UNIVERSITY OF CAPE COAST
INFLUENCE DES ÉLÉMENTS SYNTAXIQUES ANGLAIS SUR
L’ÉCRIT DES APPRENANTS DU FRANÇAIS LANGUE
ÉTRANGÈRE (FLE) AU GHANA. LE CAS DE QUELQUES ÉCOLES
SECONDAIRES DANS LA MÉTROPOLE DE CAPE COAST
JONAS KWABLA FIADZAWOO
2010
UNIVERSITY OF CAPE COAST
INFLUENCE DES ÉLÉMENTS SYNTAXIQUES ANGLAIS SUR
L’ÉCRIT DES APPRENANTS DU FRANÇAIS LANGUE ÉTRANGÈRE
(FLE) AU GHANA. LE CAS DE QUELQUES ÉCOLES SECONDAIRES
DANS LA MÉTROPOLE DE CAPE COAST
BY
JONAS KWABLA FIADZAWOO
Thesis presented to the Department of French, Faculty of Arts, University of
Cape Coast in partial fulfillment of the requirements for Award of Master of
Philosophy Degree in French
MAY, 2010
DECLARATION
Candidate’s Declaration
I hereby declare that this thesis is the result of my own original work and that no
part of it has been presented for another degree in this University or elsewhere.
Candidate’s Signature…………………………… Date……………………
Name: JONAS KWABLA FIADZAWOO
Supervisors’ Declaration
We hereby declare that the preparation and presentation of the thesis were
supervised in accordance with the guidelines on supervision of thesis laid down
by the University of Cape Coast.
Principal Supervisor’s Signature ………………………… Date…………………
Name: D. D. KUUPOLE (PROF.)
Co-Supervisor’s Signature………………………………. Date…………………..
Name: ALEXANDER KWAWU (MR.)
ii
ABSTRACT
Ghana after her independence adopted English Language as the official language
of the country. English therefore enjoys the highest status more than other Ghanaian
Languages since it is widely used as medium of communication in any national
activities in jurisdiction, legislation, Government policy information and in the press.
More so, despite the country being multilingual, English serves as the instructional
language in our schools right from primary to tertiary. It is also the language in which
major examinations are conducted. Dominant by status as it is over other Ghanaian
Languages, English tends to have much influence in the written French of some
students in Senior High Schools (SHS). The problem becomes much aggravated, as
some grammatical notions especially concord in English are not similarly applicable
in French. These phenomena have been the source of some of the major errors in
French Grammar or syntax committed by students, hence a serious concern for West
African Examination Council and the teachers of the language alike.
In this study, our attention is focused on three grammatical elements or parts of
speech common to both languages namely: possessive adjectives, articles (definite
and indefinite) and past participle. The study, based on tests conducted on third year
students of some S.H.S. in the Metropolis of Cape Coast, reveals that students do
commit many grammatical errors in written French due to some similarities and
differences in both languages. These errors are committed not only as result of
negative transfer of knowledge of English into French but also because of students’
inadequate knowledge of the target language. The thesis ends with useful pedagogical
suggestions that can help minimize the problem.
iii
REMERCIEMENTS
Nous tenons à exprimer notre très profonde gratitude à notre directeur de
mémoire Professeur Domwin D. KUUPOLE, qui a dirigé cette recherche avec
autant de patience et de vigilance malgré ses nombreux engagements
pédagogiques et administratifs. Ses conseils infiniment précieux et féconds, ses
encouragements tout au long de notre travail, ont été pour nous d’un prix
inestimable.
Nous tenons à remercier également notre directeur adjoint, M. Alexander
KWAWU pour ses suggestions importantes et pour sa patience.
Nous sommes aussi reconnaissant à M. Kofi Tsivanyo YIBOE et M. Anthony
De-SOUZA, qui nous ont fourni des documents importants et qui ne cessent
jamais de nous encourager depuis le début du programme.
Nous savons particulièrement gré à M. Edem BAKAH pour avoir accepté
volontiers de parcourir la première partie du travail et pour ses suggestions qui ont
aidé à améliorer le travail.
Nous remercions aussi M. Anthony NYANE, M. Mawuyra GLI, M. Baba
HARUNA et tous les enseignants au Département de français pour leur aide et
leur soutien moral.
Nous tenons à remercier vivement nos collègues: M. Ben BARDIS, M. Emil
KONTEVI et Mme Esiyah ATSU qui n’ont pas cessé de prier pour le groupe.
Enfin, aux membres de notre famille, surtout nos parents et Foh James Atsu
Hatoh les plus spéciaux dans notre vie, nous disons: Mawu nena miano agbe aƒo
wo de adu nu.
iv
DEDICACE
A ma mère, Mme. Florence A. Megbenou, à ma très chère épouse Anastasia E.
Kpeglo ainsi qu’à mon fils Jude Sedem Fiadzawoo.
v
SOMMAIRE
Page
DECLARATION ii
ABSTRACT iii
REMERCIEMENTS iv
DEDICACE v
INTRODUCTION 1
Cadre général de l’étude 1
Problématique 9
Questions de recherche 11
Hypothèses 12
Justification du sujet de recherche 12
Objectif du travail 14
Délimitation du champ de l’étude 15
Définitions opératoires des notions clés 16
Organisation des chapitres 22
CHAPITRE UN
CADRE THEORIQUE ET TRAVAUX ANTERIEURS
Introduction 24
Analyse contrastive 24
Analyse contrastive dans la didactique des langues 26
vi
Analyse d’erreurs 28
Interlangue et l’influence interlinguistique dans l’acquisition
de langue étrangère (L3) 30
Travaux antérieurs 34
Notion d’accord du genre et du nombre en anglais et en français 34
Genre 35
Déterminant possessif 42
Déterminant (article défini/indéfini) 45
Participe Passé 50
Nombre 56
Déterminant possessif (l’adjectif possessif) 63
Déterminant (article défini/indéfini) 65
Participe Passé 68
Travaux des transferts interlinguistiques 70
Conclusion partiel 79
CHAPITRE DEUX
MÉTHODOLOGIE DE L’ÉTUDE 81
Introduction 81
Public cible 82
Échantillonnage 83
Instruments de collectes des données 85
Étude-pilote 86
vii
Déroulement du questionnaire et des tests 87
Technique d’analyse des données 88
Conclusion partielle 89
CHAPITRE TROIS
PRÉSENTATION ET ANALYSE DES DONNÉES 91
Introduction 91
Vie socio-démographique et linguistique des apprenants 93
Déterminant possessif 101
Article 107
Participe passé 113
Dépouillement et analyses de la rédaction des apprenants 118
D’autres facteurs qui sous-tendent l’influence interlinguistique 124
Typologie des langues 125
Environnement linguistique d’apprentissage 125
Statut de langue source et de langue cible 126
Âge de l’apprenant 127
Facteur « recency » 128
Validation des hypothèses 129
Conclusion partielle 132
CHAPITRE QUATRE
PERSPECTIVES DIDACTIQUES ET CONCLUSION GÉNÉRALE 134
viii
Introduction 134
Perspectives didactiques de l’étude 134
Utilisation d’une macro-alternance 139
Recours à une micro-alternance 140
Conclusion générale 144
Référence 148
Annexe A : Questionnaire 155
Annexe B : Une rédaction exemplaire (d’une répondante) 161
Annexe C : Une rédaction exemplaire (d’un répondant) 162
Annexe D : Formule du calcul de note moyenne 163
ix
LISTE DE TABLEAUX
Page
Tableau 1 : Déterminant possessif en français 44
Tableau 2 : Temps verbaux du participe passé en anglais 51
Tableau 3 : Participe passé du verbe aller 53
Tableau 4 : Comparaison entre l’emploi du participe passé et
les accords en genre dans les deux langues 55
Tableau 5 : Formation du pluriel en anglais et en français 62
Tableau 6 : Choix d’un déterminant possessif selon l’accord
avec le possesseur ou le possédé 65
Tableau 7 : Participe passé au niveau des accords en nombre
en anglais et en français 69
Tableau 8 : Répartition de l’échantillon 84
Tableau 9: Âge des apprenants 93
Tableau 10 : Langues parlées par les apprenants 94
Tableau 11 : Langues parlées selon l’ordre d’acquisition 95
Tableau 12 : Langues écrites (au niveau de perfection) 97
Tableau 13 : Nombre d’apprenants et durée d’apprentissage du FLE 98
Tableau 14 : Zones majeures de transfert 99
Tableau 15 : Zones majeures de difficultés 100
Tableau 16 : Déterminant possessif (résultats) 105
Tableau 17: Test de déterminant possessif 106
Tableau 18 : Articles- défini et indéfini (résultats) 111
x
Tableau 19: Test des articles- défini et indéfini 112
Tableau 20 : Participe passé (résultats) 116
Tableau 21 : Test du participe passé 117
Tableau 22: Test de rédaction 119
Tableau 23 : Erreurs du genre et du nombre dans la rédaction
des apprenants 120
Tableau 24 : Domaines sensibles du transfert négatif chez
les apprenants 123
xi
LISTE D’APPREVIATIONS
1e , 2e, 3e 4e 5e première, deuxième, troisième, quatrième..etc. (positions)
1eme pers. première personne
2 eme pers. deuxième personne
3eme troisième personne.
% pourcentage
adj. adjectif
adj. poss. pl. adjectif possessif pluriel
adj. poss. sing. adjectif possessif singulier
f./fém. féminin
f.pl. déf. féminin pluriel défini
f.sing. def féminin singulier défini
f.pl.indéf. féminin pluriel indéfini
f.sing.indéf. féminin singulier indéfini
f.pl. féminin pluriel
f.sing. féminin singulier
m./masc. masculin
m.pl. masculin pluriel
m.s./m.sing. masculin singulier
N. /No. nombre
pl. pluriel
p.p.f.pl. participe passé féminin pluriel
p.p.f.s. participe passé féminin singulier
xii
plus. obj. plusieurs objets
sing. Singulier(ère)
SVO Sujet-Verbe-Objet (Objet : complément d’objet).
un seul obj. un seul objet
xiii
INTRODUCTION
Cadre général de l’étude
La langue, selon Saussure (1916) est un code, un ensemble de faits
linguistiques conçus comme appartenant à un répertoire dont dispose chaque
individu qui cherche à communiquer. La langue étant un code, d’après Saussure
(idem), c’est un système qui permet, en quelque sorte, à l’individu d’accomplir
des actes de parole, de rédiger un message. Saussure explique que, le code est
constitué d’un ensemble de signes, susceptibles de s’organiser selon certaines
règles, tandis que le message est la communication à partir d’un certain choix, de
signes organisés selon ces règles. Ce faisant, la langue est collective et la parole
est un emploi particulier, une actualisation de cet ensemble collectif. D’une autre
manière les règles d’un jeu qui définissent la manière dont on peut jouer
représentent la langue, les structures virtuelles de la langue tandis que le
déroulement de la partie, disputée selon ses règles, mais chaque fois d’une façon
différente, représente la parole (Saussure, idem).
Si la langue est un ensemble de signes susceptibles de s’organiser selon
certaines règles, alors son apprentissage aussi bien oral qu’écrit est
l’apprentissage des règles. Ce concept Saussurien nous signale aussi que nous ne
pouvons pas apprendre une langue telle que le français sans obéir à certaines
règles. Le français, en tant que langue, au cours de son histoire, est passé de statut
1
de langue nationale à celui de première langue internationale avant de laisser sa
place à l’hégémonie grandissante de la langue anglaise (Ade Ojo, 2002 : 2).
Au Ghana, l’enseignement-apprentissage du Français Langue Étrangère
(désormais FLE) date de plusieurs années, précisément en 1879 (Amonoo, 1988).
L’introduction du français au Ghana devient pertinente à cause de beaucoup de
facteurs, surtout le commerce et la position géographique du pays. Le Ghana est
entouré des pays francophones : à l’est par le Togo, à l’ouest par la Côte d’Ivoire
et au nord par le Burkina Faso. En plus, l’appartenance du Ghana aux
Organisations Internationales telles que l’Union Africaine (UA), l’Organisation
des Nations Unies (ONU) et la Communauté Économique des États de l’Afrique
de l’Ouest (CEDEAO) entre autres, oblige les Ghanéens à apprendre le français
pour satisfaire à leurs besoins socio-culturels, communicatifs, économiques et
politiques. A cet effet, l’enseignement-apprentissage du français au Ghana se
donne comme objectif primordial de développer chez les apprenants les
compétences linguistiques et communicatives à l’oral comme à l’écrit (Ministry
of Education, 2007).
Nous nous focalisons sur l’écrit, car la production écrite (une des quatre
compétences linguistiques qui obligent toujours le respect des règles) des
apprenants en situation institutionnelle s’avère très importante dans la progression
de l’enseignement-apprentissage. Un des moyens par lequel la compréhension des
matières scolaires est évaluée, c’est la production écrite. C’est pourquoi,
l’importance de cet aspect de formation des apprenants du FLE ne peut pas être
sous-estimée.
2
Cependant, notre expérience d’étudiant et nos observations d’enseignant nous
ont montré l’ampleur des difficultés qui se posent aux apprenants ghanéens quant
à l’acquisition des compétences à l’écrit en français. Au niveau de Senior High
School, les apprenants, à part d’autres matières scolaires, apprennent
obligatoirement l’anglais pour satisfaire au besoin du programme de SHS mis en
place par le Ministère de l’Education Ghanéen. Pour atteindre ces exigences, les
apprenants déploient beaucoup d’efforts dans l’apprentissage de l’anglais parfois
au détriment du FLE. En outre, l’anglais étant langue d’enseignement et langue
officielle du pays, la majorité des apprenants de SHS parlent beaucoup d’anglais à
l’école et à la maison avec leurs camarades et leurs familles respectivement sans
aucun effort à s’exprimer en français. Car l’environnement linguistique n’est pas
propice ou approprié pour qu’ils parlent français. D’ailleurs, la ressemblance de
certaines notions du français et de l’anglais surtout en morpho-syntaxe embrouille
les apprenants. Par conséquent, bon nombre d’apprenants ont la tendance à
transférer ces notions de l’anglais dans l’écrit du FLE. Comme l’affirme WAEC
Chief Examiners’ Report on General Arts Programme SSSCE (2006:39),
quelques candidats de SHS tendent à combler leurs lacunes en français en
introduisant l’anglais dans leur français écrit :
Some candidates were not able to put across their ideas
[…]. Some of them found a solution in the use of English
words and even phrases which is unacceptable.
On peut donc admettre qu’une des difficultés qui provoquent souvent les erreurs
chez les apprenants à part la nature interne de la langue française elle-même, est
l’influence interlinguistique (Kellerman & Sharwood Smith, 1986). Nous voulons
3
présenter quelques exemples de nos observations à ce niveau. En anglais, le mot
« information » est un mot non comptable et toujours au singulier. Les apprenants
de SHS qui ont déjà intériorisé cette notion en anglais écrivent souvent
‘informations’ en français avec l’article singulier malgré la présence de la marque
de pluriel ‘s’. Aussi les déterminants possessifs tels que « mon », « ton » « son »
etc., prennent en français l’accord en genre et en nombre. Mais comme cet aspect
grammatical n’existe pas en anglais, les erreurs comme « mon frères » au lieu de
« mes frères » « son oncles » au lieu de « ses oncles », « sa mari » au lieu de
« son mari » apparaissent souvent dans l’écrit des apprenants. Aussi, au niveau de
l’emploi du participe passé, il y a l’accord en genre et en nombre entre sujet et
verbe en français. Mais comme ce phénomène n’existe pas en anglais tel qu’en
français, il y a toujours la confusion chez des apprenants quand ils écrivent en
FLE. Nous pouvons attribuer certaines de ces confusions à l’influence de l’anglais
préalablement acquis par les apprenants.
Compte tenu de la situation scolaire ghanéenne, les langues qui sont déjà en
contact sont l’anglais, qui est l’héritage linguistique colonial (qui demeure langue
d’enseignement à partir de la quatrième année de l’école primaire) et d’autres
langues ghanéennes dont les prédominantes sont : des langues Kwa de l’Ouest ;
l’akan (44,1%) et l’éwé (13%) représentant 57,1%, et des langues Gur ; le
dagbani-15,9% (Adjabeng 1980 cité par Amuzu 2001: 2). Ainsi les apprenants se
trouvent déjà dans une situation linguistique caractérisée par des rivalités des
langues en contact avant l’introduction du français. En effet, dans la situation
4
plurilingue, il y a la tendance de transfert (le transfert positif ou le transfert
négatif) dans l’apprentissage d’autres langues (Oléron, 1964).
Nous partageons le point de vue d’Oléron (idem) quant au transfert positif
dans l’apprentissage (plurilingue). Il nous semble qu’un locuteur qui connaît déjà
la conjugaison en anglais par exemple, aura peut-être moins de difficultés à
maîtriser la même notion en français qu’un locuteur qui n’a jamais rencontré cette
structure grammaticale dans son bagage linguistique. De plus, la structure de base
(SVO) des langues française et anglaise est similaire, ce qui tend à accentuer le
phénomène de transfert (Ahukanna et al, 1981). Le transfert des connaissances
d’une langue à l’autre peut donc faciliter l’apprentissage.
Mais notre travail se situe dans le domaine didactique qui vise à trouver des
remèdes aux problèmes d’enseignement-apprentissage. Donc nous nous
intéressons à l’interférence ou au transfert négatif. Des rapports sur l’évaluation
des méthodes et des programmes d’enseignement du français au Ghana ont
confirmé que les apprenants commettent beaucoup d’erreurs et que ces erreurs
peuvent témoigner de leurs domaines de difficultés dans l’apprentissage du
français (WAEC, 2006). De même, d’après Yiboe (2001), des apprenants
éwéphones prononcent mal des phonèmes français parce que ces phonèmes
n’existent pas dans la langue éwé. Quant à lui, ce phénomène constitue le transfert
négatif de la langue première éwé dans l’apprentissage du FLE. Notre intérêt dans
cette étude porte sur l’influence des éléments syntaxiques anglais sur
l’apprentissage du FLE chez des apprenants ghanéens aux écoles secondaires.
5
Concernant le rôle de la langue source (langue première) dans
l’apprentissage d’une langue cible (langue étrangère), des behavioristes comme
Skinner (1957) de la théorie comportementale, affirment que puisque les langues
sont différentes dans tous les aspects, la langue source jouerait un rôle positif ou
négatif sur l’apprentissage de la langue cible. L’apprenant va transférer quelques
éléments de la langue source dans la langue cible (Lado, 1957). En effet, c’est
cette position qui amène Lado à proposer l’hypothèse de l’analyse contrastive
adoptée largement dans les années 60 et après, pour interpréter les erreurs
interférentielles des apprenants. L’approche contrastive (ou comparative) postule
que l’acquisition d’une langue étrangère est déterminée dans une certaine mesure
par les acquis des apprenants, à savoir les structures linguistiques de leur langue
maternelle (langue premièrement acquise).
Or pour les cognitivistes, (Chomsky, 1966 ; Piaget, 1967), à part le transfert
des acquis de la langue source, dans la langue cible, il y a d’autres facteurs dans la
langue cible elle-même qui peuvent provoquer les erreurs chez les apprenants-
l’erreur de l’apprenant, au sens chomskyen, représente « sa grammaire » à un
stade donné (Gaonac’h, 1991 :124). Ce qui les a amenés à proposer l’analyse des
erreurs (Corder 1967, 1980). L’analyse des erreurs a donné lieu à la notion
d’interlangue chez Selinker (1972) qui souligne que si les structures linguistiques
d’une langue étrangère d’un apprenant sont déviantes, mal formées, incorrectes ou
erronées, c’est en raison du fait qu’elles ne peuvent être complètement décrites ni
par les règles de sa langue première ni par celles de sa langue étrangère. En effet,
l’analyse des erreurs marque à partir des années 1960 une étape importante dans
6
la recherche en didactique des langues, progressivement détachée du cadre étroit
de la linguistique appliquée (Besse & Porquier, 1984).
Hamers (1997), distingue trois types d’interférence : les interférences
syntaxiques, les interférences phonétiques, et les interférences lexicales. Dans
notre travail, nous voulons nous pencher sur les interférences syntaxiques. La
syntaxe, selon Grevisse (2005) est l’ensemble des règles qui concernent le rôle et
les relations des mots dans la phrase. D’après Grevisse (idem), la syntaxe est
connue sous le terme, la grammaire- l’étude systématique des éléments
constitutifs d’une langue. Peytard et Genouvrier (1970 : 116) ajoutent aussi que,
la grammaire est indissociable du terme morpho-syntaxe. « La grammaire ainsi
entendue revient à une morpho-syntaxe comprenant une approche paradigmatique
des morphèmes et une approche syntagmatique des règles de combinaison
définies supra ; les deux approches restant évidemment complémentaires ». Selon
Weinreich (1953 :148) « l’interférence est définie comme l’emploi dans une
langue d’éléments appartenant à une autre langue ». Weinreich note que les
interférences observées chez les enfants pourraient être attribuées aux langues en
contact. Au point de vue de Sharwood, Smith et Kellerman (1986 :1), «
L’influence interlinguistique est un terme proposé dans les années 1980 afin
d’inclure certains phénomènes comme le transfert, l’interférence, l’évitement,
l’emprunt, et les aspects appropriés de manque langagier de L2 ». Nous
proposons d’analyser les erreurs à l’écrit en FLE, que commettent les apprenants
de SHS à cause des influences de la syntaxe anglaise, surtout les apprenants dans
la Métropole de Cape Coast. Le domaine de l’influence syntaxique semble être
7
très vaste. Nous nous focalisons donc sur les phénomènes des accords en genre et
en nombre au niveau de certaines parties de discours : l’adjectif possessif (le
déterminant possessif) le participe passé et le choix du genre et du nombre au
niveau de l’article défini et indéfini. Des apprenants de SHS dans la Métropole de
Cape Coast, comme d’autres apprenants ghanéens qui ont acquis un certain
niveau d’anglais et qui utilisent l’anglais plusieurs fois par jour plutôt que le
français, commettent des erreurs syntaxiques de l’accord en genre et en nombre,
car certains aspects de ces derniers n’existent pas dans la langue anglaise. Comme
le souligne Lado (1957:59):
... Those structures that are similar will be easy to learn
because they will be transferred and may function
satisfactorily in the foreign language. Those structuresthat
are different will be difficult because when transferred they
will not function satisfactorily in the foreign language and
will therefore have to change.
Lado, dans ce sens attribue la notion de transfert négatif de L1 dans
l’apprentissage de L2. Mais notre travail porte sur l’anglais qui n’est pas
forcément la langue première de nos enquêtés. Du point de vue de son statut,
l’anglais, au Ghana, est non seulement la langue de l’administration mais aussi
celle de l’enseignement et de la grande presse (Amuzu, 2000 :76). Aussi, d’après
Voegelin & Voegelin (1977), Gordon (2005), Leclerc (2005), cités par Haruna
(2008), l’anglais a environ un million de locuteurs au Ghana qui en usent uniquement
comme langue seconde ; un statut qu’aucune langue ghanéenne n’est attribué. Ainsi,
l’anglais est utilisé dans les affaires interterritoriales, dans l’enseignement
supérieur et secondaire, dans la Haute Cour, dans les secteurs scientifique et
technique et à l’Assemblée nationale. L’anglais bénéficie donc des fonctions les
8
plus prestigieuses à tous les égards au niveau national d’où la plus grande
possibilité de son influence sur l’écrit des apprenants du FLE.
Problématique
La présente étude porte sur l’influence des éléments syntaxiques anglais
sur l’écrit en FLE des apprenants du français de quelques écoles secondaires dans
la Métropole de Cape Coast.
Lors de nos études du FLE au niveau de licence (à l’Université de Cape
Coast), une quantité considérable de nos erreurs ainsi que celles de nos camarades
ont attiré notre attention, mais nous n’avons pas eu l’occasion de déterminer la
source de ces erreurs. En plus, au cours de nos pratiques d’enseignant à l’école
secondaire, nous avons constaté que les erreurs de nos apprenants sont plus ou
moins similaires à celles que nous avions commises ou observées chez nos
camarades. En effet, ces erreurs semblent avoir une autre origine que celles,
habituelles, liées à nos langues maternelles. L’influence de notre langue officielle,
l’anglais, semble y jouer un rôle déterminant.
Nous voulons ainsi considérer deux possibilités quant à la source des
erreurs que les apprenants du FLE au niveau SHS produisent à l’écrit : soit elles
proviennent de leur connaissance préalable de l’anglais, soit c’est leur
connaissance insuffisante de la langue française elle-même qui est à l’origine de
ces erreurs.
Notre recherche s’appuie sur une exploitation des tests écrits chez les
apprenants de SHS inscrits dans le programme de français et ayant appris
l’anglais en tant que la langue d’instruction à partir de l’école primaire afin de
9
dégager les occurrences systématiques des influences interlinguistiques de
l’anglais sur leur français écrit.
L’influence de la langue anglaise semble particulièrement préoccupante
dans les domaines où l’anglais et le français paraissent identiques (Kellerman,
1987). Un exemple en est la présence du genre grammatical dans ces deux
langues.
Selinker (1972 :52), cité dans Gaonac’h (1991 : 126-127), suggère que
« l’apprentissage d’une deuxième langue donne lieu à cinq processus centraux :
1-transfert à partir de la L1;
2-transfert d’apprentissage de la langue cible ;
3- surgénéralisation des règles de la langue cible ;
4- les stratégies de communication ; et
5- les stratégies d’apprentissage de la langue cible ».
Dans cette étude, nous nous intéressons surtout aux trois premiers éléments de
cette liste pour décrire les phénomènes liés à l’apprentissage du FLE.
Selon Lindsay & Norman (1980 : 512-513), « on appelle surgénéralisation la
confusion qui en résulte : l’utilisation d’un mot est généralisée à des situations
ayant certaines caractéristiques communes avec la bonne, mais dont l’emploi reste
inadéquat ». Dans le cadre de notre travail où deux langues sont en question, il est
important de souligner que les transferts à partir de l’anglais (L2) sur le français
(L3) semblent se faire d’une manière inconsciente par les apprenants. Nous allons
nous efforcer de montrer qu’une description de la structure des deux langues en
présence et une analyse précise des erreurs permettent de mettre en valeur la
10
source possible des erreurs. Par ces démarches, nous pouvons proposer des
solutions efficaces afin de réduire l’émergence des problèmes.
Notre problématique s’insère donc dans le domaine des phénomènes
d’influence ou de transfert négatif. Elle consiste à identifier et à analyser les
erreurs morpho-syntaxiques provenant de l’intrusion de l’anglais dans l’écrit en
FLE des apprenants de Senior High School et en particulier dans la Métropole de
Cape Coast.
Questions de recherche
Les deux questions principales sur lesquelles porte notre attention dans la
présente recherche sont :
1. Quelles sont les erreurs produites dans l’écrit en FLE par les apprenants de
SHS? Il s’agira ici d’identifier les productions erronées et les catégoriser. Les
problèmes de genre et de nombre et leurs accords par rapport à certaines parties
de discours seront identifiées et analysées.
2. Y a t-il des erreurs liées à la nature de la langue française elle-même en
dehors de l’influence de l’anglais préalablement acquis par les apprenants (les
erreurs dues à la surgénéralisation des règles morpho-syntaxiques par des
apprenants à cause de leur compétence restreinte en FLE (Selinker, 1972)?
Ici, nous voulons identifier les erreurs qui ont leur source au niveau de la nature
interne du français (la langue cible) même.
11
Formulation des hypothèses
Les hypothèses sur lesquelles la présente étude est basée sont les
suivantes:
1. L’influence des éléments syntaxiques anglais sur le FLE serait présente
dans le domaine de l’accord (genre et nombre), d’où les erreurs
morpho-syntaxiques dans l’écrit des apprenants de SHS.
2. Certaines erreurs syntaxiques des apprenants de SHS pourraient être liées à la
nature interne de la langue française elle-même.
Justification du sujet de recherche
L’écrit des apprenants comme nous l’avons déjà dit plus haut dans le
cadre général, est très important dans l’apprentissage. Il montre la progression
systématique de l’enseignement-apprentissage des langues y compris le FLE; de
l’oral on progresse à l’écrit (Nonnon, 2002).
Le problème de l’influence interlinguistique et surtout le problème lié aux
influences des éléments syntaxes anglais sur le français langue étrangère est en soi
un obstacle majeur pour tous les apprenants quelles que soient leurs langues en
contact (Surridge, 1995).
Dans cette étude, nous avons choisi l’analyse des erreurs morpho-
syntaxiques qui relèvent des difficultés des apprenants dont la similarité et la
différence du français et de l’anglais en genre et en nombre leur posent de grandes
difficultés dans l’apprentissage du FLE.
L’influence d’une langue source sur l’apprentissage d’une langue cible
(étrangère dans ce cas) a deux dimensions: l’une aide l’apprenant et l’autre lui
12
retarde le progrès. Plus souvent, l’enseignant tente de corriger les erreurs des
apprenants sans succès. Notre expérience personnelle dans la classe de FLE
montre que les mêmes erreurs corrigées aujourd’hui réapparaissent le lendemain
dans un autre devoir écrit. Le problème peut être dû à la compétence restreinte de
l’apprenant dans la langue étrangère ou à l’influence de la langue source sur la
langue cible (la langue à apprendre). Dans le cadre de cette étude, il s’agit de
l’interférence de quelques caractéristiques de la syntaxe anglaise sur celle du FLE.
Une étude de l’influence des éléments syntaxiques anglais dans l’écrit des
apprenants peut nous aider à trouver des solutions pratiques pour l’enseignement-
apprentissage du FLE. Selon Besse et Porquier (1984), l’analyse des erreurs a
deux objectifs, l’un théorique : pour mieux comprendre les processus
d’apprentissage d’une langue étrangère ; et l’autre pratique: pour améliorer
l’enseignement-apprentissage. Les deux s’articulent l’un à l’autre. Notre étude
peut servir comme une des pistes pour déterminer la source possible des erreurs
syntaxiques chez les apprenants du FLE et les démarches à suivre pour résoudre
le problème. Autrement dit, une telle recherche servirait à mieux expliquer et à
mieux résoudre certains problèmes interlinguistiques dans l’écrit en FLE de nos
apprenants. Notre étude s’avère pertinente, car jusqu’ici, à part Amuzu (2000) et
Yiboe (2001) qui ont fait des études pareilles portant sur le domaine du transfert
linguistique chez les apprenants qui ont la langue éwé comme langue première, et
aussi Bagnia (2008), qui a étudié ‘l’impact du dagara une langue d’origine Gur
sur le FLE’, à notre connaissance, aucun travail n’a été fait sur l’aspect visé
13
concernant le sujet et le lieu multilingue tel que la Métropole de Cape Coast, que
nous avons proposé.
Objectifs du travail
Notre intérêt pour ce travail dans le domaine du bilinguisme remonte à
notre expérience personnelle en tant qu’apprenant et ensuite dans notre capacité
d’enseignant. Ainsi, notre étude se situe dans le domaine didactique et
linguistique. Elle vise à étudier les causes possibles des erreurs syntaxiques chez
les apprenants et à proposer quelques remèdes aux problèmes posés par
l’influence interlinguistique à l’enseignement-apprentissage des langues et surtout
du FLE. Certains didacticiens comme Fries (1945), Lado (1957), Selinker (1972),
Corder (1981), affirment que l’objet primordial de la didactique de langue est de
trouver des remèdes aux facteurs interférentiels par la méthode d’analyse des
erreurs. Notre analyse vise aussi à déterminer les raisons de l’influence des
éléments syntaxiques de l’anglais dans l’écrit en FLE des apprenants de SHS et à
répondre à certaines questions qui sont souvent posées par certains enseignants
ainsi que par les apprenants eux-mêmes. En tout, notre objectif est de rechercher
des remèdes aux difficultés interlinguistiques rencontrées par les apprenants dans
la production écrite en FLE dans un milieu multilingue.
Au-delà du cadre restreint de cette étude, nous voulons aussi contribuer aux
recherches visant à l’application des apports didactiques et linguistiques à
l’enseignement-apprentissage du FLE au Ghana et dans le monde.
14
Délimitation du champ de l’étude
Les difficultés soulevées par l’influence interlinguistique sont nombreuses.
Elles se présentent dans tous les aspects de la langue : morphologiques, lexicaux,
phonétiques et morpho-syntaxiques. Nous ne pouvons pas couvrir tous ces aspects
dans une seule recherche. Ainsi notre étude se limite-t-elle à l’aspect morpho-
syntaxique. Nous voulons étudier les difficultés de l’accord en genre et en
nombre au niveau de certains éléments grammaticaux dans la langue française: le
déterminant possessif (de l’adjectif possessif), les articles (défini et indéfini) et le
participe passé. Ceci est par rapport au transfert linguistique des traits
caractéristiques de la syntaxe anglaise sur l’écrit aux systèmes linguistiques du
français par des apprenants. D’ailleurs, puisque notre recherche est une étude de
cas, nous nous limiterons également aux apprenants qui ont appris le français
pendant au moins trois ans. Les quatre établissements scolaires de SHS que nous
avons choisis dans la Métropole de Cape Coast comprennent: Mfantsipim
College, Holy Child Senior High School, University Practice Senior High School
et Christ the King Academy Senior High School. Notre choix de ces
établissements scolaires est justifié dans le chapitre deux sous le titre ‘le public
cible’. Mais la considération centrale est axée non seulement sur l’environement
linguistique de l’apprentissage du FLE, mais aussi, sur la possibilité d’avoir un
échantillonnage représentatif.
Notre étude se situe dans un contexte où les apprenants parlent des langues
maternelles diverses que nous ne connaissons pas bien. Il se peut que quelques
erreurs syntaxiques commises par les enquêtés soient dues à l’influence de leurs
15
langues maternelles (Lado, 1957, Amuzu, 2000, Yiboe, 2001 et Bagnia, 2008).
Nous nous inspirons des considérations de Houis (1971) qui sont en rapport avec
des principes cognitivistes pour combler cette lacune. C’est pourquoi nous avons
complété l’analyse contrastive par l’analyse des erreurs (Oléron, 1964 ; Corder,
1967, Chomsky, 1973). Quelles sont les notions clés associées à cette recherche ?
Définition opératoire de quelques notions clés
La langue source :
La langue source, en général, est synonyme de langue de départ et dans sa
définition en didactique, peut être remplacée par la première ou la deuxième
langue de l’apprenant. Selon Dabène (1994 :16) « langue source est opposée à
celle de langue cible et fréquemment utilisée dans les analyses de linguistique
contrastive ». Elle remarque que le terme «langue source » ne désigne
généralement dans cette perspective qu’une entité abstraite, décrite par les
linguistes, et non l’ensemble des compétences réelles des sujets. En ce qui
concerne notre recherche, elle porte sur une langue à laquelle l’apprenant se réfère
pour construire son interlangue ; celle-ci peut être sa L1 ou sa L2. Mais dans la
présente étude, notre attention est centrée sur l’anglais comme la langue source,
car tous nos enquêtés parlent et écrivent cette langue.
La langue cible :
La langue cible dans la terminologie contrastive désigne la langue
étrangère (dans ce cas, le FLE), objet d’un apprentissage dont on (les
contrastivistes) affirme souvent qu’il se différencie de l’apprentissage de la langue
maternelle (L1) et ne pose pas le même problème que celui de L1 lors de son
16
apprentissage. Selon Cuq (1991: 99) ; « toute langue non première est une langue
étrangère. Parmi les langues étrangères certaines ont des propriétés particulières
qui les font appeler langues secondes ». D’après Bogaards (1991 :30), on parle de
langue seconde quand l’apprentissage se fait au contact des locuteurs natifs de la
langue à apprendre, et de langue étrangère quand ce genre de contact manque.
Pour la présente étude, le français est langue étrangère et l’anglais est langue
d’enseignement dans notre système éducatif. Autrement dit, le français dans ce
cas devient langue cible alors que l’anglais est langue source ou langue de
départ. Mais, chronologiquement par rapport à la langue maternelle (L1) et la
condition de l’apprentissage au Ghana, l’anglais, devient langue seconde (L2) et
le français est langue étrangère (dans ce sens L3). Mais rappelons que nous ne
travaillons pas sur la langue maternelle dans ce travail. Notre étude se situe dans
un milieu linguistique où nos enquêtés parlent des langues maternelles diverses
que nous, en tant qu’enquêteur, ne comprenons pas bien. Il y a même des
apprenants qui réfèrent à la langue anglaise comme leur langue première; dans ce
cas l’anglais devient leur L1.
Le transfert :
Le transfert consiste à réutiliser dans l’apprentissage d’une L2 les habitudes
et savoirs acquis préalablement. Selon Odlin (1989 :27) « le transfert se définit
comme l’influence résultant des similarités et des différences entre la langue cible
et une autre langue qui a été précédemment (et peut-être imparfaitement)
acquise ». Oléron (1964) affirme que la similitude entre les structures de deux
langues facilite l’apprentissage, alors que leur différence tend à rendre cet
17
apprentissage difficile dans la mesure où l’apprenant doit changer une habitude
enracinée dans son comportement verbal. Les effets de similitude et de différence
entre la langue source et la langue cible sont conçus respectivement en termes de
transferts à résultats positifs et négatifs. Oléron (op.cit) ajoute qu’il y a transfert
lorsqu’une activité précédente modifie, par facilitation ou par inhibition, celle qui
suit. Dans le cas de transfert positif, il pense qu’une acquisition antérieure aurait
facilité l’amélioration de l’efficience dans l’exécution ou l’apprentissage de la
tâche qui suit. Par contre, il y a un transfert négatif au cas où l’influence de
l’acquisition antérieure d’une première tâche se traduirait par une diminution de
l’efficience de la seconde. Dans notre étude, nous considérons le transfert négatif.
Mais en général, en tant qu’enseignant, le concept de transfert va nous permettre
de savoir comment gérer les acquis des apprenants afin de bien enseigner ce qui
est ciblé.
Les erreurs :
Selon Perdue (1977), les erreurs se distinguent des fautes ou des lapsus
d’un sujet parlant. Le sujet parlant se corrige quand il fait une faute. Il la reconnaît
même si son attention n’est pas attirée sur le lapsus.
La notion d’erreur par rapport à notre travail, tient au niveau morpho-
syntaxique ou grammatical, c’est-à-dire au « dérèglement » du système
linguistique de l’apprenant dans la production écrite au niveau des accords en
genre et en nombre dans la langue étrangère.
Rappelons que la position behavioriste considère qu’une bonne méthode
doit conduire à un apprentissage sans erreur (Corder, 1967, 1971, 1980). « Si en
18
réalité des erreurs se produisent, c’est que la méthode n’est pas correctement
conçue, ou que des circonstances particulières liées à l’élève, (comme par
exemple, la fatigue, l’inintention…) conduisent à une performance imparfaite »
(Gaonac’h 1991 :123). L’erreur est donc considérée comme une anomalie, une
faille, voire quelque chose d’inconcevable. Cependant, le statut de l’erreur s’est
quelque peu modifié aujourd’hui. Selon le point de vue des cognitivistes, l’erreur
constitue un phénomène naturel, inévitable et nécessaire qui reflète le montage
progressif des grammaires d’apprentissage sur la base d’hypothèses successives
(Brown & Fraser, 1963).
Apprentissage ou acquisition ?
Face à des conceptions chomskyennes (qui pensent qu’il existe dans
l’acquisition une structure innée du langage naturel) de la langue dans les années
1970, une distinction entre « apprendre » une langue et « acquérir » une langue a
été proposée par Krashen (1982). Selon Matthey (1996 :2), « dans le cas
d’acquisition d’une langue, c’est uniquement l’exposition de l’apprenant à des
données intelligibles de la langue cible (comprehensible input) qui lui
permettraient, inconsciemment, d’acquérir une compétence linguistique dans cette
langue, pour autant que le filtre affectif ne soit pas trop fort ».
Quant à l’apprentissage, Cuq et Gruca (2002 :23) le considèrent comme
« une démarche consciente, volontaire et observable dans laquelle un apprenant
s’engage, et qui a pour but l’appropriation. L’apprentissage peut être défini
comme un ensemble de décisions relatives aux actions à entreprendre dans le but
d’acquérir des savoirs ou des savoir-faire en langue étrangère ». En ce qui
19
concerne les modalités de réalisation des activités de l’apprentissage, il existe
plusieurs paramètres qui jouent à la fois un rôle décisif : les paramètres du temps,
du lieu, de la durée de l’apprentissage, des conditions de l’apprentissage, etc. En
considérant ces paramètres, Dabène (1994), note donc que l’apprentissage est ce
qui se déroule en milieu scolaire. C’est ce que l’on appelle aussi l’apprentissage
formel qui s’oppose à l’apprentissage informel-l’acquisition de la langue
maternelle.
La description des mécanismes de l’apprentissage formel dans un milieu de
L2 (le cas de notre recherche) fait référence d’une part à l’analyse contrastive, et
d’autre part à l’analyse des erreurs propre au domaine de la didactique des
langues, qui découlent l’une et l’autre des théories générales de l’apprentissage.
Nous partageons la théorie behavioriste sur ce point précis que l’apprentissage
d’une langue nouvelle par un adulte n’est plus inné mais plutôt mécanique, car il a
déjà appris les règles grammaticales de sa langue maternelle et/ou d’autre(s)
langue(s). Certains de nos enquêtés sont adolescents et d’autres sont adultes (de
15 ans à 21 ans). Comme ajoute Girard (1972), l’âge de 11 ans à 12 ans
correspond à la fin de la période la plus favorable pendant laquelle la faculté
d’imitation de l’enfant est considérable. Chez un apprenant adolescent/adulte, ces
paramètres qui ont acquis leur place entre les principes et les expériences
linguistiques doivent être refixés en fonction des principes de la langue cible,
contrairement à la situation d’un enfant qui s’adapte à ces paramètres en fonction
des principes vierges. Nous constatons ainsi que l’apprentissage d’une langue
nouvelle par un adolescent/adulte, qui est un processus où il doit (re)fixer certains
20
paramètres en fonction de la langue cible, est parfois difficile, dans le milieu
formel.
Comme nous l’avons déjà indiqué plus haut dans l’introduction, notre
étude porte sur l’apprentissage formel d’une troisième langue dans le milieu de(s)
langue(s) maternelle(s) et de l’anglais, par des apprenants de l’école secondaire au
Ghana. Nous ne nous intéressons pas ici à l’apprentissage informel ni au milieu
naturel de la langue cible. Un apprenant adolescent ou adulte qui n’est pas illettré
cherche toujours des règles et des explications car il dépasse déjà la période
d’imitation de l’enfant. (L’apprentissage d’une langue est un processus
d’imitation, Girard, 1972). Selon la théorie behavioriste, ceci rend son
apprentissage purement mécanique, avant qu’il n’arrive à la phase d’acquisition
où il n’aurait donc plus besoin d’apprendre toutes les configurations syntaxiques
de la langue cible.
Puisque cette étude est centrée sur les transferts négatifs issus d’un
apprentissage d’une langue étrangère, nous présentons notre travail d’analyse des
systèmes syntaxiques des deux langues en question dans cette étude à la lumière
de ces notions. Cette analyse est réalisée à deux niveaux : l’analyse contrastive et
l’analyse des erreurs. Car la relation entre un apprentissage antérieur et un
apprentissage nouveau, que l’on l’envisage dans un cadre behavioriste ou dans un
cadre constructiviste, justifie le double recours à une analyse contrastive, fondée
sur des descriptions linguistiques, et à une analyse des erreurs, en termes de
difficultés d’apprentissage (Besse & Porquier, 1984).
21
L’écrit :
L’écrit constitue une des quatre compétences de l’apprentissage d’une
langue. Ces compétences sont: comprendre, parler, lire, et écrire. Selon Le Petit
Larousse (2003 :361), le mot ‘écrit’ (nom du verbe ‘écrire’) est polysémique.
Mais cet ouvrage propose deux définitions suivantes qui nous conviennent dans
la présente étude:
1. Exprimé par le moyen de l’écriture ; Épreuves écrites d’un examen.
2. Ensemble des épreuves écrites d’un examen, d’un concours par opposition
à l’oral.
Notre travail se focalise sur l’ensemble des épreuves écrites des apprenants.
C‘est-à-dire, nous constituons le corpus de l’étude à travers la production écrite
des apprenants. En effet, notre corpus est constitué à travers l’écrit des tests par
les apprenants.
Senior High School :
Le terme Senior High School pourrait correspondre au lycée du système
francophone. L’examen final passé à ce niveau est l’équivalent du baccalauréat
deuxième partie de la classe de terminale. Cette équivalence se justifie du fait que
les apprenants qui réussissent à l’examen final de Senior High School Certificate
Examination appelé récemment WASSCE entrent directement à l’université sans
passer aucun concours.
Organisation des chapitres
Notre travail est divisé en quatre chapitres. En guise d’introduction, nous
présentons le cadre général, qui englobe quelques repères sur le problème que
nous étudions et le cadre dans lequel nous allons inscrire notre sujet. Ensuite,
22
nous traitons quelques notions qui sont pertinentes à notre sujet en termes de
définition. Ces notions sont : langue source, langue cible, langue étrangère,
transfert, apprentissage-acquisition et erreurs. Cette étape comporte aussi notre
problématique, nos questions de recherche et finalement nos hypothèses.
Le premier chapitre consiste en cadre théorique, c’est-à-dire, les
fondements théoriques sur l’apprentissage des langues et la revue de la littérature
disponible par rapport au sujet. Le chapitre deux est consacré à la méthodologie
adoptée pour la réalisation du travail. La technique choisie comporte des
questionnaires et une série de tests écrits basés sur le modèle WAEC. Le but de
ces tests est de présenter un corpus sur la population visée afin de faire des
analyses des données pour déterminer la source des problèmes examinés. Ces
analyses, voire l’analyse contrastive et l’analyse des erreurs, sont en rapport avec
l’anglais et le français au niveau de l’accord en genre et en nombre sur les trois
éléments grammaticaux que nous étudions : les articles défini et indéfini; le
participe passé; et les déterminants possessifs. Le troisième chapitre constitue la
présentation et la discussion des données recueillies. Nous présentons dans ce
même chapitre, sous forme de tableaux les domaines sensibles et les sources
possibles de la production d’erreurs dans les aspects morpho-syntaxiques étudiés.
Dans le dernier chapitre, c’est-à-dire le chapitre quatre, nous présentons les
perspectives pédagogiques et ensuite la conclusion générale de l’étude.
23
CHAPITRE UN
CADRE THÉORIQUE ET TRAVAUX ANTÉRIEURS
Introduction
Ce chapitre se donne comme objectif de construire une base solide pour
notre étude. Les théories didactiques et linguistiques qui cadrent le mieux avec
cette étude sont l’analyse contrastive et l’analyse des erreurs basées sur les
apports behavioristes et cognitivistes. La deuxième partie du chapitre sera
consacrée aux travaux antérieurs effectués dans le domaine de notre étude.
L’analyse contrastive
Une des idées proposées par l’école behavioriste (Bloomfield, 1935 ;
Skinner, 1938) que l’apprentissage de L2 est déterminé principalement par la
structure de L1 de l’apprenant forme la base de la théorie d’analyse contrastive.
La comparaison de deux langues, quelles soient proches ou non, est ce que l’on
entend généralement par analyse constrastive. La seule contrainte liée à la
linguistique contrastive est d’être limitée à une paire de langues sans aucune
exigence de parenté entre ces langues. L’analyse constrastive résulte à l’origine,
des études de contact des langues (Weinreich, 1953; Haugen, 1956) décrivant une
influence de la première langue des immigrants par leur nouvelle langue.
Weinreich (idem) décrit deux ou plusieurs langues considérées d’être en contact si
elles sont employées par les mêmes individus. Weinreich (1953) a fait ses études
24
sur le bilinguisme et l’analyse contrastive ou les « langues en contact ». Il utilise
le terme « interférence » pour faire référence à toute différence existant entre le
discours d’un monolingue et celui d’un bilingue. Selon son point de vue,
l’interférence constitue un des résidus de la situation de contact des langues et
peut être considérée comme déviations par rapport aux normes de deux langues en
contact parlées par le bilingue que l’on constate dans son discours. Selon
Weinreich (op.cit.), d’autres facteurs qui sont à la base de l’interférence de la
langue source sur la langue cible ou deux langues en contact sont : l’âge de
l’apprenant, la motivation, les aptitudes langagières ou l’attitude vis-à-vis de la
langue à apprendre.
Lado (1957) a étudié le cas inverse, c’est-à-dire l’interférence de L1 dans
l’apprentissage de L2. C’est Lado qui met en évidence la place du transfert de la
langue source dans l’apprentissage de la langue cible. Pour lui, le résultat du
transfert de la langue source dans la langue cible peut être positif ou négatif.
Selon Lado, dans le cas de similarités entre deux langues, les transferts sont
positifs ; dans le cas de différences, l’apprenant produit des erreurs. En ce qui
concerne le processus de l’apprentissage, qui tend vers la disparition des erreurs
dues aux transferts négatifs, on peut alors supposer que pour les apprenants
anglophones dont la langue a un ordre des mots; Sujet, Verbe et Objet (SVO),
l’apprentissage du français sera plus facile (moins de transferts négatifs) que pour
l’apprentissage d’autres langues qui n’ont rien en commun avec la langue
française.
25
L’analyse contrastive dans la didactique des langues
Depuis longtemps l’analyse contrastive n’occupe plus la place centrale en
didactique des langues, toutefois elle est encore un outil précieux pour établir les
degrés de différence et de ressemblance entre deux ou plusieurs langues et par
conséquent, le degré de difficulté de l’apprentissage de la langue étrangère. Cette
analyse contrastive a joué un rôle important à l’époque du behaviorisme dans la
prédiction des transferts des habitudes et des interférences de la langue maternelle
à L2 (Lado, 1957).
En ce qui concerne les principes de cette analyse, Fries (1945 : 9) souligne
que «les matériaux pédagogiques les plus efficaces sont ceux qui sont basés sur
une description parallèle de la langue maternelle de l’apprenant ». Cette idée a
trouvé sa place dans certains travaux de l’École de Prague et a été développée par
Lado (1957 : 70). C’est ainsi que Lado insiste sur la comparaison des structures
phonologiques, syntaxiques et lexico-sémantiques de la langue source et celle de
la langue cible : « en comparant chaque structure (pattern) dans les deux systèmes
linguistiques, nous pouvons découvrir tous les problèmes d’apprentissage ».
L’approche contrastive (ou comparative) postule donc que l’acquisition
d’une langue étrangère est déterminée dans une certaine mesure par les acquis des
apprenants, à savoir les structures linguistiques de leur langue maternelle. Pour
Germain (1993 : 30), la problématique fondamentale de l’apprentissage d’une
langue seconde tient à :
1. l’obligation de tenir compte de ce qui existe déjà,
2. l’impossibilité de déstructurer cet acquis,
26
3. la nécessité d’y superposer de nouvelles habiletés et connaissances.
Ce qui existe déjà, c’est la langue maternelle et éventuellement deux ou plusieurs
langues déjà connues. Ce dont il s’agit c’est d’y « superposer » une autre langue
(Besse & Porquier, 1984), dans ce cas le français.
Lors qu’il y a des ressemblances entre cette nouvelle langue et la langue
que l’apprenant a déjà acquise (par rapport à celle-ci), il s’agit d’influences
positives. En revanche, s’il y a des différences, nous constatons davantage
d’obstacles dans l’apprentissage ; elles pourront être source d’erreurs. C’est ce qui
est appelé « interférence ».
La notion d’interférence inspirée directement des théories behavioristes de
l’apprentissage (Debyser, 1970), est toujours d’actualité. Elle est ainsi résumée
par Oléron (1964 : 115-117) :
dans tous les cas où une activité modifie d’une façon
quelconque, par facilitation ou interférence, celle qui la
suit, on dit qu’il y a transfert (...). Lorsque l’imitation ou
l’apprentissage d’une tâche provoque une amélioration de
l’efficience dans celle qui la suit, on dit que les effets de
transfert sont positifs et qu’il y a facilitation proactive (...)
si l’influence de l’acquisition d’une première tâche se
traduit par une diminution de l’efficience de la seconde, on
dit que les effets de transfert sont négatifs, on parle
d’inhibition ou d’interférence proactive.
Oléron (idem), dans ce sens, affirme le point de vue behavioriste que les
similitudes entre les structures de deux langues facilitent l’apprentissage alors que
les différences tendent à rendre l’apprentissage difficile dans la mesure où
l’apprenant doit changer une habitude enracinée dans son comportement verbal.
27
Quel est le point de vue des cognitivistes/constructivistes qui proposent plutôt
l’analyse des erreurs ?
L’analyse des erreurs
D’autres termes sur lesquels les behavioristes et les cognitivistes se
divergent sont les termes erreur et faute. Est-ce que l’apprenant fait une faute ou
une erreur?
Erreur ou faute ?
Jusqu’à la fin des années 1960 aux États-Unis et des années 1980 en France,
on parlait de « faute », la langue de l’apprenant étant vue comme une version
défectueuse de la langue du natif adulte. Le terme de faute avait (a toujours) une
forte connotation négative. De nos jours, on est conscient du fait que l’apprenant a
une langue qui est gérée par son propre système de règles. Au fur et à mesure
qu’il avance dans la L2, l’apprenant construit des règles qui font évoluer son
interlangue. La didactique actuelle ne parle donc plus de faute mais d’erreur, dans
une dynamique d’appropriation d’une langue, inspirée par la position
méthodologique des approches communicatives (Cuq & Gruca, 2002).
L’analyse des erreurs est d’abord envisagée comme un complément ou
substitut économique aux analyses contrastives (Corder, 1967 ; 1980):
les erreurs produites et les difficultés rencontrées par les
élèves dans l’apprentissage reflètent bon nombre des points
de différence qui seraient automatiquement inclus dans une
comparaison bilingue complète [...]. En se concentrant sur
les points de difficulté les plus évidents, elle apporte une
contribution certaine à l’enseignement des langues [...].
L’analyse des erreurs ne saurait remplacer les études
contrastives, mais elle offre une solution de rechange qui
peut porter plus vite des fruits (Strevens, 1964 : 65).
28
L’analyse des erreurs compense l’impossibilité ou la difficulté d’analyse
contrastive dans le cas des langues maternelles non décrites ou inconnues des
enseignants et des chercheurs, et dans le cas des publics plurilingues, comme par
exemple parmi les populations d’immigrants en Europe apprenant la langue du
pays d’accueil, ou encore dans de nombreux pays africains (Houis, 1971) tels que
le Ghana.
En principe et en pratique, cette première génération d’analyse des erreurs
débouchait sur des inventaires d’erreurs phonétiques, lexicales, morpho-
syntaxique qui sont classées selon des typologies diverses : erreurs
relatives/absolues ; erreurs par addition/omission ou remplacement, erreurs sur le
genre/le nombre ; etc, éventuellement en les associant à des pourcentages
statistiques permettant parfois d’en apprécier les fréquences (Porquier, 1977).
Corder (1967 ; 1980) souligne que l’apparition d’erreurs dans l’apprentissage
d’une L2 comme dans celui de L1 constitue un phénomène naturel, inévitable et
nécessaire, et qu’elle reflète le montage progressif des grammaires
d’apprentissage, sur la base d’hypothèses successives.
Comme le soulignent par ailleurs Besse et Porquier (1984: 207) :
l’analyse d’erreurs a alors un double objectif, l’un
théorique: mieux comprendre les processus d’apprentissage
d’une langue étrangère: l’autre pratique : améliorer
l’enseignement. Ils s’articulent l’un à l’autre : une meilleur
compréhension des processus d’apprentissage contribue à
la conception des principes et de pratique d’enseignement
mieux appropriés, où sont reconnus et acceptés le statut et
la significance des erreurs. L’étude des apprentissages,
dans un contexte d’enseignement, constitue un terrain de
recherche utile pour une théorie de l’apprentissage des
langues.
29
Alors que la linguistique comparative est centrée sur la comparaison de la
L1 des apprenants avec la L2, la linguistique comparative appliquée compare la
version de L2 des apprenants (leur interlangue, qui comporte des erreurs) avec la
version de la langue cible standard (James, 1990). Ce développement signale le
remplacement de la linguistique comparative prédictive originale de Lado (1957-
1964) par l’interlinguistique descriptive actuelle et le diagnostic de l’analyse de
transfert exposée par Gass et Selinker (1983) et Odlin (1989).
L’interlangue et l’influence interlinguistique dans l’acquisition de langue
étrangère (L3)
Selon Sharwood, Smith et Kellerman (1986) cités dans le cadre général,
« l’influence interlinguistique» est un terme proposé dans les années 1980 afin
d’inclure, entre autres, certains phénomènes tels que le transfert, l’interférence,
l’évitement, l’emprunt et les aspects appropriés de manque langagier de L2.
L’étude du phénomène de transfert (positif ou négatif) dans l’acquisition de L2
relève d’une longue tradition et elle est considérée comme un domaine central de
recherche pour certains didacticiens (Gass & Selinker, 1983 ; Kellerman &
Sharwood Smith, 1986; Odlin, 1989).
La recherche dans le domaine de l’acquisition de la langue étrangère a
connu des développements importants. Les processus mis en oeuvre pour
l’acquisition de langue étrangère peuvent avoir des ressemblances avec ceux qui
sont appliqués par les apprenants de L2, mais selon Clyne (1997 :113) « la langue
ajoutée complique les opérations des processus ».
Les conditions dans lesquelles les influences interlinguistiques prennent
place sont déterminées par plusieurs facteurs. Ces facteurs peuvent permettre de
30
prédire à la fois le poids relatif des influences interlinguistiques dans les
productions des apprenants et la langue de départ des éléments transférés, la
langue à laquelle l’apprenant se réfère dans sa production, qui pourra être L1 ou
L2. Parmi ces facteurs, la typologie linguistique joue un rôle dans le choix de la
langue de départ. Selon Cenoz et al. (2001), les apprenants empruntent plus de
mots aux langues qui sont plus proches typologiquement de la langue cible.
Kellerman (1983) quant à lui, a utilisé le concept de psychotypologie, pour faire
référence aux langues qui sont perçues comme plus proches typologiquement.
L’effet de psychotypologie a été confirmé dans plusieurs recherches (Bild &
Swain, 1989; Möhel, 1989). Par exemple, les apprenants de français et d’anglais
(locuteurs natifs d’une langue non indo-européenne), ont tendance à transférer
plus spontanément le vocabulaire et les structures d’une langue indo-européenne
qu’ils connaissent que de leur L1 (Ahukanna et al, 1981 ; Bartelet, 1989). Ce
phénomène pourrait expliquer pourquoi l’anglais a beaucoup plus d’influence sur
l’écrit en FLE de nos apprenants de SHS et non sur d’autres langues ghanéennes
en particulier, dans le cadre de notre étude.
La typologie des langues est une méthode de classification des langues
selon plusieurs critères grammaticaux et linguistiques permettant de les classer en
types et non en familles génétiques. Il existe plusieurs jeux de critères permettant
de classer ainsi les langues parmi lesquels :
* Les types de variabilités des significations selon les traits grammaticaux
(langues flexionnelles, langues agglutinantes, langues isolantes) ;
* L’utilisation ou non de classificateurs ;
* L’utilisation de l’ergatif ou de l’accusatif ;
* L’ordre des fonctions syntaxiques (Sujet Verbe Object, SOV, VSO,
VOS OSV ou OVS) ;
31
* La présence ou non des propositions subordonnées relatives ;
* Le type d’utilisation qu’en font les locuteurs en tant qu’elle joue sur la
structure même de la langue (langue véhiculaire, vernaculaire,
liturgique, koïne, créole, sabir, pidgin, etc...).
* Le nombre de phonèmes ou le type de phonèmes utilisés etc.
(fr.wikipedia.org/wiki/Typologie_des_langues : consulté le 24 août, 2009).
Dans cette étude, nous considérons que l’anglais et le français
appartiennent à une même famille typologique par rapport à l’ordre des fonctions
syntaxiques.
Un des facteurs qui peut déterminer la présence des influences
interlinguistiques est en relation avec le contexte dans lequel la communication a
lieu. Selon Grosjean (1998), il s’agit là de savoir si l’apprenant est dans un
contexte bilingue ou monolingue. Ce facteur est pertinent dans notre recherche car
les apprenants de SHS sont bilingues. Malgré le fait qu’ils sont exposés dans leur
vie quotidienne à leurs langues maternelles (diverses dans ce cas), l’anglais est
partout présent. Les médias électroniques, c’est-à-dire, les chaînes de la télévision
(privées et publique), les stations FM et la radio nationale en font grandement usage
(Edu-Buandoh, 2006 citée par Haruna, 2008).
Robert (2004) définit un bilingue comme quelqu’un qui parle, possède
parfaitement deux langues. Ceci était le point de vue de Bloomfield (1935) qui a
défini le bilingue comme un individu possédant une compétence de locuteur natif
dans deux langues. À l’opposé de cette définition qui n’inclut que des bilingues
parfaits, MacNamara (1967) a proposé que le bilingue est quelqu’un qui possède
une compétence minimale dans une des quatre « habilités » linguistiques, à savoir
comprendre, parler, lire, et écrire dans une langue autre que sa langue maternelle.
Entre ces deux définitions extrêmes, il existe une gamme intermédiaire de
32
définitions comme, par exemple celle de Titone (1972) pour qui un bilingue
possède une capacité de s’exprimer dans une seconde langue en respectant les
concepts et les structures propres à cette langue. Mais cette dernière ne spécifie
pas ce qu’il faut entendre par « respect des concepts et des structures propres à
une langue ». Notons que ces définitions peuvent ne porter que sur une seule
dimension de la compétence du sujet dans les deux langues.
De toutes les définitions ou typologies proposées, retenons seulement
celles qui nous semblent ici pertinentes, soit parce qu’elles sont opérationnelles et
donc faciles d’utilisation dans notre recherche empirique, soit parce qu’elles
s’appuient sur un construit théorique qui nous permet de mieux aborder notre
étude du phénomène de bilinguisme. Dans cette recherche quand nous
considérons les apprenants comme « bilingues naturels », l’accent est mis sur une
dimension de ce phénomène qui de ce fait est appréhendé sous la définition
extrémiste de Bloomfield (bilingue parfait) ; nous mettons l’accent plutôt sur le
‘bilinguisme ordinaire’. Par le bilinguisme ordinaire, il faut entendre le
bilinguisme de n’importe quel individu, qui en fonction de circonstances diverses
(mariage mixte, déplacements et migrations, politiques linguistiques de la région
de résidence, etc.) doit développer des capacités à communiquer dans plus d’une
langue pour remplir ses besoins de communication au quotidien (Coste, Moore &
Zarate, 1998 :19).
33
Travaux antérieurs
Dans ce sous-chapitre, nous voulons faire une synthèse de certains travaux
essentiels qui traitent quelques aspects des phénomènes que nous examinons. Ce
sous-chapitre est donc une rédaction à deux phases : d’abord nous allons présenter
la notion du genre et du nombre au point de vue de certains ouvrages français et
anglais. Ensuite, nous allons faire une synthèse de quelques travaux pertinents
d’origine ghanéenne et étrangère qui traitent les phénomènes des influences
interlinguistiques. Nous voulons considérer les deux phases sous les titres
suivants : notion d’accord du genre et du nombre en anglais et en français ; et
travaux des transferts interlinguistiques.
Notion d’accord du genre et du nombre en anglais et en français
Nous admettons que pour tous les termes qui seront définis ici (dans cette
section, le genre, le nombre, l’article etc.), nous avons consulté des dictionnaires.
Pour chacun des termes, nous n’avons conservé que les éléments de définition
correspondant aux concepts grammaticaux. Nous partageons l’idée de Saussure
(1973 :31) que « c’est de mauvaise méthode que de partir des mots pour définir
les choses » mais dans un domaine où il considère que les objets ne sont pas
« donnés d’avance » et/où « c’est le point de vue qui crée l’objet ». Besse (1998)
souligne que Saussure lui-même accorde beaucoup d’importance aux termes dont
il use dans l’élaboration de sa linguistique générale. Nous allons donc examiner
l’aspect du genre et son emploi en français et en anglais et ensuite nous allons
aborder l’aspect du nombre et son emploi en français et en anglais.
34
Le genre :
Des points de vue général, grammatical et linguistique, le genre est une
catégorie exprimant parfois l’appartenance au sexe masculin, féminin ou aux
choses neutres. Selon Grevisse (2005 :23), « le genre indique en général, le sexe
des êtres ». D’après Webster et Gove (2002), la notion de genre (gender) du point
de vue linguistique fait référence à chacune de deux ou plusieurs sous-classes,
dans une classe grammaticale d’une langue (comme nom, pronom, adjectif,
verbe) qui sont en partie arbitraires, mais aussi en partie basées sur les
caractéristiques distinctives comme la forme, la manière d’existence (ex. animé,
non animé), ou le sexe (ex. masculin, féminin, ou neutre) et qui déterminent
l’accord.
En anglais moderne, le genre grammatical existe rarement. Dans la langue
anglaise, selon Simpson et Weiner (1991: 619), le concept de genre (gender) dans
son sens général, est une classification grammaticale des noms et des mots
correspondant grossièrement aux deux sexes ou au neutre; chaque classe de noms
(voir n. masculin, féminin, neutre) :
Gender [...] each of the classes (MASCULINE, FEMININE
and sometimes NEUTRAL) into which nouns, pronouns
and adjectives are divided; the division of nouns, pronouns
and adjectives into these different genders.
Dans la langue française, selon Robert (2004 :417), le concept de genre
signifiait le « sexe » au XIIe siècle ; en latin c’est genus, generis qui signifie
« origine, naissance ». En français, le genre est une propriété grammaticale de
certains mots (nom, pronom, adjectif, article, participe passé) qui est, soit le
35
masculin soit le féminin, et qui est exprimé soit par leur propre forme (au féminin,
elle, la, recouverte, son amie), soit par la forme de leur entourage, par l’accord (le
sort, la mort, des manches longues, une dentiste, l’acrobate brune).
D’après Simpson et Weiner (1991), la langue anglaise possède trois genres
(masculin, féminin et neutre) comme d’autres langues à des degrés divers ; le
latin, l’allemand et l’anglais ancien. Le genre neutre est normalement appliqué
aux noms inanimés (pourtant il y a des noms inanimés qui appartiennent à l’un ou
l’autre des genres des noms animés). Cette notion de genre, en anglais, a une
incidence seulement sur le choix de la troisième personne du singulier : « he »
(masculin) et « she » (féminin) pour les êtres humains, et « it » qui désigne les
animaux et les inanimés (neutre/impersonnel). On fait parfois une distinction
entre le sexe des animaux par opposition aux « he » et « she », ainsi qu’entre
certains objets comme « ship », « truck », etc. (ces objets sont parfois remplacés
par le pronom sujet féminin « she »). Cette distinction ne fait porter aucun accord
sur les autres parties du discours, sauf sur le déterminant possessif et les pronoms
qui les remplacent. Dans la morphologie de l’anglais, le sexe est marqué par des
moyens lexicaux (Greenbaum, 1996). Il y a deux groupes d’éléments linguistiques
pour la distinction lexicale en anglais : un groupe englobe des mots féminins qui
sont dérivés de leur masculin, et un autre groupe concernant des paires qui ne
montrent aucun rapport morphologique.
36
Examples:
Anglais Français
Masculin Féminin Masculin Féminin
Hero heroine héros héroine
Widower widow veuf veuve
Examples:
Anglais Français Anglais Français
Man l’homme hen la poule
Woman la femme rooster le coq
Daughter la fille horse le cheval
Son le fils mare la jument
Dans la langue française, le genre a longtemps été le centre d’intérêt des
grammairiens traditionnels et modernistes. Nous estimons utile de citer ici
certains de leurs travaux.
Grevisse (1986 :757) souligne que:
pour la plupart des noms, le genre est arbitraire, ce n’est que
pour une partie des noms animés qu’il y a un lien entre le genre
et le sexe de l’être désigné (...). Le genre des noms inanimés est
arbitraire, c’est-à-dire qu’il n’est pas déterminé par le sens des
ces noms ; le genre des noms inanimés n’a pas non plus de
rapport constant avec la forme de ces noms. Il est donc
impossible de donner des règles rigoureuses à ces sujets.
Ce point de vue de Grevisse dans lequel il considère la notion de genre en français
comme arbitraire n’est pas très différent de celui de Wagner et Pinchon (1962 :46)
qui précisent que:
37
le genre n’est pas motivé lorsque les marques grammaticales
du masculin et du féminin ne correspondent pas dans l’objet
désigné par le substantif à un sexe différencié (...) pour
beaucoup de substantifs il n’existe pas de règle qui permet de
les classer d’une façon certaine dans la catégorie des masculins
ou des féminins.
De même, Chevallier, Blanche-Benveniste, Arrivé et Peytard (1991 :164-168),
indiquent que :
le genre est un caractère morphologique invariablement attaché
à chaque substantif. Du point de vue du sens, le genre
constitue, selon la pittoresque, mais judicieuse expression ses
grammairiens Damourette et Pichon, un « sexe fictif » (...). La
forme du substantif ne permet pas de reconnaître le genre
auquel il appartient : fable et table sont féminins, câble et râble
et sable sont masculins (...).
Les deux auteurs (Damourette & Pichon) selon Chevallier et al, réitèrent que,
quand le substantif ne désigne pas un être sexué, et même quand il désigne un être
sexué en faisant abstraction des différences sexuelles, les raisons qui expliquent
son classement dans l’un ou l’autre genre sont complexes et variées.
De plus, Arrivé, Gadet et Galmiche (1986 :284-284) soulignent qu’:
en français comme dans les autres langues indo-européennes, la
catégorie linguistique du genre est en relation avec la catégorie
naturelle du sexe. Mais cette relation est complexe (...). Pour les
êtres animés, les individus de sexe masculin sont généralement
désignés par des noms masculins, les individus de sexe féminin
par des noms féminins. (...). L’homologie entre les deux
classifications du sexe et du genre n’a rien de constant : (a) Pour
les humains, il existe un nombre non négligeable de noms
masculins désignant des femmes (...). (b) Pour les animaux, il
existe d’opposition morphologiquement marquée entre le
masculin et le féminin que pour un nombre limité d’espèces
(...).
38
Pour les non animés, Arrivé et al pensent que l’opposition des genres ne saurait
évidemment correspondre à une différence sexuelle. La répartition des noms entre
les deux genres paraît alors aléatoire.
Riegel, Pellat et Rioul (1994:172) ajoutent que :
le genre des noms est déterminé dans le lexique. (...) Une
grammaire ne saurait envisager tous les cas particuliers –et
ils sont nombreux – dont la solution se trouve directement,
l’ordre alphabétique aidant, dans tout bon dictionnaire. (...)
Les noms dénotant des référents non animés ont un genre
arbitraire, masculin (le sable) ou féminin (la table). Souvent
déterminé par l’étymon, parfois conditionné par des
facteurs culturels (le soleil et la lune sont respectivement
masculin et féminin en allemand : die sonne, der mond), le
genre n’en genre reste moins à des oppositions
sémantiques généralisables :ll le fauteuil / la chaise- un
vélo / une bicyclette- le fleuve / la rivière.
Par ces explications, Riegel et al remarquent que les erreurs commises par les
étrangers sur le genre de ces mots cités témoignent de son caractère largement
imprévisible. Néanmoins ils ajoutent que l’étymon et des facteurs culturels sont
déterminants du genre des mots surtout les mots dérivés de l’allemand.
Enfin, d’après Gardes –Tamine (1990 : 48-49) :
Si le genre de l’adjectif est un fait de morpho-syntaxe,
puisqu’il s’agit d’un accord, entraîné par sa dépendance
vis-à-vis du substantif, il n’en va pas de même pour celui-
ci : son genre est déterminé dans le lexique. (...). On peut
classer un grand nombre d’animés en individus de sexe
féminin ou de sexe masculin. Ces oppositions naturelles
peuvent parfois rencontrer la répartition linguistique genre,
mais c’est loin d’être la règle. (...).
Gardes-Tamine explique que lorsque les référents sont inanimés, la répartition des
mots qui les désignent en genre masculin et féminin est arbitraire et imprévisible,
39
d’où le nombre élevé d’erreurs commises sur ce point, par des étrangers, des
enfants et même des locuteurs francophones adultes.
En somme, ce que tous ces auteurs cités plus haut ont en commun en
rapport à la notion de genre est que la désignation d’un élément ou d’un objet
masculin ou féminin est arbitraire (ce n’est que pour des noms animés qu’il y a un
lien entre le genre et le sexe de l’être désigné). En général, il n’y a aucune
relation étroite entre un objet et le genre par lequel cet objet est désigné. Le genre
est un trait qui correspond au contexte environnemental de chaque langue. Quand
ces traits sont en accord entre deux ou trois langues, on rencontre moins de
problèmes structuraux en apprentissage.
Bien que le genre puisse être un trait sémantique, ses influences se
révèlent en français dans ce que nous appelons la structure, ou autrement dit la
grammaire. Par exemple, les déterminants d’un nom masculin comme « livre »
portent la marque du genre masculin :
J’ai un livre.
J’ai lu mon livre.
C’est le livre dont je t’ai parlé. etc.
Le problème de genre est particulièrement intense chez les apprenants
dont la langue source (par exemple l’anglais) ne possède pas un système
comparable à la classification des noms qui existent en français. Cependant,
même ceux dont la langue maternelle possède le système du genre parfois
comparable au français (par exemple les locuteurs allemands) ne sont pas à l’abri
de ce type de difficulté (Farkamekh, 2006). Le problème de genre découle du fait
que les règles dominantes sur la determination du genre en français sont régies par
40
des règles grammaticales loin d’être claires. Selon Surridge (1965), il faut donc
qu’un apprenant les apprenne mot par mot. D’après lui, le genre serait différent de
tous les autres phénomènes linguistiques qui sont sous la domination des règles.
Mais ce qui nous intéresse dans notre cadre de recherche, c’est l’étude contrastive
afin de trouver s’il y a des inconvénients du fait de connaître, dans l’apprentissage
d’une nouvelle langue (ici le français), à côté d’une autre langue (ici l’anglais) qui
sert comme langue d’instruction dans le système de l’éducation au Ghana.
Nous présenterons maintenant les effets (ce que nous appelons l’accord)
du genre sur les trois éléments grammaticaux que nous considérons dans notre
étude (les articles, les déterminants possessifs et le participe passé). Mais avant
d’entamer l’analyse de ces éléments grammaticaux, rappelons qu’en anglais le
trait distinctif du genre existe, mais qu’il n’y a aucun accord de genre entre le
sujet et les autres parties du discours excepté le déterminant possessif (l’adjectif
possessif) et les pronoms de troisième personne du singulier. Cependant, en
français, l’accord du déterminant possessif se fait avec le substantif qui le suit,
alors qu’en anglais il s’accorde avec le possesseur et non avec le substantif qui le
suit. Considérons les exemples suivants:
He is talking to his sister.
(Il y a un accord entre le possédé et le possesseur).
Il parle à sa soeur.
(L’accord est plutôt entre l’adjectif possessif et le substantif qui le suit).
41
Nous examinons donc les trois éléments grammaticaux dans les deux
langues en décrivant le trait distinctif qu’est le genre dans chacune d’elles
considérée du point du vue de ses accords.
Le déterminant possessif
Les déterminants possessifs marquent, en général, ce que l’on présente
comme appartenant à quelqu’un ou à quelque chose ; les êtres ou les objets
désignés par les noms auxquels ils sont joints (Robert, 2004).
Le déterminant possessif en anglais
Les déterminants possessifs en anglais expriment la possession (comme
« my » dans « my table », « his » dans « his question »). Ils possèdent une triple
distinction de genre ainsi qu’une distinction de nombre. Il y a trois genres
(masculin, féminin, et neutre) qui sont réservés à la troisième personne du
singulier ; au pluriel, cette distinction n’existe pas. De plus, les genres féminin et
masculin sont réservés à la classe des êtres humains et le neutre à celle des
animaux et des non animés (mis à part, exceptionnellement, pour certains
animaux ou objets non animés, comme ceux présentés plus haut à la page 37). Le
déterminant possessif en anglais ne s’accorde pas avec le genre du substantif qui
le suit contrairement au français. Voici des exemples ci-dessous :
Anglais Français
My Mon livre
Ma chemise
Your Ton frère
Ta tante
42
His Son village
Sa maison
Her Son fils
Sa soeur
Its Son nid
Sa peau
Our Notre cousin/ cousine
Nos cousins/ cousines
Your Votre pays/ ville
Vos frères/ soeurs
Their Leur directeur/ directrice
Leurs directeurs/ directrices. Etc..
Nous constatons qu’à chaque déterminant possessif de l’anglais
correspond deux déterminants possessifs en français. Ce qui peut être
problématique pour un apprenant de FLE qui a commencé à utiliser l’anglais
depuis l’école primaire. C’est cette dualité du déterminant possessif du français et
son accord avec le possédé et non pas avec le possesseur comme c’est le cas dans
la langue anglaise, qui est parfois la source de confusion chez les apprenants.
Le déterminant possessif (l’adjectif possessif) en français
Dans la langue française, selon Grevisse (2005), un adjectif est un mot
susceptible d’être adjoint directement (épithète) ou indirectement (attribut) au
substantif avec lequel il s’accorde, pour exprimer une qualité (qualificatif) ou un
rapport (déterminant).
43
Par exemple :
Mon livre a été vendu par le voleur.
Votre livre ne traite pas tous les sujets qui pourraient m’intéresser.
Dans la grammaire moderne française, les adjectifs possessifs sont considérés
comme des déterminants possessifs. D’après Grevisse (idem.), les adjectifs
possessifs sont ceux qui déterminent le nom en indiquant, en général, une idée
d’appartenance.
Le déterminant possessif en français possède les deux genres ; masculin et
féminin. Ci-dessous est le schéma des déterminants possessifs relevés de Grevisse
(op.cit. : 104).
Tableau 1 : Déterminant possessif
Un seul possesseur Plusieurs possesseurs
Un seul objet Plus. obj. Un seul obj. Plus. obj.
Masc. Fém. 2 genres 2 genres 2 genres
1e personne Mon Ma Mes notre Nos
2e personne Ton Ta Tes Votre Vos
3e personne Son Sa Ses leur Leurs
Comme nous l’avons indiqué dans le schéma de la page 42, il n’existe en
anglais qu’une seule forme de déterminant possessif pour la première et la
deuxième personnes du singulier, contrairement à la troisième personne du
singulier pour laquelle nous avons trois déterminants qui varient selon le genre du
possesseur. Quant aux déterminants possessifs du français, il en existe deux pour
44
chaque personne qui varient selon le genre du substantif qui le suit, c’est-à-dire le
possédé. Donc si un apprenant de SHS écrit: « Il a parlé à son femme », cette
erreur peut trouver sa source dans la langue anglaise à laquelle l’apprenant peut se
référer dans l’apprentissage de la langue cible, le FLE. En effet, l’équivalent en
anglais est: «He is talking to his wife ».
Quant au pluriel de l’adjectif possessif, il n’y a aucune différence de genre
ni en anglais ni en français. Lors de notre analyse des corpus considérés dans cette
recherche, nous vérifions les erreurs relatives au pluriel de l’adjectif possessif
dans la partie consacrée au nombre et à ses difficultés. Mais pour le moment nous
voulons considérer les articles.
Le déterminant (article défini/indéfini)
Robert (2004 :328) décrit le déterminant comme-ci : dans certaines langues,
le mot placé devant un nom (ou l’adjectif antéposé au nom), sert à le déterminer
plus ou moins précisément, et peut prendre la marque du genre et du nombre.
Dans la langue anglaise, les grammairiens traditonnels ont considéré les
articles comme une sorte d’adjectif spécial. En effet, dans leur usage les articles
sont plutôt des adjectifs que des déterminants, et les grammairiens modernes les
classifient normalement comme une sous-classe des déterminants (Greenbaum,
1996).
Dans Simpson et Weiner (1991 : 75), un article défini est grammaticalement
un mot (the en anglais) qui précède un nom et implique un exemple spécifique ou
connu (comme dans: the book on the table ; the art of government ; the public
school in Berdshire) et un article indéfini est un mot (a, an en anglais) qui précède
45
un nom et indique le manque de précision (comme dans bought me a book ;
government is an art ; went to a public school).
Selon Webster et Gove (2002), les articles sont considérés
traditionnellement comme des adjectifs. Dans n’importe quel petit groupe de mots
ou d’affixes utilisés avec les substantifs, il sert à limiter, individualiser, ou à
donner un sens défini ou indéfini (a, an, the) au substantif (qui le suit).
Contrairement à la plupart des grammairiens qui envisagent les articles
« a » et « the » comme partie distinctive du discours, Greenwood (1986) cité par
Farkamekh (2006) les considère comme des adjectifs dans leur utilisation.
Selon Simpson et Weiner (1991), il n’y a pas d’article devant un nom non
comptable ou un nom pluriel quand il s’agit d’un nom défini. Donc ø (nul ou
zéro) alterne avec a/an, les articles (positionné avant un nom singulier comptable)
dans un rapport paradigmatique. Exemple : -food, -vegetables, a flower.
En ce qui concerne le genre de l’article défini/indéfini en anglais, notons
que l’article ne porte pas de genre. Par exemple :
Anglais Français
Défini Indéfini Défini Indéfini
the pen a pen le stylo un stylo
the eraser an eraser la gomme une gomme
the books books les livres des livres
the food food le repas des repas
46
En français, selon Robert (2004), l’article est un déterminant: article défini (le, la,
les), indéfini (un, une, des), partitif (de, du, des), article élidé (l’) et article
contracté (au, du). D’après Grevisse (2005), l’article est un mot que l’on place
devant le nom pour marquer que ce nom est pris dans un sens complètement ou
incomplètement déterminé. Il sert aussi à indiquer le genre et le nombre du nom
qu’il précède.
Besse et Porquier (1984:31) soulignent que selon les descriptions des
grammairiens,
l’article en français, possède un triple critère : un critère
d’ordre (petit mot placé devant le nom ou devant l’adjectif
antéposé), un critère morpho-syntaxique (l’article indique
le genre et le nombre du nom qui suit), et un critère
sémantique (il détermine plus ou moins le nom).
En ce qui concerne la marque du genre, il y a deux formes différentes,
pour un article défini : « le » pour les noms masculins singuliers et « la » pour les
noms féminins singuliers. De même pour un article indéfini nous avons deux
formes distinctes : « un » pour les noms masculins singulier, « une » pour les
noms féminins singuliers. En ce qui concerne les formes du pluriel, les genres ne
jouent aucun rôle. Nous entamons donc la partie qui traite du nombre.
Comparaison de l’emploi des articles en anglais et en français
Nous faisons d’abord une comparaison entre l’anglais et le français au
niveau de l’article, ensuite nous faisons une analyse contrastive de cet élément
entre les deux langues.
En ce qui concerne les ressemblances de l’anglais et du français au niveau
de l’article, il existe dans les deux langues un système triple : l’article défini,
47
l’article indéfini et l’article ø (sans l’article) (Ade Ojo, 2002). Par contre, les deux
langues se diffèrent quand il s’agit d’un nom non comptable et des noms pluriels.
La notion d’article en anglais se présente de la manière suivante :
→ défini (the + nom singulier ; the + nom pluriel)
→ indéfini (a/an + nom comptable singulier. ø + nom pluriel)
→ défini/indéfini (ø + nom singulier. non comptable)
L’ordre des éléments de la structure des deux langues est identique. Cette
assertion est vraie parce que l’article est placé devant le nom ou devant l’adjectif
antéposé. De plus, l’article est plus ou moins, sémantiquement identique puisque
dans les deux langues il « détermine » le mot qui le suit.
Mais la différence se situe au niveau morpho-syntaxique. Un article en
français indique le genre et le nombre du nom qui le suit, alors qu’en anglais un
article ne désigne pas le genre (l’article sert plutôt à limiter, individualiser, ou à
donner un sens défini ou indéfini a, an, the). Le schéma suivant montre les
ressemblances et les différences entre les deux langues :
Anglais Défini Indéfini
The a (an)
Français le la un une
masculin féminin masculin féminin
Nous ne voulons montrer ici que les formes du singulier car pour les formes du
pluriel : « les » (défini pluriel) et « des » (indéfini pluriel) les genres ne jouent
aucun rôle.
48
En français, le système des noms comptables et non comptables n’est pas
identique à ce qui existe en anglais. En effet, même pour les mots non comptables
en français, il y a des articles partitifs. Il y a donc un article pour chaque mot. De
plus, comme Grevisse (2005) le souligne, en français, nous rencontrons des cas où
dans certaines phrases, le nom n’est pas accompagné de déterminant. Cela exige
une étude grammaticale particulière que nous n’allons pas traiter dans cette
présente étude. Nous présentons quelques exemples de noms sans déterminants
comme indiqués par Grevisse (idem. 86):
a) Devant des compléments déterminatifs n’ayant qu’une simple valeur
qualificative ou désignant la destination d’un récipient :
Un adverbe de lieu :
une statue de marble; une boîte à bijoux ; une corbeille à papier.
b) Dans certains proverbes, dans certaines comparaisons ou certaines
expressions sentencieuses :
Noblesse oblige. Blanc comme neige.
Il y a anguille sous roche.
Pierre qui roule n’amasse pas mousse.
c) Dans certaines énumérations rapides :
Vieillards, hommes, femmes, enfants, tous voulaient me voir.
d) Devant le nom apposé ou attribut exprimant simplement une qualité :
Le lion, terreur des forêts.
Vous êtes musicien ?
49
e) Devant le nom mis en apostrophe :
Cieux, écoutez ma voix ; terre prête l’oreille.
Vous êtes trop bon, docteur.
Concernant ces cas particuliers que nous avons cités ci-dessus, nous
constatons que les apprenants produisent des erreurs au niveau des attributs. Leurs
erreurs consistent à ajouter à un attribut un déterminant alors qu’il n’y en ait pas
besoin. Par exemple :
Je suis un avocat au lieu de : Je suis avocat.
Mon père est un professeur au lieu de : Mon père est professeur. etc...
Mais cet aspect ne nous intéresse pas beaucoup dans cette étude. Nous
focalisons plutôt sur la notion de genre et les substantifs non comptables en
anglais qui restent toujours sans article et peuvent être sources d’erreurs chez les
apprenants ghanéens. Car en français les substantifs ne peuvent pas demeurer sans
articles
Le participe passé
Le participe passé peut être considéré tantôt comme forme verbale, tantôt
comme adjectif (Grevisse, 2005:199). En anglais le participe (participle) est un
mot dérivé d’un verbe, comme : going (présent), gone (passé), le participe passé
est une partie du verbe utilisée dans les temps parfaits et passifs et parfois comme
un adjectif. Par exemple: Have you gone? Were you seen? Lost property.
Il existe deux formes de participe passé en anglais selon les verbes
réguliers ou irréguliers. Pour les verbes qui sont irréguliers, le participe passé est
la troisième forme donnée dans tout dictionnaire anglais.
50
Par exemple:
see saw seen
go went gone
Pour les verbes réguliers, le participe passé est construit avec le même suffixe-ed
que pour le temps passé. Certains grammairiens modernes l’appellent « la forme –
en », ceci est basé sur la fin distinctive de certains verbes irréguliers comme
spoken, driven, awaken (Todd & Hancock, 1986).
Le participe passé signifie l’achèvement d’une action au passé, mais son
emploi n’est pas strictement limité au temps du passé: Par exemple:
You’ll have spent all the money by this time next year.
Voici les temps verbaux qui sont construits à partir d’un participe passé:
Tableau 2 : Temps verbaux du participe passé en anglais
Temps Participe Auxiliaire Forme complète
passé
Present perfect
(Passé composé) Gone Have have gone
Present perfect
progressif (Passé Been Have have been going
récent)
Past perfect Gone Had had gone
(Plus que parfait)
Past perfect Been Had had been going
Pregressive
Future perfect Gone will have will have gone
(Futur antérieur)
Future perfect Been will have will have been going
progressif (Futur
antérieur)
51
Le participe passé peut même avoir un sens passif. Par exemple:
He was seen at the market.
Concernant la notion du genre en anglais, aucun accord du genre
grammatical n’existe pour le participe passé, ni dans sa fonction d’une partie du
verbe, ni dans sa fonction d’adjectif.
En français le participe est la forme adjectivale du verbe : il « participe » de
la nature du verbe et de celle de l’adjectif (Grevisse 2005).
Exemples :
Je l’ai trouvé mangeant
Une besogne terminée
Comme verbe, le participe admet les compléments d’objet et les compléments
circonstanciels. Il peut aussi marquer plusieurs nuances temporelles.
Comme adjectif, il peut servir d’épithète ou d’attribut et subir des variations en
genre et en nombre.
Les participes sont divisés en deux groupes : participe présent et participe
passé, comme en anglais ; mais le participe passé qui (nous intéresse ici), subit
des variations en genre et en nombre. Le participe présent en français par contre
est invariable, comme en anglais.
Comme forme verbale, le participe passé se trouve dans tous les temps
composés combinés, soit avec l’auxiliaire avoir, soit avec l’auxiliaire être.
Exemples :
J’ai compris.
Ils sont partis.
Le coupable sera condamné.
52
Voici ci-dessous, les temps composés que nous avons construits avec le
participe passé du verbe aller grâce à l’inspiration de Bescherelle La Conjugaison
pour Tous, (Arrivé 1996).
Tableau 3 : Participe passé du verbe aller
Temps participe passé auxiliaire le verbe
Passe composé Allé Être suis allé (e)
plus que parfait Allé Être était allé (e)
Passé antérieur Allé Être fus allé (e)
futur antérieur Allé Être serai allé (e)
Conditionnel passe Allé Être serais allé (e)
Passe du subjonctif Allé Être soit allé (e)
Plus que parfait du Allé Être fusse allé (e)
subjonctif
En général, le participe passé employé sans auxiliaire a un sens
passif (Grevisse 2005 : 200) :
Exemple :
Un directeur respecté
Comme adjectif, le participe passé a la valeur d’un simple qualificatif et
épithète ou attribut :
Exemples :
Un livre emprunté (épithète).
Des manières distinguées (épithète).
Ce livre est emprunté (attribut).
53
Le participe passé s’accorde en genre et en nombre dans les cas suivants :
Le participe passé conjugué avec « être » s’accorde en genre et en nombre avec le
sujet du verbe (Grevisse op.cit.).
Exemples :
Vos raisons seront admises.
L’affaire a été portée devant le tribunal.
Le participe passé conjugué avec « avoir » s’accorde en genre et en
nombre avec son complément d’objet direct quand cet objet le précède. Voici
deux exemples :
Nous avons fait cette affaire.
Voici l’affaire que nous avons faite.
Le participe passé employé comme épithète s’accorde en genre et en nombre avec
le mot qu’il qualifie :
Exemples :
Une page arrachée.
Une affaire manquée.
Le participe passé des verbes essentiellement pronominaux (c’est-à-dire qui
n’existent que sous la forme pronominale) s’accorde toujours en genre et en
nombre. Par exemple :
Elle s’est trompée.
Nous avons délibérément ignoré ici les exceptions et les cas particuliers, car
ils ne constituent pas le pivot de notre présente étude.
54
Comparaison entre les deux langues au niveau de l’emploi du participe passé
Nous avons constaté que dans les deux langues, le participe passé possède
le même sens ainsi que les mêmes fonctions. En effet, nous constatons qu’aussi
bien en français qu’en anglais, un participe passé peut remplacer un adjectif. Il
constitue une partie des verbes composés et il participe dans les deux langues à la
construction de la forme passive.
Aussi, dans les deux langues, le participe passé est employé dans la
structure des verbes composés, du passé au futur et au présent ; il peut témoigner
d’actions achevées et accomplies. Mais alors que le participe passé en anglais est
invariable, en français il y a des cas où le participe passé s’accorde avec le sujet
ou l’objet direct comme nous l’avons indiqué plus haut.
De même, le concept grammatical de fonction adjectivale du participe est
identique dans les deux langues. Cependant, en anglais, le participe passé est
invariable alors qu’en français, il s’accorde en genre avec le mot qu’il qualifie.
Dans le tableau ci-dessous nous résumons les cas de l’emploi du participe
passé et ses accords éventuels en genre dans les deux langues.
Tableau 4 : Comparaison de l’emploi du participe passé et les accords en
genre dans les deux langues
Fonction du participe anglais Français
passé
Partie du temps composé Ø avec le sujet ou l’objet
Passif Ø avec le sujet
Adjectif (épithète/attribut) Ø avec le mot ou le
substantif désigné
55
Le nombre :
Pour la langue anglaise, le nombre est une classification grammaticale utilisée
dans l’analyse des groupes de mots, qui établit un contraste entre singulier et
pluriel (Hornby, 2006).
Les contrastes de nombre en anglais sont constatés pour les noms (boy, boys) ;
les pronoms (she, they), les déterminants (this, those) et les verbes qui ne sont pas
au passé (say, says).
Exemples:
Kofi /he likes John.
Ama / she likes Mary.
The cats / they like them.
Mais cette arfait ion n’est pas arfait. Il existe en anglais des noms qui sont du
singulier quant à leur forme, mais du pluriel quant à leur référence ; il s’agit des
noms collectifs.
Exemple:
The jury is considering its verdict. It has been out for two hours.
Dans les styles informels, il y a une tendance à utiliser un verbe au pluriel :
Exemple:
The jury are considering their verdict.
Ceux-ci sont au pluriel quant à leur forme, mais singulier quant à leur référence, y
compris certaines exceptions :
56
Exemples :
Jeux : checkers, draughts.
Maladies : measles, mumps.
Sciences : physics, psycholinguistics.
En outre, certains noms non comptables comme sugar, water font
référence à la quantité d’une entité spécifique. Ainsi ils sont toujours au singulier
quant à la forme.
Bien qu’il ne soit pas question ici de la morphologie du verbe, il faut noter
qu’en anglais, la marque « s / es » appliquée au verbe, signale au temps présent le
singulier et non le pluriel.
Par exemple:
Présent Passé
He likes cheese. He liked cheese.
We like cheese. We liked cheese.
En anglais, d’après Greenbaum (1996) le terme nom collectif désigne les
noms singuliers qui ont un sens pluriel (exemple : government). La catégorie des
noms collectifs n’est pas fixe et l’on peut argumenter que certains emplois sont à
mi-chemin entre les noms collectifs et les noms non dénombrables.
Par exemple, team est un nom collectif et butter est nom non dénombrable ;
mais ce n’est pas facile de décider du statut de nom du type : hair, linen, royalty.
Nous pouvons les classer selon une règle grammaticale, comme les membres
animés dans le groupe collectif et les membres inanimés ou la partie
indifférenciable dans le groupe des noms non dénombrables.
57
Exemples :
Nom collectif Nom non dénombrable
committee water
family timber
Un nom collectif est associé à un verbe singulier, et il est remplacé en anglais
formel et écrit par les pronoms singuliers (Greenbaum, op.cit.).
Le verbe à la troisième personne du singulier ne prend qu’un affixe s ou es à
la forme basique du verbe ; à la première et deuxième personne du singulier ; aux
personnes du pluriel nous avons la forme basique du verbe.
Exemples:
I / you / we / they like apples.
He / she / it likes apples.
Quelle est donc la formation du pluriel pour les noms ?
Formation du pluriel
L’affixe s ou es, qui est une marque du singulier pour les verbes au présent
est marque du pluriel pour les noms. Quand un nom se termine par une consonne,
il prend s et quand il se termine par une voyelle, c’est le es qui s’ajoute à ce mot
pour la forme du pluriel (Greenbaum, op.cit.). Par Exemple :
Singulier Pluriel
Book Books
Eye Eyes
Potato Potatoes
Bridge bridges
Il existe aussi un groupe de noms en anglais dont le pluriel est issu de l’anglais
ancien et irrégulier.
58
Singulier Pluriel
Child Children
Man Men
Foot Feet
Nous examinons ensuite l’emploi du nombre en français.
Le nombre des noms en français
Dans la langue française, les noms sont aussi organisés en noms individuels
et noms collectifs. Pour les noms individuels, il y a deux nombres : le singulier et
le pluriel. Un nom est au singulier quand il désigne un seul être ou objet, un seul
ensemble d’êtres ou d’objets (Grevisse, 2005 :73).
Exemples :
Une plume
Une bande (de voleurs)
Il est au pluriel quand il désigne plusieurs êtres ou objets ou plusieurs ensembles
d’êtres ou d’objets. Par exemples :
Des plumes
Des bandes (de voleurs)
Pour les noms collectifs qui désignent un ensemble, une collection d’êtres ou
d’objets, il n’y a qu’une seule forme du singulier, tant qu’il ne s’agit pas de
différents éléments du même ensemble. Voici des exemples :
Foule, tas, groupe, valetaille, ramassis, clientèle.
Le verbe qui s’accorde à un nom collectif en français est toujours au singulier. Par
exemple :
L’équipe de France est venue.
Nous examinons ensuite la formation du pluriel ci-dessous :
59
Formation du pluriel
On forme le pluriel des noms en ajoutant un s au singulier :
Singulier Pluriel
un homme Des hommes
Une Des filles
Mais il y a des exceptions (Grevisse, op.cit :74-75):
Les noms terminés par –s,-x ou –z ne changent pas au pluriel :
Singulier Pluriel
un pois des pois
une croix des croix
un nez des nez
Les noms en –al forment leur pluriel en -aux :
Singulier Pluriel
un journal des journaux
un cheval des chevaux
Cependant les noms comme : bal, cal, carnaval, chacal, festival, régal ont leur
pluriel en –s
Les noms en –au, -eau, -eu prennent un –x au pluriel :
Singulier Pluriel
un tayau des tayaux
un manteau des manteaux
un cheveu des cheveux
Les noms en –ail, -ou prennent un –s au pluriel :
Singulier Pluriel
un éventail des éventails
un détail des détails
un clou des clous
60
Cependant les noms comme : caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou, ont
leur pluriel en x. Par exemple : un caillou-des cailloux, un chou-des choux, etc.
Certains noms ont au pluriel deux formes, avec des significations ou des
emplois différents (Grevisse, op.cit. :75):
a) on dit au pluriel aïeuls quand on veut désigner précisément le grand-père
paternel et le grand-père maternel ou encore le grand-père et la grand-mère.
Par exemple :
Ses deux aïeuls assistent à son mariage.
b) le pluriel aïeux désigne, soit ceux qui ont vécu dans les siècles passés, soit
les personnes dont on descend. Par exemple :
C’était la mode chez nos aïeux.
En français, il existe un groupe de noms irréguliers au pluriel.
Exemple :
Singulier Pluriel
œil Yeux
Il existe en français des noms n’ayant qu’un nombre ; certains noms ne
s’emploient qu’au pluriel. Ils expriment pour la plupart des choses ou des idées
que, selon Grevisse (2005), l’esprit français ne conçoit guère au singulier. Tels
sont : dépens, bestiaux, agrès, annales. D’autres expriment pour la plupart, une
idée générale ou abstraite et ne s’emploient ordinairement qu’au singulier. Tels
sont : l’or, l’eau, la botanique, la bonté, le nord.
Nous voulons montrer ensuite la comparaison entre les deux langues quant à la
formation du pluriel.
61
Comparaison entre les deux langues au niveau de la formation du pluriel
Dans le domaine du nombre et de la formation du pluriel, l’anglais et le
français présentent beaucoup de similarités.
Mais chacune de ces deux langues a ses propres traits distinctifs, dans la
morphologie du pluriel et ensuite dans la distribution des marques du pluriel dans
les différentes parties du discours. Le tableau ci-dessous montre la formation du
pluriel des noms pour les deux langues. (Tableau réalisé à partir de la
considération de formation du pluriel en anglais et en français proposés par
Greenbaum, 1996 et Grevisse, 2005 respectivement).
Tableau 5 : Formation du pluriel en anglais et en français
Anglais : Suffix s ou es + forme irrégulière
Français : Suffixes s avec des exceptions :
-noms terminés par –s, -x ou –z ne changent pas au
pluriel
-noms en –al forment leur pluriel en –aux
-noms en –au, -eau, -eu prennent un –x au pluriel
-noms en –ail, -ou prennent un –s au pluriel
+ formes irrégulières.
Mais ce qui nous intéresse ici, c’est aussi la distribution des marques du
pluriel dans les différentes parties du discours (l’accord). Dans les sections
suivantes nous allons analyser en détail les fonctionnements de nom dans chacune
62
des deux langues (anglais et français) par rapport aux trois aspects de grammaire
qui nous intéressent.
Le déterminant possessif (l’adjectif possessif)
Nous allons maintenant faire une description des formes des déterminants
possessifs dans chacune des deux langues en ce qui concerne la distribution des
marques du nombre (les accords).
En anglais, il n’existe pas d’accord de nombre entre le possédé et le
possesseur. C’est le possesseur qui détermine le choix du nombre et pas le nombre
du possédé :
Exemples:
my book my books
possesseur sing. possédé sing. possesseur sing. possédé pluriel
their book their books
possesseur pluriel possédé sing. possesseur pluriel possédé pluriel
En français, le déterminant possessif s’accorde toujours avec le nombre du
possédé aux trois personnes du singulier et à la troisième personne du pluriel, tout
en montrant le nombre du possesseur. Mais pour les première et deuxième
personnes du pluriel, il existe une forme fixe pour chacun de ces déterminants
possessifs selon le(s) possédé(s). Voici des exemples ci-dessous:
63
mon livre notre livre
possesseur pl. possédé sing.
possesseur sing. possédé sing avec la forme sing.
mes livres nos livres
possesseur sing. possédé pl. possesseur pl. possédé pl.
avec la forme pl. avec la forme pl.
leur livre leurs livres
possessur pl. possédé sing. possesseur pl. possédé pl.
avec la forme sing. avec la forme pl.
Comparaison entre les deux langues en relation au choix d’un déterminant
possessif au niveau du nombre
Les différences et les ressemblances entre les deux langues au niveau du
nombre concernant le choix d’un déterminant possessif sont nettes. Dans le
tableau suivant, nous résumons ces différences et ces ressemblances pour chacune
des deux langues au niveau du nombre du possesseur et du possédé. Ce tableau
est une adaptation d’Ade Ojo (2002 :96), mais nous l’avons reconstruit pour
servir le but de notre étude. Nous voulons montrer ici le choix d’un déterminant
possessif et l’accord avec le possesseur ou le possédé.
64
Tableau 6 : Choix d’un déterminant possessif selon l’accord avec le
possesseur ou le possédé
Langue Possesseur Possesseur Possesseur Possesseur pl./
sing/possédé pl./possédé sing./possédé possédé pl.
sing. sing. pl.
Anglais adj. poss. sing. adj. poss. pl. adj. poss.sing. adj. poss. pl.
Exemples : Exemples : Exemples : Exemples :
my nephew their nephew my nephews their brothers
my sister their sister my sisters our friends
Français adj. poss. sing. adj. poss. pl. adj. poss.sing. adj. poss. pl.
forme forme forme particulière
Exemples : particulière à particulière à la 3ème pers. du
mon neveu la 3ème pers. (mes, tes, ses) pl. (leurs).
ma sœur du pl. (leur)
Exemples : Exemples : Exemples :
leur père mes frères: leurs frères
leur soeur tes voisins leurs amies
Nous discutons ensuite l’emploi du nombre dans les déterminants (article défini et
indéfini).
Le déterminant (article défini/ indéfini)
D’après Grevisse (2005) les noms doivent être classés en deux groupes,
noms communs et noms propres. De plus, les noms communs sont généralement
subdivisés en deux sous groupes, qui sont les noms comptables et les noms
collectifs ou non comptables. Seuls les noms comptables peuvent avoir des
formes au singulier et au pluriel. Les noms non comptables ou collectifs eux, ne
portent qu’une des formes au singulier ou au pluriel.
65
Par exemple:
Noms collectifs/ Noms comptables
non dénombrables
Anglais : a water* two waters* an apple, two apples
Français : une eau* deux eaux* Une pomme, deux
pommes
Dans le système d’article de la langue anglaise, pour les noms définis, qu’ils
soient comptables ou collectifs, un seul article défini « the » existe pour toutes les
formes du singulier, du pluriel ou du collectif. Voici des exemples ci-dessous:
The book on the table is mine.
The books you have bought for me are very interesting.
The bread is too salty.
Quant à l’indéfini, l’article n’existe que pour les noms comptables
singuliers a /an. Quand il s’agit d’un nom comptable pluriel ou d’un nom collectif
ou non comptable, d’autres déterminants qui indiquent la quantité peuvent être
utilisés (some, any, two...). Voici des exemples:
There is a book on the table, whose it is?
There were some books on the table, have you seen them?
There is some water in the cup, will you drink it?
Ce qui existe dans le système d’article du français concernant le nombre est bien
différent de ce qui existe dans le système d’article de l’anglais. Pour les noms
comptables, qu’ils soient définis ou indéfinis, singuliers ou pluriels, un article
approprié est toujours exigé sauf dans les cas cités précédemment à la page 50 du
travail.
66
Par exemple:
Singulier Pluriel
Défini : Le livre est sur la table Les livres sont sur la table
Indéfini : J’ai acheté un livre J’ai acheté des livres
Les noms collectifs ou non comptables prennent l’article défini au singulier:
Exemples :
La foule des ignorants
L’eau de source
Comparaison entre des accords en nombre des articles en anglais et en
français
En anglais, pour l’article défini, l’accord en nombre n’existe pas, car une
seule forme d’article est employée sans considération du nombre. Mais pour le
français, il y a toujours un accord de nombre entre le nom et l’article. Pour les
noms singuliers, il existe des articles singuliers différents selon leur genre. Au
pluriel, il existe un article défini commun aux deux genres : les. Les noms
collectifs en français sont considérés comme singuliers et partitifs. Quant aux
noms propres, ils ne prennent pas d’article au singulier; mais au pluriel, un article
pluriel défini (les) s’accorde bien avec ces noms, car on considère que ces noms
désignent tous les membres d’une même famille. Par exemple : les Molière, les
Bruno, les Corneille etc. (Grevisse (2005 : 82).
Il existe bien un signe d’indéfini dans les deux langues, soit sous la forme
d’un déterminant comme a / an en anglais et une/ un en français, soit sous la
forme d’un chiffre (one boy- un garçon ; two girls-deux filles. etc). Une
67
différence fondamentale entre les deux langues apparaît au niveau du pluriel où
l’anglais n’a pas l’article. Par exemple:
Il y a des livres dans la boîte (There are (some) books in the box).
Nous examinons dans les lignes qui suivent l’aspect qui concerne le participe
passé en rapport avec l’accord en nombre.
Le participe passé
En anglais, il n’existe aucun accord en nombre avec les autres parties du
discours, qu’il soit dans la fonction de l’adjectif ou qu’il fasse partie d’un verbe
composé. Par exemple :
(dans le rôle d’un adjectif)
He was exhausted They were exhausted
sing. sing. pl. sing.
(en construction d’un verbe)
I have bought him a pen. They have bought her a handkerchief.
sing, sing.
He had bought them (some) books.
sing.
Mais selon Grevisse (2005), le participe passé dans la langue française
s’accorde en nombre avec les autres parties du discours quand il est employé
comme épithète. Il s’accorde aussi avec le sujet quand il est employé comme
participe passé. Finalement, le participe passé s’accorde en nombre avec son objet
direct quand cet objet le précède.
68
Comparaison entre des accords en nombre au participe passé en anglais et en
français
Lorsqu’on compare les deux langues, malgré des fonctions similaires, on
remarque que le participe passé s’accorde en nombre avec les autres parties du
discours en français, alors qu’il est toujours invariable dans la langue anglaise.
Nous présentons le participe passé des deux langues, accompagné de
toutes ses fonctions dans le tableau suivant, afin de mettre en évidence ses accords
éventuels.
Tableau 7 : Participe passé au niveau des accords en nombre en anglais et
en français
Anglais: They were exhausted They have bought her a pen
pl. sing. pl. sing.
Français : Des enfants abandonnés Vos raisons seront admises
pl. pl. pl. pl.
on les a punis
pl. pl.
Nous constatons à partir de ces comparaisons axées sur les trois éléments
grammaticaux (le déterminant possessif, le déterminant défini et indéfini et le
participe passé) que la similarité et la différence entre l’anglais et le français au
niveau des accords en genre et en nombre peuvent constituer des problèmes aux
apprenants de SHS. Comme nous l’avons noté d’après des théories behavioristes,
la similitude entre les structures des deux langues pourrait faciliter l’apprentissage
alors que leur différence pourrait rendre l’apprentissage difficile dans la mesure
où l’apprenant doit changer une habitude enracinée dans son comportement
69
verbal. Notre objectif quant à ces comparaisons est de mettre en lumière les zones
de conflits au niveau de transferts (morpho-syntaxiques) de l’anglais déjà acquis
vers l’apprentissage du français qui constitue leur nouvelle tâche. Ayant complété
la première phase, passons maintenant à la deuxième phase -travaux des transferts
interlinguistiques.
Travaux des transferts interlinguistiques
D’autres travaux (étrangers et ghanéens) qui ont des rapports étroits avec
notre sujet et que voulons-nous examiner sont ceux de : Boulch (1966),
N’Guessan (1997), Hirunparn (1983-1984), Amuzu (2001), Yiboe (2001),
Bangnia (2008). Ces travaux transcendent les niveaux descriptifs de la langue : le
lexique, la phonologie, l’orthographe et la syntaxe.
Dans le contexte africain, Boulch (1966), dans sa thèse de doctorat, fait
une étude portant sur des interférences linguistiques sur « un cas de trilinguisme ;
l’apprentissage de l’anglais par les élèves sénégalais : l’interférence des
phonétismes wolof ». Il fait une étude comparative des systèmes linguistiques de
trois langues ; l’anglais, le français et le wolof. Il observe que le wolof est
considéré comme la langue véhiculaire dans les grandes villes, comme Saint
Louis et Dakar. Son public (les élèves) parle le wolof en dehors de la classe. Il
trouve donc que le wolof a une incidence phonétique sur le français, la langue
officielle et l’anglais la langue étrangère, ce qui fait produire les locuteurs des
accents étrangers. La méthode de la collecte des données inclut des questionnaires
portant plutôt sur l’image de l’anglais, langue étrangère où les élèves soulèvent le
problème phonétique.
70
L’étude révèle que les systèmes français et anglais possèdent des phonèmes
inexistants dans le système phonétique du wolof. La réalisation de ces phonèmes
pose des problèmes aux élèves. Ils les substituent alors à des phonèmes proches
en wolof, d’où les interférences linguistiques. Boulch souligne ensuite que le
contact des langues ne pose pas un problème aux langues étrangères seules mais
aussi à la langue maternelle.
Or les grandes orientations dans son travail surtout la problématique qui est
centrée sur les perspectifs des élèves sénégalais en rapport avec le système
phonétique des trois langues en contact (le français, le wolof et l’anglais) ne sont
pas très explicites comme nous l’aurions souhaité. Le travail manque ces étapes
essentielles que nous pensons développer dans notre travail.
N’Guessan (1997), présente lui aussi, l’aspect linguistique des
interférences de la langue maternelle sur le français, langue seconde au niveau des
phrases et des éléments lexicaux. Son étude est menée à partir d’un corpus
constitué de 170 copies de rédaction des élèves baoulés de C. M. 2 dont 120
copies proviennent de garçons et 50 de filles. Le but est de montrer que les erreurs
que commettent les apprenants dans l’apprentissage du français, langue seconde
sont la plupart du temps des erreurs interférentielles dues à l’impact de la langue
maternelle de l’apprenant. Il étudie les calques relevant de la phraséologie en
langue maternelle et les confusions de sens dans l’emploi des unités lexicales.
Selon lui, cette situation entraîne des confusions graves qui peuvent être de trois
types :
71
1. Cas où la sphère d’emploi d’un lexème baoulé englobant plusieurs lexèmes
français, aboutit à des confusions entre termes sémantiques voisins. Autrement
dit, c’est le cas où il existe en français plusieurs lexèmes dont le sens correspond
au champ sémantique d’un seul lexème en baoulé.
2. Cas où le calque aboutit à des énoncés acceptables en français mais qui
provoque des contresens.
3. Cas où la traduction aboutit à des énoncés incompréhensibles, voire illogiques
en français.
N’Guessan souligne que ces erreurs interférentielles sont commises par
des apprenants qui ne sont pas conscients de leurs effets. Il suggère comme
proposition didactique une comparaison des systèmes linguistiques en contact afin
de résoudre les problèmes interférentiels.
Nous pensons que la proposition didactique suggérée par N’Guessan est
peu suffisante comme remède à un problème interférentiel. Nous voulons donc,
aller plus loin dans notre perspective didactique pour, non seulement comparer les
deux langues visées mais aussi pour analyser les erreurs de nos élèves en utilisant
les démarches proposées par Corder (1967, 1980). Ces analyses vont nous aider à
identifier certaines erreurs qui ne sont pas forcément liées aux problèmes
interférentiels.
En Thaïlande, Hirunparn (1983-1984) a soutenu un mémoire sur le sujet
« Analyse d’erreurs relevées dans le français écrit d’étudiants thaïlandais ». Cette
analyse est effectuée à partir d’un corpus comprenant 52 copies de rédaction sur
un sujet libre de 13 étudiants thaïs ayant vécu pendant un certain temps en France
72
et de spécialités différentes: lettres modernes, commerce, études vétérinaires, arts
décoratifs, etc. Elle a trouvé 412 erreurs aux niveaux morphologique, syntaxique
et lexical. Les erreurs au niveau syntaxique sont les plus fréquentes. Elle a
remarqué la forte influence de l’oral sur l’écrit, sans proposer d’autres sources
d’erreurs. Nous pensons qu’il y a plutôt beaucoup d’erreurs syntaxiques dans
l’écrit en français des apprenants ghanéens qui ne sont pas forcément en rapport
avec la phonétique anglaise. Par ailleurs, son mémoire est basé sur l’influence de
la langue thaïe sur le français écrit de son public. Nous, nous travaillons sur
l’anglais et le français. Le thaї et anglais ne sont jamais les mêmes en forme et
structure. Aussi, la situation d’enseignement-apprentissage du FLE au Ghana et
celle de Thaïlande ne pourrait pas être les mêmes. Comme le souligne Bogaards
(1991 : 30) « la situation dans laquelle un individu apprend une autre langue n’est
pas sans importance ».
Au Ghana, Amuzu (2001) a travaillé sur ‘des difficultés des apprenants en
orthographe du français’ (Amuzu, idem: 1). Il observe que c’est l’acquisition des
règles de fonctionnement du système orthographique du français qui pose plus de
difficultés aux apprenants de Senior Secondary School. Dans son article, il établit
que les phénomènes de transfert varient en fonction des tests et des traits de
similarité et de différence entre les langues en présence. Son étude porte sur les
effets de la langue première et de la langue seconde, sur l’apprentissage du
français langue étrangère chez les apprenants de Senior Secondary School dans la
région Volta. Signalons que son étude porte exclusivement sur des apprenants qui
ont la langue éwé, langue d’origine Kwa, comme langue première.
73
Les instruments qu’il utilise pour la collecte des données sont composés
d’un test de dictée et d’un test de grammaire et de lexique. Les tests qui sont basés
sur les programmes d’enseignement du FLE et des Examens de West Africa
Examination Council (WAEC) sont administrés auprès de 314 apprenants en
troisième année de l’école secondaire.
Amuzu tient compte de la typologie des erreurs à dominance
morphogrammique de type interlingual et de type grammatical pour montrer que
les erreurs sont porteuses d’information sur les difficultés d’acquisition des
apprenants. Il nous apparaît qu’il n’a pas pu établir le pourcentage plus précis des
domaines de difficultés relatifs à l’éwé et à l’anglais langue seconde. Il dit à ce
propos : « Il nous a paru difficile d’établir un pourcentage plus précis des
domaines de difficultés relatifs à l’éwé et à l’anglais » (Amuzu, idem: 17).
Amuzu conclut que le transfert s’opère alors entre ce qui est déjà acquis et les
données nouvelles de l’acquisition. Cette conclusion abonde dans le sens des
théories behavioristes qui nous révèlent que l’éwé (langue ghanéenne déjà
acquise), ainsi que l’anglais (la langue source) et le français (langue cible) ont
chacune un rôle dans le développement langagier des apprenants.
Cette étude et la nôtre sont pareilles du point de vue de la notion
d’interférence et de la notion du genre et du nombre. Nous nous attendons une
découverte pareille comme celle d’Amuzu. Mais, alors que son étude examine les
erreurs orthographiques grammaticales commises par les apprenants à cause du
phénomène d’interférence interlinguistique, notre travail ne porte pas seulement
sur les erreurs orthographiques. Nous considérons également les erreurs commises
74
au niveau du choix du genre et du nombre (dans l’adjectif possessif et les articles
définis et indéfinis) ainsi que l’accord du genre et du nombre (dans le cas du
participe passé). Ces erreurs ne sont pas uniquement au niveau orthographique des
mots constituant la phrase des apprenants mais également au niveau syntaxique de
la phrase de ceux-ci (si nous considérons la phrase comme la plus grande unité
grammaticale). Comme le souligne Grevisse (2005 :9) « c’est par phrases que
nous pensons et que nous parlons [...], elle est la véritable unité linguistique ».
D’ailleurs, parmi les apprenants dans le cadre de notre travail, il y en a qui
considèrent l’anglais comme leur langue premièrement acquise et comme nous ne
comprenons pas bien toutes les langues maternelles parlées par les enquêtés, nous
n’avons pas mis l’accent sur une langue maternelle spécifique que le fait Amuzu
(2001). En revanche, nous considérons l’environnement linguistique (multilingue)
de nos enquêtés comme très important, car selon Lecomte (1993 pagesperso-ora
nge.fr/joseph.rezeau/.../theseNet-2_-3.htm, consulté le 20 août, 2009), les
recherches et théories relatives à l’apprentissage peuvent se répartir en trois
grandes catégories, « selon qu’elles mettent l’accent sur le sujet (apprenant), sur
son environnement ou encore sur l’interaction entre ces deux éléments ». Aussi
d’après Piaget (1967), l’apprentissage est le fruit d’une interaction entre l’individu
et son environnement. Il s’y adapte par assimilation et accommodation.
Yiboe (2001), dans son mémoire de maîtrise, fait une étude sur le
problème de transfert négatif dans l’apprentissage du Français Langue Étrangère
auprès des apprenants éwéphones au niveau SSS. Ses enquêtés, 55 apprenants de
SSS 3 dans 5 écoles secondaires dans le District de Ho constituent sa population
75
de référence. Il cherche à montrer qu’il y a le phénomène de transfert négatif de
la langue première éwé des apprenants sur le FLE au niveau phonétique/
phonologique et syntaxique. Il observe que la langue première de l’apprenant est
un facteur qui influe sur l’apprentissage d’une langue étrangère à tous les niveaux
de la description linguistique.
Sa méthode de collecte des données inclut un questionnaire, une production
écrite et orale. Le questionnaire porte sur des informations démographiques et
linguistiques sur l’apprenant. Les exercices écrits et oraux sont composés des
tests : un texte de lecture à haute voix pour vérifier les erreurs phonémiques
réalisées par les apprenants et un test centré sur la négation qui permet aux
apprenants de transformer des phrases affirmatives en phrases négatives
correspondantes. Cette étude indique que beaucoup d’erreurs proviennent de la
langue source (langue première de l’apprenant). Autrement dit, il y a le transfert
linguistique négatif de l’éwé dans l’aspect phonémique et des constructions
syntaxiques de l’apprenant. Il limite son étude au transfert négatif au niveau
phonétique et syntaxique.
Yiboe remarque que les erreurs phonémiques surgissent du fait que
certains des phonèmes français [y, ø, œ,] n’existent pas en éwé. Au niveau
syntaxique, il observe que la tournure négative pose beaucoup de difficultés aux
apprenants et que la transformation fautive est due à la structure dans la langue
éwé. Il classifie comme facteurs non structuraux des éléments tels que, l’âge des
apprenants, le nombre de langues parlées par les apprenants, l’ordre d’acquisition
76
des langues (éwé, ga, twi, anglais, français), l’apprentissage de l’éwé en tant que
matière scolaire comme sources de difficultés d’apprentissage du FLE.
Il conclut, en s’inspirant des résultats de ces tests, que le transfert négatif
de la langue première de l’apprenant joue un rôle primordial dans l’apprentissage
du FLE. Ainsi attribue-t-il aussi les facteurs non structuraux qui proviennent de la
situation sociolinguistique des apprenants au transfert négatif.
Notre étude et celle de Yiboe sont convergentes sur la notion de transfert
négatif ou le phénomène d’interférence de la langue source dans l’apprentissage
de la langue cible. Mais notre objectif est de tester le transfert de la notion de
l’accord du genre et du nombre en anglais, la langue officielle du Ghana sur le
FLE. Au contraire, l’étude de Yiboe porte sur les phénomènes de négation et la
difficulté de prononciation des phonèmes français chez des apprenants éwéphones
du District de Ho. Aussi, notre instrument de collecte des données qui inclut des
tests portant sur l’accord en genre et en nombre et le milieu de la recherche sont
différents de ceux de Yiboe. Nous comptons ainsi faire une découverte nouvelle
qui serait différente de celle de Yiboe.
Bangnia (2008) fait aussi une étude sur l’impact de la langue dagara sur
l’apprentissage du FLE. Son public comprend des apprenants de SHS qui ont la
langue dagara (l’une des langues d’origine Gur du nord) comme langue
maternelle. Le public est au total 87 apprenants choisis auprès de 7 lycées de
Upper West Region. Ses instruments de mesure sont le questionnaire basé sur des
informations démographiques et linguistiques sur l’apprenant et des tests (test de
compréhension orale et test de compréhension auditive et test de dictée). Bangnia
77
(idem.) essaie de montrer que la ressemblance des formes en français et en
dagara, telles que « vu », « su », « dur », « pur », « dur » etc. embrouille les
apprenants, d’où des difficultés d’orthographe en FLE. Il ajoute aussi que certains
phonèmes comme /y/, /œ/, /ə/, /ø/, etc. qui n’existent pas en dagara posent des
difficultés de lecture en français aux apprenants.
Bagnia, à partir des résultats de ces tests, conclut que le dagara, la langue
maternelle de ses enquêtés a un impact grave au niveau phonologique, d’où des
erreurs d’orthographe chez les apprenants du FLE et par conséquent, une
mauvaise prononciation. En plus des problèmes causés par le transfert négatif, il
attribue les erreurs des apprenants à d’autres facteurs tels que la durée
d’apprentissage, le nombre de langues parlées par les apprenants, l’âge des
apprenants et l’attitude négative des apprenants vis-à-vis du FLE.
Bien que notre étude et celle de Bangnia portent sur les mêmes
phénomènes interférentiels en FLE, les objectifs des deux études sont différents.
Bangnia travaille sur des problèmes d’orthographe et de lecture du FLE chez des
apprenants qui ont acquis le dagara comme langue première. Mais notre étude
porte sur des incidences des éléments syntaxiques anglais sur l’écrit des
apprenants de SHS en FLE, en particulier dans la Métropole de Cape Coast. Il
s’agit d’un milieu linguistique qui comporte des apprenants des langues premières
différentes. Nous pensons que développer les compétences linguistiques des
apprenants ne se limite pas au niveau d‘orthographe et de lecture. Les apprenants
doivent aussi écrire correctement la langue en respectant les règles morpho-
syntaxiques surtout les règles d’accord du genre et du nombre.
78
En somme, les travaux que nous avons cités portent sur le Français
Langue Étrangère dans un cadre linguistique bilingue ou multilingue où les
chercheurs mettent l’accent sur l’origine de l’erreur de l’apprenant. L’idée
centrale qui parcourt tous ces travaux est que le transfert négatif est une grande
entrave à l’enseignement-apprentissage des langues étrangères. Certaines de ces
études essaient d’identifier les erreurs afin de les décrire, puis de les expliquer en
faisant référence à des stratégies d’apprentissage sans pour autant supprimer le
concept de transfert. Mais en dehors de cette analyse des erreurs, certains travaux
proposent des méthodes d’enseignement différentes basées sur l’analyse
contrastive pour pouvoir éliminer ou réduire les effets néfastes du transfert
négatif. Malgré ces propositions didactiques, aucun chercheur n’élimine le
phénomène relatif au transfert négatif chez les apprenants. Ce concept reste ainsi
toujours un élément très important que nous voulons aussi considérer dans notre
travail.
Conclusion partielle
Dans ce chapitre, nous avons essayé d’exposer le cadre théorique dans
lequel s’inscrit notre travail et la revue des travaux pertinents à notre étude. Le
cadre théorique est composé des théories d’analyse contrastive de Lado (1957) et
d’analyse des erreurs de Corder (1967). Le choix de ces théories est basé sur la
considération behavioriste et cognitiviste/constructiviste par rapport à
l’apprentissage d’une nouvelle tâche (langue) par l’apprenant.
Le cadre théorique est suivi par la revue des travaux pertinents qui ont
traité le phénomène que nous examinons, c’est-à-dire, les influences
79
interlinguistiques. Nous trouvons ces travaux pertinents, car ils abordent certains
domaines essentiels de la langue à savoir: l’accord du genre et du nombre, le
lexique, la phonologie, l’orthographe et la syntaxe.
Le chapitre suivant porte sur la méthodologie générale de l’étude. Nous y
discutons les instruments d’enquête pour la collecte de nos données, les publics
cibles pour l’enquête et la méthode d’analyse des données, entre autres.
80
CHAPITRE DEUX
MÉTHODOLOGIE DE L’ÉTUDE
Introduction
Ce chapitre est consacré à la démarche méthodologique que nous avons
utilisée pour recueillir et analyser les données nécessaires de l’étude. Cette
démarche inclut la présentation des instruments de collectes des données, le
public, l’échantillonnage, la technique de collectes des données, la nature des
données, l’étude pilote, la collecte des données et la technique d’analyse des
données.
Nous rappelons que notre étude a exploré l’influence de la syntaxe
anglaise sur l’écrit des apprenants du FLE en SHS. Cette étude est basée sur
l’analyse contrastive et l’analyse des erreurs axées sur trois parties du discours
(article, adjectif possessif et participe passé) qui sont considérées ici dans le cadre
de la morpho-syntaxe du genre et du nombre. À travers ces analyses, nous
espérons pouvoir expliquer les causes principales des erreurs produites par les
apprenants afin de proposer une intervention pédagogique efficace.
Notre étude se donne la tâche de chercher la validité des données
concrètes vérifiables sur lesquelles les analyses sont fondées. La validité de cette
étude dépend donc des données qualitatives et quantitatives qui servent de base à
notre analyse. Pour ce faire, nous avons employé des instruments comme des
81
questionnaires et des données écrites (une série de tests- des exercices à choix
multiples et un exercice de rédaction). Les tests nous permettent de vérifier si les
apprenants de SHS, qui ont déjà acquis le concept des accords du genre et du
nombre en anglais, pourraient bien respecter ces mêmes notions qui suivent une
règle totalement différente en français. Par cette démarche, nous pouvons
déterminer les zones de difficultés chez les apprenants. Les résultats sont donc
basés sur l’analyse qualitative et quantitative pour déterminer les zones de
difficultés des apprenants répondants.
Public cible
Notre public est constitué des apprenants du FLE au niveau SHS de la
Métropole de Cape Coast dans la région du centre du Ghana. Le choix de ce
public est basé sur la considération des aspects socio-culturels et linguistiques des
apprenants du FLE dans cette Métropole. Un grand nombre d’apprenants des
écoles secondaires dans la Métropole de Cape Coast vient de différentes parties
ou régions du Ghana. Nous pensons qu’il y a un rapport intrinsèque existant entre
les pratiques langagières et l’appartenance sociale (la dimension sociale est
devenue indissociable de la langue). Nous considérons aussi le regroupement
récent des écoles secondaires au Ghana dans des catégories A à D selon la
dotation des écoles au point de vue d’équipement et de fonctionnaires de
l’enseignement (Ministry of Education ; Ghana, 2009; ‘Daily Graphic’; April 4,
pages 4, 6 et 12). Dans ce regroupement, Wesley Girls Senior High School et
Mfantsipim Senior High School se trouvent dans la catégorie A, alors que
82
University Practice Senior High School est dans la catégorie B et dans la
catégorie C se trouve Academy of Christ the King Senior High School.
Les données sont collectées auprès des apprenants de la troisième année
qui ont appris le FLE pendant au moins trois ans. Ce niveau est convenable parce
que les apprenants en question ont déjà fait plus de deux ans d’apprentissage du
FLE et pourraient être en mesure de répondre aux épreuves morpho-syntaxiques
préconisées par le sylllabus de SHS et le West African Examination Council
(WAEC), l’organe examinateur des apprenants dudit niveau.
Échantillonnage
Comme dans toutes les études de ce type, la validité des démarches
adoptées au cours de la collecte et de l’analyse des données et des résultats
obtenus dépend de la sélection d’un échantillon représentatif.
Les données sont recueillies dans quatre lycées de la Métropole de Cape
Coast où le FLE est enseigné. Ces écoles sont : Mfantsipim Senior High School,
Wesley Girls Senior High School, University Practice Senior High School et
Academy of Christ the King Senior High School. L’échantillon est constitué donc
de deux écoles secondaires mixtes et de deux écoles secondaires non mixtes dans
cette Métropole. L’échantillon est basé sur la nature des établissements scolaires
ghanéens qui sont, soit unisexes, soit mixtes (filles et garçons). Ainsi voulons-
nous assurer un échantillon représentatif. Les données sont recueillies auprès de
92 apprenants (32 garçons et 60 filles).
La collecte des données est basée sur les critères suivants. Pour les écoles
où les apprenants de la troisième année ne constituent qu’une seule classe, ces
83
apprenants ont été tous impliqués dans la collecte des données. Dans le cas
contraire, une classe est choisie aléatoirement. Ce critère nous convient, car parmi
les écoles choisies, il y en a qui ont des effectifs élevés mais les autres n’en ont
pas. Le tableau ci-dessous représente la répartition de notre échantillon:
Tableau 8 : Répartition de l’échantillon
École Garçons Filles Total Pourcentage
Academy of Christ
the King SHS 5 14 19 20,7
Mfantsipim SHS 22 0 22 23,9
University Practice 5 21 26 28,3
SHS
Wesley Girls’ SHS 0 25 25 27,2
Grand total 32 60 92 100
En ce qui concerne le tableau ci-dessus, dans les quatre écoles visitées, nous
avons au total 92 apprenants répondants. Selon le sexe des répondants, 32
apprenants (soit 34,8%) sont des garçons tandis que 60 apprenants (soit 65,2%)
sont des filles. Nous remarquons que dans chaque école visitée, les filles
dominent toujours en nombre en classe de FLE. Ce qui veut dire, à notre point de
vue, que les filles s’intéressent plus à la langue française que les garçons.
84
Instruments de collectes des données
Le questionnaire est divisé en différentes sections (voir l’Annexe A). Une
partie couvre des informations socio-démographiques et linguistiques sur
l’apprenant. Des informations telles que l’âge, le nombre de langues parlées, la
durée d’apprentissage, etc., sont fournies par les apprenants. La deuxième section
est composée d’une série de tests: exercices morpho-syntaxiques à choix
multiples et une rédaction courte.
Le premier exercice porte sur dix phrases indépendantes comportant
chacune un trou à remplir avec un déterminant possessif. Cette partie cherche à
vérifier l’influence de l’anglais sur le choix du déterminant possessif. Comme
nous l’avons constaté dans l’analyse contrastive, le choix du déterminant
possessif en anglais est lié au genre et au nombre du possesseur alors qu’en
français, il est lié au genre du possédé.
Le deuxième exercice comporte chacun un trou à remplir par un article
masculin ou féminin/ défini ou indéfini/ singulier ou pluriel. Cette partie a comme
objectifs d’abord le choix du genre par rapport au mot correspondant, ensuite le
choix entre l’article défini et l’indéfini par rapport aux autres éléments dans
chaque phrase, enfin le choix du nombre selon la présence ou l’absence de la
marque du pluriel.
Le troisième exercice aussi comprend dix phrases indépendantes. Dans
chacune des phrases, il y a au moins un verbe au participe passé parmi deux ou
trois formes proposées. Cette partie vérifie la connaissance de la conjugaison de la
85
langue française (accord de genre ainsi que de nombre), car dans la langue
anglaise le participe passé est toujours invariable.
Finalement, nous avons proposé une rédaction courte. Cette partie a
comme objectif de donner aux apprenants (les enquêtés) la chance de s’exprimer
librement à l’écrit sur un sujet que nous avons proposé (voir les Annexes ; pages :
155- 162) Cet exercice nous permet d’examiner les lacunes dans l’écrit des
apprenants par rapport aux phénomènes étudiés.
La plupart des exercices sont des modifications et des adaptations
d’anciens sujets d’examens de WASSCE de 1993 à 2008 (voir Joe Deges’ Series-
FRENCH PAST QUESTIONS WITH ANSWERS For Senior Secondary
Schools. From 1993 to 2008. By Samuel D. Johnson).
Pour la rédaction, nous l’avons sélectionnée parmi les questions de
SSSCE FRENCH, 2004. Mais, nous l’avons modifiée un peu pour susciter
l’intérêt des répondants. Pendant la période de la collecte des données, les
apprenants venaient de passer les vacances de Pâques, à notre avis, un sujet sur
lesdites vacances pourrait susciter leur intérêt. Notre rédaction proposée
correspond donc à la question quatre dudit examen (voir SSSCE FRENCH,
November, 2004, Section C, Question 4).
Étude pilote
Pour assurer l’efficacité de nos instruments, nous les avons d’abord testés
auprès de 21 apprenants des écoles suivantes : Mfantsipim SHS, University
Practice SHS et Academy of Christ the King SHS, dont sept apprenants de chaque
école. Cette étude, à travers les résultats, nous a signalé que les phénomènes que
86
nous étudions existent. Aussi, les résultats obtenus nous ont aidé non seulement à
reformuler certains aspects du questionnaire mais aussi à reconstruire quelques
éléments des tests de grammaire. Nous avons aussi demandé à nos directeurs de
mémoire et certains enseignants du FLE au niveau SHS de relire les outils pour
nous. Nous avons demandé cette relecture pour assurer que les phrases soient bien
construites en relation avec la compréhension de la part des apprenants
répondants.
Déroulement du questionnaire et des tests
Nous avons administré le questionnaire et les tests dans les écoles en juin,
2009. Nous n’avons eu aucun problème pour avoir accès aux apprenants, grâce à
la lettre signée par le chef du Département de français, pour nous présenter auprès
des directeurs des établissements visités. Nous avons d’abord expliqué aux
apprenants le but de notre recherche. Nous soulignons ici que, pour assurer une
bonne compréhension du questionnaire de la part des apprenants et pour obtenir
des informations fiables, le questionnaire et les consignes pour les tests sont tous
écrits en anglais. En outre, nous avons, en guise d’explications, aidé les
apprenants nous-même à remplir le questionnaire afin d’obtenir des informations
correctes et appropriées.
Les tests ont été administrés sous la surveillance des professeurs de FLE
de chaque école visitée et de nous-même. Afin de donner des explications
éventuelles aux apprenants, nous avons assisté directement aux collectes des
données. Aussi pour assurer un travail individuel, nous avons arrangé les sièges
des apprenants de telle manière qu’ils ne pouvaient pas copier les réponses
87
d’autrui. En effet, à chaque école, la collecte des données a été faite dans un délai
de deux heures. Le questionnaire a été rempli en trente minutes alors que les
testes à choix multiples et la rédaction ont été accomplis dans un délai d’une
heure et trente minutes. En fait, une heure a été consacrée à la rédaction (voir le
sujet de la rédaction dans l’Annexe A). En somme, l’administration des tests a eu
du succès parce qu’elle s’est déroulée dans une atmosphère de tranquillité et sans
aucune incidence qui pourrait nuire à la fiabilité de l’étude.
Techniques d’analyse des données
Les données socio- démographiques et linguistiques qui consistent en des
informations sur le sexe, l’âge, le bagage linguistique, la durée et les difficultés
des apprenants quant à l’apprentissage du FLE ont été présentées sous forme de
tableaux. Ce genre d’informations nous donne des indices sur la nature des
problèmes chez les apprenants du FLE qui sont le sujet de l’enquête.
D’ailleurs, les informations recueillies à partir des tests administrés devaient
être traitées de manière aussi complète que possible. L’objectif dans cette phase
de notre recherche est de faire un recensement des erreurs afin de présenter les
résultats nécessaires à la vérification de nos hypothèses. Nous avons commencé à
dépouiller les données manuellement. A l’aide de certains enseignants de SHS,
nous avons d’abord corrigé les questions des tests un par un. Ensuite, il nous a
fallu préparer les données afin de l’analyser selon les techniques d’analyse que
nous avons choisies. Pour ce faire, nous avons préparé différents tableaux de
fréquence selon l’objectif de chaque exercice. La tâche de la présentation des
tableaux est facilitée grâce au logiciel Excel (Microsoft office Word, 2007). Pour
88
utiliser ce programme, il s’avère nécessaire de codifier les items et de les
enregistrer dans le programme d’analyse statistique. Notre stratégie est la
suivante : nous présentons des tableaux montrant le pourcentage ou des
statistiques des individus produisant des erreurs pour chaque item dans les trois
aspects de grammaire étudiés. Nous avons donc, pour chaque exercice, consacré à
chaque objectif une colonne ; les types d’erreurs de chaque répondant y ont été
présentés en détail. Les tableaux ont été préparés pour permettre le comptage des
erreurs et en extraire les résultats. Ensuite, les scores des apprenants répondants
ont été présentés sur les tableaux de fréquence afin de montrer la distribution des
apprenants, chacun selon leur performance dans chaque test.
Conclusion partielle
À cette phase du travail, la méthodologie générale de l’étude, nous avons
discuté le public cible, l’échantillonnage, l’étude pilote, les instruments de
collecte des données, la nature du questionnaire et des tests, et les techniques
d’analyse des données. Notre public est constitué des apprenants de SHS dans la
Métropole de Cape Coast. Les données ont été collectées auprès de 92 apprenants
dans quatre écoles secondaires sélectionnées selon le regroupement récent des
écoles secondaires au Ghana par le Ministère de l’Education Ghanéen dans
certaines catégories A à D. La nature des écoles secondaires du Ghana (soit
unisexes, soit mixtes) est aussi considérée. Avant la collecte des données, une
étude pilote a été faite auprès de 21 apprenants choisis parmi 3 de ces écoles. Les
données sont constituées du questionnaire, des tests de grammaire et d’une
rédaction sur un sujet donné. Pour la technique d’analyse des données, qui forme
89
une partie intégrante de l’étude, nous avons proposé d’utiliser des tableaux de
fréquence pour illustrer les résultats qui seront interprétés à la lumière des deux
méthodologies : l’analyse contrastive et l’analyse des erreurs.
Dans le chapitre qui suit, nous allons présenter et analyser les résultats de
l’étude. Notre interprétation vise à décrire la source possible des erreurs commises
par les apprenants.
90
CHAPITRE TROIS
PRÉSENTATION ET ANALYSE DES RÉSULTATS
Introduction
La présentation de nos résultats a pour objectif de mettre en évidence
l’origine possible des erreurs et de valider nos hypothèses. Notre démarche est la
suivante : pour chaque test, nous présentons des tableaux récapitulatifs des erreurs
produites. Nous présentons également les chiffres montrant le pourcentage des
individus produisant des erreurs (soit les erreurs sur le genre, soit les erreurs sur le
nombre) et dans le cas où l’enquêté n’aurait choisi aucune réponse, nous le
mettons dans la catégorie, pas de réponse. Nous présentons également des
tableaux pour montrer les notes obtenues par les enquêtés dans chacun des tests.
Mais avant la présentation de chaque tableau récapitulatif nous donnons des
explications sur la source possible des erreurs à la lumière de l’analyse contrastive
et ensuite de l’analyse des erreurs. Nous rappelons que l’analyse contrastive selon
Lado (1957), est basée sur l’analyse des systèmes lexicaux, morpho-syntaxiques,
sémantiques et phonétiques des deux langues à étudier au point de vue de leurs
similarités et de leurs différences. Les contrastivistes pensent que les similitudes
entre la langue à apprendre et la langue déjà acquise (la langue source et la langue
cible) facilitent la tâche de l’apprentissage alors que les différences inhibent cette
tâche résultant à la production des erreurs par l’apprenant. Mais pour les
91
cognitivistes, les erreurs sont « des indices d’un processus actif d’acquisition ;
elles permettent à ce titre, de décrire la « connaissance » de la langue par l’enfant
(sa « grammaire ») à un stade donné (Gaonac’h, 1991 :124). Corder (1967) qui a
axé son idée sur cette notion cognitiviste, propose trois démarches sur lesquelles
l’étude des erreurs de l’apprenant devrait être effectuée : l’identification de
l’erreur, la description de l’erreur et l’explication de l’erreur. La présentation et
l’analyse des données sont basées donc sur ces deux notions d’analyse fondées sur
les considérations behavioristes et cognitivistes. Mais avant de présenter cet
aspect, nous présentons d’abord les résultats des informations recueillies sur
l’aspect socio-démographique et linguistique des apprenants qui consiste en l’âge,
les langues parlées et les langues écrites, la durée d’apprentissage du FLE, les
zones majeures de transfert et les zones majeures de difficultés des apprenants.
Ces informations sont fournies par les apprenants eux-mêmes grâce au
questionnaire (voir les Annexes).
92
La vie socio-démographique et linguistique des apprenants :
Tableau 9: Âge des apprenants
Âge
École 15 16 17 18 19 20 21
Academy of Christ
the King SHS 0 7 8 3 1 0 0
Mfantsipim SHS 0 9 9 2 1 1 0
University Prac. SHS 5 11 7 0 2 0 1
Wesley Girls’ SHS 2 12 8 3 0 0 0
Total 7 39 32 8 4 1 1
Pourcentage 7,6 42,4 34,8 8,7 4,3 1,1 1,0
Selon la distribution de l’âge comme indiqué par les apprenants enquêtés,
39 apprenants (soit 42,4%) ont 16 ans, 32 apprenants (soit 34,8%) ont 17ans, 7
apprenants (soit 7,6%) et 8 apprenants (soit 8,7%) ont respectivement 15 ans et 18
ans, tandis que 4 apprenants (soit 4,3%) ont 19 ans. Il y a également 2
apprenants (soit 2,8%): l’un indique qu’il a 20 ans et l’autre 21 ans. Nous sommes
donc enclin à conclure que la grande majorité des apprenants enquêtés sont des
adolescents. Mais il y en a quelques-uns qui ont dépassé l’âge d’adolescence.
Nous considérons ensuite les langues parlées par les apprenants.
93
Tableau 10 : Langues parlées par les apprenants
Langues No. d’apprenants pourcentages
Anglais 92 100
Français 92 100
Twi 67 77,8
Fanti 51 55,4
Ga 32 34,8
Ewé 15 16,3
Nzema 3 3,3
Dagbani 2 2,2
Swahili 1 1,1
Haoussa 1 1,1
Igbo 1 1,1
Espagnol 1 1,1
Selon le tableau 10, pour les 92 apprenants répondants, chacun affirme
pouvoir parler l’anglais et le français. Soixante-sept (67) apprenants (soit 77,8%)
indiquent qu’ils parlent le Twi, 51 apprenants (soit 55,5%) parlent le Fanti, 32
apprenants (soit 34,8%) affirment savoir parler le Ga et 15 (soit 16,3%) parlent
l’Ewé. Aussi, 3 apprenants (soit 3,3%) et 2 apprenants (soit 2,2%) parlent le
Nzema et le Dagbani respectivement tandis que 4 apprenants (soit 4,3%) parlent
une de ces langues : le Swahili (1 apprenant), l’Haoussa (1 apprenant), l’Igbo (1
apprenant) et l’Espagnol (1 apprenant). Les répondants ont indiqué qu’ils peuvent
parler au total, douze langues.
94
Ce résultat soutient donc notre constat que la Métropole de Cape Coast,
l’environnement de nos enquêtés, est multilingue. Nous admettons que dans le
tableau ci-dessus, nous ne mettons pas les langues comme le Twi, le Fanti, et le
Nzema sous le terme générique, akan comme le suggèrent Akosa, (2005), Gordon,
(2005), Leclerc, (2005). Car Edu-Buandoh (2006) citée dans Haruna (2008) pense
que le fanti, tout comme les autres langues akan, est une langue distincte à l’intérieur
du groupe linguistique akan. Nous partageons donc ce dernier point de vue.
Tableau 11 : Langues parlées selon l’ordre d’acquisition
Ordre
d’acquisition des 1e % 2e % 3e % 4e % 5e %
langues parlées
Anglais 49 53,3 33 35,8 9 9,8 1 1,1 0
Français 0 0 2 2,2 40 44,6 48 52,2 2 1,1
Twi 19 20,7 24 26,1 17 18,5 7 7,6 0 0
Fanti 11 13,0 19 20,7 11 12,0 0 0 0 0
Ewe 7 7,6 4 4,3 2 2,2 2 2,2 0 0
Ga 2 2,2 9 9,8 12 14,1 8 8,7 0 0
Nzema 2 2,2 0 0 0 0 1 1,1 0 0
Dagbani 1 1,1 0 0 0 0 1 1,1 0 0
Swahili 0 0 0 0 0 0 1 1,1 0
Haoussa 1 1,1 0 0 0 0 0 0 0 0
Igbo 0 0 1 1.1 0 0 0 0 0 0
Espagnol 0 0 0 0 0 0 1 1,1 0 0
95
D’après le tableau ci-dessus, 49 apprenants (soit 53,3%) indiquent qu’ils
ont acquis la langue anglaise avant d’autres langues. Aussi, 19 apprenants (soit
20,7%) présentent le Twi comme leur langue premièrement acquise, alors que 11
apprenants (soit 13%) indiquent le Fanti comme la langue premièrement acquise.
En outre, la langue Ewé est langue première pour 7 apprenants représentant
(7,6%) tandis que 2 apprenants (soit 2,2%) ont acquis premièrement le Ga et 2
autres apprenants (soit 2,2%) ont comme langue première le Nzema. Le Dagbani
est langue première pour 1 apprenant (soit 1,1%) ; de même, 1 apprenant
représentant (1,1%) a comme langue première, l’Haoussa. Le résultat révèle que
malgré que les écoles secondaires dans le cadre de notre enquête soient établies à
Cape Coast dans la région considérée dominée par les Fanti, les apprenants qui
ont comme langue première, le fanti dans lesdites écoles ne sont pas en majorité.
Le tableau indique aussi qu’un grand nombre des apprenants ont acquis
premièrement l’anglais (la langue de l’héritage linguistique colonial) avant
d’autres langues ghanéennes. Ce phénomène pourrait expliquer une tendance qui
gagne peu à peu la place dans la société ghanéenne ; celle par laquelle des parents
insistent de parler plutôt l’anglais à leurs enfants au lieu de leurs langues
maternelles au nom de la modernité. Ceci semble confirmer le fait que presque tous
les concepts des apprenants sont développés en anglais et non pas en langues
ghanéennes. Mais nous retenons ce fait pour soumettre les données restantes à une
analyse.
96
Tableau 12 : Langues écrites (au niveau de perfection)
Ordre au 1e % 2e % 3e % 4e %
niveau de
perfection à
l’écrit
Anglais 74 80,4 18 19,6 0 0 0 0
Français 0 0 18 19,6 68 73,9 6 6,5
Fanti 7 7,6 20 47,8 5 5,4 4 4,3
Ewe 2 2,2 2 2,2 0 0 2 2,2
Ga 1 1,1 8 8,7 7 7,6 5 5,4
Dagbani 0 0 1 1,1 0 0 0 0
Haoussa 0 0 0 0 1 1,1 0 0
Nzema 0 0 1 0 1 0 0 0
Twi 8 8,7 24 26,1 0 0 0 0
Dans le tableau 12 qui représente les langues écrites des apprenants, 74
apprenants (soit 84,4%) indiquent qu’ils peuvent mieux écrire l’anglais que les
autres langues ghanéennes et le français. Sept (7) apprenants (soit 7,6%) peuvent
écrire le Fanti plus parfaitement que d’autres langues mentionnées tandis que 8
apprenants (8,7%) affirment pouvoir écrire le Twi mieux que d’autres langues.
Aussi, 2 apprenants répondants (soit 2,2%) écrivent bien l’Ewé, alors que 1
apprenant (1,1) peut écrire bien le Ga. En outre, d’après le tableau, aucun
apprenant n’indique, en première position, pouvoir écrire parfaitement le français.
Mais dans la deuxième et la troisième positions, 18 apprenants (soit 19,6%) et 64
97
apprenants (soit 73,9%) respectivement indiquent pouvoir écrire mieux le français
que les autres langues ghanéennes. Ce résultat suggère, à notre point de vue,
qu’aucun apprenant dans la Métropole de Cape Coast, n’est capable d’écrire le
français aussi bien qu’il écrit l’anglais. Un phénomène qui montre que le
‘bilinguisme parfait’ préconisé par Bloomfield (1935) demeure toujours un
mirage chez les apprenants de SHS dans ladite Métropole. Passons maintenant à
l’analyse de la durée d’apprentissage du FLE indiquée par les apprenants.
Tableau 13 : Nombre d’apprenants et durée d’apprentissage du FLE
École 3ans 6ans 9ans 12ans
Academy of Christ
the King SHS 8 4 7 0
Mfantsipim SHS 3 5 8 6
University Prac. SHS 10 5 10 1
Wesley Girls’ SHS 2 2 10 11
Grand total 23 16 35 18
Pourcentage 25,0 17,4 38,0 19,6
La durée d’apprentissage du FLE par les apprenants enquêtés varie. Comme
l’indique le tableau 13, il y a des apprenants qui ont commencé l’apprentissage du
FLE dès l’école primaire. D’autres l’ont commencé à partir de Junior High
School. Un dernier groupe comprend des apprenants qui ont commencé à
apprendre le FLE depuis le SHS. Nous constatons qu’il y a une grande variation
quant au commencement de l’apprentissage du FLE par les apprenants. À notre
avis, à cause de la variation au niveau de la durée d’apprentissage, ceux qui ont
98
commencé l’apprentissage du FLE à l’école primaire pourraient avoir plus
d’avantages au niveau de la connaissance de la langue que ceux qui l’ont
commencé à l’école secondaire. Aussi, Girard (1972), l’affirme que l’âge joue un
rôle très important dans l’apprentissage de la langue. En d’autres termes, l’âge
d’enfance favorise l’apprentissage de la langue. Il serait donc avantageux de
commencer l’apprentissage du FLE au niveau primaire qu’au niveau secondaire.
Tableau 14 : Zones majeures de transfert
Aspect Fréquence Pourcentage
Vocabulaire 20 21,7
Grammaire 47 51,1
Orthographe 6 6,5
Prononciation 14 15,2
Lecture 5 5,4
Total 92 100
D’après les apprenants enquêtés, leurs zones majeures de transfert sont :
Grammaire, 51,1% ; Vocabulaire 21,7% ; Prononciation, 15,2 %; Orthographe,
6,5% et Lecture, 5,4%.
Selon ces données, plus de la moitié des apprenants ont la tendance de
transférer leur compétence en morpho-syntaxe en anglais sur l’apprentissage du
FLE. Nous estimons qu’une amélioration quelconque au niveau de la morpho-
syntaxe par les apprenants en anglais pourrait en quelque sorte améliorer leur
niveau en morpho-syntaxe en FLE quant au transfert positif.
99
Tableau 15 : Zones majeures de difficultés
Difficulté Fréquence Pourcentage
Vocabulaire 17 18,5
Grammaire 40 43,5
Lecture 8 8,7
Prononciation 5 5,4
Compréhension 8 8,7
Composition 10 10,9
Traduction 1 1,1
Pas indiqué 3 3,3
Grand total 92 100
D’après le tableau 15 qui représente les zones majeures des difficultés
mentionnées par les apprenants eux-mêmes, 40 apprenants (soit 43,5%)
apprenants ont indiqué d’avoir plus de difficultés en Grammaire, alors que 17
apprenants (soit 18,5) ont des difficultés en Vocabulaire. Aussi, 10 apprenants
(soit 10,9%) ont des difficultés quant à la Composition tandis que 8 apprenants
(soit 8,7%) ont des difficultés avec la Lecture et 8 autres apprenants ont des
difficultés en Compréhension. En outre, 5 apprenants (soit 5,4%) et 1 apprenant
(soit 1,1%) ont des difficultés en Prononciation et la Traduction respectivement,
alors que 3 apprenants (soit 3,3%) parmi le grand total de 92 n’ont pas indiqué
leurs difficultés. Il nous semble que ces apprenants particuliers ont des difficultés
avec toutes les zones indiquées par leurs camarades.
100
Nous n’avons pas l’intention d’accepter illico ou presto tout ce que les
apprenants ont nommé comme leurs écueils dans l’apprentissage du FLE. À part
les notes que les apprenants obtiennent en classe de FLE (les notes souvent
données par l’enseignant du FLE), ils n’ont plus d’autres moyens scientifiques
pour déterminer leurs difficultés en français. En d’autres termes, en comparant les
apprenants aux « malades », ils ne pourraient pas précisément diagnostiquer leurs
maladies sans recourir aux moyens scientifiques. Mais lesdites difficultés en FLE
énumérées par les apprenants eux-mêmes, vont nous servir comme indices pour
arriver aux problèmes. Comme le souligne Sharwood (1997), les erreurs des
apprenants pourraient être interprétées de façons diverses. Examinons donc
comment les difficultés des apprenants se manifestent dans les tests écrits quand
nous les soumettons à l’optique des analyses des erreurs.
Le déterminant possessif (l’adjectif possessif)
Pour le choix d’un déterminant possessif, nous constatons que sur les mots
au singulier, l’erreur de genre est plus visible que sur les mots au pluriel. Le genre
n’a plus de distinction nette au pluriel en français. En ce qui concerne les
interférences du genre de l’anglais sur le français, c’est le pourcentage des erreurs
de genre produites sur la totalité des erreurs : mon mari, 48 apprenants (soit
52,2%), sa femme, 52 apprenants (soit 56,5% ), son propre fils, 82 apprenants
(soit 89,1% ), mon copain 42 apprenants (soit 45,7% ) et sa tante, 51 apprenants
(soit 55,4%), montrent que le genre choisi l’était visiblement par rapport au sexe
du possesseur et non par rapport au genre du mot concerné, c’est-à-dire, le
substantif qui suit le déterminant possessif (voir Tableau 16, page 105). Nous
101
rappelons que dans le chapitre un où nous avons comparé des éléments
grammaticaux de l’anglais et du français, nous avons observé qu’en français,
l’accord est plutôt entre l’adjectif possessif et le substantif qui suit, alors qu’en
anglais, l’accord est entre le possédé et le possesseur. Le pourcentage des
apprenants produisant des erreurs de genre reste faible surtout pour mon mari et
mon copain mais plus élevé pour mon propre fils (voir Tableau 16). Cependant,
ce pourcentage faible peut être révélateur d’une influence de l’anglais sur le
français, car les erreurs sont produites sur les mots qui montrent naturellement
leur genre. Cela semble indiquer que si ces apprenants n’étaient pas sous
l’influence de l’anglais pour leur choix du mot « copain », « mari », ils auraient
dû choisir un déterminant masculin plutôt que féminin. Pourtant d’autres
interprétations peuvent être données dans le cas de « mon propre fils » dont le
pourcentage des apprenants produisant les erreurs est remarquablement plus
élevé. Ce pourcentage des erreurs nous montre qu’en dehors de la possibilité de
l’influence de l’anglais sur le choix du genre, les apprenants ne connaissent pas
bien la nature interne des mots français.Ils surgénéralisent le système morpho-
syntaxique du français. Le « s » à la fin du mot « fils » déclenche une confusion
chez des apprenants et par conséquent, ils pensent que la réponse correcte doit
être la forme plurielle du possesseur malgré l’adjectif « propre » au singulier qui
suit directement le substantif (voir le Tableau 16).
En ce qui concerne le nombre, puisqu’il existe différentes formes du
pluriel, nous rencontrons des problèmes d’accord : leur tante, 37 apprenants (soit
40,2%), tes cousins, 50 apprenants (soit 54,3%), vos parents, 57 apprenants (soit
102
62 %), ses amies, 42 apprenants (soit 45,7%) et ses oncles 55 apprenants (soit
59,8%). Le problème de nombre pour le déterminant possessif entre les
différentes formes du pluriel est remarquable dans le cas du choix du pluriel en
français, comme le stipule la convention grammaticale, ce choix est mutualisé
entre le possesseur et le possédé, contrairement au choix de genre au singulier.
Nous constatons par contre, chez les apprenants enquêtés, un pourcentage élevé
d’erreurs surtout pour le déterminant possessif pluriel dans le cas où le possesseur
et le possédé sont tous les deux au pluriel. Nous pouvons donc postuler que
l’origine de ce problème est liée à l’influence de l’anglais chez les apprenants.
Par exemple, dans le cas de leur tante, les erreurs commises par les apprenants
sont minimales ; les apprenants qui ont commis les erreurs dans ce cas particulier
sont 37, représentant 40,2%. La majorité des apprenants (presque 59,8%) ont
choisi la réponse correcte. Nous ne pouvons pas attribuer ces erreurs des
apprenants à l’influence de l’anglais préalablement acquis, car «leur » (their) a la
même interprétation en anglais (quand « leur » est utilisé comme déterminant
possessif). Ainsi, s’il y a une influence, elle serait plutôt positive. C’est plutôt la
connaissance insuffisante du FLE chez les apprenants qui pourrait en être la cause
possible. Mais dans le cas des items tels que : ses amies, vos parents et tes
cousins, où les apprenants ont commis les erreurs les plus élevées, les
interférences de l’anglais pourraient être déterminantes. En considérant notre
comparaison sur les déterminants possessifs en anglais et en français au niveau de
l’accord du genre et du nombre dans le chapitre un, nous constatons que les items:
ses amis (his/her friends), vos parents (your parents), tes cousins (your cousins) et
103
ses oncles (his/her uncles) pourraient embrouiller les apprenants. L’explication
possible est que, tandis que les déterminants possessifs restent inchangeables en
anglais, ils s’accordent en genre et même en nombre en français. Donc les
apprenants, en réfléchissant en anglais déjà acquis, ne trouvent pas de différences
très nettes entre l’emploi de ces déterminants possessifs en anglais (langue
source) et ceux en français (langue cible). En conséquence, les erreurs commises
sont dues aux transferts négatifs. Il est ainsi possible de conclure que les erreurs
pourraient être liées à l’interprétation fautive de l’anglais de la part des
apprenants. Le tableau ci-dessous représente les résultats.
104
Tableau 16 : Déterminant possessif (résultats)
Individus Erreurs Erreurs Pas de Réponse
produisant des sur le sur le réponse correcte
erreurs genre nombre
Item nombre % N % N % N %
Mon mari 48 52,2 48 52,2 0 0 6 6,5 m. sing.
Leur tante 37 40,2 0 0 37 40,2 2 2,2 f. sing.
Tes cousins 50 54,3 0 0 50 54,3 0 0 m. pl.
Sa femme 52 56,5 52 56,5 0 0 0 0 f. sing.
Son propre 82 89,1 82 89,1 0 0 6 6,5 m. sing.
fils
Vos 57 62,0 0 0 57 62,0 3 3,3 m. pl.
parents
Mon 42 45,7 42 45,7 0 0 5 5,4 m. sing.
copain
Sa tante 51 55,4 51 55,4 0 0 0 0 f. sing.
Ses amies 42 45,7 0 0 42 45,7 1 1,1 f. pl.
Ses oncles 56 60,9 0 0 56 60,9 5 5,4 m. pl.
Dans le tableau 16, il y a un nombre considérable des apprenants qui n’ont
pas répondu à certains items dans le test malgré l’encouragement de répondre à
toutes les questions. Ce problème parcourt tous les tests administrés. Nous avons
mis le chiffre de ces apprenants sous le titre pas de réponse. En dehors d’un état
psychologique de l’apprenant, (un phénomène que nous n’étudions pas dans ce
travail), nous attribuons cette tendance à l’attitude des apprenants envers les
105
épreuves écrites en général. Des apprenants ont l’habitude de ne pas choisir une
réponse quelconque quand ils ne sont pas sûrs de la réponse correcte.
Nous présentons également les scores du test de déterminant possessif
pour montrer les notes obtenues par les apprenants. Le tableau ci-dessous montre
la fréquence des notes obtenues par les enquêtés dans le test portant sur des
déterminants possessifs.
Tableau 17: Test de déterminant possessif
Notes obtenues Fréquence Pourcentage
(No. d’apprenants)
10 0 0
9 0 0
8 2 2,2
7 4 4,3
6 7 7,6
5 20 21,8
4 28 30,4
3 17 18,5
2 8 8,7
1 4 4,3
0 2 2,2
À propos des scores indiqués dans le tableau ci-dessus, nous constatons
qu’aucun apprenant enquêté n’a obtenu 9 ou 10 sur 10. Des 92 apprenants
106
répondants, 13 ont obtenu entre 6, 7 et 8 représentant 14,1%, 20 apprenants (soit
21,7%) ont obtenu 5 sur 10 et 57 apprenants (soit 62,0%) ont obtenu 1 et 4 sur 10.
D’ailleurs, 2 apprenants (soit 2,2%) ont obtenu 0. Donc la note moyenne obtenue
est 4.0 sur 10 déterminée par la formule (Σƒx ÷ ƒx → 369 ÷ 92 = 4,0108696),
d’où Σƒx représente le total des notes obtenues par les apprenants répondants
multipliées par les fréquences d’occurrence des notes dans le tableau et ƒx
représente la somme des apprenants enquêtés. Autrement dit, la moyenne est
obtenue en divisant la somme de toutes les variables (les scores) par son effectif
(le nombre d’apprenants répondants). La note moyenne au point de vue de
WAEC est une mauvaise note. Cette note peut expliquer aussi l’ampleur des
difficultés inhérentes chez les apprenants au niveau de l’emploi des déterminants
possessifs dans leur écrit en FLE. Ce phénomène peut expliquer aussi la raison
pour laquelle il y a toujours tant d’échecs en français dans le système éducatif
ghanéen. Les apprenants sont agrégés majoritairement en relation aux scores
qu’ils obtiennent à l’écrit dans les examens. Nous poursuivons la présentation des
résultats portant sur les articles.
L’Article
Dans l’analyse des tests sur l’article, nous considérons trois éléments
principaux : le choix du genre, le choix du nombre et le choix entre l’article défini
et l’article indéfini.
Nous constatons que pour certains mots : voiture, chaise, entrée, télévision
et fille, les apprenants ne produisent pas beaucoup d’erreurs sur le genre mais
plutôt sur le choix des articles défini ou indéfini. Une explication peut consister
107
dans le fait que la majorité des apprenants connaissent certaines règles pour le
genre en français, c’est-à-dire, les règles générales (malgré qu’il y ait des
exceptions) de la présence de -e, -sion ou –tion à la fin du mot qui montre le genre
féminin. De même, certains mots comme « fille » illustrent naturellement leur
genre. Mais pour certains autres, ces règles ne s’appliquent pas. C’est le cas de la
règle de l’existence de « e » à la fin des substantifs. Pour cette raison, nous
constatons le phénomène de surgénéralisation autant que l’interférence de
l’anglais pour les mots comme verre, problème et modèle. Nous constatons que
66 apprenants répondants (soit 71,7%) ont commis des erreurs sur le mot verre,
dont 56 apprenants (soit 64,9%) ont commis ces erreurs sur le genre, alors que 10
apprenants (soit 10,9%) ont commis ces erreurs sur le choix des articles : défini
ou indéfini. Aussi, 69 des apprenants représentant (75%) ont commis des erreurs
sur le mot problème dont 58 des erreurs (soit 63%) ont été commises sur le genre
tandis que 11 des erreurs (soit 12,0%) ont été commises sur le choix des articles.
De même, 73 apprenants représentant (79,3%) ont commis des erreurs sur le mot
modèle dont 65 des apprenants représentant (70,7%) ont commis ces erreurs sur le
genre, alors que 8 apprenants représentant (8,7%) ont commis des erreurs sur le
choix des articles.
Comme la notion de genre (masculin ou féminin) pour l’article est absente
en anglais, nous pouvons conclure qu’à ce stade, les apprenants sont en face d’un
élément nouveau et que leurs erreurs sont inhérentes à la langue française elle-
même. Cette explication est valable surtout pour le mot « verre » ainsi que les
mots « problème » et « modèle », pour eux, malgré qu’il y ait « e » à la fin sont du
108
genre masculin en français. Le « e » à la fin de ces trois mots n’est pas un suffixe
de genre féminin, ce qui explique la notion d’arbitraire du genre en français. Le
choix du genre féminin par les apprenants pourrait démontrer plutôt leur
connaissance insuffisante de la nature du français ou au sens chomskyen, cette
erreur représente « leur grammaire » à un stade donné.
Pourtant, pour les mots problème et modèle, nous ne pouvons pas ignorer
d’autres possibilités de leur existence en anglais avec une orthographe très proche
de celle du français. L’apprenant, confronté au choix de genre pour ces mots, se
réfère inconsciemment à leurs équivalents anglais problem et model auxquels il
attribue en français le genre féminin suite à l’apprentissage de la règle du e à la fin
des mots féminins. En revanche, l’absence des mots comme entrée, chaise, et
voiture en anglais avec une orthographe aussi proche que celle des mots comme
modèle et problème, n’est alors que relative au faible niveau de compétence
linguistique en FLE chez les apprenants. De même, les erreurs du genre commises
sur les mots : entrée (5 apprenants soit 5,4%), chaise (5 apprenants soit 5,4) et
voiture (10 apprenants soit 10,8%) sont minimales et négligeables comparées aux
autres items dans le tableau (voir Tableau 18).
En ce qui concerne le choix de l’article défini ou indéfini, c’est sur le mot
informations que les apprenants ont commis plus d’erreurs. Pour le mot
informations, 38 apprenants représentant 41,3% considèrent son article comme
défini singulier, ce qui est une assertion erronée. On aurait pu associer ce résultat
au niveau de compétence langagière des apprenants en FLE. En effet, les
apprenants ne maîtrisent pas bien les règles grammaticales concernant l’emploi
109
des articles défini et indéfini. Au point de vue des cognitivistes, les erreurs de ces
apprenants montrent encore l’état instable de leur « grammaire ».
Concernant le nombre associé à l’article, nous constatons que 23
apprenants (soit 25,0%) ont choisi un article au singulier pour le mot informations
malgré la présence de la marque du pluriel s. Dans le tableau 18, nous avons
indiqué ces erreurs sous erreurs sur le nombre. Ce résultat valide la conclusion
selon laquelle la langue anglaise pourrait être toujours responsable de
l’interférence dans la langue cible (le FLE) puisque le mot information est un mot
non comptable et toujours au singulier en anglais mais qui peut être au pluriel en
français. Les apprenants font ainsi un transfert négatif de l’anglais vers le FLE.
D’ailleurs, le mot clés, quant à lui, présente une autre exception. En effet, 48,9%
des erreurs commises sur ce mot (le mot clés) sont des erreurs de nombre, car les
répondants ont choisi l’article singulier comme la réponse correcte malgré la
présence de s-, marque commune du pluriel en français et en anglais. La seule
explication possible pour cette erreur est que les apprenants ont pris le s comme
une partie intégrante de ce mot et non comme la marque de pluriel. Il semble que
la compétence en français chez les apprenants soit également la cause de ce genre
d’erreur. Le tableau 18 ci-dessous représente les résultats.
110
Tableau 18 : Articles- défini et indéfini (résultats)
Individus erreurs Erreurs Erreurs sur Pas de Réponse
produisant sur le défini/ le nombre réponse correcte
des erreurs genre indéfini
Item Nom % N % N % N % N %
Les clés 49 53,3 0 0 4 4,3 45 48,9 1 1,1 f.pl. déf.
La voiture 29 31,5 10 10,8 19 20,7 0 0 0 0 f. s. déf.
La chaise 28 30,4 5 5,4 23 23,9 0 0 3 3,3 f. s. déf.
L’entrée 35 38 5 5,4 30 32,6 0 0 3 3,3 f.s. déf.
un verre 66 71,7 56 64,9 10 10,9 0 0 4 4,3 m.s.
indéf.
Des 61 66,3 0 0 38 41,3 23 25,0 4 4,3 f.pl.
informations
indéf.
Un problème 69 75 58 63 11 12,0 0 0 5 5,4 m.s.
indéf.
Le modèle 74 80,4 69 75,0 8 8,7 0 0 6 6,5 m.s. déf.
la télévision 25 27,2 7 7,6 18 19,6 0 0 0 0 f. s. déf.
La fille 24 26,1 4 4,3 20 21,7 0 0 1 1,1 f.s. déf.
Comme nous l’avons fait au niveau du traitement des résultats des
déterminants possessifs, nous présentons les scores dans le test des articles pour
montrer les notes obtenues par les apprenants. Le tableau 19 ci-dessous montre la
fréquence des notes obtenues par les enquêtés dans le test.
111
Tableau 19: Test des articles-défini et indéfini
Fréquence
Notes obtenues (No.d’apprenants) Pourcentage
10 0 0
9 0 0
8 1 1,1
7 6 6,2
6 11 12,0
5 15 16,3
4 25 27,2
3 15 16,3
2 11 12,0
1 7 7,6
0 1 1,1
Comme indiqué par le tableau ci-dessus, parmi les 92 apprenants
répondants 33 ont obtenu entre 5 et 8 sur 10, représentant 36,0%, 59 apprenants
répondants (soit 64,1%) ont obtenu entre 0 et 4 sur 10. La note moyenne est
approximativement 4,0 sur 10 (365 ÷ 92 = 3,9673913), ce qui montre le résultat
global des apprenants dans le test des articles définis et indéfinis. Nous constatons
encore que dans ce test, la performance des apprenants n’est pas toujours
encourageante, car les apprenants qui ont obtenu des notes considérées comme
112
mauvaises selon le barème de WAEC dépassent ceux qui ont obtenu des notes
passables ou bonnes. Nous pensons que cela mérite une grande réflexion pour les
enseignants-enseignantes du FLE au Ghana, car les articles forment une partie
intégrante de la grammaire de chaque langue et le FLE n’est pas une exception.
Nous pensons qu’une explication détaillée du concept des articles français aux
apprenants pourrait résoudre cette difficulté liée au transfert négatif. Nous
présentons ensuite les résultats du test du participe passé
Le participe passé
Nous ne nous intéressons pas ici à la morphologie des participes passés,
mais uniquement à leurs accords en genre et en nombre. Nous constatons que les
erreurs sont produites davantage sur le genre que sur le nombre dans le test du
participe passé. Ce qui veut dire que la majorité des erreurs produites sur des
items tels que : partie, allés, sorties, tombée et arrivés sont dues plus au problème
de genre qu’à celui de nombre. Mais dans d’autres cas [surtout dans la phrase de :
Excusez-moi Henrietta, vous êtes (nées, nés, née) en quelle année ?], les erreurs
sont dues davantage au problème de nombre ainsi qu’à celui de genre (voir
Tableau 20). Ces résultats montrent que chez certains apprenants, le caractère
invariable en genre du participe passé en anglais peut être déterminant dans leurs
productions erronées en français écrit. Il en est de même pour son accord en
nombre qui est inexistant en anglais contrairement à ce qui se fait en français.
Mais dans certains cas, nous ne pouvons pas rejeter les connaissances restreintes
du FLE des apprenants répondants.
113
En ce qui concerne les résultats dans le tableau 20 ci-dessous (page 117),
nous constatons que les apprenants ont commis moins d’erreurs dans le test du
participe passé que dans les deux tests déjà discutés dans ce chapitre (les tests du
déterminant possessif et des articles défini et indéfini). Vingt-quatre (24) erreurs
de genre (soit 26,1%) ont été commises par des apprenants répondants sur le
participe passé de partie sans aucune erreur sur l’accord en nombre. D’ailleurs, 12
erreurs (soit 13,0) et 9 erreurs (soit 9,8) du nombre ont été commises sur les
participes passés : monté et descendu respectivement sans aucune erreur sur le
genre. Ces phénomènes pourraient montrer que malgré l’absence de l’accord en
genre et en nombre du participe passé en anglais, certains apprenants ne sont pas
inconscients de cette notion en français. Mais dans certains cas particuliers, cette
assertion pourrait être mise en défaut. Quarante-huit (48) apprenants (soit 52,2%)
ont commis des erreurs sur allés, 39 (soit 42,4%) de ces erreurs ont été commises
sur le genre tandis que 9 erreurs (soit 9,8%) ont été celles commises sur le
nombre. Aussi, 34 apprenants (soit 37,0%) ont commis des erreurs sur sorties ; 24
erreurs (soit 26,1%) ont été commises sur le genre alors que 10 erreurs (soit
10,9%) ont été commises sur le nombre. En outre, 30 apprenants (soit 32,6%) ont
commis des erreurs sur le participe passé : tombée; 29 (soit 31,5%) de ces erreurs
ont été commises sur le genre tandis qu’une seule erreur (soit 1,1) est celle
commise sur le nombre. De même, 22 apprenants (soit 23,9) ont commis des
erreurs dans le cas du verbe entrée, 19 (soit 20,7%) de ces erreurs ont été
commises sur le genre tandis que 3 erreurs (soit 3,3%) ont été commises sur le
nombre.
114
Il y a des cas très particuliers concernant les verbes arrivée, née et venues.
Les sommes totales des apprenants répondants qui ont commis des erreurs sur ces
verbes sont 15 (soit 16,3%), 44 (soit 47,8%) et 32 (soit 34,8%) respectivement
(voir Tableau 20). Mais nous constatons que les erreurs produites sur le genre du
verbe arrivée ont été 11 (soit 12,0%) tandis que les erreurs sur le nombre ont été 6
(soit 6,5%). Pour le verbe née 14 erreurs (soit 15,2%) ont été produites sur le
genre, néanmoins, 44 erreurs (soit 47,8%) ont été produites sur le nombre. Aussi,
pour le verbe, venues, 22 erreurs (soit 23,9%) produites étaient sur le genre tandis
que 32 erreurs (34,8) ont été produites sur le nombre (voir le Tableau 20).
Nous donnons comme exemple, le cas du verbe née dans la phrase :
« Excusez-moi Henriette, vous êtes (nées, nés, née) en quelle année? ». Trente
(30) apprenants répondants qui ont choisi nées, ont commis des erreurs sur le
nombre, car la réponse correcte est née (la forme singulière du participe passé du
verbe naître). Mais 14 apprenants qui ont choisi nés ont commis des erreurs sur le
genre ainsi que sur le nombre, car la réponse correcte comme nous venons de
l’indiquer dans la phrase précédente, est la forme féminine singulière du verbe
naître. C’est-à-dire que non seulement ces apprenants ont commis des erreurs sur
le genre mais aussi sur le nombre. Ainsi, la somme totale des erreurs commises
sur le nombre devient 14 +30 = 44. Nous constatons que l’emploi du pronom
personnelle sujet vous en tant que singulier et qui peut être employé aussi comme
pluriel embrouille les apprenants. En effet, les apprenants ne maîtrisent pas bien la
règle du pronom personnelle sujet en apposition (Grevisse (2005 : 242). Ici, nous
faissons une référence particulière à la phrase 5 dans le test sur les articles (voir
115
l’Annexe A), dont les apprenants ont commis beaucoup d’erreurs. Nous
présentons ensuite les résultats dans le tableau ci-dessous.
Tableau 20 : Participe passé (résultats)
Individus Erreurs Erreurs Pas de
produisant sur le genre sur le réponse Réponse
item
des erreurs nombre Correcte
No. % N % N % N %
Partie 24 26,1 24 26,1 0 0 1 1,1 p.p. f.s.
Arrivée 15 16,3 11 12,0 6 6,5 3 3,3 p.p. f.s.
allés 48 52,2 39 42,4 9 9,8 4 4,3 p.p. m.pl
Sorties 34 37,0 24 26,1 10 10,9 0 0 p.p. f. pl.
Tombée 30 32,6 29 31,5 1 1,1 2 2,2 p.p. f.s.
Née 44 47,8 14 15,2 44 47,8 2 2,2 p.p. f.s.
Monte 12 13,0 0 0 12 13,0 1 1,1 p.p. m.s.
descendu 9 9,8 0 0 9 9,8 2 2,2 p.p. m.s.
Entrée 22 23,9 19 20,7 3 3,3 1 1,1 p.p. f.s.
Venues 32 34,8 22 23,9 32 34,8 0 0 p.p. f.pl.
Nous rappelons que les chiffres donnés dans le tableau ci-dessus pour les
erreurs de genre et de nombre pour le participe passé sont basés sur le calcul de la
totalité des erreurs produites sur chaque item et non pas sur les individus
produisant des erreurs. Nous présentons ensuite les scores obtenus par les
répondants dans le test de participe passé dans le tableau 21 ci-dessous.
116
Tableau 21 : Test du participe passé
Notes obtenues Fréquence Pourcentage
(No. d’apprenants)
10 9 9,8
9 8 8,7
8 18 19,6
7 16 17,4
6 15 16,3
5 22 23,9
4 4 4,3
3 0 0
2 0 0
1 0 0
0 0 0
Pour les scores portant sur l’utilisation du participe passé en relation avec
ceux du déterminant possessif et des articles, les apprenants ont mieux travaillé.
Ce qui veut dire que, malgré le caractère invariable du participe passé en anglais,
les apprenants n’ont pas beaucoup de transferts négatifs de l’anglais sur le
français. Parmi les 92 apprenants répondants, 88 ont obtenu entre 5 et 10 sur 10,
représentant 95,7%. Comme indiqués dans le tableau 21, ce sont seulement 4
répondants qui ont obtenu 4 sur 10 représentant 4,3%. La note moyenne est donc
6,9 sur 10 (634 ÷ 94 = 6,8913243), ce qui montre la performance globale des
apprenants dans le test du participe passé. Nous signalons que notre étude n’a pas
117
comme objectif de comparer les scores des apprenants de chaque école, mais nous
observons que ‘les meilleures notes’ dans chacun des tests sont obtenues par les
apprenants des écoles dans la catégorie A. Ce phénomène, à notre avis, mérite une
étude rationnelle et détaillée, c’est-à-dire, une étude dépourvue de partialité, pour
déterminer les facteurs collaborateurs et les examiners pour une intervention
concrète au bénéfice des apprenants dans d’autres catégories-B et C.
Dépouillement et analyse de la rédaction des apprenants
Pour facilité le dépouillement des données écrites (la rédaction), nous
avons d’abord regroupé les copies des apprenants selon leurs sexes : masculin et
féminin. Nous avons pu faire ce regroupement grâce au questionnaire- nous
avions demandé aux apprenants d’indiquer leurs sexes, surtout ceux des deux
écoles mixtes. Notre objectif à ce niveau n’est pas seulement d’identifier
facilement les phénomènes étudiés mais aussi de vérifier si ce sont les garçons ou
les filles qui font plus d’erreurs de l’accord du genre et du nombre.
Certains apprenants n’ont pas écrit la rédaction, malgré tous les efforts que
nous avons faits pour les y encourager. Ces apprenants sont catégorisés sous la
rubrique pas de réponse. Il y a aussi certains groupes d’apprenants dont leurs
productions écrites sont incompréhensibles (l’écrit de ces apprenants comporte
d’autres problèmes : phrases anglicisées, manque d’attention aux consignes,
phrases longues incompréhensibles etc...). Nous avons rejeté ces copies car leurs
problèmes ne conforment pas au sujet que nous étudions. Les copies retenues sont
analysées en rapport avec les phénomènes que nous étudions. Le dépouillement
de ces données a été présenté dans le tableau 22 ci-dessous.
118
Tableau 22: Test de rédaction
Item Garçons Filles Total pourcentage
No. de copies retenues 20 35 55 59,8
No. de copies rejetées 7 14 21 2,8
Pas de réponse 5 11 16 17,4
Grand total 32 60 92 100
Comme indiqué dans le tableau 22, des 92 apprenants enquêtés, les copies
de 55 apprenants (soit 59,8%) ont été retenues pour l’étude. Mais les copies de 21
apprenants (soit 22,8%) ont été rejetées à cause des raisons déjà données dans ce
chapitre tandis que les copies de 16 apprenants répondants (soit 17,6%)
constituent ceux qui n’ont pas du tout écrit la rédaction. Nous présentons
également la répartition des erreurs trouvées dans les copies examinées sous
forme de tableau ci-dessous. Notre analyse des données collectées à partir de la
rédaction se limite au niveau quantitatif. Nous avons compté les erreurs telles
qu’elles sont apparues dans la rédaction afin de montrer le taux d’influence de
l’anglais sur l’écrit de nos enquêtés.
119
Tableau 23 : Erreurs du genre et du nombre dans la rédaction des apprenants
Item Erreurs sur Erreurs sur Total Pourcentage
le genre le nombre
Déterminant 86 74 160 35,2
possessif
Articles 76 88 164 36,1
Participe 67 63 130 28,6
passé
Grand total 229 225 454 100
En ce qui concerne la rédaction des apprenants, nous avons relevé, comme nous
l’avons indiqué dans le tableau 23 ci-dessus, 454 erreurs dans les 55 copies
étudiées. Ces erreurs consistent en celles commises sur le genre ainsi que sur le
nombre. Pour les erreurs sur le déterminant possessif, 160 erreurs (soit 35,2%) ont
été relevées. Nous avons également trouvé 130 erreurs (soit 28,6%) commises sur
l’accord en genre et en nombre du participe passé tandis que 164 erreurs (soit
36,1%) ont été commises sur le choix du genre et du nombre au niveau des
articles (définis ou indéfinis). Nous constatons qu’au niveau des déterminants
possessifs, les apprenants ont commis plus d’erreurs sur le genre que sur le
nombre. Aussi, au niveau des articles définis et indéfinis, plus d’erreurs ont été
commises sur le nombre que sur le genre. Enfin, pour le participe passé, les
erreurs ont été commises sur le genre que sur le nombre. D’ailleurs, plus d’erreurs
commises sur le genre ont été relevées dans l’écrit des filles. Le problème des
120
filles est au niveau de détermination du genre. Ce problème est dû principalement
à l’ajout de certains suffixes e ou es à la fin du verbe au niveau du participe passé.
Par exemple : Moi (Ama), je suis partie à Accra. Le participe passé du verbe
partir dans cette phrase doit prendre e à la fin à cause de l’accord. Ceci constitue
un problème pour quelques apprenants (des filles) car, comme nous l’avons
observé à travers l’analyse des données, presque les concepts des apprenants sont
développés en anglais. Ils ne sont pas conscients donc à la notion d’accord du
genre et du nombre. La moyenne des erreurs trouvées dans chaque copie est 8,2
(454 ÷ 55). Nous soulignons également qu’il y a d’autres erreurs repérées dans les
copies examinées. Mais comme ces erreurs sont en dehors du cadre de notre
étude, nous ne les avons pas intégrées dans notre analyse.
Les erreurs relevées sont dues principalement :
1. à l’omission des déterminants ;
Exemple : Je suis allé à église (I went to church) au lieu de: Je suis allé
à l’église.
2. au manque d’accord du genre et du nombre ;
3. à la confusion du choix des suffixes indiquant le pluriel. Par exemple :
les bateaux ou au lieu de les bateaus, les gâteaux au lieu de les gâteaus ;
4. au manque de distinction entre le genre masculin et féminin.
5. à l’emploi des articles contractés résultant de la fusion des prépositions:
à, de, avec les articles le, les : au, aux, du, des (Grevisse, 2005 :83).
Exemple : Le dimanche, mon amie Sylvie et moi, nous sommes allés à le
Stade. (On Sundays my friend Sylvia and I went to the stadium) au lieu de : Le
dimanche, mon amie Sylvie et moi, nous sommes allés au stade.
121
Nous avons donc retranscrit dans le Tableau 24 ci-dessous la liste des
domaines sensibles du transfert négatif chez les apprenants. Le tableau est
construit à partir de l’analyse de nos résultats pour les trois éléments
grammaticaux étudiés dans notre recherche.
122
Tableau 24 : Domaines sensibles du transfert négatif chez les apprenants
Partie du discours Notion Domaines sensibles Sources des
grammaticale erreurs
Genre . présence de e à la Surgénéralisation,
fin du substantif
Article en français.
. présence des L’anglais
mêmes
mots en anglais
sans e.
Nombre . existence des mots Surgénéralisation
pluriels sans
la marque habituelle
s en français
. absence de L’anglais
différences entre
singulier et pluriel
en anglais.
défini/indéfini . absence de l’article L’anglais
pour les mots
indéfinis en
anglais
Déterminant genre . choix basé sur le L’anglais
genre du
possessif
possesseur en
anglais pas du
possédé.
. (in)variabilité d’un L’anglais
Nombre
déterminant entre
les possédés
pluriels et
singuliers en
anglais.
Genre . (in)variable en genre L’anglais
en anglais.
participe passé
Nombre . (in)variable en L’anglais
nombre en anglais.
123
Dans la section suivante, nous examinons d’autres facteurs qui sous-
tendent l’influence interlinguistique.
D’autres facteurs qui nécessitent l’influence interlinguistique
Rappelons que l’enseignement-apprentissage du FLE au Ghana a pour but
l’appropriation de cette langue- la langue française. Cet apprentissage pour nous
est défini comme un ensemble de décisions relatives aux actions à entreprendre
dans le but d’acquérir des savoirs et des savoirs-faire en FLE. Malgré la démarche
d’apprentissage consciente du FLE, cette appropriation est parfois inconsciente.
Que cette démarche soit consciente ou inconsciente, nous sommes face à une
interlangue qui est un système caractérisé par des traits de langue cible et des
traits des langues sources (d’autres langues acquises postérieurement par
l’apprenant). Pour les sujets de notre recherche, il s’agit d’une interlangue qui est
influencée par des traits de l’anglais; langue d’instruction à partir de la quatrième
année à l’école primaire et aussi matière d’enseignement scolaire obligatoire au
Ghana.
Dans notre étude, à travers l’analyse des données, en particulier les
informations socio-démographiques et linguistiques sur les apprenants, nous
constatons qu’il y a d’autres facteurs collaborateurs qui nécessitent l’influence
interlinguistique. Ces facteurs incluent la typologie des langues, le milieu ou
l’environnement linguistique d’apprentissage, le statut de langue (source), l’âge
d’apprenants et le facteur « recency » (Hammarberg, 2001).
124
Typologie des langues
Cenoz et al. (2001) admet que la typologie linguistique influence le choix
de la langue de départ. Les apprenants empruntent plus de mots aux langues qui
sont plus proches typologiquement de la langue cible. Kellerman (1983) utilise le
concept « psychotypologie » pour référer à la langue qui est perçue comme
proche typologiquement à la langue cible. L’effet de la psychotypologie a été
confirmé dans notre recherche (voir Tableau 14 page 99). Dans notre recherche, la
plupart des apprenants confirment qu’ils ont la tendance à transférer le
vocabulaire et des structures de l’anglais plus spontanément dans l’écrit en FLE,
car de façon générale, l’anglais serait typologiquement plus proche du français
que des langues ghanéennes. Nous rappelons que selon la typologie des langues
que nous avons discutée dans le chapitre un, le français et l’anglais sont similaires
quant à l’ordre des éléments syntaxiques (SVO, SOV, VSO, VOS OSV ou OVS).
L’effet de la psychotypologie est donc dominant dans les résultats portant sur le
transfert interlinguistique (du français et de l’anglais).
Environnement linguistique d’apprentissage
L’autre facteur qui nous permet de prédire la nature des influences
interlinguistiques dans cette étude est le contexte dans lequel la communication
ou l’apprentissage a lieu (Grosjean, 1998). Nos enquêtés sont dans un lieu où la
langue anglaise est dominante; par exemple sur les panneaux publicitaires, dans
les presses et dans leurs établissements scolaires, on utilise l’anglais. L’anglais est
aussi matière scolaire obligatoire. En effet, les apprenants sont dans
l’environnement où l’anglais est beaucoup utilisé comme moyen de
125
communication. Beaucoup de répondants affirment qu’ils parlent souvent
l’anglais avec leurs camarades à l’école et même parfois avec leur famille à la
maison. Ce phénomène nécessite chez les apprenants une grande possibilité
d’utiliser l’anglais dans l’écrit en FLE. Nous n’avons pas oublié en effet que
d’autres langues en contact comme le Twi, l’Ewé, le Ga, le Fanti etc. pourraient
avoir une influence sur l’écrit des apprenants, puisque ces langues sont aussi dans
l’environnement dans lequel l’apprentissage du FLE se déroule. Nous n’avons pas
fait un recensement du nombre d’apprenants qui apprennent les langues
ghanéennes comme matière puisque notre tâche ne consiste pas à analyser les
erreurs de toutes les sources possibles. Néanmoins, le nombre d’apprenants
capables de parler et écrire des langues ghanéennes ne doit pas être sous-estimé.
Statut de langue source et de langue cible
Un autre facteur qui peut permettre de prédire la nature des influences
linguistiques est ce qui est appelé « le statut de L2 » (Hammarberg, 2001) ou le
statut de la langue cible. Comme l’affirme Amuzu (2000:76), « l’anglais, au
Ghana, est non seulement la langue de l’administration mais aussi celle de
l’enseignement et de la grande presse ». Le statut de l’anglais au Ghana serait un
grand facteur d’influence interlinguistique chez les apprenants de SHS. Ce qui
veut dire que, si la langue cible, (le français) et la langue source (l’anglais) se
diffèrent même typologiquement, il y aurait toujours de l’influence de l’une sur
l’autre à cause du statut de l’un par rapport à l’autre. Ce facteur joue un rôle
décisif dans l’influence de la syntaxe anglaise sur l’écrit de nos sujets, car non
seulement les apprenants enquêtés admettent qu’ils apprennent l’anglais plus
126
souvent que le français mais encore qu’ils trouvent plus de locuteurs anglophones
avec qui ils parlent l’anglais. Au Ghana, et en particulier à Cape Coast, il y a peu
de public qui parle et écrit la langue française. Comme l’admet Kuupole (2000),
le français a un statut défavorisant chez certains apprenants de SHS au Ghana, ce
qui les empêche d’acquérir facilement la langue. Beaucoup d’apprenants pensent
que le français constitue seulement une matière scolaire et non pas un outil de
communication comme le sont d’autres langues.
Âge de l’apprenant
L’influence interlinguistique est aussi liée à l’âge de l’apprenant. Selon
Girard (1972), l’âge de 11 ans à 12 ans correspond à la fin de la période la plus
favorable pendant laquelle la faculté d’imitation de l’enfant est considérable.
Aussi d’après Cenoz et al. (2001), dans le cas des apprenants plus jeunes, le
facteur âge est associé à la cognition et au développement métalinguistique. Mais
les apprenants plus âgés avancent plus rapidement dans les premières étapes de
l’acquisition de la langue de départ. Les développements cognitifs et
métalinguistiques peuvent être en relation avec les influences interlinguistiques, et
particulièrement en ce qui concerne la psychotypologie. Car les apprenants âgés
peuvent avoir une perception plus claire de la distance linguistique qui peut
influencer le choix de la langue de départ qu’ils utilisent dans les transferts d’une
langue qu’ils connaissent. Dans notre étude, tous les apprenants interrogés ont
dépassé l’âge de 12 ans; ils sont soit adolescents, soit adultes. Ils dépassent donc
la période la plus favorable pour l’apprentissage d’une nouvelle langue comme le
français. Ainsi, nous pouvons dire que les apprenants ont été déjà influencés par
127
la langue anglaise, la langue dans laquelle tous leurs concepts linguistiques sont
développés.
Parallèlement au facteur d’âge défavorable auquel les apprenants
commencent à apprendre le français, il y a aussi le problème de la durée de
l’apprentissage du français. Selon les données socio-démographiques des
apprenants répondants (voir tableau 13), la durée de l’apprentissage du FLE varie
de 3 ans à 12 ans. Cette durée n’est pas suffisante compte tenu des horaires du
français sur l’emploi du temps. Le français est enseigné pendant sept périodes de
40 minutes par semaine et c’est le seul moment où l’apprenant est exposé à la
langue. Cette durée insignifiante de l’apprentissage du FLE peut être la cause de
l’acquisition insuffissante de la langue par des apprenants de SHS.
Facteur « recency »
Le dernier facteur qui peut avoir des effets sur l’influence interlinguistique
est le degré d’antériorité de l’apprentissage (« recency » ; Hammarberg, 2001). Le
facteur “recency” montre que les apprenants essaient d’emprunter d’une langue
utilisée activement plutôt que d’autres langues déjà apprises mais non utilisées
plus souvent. Ce phénomène est affirmé dans les travaux d’Amuzu (2001), de
Yiboe (2001) et de Bangnia (2007). D’après leurs études, la langue maternelle
utilisée plus fréquemment dans l’environnement a un impact négatif sur le
français chez les apprenants. Dans le cas de notre étude, il nous parait que
l’anglais est plus dominant dans l’environnement de nos enquêtés. Les résultats
montrent que les apprenants parlent et écrivent plus souvent l’anglais que des
langues ghanéennes. Le seul moment où les apprenants font des efforts pour
parler ou écrire le français est lors de la leçon de français sur l’emploi du temps.
128
Nous pouvons conclure que le facteur « recency » ne peut pas être sous-estimé
dans l’étude d’influence interlinguistique.
En somme, dans cette partie du chapitre, nous avons essayé d’établir qu’il
y a des facteurs socio-démographiques et linguistiques qui participent aux
influences interlinguistiques des apprenants étudiés. Ces facteurs incluent entre
autres, la typologie des langues, le milieu ou l’environnement linguistique
d’apprentissage, le statut de langue (source), l’âge d’apprenants et le facteur
« recency » (Hammarberg, 2001). Nous pouvons dire que tous ces facteurs
énumérés, qui jouent un rôle dans l’influence des connaissances préalables de nos
apprenants doivent être considérés comme des éléments très importants dans le
diagnostic des sources des erreurs. Ceci devrait nous conduire à examiner des
pistes de remède possibles qui permettront d’éviter qu’un apprenant développe
une interlangue fossilisée sur les erreurs dues à la connaissance préalable de la
langue anglaise.
Validation des hypothèses
Nos résultats indiquent que les formes produites par les apprenants à
l’écrit en FLE sont influencées non seulement par les connaissances préalables de
l’anglais, mais aussi certaines productions erronées sont dues à la
surgénéralisation des règles du FLE.
Nous considérons d’abord la première question de cette recherche :
Quelles sont les erreurs produites à l’écrit en FLE par les apprenants de SHS ?
Notre première hypothèse stipule que l’influence des éléments syntaxiques
anglais sur le FLE est présente dans le domaine de l’accord (genre et nombre),
129
d’où les erreurs morpho-syntaxiques dans l’écrit des apprenants de SHS. Nos
résultats indiquent que les accords du genre et du nombre posent majoritairement
des problèmes aux apprenants de SHS. Ce phénomène est évident quant aux
transferts dans l’apprentissage des langues, car l’anglais (langue officielle et
matière d’enseignement obligatoire déjà acquis et plus souvent utilisé par les
apprenants), malgré qu’il possède des notions du genre et du nombre, l’emploi de
ces notions est totalement différent de celui en français. L’anglais, dans ce sens
devient la langue-pont - la langue activée qui sert de pont en faveur de la langue
cible nouvelle (le FLE). Selon Ausubel (1968), l’individu qui possède des
connaissances solides en dehors de sa seule langue maternelle (L1) peut activer
l’une des langues qu’il connaît de manière plus intensive que d’autres en
découvrant des bases de transfert dans les domaines lexical, morphologique et
syntaxique. Le pourcentage des apprenants qui produisent des erreurs sur le genre
et le nombre varie au niveau des trois tests. Dans le test du déterminant possessif,
le pourcentage des apprenants qui produisent des erreurs sur le genre et le nombre
varie de 40,2% à 89,1%. Pour les articles défini et indéfini, le pourcentage des
apprenants qui produisent les erreurs sur le genre et le nombre varie de 30,4% à
75%. Par contre, au niveau de participe passé, le pourcentage des apprenants qui
produisent des erreurs sur le genre et le nombre varie de 9,8% à 52,2%. En outre,
454 erreurs d’accord sur le genre et le nombre ont été relevées dans les 55 copies
de la rédaction des apprenants répondants. Les données recueillies et présentées
dans cette étude confirment la validité de notre première hypothèse.
130
La deuxième question de cette recherche était la suivante : Y a t-il des
erreurs liées à la nature de la langue française elle-même en dehors de l’influence
de l’anglais préalablement acquis par les apprenants, c’est-à-dire (les erreurs dues
à la surgénéralisation des règles morpho-syntaxiques par des apprenants à cause
de leur compétence restreinte en FLE (Selinker, 1972)? L’hypothèse
correspondante est la suivante : certaines erreurs syntaxiques des apprenants de
SHS pourraient être liées à la nature interne de la langue française elle-même. Les
résultats indiquent deux possibilités différentes pour les erreurs produites sur le
genre et ses accords. Certaines de ces erreurs proviennent de l’anglais (les
influences interlinguistiques ou transferts négatifs) et certaines autres proviennent
du français lui-même (surgénéralisation). L’influence de l’anglais est indéniable
par rapport au genre et au nombre, surtout sur le déterminant possessif. En
revanche, la connaissance restreinte des apprenants dans la langue française
déclenche d’autres problèmes- la surgénéralisation des règles morpho-syntaxiques
en FLE. Les résultats des tests montrent que tandis que certaines erreurs des
apprenants doivent être attribuées à l’anglais préalablement acquis, une autre
source plus possible de ces erreurs est la connaissance restreinte des apprenants de
la langue française. Le grand pourcentage d’erreurs commises sur certains items
suivants valide notre hypothèse: les clés, 53,3%, mon propre fils, 89,1%, un verre,
71,7%, un problème, 75% et un modèle, 80,4%. Dans le cas du mot clés, il paraît
que des apprenants prennent le s à la fin comme partie intégrale du mot, d’où les
erreurs commises sur le nombre. Ceci implique que les apprenants ne connaissent
pas bien tout le lexique français. Ils ont une connaissance insuffisante du système
131
du lexique et de la morpho-syntaxe du français. Aussi, pour le mot « fils » qui est
masculin au singulier, des apprenants prennent le s comme préfixe indiquant le
pluriel du mot malgré l’adjectif « propre » qui est au singulier. (L’adjectif propre
modifie le nom fils). L’erreur, dans ce cas, est commise sur le nombre à cause de
la surgénéralisation de la règle concernant la pluralisation en français. Pour les
mots verre, problème et modèle, la majorité des apprenants pensent que ces mots
sont féminins à cause du « e » à la fin. Les apprenants pensent que tous les mots
français qui se terminent avec « e » doivent nécessairement être féminins. Il y a
d’autres apprenants qui pensent aussi que les deux mots problème et modèle sont
féminins à cause des formes « problem » et « model » qui existent en anglais sans
« e » à la fin. Ce dernier exemple démontre le cas où la présence de certains
substantifs dans la langue source avec une forme qui peut guider l’apprenant à
choisir une règle de la langue cible (le français) en résulte le phénomène de
surgénéralisation. En dehors de ces erreurs, d’autres indications dans la rédaction
des apprenants montrent clairement que les apprenants ont une connaissance
restreinte dans la langue française.
Conclusion partielle
En somme, dans ce chapitre, nous présentons les résultats de notre
recherche et l’interprétation des résultats. Les réponses à la première partie de
notre questionnaire qui est axée sur la vie sociale et linguistique de l’apprenant,
nous révèlent d’autres facteurs collaborateurs de l’influence interlinguistique de
l’anglais en FLE. Ces facteurs nous donnent un grand indice qu’il y a d’autres
causes possibles des erreurs dans l’écrit des apprenants. Les tests de grammaire
132
aussi bien que la rédaction des apprenants enquêtés dans la Métropole de Cape
Coast affirment notre première hypothèse qu’il y a des effets négatifs de
l’influence des éléments syntaxiques anglais sur leur écrit en FLE. L’analyse
desdits tests nous indique aussi qu’en dehors des effets négatifs de l’anglais sur
l’écrit des apprenants, des erreurs commises par ces derniers montrent plutôt leur
niveau restreint de la connaissance du FLE. Cette affirmation soutient notre
deuxième hypothèse qui postule que des erreurs des apprenants pourraient avoir
leur source dans la nature interne de la langue cible. Au-delà de ces deux derniers
renseignements des résultats, nous pensons que, comme les apprenants font
beaucoup de transferts de l’anglais vers le FLE, une amélioration quelconque de
l’apprentissage de l’anglais par les apprenants pourrait bien aboutir à
l’amélioration de leur apprentissage du FLE. Il y a certaines ressemblances entre
les deux langues au niveau de la syntaxe. Ayant complété la validation de nos
hypothèses de départ, passons maintenant au chapitre quatre qui examine les
perspectives didactiques et la conclusion générale de l’étude.
133
CHAPITRE QUATRE
PERSPECTIVES DIDACTIQUES DE L’ÉTUDE, CONCLUSION
GÉNÉRALE
Introduction
Dans ce chapitre, d’abord, nous ferons des propositions didactiques en
tenant compte de nos résultats et de notre expérience en tant qu’enseignant.
Ensuite, nous présentons la conclusion générale de l’étude.
Dans cette étude, nous avons identifié des erreurs dans l’écrit des
apprenants et les avons interprétées à la lumière de l’analyse contrastive et de
l’analyse des erreurs. L’une des finalités de ce travail est pour trouver des moyens
à exploiter pour reduire le transfert négatif chez nos apprenants qui ont déjà
acquis la langue anglaise en tant que langue d’instruction et matière scolaire
obligatoire. Cette étude s’achève donc de manière à pouvoir proposer des
réponses à la question d’implications des constats qui y ont été faits pour la
didactique du Français Langue Étrangère au Ghana.
Perspectives didactiques de l’étude
Les perspectives didactiques de notre étude sont destinées essentiellement
aux enseignants et aux apprenants du FLE ainsi qu’aux autorités des programmes
de l’enseignement-apprentissage au Ghana.
D’après nos résultats, nous avons observé que de nombreux transferts
étaient effectués par l’apprenant. L’apprenant construit donc un inter-système
134
reliant des phénomènes de diverses langues (langue(s) source(s) et langue cible).
Il est donc nécessaire de différencier entre deux catégories de transfert :
Les transferts interlinguistiques : Ceci peut être basé sur des systèmes de langues
déjà apprises dans l’apprentissage de la langue cible. Mais pour la considération
de la notion de langue-pont (Ausubel, 1968), une des langues déjà apprise va
prendre le dessus pour former l’interlangue. Dans le cadre de notre étude, nous
constatons que c’est l’anglais qui joue le rôle de langue-pont.
Les transferts intralinguistiques : l’individu ne possède plus de connaissances
préalables transférables en dehors de la langue cible. Dans ce cas, la langue cible
sert à surgénéraliser d’elle-même (Selinker, 1972).
Nous avons constaté la présence de ces deux transferts tout au long de
notre étude, et avons mis en évidence le fait que ce qui doit être évité dans
l’apprentissage d’une nouvelle langue comme le FLE est la formation d’une
interlangue fossilisée. Par rapport à cette préoccupation, nous sommes confronté à
la question : « faut-il faire de la grammaire pour enseigner ou apprendre à
communiquer dans une langue étrangère sans se soucier de la grammaire ? ».
D’après Besse et Galisson (1980), faire de la grammaire peut recouvrir des
activités pédagogiques relativement diversifiées, et comme la communication
humaine ne se confine pas au verbal, elle peut encore moins se confiner à la
grammaire. Il est en effet possible de communiquer avec un étranger de cette
manière que se constituent les parlers véhiculaires (sabirs ou pidgins), par lesquels
les besoins d’échanges sont assurés. Mais il est évident que l’objectif pour nos
apprenants à SHS n’est pas de leur faire atteindre un niveau véhiculaire de type
135
pidgin mais de leur enseigner à « parler comme on parle » selon la formule
répandue chez les didacticiens français du XVIIe siècle. Comme le soulignent
Peytard et Genouvrier (1970 : 85), « Le mythe de la « belle langue française »
demeure encore très vivace – et partant cette croyance généreuse mais fausse,
qu’apprendre à bien parler ou à bien écrire revient à imiter Bossuet ou La
Bruyère ». Parler comme on parle dans une langue étrangère exige premièrement
la connaissance et ensuite le respect des conventions morphologiques et
syntaxiques de cette langue. C’est pourquoi la didactique des langues ne peut pas
ignorer le rôle de l’apprentissage et de l’enseignement des régularités en
particulier morpho-syntaxiques.
Il existe trois types de techniques principales par rapport à la présence de
la grammaire dans l’enseignement-apprentissage des langues : la grammaire
explicite, la grammaire implicite et les exercices grammaticaux (démarche
déductive versus démarche inductive). Selon Galisson et Coste (1976 :206),
la grammaire explicite est « fondée sur l’exposition et l’explication des règles par
le professeur, suivis d’applications conscientes par les élèves ». Or la grammaire
implicite vise à donner « aux élèves la maîtrise d’un fonctionnement grammatical
(variations morpho-syntaxiques par exemple), mais ne recommande
l’explicitation d’aucune règle et élimine le métalangage, ne s’appuyant que sur
une manipulation plus ou moins systématique d’énoncés et de formes pour
« monter » la grammaire conditionnée ou intériorisée de l’élève » Galisson &
Coste (idem : 254). Pour les exercices grammaticaux, il s’agit des démarches
déductive et inductive de l’enseignement de la grammaire. Une démarche
136
déductive d’enseignement procède de la règle vers les exercices, démarche que
l’on peut résumer par cette formulation : des régles aux exemples. Mais la
démarche inductive (des exemples aux règles), inversement, incite l’apprenant à
dégager des règles à partir d’un corpus. Ainsi pour récapituler, l’enseignement-
apprentissage de la grammaire doit être :
-explicite et déductif ;
-explicite et inductif ; et
-implicite et inductif.
Nous préconisons que ces techniques soient suivies rigoureusement à travers
l’enseignement du FLE aux apprenants.
En outre, l’apprentissage d’une langue étrangère par un enfant ne peut plus
être considéré comme une activité auto-solidaire contrairement à l’apprentissage
de sa langue maternelle. Car selon Dabène (1994), la langue maternelle (langue
première acquise) est la première dans l’ordre d’acquisition. Dabène (idem : 14)
note que « la langue maternelle est souvent caractérisée, dans cette perspective,
par le fait qu’elle a été acquise de façon naturelle ». Ceci selon lui signifie trois
choses :
-la part de la réflexion dans l’acquisition est minime, voire nulle (on
apprend sans s’en rendre compte) ;
-le sujet s’approprie la langue naturelle sans l’aide d’une pédagogique
quelqueconque (on apprend tout seul),
137
-l’apprentissage se fait par simple contact, grâce aux interactions
successives avec l’entourage familial (on apprend en parlant avec les
autres.
Mais, dans le cas de la langue étrangère, l’apprentissage se déroule en milieu
scolaire (Dabène, op.cit.).
À partir du moment où l’apprenant possède des connaissances dans une
langue, toute langue à apprendre n’est plus un objet indépendant mais un objet qui
est toujours en relation avec les connaissances préexistantes de celle-là. S’agissant
de l’apprentissage d’une langue nouvelle par un adolescent ou un adulte, les
positions sur l’importance ou la nécessité des références ou du recours à sa (ses)
langue(s) antérieure(s) sont loin d’être claires. À ce propos Castellotti (2001 : 1),
pense « qu’on ne peut échapper à ces relations quelque peu schizophrènes et aux
prises de positions passionnées et souvent disproportionnées qu’elles provoquent
qu’en récusant le schéma binaire, fondé sur un rapport biunivoque, qui sous-tend
cette construction ». Un enseignement monolingue ne serait donc pas le plus
efficace. En adoptant une telle position, la didactique du bilinguisme ou du
trilinguisme prend en compte le fait que l’acquisition d’une langue étrangère
correspond à une activité complexe et non-linéaire qui demande beaucoup de
temps et d’efforts de la part de l’apprenant et même de la part de l’enseignant.
Nous sommes en accord avec les propositions de Castellotti (2001) au
sujet d’un enseignement fonctionnel propre au contexte présent, « à savoir
s’approprier des savoirs non linguistiques au moyen d’un panachage des deux
langues ». Nous pouvons l’adapter au champ du bilinguisme. Mais il faut encore
138
diagnostiquer les sources de chaque groupe d’erreurs par rapport à la langue de
départ qui est en jeu et puis réaliser cette fonctionnalité du bilinguisme par le
recours à une méthode d’alternance codique. Cuq et Gruca (2002) considèrent
l’alternance codique comme le changement, par un locuteur bilingue, de langue
ou de variété linguistique à l’intérieur d’un énoncé-phrase ou d’un échange, ou
entre deux situations de communication. Comme dans cette étude nous sommes
intéressé par des apprenants qui ont la possibilité de choisir leur langue
d’instruction en classe (l’anglais), le recours aux deux modalités d’alternance
linguistique qui sont la macro-alternance et la micro- alternance nous semble donc
plus approprié et réaliste.
L’utilisation de la macro-alternance
D’après Castellotti (2001 : 100), cette modalité dans l’alternance des
langues « concerne à la fois ce qui est organisé au niveau institutionnel et ce qui
est mis en place au niveau d’une école ou d’une classe, pour la gestion des
activités majoritairement dans l’une ou l’autre langue ». Pour nos apprenants déjà
‘bilingues’, il peut s’agir de son utilisation pour la gestion des activités de
l’anglais par rapport au FLE, ou encore des deux langues. Les enseignants, en
considérant des points communs (typologie) et même des points divergents des
deux langues (afin de les mettre en évidence), visent alors à développer de
l’interlangue concrète des apprenants. Ainsi, ils vont programmer la macro-
alternance en organisant différentes activités de classe.
Par exemple, considérant le problème de genre du déterminant possessif et
ses différences entre les deux langues, un sujet de discussion sur le thème de la
139
famille peut être proposé. Le travail peut être initié en anglais en utilisant
différents supports linguistiques (présentation entre les apprenants eux-mêmes,
des bandes dessinées contenant différents membres de la famille et leur
appartenance.....). Puis, on peut continuer en FLE pour faire apparaître des erreurs
par le recours à la langue anglaise pour mettre en évidence la différence entre les
deux systèmes (anglais et français).
Le recours à une micro-alternance
Selon Castelloti (2001 :101) les recours à une micro-alternance des
langues « apparaissent de manière spontanée au cours des échanges en classe, ou
[sont] sollicité[s] par l’enseignant à des fins d’apprentissage ». Nous ne proposons
pas l’utilisation d’une grammaire explicite ni de l’anglais (L2) ou du français (L3)
mais dans le cas des erreurs systématiques, il nous semble plus efficace de donner
des explications ponctuelles sous forme de phrases modèles dans les deux langues
en présence et fréquemment utilisées par les apprenants en faisant une
comparaison. Nous pouvons, par exemple résoudre le problème de l’utilisation du
déterminant possessif, avant ses fossilisations dans l’interlangue des apprenants,
en utilisant les phrases modèles suivantes :
Monsieur Ofori achète une voiture à sa femme.
Mr. Ofori is buying a car for his wife.
Ou
Kofi parle à ses cousins.
Kofi is talking to his cousins.
En s’appuyant sur le fait qu’en français, le déterminant possessif est en accord
(genre et nombre) avec le substantif qui le suit. Or, en anglais, l’accord du
140
déterminant possessif existe plutôt entre le possesseur et le possédé. Cette façon
de procéder peut contribuer au traitement de cette erreur systématiquement chez
les apprenants en sollicitant leur conscience d’une manière plutôt implicite. De
plus, cette règle générale sur le choix du déterminant possessif en français aura
une chance d’être intégrée dans le répertoire linguistique de l’apprenant.
Ce recours ponctuel aux connaissances préalables dans l’anglais ne doit
pas être considéré comme une trahison aux approches modernes de
l’apprentissage dans la mesure que cela sort l’apprenant du bain linguistique en
FLE. Au contraire, on peut le voir comme une occasion de légitimation de la
diversité linguistique entre chacune des langues. De plus, comme Py cité par
Castellotti (2001 :103) le souligne ironiquement, « le maître ou le professeur qui
utilise le français puis l’italien devant ses élèves n’est pas nécessairement
représentant de l’Académie française ou des grammaires italiennes ». Cela est
également valable pour l’utilisation de la langue anglaise avec le français. Ce
travail alterné peut alors favoriser l’auto questionnement des apprenants en ce qui
concerne les zones de variations dans chaque langue.
Comme nous l’avons déjà dit dans ce chapitre, on enseigne souvent à
l’apprenant de parler et d’écrire la langue française comme le préconisent les
institutions françaises comme l’Académie Française. Mais, c’est évident qu’il y a
des apprenants qui veulent apprendre rapidement le français pour des besoins
communicatifs: traverser les frontières, remplir des fiches d’état civil ou faire des
achats ou des affaires aux pays francophones. Ces catégories d’apprenants, à notre
avis, ont besoin de français à cause de certains objectifs spécifiques, non pas
141
l’étude générale de la langue comme l’exige le système de l’éducation ghanéenne.
Pour ce groupe d’apprenants, le français fonctionnel serait suffisant. Ce genre
d’apprentissage, d’après Richterich (1972 : 4), « conduit à la maîtrise d’un
ensemble fonctionnel d’actes langagiers ». Ces actes langagiers sont « la
condition première d’un apprentissage rapide et fonctionnel de la langue », c’est-
à-dire répondant au constat que l’apprenant veut apprendre quelque chose qu’il
puisse utiliser immédiatement (Richterich, 1972). Selon Galisson et Coste
(1976 :231),
Le français fonctionnel (ou plus généralement, une langue
fonctionnelle) ne saurait se caractériser d’abord en termes
de contenus et d’inventaires linguistiques, mais bien par
rapport à des publics précis et à leurs objectifs
d’utilisantion fonctionnelle (c’est-à-dire opératoire) de
l’instrument linguistique qu’il entend acquérir.
Aussi d’après Besse et Galisson (1980 : 72), « un cours sera réputé
fonctionnel si ses objectifs coїncident avec les objectifs (professionnels ou autres)
des étudiants ». Le ‘fonctionnel’ a donc une relation entre le contenu de cours et
ce que les apprenants sont amenés à faire à l’extérieur du cours, c’est-a-dire, une
sorte d’harmonie entre leur savoir et leur savoir-faire.
Nous constatons que le fonctionnel est associé d’un côté à une
problématique méthodologique (conception(s) de l’enseignement, de la
pédagogie, des théories d’apprentissage, et d’un autre côté aux contenus de cet
apprentissage. Mais nous pensons que certains de ces problèmes peuvent être
résolus en tenant compte de ce qui est à faire apprendre ou enseigner à l’apprenant
142
sur le plan de la capacité à communiquer en langue étrangère à l’extérieur de la
classe de langue.
Finalement, d’après les informations socio-démographiques et
linguistiques des enquêtés, nous constatons qu’il y a certaines divergences parmi
les apprenants du FLE au niveau SHS. Ces divergences peuvent avoir des
implications didactiques sur l’apprentissage du FLE au Ghana. Ces phénomènes
sont observés au niveau de l’âge, du bagage linguistique, et de l’environnement
d’apprentissage des apprenants interrogés. D’abord, iI y a beaucoup de variations
au niveau de l’âge des apprenants. L’âge des apprenants dans la troisième année
varie de 15 ans à 21 ans. Cela veut dire que certains apprenants sont adolescents
et les autres des adultes. Or, Girard (1972) postule que l’âge de 11 ans à 12 ans
correspond à la fin de la période la plus favorable de l’apprentissage des langues
par les enfants. Ceci implique que pour certains apprenants du FLE au niveau
SHS qui sont déjà adultes, le français fonctionnel leur serait plus bénéfique que le
système rigoureux de l’enseignement-apprentissage du FLE mis en place par le
Ministère de l’Éducation du Ghana. En d’autres termes, les responsables
politiques et les auteurs éducatifs du pays doivent introduire le français comme
matière obligatoire à l’école primaire dans notre système de l’éducation. Cette
démarche pourrait permettre de standardiser l’âge auquel l’apprenant est obligé de
faire ses débuts dans l’apprentissage du FLE au cadre scolaire dans le pays. Cette
dernière démarche est aussi essentielle pour résoudre des problèmes liés aux
variations du bagage linguistique chez les apprenants. Celles-ci résultent du fait
que les apprenants commencent l’apprentissage du FLE à des niveaux différents.
143
Donc, il est difficile d’identifier la difficulté linguistique de chaque apprenant.
Introduire donc le français à un certain niveau spécifique va réduire ce problème.
En outre, l’environnement de l’apprentissage ou le cadre scolaire de
l’enseignement-apprentissage selon Piaget (1967), Bogaards (1991), et Lecomte
(1993), est un des facteurs incontournables pour la réussite de l’apprentissage.
Lors du dépouillement des données, nous constatons que les apprenants des écoles
dans les catégories A et B ont mieux travaillé que ceux dans la catégorie C. Il
nous semble que les écoles dans les deux premières catégories sont plus dotées en
termes d’équipement et de fonctionnaires de l’enseignement que d’autres dans les
dernières catégories. Or, nous ne pensons pas que c’est l’intention d’aucun
gouvernement ou d’aucune autorité de créer un établissement scolaire qui serait
plus doté que les autres. Nous souhaitons que les chercheurs en didactique dans
tous les domaines orientent leurs recherches vers ce problème pour trouver
l’équilibre. Nous pensons que cet équilibre à long terme, peut améliorer
l’enseignement-apprentissage du FLE dans le pays. Ledit équilibre pourrait aussi
réduire le problème du phénomène que nous avons étudie.
Conclusion générale
Dès le départ de l’étude, nous avons proposé de mettre en valeur
l’influence interlinguistique (au niveau de la syntaxe) entre le FLE et l’anglais.
L’anglais est notre langue officielle qui sert de langue d’instruction dans nos
institutions scolaires surtout au niveau SHS. Nous avons aussi voulu voir si en
dehors des erreurs interlinguistiques, il y a d’autres erreurs dans cette catégorie
144
qui sont dues plutôt à la connaissance restreinte ou insuffisante des apprenants en
FLE.
Cette étude est basée sur le point de vue des behavioristes et celui des
cognitivistes, d’où l’adoption des théories de l’analyse contrastive proposée par
Lado (1957) et l’analyse des erreurs proposée par Corder (1967). Ces deux
modèles théoriques nous ont aidé non seulement à comparer certains éléments
grammaticaux dans les deux langues pour identifier les points de divergence qui
pourraient être la source des erreurs, mais aussi à analyser d’autres erreurs qui
sont dues à la compétence restreinte des apprenants dans la langue source. Le
cadre théorique est suivi de l’étude de quelques travaux antérieurs qui sont axés
sur notre étude. Ces travaux nous ont permis de regarder de près la nature des
influences interlinguistiques déjà étudiées par quelques didacticiens et chercheurs.
Ils nous ont aussi exposé aux terrains vierges encore à découvrir pour faciliter
l’enseignement-apprentissage du FLE au niveau SHS en général.
Malgré un vaste domaine de l’influence de la syntaxe anglaise sur
l’apprentissage du FLE, nous avons limité l’étude aux trois éléments
grammaticaux communs dans les deux langues- déterminant possessif, articles
(défini et indéfini) et participe passé. Sur ces éléments grammaticaux, des tests-
tests à choix multiples et une rédaction sur un sujet donné ont été proposés aux
apprenants interrogés. Mais avant les tests, les apprenants ont été obligés de
remplir des questionnaires portant sur leur vie socio-démographique et
linguistique. L’étude montre que les divergences en termes de l’emploi des
éléments grammaticaux au niveau des accords (genre et nombre) dans les deux
145
langues déclenchent des transferts négatifs, d’où des erreurs morpho-syntaxiques
dans l’écrit en FLE des apprenants de SHS dans la Métropole de Cape Coast.
Les réponses à la première partie du questionnaire (qui portent sur les
aspects socio-démographiques et linguistiques des apprenants) montrent que des
erreurs dans l’écrit des apprenants pourraient être attribuées aussi aux
phénomènes socio-démographiques et linguistiques. Ces phénomènes incluent la
typologie des deux langues en contact (le français et l’anglais), le milieu ou
l’environnement linguistique d’apprentissage, le statut de langue(s) source(s) par
rapport à la langue cible, l’âge des apprenants et le facteur « recency ». Au-delà
de ces facteurs, l’étude révèle aussi que les apprenants font beaucoup de transferts
de l’anglais sur l’apprentissage du FLE. Par conséquent, nous pensons qu’une
amélioration quelconque de l’enseignement-apprentissage de la langue source
(anglais) pourrait bien améliorer certains aspects de l’apprentissage du FLE. Cette
révélation de l’étude concernant les transferts des connaissances des éléments en
anglais vers l’apprentissage du FLE correspond au point de vue des behavioristes
qui postulent que la similitude entre les structures de deux langues (langue source
et langue cible) facilite l’apprentissage. Mais en dehors de cette observation, les
résultats des tests confirment aussi la position cognitiviste qu’il y a d’autres
erreurs des apprenants qui ne résultent pas forcément de différences ou de
similarités entre les structures des deux langues. Ce qui veut dire que les
différences entre les acquis préalables de l’apprenant et sa nouvelle tâche à
apprendre ne constituent pas les seuls déterminants des erreurs interférentielles.
146
Enfin, nous avons fait des propositions didactiques. D’abord,
l’enseignement doit viser une prise de conscience du côté de l’apprenant
concernant la différence interlinguistique du français et de l’anglais. C’est-à-dire,
on doit encourager la technique de l’enseignement contrastive. L’enseignement
doit exiger premièrement la connaissance et ensuite le respect des conventions
morphologiques et syntaxiques de la langue cible-le français. Aussi comme les
apprenants utilisent souvent l’anglais et montrent un certain niveau de
connaissances de cette langue, le recours aux deux modalités d’alternance
linguistique qui sont la macro-alternance et la micro-alternance, nous semble donc
approprié et réaliste. Cette démarche ne doit pas être considérée comme un frein
aux approches modernes de l’apprentissage comme : le bain linguistique ou la
méthode directe qui favorise l’enseignement-apprentissage de la langue cible sans
recourir à la langue source de l’apprenant. On doit considérer cette démarche
plutôt comme une occasion de légitimation de la diversité linguistique ainsi que
de la diversité interne de chacune des langues. Nous préconisons aussi
l’introduction du français fonctionnel au niveau SHS d’où le postulat que les
apprenants qui cherchent à acquérir le français seulement pour des besoins
communicatifs plutôt qu’académiques, peuvent éviter de suivre le système
rigoureux de l’apprentissage du FLE. Nous croyons que ce travail de recherche
est un travail non exhaustif. Nous ne pouvons pas prétendre avoir traité de
manière exhaustive le sujet. Ainsi, notre étude est un défi pour des enquêteurs
postérieurs.
147
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District de Ho. Unpublished Thesis. University of Cape Coast.
154
ANNEXE A
UNIVERSITY OF CAPE COAST
DEPARTMENT OF FRENCH
QUESTIONNAIRE
This questionnaire is designed to collect data on the influence of English syntax
(grammar) in the written French of Students in Senior High Schools of Ghana.
Students are kindly requested to be as sincere as possible in providing answers to
the questions below. The scores of individual students in the written production
do not have anything to do with their academic records. Students are however
requested to answer all the questions in the various sections.
SECTION A: SOCIODEMOGRAPHIC AND LINGUISTIC
BACKGROUND
1 Age:…………………….
2 Sex: Male[ ] Female[ ]
3 Schools attended:
Primary ………………… JHS………………… SHS………………
4. How many languages do you speak (List languages in order of acquisition)
I……………………II…………………III……………….IV…………
5. Which of these languages can you write? (List them in order of perfection).
I……………….II………………….III…………….IV……………
6. Where did you start learning English?
Primary………………..JHS………………..SHS…………………
Other (specify)…………………………………………
8. Do you learn French in school? Yes [ ] No [ ]
155
9. If yes, how long have you been learning it? 3years [ ] 6years [ ] 9years [ ]
Other (specify)……………………………………
10. Where did you start learning French? Primary [ ] JHS [ ], SHS [ ]
Other (specify)……………………………………………
11. Do you give more attention to learning of English than learning of French at
school? Yes [ ] No [ ].
12. a. If yes give reasons:…………………………………………………………
………………………………………………………………………………..
b. If no give reasons………………………………………………………
………………………………………………………………………………….
13. Do you speak English at home with your family? Yes [ ] No [ ]
14. Which of the two languages do you often use when talking to your friends at
school? English [ ] French [ ]
15. Do you often transfer your knowledge of English language into writing some
aspects of the French language? Yes [ ] No [ ]
16. If yes, which one of these aspects of English do you often transfer into your
writing of French? Vocabulary [ ], Grammar [ ], Pronunciation [ ],
Spelling [ ]
17. Do you find any aspects of French very difficult? Yes [ ], No [ ]
18. If yes, name the aspect you find very difficult. Grammar [ ]; Reading [ ];
Comprehension [ ]; Spelling [ ], Pronunciation [ ] (tick the appropriate one).
Other (specify)……………………………………………………………………...
156
19. Name other difficulties that you encounter in learning French………………...
………………………………………………………………………………………
20. Suggest ways of making learning of French in Ghana relatively easier for
you……………....…………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
157
SECTION B:
Written tests A:
I. Possessive adjectives ( les déterminants/adjectifs possessifs)
Choose the most suitable answer in each of the following sentences (underline
your answer).
1. « Je te présente .............................mari » ; dit Madame Ofori.
( ma, mon, mes)
2. Abou et Fatima vont chez.........................tante.
( leur, sa, leurs)
3. Tu dois dire au revoir à.......................cousins.
( tes, ton , leur)
4. Elles ne connaissent pas................femme.
( son, sa, ses)
5. La femme me traite comme..........................propre fils.
( son, sa, ses)
6. Vous vivez encore chez ..................parents ?
(votre, ton, vos)
7. Nous pouvons loger à Kumasi, chez..................copain Victor.
( ma, mon, mes)
8. Kofi rend souvent visite à ...................tante.
(son, sa, ses)
9. Madame Aidou me présente......................... amies.
(son, sa, ses)
158
10. « Le garçon va passer les vacances chez ........oncles » ; dit Sylvie.
(son, sa, ses)
II. Articles (les articles/les déterminants définis et indéfinis).
Complete the following using either le, la, les, l’, un, une, or des (the one that is
most appropriate).
1. Où sont ……………….clés de ………………voiture ?
2. Sur.................chaise dans ................................entrée.
3. Qu’est-ce que vous voulez, une bouteille de vin ou ........... verre d’eau?
4. Je cherche ..................informations sur Victor Hugo.
5. Mon père a ................problème à son bureau, il cherche la police.
6. Il coûte combien...........................modèle devant vous ?
7. Où se trouve............ télévision que notre professeur vient d’acheter.
8. Regardez…….fille unique de Monsieur Abdou, elle est avocate.
III. Past Participle (le participe passé).
Underline the correct form of the past participles in the following sentences.
1. Je ne comprends pas, elle est (parti, partis, partie) la première, mais est
(arrivé, arrivée, arrivés) la dernière.
2. Ma femme et moi, nous sommes (allés, allées, allé ) sur la montagne
Afadjato l’année dernière.
3. Les filles, vous n’êtes pas (sortis, sorties, sortie) hier soir ?
4. Qu’est-ce qui s’est passé ma chérie? tu es (tombé, tombée, tombées)
malade ?
5. Excusez-moi Henriette, vous êtes ( nées, nés, née) en quelle année ?
159
6. Pour visiter ce grand bâtiment, je suis ( monté, montés, montées) par
ascenseur mais je suis (descendu, descendues) à pied.
7. Amina est certainement ( arrivé, arrivée, arrivées) plus vite que son
cousin.
8. Elles seront (venue, venu, venues) pendant la fête de Pâques.
Written test B:
Write an essay on the topic below in French. Your essay should be between 100
and150 words.
Vous venez de passer vos dernières vacances de Pâques chez un(e) ami(e).
Décrivez comment vous avez passé ces vacances.
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
160
161
162
ANNEXE D
Σƒx ÷ ƒx → la moyenne : d’où Σƒx représente le total des notes obtenues par les
apprenants répondants multipliées par les fréquences d’occurrence des notes dans
le tableau et ƒx représente la somme des apprenants enquêtés. Autrement dit, la
moyenne est obtenue en divisant la somme de toutes les variables (les scores) par
son effectif (le nombre d’apprenants répondants).
163