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Decret 2025 080 Ess Mecie

Le décret n°2025-080 établit les règles et procédures pour l'évaluation environnementale et sociale afin d'assurer la compatibilité des investissements avec l'environnement à Madagascar. Il définit des concepts clés tels que l'absence de perte nette de biodiversité, l'adaptation et l'atténuation des changements climatiques, ainsi que les processus de consultation et de concertation avec les communautés locales. Ce cadre vise à protéger l'environnement tout en facilitant le développement durable des projets d'investissement.

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Decret 2025 080 Ess Mecie

Le décret n°2025-080 établit les règles et procédures pour l'évaluation environnementale et sociale afin d'assurer la compatibilité des investissements avec l'environnement à Madagascar. Il définit des concepts clés tels que l'absence de perte nette de biodiversité, l'adaptation et l'atténuation des changements climatiques, ainsi que les processus de consultation et de concertation avec les communautés locales. Ce cadre vise à protéger l'environnement tout en facilitant le développement durable des projets d'investissement.

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MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE

--------------------

DECRET N°2025 - 080

Fixant les règles et procédures de l'Evaluation Environnementale et Sociale, pour la


Mise en Compatibilité des Investissements avec l’Environnement ou MECIE.

LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT

Vu la Constitution ;
Vu la Loi Organique n°2004-007 du 26 juillet 2004 sur les lois de finances ;
Vu la Loi Organique n°2004-036 du 01er octobre 2004 relative à l’organisation, aux
attributions, au fonctionnement et à la procédure applicable devant la Cour Suprême et les
trois Cours la composant ;
Vu la Loi Organique n°2014-018 du 12 septembre 2014 complétée par la Loi organique
n°2016-030 du 23 août 2016 régissant les compétences, les modalités d’organisation des
Collectivités Territoriales Décentralisées et la gestion de leurs propres affaires ;
Vu la Loi n°95-017 du 25 août 1995 portant Code du Tourisme ;
Vu la Loi n°96-018 du 04 septembre 1996 portant Code Pétrolier ;
Vu la Loi n°98-004 du 19 février 1998 autorisant la ratification de la Convention de Nairobi
pour la protection, la gestion et la mise en valeur du milieu marin et des zones côtières de
l’Afrique de l’Est ;
Vu la Loi n°98-029 du 20 janvier 1999 portant Code de l’eau ;
Vu la Loi n° 99- 021 du 19 août 1999 sur la politique de gestion et de contrôle des pollutions
industrielles et ses textes d’application ;
Vu la Loi n°99-028 du 03 février 2000 portant refonte du Code maritime ;
Vu la Loi n°2001-025 du 21 décembre 2001 relative au tribunal administratif et au tribunal
financier ;
Vu la Loi n°2005-019 du 17 octobre 2005 fixant les principes régissant les statuts des terres ;
Vu la Loi n°2008-014 du 23 juillet 2008 relative au domaine privé de l'État, des Collectivités
Décentralisées et des personnes morales de Droit public ;
Vu la Loi n° 2011-002 du 15 Juillet 2011 portant Code de la Santé Publique et ses textes
d’application ;
Vu la Loi n°2014-021 du 12 septembre 2014 relative à la représentation de l'État et ses
textes d’application ;
Vu la Loi n°2014-020 du 27 septembre 2014 modifiée par la Loi n°2015-008 du 1er avril
2015 relative aux ressources des Collectivités Territoriales Décentralisées, aux modalités
d’élections, ainsi qu’à l’organisation, au fonctionnement et aux attributions de leurs organes ;
Vu la Loi n°2015-003 du 19 février 2015 portant Charte de l'Environnement
Malagasy actualisée et ses textes d’application ;
Vu la Loi n°2015-005 du 26 février 2015 portant refonte du Code de Gestion des Aires
Protégées et ses textes d’application ;

1
Vu la Loi n° 2015 – 051 du 03 février 2016 portant Orientation de l’Aménagement du
Territoire et ses textes d’application ;
Vu la Loi 2015-052 du 03 février 2016 relative à l’Urbanisme et à l’Habitat et ses textes
d’application ;
Vu la Loi n°2015-053 du 03 février 2016 portant Code de la pêche et de l’aquaculture ;
Vu la Loi n° 2015-031 du 12 février 2016 relative à la Politique Nationale de Gestion des
Risques et des Catastrophes et ses textes d’application ;
Vu la Loi n°2016-020 du 22 août 2016 sur la Lutte contre la Corruption ;
Vu la Loi° 2019-008 du 16 janvier 2020 relative à la lutte contre les Violences Basées sur le
Genre et ses textes d’application ;
Vu la Loi n°2021-034 du 27 janvier 2022 relative à la promotion du logement à Madagascar ;
Vu la Loi n° 2022 - 013 du 1er juillet 2022 portant refonte des règles fixant le régime juridique
de la propriété foncière privée non titrée et ses textes d’application ;
Vu la Loi n°2023-002 du 27 juillet 2023 sur les investissements à Madagascar ;
Vu la Loi n° 2023-007du 27 juillet 2023 portant refonte du Code Minier et ses textes
d’application ;
Vu la Loi n° 2024-014 du 14 août 2024 portant Code du travail ;
Vu l’Ordonnance n°60-146 du 03 Octobre 1960 relative au régime foncier de
l’immatriculation et ses textes d’application ;
Vu l’Ordonnance n°62-023 du 19 septembre 1962 relative à l'expropriation pour cause
d'utilité publique, à l'acquisition à l'amiable de propriétés immobilières par l'État ou les
collectivités publiques secondaires et aux plus-values foncières et ses textes d’application ;
Vu le Décret n° 63-030 du 16 janvier 1963 modifié et complété par le décret n° 64-339 du 24
septembre 1964 et n°2021-689 du 30 juin 2021 fixant les modalités d’application de
l’ordonnance n°62-023 du 19 septembre 1962 relative à l’expropriation pour cause d’utilité
publique, à l’acquisition à l’amiable des propriétés immobilières par l’Etat ou des Collectivités
secondaires et aux plus-values foncières ;
Vu le Décret n°95-695 du 03 novembre 1995 portant ratification de la Convention sur la
Diversité Biologique ;
Vu le Décret n° 98-261 du 24 mars 1998 portant ratification de la Convention de Ramsar,
relative aux zones humides d'importance internationale particulièrement comme habitats des
oiseaux d'eau ;
Vu le Décret n° 98-1062 du 18 décembre 1998 portant ratification de la Convention cadre
des Nations Unies sur les changements climatiques adoptée à New York le 09 mai 1992 ;
Vu le Décret n°2003-439 du 27 mars 2003 instituant une Cellule Environnementale au sein
de chaque Ministère ;
Vu le Décret n° 2008-600 du 23 juin 2008 modifié par le Décret n°2019-1393 du 17 juillet
2019 relatif à la création et à l'organisation de l’Office National pour l’Environnement ou
ONE ;
Vu le Décret n° 2010-233 du 24 avril 2010 portant application de la loi n°2008-014 du 23
juillet 2008 sur le domaine privé de l’Etat, des Collectivités Décentralisées et des personnes
morales de droit public ;
Vu le Décret n°2014-1588 du 25 novembre 2014 portant création du Comité National sur le
Changement Climatique à Madagascar ;
Vu le Décret n°2014-1822 du 4 décembre 2014 portant refonte des statuts de l’Economic
Development Board of Madagascar ou EDBM ;
Vu le Décret n° 2015 - 957 du 16 juin 2015 relatif à la Structure Locale de Concertation des
Collectivités territoriales décentralisées ;
Vu le Décret n°2015-1308 du 22 septembre 2015 fixant la Politique Nationale de
l'Environnement pour le Développement Durable ou PNEDD ;

2
Vu le Décret n°2016-1188 du 09 septembre 2016 portant ratification de l’Accord de Paris de
la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques ;
Vu le Décret n°2017-566 du 11 juillet 2017 fixant les missions de contrôle et d’inspection des
Techniciens de l’Environnement ainsi que les modalités de transaction ;
Vu le Décret n°2022-482 du 06 avril 2022 fixant les attributions du Ministre de
l’Environnement et du Développement Durable, ainsi que l’organisation générale de son
Ministère ;
Vu le Décret n°2023-255 du 15 mars 2023 portant Gestion des Investissements Publics ou
GIP ;
Vu le Décret n° 2023-851 du 05 juillet 2023 fixant les régimes juridiques de réserves
foncières pour l’habitat, les nouvelles villes et les nouveaux pôles ;
Vu le Décret n°2024-1456 du 12 Juillet 2024 portant nomination du Premier Ministre, Chef du
Gouvernement ;
Vu le Décret n°2024-1612 du 22 août 2024 portant nomination des membres du
Gouvernement ;
Vu le Décret n°2024-1808 du 22 octobre 2024 portant création, composition, organisation et
fonctionnement du Comité Interministériel de l’Environnement ou CIME ;

Sur proposition du Ministre de I ‘Environnement et du Développement Durable ;


En Conseil de Gouvernement.

DECRETE

TITRE PREMIER

DISPOSITIONS GENERALES

Article premier - Le présent Décret, ainsi que ses annexes qui en font partie intégrante, fixe
les règles et procédures applicables à l’évaluation environnementale et sociale pour la mise
en compatibilité des investissements avec l’environnement.

Article 2 - Au sens du présent Décret, on entend par :

 Absence de Perte Nette de Biodiversité : Principe selon lequel les impacts négatifs
résiduels sur la biodiversité, après application de la hiérarchie d'atténuation, doivent
être compensés selon la séquence Evitement, réduction et compensation ou ERC
pour garantir qu'il n'y ait aucune perte nette de biodiversité par rapport aux conditions
de référence.

 Adaptation aux changements climatiques : Ajustement des systèmes naturels ou


des systèmes humains en réponse à des stimuli climatiques présents ou futurs ou à
leur effet, afin d’atténuer les effets néfastes ou d’exploiter des opportunités
bénéfiques.

 Atténuation des changements climatiques : Mesures pour réduire ou éviter


l’émission ou la production des gaz à effet de serre ou GES, ou pour développer les
puits de carbone qui les éliminent de l'atmosphère ;

 Audience publique : Processus de participation qui permet au public et aux parties


prenantes de présenter leurs points de vue, leurs préoccupations, et leurs
suggestions concernant les impacts significatifs et enjeux environnementaux et
sociaux d’un projet spécifique, plan, programme ou politique.

3
 Audit environnemental de fermeture : Évaluation systématique visant à analyser
les impacts environnementaux d'un site à la fin de son exploitation. Cet audit permet
de :

- Identifier et évaluer les risques environnementaux liés à la fermeture du site, tels


que la contamination des sols ou des eaux.

- Proposer des mesures correctives ou de réhabilitation pour minimiser les impacts


résiduels.

- Vérifier la conformité avec les réglementations environnementales en vigueur.

- Établir un plan de gestion pour assurer une transition vers un état stable et
durable après la fermeture.

L'objectif principal est de garantir que la fermeture du site se fasse de manière


responsable, en protégeant la santé humaine et l'environnement.

 Autorisation environnementale : Acte administratif délivré par le Ministère de tutelle


de l’activité à l’issue d’une évaluation environnementale et sociale favorable du
Programme d’Engagement Environnemental et Social par la Cellule
Environnementale Sectorielle.

 Cahier des Charges Environnementales et Sociales ou CCES : Document élaboré


par l’Office National pour l’Environnement ou ONE et le Comité Technique
d’Evaluation ou CTE sur la base du Plan de Gestion Environnementale et Sociale ou
PGES du projet définissant les obligations, les engagements, et les mesures à la
charge du promoteur du projet. Ce document est annexé au permis ou à l’autorisation
environnemental et fait partie intégrante des conditions de conformité à respecter. Le
CCES vise à prévenir, réduire ou compenser les impacts environnementaux et
sociaux que pourrait générer le projet. Il inclut généralement : (i) Les exigences
environnementales ; (ii) Les exigences sociales ; (iii) Les mécanismes de suivi et
d’évaluation ; (iv) Les sanctions ou pénalités en cas de non-respect des
engagements. Des Plans de Gestion Environnementale et Sociale spécifiques
peuvent être demandés dans le CCES suivant la spécificité technique du projet. Un
CCES peut également être annexé à l’autorisation délivrée par le Ministère sectoriel
pour le cas des Programmes d’Engagement Environnemental et Social ou PREES.

 Catégorisation : Procédure qui permet d’identifier si un projet doit faire l’objet d’une
Etude d’Impact Environnemental et Social ou EIES ou Projet de catégorie A, d’un
PREES ou Projet de catégorie B, un projet qui est considéré comme ayant des
impacts environnementaux et sociaux négligeables ou inexistants ou Projet de
catégorie C.

 Changements climatiques : Par changements climatiques, les Nations Unies


entendent des changements du climat qui sont attribués directement ou indirectement
à une activité humaine altérant la composition de l'atmosphère mondiale et qui
viennent s'ajouter à la variabilité naturelle du climat observée au cours de périodes
comparables.

 Comité « loharano » ou Komity Loharano : Instance de gestion participative ayant


pour rôle d’appuyer les responsables au sein du Fokontany, de mener des enquêtes
sur la situation locale, et de proposer des solutions aux Autorités supérieures

4
concernant les questions et actions sociales, la sécurité, les infrastructures,
l’environnement, l’eau, l’assainissement et l’hygiène. Le Comité est créé au niveau du
Fokontany, composé d’au moins de neuf membres proposés par le Chef du
Fokontany, qui dirige le Comité.

 Communauté locale : Désigne un ensemble de personnes vivant en collectivité dans


une même zone géographique, partageant des liens culturels, sociaux, historiques,
économiques et/ou environnementaux, et ayant un intérêt commun dans la gestion et
l'usage des ressources locales. Dans le cadre d'un projet de développement ou d'une
évaluation environnementale, la communauté locale inclut :

- Les résidents de la zone d'influence directe ou indirecte du projet, incluant les


ménages, les travailleurs, les agriculteurs, les pêcheurs, et autres acteurs
économiques locaux.

- Les groupes sociaux distincts comme les femmes, les jeunes, les personnes
âgées, et les personnes vulnérables, ayant souvent des besoins et des
préoccupations spécifiques.

- Les organisations communautaires locales, telles que les associations, les


groupements traditionnels comme le Fokonolona, les structures locales de
concertations, et les comités de développement locaux.

 Compensation de Biodiversité ou Offset : Mesures de mise en œuvre pour


compenser, dans la mesure du possible, les impacts négatifs résiduels des politiques,
plans, programmes ou projets d’investissement sur la biodiversité qui ne peuvent être
évités, minimisés, ou restaurés, dans le but d'atteindre une situation de " Absence de
Perte Nette" ou « Gain Net » de la biodiversité.

 Concertation : Processus plus interactif où le public concerné et les parties


prenantes participent activement à la co-construction des solutions. Elle peut prendre
la forme d’ateliers de travail, de forums de discussion.

 Conflit : Situation complexe et prolongée, impliquant des divergences d’intérêts ou


de valeurs entre plusieurs parties. Il peut découler de plaintes non résolues ou d'une
opposition plus large à la mise en œuvre du Cahier des Charges Environnementales
et sociales ou CCES et peut prendre la forme de litiges, de résistances ou de
tensions sociales.

 Consultation : Processus permettant au public d’émettre son avis et soumettre des


commentaires ou préoccupations sur des aspects environnementaux et sociaux, des
politiques, plans, programmes et projet. La consultation peut se réaliser sous forme
de réunions publiques, de soumission d’avis écrits, de consultations des documents
en ligne, dans les centres d’information, ou directement dans les locaux où se
déroule la procédure de participation du public.

 Enquête publique : Processus de participation ayant pour but de recueillir les avis et
les commentaires du public et des parties prenantes concernés sur des projets,
plans, programmes ou politiques qui peuvent avoir un impact important sur
l'environnement ou sur les communautés locales concernées.

 Étude d'Impact Environnemental et Social ou EIES : Étude qui consiste en


l’analyse scientifique et préalable des impacts potentiels prévisibles d’une activité

5
donnée sur l’environnement et le milieu social, et en l’examen de l’acceptabilité de
leur niveau et des mesures d’atténuation permettant d’assurer l’intégrité de
l’environnement et le bien-être des communautés locales dans les limites des
meilleures technologies à un cout économiquement acceptable. Elle s’effectue avant
toute prise de décision ou d’engagement important.

D’une manière plus détaillée, c’est un processus d'analyse systématique de l’état


initial ou de référence des impacts environnementaux, sanitaires, climatiques, et
sociaux d'un projet et/ou d’une activité donnée spécifique et l’examen de
l’acceptabilité de leur niveau et des mesures d’atténuation d’évitement, de réduction,
de remise en état ou restauration, et si nécessaire compensation au titre de la
biodiversité, des problématiques sociales et des services éco systémiques associés.

 Évaluation Environnementale et Sociale Stratégique ou EESS : Processus


systématique d’évaluation des conséquences environnementales des propositions de
politiques, plans ou programmes au stade le plus précoce possible des prises de
décisions, tout en considérant les conséquences économiques et sociales. Cette
évaluation comprend l'identification des questions clés, les limites géographiques et
temporelles, l'examen des alternatives, ainsi que la concertation avec les parties
prenantes. L’EESS peut être un processus en amont de la démarche d’EIES.

 Gain Net : Objectif consistant à aller au-delà de la simple compensation des pertes
de biodiversité en créant des gains de biodiversité mesurables qui excèdent les
pertes initiales, contribuant ainsi à une amélioration globale de la biodiversité.

 Groupe vulnérable : Désigne une population ou une catégorie d'individus qui, en


raison de leur statut socio-économique, de leur âge, de leur genre, de leur handicap
ou de leur situation géographique, est particulièrement exposée à des risques ou des
difficultés spécifiques.

 Guichet unique : Entité créée à l’effet de rassembler en un seul lieu des taches
éparses, de les placer sous la seule autorité d’un organisme et d’établir ainsi une
structure opérationnelle et efficace.

 Investissement matériel : Acquisition de biens physiques tangibles utilisés dans le


cadre d'une activité économique pour produire des biens ou services. Ces biens
incluent, par exemple, des machines, des équipements, des véhicules, des
infrastructures, des bâtiments ou tout autre matériel nécessaire au bon
fonctionnement d'une entreprise ou d'un projet.

L'investissement matériel est généralement considéré comme un investissement à


long terme, car ces actifs sont destinés à être utilisés sur plusieurs années. Ces
investissements permettent d'améliorer la capacité de production ou de moderniser
l'outil de travail, et leur amortissement est réparti sur la durée d'utilisation du bien.

 Norme : Référentiel officiel publié par un organisme indépendant et reconnu. Les


normes tant nationales qu’internationales ainsi que les directives en matière
environnementale sont portées à la connaissance du public par tout moyen conforme
à la réglementation en vigueur. Les normes préconisées en la matière par les
organismes internationaux affiliés aux Nations Unies peuvent servir de standard de
référence, dans les cas où les normes nationales sont inexistantes ou font défaut.

6
 Parties prenantes : Les personnes ou groupes de personnes impliquées par la mise
en œuvre du projet, ou participant directement ou indirectement, à son
développement y compris : les communautés locales, incluant toutes les couches de
la population dont les hommes, femmes, jeunes, personnes âgées, personnes
vulnérables et autres, vivant à proximité du site du projet ou dans les zones d'impact,
les Autorités locales et nationales, les promoteurs de projets, les organisations
syndicales représentatives des travailleurs dans le lieu d’implantation des projets, les
organisations de la société civile, notamment les associations communautaires, les
ONG, et les groupes de défense de l'environnement ou des droits humains, les
experts et consultants, les acteurs économiques, les institutions internationales ou
bailleurs de fonds.

 Permis Environnemental : Acte administratif délivré par l’ONE sur délégation du


Ministre en charge de l’Environnement, et à la suite d’une évaluation favorable de
l’EIES par le CTE.

 Personnes Affectées par le Projet ou PAP : Individus ou groupes dont les


conditions de vie, les biens, les moyens de subsistance, l'environnement ou les droits
sont directement ou indirectement impactés, positivement ou négativement, par la
mise en œuvre d'un projet d’investissement. Peuvent en être concernées les
personnes déplacées, les communautés locales, les travailleurs, ou toute autre partie
prenante subissant des conséquences socio-économiques ou environnementales
liées au projet.

 Plainte : Réclamation spécifique exprimée par un individu ou un groupe,


généralement en réponse à un problème ou un désagrément particulier lié à
l’exécution du projet ou à celle du CCES. Elle est souvent ponctuelle et limitée à un
sujet spécifique, comme la pollution, le bruit ou des problèmes de compensation.

 Plan de Gestion Environnementale et Sociale ou PGES : Constitue la base du


CCES du projet et consiste en un programme de mise en œuvre et de suivi des
mesures envisagées par l’EIES ou le PREES pour supprimer, réduire, restaurer et
éventuellement compenser les conséquences dommageables résiduelles du projet et
de ses activités sur l’environnement physique et biologique ; en visant notamment
l’absence de perte nette de biodiversité et sur le volet social.

 Politiques, Plans et Programmes ou PPP : Cadres stratégiques à différents


niveaux de prise de décision qui orientent le développement et la gestion des
ressources. L'EESS s'applique à ces PPP pour évaluer leurs impacts potentiels sur
l'environnement et la société.

 Programme d’Engagement Environnemental et Social ou PREES : EIES


simplifiée gérée directement par la Cellule Environnementale du Ministère sectoriel
dont relève la tutelle de l’activité, qui consiste en l’engagement du promoteur de
prendre certaines mesures d’atténuation des impacts de son activité sur
l’environnement et sur les aspects sociaux, ainsi que des mesures éventuelles de
réhabilitation du lieu d’implantation.

 Projet : Tout investissement ou toute activité, installation, aménagement ou ouvrage,


gestion de ressources naturelles qui, en raison de sa nature, de son envergure, et/ou
de son milieu d’implantation, peut être générateur de pollution, de dégradation de
l'environnement ou de répercussions sociales.

7
 Promoteur : Maître d’ouvrage du projet concerné, public ou privé. Il est aussi le
porteur de projet désignant la personne morale ou physique de droit public ou de droit
privé qui adresse une demande d’autorisation en son nom auprès des pouvoirs
publics, et dont il conserve la responsabilité.

 Public : Personnes physiques ou morales pouvant être affectées, concernées ou


pouvant avoir un intérêt par l’implantation ou l’exécution de projets : communautés
locales, entreprises, groupements, associations, les Organisations de la Société
Civile et ONG.

Le public concerné est celui qui est touché ou risque d’être touché par les décisions
prises en matière d’environnement, ou qui a intérêt à faire valoir à l’égard du
processus décisionnel.

 Quitus Environnemental : Acte administratif d’approbation par lequel l’ONE qui a


accordé le Permis Environnemental, reconnaît l’achèvement, la régularité et
l’exactitude des travaux de réhabilitation, et de l’effacement de passifs
environnementaux et sociaux entrepris par le promoteur et dégage ce dernier de sa
responsabilité environnementale et sociale envers l’État.

 Séquence “ERC” : Approche hiérarchique de gestion des impacts


environnementaux. Cette séquence vise à garantir une approche systématique et
équilibrée pour limiter les effets des projets sur l'environnement. Elle impose, dans
l'ordre suivant :
o L’évitement d’impacts négatifs sur l'environnement lorsqu'il est possible de le
faire,
o La réduction des impacts résiduels au minimum, et la restauration des sites ou
écosystèmes affectés pour rétablir leur état écologique,
o La compensation des impacts résiduels inévitables par des mesures
compensatoires appropriées.

 Valeurs-limites : Seuils admissibles d’émissions ou les concentrations d’éléments


qu’un milieu récepteur peut accepter conformément aux dispositions légales et
réglementaires nationales en vigueur. En cas de lacunes ou d'absence de normes
nationales spécifiques, il peut être fait référence aux standards internationaux
reconnus, dans le respect des principes de précaution et de protection de
l'environnement.

 Vulnérabilité : Désigne l'aptitude d'un milieu, d'un bien, d'une personne à subir un
dommage à la suite d'un événement, naturel ou anthropique.

 Zones de grande valeur pour la conservation de la biodiversité : Habitats


critiques qui contiennent les zones-clés pour la biodiversité ou ZCB et les zones
répondant aux critères ZCB.

 Zones-clés pour la biodiversité, ZCB ou KBA : Sites contribuant de manière


significative à la persistance de la biodiversité à l'échelle mondiale dans les
écosystèmes terrestres, d’eaux douces et marines. La norme mondiale pour
l'identification des zones clés pour la biodiversité de l’Union Internationale pour la
Conservation de la Nature ou UICN définit des critères convenus à l'échelle mondiale
pour l'identification des ZCB dans le monde entier.

8
 Zones sensibles : Zones répondant aux critères définis par acte règlementaire.

Article 3 - En application des dispositions des articles 3, 4 et 13 de la Loi n°2015-003 du 19


février 2015 portant Charte de l'Environnement Malagasy actualisée, le présent décret vise
à:

- établir le cadre juridique, les règles et les procédures pour l'évaluation


environnementale et sociale.
- préciser les rôles et attributions des institutions et organes habilités à cet effet ;

- veiller à ce que les parties prenantes concernées soient informées et participent de


façon significative et continue au processus d’évaluation environnementale et
sociale ;

- identifier, évaluer et recommander des mesures pour éviter, réduire, restaurer et,
éventuellement, compenser, suivant la « séquence ERC », les conséquences
dommageables d'un projet, afin de les ramener à des niveaux acceptables au
préalable ;
- intégrer l'objectif “Absence de Perte Nette – Gain net" de biodiversité dans
l'application des mesures "ERC" des projets et avec un haut niveau de vigilance pour
les projets se trouvant au niveau des zones de grande valeur pour la conservation de
la biodiversité qui sont des zones classées comme habitats critiques contenant des
zones-clés pour la biodiversité ou ZCB et les zones répondant aux critères ZCB".

- assurer la prise en compte des considérations climatiques dans les processus


d'évaluation.

A ce titre, le présent décret s’applique :

- A l'évaluation Environnementale et Sociale Stratégique ou EESS ;

- A l’étude d’Impact Environnemental et Social ou EIES des projets d’investissements,


publics ou privés, susceptibles d'avoir des impacts environnementaux et sociaux
significatifs, notamment, sur la communauté locale, la santé publique, la biodiversité,
les terres, le sol, le sous-sol, l’eau, l’air, le climat, les biens matériels, le patrimoine
culturel et paysager ;

- Au Programme d’Engagement Environnemental et Social ou PREES des projets


susceptibles d’avoir de moindres impacts environnementaux et sociaux.

Article 4 - Le processus d’évaluation environnementale et sociale examine les enjeux


environnementaux et sociaux pertinents à étudier.

Celle-ci prend la forme, soit d’une EIES, soit d’un PREES, selon la catégorisation des projets
prévue par le présent Décret.

Article 5 - La catégorisation des projets d’investissements distingue :

- Les projets d’investissements de la catégorie A qui sont soumis à l’EIES et dont


l’évaluation relève de l’ONE et du Comité Technique d’Évaluation ad ‘hoc ou CTE.
Ces projets sont susceptibles d'avoir des impacts négatifs significatifs sur
l’environnement et les communautés locales nécessitant une EIES approfondie ;

9
- Les projets d’investissements de la catégorie B, qui sont soumis au PREES et dont
l’évaluation relève de la Cellule Environnementale du Ministère de tutelle de l’activité
concernée. Ces projets ont des impacts potentiels limités ou modérés nécessitant
une EIES simplifiée ;

- Les projets d’investissements de la catégorie C qui doivent se conformer aux


règlementations sectorielles liées à leurs activités, ainsi qu’à celles des Communes
d’implantation. Ces projets sont peu ou pas susceptibles d'avoir des impacts négatifs
significatifs, et de ce fait, ne nécessitent ni EIES ni PREES mais font l’objet de
prescriptions environnementales suivant les secteurs concernés.

La catégorisation tient compte de la nature technique, de l’envergure des projets ainsi


que de la sensibilité du milieu d’implantation.

TITRE II

DISPOSITIONS COMMUNES

CHAPITRE PREMIER

DES ORGANES DE MISE EN ŒUVRE

Section première

Ministère en charge de l’Environnement

Article 6 - Le Ministère en charge de l’Environnement représente l’État dans le processus de


Mise en Compatibilité des Investissements avec l’Environnement (MECIE).

Il définit les directives techniques environnementales et sociales, sur proposition de l’ONE.

§.1-Évaluation Environnementale et Sociale Stratégique ou EESS

Article 7- Un Comité Interministériel de l’Environnement ou CIME assure la coordination


entre les différents Ministères et institutions publiques impliqués dans l’EESS. Il a pour
mission de veiller à ce que les décisions en matière de PPP tiennent compte de manière
rigoureuse des considérations environnementales et sociales, tout en garantissant la
cohérence des actions gouvernementales à travers les différents secteurs concernés.

Article 8- Le Ministère en charge de l’Environnement supervise et coordonne l'ensemble du


processus d'EESS pour les PPP nationaux et sectoriels.

La coordination concerne également, les organismes publics, les entités reconnues d’utilité
publique, la société civile, et le secteur privé à tous les niveaux.

Le Ministère en charge de l’Environnement évalue la qualité des rapports, la pertinence des


analyses, ainsi que l'efficacité et l’efficience des mesures d'atténuation proposées, pour
s'assurer qu'ils respectent les exigences environnementales et sociales.

Article 9 - Le Ministère en charge de l’Environnement fournit un soutien technique et


méthodologique pour la conduite des EESS, promeut la transparence et l'inclusivité dans le
processus d'EESS en encourageant l’information et la participation des parties prenantes, y
compris les communautés locales, les structures de concertation locales, les collectivités
territoriales décentralisées, les organisations syndicales représentatives des travailleurs dans

10
le lieu d’implantation des projets, les organisations de la société civile et les membres du
secteur privé.

Article 10 - Le Ministère en charge de l’Environnement assure le suivi et l'évaluation des


PPP pour vérifier que les recommandations et les mesures d'atténuation issues des EESS
sont mises en œuvre de manière effective et atteignent leurs objectifs de protection de
l'environnement et de développement social.

Article 11 - Le Ministère en charge de l’Environnement s'assure que les EESS incluent une
évaluation des impacts environnementaux et sociaux cumulatifs des politiques, plans et
programmes qui permet de comprendre les effets à long terme et les interactions entre
différents projets et initiatives.

Article 12 - Le Ministère en charge de l’Environnement est investi de la mission de


développer ou de mettre à jour les instruments politiques, stratégiques et juridiques visant à
renforcer la gouvernance environnementale, climatique et sociale.

Il veille à l’intégration de ces dimensions de manière coordonnée au sein de tous les


secteurs ainsi qu’au niveau des Collectivités Territoriales Décentralisées. À ce titre, il a la
responsabilité de veiller à ce que les PPP des secteurs public et privé intègrent les
considérations environnementales et sociales.

Article 13 - Le Ministère en charge de l’Environnement collabore avec les organisations


internationales, les agences de développement, et les partenaires régionaux pour aligner les
pratiques nationales d’EESS aux normes internationales et mobiliser des ressources
financières et techniques pour soutenir les évaluations.

§2.- Étude d’impact environnemental et social ou EIES et Programme d’engagement


environnemental et social ou PREES

Article 14 - Le Ministère en charge de l’Environnement, en tant qu’Autorité administrative


compétente et Maitre d’ouvrage dans le contexte de l’évaluation environnementale et sociale
est chargé, entre autres :

- de la supervision de l'ONE et du contrôle de la mise en œuvre du processus MECIE.


Il participe également au suivi des projets soumis à l’EIES coordonnés par l’ONE ;
- du suivi des PREES relevant de ses attributions ministérielles ;
- du contrôle environnemental des projets d’investissements à travers la structure de
contrôle environnementale concernée.

Le Ministère en charge de l’Environnement est systématiquement informé de la mise en


œuvre des PREES relevant des autres départements ministériels. À ce titre, il reçoit les
rapports relatifs à l’exécution de ces PREES.

Section 2

Ministère en charge des Finances

Article 15 - Le Ministère en charge des Finances procède à l’analyse de conformité des


projets d’investissement publics. Pour les investissements publics, les fonds nécessaires
pour la réalisation des EIES et EEES doivent être prévus dans le budget de chaque
Administration publique tel que prévu dans les articles 88 et 112.

11
A cet effet, le Ministère en charge des Finances garantit la disponibilité des fonds
nécessaires à la mise en compatibilité des projets d’investissement public avec
l’environnement.

Article 16 - Tout projet d’investissement public soumis pour inscription dans la Loi de
Finances auprès du Ministère en charge des Finances doit avoir été soumis à la phase de
catégorisation auprès de l’ONE.

La lettre de notification de catégorisation de l’ONE doit figurer parmi les documents soumis
au Ministère en charge des Finances, ainsi qu’à l’Autorité en charge des Programmes
d’Investissement Public ou PIP.

A cet effet, les projets d’investissements publics inscrits au titre de la Loi de Finances doivent
prévoir le budget relatif à la mise en compatibilité avec l’environnement, notamment la
réalisation de l’EESS, de l’EIES ou du PREES, y compris les frais d’évaluation, de suivi et de
contrôle des projets, ainsi que les éventuels frais liés à la compensation.

A ce titre, ce budget doit impérativement être inscrit pour régularisation dans le cadre de la
Loi de Finances Initiale ou Rectificative la plus proche. En cas de besoin, et si l’urgence le
requiert, ledit budget est pris en charge par celui du Ministère de l’Economie et des
Finances, après autorisation en Conseil des Ministres.

Article 17 - Le Ministère en charge des Finances est membre du Comité Technique


d’Évaluation ad’hoc ou CTE prévu par les articles 24 et suivants du présent décret, en tant
que de besoin, et peut évaluer l’impact économique des mesures proposées dans le cadre
des évaluations environnementales et sociales, notamment les projets publics et les impacts
fiscaux.

Section 3

Office National pour l’Environnement

Article 18 - L’Office National pour l’Environnement ou ONE assure la mise œuvre de la Mise
En Compatibilité des Investissements avec l’Environnement ou MECIE.

L’ONE est un organisme opérationnel, maître d’ouvrage délégué et guichet unique de


l’Évaluation Environnementale et Sociale dans le cadre de la mise en œuvre de la MECIE.

A cet effet, l’ONE est chargé, entre autres, de :

- La catégorisation de tous les projets d’investissement ;


- La coordination de l’évaluation des dossiers d’EIES des projets de catégorie A ;
- L’organisation des travaux du CTE dans l’évaluation des dossiers d’EIES ;
- La rédaction du Cahier des Charges Environnementales et Sociales ou CCES en
langue malagasy et en langue française ;
- La délivrance des Permis Environnementaux ;
- La coordination du Comité de Suivi Environnemental et Social ou CSES et du suivi de
la conformité des CCES des projets ;
- La gestion de plaintes des projets disposant d’un Permis Environnemental ;
- La délivrance des quitus environnementaux.

L’ONE contribue à la promotion de l’EESS et fournit des conseils et expertises.

12
L'ONE a également pour mission de garantir la mise en conformité de l'ensemble des projets
avec les exigences environnementales et sociales, y compris ceux n'ayant pas respecté les
procédures d'évaluation préalables. Il est habilité à intervenir et à réintégrer dans le
processus de mise en conformité tout projet qui doit être soumis aux exigences du présent
décret.

Article 19 - L’ONE, en collaboration avec les Ministères sectoriels concernés, est chargé de
proposer les valeurs-limites. Il élabore les normes environnementales de référence, en
concertation avec les organismes ou entités spécialisés tel que le Bureau des Normes de
Madagascar, propose au Ministère en charge de l’environnement les directives techniques
environnementales et sociales, et assure le suivi et l’évaluation de l’applicabilité des normes
et procédures sectorielles exigées pour la mise en compatibilité des investissements avec
l’environnement.

- Les valeurs-limites sont les seuils admissibles d’émissions, y compris les émissions
de gaz à effet de serre ou les concentrations d’éléments qu’un milieu récepteur peut
accepter. Ces seuils et concentrations proposés par l’ONE sont fixés par Arrêté du
Ministre chargé de l’Environnement en concertation avec les ministères sectoriels
concernés ;

- Les normes tant nationales qu’internationales sont des référentiels officiels publiés
par des organismes indépendants et reconnus. Les normes et les directives en
matière environnementale sont portées à la connaissance du public par tout moyen ;

- A défaut de normes nationales en la matière, les normes internationales peuvent


servir de standard de référence, dans la mesure de leur cohérence avec le contexte
biogéographique malagasy.

Article 20 - Toutes les informations et données issues des études relatives aux évaluations
des dossiers d’Étude d’Impact Environnemental et social, provenant des secteurs privé et
public, sont centralisées au niveau de l’ONE pour le suivi de l’état de l’environnement.

L’ONE, en tant qu’organisme mandaté, assure ensuite la diffusion de ces informations


conformément aux orientations stratégiques définies par le Ministère en charge de
l’Environnement.

Section 4

Cellules environnementales sectorielles

Article 21 - La Cellule Environnementale au sein de chaque Ministère, est chargée d’intégrer


notamment les dimensions sectorielles et sociales relevant de son ministère d’origine dans le
processus d’évaluation environnementale et sociale et émet l’avis technique y afférent.

Conformément aux dispositions du Décret n°2003-439 du 27 mars 2003 instituant une


Cellule Environnementale au sein de chaque Ministère susvisé, ladite Cellule est instituée
dans l’organigramme de chaque ministère.

Elle exerce ses attributions et fonctionne selon les modalités prévues par le décret n° 2003-
439 précité. A ce titre, elle examine et statue notamment sur le dossier PREES de son
ressort et procède à toutes les diligences y afférentes dans le respect des dispositions
légales régissant l’activité concernée. Elle assure, entre autres, le contrôle des projets
d’investissement relevant de la compétence de son Ministère de rattachement.

13
À cet effet, elle dispose des moyens adéquats pour assurer la préservation de
l’environnement, la lutte contre les changements climatiques, la conservation de la
biodiversité, la promotion du bien-être des communautés locales ainsi que la sécurité au
travail. La mise en place de la nouvelle structure de la cellule environnementale,
conformément aux dispositions du présent décret, doit être effectuée dans un délai d'un (01)
an à partir de sa publication. En attendant la constitution de ladite cellule, chaque ministère
est tenu de désigner une structure appropriée chargée d’assurer ce rôle.

Article 22 - L’assemblée des Cellules environnementales des différents Ministères constitue


la Plateforme des Cellules environnementales sectorielles qui sert d’interface et d’appui
conseil, notamment aux Autorités environnementales, aux opérateurs et autres partenaires.

Article 23 - La Cellule environnementale sectorielle est membre du Comité Technique


d’évaluation environnementale ad ’hoc et du Comité de Suivi Environnemental et Social ad
hoc prévus par le présent Décret et coordonnés par l’ONE.

Section 5

Comités

Article 24 - Dans le cadre de l’application du présent Décret, il est créé un Comité


Technique d’Évaluation ad’hoc ou CTE et un Comité de Suivi Environnemental et Social
ad’hoc ou CSES. Lorsqu’une antenne régionale de l’ONE est implantée au niveau d’une
Région, il peut être créé un CTE Régional et un CSES Régional composés des services
techniques déconcentrés.

Afin d’assurer une exécution rapide et efficace des processus d’évaluation, pour les dossiers
recevables techniquement et administrativement, un délai maximal de quinze (15) jours
ouvrables à compter de la réception des dossiers d’évaluation est imparti pour la constitution
des comités techniques d’évaluation.

Les membres des comités techniques d’évaluation et des comités de suivi environnemental
et social doivent être sélectionnés sur la base de critères objectifs garantissant leur expertise
et leur indépendance.

A cet effet, chaque membre doit justifier d’une formation ou d’une expérience pertinente dans
les domaines de l’environnement, des sciences sociales ou de la gestion de projets. En
outre, aucun membre ne pourra être sélectionné s’il existe un conflit d’intérêts manifeste ou
potentiel avec les projets évalués.

Ces comités sont composés des membres des Cellules Environnementales du Ministère de
tutelle de l’activité concernée et des autres Ministères sectoriels concernés par le projet, du
Ministère en charge de l’Environnement et de l'ONE.

Les Cellules Environnementales membres de ces comités, disposant des qualités requises
pour assurer leur mission, sont nommées pour un mandat d’un (01) an effectif au début de
l’année en exercice par leur Ministère d’origine. Le mandat est renouvelé annuellement et la
procédure de nomination des membres est engagée un (01) mois avant le renouvellement.

Le Ministère concerné doit notifier officiellement l’ONE en cas de changement d’un ou des
membres de sa Cellule Environnementale.

Article 25 - Chaque membre des comités prévus à l’article 24 perçoit, selon les cas, des
jetons de présence, des indemnités de mission, ainsi que des frais de déplacement pour

14
toutes activités liées au processus d’évaluation et de suivi environnemental. Ces dépenses
sont prises en charge par l’ONE, et les montants sont fixés et délibérés par son Conseil
d’Administration.

L’ONE est responsable des dépenses liées à l'évaluation et au suivi environnemental,


conformément aux principes et à l'organisation en vigueur au sein de l’ONE.

§1- Comité Technique d’Évaluation

Article 26 - Un Comité Technique d’Évaluation ad ’hoc est constitué par l’ONE pour
l’évaluation de chaque dossier d’EIES suivant les enjeux liés à la mise en œuvre du projet.

Chaque membre du CTE participe à l’évaluation technique d’un dossier d’EIES, intègre
notamment les dimensions sectorielles et sociales relevant de son ministère d’origine dans le
processus d’évaluation environnementale et émet l’avis technique y afférent.

Article 27 - Suivant les enjeux liés au projet, les services techniques déconcentrés
concernés contribuent aux travaux du CTE durant le processus d'évaluation
environnementale et sociale d’un dossier d’EIES. Leur mission consiste à apporter une
expertise technique locale, à analyser les particularités environnementales spécifiques à la
région et à évaluer les impacts potentiels.

Article 28 - Pour l’évaluation du dossier d’EIES, l’ONE peut, suivant la spécificité du dossier
et les enjeux environnementaux et sociaux liés au projet, faire appel à des personnes
ressources relevant des directions techniques d’autres Ministères et/ou autres organismes
concernés par le Projet, ou solliciter, en tant que de besoin, le service d’autres experts
externes.

§2- Comité de Suivi Environnemental et Social ou CSES

Article 29 - Un Comité de Suivi Environnemental et Social ad hoc, chargé de vérifier la


conformité de la mise en œuvre du CCES et du PGES du projet, est constitué par l’ONE
pour l’évaluation du Rapport de Suivi Environnemental et Social ou RSES remis par le
promoteur du projet.

Suivant les enjeux liés aux projets, les services techniques déconcentrés concernés peuvent
faire partie des membres du CSES durant l’évaluation des Rapports de Suivi
Environnemental et Social.

Dans tous les cas, les Autorités Locales des lieux d’implantation de ces projets sont
associées aux travaux de suivi et de contrôle, et le cas échéant, les organismes
environnementaux concernés par lesdits projets.

Article 30 - Le CSES a pour mission de surveiller et d’évaluer les impacts environnementaux


et sociaux réels d’un projet disposant d’un Permis Environnemental.

A ce titre, le CSES :

- Assure le suivi de la mise en œuvre du CCES ou du PGES du projet,


- Vérifie si les activités respectent les réglementations environnementales en vigueur et les
conditions imposées par les autorisations administratives ;

15
- Examine et recommande des ajustements aux CCES suivant les résultats du suivi
environnemental et social, pour mieux répondre aux besoins de protection de
l'environnement et le milieu social ;
- Reçoit et traite, le cas échéant, les plaintes, les sujets de conflits ou les préoccupations
des parties prenantes concernant les impacts environnementaux et sociaux d’un projet
qui dispose d’un Permis Environnemental ;
- Évalue tous les documents entrant dans le cadre du suivi environnemental du projet,
notamment le Rapport de Suivi Environnemental et Social, les EIES complémentaires,
les PGES spécifiques produits par le promoteur ;
- Contribue à la sensibilisation du public et la communication des résultats du suivi
environnemental, le cas échéant ;
- Assure l’évaluation des rapports d’audit de fermeture afin de délivrer un Quitus
Environnemental.
En ce qui concerne les projets n'ayant pas obtenu un Permis environnemental ou ne
respectant pas les exigences du MECIE, le CSES doit assurer un suivi régulier afin d'inciter
ces projets à se régulariser conformément aux prescriptions légales.

Section 6

Autres entités

§. 1 Collectivités territoriales décentralisées

Article 31 - Les Autorités locales des lieux d’implantation des projets sont représentées par
les Communes. Le Maire prend part à la sensibilisation et l’information des communautés
locales concernées, à l’évaluation, au suivi et au contrôle effectués par les Autorités
centrales ou déconcentrées.

Article 32 - Le Maire, en collaboration avec le Chef de Fokontany concerné, assure le suivi


de proximité des projets d’investissement qui sont implantés dans sa circonscription
territoriale

§.2- Autorités publiques déconcentrées

Article 33 - Les Autorités publiques déconcentrées visées dans les dispositions du présent
Décret tels que les Préfets, les Chefs de district, les Chefs d’arrondissement administratif, les
Chefs de Fokontany, les services techniques déconcentrés exercent leurs missions en
matière environnementale conformément aux textes normatifs qui les régissent.

Ces Autorités sont associées au processus d’évaluation, de suivi, de contrôle et de gestion


des plaintes prévus par le présent Décret.

Article 34 - Lorsqu’un projet concerne une même Région, le Représentant de l’Etat délivre
l’autorisation d’implantation des projets relevant de la catégorie C, avec les prescriptions
environnementales y afférentes élaborées par les services techniques déconcentrés. Il veille
rigoureusement à la mise en œuvre effective de ces prescriptions. A cet effet, lorsque le
projet concerne une ou plusieurs communes dans un même District, le représentant de l’Etat
compétent est le Chef de District. Toutefois, s’il concerne deux ou plusieurs Districts dans
une même Région, le représentant de l’Etat compétent est le Préfet.

Si le Projet concerne deux ou plusieurs Régions, ladite autorisation d’implantation est


délivrée par le Ministre chargé de l’Environnement.

16
Article 35 - Le Chef de District est le premier responsable du bon déroulement de la
procédure de la participation du public à l’évaluation environnementale, en collaboration avec
le CTE et l’ONE pour l’EIES, et le Ministère en charge de l’Environnement et/ou les
Ministères sectoriels concernés pour l’EESS ou le PREES.

Le Chef de District associe les Maires, Chefs de Fokontany concernés par les projets, ainsi
que les organisations de la société civile dans cette organisation, afin que toutes les parties
prenantes soient informées et participent de façon équitable à toutes les séances
d’information, de consultation et de concertation sur le projet, et de prises de décision.

Article 36 - Lorsque l’implantation d’un projet s’étend sur plusieurs districts, la responsabilité
des actions et procédures prévues dans l'article 35 ci-dessus, incombe au Préfet, en
collaboration avec les Chefs de District concernés.

Lorsque l’implantation d’un projet s’étend sur plusieurs Régions, la responsabilité desdites
actions et procédures revient aux Préfets concernés, qui collaborent sous la conduite et la
supervision du Ministère chargé de l’Intérieur.

§.3- Autorités traditionnelles

Article 37 - Les Autorités traditionnelles comme les Tangalamena, les Olobe, les
Ampanjaka, les Sojabe et toute autre personne ayant statut de Raiamandreny participent
avec le promoteur et toutes autres parties prenantes à l’information, à la consultation et à la
concertation avec les communautés locales dans tous les processus d’évaluation et de suivi
environnementaux et sociaux du projet.

§.4- Organisations de la Société Civile (OSC)

Article 38 - Les Organisations de la Société Civile ou OSC contribuent à renforcer la


participation citoyenne, la transparence, et la responsabilité dans les processus de prise de
décision environnementale.

À cet effet, elles assument entre autres :

- La contribution à toute forme d’éducation citoyenne pour la préservation de


l’environnement ;

- La promotion de la participation citoyenne par la facilitation de la participation


inclusive des membres des communautés locales, les structures de concertation
locales, et du public en général, dans les processus d'évaluation environnementale ;

- Le plaidoyer pour s'assurer que les évaluations environnementales sont réalisées


de manière transparente, rigoureuse et équitable ;

- La surveillance indépendante des impacts environnementaux et sociaux des projets


approuvés, basée sur des enquêtes de terrain, avec signalement des non-
conformités ou violations des engagements par les promoteurs.

§.5- Structures locales de gouvernance

Article 39 - Dans le cadre de l’évaluation environnementale et sociale, les structures de


gouvernance locale, notamment le Fokonolona, les Komity Loharano ou leurs équivalents,
les structures locales de concertation, ont pour rôles de :

17
- Participer au processus de décision ;

- Soumettre des observations écrites, des propositions de modifications ou des


objections motivées concernant les projets ;

- Contribuer au suivi de proximité avec les Autorités locales de la Commune et du


Fokontany ;

- Participer à la surveillance des impacts environnementaux et sociaux réels et au


signalement des éventuelles anomalies ou violations des engagements pris.

Section 7

Promoteur

Article 40 - Le promoteur, soit par son propre fait, soit par le biais de son mandataire, est
responsable de la préparation, de la soumission des documents nécessaires à l'approbation
des projets, ainsi que de leur mise en œuvre. Il doit s'assurer que son projet est conforme
aux réglementations environnementales et sectorielles en vigueur.

Le promoteur peut désigner un mandataire muni d’une procuration de moins de trois (03)
mois pour le représenter dans les démarches liées au processus MECIE. Toutefois, le
promoteur, conformément aux statuts de la société, demeure le signataire légal du CCES.

Article 41 - Le promoteur assure la préparation de l’EIES ainsi que de sa mise en œuvre,


l’étude étant réalisée conformément aux étapes de catégorisation et de cadrage. Il peut
engager des consultants ou des experts en environnement pour réaliser l’EIES et du
PREES.

Article 42 - Le promoteur est le premier responsable de la conformité de son projet par


rapport aux réglementations environnementales et sectorielles régissant son projet.

Article 43 - Le promoteur garantit à ce que les parties soient mobilisées de manière inclusive
et transparente dans le cadre de la participation du public en amont, durant la réalisation de
l’évaluation environnementale et sociale ainsi que durant toute la durée de vie du projet.

Article 44 - Le promoteur s’engage à restituer à l’ONE les données environnementales et


sociales ayant servi à la réalisation de l’EIES de son projet, afin de contribuer à la mise en
place de bases de données fiables et pertinentes pour la gestion de l’environnement et pour
le suivi de l’état de l’environnement.

Article 45 - Le promoteur est encouragé à exprimer son engagement envers la


responsabilité sociale et environnementale par :

- des initiatives volontaires pour protéger l'environnement, telles que la préservation de la


biodiversité, le reboisement, la réduction des émissions de carbone, l’adaptation aux
changements climatiques et l'investissement dans des technologies propres ;

- le respect des droits et des besoins des communautés locales, à travers des programmes
de soutien aux communautés et des initiatives de développement local.

18
CHAPITRE 2

PARTICIPATION DU PUBLIC

Article 46 - La participation du public comprend une consultation initiale des parties


prenantes effectuée par le promoteur en amont de la réalisation de l’EIES et de l’EESS lors
de la phase de cadrage, pour identifier les enjeux et les risques liés au projet.

Article 47 - La participation du public à l’évaluation environnementale et sociale vise à


impliquer les parties prenantes dans ce processus.

Elle a pour objectif de les informer sur l'existence d'une politique, d'un plan, d'un programme
ou d'un projet et des enjeux y afférents, de recueillir leurs préoccupations et leurs avis, et
d'assurer une prise de décision plus inclusive, éclairée et socialement acceptée.

L'organisation de cette participation incombe aux Représentants de l’Etat compétents selon


l'envergure du projet, en collaboration avec l'ONE et le CTE pour l’EIES, le Ministère en
charge de l'Environnement pour l’EESS, et les ministères sectoriels pour le PREES.

La participation peut se faire par consultation directe, enquête publique ou audience


publique. Elle comprend une phase d'information sur le projet, suivie d'une phase de
consultation et de concertation destinée à recueillir les avis des parties concernées.

Article 48 - Les Autorités traditionnelles des lieux d’implantation des projets et des zones
concernées par les PPP sont associées dans l’organisation des consultations publiques,
avec les Autorités locales et les Autorités centrales ou déconcentrées suivant le cas.
L’objectif est d’assurer, d’une part, la participation inclusive, effective et transparente de
toutes parties prenantes concernées durant les consultations, et d’autre part, de garantir le
respect des us et coutumes locaux pour l’implantation des projets d’investissements et le
développement des PPP dans le cadre de l’évaluation environnementale et sociale
stratégique.

Article 49 - Pour la participation du public, il peut être procédé à la fois à une enquête
publique et à une audience publique.

En cas de conflits sociaux majeurs qui apparaissent, la procédure d’enquête publique doit
être diligentée en parallèle avec la procédure de consultation directe.

Avant l’audience publique sur l’EIES, si le projet d’investissement nécessite des


réinstallations, une concertation avec les personnes affectées, suivie de la validation de plan
d’action de réinstallation doivent être effectuées.

Article 50 - Parallèlement aux procédures d’enquête publique et/ou d’audience publique,


une consultation directe doit être menée auprès du public concerné.

L’organisation d’enquêtes et d’audiences à divers niveaux tels que local, régional ou national
est laissée à l’appréciation du Ministère en charge de l’Environnement pour l’EESS, et de
l’ONE pour l’EIES.

Article 51 - La forme que peut prendre la participation du public à l’évaluation est laissée à
l’appréciation de l’ONE suivant l’importance des enjeux et les contextes particuliers à chaque
dossier d’EIES et au Ministère en charge de l’environnement pour l’EESS.

Particulièrement pour l’EIES, la forme de la participation du public à l’évaluation est notifiée


au promoteur au moins sept (07) jours ouvrables avant l’évaluation par le public

19
Article 52 - Les modalités pratiques relatives à la participation du public sont précisées dans
des directives techniques environnementales.

Section première

Information du public

Article 53 - Dans le cadre de la participation du public, le promoteur, en collaboration avec le


Représentant de l’Etat compétent et les Autorités locales du site d’implantation du projet et
avec l’appui de l'ONE et du CTE pour l’EIES, du Ministère en charge de l'Environnement
pour l’EESS, et des Ministères sectoriels pour le PREES, doit communiquer et mettre à
disposition du public un résumé non technique de l’EESS du PPP, de l’EIES ou du PREES
du projet. Ce résumé doit fournir des informations claires, pertinentes et accessibles sur le
PPP ou les activités du projet, les risques environnementaux et sociaux potentiels, ainsi que
les mesures envisagées pour les gérer.

Article 54 - Les informations sur l’EIES et le PREES portent notamment sur :

- La présentation du projet incluant les objectifs, la description du projet et sa localisation


géographique ;
- Ses impacts potentiels sur l’environnement, tels que l’air, l’eau, le sol, le sous-sol, le
paysage, la biodiversité, les rayonnements et les déchets dangereux, y compris
radioactifs et les risques prévisibles associés à ces impacts, tels que la dégradation de la
qualité de l’air et de l’eau, la contamination des sols, la perte de biodiversité, et les
risques sanitaires liés à l’exposition aux rayonnements et aux déchets dangereux, ainsi
que les mesures de prévention à mettre en œuvre ;
- Ses impacts sociaux et sur la santé publique ainsi que les risques prévisibles pour la
santé publique liés à l’exposition à des polluants ou à des conditions environnementales
défavorables, ainsi que les mesures de prévention à mettre en œuvre ;
- Ses impacts sur les changements climatiques et les risques prévisibles associés, tels
que l'intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, la montée du niveau
des mers et leurs conséquences sur les écosystèmes et les communautés humaines,
ainsi que les mesures de prévention à mettre en œuvre ;
- Ses impacts économiques ainsi que les risques économiques prévisibles liés à la
dégradation des ressources naturelles, à l'augmentation des coûts de santé publique, ou
à la nécessité d'adapter les infrastructures aux changements climatiques, ainsi que les
mesures de prévention à mettre en œuvre;
- La prise en compte des préoccupations émises lors des consultations précédentes et les
mesures envisagées pour éviter, réduire ou compenser les impacts négatifs identifiés ;
- La mise à disposition du résumé non technique en version malagasy et en version
française ;
- La procédure prévue pour la participation du public, y compris la date du début, et du
terme de celle-ci, les mécanismes prévus pour cette participation, et selon qu’il convient,
les lieux et dates des consultations, de l’enquête publique ou de l’audience publique ;
- Les Autorités publiques impliquées auxquelles il est possible de demander plus
d’information sur la décision environnementale dont il s’agit, et les procédures pour
demander l’information ;
- Les processus d’évaluation de l’impact environnemental et d’autres instruments de
gestion environnementale, le cas échéant, et les licences ou permis environnementaux
octroyés par les Autorités publiques.

20
Article 55 - Les informations à communiquer au public pour l’EESS portent notamment sur :

- Les objectifs et contexte global de la politique, du plan ou du programme.


- Les cadres réglementaires et/ou législatifs applicables tels que les Lois, Décrets,
conventions, liés à l'environnement et aux secteurs concernés.
- Les rôles et responsabilités des parties prenantes impliquées dans le PPP.
- La situation actuelle des composantes environnementales et socio-économiques et la
sensibilité des milieux naturels et humains susceptibles d’être affectés.
- Les informations sur les impacts environnementaux et sociaux potentiels des PPP
évalués :
 Impacts sur la biodiversité, les ressources naturelles, la santé publique, le
climat ;
 Impacts sur les communautés locales, y compris les groupes vulnérables.
- Les mesures proposées pour éviter, réduire et compenser les impacts négatifs identifiés
dans l'évaluation.
- Le résumé des conclusions de l'EESS et les recommandations qui en découlent.

Article 56 - Les informations, qu’elles concernent l’EESS, l’EIES ou le PREES, doivent être
présentées de manière adaptée aux capacités de compréhension des différentes parties
prenantes, afin d'assurer une participation éclairée et constructive.

Cette obligation d’informer a pour but de faciliter la participation des parties prenantes aux
consultations et aux processus de concertation.

Article 57 - Les informations sont rendues disponibles dans des délais appropriés et
présentées de manière compréhensible et pertinente dans des lieux facilement accessibles,
tels que les bureaux des Fokontany et ceux des CTD, les bibliothèques locales, ou en ligne
sur le site web de l'ONE, pour garantir un accès facile au public.

Pour l’EESS, les informations pertinentes sont publiées sur le site du CIME incluant
notamment les rapports d'évaluation, les avis de consultation, ainsi que les résultats des
analyses d'impact.

Article 58 - Lorsque l'information demandée, en tout ou en partie, n'est pas communiquée


au requérant en raison de son inclusion dans un régime d'exception prévu par la législation
en vigueur, le responsable de l’information est tenu de notifier par écrit son refus. Cette
notification doit préciser les dispositions légales applicables ainsi que les motifs justifiant la
décision dans chaque cas. Le responsable de l’information doit également informer le
requérant de son droit à contester cette décision et de la procédure de recours disponible.

Article 59 - L’accès à l’information peut être refusé dans les cas ci-après :

a) lorsque la diffusion de l’information peut mettre en danger la vie, la sécurité ou la


santé d’une personne physique;
b) lorsque la diffusion de l’information aurait des incidences défavorables sur la
sécurité nationale, la sécurité publique ou la défense nationale ;
c) lorsque la diffusion de l’information aurait des incidences défavorables sur la
protection de l’environnement, y compris toute espèce menacée ou en danger
d’extinction;
d) lorsque la diffusion de l’information génère un risque clair, probable et spécifique
de dommage significatif à l’application des lois et règlements en vigueur, ou à la
prévention, la recherche et la poursuite de délits

21
Article 60 - Afin de faciliter aux personnes ou communautés en situation de vulnérabilité
l’accès à l’information qui les touche particulièrement, le responsable de l’information
divulgue l’information environnementale en dialecte local, et élabore des formats alternatifs
compréhensibles par ces communautés, à travers les canaux de communication adéquats.

Article 61 - La notification de refus doit préciser les motifs du rejet, lesquels doivent être
fondés sur une analyse du contenu et de la nature de la demande d'accès ainsi que de
l'information sollicitée.

Article 62 - Le demandeur d'information est en droit de former un recours gracieux ou


hiérarchique contre toute décision et action de refus ou omission liée à l’accès à l’information
environnementale prise par le responsable de l'information.

En cas d'épuisement ou d'inefficacité des recours administratifs, le demandeur peut saisir la


juridiction administrative compétente afin de contester la décision de refus, conformément à
la procédure de droit commun.

Section 2

Consultation initiale

Article 63 - La consultation initiale qui doit être réalisée par le promoteur consiste à :

- Informer le public sur le projet et ses principales caractéristiques, son emplacement,


ses objectifs, et les principaux aspects à évaluer ;
- Organiser des réunions publiques, des ateliers ou des séances d'information pour
discuter du projet et recueillir les avis, commentaires et préoccupations des parties
prenantes;
- Identifier les questions environnementales et sociales-clés qui doivent être
considérées dans l’élaboration de l’EIES ou de l’EESS;
- Rédiger le procès-verbal de consultation initiale signé par les Autorités locales des
Communes et Fokontany, les Autorités traditionnelles, les Autorités déconcentrées, et
le cas échéant, les Autorités régionales concernées par le projet, le promoteur, les
représentants des communautés locales, et la société civile, le cas échéant.

Article 64 - Pour l’EIES, le procès-verbal de consultation initiale du public est annexé au


dossier d’EIES.

S'agissant de l'EESS, le procès-verbal de consultation est intégré au rapport final de ladite


évaluation et doit être dûment pris en considération lors de la prise de décision relative à
l'autorisation, à l'amendement ou à la modification des PPP concernés.

Section 3

Consultation directe

Article 65 - La consultation directe a pour objectif de recueillir directement les avis, opinions
et suggestions du public et des parties prenantes concernés sur des projets, des PPP
pouvant affecter l’environnement ou les communautés locales concernées.

Ce processus vise à garantir une participation active du public dans la prise de décision, en
veillant à ce que les perspectives et préoccupations des communautés locales soient prises
en compte.

22
Article 66 - Le Représentant de l’Etat compétent organise la consultation directe qui consiste
à:

- Informer le public par voie d’affichage ou par tout autre moyen d’information, de
l’existence du projet et de la tenue de la consultation directe du public concerné par le
projet ;
- Mettre à la disposition du public le résumé non technique du dossier d’EIES, du
PREES ou de l’EESS rédigé en malagasy et en français ;

- Mettre à la disposition du public un registre relatif à la consultation directe des


documents, qui peut y consigner ses dires, observations et suggestions ;

- Permettre l’accès de tout intéressé à l’intégralité des documents d’EIES, du PREES


ou d’EESS, sur sa demande ;

- Organiser la rencontre du promoteur et du public lors d’une ou plusieurs séances


d’information ;

- Rédiger le procès-verbal de consultation directe soumis à la signature des Autorités


locales des Communes et Fokontany, des Autorités régionales et déconcentrées
concernées, du promoteur, des Autorités traditionnelles, des représentants des
communautés locales, et la société civile le cas échéant, de l’ONE et du CTE pour
l’EIES, ou du Ministère en charge de l’Environnement et des Ministères sectoriels
concernés par les PPP l’EESS ou pour le PREES selon le cas.

Article 67 - L’organisation des procédures relatives à la consultation directe est assurée par
le Représentant de l’Etat territorialement compétent du lieu d’implantation du projet ou des
PPP, avec l’appui de l’ONE et du CTE, ou du Ministère en charge de l’Environnement et/ou
des Ministères sectoriels concernés selon le cas.

Article 68 - Les modalités pratiques relatives à la tenue de la consultation directe sont


précisées dans des directives techniques environnementales.

Toutefois, la durée de l’ensemble des procédures relative à cette consultation ne doit être
inférieure à dix (10) jours ni supérieure à trente (30) jours.

Section 4

Dispositions communes à l’enquête publique et à l’audience publique

Article 69 - L’enquête publique permet aux parties prenantes de s'exprimer sur des
politiques, plans, programmes, et projets, qui peuvent affecter leur environnement ou leur
culture, leurs traditions et leur qualité de vie.

Pendant la période de l'enquête, le public peut soumettre ses observations, ses suggestions
ou ses objections qui sont collectées par écrit, ou lors de réunions publiques ou d'auditions.

Article 70 - L'audience publique consiste à organiser une réunion ou un événement où les


parties prenantes et les experts peuvent se rencontrer et procéder à une concertation pour
discuter des politiques, plans, programmes ou projets, et de participer activement à la co-
construction des solutions en lien avec politiques, plans, programmes ou projets en vue de la
prise de décision concertée et inclusive tenant compte des préoccupations, des principaux
enjeux environnementaux et sociaux.

23
Article 71 - L’organisation des procédures relatives à l’enquête publique et à l’audience
publique est assurée par le Chef de District du lieu d’implantation du projet, avec l’appui de
l’ONE et du CTE pour l’EIES et le PREES, ou du Ministère en charge de l’Environnement
pour l’EESS.

Cette organisation se fait en collaboration avec les Maires, les Chefs de Fokontany, les
Autorités traditionnelles et les organisations de la société civile au niveau local, le cas
échéant.

Article 72 - L’enquête publique et l’audience publique commencent tôt et se poursuivent à


chaque étape du processus d’EIES et de l’EESS. Elles sont menées par un ou plusieurs
enquêteurs et/ou auditeurs environnementaux organisés en commission d’enquête et/ou
commission d’audience conformément à leurs termes de référence.

Les enquêteurs exercent en même temps la fonction d’auditeurs dans les procédures
d’enquête publique et d’audience publique.

Article 73 - Le promoteur peut adjoindre un ou plusieurs experts de son choix à titre


d’observateurs. Les observateurs peuvent, sur la demande des enquêteurs et/ou auditeurs,
intervenir pour fournir des compléments d’information ainsi que les références y afférentes.

Article 74 - Les modalités pratiques relatives aux procédures d’enquête et d’audience


publiques sont précisées dans des directives techniques environnementales.

Toutefois, la durée de l’ensemble des procédures relatives à l’enquête publique ne doit être
supérieure à quarante-cinq (45) jours.

La durée de l’ensemble des procédures relatives à l’audience publique ne doit être


supérieure à soixante-dix (70) jours.

TITRE III

DES PROCEDURES

CHAPITRE premier

DES PROCEDURES SPECIFIQUES A L’ETUDE D’IMPACT ENVIRONNEMENTAL ET


SOCIAL ou EIES

Section première

Catégorisation

Article 75 - Le promoteur du projet soumet une demande initiale de catégorisation auprès de


l'ONE sur la base de la fiche de tri contenant des informations de base sur le projet,
comprenant sa nature, son emplacement, son envergure, et les activités prévues ainsi que
les principaux risques, impacts avec les mesures environnementales et sociales
correspondantes.

Un modèle de cette fiche tri est mis en ligne sur les sites web de l’ONE, du Ministère en
charge de l’environnement et des Ministères sectoriels concernés.

Article 76 - L’ONE procède à la catégorisation du projet sur la base des dispositions


juridiques sectorielles en vigueur, ainsi que des annexes I et II du présent Décret, et en
tenant compte des critères non exhaustifs ci-après :

24
- La taille et l’envergure du projet ;

- Le montant estimatif des investissements en matériels ;

- La localisation tenant compte de la proximité des zones écologiquement sensibles,


des communautés environnantes ;

- Les sources et utilisations d'énergie, de l’eau et des matières premières,

- L’utilisation des ressources naturelles et l’occupation du sol ;

- Les estimations des types, quantités et nature de résidus, émissions attendus et


déchets, impactant l'eau, l'air, le sol et le sous-sol ;

- Les nuisances, telles que les bruits, les vibrations, la luminosité, la chaleur, les
radiations ;

- Le recours à des installations de type nucléaire et de type radioactif ;

- Les incidences du projet sur le climat, la vulnérabilité aux changements climatiques et


l’exposition aux risques de catastrophe ;

- Les technologies et substances utilisées.

Article 77 - La catégorisation relève de l'ONE. L’avis de la Cellule environnementale du


Ministère de tutelle de l’activité concernée peut être sollicité par l’ONE pour la catégorisation
des projets qui présentent des spécificités ou d’ambiguïté quant à la nature de ces activités,
l’évaluation des risques et des impacts, l’utilisation de technologie innovante ou peu
éprouvée sans que la liste soit exhaustive.

L’ONE notifie le promoteur si le projet est de catégorie A, B ou C, suivant les dispositions


prévues dans le présent Décret. Le délai de catégorisation par l’ONE ne peut dépasser
trente (30) jours.

Les projets visés à l’article 82 du présent Décret sont classés dans la catégorie A, aux fins
du cadrage du projet et d’élaboration des termes de référence de la démarche d’EIES.

Les projets concernés par l’annexe II du présent Décret sont classés dans la catégorie B, et
sont soumis aux dispositifs liés à la démarche de PREES.

Pour les projets de la catégorie C, non classés ni dans l’annexe I ni dans l’annexe II, l’ONE
notifie le promoteur sur les démarches à suivre suivant les dispositions prévues à l’article 34
du présent décret.

Section 2

Cadrage

Article 78 - Le cadrage du projet est de la responsabilité entière du promoteur et doit être


réalisé préalablement à l’EIES.

Il a pour objet de définir la portée et les limites de l’évaluation en identifiant les enjeux
environnementaux et sociaux pertinents, afin de se concentrer sur les impacts significatifs
du projet.

25
A ce titre, il prend en compte notamment la biodiversité, l’air, le sol, les ressources en eau,
le climat, les ressources naturelles, ainsi que la santé, la sécurité et le bien-être des
travailleurs et des communautés locales, ainsi que tout autre aspect jugé pertinent.

Article 79 - Le cadrage comprend :

- La consultation initiale du public concerné en vue de recueillir leurs


observations et préoccupations sur les impacts potentiels du projet ;

- La détermination des méthodes et outils à utiliser dans l’évaluation des risques


et impacts environnementaux et sociaux, ainsi que l’identification des mesures
associées. Cette démarche inclut les études de terrain, les modèles de
simulation, les analyses quantitatives et qualitatives, et tout autre instrument
jugé approprié pour évaluer les effets du projet et déterminer les mesures y
afférentes ;

- La délimitation géographique et temporelle du projet. Les risques et impacts


sont évalués en fonction de l’aire géographique concernée et de la durée
pendant laquelle les effets du projet sont susceptibles de se manifester.

Si des informations sont manquantes ou incertaines lors du cadrage, celui-ci prévoit la


réalisation d’études complémentaires afin de garantir une évaluation exhaustive et fiable
des impacts environnementaux et sociaux du projet.

Article 80 - A l’issue du cadrage du projet, tous promoteurs de projets de la catégorie A sont


tenus d’élaborer les termes de référence de l’EIES de leurs projets qui sont annexés aux
dossiers d’EIES.

Les termes de référence précisent, entre autres :

- Les objectifs de l’EIES qui incluent la détermination des impacts potentiels du projet
sur l’environnement et les communautés locales ;

- Le cadre de l’évaluation qui précise la portée de l’évaluation, à savoir les aspects


environnementaux, y compris la biodiversité et le climat, et les aspects sociaux ;

- La méthodologie décrivant les méthodes et les approches utilisées pour l’évaluation


tels que la collecte de données, les critères d’analyse, les méthodes d’évaluation des
impacts ;

- La mobilisation des parties prenantes, avec un plan de consultation intégrant la


planification et l’organisation qui déterminent la manière et le moment où ces entités
sont consultées, précisent les responsabilités et l’intervention des différentes parties
prenantes, et indiquent les ressources nécessaires pour mener à bien l’EIES ;

- La gestion des risques permettant d’identifier les risques prévisibles liés au projet et
d’élaborer des stratégies pour les atténuer pour s'assurer qu'elles respectent les
exigences environnementales et sociales.

Section 3

Réalisation d’Etude d’Impact Environnemental et Social

Article 81 - Les projets de catégorie A soumis à l’EIES concernent :

26
1. Les types d’investissements figurant dans l’annexe I du présent Décret ;

2. Toutes implantations ou modifications d’aménagements, ouvrages et travaux situés


dans les zones sensibles fixées par voie règlementaire en concertation avec les
ministères concernés, à l’exception des projets qui sont soumis au PREES selon les
dispositifs prévus pour la démarche de PREES du présent Décret, conformément à
la catégorisation effectuée ;

3. Toute implantation ou modification des aménagements, ouvrages et travaux


susceptibles de par leur nature technique, leur contiguïté, l’importance de leur
dimension ou de la sensibilité du milieu d’implantation, d’avoir des conséquences
dommageables sur l’environnement, la santé publique, et la biodiversité, non visées
par la définition des zones sensibles ou par l’annexe I du présent Décret ou pour
lesquelles l’ONE, dûment saisi ou non par le promoteur, et après consultation de la
cellule environnementale du secteur concerné, notifie au promoteur qu’une EIES est
nécessaire.

Article 82 - Les projets de catégorie A, qu’ils soient publics ou privés, ou qu’ils s’agissent
d’investissements soumis au Droit Commun ou régis par des règles particulières
d’autorisation, d’approbation ou d’agrément, sont soumis aux prescriptions ci-après, après
catégorisation :

- La réalisation d'une Étude d’Impact Environnemental et Social ;

- L’obtention d’un Permis Environnemental avant tout commencement du projet,


délivré à la suite d’une évaluation favorable de l’EIES ;

- La mise en œuvre du PGES du Projet validé par l’ONE dans le cadre du permis
et qui énonce l’ensemble des obligations environnementales et sociales du
projet concerné ;

- Le respect du CCES du projet sur la base du PGES, annexé au Permis


Environnemental ;

- L’obligation de suivi et de contrôle de la mise en œuvre du PGES et du CCES


et la production périodique des rapports de suivi associés.

Article 83 - L’EIES consiste en l’examen préalable des risques et impacts potentiels


prévisibles d’une activité donnée sur l’environnement et le milieu social. Elle doit mettre en
œuvre toutes les connaissances scientifiques pour prévoir ces impacts et les ramener à un
niveau acceptable pour assurer l’intégrité de l’environnement dans les limites des meilleures
technologies disponibles à un coût économiquement viable. Le niveau d’acceptabilité est
apprécié en particulier sur la base des politiques environnementales, des normes légales,
des valeurs limites de rejets, des coûts sociaux, culturels et économiques, et des pertes en
patrimoines.

Article 84 - L’EIES est réalisée aux frais et sous la responsabilité du promoteur. Son
contenu varie en fonction de l’envergure des travaux et aménagements projetés ainsi que de
leurs impacts potentiels sur l’environnement. Une directive générale précise le contenu d’une
EIES qui doit au moins comprendre les points suivants :

1. Document certifiant la situation juridique moins de trois (03) mois ou contrat de


bail du site d’implantation du projet ;

27
2. Autorisation sectorielle suivant le cas ;

3. Description détaillée du projet d’investissement : Le projet doit être présenté de


manière complète, en précisant sa nature, ses objectifs, sa localisation, son étendue
et ses caractéristiques techniques validées par le Ministère de tutelle. Cela inclut une
description des infrastructures, procédés, technologies et matériaux utilisés. Un plan
d’aménagement du site, accompagné d’une carte, ainsi qu’un chronogramme des
différentes phases du projet, notamment la construction, l’exploitation et le
démantèlement, doivent être fournis ;

4. Cadre juridique et institutionnel national et/ou international : Examen des lois,


règlements et normes environnementales et sociales applicables, ainsi que sur les
institutions responsables de leur mise en œuvre et de leur surveillance.

Le cadre juridique intègre la protection des droits humains ainsi que la considération
des genres, des normes sociales, et de la résilience face aux changements
climatiques, s'appuyant sur des lois et conventions tant nationales qu'internationales ;

5. Présentation de l’aire d’étude définissant le périmètre d’application cohérente du


processus d’étude d’impact et pouvant s’étendre au-delà de l’emprise stricte du
projet ;

6. Description de l’état initial de l'environnement et analyse du système


environnemental et social affecté, y compris les risques de catastrophe :
Analyse de la situation actuelle de la zone concernée par le projet, englobant les
aspects climatiques, hydriques dont l’hydrologie et l’hydrogéologie, géologiques,
pédologiques, topographiques, biologiques dont la faune et la flore, paysagers, ainsi
que les conditions socio-économiques dont la population, les us et coutumes, la
santé publique, les modes de vie, le patrimoine culturel, les activités économiques,
les moyens de subsistance, et les infrastructures. Cette analyse comprend une
modélisation schématique des principaux aspects environnementaux et sociaux,
qu'ils soient statiques ou dynamiques, locaux ou régionaux, avec une hiérarchisation
des contraintes et enjeux ;

7. Identification des enjeux majeurs et analyse des risques sociaux,


environnementaux, politiques ;

8. Identification, définition et analyse prospective des impacts potentiels : Examen


et identification qualitative et quantitative des effets positifs et négatifs des effets
directs, indirects, induits, cumulatifs, et à long terme du projet sur l'environnement
biophysique intégrant le climat, humain, socioculturel et socioéconomique. La
démarche comprend une modélisation prospective des incidences potentielles du
projet ;

9. Analyse approfondie des impacts sociaux :

 Evaluation des risques et des opportunités sociales : Identification des


impacts positifs et négatifs sur la communauté locale, tels que l'emploi,
l'amélioration des infrastructures, la réinstallation, la perte de terres agricoles,
ou l'impact sur la santé et l'éducation. Cette section doit clairement définir les
risques sociaux, mais aussi les opportunités de développement qu’offre le
projet.

28
 Analyse différenciée par genre : Intégration d’une analyse spécifique des
impacts selon les genres, en tenant compte des inégalités de genre
préexistantes dans la région, et comment le projet peut les aggraver ou les
atténuer.
 Impact sur les groupes vulnérables : Porter une attention particulière aux
groupes vulnérables et évaluer comment le projet peut affecter leurs droits et
leur accès aux ressources et aux services de base.

10. Évaluation de la vulnérabilité climatique : Identification des risques climatiques, et


évaluation de la vulnérabilité des différentes composantes et éléments dans
l’environnement ;

11. Estimation des GES pour les projets susceptibles d’émissions de GES significative :
Estimation des émissions directes et indirectes de GES liées aux différentes phases
du projet dont la construction, l’exploitation, le démantèlement, ainsi que leurs
impacts sur le climat ;

12. Analyse des alternatives : Évaluation des différentes options pour la réalisation du
projet, avec une attention particulière aux scénarios pouvant éviter et réduire les
impacts négatifs sur l’environnement, la biodiversité et les communautés locales ;

13. Mesures d'atténuation des impacts négatifs : Proposition de mesures précises et


réalisables selon la séquence « ERC », pour éviter, réduire, restaurer ou compenser
les impacts négatifs identifiés, y compris les impacts des changements climatiques.
Les mesures de compensation doivent démontrer l’alignement du projet sur les
objectifs visant à l'absence de perte nette, tant pour la biodiversité que pour les
enjeux sociaux. L’évitement est la priorité du principe de la hiérarchie d’atténuation
des impacts ;

14. Plan de Gestion Environnemental et Social ou PGES : Élaboration d’un plan


détaillant les actions à entreprendre pour assurer la mise en œuvre des mesures
d’atténuation, incluant des précisions sur leur dimensionnement, leur faisabilité, les
garanties associées, ainsi que les responsabilités, les ressources financières,
matérielles et humaines nécessaires, le calendrier et les mécanismes de suivi et de
contrôle. Des plans spécifiques, tels que le plan de sécurité et d’hygiène, le plan de
gestion des risques et des catastrophes ou PGRC, le plan social du projet, sont
intégrés à ce PGES en fonction des besoins du projet ;

Lorsque des personnes ou des communautés doivent être déplacées, un Plan


d’Action de Réinstallation ou PAR est élaboré, incluant des mesures de
compensation. Si le projet a un impact significatif sur la biodiversité ou s’il est situé à
proximité d’une Zone de grande valeur pour la conservation de la biodiversité, un
Plan d'Action pour la Biodiversité ou PAB devient nécessaire. D'autres plans peuvent
également être annexés, selon les spécificités du projet.

Pour les projets situés dans des zones de haute valeur écologique, notamment les
zones clés pour la biodiversité ZCB ou KBA, le PAB doit inclure des mesures
spécifiques en suivant la séquence ERC, conformément aux normes « Absence de
Perte Nette » et «Gain Net » de biodiversité. Ces normes, détaillées par voie
réglementaire, visent à s’assurer que les impacts sur la biodiversité soient d’abord
évités, puis réduits au minimum, et que les pertes résiduelles soient compensées,
afin de garantir une absence de perte nette, voire un gain net de biodiversité.

29
15. Programme de suivi et de surveillance : Protocole de suivi des impacts
environnementaux et sociaux pendant les phases de construction, d’exploitation, et
éventuellement de fermeture, incluant les indicateurs, la fréquence des contrôles, les
moyens alloués et les actions correctives à entreprendre en cas de non-conformité ;

16. Rapport de consultation publique et participation des parties prenantes :


Résultats des consultations initiales et concertations menées avec les communautés
locales et Autorités traditionnelles, les Autorités compétentes prévues par le présent
Décret, les structures locales de concertation, les Organisations Non
Gouvernementales ou ONG, les Organisations de la Société Civile ou OSC et tous
autres acteurs concernés et expliquant entre autres comment leurs préoccupations
ont été intégrées dans l’étude. Ces résultats intègrent le procès-verbal de
consultation initiale et toutes les preuves afférentes à la consultation des parties
prenantes ;

17. Mécanisme de gestion des plaintes : Pour permettre aux parties prenantes de
soumettre leurs préoccupations de manière confidentielle et transparente. Ce
mécanisme garantit un traitement rapide, impartial et documenté des plaintes, avec
des solutions appropriées apportées selon la gravité et l'impact des préoccupations
soulevées ;

18. Mécanisme de gestion des conflits : Pour anticiper et prévenir et résoudre les
tensions entre les parties prenantes concernées par le projet, et/ou entre des parties
prenantes et le promoteur. Le contenu du mécanisme découle des démarches de
diverses consultations du public effectuées ;

19. Résumé non technique en malagasy et en français : Un résumé rédigé dans les
deux langues pour permettre une meilleure accessibilité aux informations par le
public. Ce résumé doit décrire de façon claire et concise l’état initial du site, les
modifications apportées par le projet, ainsi que les mesures envisagées pour pallier
les impacts négatifs sur l’environnement en mettant l’accent sur l’aspect social et la
santé, le climat et la biodiversité. Le résumé non technique doit être structuré de
manière logique et cohérente, tout en restant fidèle au rapport principal.

20. Bibliographie et documents de référence ;

21. Liste de l’équipe ayant contribué à l’établissement du rapport d’EIES avec leurs
domaines d’expertise respectifs ;

22. Conclusion : Synthèse des mesures scientifiques, techniques, socio-économiques,


matérielles envisagées pour éviter et/ou supprimer, réduire, et éventuellement,
compenser les conséquences résiduelles encore dommageables de l’investissement
sur l’environnement physique, biologique, humain, et du point de vue écologique
dans un objectif de tendre vers l’absence de perte nette de biodiversité et des
services éco systémiques associés ;

23. Des annexes : Contenant au moins les termes de référence de l’EIES et les
références bibliographiques utilisées sont à identifier ainsi que tout élément ou
pièces utiles ayant contribué à l’établissement du dossier et ses conclusions comme
le compte-rendu de réunion, la liste des consultations accompagnés des procès-
verbaux y afférents, les sources de données et d’informations, le planning
d’inventaire, les experts en charge des expertises et les méthodologies employées.

30
L’ensemble des éléments graphiques comme la cartographie sous Système d’Information
Géographique ou SIG, les schémas, les coupes, les plans, les photographies et autres,
relatifs aux données entrantes sont présentés de façon claire pour la meilleure
compréhension de tous les usagers du dossier. Les données brutes collectées, notamment
de biodiversité doivent être versées à l’ONE et selon des modalités qui sont précisées dans
des directives environnementales.

Les EIES des activités prévues sur un lieu concerné par un schéma d’aménagement ou des
outils de planification locale ou régionale, dûment officialisés par des textes en vigueur,
doivent se conformer à ces schémas ou à ces documents de planification et à leurs EESS
lorsqu’elles existent.

Article 85 - Le PGES correspond au programme de mise en œuvre et de suivi des mesures


envisagées par l’EIES et constitue la base du cahier des charges environnementales et
sociales du projet élaboré par l’ONE et le CTE.

Section 4

Conditions de recevabilité des dossiers d’EIES

Article 86 - Les conditions de recevabilité de toute demande d’évaluation de dossier EIES


des projets déposés à l’ONE ou auprès de ses antennes régionales, sont les
suivantes :

- Une demande écrite du promoteur pour l’évaluation environnementale et


sociale de son projet adressée au Directeur Général de l’ONE ;

- Un registre de Commerce de la Société, les statuts, le procès-verbal de


nomination du dirigeant ;

- Une copie de la Carte fiscale à jour et la carte statistique ainsi que toutes pièces
justifiant l’existence juridique de la société ;

- Un document relatif à la faisabilité technique du projet, validé par le Ministère de


tutelle sur la base duquel est établie la liste des investissements matériels ;

- Toutes pièces justificatives du montant de l’investissement projeté ;

- Un rapport d’EIES : La soumission doit être effectuée dans les formats et le


nombre d’exemplaire requis par l’ONE, en versions papier et électronique, selon
les prescriptions en vigueur dans les directives techniques environnementales
de l’ONE ;

- Des résumés non techniques en versions malagasy et française ;

- Un récépissé de paiement de la contribution de l’investisseur aux frais


d’évaluation environnementale et de suivi du Cahier des Charges
Environnementales et Sociales. En ce qui concerne les projets
d’investissement publics, le récépissé de paiement peut être remplacé par une
copie du Protocole d’accord entre le Promoteur et l’ONE stipulant le paiement
de ladite contribution dans un délai ne dépassant pas six (06) mois.

Le dossier est déposé, contre accusé de réception, auprès de l’ONE. Le délai d’évaluation
court à compter de la date d’émission d’un avis de recevabilité du dossier par l’ONE.

31
Article 87 - La contribution du Promoteur aux frais d’évaluation de l'EIES, de suivi du Cahier
des Charges Environnementales et Sociales et de contrôle environnemental et social est
fixée à l’annexe IV du présent Décret. Le mode de calcul des frais d’évaluation se fait sur la
base du montant de l’investissement matériel suivant la définition des investissements
matériels prévue dans le présent Décret.

Les éléments compris dans l’investissement matériel se distinguent comme suit :

- Pour le projet public, investissement issu du budget du devis estimatif ;

- Pour le projet privé, investissement estimatif issu de l’étude de préfaisabilité


économique et financière du projet, avec possibilité de rectification, si l’étude de
faisabilité technique démontre un écart du montant prévisionnel
d’investissement de plus de 10%.

Ces frais sont versés par l’investisseur public ou privé à un compte bancaire ouvert à cet
effet par l’ONE, et acquittés avant toute évaluation environnementale et sociale de
l’investissement.

En cas d’investissement public ou privé en plusieurs phases, le calcul de la contribution aux


frais d’évaluation et de suivi par le promoteur peut être basé sur un ou plusieurs lots
d’investissement. Dans ce cas, l’évaluation ne peut porter que sur les lots concernés. Les
Autorités compétentes ne peuvent en aucun cas être liées par les décisions relatives à ces
premières évaluations pour la suite des évaluations restantes.

Article 88 - Les financements pour les EIES et EESS ainsi que les frais d’évaluation et de
suivi et les frais liés aux compensations pour les projets d’investissements publics doivent
être prévus dans les budgets de l’Administration publique concernée, selon les modalités
suivantes :

- Pour les Départements Ministériels, ces fonds sont inscrits dans le Budget
Général des Départements Ministériels.

- Pour les Etablissements Publics Nationaux (EPN), les CTD, et les Sociétés
d’Etat, ces fonds sont inscrits dans leurs propres budgets respectifs.

Le montant des frais d’évaluation et de suivi des investissements est à verser dans le
compte mentionné à l’article 87. Ces frais peuvent également être inclus dans les accords de
financement avec les bailleurs de fonds sous-réserve que les règles de ces derniers le
permettent.

Section 5

Evaluation du dossier d’Étude d’Impact Environnemental et Social

§.1- Evaluation technique

Article 89 - L’évaluation technique consiste à vérifier si dans son étude, le promoteur a


appliqué correctement les dispositions prévues à l’article 86 du présent Décret, et si les
mesures proposées pour prévenir et/ou corriger les effets néfastes prévisibles de
l’investissement sur l’environnement et le milieu social sont appropriées et suffisantes pour
permettre de donner des garanties de faisabilité et d’acceptabilité environnementale à l’ONE
qui est habilité à délivrer le Permis Environnemental.

32
L’évaluation technique doit prendre en compte et inclure les recommandations résultant de la
participation du public et tous les enjeux et dimensions tels qu’il ressort des résultats de la
participation du public.

L’évaluation technique vérifie que l’option retenue du projet soumis est celle du moindre
impact, que les impacts anticipés sont bien atténués et que les impacts résiduels significatifs
font l’objet de mesures compensatoires réalistes, quantifiables et mesurables dans le temps.

Article 90 - L’évaluation du dossier d’EIES est assurée par le Comité Technique


d’Evaluation ad ‘hoc tel que prévu dans le présent Décret.

Article 91 - Les Rapports de revue du Comité technique d’évaluation résument les


évaluations et les recommandations du CTE.

Ils comprennent, entre autres :

- Les observations et les analyses du CTE sur le rapport d’EIES ;

- Les recommandations pour améliorer la gestion environnementale et sociale du


projet ;

- Les conditions requises pour l’approbation finale du projet ;

- Les réponses du promoteur aux recommandations du CTE.

§.2 Délai de l’évaluation

Article 92 - L'évaluation technique, ainsi que l'émission des avis correspondants et l’octroi
du Permis Environnemental, doivent être effectuées dans un délai maximal de soixante (60)
jours ouvrables à compter de la réception des dossiers complets soumis par le promoteur, en
cas de consultation directe des communautés locales.

Pour les projets de grande envergure ou présentant plusieurs enjeux soumis à enquête et
audience publiques, le délai requis est de cent quatre-vingts (180) jours ouvrables au
maximum, selon les mêmes conditions d’étude des dossiers et de recevabilité. Toutefois, ce
délai peut être modifié dans le cadre d’un protocole d'accord fixant les nouvelles modalités
d’évaluation entre le promoteur et l'Office National pour l'Environnement.

Aux délais ci-dessus sont rajoutés les temps de réponse des promoteurs, en cas de
demande de complément d’informations ou DCI requise par le CTE.

Il appartient à l’ONE d’apprécier le délai de réponse en fonction de la teneur des DCI. En cas
de retard qui pourrait avoir un impact sur les enjeux du projet, des dispositifs
supplémentaires peuvent être appliqués notamment la demande de mise à jour de
documents.

Le CTE dispose d’un délai de dix (10) jours ouvrables à compter de la réception de ces
informations complémentaires pour son analyse.

Article 93 - Est considéré comme projet de grande envergure, un projet incluant


généralement la complexité d’un grand nombre de tâches interconnectées, impliquant
plusieurs disciplines et domaines d’expertise, avec un calendrier s'étalant souvent sur
plusieurs mois ou années.

33
Le projet présente des risques élevés avec des défis importants ou d'incertitudes, impliquant
diverses parties prenantes et nécessitant un large éventail de ressources humaines,
matérielles et technologiques, ainsi que des effets significatifs sur l'organisation, la
communauté ou l'environnement, avec des résultats potentiellement à grande échelle.

Article 94 - Pour les projets de grande envergure ou présentant certaines spécificités, un


protocole d’accord peut être établi entre l’ONE et le promoteur, quant aux délais et aux
modalités de l’évaluation.

§.3 Participation du public

Article 95 - La participation du public à l’évaluation se déroule selon les formes définies dans
les dispositions communes prévues dans le titre II, Chapitre II du présent Décret.

Les modalités pratiques relatives aux procédures de participation du public sont précisées
dans des directives techniques environnementales.

Article 96 - À l’issue de la procédure de consultation publique, le CTE peut formuler une DCI
à laquelle le promoteur est invité à répondre pour mieux prendre en compte les
préoccupations du public ou à renforcer les mesures d'atténuation.

Article 97 - Les rapports de participation du public documentent le processus de consultation


des parties prenantes et du public durant le processus d’évaluation environnementale et
sociale par l’ONE.

Ils incluent :

- Les méthodes de consultation utilisées ;

- Les commentaires et les préoccupations des parties prenantes ;

- Les réponses et actions prises en réponse aux commentaires ;

- Les intégrations des suggestions pertinentes dans le projet.

Section 6

Octroi du Permis Environnemental

Article 98 - Le permis environnemental est délivré au nom du Ministre en charge de


l’Environnement.

Le Directeur Général de l’ONE reçoit du Ministère en charge de l’Environnement délégation


pour délivrer des Permis Environnementaux. Il n’a pas de pouvoir de subdélégation.

Article 99 - Pour les investissements publics ou privés soumis à l’EIES, le Permis


Environnemental constitue un préalable obligatoire à tout commencement des travaux. Le
Permis Environnemental est délivré par l’ONE, sur la base de l’avis technique favorable du
CTE à l’issue d’une évaluation de l’EIES du projet.

Article 100 - Le Cahier des Charges Environnementales et Sociales est un document


contractuel établi entre l’ONE et le promoteur du projet. Le CCES est annexé au Permis

34
Environnemental. Il précise les exigences spécifiques liées aux engagements du promoteur
pour la gestion environnementale et sociale tout au long du projet. Il est élaboré par l’ONE
sur la base du PGES du projet et validé par le CTE.

Si les impacts évalués sont importants et/ou si les mesures d'atténuation préconisées sont
insuffisantes, l'ONE peut refuser de délivrer le Permis Environnemental. Cette décision doit
être motivée par l’ONE. Dans ce cas, le promoteur peut être invité à revoir son projet ou à
fournir des informations supplémentaires, sinon le Permis Environnemental et social est
définitivement refusé.

Le PGES relatif au Permis octroyé est à renouveler tous les cinq (05) ans, entrainant
l’ajustement du CCES.

Section 7

SUIVI, CONTRÔLE ET AUDIT ENVIRONNEMENTAL DE FERMETURE

§.1 Surveillance et suivi environnemental et social

Article 101 - La mise en œuvre du Cahier des Charges Environnementales et Sociales pour
les projets d’investissements de la catégorie A, incombe au promoteur en collaboration avec
les collectivités territoriales décentralisées et les autres parties prenantes.

L’exécution du CCES consiste en l’application par le promoteur, pendant la durée de la vie


du projet, des mesures prescrites pour supprimer, réduire, restaurer, et éventuellement
compenser les conséquences dommageables sur l’environnement.

Article 102 - La surveillance environnementale, réalisée par le promoteur désigne le


processus systématique de collecte, d'analyse et d'interprétation des données relatives à
l'état de l'environnement et à l'impact des activités du projet.

Elle a pour objectif de suivre les niveaux d’émission de GES, si applicable, la qualité de l'air,
de l'eau, du sol, et l’état de la biodiversité pour détecter les changements ou les
dégradations de l’environnement conformément aux clauses du CCES, et garantir que les
pratiques de gestion de l'environnement du projet sont efficaces et conformes aux normes
établies, tout en identifiant et en prévenant les problèmes potentiels avant qu'ils ne
deviennent irréversibles.

Le promoteur doit élaborer un cahier de surveillance environnementale et sociale


comprenant les aspects sociaux, en vue du Rapport de Suivi Environnemental et Social de
l’exécution du projet.

Article 103 - Les rapports de surveillance et de suivi documentent l'état d'avancement et


l'efficacité de la mise en œuvre du CCES.

Ils comprennent, entre autres :

- Les résultats du suivi des mesures de gestion environnementale et sociale mises en


place ;

- Les évaluations de l’efficacité des actions d’atténuation ;

- Les ajustements nécessaires au CCES ;

35
- Les défis rencontrés et les solutions apportées.

Le rapport de suivi environnemental et social, remis à l’ONE pour évaluation par le CSES,
est élaboré sur la base du rapport de surveillance effectuée par le promoteur.

Article 104 - Le suivi de l’exécution du CCES consiste à vérifier l’évolution de l’état de


l’environnement et des aspects sociaux, ainsi que l’efficacité des mesures d’atténuation et
des autres dispositions préconisées dans les CCES par le Comité de Suivi Environnemental
et Social qui inclut l’analyse de données concernant les divers éléments écologiques comme
l’air, l’eau, le sol, le sous-sol, la gestion des déchets, l’aspect social et la biodiversité.
L’objectif est de détecter les changements environnementaux et sociaux, d’identifier les
problèmes potentiels, et de prendre des mesures pour atténuer les impacts négatifs.
Article 105 - Le promoteur est tenu de restituer les résultats de son suivi du CCES aux
communautés locales du lieu d’implantation du projet. Pour ce faire, il doit collaborer avec les
Autorités locales, les Fokontany concernés, les Autorités traditionnelles, les Autorités
régionales et déconcentrées, ainsi qu’avec les membres de la société civile présents au
niveau local.

Un procès-verbal de restitution signé par les parties prenantes doit être annexé au rapport de
suivi environnemental et social remis à l’ONE.

Le promoteur adresse les rapports périodiques de l’exécution du CCES à l’ONE et au Maire


de la Commune d’implantation. La soumission doit être effectuée dans les formats et le
nombre d’exemplaires requis par l’ONE, soit en version papier, soit électronique selon les
prescriptions en vigueur dans les directives techniques environnementales.

Article 106 - Pour les projets d’investissements de la catégorie A, les travaux de suivi sont
assurés par le CSES. La coordination du suivi environnemental et social de la conformité des
CCES est assurée par l'ONE qui peut, en cas de nécessité dictée par la spécificité et
l'envergure du projet, solliciter le service d’autres entités ou experts.

L'ONE, en collaboration avec le CSES, établit un plan de suivi détaillant les activités de suivi
à réaliser, la fréquence des visites de terrain, les responsabilités des parties impliquées dont
le promoteur, l’ONE et les CTD, et les ressources nécessaires. Les comités du personnel
des entreprises sont consultés pendant les missions de suivi effectuées par le CSES.

Article 107 - Les Représentants de l’Etat, les Maires en collaboration avec les Chefs de
Fokontany concernés et les communautés locales, assurent le suivi de proximité des projets
d’investissements des catégories A, B, et C.

§.2 Contrôle des activités des projets d’investissements

Article 108 - Le contrôle est une activité qui vise à assurer que le promoteur respecte, tout
au long du cycle de vie du projet, ses engagements et ses obligations définis dans le CCES,
et à l’octroi de sanctions en cas d’inapplication de ceux–ci.

À cet effet, le Ministère en charge de l’Environnement et les Ministères sectoriels concernés


prennent en charge le contrôle des activités des projets d’investissements publics et privés
pour assurer le respect par ces derniers de leurs engagements et obligations définis dans les
CCES et ou PGES tels que prévus par les lois et les règlements en vigueur.

Article 109 - Le suivi environnemental et social et le contrôle impliquent la surveillance et


l’identification des variations dans les paramètres environnementaux et sociaux prévus dans

36
le CCES pour comprendre les tendances et les impacts, et d'ajuster, en cas de besoin le
CCES, afin d’atténuer les impacts négatifs.

Ils permettent de surveiller le bon fonctionnement des activités du projet concerné à l’égard
de la préservation des ressources naturelles, la prévention de la pollution et la gestion
responsable de l’environnement pour le bien-être social des communautés locales.

Article 110 - Les travaux de contrôle des projets d’investissements de la catégorie A sont
assurés par le Ministère en charge de l’Environnement et le Ministère de tutelle de l’activité
concernée, qui peuvent, en cas de nécessité, solliciter l’appui technique de l’ONE.

Article 111 - Pour les projets d’investissements de la catégorie B, les travaux de suivi et de
contrôle relèvent des Cellules Environnementales des Ministères sectoriels concernés qui
envoient les rapports y afférents au Ministère en charge de l’Environnement et à l’ONE.

Les Représentants de l’Etat des lieux d’implantation de ces projets sont associés aux travaux
de suivi et de contrôle, et le cas échéant, la société civile.

Article 112 - Le financement des activités de contrôle en matière environnementale et


sociale par le Ministère en charge de l’Environnement et les Ministères sectoriels doit être
prévu dans les budgets respectifs de ces Ministères.

Toutefois, le financement des activités de contrôle pour les projets soumis à EIES effectué
par la structure de contrôle du Ministère en charge de l’Environnement est supporté en
partie par les frais d’évaluation environnementale prévus à l’Annexe IV du présent décret.

Article 113 - Si par suite d’un bouleversement de l’équilibre environnemental et social, les
mesures initialement prises se révèlent inadaptées, le promoteur est tenu de prendre les
mesures d’ajustement nécessaires en vue de la mise en compatibilité permanente de ces
investissements avec les nouvelles directives et les normes environnementales et sociales
applicables en la matière.

Les nouvelles mesures correctives et/ou compensatoires identifiées, à inscrire dans le CCES
modifié, doivent être validées par le CSES. Leur mise en œuvre doit commencer dans un
délai d'un an (01) au maximum à compter de la date de notification des mesures correctives.

§.3 Audit de fermeture

Article 114 - Avant la fermeture du projet, le promoteur doit procéder à un audit


environnemental et social, dont les modalités de mise en œuvre sont définies dans des
directives techniques environnementales. Cet audit est soumis à l’ONE pour évaluation et
pour délivrance d’un Quitus Environnemental.

En cas de liquidation judiciaire de la société commerciale du promoteur, et ce, même dans le


cadre de l'apurement du passif, le promoteur reste tenu de réaliser un audit environnemental
et social de l'ensemble des activités liées au projet concerné. Cet audit doit être effectué
dans un délai raisonnable suivant la décision de liquidation judiciaire, afin d'évaluer les
impacts environnementaux et sociaux résiduels et de garantir la conformité aux normes
applicables. L'audit devra être soumis à l’ONE pour validation et suivi, et ses résultats
devront être intégrés dans le processus de clôture du passif.

L'audit environnemental et social de fermeture consiste en une évaluation effectuée lors de


la fermeture d’un projet ayant un impact environnemental. L'objectif est de s'assurer que la

37
fermeture de l'installation ou du projet se fait de manière à réduire et compenser les impacts
environnementaux résiduels, de vérifier que des mesures adéquates ont été prises afin
d’assurer la pérennisation des résultats en termes de gain de biodiversité et à garantir que
toutes les obligations légales et réglementaires sont respectées.

Article 115 - La démarche d’audit environnemental et social de fermeture consiste, entre


autres, à :

- Identifier et évaluer les impacts environnementaux et sociaux qui peuvent persister après
la fermeture de l'installation, tels que la contamination du sol, de l'eau ou de l'air.

- Vérifier que toutes les obligations légales, réglementaires et contractuelles liées à la


fermeture et à la gestion des déchets sont respectées.

- Vérifier la réhabilitation ou de remise en état du site pour garantir que les conditions
environnementales sont restaurées ou améliorées.
- Identifier et éliminer ou réduire au minimum les risques environnementaux potentiels qui
pourraient survenir après la fermeture, comme des fuites de substances toxiques ou des
risques de pollution.

- Vérifier le plan de restauration environnementale et sociale des environs affectés tant


directement que indirectement.

Article 116 - Un rapport d’audit environnemental et social de fermeture, prévu par le présent
Décret, est soumis à l’ONE pour évaluation par le CSES. En cas d’évaluation favorable,
l’obtention du Quitus Environnemental et Social délivré par l’ONE est nécessaire pour
dégager la responsabilité environnementale du promoteur envers l’État.
Si l'audit de fermeture révèle des non-conformités ou des insuffisances dans la mise en
œuvre des mesures de fermeture, des actions correctives sont recommandées par l'ONE et
le CSES dans un délai de trois (03) mois.

Article 117 - Un quitus partiel peut être délivré à la demande du Promoteur en cas
d’achèvement partiel d’une activité ou composante du projet dont l’exécution peut s’étaler
dans le temps. Le quitus partiel précise :

- Les obligations ou les engagements pour lesquels le quitus est délivré ;

- La description des obligations remplies et celles restant à exécuter.

Article 118 - Le rapport d'Audit Environnemental et Social de fermeture résume la


conformité du projet, avec les exigences environnementales et sociales prévues dans les
clauses du CCES, lors de la fermeture du projet.

Il inclut :

- Un récapitulatif des mesures et des actions entreprises ainsi que des résultats
obtenus dans le cadre du CCES, en vérifiant leur mise en œuvre effective et leur
conformité avec le CCES et les exigences légales ;

- Une évaluation finale des impacts et des mesures d’atténuation ou de compensation


éventuelle en examinant si ces actions atteignent les objectifs prévus et en
garantissent l’absence de risques après la fermeture du projet.

38
Article 119 - En cas de cession d'un Permis Environnemental, un audit environnemental
peut être exigé afin d'évaluer la conformité des mesures de gestion environnementale mises
en œuvre par le titulaire précédent. Cet audit vise notamment à :

- Vérifier la gestion et l'atténuation des impacts environnementaux et sociaux liés aux


activités antérieures.

- S'assurer du respect des obligations réglementaires et des conditions du permis, y


compris les mesures de réhabilitation des sites.

- Faciliter le transfert des responsabilités environnementales au nouveau titulaire du


permis, en fournissant un état des lieux de la situation environnementale et sociale au
moment de la cession.

- Identifier d'éventuelles lacunes dans les mesures mises en œuvre et formuler des
recommandations pour garantir la conformité future.

- Fournir une documentation complète pour assurer la transparence et la traçabilité des


actions effectuées, à l'intention des parties prenantes.

Section 8

Modification, cession et changement

§1- Modifications des activités du projet initial

Article 120 - Pour les projets d’investissement de Catégorie A, les modifications de


l’envergure effective du projet par rapport au projet initial peuvent nécessiter la réalisation
d’une EIES complémentaire. Elles peuvent se manifester notamment par l’intégration de
nouvelles technologies pour optimiser la production, le changement de la nature des
activités ou leur extension.

Le promoteur est tenu de faire une demande à l’ONE pour la réalisation de l’EIES
complémentaire dont les modalités sont laissées à l’appréciation de l’ONE suivant les
enjeux environnementaux et sociaux, ainsi que des impératifs de sécurité et de santé au
travail. Ces modalités peuvent inclure l’ajustement du cahier des charges
environnementales afin d’assurer une meilleure prise en compte des impacts identifiés.

Article 121 - En cas de modification des activités, de cession de permis environnemental,


de changement de dénomination, le promoteur est tenu de notifier par lettre recommandée
l’ONE de son intention de procéder à ces changements.

L'ONE devra alors se prononcer, conformément aux dispositions législatives et


règlementaires applicables à ses activités, sur la nécessité de réaliser une étude
complémentaire, en tenant compte des engagements contractuels en vigueur.

Article 122 - La modification et l’extension d’une activité prévue à la catégorie B tendant à


accroître les conséquences dommageables sur l’environnement peut entrainer une révision
de la catégorisation et rendre obligatoire une EIES, en respectant les dispositifs prévus
dans le présent Décret, avant l’exécution des travaux de modification.

Article 123 - En cas de changement de localisation d'un projet, le promoteur doit réaliser
une nouvelle EIES compte tenu du changement des paramètres environnementaux et

39
sociaux. Il doit soumettre une nouvelle demande à l’ONE qui l’instruit suivant les dispositifs
prévus dans le présent Décret.

§.2- Cession de Permis Environnemental

Article 124 - En cas de cession, le cessionnaire se trouve subrogé dans les droits,
avantages et obligations du cédant.

La cession entraine le changement de titulaire de permis qui peut résulter, soit du décès du
promoteur inscrit dans le permis environnemental, soit à la suite d’une cession à titre
onéreux ou gratuit, soit résultant d’une cession de l’autorisation sectorielle, soit après fusion
de deux ou plusieurs projets ou tous autres mouvements entrainant la cession du permis
environnemental.

La cession peut aussi résulter du transfert de propriété ou de gestion de l'installation ou de


l'activité soumise au permis environnemental.

Article 125 - Le promoteur est tenu d’informer l’ONE de la cession de Permis


Environnemental, à titre onéreux ou gratuit. Cette démarche vise à encadrer le processus de
transfert de manière rigoureuse et d’éviter tout impact environnemental et social négatif
additionnel potentiel.

Article 126 - Si la cession s’opère sans modification ou extension des activités du projet
initial, la régularisation réside seulement sur le plan administratif par la délivrance d’un
nouveau Permis au nom du cessionnaire et l’ajustement du Cahier des Charges
Environnementales et Sociales correspondant.

La procédure de cession encadrée par l’ONE permet non seulement de sécuriser la


continuité des projets en cours et la vérification des qualifications et des capacités du
nouveau titulaire à respecter les obligations environnementales et sociales, mais aussi de
renforcer la responsabilité et la transparence dans la gestion des Permis Environnementaux.

Article 127 - Si des modifications significatives sont apportées par le cessionnaire au projet
d’investissement initial, une nouvelle EIES complémentaire est requise si les modifications,
additifs ou rectificatifs impliquent une ou des modifications des mesures prises en matière
d’environnement ou sociale. Les modalités de l’EIES complémentaire sont laissées à
l’appréciation de l’ONE suivant les enjeux environnementaux et sociaux.

Un nouveau Permis Environnemental est octroyé au nouvel acquéreur avec l’ajustement du


CCES correspondant.

Article 128 - Le transfert de permis doit être demandé avant la prise en charge effective de
l'installation ou de l'activité par le nouveau titulaire.

La demande de cession du Permis Environnemental doit inclure, notamment :

- Des informations sur le nouveau titulaire, telles que les références au Registre de
Commerce et des Sociétés ou RCS, les statuts, la régularité fiscale, le numéro
d’enregistrement statistique ;

- Un contrat de cession du Permis Environnemental entre le cédant et le


cessionnaire, ou à défaut une lettre d’engagement du nouvel acquéreur, pour
prouver la continuité des engagements environnementaux et sociaux du

40
promoteur sur la base du Permis Environnemental initial et du cahier des charges
environnementales et sociales y afférent ;
- Un acte officiel du Ministère de tutelle de l’activité concernée confirmant la
cession de l’autorisation sectorielle ;

- Un Rapport de Suivi Environnemental et Social de l’année précédente.

§ 3- Cas de changement de dénomination

Article 129 - Lorsque la nouvelle dénomination d'un projet ne conduit à aucun changement
dans les activités ni ne porte atteinte à l’environnement, à la biodiversité, et au milieu social,
la régularisation réside seulement sur le plan administratif par la délivrance d’un nouveau
Permis Environnemental suite au changement de dénomination ainsi que l’ajustement du
CCES correspondant.

Le promoteur doit informer l’ONE de la nouvelle dénomination et procéder à la mise à jour du


Permis Environnemental en conséquence.

La demande doit notamment inclure :

- Des informations sur le nouveau titulaire, telles que les références au RCS, les
statuts, la régularité fiscale, le numéro d’enregistrement statistique ;

- Une lettre d’engagement de sa part confirmant qu’il accepte les obligations et les
conditions du Permis Environnemental initial avec le cahier des charges
environnementales y afférent ;
- Un acte officiel du Ministère de tutelle de l’activité concernée confirmant le
changement de dénomination ;

- Un Rapport de Suivi Environnemental et Social de l’année précédente.

Article 130 - L’ONE dispose d'un délai de trente (30) jours à compter de la réception de la
demande pour examiner celle-ci, et le cas échéant, approuver le changement de
dénomination.

En cas de rejet, l'Autorité fournit les motifs de la décision et peut exiger des modifications
supplémentaires pour satisfaire aux exigences de la réglementation en vigueur.

En cas d'acceptation d'une demande, les étapes suivantes doivent être suivies :

-L’ONE informe le nouveau et l'ancien titulaire de l'acceptation de la demande ;

-Si nécessaire, un nouveau Permis Environnemental est émis au nom du nouveau titulaire ;

-Le nouveau titulaire doit réévaluer les mesures de gestion environnementale et sociale pour
assurer leur conformité ;

-Une mise à jour des rapports et les plans de gestion environnementale et sociale est
effectuée.

Article 131 - Dans tous les cas, l’ONE doit apposer sur le Permis Environnemental initial la
mention « ANNULE » et délivre une attestation d’annulation.

41
L’ancien Permis Environnemental devient nul et de nul effet. L’utilisation du Permis
Environnemental annulé expose le promoteur à des sanctions prévues par la législation en
vigueur.

CHAPITRE 2

PROCEDURES SPECIFIQUES AU PROGRAMME D’ENGAGEMENT


ENVIRONNEMENTAL ET SOCIAL ou PREES

Article 132 - Les projets d’investissements publics ou privés de catégorie B figurant dans
l’annexe II du présent Décret sont soumis aux prescriptions ci-après, selon les résultats d’une
catégorisation préalable établie par l’ONE :

- La production par l’investisseur d’un Programme d’Engagement Environnemental


et social.

- Une évaluation du PREES par la Cellule Environnementale du Ministère sectoriel


directement concerné, qui établit et envoie les rapports y afférents au Ministère en
charge de l’environnement et à l’ONE, au cours du premier trimestre de chaque année.

Les projets d’investissements implantés dans les zones sensibles, dont l'ampleur, les
impacts potentiels sur l'environnement et les risques associés sont considérés comme
limités ou modérés lors de la catégorisation, sont soumis à la procédure du PREES. Les
zones sensibles sont définies par voie règlementaire.

Article 133 - Pour les projets d’investissements, publics ou privés, soumis à un PREES,
l'obtention d'une autorisation environnementale validant le PREES est une condition
préalable obligatoire avant tout début des travaux. L'approbation du PREES relève de la
compétence du Ministère sectoriel concerné, sur la base de l'avis technique émis par sa
Cellule Environnementale.

Article 134 - En cas de modification d’une activité prévue à l’annexe II tendant à accroître les
conséquences dommageables sur l’environnement et le social, une EIES peut être requise
avant l’exécution des travaux conformément aux dispositions du présent Décret.

De même, à l'issue des consultations menées pendant le processus de l’élaboration du


PREES, tout projet jugé à risques et susceptible d’avoir des impacts négatifs importants, si
les parties prenantes expriment des préoccupations significatives quant aux effets potentiels
du projet sur l'environnement, la santé publique ou les ressources naturelles, est reclassé
« catégorie A » et doit faire l’objet d’une EIES.

Article 135 - Le promoteur soumet le Dossier de PREES au Ministère sectoriel concerné. La


soumission doit être effectuée dans les formats indiqués par le Ministère sectoriel concerné,
soit en version papier et électronique dont le contenu minimum est le suivant :

- Document certifiant la situation juridique datant de moins de trois (03) mois ou un


contrat de bail du site d’implantation du projet ;
- Autorisation sectorielle suivant le type de projet ;
- Présentation du projet :

42
 Description du projet : Présentation du projet en termes de nature, localisation,
objectifs, calendrier de mise en œuvre et activités principales ;
 Justification du projet : Objectifs économiques, sociaux et environnementaux ;
 Liste des lois, règlements, conventions et normes nationales et internationales
applicables ;
 Autorités responsables de l’approbation et de la régulation.
- Description de l’environnement existant
 Milieu physique : Climat, géologie, hydrologie, qualité de l'air, qualité des sols ;
 Milieu biologique : Faune, flore, biodiversité dans la zone du projet ;
 Milieu humain et socio-économique : communautés locales, activités
économiques, utilisation des terres, infrastructures.
- Identification des risques et impacts environnementaux et sociaux potentiels
 Impacts directs : notamment les changements dans l’utilisation des terres, la
pollution, la déforestation, les bruits, les déchets ;
 Impacts indirects : Effets sur les travailleurs, les communautés, la santé publique,
les ressources naturelles ;
 Risques liés à la biodiversité et aux écosystèmes.
- Plan de Gestion Environnementale et Sociale ou PGES
 Mesures d’atténuation : Actions proposées pour minimiser, compenser ou éviter
les impacts négatifs ;
 Mesures de gestion des déchets, y compris les déchets solides et liquides ;
 Plan de Gestion de la Biodiversité, si applicable ;
 Plan de gestion des risques et des incidents environnementaux / Plan d’urgence.
- Plan de suivi et de surveillance
 Indicateurs environnementaux et sociaux à surveiller ;
 Fréquence et modalités du suivi ;
 Responsabilités et budget pour la mise en œuvre.
- Plan de consultation publique et d’information
 Description des consultations avec les parties prenantes dont les communautés
locales, les OSC et les Autorités ;
 Résumé des commentaires reçus et réponses fournies.
- Engagement environnemental et social du promoteur
 Engagements formels du promoteur à respecter les mesures d’atténuation, les
normes environnementales, et à informer les Autorités.
- Résumé non technique en version malagasy et française
- Version vulgarisée du rapport pour les parties prenantes non spécialistes.
- Annexes : Cartes, plans, rapports techniques, autorisations légales et procès-verbal
de consultation du public.

43
Article 136 - Le Ministère sectoriel concerné enregistre le dossier soumis, en attribuant un
numéro d'enregistrement unique pour faciliter le suivi et la gestion du dossier. Un accusé de
réception est délivré au promoteur, confirmant l'enregistrement et indiquant le début du
processus d'examen.

Article 137 - Le Ministère concerné effectue une vérification préliminaire du dossier pour
s'assurer qu'il contient toutes les informations requises et qu'il est conforme aux conditions
prévues à l’article 135 ci-dessus.

En cas de documents manquants ou de non-conformités, des demandes de complément ou


de correction sont adressées au promoteur.

Article 138 - Afin d’assurer un financement adéquat des activités d’évaluation, de suivi et de
contrôle pour le PREES, les Ministères sectoriels prévoient dans leurs budgets respectifs
des provisions financières y afférentes.

Les autres mécanismes de financement pour l’évaluation, le suivi et le contrôle des PREES
sont définis par voie règlementaire.

Article 139 - Les Collectivités Territoriales Décentralisées concernées sont informées du


projet et du PREES soumis, incluant une présentation des impacts potentiels et des mesures
de gestion prévues.

En cas de besoin, les CTD facilitent une consultation publique selon le contexte et la portée
du projet, permettant au public local de soumettre des observations. Les commentaires et
préoccupations soulevés par la consultation sont collectés et intégrés dans le processus de
décision.

Article 140 - Le Ministère sectoriel examine le dossier du PREES, incluant :

- L'analyse des impacts environnementaux et sociaux et les mesures de gestion


proposées respectant les principes fondamentaux portés dans l’EIES ;

- L’évaluation des aspects techniques, réglementaires et de conformité aux normes en


vigueur.

Article 141 - Un rapport d’examen technique est établi par la cellule environnementale
concernée, incluant les observations, les recommandations, et les exigences
supplémentaires, le cas échéant. Le rapport est transmis au promoteur pour révision et
ajustements si nécessaire.

Article 142 - Sur la base de l’analyse technique et des consultations, et suite à une visite du
site ou à une consultation publique en cas de besoin, une décision finale est prise
concernant l’approbation ou la demande de modifications du PREES.

L’autorisation environnementale accompagnée d’un cahier des charges intégrant des


conditions d’approbation, est notifiée au promoteur.

L’évaluation du dossier de PREES et la délivrance de l’autorisation environnementale se font


dans un délai ne dépassant pas quarante-cinq (45) jours.

Article 143 - Le Ministère en charge de l’Environnement, l’ONE, les CTD et les STD
concernés sont informés de la décision, et sont destinataires du PREES validé pour leur
permettre d’en faire éventuellement le suivi ou le contrôle sur site.

44
Article 144 - Le promoteur est tenu de mettre en œuvre toutes les mesures d'atténuation
prévues dans le PREES. Le Ministère sectoriel et les CTD peuvent effectuer des visites de
contrôle et de suivi pour vérification de conformité.

Le promoteur peut être tenu de soumettre des rapports périodiques au Ministère sectoriel
détaillant l’état de mise en œuvre des mesures d’atténuation et l’évolution des impacts
environnementaux.

CHAPITRE 3

PROCEDURES SPECIFIQUES A L’EVALUATION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE


STRATEGIQUE (EESS)

Article 145 - Tout promoteur ou responsable de politique, plan ou programme soumet une
proposition écrite détaillant les objectifs, les composants, et les impacts potentiels du PPP au
Ministère en charge de l’Environnement et auprès du Département Ministériel concerné pour
démarrer la procédure d’EESS.

Article 146 - Le Ministère en charge de l’Environnement procède à une évaluation initiale


pour déterminer si le PPP nécessite une EESS complète. Les types de PPP sectoriels et
paysagers, devant faire l’objet d’une EESS, figurent en annexe III du présent Décret.

Au cas où l'EESS est requise, le promoteur ou le responsable du PPP doit définir les
paramètres de l'analyse, y compris les aspects environnementaux et sociaux à examiner.

Article 147 - Une analyse détaillée des impacts environnementaux et sociaux doit être
réalisée, incluant l’évaluation des effets potentiels sur les écosystèmes, la biodiversité, le
climat, la santé publique, la qualité de l’air et de l’eau, le sol et le sous-sol, ainsi que sur les
communautés locales et les conditions socio-économiques.

Article 148 - Le promoteur doit organiser une consultation publique permettant aux parties
prenantes de donner leur avis sur le PPP et les résultats préliminaires de l’EESS selon les
procédures fixées dans les dispositions communes prévues par le Titre II, Chapitre 2 du
présent Décret. Des procès-verbaux attestant la consultation et la concertation avec les
parties prenantes sont annexés au rapport de l’EESS.

Les parties prenantes doivent avoir un accès équitable à l’information pertinente et être
intégrées de manière significative dans le processus de décision.

Article 149 - Le contenu d'une EESS est conçu pour fournir une analyse exhaustive des
impacts potentiels de politiques, plans ou programmes ou PPP sur l'environnement et la
société. Une EESS doit permettre de planifier de manière durable le PPP et d’identifier les
meilleures alternatives pour éviter, minimiser, ou compenser les impacts négatifs.

Les résultats de l’EESS sont pris en compte et intégrés dans le PPP final afin d'atténuer et
de compenser les impacts négatifs identifiés et de maximiser les bénéfices
environnementaux et sociaux.

Article 150 - Le rapport d’EESS contient notamment :

- Introduction et Contexte
 Objectifs et portée de l'EESS : Définition claire des objectifs de l'évaluation, de la
portée géographique et temporelle, et du contexte stratégique du PPP examiné ;

45
 Justification de l'EESS : Explication des raisons pour lesquelles une EESS est
nécessaire, y compris les politiques environnementales, les réglementations en
vigueur, et les exigences des parties prenantes ;
 Cadre législatif et politique : Présentation des lois, règlements, et politiques
nationales et internationales pertinentes à l'EESS.
- Description du PPP Examiné
 Résumé du PPP : Description des PPP qui font l'objet de l'évaluation, y compris
leurs objectifs, activités, et composantes principales ;
 Alternatives envisagées : Présentation des différentes alternatives stratégiques
ou scénarios possibles, incluant la situation de référence, sans mise en œuvre du
PPP.
- Description de l'État Initial de l'Environnement et du Contexte Socio-économique
 Environnement physique et biologique : Analyse de l'état actuel de
l'environnement naturel, y compris la qualité de l'air, de l'eau, des sols, la
biodiversité, les écosystèmes, et les paysages ;
 Contexte socio-économique : Description des conditions sociales et
économiques, y compris les communautés locales, les moyens de subsistance, la
santé publique, la sécurité alimentaire, et les infrastructures ;
 Patrimoine culturel : Identification des sites ou des éléments du patrimoine
culturel, historique, ou archéologique présents dans la zone concernée.
- Identification et Évaluation des Impacts
 Impacts environnementaux : Analyse des impacts potentiels du PPP sur les
éléments de l'environnement dont l’air, l’eau, les sols, la biodiversité et les
paysages dans différents scénarios et sur différentes échelles spatiales et
temporelles ;
 Impacts sociaux : Évaluation des effets sur les conditions sociales, économiques,
et culturelles des communautés locales, y compris les questions de santé, de
sécurité, de droits fonciers, et de cohésion sociale ;
 Impacts cumulatifs et synergiques : Évaluation des impacts combinés et
accumulés des activités passées, présentes, et futures dans la zone d'étude ;
 Impacts transfrontaliers : Si pertinent, identification des impacts potentiels au-delà
des frontières nationales.
- Analyse des Alternatives
 Comparaison des alternatives : Analyse comparative des impacts
environnementaux et sociaux pour chaque alternative ou scénario envisagé, y
compris l'alternative "zéro" ou absence d'intervention ;
 Évaluation des options : Recommandations sur les meilleures options ou
combinaisons d'options pour minimiser les impacts négatifs et maximiser les
bénéfices environnementaux et sociaux.
- Mesures d'Atténuation et de Gestion
 Mesures d'atténuation des impacts négatifs : Proposition de mesures spécifiques
pour éviter, minimiser, compenser, ou atténuer les impacts négatifs identifiés.
Cela peut inclure des pratiques de gestion améliorées, des technologies propres,
ou des stratégies de restauration écologique ;

46
 Mesures d'amélioration : Recommandations pour maximiser les impacts positifs
ou les co-bénéfices du PPP telles que la création d'emplois, l’amélioration de la
qualité de vie.
- Plan de Suivi et de Surveillance
 Indicateurs de suivi : Définition des indicateurs de performance environnementale
et sociale qui seront utilisés pour suivre les impacts pendant la mise en œuvre du
PPP ;
 Programme de surveillance : Élaboration d'un programme de surveillance pour
mesurer les effets réels par rapport aux impacts prévus, y compris la fréquence,
la méthodologie, les responsabilités, et les ressources nécessaires ;
 Plan d'adaptation : Stratégies d'ajustement et d'adaptation en cas de déviation
par rapport aux prévisions ou d'apparition de nouveaux impacts non anticipés.
- Participation des Parties Prenantes
 Processus de consultation : Description du processus de consultation des parties
prenantes mené pendant l'EESS, y compris les méthodes utilisées, les groupes
consultés, et les résultats des consultations intégrant les procès-verbaux de
consultation et de concertation avec les parties prenantes ;
 Intégration des commentaires : Présentation des commentaires reçus des parties
prenantes et de la manière dont ils ont été intégrés dans l'évaluation et les
décisions stratégiques ;
 Plan de communication : Stratégies pour informer les parties prenantes et le
public des résultats de l'EESS et des décisions prises.
- Conclusions et Recommandations
 Résumé des résultats : Résumé des principales conclusions de l'EESS, y compris
les impacts environnementaux et sociaux potentiels, les meilleures alternatives, et
les mesures d'atténuation proposées.
 Recommandations stratégiques : Recommandations spécifiques pour la prise de
décision, la planification future, et les actions nécessaires pour s'assurer que le
PPP soit mis en œuvre de manière durable.
- Annexes

Article 151 - Un rapport détaillé de l’EESS, comprenant les résultats de l’analyse des
impacts, les consultations publiques et les mesures d’atténuation proposées, conformément
à l’article 150 ci-dessus, doit être rédigé et soumis au Ministère en charge de
l’environnement pour révision, puis au Comité Interministériel de l’Environnement ou CIME
pour examen final et décision.

Article 152- Les membres du CIME examinent le rapport de l’EESS pour s'assurer qu'il
répond aux exigences légales et réglementaires.

Le Président du CIME signe l’approbation du rapport d’EESS.

47
TITRE IV

DE LA CONSIDERATION DES ENJEUX SOCIAUX ET ENVIRONNEMENTAUX DANS LE


PROCESSUS D’EVALUATION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE

CHAPITRE PREMIER

DES ENJEUX SOCIAUX

Article 153 - Les promoteurs et les départements ministériels concernés sont tenus de
considérer et traiter dans l’EIES, le PREES et l’EESS les risques liés aux enjeux
sociaux notamment :

- Toute forme de Violence physique ou morale Basée sur le Genre ou VBG, y compris
les abus, harcèlements, discriminations et violences sexuelles;
- Le non-respect des conditions de travail et d’emploi décents en tenant compte d’une
rémunération juste et équitable, ainsi que des horaires de travail réglementés;
- Le travail des enfants non conforme aux dispositions légales;
- Le travail forcé ou obligatoire;
- Les risques liés à la sécurité et à la santé au travail. À ce titre, ils doivent mettre en
place des mesures visant à prévenir les accidents du travail et les atteintes à la santé
résultant, liés ou survenant au cours du travail, en réduisant au minimum les causes
des risques inhérents au milieu de travail, dans la mesure où cela est raisonnable et
pratiquement réalisable.
- La discrimination directe ou indirecte basée sur le sexe, origine, âge, religion,
handicap, ou toute autre caractéristique protégée par la loi ;
- Les possibilités de formaliser les emplois informels ou l’amélioration des conditions
des travailleurs dans ce secteur en leur offrant des droits sociaux et un meilleur accès
à des services de protection;
- L’appui sur les conditions de vie des travailleurs migrants en les appuyant sur l'accès
à des services de santé et de sécurité;
- La liberté d'association et conventions collectives;
- Le respect des droits fonciers coutumiers des communautés locales ;
- L’accès aux ressources naturelles essentielles telles que l’eau, les terres cultivables,
les forêts et les zones de pêche ;
- Le Genre en prenant en compte les impacts différenciés sur les femmes en matière
d’emploi, de santé, de participation à la prise de décision et d’accès aux ressources ;
- La culture et le patrimoine tels que le respect des sites historiques, culturels et
archéologiques ;
- La gestion des plaintes.

Section 1

Enjeux sociaux liés aux aspects fonciers

Article 154 - Le promoteur est tenu d'inscrire dans son Plan de Gestion Environnementale et
Sociale l’identification topographique selon les conditions définies dans la règlementation
foncière.

Section2

Réinstallation involontaire et acquisition des terres

48
Article 155 - Conformément à la législation en vigueur, la réinstallation involontaire des
populations affectées par des projets d’investissement doit être menée de manière à
respecter la dignité humaine, le genre, les droits fondamentaux notamment le droit à une
compensation juste et équitable, le droit à la consultation et à la participation à la prise de
décision éclairée, ainsi que les moyens de subsistance des personnes concernées.

Les impacts sociaux, économiques et culturels doivent être pris en compte, afin d’éviter ou
de minimiser les conséquences négatives sur les communautés.

Article 156 - Dans la planification de tout projet impliquant une acquisition de terres, les
parties prenantes doivent explorer toutes les alternatives afin de minimiser la réinstallation
involontaire. Lorsque la réinstallation est inévitable, des mesures d'atténuation adéquates
doivent être prévues pour protéger les droits des personnes déplacées.

Article 157 - Tout projet d’investissement nécessitant l’acquisition de terres ou d’autres


ressources naturelles doit obligatoirement inclure la préparation et l’approbation d’un PAR
avant le début de l’expropriation ou des travaux de déplacement involontaires des
populations.

Les modalités du PAR sont définies par les textes en vigueur.

Section 3

Enjeux sociaux résultant des changements climatiques

Article 158 - Le promoteur a l’obligation d’estimer et de minimiser ses émissions de GES.


Le promoteur doit :
(i) Communiquer tous les ans les données et informations requises pour les
inventaires nationaux des GES conformément au canevas établi par le
Bureau National en charge de changements climatiques ;
(ii) Etablir un bilan carbone au début de l'activité, et tous les quatre ans, pour
tous les industries manufacturières et construction, industrie de l’énergie,
industrie minérale, industrie chimique et industrie du métal, industrie
forestière, agro-industrie.
(iii) Proposer dans le PGES des mesures d’atténuation et d’adaptation aux
changements climatiques.

Section 4

Enjeux sociaux basés sur le Genre

Article 159 - Le promoteur est tenu d'inclure dans son Plan de Gestion Environnementale et
Sociale un engagement explicite au respect des lois et réglementations en vigueur relatives
aux droits des travailleurs. Cet engagement doit notamment garantir :

- L’application des principes d’inclusion sociale et d’égalité de genre dans toutes les
phases du projet.

- Un traitement respectueux et digne de tous les employés, sans discrimination,


harcèlement ou violence.

49
- La mise en œuvre de mesures visant à prévenir toute forme de violence physique,
morale ou de menaces exercées à l'encontre des individus, groupes ou
communautés.

- L’adoption de mesures appropriées pour prévenir tout risque de traumatisme ou de


dommages psychologiques découlant de comportements inappropriés sur le lieu de
travail.

Le respect de ces engagements doit être assuré par des mécanismes de suivi et
d'évaluation, conformément aux exigences légales et aux normes internationales
applicables.

Il doit garantir un traitement respectueux et digne de tous les employés, en s'assurant


qu'aucune forme de violence physique, morale ou de menaces ne soit exercée à l'encontre
des individus, groupes ou communautés. Des mesures appropriées doivent être mises en
place pour prévenir tout risque de traumatisme ou de dommages psychologiques résultant
de comportements inappropriés sur le lieu de travail.

Article 160 - Le promoteur doit développer des stratégies adaptées pour traiter ces enjeux,
en promouvant un environnement de travail respectueux et exempt de violence, tout en
garantissant que les droits de toutes les personnes impliquées soient protégés.

Section 5

Contribution au développement social local

Article 161 - Pour le compte du projet, le promoteur contribue au développement social


local, notamment :

- En mettant en œuvre un plan d'action incluant des initiatives en éducation, santé,


développement économique et environnement ;
- En maintenant un dialogue continu avec les communautés et ajuster les actions en
fonction des retours.

Article 162 - Dans le cadre de la mise en œuvre des projets ayant des impacts sociaux sur
les communautés locales et les groupes vulnérables, les promoteurs doivent garantir une
compensation sociale complète et équitable conformément aux dispositions légales en
vigueur.

50
CHAPITRE 2

DES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX

Article 163 - Le promoteur est tenu de prendre en compte les risques associés aux enjeux
environnementaux tels que :

1. Les impacts sur la Biodiversité :

a) Les projets doivent éviter la destruction, la dégradation ou la fragmentation


des habitats naturels et/ou à fonctionnalité écologique avérée. En cas de
tels impacts, des mesures compensatoires suivant la séquence ERC
doivent être mises en place pour protéger les espèces animales et
végétales, avec une attention particulière aux habitats et espèces
endémiques et/ou menacés selon les référentiels en vigueur.

b) Les activités susceptibles de provoquer un usage abusif des ressources


biologiques et une déforestation, doivent être régulées afin de minimiser la
perte de forêts, la dégradation de la biodiversité et les contributions au
changement climatique.
c) Les projets doivent prévenir la propagation d’espèces exotiques
envahissantes qui peuvent déséquilibrer les écosystèmes locaux.

d) Les projets doivent prévenir la perte des services écosystémiques, dont leur
dégradation a des conséquences sur le bien-être humain, notamment :(i) les
services d'approvisionnement; (ii) les services de régulation; (iii) les services
culturels; (iv) les services de soutien.

2. La gestion des ressources en eau

Les projets doivent :

a) Veiller à ce que l'utilisation de l'eau n'entrave pas l'accès des populations


environnantes aux ressources en eau, ne provoque pas de changements
hydrologiques significatifs, et éviter une surexploitation pouvant entraîner
une baisse des niveaux des nappes phréatiques et des rivières, mettant en
danger les écosystèmes aquatiques et l'approvisionnement en eau des
communautés locales. En cas de perturbation, proposer des solutions
alternatives.

b) Garantir que les rejets industriels, les activités minières ou agricoles ne


contaminent pas les ressources en eau, afin de protéger la biodiversité
aquatique et l’accès à l’eau potable ;

c) Adopter des pratiques de gestion pour prévenir l’érosion des sols, qui
pourrait nuire aux rivières et aux zones humides et créer des désordres
hydrauliques, en général.

51
3. La pollution, qualité de l’air, climat :

a) Les projets doivent être conçus pour minimiser les émissions de GES et
évaluer leur impact sur les changements climatiques globaux.

b) Les projets doivent réduire la pollution atmosphérique en limitant les


émissions de polluants tels que les particules fines, le dioxyde de soufre et
les oxydes d’azote, afin de protéger la santé publique et maintenir la qualité
de l’air.

4. La gestion des déchets.

Les projets doivent :

a) Instaurer des systèmes de gestion des déchets industriels, dangereux,


toxiques ou biomédicaux pour prévenir la contamination des sols, de l'eau
et de l'air. L'application de protocoles sécurisés pour le traitement, le
stockage et l'élimination doit être effectuée en conformité avec les normes
environnementales et sanitaires en vigueur.

b) Assurer une gestion durable des déchets solides issus de secteurs tels que
l'exploitation minière, la construction et l'agriculture, en favorisant la
réduction, le recyclage, le réemploi et l'élimination sécurisée des matériaux.
Des mesures doivent être prises pour éviter que ces déchets n'affectent
négativement l'environnement, en particulier les paysages, la qualité des
terres et des ressources en eau.

5. L’utilisation des sols et changements paysagers, évaluation des impacts sur


les terres agricoles

Les projets doivent :

a) Procéder à une évaluation approfondie des impacts résultant de la


conversion des terres agricoles en zones industrielles, urbaines ou
résidentielles, dans le but de préserver la sécurité alimentaire, la
productivité des terres ainsi que les moyens de subsistance des
communautés rurales. Cette évaluation doit inclure l'analyse des effets à
long terme sur la capacité productive des terres agricoles et sur la résilience
des systèmes alimentaires, et ce, en conformité avec les politiques liées à la
gestion des sols.

b) Respecter les lois et règlements en vigueur, ainsi que les normes


internationales en vigueur sur l’utilisation des pesticides, y compris celles de
l’Organisation Mondiale de la Santé ou OMS et de l’Organisation des
Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture ou FAO. Cela inclut
l’enregistrement des pesticides utilisés, la gestion appropriée des déchets
chimiques, ainsi que le respect des délais de sécurité tels que les périodes
d’attente avant la récolte après application des pesticides. Des inspections
régulières et des contrôles doivent être mis en place pour s’assurer du
respect des normes en vigueur.

52
TITRE V

PLAINTES – MANQUEMENT - SANCTIONS

CHAPITRE 1

DE LA GESTION DES PLAINTES ENVIRONNEMENTALES

Section 1

Mécanisme de gestion des plaintes

Article 164 - Un mécanisme de gestion des plaintes ou MGP a pour objet de définir les
procédures permettant aux communautés locales et aux parties prenantes de formuler des
plaintes et des préoccupations liées à la mise en œuvre des projets de développement et de
garantir une réponse adéquate, rapide et équitable à cette plainte.

§ 1 Dépôt des plaintes

Article 165 - Toute personne qui se sent lésée ou affectée par les activités d’un projet
d’investissement peut déposer sa plainte auprès du Fokontany ou de la Commune
d’implantation qui la transmet au Comité de gestion des plaintes prévu à l’article 168 ci-
dessous.

Elle peut également saisir directement le promoteur concerné qui doit prévoir un mécanisme
de gestion des plaintes de son projet.

Les plaintes peuvent être écrites ou verbales, anonymes ou nominatives. Elles doivent être
prises en considération pour examen par la structure de gestion des plaintes.

§ 2 Procédure de traitement

Article 166 - Tout traitement des plaintes environnementales visées à l'article 165 se réfère
aux obligations environnementales et sociales du promoteur, telles qu'établies dans le cahier
des charges.

Dans tous les cas, les mesures prises ou résolutions sont consignées dans un procès-verbal
de gestion des plaintes signées par toutes les parties en présence.

a) Traitement des plaintes par le promoteur

Article 167 - Le promoteur traite immédiatement les plaintes par des mesures correctives
conjointement convenues avec le Maire, le Chef de Fokontany concerné et le plaignant.

En cas de non-résolution, le plaignant saisit le Comité de gestion des plaintes.

b) Traitement des plaintes par le Comité de gestion des plaintes

Article 168 - Il est institué une structure de gestion des plaintes dénommée « Comité de
gestion des plaintes » composé des parties prenantes locales, notamment le Préfet, le Chef
de District, le Maire, le Chef du Fokontany, les Autorités traditionnelles, les représentants des
communautés locales désignés par leurs membres, les organisations de la société civile.

53
Ce Comité est présidé par le Préfet ou le Chef de District du lieu d’implantation du projet qui
convoque les membres du Comité dans un délai de trois (03) jours au plus tard à compter de
la réception des plaintes.

Article 169 - Les plaintes sont traitées sur site suivant une procédure de médiation et
contradictoire exigeant la présence des parties prenantes en cause, à savoir les plaignants
et le promoteur, ainsi que leurs prises de parole respectives en vue de rétablir les faits.

Article 170 - La gestion des plaintes doit être assurée de manière efficace et transparente
visant à minimiser les risques de corruption, de trafic d’influence, de conflits d’intérêts, de
manipulation de l’information, notamment au sein des institutions concernées, en respectant
la culture locale et en étant facilement accessible à toutes les parties concernées par le
projet.

Le procès-verbal de gestion des plaintes, comprenant les résolutions adoptées et signé par
toutes les parties concernées, doit être transmis immédiatement au promoteur pour garantir
un suivi efficace et transparent.

Une copie du procès-verbal est transmise à l'ONE pour le projet ayant un Permis
Environnemental et soumis à l’EIES, aux Ministères sectoriels concernés pour les projets
soumis au PREES.

Section 2
Gestion des plaintes par l’Administration environnementale

§ 1 Traitement des plaintes par le Comité de suivi environnemental et social ou CSES

Article 171 - En cas de non-résolution des plaintes au niveau local, l’ONE, avec le Ministère
en charge de l’Environnement, les Ministères sectoriels concernés par le projet, et en
collaboration avec les Représentants de l’Etat et les Autorités locales telles que le Maire et le
Chef du Fokontany, gèrent les plaintes liées aux impacts environnementaux et sociaux des
projets au sein du Comité de suivi environnemental et social pour les projets ayant un Permis
Environnemental.

Le CSES prend en compte les plaintes non résolues et engage des démarches de médiation
et contradictoires afin de traiter ces plaintes, conformément aux dispositions de l'article 169
ci-dessus.

La gestion des plaintes peut aboutir, soit à la conciliation et à la prise de mesures correctives
par consensus avec le plaignant et les Représentants de l’Etat et les Autorités locales, soit à
l’exposition du promoteur à des sanctions en cas de non-respect du cahier des charges
environnementales et sociales.

§ 2 Traitement des plaintes par le Comité régional de gestion des plaintes


environnementales ou CRGPE

Article 172 - Un CRGPE, institué par voie réglementaire et constitué d’entités concernées
par le projet, est coordonné au niveau régional par la Direction Régionale en charge de
l’Environnement. Ce Comité, dont les membres sont désignés par l’ONE, a pour mission de
traiter les plaintes environnementales afférentes à tout projet ne disposant pas de Permis
Environnemental.

54
Le CRGPE est chargé d’examiner les plaintes conformément aux procédures de médiation
applicables entre les parties concernées, à savoir le plaignant et le promoteur, et ce, dans le
respect de la législation environnementale en vigueur.

55
CHAPITRE 2

DES MANQUEMENTS, SANCTIONS ET RECOURS

Section 1

Manquements aux prescriptions

Article 173 - Sont considérés comme manquements, outre les autres inobservations des
dispositions du présent Décret et de ses textes d’application, les faits ou l’abstention ci-
après :

- Toute absence d’EIES pour les nouveaux investissements ;

- Le non-respect de l’une des clauses du cahier des charges environnementales et


sociales ;

- Le non-respect de la consultation initiale ;

- La non communication des cahiers des charges environnementales et sociales aux


Autorités des CTD concernées ;

- La non restitution des résultats du suivi par le promoteur aux communautés locales
des lieux du site ;

- Le défaut de procès-verbaux sur la participation effective des communautés locales


et des Autorités traditionnelles à la consultation et à la concertation et autres
processus de mise en œuvre de la MECIE ;

- La non-déclaration de tout type de changement ou de modification pouvant ou non


affecter le Permis Environnemental et le CCES;

- La fausse déclaration des matériels utilisés et des investissements dans le cadre de


l’exécution du projet ;
- La rétention des informations essentielles concernant leurs performances
Environnementales et Sociales ;

- La non-divulgation des informations claires et compréhensibles sur le projet ;


- Le fait pour tout investisseur d’avoir entrepris des travaux, ouvrages et
aménagements sans une autorisation environnementale délivrée par les Autorités
compétentes ;

- Le fait par tout investisseur de s’être abstenu de prendre les mesures de correction
et/ou de compensation prescrites en cas de manquement dûment constaté ;

- L’inexécution totale ou partielle dans le délai prescrit des mesures de mise en


conformité de l’investissement avec l’environnement ;

- Le non-versement des données brutes de biodiversité issues des rapports d’EESS,


EIES, PREES, et données de suivi associées durant la mise en œuvre des projets et
mesures associées au PGES et CCES.

56
- Le non-respect des directives techniques environnementales par le Promoteur.

Article 174 - Le Comité Technique d’Évaluation, le Comité de Suivi Environnemental et


Social et l’ONE, dans l'exercice de leurs fonctions respectives dans le cadre de l'exécution
du présent Décret, sont tenus de consigner dans leurs rapports, les manquements identifiés.

Ces entités peuvent solliciter l'appui des services de la police judiciaire de l’environnement
(OPJE), ou de la police judiciaire de droit commun pour l’accomplissement de leurs
missions.

Cependant, chaque entité est habilitée à mener à bien sa mission de manière autonome,
dans le respect des prescriptions établies par le présent Décret.

Section 2
Sanctions administratives

Article 175 - En cas de survenance de l’un des manquements énumérés dans l’article 173,
ci-dessus l’ONE procède à :

- L’envoi d’un avertissement par lettre recommandée au promoteur de régulariser la


situation dans un meilleur délai selon la gravité des faits. Cet avertissement fixe le
délai qui ne doit pas être inférieur à huit (08) jours et supérieur à un (01) mois.

- La signification d’une sommation par exploit d’huissier aux frais du promoteur,


accompagné des sanctions de compensation correspondantes mentionnées dans le
CCES ou PGES si aucune régularisation de la situation n’intervient dans un délai de
trente (30) jours après la réception de l’avertissement.

Article 176 - Les sanctions suivantes sont prononcées par l’ONE à l’encontre du promoteur
en cas de persistance dans ses propos :

- Suspension du Permis Environnemental pour une durée de trente (30) jours, suivie
d’une sommation d’arrêter les travaux ;
- Retrait définitif du Permis Environnemental.

Le Ministère concerné ayant délivré l’autorisation d’exploitation peut également prononcer la


fermeture temporaire de trois (03) mois ou définitive de l’établissement.

Toutefois, si l’environnement, la santé publique, le climat et la biodiversité sont gravement


menacés, la suspension du Permis Environnemental et l’arrêt immédiat des travaux sont
prononcés.

Article 177 - Tous les frais occasionnés pour l’accomplissement des procédures prévues
par les articles 174 et 175 sont à la charge du promoteur.

Pour les projets d’investissements publics, les charges et les sanctions sont à la charge du
titulaire du marché ou des sous-traitants, selon le cas. La procédure d’injonction de payer
prévue par le Code de procédure civile malagasy est applicable.

Article 178 - L’ONE, en concertation avec le Ministère sectoriel compétent et la Commune


concernée, peut faire des sommations de remise en état des lieux conformément aux
Conventions internationales ratifiées par Madagascar, aux textes d’application qui
prescrivent les normes environnementales, aux directives et aux différents documents en
annexes du présent Décret.

57
Article 179 - Toute absence d’EIES pour les nouveaux investissements visés à l’article 81,
entraîne la suspension d’activité dès lors que l’inexistence du permis environnemental y
afférent est constatée. La suspension est prononcée conjointement par le Ministère chargé
de l’Environnement et le Ministère sectoriel concerné, sur proposition de l’ONE, après avis
du Représentant de l’Etat du lieu d’implantation.

Article 180 - Les sanctions administratives prévues par le présent Décret revêtent un
caractère environnemental et social et ne font pas obstacle à l’application des sanctions et
peines prévues par d’autres textes en vigueur.

Section 3
Recours administratif pour tout contentieux relatif à l’application du présent Décret

Article 181 - Toute personne lésée par l’application du présent Décret peut exercer un
recours gracieux auprès de l’organisme ayant pris l’acte contesté.

§.1- Recours gracieux

Article 182 - Dans ce cas, le recours est adressé directement à l’organisme ayant pris l'acte,
en sollicitant une révision de la décision.
Le silence de cet organisme pendant un délai de quatre (04) mois vaut refus, ce qui permet à
la victime d’engager un recours juridictionnel devant la juridiction compétente conformément
aux procédures prévues par la législation en vigueur.

§.2- Recours juridictionnel

Article 183 - Le promoteur ou son mandataire, ainsi que toute personne morale ou physique,
qu’elle soit de droit public ou de droit privé, ayant subi un préjudice en raison d’un acte pris
en application du présent Décret, ont le droit d’intenter un recours devant les juridictions
administratives compétentes. Ce recours doit être exercé conformément aux procédures
prévues par le droit commun administratif.

TITRE VI

DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES

Chapitre 1

DISPOSITIONS DIVERSES

Article 184 - Le présent Décret s’applique immédiatement dès sa publication à tous les
dossiers nouvellement déposés auprès de l’ONE, des Ministères sectoriels, et des autres
administrations publiques compétentes.

Article 185 - Les projets existants qui n’ont pas de permis ou d’autres autorisations
administratives au moment de l’entrée en vigueur du présent Décret doivent procéder à la
régularisation de leur situation dans un délai de six (06) mois. Les promoteurs sont tenus
d’arrêter leurs activités ou leurs travaux jusqu’à l’obtention du nouveau permis.

Article 186- L’ONE et les administrations compétentes désignées par le présent Décret
procèdent à la fermeture immédiate ou à l’arrêt forcé des travaux après sommation aux frais
des promoteurs.

58
Ce dernier, par le biais de l’officier de police judiciaire de l’environnement ou OPJE,
accompagné des éléments de force de l’ordre composés des officiers de police judiciaire de
droit commun exécute les sommations régulièrement servies conformément à la législation
en vigueur.

Article 187 - Le Ministre chargé de l’Environnement, sur proposition du Directeur Général de


l’ONE, définit les directives techniques nécessaires à l’exécution de certaines dispositions du
présent Décret et de ses textes d’application.

L’inobservation de ces directives peut entraîner la mise en demeure pour s’y conformer en
respect des lois et règlements en vigueur.

Article 188 - La mise à jour des frais d’évaluation environnementale et sociale prévus par le
présent Décret peut se faire, si besoin, tous les cinq ans, par voie d’Arrêté ou de décision
conjointe du Ministre chargé de l’Environnement et du Ministre chargé des Finances, après
avis de la Plateforme des Cellules Environnementales.

Ces dispositions ne portent pas préjudice à l’application des dispositions des textes
réglementaires en vigueur au niveau des secteurs concernés.

Chapitre 2
DISPOSITIONS FINALES

Article 189 - Sont et demeurent abrogées toutes les dispositions du Décret n° 99-954 du 15
décembre 1999, modifié par le Décret n°2004-167 du 03 février 2004 relatif à la Mise En
Compatibilité des Investissements avec l’Environnement, ainsi que celles de l’Arrêté n°
6830/2001 du 28 juin 2001 fixant les modalités et les procédures de la participation du public
à l’évaluation environnementale, et toutes autres dispositions règlementaires antérieures
contraires.

Article 190 - Des textes réglementaires seront pris, en tant que de besoin, pour préciser les
modalités d’application du présent Décret.

Article 191 - Le Ministre des Forces Armées, le Ministre des Affaires Étrangères, le Garde
des Sceaux, Ministre de la Justice, le Ministre de la Décentralisation et de l’Aménagement du
Territoire, le Ministre de l’Économie et des Finances, le Ministre de l’intérieur, le Ministre de
la Sécurité Publique, le Ministre de la Santé Publique, le Ministre de l’Enseignement
Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Ministre de l’Éducation Nationale, le Ministre de
l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, le Ministre de l’Agriculture et
de l’Élevage, le Ministre de l’Industrialisation et du Commerce, le Ministre des Transports et
de la Météorologie, le Ministre de l’Energie et des Hydrocarbures, le Ministre des Travaux
Publics, le Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Fonction Publique, le Ministre des Mines,
le Ministre de la Pêche et de l’Économie Bleue, le Ministre du Tourisme et de l’Artisanat, le
Ministre de la Population et des Solidarités, le Ministre du Développement numérique, des
Postes et des télécommunications, le Ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène,
le Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, le Ministre de la Jeunesse et
des Sports, le Ministre de la Communication et de la Culture, le Ministre délégué en charge
de la Gendarmerie Nationale, le Secrétaire d’État en charge des nouvelles villes et de
l’habitat auprès de la Présidence de la République, le Secrétaire d’État en charge de
l’Autosuffisance Alimentaire auprès de la Présidence de la République, chacun en ce qui le
concerne, sont chargés de l’exécution du présent Décret qui sera publié au Journal officiel de
la République de Madagascar

59
Fait à Antananarivo, le 28 janvier 2025

PAR LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT,

NTSAY CHRISTIAN

Le Ministre des Forces Armées La Ministre des Affaires Etrangères

Général de Corps d’Armée SAHIVELO RASATA Rafaravavitafika


Lala Monja Delphin

Le Garde des Sceaux, Ministre de la Le Ministre de la Décentralisation et de


Justice l’Aménagement du Territoire

RAKOTOMANDIMBY Benjamin ANDRIANTSITOHAINA Naina

La Ministre de l’Economie et des La Ministre de l’Intérieur


Finances

RABARINIRINARISON Rindra
Hasimbelo RAHAJAVOLOLONIAINA Niritsoa
Le Ministre de la Sécurité Publique Le Ministre de la Santé Publique

Contrôleur Général de Police Professeur RANDRIAMANANTANY


RAKOTOARIMANANA Herilala Zely Arivelo

60
La Ministre de l’Enseignement Supérieur La Ministre de l’Education Nationale
et de la Recherche Scientifique

SAHONDRARIMALALA Marie Michelle


CHAMINAH Loulla

La Ministre de l’Enseignement Technique Le Ministre de l’Agriculture et de


et de la Formation Professionnelle l’Elevage

RASOLOARISOA Marie Marcelline HAJARISON François Sergio

Le Ministre de l’Industrialisation et du Le Ministre des Transports et de la


Commerce Météorologie

RALAMBOFIRINGA David Herizo


RAMONJAVELO Manambahoaka
Valéry Fitzgerald

Le Ministre de l’Energie et des Le Ministre des Travaux Publics


Hydrocarbures

JEAN-BAPTISTE Olivier RAFIDISON Richard Théodore

La Ministre du Travail, de l’Emploi et de Le Ministre des Mines


la Fonction Publique

RAZAKABOANA Hanitra Fitiavana RAKOTOMALALA Herindrainy Olivier

61
Le Ministre de la Pêche et de l’Economie Le Ministre du Tourisme et de l’Artisanat
Bleue

MAHATANTE Tsimanaoraty Paubert DEWA Viviane

Le Ministre de la Population et des Le Ministre du Développement


Solidarités Numérique, des Postes et des
Télécommunications

RAZAFINJATO Aurélie DELMOTTE Stéphanie

Le Ministre de l’Eau de l’Assainissement Le Ministre de l’Environnement et du


et de l’Hygiène Développement Durable

RANDRIANAMELASOA Lalaina FONTAINE Max Andonirina

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports La Ministre de la Communication et de la


Culture

ABDULAH Marson Moustapha MARA Volamiranty Donna

Le Ministre Délégué à la Gendarmerie Le Secrétaire d’Etat en charge des


Nationale Nouvelles Villes et de l’Habitat auprès de
la Présidence de la République de
Madagascar

Général de Corps d’Armée


RAKOTONDRAZAKA Andriantsarafara ANDRIAMANOHISOA Gérard
Andriamitovy

62
63
ANNEXES

Au Décret n°2025- 080 du 28 janvier 2025 relatif à l’évaluation environnementale et


sociale pour la Mise en Compatibilité des Investissements avec l’Environnement
(MECIE)

64
ANNEXE I

PROJETS OBLIGATOIREMENT SOUMIS À ETUDE D’IMPACT ENVIRONNEMENTAL ET


SOCIAL (EIES) – CATEGORIE A

A. INFRASTRUCTURES ET AMENAGEMENTS, TRANSPORT / ROUTES &


AUTOROUTES

 Tout projet de nouvelles constructions de routes et autoroutes revêtue ou


non, par bitumage ou bétonnage de routes en terre de plus de 20 km en
continu ;

 Tout projet de construction de ponts de grande envergure et tunnels de


dimensions supérieures à 200m ;

 Tout projet de construction et d'aménagement de voie ferrée ;

 Tout projet de réhabilitation de voie ferrée de plus de 20 km de long ;

 Tout projet d’excavation et de remblayage liés aux constructions


d’infrastructures d’envergure, publiques ou privées (piste, route, bâtiment,
usine, barrage, etc.) de plus de 20 000 m3 ;

 Tout transport régulier et fréquent ou ponctuel de matières dangereuses


(corrosives, toxiques, contagieuses, explosifs ou radioactives, etc.) par
voie routière, ferroviaire, aérienne ou maritime.

 Tout projet de construction de port et d’aéroport ;

 Tout projet de construction, de réhabilitation et d’aménagement de


l’aérodrome plus de 1500 m ;

 Tout projet d'aménagement, de réhabilitation, d'entretien ou de dragage


supérieur à 10000 m3 des ports principaux et secondaires ;

 Tout projet d'aménagement de voies navigables, y compris le dragage,


s'étendant sur plus de 5 km ;

 Tout projet d'implantation de port maritime ou fluvial ;

 Toute construction de Jetée ;

 Toute construction de brise-lame (digue) ;

 Dragage portuaire supérieur à 10 000m3 ;

 Tout projet d’aménagement de zones de développement ;

 Toutes zones industrielles et commerciales de grande taille.

65
B. PRODUCTION D’ENERGIE

 Tout projet de création d’énergie nucléaire, auquel cas l’EIES découle


d’une EESS réalisée en amont ;

 Tout projet d’installation et/ou d’exploitation d’énergie d’origine marine


(hydrolienne, houlomotrice) ;

 Tout projet d’installation et/ou d’exploitation hydroélectrique de plus de 50


MW ;

 Tout projet de barrage hydroélectrique d'une superficie de rétention de plus


de 500 ha ;

 Tout projet hydroélectrique nécessitant la réinstallation de 500 personnes ;

 Tout projet de centrale thermique ayant une capacité de plus de 20 MW ;

 Tout projet d'installation et/ou d’exploitation de ligne électrique d'une


tension supérieure ou égale à 50 KV ;

 Tout projet d’installation et/ou d’exploitation de centrale à biomasse


supérieure ou égale à 20 MW ;

 Tout projet d’installation et/ou d’exploitation d’énergie éolienne et solaire


dans les zones lacustres ou marines ;

 Tout projet d’installation et/ou d’exploitation de parcs éoliens ayant une


capacité de plus de 50 MW ;

 Tout projet d’installation et/ou d’exploitation d’énergie solaire


photovoltaïque d’une puissance de plus de 50 MW ;

 Tout projet d’installation et/ou d’exploitation d’énergie solaire


photovoltaïque avec stockage de batteries de plus de 20 MW ;

C. ENERGIE FOSSILE ET HYDROCARBURE

 Tout projet de stockage de produits pétroliers et ses dérivés, ou de gaz


naturel d’une capacité combinée de plus de 500 m3;

 Tout projet de transport d’hydrocarbures ou de biocarburant par pipeline ;

 Tout projet d’installation et/ou d’exploitation de biogaz ayant une capacité


de plus de 1000 m3 (biométhane, bio propane, éthanol, hydrogène vert) ;

 Toute unité de production et de stockage de biocarburants/carburants


alternatifs de plus de 500 m3 ;

 Tout projet d’installation et/ou d’exploitation d’unité de traitement, de


valorisation, de régénération de déchets d’hydrocarbures et des huiles
usées ;

66
 Tout projet d’exploration du pétrole ou de gaz naturel utilisant la méthode
sismique et/ou forage ;

 Tout projet d’extraction et d’exploitation industrielle de charbon de terre ou


cokeries ;

 Tout projet d’implantation de raffinerie de pétrole brut, de gazéification et


de liquéfaction de capacité de plus de 10 000 barils équivalent-
pétrole/jour ;

 Tout projet d’implantation offshore ;

 Tout projet d’extraction de substances minérales bitumineuses de plus de


500 m3/jour ;

 Tout projet d’installation relatif au procédé de transformation, de blending


des pétroles et dérivés, des lubrifiants, d’huile de base et de ses intrants ;

 Tout aménagement d’une aire de stationnement accueillant les transports


d’hydrocarbures de plus de 1000 m3 ;

 Tous travaux de construction/réhabilitation des installations pétrolières


ayant une capacité de stockage supérieur à 1000 m3;

D. AGRICULURE- ELEVAGE

 Tout projet d’exploitation de grandes superficies agricoles supérieur à


1000ha ;

 Tout projet d'aménagement ou de réhabilitation hydroagricole ou agricole


de plus de 1000 ha ;

 Tout projet d'élevage de type industriel ou intensif.

 Tout projet d’épandage de produits chimiques susceptibles, par son


envergure, de porter atteinte à l'environnement et à la santé humaine.

E. INFRASTRUCTURE / PROCÉDÉ DE VALORISATION DES PRODUITS DE LA


PÊCHE ET DE L’AQUACULTURE
 Toute installation d’usine de traitement et d’unité de transformation de produits de
la Pêche et de l’Aquaculture dont le volume de production est supérieur à 150
tonnes/an, y compris les laboratoires d’autocontrôle ; les installations d’entrepôts
frigorifiques;

F. AQUACULTURE

 Tout projet d’exportation d’espèces aquatiques vivantes ou de produits germinaux


d’animaux aquatiques ;
 Tout projet d’importation d’espèces aquatiques vivantes ou de produits germinaux
d’animaux aquatiques destinés à l’aquaculture ;
 Tout projet de pisciculture dont la densité d’élevage est supérieure à 25kg/m3 ;

67
 Tout projet d’aquaculture utilisant l’eau de surface/souterraine de plus de 30m3/h.

G. RESSOURCES NATURELLES RENOUVELABLES

 Toute introduction de nouvelles espèces, animales ou végétales, ou


d'organismes génétiquement modifiés (OGM) sur le territoire national ;

 Toute exploitation forestière de plus de 50 ha ;

 Toute collecte et/ou chasse et vente d’espèces n’ayant jamais fait l’objet de
commercialisation par le passé ;
 Tout projet de création de parcs et réserves, terrestres ou marins, d’envergure
nationale et régionale ;

H. RESSOURCES EN EAU
 Tout prélèvement d’eau : eau de surface ou souterraine de plus de 30m3/h ;

 Toute utilisation ou déviation (continue / temporaire) d’un cours d’eau classé


permanent ;

 Tous projets ayant un effet sur le régime hydraulique.

I. URBANISME

 Tout projet de création de nouvelles villes ou d’expansion majeure des


zones urbaines ;

 Tout projet de construction de complexes résidentiels de plus de 10


hectares ou plus de 250 unités résidentielles ;

 Tous projets commerciaux couvrant une surface de plus de 5 hectares ou


impliquant des bâtiments de grande hauteur (supérieure à 50 mètres) ;

 Tout projet d’aménagements urbains de transport et de mobilité ;

 Tout projet d'assainissement dans les plans d’urbanisme.

J. IMMOBILIER, TOURISME ET HOTELLERIE

 Tout aménagement hôtelier d’une capacité d'hébergement supérieure à


100 chambres

 Tout aménagement récréotouristique d’une surface combinée de plus de


20 hectares

 Tout restaurant d’une capacité de plus de 200 couverts.

K. SECTEUR INDUSTRIEL

 Toute unité industrielle soumise à autorisation, conformément aux dispositions


des textes réglementaires en vigueur de la Loi 99-021 du 19 Août 1999 relative à
la politique de gestion et de contrôle des pollutions industrielles, y compris la
nomenclature officialisée par le Ministère en charge de l’Industrie fixant la
classification des entreprises industrielles ;

68
 Toute unité de transformation de produits d'origine animale (conserverie,
salaison, charcuterie, tannerie, …) de type industriel ;

 Toute unité de fabrication d'aliments du bétail permettant une capacité de


production de plus de 150 t/an ;

 Tout projet de construction d’usines et d’installations de production ;

 Toute unité de transformation de produits d'origine animale (conserverie,


salaison, charcuterie, tannerie, …) de type industriel.

L. SECTEUR MINIER

 Tout projet d’exploitation ou extraction minière de type mécanisé, à


l’exception des équipements mécaniques légers pouvant être utilisés en
vue de l’exploitation d’un PREA et qui ne dépasse pas le volume autorisé ;

 Toute exploitation de carrière industrielle ;

 Toute exploitation de substances radioactives ;

 Tout traitement physique ou chimique sur le site d’exploitation de


substances minières ;

 Tout projet de recherche d’une envergure définie par arrêté conjoint des
Ministres chargés respectivement de l’Environnement et des Mines à partir
de la phase de développement et/ou de la préfaisabilité ;

 Tout projet de recherche et exploration touchant les aires protégées ou


zone sensible ;

 Tout projet d’extraction de substances minérales bitumineuses.

M. GESTION DE PRODUITS ET DECHETS DIVERS

 Toute unité de récupération d’élimination ou de traitement de déchets


domestiques industriels et autres déchets à caractère dangereux ;

 Toute unité de traitement ou d’élimination de déchets hospitaliers excédant


50kg/j ;

 Tout type de stockage de produits et/ou déchets radioactifs ;

 Tout stockage de produits dangereux ;

 Toute unité de station d’épuration (STEP) ;

 Toute unité de Station de traitement de déchets solides normalisés (STDS) ;

 Tout projet de mise en place de site de décharge normalisé ;

 Tout projet d’épandage de produits chimiques susceptibles, par son


envergure, de porter atteinte à l'environnement et à la santé humaine.

69
N. TELECOMMUNICATION

 Tous projets de construction ou d’exploitation des câbles terrestres en fibre


optique ou en cuivre coaxial touchant plus d’un District et des ouvrages
publics de l’État ;

 Tous projets de construction, d’exploitation des câbles sous-marins ;

 Toute implantation ou exploitation des infrastructures fondamentales de


Télécommunication et TICs susceptibles, de par leur nature technique, leur
ampleur et la sensibilité du milieu d’implantation, d’avoir des conséquences
dommageables sur l’environnement non visées ci-dessus, après avis de la
structure environnementale.

Tout projet ou activité non répertoriée dans les listes ci-dessus et atteignant l'un des seuils
suivants est également soumis à une étude d'impact environnemental et social (EIES) :

 Tous aménagements, ouvrages et travaux pouvant affecter les zones


sensibles ;

 Toute utilisation ou tout transfert de technologie susceptible d’avoir des


conséquences dommageables sur l’environnement ;

 Tout entreposage de n’importe quel liquide au-delà de 50 000 m3 ;

 Tout déplacement de population de plus de 200 personnes ;

 Les aménagements, ouvrages et travaux susceptibles, par leur nature


technique, leur ampleur et la sensibilité du milieu d’implantation d’avoir des
conséquences dommageables sur l’environnement.

70
ANNEXE II

INVESTISSEMENTS OBLIGATOIREMENT SOUMIS À UN PROGRAMME


D’ENGAGEMENT ENVIRONNEMENTAL ET SOCIAL (PREES)- CATEGORIE B

Sont soumises à l’approbation d'un programme d’engagement environnemental et social


(PREES) toutes activités citées ci-dessous ou atteignant l’un des seuils suivants :

INFRASTRUCTURES ET AMÉNAGEMENTS, TRANSPORT / ROUTES & AUTOROUTES

 Tout projet de réhabilitation de route revêtue de plus de 20 km en continu ;

 Tout projet d'entretien périodique de route non revêtue de plus de 20 km en


continu ;

 Tout projet de construction et d'aménagement de route et autoroute, revêtue ou


non sur une longueur de moins de 20 km ;

 Tout projet d’infrastructures de transport (routes secondaires, pistes rurales) :

 Tout projet de construction, de réhabilitation et d’aménagement d’aérodrome de


moins de 1 500 m ;

 Tout projet de construction, réhabilitation et d'aménagement de la gare routière


privé ou publics des voyageurs d’envergure nationale ;

 Dragage inférieur à 10 000 m3;


 Réhabilitation de port de terre-plein ;
 Construction de Ponton flottant de 25m ;
 Construction de débarcadère – embarcadère pour vedettes 25m ;

 Tout aménagement de terrain destiné à recevoir des équipements collectifs de


plus de 5000 spectateurs ou de plus de 3 ha ;

 Tout projet de réhabilitation de port d’intérêt secondaire.

PRODUCTION D’ENERGIE

 Tout projet d’installation et de production d’une centrale thermique de plus de 50


kW ;

 Tout projet d’installation et de production d’Hydroélectricité de plus de 50 kW ;

 Tout projet d’installation et de production de parc solaire de plus 50 kW ;

 Tout projet installation et de production d’une centrale à Biomasse de plus de


100kW ;

 Tout projet installation et de production de parc éolien de plus de 50 kW ;

71
 Tout projet d’installation et de production d’énergie Géothermie de plus de 50
kW ;

 Tout projet d’installation et de production de centrale électrique à Déchets de


plus de 100 kW.

AGRICULTURE – ELEVAGE

 Tout projet d’aménagement ou de réhabilitation hydroagricole ou agricole d'une


superficie comprise entre 200 et 1000 ha ;

 Tout projet d'élevage de type semi-industriel et artisanal ;

 Toute utilisation d‘intrants chimiques quantité sur la production Agricole.

RESSOURCES EN EAU

 Tout embouteillage d’eau minérale ;


 Toute unité de Station de traitement de boue de vidange (STBV)

RESSOURCES NATURELLES RENOUVELABLES

 Toute exploitation forestière de 10 ha à 50 ha ;

 Tout permis de capture et de vente d'espèces de faune destinées à


l'exportation ;

 Tout projet de création de parcs et réserves d’envergure communale et privée ;

 Toute réintroduction d’espèces dans une zone où elle était préalablement


présente ;

 Tout permis de collecte et de vente d'espèces destinées à l'exportation.

INFRASTRUCTURE/PROCEDE DE VALORISATION DES PRODUITS DE LA PÊCHE ET


DE L’AQUACULTURE

 Toute installation d’unité de transformation de produits de la Pêche et de


l’Aquaculture dont la production est entre 50 à 150 tonnes/an.

AQUACULTURE

 Tout projet de pisciculture dont la densité d’élevage est moins de 10-25 kg/ m3
en fin de cycle de production ;

 Tout projet d’écloserie ;

 Tout projet de spiruliculture.

72
TOURISME ET HOTELLERIE

 Tout aménagement hôtelier d'une capacité d'hébergement comprise entre 30 et


100 chambres ;

 Tout aménagement récréotouristique d'une superficie comprise entre 2 et 20 ha ;

 Tout restaurant d'une capacité comprise entre 40 et 200 couverts.

SECTEUR INDUSTRIEL

 Toute unité industrielle soumise à déclaration, conformément aux dispositions


des textes réglementaires en vigueur de la Loi 99-021 du 19 Août 1999 relative à
la politique de gestion et de contrôle des pollutions industrielles, y compris la
nomenclature officialisée par le Ministère en charge de l’Industrie fixant la
classification des entreprises industrielles ;

 Toute unité de transformation de produits d'origine animale de type artisanal.

 Toute industrie en phase d'exploitation des produits dérivés animales et


végétales

GESTION DE PRODUITS ET DECHETS DIVERS

 Tout stockage de produits pharmaceutiques de plus de 3 tonnes.;

SECTEUR MINIER

 Tout projet de recherche minière, suivant le Code Minier - cas Permis


de Recherche ;

 Tout projet d’exploitation de type artisanal, suivant le, cas PREA ;

 Toute extraction de substances minières des gisements classés rares ;

 Tout orpaillage mobilisant plus de 20 personnes sur un rayon de 500 m


et moins ;

 Tout projet de stockage de capacité combinée de plus de 4000 m3 ;

 Tout projet de stockage souterrain combiné de plus de 100 m3 ;

 Tout projet d’extraction de substance de carrière artisanale ;

 Toute activité de ramassage dans les gîtes fossilifères de 3ième ordre.


ENERGIE FOSSILE ET HYDROCARBURE

 Tout projet d’extraction de substances minérales bitumineuses inférieur


ou égal 500m3/jour

73
 Tout projet de construction de station-service

TELECOMMUNICATION

 Tous projets de construction et d’exploitation des mâts sur un toit ou


une terrasse ;

 Tous projets d’installation de pylône dans un milieu urbain ou dans des


zones habitées ;

 Tous projets de construction ou d’exploitation des câbles terrestres en


fibre optique ou en cuivre coaxial touchant un District et non localisé
dans une zone sensible ;

 Tous projets d’installation et d’exploitation de pylône dans les zones


tampons ;

 Tous projets de construction ou d’exploitation des tours implantés dans


les zones rurales ;

 Tous projets d’installation et exploitation d’infrastructures de


télécommunication et TICs non défini par les alinéas précédents.

74
ANNEXE III

Type de Politiques – Plans – Programmes soumis à une évaluation environnementale


stratégique (EESS)

TYPES DE PPP

Politiques de Protection de l'Environnement et de la Biodiversité :


 Stratégies de conservation de la biodiversité
 Plans de gestion des aires protégées terrestres et marines
 Création/ re-délimitation d’aires protégées terrestres et marines
 Plans de gestion des OECM (zones qui assurent une conservation in situ efficace
et à long terme de la biodiversité en dehors des aires protégées)
 Politiques, plans et programmes de lutte contre la déforestation, le braconnage, les
trafics illicites de ressources biologiques
Politiques de Développement des Ressources Naturelles
 Stratégies de gestion et d’utilisation des ressources en eau
 Politiques, plans et programmes d'exploitation minière
 Politiques, plans et programmes d'exploitation de carrières
 Politiques, plans et programmes d'extraction pétrolière et gazière
 Politiques plans et programmes de gestion forestière et des ressources naturelles
non ligneuses
Politiques de Développement Territorial et Urbain
 Plans directeurs d'aménagement urbain
 Schémas nationaux et régionaux d’aménagement du territoire
 Plans de développement régional

Politiques Agricoles et de Développement Rural


 Plans et programmes d'intensification agricole
 Plans et programmes d'irrigation
 Plans et programmes de développement rural intégré
 Plans et programmes de développement de l’aquaculture et de la pêche

Politiques de Transport
 Plans et programmes nationaux et régionaux de transport
 Plans et programmes de développement d'infrastructures routières, ferroviaires,

75
TYPES DE PPP

portuaires, et aériennes

Politiques Énergétiques
 Plans et programmes nationaux pour le développement des énergies
renouvelables
 Plans et programmes de développement des centrales électriques (thermiques,
hydrauliques, nucléaires)
Politiques de Développement Industriel
 Plans et programmes de développement de zones industrielles,
 Plans et programmes de soutien aux industries lourdes et manufacturières
Politiques de Développement Touristique
 Plans et programmes de développement et d’exploitation touristique,
 Plans et programmes de développement de l'écotourisme

Politiques de Gestion des Déchets et de l'Assainissement


 Plans et programmes nationaux ou régionaux de gestion des déchets solides,
 Plans et programmes de traitement des eaux usées

Cadrage EESS (Scoping)

TYPES DE PPP PORTEE DE L’EESS


Politiques de Protection de Questions clés à traiter :
l'Environnement et de la Biodiversité :
 Impacts sur la biodiversité :
 Stratégies de conservation de la Comment la politique affectera-t-elle
biodiversité les espèces menacées, les
 Extension, création de nouvelles écosystèmes vulnérables, et les
aires protégées habitats critiques ? Y a-t-il des risques
 Politiques de lutte contre la de fragmentation des habitats
déforestation naturels ou de perte de biodiversité ?
 Changements dans l'utilisation des
terres : La politique entraînera-t-elle
des modifications de l'utilisation des
terres, par exemple en encourageant
la reforestation, la déforestation
évitée, ou la création d'aires
protégées ?
 Impact sur les services
écosystémiques : Quels seront les
impacts potentiels sur les services
écosystémiques (eau, régulation du
climat, pollinisation) fournis par les

76
TYPES DE PPP PORTEE DE L’EESS
écosystèmes protégés ?
 Impacts sociaux et économiques :
Comment les communautés locales,
en particulier celles qui dépendent
des ressources naturelles pour leur
subsistance, seront-elles affectées
par la politique ? Quelles opportunités
économiques nouvelles seront créées
ou perdues ? Quels seront les
impacts positifs et négatifs sur les
zones d’habitation ?
 Application ERC
Limites Géographiques :
 Régions écologiquement sensibles
telles que les parcs nationaux, les
zones de biodiversité élevée, les
zones humides, les forêts, et les
zones marines protégées.
 Zones où les communautés locales
dépendent fortement des ressources
naturelles et des services
écosystémiques.
Alternatives à considérer :
 Différentes approches de
conservation (par exemple,
conservation communautaire,
partenariats public-privé, aires
protégées gérées par l'État).
 Alternatives de gestion adaptative
basées sur des scénarios de
changement climatique.
 Stratégies qui combinent conservation
et développement durable (par
exemple, agroforesterie,
écotourisme).
Parties Prenantes à impliquer :
 Autorités environnementales, ONG de
conservation, communautés locales,
structures locales de concertation,
OSC, CTD, chercheurs en
biodiversité, institutions et
organisations internationales (par
exemple, PNUE, IUCN, WWF, CI,

77
TYPES DE PPP PORTEE DE L’EESS
WCS,), secteurs privés impliqués
dans l'utilisation des terres
(agriculture, foresterie, pêche, mines).

Programmes de Développement des Questions Clés à traiter :


Ressources Naturelles renouvelables
 Exploitation durable des
ou non
ressources : Quels seront les
 Stratégies de gestion des impacts des politiques de gestion des
ressources en eau, ressources (eau, forêts, minéraux) sur
 Programmes d'exploitation minière, la durabilité des écosystèmes locaux
 Politiques d'extraction pétrolière et ?
gazière
 Impacts sur les communautés
locales : Comment la politique
affectera-t-elle les droits d'utilisation
des terres, les moyens de
subsistance, et les cultures des
communautés locales ?
 Biodiversité et écosystèmes : Quels
seront les impacts potentiels sur la
biodiversité, les espèces menacées,
et les services écosystémiques ?
Limites géographiques :
 Zones de ressources naturelles
spécifiques (forêts, bassins miniers,
rivières, etc.), y compris les zones
protégées et les zones à forte
biodiversité.
Alternatives à considérer :
 Différentes approches de gestion des
ressources (gestion communautaire
vs. gestion étatique, conservation
stricte vs. utilisation durable).
Parties Prenantes à Impliquer :
 Autorités de gestion des ressources
naturelles, communautés locales,
Structures locales de concertation,
CTD, OSC, entreprises extractives,
ONG, chercheurs en conservation.

Plans et Programmes de Questions Clés à traiter :


Développement Territorial et Urbain
 Impacts sur l'utilisation des terres :
 Plans directeurs d'aménagement Quels seront les effets du
urbain, développement proposé sur

78
TYPES DE PPP PORTEE DE L’EESS
 Schémas d’aménagement du l'utilisation des terres, y compris les
territoire, zones agricoles, les espaces verts, et
 Plans de développement régional les habitats naturels ?
 Gestion des ressources : Comment
le plan influencera-t-il la gestion des
ressources locales, notamment l'eau,
les sols, et la biodiversité ?
 Impacts sociaux : Quels seront les
impacts sociaux, tels que le
déplacement des populations, l'accès
au logement, et l'infrastructure sociale
(écoles, hôpitaux) ?
 Qualité de vie et santé publique :
Comment les changements dans
l'environnement urbain affecteront-ils
la qualité de vie, la pollution de l'air, le
bruit, et la santé publique ?
Limites géographiques :
 Zones urbaines et périurbaines
concernées par le développement
proposé, y compris les zones de
croissance urbaine et de
renouvellement urbain.
Alternatives à considérer :
 Scénarios de développement urbain
avec différentes densités (haute vs.
faible densité), aménagements de
transport (transports publics vs.
voiture), et stratégies de
développement (croissance urbaine
vers l'intérieur vs. expansion vers
l'extérieur).
Parties Prenantes à Impliquer :
 Autorités municipales et régionales,
urbanistes, architectes, communautés
locales, ONG environnementales,
promoteurs immobiliers, organisations
de la société civile.

Plans et Programmes Agricoles et de Questions Clés à traiter :


Développement Rural
 Pratiques agricoles durables :
 Politiques d'intensification agricole, Comment les nouvelles pratiques
agro-business agricoles affecteront-elles la durabilité
 Programmes d'irrigation, de

79
TYPES DE PPP PORTEE DE L’EESS
gestion des bassins-versants des sols, la gestion de l'eau, et la
 Plans de développement rural biodiversité ?
intégré
 Sécurité alimentaire : Quels seront
les impacts des politiques sur la
sécurité alimentaire locale et
nationale ?
 Impacts sociaux et économiques :
Quels seront les effets sur les moyens
de subsistance des agriculteurs, les
marchés locaux, et l'accès aux
ressources naturelles ?
Limites Géographiques :
 Régions rurales ciblées par les
programmes, zones agricoles
importantes, bassins versants
affectés par les projets d'irrigation ou
l'expansion agricole.
Alternatives à considérer :
 Modèles agricoles alternatifs (intensif
vs. extensif, monoculture vs.
agroforesterie), technologies
d'irrigation alternatives, approches
intégrées de gestion des terres et de
l'eau.
Parties Prenantes à Impliquer :
 Ministères en charge de l'agriculture
et Ministère en charge de
l'environnement, agriculteurs,
associations agricoles, ONG,
communautés rurales, OSC,
chercheurs en agriculture durable.

Politiques et Programmes de Transport Questions Clés à traiter :


 Plans nationaux et régionaux de  Impacts environnementaux et
transport, sociaux : Quels seront les impacts
 Programmes de développement des nouvelles infrastructures de
d'infrastructures routières, transport (routes, chemins de fer,
ferroviaires, portuaires, et ports) sur la fragmentation des
aériennes habitats, la pollution de l'air, et le bruit
?
 Mobilité et connectivité : Comment
le plan affectera-t-il la mobilité,
l'accessibilité et la connectivité pour

80
TYPES DE PPP PORTEE DE L’EESS
les populations locales, y compris les
communautés rurales et
marginalisées ?
 Changement climatique : Quels sont
les impacts potentiels des
infrastructures de transport sur les
émissions de gaz à effet de serre ?
quelles sont les mesures de réduction
de vulnérabilité et d’adaptation ?
Limites géographiques :
 Corridors de transport proposés et
zones environnantes susceptibles
d'être affectées, y compris les zones
protégées, les écosystèmes
sensibles, et les zones densément
peuplées.
Alternatives à considérer :
 Différents scénarios de transport
(priorisation des transports publics vs.
infrastructures routières, optimisation
des réseaux existants vs. nouvelles
constructions).
Parties Prenantes à impliquer :
 Autorités de transport, communautés
locales, entreprises de transport,
ONG environnementales, OSC,
urbanistes, chercheurs en mobilité.

Politiques Énergétiques Questions clés à traiter :


 Plans nationaux pour le  Mix énergétique : Quels seront les
développement des énergies impacts environnementaux et sociaux
renouvelables, des différentes sources d'énergie
 Programmes de développement proposées (renouvelables vs.
des centrales électriques fossiles) sur la qualité de l'air, les
(thermiques, hydrauliques, émissions de gaz à effet de serre, et
nucléaires).
les ressources en eau ?

 Sécurité énergétique : Comment la
politique énergétique affectera-t-elle
la sécurité énergétique nationale,
l'accès à l'énergie, et les coûts pour
les consommateurs ?
 Impacts sur la biodiversité : Quels
seront les impacts potentiels des

81
TYPES DE PPP PORTEE DE L’EESS
installations énergétiques sur la
biodiversité (faune, flore,
habitats/écosystèmes naturels,
gènes)
Limites géographiques :
 Territoire national, avec un accent
particulier sur les zones où des
projets énergétiques spécifiques sont
proposés (par exemple, parcs éoliens,
barrages hydroélectriques, centrales
à charbon).
Alternatives à considérer :
 Différents scénarios de mix
énergétique (haute dépendance aux
énergies renouvelables, diversification
avec énergies fossiles, importation
d'énergie).
Parties Prenantes à impliquer :
 Ministères de l'énergie et Ministère de
l'environnement, entreprises du
secteur de l'énergie, ONG
environnementales, communautés
locales, OSC, chercheurs et experts
en énergie.

Politiques de Développement Questions Clés à traiter :


Industriel
 Impacts environnementaux des
 Programmes de développement activités industrielles : Quels
de zones industrielles, seront les impacts des installations
 Politiques de soutien aux industrielles (par exemple,
industries lourdes et pollution de l'air et de l'eau, bruit,
manufacturières… déchets industriels) sur
l'environnement et la santé
publique ?
 Gestion des ressources
naturelles : Comment la politique
de développement industriel
affectera-t-elle l'extraction et
l'utilisation des ressources
naturelles (eau, minéraux,
énergie) ?
 Changement climatique et
émissions : Quels seront les

82
TYPES DE PPP PORTEE DE L’EESS
impacts potentiels de l'expansion
industrielle sur les émissions de
gaz à effet de serre et sur les
objectifs de réduction des
émissions ?
 Impacts sociaux et
économiques : Quels seront les
impacts sur l'emploi, le
développement économique local,
les conditions de travail, et les
droits des travailleurs ? Quels
seront les effets sur les
communautés locales et leurs
moyens de subsistance ?
Limites géographiques :
 Zones industrielles existantes ou
planifiées, y compris les zones
proches des centres urbains, des
ressources naturelles, ou des
communautés vulnérables.
 Régions touchées par les
infrastructures associées (par
exemple, transport, pipelines,
lignes de transmission).
Alternatives à considérer :
 Différents types de développement
industriel (par exemple, industries
légères vs. industries lourdes,
industries à faible intensité de
carbone).
 Politiques alternatives de gestion
des émissions industrielles et de
réduction des déchets.
 Stratégies de localisation
alternatives pour minimiser les
impacts sociaux et
environnementaux.
Parties Prenantes à impliquer :
 Ministères de l'industrie et de
l'environnement, associations

83
TYPES DE PPP PORTEE DE L’EESS
industrielles, syndicats, ONG de
défense des droits des travailleurs
et de l'environnement, chercheurs
universitaires, communautés
locales affectées.
Programmes de Développement Questions Clés à traiter :
Touristique
 Impacts environnementaux et
 Plans de développement sociaux : Quels seront les impacts
touristique balnéaire, du développement touristique sur
 Programmes de développement la biodiversité, l’air/atmosphère et
de l'écotourisme les ressources en eau
 Impacts culturels et sociaux :
Quels seront les effets sur les
cultures locales, les modes de vie
traditionnels, et les droits des
communautés locales ?
 Développement économique
local : Comment le plan
soutiendra-t-il le développement
économique local et créera-t-il des
opportunités d'emploi tout en
minimisant les impacts négatifs ?
Limites géographiques :
 Zones touristiques proposées, y
compris les parcs nationaux, les
zones côtières, et les régions
montagneuses sensibles à la
pression touristique.
Alternatives à considérer :
 Différents types de développement
touristique (écotourisme vs.
tourisme de masse,
développement basé sur la
communauté vs. développement
privé).
Parties Prenantes à Impliquer :
 Autorités touristiques,
communautés locales, entreprises
touristiques, ONG de conservation,
chercheurs en tourisme durable.

84
TYPES DE PPP PORTEE DE L’EESS

Programmes de Gestion des Questions Clés à traiter :


Déchets et de l'Assainissement
 Impacts environnementaux
 Plans nationaux ou régionaux directs : Quels seront les impacts
de gestion des déchets solides, des sites de décharge, des
 Programmes de traitement des incinérateurs, ou des installations
eaux usées. de traitement des déchets sur la
qualité de l'air, de l'eau, et des sols
?
 Gestion des déchets dangereux
: Comment le programme gérera-t-
il les déchets dangereux (par
exemple, déchets chimiques,
électroniques) et minimisera-t-il les
risques pour la santé humaine et
l'environnement ?
 Efficacité de la gestion des
ressources : Comment le
programme encouragera-t-il la
réduction des déchets, le
recyclage, et la réutilisation des
matériaux ?
 Impacts sociaux et
économiques : Quelles seront les
implications pour les travailleurs du
secteur informel des déchets (par
exemple, les récupérateurs de
matériaux) et pour les
communautés vivant près des
installations de gestion des
déchets ?
Limites géographiques :
 Zones urbaines et périurbaines où
les installations de gestion des
déchets sont planifiées ou
existantes.
 Régions rurales affectées par les
installations de gestion des
déchets ou les décharges
sauvages.

85
TYPES DE PPP PORTEE DE L’EESS

Alternatives à considérer :
 Différents modèles de gestion des
déchets (par exemple, décharge
contrôlée vs. Incinération, collecte
séparée vs. collecte mixte).
 Approches pour la réduction des
déchets à la source et l'économie
circulaire.
 Technologies alternatives pour le
traitement des déchets (par
exemple, compostage,
biodigesteurs, recyclage).
Parties Prenantes à impliquer :
 Autorités locales et régionales,
entreprises de gestion des
déchets, communautés locales,
ONG environnementales, experts
en santé publique, travailleurs du
secteur informel des déchets.

86
PLAN DE DEVELOPPEMENT DES PAYSAGES ET EESS :

Une Évaluation Environnementale et Sociale Stratégique (EESS) d'un paysage est entreprise pour évaluer de manière proactive les impacts
potentiels des politiques, plans ou programmes (PPP) sur un paysage donné. Cette approche permet de considérer l'interconnectivité écologique,
les dynamiques sociales et les valeurs culturelles associées à un paysage tout en planifiant des interventions ou des développements futurs.

TYPES DE OBJECTIFS/MOTIFS EESS MOTIF EESS POUR LE PAYSAGE PORTEE (CADRAGE)


PAYSAGE

1. Paysage Motifs pour l'EESS : Prévenir la [Link]évention des Impacts 1. Questions Clés à Traiter
Forestier déforestation, promouvoir une Environnementaux et Sociaux
gestion durable des forêts, Négatifs : a. Biodiversité et Écologie :
protéger la biodiversité et les • Écosystèmes et Habitats Naturels :
services écosystémiques.  Anticipation des impacts
négatifs : Une EESS permet Quels sont les écosystèmes et habitats
Objectifs de l'EESS : d'identifier et d'anticiper les naturels présents dans le paysage ?
impacts environnementaux et Comment les politiques, plans, ou
 Analyser les impacts des sociaux potentiels avant que programmes affecteront-ils ces
politiques de des projets spécifiques ne écosystèmes, notamment en termes de
développement agricole soient mis en œuvre. Cela fragmentation, de dégradation, ou de
ou d'exploitation forestière inclut la prévention de la conservation ?
sur la biodiversité. perte de biodiversité, de la • Espèces Menacées et Endémiques :
dégradation des sols, et des
 Identifier des zones Le paysage abrite-t-il des espèces
conflits d'utilisation des menacées, endémiques ou migratoires ?
critiques pour la
ressources. Quels seront les impacts sur ces espèces
conservation de la faune
et de la flore. et sur la connectivité écologique ?
 Minimisation des impacts
cumulatifs : Une approche de b. Ressources Naturelles :
 Évaluer les impacts
paysage permet de
sociaux et économiques
comprendre et de gérer les • Gestion des Ressources en Eau :
sur les communautés
87
TYPES DE OBJECTIFS/MOTIFS EESS MOTIF EESS POUR LE PAYSAGE PORTEE (CADRAGE)
PAYSAGE

locales dépendantes des impacts cumulatifs de Comment les plans affecteront-ils les
ressources forestières. multiples activités ou projets, bassins versants, les zones humides, les
tels que l'agriculture, la nappes phréatiques et la qualité de l'eau ?
 Proposer des alternatives foresterie, le développement Y aura-t-il des conflits d'utilisation de l'eau
durables et des stratégies urbain et l'infrastructure entre les différentes parties prenantes ?
de conservation intégrées.
[Link] de la Biodiversité • Sol et Gestion des Terres : Quels
et des Écosystèmes : seront les effets des activités (agricoles,
minières, forestières, etc.) sur la qualité des
2. Paysage Motifs pour l'EESS : Minimiser  Protection des habitats sols, l'érosion, et la gestion des terres ?
Agricole les impacts négatifs de critiques : L'EESS peut aider
Intensif l'agriculture intensive sur les sols, à identifier les habitats c. Impacts Sociaux et Culturels :
la qualité de l'eau, et la critiques et les corridors
biodiversité. écologiques qui nécessitent  Communautés Locales : Comment
une protection pour maintenir les communautés locales seront-
Objectifs de l'EESS : elles affectées, notamment en
la connectivité écologique et
termes de droits fonciers, d'accès
 Évaluer les impacts la diversité biologique.
aux ressources naturelles, de
cumulatifs des pratiques
 Gestion durable des pratiques culturelles, et de moyens
agricoles intensives sur la
ressources naturelles : Elle de subsistance ?
dégradation des sols, la
favorise des pratiques de
pollution de l'eau et la  Paysages Culturels et Patrimoine :
gestion durable qui protègent
perte de biodiversité. Le paysage comprend-il des sites
les écosystèmes et
culturels, historiques, ou
 Identifier des pratiques maintiennent les services
écosystémiques (comme la archéologiques ? Comment sont-ils
agricoles alternatives et
filtration de l'eau, la protégés ou mis en valeur ?
plus durables, comme
l'agriculture de séquestration du carbone, et d. Économie et Moyens de Subsistance :
conservation ou

88
TYPES DE OBJECTIFS/MOTIFS EESS MOTIF EESS POUR LE PAYSAGE PORTEE (CADRAGE)
PAYSAGE

l'agroforesterie. la pollinisation).  Agriculture et Sylviculture : Quels


seront les impacts sur les pratiques
Analyser les effets socio- [Link] du Développement agricoles et sylvicoles locales ?
économiques sur les Durable : Comment les changements
agriculteurs, y compris la affecteront-ils la sécurité alimentaire
sécurité alimentaire et les  Équilibre entre
développement et et les revenus des agriculteurs et
moyens de subsistance des communautés rurales ?
conservation : L'EESS
3. Paysage Motifs pour l'EESS : Protéger permet d'évaluer les  Tourisme et Loisirs : Le paysage
Côtier et les écosystèmes côtiers compromis entre est-il une destination touristique ?
marin (mangroves, récifs coralliens), développement économique Comment les politiques de
prévenir l'érosion côtière, et gérer et conservation de développement affecteront-elles le
les impacts du changement l'environnement, favorisant tourisme durable et les
climatique. ainsi des solutions durables infrastructures associées ?
qui bénéficient à la fois à
Objectifs de l'EESS : l'économie locale et à e. Changement Climatique et Résilience
l'environnement.
 Évaluer les impacts des  Vulnérabilité Climatique : Le
projets de développement  Intégration des aspects paysage est-il vulnérable aux effets
côtier (ports, sociaux : Elle prend en du changement climatique
infrastructures compte les impacts sociaux, (inondations, sécheresses, feux de
touristiques) sur les culturels et économiques, forêt) ? Quelles mesures
écosystèmes marins et notamment les effets sur les d'adaptation sont nécessaires pour
côtiers. moyens de subsistance des renforcer la résilience des
communautés locales, les écosystèmes et des communautés
 Analyser la vulnérabilité
droits fonciers et l'accès aux ?
des écosystèmes côtiers
ressources.
face à la montée du  Réduction des Émissions de
niveau de la mer et aux
89
TYPES DE OBJECTIFS/MOTIFS EESS MOTIF EESS POUR LE PAYSAGE PORTEE (CADRAGE)
PAYSAGE

tempêtes renforcées par 4 Renforcement de la Résilience Carbone : Quelles opportunités


le changement climatique. au Changement Climatique : existent pour réduire les émissions
de gaz à effet de serre
 Proposer des stratégies  Adaptation aux impacts (reforestation, gestion des terres)
d’adaptation et des climatiques : Une EESS de dans le cadre de l'aménagement du
mesures de protection paysage peut identifier les paysage ?
pour renforcer la résilience vulnérabilités aux
côtière. changements climatiques 2. Limites Géographiques et
(tels que les inondations, les Temporelles
sécheresses, les glissements
de terrain) et proposer des Limites Géographiques :
4. Paysage Motifs pour l'EESS :
mesures d'adaptation pour  Définir clairement les frontières du
des Préserver la qualité de l'eau
renforcer la résilience des paysage (bassins versants,
montagne des bassins versants, protéger écosystèmes et des
s les habitats des montagnes et corridors écologiques, frontières
communautés. administratives, zones d'influence
les écosystèmes sensibles,
 Réduction des émissions de anthropique).
promouvoir un développement
touristique durable. GES : Elle peut également  Inclure les zones écologiquement
identifier des opportunités sensibles (aires protégées, habitats
Objectifs de l'EESS : pour la réduction des critiques), ainsi que les zones de
émissions de gaz à effet de forte activité économique ou sociale.
 Évaluer les impacts des serre, par exemple, par la
infrastructures de promotion de pratiques Limites Temporelles :
transport ou des agricoles durables ou la
stations de ski sur les restauration de forêts  Considérer les effets à court, moyen
dégradées. et long terme des politiques, plans
écosystèmes alpins et
ou programmes sur le paysage.
la biodiversité. 5. Engagement des Parties

90
TYPES DE OBJECTIFS/MOTIFS EESS MOTIF EESS POUR LE PAYSAGE PORTEE (CADRAGE)
PAYSAGE

 Analyser les risques de Prenantes et Amélioration de la  Inclure des projections sur


glissements de terrain Gouvernance : l'évolution du paysage sous
et d’érosion liés au différents scénarios de gestion et de
 Participation et consultation : développement.
changement climatique L'EESS encourage la
et aux activités participation active des 3. Alternatives à Considérer
humaines. parties prenantes, y compris
les communautés locales, les  Scénarios de Développement
 Promouvoir des Autorités locales, les ONG, et Alternatifs : Comparer différentes
pratiques de gestion le secteur privé, dans le approches de gestion du paysage
durable des bassins processus de planification et (par exemple, conservation stricte
versants et de de prise de décision. vs développement intégré,
développement agriculture intensive vs
 Renforcement des capacités agroécologie)
touristique.
locales : Elle peut aider à
renforcer les capacités  Technologies et Pratiques de
5. Paysage Motifs pour l'EESS : Gérer la
locales en matière de gestion Gestion : Considérer des
Urbain- transition urbaine et les zones
environnementale et de technologies ou pratiques
Rural de croissance urbaine, alternatives qui minimisent les
gouvernance, et à
minimiser la perte de terres impacts négatifs et maximisent les
promouvoir des approches
agricoles et d'espaces verts. bénéfices environnementaux et
collaboratives pour la gestion
des paysages. sociaux (par exemple, agriculture de
Objectifs de l'EESS : conservation, restauration
[Link] des Normes et écologique).
 Évaluer les impacts de
Réglementations Internationales
l'expansion urbaine sur et Nationales :  Modèles de Gouvernance et
les terres agricoles, les Participation : Explorer des modèles
zones humides, et les  Conformité aux exigences de gouvernance participative et de
légales : L'EESS aide à
91
TYPES DE OBJECTIFS/MOTIFS EESS MOTIF EESS POUR LE PAYSAGE PORTEE (CADRAGE)
PAYSAGE

habitats naturels. assurer que les PPP sont gestion communautaire du paysage
conformes aux lois qui engagent activement les parties
 Proposer des stratégies nationales et aux normes prenantes locales.
de développement internationales en matière
urbain intégré et de d'environnement et de droits 4. Parties Prenantes à Impliquer
planification de de l'homme, réduisant ainsi
 Communautés Locales : Structures
l'utilisation des terres les risques juridiques et les
locales, Résidents, chefs de
qui équilibrent les oppositions publiques.
communautés, représentants des
besoins de  Accès au financement femmes et des jeunes, et
développement et de international : De nombreux organisations communautaires.
conservation. bailleurs de fonds
 Autorités Locales et Régionales :
internationaux exigent des
 Analyser les impacts Municipalités, agences régionales
EESS pour les projets qui
de planification et de
sociaux, tels que le pourraient avoir des impacts
développement, autorités de
déplacement des significatifs sur
conservation.
communautés rurales l'environnement et la société,
ou la perte d'accès aux en particulier dans les zones  Organisations Non
ressources naturelles. écologiquement sensibles ou Gouvernementales (ONG) et
les paysages vulnérables. Sociétés Civiles : Groupes
environnementaux, organisations de
développement rural, associations
culturelles.

 Secteurs Économiques :
Agriculteurs, entreprises forestières,
opérateurs touristiques, pêcheurs,

92
TYPES DE OBJECTIFS/MOTIFS EESS MOTIF EESS POUR LE PAYSAGE PORTEE (CADRAGE)
PAYSAGE

mineurs.

 Experts Techniques et Scientifiques


: Écologistes, hydrologues,
planificateurs territoriaux,
économistes, sociologues.

5. Mesures d'Atténuation et de Gestion

 Mesures de Conservation : Identifier


les mesures pour protéger et
restaurer les habitats naturels et les
espèces menacées, telles que la
création de corridors écologiques ou
des zones tampons.

 Gestion des Conflits d'Utilisation des


Ressources : Proposer des
mécanismes pour résoudre les
conflits d'utilisation des terres et de
l'eau entre les différentes parties
prenantes.

 Programmes de Développement
Durable : Développer des
programmes pour promouvoir des
pratiques de développement
durable dans le paysage (agriculture
biologique, tourisme
93
TYPES DE OBJECTIFS/MOTIFS EESS MOTIF EESS POUR LE PAYSAGE PORTEE (CADRAGE)
PAYSAGE

communautaire).

6. Méthodologie et Suivi

 Méthodes de Collecte de Données :


Utiliser des méthodes participatives
(ateliers communautaires,
enquêtes), des études écologiques
(inventaires de biodiversité, études
d'impact hydrologique), et des
analyses économiques (analyse
coût-bénéfice, impact socio-
économique).

 Plan de Suivi et d'Évaluation :


Mettre en place un cadre de suivi
pour évaluer les impacts à long
terme des politiques, plans et
programmes sur le paysage, et
ajuster les stratégies si nécessaire.

94
ANNEXE IV

CONTRIBUTION DU PROMOTEUR AUX FRAIS D'EVALUATION DE L'EIES ET DE


SUIVI DU PGES

Tout promoteur dont le projet est soumis à une Étude d’Impact Environnemental et Social
(EIES) est tenu de contribuer aux frais d’évaluation de leur dossier et de suivi du PGES,
selon le niveau d’investissement et conformément aux prescriptions ci-après :

1. Les frais fixés correspondent aux frais d’évaluation et de suivi du PGES, et de contrôle
environnemental comprennent notamment :

 Les frais des Cellules Environnementales des Ministères sectoriels ;

 Les frais des experts sollicités lors de l’évaluation ou du suivi du PGES ;

 Une partie des frais de contrôle environnemental effectué par la structure de


contrôle concernée au sein du Ministère en charge de l’Environnement ;

 Les frais occasionnés par le déplacement des membres du CTE, et par


l'enquête ou audience publique.

2. Pour les EIES, le promoteur doit verser au compte prévu à cet effet 0,5% du montant
de l’investissement matériel dont le montant minimum est fixé à 3.000.000 MGA (Trois
millions d’Ariary).

3. Des audits annuels seront réalisés pour vérifier régulièrement l'existence et la valeur
des investissements matériels. En cas de non-conformité, le versement dû par le
promoteur sera ajusté en conséquence.

4. La précision sur les éléments de l’investissement matériel sera fournie par note pour
chaque secteur après consultation de l’ONE.
5. Pour l’uniformité de la base de calcul, la valeur des éléments composants la liste
d’investissements matériels se distingue comme suit :
 Pour le projet public qui requiert un Bordereau de Devis Estimatif du projet,
l’investissement matériel pris en compte se précise comme suit :

o L’investissement matériel inclus est l’investissement relatif aux gros œuvres


de l’infrastructure ;

o L’investissement matériel exclu est l’investissement utilisé temporairement


durant le chantier, l’investissement relatif à l’installation et à la préparation
de chantier ainsi que l’investissement lié aux mesures d’atténuation d’impact
et d’embellissement.

 Pour le projet privé qui requiert le budget de l’investissement estimatif issu de


l’étude de préfaisabilité économique et financière du projet, avec possibilité de
rectification, si l’étude de faisabilité technique démontre un écart du montant
prévisionnel d’investissement de plus de 10 % ou le bilan fiscal à partir de la valeur
d’acquisition ou valeur d’origine des immobilisations corporelles. L’investissement
matériel pris en compte se précise comme suit :
95
o L’investissement matériel inclus est l’investissement relatif aux bâtiments,
matériels de production, matériels de transport.

o L’investissement matériel exclu est l’investissement relatif aux matériels


informatiques, matériels de bureau, ainsi que l’investissement sur les
mesures d’atténuation d’impact.

6. En cas de location des éléments composants la liste d’investissements matériels :

 Les coûts de location selon la durée d’utilisation des matériels composent la base
de calcul de l’investissement matériel.
 Concernant la location de bâtiments, le coût de location pour une durée de neuf (09)
ans compose la base de calcul de l’investissement.

7. La liste récapitulative des investissements matériels ainsi que la valeur des matériels
inscrite dans les pièces justificatives telles que facture pro forma, facture, contrat, devis,
étude de pré- faisabilité, sont à certifier par le Ministère de tutelle de l’activité.

8. Le renouvellement du PGES tous les cinq ans, basé sur des EIES complémentaires est
soumis au paiement des frais de contribution d’évaluation et de suivi par le promoteur.

96

Common questions

Alimenté par l’IA

Pour éviter la fragmentation des habitats naturels, il est crucial de mettre en place des corridors écologiques qui connectent les habitats, limiter l'empiètement sur les terres protégées, et utiliser des pratiques de construction durable spécialisées. De plus, ces mesures doivent être intégrées dans le Cahier des Charges Environnementales et Sociales (CCES), et nécessitent la participation des communautés locales et des ONG de conservation pour leur efficacité .

Les projets nécessitant une Évaluation des Impacts Environnementaux et Sociaux spécifiques incluent des constructions de brise-lames, dragage portuaire, projets hydroélectriques de plus de 50 MW, installations nucléaires, exploitation de grandes superficies agricoles, et unités industrielles soumises à autorisation. Ces projets nécessitent des évaluations en raison de leurs impacts significatifs potentiels sur l'environnement .

Les projets d'énergie renouvelable, tels que l'énergie éolienne, solaire et hydroélectrique, sont soumis à des règlements stricts nécessitant une étude d'impact environnemental et social (EIES) pour assurer leur conformité avec les objectifs environnementaux. Les projets doivent également inclure des mesures pour atténuer leur impact sur la biodiversité, les habitats critiques et la fragmentation des terres, en conformité avec les directives environnementales .

Les défis potentiels lors de la mise en œuvre du CCES incluent un manque de ressources pour le suivi, une résistance locale aux changements préconisés, ou des lacunes dans les compétences techniques. Surmonter ces défis nécessite une collaboration renforcée entre le promoteur, les collectivités locales, et les experts; la formation des parties prenantes pour améliorer les compétences nécessaires; et l'ajustement flexible des stratégies en temps réel en fonction des résultats du suivi .

Le Permis Environnemental est requis pour des investissements publics ou privés soumis à l'Étude d'Impact Environnemental et Social (EIES). Ce permis doit être délivré par l'ONE sur la base d'un avis technique favorable du Comité Technique d'Évaluation (CTE) après l'évaluation de l'EIES. Si les impacts environnementaux sont significatifs et que les mesures d'atténuation proposées sont insuffisantes, l'ONE peut refuser de délivrer ce permis. Il est essentiel que le Permis Environnemental soit obtenu avant le début des travaux .

Considérer des alternatives est crucial pour minimiser les impacts environnementaux et sociaux des projets sur les ressources naturelles. Cela permet d'optimiser l'utilisation des ressources et de choisir des méthodes plus durables, telles que la conservation communautaire ou l'agroforesterie, qui préservent la biodiversité et soutiennent le développement durable. De plus, analyser des alternatives peut faciliter la gestion adaptative face aux changements climatiques .

Le rapport de suivi environnemental et social documente l'état d'avancement du Cahier des Charges Environnementales et Sociales (CCES). Il inclut les résultats des mesures de gestion mises en place, évalue l'efficacité des actions d'atténuation, et propose des ajustements nécessaires. Ce rapport est essentiel pour évaluer les performances environnementales du projet et pour garantir leur conformité aux réglementations clés en protégeant les communautés locales et les ressources naturelles .

Si les mesures initiales d'atténuation environnementale se révèlent inadéquates, le promoteur est tenu de proposer de nouvelles mesures correctives et compensatoires. Celles-ci doivent être validées par le Comité de Suivi Environnemental et Social (CSES) et intégrées dans le Cahier des Charges Environnementales et Sociales (CCES) modifié. La mise en œuvre de ces nouvelles mesures doit commencer dans un délai maximum d'un an à partir de la notification .

Le processus de suivi environnemental pour les projets de catégorie A implique une collaboration entre le promoteur, les collectivités territoriales décentralisées, et les autres parties prenantes pour mettre en œuvre le Cahier des Charges Environnementales et Sociales (CCES). Ce suivi vise à assurer la suppression, la réduction, la restauration, voire la compensation des impacts négatifs sur l'environnement. Les rapports de suivi doivent documenter l'état d'avancement et l'efficacité du CCES .

Les collectivités locales, incluant les autorités traditionnelles et décentralisées, collaborent avec le promoteur pour restituer les résultats du suivi du CCES aux communautés locales impactées par le projet. Elles signent les procès-verbaux de restitution annexés aux rapports de suivi transmis à l'ONE. De plus, les représentants de l'État, tels que les Maires et Chefs de Fokontany, sont impliqués dans le suivi de proximité des projets .

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