Chap.i - Series
Chap.i - Series
Séries Numériques
1
Table des matières
I Séries Numériques 1
I.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.2 Définitions de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.3 Convergence des Séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.4 Critères de Convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.5 Applications en Physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
I.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
I.1 Introduction
Définition I.2.1 (Série numérique). Une série numérique est la somme infinie
des termes d’une suite (un )n∈N :
+∞
X
S= un
n=0
2
Définition I.2.2 (Somme partielle). Pour N ∈ N, la somme partielle SN est définie
par :
N
X
SN = un
n=0
P
Définition I.2.3 (Convergence). La série un converge si la suite des sommes
partielles (SN )N ∈N admet une limite finie S lorsque N tend vers +∞. Dans ce cas,
on écrit :
+∞
X
S= un
n=0
lim un = 0
n→+∞
PN
Démonstration. Soit SN = n=0 un la somme partielle de la série. Si la série
converge, alors SN → S pour une certaine somme S. On a donc :
SN +1 = SN + uN +1 .
En passant à la limite,
S = S + lim uN .
N →+∞
1
P
Exemple I.3.3 (Série harmonique). La série harmonique n
diverge bien que
1
n
→ 0, voir Théoreme I.4.17 (test intégral).
3
Proposition I.3.5 (Convergence de la série géométrique). La série géométrique
converge si et seulement si |r| < 1, et dans ce cas :
+∞
X 1
rn =
n=0
1−r
1 − rN +1
SN = , pour r ̸= 1.
1−r
Cas |r| < 1 : convergence Si |r| < 1, alors lim rN +1 = 0, donc en passant à la
N →+∞
limite :
1
lim SN = .
N →+∞ 1−r
Ainsi, la série converge et sa somme est :
+∞
X 1
rn = .
n=0
1−r
4
Démonstration. (=⇒) Si la série converge, alors le critère de Cauchy est véri-
fié :
P
Soit un une série convergente, c’est-à-dire que la suite des sommes partielles
SN = N
P
n=0 un converge vers une limite S, c’est-à-dire :
lim SN = S.
N →+∞
Cela signifie que pour tout ϵ > 0, il existe un entier N0 tel que pour tous N, M ≥ N0 ,
on ait :
|SN − SM | < ϵ.
5
De même, toute suite décroissante et minorée converge vers sa borne inférieure.
A = {an : n ∈ N}
aN > L − ε.
an ≥ aN > L − ε.
L − ε < an ≤ L.
Il en découle que
|an − L| < ε.
P P
Théorème I.4.3 (Critère de comparaison). Soient un et vn deux séries à
termes positifs.
P P
— Si un ≤ vn pour tout n et vn converge, alors un converge.
P P
— Si un ≥ vn pour tout n et vn diverge, alors un diverge.
6
1 1
Ici, nous comparons n3 +1
avec la série n3
. On a :
1 1
< 3.
n3 +1 n
P+∞ 1
P 1
La série n=1 n3 est convergente, car elle est de la forme
avec p > 1 (voir les np
P+∞ 1
séries de Riemann, Définition I.4.18). Par conséquent, la série n=1 n3 +1 converge
également par le critère de comparaison.
P∞
Démonstration. Supposons d’abord que un ≤ vn pour tout n et que la série n=1 vn
converge. Pour chaque entier N , considérons les sommes partielles :
N
X N
X
SN (u) = un et SN (v) = vn .
n=1 n=1
7
un
Démonstration. Par hypothèse, limn→+∞ vn
= 1. Ainsi, pour tout ε > 0, il existe un
entier N tel que pour tout n ≥ N ,
un
1−ε< < 1 + ε,
vn
ce qui équivaut à
(1 − ε)vn < un < (1 + ε)vn .
P+∞
Premier cas : Supposons que la série n=1 vn converge. Alors, pour n ≥ N , on
a
un < (1 + ε)vn .
P+∞
Par le critère de comparaison, puisque converge (le facteur constant
n=N (1+ε)vn
1 1
∼ .
n2 + sin n n2
P+∞ 1
La série est convergente (c’est une série de Riemann pour p = 2). Par
n=1 n2
conséquent, la série +∞ 1
P
n=1 n2 +sin n converge également par le critère de comparaison
asymptotique.
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un+1
Théorème I.4.8 (Critère de d’Alembert). Si limn→+∞ un
= ℓ, alors :
— Si ℓ < 1, la série converge.
— Si ℓ > 1, la série diverge.
— Si ℓ = 1, le critère est indéterminé.
un+1 (n + 1)!/2n+1 (n + 1)
= n
= .
un n!/2 2
La limite de ce rapport est :
n+1
lim = +∞.
n→+∞ 2
Puisque cette limite est supérieure à 1, la série diverge selon le critère de d’Alem-
bert.
P un+1
Démonstration. Soit la série un avec des termes un tels que limn→+∞ un
= ℓ.
un+1
1. Cas où ℓ < 1 (convergence de la série): Puisque limn→+∞ un
= ℓ < 1, il
existe un entier N et un réel r tel que 0 ≤ r < 1 et, pour tout n ≥ N , on a :
un+1
≤ r.
un
En appliquant cette inégalité de manière récursive, on obtient :
9
3. Cas où ℓ = 1 : indétermination du critère Si ℓ = 1, la conclusion dépend
P1
de la série spécifique considérée. - Par exemple, la série géométrique n
(série
harmonique) correspond à un = n1 , et on a :
un+1 1/(n + 1) n
lim = lim = lim = 1.
n→+∞ un n→+∞ 1/n n→+∞ n + 1
P 1 1
Cette série diverge. - En revanche, la série n2
correspond à un = n2
, et on a :
2
(n + 1)−2
un+1 n
lim = lim = lim = 1.
n→+∞ un n→+∞ n−2 n→+∞ n+1
p
Théorème I.4.10 (Critère de Cauchy). Si limn→+∞ n
|un | = ℓ, alors :
— Si ℓ < 1, la série converge.
— Si ℓ > 1, la série diverge.
— Si ℓ = 1, le critère est indéterminé.
1
Nous avons un = nn
. On calcule la racine n-ième de un :
r
p
n n 1 1
|un | = n
= .
n n
1
lim = 0.
n→+∞ n
10
1. Cas où ℓ < 1 : Dans ce cas, il existe une constante r telle que r < 1 et pour
p
tout ε > 0, il existe un entier N tel que pour n ≥ N , on ait n |un | < r < 1. Cela
implique que |un | < rn pour n suffisamment grand.
La série +∞ n
P
n=0 r est une série géométrique qui converge, puisque r < 1. Par le
converge absolument.
2. Cas où ℓ > 1 : Dans ce cas, il existe une constante r telle que r > 1 et pour
p
tout ε > 0, il existe un entier N tel que pour n ≥ N , on ait n |un | > r > 1. Cela
implique que |un | > rn pour n suffisamment grand.
La série +∞ n
P
n=0 r est une série géométrique qui diverge, puisque r > 1. Par le
diverge.
P P
Théorème I.4.12 (Convergence absolue). Si la série |un | converge, alors un
converge également.
P P
Démonstration. Soit un une série et supposons que la série |un | converge.
P
Nous devons montrer que cela implique que la série un converge également.
P
Puisque |un | converge, il existe un réel S tel que :
N
X
lim |un | = S.
N →+∞
n=0
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Cela signifie que pour tout ε > 0, il existe un entier N0 tel que pour tout N ≥ N0 ,
on ait :
N
X
|un | < S + ε.
n=0
P PN
Maintenant, considérons la somme partielle de la série un , soit SN = n=0 un .
Nous allons démontrer que cette somme est convergente.
P
Nous avons l’inégalité suivante pour la somme partielle de un :
N
X N
X
|SN − SM | = un ≤ |un |.
n=M +1 n=M +1
P
En utilisant la convergence de |un |, on peut conclure que pour tout ε > 0, il
existe N0 tel que pour M ≥ N0 , la somme partielle N
P
n=M +1 |un | peut être rendue
P
arbitrairement petite. Cela implique que la suite des sommes partielles de un
est de Cauchy.
P
Comme la suite des sommes partielles de un est de Cauchy, elle converge
P
dans R, et donc la série un converge.
(−1)n
Exemple I.4.13. Soit un = n2
. Nous allons d’abord examiner la série des valeurs
absolues :
1
|un | = .
n2
La série associée est :
∞
X 1
2
.
n=1
n
1
P
C’est une série de Riemann convergente (car la série converge pour p > 1).
np
P (−1)n
Puisque la série des valeurs absolues converge, la série originale n2
converge
absolument.
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— un ≥ un+1 pour tout n, c’est-à-dire que la suite {un } est monotone décrois-
sante.
— limn→+∞ un = 0.
(−1)n un converge.
P
Nous allons démontrer que la série
Considérons la suite des sommes partielles de la série alternée, définie par :
N
X N
X
S2N = (−1)n un et S2N +1 = (−1)n un + (−1)N +1 uN +1 .
n=0 n=0
Nous devons montrer que la suite des sommes partielles converge vers une limite.
— La différence entre deux sommes partielles consécutives S2N et S2N +1 est :
Cela montre que la suite des sommes S2N converge. De plus, la suite des
sommes partielles de la série alternée converge vers une limite L, puisque la
différence entre S2N et S2N +1 devient arbitrairement petite.
Ainsi, nous avons montré que la série (−1)n un converge.
P
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Ce qui est important dans cette démonstration, c’est que les sommes S2N
et S2N +1 convergent vers la même limite. Cela permet de conclure que la
suite des sommes partielles est convergente.
- La différence entre S2N et S2N +1 est simplement (−1)N +1 uN +1 , qui tend vers 0
lorsque N → ∞, car un est décroissante et tend vers 0.
- Par conséquent, la suite des sommes S2N (et S2N +1 ) devient de plus en plus
proche les unes des autres, ce qui signifie que la suite des sommes partielles
converge.
Conclusion :
En fait, il n’est pas nécessaire de considérer d’autres formes de sommes par-
tielles. En utilisant les sommes S2N et S2N +1 , on peut démontrer que la série alter-
née converge. Ces deux suites suffisent pour prouver que la série converge, car
elles convergent toutes deux vers la même limite, garantissant ainsi la conver-
gence de la série entière.
P (−1)n
Exemple I.4.16 (Série alternée). La série alternée n
converge, mais pas
absolument.
Théorème I.4.17 (Test intégral). Soit f : [1, +∞[→ R une fonction continue, positive
et décroissante. Alors la série
+∞
X
f (n)
n=1
converge.
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En sommant ces inégalités pour n = 1 à N , on obtient :
N
X +1 Z N +1 N
X
f (n) ≤ f (x) dx ≤ f (n).
n=2 1 n=1
Ainsi, si l’intégrale Z +∞
f (x) dx
1
1
Démonstration. On applique le test intégral. Considérons la fonction f (x) = xα
définie sur l’intervalle [1, +∞), qui est positive et décroissante (pour α > 0). L’in-
tégrale associée est : Z +∞
dx
I= .
1 xα
Nous distinguons deux cas :
Cas 1 : α ̸= 1. On calcule l’intégrale :
R R
x1−α R1−α − 1
Z
−α
I = lim x dx = lim = lim .
R→+∞ 1 R→+∞ 1−α 1
R→+∞ 1−α
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- Si α > 1, alors 1−α < 0 et par conséquent R1−α → 0 lorsque R → +∞. On obtient :
−1 1
I= = ,
1−α α−1
ce qui est fini. - Si α < 1, alors 1 − α > 0 et R1−α → +∞ lorsque R → +∞, donc
l’intégrale diverge.
Cas 2 : α = 1. Dans ce cas, l’intégrale devient :
Z +∞
dx
I= = lim ln R,
1 x R→+∞
qui diverge.
Ainsi, par le test intégral, la série
+∞
X 1
n=1
nα
I.6 Conclusion
Les séries numériques sont un outil puissant pour modéliser des phénomènes
physiques qui impliquent des sommes infinies. La compréhension de leur conver-
gence et des critères associés est essentielle pour les appliquer correctement.
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