Guide 3r Aout 2011
Guide 3r Aout 2011
Edito
Les Communautés de communes de Bourganeuf-Royère de Vassivière, de
la CIATE Creuse Thaurion Gartempe, d’Aubusson-Felletin et du Haut Pays
Marchois ont choisi depuis 2004 de se fédérer autour d’un projet
commun : le Pays Sud Creusois.
Regroupant 79 communes et près de 30 000 habitants, le Pays mobilise
depuis plusieurs années l’ensemble des acteurs de son territoire pour
mettre en œuvre une ambitieuse politique de développement.
Dès sa création, le Pays Sud Creusois a clairement affiché dans sa Charte
de développement durable la connaissance et la valorisation de ses
patrimoines comme l’axe principal de sa stratégie de développement.
Aussi la préservation du patrimoine bâti traditionnel représente-t-elle un
enjeu majeur de l’évolution du Pays Sud Creusois ; le granite très tôt
exploité par l’homme a conditionné sur nos terres l’art de bâtir.
L’héritage des Bâtisseurs creusois est partout ; ces hommes ont façonné
notre précieux cadre de vie, nous léguant un patrimoine bâti de très haute
qualité.
Nous avons une responsabilité face à ce patrimoine, c’est pourquoi j’ai
souhaité que soient apportées dans ce guide des recommandations
pratiques aux propriétaires pour la restauration, la réhabilitation et la
rénovation de leurs biens.
Connaître et s’inspirer des techniques éprouvées de nos anciens en les
adaptant à nos besoins modernes, voilà toute l’ambition de ce guide.
Je vous souhaite une bonne lecture et une belle réalisation de vos projets.
Renée NICOUX
Sénateur – Maire de Felletin
Présidente du Pays Sud Creusois
1
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
2
S O M M A I R E
1 - LES PAYSAGES
7 - LES ENDUITS
8 - LES OUVERTURES
9 - LES MENUISERIES
10 - LES COUVERTURES
12 - L’INTÉRIEUR DE LA MAISON
13 - LES ABORDS
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Les paysages
Le Pays Sud Creusois couvre la quasi-totalité de la moitié sud du département.
Limitrophe à l’est du Puy-de-Dôme, à l’ouest de la Haute-Vienne, il cède la place,
au sud, au Parc Naturel Régional de Millevaches en Limousin avec lequel il se
superpose partiellement.
A:E6NHHJ98G:JHD>H
AZEVnhHjY8gZjhd^h Communauté de communes
ZcA^bdjh^c Bourganeuf - Royère de Vassivière
Communauté de communes
CREUSE
Guéret
CIA
ATE Creuse Thaurion Gartempe
HAUTE-VIENNE
Communauté de communes Aubusson-Felletin
Ahun
Ah
hun
Limoges
Brive-la-Gaillarde
Aubuss
Au
ub
b ssson
s n
so
Bou
ou
urgan
g n
neu
e
euf
uf
C q
Crocq
0 10 20
Kilom ètres
Réalisation: SMPSC - Janv 2009
Source: IGN
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
1
MODE D’OCCUPATION DU SOL
L’occupation humaine dépend du milieu et de ses caractéristiques. L’implantation
du bâti est liée tant à une unité géographique, aux particularités du sol et du climat,
à la topographie… qu’à l’économie humaine qui s’y développe, elle-même
contrainte par cet environnement.
On parle de paysage produit : il est la résultante de l’action des sociétés humaines,
du monde vivant animal, végétal et de ses caractéristiques topographiques,
géologiques, etc.
Un habitat dispersé
Le territoire est caractérisé par la grande dispersion du bâti en unités, allant d’à
peine quelques maisons à plusieurs centaines. En effet, où l’eau est prégnante,
l’habitat est souvent dispersé. C’est le cas en Pays Sud Creusois. Une eau rare aurait
au contraire favorisé un habitat groupé autour des points d’eau.
L’habitat n’en est pas pour autant désorganisé. Bien au contraire, le réseau de villages
demeure en relation avec le bourg. De l’ensemble, relié par un chevelu dense de
chemins, se dégage un sentiment d’unité, et une insertion dans le paysage tout à
fait exemplaire.
Les bourgs
Centre religieux, commercial, et
administratif, il s’organise principa-
lement autour du château, de
l’église, à l’intersection de voies
antiques de circulation.
Lieu d’instruction, de commerce,
de distraction, il fait figure d’auto-
rité sur les villages.
L’habitat y est davantage resserré,
compact, et autocentré.
Généralement les maisons y sont
plus hautes que dans les villages, et
mitoyennes de leur voisine. Bourg de Felletin
Les villages
Rassemblement de maisons, dispersées ou au contraire regroupées, le village se
situe toujours à proximité des terres labourables et des prairies. Il s’implante le long
d’un cours d’eau ou tout au moins d’une source, condition nécessaire à son fonc-
tionnement et à sa survie.
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Village de St Alpinien
Quincaillerie – serrurerie :
Véritable cellule
Les éléments rurale économique,
de ferrage il comprend
et la quincaillerie un ensemble
des fermetures d’individus
étaient souvent vivant
façonnés
du même terroir. Les pratiques communautaires et d’entraide y sont
par le maréchal ferrant. Leurs dessins étaient classiques et surtout simples. essentielles,
confortant
Les éléments le sentiment d’appartenance
de serrurerie au groupe.
anciens, si l’état le permet doivent être récupérés, res-
Ils sont disséminés sur l’ensemble du territoire
taurés et réemployés sur les ouvrages neufs. A défaut, et de taille très variable.
on choisira une quincaillerie
du commerce la plus classique possible en rejetant le type « rustique ».
Les fermes isolées
IlQuelle
s’agit d’exploitations
protectionagricoles
contreàles l’écart du village, entourées de leurs propres
intempéries
terres.
(peintures naturelles – couleur)
Traditionnellement les menuiseries anciennes étaient peintes. Les ferronneries
étaient
Le peintes de la même couleur. On recherchera toujours une teinte qui s’adap-
terroir
C’est
tera aul’ensemble desla terres
mieux avec exploi-
couleur des
tées par les habitants d’un village.
Constitué progressivement, il corres-
pond à des espaces cédés par un
maître ou conquis par défrichement.
Les modes d’occupation du sol qui reposaient sur la connaissance et un lien quoti-
dien étroit avec la nature ne sont plus respectés aujourd’hui. Souvent, l’implantation
des bâtiments n’obéit plus aux règles de bon sens qui avaient prévalu des siècles
durant.
Aujourd’hui, l’anarchie du mode d’occupation du territoire s’accompagne de la
banalisation de nos paysages. L’harmonie avec notre environnement a été rompue.
L’homme doit rétablir ce lien, gage de la qualité de notre cadre de vie.
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
L’architecture rurale
traditionnelle 2
L’architecture rurale traditionnelle constitue l’essentiel des bâtiments du Pays Sud
Creusois.
Caractérisée par sa simplicité et sa sobriété, elle est régie par des règles de bon sens,
fruit de l’usage et de l’habitude des Bâtisseurs. Elle entretient un lien extrêmement
étroit avec la nature : les matériaux sont pris sur le lieu même de la construction,
ou à proximité immédiate. On la qualifie de vernaculaire*.
ASPECTS FONDAMENTAUX
L’évolution de l’architecture rurale traditionnelle, long processus de transformation
et d’adjonctions successives, restera très lente jusqu’au début du XXème siècle.
L’emploi de mêmes matériaux et de mêmes savoir-faire s’est maintenu des siècles
durant, lui conférant une grande homogénéité.
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
*Empirique : qui se fonde sur l’expérience et l’observation, et ne procède d’aucun système à priori.
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
TYPOLOGIE DE L’HABITAT
Un modèle évolutif
La maison basse monocellulaire constituée d’une pièce unique regroupant l’ensem-
ble des fonctions symbolise l’archétype de la maison limousine. Il s’agit d’une
maison élémentaire, sans étage, couverte en chaume, au sol de terre battue, et
bénéficiant de très peu d’ouverture.
Ce modèle de moins en moins visible sur le territoire a ensuite évolué vers la maison
basse pluricellulaire, composée de plusieurs pièces et parfois de dépendances, le
logis y est séparé de l’étable.
La première évolution a séparé les fonctions de l’habitat de celle de l’activité
économique, jusqu’à les dissocier complètement. Le modèle de la maison à
éléments multiples est constitué de plusieurs bâtiments chacun ayant sa fonction
propre.
Entre temps la maison avait été surélevée permettant de multiplier les espaces et
leurs destinations.
Etapes de l’évolution
❶ de l’habitat
❸
➋
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
La maison à auvent
Seuls quelques modèles
Quincaillerie épars sont
– serrurerie :
visibles
Les éléments de ferrage et laPays
sur le territoire du Sud
quincail-
Creusois. Cette typologie
lerie des fermetures est davan-
étaient souvent fa-
tage représentative du Nord
çonnés par le maréchal ferrant. du dépar-
Leurs
tement.
dessins étaient classiques et surtout
L’étage
simples.est desservi par un escalier
extérieur,
Les élémentsabrité
de par un débordement
serrurerie anciens, si
du toit formant ainsi
l’état le permet doiventunêtre
auvent.
récupérés,
restaurés et réemployés sur les ouvrages neufs. A défaut, on choisira une quincail-
La
leriemaison de retour
du commerce la plusde migrant
classique possible en rejetant le type « rustique ».
Cette typologie est née des mouvements de maçons migrants vers les grandes villes
de France.protection
Quelle De retour au pays, ils mettaient
contre un point d’honneur à édifier des maisons
les intempéries
d’habitation qui s’apparentent à des maisons de maître.
(peintures naturelles – couleur)
⎙ Pour aller plus loin
Traditionnellement les: menuiseries
consultez la fiche annexeétaient
anciennes « Les Maçons de la
peintes. LesCreuse »
ferronneries
(disponible sur le site internet du Pays Sud Creusois : www.payssudcreusois.fr)
étaient peintes de la même couleur. On recherchera toujours une teinte qui s’adap-
La maison de bourg
Localisée dans le bourg, il s’agit d’une maison
d’habitation, alignée sur rue proposant
quelques fois un jardin ou une cour à l’ar-
rière. Cette typologie en bande, constituée
d’un ou deux étages sur rez-de-chaussée pré-
sente une façade très ouvragée. Enduite ou
en pierres appareillées, les ouvertures y sont
alignées, et le rez-de-chaussée est bien sou-
vent occupé par des commerces.
Maison de bourg – Crocq
*Travée : partie comprise entre deux points d’appui ; division verticale d’une façade.
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
La maison de maître
Retranchée derrière un mur d’enceinte,
située au milieu d’un parc, cette maison
bourgeoise fait souvent preuve de monu-
mentalité. De plan rectangulaire parfois
carré, sa toiture présente souvent quatre
pans. Ces maisons constituent une réelle
différenciation sociale visible dans leur
architecture et leurs détails raffinés.
Maison de maître
Les différentes typologies de granges
Dans un premier temps accolée à la maison d’habitation, elle s’en est ensuite
dissociée afin de constituer un corps de bâtiment isolé.
Deux grandes typologies dominent le Pays Sud Creusois : la grange limousine et la
grange auvergnate.
La grange limousine
Présente sur l’ensemble du territoire, elle constitue un modèle adopté partout en
France. De plan rectangulaire, elle se présente de plain pied. Elle est divisée au rez-
de-chaussée en trois parties : la partie centrale en terre battue par laquelle s’effectue
l’accès et, de part et d’autre, les étables. Ces dernières sont surmontées d’aires de
stockage appelées barges où s’accumule le foin. Au centre l’aire à battre, libre
jusqu’au toit, permet la distribution des fourrages, ainsi que la remise des ustensiles
agricoles.
La grange auvergnate
On la trouve principalement sur le haut plateau limousin. Sa particularité est de pré-
senter deux niveaux de plain pied. Pour cela elle utilise la pente naturelle du terrain,
ou bien bénéficie d’un plan incliné. La partie supérieure permet le stockage, tandis
que l’étable prend place au rez-de-chaussée. La distribution du fourrage s’effectue
depuis l’intérieur par des trous à l’étage disposés au dessus des mangeoires.
Elle jouit d’une grande praticité et propose une plus grande capacité de stockage
que la grange limousine.
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Eviter Favoriser
n la systématisation des n le respect des proportions
constructions neuves, du bâti et la simplicité
n l’emploi de matériaux des volumes qui le constitue,
standardisés, n le lien étroit avec
l’environnement,
n l’emploi de modèles
n l’utilisation de matériaux
préfabriqués.
naturels,
n Le respect des différentes
typologies,
n le maintien des bâtiments
annexes.
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Front de taille
LES MATERIAUX
La terre
La terre est le matériau de construction
le plus vieux au monde, le plus
répandu et le plus utilisé. Ecologique,
abondant et gratuit, il laisse respirer les
murs et peut offrir une palette de
couleur importante selon l’origine
géologique des terres. Tuffière
On l’utilise dans différentes techniques de construction comme par exemple le pisé
ou le torchis.
En Pays Sud Creusois, la terre issue de
la décomposition du granite (arène
granitique ou tuf ) est utilisée pour la
fabrication des mortiers de hourdage*
traditionnel ou « mortier d’hiron-
delle », la fabrication des enduits, des
cloisons, des planchers ou du torchis.
C’est un élément omniprésent de la
Remplissage torchis, mélange terre /paille
construction traditionnelle.
Aujourd’hui, des règles professionnelles (recommandations par rapport aux maté-
riaux et à leur mise en œuvre, validées par de nombreux acteurs du bâtiments) sont
en cours d’écriture, règles qui permettront demain aux assureurs de garantir à
nouveau ces techniques, aux donneurs d’ordre de les prescrire, et aux artisans de
les mettre en oeuvre.
Le sable
Constitué de petites particules, on l’utilise comme agrégat souvent mélangé à un
liant comme la chaux, avec une petite quantité d’eau, afin de former le mortier.
Le sable qui entre dans la composition d’un mortier est du sable de rivière débar-
rassé de toutes les impuretés. Le sable participe à la teinte des enduits du bâti
traditionnel.
*Mortier de hourdage : mélange permettant de lier entre eux les éléments constitutifs d’une
maçonnerie : pierre, briques, etc.
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Le chaume
Le chaume est un terme
Quincaillerie employé
– serrure-
riemanière
de : générale pour qualifier
les
Les toitures
élémentsréalisées
de ferrageenetmatière
la quin-
végétale.
caillerie des fermetures étaient
Jusqu’à
souventlafaçonnés
fin du XIXpar le siècle,
ème
maréchalde
nombreuses
ferrant. Leurs maisons paysannes
dessins étaient clas-
étaient
siques etrecouvertes de paille de
surtout simples.
seigle battue et de
Les éléments miseserrurerie
en gerbe. an-
On Chaumière, Le Mazet – Saint-Agnant-près-Crocq
peut
ciens,lesivérifier
l’état en observant
le permet les murs
doivent pignons
être des constructions
récupérés, restaurés et anciennes
réemployésoù sur
on peut
les
lire les reprises
ouvrages neufs.deA maçonneries nécessaires
défaut, on choisira pour adapter du
une quincaillerie les commerce
pentes aux la
matériaux
plus clas-de
couverture
sique possible récents mais également
en rejetant le type «par la présence
rustique ». d’un larmier* au pied des souches
de cheminée. Les toits en chaume nécessitaient un entretien régulier.
La pose de couverture en chaume a été abandonnée à cause du risque d’incendie
Quelle protection contre les intempéries
mais aussi avec la concurrence des éléments de couverture industriels et de
(peintures
l’ardoise. Ce type naturelles
de couverture – couleur)
et sa mise en œuvre ont entièrement disparu en
Traditionnellement les menuiseries anciennes étaient peintes. Les ferronneries
Pays Sud Creusois.
étaient peintes de la même couleur. On recherchera toujours une teinte qui s’adap-
tera au mieux avec la couleur des murs et des toitures. Pour cela, on pourra se ré-
Le bois
férer au nuancier du CAUE de la
Les bois les plus utilisés en Pays Sud
Creuse.
Creusois
Dans toussont le chêne
les cas, et le châtai-
on utilisera des
gnier. On rencontre également
produits microporeux mats ou sa- des
bois d’eau, du bouleau ou du frêne.
tinés qui laissent respirer le bois.
Ils servent à la fabrication de
Plancher intermédiaire en châtaignier nombreux ouvrages : les char-
pentes, les planchers, les menuise-
ries (porte, fenêtre, contrevents) les
entourages de baies mais également
les couvertures ou les bardages.
Dans les constructions les plus
anciennes, le bois était laissé à l’état
brut et prenait au fil des temps une
Bardeaux de châtaigniers
couleur grisâtre.
Les roches
Sur le territoire du Pays
Sud Creusois, la pierre
affleure partout. Extraites
des carrières privées ou
communales, les pierres
Granite gris en chaînage,
sont appareillées sous Schiste gris granite rose en remplissage
forme de moellons ou de
blocs taillés, suivant les impératifs de la construction.
*Larmier : pièce en saillie formant goutte d’eau. Dans le cas d’une souche de cheminée, le larmier
correspond à la collerette qui recouvre le matériau de couverture empêchant l’eau de s’y infiltrer.
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Le granite
Le granite est une roche plutonique* de couleur, d’aspect, et de dureté variés, qui
passe du bleu à l’ocre et du rose au gris. Leurs qualités diverses impactent leurs
usages. Certains granites ne seront utilisés que pour les maçonneries de moellons
équarris*, tandis que d’autres plus fins et plus durs seront réservés pour les blocs
à la taille soignée. Il constitue l’essentiel de nos maçonneries.
Affleurement de granite
Le schiste
Le schiste est une roche métamorphique*. Il a un aspect feuilleté et est assez friable.
Les teintes varient de l’ocre foncée, marron à la couleur rouille. On le trouve
ponctuellement, essentiellement comme élément de couverture.
Le gneiss
Il s’agit d’une roche issue du métamorphisme, soit d’un sédiment argileux
(paragneiss) soit du granite (orthogneiss). On le trouve généralement dans les
parties érodées des chaînes de montagne et il présente une alternance de lits clairs
et de lits plus sombres, selon les minéraux qui les constituent.
Il sert en maçonnerie, essentiellement pour les murets, annexes et granges.
LES COULEURS
Le bâti traditionnel tire ses caractéristiques chromatiques des couleurs de ses murs
(pierre, bois, brique, enduits) et de ses toitures (tuiles, ardoises). Ces matériaux
issus du sol environnant la construction permettent une cohérence harmonieuse
avec le paysage. Référez-vous dans ce
domaine au nuancier régional édité par la
DRAC (Direction Régionale des Affaires
Culturelles). Ces teintes dominantes sont
complétées par les teintes des détails de
surface plus petites (portes, portails, fenê-
tres, contrevents). Les couleurs de menui-
serie suivent l’harmonie des teintes de
masse. On rencontre des bleus, des rouges-
brun, des ocres, des gris. En milieu rural les
bois ont une teinte souvent brun-noir car
ils étaient passés au carbonyle ou encore à
l’huile de vidange, produits aujourd’hui,
pour des raisons écologiques, interdits. On
préconisera les teintes de menuiserie du
nuancier départemental édité par le CAUE.
*Roche plutonique : se forme lors du refroidissement d’un magma en profondeur.
*Equarris : blocs dégrossis afin d’obtenir un parallélépipède rectangle.
*Roche métamorphique : formée par la recristallisation de roches sédimentaires ou magmatiques
sous l’action de la température et de la pression.
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
16
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
17
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Les maçonneries
de pierre
Les matériaux utilisés pour les maçonneries traditionnelles étaient prélevés sur les
lieux-mêmes ou l’environnement proche de la construction. Suivant les types de
roche à disposition, les maçonneries présentent des aspects différents.
LES FONDATIONS
La fondation est la base du mur. Son rôle est de permettre la transmission des
charges propres de la construction (murs, planchers, charpente, couverture) et des
charges dites d’exploitation (meubles, personnes, efforts liés aux éléments naturels
comme la neige...).
Elles étaient réalisées souvent intuitivement avec pour seul objectif d’asseoir la
maçonnerie sur un niveau de sol compact, directement appuyées sur un affleure-
ment rocheux, ou dans de petites
tranchées réduites à un affouille-
ment superficiel du sol. Les pierres
de fondation appelées libages*
étaient réalisées en blocs de pierre
plus ou moins gros, en principe plus
larges que le mur d’élévation. Elles
pouvaient encore dans le cadre de
bâtiments vernaculaires ou mo-
Maçonnerie reposant directement sur
destes, être constituées de maçon-
un affleurement rocheux neries de pierre tout-venant.
Tassement différentiel
18
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Dans la majeure partie des cas l’édifice retrouve son équilibre, au prix d’affaissements
ponctuels et de fissures
Quincaillerie dans les murs.
– serrurerie : La structure se stabilise sans poser de pro-
blème particulier. Il est tout de même
Les éléments de ferrage et la quincaillerie impératif de faire vérifier
des fermetures par une façonnés
étaient souvent personne
compétente que les mouvements de la structure n’ont pas eu de
par le maréchal ferrant. Leurs dessins étaient classiques et surtout simples. répercussions
graves. Des désordres
Les éléments de serrurerieplus anciens,
importants peuvent
si l’état nécessiter
le permet de être
doivent réaliser des reprises
récupérés, res-
en sous-œuvre : cette technique délicate doit être réalisée par des artisans
taurés et réemployés sur les ouvrages neufs. A défaut, on choisira une quincailleriequalifiés.
du commerce la plus classique possible en rejetant le type « rustique ».
LE CORPS DU MUR
La traditionprotection
Quelle de la construction
contresuivait
lesuneintempéries
sorte de hiérarchie esthétique correspon-
dant
(peintures naturelles – couleur) et appareillée symbolisait l’ordre et
à une hiérarchie sociale. La pierre taillée
la réussite. Les plus les
Traditionnellement grosmenuiseries
blocs étaientanciennes
utilisés pour les chaînes
étaient peintes.d’angle*, les enca-
Les ferronneries
drements de baies et le soubassement.
étaient peintes de la même couleur. On recherchera toujours une teinte qui s’adap-
tera au mieux avec la couleur des murs et des toitures. Pour cela, on pourra se ré-
férer au
Les nuancier du CAUE de la Creuse.
maçonneries
Dans tous
de pierre les cas,
de on utilisera des produits
taille
microporeux mats ou satinés
L’appareillage des maçonneries qui de
laissent
pierreres-
de 5
pirer le bois.
taille est constitué de blocs de granite souvent
Les lasures sonttaillés.
parfaitement à proscrire
Ceux-cicarsont
elles posés
donnent sur
aux menuiseries une teinte jaunâtre peu en
leur lit avec pierres traversantes, et maçonnés
accord
à jointsavectrèsl’ambiance
serrés, oucoloré du bâtivifs.
à joints ancien
Les
ainsi
constructions réalisées entièrement enrespi-
que les vernis qui ne laissent pas pierre
rer le bois.
de taille Il estune
restent possible de laisser
exception. les me-
La plupart du
nuiseries naturelles avec juste un traitement
temps, seule la façade principale - voire un
retour de pignon, sont appareillés de cette
façon ; le reste de la construction étant bâtie
Maçonnerie en pierre de taille en moellons*.
Maçonneries de moellons
Les maçonneries de moellons
Elles sont le plus souvent constituées de deux
parements reliés par des boutisses par-
paingnes, qui enserrent un remplissage de pe-
tites pierres et de terre. Ce type de
maçonnerie dite maçonnerie mixte ou maçon-
nerie de blocage était souvent utilisé pour des
raisons économiques. L’appareillage est à as-
sises régulées soigneusement calées entre elles avec des morceaux de plaquettes
ou de tuileaux* . Ce type de maçonnerie représente l’essentiel des maçonneries sur
le Pays Sud Creusois. On l’appelle « limousinerie ». L’origine de ce nom remonte à
la migration des bâtisseurs du Limousin dès la fin du XVème siècle.
*Chaîne d’angle : ensemble des pierres disposées en alternance pour former un angle de mur.
*Moellon : pierre non taillée.
*Tuileau : fragment de tuile cassée.
19
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
La présence d’un enduit étanche (enduit ciment...) sur les maçonneries aggrave
d’autant le problème. L’eau bloquée dans le mur remonte à l’intérieur de celui-ci
jusqu’au niveau des planchers et de la charpente. Cette humidité au-delà d’un
certain seuil favorisera la propagation de champignons tels que « le mérule » et la
formation de salpêtre.
20
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Le bombement du mur
Dans le cas d’une maçonnerie en blocage*, une
infiltration d’eau par le haut du mur imprègne le rem-
plissage intérieur, le gonflant et l’écartant progressi-
vement. Il implique une reprise du mur après
élimination des causes.
L’apparition de fissures
Une fissure verticale partant du bas indique un dés-
ordre de fondation, tandis que si elle vient du haut,
elle indique un désordre de charpente ou de plan-
cher. Il conviendra de surveiller son évolution en
plaçant un témoin afin d’agir sur les causes si besoin.
*Maçonnerie en blocage : en maçonnerie liée ou sèche, ce sont des débris de pierres brutes ou de
moellons remplissant l'intérieur d'un mur entre deux parements.
21
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Dans le cas d’un mur stabilisé, les fissures sont nettoyées avec précaution et remplies
au mortier de chaux hydraulique. Les maçonneries présentant des lézardes de largeur
importante doivent être remaillées. Le remaillage consiste à remplacer quelques
pierres à l’endroit de la lézarde pour restituer la cohésion de la maçonnerie.
Les liants
La terre
La terre issue de l’arène grani-
tique « tuf » est le liant naturel le
plus ancien. Il est abondant, éco-
nomique, réversible et écolo-
gique. Le mortier de terre ou
« mortier d’hirondelle » était uti-
lisé comme mortier de hourdage.
Il servait uniquement à colmater Carrière de tuf, Les Combes – Felletin
les vides de la maçonnerie et n’assurait aucunement la solidité de la construction.
Certains tufs sont impropres à la fabrication des mortiers, la teneur en argile étant
trop importante. Dans ce cas le tuf peut être rendu moins gras par l’ajout de sable
de carrière.
Aujourd’hui, il n’existe pas encore de règles professionnelles concernant ce type de
mortier, engendrant la difficulté pour les artisans de les mettre en œuvre, et pour
les donneurs d’ordre de les prescrire. Ce, pour des questions d’assurabilité. Des
initiatives concourent à lever ce frein dans les prochaines années.
22
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Les chaux
La chaux naturelle était très peu utilisée comme liant jusqu'au milieu du XIXème
siècle. C’est l’arrivée du chemin de fer qui a développé son emploi. Auparavant la
chaux n’était utilisée que ponctuellement et par les propriétaires aisés.
C’est un matériau naturel, sain, souple et résistant, qui laisse respirer la maçonnerie.
Il existe différentes catégories de chaux :
• La chaux aérienne dont la prise se fait à l’air. On l’appelle la chaux calcique CL.
On l’utilise comme mortier à enduire. Il en existe trois types : CL 70 ; CL 80 ; CL 90.
• La chaux hydraulique naturelle NHL, dont la prise se fait à l’eau. On l’utilise
comme mortier à enduire, ou comme mortier de hourdage. Il existe trois types de
chaux hydraulique naturelle : NHL 2 ; NHL 3,5 ; NHL 5.
⎙ Pour aller plus loin : consultez la fiche annexe « La chaux : type & cycle »
(disponible sur le site internet du Pays Sud Creusois : www.payssudcreusois.fr)
Le ciment
Le ciment a une prise rapide, il est étanche et possède une forte résistance à la com-
pression. Son inconvénient majeur pour la restauration du bâti traditionnel est sa
trop faible perméabilité à la vapeur d’eau, empêchant le transfert hygrométrique.
Les structures du bâti ancien sont souples et déformables. La souplesse, la prise
lente et la perméabilité à la vapeur d’eau des mortiers de terre ou de chaux font
qu’ils sont bien adaptés au bâti ancien. Tandis que la dureté et le manque de porosité
des mortiers de ciment ont des effets néfastes sur le bâti ancien : désordres dus à
l’humidité, décollement de l’enduit, etc… Le ciment est à éviter, en particulier pour
les maçonneries antérieures aux années 30.
Eviter Favoriser
n le traitement étanche des n le respect de l’appareil de
surfaces, la maçonnerie,
n l’utilisation du ciment, n la respiration du bâtiment,
n le nettoyage par sablage ou n un nettoyage à la brosse,
pulvérisation d’eau à haute ou à pulvérisation à basse
pression, pression,
n le creusement des joints, n les mortiers de chaux et
n l’utilisation de mortier prêt de tuf,
à l’emploi, n la substitution des pierres
n la pose aléatoire ne tenant abîmées par des pierres de
pas compte de l’appareil même nature et de même
initial. dimension.
23
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Torchis
LA BRIQUE
Son usage s’est répandu au XIXème siècle.
Plutôt rare sur le territoire du Pays Sud
Creusois, il concerne principalement les
bâtiments d’exploitation, ou les bâtiments
à proximité des briqueteries.
LA ROCAILLE
Il s’agit d’un style décoratif reprenant des motifs végétaux pour la réalisa-
tion d’ouvrage fait de pierres cimentées ou brutes, incrustées de coquillages
et de cailloux. Cet art populaire à nouveau en vogue est très utilisé dans le
domaine du jardin paysager ( faux rocher, grotte, assise…) et en ornemen-
tation de façade. De nombreux exemples témoignent de la maîtrise de ce
savoir-faire sur le territoire du Pays Sud Creusois.
Rocaille – Aubusson
Eviter Favoriser
n la mise à jour systématique n la protection du torchis des
des pans de bois, pans de bois, par un enduit,
n les creux du remplissage n un soubassement en pierre
par rapport à l’ossature des pour supporter l’ossature
pans de bois, des pans de bois,
n les surépaisseurs du n l’utilisation de la terre et de
remplissage par rapport la chaux,
à l’ossature des pans de bois. n les briques de récupération.
26
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Les enduits
L’enduit est aux maçonneries ce que la peau est au squelette.
Un bon enduit doit être souple, déformable, imperméable à l’eau de pluie et
perméable à la vapeur d’eau.
Il joue le double rôle :
• de protection contre les intempéries telles que le vent, le froid, les eaux de
ruissellement,
• de décoration : il confère son aspect final à la maçonnerie, participe à sa beauté.
ENDUIT OU REJOINTOIEMENT ?
Les maçonneries qui doivent être recouvertes d’enduit sont :
• les maçonneries en « tout-venant » aux parements
disparates constitués de pierres grossièrement montées,
• les façades comportant des éléments en pierres
de taille (encadrements de baies, chaînes d’angles...)
en débord par rapport au nu du mur, constituant une
réserve pour accueillir l’enduit,
• les façades de bâtiments faisant partie d’un aligne-
ment où domine l’enduit, afin de préserver cette
unité.
Les autres, n’étaient pas prévues pour être enduites.
Lorsqu’elles se dégradent, un rejointoiement peut Chaînage d’angle en débord
s’avérer nécessaire. On tachera alors de rester 7
proche de l’état originel en observant les parties
anciennes les moins soumises à l’érosion du bâti-
ment concerné (partie supérieure des murs abritée
par la toiture) ou des maisons situées à proximité.
Les écritures chimiques sont CL 90 pour la chaux aérienne, et NHL 2, 3.5 ou 5 pour
la chaux hydraulique. On proscrira absolument les chaux contenant du ciment,
même à un faible pourcentage, comme la chaux HL ou la chaux NHL-Z.
Dans certains cas, il est intéressant de « batarder » les chaux aériennes et hydrau-
liques pour augmenter la résistance de l’enduit en mélangeant la chaux aérienne
avec une faible portion de chaux hydraulique.
Les dosages varient selon la nature des maçonneries et le contexte climatique du
chantier. On déconseillera vivement l’utilisation d’enduit prêt à l’emploi, qui nie le
lien existant entre le bâti et son environnement. La diversité des couleurs et de la
granulométrie des enduits selon les régions disparaît alors au profit d’une standar-
disation des façades.
28
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Eviter Favoriser
n l’utilisation du ciment,
n l’utilisation d’enduit prêt à n la respiration du bâtiment,
l’emploi, n le même type d’enduit que
n la mise à nue systématique ceux prévus à l’origine,
de la maçonnerie, n les mortiers de chaux et
n les surépaisseurs, de terre,
n la réfection systématique n les reprises partielles.
de la totalité de l’enduit.
29
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Les ouvertures
POSITIONNEMENT, RÉPARTITION ET PROPORTION
Les ouvertures par leur disposition et leurs proportions, participent à l’identité et à
l’harmonie des constructions.
Les bâtiments ruraux les plus anciens
possèdent en principe peu d’ouver-
tures: celles-ci sont alors de petites
dimensions et leur disposition sur la
façade n’est pas régulière. La façade la
mieux exposée, généralement Sud,
Sud-Est contient le plus d’ouvertures
alors que les façades Nord et Ouest
sont le plus souvent aveugles, tour-
Linteau sculpté – Chassin-Cheval, St-Avit-de-Tardes
nant le dos aux vents dominants et au
froid. A partir du XIXeme siè-
cle, les ouvertures se mul-
tiplient et on recherche
dans la composition des fa-
çades la symétrie et l’or-
donnancement.
Oculus en pierre Oculus en brique
Les maisons de maître, les
maisons de bourg et les
maisons de migrants reçoivent des percements réguliers, plus nombreux et de
dimensions plus grandes.
De façon générale, les ouvertures sont plus hautes que larges, parfois circulaires.
LES ENCADREMENTS
Les encadrements de porte ou de fenêtre étaient constitués en majeure partie de
blocs de granite taillés. Selon les bâtiments et selon les époques, on peut également
rencontrer du bois ou de la brique.
La pierre
Traditionnellement, du fait
de la nature du sol, les en-
cadrements de baies étaient
réalisés en gros blocs de
granite taillé, parfois de ré-
cupération.
L’usage de pierres de réem-
ploi a été largement prati-
qué dans le cadre des
bâtiments ruraux. On le re-
marque d’autant mieux Encadrement avec pierre de récupération – Chamy, La Villetelle
lorsqu’il s’agit de pierres provenant de bâtiments nobles.
Ils présentent généralement une embrasure qui participe à l’esthétique de l’ensem-
ble et augmente l’apport de lumière.
30
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Le bois
Les encadrements– en
Quincaillerie bois ou « :double
serrurerie
carrée de bois »desont
Les éléments utilisés
ferrage et plus spécifique-
la quincaillerie
ment pour les ouvertures
des fermetures dansfaçonnés
étaient souvent des maçon-par
neries de moellons
le maréchal ferrant.deLeurs
tout dessins
venant, étaient
sur les
bâtiments
classiques etlessurtout
plus modestes.
simples. Les essences
utilisées sontdele serrurerie
Les éléments chêne ouanciens,
le châtaignier.
si l’état
L’épaisseur des boisêtre
le permet doivent estrécupérés,
primordiale dans le
restaurés
maintien de l’harmonie
et réemployés et de la composition
sur les ouvrages neufs. A dé-
architecturale.
faut, on choisira une quincaillerie du com- Double carré de bois
merce la plus classique possible en rejetant
le type
La « rustique ».
brique
La brique a été employée à partir de la fin
du XIXème siècle,
Quelle pour la reprise
protection contre d’anciennes
les in-
ouvertures,
tempériesou pour l’encadrement de
nouveaux
(peintures bâtiments. Il convient d’adapter
naturelles – cou-
le matériau des encadrements à la nature
leur)
des murs et aux encadrements existants.
Traditionnellement les menuiseries an-
L’emploi du béton sera proscrit: en dehors
ciennes étaient peintes. Les ferronneries
du résultat visuel, il est bien trop rigide par Encadrement brique
étaient peintes de la même couleur. On re-
rapport à la maçonnerie traditionnelle, ce qui entraînerait des fissurations.
cherchera toujours une teinte qui s’adaptera au mieux avec la couleur des murs et
des toitures. Pour cela, on pourra se référer au nuancier du CAUE de la Creuse.
DÉSORDRES
Dans tous les cas, on utilisera
Une ouverture est une zone de
fragilité dans un mur, elle doit
répondre aux forces qui s’y
exercent ; les effets des charges
des parties qui la surmontent 8
(poids du mur, des planchers,
de la charpente, etc…), la
poussée de la maçonnerie qui
l’entoure et également les ré-
percussions de tout désordre
de la maçonnerie sous-jacente. Le plus souvent un arc de décharge surmonte le
linteau. Il a pour rôle de reporter les charges de la maçonnerie supérieure sur les
jambages. Il peut être réalisé en pierre ou en brique.
Les désordres affectant les encadrements de baie sont divers et quelque fois spec-
taculaires :
• Rupture d’un linteau monolithe, ou glisse-
ment d’un des claveaux formant un arc ou
une plate bande ; ces désordres ont pour
origine l’absence, l’affaissement ou la rupture
d’un arc de décharge au dessus du linteau.
• Rupture ou basculement d’un jambage ; il
peut être généré par la poussée exercée par
un linteau défaillant, par des charges importantes exercées sur un jambage fragilisé
(jambage en bois pourri, désagrégation du mortier de hourdage), par la dissociation
entre le jambage et la maçonnerie d’un mur qui bascule, par les désordres de la
maçonnerie sous-jacente.
• Rupture ou affaissement d’un appui de fenêtre ; il a pour origine des désordres
affectant le mur d’allège ou les fondations. Ces désordres nécessitent des interven-
tions délicates qui devront être réalisées par des artisans qualifiés.
31
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Eviter Favoriser
n l’emploi du béton, n l’adaptation du matériau à
n une proportion plus la nature des murs et aux
large que haute des encadrements environnants,
encadrements. n l’accord avec la fonction
intérieure,
n l’accord avec les autres
percements,
n le respect des proportions,
n les mortiers de chaux et de
tuf.
32
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Les menuiseries
Le nombre, le rythme et les proportions des menuiseries extérieures sont détermi-
nants pour l’équilibre de la façade. On apportera un soin tout particulier à leur
dimension et à celle des vitrages, ainsi
qu’à l’épaisseur des montants, des
traverses et des petits bois.
LES MATÉRIAUX
Les menuiseries anciennes étaient ex-
clusivement réalisées en bois de
chêne ou de châtaignier. Pour toute
intervention sur le bâti ancien, on privilégiera ces bois locaux et pérennes, sans ex-
clure toutefois le métal ou l’aluminium pré-peint pour les baies qui viennent obturer
les portes de granges. Les menuiseries PVC sont à exclure définitivement malgré l’effort
des fournisseurs qui offrent un panel de couleurs et de textures important. Notez qu’il
est interdit en Allemagne, car extrêmement nocif en cas d’incendie. Sa longévité n’est
pas connue aujourd’hui et ses couleurs passent. Quant au prix du PVC, on sera étonné
de constater qu’il coûte aussi cher qu’une menuiserie bois.
LES FENÊTRES
Leur évolution a été conditionnée par les progrès tech-
niques, tant de l’assemblage que du verre, augmentant
au fil du temps leurs dimensions.
Le plus souvent à deux vantaux (appelée croisée),
ouvrant à la française, c'est-à-dire vers l’intérieur de la
pièce, elles présentent un réticulage à trois carreaux par
vantail (parfois quatre pour les plus grandes et deux pour
les plus petits). Dans certains cas, on pourra opter pour
un châssis (un seul ouvrant), mais on évitera toujours les
fenêtres à deux vantaux sans réticulage, disgracieuses
dans leurs proportions. Sauf cas très particuliers, les 9
fenêtres comme leurs sous-divisions sont plus hautes que larges. Les systèmes de
fermeture ont évolué de la simple barre pivotante appelée fléau à la crémone bien
connue aujourd’hui. Les petites ouvertures, présentent parfois des taquets pivotants
en bois pour verrous.
LES PORTES
Les portes d’entrée sont à l’origine
pleines, leur fonction première étant
de fermer solidement la demeure.
Elles peuvent être monumentales,
ou discrètes, selon les bâtiments. Le
dessin des portes des maisons de
ville est plus évolué : portes à pan-
neaux moulurés, grand cadre avec
panneau intermédiaire alors que les
portes du bâti vernaculaire sont faites de planches larges de chêne bouvetées
assemblées à joints vifs par rainures et languettes. Les planches sont souvent de lar-
geur inégale posées verticalement ou horizontalement suivant l’ancienneté du bâti.
Au XIXème siècle, on ajoute une imposte vitrée en partie supérieure afin de fournir
un éclairage naturel car la porte reste pleine pour assurer son rôle de protection.
33
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Plus tard, les portes vitrées en partie haute se sont fortement développées.
Lors d’une restauration, afin de respecter l’harmonie du bâti ancien, on préfèrera
conserver les menuiseries en place, à condition qu’elles soient de belle qualité.
Détails de menuiserie
LES CONTREVENTS
Les contrevents traditionnels sont pleins et faits de planches larges bouvetées*, en
chêne de largeurs souvent inégales assemblées à joints vifs. Elles sont maintenues par
deux ou trois barres de bois horizontales assemblées à queue d’aronde et surtout sans
écharpe contrairement à ce que proposent aujourd’hui les panneaux standardisés de
type « Z ». Les contrevents dans leurs parties supérieures peuvent être percés de jours
aux motifs décoratifs variés tels que des losanges, des cœurs, des trèfles, etc…
*Planches bouvetées : pièces de bois assemblées à rainure et languette.
34
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Exemples de quincaillerie
LA QUINCAILLERIE – SERRURERIE
Les éléments de ferrage et la quincaillerie des fermetures étaient souvent façonnés
par le maréchal ferrant. Leurs dessins étaient classiques et surtout simples.
Les éléments de serrurerie anciens, si l’état le permet doivent être récupérés,
restaurés et réemployés sur les ouvrages neufs. A défaut, on choisira une quincaillerie
du commerce la plus classique possible en rejetant le type « rustique ».
Eviter Favoriser
n le PVC, n l’utilisation de bois pérennes
n les bois tendres (hêtre, (chêne, châtaignier, mélèze…),
peuplier, sapin…), n les menuiseries artisanales,
n les menuiseries standardisées, n le respect des formes simples,
n les contrevents à écharpe, n une teinte unique pour
n des quincailleries - serrureries l’ensemble des éléments ,
« rustiques » ou maniérées, n des protections laissant
n les bois vernis ou lasurés. respirer le bois.
35
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Les couvertures
Les couvertures de nos bâtiments représentent un des éléments caractéristiques de
l’architecture traditionnelle rurale. Les longs toits pentus couverts de tuiles plates
aux nuances de rouges orange et bruns variés, dessinent la silhouette des villages
du Pays Sud creusois. Généralement à deux pans symétriques, ils présentent une
pente de 45° à 60°, quelquefois à croupe, c‘est à dire à 4 pentes pour les édifices
plus nobles. Les annexes souvent couvertes de tuiles canal nécessitent une pente
plus faible de l’ordre de 30°.
LES CHARPENTES
Les couvertures sont indissociables des char-
pentes qui les soutiennent.
On utilise des essences locales, du chêne le
plus souvent. Elles constituent un des élé-
ments remarquables de notre architecture
traditionnelle qu’il faut tâcher de conserver.
Leur souplesse participe de la beauté des
édifices. Il faudra être attentif lors d’une res-
tauration à conserver cette absence de raideur, et éviter de trop redresser la char-
pente. Il sera préférable de ne pas engager une réfection totale de la charpente si
la dépose et le remplacement de quelques pièces s’avèrent suffisants.
Végétale
La paille
Jusqu’au XIXème siècle, les couvertures de chaume (paille de
seigle) recouvraient la majeure partie des constructions
rurales. Issues de nos ressources locales, offrant de bonnes
qualités d’isolation thermique, légères et permettant des char-
pentes sommaires, elles présentaient cependant de grands
risques d’inflammabilité, qui ont provoqué petit à petit son
abandon.
Le bois
On trouvait également des couvertures en bardeaux de chêne ou de châtaignier.
Aujourd’hui ce type de couverture ne persiste que ponctuellement sur les clochers
des églises et les jouées des lucarnes.
Minérale
Les tuiles plates
Elles se généralisent à partir du XIXème siècle. Réalisées en
terre cuite, leurs couleurs varient selon sa composition et
les conditions de cuisson. Pour une bonne étanchéité de
la couverture, chaque tuile recouvre environ les 2/3 de la
tuile inférieure. La partie visible se nomme le pureau. La
pente du toit sera de 45 ° environ.
36
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Les ardoises
Caractérisées par leur longévité, elles viennent originaire-
ment de Corrèze, mais seront supplantées petit à petit par
l’ardoise d’Angers, moins onéreuse. Dans tous les cas, on
favorisera toujours l’ardoise naturelle.
Sur les bâtiments annexes et les petites structures, on trou-
vait également des couvertures en lauze (dalles de schiste).
Il n’en reste que de rares exemples.
LES FINITIONS
La couverture présente de nombreux détails de finition qui lui confèrent sa qualité 10
générale. Il faudra leur apporter une extrême attention.
Les rives
Les pignons traditionnels ne présentent pas de larges dé-
bords supposés protéger la maçonnerie. Les tuiles de rive
scellées au mortier, pour éviter la pénétration du vent dé-
bordent légèrement au dessus du dernier chevron. On veil-
lera à ce qu’il soit constitué d’un bois dur. Le chêne fera très
bien l’affaire et ne nécessitera ni traitement ni protection.
Parfois le coin inférieur de la tuile de rive est coupé, la tuile
est dite épaulée afin de renvoyer l’eau vers l’égout.
L’emploi de tuile de rive dite « à rabat » alourdit considéra-
blement la toiture, il doit absolument être évité sur les bâti-
ments anciens, au même titre que les bandeaux de
recouvrement.
37
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Le faîtage
Il est constitué de tuiles creuses posées côte à côte. L’étanchéité est assurée par des
boudins de mortier. Dans le cas de l’ardoise, on pourra également réaliser un faîtage
en lignolet, qui consiste à faire déborder l’ardoise d’un versant sur l’autre. Les épis
de faîtage protègent les flèches des poinçons*. Leur rôle est avant tout fonctionnel,
mais on leur a souvent accordé une valeur symbolique et esthétique.
L’égout*
La toiture se termine généralement par un coyau, pièce de
bois en sifflet qui relève l’égout du toit afin d’éloigner l’eau
de pluie de la maçonnerie. Cet élément, au-delà de son
intérêt technique, contribue à l’élégance du bâtiment. On
aura tout intérêt à le maintenir voire à le rétablir s’il a été
supprimé.
Traditionnellement, on ne trouvait guère de gouttière. On veillera à les éviter ; un
drainage au pied du mur peut recueillir les eaux de ruissellement. Toutefois dans
certain cas (sol étanche) elle s’avère nécessaire. Si on devait en utiliser on prendra
soin de réaliser le tracé le plus discret possible, de favoriser de petites sections, de
ne pas utiliser de PVC, de ne pas interrompre une lucarne. Leur emploi sera
également prétexte à la récupération de l’eau de pluie dans une citerne si possible
enterrée. Cette eau pourra, sous certaines conditions, être utilisée pour l’arrosage,
pour les WC et le lavage du linge.
Les noues
Il s’agit des angles rentrant de la toiture. Pour assurer l’étanchéité, la technique la
plus utilisée était celle de la noue croisée. On croise les rangées de tuiles torses pour
s’approcher au mieux de la courbe de la noue. Le développement du zinc tend à
faire disparaître cette technique. Toutefois on sera vigilant si on emploie le zinc à
ne pas le laisser apparent. A minima une noue fermée sera mise en œuvre.
Les arêtiers
Il s’agit des angles sortant de la toiture. Un solin de mortier le long de l’arête assure
l’étanchéité. On veillera à ce qu’ils ne soient pas trop épais, que leur ligne reste
souple, et qu’ils s’incurvent vers l’égout.
38
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Eviter Favoriser
n la dépose systématique des n la réfection de la couverture
charpentes, dans le matériau d’origine,
n trop de raideur, n les tuiles artisanales et de
n les matériaux de couverture nuances différentes,
standardisés, n l’ardoise naturelle,
n les chevrons de rive n un pureau irrégulier,
recouverts de tuiles à rabats n les rives droites non
ou bandeau de recouvrement, débordantes à chevron
n le zinc apparent, apparent en bois dur,
n les gouttières en PVC, n l’absence de gouttière,
n les descentes de gouttières n le maintien des coyaux,
trop nombreuses. n le maintien des souches de
cheminée en pierre et en brique.
39
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Isolation, ventilation,
mode de chauffage
LA RESPIRATION DES BÂTIMENTS
Une construction ancienne, pour rester saine, doit respirer, c'est-à-dire que :
• d’une part, la vapeur d’eau qui est produite à l’intérieur doit pouvoir circuler à
travers les murs de l’intérieur vers l’extérieur,
• d’autre part, l’air intérieur doit être renouvelé régulièrement.
La logique du bâti traditionnel permet une gestion naturelle de l’humidité par les
matériaux de construction employés et une ventilation constante par les cheminées,
les ouvertures non étanches, etc.
L’ISOLATION
L’isolation est devenue l’un des éléments majeurs du
programme de restauration d’une construction. On
veillera cependant à ne pas contrarier l’inertie ther-
mique et l’équilibre hygrométrique qu’offre l’habitat
traditionnel.
Déperditions de chaleur L’isolation extérieure pourrait être intéressante,
puisqu’elle conserve les avantages liés à l’inertie des murs épais,
mais ce, au détriment de l’esthétique, de l’identité et de la ri-
chesse du bâti traditionnel. Toutefois, quand une réserve (re-
trait) existe au niveau des encadrements et des chaînages afin
d’accueillir un enduit, on pourra mettre en œuvre un enduit
dont les caractéristiques améliorent les performances ther-
miques (enduit chaux-chanvre...). L’isolation par l’intérieur peut
également être envisagée. Cependant on sera attentif à ce que
la respiration du bâti ne soit pas empêchée. De manière géné-
rale, on préférera des enduits chaux chanvre, ou chaux lin, ou
encore terre paille qui suppriment l’effet de paroi froide*.
HABITER LES COMBLES
A l’origine les combles n’étaient pas habités. L’air y circulait librement et contribuait
à assécher la couverture, participant au bon état de la charpente. La volonté
aujourd’hui de les aménager, implique nécessairement leur isolation. En aucun cas
ces travaux ne devront empêcher la circulation d’air et l’évacuation de l’humidité.
Les matériaux isolants et revêtements intérieurs étanches à la vapeur d’eau sont à
proscrire. On privilégiera les pares pluie respirant et les isolants naturels tels que les
laines de chanvre, de mouton, de bois qui se comportent mieux exposées
à l’humidité qu’une laine de verre ou laine de roche.
*Effet de paroi froide : principe par lequel la température des parois se répercute sur la température
ressentie par le corps humain.
40
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
LA VENTILATION
Renouveler l’air dans la maison est essentiel pour la santé de ceux qui y vivent au
quotidien afin d’éliminer la présence du radon* et autres polluants intérieurs. C’est
également indispensable pour éviter les dégradations liées à l’humidité ambiante.
La ventilation autrefois se faisait de manière naturelle et en majeure partie par les
portes et les fenêtres qui n’étaient pas étanches. L’étanchéité parfaite des baies
aujourd’hui peut donc concentrer de la vapeur d’eau à l’intérieur de la construction.
Afin d’éviter ces désagréments, on placera des grilles d’aération au-dessus des
ouvertures. Dans les pièces humides où se concentre une grande quantité de va-
peur d’eau, on peut créer une ventilation naturelle avec un percement haut et un
percement bas créant un flux qui entraînera la vapeur d’eau.
Des systèmes de ventilation mécanique simple ou double flux peuvent également
être mis en œuvre avec des contraintes plus ou moins importantes liées au passage
de gaines et pas nécessairement approprié dans l’habitat traditionnel. Un autre sys-
tème de ventilation mécanique peut être intéressant en réhabilitation car il ne né-
cessite pas l’installation de gaine, c’est la VMR ventilation mécanique répartie :
l’extraction de l’air vicié n’est pas centralisée, mais effectuée à partir de plusieurs
ventilateurs placés dans les pièces humides.
Eviter Favoriser
n l’isolation extérieure, n l’inertie thermique,
n les matériaux étanches, n l’équilibre hygrométrique,
n l’imperméabilisation des n la respiration du bâtiment,
murs, n la ventilation,
n les pare pluie, n les énergies renouvelables.
n la stagnation de l’humidité.
*Radon : gaz radioactif dangereux à inhaler, d’origine naturelle, présent dans les sous-sols granitiques.
41
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
L’intérieur de la maison
L’intérieur traditionnel de nos bâtiments est régi par des règles de bon sens, fruit
de l’usage et de l’habitude, et entretient du sol au plafond un lien étroit avec l’envi-
ronnement.
LES SOLS
A l’origine, les sols des habitations rurales étaient constitués de terre battue, ou bien
recouverts de dalles de pierre. Dans les constructions les plus riches, il était fréquent
de rencontrer des carreaux de terre cuite, qui se sont ensuite généralisés avec le
développement des tuileries à compter de la fin du XVIIIème siècle. Ils étaient posés
à joints vifs, sur mortier de terre du fait de la rareté de la chaux.
Ces types de sol ont la particularité de respirer. L’eau contenue dans le sol peut ainsi
s’évaporer. Dans le cadre d’une restauration – réhabilitation, il faut à tout prix éviter
de bloquer l’humidité dans le sol qui aura alors tendance à se reporter sur les murs.
LES CLOISONS
Les cloisons de l’habitat traditionnel sont à pans de bois. Composées d’un bâti
entretoisé par des traverses, on y ajoute un remplissage de torchis* ou de cailloux
compris entre des lattis* et ensuite enduit.
LES PLAFONDS
LA CHEMINEE
La grande majorité des cheminées reste modeste.
Souvent l’âtre y est surélevé.
Certaines sont imposantes, parfois prises dans un
renfoncement, où trouvent place différentes niches
et la gueule du four à pain. La présence de la che-
minée est souvent lisible à l’extérieur de la maison.
Sur le pignon, de grosses pierres de contrepoids Témoins extérieurs de cheminée
sont disposées sur les sections du cadre en bois qui dépassent du mur.
LA PIERRE D’EVIER
Large, la dalle de pierre d’évier appelée « bochio » se
trouve scellée dans l’épaisseur du mur. Un canal
d’écoulement traverse la maçonnerie pour rejeter les
eaux à l’extérieur, le plus loin possible du mur.
Généralement elle est surmontée d’un fenestron qui
apporte quelque peu de lumière.
Eviter Favoriser
n la dépose systématique des n la respiration du sol,
dallages en pierre et sols en n l’utilisation de la terre,
tomette, n les enduits et badigeons 12
n la dépose systématique des à la chaux,
cloisons et plafonds de n la simplicité des menuiseries,
torchis,
n le maintien des cheminées,
n la dépose systématique des
terradis, n le maintien des pierres
n la mise à nue des pierres. d’évier.
43
Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Les abords
Les abords sont essentiels dans la valorisation de notre patrimoine bâti. Ils sont le
prolongement de celui-ci et assurent la transition avec la campagne environnante.
LES CLÔTURES
Végétales ou minérales, elles limitent propriétés et parcelles. Toujours composées
de matériaux locaux, elles prennent différentes formes : haies, palissades,
murets… Chacun de ces types de clôture contribue à la qualité de nos paysages
et au caractère identitaire de notre pays de bâtisseurs.
Les haies
Composées de diverses essences, trois à
minima, elles mêlent arbres de haute tige
et arbustes. On favorisera des essences
locales adaptées aux sols et au climat :
frênes, chênes, charmes pour les arbres,
noisetier, houx, aubépine, buis, pour les
arbustes.... La plantation de haies de thuyas ou de laurier palme est à éviter en
milieu rural. Elles produisent un aspect monotone et renvoie l’image d’un paysage
opaque, uniforme, et fermé.
Les palissades
Aussi bien utilisées pour clôturer les prairies que les cours ou jardins, elles ferment
un espace tout en maintenant une perméabilité visuelle. Réalisées en châtaignier
fendu, elles s’intègrent parfaitement dans le paysage. On s’attachera à conserver
leur dessin d’une extrême simplicité. Les portails reprennent le même principe.
On évitera les modèles préfabriqués et les matériaux standardisés (comme le PVC).
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
Les grilles
Elles concernent davantage les maisons bour-
geoises et les châteaux. On les trouve égale-
ment dans les bourgs. Elles représentent une
forme de réussite sociale.
Elles sont relativement simples, parfois ornées
de motifs plus décoratifs et le plus souvent
dans des teintes de gris, teintes à privilégier en cas de restauration.
En cas de création, ce caractère de simplicité sera le garant d’une bonne intégration.
Les jardins
La végétalisation favorise l’insertion du bâti
dans son site, et lui assure un certain confort
(ombre, protection des vents dominants). Le
jardin participe à la beauté du site, il fait partie
intégrante de l’ensemble. On choisira des
plantes rustiques et vivaces. Souvent, une
plante grimpante habille un mur ou une façade, comme la glycine, ou la vigne. Le
potager quant à lui, permet la culture des légumes et est destiné à la consommation
familiale. Le verger, planté d’arbres alignés ou en quinconce, est composé d’espèces
résistantes tenant compte du climat local et donnant des fruits goûteux.
Eviter Favoriser
n les espèces végétales locales,
n les matériaux standardisés, n les clôtures en châtaignier,
comme le PVC, n le maintien des murs en
n les modèles préfabriqués, pierre sèche, et leur création,
n les murs de béton, n les transparences,
n le béton « vert » n la simplicité des ferronneries,
(haies de thuyas), n les cours enherbées, pavées
ou en terre tassée,
n le bitume en excès. n le maintien des calades et
caniveaux de pierre. 13
*Mur gouttereau : mur sur lequel s’appuie le bord inférieur d’un toit, d’où l’eau goutte ou se déverse
quand il pleut. Il s’oppose au mur pignon.
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La transformation
des volumes
Dans tous les cas, il faudra maintenir le caractère identitaire d’origine, et intervenir
avec beaucoup de soin et de légèreté, ce qui n’exclut pas des traitements davantage
contemporains.
LES EXTENSIONS
Les adjonctions de nouveaux espaces habitables doivent être
traitées avec beaucoup de soin. Plusieurs volumétries d’adjonc-
tion sont possibles :
Extension dans la longueur
Ce type d’extension a beaucoup été exploité par le passé pour la
création de granges, de remises, etc… et peut s’effectuer par
l’utilisation de volumes différents selon le type de toiture
envisagé :
• prolongation à l’identique (volumétrie identique et faîtage dans
l’axe de la toiture existante,
• prolongation avec volume décroissant mais faîtage dans le
même sens que la toiture existante,
• extension avec un volume couvert en appentis.
Extension dans la largeur
Ces extensions doivent rester modestes, elles se traduisent par
un volume plutôt allongé et peu large de l’extension. C’est la
volumétrie et la hauteur de la construction principale qui vont
définir ses caractéristiques dimensionnelles. La toiture toujours
réalisée en appentis (sauf projet d’extension atypique) peut être
décrochée ou suivre celle du bâtiment existant.
La différenciation de l’extension par la conception d’une archi-
tecture contemporaine est envisageable. Ce choix a pour intérêt
de rendre lisible les différentes époques d’intervention. Dans ce
cas, il est fortement conseillé de s’adresser à un architecte.
Le choix des matériaux des extensions est dicté par le respect de
ceux utilisés pour la construction existante. L’utilisation de
matériaux naturels facilitera l’intégration du volume adjoint.
LES REHABILITATIONS
La reconversion de granges en habitations présente un grand attrait car elles dis-
posent de volumes généreux qui offrent de riches possibilités de projet difficilement
réalisables dans les maisons rurales. Si l’état de la construction le permet, il est
fortement souhaitable de conserver le volume d’origine. L’amputer d’une partie
serait désastreux pour ses proportions et son intégration paysagère.
Le projet devra prendre en compte les possibilités offertes par les dimensions des
ouvertures existantes qui peuvent représenter des apports de lumière non négli-
geables. De nouvelles ouvertures peuvent également être créées, il faudra alors être
très attentif à l’équilibre de la façade pour les placer le plus justement possible en
respectant les proportions du bâti existant.
Les matériaux des ouvrages neufs seront choisis en accord avec l’existant ; la pierre,
le bois, la brique, mais également des matériaux plus contemporains tel que l’acier,
l’acier cortène, l’inox, à l’exception du PVC qui est à exclure. Il est difficile de définir
une méthode pour ce type d’intervention et il est vivement conseillé de faire appel
à un professionnel tel qu’un architecte ou au CAUE.
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Restaurer, Réhabiliter, Rénover sur le Pays Sud Creusois
LES COMMERCES
Les différents types
de devanture
Dans les bourgs, les devantures sont
disposées soit en applique en façade
(les plus répandues), soit en tableaux
(prise dans la feuillure de l’ouverture).
Elles participent grandement à l’équili-
bre de la façade et leurs proportions
sont extrêmement étudiées jusque
dans le détail des bois. Devanture en applique - Ahun
Eviter
n l’amputation des
Favoriser
n le respect des caractéristiques
bâtiments, fondamentales,
n la dépose des vitrines n l’utilisation de matériaux
traditionnelles. naturels,
n les ouvertures existantes,
n l’intégration des panneaux
solaires.
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Bibliographie
Architecture / Histoire locale
La Maison et le village en Limousin de Maurice Robert. Edition Société d'ethnographie du
Limousin et de la Marche
Maisons de paysans en Creuse de Robert Guinot. Edition Lucien Souny
Millevaches en Limousin, architectures du plateau et de ses abords de l’Association
patrimoine-Inventaire-Limousin. Edition de la DRAC
Restauration / Réhabilitation
Restaurer sa maison de Yves Baret. Edition Eyrolles.
La maison ancienne construction, diagnostic, interventions de Jean Coignet. Edition Eyrolles
Réhabilitation, Arts de bâtir traditionnels, connaissances et techniques de réhabilita-
tion de Yves Coignet. Edition Edisud
Matériaux naturels de J-F Bertoncello. Edition du Rouergue
Aménager les combles de sa maison ancienne de G.Sainsaulieu. Edition Eyrolles
L'isolation bio de la maison ancienne de P. Le Goarnic. Edition Eyrolles
L'isolation thermique écologique, Conception, matériaux, mise en oeuvre - Neuf et
réhabilitation, de JP. Oliva. Edition Terre vivante
Modifier, créer des ouvertures de P. Thiebaud. Edition Eyrolles
Le guide de la restauration écologique de Myriam Burie. Edition Eyrolles
Conserver, restaurer et valoriser le bâti creusois ancien. Edition : Conseil général de la
Creuse
Guide des constructeurs - Charpente en bois et menuiserie de Mignard. Edition E Lévy
Rénover sa maison en Pays Combraille en Marche de Pays Combraille en Marche
Charte de qualité, pour la restauration du patrimoine bâti percheron du Parc naturel
régional du Perche
Guide pour la restauration et l'entretien de l'architecture rurale du Parc naturel régional
de la Brenne
Recommandations pour la restauration des façades d’immeubles et des devantures
commerciales de G.Magne. Edition CAUE Hte Vienne
Syndicat Mixte Monts et Barrages - Charte architecturale et paysagère de Agence pour
la Valorisation des Entreprises Culturelles
Techniques et savoir-faire
Maçonnerie traditionnelle de Christophe Robert et Hervé Thillard. Edition Rempart
Manuel de sensibilisation à la restauration de la maçonnerie. Edition Ministère de
la Culture et de la Communication
Chaux, mise en œuvre, enduits, décors de Jeannet. Edition Pisé, terre d'avenir
Techniques et pratiques de la chaux de l’Ecole d'Avignon. Edition Eyrolles
Le petit guide illustré de la peinture à l'ocre de Terres et couleurs. Edition Terres
et couleurs
Pierre sèche guide de bonnes pratiques de construction de murs de soutène-
ment de la CAPEB. Edition CAPEB.
Rédacteurs
Thierry Boucheron • Charlotte Cornevin • Sandrine Gras
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