Naudon
Naudon
social et médico-social
Promotion : 2009 - 2010
Date du Jury : Décembre 2010
Marion NAUDON
Remerciements
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Sommaire
INTRODUCTION..................................................................................................................1
5
1.1.1. Les risques professionnels : la reconnaissance du caractère risqué du travail
………………………………………………………………………………………5
A) Définition de la notion de risque professionnel...............................................5
B) L’actualité des risques professionnels : les troubles musculo-squelettiques et
les risques psycho-sociaux
6
1.1.2. La spécificité des risques professionnels en établissement social...9
A) Présentation du Centre Michelet.....................................................................9
B) Multiples activités, multiples risques.............................................................10
1.2. L’EVALUATION DES RISQUES PROFESSIONNELS, UNE OBLIGATION RELEVANT DE LA
RESPONSABILITE DU DIRECTEUR D’ETABLISSEMENT
12
1.2.1. L’évaluation des risques professionnels, une obligation légale
renforcée................................................................................................................12
A) L’arsenal législatif et réglementaire de l’évaluation des risques
professionnels
12
B) L’évaluation des risques professionnels avec le Document unique...............13
1.2.2. L’obligation d’évaluer les risques professionnels relevant de la
responsabilité du directeur d’établissement
14
A) L’ obligation du directeur d’établissement...........................................................14
B) La responsabilité juridique du directeur d’établissement..................................15
1.3. L’EVALUATION DES RISQUES PROFESSIONNELS, UN ENJEU DE DIALOGUE SOCIAL.....17
1.3.1. L’évaluation des risques professionnels, une démarche
pluridisciplinaire..................................................................................................17
A) D’une approche globale à une démarche pluridisciplinaire..............................17
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
B) Une multiplicité d’acteurs concernés...................................................................18
1.3.2. La nécessaire association des acteurs du dialogue social de
l’établissement pour une évaluation des risques professionnels efficace
19
A) Le CHSCT, un acteur de proximité...............................................................19
B) Les agents, experts de leurs conditions de travail........................................21
41
3.1.1. La difficile association direction-représentants du personnel.........41
A) Un partenariat direction-représentants du personnel limité..........................41
B) Les facteurs d’une association difficile................................................................42
53
3.3.1. Inscrire l’évaluation des risques professionnels dans une
démarche d’amélioration continue
53
A) Une démarche d’évaluation des risques professionnels dynamique et
continue
53
B) Proposer un dispositif de suivi et d’actualisation de la démarche..................54
3.3.2. Impulser une politique institutionnelle de promotion de la santé
et de la sécurité.........................................................................................
56
A) Institutionnaliser la promotion de la santé et de la sécurité au sein de
l’établissement
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
56
B) Valoriser la politique de promotion de la santé et de la sécurité vers
l’extérieur
58
CONCLUSION....................................................................................................................59
BIBLIOGRAPHIE...............................................................................................................61
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Liste des sigles utilisés
Travail
Educatives
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Introduction
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 -1
-
Dans ce contexte, le directeur du Centre Michelet m’a demandé en tant
que directrice stagiaire de prendre en charge le dossier Document unique. En
raison de sa taille, 123,5 ETP pour 165 places et des divers services éducatifs
présents dans l’établissement (centre maternel, crèche, pouponnière et foyer),
il a été désigné comme site pilote parmi les quatorze établissements publics
de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) du département de Paris. Etablissement non
autonome, c’est en collaboration avec l’ingénieur hygiéniste du Bureau de
prévention des risques professionnels (BPRP) de la Direction de l’action
sociale, de l’enfance et de la santé (DASES) que j’ai mené la démarche
d’évaluation des risques professionnels, dans l’objectif de rédiger le Document
unique. En accord avec le directeur et avec l’appui de l’ingénieur, j’ai tenté de
concevoir la démarche la plus pertinente au regard de l’organisation et des
spécificités du Centre Michelet.
-2 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
internationale du travail (OIT) définit le dialogue social comme incluant tous les
types de négociation, de consultation ou simplement d’échanges d’information
entre les représentants des gouvernements, des employeurs et des
travailleurs sur des questions présentant un
-2 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
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intérêt commun. Que ce soit à l’échelle internationale ou au niveau d’un
établissement, il est incontestable aujourd’hui, que si la notion de dialogue
social est couramment utilisée, il est difficile de définir avec précision ce
qu’elle recouvre. Comme le constate le Conseil économique et social 2, « ne
désignant à priori ni une forme identifiée, ni un niveau précis, chacun peut y
mettre le contenu qu’il souhaite ». Ainsi dans ce mémoire, nous retiendrons
une acception large du terme dialogue social mettant en jeu une multitude
d’acteurs qu’ils soient agents de l’établissement, représentants du personnel,
membres de l’équipe de direction et de l’encadrement, dans les champs de
l’information, de la consultation, de la concertation et de la négociation.
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terme.
Mon étude se fonde aussi sur une série de quatre entretiens semi directifs
réalisés auprès de différents acteurs : les quatre membres du CHSCT
interrogés en tant que
2
Conseil Economique et Social, Avis « Consolider le dialogue social », Paris 2006, p.5
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 -3
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représentants du personnel ainsi qu’en tant qu’agents de l’établissement (trois
étant agents d’accueil et un éducateur spécialisé), du secrétaire de la
Confédération générale du travail (CGT) et du secrétaire de Syndicat des
établissements départementaux de la ville de Paris-Fédération syndicale
unitaire-Solidaires Unitaires Démocratiques (SEDVP- FSU SUD) participant
régulièrement au CHSCT de l’établissement et au CTE départemental comme
personnes qualifiées, puis auprès de l’ingénieur hygiéniste du département de
Paris avec qui j’ai collaboré tout au long de ce projet. Enfin de manière
informelle, j’ai également rencontré la chargée des conditions de travail d’un
établissement hospitalier ayant déjà réalisé la démarche.
Depuis bientôt dix ans, l’évaluation des risques professionnels avec pour
corollaire l’élaboration du Document unique constitue une obligation pour tout
chef d’établissement. Pourtant, de manière générale peu d’établissements
sociaux se sont emparés de cette démarche. Or l’évaluation des risques
professionnels peut représenter un outil précieux pour le directeur en
saisissant cette démarche pour impulser une dynamique de dialogue social
dans son établissement. Ainsi, il s’agit de comprendre en quoi l’évaluation des
risques professionnels peut être un vecteur de dynamisation du dialogue social
dans un établissement social et quelles en sont les conditions de réussite ?
Si pour le directeur d’établissement, l’évaluation des risques professionnels
constitue une contrainte juridique, elle peut devenir une opportunité de
dialogue social (I) comme le montre l’expérience menée au Centre Michelet
(II). C’est à partir de l’analyse de cette démarche que des pistes
d’améliorations peuvent être proposées, pour faire de l’évaluation des risques
professionnels un levier efficace de dialogue social (III).
-4 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
1 L’évaluation des risques professionnels : d’une contrainte
juridique à une opportunité de dialogue social
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 -5
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est une construction sociale, fonction des représentations qu’en ont les
acteurs, la notion de risque professionnel n’est pas statique. Par essence
évolutive, cette dernière se construit par la convergence des regards que
portent à un moment donné les salariés, les employeurs et les pouvoirs publics
sur la nécessité de protéger la santé et d’assurer la sécurité au travail.
Progressivement, ces concepts de travail, de santé et de sécurité sont allés
vers un élargissement de leur signification :
La notion de travail, au sens élargi, désigne un ensemble de conditions
matérielles et techniques mais aussi d’aspects organisationnels conjointement
mis en œuvre pour réaliser un produit ou un service.
La notion de santé ne se limite plus à l’absence de maladie ou d’infirmité.
Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), c’est un état
de complet bien-être physique, mental et social.
La notion de sécurité, en droit du travail, regroupe un ensemble de mesures
prises par l’employeur et visant à assurer l’intégrité physique et mentale des
salariés.
-6 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
3
La première cause est le mal de dos (une des pathologies des TMS) avec 33% des
travailleurs européens affectés.
4
La deuxième cause est le stress avec 28 % des personnes concernées.
-6 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
Les TMS et les RPS sont des risques multifactoriels, c'est-à-dire que les
facteurs concourant à leur apparition sont multiples et que si aucun d’entre
eux n’est dangereux, ensemble ils peuvent le devenir. Pour cette raison, ce
sont des risques professionnels complexes, difficiles à appréhender.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 -7
-
avec sur-
5
INRS, Dossier médico-technique « Stress et risques psycho-sociaux : concepts et prévention »,
2006, p.170
6
Ibid. p.170
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 -7
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responsabilisation, l’exigence ou l’agressivité du public) ; la gestion des
ressources humaines (l’ambiguïté ou le conflit de rôles, l’imprécision des
missions, la surcharge ou la sous-charge de travail) ; la qualité des relations de
travail (le manque de communication, de reconnaissance du travail, de soutien
de la part des collègues et des supérieurs hiérarchiques, le management peu
participatif) ; l’environnement matériel (le bruit, la sur- occupation des
locaux…). De la combinaison de ces facteurs professionnels et des facteurs
extra-professionnels tels que la situation personnelle de l’agent, sa capacité
d’adaptation et de réaction, un état de stress professionnel peut apparaître.
Cependant, le stress n’est pas pathologique en soi, un état de stress aigu
modéré peut même être stimulant. C’est l’état de stress chronique,
correspondant à l’épuisement d’un organisme trop longtemps soumis à une
hyper-stimulation qui peut être facteur de risque pour la santé.
→ Les violences correspondent à des menaces, des agressions verbales,
physiques ou psychiques émanant de collègues ou de responsables
hiérarchiques pour les violences internes. Lorsqu’elles proviennent de
personnes extérieures à l’établissement (usagers, familles…), il s’agit alors de
violences externes. Elles se manifestent selon divers degrés de gravité :
incivilités, agressions verbales (menaces, insultes…), actes violents,
agressions physiques. A ces violences, il faut ajouter les cas de harcèlement
moral dont l’interdiction n’a été inscrite dans le code du travail qu’en 2002 et
les cas de harcèlement sexuel. Selon l’enquête européenne sur les conditions
de travail de 2000, si les situations de violence semblent un peu moins
fréquentes que celles liées au stress, elles sont bien présentes et ont de fortes
conséquences sur la santé et le bien-être des agents.
→ La souffrance ou le mal être au travail correspondent à des situations
souvent rapportées au stress ou décrites comme du harcèlement. Alors qu’il
s’agit davantage de conflits « enkystés » où l’état de stress n’est plus
prédominant mais a laissé la place à une réelle souffrance. Cette situation
peut résulter de conflits voire de violences internes et/ou de relations inter-
individuelles au travail pathogènes : emprise, abus de pouvoir, manipulation,
mise à l’écart.
-8 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
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sommeil, maladies cardiaques, troubles musculo- squelettiques, pratiques
addictives…Et ils représentent un coût important pour l’employeur :
absentéisme, accidents du travail, arrêts maladie, désengagement au travail,
turn-over et conflits.
-8 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
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RPS et TMS sont des risques professionnels courants en établissement
social à l’exemple du Centre Michelet.
Comme tout salarié, les agents du Centre Michelet sont exposés aux
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 -9
-
risques professionnels. Mais comme dans chaque secteur d’activité, certains
sont davantage présents dans un établissement relevant de l’Aide sociale à
l’enfance.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 -9
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B) Multiples activités, multiples risques
- 10 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
7
Article R.4541-2 du Code du travail : « toute opération de transport ou de soutien
d’une charge, dont le levage, la pose, la poussée, la traction, le port ou le déplacement
exige l’effort physique d’un ou de plusieurs travailleurs ».
8
Pour la définition des risques psycho-sociaux : cf. supra.
- 10 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
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sentir ou que le personnel fait face à des insultes, à des actes violents ou à des
agressions physiques de la part des personnes accueillies ou des familles, la
relation d’aide peut devenir difficile à vivre.
L’aspect relationnel dans un établissement social est fortement prédominant
non seulement parce les professionnels interviennent auprès d’enfants et de
familles en difficulté mais aussi parce que l’organisation du travail repose sur
le travail en équipe pluridisciplinaire. Et si l’équipe permet d’échanger pour
une prise de distance nécessaire et d’aborder les situations délicates plus
facilement par l’expertise de chacun, elle peut également être source de fortes
incompréhensions, de conflits voire de dysfonctionnements.
En parallèle, dans certains services du Centre Michelet, ces professionnels sont
confrontés aux difficultés de recrutement, à un fort taux d’absentéisme et à un
turn-over important. Par conséquent, leur charge de travail s’intensifie, le
manque de temps s’accroît, le sentiment de « mal faire » se développe, faisant
alors apparaître une situation de stress ou d’épuisement professionnel.
Le risque incendie
Le risque incendie est présent dans tous les secteurs professionnels. Toutefois,
il est particulièrement important dans un établissement de l’ASE pour plusieurs
raisons. D’une part, les résidantes sont peu sensibilisées à ce risque et ont
tendance à ne pas respecter les règles d’usage de prévention, en oubliant par
exemple d’éteindre les plaques chauffantes ou en branchant de nombreuses
machines électriques sur une même prise. Ensuite, avec l’accueil de
nourrissons et de jeunes enfants, le risque incendie est la crainte numéro un
des professionnels du Centre Michelet. Ils sont donc vigilants sur les mesures
de prévention et sur les procédures à respecter en cas d’incident. Si les
normes incendies sont contraignantes et nécessitent des aménagements
importants pour les établissements, elle permettent de limiter les risques.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 11
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gérer pour eux qu’ils ne sont pas formés à la relation d’aide.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 11
-
La démarche d’évaluation est l’occasion de revaloriser ces personnels en leur
rappelant que tout personnel a la même importance pour la direction.
Direction pour qui l’évaluation des risques professionnels est une obligation
relevant de sa responsabilité.
Introduite pour la première fois en droit français en 1991, l’évaluation des risques
professionnels connaît une nouvelle avancée avec le décret du 7 novembre
2001 portant création d’un Document unique relatif à l’évaluation des risques
pour la santé et la sécurité des travailleurs. Obligation légale renforcée pour
l’employeur (1.2.1), cette responsabilité est portée sur le terrain par le
directeur d’établissement (1.2.2).
- 12 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
Ainsi dès les années 1990, s’inscrivant dans le cadre des principes
généraux de prévention, l’évaluation des risques professionnels constitue une
obligation à la charge de
- 12 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
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l’employeur afin d’engager des actions de prévention. Dix ans après, le décret
n°2001- 1016 du 5 novembre 2001 portant création d’un document relatif à
l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs exige que
l’employeur formalise et mette à jour les résultats de l’évaluation dans un
Document unique.
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-
9
Article R.4121-1 du Code du travail
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 13
-
Actualisation du Document unique
La mise à jour du Document unique doit être réalisée au moins une fois par an,
ainsi que lors de toute décision d’aménagement important modifiant les
conditions de travail, d’hygiène ou de sécurité, ou lorsqu’une information
supplémentaire intéressant l’évaluation d’un risque dans une unité de travail
est recueillie.
- 14 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
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10
Circulaire n°6 DRT du 18 avril 2002 prise pour l’application du décret n°2001-1016
portant création d’un document relatif à l’évaluation des risques pour la santé et la
sécurité des travailleurs, p.2
- 14 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
moyens et les méthodes à mettre en œuvre pour réaliser l’évaluation et
élaborer le Document unique, laissant alors le directeur libre de toute
initiative.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 15
-
l’infraction dans les conditions prévues à l’article L.121-3 du Code pénal
complété des dispositions de la loi n°83-634 portant droits et obligations des
fonctionnaires. Selon les textes, il convient :
- D’apporter la preuve d’une faute, d’une maladresse ou d’une
imprudence, d’une négligence ou d’une inobservation des
règlements ayant un rapport de cause à effet avec le dommage.
- D’établir que la personne poursuivie n’a pas accompli les diligences
normales eu égard à ses compétences, son pouvoir, ses moyens, en
tenant compte en ce qui concerne les fonctionnaires, des difficultés
liées à la mission de service public confiée par la loi.
- En ce qui concerne les personnes physiques, de montrer, en cas de
lien direct entre la faute et le dommage causé, que la faute alléguée
est caractérisée ou que le manquement relevé constitue un
manquement délibéré.
Au civil, depuis la reconnaissance de l’obligation de sécurité de résultat vis-à-
vis de chaque salarié par l’arrêt amiante de la Cour de Cassation du 28 février
2002, la responsabilité du chef d’établissement a été renforcée. Celle-ci peut
être engagée à la suite de tout accident du travail ou maladie professionnelle,
dès lors qu’il apparaît que le chef d’établissement avait conscience ou aurait
dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié et qu’il n’a pas
pris les mesures nécessaires pour l’en préserver, commettant alors une faute
inexcusable.
Dans les deux cas de responsabilité juridique, le juge appréciera les faits au
cas par cas, in concreto, notamment dans l’appréciation des notions de «
diligences normales » et de
« mesures nécessaires ». Dans ce cadre, les manquements du chef
d’établissement en matière d’évaluation des risques professionnels, liés par
exemple à sa retranscription dans un Document unique, à sa qualité, à
l’adéquation des mesures choisies au regard des risques évalués, seront des
éléments propres à établir sa responsabilité civile ou pénale.
- 16 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
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possède un enjeu humain : protéger la santé et la sécurité des agents et
améliorer leurs conditions de travail, un enjeu économique : réduire les coûts
directs et indirects des accidents du travail et des maladies professionnelles,
un enjeu de qualité : assurer de bonnes conditions de travail pour une
meilleure prise en charge des usagers
- 16 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
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et un enjeu de dialogue social : dialoguer autour des risques professionnels,
thème rassembleur pour le directeur d’établissement, le personnel et leurs
représentants.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 17
-
- L’approche organisationnelle : les coopérations, la répartition des
tâches… Cette dernière approche est essentielle car le lien entre
évaluation, conditions d’exposition aux risques et organisation du travail est
aujourd’hui incontestable. La seule
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 17
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approche technique n’est pas suffisante. C’est en combinant ses différentes
compétences que l’évaluation des risques professionnels sera de qualité.
- 18 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
11
Ibid., p.13
- 18 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
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→ Les services de prévention des Caisses régionales d’assurance maladie
(CRAM) : disposant d’un pouvoir d’enquête, ils peuvent être amenés à
apprécier les risques d’un établissement et à conseiller le directeur selon ce
qui a été recensé.
→ L’inspection du travail : doté de compétences techniques, elle peut assister
le directeur dans sa démarche d’évaluation.
→ L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) : contribuant à la
prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, il informe
et assiste les acteurs de terrain dans la réalisation de la démarche.
→ L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT) et
ses agences régionales : elle favorise la mise en œuvre de toute action et
projet contribuant à l’amélioration des conditions de travail.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 19
-
12
La création d’un CHSCT n’est obligatoire que dans les établissements de plus de
50 agents, dans les autres établissements ce sont les représentants du personnel qui
exercent ces missions.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 19
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Ayant pour mission générale de contribuer à la protection de la santé physique
et mentale et de la sécurité des travailleurs, et à l’amélioration des conditions
de travail, les membres du CHSCT :
- Analysent les conditions de travail et les risques professionnels.
- Veillent à l’application des dispositions légales et règlementaires
par des inspections et des enquêtes.
- Contribuent à la promotion de la prévention des risques
professionnels par des actions d’information et de sensibilisation.
- Analysent les circonstances et les causes des accidents du travail
ou des maladies professionnelles ou à caractère professionnel.
De plus, le CHSCT est consulté sur toute décision d’aménagement important
modifiant les conditions d’hygiène, de santé et de sécurité ainsi que sur tout
document se rattachant à sa mission. A ce titre, il est évident que le CHSCT
doit être consulté sur le Document unique, mis à sa disposition par le directeur
d’établissement. Il donne aussi son avis sur le rapport annuel exposant le bilan
de la situation générale en matière d’hygiène, de sécurité et des conditions de
travail et sur le programme annuel de prévention des risques professionnels.
- 20 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
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A partir de l’analyse des risques à laquelle le CHSCT doit procéder dans
l’exercice de sa mission, et de manière générale grâce aux compétences de
ses membres, de leur
- 20 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
connaissance du terrain et des postes de travail, le CHSCT est un acteur
privilégié pour une évaluation des risques efficace.
Les agents sont les premiers concernés par les risques professionnels
auxquels ils sont exposés et donc par leur évaluation. Non seulement, le
Document unique doit être mis à leur disposition, mais comme le mentionne la
circulaire d’application d’avril 2002, les agents « eux-mêmes apportent une
contribution indispensable, sachant qu’ils disposent des connaissances et de
l’expérience de leur propre situation de travail et des risques qu’elle engendre
»13.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 21
-
connaissance des risques et de leur expérience que nul autre acteur dans
l’établissement ne peut posséder, s’avère indispensable.
*****
*****
- 22 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
2 L’évaluation des risques professionnels au Centre Michelet, le
dialogue social au cœur de la démarche
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 23
-
moins de trois ans.
14
Cf. Annexe n°1
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 23
-
Avec quatorze établissements publics à Paris, en région parisienne et en
province, Paris est le seul département à assurer la gestion en régie d’un aussi
grand nombre d’établissements relevant de l’ASE. Confiée à une seule entité
administrative, la gestion de ces établissements se caractérise par un pilotage
administratif fortement centralisé15. Les questions majeures, politique
financière, politique d’achat, programme de travaux, gestion du personnel,
sont décidées et réglées au niveau central. L’ensemble de la gestion ressort
des services centraux (BED, SDAFE, DASES), laissant de faibles marges
d’autonomie aux établissements.
- 24 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
établissements départementaux de l’ASE ce qui
15
INSPECTION GENERALE DE LA VILLE DE PARIS, Audit sur le statut juridique des
établissements départementaux de l’aide sociale à l’enfance, Mairie de Paris, 2007, p.14
16
C’est l’appellation donnée par les acteurs du dispositif des établissements
départementaux parisiens pour qualifier ce CTE central.
- 24 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
représente 1063 agents17. La présence des directeurs d’établissements est
assurée de façon permanente selon un système de représentation 18. C’est en
qualité de collaborateurs de l’administration parisienne, que certains d’entre
eux assistent aux réunions trimestrielles du CTE.
Au sein du CTE central, de l’avis de tous 19, le dialogue social est réduit
au minimum. C’est un lieu où les échanges se limitent à une simple
information des représentants du personnel de la politique décidée au
préalable par l’administration parisienne. Du coté des syndicats, les
représentants du personnel ne se sentent pas reconnus comme de véritables
partenaires sociaux mais davantage comme des freins. Ayant le sentiment de
ne pas être écoutés et que la décision est prise à l’avance, ils qualifient le
dialogue au sein de cette instance de « dialogue de sourds ». De son côté,
l’administration parisienne reconnaît que le CTE n’est pas véritablement utilisé
comme outil de dialogue social. Au lieu d’être un lieu de débat et de
concertation entre l’administration et les organisations syndicales, le CTE est
un lieu où l’administration parisienne laisse les syndicats s’exprimer,
revendiquer et où elle pratique « la langue de bois ». De plus, la question de la
santé au travail est un sujet polémique. Pour exemple, la tenue d’un CTE
santé, demandé depuis plusieurs années par les organisations syndicales, a
été mis en échec deux fois, l’un en décembre 2009 et l’autre en février 2010
pour finalement être mis en place le mois suivant mais sans la présence du
médecin du travail.
17
Chiffre au 31 décembre 2007.
18
Pour assurer la présence des directeurs d’établissement au CTE, un système de
représentation a été mis en place : un directeur titulaire et un directeur suppléant sont
nommés pour chaque catégorie d’établissement parisien que sont les centres
maternels, les foyers de l’enfance et les centres éducatifs et de formation
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 25
-
professionnelle (CEFP). Ce sont ces représentants qui assistent aux réunions du CTE.
19
Dans cette partie, les éléments constatés ont été relevés lors de réunions ou lors
d’entretiens avec les organisations syndicales et l’administration parisienne. Les
expressions entre guillemets sont les propos tenus par les personnes elles-mêmes lors
de ces réunions ou entretiens.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 25
-
Si au sein du CTE central des établissements départementaux, le
dialogue social n’existe pas véritablement, c’est l’inverse au sein du CHSCT du
Centre Michelet. Contrairement à d’autres établissements parisiens et
conformément à la législation, le directeur du Centre Michelet réunit le CHSCT
au moins une fois par trimestre, et plus fréquemment si besoin. En effet, en
2009 le CHSCT a été réuni cinq fois, et en juin 2010 il s’est déjà réuni trois fois.
Dans l’établissement, le CHSCT est un lieu où la direction et les organisations
syndicales échangent et se concertent. Pour les représentants du personnel, si
certains déplorent un manque d’association à la prise de décision, le directeur
du Centre Michelet est ouvert à la discussion et toujours prêt à dialoguer sur
les sujets conflictuels. Du côté de la direction, le CHSCT est perçu comme une
instance essentielle dont l’avis est toujours entendu et pris en compte. Si
parfois il peut y avoir le sentiment de perdre son temps, selon le directeur du
Centre Michelet c’est un lieu où le dialogue social a toute sa place et doit être
favorisé.
20
Propos tenus par les représentants du personnel en CTE.
- 26 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
présenter un document par site, composé d’une partie commune à tous les
établissements et d’une partie spécifique à chacun. Mais face aux contraintes
liées à l’ampleur du travail, ainsi qu’à la difficulté de mener une évaluation
cohérente dans des établissements aux pratiques non harmonisées, les
moyens techniques et humains dont les services de la DASES disposaient ne
suffisaient pas. Et le processus n’a pas abouti.
Après ce premier échec, les organisations syndicales du CTE n’oubliaient pas
d’interpeler l’administration sur la question du Document unique. Courant
2007, il a été demandé à un cabinet extérieur de conduire la démarche.
Malgré l’étude des postes de travail, les tables rondes et les entretiens avec
les agents des établissement, le document rendu par le cabinet n’a pas donné
entière satisfaction ni à la DASES, ni aux directeurs, ni aux organisations
syndicales. Ce deuxième processus s’est donc interrompu en cours de diffusion
dans les établissements, certains ayant un Document unique, d’autres pas.
21
Le cabinet extérieur a réalisé le Document unique de chacun des services de la
DASES.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 27
-
est un établissement qui fonctionne bien, où le climat social est apaisé avec un
dialogue ouvert entre la direction, le personnel et ses représentants.
- Raison liée à la diversité des services éducatifs : le Centre Michelet
accueille différentes catégories de public. Dans les établissements
départementaux parisiens sont pris en charge des enfants, des adolescents,
des jeunes majeurs ainsi que des futures mères et des mères avec leurs
enfants de moins de trois ans. Exceptés les centres éducatifs et de formation
professionnelle (CEFP)22, le Centre Michelet regroupe l’ensemble des structures
de l’ASE : centre maternel, crèche, pouponnière et foyer de l’enfance. Ainsi la
quasi-totalité des professionnels des établissements publics de l’ASE de Paris
sont présents dans l’établissement et de ce fait, les principaux risques
professionnels peuvent être identifiés et évalués.
- 28 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
22
Spécificité parisienne, un CEFP prend en charge des adolescents de quatorze à vingt
et un ans en assurant leur accompagnement éducatif, leur formation professionnelle et
leur insertion sociale.
- 28 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
précédemment effectué soit à minima utilisé. De plus, il était urgent que les
établissements départementaux disposent enfin d’un Document unique
d’évaluation des risques professionnels. Dans ce contexte, la DASES a estimé
plus avantageux en termes d’efficacité, de rapidité et de coût de se limiter à
une adaptation du document fourni par le cabinet. Ainsi, elle a confié au BPRP
et au directeur du Centre Michelet la mission de retravailler le document de
l’établissement-pilote pour présenter, dans un délai de douze mois, un
Document unique adapté aux réalités du terrain et en conformité avec les
principes posés par la circulaire d’application.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 29
-
travail (Cf. infra), le calendrier a pu être tenu par le renforcement de l’équipe
du BPRP et par l’arrivée d’une directrice-stagiaire.
- 30 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
ne satisfaisaient ni la direction
23
Cf. Circulaire n°6 DRT du 18 avril 2002 prise pour l’application du décret n°2001-
1016 portant création d’un document relatif à l’évaluation des risques pour la santé et
la sécurité des travailleurs, p.5
- 30 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
ni le CHSCT du Centre Michelet, c’est la grille de cotation INRS 24 qui a été
choisie. A partir de cette grille, en croisant la gravité et la fréquence, la
criticité du risque est déterminé selon le tableau ci-dessous :
1 2 3 4
Faible Moyenne Fréquente Très fréquente
Fréquence d'exposition
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 31
-
24
Cf. Annexe n°4 : Grille de cotation INRS
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 31
-
de ses observations sur les données contenues dans les grilles d’évaluation et
proposer des modifications. A partir de ces grilles, les échanges ont concerné
tant l’identification et la description des situations dangereuses que la
détermination de la nature du ou des risque(s) associé(s) que le recensement
des moyens de prévention existants et les propositions de moyens de
prévention à mettre en place. Comme il avait été convenu que je prenais en
charge le dossier Document unique, j’ai animé les tables rondes d’évaluation
de la plupart des unités de travail25. Pour ce travail, l’assistance de l’ingénieur
du BPRP a été utilisée pour les unités de travail les plus techniques telles que
la cuisine et l’atelier et vers la fin de la démarche pour tenir les délais. Seules
les deux unités de travail de la cuisine (cuisinier et agent de cuisine) ont fait
l’objet d’une véritable nouvelle évaluation des risques professionnels. En effet,
du fait de la mise en fonctionnement effective de la cuisine pendant la
démarche, passant alors d’une activité de réception et de distribution à une
activité de préparation et de confection de repas, l’évaluation précédemment
réalisée n’était plus du tout d’actualité, de nombreuses situations de travail
n’ayant pas pu être évaluées. Dans ce cas, l’ingénieur est allé sur le terrain et
a échangé avec le personnel concerné pour observer et analyser les situations
de travail tâche par tâche.
- 32 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
Comme l’énonce la circulaire d’application d’avril 2002, dans un souci de
cohérence, de commodité et de traçabilité, les résultats de l’évaluation des
risques sont transcrits dans
25
Sur les quarante-deux unités de travail, j’ai rencontré les groupes de travail de
trente-deux unités de travail.
- 32 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
un Document unique. Si son contenu est laissé à l’appréciation de l’employeur,
il doit néanmoins présenter l’inventaire des risques par unité de travail.
Ainsi, toutes les informations recueillies lors de l’évaluation ont été
rassemblées dans un Document unique. Il se présente sous la forme de fiche
par unité de travail reprenant le modèle de la grille d’évaluation. Par rapport
26
au Document unique remis par le cabinet extérieur , ce nouveau Document
27
unique mentionne les situations dangereuses et les moyens de prévention à
proposer. Ce travail de rassemblement et de rédaction m’a demandé un travail
important. La rigueur dans la clarté et la cohérence des termes utilisés a été
essentielle étant donné que le document final doit servir de base de travail
pour le déploiement des Documents uniques dans les autres établissements
départementaux de l’ASE de Paris.
Le support utilisé pour le Document unique du Centre Michelet est double,
écrit et numérique.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 33
-
26
Cf. Annexe n°3 : Extrait du Document unique remis par le cabinet extérieur
27
Cf. Annexe n°4 : Extrait du Document unique d’évaluation des risques professionnels
du Centre Michelet
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 33
-
2.3. Le choix d’un management participatif éclairé par le dialogue
social
- 34 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
d’équipe et la dynamique de groupe sont de véritables objectifs pour
l’organisation. Plus qu’une simple consultation, le directeur associe
véritablement les agents à la prise de décision, les impliquant à des degrés
divers dans la conduite de projet et dans les activités touchant à la vie de
l’établissement.
Tous les styles de management ont une face positive avec ses
avantages et une face négative avec ses inconvénients. Aucun modèle n’est
meilleur qu’un autre. Le choix du style de management dépend de la
personnalité du directeur, du contexte de l’établissement, des attentes des
agents et du projet mené. Pour l’évaluation des risques professionnels, il
semble que le management participatif soit le modèle à suivre. Comme
mentionné en première partie, associer le personnel à la démarche, c’est
permettre une évaluation efficace. Les agents experts de leurs conditions de
travail apportent une contribution indispensable. De plus, c’est tenter d’éviter
la possible résistance des professionnels au changement. En les impliquant, les
agents ont la possibilité de saisir les tenants et les aboutissants de la
démarche, de se l’approprier et donc d’être rassurés. Le choix d’un
management participatif assure l’efficacité et la pérennité de la démarche
d’évaluation. C’est aussi l’occasion de faire jouer le dialogue social dans
l’établissement.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 35
-
par la mise en place de groupes de travail organisés en tables rondes que
l’ensemble du personnel a été directement associé à la démarche d’évaluation
des risques professionnels.
- 36 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
Cependant, le CHSCT a pointé la faible participation des auxiliaires de
puériculture des services de la crèche et de la pouponnière pour l’unité de
travail « auxiliaire de puériculture de la crèche » et l’unité de travail «
auxiliaire de puériculture de la pouponnière ». La participation de ces agents a
posé quelques difficultés du fait que l’effectif dans les deux services fonctionne
en flux tendu et surtout du fait qu’ils prennent en charge au quotidien des
enfants de quelques jours à trois ans. Contrairement aux autres unités de
travail des services éducatifs, les agents présents ne peuvent se libérer
temporairement de leur activité, les enfants n’étant pas scolarisés et ne
pouvant être laissés seuls. Par conséquent, j’ai organisé les groupes de travail
de manière à ce que la participation du personnel repose sur un échantillon
d’agents représentant le plus réellement possible le fonctionnement des deux
unités de travail. Pour cela, les groupes devaient être composés d’au minimum
cinq auxiliaires de puériculture, une par unité de vie sachant que la crèche et
la pouponnière sont constituées chacune de cinq unités de vie. Si cela a été
possible pour le service de la pouponnière avec cinq agents présents lors de la
réunion, j’ai rencontré seulement trois auxiliaires de puériculture de la crèche.
Ce dysfonctionnement est lié à un défaut de communication de ma part avec
la chef de service et entre la chef de service et les auxiliaires de puériculture.
A cet égard, il y a eu une sensibilisation insuffisante sur les objectifs de la
démarche et sur les modalités d’association du personnel.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 37
-
échanges ont été intéressants et utiles tant pour l’évaluation des risques que
pour les propositions de moyens de prévention à mettre en
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 37
-
place. Acteurs de la démarche, ils ont apporté leur « contribution
29
indispensable » à une évaluation des risques professionnels efficace.
L’implication du personnel a permis de mener une évaluation de qualité
mais elle a aussi été l’occasion de dynamiser le dialogue dans l’établissement,
les agents utilisant la démarche d’évaluation comme un outil d’expression.
Les réunions avec les groupes de travail ont permis de mener le travail
d’évaluation mais pas seulement. Elles ont aussi été l’occasion pour les agents
d’exprimer leurs inquiétudes et leurs difficultés tenant à leur activité
professionnelle même si elles ne relevaient pas uniquement de la question des
risques professionnels. Il faut remarquer que la parole du personnel a été
d’autant plus libre qu’en tant que directrice-stagiaire, je représentais un
intermédiaire intéressant. A la fois représentante de la direction sans être le
directeur de l’établissement, les agents se sont sentis autorisés à formuler
certaines remarques ou observations sur la vie de l’établissement.
Ainsi les échanges ont été riches car révélateurs de dysfonctionnements dans
quelques services dont le directeur n’a pas toujours connaissance. Comme l’a
aussi remarqué la chargée des conditions de travail d’un établissement
30
hospitalier , la constitution de tables rondes permet à la direction de «
prendre le pouls du service ». Offrant la possibilité au directeur de bénéficier
d’informations supplémentaires sur la vie des services mais aussi de rappeler
aux agents leurs devoirs et obligations professionnels, la démarche
d’évaluation est un réel outil de management.
29
Cf. Circulaire n°6 DRT du 18 avril 2002 prise pour l’application du décret n°2001-
- 38 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
1016 portant création d’un document relatif à l’évaluation des risques pour la santé et
la sécurité des travailleurs, p.13
30
Lors d’un entretien, j’ai rencontré la conseillère en risques professionnels d’un
établissement hospitalier ayant déjà mené la démarche d’évaluation des risques
professionnels.
- 38 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
*****
*****
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 39
-
3. Faire de l’évaluation des risques professionnels, un levier
efficace de dialogue social
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 41
-
l’évaluation. Aucun de ses membres n’ayant participé aux rencontres entre la
direction et l’ingénieur du BPRP pour définir le cadre, les objectifs et les
moyens de l’évaluation, le CHSCT a été quasi-absent de la phase de
préparation de la démarche. Quant à la présence de membres du CHSCT
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 41
-
pour l’évaluation au sein des groupes de travail, elle n’a pas été évoquée. En
réalité, la participation du CHSCT s’est limitée aux réunions de l’instance ayant
pour ordre du jour l’élaboration du Document unique. C’est à ces occasions
que les représentants du personnel ont pu faire connaitre leur avis et leurs
observations sur les choix tenant à l’organisation et au déroulement de la
démarche d’évaluation. Grâce au dialogue existant dans cette instance, les
membres du CHSCT ont pu tout de même contribuer au projet, en obtenant
par exemple la mise en place d’une démarche participative d’évaluation des
risques professionnels.
31
Article L.4612-2 du Code du travail
32
Propos tenus par les membres du CHSCT.
33
Propos tenus par les membres du CHSCT.
- 42 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
stratégie revendicative fréquemment adoptée en instance ont constitué des
freins à cette association.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 43
-
rotation des agents dans certains services de l’établissement, le doute quant à
la réelle représentativité des membres du CHSCT est renforcé. Ainsi qu’ils le
déplorent eux-mêmes, les nouveaux agents ne les identifient pas dans leur
fonction et s’adressent peu fréquemment à eux. D’ailleurs, les membres du
CHSCT n’ont pas toujours le temps et l’occasion de se faire connaitre auprès
des agents,
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 43
-
dénonçant par ailleurs la configuration éclatée de l’établissement et surtout la
difficulté de se rendre dans certains services pour rencontrer le personnel et
observer leurs conditions de travail. Les interrogations sur la représentativité
des membres du CHSCT sont problématiques, leur représentativité étant
essentielle pour asseoir leur légitimité en tant que partenaire du dialogue
social.
Enfin, il est fréquent que lors des réunions du CHSCT, ses membres
adoptent une position revendicative. A l’image des organisations syndicales au
plan national, les représentants du personnel ont tendance aussi à se placer
dans une attitude « protestataire […] avec cette idée que s’engager, ce serait
en quelque sorte se compromettre »34. Cependant, si l’utilité de leur fonction
est reconnue tant par la direction que par le personnel, certains agents
regrettent leur approche et leur discours un peu dépassés. Ce positionnement
peut traduire une stratégie de défense notamment sur des sujets que les
membres du CHSCT maîtrisent peu en raison de leur manque d’expertise,
comme pour l’évaluation des risques professionnels. Une autre hypothèse peut
être évoquée, liée au fait que la quasi-totalité des membres du CHSCT travaille
au service de l’accueil. Selon ces agents, c’est un service qui n’est pas
considéré comme faisant partie de l’établissement par les autres personnels et
leur travail n’est pas reconnu. D’après eux, au Centre Michelet, il y a des
agents de « première zone » et de « seconde zone »35 dont ils font partie. Il est
possible que ce sentiment de non appartenance à l’établissement et de
déconsidération participe à la stratégie revendicative adoptée lors des
réunions du CHSCT.
- 44 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
34
CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL, Avis « Consolider le dialogue social », Paris 2006, p.7
35
Propos tenus par les membres du CHSCT.
- 44 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
3.1.2. Repérer les représentants du personnel comme des partenaires de la
direction
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 45
-
aboutissants, ils peuvent aller vers plus de compréhension et de tolérance à
l’égard des décisions prises par la direction. De plus, en inscrivant les
membres du CHSCT dans l’action, le directeur les responsabilise dans leur
fonction de représentant du personnel.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 45
-
Ainsi, la démarche d’évaluation peut constituer une opportunité pour que le
dialogue social au sein du CHSCT passe d’une logique de contestation et de
revendication à une logique de négociation et de compromis, avec des
membres prêts à s’engager dans l’action aux côtés de la direction.
Si ce comité de pilotage n’a pas été mis en place au Centre Michelet lors de
- 46 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
l’évaluation des risques professionnels, actuellement rien n’empêche
d’intégrer progressivement les représentants du personnel à la démarche en
faisant du comité de pilotage un comité de
36
JARDINAUD M., Dialogue social les stratégies alternatives, Directions, 2007, p.24
37
Ibid.
- 46 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
suivi. A charge pour la direction de constituer ce comité en identifiant les
membres le composant, éventuellement en concertation avec le CHSCT. Dans
cette perspective, le comité de suivi du Centre Michelet peut être composé :
- Du directeur ou d’un représentant tel que l’adjoint des cadres
- Des trois membres titulaires du CHSCT
- D’un cadre des quatre services éducatifs de l’établissement
- D’agents volontaires avec, au minimum, un agent par service
désigné comme référent des risques professionnels
- De l’ingénieur du BPRP de la DASES
Se réunissant au moins deux fois par an, ce comité de suivi aurait pour mission
de prendre en charge le suivi et l’évaluation des actions inscrites au plan de
prévention ainsi que l’actualisation annuelle du Document unique.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 47
-
possibles. De plus, pour permettre une meilleure visibilité de cette instance,
des actions d’information sur son rôle, sa composition, son fonctionnement
et
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 47
-
ses missions peuvent être organisées dans l’objectif de faire connaitre le
CHSCT et ses membres auprès de l’ensemble des agents.
- 48 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
routier, le risque de chute, le risque infectieux, sont assez
38
Les définitions sont issues des documents de l’INRS.
- 48 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
faciles à appréhender. Mais d’autres, comme les risques psycho-sociaux,
sont assez complexes, cette notion restant assez floue même pour les
professionnels.
Bien que définis, ces concepts liés aux risques professionnels ne sont
pas toujours faciles à maîtriser. Les termes employés sont spécifiques et
davantage adaptés au secteur industriel, dans lequel ils sont nés, qu’au
secteur social. Il en est de même pour les grilles d’évaluation, les référentiels
et les grilles de cotation proposés par l’INRS et la CRAM. De ce fait, l’évaluation
peut paraître pour certains agents d’un abord difficile et technique. Mais le
personnel en tant qu’acteur de l’évaluation doit manier un minimum ces
concepts. Dans cette perspective, j’ai mené un véritable travail de définition et
d’explication des termes et des notions utilisés voire de simplification lorsque
cela était nécessaire. C’est aussi dans cet objectif d’accessibilité de la
démarche que la direction a choisi de pré-remplir les grilles d’évaluation. Tout
en utilisant le travail précédemment réalisé par le cabinet extérieur, ces grilles
avec des exemples de situations dangereuses et de risques professionnels
servaient de support aux agents. Cependant, même avec l’utilisation de
modèles, il ne faut pas hésiter à prendre le temps d’expliquer, de répéter et de
répondre aux questions ainsi que d’adapter son discours et son vocabulaire au
public concerné.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 49
-
Les difficultés liées à la subjectivité de la perception du risque sont
inévitables lors de l’évaluation des risques professionnels. D’ailleurs, elles ont
été fréquemment rencontrées lors des tables rondes avec les groupes de
travail. Elles ont rendu les agents du Centre Michelet parfois mal à l’aise,
notamment lorsqu’il fallait mesurer la fréquence et la gravité dans le but de
hiérarchiser les risques. L’impact de la subjectivité des agents a été encore
plus fort lorsqu’il s’agissait d’évaluer les risques psycho-sociaux, qui sont
importants dans l’établissement comme dans tout établissement social.
Dépendant essentiellement de facteurs humains, la perception de ces risques
variaient significativement d’un agent à l’autre. Par conséquent, leur
évaluation résulte davantage d’une moyenne « intuitive » des évaluations
faites par les agents que d’une évaluation précise et fine.
- 50 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
d’anticipation dans la planification de la démarche n’a pas permis de proposer
des actions de formation et de les faire figurer au plan de formation. Dans
l’hypothèse contraire, pour bénéficier d’un enseignement adapté, il aurait été
possible de faire appel à un intervenant extérieur, expert de l’évaluation des
risques professionnels.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 51
-
être demandé de réaliser la cotation et la hiérarchisation des risques à la place
du personnel ou de revoir ce travail réalisé par les agents pour le pondérer si
besoin. De ce fait, le comité de pilotage peut essayer de réduire la subjectivité
de l’évaluation en prenant le recul nécessaire et en tenant compte du contexte
de l’établissement, des services et des situations de travail, dont le CHSCT en
tant qu’acteur de proximité connait plutôt bien.
- 52 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
3.3. Initier un management de la santé et de la sécurité à partir de la
démarche d’évaluation des risques professionnels
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 53
-
Adaptée à la démarche menée au Centre Michelet, les différentes
étapes se présentent de la manière suivante :
Plan (Planifier)
Cette étape représente l’engagement de la direction dans le projet. Il s’agit
pour le directeur d’établir un programme définissant les objectifs à atteindre et
les moyens à mettre en place. A ce stade, les rôles du directeur du Centre
Michelet et de l’ingénieur du BPRP ont été essentiels39. Dans l’hypothèse où
un comité de pilotage est crée, il participe activement à cette étape de
planification de la démarche.
Do (Faire)
Il s’agit de mettre en œuvre la démarche d’évaluation qui comprend plusieurs
étapes : l’évaluation des risques, l’élaboration d’un plan de prévention et la
mise en œuvre des actions inscrites dans le plan. Le Centre Michelet a réalisé
son évaluation et a amorcé l’élaboration d’un plan de prévention sur trois
ans.40
Les phases suivantes doivent être développées au Centre Michelet. En effet,
l’évaluation et la pérennité du projet sont la clé de la réussite de la démarche.
Check (vérifier)
Il s’agit de vérifier que les actions réalisées sont conformes aux objectifs
définis et d’évaluer les résultats et les progrès. Par le présent mémoire, il est
possible de considérer que cette évaluation est en cours, notamment au
regard de la méthode choisie et de la façon dont le projet a été conduit. Par la
suite, il faudra aussi évaluer la réalisation des actions de prévention des
risques professionnels en vérifiant leur mise en œuvre conformément au
calendrier établi et en mesurant leur impact.
Act (Réagir)
Cette dernière étape consiste à fixer de nouveaux objectifs et à planifier de
nouvelles actions à mettre en œuvre pour améliorer constamment la
démarche de prévention des risques professionnels. C’est dans le cadre de
cette étape que s’inscrit la mise à jour annuelle du Document unique.
- 54 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
39
Cf. 2.2.1.
40
Cf. 2.2.2.
- 54 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
Des pistes d’action peuvent être proposées :
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 55
-
Préparer l’actualisation du Document unique
Pour répondre à l’obligation réglementaire de mettre à jour annuellement le
Document unique, il est important de réfléchir aux modalités d’actualisation. A
partir de la littérature et des expériences déjà menées, il est envisageable de
confier cette mission au comité
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 55
-
de suivi. Au moins une fois par an, il examinerait le Document unique N-1 pour
réviser les situations dangereuses et les risques correspondants, transcrire les
modifications éventuelles intervenues au cours de l’année et fixer de nouvelles
actions de prévention. Le comité de suivi pourrait s’appuyer sur les agents
référents présents dans le comité qui, au préalable, auront réalisés un point
sur l’actualité des risques professionnels dans leur service avec l’aide de leur
cadre si besoin.
- 56 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
d’évènement et du dispositif de demande de la protection fonctionnelle en
cas d’agression. Pour aller encore plus loin, tout en répondant à la
réglementation41, il est indispensable de mettre à disposition des agents,
dans chaque service, le registre d’hygiène et de sécurité sur lequel le
personnel peut émettre toute observation ou suggestion relative à la
prévention des risques professionnels et à l’amélioration des conditions
de travail.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 57
-
doit se concentrer sur cet aspect : sensibiliser les chefs de service.
41
Article 43 du Décret n°85-603 du 10 juin 1985 relatif à l'hygiène et à la sécurité du
travail ainsi qu'à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique
territoriale.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 57
-
B) Valoriser la politique de promotion de la santé et de la sécurité vers l’extérieur
Des instances
S’inscrivant dans le dispositif ASE du Département de Paris, la communication
du Centre Michelet sur sa politique de promotion de la santé et de la sécurité
doit se faire au CHSCT de l’établissement et au CTE central des établissements
départementaux. C’est l’occasion pour le directeur d’affirmer son engagement
en faveur de l’amélioration des conditions de travail des agents de son
établissement et donc d’améliorer le dialogue social dans ces instances.
- 58 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
une préoccupation. Dans cet objectif, le Centre Michelet pourrait faire figurer
sur les annonces d’emploi une mention concernant le Document unique
d’évaluation des risques professionnels et évoquer ce point lors
des entretiens de recrutement.
- 58 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
-
Conclusion
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 59
-
Bibliographie
OUVRAGES GENERAUX
- BIETRY F., 2007, Les partenaires sociaux : quelle stratégie syndicale pour quel
dialogue social ?, Paris : ESM management et santé, 365 p.
- CHAUCHARD J-L, 2004, Réussir le dialogue social : une approche pour tous les
acteurs, Paris : Editions d’organisation, Livres Outils, 127 p.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 61
-
- LABBE D., LANDIER H., 1999, Les relations sociales dans l’entreprise, Paris :
Liaisons, 275 p.
- BERTET M., Juillet-août 2002, « Le document unique doit être avant tout
utile à l’entreprise », Travail et changement, n°40, pp. 13-55
- 62 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique -2010
-
sociales, n°15024, cahier n°2, 40 p.
- 62 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique -2010
-
- « Le CHSCT », juin 2006, Liaisons sociales, 88 p.
RAPPORTS ET ETUDES
- DARES, Janvier 2008, La prévention des risques professionnels vue par les
salariés, Premières Informations Synthèses, n°05-1, 8 p.
- INRS, 2005, Le point sur l’évaluation des risques professionnels, Paris : INRS,
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MEMOIRES EHESP
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 63
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- DAUTEL A-C, Améliorer la santé et la sécurité du personnel au CHU d’Avignon :
l’élaboration du document unique, plus qu’une obligation légale, une opportunité
managériale, Mémoire professionnel EDH : ENSP, 2004, 102 p.
- VOILIN L-A, L’évaluation des risques professionnels, clef de voûte d’une politique
globale de gestion des risques, L’exemple de l’élaboration du Document unique à
la Maison départementale de l’enfance et de la famille de Haute-Savoie, Mémoire
professionnel DESSMS : EHESP, 2008, 91 p.
- Code du travail
- Code pénal
- 64 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique -2010
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à la santé et à la sécurité au travail, Journal officiel, n°5 du 7 janvier
1992, 319- 327.
SITES INTERNET
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 - 65
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- GIANNOLI A. Surféco21-Cours économie-Droit-Gestion.[visité le 4
septembre 2010], disponible sur Internet : [Link]
- 66 Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique -2010
-
Liste des annexes
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 I
ANNEXE 1 ORGANIGRAMME DE LA DASES
II Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
ANNEXE 2 GRILLE DE COTATION INRS
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 III
ANNEXE 3 EXTRAIT DU DOCUMENT UNIQUE REMIS PAR LE CABINET EXTERIEUR
Risques communs
Accueil
Puéricultrice pouponnière
Auxiliaire puéricultrice pouponnière nuit
Auxiliaire puéricultrice pouponnière
Auxiliaire puéricultrice crèche
Lingère
Agent cuisine crèche
Entretien office pouponnière
Educatrice pouponnière
Educatrice crèche
Pédiatre
Encadrement
Service entretien
Cuisine
Educateur spécialisé CM
Educatrice JE CM
Service administratif
Agent d'entretien foyer
Educateur foyer
AS CM
IV Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
UNITE DE TRAVAIL : Educateur spécialisé centre maternel
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 V
Risque lié à l'utilisation de eau de javel,
produits d'entretien 1 3 Technique : mode d'emploi sur les 3 absence de fiche
bidons de données de
sécurité
Risque lié au travail sur
1 1 Technique : peu de travail sur 1
micro- ordinateur (dont
ordinateur
TMS)
Risque lié aux ambiances pas de réglage des
climatiques (chaud) 3 2 6 radiateurs, facade sud
ouest chaude en été
Risque lié à la charge
pas de formation.
mentale
manque de confiance
dans groupe supervision
assiste à des faits de
3 3 Organisation : groupe de supervision, 9
violence sur les
polyvalence des activités
enfants pas de
réflexion systématique
sur les phénomènes de
crise
Risque lié à l'aménagement Organisation : ne sont pas tous partage des postes pour
du poste de travail 3 1 3
présents en même temps plusieurs fonctions
Risque lié à un travail
isolé (week-end et nuit) 2 4 8
Technique : téléphone fixe
Risque lié à des horaires
4 3 Technique : zone de repos 12 rythme biologique
exceptionnels
déréglé
Risque infectieux (maladie Technique : demande certificat de non
infantile, virales) 2 4 8
contagion
VI Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
ANNEXE 4 EXTRAIT DU DOCUMENT UNIQUE DU CENTRE MICHELET
RISQUES COMMUNS
SERVICE ADMINISTRATIF
Directeur
Adjoint des cadres
Adjoint administratif économat
Adjoint administratif personnel
Adjoint administratif régie
Adjoint administratif secrétariat pouponnière
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 VII
SERVICES EDUCATIFS
VIII Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
SERVICES GENERAUX
LINGERIE Lingère
Magasinier produits
MAGASIN D'ALIMENTATION
alimentaires
MAGASIN PRODUITS D'ENTRETIEN Magasinier produits
d'entretien
Agent d'entretien qualifié
ENTRETIEN locaux
Agent d'entretien qualifié
office
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 IX
UNITE DE TRAVAIL : EQUIPE EDUCATIVE DE JOUR CENTRE MATERNEL
Effectif : 8
COTATION CRITICIT
CRITICITE
MOYENS DE MOYENS DE E DU
SITUATIONS DU
RISQUES POTENTIELS Fréquence Gravité PREVENTION EN PREVENTION RISQUE COMMENTAIRES
DANGEREUSES RISQUE
(1 à 4) (1 à 4) PLACE A PROPOSER RESIDU
PRIORITE
EL
1-2-3
Risques psycho-sociaux Organisation : Organisation : Formation sur
Réunions Mise en les risques
d'équipe, place psycho-
synthèses, d'analyse sociaux
Accompagnement de contrat de séjour, des proposée par la
4 2 2 2
situations complexes, projet de service, pratiques. ville
stress travail avec les
partenaires
extérieurs
(ADEMIE, unités
de soins, cellule
psy…).
Travail en
doublon.
Risque de tension Organisation : Organisation :
relationnelle, Reprise de la Mise en
d'irrespect, situation par place
d'agression verbale l'équipe, avec la d'analyse
chef de service des
puis avec le pratiques.
Contact avec les 4 2 2 directeur si Réactivation 2
résidantes besoin. du conseil de
Application du la vie
règlement de sociale.
fonctionnement. Mise en
Orientation vers place d'un
la cellule protocole
psychologique interne
d'urgence de la d'interventio
ville. n.
Risque Organisation : Organisation :
X Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
d'agression Reprise de la Mise en
physique. situation par la place d'un
chef de service et protocole
2 4 2 par le directeur. interne 2
Application du d'interventio
règlement de n.
fonctionnement
et selon les cas
après
X Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
évaluation de la
situation,
exclusion de la
résidante.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 XI
visites.
Actualisation du
règlement de
fonctionnement.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 XI
Risque Organisation :
d'agression Intervention de
physique la chef de
service et du
directeur.
Contact avec personne Application du
extérieure (visites 2 4 2 règlement de 2
pour les résidantes …) fonctionnement
avec possibilité
d'interdiction
temporaire ou
définitive des
visites. Appel aux
services
de police.
Depôt de plainte
par l'agent et
proposition
d'accompagnemen
t par un cadre de
l'établissement.
Information à
l'agent sur la
possibilité de
bénéficier de la
protection
fonctionnelle.
Orientation vers
la cellule
psychologique
d'urgence de la
ville.
Risque de tension Organisation : Travail de
relationnelle ou Régulation régulation
d'agression (verbale d'équipe. Reprise régulier.
ou physique) en de la situation par
interne la chef de service
Contact entre agents 2 2 2 et si nécessaire 3
par le directeur. Si
agression
physique
XII Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
application de la
procédure
disciplinaire.
XII Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010
Risque lié aux Organisation :
dysfonctionnements Régulation
d'équipe d'équipe.
Réunions
d'équipe.
Contact entre agents 4 2 2 2
Référentiel de
projet de service
et fiche de poste.
Reprise de la
situation par la
chef de service et
si nécessaire par
le
directeur.
Risque de fatigue lié Organisation : Organisation : Risque
aux arythmies Planning Respect du concernant
d'horaires prévisionnel. planning l'ensemble de
prévisionnel. l'équipe
Application éducative,
Horaires décalées 4 2 2 2
du décret chacun
2007 relatif travaillant selon
à le planning jour
l'organisatio et nuit.
n
du temps de
travail.
Risque lié à Technique :
Espaces de travail l'aménagement de Réfléchir à
4 2 2 2
partagés par plusieurs l'espace bureau une
professionnels réorganisatio
n
de l'espace .
Risque lié aux Technique :
ambiances climatiques Pose de
Absence de thermostat
thermostats.
sur les radiateurs : pas 2 1 3 3
Changement
de réglage de la
des joins de
température
fenêtre.
Nuisances sonores : Risque lié au bruit Technique :
bureaux à proximité du Pose de
moteur de l'extracteur, piège à sons.
3 1 3 3
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 XIII
ambiance bruyante dans
les
locaux de l'aquarelle, de
la nurserie et du self
Risque de chute Technique : Sols
Déplacements dans les souples et nez
4 2 2 3
locaux de marches.
Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010 XIII
Risque de chute ou Organisation :
heurt d'un tiers lié aux Souscription d'une
déplacements assurance
Déplacements
professionnels responsabilité
professionnels
3 3 1 civile par le 3
extérieurs à pied ou en
département pour
transport en commun
ses agents.
Respect des règles
de circulation
usuelles.
Risque routier lié aux Technique :
déplacements Révision des
professionnels avec un véhicules de
véhicule l'établissement
Information,
Conduite d'un véhicule
2 4 2 formation : 3
pour déplacement
Vérification de la
professionnel
possession et de
la validité du
permis de
conduire
des
agents.
XIV Marion NAUDON - Mémoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique - 2010