SYNTHESE : Liens entre croissance démographique et croissance économique en Afrique, en
Europe et en chine.
L’Afrique a le taux de croissance démographique le plus rapide de tous les continents : 2,6% en croissance
annuelle de 1975 à 2009 contre 1,7% pour l’Asie. Du fait des fortes fécondités avec 40% des moins de 15 ans, la
croissance démographique restera élevée et la pyramide des âges demeurera jeune pendant une grande partie
de ce siècle. Si la part de la population rurale majoritairement 61% en 2007 est en décroissance dans le monde,
l’Afrique est le seul continent qui verra les effectifs de sa population rurale progresser de 592 millions en2007 à
794 millions en 2050. Cette expansion rurale a des conséquences sur le développement de ce continent. Une
étude récente montre que l’écart entre le taux de croissance annuel du PIB par tête en moins s’explique par des
facteurs démographiques représentant les ¾ de l’écart global. Mais d’autres facteurs interviennent comme les
différences entre taux de scolarisation, le caractère plus ou moins inégalitaire de la distribution des revenus, les
facteurs liés à l’orientation de l’activité économique. En Afrique subsaharienne, la croissance démographique a
joué un rôle négatif sur l’économie par l’augmentation du taux de dépendance passé de 85 à plus de 90
personnes à charge pour 100 personnes actives de 1960 à 1990, ainsi que pour le maintien à leur niveau élevé,
ce qui a conduit à une croissance plus faible du revenu par tête que du revenu par actif. Les autres pays
d’Afrique en développement ont par contre vu leur taux de dépendance baisser rapidement depuis 1970 grâce à
la baisse de fécondité. La baisse du taux de dépendance constitue l’effet principal indirect par lequel le
ralentissement de la croissance démographique intervient pour stimuler la croissance économique. Car le
maintien du taux de dépendance à des niveaux élevés tend à décourager les efforts des pays dans la formation
du capital humain. Diverses synthèses microéconomiques ont également mis en évidence l’impact négatif,
direct et indirect de la croissance démographique sur le développement économique dans le domaine du capital
humain, de l’emploi, et de création d’opportunités économiques pour les femmes et les jeunes. L’Afrique au
nord du Sahara hormis la Lybie du fait de la densité forte de la population et de la santé a pu développer depuis
longtemps son activité économique. Ce qui n’ai pas le cas de l’Afrique subsaharienne qui un taux élevé de
mortalité par manque de soins sanitaires compétents. Les pays du Maghreb ont pu maitriser leur croissance
démographique mais celle-ci reste malgré cela élevée. En Tunisie le changement démographique a entrainé une
politique
La population européenne quant à elle, est appelée à vieillir au cours du prochain demi-siècle. La
France en effet semble devoir échapper à la seconde transition démographique qui marque depuis
15 ans plusieurs de ses grands voisins comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne dont le niveau de
fécondité demeure très en deca du seuil de renouvellement des générations. Après avoir stagnée
autour de 40 millions d’habitants, la population française connait depuis 50 ans une forte croissance
du fait de l’excèdent des naissances sur les décès de 40% et de l’excédent des immigrations sur les
émigrations. En conséquence, en France et en Allemagne compte tenu de leurs réformes engagées,
la part des dépenses publiques de retraites dans le PIB augmentera peu en France de 0,5 point entre
2010 et 2060 et beaucoup en Allemagne de 2,6 points. Les conséquences démographiques sur le
marché du travail seront soumises à différentes contraintes. Selon les projections de la commission
européenne, le taux d’activité allemand aurait augmenté de 1,7 point entre 2010 et 2020 tandis que
le taux français augmenterait de 2,7 points. A l’horizon 2060, le taux d’activité français augmenterait
deux fois plus que l’Allemagne 4,2 points contre 2,2. Mais le taux français serait encore inférieur à
celui de l’Allemagne74,7 contre 78,9. Si bien que la France disposerait d’une réserve de hausse. La
conséquence de cette divergence démographique entre les deux pays est lourde en terme de
croissance potentielle à moyen long terme. Toujours selon les projections de la commission
européenne, la croissance potentielle française sera à long terme le double de la croissance
potentielle allemande +1,7% par an d’ici à 2060 contre +0,8. Mais elle creusera ensuite rapidement
1,9 en France en 2020 contre 1, en Allemagne. Il en résultera que comme pour la population, la
hiérarchie du PIB français et allemand devrait s’inverser aux alentours de 2040.
Bien que la démographie n’est pas l’unique moteur de la croissance des puissances asiatiques, elle a
joué un rôle majeur au moment des décollages de leurs économies. Le succès de l’économie chinoise
en particulier repose sur leur transition démographique pour rattraper les puissances qui avaient plus
d’un siècle d’avance sur elles. La démographie a joué un rôle très important dans le passé, le relai
peut être pris notamment par les gains de productivités comme en Europe. C’est tout l’enjeu de
nouvelles réformes en chine ou on retrouve des régimes fondés sur les familles qui ont pu contrôler
leur transition démographique donc pu mobiliser la force de travail des jeunes et profiter du bonus
démographique. Cela explique que la chine a franchi les 10% de sa transition démographique
cependant elle fait les frais d’un vieillissement accéléré de la population dû à un contrôle trop strict
des natalités. Le problème de l’autosuffisance alimentaire, conséquence directe de la pression
démographique, nous semble être d’une certaine importance pour la politique extérieure de la
chine. De la façon un pays non développé comme la chine résoud son problème alimentaire dépend
très largement de son image sur la scène internationale. Selon les chiffres publiés par le
gouvernement chinois avant le grand bond en avant, la production céréalière serait passée entre
1952-1957 passé de 154,4 à 185,0 millions de tonnes. D’autre part, et dans un sens différent, même
si la chine est parvenue à préserver le rapport population-production céréalière, l’objectif demeure
néanmoins de l’améliorer. La chine en somme, a donc su créer notamment durant la période du
grand bond en avant, l’image d’un pays ayant surmonté la contradiction existant entre
l’accroissement rapide de la population et l’amélioration des rations alimentaires. Une question qui
nous rapproche de l’optimum de puissance concerne l’impact de la situation démographique sur le
développement des secteurs économiques qui sont les plus significatifs du point de vue de la
puissance stratégico-diplomatique. Cette question décomposée elle-même en deux : jusqu’à quel
point la pression démographique contraint-elle les autorités économiques à détourner certains
investissements du secteur industriel vers le secteur agricole des productions vivrières ? Et dans
quelle mesure la structure démographique du pays l’oblige-t-elle à investir une partie des ressources
en capital dans des secteurs non immédiatement productifs ? Par elles même les atermoiements des
certaines politiques économiques apportent un début de réponse aux questions que nous nous
posions. Dans un premier temps, celui du premier plan quinquennal, les investissements ont été
massivement affectés au secteur industriel, en particulier à l’industrie lourde. La production agricole
ayant augmenté de 4,5% l’an contre 18% pour la production industrielle obligeant la chine à rétablir
un meilleur équilibre entre les investissements dans l’agriculture et dans l’industrie. Il semble que la
pression démographique, par les contraintes alimentaires qu’elle posait n’a pas permis aux autorités
économiques chinoises d’affecter aux secteurs industriels toutes les ressources en capital qu’elles
auraient souhaité. Par ailleurs l’autre aspect de notre question est tout le problème des
investissements démographiques. Parmi eux, les investissements exigés par les besoins
d’enseignement des jeunes sont si importants qu’en fait nous réduirons ce sujet à la question de
savoir les limites que la pression démographique impose à la puissance actuelle du pays du fait des
investissements qu’elle oblige à affecter à l’enseignement. L’évolution de la politique chinoise
souligne à quel point la contradiction demeure grande entre une population qui augmente
rapidement et une économie qui malgré ses progrès reste encore sous développée. Ne pouvant
suivre le rythme de l’accroissement démographique, les autorités, qui pendant le premier plan
quinquennal avaient tenté de scolariser le maximum d’enfants ont dû limiter l’accès au secondaire.
De cette idée fut mis un système mi- étude mi- travail renvoyant avec insistance les étudiants à la
campagne. Dans le même temps les autorités se donnait les moyens nécessaires au développement
d’une industrie moderne et d’une force militaire non négligeable.