aussi d’envisager l’évaluation de l’état de réalisation de la vision telle
que prévue par l’étude. Les politiques sectorielles devraient être plus opérationnelles et devraient expliciter les
objectifs de la SCADD dans le temps. Mais la situation actuelle des politiques et stratégies repose comme il a
été déjà évoqué le problème de l’horizon temporel de la SCADD pour plus de cohérence. Celle-ci est une
condition de l’efficacité de mise en œuvre de la politique sectorielle. Elle se joue au plan interne (entre les
objectifs et les moyens, entre les différentes actions envisagées, etc.) et au plan externe (avec les différents
cadres de référence).Pour assurer une meilleure cohérence avec les politiques sectorielles, les documents
d’orientation à venir (troisième cycle de la SCADD doivent couvrir une période de dix ans).

La prise en compte des thématiques émergentes : la revue des politiques et stratégies a permis de se
rendre à l’évidence des efforts faits pour la prise en compte des problématiques liées à l’environnement, au
genre, à la lutte contre la pauvreté et à la bonne gouvernance. Elles sont généralement évoquées au niveau
des principes directeurs ; dans certains cas elles font l’objet de développement exhaustif. Comme déjà
souligné, les préoccupations transversales font généralement l’objet de politique qui ne peut se mettre en
œuvre par elle-même sinon que par les politiques verticales. Aussi la politique transversale devrait-elle inspirer
la politique verticale.

La culture d’évaluation rétrospective : Les politiques et stratégies sectorielles à l’horizon 2015 sont en
relecture ou le seront au cours du prochain cycle de la SCADD. Ces processus sont souvent précédés par
une nouvelle analyse de la situation du secteur au lieu d’une véritable évaluation rétrospective de la politique

31
antérieure. Une telle évaluation a l’avantage de mettre en évidence les facteurs de réussite et les différentes
limites permettant de mieux orienter la formulation de la nouvelle politique.

Tableau 1 : Situation des politiques et stratégies au niveau sectoriel et ministériel

Nombre de politiques ou de
Nombre de politiques
Secteurs / Ministères stratégies
ou stratégies
≤ 5 ans ≤ 10 ans > 10 ans
I- Education et formation
Ensemble des ministères chargés de l’éducation 02 - 01 01
Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation
02 01 - 01
(MENA)
Ministère des enseignements secondaire et supérieur
01 - - 01
(MESS)
Ministère de la jeunesse, de la formation professionnelle et
01 (transférée) - - 01
de l’emploi (MJFPE)

II- Développement rural


Ensemble des ministères chargés du développement rural 04 01 - 03
Ministère de l’agriculture, des ressources hydrauliques, de
09 01 01 07
l’assainissement et de la sécurité alimentaire (MARHASA)
Ministère des ressources animales (MRA) 01 - - 01
Ministère de l’environnement et des ressources
03 - - 03
halieutiques (MERH)

III- Industrie, commerce et artisanat


Ministère de l’industrie, du commerce et de l’artisanat
02 - 02 -
(MICA)

IV- Culture et tourisme


Ministère de la culture et du tourisme (MCT) 02 - 02 -

V- Santé, famille et protection sociale


Ensemble des ministères du secteur
Ministère de la santé (MS) 02 - 01 01
Ministère de l’action sociale et de la solidarité nationale
03 01 01 01
(MASSN)

VI- Jeunesse, emploi et sécurité sociale


Ministère de la jeunesse, de la formation professionnelle et
02 - - 02
de l’emploi (MJFPE)
Ministère de la Fonction publique, du travail et de la
01 - - 01
sécurité sociale (MFPTSS)

VII- Energie
Ensemble des ministères du secteur
Ministère des mines et de l’énergie (MME) 02 - 02 -

VIII- Infrastructures, habitat et urbanisme


Ensemble des ministères du secteur
Ministère de l’habitat et de l’urbanisme 01 - - 02
Ministère des postes et de l’économie numérique (MPEN) 01 - - 01
Ministère des infrastructures, du désenclavement et des
01 - - 01
transports (MIDT)

IX- Sports et loisirs

32
Nombre de politiques ou de
Nombre de politiques
Secteurs / Ministères stratégies
ou stratégies
≤ 5 ans ≤ 10 ans > 10 ans
Ensemble des ministères du secteur
Ministère des sports et des loisirs (MSL) 02 - - 02

X- Population et genre
Ensemble des ministères du secteur
Ministère de la promotion de la femme et du genre
01 - - 01
(MPFG)
Ministère de l’économie et des finances (MEF) 03 (dont 02 en vigueur) - - 03

XI- Recherche scientifique et Innovation


Ensemble des ministères du secteur
Ministère de la recherche scientifique et de l’innovation
02 - - 02
(MRSI)

XII- Bonne gouvernance


Ensemble des ministères du secteur
Ministère de la fonction publique, du travail et de la
02 - 02 -
sécurité sociale (MFPTSS)
Ministère de la justice (MJ) 01 - 01 -
Ministère de l’administration territoriale et de la
01 - - 01
décentralisation (MATD)
Ministère de la défense et de la sécurité (MDS) 03 01 01 01
Ministère de l’information et de la communication (MIC) 01 - 01 -

XIII- Economie- Finances publiques et Monnaie


Ensemble des ministères du secteur
Ministère de l’économie et des finances (MEF) 06 02 01 03
Ministère de l’administration territoriale et de la
01 - - 01
décentralisation (MATD)

Total 64 07 16 41

Au total, l’engouement pour les politiques sectorielles est un mérite pour le système national de planification.
Cette forte prédisposition a engendré des processus d’élaboration non achevés mais aussi différents types de
politiques sectorielles dont l’articulation et la cohérence avec le principal cadre de référence ne se sont pas
toujours avérées au regard des différentes caractéristiques évoquées plus haut. Il faut souligner que pour des
questions de calendrier, les PRD et les PCD n’ont pas pu être examinés pour tenir compte de leur conformité
avec les différents guides d’élaboration et de leur lien avec la SCADD. Dans tous les cas, les PRD et les PCD
étaient dans leur ensemble, bien antérieurs à la SCADD.

2.3.2. Typologie et procédures d’élaboration des politiques publiques


La politique publique de développement est un ensemble de décisions et d’actions publiques coordonnées en
vue de répondre à des enjeux/problèmes majeurs identifiés relevant de l’intérêt général, dans l’espoir de
produire des résultats, des effets voire des impacts sur le champ social comme l’indique le schéma n°2.

Schéma 2 : Finalité d’une politique publique

ENJEUX IMPACT
SOCIETE

PUBLICS
PROBLEMES
33
De la revue des politiques sectorielles au Burkina Faso, il se dégage deux types de politiques de
développement: les politiques thématiques ou horizontales (transversales) et les politiques verticales ou
sectorielles. Tel qu’il ressort de la revue des documents de politiques, ces politiques thématiques ou
horizontales peuvent être de moyen ou long termes. Les premières ne peuvent véritablement s’exécuter par
elles-mêmes sinon par les deuxièmes qu’elles devraient alimenter. Elles revêtent différentes dénominations
(politiques, stratégies, programmes et plan d’action) avec une prédominance des perspectives décennales.
Cette variété d’appellations ne rend pas aisée la hiérarchisation de ces politiques.

Pour suppléer à cette difficulté apparente, il importe de définir clairement à partir de l’idéal de société, les
types d’instruments suivant leur niveau d’opérationnalisation en leur attribuant une fois pour toute, la
dénomination qui convient.

34
Tableau 2 : Typologie des politiques publiques

Etude
Politique horizontale Politique verticale Programme triennal
exploratoire de DOS PTIG Plan d’action annuel
ou transversale ou sectorielle sous sectoriel
long terme
Un an (Tranche ferme
Période Une génération Dix ans Au moins dix ans Dix ans Trois ans Trois ans du programme
triennal)

Expliciter sur des


Réaliser une Réaliser
Traduire la volonté tranches triennales
analyse séquentiellement
Traduire la volonté des des autorités successives les Identifier les actions
diagnostique l’idéal de société Expliciter sur des
autorités publiques à publiques à résoudre orientations du DOS ; pertinentes et
rétrospective en (Vision) tranches annuelles
mettre en œuvre un un problème d’intérêt Préciser les stratégies prioritaires à mettre
Objectifs vue de repérer les les grandes
engagement général dans un que les autorités en œuvre
germes de orientations du
international au regard secteur donné. entendent mettre en annuellement dans le
changement et de secteur et celles du
des spécificités Tenir compte des œuvre cadre des stratégies
projeter un idéal de sous-secteur
nationales préoccupations séquentiellement pour séquentielles
société
transversales réaliser ces
orientations.

Présenter la vision Présenter le cadre Exposer les mesures, Exposer les


Déterminer les
nationale ; des valeurs ou la programmes et mesures,
grandes
Déterminer les vision ; actions arrêtés ; programmes et
Dégager les fortes orientations
grandes orientations Déterminer les Traduire en actions actions arrêtés ; Arrêter les actions
aspirations des stratégiques ;
et les objectifs ; grandes orientations les préoccupations Traduire en actions prioritaires de
populations ; Traduire les
Arrêter les principes et les objectifs ; transversales ; les préoccupations l’année ;
Contenu Présenter une grandes
d’actions Arrêter les principes transversales ; Traduire en actions
vision de société ; orientations en des
Traduire les grandes d’actions(les bonnes Préciser Préciser les préoccupations
Etablir des actions prioritaires ;
orientations pratiques/prise en l’organisation et les l’organisation et les transversales ;
scénarios Tenir compte des
stratégiques en compte des nouvelles ressources humaines ressources humaines Evaluer le cout des
alternatifs et des préoccupations
mesures et actions. thématiques) nécessaires en nécessaires en actions prioritaires.
stratégies transversales et
Traduire les grandes s’appuyant sur les s’appuyant sur les
des engagements
Définir les grands orientations programmes sous- programmes sous-
mondiaux.
principes stratégiques en sectoriels ; sectoriels ;

35
Etude
Politique horizontale Politique verticale Programme triennal
exploratoire de DOS PTIG Plan d’action annuel
ou transversale ou sectorielle sous sectoriel
long terme
d’organisation ; mesures et actions ; Evaluer le montant Evaluer le montant
Définir la stratégie Répartir les rôles et indicatif du indicatif du
pour rendre visibles les pouvoirs de programme. programme.
les effets de la décision des acteurs ;
politique au sein de la Définir les grands
société (stratégie de principes
communication). d’organisation ;
Définir la stratégie
pour rendre visibles
les effets de la
politique au sein de la
société (stratégie de
communication).
Sous-
Champ Secteur/territoire Secteur/territoire Secteur/territoire
National National National secteur/territoire
d’intervention national national national
national
Conseil
Assemblée Conseil des Conseil
Mode Conseil des Ministres Conseil des Ministres Conseil des ministres d’administration du
Nationale Ministres d’administration du
d’adoption (Décret) (Décret) (Décret) secteur ministériel
(Loi) (Décret) secteur ministériel
(CASEM)
(CASEM)

36
La forte propension pour les politiques inscrites dans la durée commande que les politiques sectorielles
couvrent une période de dix ans et les politiques thématiques, un horizon de dix ans et plus dans la mesure où
celles-ci relèvent généralement de préoccupations liées à des changements de comportement donc à des
tendances lourdes. Les différents programmes s’étaleront sur trois ans et les plans d’actions plus
opérationnels, sur un an. Bien entendu, tous ces outils s’inscriront dans une dynamique de mise en œuvre
d’un cadre d’orientation stratégique de référence d’une période de dix ans au moins.

Au total, le processus de pilotage et d’animation du développement devra désormais s’appuyer sur des
instruments clés que sont les résultats des études exploratoires et leur traduction en DOS, les politiques
transversales et sectorielles et les programmes plus opérationnels tels que le PTIG, le programme triennal
sous-sectoriel et les plans d’actions annuels.

Le Burkina Faso est réputé pour sa tradition de processus participatif associant aussi bien l’ensemble des
acteurs étatiques et non étatiques ainsi que les partenaires techniques et financiers. Le MEF a toujours joué le
leadership dans les processus de formulation des politiques et stratégies. La DGEP au regard de ses
attributions (voir encadré 3) demeure la cheville-ouvrière de tels processus. En outre, elle doit assurer la veille
afin d’éviter toute contradiction et chevauchement de ces instruments. Le contenu et les procédures
d’adoption de ces instruments sont ceux contenus dans le tableau n°2. Le guide d’élaboration des politiques
sectorielles adopté par les autorités burkinabè en 2010, devrait s’enrichir de ces propositions nouvelles.

Par ailleurs, pour permettre à la DGEP de remplir pleinement et efficacement ses missions, la ligne budgétaire
‘’Appui à la planification’’ dont elle dispose, devrait bénéficier de ressources plus importantes.

Encadré 3 : Les attributions de la DGEP

La DGEP a pour mission la formulation des politiques de développement et leur traduction en plans et programmes
ainsi que la coordination, le suivi et l'évaluation des projets et programmes de développement. Elle est chargée
notamment :
1. de conduire la prospective et la planification stratégique ;
2. de traduire les études exploratoires de long terme en orientations stratégiques ;
3. de traduire les orientations stratégiques du Gouvernement en plans et programmes de développement ;
4. de réaliser des études et des prévisions macroéconomiques à court, moyen et long termes ;
5. d’appuyer et coordonner l’élaboration et la mise en œuvre des politiques sectorielles, des plans et des
programmes de développement ;
6. d’élaborer et de suivre l’application de la règlementation en matière de gestion des projets et programmes de
développement ;
7. de gérer la banque intégrée des projets ;
8. de coordonner et d’évaluer les investissements publics ;
9. d’élaborer et de suivre la mise en œuvre de la politique nationale de population et d’assurer le secrétariat
technique du conseil national de la population ;
10. de suivre et d’évaluer les politiques publiques ;
11. de servir de cadre d’analyse de l’intelligence économique et du développement durable ;
La CNPD, chargée
12. de publier d’examiner
le rapport la lapertinence
annuel sur et la conformité
situation économique desFaso.
du Burkina politiques sectorielles, intervenant en
dernière instance avant leur adoption devra faire preuve de professionnalisme et de fermeté et veiller sur la
qualité des documents.

37
2.4. La budgétisation de la SCADD : des liens à renforcer
La mobilisation des ressources est une des fonctions majeure de la planification. De ce point de vue, le budget
de l’Etat qui agrège ces ressources, devra être perçu comme la traduction financière annuelle de la stratégie
nationale de développement. Ce souci a motivé les différentes réformes entreprises par les autorités
burkinabè dans le domaine des finances publiques.

2.4.1 Etat des lieux de la budgétisation des politiques publiques de développement


Les autorités burkinabè ont initié dans les années 90, une série de réformes visant la modernisation de la
gestion des finances publiques en vue d’une meilleure efficacité dans la mise en œuvre des politiques
publiques de développement. Ainsi, l’amélioration constante portée à la nomenclature budgétaire de l’Etat a
été accompagnée par le développement de nouveaux outils de gestion dont le budget programme en 1997
(dans le cadre de la préparation du budget 1998) et le Cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) en 2000.

La consécration d’un titre aux investissements publics dans la nomenclature budgétaire (1996 et 2009) 10
démontrait à dessein la volonté des autorités burkinabè de faire du lien entre le budget de l’Etat et la stratégie
nationale de développement, une réalité. En outre, l’arbitrage de ce titre était placé sous la responsabilité de la
DGEP ; toute chose conforme aux attributions de cette structure et à la logique d’animation des fonctions de
planification. Malheureusement en 2012, cette responsabilité a été transférée à la DGB.

Entre 1991 et 1994, le niveau moyen de réalisation du PIP excédait 73% par an 11 en net progrès
comparativement à la situation d’exécution des plans et programmes antérieurs (Plan 1967-71 :62% ; 1972-
76 : 60% ; 1977-81 : 66% ; PPD 1984-85 : 51% ; PQDP 1986-1990 : 45%). A l’issue de cette assemblée des
dispositions avaient été prises12 pour améliorer ce taux, en optimalisant l’utilisation des ressources constituées
essentiellement de financements extérieurs. Après des améliorations observées entre 1996 et 2000, période
au cours de laquelle ce taux a constamment oscillé autour de 82% du fait de la nouvelle règlementation des
projets rentrée en vigueur en 1996, il s’est progressivement dégradé pour stagner à moins de 65% ces
dernières années alors même qu’à la faveur d’importantes réformes entreprises par les autorités burkinabè, la
mobilisation des ressources a connu une nette amélioration.

En effet, entre 2008 et 2013, les prévisions définitives des recettes totales de l’Etat ont progressé à un rythme
moyen de 14% passant respectivement de 1015 milliards de FCFA à 1904 milliards de FCFA. Le niveau de
recouvrement de ces recettes a connu aussi une amélioration pour s’établir en moyenne à 81% par an. Les
meilleures performances sont enregistrées au niveau des recettes ordinaires dont les prévisions ont évolué
plus vite (15,5% en moyenne). Le niveau moyen de réalisation de cette catégorie de recettes qui représente
par ailleurs, 74% des recettes totales de l’Etat, a été de 102% en moyenne par an. Les recettes
extraordinaires de plus en plus résiduelles ont évolué de manière très erratique et n’ont jamais atteint le
niveau de mobilisation de 50% compte tenu de la complexité des procédures des bailleurs de fonds13. Les
appuis budgétaires, en application du protocole du Cadre général d’organisation des appuis budgétaires

10 Titre 6 dans la nomenclature de 1996 et titre 5 dans la nomenclature harmonisée de 2009


11 Rapport introductif à l’Assemblée générale des chefs de projets, Ministère de l’économie des finances et du plan, Mai 1995
12 Règlementation générale des projets
13 Note de cadrage pour l’arbitrage du Budget de l’Etat gestion 2015, Assemblée Nationale-Commission des Finances et du Budget,

Octobre 2014

38
(CGAB) 14 ont pris de l’ampleur et leur niveau de mobilisation a atteint en moyenne 70% contribuant à stabiliser
les ressources extérieures. C’est dire que la question de la prévisibilité de l’Aide publique au développement
(APD), la complexité des procédures et le long délai de réaction des donateurs demeurent encore un réel
sujet de préoccupation.

Les dépenses totales de l’Etat ont évolué à un rythme plus accéléré de 18% en moyenne au cours de la
période sous revue. Le niveau d’exécution a atteint en moyenne 85% par an. L’exécution des dépenses
courantes, largement prises en charge sur ressources propres, semble mieux maitrisée et plus performante, et
se situe en moyenne à 93%. Les dépenses en capital compte tenu de l’apport de plus en plus important des
ressources propres, ont enregistré en moyenne un niveau d’exécution de 66% par an. Il importe de relever
que de 2008 à 2013, les dépenses totales de l’Etat étaient pratiquement couvertes au moins à 70% par les
ressources propres.

Par ailleurs, dans le cadre de la mise en œuvre de la décentralisation au Burkina Faso, la loi n° 055-004/AN
du 21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales a opté pour le transfert des
compétences aux collectivités territoriales suivant des principes et modalités de progressivité et de
subsidiarité. Ainsi, onze (11) domaines de compétence à transférer ont été définis. Et en 2009, quatre (04)
domaines jugés prioritaires ont été effectivement transférés. Depuis donc cette date, l’Etat procède aux
transferts de ressources en accompagnement des compétences transférées dans les domaines de
l’enseignement primaire, la santé et l’approvisionnement en eau potable et assainissement. En 2014, outre
ces trois (03) domaines et conformément au principe de progressivité des transferts, deux (02) autres
ministères que sont la culture et le tourisme et celui des sports et loisirs ont amorcé le transfert des ressources
financières aux collectivités territoriales.

Entre 2009 et 2015, les ressources financières totales mises à la disposition des collectivités territoriales sont
passées de 3,951 milliards de francs CFA à 102,764 milliards de francs CFA, soit une progression de
183,87%. En rapprochant au budget de l’Etat, la part du budget transféré aux collectivités territoriales est de
1,57% en moyenne.

Une difficulté majeure à relever est celle de la gestion budgétaire 2014 où les ressources financières en
accompagnement des compétences transférées aux communes ont connu une réduction par titre budgétaire
et par ministère. Cela a occasionné des effets collatéraux à savoir un retard dans la mise à disposition des
ressources aux communes et même une suppression des dotations d’un certain nombre de communes.

Les autres difficultés portent sur :


 le manque ou l’insuffisance dans l’évaluation des besoins de financement prioritaires des collectivités
territoriales pour une prévision conséquente des ressources financières ou des dotations allouées aux
collectivités territoriales ;
 le manque du personnel minimal nécessaire au fonctionnement d’une collectivité territoriale en vue d’une
meilleure exécution des crédits transférés ;

14 Le cadre général d’organisation des appuis budgétaires (CGAB) initiés depuis le deuxième cycle du CSLP concerne la République
Fédérale d’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, la Suisse, la France, la Suède, la Banque Mondiale, la commission
Européenne, la Banque Africaine de développement.

39
 le manque de concertation entre les ministères sectoriels et les structures exerçant la tutelle des
collectivités territoriales pour la tenue de sessions d’évaluation des ressources financières à transférer
chaque année aux communes.

Afin de permettre aux collectivités territoriales de disposer des ressources financières et dans le souci de faire
face aux importantes charges récurrentes des infrastructures, il importe d’engager une large concertation
entre les ministères sectoriels et ceux de la tutelle (ministère en charge des finances et ministère en charge de
la décentralisation) pour passer en revue les difficultés liées aux financements des collectivités territoriales en
vue d’y apporter les solutions appropriées.

Dans tous les cas, la gestion des budgets successifs au cours de la période sous revue ne s’est pas effectuée
sans difficulté. Au total huit Lois de finances rectificatives (LFR) dont deux en 2011, ont été adoptées par
l’Assemblée Nationale.

Ces lois se sont principalement caractérisées par des réallocations des ressources notamment au détriment
du titre 5 consacré aux investissements. D’autres considérations ont constitué des limites à l’exécution
efficaces des dépenses publiques. Il s’agit :
 des régulations répétées qui entament l’authenticité des lois de finances adoptées par l’Assemblée
Nationale ;
 de la faible exécution des projets et programmes sur financement extérieur (difficultés de mobilisation
des ressources externes) ;
 la faible capacité de programmation des unités de coordination des projets et programmes ;
 de la lourdeur et de la longueur des procédures nationales de passation des marchés ;
 des lourdeurs administratives liées aux contrôles multiples ;
 des déblocages tardifs des ressources transférées au profit des collectivités territoriales
 de la mobilité du personnel.

Devant ces réalités diverses favorisées par la nature même du budget de l’Etat, l’avènement du budget-
programme est une opportunité pour donner des réponses appropriées et durables aux multiples
préoccupations.

2.4.2. Le budget-programme, instrument de mise en œuvre des politiques publiques


En 2009, les pays membres de l'UEMOA ont adopté un cadre harmonisé de gestion des finances publiques
comportant six (06) directives. La directive sur la loi de finances institue le budget-programme comme outil de
gestion des finances publiques et introduit des innovations dans le processus de préparation et d'exécution du
budget de l’État. Elle contient des dispositions précises qui structurent en grande partie l’architecture du
système de budgétisation par programme à rendre effectives d’ici à 2017.

En réalité, l’initiative n’est pas toute nouvelle pour le Burkina Faso qui avait déjà entrepris dans les années 90,
une série de réformes visant la modernisation de la gestion des finances publiques en vue d’une meilleure
efficacité dans la mise en œuvre des politiques publiques. De nouveaux outils de gestion tels que le budget-
programme (dans le cadre de la préparation du budget 1998) et le CDMT avaient été mis en place
respectivement en 1997 et en 2000. Pour mettre en œuvre les dispositions de la nouvelle directive relative aux

40
lois de finances, le Gouvernement a adopté en juin 2010, un document d’orientation et un programme détaillé
d’activités 2010 -2015 pour l’implantation du budget-programme.

Le passage du budget de moyens au budget-programme modifie le format de présentation des crédits : à la


présentation des crédits par « services ou groupe de services », le nouveau cadre harmonisé prévoit une
présentation par politiques publiques poursuivies, déclinées en programmes. La présentation des crédits selon
les politiques publiques devrait permettre aux acteurs externes d’apprécier plus aisément les choix
budgétaires et les priorités du Gouvernement. Le système budgétaire traditionnel d’allocation de ressources
reposant sur des automatismes telle la distinction « services votés / mesures nouvelles », est inadapté et
inefficace dans un contexte d’évolution croissante des besoins et de rareté des ressources. Le budget
traditionnel apparait comme un document comptable et, au cours de son exécution, les services financiers
dans leur ensemble n’ont en vue que des préoccupations de légalité et de régularité. Pourtant, une bonne
gestion budgétaire doit également tenir compte de l’utilité et de l’efficacité des dépenses par rapport à des
objectifs définis à l’avance et à des indicateurs appropriés.

Au sens de la Directive, la notion de politique publique est circonscrite au sein de chaque ministère de plein
exercice budgétaire. Le programme a un périmètre, c'est-à-dire un contour qui est l’expression d’un pan bien
identifiable de la politique publique dont le ministère considéré est porteur, dont il a la responsabilité. Le
programme a vocation à être permanent, car les missions essentielles des ministères doivent toujours être
assurées au sein de l’Etat.

Au sein de chaque ministère, la présentation des crédits sera faite programme par programme. Ainsi, les
crédits budgétaires sont décomposés en programmes. Contrairement à la budgétisation par objet, le budget-
programme introduit une présentation de la loi de finances par programme.

Le champ du budget-programme est ministériel. Le budget-programme d’un ministère comprend ainsi


l’ensemble des programmes de ce département. Il permet de rendre opérationnelles la politique et/ou la
stratégie du ministère. La budgétisation par programme nécessite une grande cohérence au niveau des
politiques publiques, notamment celles-ci doivent s’arrimer au référentiel national de développement
économique et social.

Le processus de mise en œuvre du budget programme a été complété par l’élaboration d’un CDMT, triennal
glissant, dans le but de le renforcer. Le CDMT se fonde sur un cadrage macroéconomique de moyen terme et
sur les priorités de développement du Gouvernement en vue d’assurer une allocation pluriannuelle de
ressources aux différents ministères et institutions afin que ceux-ci élaborent leurs avant projets de budget
programme.

Le CDMT reste par excellence l’instrument d’allocation des ressources entre les différents secteurs
d’intervention de l’Etat. Couvrant une période de trois (03) ans, il détermine notamment les enveloppes
sectorielles de ressources pour chaque ministère ou institution, permettant ainsi de fixer les plafonds de
dépenses pour les différents secteurs.

Bien évidemment, la pertinence et le succès du CDMT sont étroitement liés notamment à la qualité des
politiques publiques et des programmes des ministères ; les institutions ne bénéficiant que d’une dotation. Par
conséquent, le défi majeur consiste à améliorer les performances des politiques publiques en s’appuyant sur

41
une approche à la fois globale et pragmatique, mettant l’accent sur l’amélioration des outils/instruments, des
procédures et des compétences au niveau de la chaîne de planification –programmation – budgétisation -
suivi-évaluation, de la gestion et la coordination de l’aide.

La gestion budgétaire par programme étant appelée à remplacer la gestion budgétaire de moyens, le nouveau
processus de budgétisation sera axé sur les résultats. Il s’agit d’assurer une cohérence entre les allocations
budgétaires et les priorités du secteur préalablement bien définies dans la stratégie sectorielle. L’enveloppe
financière allouée à partir du CDMT global prend en compte toutes les dotations de dépenses, qu’elles
proviennent de ressources internes que de ressources externes. La budgétisation à moyen terme axée sur les
résultats permet que les actions soient réajustées afin que les résultats à atteindre soient en cohérence avec
les ressources disponibles.

Cependant, jusque-là le projet de loi de finances de l’année continue d’être votée et exécutée selon la
démarche du budget objet. La raison est toute simple, le cadre législatif et règlementaire des finances
publiques au Burkina Faso repose toujours sur la première génération des directives du cadre harmonisé des
finances publiques de l’UEMOA datant de 1997 à 2000. Pourtant, sans une internalisation de la deuxième
génération des directives de finances publiques de l’UEMOA de 2009, le passage au budget-programme
intégral de l’Etat sera impossible. Il importe donc de recommander l’accélération du processus de
transposition de cette directive au plan national.

Au total, la budgétisation par programme est cohérente avec la planification et doit permettre d'assurer un
alignement effectif du budget de l’État avec les priorités, objectifs et résultats attendus des politiques
publiques. Chaque crédit à allouer devra être justifié pour être retenu et devra s'inscrire dans l'atteinte d'un
objectif bien défini. On passe ainsi d'une logique de moyens à une logique de résultats. Toutefois, au stade
actuel de la règlementation, la démarche parait inachevée.

Le défi majeur consiste donc à internaliser les directives communautaires du cadre harmonisé des finances
publiques de 2009 et d’adapter tous les outils et instruments de gestion budgétaire à l’approche budget-
programme.

Un autre défi réside dans le découpage optimal des missions des départements ministériels en programmes.
La directive ayant définit le programme comme « une action ou un ensemble cohérent d’actions représentatif
d’une politique publique clairement définie »15, la démarche proposée par la structure technique chargée de la
mise en place du budget-programme de l’Etat consiste à définir les programmes en partant des textes
définissant les attributions de chaque ministère. Bien que cette démarche soit en conformité avec les
définitions de la politique publique et du programme retenues par la Directive, il semble évident qu’un bon
découpage des missions d’un ministère en programmes doit pouvoir s’appuyer sur les objectifs et résultats
visés par le pan de la politique publique dont le ministère a en charge la mise en œuvre, en occurrence la
politique sectorielle. En effet, de par la nature des documents, les politiques sectorielles indiquent, mieux que
les textes portant attributions des ministères, les priorités, objectifs et résultats attendus pour lesquels les
crédits sont demandés. Pour améliorer et parachever la démarche, il semble pertinent d’amener les acteurs à
satisfaire une double exigence : (i) stabiliser à moyen terme les secteurs de planification assortis de politiques

15 MEF 2010, Guide méthodologique pour l’élaboration du Budget programme de l’Etat, page 18

42
sectorielles et (ii) définir les attributions des départements ministériels en respectant à la fois la cohérence
interne des secteurs de planification et le découpage des missions en programmes.

Toutefois, en attendant cette internalisation et le passage au budget-programme intégral, la démarche du


budget objet actuellement en vigueur pourrait s’enrichir d’une plus grande prise en compte des politiques
publiques dans les dépenses d’investissement du budget de l’Etat à travers le PTIG.

A ce propos, il faut relever que d’importantes avancées viennent d’être enregistrées avec l’adoption par le
Conseil National de la Transition (CNT), en novembre 2015, de la loi relative aux lois de finances 16. Cette
nouvelle loi introduit des innovations majeures tant attendues :
1. l’introduction de nouveaux documents dans la procédure d’élaboration du projet de loi de
finances de l’année. Il s’agit du Document de programmation budgétaire et économique
pluriannuelle (DPBEP) et des Documents de programmation pluriannuelle des dépenses
(DPPD). Ces deux documents se substituent au Cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) et
CDMT ;
2. l’intervention de l’Assemblée nationale dans la phase de préparation du projet de loi de
finances de l’année à travers le Débat d’orientation budgétaire (DOB) visant une meilleure
maitrise des ambitions du Gouvernement par l’Assemblée nationale ;
3. la qualité d’ordonnateur principal conféré aux Ministres sectoriels et aux présidents
d’institutions constitutionnelles en ce qui concerne les crédits de leurs départements
ministériels ou institutions. Une telle disposition accroit la recevabilité des services
gestionnaires, amenuise tout de même les pouvoirs de régulation du ministre chargé des
finances qui reste, cependant l’ordonnateur unique en ce qui concerne les dépenses de
personnel de l’Etat, les recettes budgétaires et les opérations de trésorerie ;
4. la clarification de la responsabilité des acteurs chargés de la gestion des budgets publics.

Ces nouvelles dispositions amélioreront à coup sûr l’utilisation des ressources publiques à des fins de
réalisation des objectifs sectoriels et nationaux de développement pour les raisons suivantes :
 la prise en compte des grandes priorités de développement à travers le PBEP ;
 l’implication de l’Assemblée nationale à la préparation de la loi de finances de l’année, renforce les
capacités de veille de cette institution ;
 la clarification de la responsabilité des acteurs allègera les procédures administratives.

2.4.2. Le PTIG, véritable lien à faire avec les politiques publiques

Le CDMT doit se fonder sur un cadrage macroéconomique de moyen terme et sur les priorités de
développement du Gouvernement, énoncées dans la SCADD et doit être en architecture avec les
programmes des différents ministères et des besoins exprimés par les institutions, pour leur assurer une
allocation pluriannuelle et réaliste des ressources et en garantir l’effectivité.

16 Exposé des motifs du projet de loi relatif aux lois de finances, Ministère de l’économie et des finances, novembre 2015

43
Mais, ces enveloppes sectorielles étant allouées par titre budgétaire selon la méthode des crédits votés et
des mesures nouvelles, les ministères et institutions, à travers les DAF, les répartissent sans véritablement
établir le lien avec les priorités telles que définies à travers leurs programmes respectifs. Du reste, la
méthodologie de détermination des enveloppes de référence devant servir de base à l’élaboration du projet de
budget des ministères, ne tient pas compte au préalable des politiques publiques et programmes de ces
ministères. Malheureusement en réaction, ces ministères ou institutions ont souvent exprimé de nouveaux
besoins parfois en décalage avec leurs priorités17.

Il reste clair qu’avec le budget de moyens, le lien des politiques publiques avec le budget de l’Etat n’est pas
très perceptible. En effet, contrairement aux autres natures de dépenses, le CDMT ne détermine que le
montant global des investissements dont la répartition ultérieure entre les ministères se fait suivant une
méthodologie qui varie d’une année à l’autre. En somme, la programmation des investissements au niveau
sectoriel est en décalage avec le processus d’élaboration du CDMT et la méthodologie d’arbitrage des
dépenses d’investissement est réputée instable.

Pour rendre la contribution de ces politiques plus pertinentes à la stratégie globale et renforcer le lien avec le
budget, il faut un outil fédérateur et de cohérence de toutes les actions prioritaires des ministères et
institutions. Cet outil pourrait être le PTIG qui a déjà fait ses preuves.

Le PTIG participe du souci du gouvernement d’une part d’améliorer le système d’organisation et de gestion
économique, et d’autre part de traduire en terme de besoins d’investissement, les grandes orientations de sa
politique économique et sociale. Il présente les investissements par agent et par secteur, ainsi que les actions
nécessaires pour atteindre les objectifs de développement fixés sur une période glissante de trois (03) ans.
Les programmes sectoriels triennaux pourront donc s’arrimer au PTIG pour plus de cohérence.

Le PIP perçu comme la synthèse des plans d’actions des ministères, est la tranche annuelle du PTIG. Il
constitue l’instrument de prévision annelle des dépenses d’investissement et fait partie intégrante de la loi de
finances qui le traduit en son titre 5 « Investissements exécutés par l’Etat », toutes sources de financement
confondues.

Les incohérences relevées sont en partie dues au fait que la fonction de programmation des investissements
assurée par la DGEP jusqu’en 2007, a été transférée depuis la réforme de la programmation budgétaire
intervenue la même année, à la DGB. Le retour de la fonction de programmation des investissements
participerait du renforcement du lien et de la cohérence des allocations budgétaires en la matière avec
l’anticipation de croissance économique du cadrage macroéconomique.

Egalement, les Directions générales des études et des statistiques sectorielles (DGESS) devront être
fortement impliquées, en relation avec les DAF, dans la préparation des budgets ministériels. Cela aura
l’avantage d’assurer le lien entre programmes sectoriels triennaux – plans d’actions - enveloppes de référence
– dépenses d’investissement.

17 La dernière législature (2013-2017) avait recommandé la suppression des besoins complémentaires des ministères et institutions
et avait pris la décision de répartir les recettes supplémentaires suite à l’arbitrage du budget de l’Etat aux prior ités nationales

44
Le calendrier budgétaire devra par conséquent être revu de sorte à prendre en compte l’agencement de
l’ensemble des documents et outils, ainsi que la définition du rôle de chaque acteur tout le long du processus
d’élaboration du budget.

En tout état de cause, le mécanisme le plus approprié permettant la prise en compte, par le budget de l’Etat
et les budgets des collectivités territoriales, des plans d’actions annuels des ministères, institutions et
collectivités devrait s’appuyer sur une option ferme d’élaboration d’un PTIG auquel les programmes sectoriels
triennaux devront s’arrimer. Par ailleurs, les ressources à transférer aux collectivités devront l’être à bonne
date.

45
III - LES EXIGENCES D’UNE GESTION AXEE SUR LES RESULTATS : VERS UNE
DEFINITION PLUS FONCTIONNELLE DES SECTEURS DE PLANIFICATION

La définition des secteurs de planification est devenue une nécessité compte tenu du souci des autorités
burkinabè de promouvoir désormais une gestion du budget résolument tournée vers les résultats.

3.1 La clarification du concept de secteur de planification

La comptabilité nationale distingue trois grands secteurs économiques 18 contribuant à la formation du revenu
national. Il s’agit :
 du secteur primaire regroupant les activités liées à l'exploitation des ressources naturelles : pêche,
agriculteur, bûcheron, éleveur, bois…
 du secteur secondaire regroupant les activités liées à la transformation des matières premières :
industrie, charpentier, forgeron.
 du secteur tertiaire regroupant toutes les activités de production de services.

Il faut tout de même relever que le contenu de ces secteurs n’est pas figé, il varie d’un pays à un autre. Selon
l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) du Burkina Faso, ces secteurs économiques se
présentent comme suit :
 le Secteur primaire regroupe l’agriculture, l’élevage, la sylviculture, la pêche et la chasse ;
 le Secteur secondaire regroupe entre autres les industries extractives, boissons et tabacs, industries
des textiles, fabrication de papier, industrie chimique, fabrication de produits minéraux non
métalliques, ouvrages en bois et en métaux, électricité, gaz et eau, bâtiment et travaux publics, la
transformation des produits alimentaires ;
 le Secteur tertiaire regroupe le commerce, l’hôtellerie et la restauration, les transports, les entrepôts,
les établissements financiers et les assurances, les services marchands et les services non
marchands.

La nomenclature INSD est essentiellement conçue pour les comptes nationaux en vue de classer et
d'apprécier en volume et en valeur ajoutée la contribution du secteur à la croissance économique. Au-delà,
l’INSEE19 définit le secteur d’activité comme celui regroupant les entreprises qui ont la même activité
principale.

18Colin Grant Clark (2 novembre 1905 – 4 septembre 1989) est un économiste et statisticien britannique, considéré comme
pionnier, dans l'utilisation du Produit national brut (PNB) comme base de l'étude des économies nationales et la classification de
l'économie, en trois secteurs : secteur primaire, secteur secondaire et secteur tertiaire.
19 Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE/France) : Nomenclature statistique nationale d'activités -
janvier 2008.

46
Par analogie, le secteur de planification peut se définir comme l’ensemble des acteurs (étatiques ou non
étatiques) exerçant la même principale activité ou activité similaire contribuant à l’atteinte de manière
complémentaire, de la même finalité et des mêmes objectifs de développement économique, social et culturel.
3.2 L’évolution des secteurs de planification : forces et limites

Le Burkina Faso a une longue tradition de planification. Il a élaboré et mis en œuvre plusieurs plans
quinquennaux et diverses stratégies globales de développement. La normalisation des secteurs de
planification ne s’était jamais révélée comme une véritable préoccupation, donnant ainsi libre cours à
l’organisation sectorielle des interventions d’un plan à un autre et d’une stratégie nationale de développement
à une autre comme l’indique le tableau n°3. Avec l’avènement des initiatives nouvelles à travers la LIPDHD,
l’approche par secteur a été abandonnée au profit de l’approche par axes stratégiques n’excédant guère
quatre (04). En tout état de cause, à l’exception du PPD dont le découpage sectoriel correspondait à une
certaine logique cohérente, dans les autres cas, le regroupement par secteurs ou par axes stratégiques ne
répondait qu’à un souci de rassembler les interventions par groupe de secteurs ou par axe et non à une
motivation de rechercher une véritable cohérence intra-sectorielle et intersectorielle. Alors que des secteurs
de planification plus cohérents et fonctionnels conditionnent l’efficacité, de meilleurs résultats et des impacts
plus perceptibles.

47
Tableau 3 : Evolution des secteurs de planification

Période de planification Secteurs / Axes Contenu


Développement de l’agriculture et de l’élevage. L’objectif minimal est de doubler la valeur de la production en 15 ans à
Secteur rural
partir de 1963.
Secteur des aménagements Réalisations d’infrastructures d’intérêt national, communes à l’ensemble du pays et dont les utilisations ne sauraient
nationaux être localisées ou individualisées et les grands projets nationaux d’ordre productif.
Développement des mines, des industries agricoles et alimentaires, des travaux publics et bâtiments, des industries de
Secteur industriel et touristique
biens d’équipements et divers.
1 Plan-Cadre (1963-1967) Développement de l’administration générale, l’aménagement des services postaux, l’aménagement des
Secteur citadin télécommunications urbaines, l’amélioration de l’habitat urbain, l’amélioration de la santé dans les périmètres urbains,
l’équipement des services urbains d’assistance sociale, de sport et de loisirs et l’amélioration des circuits commerciaux.
Secteur des équipements Construction et réhabilitation des services d’administration générale et de sécurité, des services publics et parapublics
administratifs de contrôle général de l’économie, des services chargés des infrastructures de la santé publique et de l’éducation.
Secteur des études et recherches Inventaire des ressources de la nation (climatologie, pédologie, agrologie, ressources en eau, prospection minière,
de portée générale etc.).
Secteur du développement rural Activités du secteur primaire
Secteur moderne Activités des secteurs secondaire et tertiaire.
Secteur des infrastructures infrastructures essentielles avec une priorité accordée au réseau routier ;
économiques
Questions liées à l’emploi et à la formation (Education Nationale en particulier) ainsi que les activités du Service de
Secteur social et administratif
Premier Plan Santé et du Service Social ;
2
quinquennal (1967-1971) Secteur de l’information et de la
Activités d’information et de communication visant à rendre visible les actions du plan cadre ;
propagande ;
Secteur des statistiques, enquêtes Informations statistiques et recherche actions ;
et recherches scientifiques ;
secteur des investissements et leur Evaluation des investissements et mobilisation des ressources
financement
Secteur rural Activités secteur primaire
Secteur moderne Activités des secteurs secondaire et tertiaire
Secteur de l’infrastructure
Deuxième Plan Infrastructures essentielles avec une priorité accordée au réseau routier ;
3 économique
quinquennal (1972-1976)
Questions liées à l’emploi et à la formation (Education Nationale en particulier)
Secteur social
Activités du Service de Santé et du Service Social
secteur de l’information Activités d’information et de communication visant à rendre visible les actionsdu plan

48
Période de planification Secteurs / Axes Contenu
Secteur des statistiques, enquêtes Informations statistiques et recherche actions ;
et recherche
Agriculture
Secteur développement rural et Elevage
maîtrise de l’eau Environnement
Maîtrise de l’eau
Enseignements
Secteur éducation, formation et
Formations techniques et professionnelles
emploi
Adéquation-formation-emploi
Troisième Plan Secteur infrastructure économique Infrastructures routières, ferroviaires et aéroportuaires
4
quinquennal (1977-1981) Secteur infrastructure sociale et Protection sociale
urbanisme Habitat et logement
Secteur recherche et exploitation
Promotion recherche minière et exploitation
minière
Secteur industriel ; industrie de transformation et commerce
Secteur santé publique ; Infrastructures sanitaires et soins
Secteur Jeunesse Voltaïque et
Promotion de la jeunesse et de la culture
Culture
Secteur du développement rural ; Domaine agro-sylvo-pastoral
Programme populaire de Secteur des industries et services ; Domaines de l’industrie de transformation et extractive, et commerce ;
5 développement (1984- Secteur des infrastructures; Pistes rurales, routes, barrages, etc.
1985) Secteur du développement social et
Domaines du bien-être de l’homme : éducation, santé, eau, etc.
des ressources humaines
Agriculture
Elevage
Pêche
Secteurs de production Forêt
Aquaculture
Premier Plan
Mines
quinquennal de
6 Industries publiques et privées ;
développement populaire
Energie
(1986-1990) Désenclavement
Communication
Secteurs de soutien à la production
Tourisme
Hôtellerie
Aménagements hydro agricoles ;

49
Période de planification Secteurs / Axes Contenu
Education
Recherche
Santé
Secteurs sociaux Genre
Protection de la petite enfance
Arts et culture
Aménagements urbains ;
Décentralisation et déconcentration administrative
Secteur de l’organisation et de Sécurité intérieure et extérieure
l’équipement des infrastructures Souveraineté nationale
administratifs Gestion rationnelle des ressources humaines et financières
Maîtrise de l’économie
Agriculture
Elevage
Pêche
Secteurs de production Forêt
Aquaculture
Mines
Industries publiques et privées ;
Energie
Désenclavement
Communication
Secteurs de soutien à la production
Tourisme
Deuxième Plan
Hôtellerie
quinquennal de
7 Aménagements hydro agricoles
développement populaire
Education
(1991-1995) Recherche
Santé
Secteurs sociaux Genre
Protection de la petite enfance
Arts et culture
Aménagements urbains
Décentralisation et déconcentration administrative
Secteur de l’organisation et de Sécurité intérieure et extérieure
l’équipement des infrastructures Souveraineté nationale
administratifs Gestion rationnelle des ressources humaines et financières
Maîtrise de l’économie

50
Période de planification Secteurs / Axes Contenu
Croissance soutenue et durable ; Intensification des productions agricoles et animales ;
Développement des mines ;
Maitrise de la croissance démographique ;
Création d’emplois et de revenus ;
Rôle actif de la femme dans le développement ;
Développement optimal des
Elargissement du système de protection sociale ;
Lettre d’intention de ressources humaines ;
Accès à l’éducation ;
politique de
8 Accès aux services de santé ;
développement humain
Accès à l’eau potable et à l’hygiène ;
durable (1995-2005)
Décentralisation ;
Bonne gouvernance Appui à l’autopromotion des structures de la société civile ;
Promotion du partenariat du développement.
Gestion rationnelle des ressources Sécurisation foncière ;
naturelles Education environnementale ;
Gestion rationnelle du capital forestier et des pâturages.
Croissance accélérée, fondée sur Stabilité du cadre macroéconomique ;
l’équité ; Amélioration de la compétitivité de l’économie ;
Développement accéléré du monde rural.
Accès aux services d’éducation ;
Accès aux services de santé ;
Accès des pauvres aux services
Lutte contre le VIH, le SIDA et les IST ;
sociaux de base et à la protection
Accès à l’eau ;
sociale ;
Cadre stratégique de Habitat ;
9 lutte contre la pauvreté Protection sociale.
(2000-2010) Elargissement des opportunités en Agriculture pourvoyeuse d’emplois ;
matière d'emploi et d'activités Accélération du désenclavement ;
génératrices de revenus pour les Amélioration des conditions de vie et de travail des femmes rurales ;
pauvres dans l’équité ; Promotion de l’emploi et de la formation professionnelle.
Gouvernance politique (y compris la sécurité publique et la promotion des droits humains) ;
Promotion de la bonne Gouvernance administrative ;
gouvernance Gouvernance économique ;
Gouvernance locale
Stratégie de croissance Promotion des pôles de croissance
Développement des piliers de la
10 accélérée et de Développement des filières de production et des niches
croissance accélérée ;
développement durable Agriculture-élevage

51
Période de planification Secteurs / Axes Contenu
(2011-2015) Mines
Artisanat, industries culturelles et touristiques
Industrie
Infrastructures hydro agricoles
Transports et logistique
Energie
Technologies de l’information et de la communication
Urbanisation
Education
Consolidation du capital humain et
Enseignement et formation techniques et professionnels
la promotion de la protection
Santé (notamment la santé féminine)
sociale ;
Protection sociale et accès aux services énergétiques modernes
Renforcement de la gouvernance économique ;
Renforcement de la bonne
Renforcement de la gouvernance politique ;
Gouvernance ;
Renforcement de la gouvernance administrative
Consolidation de la gouvernance locale
Renforcement des programmes de réduction des inégalités de genre
Renforcement des programmes de maîtrise de la croissance
Prise en compte des priorités démographique
transversales dans les politiques et Gestion de l’environnement et utilisation optimale des ressources
programmes de Naturelles
développement. Mise en œuvre de la politique d’aménagement du territoire
Renforcement des capacités
Intelligence économique

52
3.3 La définition des secteurs de planification : une réelle volonté politique

L’étude sur la définition des secteurs de planification du Burkina Faso, initiée par le Gouvernement en 2012 20,
marque une réelle volonté politique de disposer de politiques sectorielles stables et de se donner des moyens de
respecter l’engagement pris par les autorités de faire du budget de l’Etat, un instrument de mise en œuvre de la
politique de développement à travers les budgets-programmes découlant des politiques sectorielles.

Elle a débouché sur la définition de douze (12) secteurs (cf. tableau n°4) non motivée par des critères clairs mais
plutôt par des éléments comme le lien entre les secteurs de planification et ceux de la nomenclature, l’utilité du
secteur de planification et l’exclusivité entre les secteurs de planification définis. Ces secteurs sont abusivement
regroupés sous ce qu’il est convenu d’appeler des branches d’activités21.C’est certainement au nom de l’utilité du
secteur qu’on peut observer des associations ‘’Economie-Emploi-Finances’’

Tableau 4 : Regroupement des secteurs de planification selon les trois branches


Branches Secteurs Sous-secteurs
Composantes
 Education de base formelle : éducation préscolaire, éducation
primaire et éducation post-primaire ;
Education de
 Education de base non formelle : alphabétisation, formation des
base
adultes, éducation des jeunes et des adolescents et autres formes
d’éducation non formelle
Enseignement  Enseignement secondaire
Education secondaire et  Enseignement supérieur
supérieur
général
Enseignement  Enseignement technique
et formation  Enseignement professionnel
techniques et  Formation professionnelle qualifiante
professionnels  Formation aux métiers
Consolidation  Soins de santé
de  Equipements et maintenance
l’investisseme  Information sanitaire
Santé publique
nt humain et la  Recherche en santé
et privée
promotion Santé  Hygiène
sociale  Promotion de la télé médecine
 Nutrition
Santé  Médecine traditionnelle
traditionnelle  Pharmacopée traditionnelle
 Santé au travail
 Sécurité au travail
Travail  Travail décent
Travail,  Dialogue social
Protection  Sécurité sociale
et promotion  Enfance et famille
sociales Protection et  Solidarité nationale
promotion  Protection sociale : filets sociaux, assurance sociale, réinsertion
sociales sociale
 Gestion et prévention des risques et des catastrophes

20 Secteurs de planification au Burkina Faso, Ministère de l’économie et des finances, septembre 2012
21 La branche d’activité par définition regroupe l’ensemble des entités qui produisent le même produit

53
Branches Secteurs Sous-secteurs Composantes
 sports de masse
Sports  sports de compétition
Sport et
loisirs  Lecture
Loisirs  Musique
 Jeux de société
 Gestion et pilotage de l’économie : prévision et planification du
développement ; gestion de l’information économique, financière et
Développement
sociale ; évaluation des politiques publiques ; gestion
économique
macroéconomique ; gestion du développement
 Aménagement du territoire :
 Emploi public
Emploi
 Emploi privé
 Mobilisation des ressources budgétaires (ressources extérieures et
internes)
 Gestion et gouvernance des finances publiques : programmation
Economie,
budgétaire et gestion des dépenses ; contrôles et audits ; lutte contre
emploi et
la fraude, le faux et la corruption ; marchés publics, gestion des
finances Finances
projets et programmes
publiques
 Gestion des relations économiques et financières internationales :
cadre partenarial, coopération financière, coopération technique,
coopération économique
 Patrimoine de l’Etat
 Autres services
 Banques
Développemen Services  Assurances
t institutionnel financiers  Micro-finance
et la  Règlementation financière et bancaire
souveraineté  Sécurité intérieure : maintien de la paix, ordre public, sécurité des
nationale Défense et
personnes et des biens, prévention et lutte contre la criminalité
sécurité
 Défense nationale
nationale
 Mœurs et stupéfiants
 Organisation du territoire
 Décentralisation
 Contrôle de la circulation intérieure et transfrontalière
Administration
 Gestion du foncier
du territoire
 Gestion des élections nationales
Souverainet  Développement local
é nationale  Gouvernance administrative et locale
 Diplomatie
Affaires  Affaires consulaires
extérieures  Accords internationaux
 Coopération régionale
 Gouvernance politique : administration de la justice, administration
pénitentiaire, droits humains et promotion civique, démocratie
Justice  coopération judiciaire
 Actes nationaux et administratifs
 Juridictions supérieures
 production agricole
Production et
 infrastructures hydro-agricoles : aménagements, irrigation, barrages,
le soutien à la Rural
Agriculture retenues d’eaux
production productif
 sécurité alimentaire
nationale
 foncier

54
Branches Secteurs Sous-secteurs Composantes
 intrants et équipements agricoles
 semences agricoles
 sols
 métrologie des produits agricoles ;
Hygiène et  Hygiène
assainissement  Assainissement
 production animale
 aménagements pastoraux
Elevage  ressources pastorales
 santé animale
 santé publique vétérinaire
 production halieutique
Pêche  protection et conservation des écosystèmes aquatiques
 métrologie des ressources halieutiques
 productions forestières : ligneuses et non ligneuses
Ressources  faune
naturelles  flore
 écosystèmes forestiers
Eau 
Eau et
assainissem  gestion des excrétas
ent Assainissement  gestion des eaux usées
 fosses sceptiques
 Grande industrie
Industries  Petite et moyenne industrie
 Propriété industrielle/privé
Mines et  Exploration et exploitation minières
Industrie, carrières  Exploration et exploitation des carrières
mines,  Commerce intérieur : fixation et contrôle des prix, contrôle des
commerce qualités des produits
et artisanat Commerce
 Commerce extérieur : négociations commerciales, accords de
partenariats économiques
 Artisanat d’art : teinture, vannerie et tissage
Artisanat  Artisanat d’œuvre : couture, esthétique, sculpture, soudure et poterie
 Produits de l’artisanat
 Industrie touristique et de l’hôtellerie
Tourisme
 Sites touristiques
Tourisme et
culture  Arts et lettres
Culture  Valeurs culturelles
 Traditions et croyances
 logements
 Infrastructures administratives
Habitat et
urbanisme
 Patrimoine bâti
Infrastructur  Architecture et construction
es et  Aménagements urbains
équipement  Transport routier
s  Transport ferroviaire
Infrastructures
de transport
 Transport maritime
 Transport aérien
 Autres infrastructures nationales

55
Branches Secteurs Sous-secteurs Composantes
 Information
Infrastructures  Réseau postal
technologie de  Téléphonie mobile
la  Médias
communication  Internet
 Autres réseaux
Energies  Infrastructures électriques : énergie thermique, énergie
électriques hydroélectrique, énergie nucléaire
 Energie hydraulique
 Energie éolienne
Energies
Energie renouvelables
 Energie solaire
 Biomasse
 Biogaz
 Hydrocarbures liquides
Hydrocarbures
 Hydrocarbures gazeuses

56
3.5. Les secteurs de planification fonctionnels : l’impératif d’une synergie d’action

Comme déjà évoqué plus haut, Il n’existe pas une définition figée des secteurs de planification. L’essentiel est
que celle-ci repose sur des critères jugés objectifs mettant en avant la cohérence interne du secteur et la
synergie d’actions qu’il est susceptible de générer. Il peut être privilégié les critères suivants d’appartenance à
un secteur :
i. les entités ou acteurs22 composant le secteur, mènent la même principale activité ou activité similaire ;
ii. les entités composant le secteur, peuvent se constituer en groupes (sous-secteurs) menant la même
activité et entretenant une forte complémentarité. Dans ce sens l’activité d’un sous-secteur peut renforcer
l’activité d’autres sous-secteurs et partant celle du secteur entier ;
iii. la synergie d’actions des sous-secteurs composant le secteur de planification doit être un principe et
toutes leurs actions doivent converger à la réalisation des mêmes objectifs et de la même finalité de
développement du secteur ;
iv. le secteur de planification est un espace homogène en ce sens que l’activité d’une entité ou d’un sous-
secteur ne doit pas compromettre la cohérence interne du secteur ;
i. le secteur de planification est par définition vertical et autonome dans sa réalisation. II est éclairé par les
domaines transversaux et contribue à leur mise en œuvre.

Sur cette base, et dans le cadre d’une organisation efficace du processus de développement, il peut être défini
les secteurs de planification ci-après :
1. le secteur de développement rural concerne la production des produits de base. Il comprend toutes
les entités qui œuvrent au développement de l’agriculture, de l’élevage, de l’hydraulique, de la pêche
et à la préservation de l’environnement ;
2. le secteur des industries- énergie et commerce a trait à la transformation des produits de base et
la commercialisation de produits finis. Il comprend d’une part, toutes les entités qui s’occupent du
développement des industries manufacturières, agro-alimentaires et extractives et de la promotion de
l’artisanat et de l’énergie, et d’autre part, à l’expansion du commerce externe et interne
(approvisionnement en matières premières et autres équipements et commercialisation des produits
semi-finis et finis). L’énergie est associée à ce secteur parce qu’elle fait de la transformation et
constitue une contrainte majeure qu’il faut lever dans le cadre global du secteur ;
3. le secteur des infrastructures économiques, des transports et des équipements
sociaux concerne le développement du réseau d’infrastructures de désenclavement, des transports et
des équipements sociaux notamment les logements. Il se compose d’une part, de toutes les entités
qui œuvrent au développement des infrastructures routières, aéroportuaires, ferroviaires, autoroute de
l’information et de la communication et des transports et d’autre part, de celles qui s’occupent de
l’habitat et de l’urbanisme (viabilisation de l’armature urbaine) ;
4. le secteur de la culture et du tourisme a trait à l’impulsion d’une dynamique de développement
touristique fondée sur les valeurs culturelles. Il se constitue de toutes les entités qui travaillent à la
promotion du tourisme et des activités culturelles ;

22Par entités ou acteurs, il faut entendre les entités ou acteurs publics et privés, sociétés civiles et PTF

57
5. le secteur de la recherche scientifique et des innovations a trait au développement d’une
recherche scientifique, technologique et des innovations adaptées aux besoins de l’économie
nationale. Il comprend l’ensemble des entités impliquées dans la promotion et dans la valorisation de
la recherche scientifique, technologique et des innovations ;
6. le secteur de l’éducation et de la formation concerne la socialisation des enfants, l’éducation des
jeunes et la formation des compétences pour l’économie nationale. Il regroupe toutes les entités qui
s’occupent de développement de l’éducation préscolaire, des enseignements primaire, post-primaire,
secondaire et supérieur et de la formation technique et professionnelle;
7. le secteur de la santé et de la famille concerne l’amélioration de manière continue de l’état de santé
et des conditions sociales des familles et des populations. Il comprend l’ensemble des acteurs
impliqués dans le développement du système national de santé et d’actions sociales ;
8. le secteur des sports et des loisirs concerne l’amélioration du bien-être des populations et la
promotion des sports de compétition en tant que facteur de développement économique et social. Il
regroupe tous les acteurs qui œuvrent à l’expansion des activités sportives et de loisirs ;
9. le secteur de l’administration du territoire et de la décentralisation concerne l’administration du
territoire et le renforcement de la décentralisation. Il regroupe tous les acteurs qui exercent dans
l’administration du territoire et qui œuvrent pour la consolidation du processus de décentralisation ;
10. le secteur de la défense et de la sécurité concerne la défense de l’intégrité du territoire national et
la sécurité publique. Il regroupe toutes les entités impliquées ;
11. le secteur du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale concerne la mise en place d’une
administration publique capable de produire des services de qualité et d’accroitre les opportunités
d’emplois décents. Il regroupe toutes les entités s’occupant du développement de l’administration
publique, de la règlementation du travail, la promotion de l’emploi décent et de la sécurité sociale ;
12. le secteur de la justice et des droits humains concerne la garantie de l’Etat de droit, de l’ordre
constitutionnel, la promotion et le respect des droits humains ;
13. le secteur de l’économie, des finances et de la monnaie a trait à la définition des grandes
orientations de développement et d’aménagement du territoire, de la stratégie de mobilisation et de la
gestion des ressources publiques ainsi qu’à la mise en œuvre de la politique monétaire. Il regroupe
toutes entités qui s’occupent de la formulation des politiques publiques, de la gestion des finances
publiques et de l’aide publique au développement ainsi que des acteurs qui interviennent en matière
de la monnaie, du crédit et des assurances ;
14. le secteur de la diplomatie et de la coopération internationale concerne la gestion des relations
bilatérales et multilatérales. Il regroupe des acteurs qui œuvrent dans ce cadre ;
15. le secteur de l’information concerne l’information en tant que outil de dialogue et de cohésion
sociale et de contrepoids social. Il regroupe toutes les entités qui œuvrent pour une information juste
et équilibrée des populations et qui font de la communication sociale pour le développement
économique et social ;
16. le domaine de la population, du genre et de la jeunesse a trait à la réflexion sur l’évolution des
questions de population et des problèmes de population notamment des groupes cibles (femmes et
jeunes) et leur prise en compte dans les politiques sectorielles de développement ;

58
17. le domaine de la souveraineté concerne les institutions républicaines chargées de coordonner et
suivre l’action gouvernementale.

Au total, en se conformant aux critères ci-dessus définis, quinze secteurs verticaux et stables ont été
déterminés. Leur organisation en sous-secteurs pour tenir compte particulièrement des critères de
complémentarité, de synergie d’actions et d’homogénéité ressort dans le tableau ci-dessous. Tel que défini,
leur regroupement en groupes cohérents de secteurs (Secteurs de production, secteurs de soutien à la
production, secteurs de valorisation et d’utilisation du capital humain, domaine transversal) est plus
aisé au regard de la nature des activités. La rétention d’un seul domaine transversal (population-genre-
jeunesse) stable correspond à un souci majeur de rendre cette problématique permanente dans la formulation
des politiques sectorielles de développement. Des thématiques transversales peuvent émerger à l’occasion
des initiatives internationales ; mais celles-ci sont circonscrites dans le temps et ne devront pas faire l’objet
d’une politique particulière. En tout état de cause, il n’existe pas de divergences profondes entre les
propositions faites dans le cadre cette étude et celles de l’étude de 2012.

59
Tableau 5 : Secteurs de planification

Secteurs Sous-secteurs Activités principales Principales structures Autres structures ou institutions partenaires
SECTEUR VERTICAL
Production des produits de base (production végétale,
 Agriculture ; production animale) ;
Développement  Hydraulique ; Protection de l’environnement ; MARHSA MRSI
1 rural  Elevage ; Sécurisation foncière ; MRA MS
 Environnement ; Hydraulique agricole et pastorale ; MEDD MATD
 Pêche Eau potable et assainissement ;
Organisation du monde rural.
Transformation des produits de base et leur
 Industries ; commercialisation
Industries- MRSI
 Artisanat ; Industries manufacturières et agroalimentaires ;
énergie et CCI
2
commerce  Energie ; Industries extractives ; MICA
CMA
 Commerce et intégration Industries artisanales ; MME
Chambre des Mines
régionale. Energie ;
Commerce et intégration régionale
Infrastructures  Infrastructures ;
Développement du réseau d’infrastructures de
économiques,  Transports ; Bureaux d’étude
désenclavement, des transports, des TIC et des
3
transports et  Technologies de logements en adéquation avec les besoins de la
MIDT Cabinet d’architecture ;
équipements l’information et de la MHU Laboratoire national du bâtiment et des travaux
population et de l’économie nationale
sociaux communication (TIC) publics (LNBTP)
 Habitat et urbanisme.
 Enseignement de base ;
 Enseignements post
Education et primaire, secondaire et MENA
Socialisation des enfants, éducation des jeunes et MEF
4 Formation supérieur ; MESS
formation des compétences pour l’économie nationale MFPSS
 Formation technique et MEJFP
professionnelle ;
 Etudes et recherche.
 Santé ;
Amélioration continue de l’état de santé et des conditions
Santé et famille  Actions sociales ; MS MATD
5 sociales des populations
 Solidarité nationale et MASS MRSI
secours d’urgence.

60
Secteurs Sous-secteurs Activités principales Principales structures Autres structures ou institutions partenaires
Recherche MARHSA
Développement d’une recherche scientifique et des
scientifique et  Recherche et MRA
innovations adaptées aux besoins de l’économie
6 Innovations développement ; MRSI MEDD et Instituts de recherche
nationale
 Innovation. MICA
MS
Administration du  Administration du
Administration du territoire national et le renforcement de MATD
7 territoire- territoire ; MDS
la décentralisation
Décentralisation  Décentralisation.
Justice et droits  Justice ; Garantie de l’Etat de droit, de l’ordre constitutionnel et MDS
8 MJ
Humains  Droits humains. respect des droits humains. ONG droits humains
 Economie et
Planification ; Définition des grandes orientations de développement et
Economie-
 Gestion de l’information d’aménagement du territoire, de la stratégie mobilisation MAE-CR
Finances-
9 statistique ; et de gestion des ressources publiques ; BCEAO
Monnaie
 Finances publiques ; Collecte et traitement des données ; MEF Etablissements financiers et bancaires
 Monnaie et crédit; Mise en œuvre de la politique monétaire.
 Assurance.
Diplomatie-  Coopération bilatérale ;
10 Coopération  Coopération Gestion des relations bilatérales et multilatérales
MAE-CR MEF
internationale internationale
 Sports ; Amélioration du bien-être des populations et promotion
11 Sports et Loisirs MSL Différentes Fédérations
 Loisirs des sports de compétition
MDENPT
12 Information
 Information/media ; Développement d’un outil d’information et de cohésion
CIL
sociale
Medias privés
Acteurs culturels
Culture et  Culture ; Impulsion d’une dynamique de développement
13 MCT Partenaires de l’hôtellerie/Restauration
Tourisme  Tourisme. touristique fondée sur les valeurs culturelles
Concessionnaires de chasse
 Administration
publique et Mise en place d’une administration publique capable de
Travail-Emploi - règlementation du produire des services de qualité, d’accroitre les MEJFP
14 travail; MFPTSS
Sécurité sociale opportunités d’emplois décents et de promouvoir la Partenaires sociaux
 Emploi ; sécurité sociale
 Sécurité Sociale.

61
Secteurs Sous-secteurs Activités principales Principales structures Autres structures ou institutions partenaires
 Défense nationale ; Défendre l’intégrité territoriale et assurer la sécurité MAECR
15 Défense- Sécurité MDS
 Sécurité nationale publique MEF
DOMAINE TRANSVERSAL
 Population/développeme
nt ; Réflexion sur l’évolution des questions de population et
Population-Genre- des problèmes de la population notamment des groupes MEF
16
Jeunesse
 Genre/ développement ;
cibles (femmes et jeunes) et leur prise en compte dans
MPFG
MEJFP
 Jeunesse/développemen les politiques sectorielles de développement
t.
DOMAINE SOUVERAINETE
Présidence du Faso
 Exécutif ; SGG-CM
Coordination de l’action gouvernementale ;
Premier Ministère
 Législatif ; Contrôle de l’action gouvernementale ;
17 Relation avec l’AN
Souveraineté  Médiation et Régulation ; Interface et régulation ;
Assemblée nationale
 Consultatif. Conseil.
Médiateur du Faso, CSC
CES

62
IV - LE RENFORCEMENT DES CAPACITES : OPERATIONNALITE DU DISPOSITIF DE
PILOTAGE ET FORMATION DES CADRES, SOURCE D’EFFICACITE

Le pilotage et l’animation du développement constituent d’importants enjeux des autorités burkinabè qui ont
mis en place un dispositif à quatre niveaux :
 au niveau stratégique avec la création de la CNPD ;
 au niveau du dialogue de politique avec la mise en place du dispositif de suivi et d’évaluation de la
SCADD ;
 au niveau opérationnel avec la création au sein de chaque département ministériel d’une DGESS ;
 au niveau régional avec la mise en place des Cadres de concertation régionaux (CCR).

4.1 La CNPD
Créée par décret N° 2014-828/PRES/PM/MEF du 24 septembre 2014, la CNPD poursuit trois objectifs
majeurs :
 Examiner les projets de politiques et de stratégies d’envergure nationale pour s’assurer de leur
pertinence et cohérence avec le contexte national, la vision définie dans l’étude nationale prospective
‘’Burkina 2025’’ et le référentiel national de développement ;
 Conseiller et alerter les acteurs du développement sur les questions nationales de développement ;
 Donner un avis motivé sur les projets de politiques de développement.

La commission a été rendue opérationnelle seulement en mars 2015 et est à pied d’œuvre. Toutefois, la
composition de la CNPD telle que indiquée par l’article 4 du décret ci-dessus visé soulève quelques
interrogations liées à la présence de l’Assemblée nationale et du Conseil économique et social (CES), liée à la
prédominance du MEF et à l’absence du STN/SCADD, du secteur privé, des collectivités territoriales et de la
société civile.

L’Assemblée nationale contrôle l’action gouvernementale ; de ce point de vue, elle ne peut être juge et partie.
Il en est de même du Conseil économique et social qui dans le cadre de sa fonction consultative peut
s’autosaisir de la politique ou de la stratégie en question et donner un avis mieux motivé. A ce stade de
l’examen des documents de stratégie ou de politique, il importe de veiller sur l’intersectorialité avec la
participation de l’ensemble des DGESS. La présence du MEF peut être réduite au profit du secteur privé, des
collectivités territoriales et de la société civile. Au regard de ce qui précède, la CNPD pourrait comprendre les
représentants des structures pertinentes suivantes :
 la DGEP ;
 la Direction générale du développement territorial (DGDT) ;
 le STN/SCADD ;
 les DGESS ;
 la Direction de la prospective et de la planification stratégique (DPPS) de la Présidence du Faso ;
 le Département de la gouvernance économique et financière (DGEF) du Premier Ministère ;

63
 le Centre d’analyse des politiques économiques et sociales (CAPES) ;
 le Centre d’études, de documentation, de recherches économiques et sociales (CEDRES) de
l'Université Ouaga II ;
 l’Association des régions du Burkina Faso (ARBF) ;
 l’Association des municipalités du Burkina Faso (AMBF) ;
 la Direction générale de la Chambre du commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) ;
 le Secrétariat permanent des organisations non gouvernementales (SPONG).

Une telle composition est plus à même de contribuer efficacement aux missions de la CNPD.

4.2 Le dispositif de suivi et d’évaluation de la SCADD


Le dispositif de suivi et d’évaluation de la SCADD a été mis en place par décret n° 2011-809/PRES/PM/MEF
du 25 octobre 2011. Il comprend essentiellement les organes suivants : le Comité National de Pilotage de la
SCADD (CNP/SCADD), les Cadres Sectoriels de Dialogue (CSD), les Cadres Régionaux de Dialogue (CRD)
et les Cadres de Dialogue Politique de Haut Niveau (CDPHN). Ces différents cadres bénéficient de
l’accompagnement du STN/SCADD dans l’accomplissement de leurs missions. Les instances de suivi-
évaluation de la SCADD se tiennent régulièrement, notamment la revue annuelle et les revues sectorielles.
Les CDPHN, présidé par le Chef de Gouvernement, sont également une réalité. Il se réunit généralement sur
des préoccupations spécifiques à la demande des PTF. Toutes les structures du dispositif se réunissent
régulièrement. Toutefois, il ressort que la matrice de performance de la SCADD demeure encore
insuffisamment maitrisée par les structures techniques. Aussi conviendrait-il d’envisager tous les ans un
atelier de mise à niveau et d’adaptation de ce support de dialogue.

Par ailleurs, il faut relever que la mise en place du STN/SCADD, bras ouvrier du dispositif reste inachevée. En
effet, la Cellule de contrôle interne et de suivi-évaluation (CCI-SE) et la Cellule communication (CC) n’ont pas
encore été mises en place. Il est important de rendre fonctionnelles ces structures.

4.3 Les DGESS


La planification sectorielle a acquis une importance toute particulière avec l’avènement des budgets-
programmes. La mise en œuvre efficace de cette fonction suppose des prérequis : doter le département d’une
vision sectorielle, disposer de données statistiques sectorielles fiables et disposer d’une capacité de
formulation et d’évaluation des politiques et programmes sectorielles. L’érection des DEP en DGESS procède
de ce souci (Cf. le décret n° 2013-404/PRES/PM/SGG-CM du 23 mai 2013 portant organisation type des
départements ministériels). Chaque direction générale devrait comporter cinq (5) directions :
(i) la Direction de la prospective et de la planification opérationnelle (DPPO) ;
(ii) la Direction de la formulation des politiques (DFP) ;
(iii) la Direction du suivi-évaluation et de la capitalisation (DSEC) ;
(iv) la Direction des statistiques sectorielles (DSS) ;
(v) la Direction de la coordination des projets et programmes (DCPP).

Dans la pratique, il ressort que le processus de mise en place reste incomplet dans nombre de ministères
pour les raisons suivantes :

64
 insuffisance d’infrastructures ;
 insuffisance de personnel spécialisé ;
 insuffisante perception de l’existence de telles structures ;
 problème de motivation notamment financière ;
 conflit de compétence au sein de certains départements ministériels ;
 insuffisance de ressources budgétaires.

En raison de ce qui précède les autorités burkinabè devront inscrire au centre de leurs préoccupations, la
formation de cadres compétents pour animer ces directions. Elles devraient aussi favoriser la réflexion sur un
cadre harmonisé de motivation du personnel de ces directions ; il y va de l’opérationnalisation effective de ces
structures et du renforcement de la planification sectorielle. En matière de formation, les besoins les plus
pressants portent sur la démarche prospective, la formulation et l’évaluation des politiques et programmes
ainsi que sur la détermination des indicateurs. Par ailleurs, pour la formation continue des cadres des DGESS,
il importe de réinstaurer la réunion mensuelle des DGESS.

4.4 Les CCR


Les CCR, régis par le décret n° 2009-838/PRES/PM/MEF/MATD du 18 décembre 2009, tiennent lieu de
dispositif de pilotage du processus de développement au niveau régional. Il faut rappeler que chaque région
dispose d’un PRD, référence de proximité des communes. Tout en respectant les spécificités régionales, les
PRD contribuent à l’atteinte des objectifs nationaux. Les Cadres régionaux de dialogue (CRD), dont les
attributions sont assumées par les CCR, font la revue régionale à mi-parcours de la SCADD c’est à dire le
bilan à mi-parcours de l’année n et la revue régionale annuelle c’est à dire le bilan du plan d'action régional de
l'année n-1, en cohérence avec les priorités de la SCADD. La participation de la région aux travaux du
CNP/SCADD est assurée par le gouverneur alors qu’elle doit être concomitante avec le coordonnateur du
CRD. La pénurie et la faible qualité des ressources humaines au niveau régional commandent une réflexion
globale sur le renforcement des structures régionales en ces ressources.

65
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Au terme de cette étude, il faut se féliciter de sa réalisation qui a permis de se rendre compte de :

I. la riche expérience en matière de planification et surtout de la bonne clairvoyance des autorités


burkinabè en maintenant les structures qui en ont la charge ;
II. la volonté de ces autorités de faire de la planification le meilleur moyen d’orienter le processus de
développement du Burkina Faso en précisant les fonctions essentielles de cette technique au moment
où celle-ci connaissait de réelles menaces avec l’avènement des PAS ;
III. la manière dont toutes les initiatives nouvelles ont été appréhendées dans le cadre strict du système
national de planification ;
IV. les incohérences des instruments d’opérationnalisation de la stratégie globale de développement et la
nécessité de définir des instruments mieux hiérarchisés, plus fonctionnels qui créent de la synergie ;
V. la nécessité de faire des propositions afin que les politiques publiques ne souffrent continuellement
d’un déficit de ressources dans le cadre de leur mise en œuvre.

L’étude a relevé d’autres et faiblesses mérites du dispositif de pilotage du processus de développement


national. Autant d’éléments qui suggèrent les principales recommandations de renforcement ou d’amélioration
ci-après.

Tableau 6 : principales recommandations

R1 : Réaliser des études prospectives sectorielles ou thématiques dans les secteurs qui n’en disposent pas encore
permettant de faire un diagnostic profond du secteur ou du domaine, de repérer les germes de changement, dans la
perspective de la formulation de politiques sectorielles plus conséquentes ;

R2 : Renforcer la formation des cadres des DGESS, des DREP et de la DGEP en urgence sur la démarche
prospective, la formulation et l'évaluation des politiques et programmes ainsi que sur la détermination des indicateurs

R3 : Dynamiser la cellule de veille prospective ;

R4 : Elaborer un PTIG en tant que cadre fédérateur et de cohérence de toutes les actions prioritaires des départements
ministériels et institutions. Ce document devrait être annexé au budget programme soumis à l’Assemblée nationale
pour adoption. Une telle démarche renforcerait encore davantage le lien entre la stratégie nationale de développement
et le budget de l’Etat ;

R5 : Harmoniser le cadre temporel des politiques sectorielles (décennie) avec celui des documents d’orientation à venir
(troisième cycle de la SCADD) ;

R6 : Assortir les politiques ou stratégies sectorielles (décennales) de programmes et de plans d’actions plus
opérationnels, couvrant respectivement des périodes de trois ans et d’un an ;

66
R7 : Organiser tous les ans, un atelier de mise à niveau et d’adaptation de la matrice de performance ;

R8 : Instaurer une réunion semestrielle des DGESS en tant qu’espace de formation continue de leurs cadres ;

R9 : Réfléchir sur un système harmonisé de motivation du personnel des DGESS, de la DGEP et des DREP;

R10 : Parachever la structuration du STN-SCADD ;

R11 : Mener une réflexion globale sur le renforcement des structures régionales (DREP) en ressources humaines et
matérielles ;

R12 Procéder à la relecture du guide d’élaboration des politiques sectorielles tenant compte des propositions
nouvelles ;

R13 : Rendre obligatoire l’utilisation du guide d’élaboration des politiques sectorielles, par les départements ministériels

R14 : Procéder à la relecture du décret portant création et fonctionnement de la CNPD.

R15 : Veiller au retour de l’arbitrage du PIP dans le cadre du titre 5 du budget de l’Etat à la DGEP conformément à ses
attributions.

L’ensemble des consultants se félicitent de l’esprit dans lequel cette étude a été réalisée notamment, la
grande disponibilité de tous les acteurs, leur capacité de critique constructive tout simplement mue par un
souci de disposer de résultats pertinents et opérationnels. Nous, consultants, les remercions sincèrement
mais restons conscients qu’il s’agit d’un chantier de réflexion toujours ouvert. Ces recommandations devront
faire l’objet d’un agenda à annexer au document de la SCADD en cours d’élaboration comme mesures
d’accompagnement.

67
ANNEXES

68
69
Annexe 1 : grille d’appréciation des politiques et stratégies sectorielles

Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
I - Secteur de l’éducation et de la formation
Lettre de politique Finalité : faire du jeune L’éducation et la formation ont pour vocation 2008-2015 03/11/2008 Antérieure Ministères
éducative burkinabè un citoyen de valoriser le capital humain et de contribuer à la chargés de
responsable, producteur et à faire du Burkina un pays émergent où il SCADD l’éducation
créatif. Il vise le développement existe une expertise qualifiée, suffisante et
intégral et harmonieux de disponible dans tous les corps de métiers
l’individu valorisant le potentiel économique du pays
Réforme du Créer un burkinabè à même de • Une éducation qui exalte le travail Portée 2007 Ministères
système éducatif se prendre en charge tout en producteur de richesses pour le générale chargés de
œuvrant au développement développement intégral du pays l’éducation
socioéconomique de son • Une éducation qui vise le changement
milieu, de son pays structurel et une amélioration de la
société
• Une éducation qui cultive le sentiment de
fierté nationale et d’indépendance du
pays au sein de la communauté
internationale
Programme deFormer un citoyen responsable, • Développement du préscolaire 2012-2024 Août 2012 Référence
développement créatif, producteur ayant le • Réalisation de la scolarisation primaire à la Ministère de
stratégique desens des valeurs universelles et universelle SCADD l’éducation
l’éducation de basedoté de compétences • Suppression du goulot d’étranglement nationale et de
nécessaires pour soutenir le entre le primaire et le post primaire l’alphabétisation
développement économique et • Accélération de l’alphabétisation (MENA)
social du pays
Programme A l’horizon 2015, 60% de la Contribuer à la mise à disposition de 2011 - 2015 Elaboré en 2011 Ministère de
national population active est ressources humaines compétentes en vue l’éducation
d’accélération de alphabétisée et participe d’un développement durable et équitable du nationale et de
l’alphabétisation activement à l’édification d’un Burkina l’alphabétisation
Burkina émergent (MENA)
Politique du sous- Contribuer à terme à faire du Mettre en place un système éducatif cohérent, 2000-2025 04/08/2010 Antérieure Ministère des

70
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
secteur des jeune burkinabè un citoyen …, efficace, adapté au contexte national, en à la enseignements
enseignements dévoué, patriote, travailleur, assurer une gouvernance adéquate et SCADD secondaire
secondaire, créatif, compétent et compétitif promouvoir une recherche pour le supérieur
supérieur et de la Aider à mettre en place un développement (MESS)
recherche système de recherche innovant
scientifique et performant
Politique nationale Faire du Burkina un pays Finalité : élever le niveau de connaissance et 23/07/2008 Référence Ministère de la
d’enseignement et émergent, possédant une de compétence de la population active et plus Portée générale au CSLP jeunesse, de
de formation expertise qualifiée, suffisante et particulièrement des jeunes, pour favoriser l’emploi et de la
technique etdisponible dans tous les corps leur insertion dans les emplois d’aujourd’hui et formation
professionnelle de métiers et susceptible de les métiers porteurs de demain afin de professionnelle
valoriser le potentiel stimuler la croissance et réduire la pauvreté (MJEFP)
économique du pays
II- Secteur du développement rural
Stratégie de ‘’ Un monde rural moins Assurer une croissance soutenue du secteur 2004-2015 adoptée en Antérieur à Ministères
développement pauvre, jouissant d’une en vue de contribuer à lutter contre la 2003 la SCADD chargés du
rural à l’horizon sécurité alimentaire durable pauvreté, au renforcement de la sécurité développement
2015 grâce à : alimentaire et à la promotion d’un rural
L’accroissement des développement durable
productions agricoles,
pastorales,
halieutiques, forestières et
fauniques, basés sur
l’amélioration de la
productivité ;
Une augmentation des
revenus due à une plus
grande intégration de
l’économie de marché et à
une diversification des
activités économiques en
milieu rural ;

71
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
La modernisation de
l’agriculture familiale
paysanne ;
La diversification et la
spécialisation régionale des
productions ;
Une gestion durable des
ressources naturelles et des
écosystèmes.’’
Programme A l’horizon 2015 l’agriculture • Contribuer de manière durable à la 2011 – 2015 Elaboré en juillet Axe 1 de Ministères
national de burkinabè est moderne, sécurité alimentaire et nutritionnelle, à 2012 la SCADD chargés du
développement compétitive, durable et moteur une croissance économique forte et à la Non adopté développement
rural de la croissance fondée sur des réduction de la pauvreté rural
exploitations familiales et des • assurer une meilleure couverture
entreprises agricoles alimentaire
performantes et assurant à tous • contribuer à la réduction de la proportion
les burkinabè un accès aux de la population en deçà d’apport
aliments pour mener une vie calorifique
saine et active • assurer aux populations rurales et
urbaines un accès durable à l’eau potable
et à l’assainissement
• réduire sensiblement la dépendance vis-
à-vis de l’environnement
Programme Promouvoir un développement tiré par Horizon 2015 Elaboré en Antérieur à Ministères
national l’agriculture qui réduit la pauvreté et septembre 2009 la SCADD chargés du
d’investissement l’insécurité alimentaire, ouvrant ainsi la voie à développement
agricole (PNIA) l’expansion des exportations rural
Programme Grandes orientations du CSLP Diversifier les besoins et activités urgents Ministères
d’actions national et des OMD Rechercher la synergie et la complémentarité chargés du
d’adaptation à la Favoriser l’intégration et la prise en compte du développement
variabilité et aux risque rural
changements

72
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
climatiques
Politique nationale Assurer à tout moment, à • Les orientations stratégiques suivantes Ministère de
de sécurité l’ensemble des populations un sont retenues : l’agriculture, des
alimentaire accès équitable à une • l’augmentation durable de la disponibilité Horizon 2025 0ctobre 2013 Réf à la ressources
alimentation équilibrée, alimentaire ; SCADD hydrauliques, de
suffisante et saine afin de • l’amélioration de l’accessibilité physique l’assainissement
contribuer à la réduction de la des populations aux produits alimentaires et de la sécurité
pauvreté, à la consolidation de ; alimentaire
la paix sociale et à la réalisation • l’amélioration de l'état nutritionnel des (MARHASA)
d’un développement durable. populations ;
• l’amélioration des opportunités
économiques et le renforcement de la
résilience des populations vulnérables ;
• le renforcement de la coordination et de la
gouvernance ;
• la gestion des crises alimentaires.
Politique nationale ‘’ Des acteurs ruraux sécurisés Assurer à l’ensemble des acteurs ruraux, Portée générale adoptée 04/10/ Antérieur à l’agriculture, des
de sécurisation dans la jouissance des terres l’accès équitable au foncier, la garantie de 2007 la SCADD ressources
foncière rurales et bénéficiant d’un leurs investissements, la gestion efficace des hydrauliques, de
environnement économique et différents fonciers, afin de contribuer à la l’assainissement
social favorable pour produire, réduction de la pauvreté, à la consolidation de et de la sécurité
assurer la sécurité et la la paix sociale et à la réalisation d’un alimentaire
souveraineté alimentaire, le développement durable (MARHASA)
développement durable et
s’insérer dans l’économie de
marché’’
La croissance économique du La Révolution Verte au Burkina Faso vise Horizon 2015 Janvier 2008 Antérieure Ministère de
Guide de la Burkina Faso et la sécurité l’accroissement, la diversification et l’agriculture, des
révolution verte alimentaire sont assurées de l’intensification des productions agricoles, ressources
façon soutenue et se basent pastorales, forestières, fauniques et hydrauliques, de
sur des produits agricoles et halieutiques à travers : l’assainissement
agro-industriels compétitifs, • le renforcement de la liaison et de la sécurité

73
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
intégrés au marché, résultant production/marché ; alimentaire
d’une amélioration durable de • la sécurisation foncière en milieu rural ; (MARHASA)
la productivité agro-sylvo- • la mobilisation et la Valorisation durable
pastorale des Ressources en eau ;
• le renforcement des capacités des
acteurs et la création d’un cadre
institutionnel favorable.
Plan d’actions Contribuer durablement à la 2016-2030 2014 Réf MARHASA
Gestion intégrée satisfaction des besoins en eau douce des SCADD
des ressources en usagers et des écosystèmes aquatiques
eau (PA-GIRE)
Stratégie nationale Vision de la SDR à l’horizon Renforcer la sécurité alimentaire et la création Horizon 2015 adoptée en Antérieur à MARHASA
de développement 2015 des revenus 2006 la SCADD
durable de
l’agriculture
irriguée
Politique nationale L’objectif général est de contribuer au adoptée en Antérieur à MARHASA
de l’eau développement durable en apportant des Horizon 2015 1998 la SCADD
solutions appropriées aux problèmes liés à
l’eau afin que celle-ci ne devienne pas un Réf à la
facteur limitant du développement socio- LIPDHD
économique.
Priorité résilience A l’horizon 2035, la pauvreté Réduire structurellement et de manière 25 novembre SCADD MARHASA
pays Alliance des populations burkinabés et durable la vulnérabilité alimentaire et 2014
globale pour la vulnérabilité de leurs moyens nutritionnelle en accompagnant la mise en
l’initiative résilience de subsistance sont réduites de œuvre des politiques sahéliennes et ouest-
(PR-AGIRE) moitié, et elles jouissent d’une africaines
sécurité alimentaire et
nutritionnelle durable
Politique et Contribuer au développement durable en 2007-2010 adoptées en Antérieur à MARHASA
stratégie apportant des solutions appropriées aux 2007 la SCADD
d’assainissement(P problèmes liés à l’assainissement, afin

74
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
SNA) d’améliorer les conditions de vie et d’habitat
des populations, de préserver leur santé et de
protéger les ressources naturelles :
• promouvoir l’assainissement à travers
l’élaboration et la mise en œuvre
cohérente et concertée des plans d’action
des sous secteurs
• améliorer de façon significative les
pratiques et comportements des
populations en matière d’assainissement
• créer les conditions favorables pour le
financement accru et durable du secteur
de l’assainissement.
Le plan national Les objectifs du PN-AEPA pour l'eau potable adopté en Antérieur à MARHASA
d’approvisionnement et l’assainissement en milieu rural sont de Horizon 2015 novembre 2006 la SCADD
en eau potable et réduire de moitié d'ici 2015 la proportion de
assainissement (PN- personnes en milieu rural n'ayant pas accès à Réf CSLP
AEPA) l'eau potable en 2005, selon les critères,
normes et indicateurs adoptés en la matière.
Politique nationale « Un élevage compétitif et • renforcer la contribution de l’élevage à la 2010-2025 adoptée en Antérieur à Ministère des
de développement respectueux de l’environnement croissance de l’économie nationale et 2010 la SCADD ressources
durable l’élevage autour duquel s’organise de partant à la sécurité alimentaire et animales (MRA)
(PNDDEL) véritables chaînes de valeurs nutritionnelle, et à l’amélioration des
portées par des filières conditions de vie des populations :
professionnelles, tournées vers • développer des capacités des acteurs du
le marché et qui contribue sous-secteur;
davantage aussi bien à la • assurer la sécurité foncière et la gestion
sécurité alimentaire qu’à durable des ressources pastorales ;
l’amélioration du niveau de • accroître la productivité et les productions
bien-être des burkinabè. » animales sur une base durable ;
• améliorer la compétitivité des produits
animaux et renforcer la liaison entre la

75
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
production et le marché
Politique nationale • préserver les ressources et leur gestion adoptée en Antérieur à Ministère de
en matière intégrée à la lutte contre la pauvreté et à 2007 la SCADD l’environnement
d’environnement l’économie nationale et des
• contrôler la qualité de l’environnement ressources
halieutiques
(MERH)
Le plan décennal Ministère de
d’actions du secteur l’environnement
de l’environnement et des
et du cadre de vie ressources
(PDA/ECV) halieutiques
(MERH)
Politique nationale « A l’horizon 2050, le Burkina La Politique nationale de développement Ministère de
de développement Faso, un pays émergent dans durable a pour but de définir le cadre global Horizon 2050 l’environnement
durable (PNDD) le cadre d’un développement de la mise en œuvre du développement Octobre 2013 et des
durable où toutes les stratégies durable au Burkina Faso. ressources
sectorielles, tous les plans et Elle définit les orientations générales pour halieutiques
programmes de développement l’élaboration et l’encadrement des politiques (MERH)
contribuent à améliorer le sectorielles, des stratégies, plans et
niveau et la qualité de vie des programmes de développement, ainsi que la
populations notamment des planification et la budgétisation tant au niveau
plus pauvres. national que décentralisé.
Dans sa vision du
développement durable, le
Burkina Faso entend disposer
des modes de production et de
consommation qui permettent,
à une population burkinabé
sans cesse croissante de vivre
décemment dans un espace-
temps dont les ressources

76
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
naturelles sont limitées et sous
la contrainte des changements
climatiques. »
III- Secteur de l’industrie, de l’artisanat et du commerce
Politique sectorielle Le Burkina Faso dispose d’un Créer un environnement favorable à l’éclosion 2011-2020 Elaboré en Ministère de
2011-2020 de secteur privé dynamique et d’un secteur privé dynamique, compétitif, septembre 2011 Réf l’industrie, du
l’industrie, du compétitif, créateur d’emplois et créateur de richesses pour : SCADD commerce et de
commerce et de de richesses pour une • le développement d’une industrie intégrée l’artisanat (MICA)
l’artisanat (POSICA) économie émergente d’ici à et compétitive génératrice de valeur
2020 ajoutée aux différentes matières
premières ;
• la promotion du potentiel commercial
interne et externe du Burkina tout en
respectant les règles de la concurrence
• la création des conditions nécessaires à
l’émergence d’artisans et d’entreprises
artisanales soutenus par un cadre
institutionnel adapté à leur
développement et contribuant davantage
à l’économie nationale
Stratégie nationale Elaborée en Ministère de
de promotion des 2009 l’industrie, du
exportations commerce et de
la artisanat
(MICA)
IV- Secteur de la culture et du tourisme
Politique nationale faire du Burkina Faso une terre Mettre en œuvre une dynamique de 2010-2019 Elaboré en 2008 Antérieur à Ministère de la
du tourisme d’accueil et d’hospitalité ; une développement touristique fondée sur les Non adoptée la SCADD culture et du
destination attractive, valeurs culturelles et la créativité des acteurs tourisme (MCT)
accessible qui offre des en vue de l’épanouissement économique et
produits touristiques de qualité, social des populations du Burkina Faso.
diversifiés, visibles et

77
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
compétitifs.
Politique nationale Un Burkina ayant réussi une Mettre en œuvre une dynamique de 2010-2019 Elaborée en Antérieur à Ministère de la
de la culture symbiose culturelle nationale à développement culturel fondée sur les valeurs 2008 la SCADD culture et du
partir de sa grande diversité culturelles communes propres aux burkinabè Non adopté tourisme (MCT)
culturelle et à même de s’ouvrir et sur la créativité des acteurs en vue de officiellement
aux autres pays pour s’enrichir l’épanouissement social et économique des
de leurs expériences et les populations du Burkina Faso.
enrichir de ses propres
expériences dans le contexte
de la globalisation en cours
V- Secteur de la santé et de la protection sociale
Politique nationale Confère ENP 2025 But : contribuer au bien-être de la population Portée générale Adoptée en Réf Ministère de la
de santé 2025 2011 SCADD santé (MS)
Plan national de Contribuer au bien-être des Améliorer l’état de santé des populations dans 2011-202 Adoptée en Référence Ministère de la
développement populations d’ici 2020 le contexte marqué par l’impératif de l’atteinte 2011 SCADD santé (MS)
sanitaire des OMD et par les perspectives de
développement définies à travers la SCADD,
le SNADDT et l’ENP 2025
Politique nationale But : promouvoir le bien-être L’objectif général est d’assurer la protection et Horizon 2015 23 juillet 2007 Axe 2 du Ministère de
d’action sociale social des populations en la promotion des groupes sociaux spécifiques CSLP l’action sociale et
général, celui des individus, des et marginalisés et créer les conditions de la solidarité
familles et des groupes favorables à une consolidation de la solidarité nationale
vulnérables en particulier avec nationale au sein des populations (MASSN)
leur pleine participation sur la
base de la réduction des
inégalités sociales
Horizon 2023 « le Burkina contribuer au changement qualitatif des 2013-2023 Septembre 2012 Référence Ministère de
Politique nationale Faso, une nation solidaire qui conditions de vie de toutes les couches SCADD l’action sociale et
de protection sociale dispose d’un système doté de sociales par (i) le développement de de la solidarité
mécanismes adéquats et mécanismes adéquats et pérennes de nationale
pérennes de protection des prévention et de couverture des risques (MASSN)
populations contre les risques majeurs et de gestion des chocs et (ii)

78
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
et les chocs». l’extension de l’assurance sociale à toutes les
catégories de travailleurs et l’élargissement de
la gamme des prestations à tous les risques
sociaux
La solidarité est un acte La charte nationale de solidarité est Elaborée en Ministère de
Charte nationale de humaniste qui impose la l’ensemble des principes et règles Portée générale 2006 l’action sociale et
solidarité participation de tous à la consensuels qui induisent des comportements de la solidarité
construction d’une société de
et attitudes bien définis, auxquels les parties nationale
paix, d’équité, de justice et de
prenantes souscrivent en vue de la mise en (MASSN)
développement durable. A laœuvre de la solidarité en société.
fois un droit et un devoir, elle
s’exprime de plusieurs
manières et requiert des
aptitudes que chaque humain
est à même de posséder et de
partager. Nul n’est assez
démuni pour ne pas être
solidaire et nul n’est assez nanti
pour se passer de la solidarité
d’autrui.
VI- Secteur de la jeunesse, de l’emploi, du travail et de la sécurité Sociale
Politique nationale ‘’ émergence d’une jeunesse Assurer le bien-être des jeunes en faisant Protée générale Elaborée en Antérieure Ministère de la
de la jeunesse épanouie, responsable, d’eux les acteurs et bénéficiaires du 2008 à la jeunesse, de la
créative, dynamique et développement national SCADD formation
pleinement engagée dans la professionnelle
réalisation des objectifs de et de l’emploi
développement de la Nation’’ (MJF¨PE)
Politique nationale ‘’ faire du Burkina, un pays Amélioration de la gouvernance du marché du Indéterminée Elaborée en Référence Ministère de la
du travail émergent, garantissant un travail et la promotion des meilleures juillet 2011 à la jeunesse, de la
travail décent à tous les actifs conditions de travail SCADD formation
et un niveau de compétitivité professionnelle
très élevé à l’ensemble des et de l’emploi

79
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
entreprises grâce au (MJF¨PE)
fonctionnement harmonieux de
son marché du travail à
l’horizon 2020 ‘’

Politique nationale • Accroître les opportunités d’emplois Référence


Ministère de la
de l’emploi décents afin de contribuer à la lutte Portée générale Elaborée en au CSLP
jeunesse, de la
contre la pauvreté au Burkina ; 2008
formation
• Améliorer la qualité des emplois
professionnelle
• Créer des emplois pour les nouveaux
et de l’emploi
venus sur le marché de l’emploi.
(MJF¨PE)
VII- Secteur de l’énergie et des mines
Politique sectorielle ’ Le secteur énergie Burkina • promouvoir l’utilisation des ressources 2014-2025 Mai 2013 Prospectiv Ministère des
de l’énergie 2014- s’appuyant sur les ressources endogènes ; e mines et de
2025 endogènes et la coopération • tirer profit des opportunités de la sectorielle l’énergie (MME)
régionale assure un accès coopération sous régionale ; 2035 et
universel aux services • assurer un accès universel aux services SCADD
universels modernes et énergétiques de qualité ;
conforté son rôle moteur de • faire de l’énergie, un moteur de
développement durable’’ développement durable
Politique sectorielle « A l’horizon 2025, le secteur • créer les conditions favorables à la 2014-2025 Mai 2013 Réf Ministère des
des mines 2014- minier du Burkina Faso est recherche et à l’exploitation rationnelle et SCADD mines et de
2025 compétitif et constitue un durable des ressources minérales l’énergie (MME)
véritable levier de • maximiser les retombées de l’exploitation
développement socio- des substances minérales au profit de
économique durable ». l’Etat, des collectivités territoriales et des
entreprises locales, en exploitant de façon
optimale la contribution du secteur minier
à la croissance économique et au
développement durable
VIII - Secteur des infrastructures, de l’habitat et de l’urbanisme

80
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
Politique nationale Aucune vision propre Créer les conditions pour l’amélioration du Portée générale 14 juillet 2007 Référence Ministère de
de l’habitat et de cadre de vie des populations en renforçant les au CSLP l’habitat et de
l’urbanisme contributions des villes à la lutte contre la l’urbanisme
pauvreté (MHU)

Stratégie du secteur • développer un réseau d’infrastructures en


des transports 2011- adéquation avec les besoins de 2011-2025 Juillet 2011 Réf Ministère des
2025 l’économie et les secteurs productifs, en SCADD infrastructures,
tenant particulièrement compte des du
caractéristiques des flux de transport désenclavement
générés et des transports
• mettre à niveau les services de transport (MIDT)
en vue de répondre aux besoins de la
population et de l’économie, avec une
attention particulière aux demandes des
zones rurales par le développement des
Moyens Intermédiaires de Transport (MIT)
• fluidifier le trafic international et améliorer
les conditions de transit
• adapter les cadres institutionnel et
réglementaire au nouveau contexte de
développement
• assurer un développement respectueux
de l’environnement naturel et humain
• soutenir l’intégration régionale.
Cyber stratégie En cours Référence Ministère du
nationale d’élaboration à la développement
SCADD de l’économie
numérique, des
postes et
télécommunicati
ons (MDENPT)

81
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
Politique sectorielle En cours Référence MDENPT
de l’économie d’élaboration à la
numérique SCADD
IX- Secteur des sports et des loisirs
Politique nationale La vision repose sur les valeurs Faire du sport un outil de développement Portée générale Elaborée en Antérieure Ministère des
des sports universellement reconnues au économique et social, un moyen de 2007 à la sports et des
sport et que le Burkina Faso rayonnement international et un moyen de SCADD loisirs (MSL)
entend capitaliser pour le bien- renforcement de la coopération avec les
être social des populations. autres nations.
C’est un moyen d’affirmation au
plan national et international
Politique nationale Les burkinabè vient leur pays Contribuer au moyen des activités de loisirs, à Elaborée en Antérieure Ministère des
des loisirs doté de centres de loisir dans l’épanouissement et à l’amélioration de la Portée générale 2009 à la sports et des
toutes les villes et campagnes qualité de vie des populations et de faire des SCADD loisirs (MSL)
ainsi que des loisirs pratiqués loisirs, un levier de développement
par tous. économique, social et culturel.
IX- Population et genre
Politique nationale Une société débarrassée de Promouvoir le développement participatif et Portée générale 2009 Antérieure Ministère de la
‘’genre’’ toutes les formes d’inégalités et équitable des hommes et des femmes dans le à la promotion de la
d’iniquités de genre et qui respect de leurs droits fondamentaux. SCADD femme et du
assure à l’ensemble de ses genre (MPFG)
citoyens et citoyennes, les
sécurités essentielles pour leur
épanouissement social,
culturel, politique et
économique.
Politique nationale Au Burkina Faso, la politique Contribuer à la lutte contre la pauvreté par la Portée générale Adoptée en Antérieure Ministère de
de population nationale de la population recherche d’un équilibre entre population et décembre 2000 à la l’économie et
répond à des considérations ressources. SCADD des finances
démographiques, économiques (MEF)
et socioculturelles.
Politique nationale ‘’ Un Burkina Faso disposant de contribuer à une meilleure qualité de vie des 2010-2030 Elaborée en mai Ministère de

82
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
de population ressources humaines de populations en réduisant le taux de croissance 2010 l’économie et
(Révision 2) qualité, avec une population démographique de 3,1% en 2006 à 2,25% en des finances
ayant adopté des 2030 pour un développement humain durable. (MEF)
comportements procréateurs
favorables à l’épanouissement
des couples, des femmes, des
hommes et des enfants, dans le
cadre d’un Etat disposant de
plus de ressources pour les
investissements productifs’’.
Stratégie nationale ‘’À l’horizon 2025, le Burkina La SN de migration vise à promouvoir une Elaborée en Référence Ministère de
de migration Faso assure la protection et la gestion cohérente, efficace, intégrée et 2014-2025 juillet 2013 à la l’économie et
garantie effectives des droits concertée des migrations dans la perspective SCADD des finances
des migrants pour une de la réalisation du développement humain (MEF)
contribution optimale à la durable.
réduction de la pauvreté, à la
consolidation de la paix et de la
cohésion sociale, à la
promotion de l’intégration
régionale et sous régionale et
de la coopération
internationale’’
Stratégie nationale ‘’Faire de l’état civil, un Améliorer la performance / l’efficience du Ministère de
d’état civil instrument performant système d’enregistrement des faits d’état civil Portée générale 2012 Référence l’administration
d’identification de l’individu qui comme moyen d’assurer à chaque individu la à la territoriale et de
lui assure l’exercice de sa jouissance de ses droits et de produire des SCADD la
pleine citoyenneté, d’une part et statistiques sociodémographiques, utiles à la décentralisation
un outil de stabilité sociale et de planification du développement. (MATD)
prospective pour l’élaboration,
la mise en œuvre et le suivi
évaluation des politiques et
programmes de développement

83
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
d’autre part à l’horizon 2025’’.
XI- Recherche scientifique et Innovation
Politique nationale ‘’A l’horizon 2025, le Burkina Les objectifs stratégiques sont : Ministère de
de la recherche Faso dispose d’un système de • développer la recherche scientifique et 2013-2025 Oct. 2012 Réf recherche
scientifique et recherche scientifique et technologique ; SCADD scientifique et de
technologique technologique innovant et • promouvoir l’utilisation des résultats de la l’innovation
performant au service du recherche, des inventions et des (MRSI)
développement socio- innovations ;
économique des populations’’ • renforcer les capacités stratégiques et
opérationnelles du ministère.
Politique nationale ‘’ les acteurs du développement la promotion de l’utilisation intensive des Ministère de
de valorisation des utilisent régulièrement les technologies, des inventions et des Portée générale Elaborée en Référence recherche
technologies, technologies, les inventions et innovations pour contribuer au développement 2012 à la scientifique et de
inventions et les innovations pour améliorer économique, social et culturel du Burkina SCADD l’innovation
innovations leurs systèmes productifs et Faso. (MRSI)
leurs conditions de vie et cette
utilisation contribue au
développement socio-
économique durable du pays’’
XII- Bonne gouvernance
Politique nationale Finalité : la PNBG constitue un cadre général de 2005-2015 31/08/2005 Référence Ministère de la
de bonne • consolider les acquis pour référence, d’intégration et de synthèse en CSLP fonction
gouvernance soutenir l’élan actuel et matière de bonne gouvernance, énonce des publique, du
accélérer l’enracinement de principes, affirme des options et indique des travail et de la
la bonne gouvernance dans objectifs. Par conséquent, elle concerne tous sécurité sociale
tous les secteurs et par les plans d’actions sectoriels, projets, (MFPTSS)
tous les acteurs programmes, stratégies ou activités dont la
• anticiper sur les germes de réalisation traduit ces préoccupations
changement perceptibles majeures ou concourt à l’atteinte des objectifs
dans la société burkinabé de bonne gouvernance, quels que soient leurs
• renforcer le dynamisme de formes ou leurs secteurs.
l’économie, d’améliorer sa

84
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
compétitivité,
• améliorer les performances
des institutions et de
l’administration publique
Politique nationale "Des capacités institutionnelles, Permettre : Portée générale Ministère de la
de renforcement des humaines et matérielles • une meilleure formulation et une meilleure 2009 Référence fonction
capacités suffisamment renforcées pour mise en œuvre des politiques de CSLP publique, du
apporter une valeur ajoutée et développement et de bonne travail et de la
contribuer pleinement au gouvernance ; sécurité sociale
progrès économique et social • La mise en cohérence des différentes (MFPTSS)
du Burkina Faso". politiques sectorielles
• La prise en compte et la normalisation du
renforcement des capacités dans les
politiques, programmes et projets de
développement
• La coordination des programmes et
projets de renforcement des capacités
• L'adéquation entre offre et demande
d'éducation
• La prise en compte du genre et l'utilisation
optimale des ressources humaines
disponibles
• L'adoption de techniques permettant
d'optimiser l'utilisation des ressources
matérielles
• La reconnaissance effective du secteur
privé comme moteur du développement
et la création d'une masse critique de
capacités entrepreneuriales
Plan stratégique « Le Burkina Faso, un Etat de Promouvoir une administration publique Ministère de la
décennal de droit, dispose d’une capable de produire des biens et services de 2011-2020 Mai 2011 Référence fonction
modernisation de administration moderne, qualité en vue d’un développement durable et à la publique, du

85
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
l’administration performante, porteur de selon une démarche participative SCADD travail et de la
développement, au service de sécurité sociale
l’intérêt général, du citoyen et (MFPTSS)
de l’usager »
Stratégie nationale • Rendre aptes les collectivités territoriales Ministère de
de renforcement des Aucune à prendre efficacement et durablement en Portée générale 2011 l’administration
capacités des charge la gestion des affaires locales afin territoriale et de
acteurs de la de : la
décentralisation • Promouvoir un développement local axé décentralisation
sur la lutte contre la pauvreté ; (MATD)
• Améliorer les conditions de vie des
populations dans le respect des principes
de la bonne gouvernance et de la
démocratie ;
• Assurer de façon visible leur ancrage
institutionnel et territorial
Schéma national L’étude prospective Burkina Le SNADDT portera sur les grands problèmes Référence Ministère de
d’aménagement et 2025 a balisé le terrain. Elle a de fond à savoir la régulation démographique, pour la l’administration
de développement montré les issues possibles la scolarisation, le développement agricole, Horizon 2035 2014 SCADD territoriale et de
durable du territoire pour le développement du pays les désenclavements, etc. Mais cela qu’un la
en partant d’éléments objectifs certain nombre de conditions préalables décentralisation
(nationaux et internationaux) soient remplies. (MATD)
qui pourraient influer sur le
devenir du Burkina Faso. Le
SNADDT a pris en
considération ces éléments ;
l’éclairage territorial confirme
certaines tendances pour
conclure que le Burkina Faso
est à un tournant décisif de son
histoire. Ou il poursuit dans la
tendance actuelle et il s’enlise

86
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
ou alors il change de trajectoire
et prend la voie du
développement.
Politique nationale ‘’ une justice crédible, équitable, Rendre la justice plus performante, plus Référence Ministère de la
de la Justice indépendante, transparente, accessible et plus protectrice des droits et à la justice (MJ)
déconcentrée, compétente et libertés SCADD
accessible à tous ’’
Politique nationale Portée générale 2004 Ministère de la
de défense Antérieure défense et de la
sécurité (MDS)
Etude prospective ‘’ Une ‘’ Armée soudée, Ministère de la
Défense nationale performante, en conformité Horizon 2025 2010 défense et de la
2025’’ avec les ambitions et les défis sécurité (MDS)
du Burkina Faso et objet de
fierté nationale ‘’

Stratégie nationale La finalité de renforcer le dispositif national 2009-2012 2009 Antérieure Ministère de la
de sécurité intérieure de coordination des actions de lutte contre défense et de la
l’insécurité notamment dans les deux grandes sécurité (MDS)
villes du pays.
Politique sectorielle • Renforcer le cadre juridique et Ministère de
de la communication ‘’faire de la communication, institutionnel du secteur des media l’Information et
l’essence du dialogue et de la • Promouvoir et accompagner le 2011-2020 2011 Réf ENP de la
cohésion sociale, mais développement des médias publics et Burkina Communication
également un levier pertinent privés 2025 et (MIC)
du développement d’une Nation • Favoriser la participation des citoyens à la SCADD
de démocratie participative, où gouvernance et aux actions de
les citoyens expriment développement
librement leurs opinions,
partagent leurs expériences à
travers des canaux de
communication et s’engagent

87
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
dans la formulation des
politiques et la mise en œuvre
des programmes de
développement
XIII- Economie- Finances publiques et Monnaie
Politique sectorielle ‘’En 2020, le Burkina Faso Contribuer efficacement à assurer une 2011-2020 Avril 2011 Ministère de
2011-2020 de dispose d’un secteur de croissance robuste et durable et assurer une Réf l’économie et
l’économie et des l’Economie et des Finances gouvernance économique et financière SCADD des finances
fiances dynamique et efficace, de plus moderne, et performante. (MEF)
en plus compétitif et
performant, bien intégré dans la
sous région et ouvert au
monde’’.
Stratégie de ‘’En 2015, le Burkina Faso Contribuer à la mise en œuvre efficace des 2007-2015 Ministère de
renforcement des dispose d’un système de actions de lutte contre la pauvreté, en veillant 2007 Référence l’économie et
finances publiques gestion des finances publiques toutefois à ce que les interventions se fassent CSLP des finances
efficace et transparent, dans un environnement macroéconomique (MEF)
conforme aux normes stable.
internationale en la matière’’

Etude nationale ‘’ Le Burkina Faso, une nation • Unité nationale ; Ministère de


prospective ‘’Burkina solidaire, de progrès et de • Solidarité nationale ; Horizon 2025 Avril 2005 Référence l’économie et
2025’’ justice qui consolide son • Mise en place des infrastructures et pour la des finances
respect sur la scène mécanismes de soutien au commerce ; SCADD (MEF)
internationale’’ • Accès des acteurs économiques aux
ressources ;
• Amélioration des revenus des
populations ;
• Amélioration de la qualité de vie des
burkinabè ;
• Etat de droit ;
• Amélioration continue d’une image

88
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
positive du pays ;
• Consolidation de la gouvernance
administrative ;
• Promotion de la gouvernance politique ;
• Promotion de la bonne gouvernance
économique ;
• Promotion de la bonne gouvernance
locale ;
• Promotion de l’égalité de genre ;
• Diplomatie de développement et
amélioration du traitement des accords
internationaux ;
• Lutte contre l’insécurité ;
• Veille sur les programmes d’intégration ;
• Meilleure coordination du suivi des
processus d’intégration.
Politique nationale • Le développement économique : la mise Référence Ministère de
d’aménagement du en œuvre des activités économiques 2005 pour le l’économie et
territoire nécessaires à la survie et au Portée générale SNADDT des finances
développement de la société. et la (MEF)
• L’intégration sociale en tenant compte de SCADD
l’espace où s’est constituée et
développée la société selon un processus
historique déterminé.
• La gestion durable du milieu naturel,
c’est-à-dire la recherche permanente du
compromis entre d’une part, la nécessité
d’exploiter les ressources de
l’environnement pour assurer une
existence décente à l’homme
d’aujourd’hui et d’autre part les impératifs
de préserver les bases nécessaires à la

89
Politique / Stratégie Vision du secteur Orientations stratégiques Période Date Lien avec Ministères
couverte d’adoption la SCADD responsables
survie de l’homme d’aujourd’hui et de
celui de demain.
Document ‘’ Le Burkina Faso, une nation • Promouvoir l’intégration et la cohésion Référence Ministère de
d’orientation solidaire, de progrès et de national ; 2007 pour la l’économie et
stratégique (DOS) justice qui consolide son • Soutenir les territoires et les groupes SCADD des finances
respect sur la scène défavorisés et vulnérables ; (MEF)
internationale’’ • Promouvoir une économie compétitive ;
• Promouvoir et consolider l’Etat de droit ;
• Promouvoir une justice crédible et
accessible ;
• Promouvoir une culture d’intégrité ;
• Améliorer l’image de marque du Burkina
Faso dans le monde ;
• Mettre en œuvre une diplomatie active et
performante
Schéma directeur asseoir un système statistique A l’horizon 2015, l’objectif global du SSN est
statistique stable, efficient, produisant et de mettre à la disposition des utilisateurs des 2011-2015 2010 Réf Ministère de
diffusant des données données statistiques de qualité et SCADD l’économie et
statistiques fiables et suffisamment analysées, pour la conception, des finances
actualisées, répondant aux le suivi et l’évaluation des politiques et (MEF
besoins des utilisateurs pour la programmes de développement, notamment
conception ainsi que le suivi et la SCADD et les OMD.
l’évaluation de la mise en
œuvre des politiques et
programmes de développement
»

90
Annexe 2 : programmation des entretiens

Consultants
• Dabiré Bonoudaba, expert en planification du développement, chef de mission (70 21 44 62)
• Bambara Daniel, expert en planification du développement (70 25 03 60)
• Gnankambary Moumounou, expert en finances publiques (70 20 84 70)

PROGRAMME DES ENTRETIENS DE L'ÉTUDE SUR LA COHÉRENCE DES POLITIQUES PUBLIQUES AU BURKINA FASO

CONTENU DES ENTRETIENS

La mise en œuvre de la SCADD

Comment votre institution ou ministère contribue-t-il à la mise en œuvre de la SCADD ?


Quels sont vos motifs de satisfaction ou d'insatisfaction ?

Les politiques sectorielles

Votre ministère ou institution dispose-t-il d'un ou de plusieurs politique(s) sectorielle(s) ? S'il y en a plusieurs, expliquer pourquoi ?
Quels sont les documents qui ont servi de base à leur élaboration ?
Quels sont les points de cohérence et d'encrage avec la SCADD ?
Quel est le lien de votre politique sectorielle avec le Budget de l'État ?

Les secteurs de planification

Quelle est votre conception du secteur de planification ?

91
Votre Institution ou ministère intervient-il dans quel secteur de planification ?

Domaines Structures concernées Date Heure


Direction des études et des statistiques sectorielles (DGESS) du Ministère de
l'éducation nationale et de l'alphabétisation (MENA)
Éducation
DGESS du Ministère des enseignements secondaire et supérieur (MESS) Mercredi 12
[éducation de base, enseignements secondaire et 9 heures
DGESS du Ministère de la recherche scientifique et de l'innovation (MRSI) août 2015
supérieur, recherche scientifique]
Secrétariat permanent du Programme de développement stratégique de l'éducation de
base (SP/PDSEB)
DGESS du Ministère de l'agriculture, des ressources hydrauliques, de
l'assainissement et de la sécurité alimentaire (MARHASA)
Développement rural, environnement, assainissement
DGESS du Ministère des ressources animales (MRA) Mercredi 12
[agriculture/ hydraulique, élevage, environnement, 10 h 30
DGESS du Ministère de l'environnement et des ressources halieutiques (MERH) août 2015
assainissement]
Secrétariat permanent du Conseil national pour l'environnement et le développement
durable (SP/CONEDD)
DGESS du Ministère des infrastructures, du désenclavement et des transports (MIDT)
Infrastructures
DGESS du Ministère du développement de l'économie numérique et des postes
[infrastructures (routière, ferroviaire, aéroportuaire), Mercredi 12
(MDENP) 12 heures
transport, télécommunication/TIC, habitat / logement, août 2015
DGESS du Ministère de l'habitat et de l'urbanisme (MHU)
urbanisme]
Secrétariat permanent du Programme sectoriel des transports (SP-PST)
Énergie et mines
Mercredi 12
[énergie électrique, hydrocarbures (pétrole/gaz), DGESS du Ministère des mines et de l'énergie (MME) 16 heures
août 2015
mines/carrières]
DGESS du Ministère de la santé (MS)
DGESS du Ministère de l'action sociale et de la solidarité nationale (MASSN)
Santé et famille Mercredi 12
DGESS du Ministère de la promotion de la femme et du genre (MPFG) 17 h 30
[santé, action sociale, solidarité, femme/ genre] août 2015
Secrétariat permanent du Conseil national pour la promotion du genre (SP/CONAP
genre)
DGESS du Ministère de la justice,des droits humains et de la promotion civique Jeudi 13 août
Justice et droits humains 9 heures
(MJDHPC) 2015
Administration du territoire, aménagement du territoire, DGESS du Ministère de l'administration territoriale et de la décentralisation (MATD)
décentralisation Secrétariat permanent de la Conférence nationale de la décentralisation (SP/CONAD) Jeudi 13 août
10 h 30
[administration du territoire, aménagement du territoire, Direction générale de l'aménagement du territoire et du développement local (DGAT- 2015
décentralisation] DL)

92
Domaines Structures concernées Date Heure
Fonds permanent du développement des collectivités territoriales (FPDCT)
Direction régionale de l'économie et de la planification (DREP) du Centre
Association des régions du Burkina Faso (ARBF)
Association des municipalités du Burkina Faso (AMBF)
Gouvernorat du Centre
Délégation spéciale de la Mairie de Ouagadougou
Défense et sécurité DGESS du Ministère de la défense nationale et des anciens combattants (MDNAC) Jeudi 13 août
12 heures
[défense, sécurité] Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) 2015
Culture et tourisme DGESS du Ministère de la culture et du tourisme (MCT) Jeudi 13 août
16 heures
[culture et art, sports, hôtellerie, tourisme] DGESS du Ministère des sports et des loisirs (MSL) 2015
Jeudi 13 août
Industrie, artisanat, commerce DGESS du Ministère de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (MICA) 17 h 30
2015
DGESS du Ministère de la jeunesse, de la formation professionnelle et l'emploi
(MJFPE) Vendredi 14
Emploi, travail, sécurité sociale 9 heures
DGESS du Ministère de la fonction publique, du travail et de la sécurité sociale août 2015
(MFPTSS)
Direction des études et de la planification (DEP) du Ministère des affaires étrangères Vendredi 14
Coopération régionale et internationale 10 h 30
et de la coopération régionale (MAECR) août 2015
Direction de la prospective et de la planification stratégique (DPPS) de la Présidence
du Faso
Département de la gouvernance économique et financière (DGEF) du Premier
ministère
Vendredi 14
Institutions Direction des marchés publics et du suivi des projets (DMPSP) du Premier ministère 12 heures
août 2015
Département chargé de l'orientation économique, des finances et de la conjoncture
(DOEFC) du Conseil économique et social (CES)
Secrétariat général du Conseil supérieur de la communication (CSC)
Secrétariat général du Médiateur du Faso
DGESS du Ministère de l'économie et des finances (MEF)
Direction générale de l'économie et de la planification (DGEP)
Direction générale du développement territorial (DGDT)
Direction générale de la coopération (DG-COOP) Vendredi 14
Économie et finances 16 heures
Direction générale du trésor et de la comptabilité publique (DGTCP) août 2015
Direction générale du budget (DGB)
Secrétariat technique du Comité de pilotage du budget-programme de l'État (ST-
CPBPE)

93
94
Annexe 3: termes de référence

95
MINISTÈRE DE L'ÉCONOMIE BURKINA FASO
ET DES FINANCES Unité - Progrès - Justice
-------
SECRÉTARIAT TECHNIQUE NATIONAL DE LA
STRATÉGIE DE CROISSANCE ACCÉLÉRÉE ET
DE DÉVELOPPEMENT DURABLE
-------
01 BP 6119 OUAGADOUGOU 01
25 33 12 15 - www.scadd.bf

TERMES DE RÉFÉRENCE DE L'ÉTUDE SUR LA COHÉRENCE DES POLITIQUES


PUBLIQUES AU BURKINA FASO

Avec l'appui de :

Juin 2015

96
CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Dans la perspective d'inscrire le développement du Burkina Faso dans une vision de long terme, une étude
prospective, dénommée Étude nationale prospective (ENP) "Burkina 2025" a été réalisée, de 1999 à 2003.
Elle a permis de définir la vision consensuelle de développement à l'horizon 2025 suivante : "Le Burkina Faso,
une nation solidaire, de progrès et de justice qui consolide son respect sur la scène internationale", dont la
réalisation repose sur la définition et la mise en œuvre d'objectifs de développement à moyen terme. C'est
dans ce cadre que se sont inscrits le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) révisé, adopté en
2004 et, surtout, la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD), adoptée en
2010. Les objectifs du premier cycle de la SCADD, qui couvre la période 2011-2015, ont été dédiés à la
réduction de la pauvreté et à l'amélioration du niveau de vie des populations, par le moyen d'une accélération
de la croissance et de la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). En outre, le
premier cycle de la SCADD est structuré en quatre axes stratégiques, constitués d'orientations et actions
devant être concrétisées par les référentiels sectoriels et locaux de développement.

Cette approche était censée amenuiser le faible lien entre les différents niveaux d'intervention des politiques
publiques (global, sectoriel, local) et la faible mise en cohérence des actions y afférentes, ainsi que les
problèmes de cohérence de la plupart des politiques sectorielles avec le référentiel de développement, relevés
comme insuffisances du pilotage stratégique de l'économie burkinabè, par le Mécanisme africain d'évaluation
par les pairs (MAEP) (en 2008) et par la SCADD (en 2010).

À quelques mois de son échéance, l'appropriation de la SCADD apparaît mitigée du fait notamment, de
l'attentisme d'acteurs sectoriels et régionaux et de changements institutionnels fréquents au sein des
départements ministériels, comme cela est ressorti de l'évaluation de la performance globale de la SCADD sur
la période 2011-2014. Ceci est révélateur d'une persistance de la faible cohérence des politiques publiques
qui se manifeste, en plus, par : (i) leur foisonnement et leur multiplicité, induites, généralement, par les
changements institutionnels, (ii) la confusion et la divergence de leurs dénominations, contenus et horizons
temporels, (iii) le faible alignement des référentiels locaux (Plans régionaux de développement (PRD) et Plans
communaux de développement (PCD)) aux référentiels nationaux, rendant difficile la visibilité de la
contribution des collectivités territoriales à l'atteinte des objectifs nationaux de développement et renforçant les
disparités régionales de développement.

En outre, il demeure une faible concertation entre les acteurs du développement, nourrissant une insuffisance
de conciliation entre les priorités de développement et les ressources budgétaires, ainsi qu'entre les politiques
publiques et les instruments budgétaires, ce qui ne confère pas à la fonction de planification le rôle qui lui est
dévolu. Cela, d'autant que la notion de "secteur" a été réduite à celle de "ministère", achevant de déstabiliser
le système de planification. Alors que l'efficacité du pilotage de l'économie dépend de la possibilité de
conduire à terme, les politiques publiques, d'en évaluer les effets et d'en tirer les leçons, l'élaboration de
politiques sectorielles couvrant le domaine de compétences des départements ministériels, introduit dans la
planification, le germe de l'instabilité. Les départements ministériels naissent et disparaissent en fonction de
contingences de court terme, entraînant souvent l'arrêt des processus d'élaboration, de mise en œuvre, de
suivi ou d'évaluation des politiques publiques.

97
Tenant compte de cet état des choses, il a été retenu dans le cadre du processus d'élaboration du deuxième
cycle de la SCADD (2016-2020), qu'une réflexion porte spécifiquement sur la cohérence des politiques
publiques, en vue de proposer: (i) une définition des secteurs de planification, sur la base de critères précis,
(ii) une typologie des politiques publiques (globales, thématiques, sectorielles, locales, domaines de
compétence, nature des orientations, modes d'adoption, liens avec les référentiels supranationaux, etc.)
propice à l'optimisation de leur mise en œuvre et (iii) un dispositif susceptible d'assurer l'alignement effectif du
budget de l'État aux politiques publiques.

C'est à cet effet que la présente étude est initiée, avec l'optique que de meilleures modalités de prise en
compte des liens pauvreté-environnement, de l'économie verte, des modes de consommation et de production
durables, des changements climatiques, du genre et de la démographie dans les politiques publiques, soient
définies.

OBJECTIFS
L'objectif général de l'étude est de permettre l'adoption de dispositions de mise en cohérence des politiques
publiques au Burkina Faso, à même d'assurer l'effectivité et l'efficacité de leur mise en œuvre.

Ses objectifs spécifiques sont de réaliser une analyse rétrospective du système de planification du Burkina
Faso, comprenant un diagnostic de l'articulation et de la cohérence des politiques publiques (politiques,
stratégies, programmes, projets, plans, etc.) et des propositions de solutions aux insuffisances relevées et à la
prise en compte du genre, de la démographie, des liens pauvreté-environnement, des modes de
consommation et de production durables, de l'économie verte et des changements climatiques.

Dans ce sens, l'étude vise notamment à :

• élaborer des critères clairs et objectifs de définition des secteurs de planification de l'économie
burkinabè ;
• définir des secteurs de planification de l'économie burkinabè, sur la base de ces critères,
• élaborer une définition / typologie des politiques publiques selon l'horizon temporel (court, moyen ou
long termes), le champ d'intervention (global, sectoriel, intersectoriel, local), la nature des orientations
(orientations globales, actions, activités), la prise en compte des questions émergentes, les modalités
de mise en œuvre (dispositif institutionnel / instruments de mise en œuvre, de suivi et d'évaluation) et le
mode d'adoption (loi, décret, arrêté, etc.),
• concevoir des procédures d'élaboration des politiques publiques qui permettent d'éviter les
contradictions, redondances ou chevauchements,
• proposer un dispositif de vérification de la conformité des politiques publiques élaborées à la typologie
et aux procédures d'élaboration conçus, avant leur adoption,
• proposer un mécanisme permettant que chaque ministère, institution et collectivité territoriale se dote
d'un plan d'action annuel élaboré à partir des politiques publiques dont il a la charge et tenant compte
des ressources mobilisables,
• définir un mécanisme garantissant la prise en compte, par le budget de l'État et les budgets des
collectivités territoriales (budgets-objets et budgets-programmes), des actions / activités des plans
d'action annuels des ministères, institutions et collectivités territoriales,

98
RÉSULTATS ATTENDUS
Le principal résultat attendu de l'étude est la définition de dispositions de mise en cohérence des politiques
publiques au Burkina Faso, à même d'assurer l'effectivité et l'efficacité de leur mise en œuvre.

Les résultats spécifiques attendus de l'étude sont les suivants :

• une analyse rétrospective du système de planification du Burkina Faso, comprenant un diagnostic de


l'articulation et de la cohérence des politiques publiques (politiques, stratégies, programmes, projets,
plans, etc.), est réalisée et des propositions de solutions aux insuffisances relevées sont faites,
• des critères clairs et objectifs de définition des secteurs de planification de l'économie burkinabè, sont
élaborés,
• des secteurs de planification de l'économie burkinabè, sur la base de ces critères, sont définis,
• une définition / typologie des politiques publiques selon l'horizon temporel (court, moyen ou long
termes), le champ d'intervention (global, sectoriel, intersectoriel, local), la nature des orientations
(orientations globales, actions, activités), la prise en compte des questions émergentes, les modalités
de mise en œuvre (dispositif institutionnel / instruments de mise en œuvre, de suivi et d'évaluation) et le
mode d'adoption (loi, décret, arrêté, etc.), est élaborée,
• des procédures d'élaboration des politiques publiques qui permettent d'éviter les contradictions,
redondances ou chevauchements, sont conçues,
• un dispositif de vérification de la conformité des politiques publiques élaborées à la typologie et aux
procédures d'élaboration conçus, avant leur adoption, est proposé,
• un mécanisme permettant que chaque ministère, institution et collectivité territoriale se dote d'un plan
d'action annuel élaboré à partir des politiques publiques dont il a la charge et tenant compte des
ressources mobilisables, est proposé,
• un mécanisme garantissant la prise en compte, par le budget de l'État et les budgets des collectivités
territoriales (budgets-objets et budgets-programmes), des actions / activités des plans d'action annuels
des ministères, institutions et collectivités territoriales, est défini,
• des modalités et un calendrier de mise en œuvre des dispositions définies sont proposés.

PROFILS, QUALIFICATIONS ET MISSION DES CONSULTANTS

IV.1. Profils et qualifications des consultants


L'étude sera réalisée par trois (3) consultants, recrutés avec l'appui de Partenaires techniques et financiers
(PTF), soit deux (2) experts en planification du développement dont l'un sera le coordonnateur de l'étude et un
(1) expert en finances publiques.

L'expert en planification du développement, chef de la mission rédigera le rapport, avec l'appui des deux
autres experts. Il présentera le projet de rapport, avec la participation des deux autres experts, lors d'un atelier
national de validation. Les deux autres experts l'assisteront dans la préparation et l'animation dudit atelier et
rédigeront son compte-rendu.

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L'étude débutera courant juin 2015 et prendra fin le 31 juillet 2015 au plus tard, pour 30 hommes / jour par
consultant, pour les deux consultants membres de l'équipe. Le consultant coordonnateur de l'étude disposera
de 35 hommes/ jour pour produire le rapport final.

Les qualifications requises sont décrites dans le tableau ci-dessous.

Profils et qualifications des consultants

Fonction Qualifications et compétences

• Être titulaire d'un diplôme universitaire de troisième cycle en sciences économiques


[Diplôme d'études approfondies (DEA), Diplôme d'études supérieures spécialisées
(DESS), master, diplôme d'ingénieur ou doctorat].
• Avoir au minimum quinze (15) ans d'expérience dans le domaine de la conception, de la
mise en œuvre, du suivi et de l'évaluation des politiques publiques de développement
Expert en économique et social du Burkina Faso.
planification du
• Avoir une très bonne connaissance des expériences de planification que le Burkina Faso
développement,
a connues.
Coordonnateur de
l'étude • Avoir une parfaite maîtrise du français, à l'oral comme à l'écrit.
• Avoir d'excellentes capacités rédactionnelles.
• Une expérience avec l'administration du Burkina Faso sera un atout.
• Être capable de travailler en équipe, de communiquer et d'assurer un leadership.
• Faire preuve d'initiative, de réactivité, d'objectivité, d'organisation et avoir une bonne
méthodologie dans l'exécution du travail et le management des équipes.
• Être titulaire d'un diplôme universitaire de troisième cycle en sciences économiques
[Diplôme d'études approfondies (DEA), Diplôme d'études supérieures spécialisées
(DESS), master, diplôme d'ingénieur ou doctorat].
Expert en • Avoir au minimum quinze (15) ans d'expérience dans le domaine de la conception, de la
planification du mise en œuvre, du suivi et de l'évaluation des politiques publiques de développement
développement économique, environnemental et social du Burkina Faso.
• Avoir une très bonne connaissance des expériences de planification que le Burkina Faso
a connues.
• Avoir une parfaite maîtrise du français, à l'oral comme à l'écrit.
• Être titulaire d'un diplôme universitaire de troisième cycle en sciences économiques
[Diplôme d'études approfondies (DEA), Diplôme d'études supérieures spécialisées
(DESS), master, diplôme d'ingénieur ou doctorat].
• Avoir une expérience avérée de quinze (15) ans minimum dans la programmation et la
Expert en finances gestion budgétaires.
publiques
• Avoir une très grande maîtrise de l'approche budget-programme telle que promue par
l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
• Avoir occupé des fonctions de coordination et de supervision dans la planification et
l'élaboration des politiques publiques de développement économique et social du Burkina
Faso.

100
Fonction Qualifications et compétences

• Avoir une parfaite maîtrise du français, à l'oral comme à l'écrit.

IV.1. Mission des consultants

Les consultants auront pour mission : (i) d'élaborer un rapport de démarrage comprenant leur compréhension
des termes de référence, une méthodologie, un plan de travail et un chronogramme détaillé de la réalisation
de l'étude, (ii) de rédiger le rapport provisoire de l'étude selon les objectifs définis, (iii) d'assurer la restitution
de leurs travaux lors des rencontres qui auront lieu dans le cadre du déroulement de l'étude, (iv) de prendre
en compte les amendements formulés lors de ces différentes rencontres, (v) de rédiger le rapport final de
l'étude et (vi) de rédiger une note politique de l'étude.

DÉROULEMENT DE L'ÉTUDE

V.1. Organisation de l'étude

Les consultants chargés de la réalisation de l'étude, travailleront sous la supervision de l'équipe de rédaction
du document du deuxième cycle de la SCADD qui veillera à l'organisation des séances de travail nécessaires
à son bon déroulement.

V.2. Phases d'exécution de l'étude

Les phases d'exécution de l'étude seront essentiellement constituées d'une réunion de cadrage et d'un
séminaire national.

La réunion de cadrage aura lieu au démarrage de l'étude. Elle regroupera les consultants, l'équipe de
rédaction du document du deuxième cycle de la SCADD, le Secrétariat technique national de la SCADD
(STN/SCADD), la Direction générale de l'économie et de la planification (DGEP), la Direction générale des
pôles de croissance et de l'appui à la décentralisation (DGPC-AD), la Direction générale du budget (DGB), la
Direction générale de la coopération (DG-COOP), la Direction générale du trésor et de la comptabilité
publique (DGTCP), le Secrétariat technique du Comité de pilotage du budget-programme de l'État (ST-
CPBPE), le Secrétariat permanent du Conseil national pour l'environnement et le développement durable
(SP/CONEDD), les Directions générales des études et des statistiques sectorielles (DGESS) et les autres
secrétariats techniques des Cadres sectoriels de dialogue (CSD), les Directions régionales de l'économie et
de la planification (DREP), l'Association des régions du Burkina Faso (ARBF), l'Association des municipalités
du Burkina Faso (AMBF), le secteur privé, la société civile, les PTF et des personnes de ressources. La
réunion s'articulera autour dela compréhension des termes de référence de l'étude et de son cadrage
méthodologique, sur la base du rapport de démarrage.

Le séminaire national interviendra après la transmission de la version électronique du rapport provisoire de


l'étude par les consultants, à l'équipe de rédaction du document du deuxième cycle de la SCADD. Il réunira les
participants à la réunion de cadrage, ainsi que d'autres de l'administration publique, des structures de

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recherche, du secteur privé, de la société civile et des PTF, en vue de valider les résultats de l'étude. Il sera
organisé trois (3) semaines au plus tard après la réception du rapport provisoire de l'étude.

Le rapport final de l'étude, ayant intégré les amendements issus du séminaire national, devra être transmis en
version électronique, à l'équipe de rédaction du document du deuxième cycle de la SCADD, dix (10) jours au
plus tard après le séminaire national.

V.3. Calendrier indicatif de réalisation de l'étude

N° Activités Période / date


1 Élaboration des termes de référence et recrutement des consultants Avril - mai 2015
2 Réunion de cadrage 18 juin 2015
3 Dépôt du rapport provisoire 13 juillet 2015
4 Séminaire national 23 juillet 2015
5 Dépôt du rapport final 31 juillet 2015

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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Ministère de l’action sociale et de la solidarité nationale


1) Charte nationale de solidarité, 2006 ;
2) Politique nationale d’action sociale, juillet 2007 ;
3) Politique nationale de protection sociale, septembre 2012.

Ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation :


1) Stratégie nationale de renforcement des capacités des acteurs de la décentralisation, 2011 ;
2) Stratégie nationale d’état civil, 2012.

Ministère de l’agriculture, des ressources hydrauliques, de l’assainissement et de la sécurité


alimentaire
1) Politique nationale de l’eau, 1998 ;
2) Stratégie de développement rural à l’horizon 2015, 2003 ;
3) Stratégie nationale de développement durable de l’agriculture irriguée, 2006 ;
4) Plan national d’approvisionnement en eau potable et assainissement, novembre 2006 ;
5) Politique et stratégie d’assainissement (PSNA), 2007 ;
6) Politique nationale de sécurisation foncière, octobre 2007 ;
7) Guide de la révolution verte, janvier 2008 ;
8) Programme national d’investissement agricole (PNIA), septembre 2009 ;
9) Programme national de développement rural, 2012 ;
10) Politique nationale de sécurité alimentaire, octobre 2013 ;
11) Plan d’actions Gestion intégrée des ressources en eau (PA-GIRE), 2014 ;
12) Priorité résilience pays Alliance globale pour l’initiative résilience (PR-AGIRE), novembre 2014.

Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation


1) Schéma national d’aménagement et de développement durable du territoire, 2014.

Ministère de l’économie et des finances


1) Rapport du séminaire sur le renouveau de la planification, 1994 ;
2) Lettre d’intention de politique de développement humain durable, 1995 ;
3) Etude nationale prospective ‘’Burkina 2025’’, avril 2005 ;
4) Politique nationale d’aménagement du territoire, 2005 ;
5) Document d’orientation stratégique (DOS), 2007 ;
6) Stratégie de renforcement des finances publiques, 2007 ;
7) Schéma directeur statistique, 2010 ;
8) Politique nationale de population, décembre 2000 ;
9) Politique nationale de population (Révision2), mai 2010 ;
10) Stratégie de croissance accélérée et de développement durable, mars 2011 ;
11) Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, 2000 et octobre 2004 ;
12) Politique sectorielle 2011-2020 de l’économie et des finances, avril 2011 ;
13) Stratégie nationale de migration, juillet 2013

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Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation
1) Réforme du système éducatif, 2007 ;
2) Lettre de politique éducative, Novembre 2008 ;
3) Programme national d’accélération de l’alphabétisation, 2011 ;
4) Programme de développement stratégique de l’éducation de base, Août 2012.

Ministère de l’environnement et des ressources halieutiques


1) Plan décennal d’actions du secteur de l’environnement et du cadre de vie ;
2) Politique nationale en matière d’environnement, 2007 ;
3) Politique nationale de développement durable (PNDD), Octobre 2013 ;
4) Programme d’actions national d’adaptation à la variabilité et aux changements climatiques.

Ministère de l’habitat et de l’urbanisme


1) Politique nationale de l’habitat et de l’urbanisme, juillet 2007

Ministère de l’industrie, du commerce et de l’artisanat


1) Stratégie nationale de promotion des exportations, 2009 ;
2) Politique sectorielle 2011-2020, Septembre 2011

Ministère de l’information et de la communication


1) Politique sectorielle de la communication, 2011

Ministère de la culture et du tourisme


1) Politique nationale de la culture, 2008 ;
2) Politique nationale du tourisme, 2008.

Ministère de la défense et des Anciens Combattants


1) Politique nationale de défense, 2004 ;
2) Stratégie nationale de sécurité intérieure, 2009 ;
3) Etude prospective ‘’ Défense nationale 2025’’, 2010

Ministère de la fonction publique, du travail et de la sécurité sociale


1) Réforme globale de l’Administration publique, avril 2000 ;
2) Politique nationale de bonne gouvernance, Août 2005 ;
3) Politique nationale de renforcement des capacités, 2009 ;
4) Plan stratégique décennal de modernisation de l’administration, Mai 2011 ;
5) Politique nationale du travail, Juillet 2011

Ministère de la jeunesse, de l’emploi et de la formation professionnelle


1) Politique nationale d’enseignement et de formation technique et professionnelle, 2008 ;
2) Politique nationale de la jeunesse, 2008 ;
3) Politique nationale de l’emploi, 2008.

Ministère de la justice
1) Politique nationale de la Justice

Ministère de la promotion de la femme et du genre


1) Politique nationale ‘’genre’’, 2009

104
Ministère de la recherche scientifique et de l’innovation
1) Politique nationale de la recherche scientifique et technologique, Octobre 2012 ;
2) Politique nationale de valorisation des technologies, inventions et innovations, 2012

Ministère de la santé
1) Plan national de développement sanitaire, 2011 ;
2) Politique nationale de santé, 2011

Ministère des enseignements secondaire et supérieur,


1) Politique du sous-secteur des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique,
2010.

Ministère des infrastructures, du désenclavement et des transports


1) Stratégie du secteur des transports 2011-2025, Juillet 2011

Ministère des mines et de l’énergie


1) Politique sectorielle de l’énergie 2014-2025, Mai 2013 ;
2) Politique sectorielle des mines 2014-2025, Mai 2013.

Ministère des ressources animales


1) Politique nationale de développement durable l’élevage, 2010

Ministère des sports et des loisirs


1) Politique nationale des sports, 2007 ;
2) Politique nationale des loisirs, 2009

Autres références
• Giovani Andrea CORNIA, Richard Joly, Frances STEWARD: L’ajustement à visage humain, protéger
les groupes vulnérables et favoriser la croissance. Ed Economica, 1987.
• Déclaration de Khartoum, conférence internationale sur le facteur humain dans le redressement
économique et développement de l’Afrique, 1988.
• Pascal ZAGRE : Les politiques économiques du Burkina Faso, une tradition d’ajustement structurel, Ed
Karthala 1994
• Hidegard RUZIBIZA et Makane KANE : manuel générique de formation des formateurs aux politiques et
programmes de population FNUAP 2000.
• Agence canadienne de développement international (ACDI) : Guide de l’évaluation, 2004.

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