0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
48 vues5 pages

Résolution des systèmes linéaires par Gauss

Le document traite de la méthode du pivot de Gauss pour résoudre des systèmes d'équations linéaires. Il décrit comment réduire un système à une forme échelonnée pour déterminer le nombre de solutions possibles, qu'elles soient uniques, infinies ou inexistantes. Une attention particulière est donnée aux cas homogènes et à l'interprétation matricielle des systèmes.

Transféré par

ketsiamumbende2
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
48 vues5 pages

Résolution des systèmes linéaires par Gauss

Le document traite de la méthode du pivot de Gauss pour résoudre des systèmes d'équations linéaires. Il décrit comment réduire un système à une forme échelonnée pour déterminer le nombre de solutions possibles, qu'elles soient uniques, infinies ou inexistantes. Une attention particulière est donnée aux cas homogènes et à l'interprétation matricielle des systèmes.

Transféré par

ketsiamumbende2
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Systèmes d'équations linéaires - Méthode du pivot de Gauss

1 Un cas simple : 2 équations, 2 inconnues

On cherche à résoudre le système suivant, d'inconnues x et y.


(
ax + by = m
(S)
cx + dy = p

Quitte à échanger les deux lignes, on peut supposer que a 6= 0. Notre système est alors équivalent à
(
ax + by = m
a(cx + dy) = ap

On peut alors utiliser la première ligne pour "se débrasser de x" dans la deuxième : (S) est encore équivalent
à (
ax + by = m
a(cx + dy) − c(ax + by) = ap − cm
autrement dit (
ax + by =m
(ad − bc)y = ap − cm
Tout dépend donc de ad − bc :

• Si ad − bc 6= 0, il y a une unique solution :

ap − cm md − bp
y= , x=
ad − bc ad − bc

• Si ad − bc = 0, deux cas se présentent :

 Soit ap − cm 6= 0. Auquel cas le système n'a aucune solution.

 Soit ap − cm = 0. Alors le système est équivalent à ax + by = m, ou encore x = m b


a − a y . Il y a
alors une innité de solutions : chaque choix de y donne un x tel que (x, y) soit solution de (S)
(on dira que y est un paramètre).

Inteprétation matricielle : Le système (S) se réécrit AX = B avec


     
a b x m
A= , X= et B=
c d y p

Il y a alors une unique solution ssi A est inversible, autrement dit ssi det(A) = ad − bc 6= 0. Cette solution
est alors donnée par X = A−1 B , où
   
−1 1 d −b 1 md − pb
A = donc X= .
det(A) −c a ad − bc −cm + ap

Inteprétation géométrique 1 : Les lignes de (S) sont des équations de droites : D1 = {(x, y) ∈ R2 , ax +
2
by = m} et D2 = {(x, y) ∈ R , cx + dy = p}.
Si ad − bc 6= 0, alors ces deux droites ont des pentes diérentes, et donc ont un unique point d'inter-
section : ce qui revient à dire que (S) a une unique solution. Si ad − bc = 0, les deux droites ont la même
pente : dans ce cas, elles sont soient confondues, soit parallèles.
Pour départager ces deux cas, regardons les points d'intersection avec l'axe {y = 0}. Sur D1 , c'est le
p p
point tel que ax = m ; autrement dit ( m a , 0) . Sur D2 , c'est le point ( , 0). S'ils sont égaux, on a
c
m
a = c , ce
qui se réécrit ap = cm, et dans ce cas les droites sont confondues et (S) a une innité de solutions. Sinon,
ap 6= cm et les droites sont parallèles : il n'y a pas de point d'intersection, donc (S) n'a pas de solution.

1. on suppose ici a,b,c,d non nuls, mais le raisonnement s'étend aux autres cas (vériez-le !)
2 Cas général :

On va étendre ces idées à des systèmes un peu plus gros : on cherche à résoudre un système de n
équations à p inconnues : 
a x + a12 x2 · · · + a1p xp = b1
 11 1


.
(S) .
.


a x + a x · · · + a x = b
n1 1 n2 2 np p n

On va utiliser les faits suivants


2 :
( (
A=B A0 = B 0
• ⇐⇒
A0 = B 0 A=B

• α 6= 0, A = B ⇐⇒ αA = αB .
Si
( (
A=B A=B
• Pour tout réel λ, 0 0
⇐⇒
A =B A0 + λA = B 0 + λB

On en déduit qu'on peut appliquer les opérations élémentaires suivantes au système (S) sans en changer
les solutions :

• l'échange de deux lignes : Li ↔ Lj

• la multiplication d'une ligne par un réel non nul α : Li ← αLi

• l'ajout à une ligne d'un multiple d'une autre : Li ← Li + λLj

En imitant le cas simple à deux inconnues, on va utiliser ces règles pour se ramener à un système plus
facile à résoudre. C'est l'algorithme du pivot de Gauss : on va utiliser un coecient non nul devant une
inconnue xi pour se "débarasser" de xi dans les lignes en dessous. On élimine ainsi de plus en plus de
variables. Plus précisément :

1. Si a11 = a21 = · · · = an1 = 0, alors on a en fait un système de x2 , . . . , xp . On peut alors prendre


n'importe quelle valeur pour x1 (c'est un paramètre) et on résoud le système à p−1 inconnues
x2 , . . . , x p .

2. Supposons maintenant qu'un des ai1 6= 0. i-ème ligne, on peut


Quitte à échanger la première et la
même supposer que a11 6= 0. a11 comme "pivot" pour éliminer x1 dans toutes les
On utilise alors
a
autres équations via l'opération Lk ← Lk − k1 L1 pour k = 2 . . . n. Le système (S) est donc équivalent
a11
à



 a11 x1 + a12 x2 + · · · + a1p xp = b1
0
= b02

0 + α22 x2 + . . .


.
.
.




0
0 + αn2 x2 + . . . = b0n

0
3. On recommence ! Si l'un des αk2 est non nul, on échange L2 et Lk pour le "mettre en haut". On peut
0
donc supposer α22 6= 0, et on utilise ce pivot pour éliminer x2 dans les autres équations en utilisant
α0 0
Lj ← Lj − α0j2 L2 . Si tous les αk2 sont nuls, c'est-à-dire si x2 n'apparaît plus que dans la première
22
0
ligne, on regarde les αk3 et on procède de même.

4. En éliminant les inconnues une par une, on se ramène ainsi à un système échelonné , c'est-à-dire tel
que le nombre de coecients nuls au début de chaque ligne est strictement croissant. Il est donc de
la forme

2. Ils ont l'air évidents, mais vériez quand même que ce sont bien des équivalences !
 0

a11 x1 + a012 x2 + · · · + + a01p xp = b01
a02j2 xj2 + · · · + + a02p xp = b02





.

.

.




(SE) a0rjr xjr + · · · + a0rp xp = b0r
= b0r+1




 0
.

.


.




0 = b0n

où on a 1 < j2 < · · · < jr ≤ p, et où les pivots a011 , a02j2 , . . . , a0rjr sont tous non nuls. On appelle
inconnues principales les inconnues associées x1 , xj2 . . . xr et inconnues libres les autres inconnues.

(SE) équivalent S
est à : (x1 , . . . , xp ) est solution de (SE) si, et seulement si il est solution de (S).
Et (SE) est beaucoup plus facile à interpréter !

On appelle rang du système (S) l'entier r. Il correspond au nombre de pivots, donc au nombre d'inconnues
principales. On a donc
r≤n r≤p p=r+ nb d'inconnues libres

Résolution : On a alors diérents cas :


• Si l'un des b0r+1 , . . . , b0n est non nul, le système n'a pas de solution. Ce cas ne se produit que si r < n.
• Sinon, si b0r+1 = · · · = b0n = 0, en ôtant les lignes 0 = 0, on voit que le système est équivalent à


0 0
a11 x1 + a12 x2 + · · · +
 + a01p xp = b01
a02j xj2 + · · · + + a02p xp = b02



(SE 0 )
2
.
.
.




a0rjr xjr + · · · + a0rp xp = b0r

Alors,

 si r=p in n'y a pas d'inconnues libres, le système est triangulaire :



 a011 x1 + a012 x2 + · · · + + a01p xp = b01
a02j xj2 + · · · + + a02p xp = b02



(SE 0 )
2
.
.
.




a0rp xp = b0r

b0
et admet une unique solution, qu'on obtient "en remontant" : xp = a0r , d'où l'on déduit xr−1 en
rp
remplaçant xr par sa valeur dans la ligne Lr−1 , d'où l'on déduit xr−2 , etc.

 si r < p, les inconnues (xjr+1 , . . . , xp ) sont libres. On écrit :

 0

 a11 x1 + a012 x2 + · · · + a01jr xjr = b01 − a01jr+1 xjr +1 − · · · − a01p xp
a02j xj2 + · · · + a02j xjr = b02 − a02jr+1 xjr +1 − · · · − a02p xp



2 r
.
.
.




a0rjr xjr = b0r − a0rjr+1 xjr +1 − · · · − a0rp xp

et pour chaque choix d'inconnues libres (xjr+1 , . . . , xp ), on a une solution. Il y a donc une innité de
solutions.

Il y a donc trois cas possibles pour l'ensemble des solutions S d'un système d'équation linéaires (S) :

1. Soit il n'y a aucune solutions : S=∅ ;

2. Soit il y a une unique solution S = {X0 } ;


3. Soit il y a une innité de solutions, dépendant (linéairement !) du choix de p−r inconnues libres
p−r p−r
( ! )
X X
y1 , . . . yp−r : S= c1 + λ1i yi , . . . , cp + λpi yi , y1 , . . . , yp−r ∈ R ;
i=1 i=1

Systèmes homogènes : Dans le cas particulier où le second membre est nul (b1 = · · · = bn = 0),
on dit que le système est homogène . Un système homogène admet toujours au moins la solutions nulle
x1 = · · · = xp = 0. Il n'y a donc que deux cas possibles :

• soit le rang du système est égal au nombre d'inconnues, et la (0, . . . , 0) est la seule solution ;

• soit le rang est strictement inférieur au nombre d'inconnues, et il y a alors, en plus de (0, . . . , 0), une
innité de solutions non nulles.

En particulier, un système homogène qui a plus d'inconnues que d'équations a toujours une innité de
solutions.

Interprétation matricielle : Comme dans le cas simple à deux inconnues, on peut représenter ma-
triciellement le système (S). Appelons A = (aij )1≤i≤n,1≤j≤p ∈ Mn,p (R) la
n
matrice des coecients du
système, et B = (b1 , . . . , bn ) ∈ R le second membre. Résoudre le système (S) revient donc à cher-
p
cher X = (x1 , . . . , xp ) ∈ R tel que AX = B . Alors, en interprétant A comme une application linéaire
Rp → Rn , on peut interpréter l'existence et l'unicité des résultats comme suit :

• Le système a une solution si et seulement si B ∈ Im(A).

• Le rang du système (S) est le rang de la matrice A, c'est-à-dire dim Im(A).

• On rappelle le théorème du rang : p = rg(A) + dim Ker(A) . On avait déjà observé que p = r+
nb d'inconnues libres : on en déduit que le nombre d'inconnues libres est donné par la dimension du
noyau de A.
• Dans le cas où B=0 (système homogène), l'ensemble des solutions est S = Ker(A).
• Plus généralement, si X et X0 sont deux solutions de (S), alors A(X − X 0 ) = B − B = 0 donc
0
X − X ∈ Ker(A). Autrement dit, si X est une solution de (S), l'ensemble de toutes les solutions est
S = {X + Z, Z ∈ Ker(A)}.

Un exemple : On va résoudre le système à 4 inconnues et 3 équations suivants :




 − x2 + 2x3 + 13x4 = 5
(S) x1 − 2x2 + 3x3 + 17x4 = 4

−x1 + 3x2 − 3x3 − 20x4 = −1

Pour commencer, il faut que le coecient devant x1 dans la première ligne soit non nul. Ce n'est pas le
cas, donc on commence par échanger les lignes L1 et L2 :


 x1 − 2x2 + 3x3 + 17x4 = 4

− x2 + 2x3 + 13x4 = 5

−x1 + 3x2 − 3x3 − 20x4 = −1

On choisit alors comme premier pivot le coecient 1 devant x1 dans la ligne L1 . On va s'en servir pour
éliminerx1 dans les autres lignes. Pour L2 , comme x1 n'y gure pas, on n'a rien à faire. On fait donc
L3 ← L3 + L1 : 
x1 − 2x2 + 3x3 + 17x4 = 4

− x2 + 2x3 + 13x4 = 5

x2 − 3x4 = 3

On utilise maintenant le pivot −x2 au début de la deuxième ligne pour éliminer x2 dans la troisième ligne
via L3 ← L3 + L2 :


x1 − 2x2 + 3x3 + 17x4 = 4

− x2 + 2x3 + 13x4 = 5

2x3 + 10x4 = 8

On a ainsi obtenu un système échelonné de rang 3. Les inconnues principales sont x1 , x2 et x3 et il y a une
inconnue libre x4 . On exprime donc x1 , x2 , x3 en fonction de celle-ci :


x1 = 4 + 2x2 − 3x3 − 17x4 ,

x2 = −5 + 2x3 + 13x4 ,

x3 = 4 − 5x4

et on "remonte" pour remplacer x3 et x2 par leurs valeurs en fonction de x4 :


x 1
 = 4 + 2x2 − 3(4 − 5x4 ) + 17x4 = 4 + 2(3 + 3x4 ) − 3(4 − 5x4 ) − 17x4 = −2 + 4x4 ,
x2 = −5 + 2(4 − 5x4 ) + 13x4 = 3 + 3x4 ,

x3 = 4 − 5x4

L'ensemble des solutions est donc S = {(−2 + 4x4 , 3 + 3x4 , 4 − 5x4 , x4 ), x4 ∈ R}.

Un exemple à paramètre : On va résoudre, en fonction du paramètre a, le système



 x+ y− z =1

2x + 3y + az = 3

x + ay + 3z = 2

Le coecient devant x dans la ligne L1 est non nul, on peut donc s'en servir pour éliminer x dans L2 et
L3 par les opérations L2 ← L2 − 2L1 et L3 ← L3 − L1 :

x + y − z
 =1
y + (a + 2)z =1

(a − 1)y + 4z = 1

Le coecient devant y dans la ligne 2 étant non nul, on l'utilise comme pivot pour éliminer y dans la
ligne 3 via L3 ← L3 − (a − 1)L2 , ce qui donne :

x + y − z
 =1
y + (a + 2)z =1

(4 − (a + 1)(a + 2))z = 2 − a

soit, en remarquant que 4 − (a − 1)(a + 2) = −a2 + 4 + 6 = −(a − 2)(a + 3),



x + y − z
 =1
y + (a + 2)z =1

(a − 2)(a + 3)z = a − 2

Trois cas se présentent : soit a = 2, soit a = −3, soit a n'est ni l'un ni l'autre.

a) Si a = 2, la troisième ligne est 0=0 et le système équivaut à


(
x+y−z =1
y + 4z =1

Il y a alors 2 variables principales x et y que l'on exprime en fonction de la variable libre z :


(
x = 1 − y + z = 5z
y = 1 − 4z

Il y a donc une innité de solutions S = {(5z, 1 − 4z, z), z ∈ R}.


b) Si a = −3 la dernière ligne est 0=1 : le système n'a aucune solution.

c) Si a 6= 2 et a 6= −3, le système est de rang 3 et admet une unique solution :



x = 1 − y + z = 1

1
y = 1 − (a + 2)z = a+3
1

z = a+3

n o
1 1
d'où S= 1, a+3 , a+3 .

Vous aimerez peut-être aussi