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Chap.i - Series

Le document traite des séries numériques, un outil mathématique crucial en physique pour modéliser divers phénomènes. Il aborde les définitions de base, la convergence des séries, les critères de convergence, ainsi que des applications pratiques. Les théorèmes présentés incluent des conditions nécessaires et suffisantes pour la convergence, des critères de comparaison, et des exemples illustratifs.

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Chap.i - Series

Le document traite des séries numériques, un outil mathématique crucial en physique pour modéliser divers phénomènes. Il aborde les définitions de base, la convergence des séries, les critères de convergence, ainsi que des applications pratiques. Les théorèmes présentés incluent des conditions nécessaires et suffisantes pour la convergence, des critères de comparaison, et des exemples illustratifs.

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Chapitre I

Séries Numériques

1
Table des matières

I Séries Numériques 1
I.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.2 Définitions de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.3 Convergence des Séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.4 Critères de Convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.5 Applications en Physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
I.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

I.1 Introduction

Les séries numériques sont un outil mathématique essentiel en physique pour


modéliser des phénomènes continus ou discrets. Elles permettent de représenter
des sommes infinies de termes et sont largement utilisées dans des domaines
tels que la mécanique quantique, l’électromagnétisme, et l’analyse de signaux.
Ce cours introduit les concepts de base des séries numériques, leur convergence,
et quelques critères pour étudier leur comportement.

I.2 Définitions de base

Définition I.2.1 (Série numérique). Une série numérique est la somme infinie
des termes d’une suite (un )n∈N :
+∞
X
S= un
n=0

2
Définition I.2.2 (Somme partielle). Pour N ∈ N, la somme partielle SN est définie
par :
N
X
SN = un
n=0
P
Définition I.2.3 (Convergence). La série un converge si la suite des sommes
partielles (SN )N ∈N admet une limite finie S lorsque N tend vers +∞. Dans ce cas,
on écrit :
+∞
X
S= un
n=0

I.3 Convergence des Séries


P
Théorème I.3.1 (Condition nécessaire de convergence). Si la série un converge,
alors le terme général un tend vers 0 :

lim un = 0
n→+∞

PN
Démonstration. Soit SN = n=0 un la somme partielle de la série. Si la série
converge, alors SN → S pour une certaine somme S. On a donc :

SN +1 = SN + uN +1 .

En passant à la limite,
S = S + lim uN .
N →+∞

Cela implique que limN →+∞ uN = 0.

Remarque I.3.2. La condition n’est pas suffisante.

1
P
Exemple I.3.3 (Série harmonique). La série harmonique n
diverge bien que
1
n
→ 0, voir Théoreme I.4.17 (test intégral).

Définition I.3.4 (Série géométrique). La série géométrique est définie par :


+∞
X
rn
n=0

3
Proposition I.3.5 (Convergence de la série géométrique). La série géométrique
converge si et seulement si |r| < 1, et dans ce cas :
+∞
X 1
rn =
n=0
1−r

Démonstration. Considérons la série géométrique de raison r :


+∞
X
S= rn = 1 + r + r2 + r3 + . . .
n=0

Nous examinons la somme partielle jusqu’à un rang N :


N
X
SN = rn = 1 + r + r2 + · · · + rN .
n=0

On utilise la formule de la somme d’une progression géométrique :

1 − rN +1
SN = , pour r ̸= 1.
1−r

Cas |r| < 1 : convergence Si |r| < 1, alors lim rN +1 = 0, donc en passant à la
N →+∞
limite :
1
lim SN = .
N →+∞ 1−r
Ainsi, la série converge et sa somme est :
+∞
X 1
rn = .
n=0
1−r

Cas |r| ≥ 1 : divergence - Si r = 1, alors SN = N + 1, qui tend vers +∞, donc


la série diverge. - Si |r| > 1, alors rN +1 ne tend pas vers 0, et donc SN ne converge
pas vers une valeur finie. La série diverge également.

I.4 Critères de Convergence


P P
Théorème I.4.1. Soit un une série. La série un converge si et seulement si
pour tout ϵ > 0, il existe un entier N tel que pour tous m, n ≥ N , on ait :
n
X
uk < ϵ.
k=m

4
Démonstration. (=⇒) Si la série converge, alors le critère de Cauchy est véri-
fié :
P
Soit un une série convergente, c’est-à-dire que la suite des sommes partielles
SN = N
P
n=0 un converge vers une limite S, c’est-à-dire :

lim SN = S.
N →+∞

Cela signifie que pour tout ϵ > 0, il existe un entier N0 tel que pour tous N, M ≥ N0 ,
on ait :
|SN − SM | < ϵ.

Ainsi, pour m ≥ N0 et n ≥ N0 , on peut écrire :


n
X
uk = |Sn − Sm | < ε.
k=m

Donc, le critère de Cauchy est vérifié.


(⇐=) Si le critère de Cauchy est vérifié, alors la série converge :
Supposons que pour tout ε > 0, il existe un entier N tel que pour tous m, n ≥ N ,
on ait :
n
X
uk < ε.
k=m
Cela signifie que la suite des sommes partielles {SN } est de Cauchy, car pour
tous m, n ≥ N , on a :
n
X
|Sn − Sm | = uk < ε.
k=m
Comme R est un espace complet, la suite {SN } converge vers une limite S. Ainsi,
P
la série un converge vers S.
P
Le critère de Cauchy pour les sommes partielles affirme que la série un
converge si et seulement si, pour tout ε > 0, il existe un entier N tel que pour
tous m, n ≥ N , on ait :
n
X
uk < ε.
k=m

Théorème I.4.2 (Théorème de la convergence monotone). Toute suite réelle (an )


qui est croissante et majorée converge vers sa borne supérieure, c’est-à-dire

lim an = sup{an | n ∈ N}.


n→∞

5
De même, toute suite décroissante et minorée converge vers sa borne inférieure.

Démonstration. Supposons que (an ) soit une suite croissante (c’est-à-dire an ≤


an+1 pour tout n) et qu’elle soit majorée, c’est-à-dire qu’il existe un réel M tel que
an ≤ M pour tout n.
Par la propriété de complétude de R, l’ensemble

A = {an : n ∈ N}

admet une borne supérieure, notée L = sup A.


Soit ε > 0. Par définition de la borne supérieure, L − ε n’est pas une borne
supérieure de A. Il existe donc un entier N tel que

aN > L − ε.

Comme la suite (an ) est croissante, pour tout n ≥ N on a

an ≥ aN > L − ε.

De plus, par définition de L, on a an ≤ L pour tout n. Ainsi, pour tout n ≥ N ,

L − ε < an ≤ L.

Il en découle que
|an − L| < ε.

Cela prouve que limn→∞ an = L.


Le cas d’une suite décroissante et minorée s’obtient de façon analogue en
considérant l’infimum de l’ensemble des termes.

P P
Théorème I.4.3 (Critère de comparaison). Soient un et vn deux séries à
termes positifs.
P P
— Si un ≤ vn pour tout n et vn converge, alors un converge.
P P
— Si un ≥ vn pour tout n et vn diverge, alors un diverge.

Exemple I.4.4. Soit la série :


+∞
X 1
n=1
n3 +1

6
1 1
Ici, nous comparons n3 +1
avec la série n3
. On a :
1 1
< 3.
n3 +1 n
P+∞ 1
P 1
La série n=1 n3 est convergente, car elle est de la forme
avec p > 1 (voir les np
P+∞ 1
séries de Riemann, Définition I.4.18). Par conséquent, la série n=1 n3 +1 converge
également par le critère de comparaison.
P∞
Démonstration. Supposons d’abord que un ≤ vn pour tout n et que la série n=1 vn
converge. Pour chaque entier N , considérons les sommes partielles :
N
X N
X
SN (u) = un et SN (v) = vn .
n=1 n=1

Comme un ≤ vn pour tout n, il vient :

SN (u) ≤ SN (v) pour tout N.


P∞
Puisque n=1 vn converge, la suite {SN (v)} est bornée, ce qui entraîne que la
suite {SN (u)}, croissante (les un étant positifs), est également bornée. Par le théo-
P
rème de la convergence monotone, {SN (u)} converge, c’est-à-dire que la série un
converge.
P∞
Réciproquement, supposons que un ≥ vn pour tout n et que la série n=1 vn
diverge. Pour chaque N , on a alors :
N
X N
X
SN (u) = un ≥ vn = SN (v).
n=1 n=1
P
La divergence de vn signifie que la suite {SN (v)} tend vers +∞. Par inégalité, la
P
suite {SN (u)} tend également vers +∞. Ainsi, la série un diverge.
un
Théorème I.4.5 (Critère de comparaison asymptotique). Si un ∼ vn (i.e., limn→+∞ vn
=
P P
1), alors un et vn ont le même comportement de convergence.

Remarque I.4.6. Dans ce théorème, il est implicitement supposé que, pour n


suffisamment grand, un et vn sont de même signe (souvent positifs). En effet,
un
pour que le rapport vn
soit bien défini et que la notion un ∼ vn (c’est-à-dire que
un
limn→+∞ vn
= 1) ait un sens, il faut que vn ̸= 0 et que un et vn soient soit tous deux
positifs, soit tous deux négatifs, pour n suffisamment grand. Dans la pratique, le
test de comparaison asymptotique est généralement appliqué aux suites à termes
positifs.

7
un
Démonstration. Par hypothèse, limn→+∞ vn
= 1. Ainsi, pour tout ε > 0, il existe un
entier N tel que pour tout n ≥ N ,

un
1−ε< < 1 + ε,
vn

ce qui équivaut à
(1 − ε)vn < un < (1 + ε)vn .
P+∞
Premier cas : Supposons que la série n=1 vn converge. Alors, pour n ≥ N , on
a
un < (1 + ε)vn .
P+∞
Par le critère de comparaison, puisque converge (le facteur constant
n=N (1+ε)vn

1 + ε n’affecte pas la convergence), il en résulte que la série +∞


P
n=N un converge. En

ajoutant la somme finie des premiers termes, on conclut que +∞


P
n=1 un converge.
P+∞
Deuxième cas : Supposons que la série n=1 vn diverge. Alors, pour n ≥ N , on
a
un > (1 − ε)vn .

Par le critère de comparaison, puisque +∞


P
n=N (1 − ε)vn diverge, il en résulte que
P+∞
n=N un diverge. En ajoutant la somme finie des premiers termes, on conclut que
P+∞
n=1 un diverge.
P P
Ainsi, la convergence ou la divergence de un est équivalente à celle de vn .

Exemple I.4.7. Soit la série :


+∞
X 1
n=1
n2 + sin n
Ici, pour n grand, sin n est borné entre −1 et 1, donc n2 + sin n ∼ n2 . Ainsi :

1 1
∼ .
n2 + sin n n2
P+∞ 1
La série est convergente (c’est une série de Riemann pour p = 2). Par
n=1 n2

conséquent, la série +∞ 1
P
n=1 n2 +sin n converge également par le critère de comparaison

asymptotique.

8
un+1
Théorème I.4.8 (Critère de d’Alembert). Si limn→+∞ un
= ℓ, alors :
— Si ℓ < 1, la série converge.
— Si ℓ > 1, la série diverge.
— Si ℓ = 1, le critère est indéterminé.

Exemple I.4.9. Soit la série :


+∞
X n!
n=1
2n
n!
Nous avons un = 2n
. On calcule le rapport entre deux termes successifs :

un+1 (n + 1)!/2n+1 (n + 1)
= n
= .
un n!/2 2
La limite de ce rapport est :
n+1
lim = +∞.
n→+∞ 2
Puisque cette limite est supérieure à 1, la série diverge selon le critère de d’Alem-
bert.
P un+1
Démonstration. Soit la série un avec des termes un tels que limn→+∞ un
= ℓ.
un+1
1. Cas où ℓ < 1 (convergence de la série): Puisque limn→+∞ un
= ℓ < 1, il
existe un entier N et un réel r tel que 0 ≤ r < 1 et, pour tout n ≥ N , on a :
un+1
≤ r.
un
En appliquant cette inégalité de manière récursive, on obtient :

|un | ≤ |uN |rn−N , ∀n ≥ N.


P n−N
Or, la série géométrique r converge puisque 0 ≤ r < 1. Par le critère de
P
comparaison, la série |un | est donc absolument convergente, ce qui implique
P
que un converge.
2. Cas où ℓ > 1 (divergence de la série ): Dans ce cas, il existe un entier N tel
que pour tout n ≥ N , on a :
un+1
> 1.
un
Cela signifie que |un | est une suite strictement croissante à partir d’un certain
rang, et donc |un | → +∞. En particulier, la condition nécessaire de convergence
P
limn→+∞ un = 0 n’est pas satisfaite, ce qui implique que la série un diverge.

9
3. Cas où ℓ = 1 : indétermination du critère Si ℓ = 1, la conclusion dépend
P1
de la série spécifique considérée. - Par exemple, la série géométrique n
(série
harmonique) correspond à un = n1 , et on a :

un+1 1/(n + 1) n
lim = lim = lim = 1.
n→+∞ un n→+∞ 1/n n→+∞ n + 1

P 1 1
Cette série diverge. - En revanche, la série n2
correspond à un = n2
, et on a :
2
(n + 1)−2

un+1 n
lim = lim = lim = 1.
n→+∞ un n→+∞ n−2 n→+∞ n+1

Cette série converge.


Ainsi, lorsque ℓ = 1, le critère ne permet pas de conclure et d’autres tests
doivent être utilisés.

p
Théorème I.4.10 (Critère de Cauchy). Si limn→+∞ n
|un | = ℓ, alors :
— Si ℓ < 1, la série converge.
— Si ℓ > 1, la série diverge.
— Si ℓ = 1, le critère est indéterminé.

Exemple I.4.11. Critère de la racine (Critère de Cauchy) Soit la série :


+∞
X 1
n=1
nn

1
Nous avons un = nn
. On calcule la racine n-ième de un :
r
p
n n 1 1
|un | = n
= .
n n

La limite de cette expression est :

1
lim = 0.
n→+∞ n

Puisque 0 < 1, la série converge selon le critère de la racine.


P+∞ p
Démonstration. Soit n=0 un une série et supposons que limn→+∞
n
|un | = ℓ. Nous
devons démontrer les trois cas en fonction de la valeur de ℓ.

10
1. Cas où ℓ < 1 : Dans ce cas, il existe une constante r telle que r < 1 et pour
p
tout ε > 0, il existe un entier N tel que pour n ≥ N , on ait n |un | < r < 1. Cela
implique que |un | < rn pour n suffisamment grand.
La série +∞ n
P
n=0 r est une série géométrique qui converge, puisque r < 1. Par le

critère de comparaison, la série +∞


P P+∞
n=N |un | converge, et donc la série n=0 un

converge absolument.

2. Cas où ℓ > 1 : Dans ce cas, il existe une constante r telle que r > 1 et pour
p
tout ε > 0, il existe un entier N tel que pour n ≥ N , on ait n |un | > r > 1. Cela
implique que |un | > rn pour n suffisamment grand.
La série +∞ n
P
n=0 r est une série géométrique qui diverge, puisque r > 1. Par le

critère de comparaison, la série +∞


P P+∞
n=N |un | diverge, et donc la série n=0 un

diverge.

3. Cas où ℓ = 1 : Dans ce cas, le critère de Cauchy n’offre pas d’information


suffisante pour conclure sur la convergence ou la divergence de la série. En
p
effet, limn→+∞ n |un | = 1 ne permet pas de déterminer la nature de la série
P+∞ 1
sans informations supplémentaires. Par exemple, la série n=1 n satisfait
pn
|un | = 1 mais diverge.

Ainsi, nous avons montré que :


— Si ℓ < 1, la série converge.
— Si ℓ > 1, la série diverge.
— Si ℓ = 1, le critère est indéterminé.

P P
Théorème I.4.12 (Convergence absolue). Si la série |un | converge, alors un
converge également.
P P
Démonstration. Soit un une série et supposons que la série |un | converge.
P
Nous devons montrer que cela implique que la série un converge également.
P
Puisque |un | converge, il existe un réel S tel que :
N
X
lim |un | = S.
N →+∞
n=0

11
Cela signifie que pour tout ε > 0, il existe un entier N0 tel que pour tout N ≥ N0 ,
on ait :
N
X
|un | < S + ε.
n=0
P PN
Maintenant, considérons la somme partielle de la série un , soit SN = n=0 un .
Nous allons démontrer que cette somme est convergente.
P
Nous avons l’inégalité suivante pour la somme partielle de un :
N
X N
X
|SN − SM | = un ≤ |un |.
n=M +1 n=M +1
P
En utilisant la convergence de |un |, on peut conclure que pour tout ε > 0, il
existe N0 tel que pour M ≥ N0 , la somme partielle N
P
n=M +1 |un | peut être rendue
P
arbitrairement petite. Cela implique que la suite des sommes partielles de un
est de Cauchy.
P
Comme la suite des sommes partielles de un est de Cauchy, elle converge
P
dans R, et donc la série un converge.

(−1)n
Exemple I.4.13. Soit un = n2
. Nous allons d’abord examiner la série des valeurs
absolues :
1
|un | = .
n2
La série associée est :

X 1
2
.
n=1
n
1
P
C’est une série de Riemann convergente (car la série converge pour p > 1).
np
P (−1)n
Puisque la série des valeurs absolues converge, la série originale n2
converge
absolument.

(−1)n un une série alternée,


P
Théorème I.4.14 (Critère des séries alternées). Soit
où un ≥ 0 pour tout n. Si les termes un sont monotones décroissants (c’est-à-dire
un ≥ un+1 pour tout n) et que limn→+∞ un = 0, alors la série (−1)n un converge.
P

(−1)n un une série alternée, avec un ≥ 0 pour tout n, et


P
Démonstration. Soit
supposons que les conditions suivantes sont vérifiées :

12
— un ≥ un+1 pour tout n, c’est-à-dire que la suite {un } est monotone décrois-
sante.
— limn→+∞ un = 0.
(−1)n un converge.
P
Nous allons démontrer que la série
Considérons la suite des sommes partielles de la série alternée, définie par :
N
X N
X
S2N = (−1)n un et S2N +1 = (−1)n un + (−1)N +1 uN +1 .
n=0 n=0

Nous devons montrer que la suite des sommes partielles converge vers une limite.
— La différence entre deux sommes partielles consécutives S2N et S2N +1 est :

S2N +1 − S2N = (−1)N +1 uN +1 .

— Puisque {un } est monotone décroissante et un → 0, il existe un entier N0 tel


que pour n ≥ N0 , on ait un < ε pour tout ε > 0.
— Ainsi, la différence entre les sommes partielles est de plus en plus petite à
mesure que N augmente :

|S2N +1 − S2N | = uN +1 → 0 lorsque N → +∞.

Cela montre que la suite des sommes S2N converge. De plus, la suite des
sommes partielles de la série alternée converge vers une limite L, puisque la
différence entre S2N et S2N +1 devient arbitrairement petite.
Ainsi, nous avons montré que la série (−1)n un converge.
P

Remarque I.4.15. Pour démontrer la convergence de la série alternée, il suffit


de considérer les sommes partielles S2N et S2N +1 , car ces deux suites sont suf-
fisamment représentatives du comportement des sommes partielles de la série
alternée.
Voici pourquoi :
1. Sommes partielles de la forme S2N (de termes pairs) : La somme partielle
S2N = N n
P
n=0 (−1) un correspond aux sommes obtenues en additionnant les termes

alternés de la série jusqu’au terme pair 2N .


2. Sommes partielles de la forme S2N +1 (de termes impairs) : La somme
partielle S2N +1 = N n N +1
P
n=0 (−1) un + (−1) uN +1 ajoute un terme supplémentaire cor-
respondant au terme impair suivant.

13
Ce qui est important dans cette démonstration, c’est que les sommes S2N
et S2N +1 convergent vers la même limite. Cela permet de conclure que la
suite des sommes partielles est convergente.
- La différence entre S2N et S2N +1 est simplement (−1)N +1 uN +1 , qui tend vers 0
lorsque N → ∞, car un est décroissante et tend vers 0.
- Par conséquent, la suite des sommes S2N (et S2N +1 ) devient de plus en plus
proche les unes des autres, ce qui signifie que la suite des sommes partielles
converge.
Conclusion :
En fait, il n’est pas nécessaire de considérer d’autres formes de sommes par-
tielles. En utilisant les sommes S2N et S2N +1 , on peut démontrer que la série alter-
née converge. Ces deux suites suffisent pour prouver que la série converge, car
elles convergent toutes deux vers la même limite, garantissant ainsi la conver-
gence de la série entière.
P (−1)n
Exemple I.4.16 (Série alternée). La série alternée n
converge, mais pas
absolument.

Théorème I.4.17 (Test intégral). Soit f : [1, +∞[→ R une fonction continue, positive
et décroissante. Alors la série
+∞
X
f (n)
n=1

converge si et seulement si l’intégrale impropre


Z +∞
f (x) dx
1

converge.

Démonstration. Comme f est décroissante, pour tout entier n ≥ 1 et pour tout


x ∈ [n, n + 1], on a :
f (n + 1) ≤ f (x) ≤ f (n).

En intégrant ces inégalités sur l’intervalle [n, n + 1], on obtient :


Z n+1
f (n + 1) ≤ f (x) dx ≤ f (n).
n

14
En sommant ces inégalités pour n = 1 à N , on obtient :
N
X +1 Z N +1 N
X
f (n) ≤ f (x) dx ≤ f (n).
n=2 1 n=1

Ainsi, si l’intégrale Z +∞
f (x) dx
1

converge, alors la suite des sommes partielles N


P
n=1 f (n) est bornée, ce qui im-
P+∞
plique la convergence de la série n=1 f (n).
P+∞
Inversement, si la série n=1 f (n) converge, alors la suite des sommes par-

tielles est bornée, et, d’après l’inégalité


Z N +1 N
X
f (x) dx ≤ f (n),
1 n=1
R +∞
l’intégrale 1
f (x) dx est également bornée (et croissante), ce qui assure sa conver-
gence.
Ainsi, la série converge si et seulement si l’intégrale converge.

Définition I.4.18 (Série de Riemann). Les séries de Riemann sont de la forme :


+∞
X 1
n=1

Proposition I.4.19 (Convergence des séries de Riemann). — Si α > 1, la série


converge.
— Si α ≤ 1, la série diverge.

1
Démonstration. On applique le test intégral. Considérons la fonction f (x) = xα

définie sur l’intervalle [1, +∞), qui est positive et décroissante (pour α > 0). L’in-
tégrale associée est : Z +∞
dx
I= .
1 xα
Nous distinguons deux cas :
Cas 1 : α ̸= 1. On calcule l’intégrale :
R R
x1−α R1−α − 1
Z 
−α
I = lim x dx = lim = lim .
R→+∞ 1 R→+∞ 1−α 1
R→+∞ 1−α

15
- Si α > 1, alors 1−α < 0 et par conséquent R1−α → 0 lorsque R → +∞. On obtient :

−1 1
I= = ,
1−α α−1

ce qui est fini. - Si α < 1, alors 1 − α > 0 et R1−α → +∞ lorsque R → +∞, donc
l’intégrale diverge.
Cas 2 : α = 1. Dans ce cas, l’intégrale devient :
Z +∞
dx
I= = lim ln R,
1 x R→+∞

qui diverge.
Ainsi, par le test intégral, la série
+∞
X 1
n=1

converge si et seulement si α > 1, et diverge sinon.

I.5 Applications en Physique

— Développement en série de Fourier : Utilisé pour décomposer des si-


gnaux périodiques.
— Série de Taylor et Maclaurin : Permettent d’approximer des fonctions par
des polynômes.
— Séries en mécanique quantique : Par exemple, les développements en
série des fonctions d’onde.

I.6 Conclusion

Les séries numériques sont un outil puissant pour modéliser des phénomènes
physiques qui impliquent des sommes infinies. La compréhension de leur conver-
gence et des critères associés est essentielle pour les appliquer correctement.

16

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