Matrices
Matrices
LAKHEL El Hassan
Définition 1.
Une matrice A est un tableau rectangulaire d’éléments de K.
Elle est dite de taille n × p si le tableau possède n lignes et p colonnes.
Les nombres du tableau sont appelés les coefficients de A.
Le coefficient situé à la i-ème ligne et à la j-ème colonne est noté ai,j .
L’ensemble des matrices à n lignes et p colonnes à coefficients dans K est noté Mn,p (K).
Les éléments de Mn,p (R) sont appelés matrices réelles.
Remarque 1.
Un tel tableau est représenté de la manière suivante :
a a1,2 ... a1,j ... a1,p
1,1
a2,1 a2,2 ... a2,j ... a2,p
. . . ... ... ... ... ...
A= ou A = ai,j 16i6n ou ai,j .
ai,1 ai,2 ... ai,j ... ai,p
16j6p
... ... ... ... ... ...
an,1 an,2 ... an,j ... an,p
Exemple
1 K = R, √ !
2 1
A= 1 ∈ M3,2 (R).
4
1
2 0, 7
2
1 −2 5
B= ∈ M2,3 (C).
0 3 7i
B est une matrice 2 × 3 avec, par exemple, a1,1 = 1 et a2,3 = 7i.
Définition 2.
Deux matrices sont égales lorsqu’elles ont la même taille et que les coefficients
correspondants sont égaux.
De même, une matrice qui n’a qu’une seule colonne (p = 1) est appelée matrice colonne
ou vecteur colonne. On la note a
1,1
a2,1
A = . .
..
an,1
La matrice (de taille n × p) dont tous les coefficients sont des zéros est appelée la matrice
nulle et est notée 0n,p ou plus simplement 0. Dans le calcul matriciel, la matrice nulle joue
le rôle du nombre 0 pour les réels.
Si n = p, la (n, n)−matrice A = (ai,j ) ∈ Mn,n (K) est appelée matrice carrée d’ordre n. On note Mn (K) au lieu de
Mn,n (K).
Soit A ∈ Mn (K) :
a1,1 a1,2 ... a1,n
a2,1 a2,2 ... a2,n
A= . . .
. . .
. . .
an,1 an,2 ... an,n
Les coefficients ai,i , 1 6 i 6 n sont appelés les coefficients diagonaux de la matrice carrée A. Ils constituent la
diagonale principale de A.
Une matrice carrée est dite triangulaire supérieure (resp. triangulaire inférieure) si tous ses coefficients situés au dessous
(resp. au dessus) de la diagonale principale sont nuls.
Une matrice triangulaire supérieure s’écrit :
a1,1 0 ... 0
.
.
a2,1 a2,2 0 .
A=
. .
. .
. . 0
an,1 an,2 ... an,n
Une matrice carrée est dite diagonale si tous ses coefficients autres que les coefficients diagonaux sont nuls, c’une
matrice de la forme :
a1,1 0 ... 0
.
.
0 a2,2 0 .
A=
.
.
. 0 0
0 ... 0 an,n
Définition 3.
Soit A = (ai,j ) ∈ Mp,n (K). On appelle transposée de la (p, n)-matrice A, et on note t A, la (n, p)−matrice (bi,j ) telle que
bi,j = aj,i , 1 6 i 6 n et 1 6 j 6 p.
En pratique, t A est déduite de A par échange des lignes et des colonnes.
Remarque 2.
- L’application A −→t A est une bijection de Mp,n (K) sur Mn,p (K).
Définition 4.
Exemple
1
!T
15 2 31
4 5 −6 =
−7 8 9
Exemple
1
!T !
15 2 31 15 4 −7
4 5 −6 = 2 5 8
−7 8 9 31 −6 9
2
!T
9 3
11 −5 =
−1 20
Exemple
1
!T !
15 2 31 15 4 −7
4 5 −6 = 2 5 8
−7 8 9 31 −6 9
2
!T
9 3
9 11 −1
11 −5 =
3 −5 20
−1 20
(10 −2 45)T =
Exemple
1
!T !
15 2 31 15 4 −7
4 5 −6 = 2 5 8
−7 8 9 31 −6 9
2
!T
9 3
9 11 −1
11 −5 =
3 −5 20
−1 20
3 !
10
T
(10 −2 45) = −2
45
Définition 5.
On appelle somme des deux matrices A = (ai,j ) ∈ Mp,n (K) et B = (bi,j ) ∈ Mp,n (K), et on
note A + B, la matrice C = (ci,j ) ∈ Mp,n (K) telle que
Exemple
1 3 1
0 1 2
0 5 2 5 6 4
A= , B = , A + B =
√2 6 5 7 4 0
2 i j 0 1 0
Définition 5.
On appelle somme des deux matrices A = (ai,j ) ∈ Mp,n (K) et B = (bi,j ) ∈ Mp,n (K), et on
note A + B, la matrice C = (ci,j ) ∈ Mp,n (K) telle que
Exemple
1 3 1
1 4 3
0 1 2
0 5 2 5 6 4 , A + B = 5 11 6
A= , B = .
√2 6 5 7 4 0 9 √ 10 5
2 i j 0 1 0 2 i +1 j
Définition 6.
On appelle produit de la matrice A = (ai,j ) ∈ Mp,n (K) par le scalaire λ ∈ K, et on note λA, la
matrice A0 = (ai,j
0 )∈M
p,n (K) telle que
0
ai,j = λai,j , 1 6 i 6 p, 1 6 j 6 n
Exemple
−5
1 0
Si A=
2 6 1 , et λ = 1 , alors λA =
3 9 4 3
−i 0 0
Définition 6.
On appelle produit de la matrice A = (ai,j ) ∈ Mp,n (K) par le scalaire λ ∈ K, et on note λA, la
matrice A0 = (ai,j
0 )∈M
p,n (K) telle que
0
ai,j = λai,j , 1 6 i 6 p, 1 6 j 6 n
Exemple
−5
1
−5 0
1 0 3 3
2 1
Si A=
2 6 1 , et λ = 1 , alors λA = 3
2 3
4 .
3 9 4 3
1 3 3
−i 0 0 −i
3
0 0
Remarque 3.
La matrice (−1)A est l’opposée de A et est notée −A. La différence A − B est définie par
A + (−B).
Théorème 7.
L’ensemble Mp,n (K) muni de l’addition (A, B) −→ A + B et de la multiplication externe
(λ, A) −→ λA, ayant K comme corps des scalaires, est un K-e.v.
Preuve. L’élément nul de Mp,n (K) est la matrice dont tous les coefficients sont nuls, appelée matrice nulle, et notée par 0.
L’opposé de A = (ai,j ) est la matrice −A = (−ai,j ). Les autres axiomes d’un K−e.v. sont laissés en exercice.
Remarque 4.
Preuve. L’élément nul de Mp,n (K) est la matrice dont tous les coefficients sont nuls, appelée matrice nulle, et notée par 0.
L’opposé de A = (ai,j ) est la matrice −A = (−ai,j ). Les autres axiomes d’un K−e.v. sont laissés en exercice.
Remarque 4.
pour 1 6 i 6 p, 1 6 j 6 n, la matrice élémentaire Ei,j ∈ Mp,n (K) est la (p, n)−matrice dont le
coefficient situé à l’intersection de la i eme ligne et de la j eme colonne est égal à 1 et dont tous les
autres coefficients sont nuls.
Proposition 8.
La suite (E1,1 , E1,2 , ..., E2,1 , ..., Ep,n ) est une base de Mp,n (K) appelée base canonique de
Mp,n (K).
dimMp,n (K) = np.
Preuve.
pour 1 6 i 6 p, 1 6 j 6 n, la matrice élémentaire Ei,j ∈ Mp,n (K) est la (p, n)−matrice dont le
coefficient situé à l’intersection de la i eme ligne et de la j eme colonne est égal à 1 et dont tous les
autres coefficients sont nuls.
Proposition 8.
La suite (E1,1 , E1,2 , ..., E2,1 , ..., Ep,n ) est une base de Mp,n (K) appelée base canonique de
Mp,n (K).
dimMp,n (K) = np.
p
X
cij = aik bkj
k=1
×
×
←B
×
×
|
|
A→ ← AB
× × × × − − − cij
Remarque 5.
Exemple
5 1 2 0 14 3 2 0 5 1 10 2
= mais = .
3 −2 4 3 −2 −6 4 3 3 −2 29 −2
2 AB = 0 n’implique pas A = 0 ou B = 0. Il peut arriver que le produit de deux matrices non nulles soit nul. En d’autres
termes, on peut avoir A 6= 0 et B 6= 0 mais AB = 0.
Exemple
0 −1 2 −3
A= B = et AB =
0 5 0 0
Remarque 5.
Exemple
5 1 2 0 14 3 2 0 5 1 10 2
= mais = .
3 −2 4 3 −2 −6 4 3 3 −2 29 −2
2 AB = 0 n’implique pas A = 0 ou B = 0. Il peut arriver que le produit de deux matrices non nulles soit nul. En d’autres
termes, on peut avoir A 6= 0 et B 6= 0 mais AB = 0.
Exemple
0 −1 2 −3 0 0
A= B = et AB = .
0 5 0 0 0 0
Exemple
0 −1 4 −1 2 5
A= B = C = et
0 3 5 4 5 4
Remarque 5.
Exemple
5 1 2 0 14 3 2 0 5 1 10 2
= mais = .
3 −2 4 3 −2 −6 4 3 3 −2 29 −2
2 AB = 0 n’implique pas A = 0 ou B = 0. Il peut arriver que le produit de deux matrices non nulles soit nul. En d’autres
termes, on peut avoir A 6= 0 et B 6= 0 mais AB = 0.
Exemple
0 −1 2 −3 0 0
A= B = et AB = .
0 5 0 0 0 0
Exemple
0 −1 4 −1 2 5 −5 −4
A= B = C = et AB = AC = .
0 3 5 4 5 4 15 12
Exercice 1.
Montrer que
1 A(BC ) = (AB)C : associativité du produit,
2 A(B + C ) = AB + AC et (B + C )A = BA + CA : distributivité du produit par rapport
à la somme,
3 A·0=0 et 0 · A = 0.
Preuve.
Exercice 1.
Montrer que
1 A(BC ) = (AB)C : associativité du produit,
2 A(B + C ) = AB + AC et (B + C )A = BA + CA : distributivité du produit par rapport
à la somme,
3 A·0=0 et 0 · A = 0.
Preuve. Posons A = (aij ) ∈ Mn,p (K), B = (bij ) ∈ Mp,q (K) et C = (cij ) ∈ Mq,r (K). Prouvons que A(BC ) = (AB)C en
montrant que les matrices A(BC ) et (AB)C ont les mêmes coefficients.
p
X
Le terme d’indice (i, k) de la matrice AB est xik = ai` b`k . Le terme d’indice (i, j) de la matrice (AB)C est donc
`=1
q q p
!
X X X
xik ckj = ai` b`k ckj .
q
X
Le terme d’indice (`, j) de la matrice BC est y`j = b`k ckj . Le terme d’indice (i, j) de la matrice A(BC ) est donc
k=1
p q
!
X X
ai` b`k ckj .
`=1 k=1
Comme dans K la multiplication est distributive et associative, les coefficients de (AB)C et A(BC ) coïncident. Les autres
démonstrations se font comme celle de l’associativité.
LAKHEL El Hassan (ENSA-Safi) Multiplication de matrices 14 / 36
Rang d’une matrice
Définition 10.
Soit A = (ai,j ) ∈ Mp,n (K). On appelle rang de la matrice A, et on note rg(A), le rang de la suite de ses vecteurs colonnes.
D’une part, on a rgA 6 n. D’autre part, les vecteurs colonnes de A sont dans Kp , donc rgA 6 p.
D’où :
rgA 6 min(n, p).
Exemple
Soit la matrice
2 1 8 0
A= 0 5 0 1 .
0 0 7 0
2 1 8 0
On a : c1 = 0 , c2 = 5 , c3 = 0 , c4 = 1 ,
0 0 7 0
Définition 10.
Soit A = (ai,j ) ∈ Mp,n (K). On appelle rang de la matrice A, et on note rg(A), le rang de la suite de ses vecteurs colonnes.
D’une part, on a rgA 6 n. D’autre part, les vecteurs colonnes de A sont dans Kp , donc rgA 6 p.
D’où :
rgA 6 min(n, p).
Exemple
Soit la matrice
2 1 8 0
A= 0 5 0 1 .
0 0 7 0
2 1 8 0
On a : c1 = 0 , c2 = 5 , c3 = 0 , c4 = 1 , D’une part, on a rg(A) 6 min(3, 4) = 3.
0 0 7 0
D’autre part, la suite (c1 , c2 , c3 ) est libre, donc rg(A) > 3.
Donc rg(A) = 3.
Remarque 6.
Pp
Soit E un K−espace vectoriel de dimension p > 0. B = (e1 , ..., ep ) une base de E et soit les n vecteurs xj = ai,j ei ,
i=1
1 6 j 6 n. Alors le rang de la suite (x1 , ..., xn ) est égal au rang de la (p, n)−matrice A = (ai,j ) ∈ Mp,n (K) (dont la jeme )
vecteur colonne est constituée par les coordonnées de xj dans la base B.
Définition 11.
On appelle matrice de l’application linéaire ϕ ∈ L(E , F ) dans les bases B = (e1 , ..., en ) de E et
B0 = (f1 , ..., fp ) de F , la (p, n)−matrice A = (ai,j ) dont la jeme colonne :
a
1,j
a2,j
..
.
ap,j
est constituée par les coordonnées du vecteur ϕ(ej ) dans la base B0 = (f1 , ..., fp ).
Autrement dit :
ϕ(e1 ) ϕ(e2 ) ... ϕ(en )
a a1,2 ... a1,n
f
1,1 1
Exemple
Exemple
0 1 0 0
Mϕ = 0 0 2 0 ∈ M3,4 (R).
0 0 0 3
2. Soit ϕ ∈ L(E3 , E3 ) définie par ϕ(P) = P 0 . Alors la matrice de ϕ dans la base canoniques de E3 est :
Exemple
0 1 0 0
Mϕ = 0 0 2 0 ∈ M3,4 (R).
0 0 0 3
2. Soit ϕ ∈ L(E3 , E3 ) définie par ϕ(P) = P 0 . Alors la matrice de ϕ dans la base canoniques de E3 est :
!
0 1 0 0
0 0 2 0
Mϕ = ∈ M4 (R).
0 0 0 3
0 0 0 0
Mat(f , B) =
Exemple
0 1 0 0
Mϕ = 0 0 2 0 ∈ M3,4 (R).
0 0 0 3
2. Soit ϕ ∈ L(E3 , E3 ) définie par ϕ(P) = P 0 . Alors la matrice de ϕ dans la base canoniques de E3 est :
!
0 1 0 0
0 0 2 0
Mϕ = ∈ M4 (R).
0 0 0 3
0 0 0 0
1 0 0
Mat(f , B) = 3 1 0 ∈ M3 (R).
0 0 1
Remarque 7.
1. La matrice d’une application linéaire ϕ : E −→ F dans les bases B de E et B0 de F
dépend évidemment des bases choisies dans E et F .
Exercice
Montrer que si B est la matrice de l’application linéaire ϕ ∈ L(E , F ) dans les bases
B = (e1 , ..., eq ) et B0 = (f1 , ..., fn ), et si A est la matrice de l’application linéaire ψ ∈ L(F , G),
dans les bases B0 et B00 = (g1 , ..., gp ), alors la matrice de ψoϕ dans les bases B et B00 est le
produit AB.
Exercice
Montrer que si B est la matrice de l’application linéaire ϕ ∈ L(E , F ) dans les bases
B = (e1 , ..., eq ) et B0 = (f1 , ..., fn ), et si A est la matrice de l’application linéaire ψ ∈ L(F , G),
dans les bases B0 et B00 = (g1 , ..., gp ), alors la matrice de ψoϕ dans les bases B et B00 est le
produit AB.
On a
n
X
ϕ(ej ) = bk,j fk , 1 6 j 6 q.
k=1
p
X
ψ(fk ) = ai,k gi , 1 6 k 6 n.
i=1
Donc, pour 1 6 j 6 q, on a
Pn Pn Pp Pn Pp
ψoϕ(ej ) = k=1
bk,j ψ(fk ) = k=1
bk,j ( i=1
ai,k gi ) = k=1 i=1
(bk,j ai,k )gi
Pp Pn Pp
= i=1
( k=1
ai,k bk,j )gi = c g
i=1 i,j i
Pn
avec ci,j = a b pour 1 6 i 6 p et 1 6 j 6 q. Donc la matrice C de l’application
k=1 i,k k,j
linéaire ψoϕ est égale à AB.
Proposition 12.
Les bases B = (e1 , ..., en ) et B0 = (f1 , ..., fp ) étant fixées. Désignons par Mϕ la matrice de
ϕ ∈ L(E , F ) dans les bases B et B0 . Alors l’application :
est un isomorphisme.
Proposition 12.
Les bases B = (e1 , ..., en ) et B0 = (f1 , ..., fp ) étant fixées. Désignons par Mϕ la matrice de
ϕ ∈ L(E , F ) dans les bases B et B0 . Alors l’application :
est un isomorphisme.
Preuve.
1 J est injective : car Mϕ = Mψ implique ϕ(ej ) = ψ(ej ) pour 1 6 j 6 n et donc ϕ = ψ.
2 J est surjective : car si A = (ai,j ) ∈ Mp,n (K), soit ϕ ∈ L(E , F ) définie par
p
X
ϕ(ej ) = ai,j fi , 1 6 j 6 n.
i=1
Alors J(ϕ) = Mϕ = A.
Donc J est surjective.
De plus, J est clairement linéaire d’après la remarque précédente.
Théorème 13.
Soit E et F deux K−e.v. non nuls, de dimensions respectives n et p et soit ϕ ∈ L(E , F ). Si A
est la matrice de ϕ dans les bases B = (e1 , ..., en )de E et B0 = (f1 , ..., fp ) de F , le rang de ϕ est
égal au rang de A.
Théorème 13.
Soit E et F deux K−e.v. non nuls, de dimensions respectives n et p et soit ϕ ∈ L(E , F ). Si A
est la matrice de ϕ dans les bases B = (e1 , ..., en )de E et B0 = (f1 , ..., fp ) de F , le rang de ϕ est
égal au rang de A.
Pn
f (x ) = xj f (ej )
j=1
Pn Pp
= xj ( aij fi )
j=1 i=1
Pp Pn
= ( aij xj )fi .
i=1 j=1
Pn
D’où si y = yi fi , on a :
i=1
n
X
yi = aij xj , 1 6 i 6 p.
j=1
Ces dernières équations sont appelées les équations de l’application linéaire f dans les bases B et B0 . Aux vecteurs
P n Pp
x = xj ej et y = yi fi associons les matrices
j=1 i=1
x1
! y1
!
. .
X = . , Y = . .
. .
xn yp
On a, donc
Y = AX .
Cette dernière équation s’appelle équation matricelle de l’application linéare f dans les bases B et B0 .
LAKHEL El Hassan (ENSA-Safi) Matrice d’une application linéaire 23 / 36
Matrice d’une application linéaire Equation matricielle d’une application linéaire
Exemple
Soit f ∈ L(R4 , R3 ) dont la matrice dans les bases canoniques est donnée par
!
1 2 3 7
A= 5 −2 −1 0 .
−8 −3 0 0
Exemple
Soit f ∈ L(R4 , R3 ) dont la matrice dans les bases canoniques est donnée par
!
1 2 3 7
A= 5 −2 −1 0 .
−8 −3 0 0
Ses éléments diagonaux sont égaux à 1 et tous ses autres éléments sont égaux à 0. Elle se note
In ou simplement I. Dans le calcul matriciel, la matrice identité joue un rôle analogue à celui du
nombre 1 pour les réels. C’est l’élément neutre pour la multiplication.
Définition 14.
Une matrice A ∈ Mn (K) est dite inversible s’il existe B ∈ Mn (K) telle que AB = BA = In (In est la matrice unité d’ordre n ).
Une telle matrice B si elle existe est unique. B est alors appelée l’inverse de A et notée A−1 .
Proposition 15.
Définition 14.
Une matrice A ∈ Mn (K) est dite inversible s’il existe B ∈ Mn (K) telle que AB = BA = In (In est la matrice unité d’ordre n ).
Une telle matrice B si elle existe est unique. B est alors appelée l’inverse de A et notée A−1 .
Proposition 15.
Preuve.
1 A inversible =⇒ ∃ A−1 telle que AA−1 = A−1 A = In .
B inversible =⇒ ∃ B −1 telle que BB −1 = B −1 B = In .
(AB)(B −1 A−1 ) = A(BB −1 )A−1 = AIn A−1 = AA−1 = In .
(B −1 A−1 )(AB) = B −1 (A−1 A)B = B −1 In B = B −1 B = In .
Donc AB est inversible et (AB)−1 = B −1 A−1 .
2 A inversible =⇒ ∃ A−1 telle que AA−1 = A−1 A = In .
(t A)t (A−1 ) = t (A−1 A) = t In = In .
( t A−1 t A) = t (AA−1 ) = t In = In .
Donc t A est inversible et on a (t A)−1 = t (A−1 ).
Théorème 16.
Soit A ∈ Mn (K), E et F deux K−e. v. non nuls de dimension n. B une base de E et B0 une
base de F . Soit ϕ ∈ L(E , F ), de matrice A dans les bases B et B0 . Les propositions suivantes
sont équivalentes :
1. Il existe B ∈ Mn (K) telle que BA = In .
2. Il existe C ∈ Mn (K) telle que AC = In
3. ϕ est un isomorphisme de E sur F .
4. A est inversible.
De même
ϕoϕ−1 = IdF et Mϕoϕ−1 = AA0 = In .
Donc A est inversible.
(4) =⇒ (1) et (4) =⇒ (2) sont évidentes.
Corollaire 17.
Soit A ∈ Mn (K). Les propositions suivantes sont équivalentes :
1. A est inversible.
2. rgA = n.
3. Les vecteurs colonnes de A constituent une base de Kn .
Corollaire 17.
Soit A ∈ Mn (K). Les propositions suivantes sont équivalentes :
1. A est inversible.
2. rgA = n.
3. Les vecteurs colonnes de A constituent une base de Kn .
(2) =⇒ (3)) La suite (ϕ(e1 ), ..., ϕ(en )) est libre et dimF = n, donc (ϕ(e1 ), ..., ϕ(en )) est une
base de F .
(3) =⇒ (1) L’image d’une base par ϕ est une base.
Donc ϕ est un isomorphisme.
Par suite A est inversible.
Soit E un K−e.v. non nul de dimension n. Soit B = (e1 , ..., en ) une base de E et
B0 = (e10 , ..., en0 ) une autre base de E . On a
n
X
ej0 = pi,j ei , 1 6 j 6 n.
i=1
Le rang de la matrice P = (pi,j ) ∈ Mn (K) est égal au rang de la suite (e10 , ..., en0 ). Donc rgP = n
et P est inversible.
Définition 18.
La matrice P = (pi,j ) ∈ Mn (K) dont la j eme colonne est constituée par les coordonnées de ej0
dans la base B = (e1 , ..., en ) est appelée matrice de passage de la base B = (e1 , ..., en ) à la
base B0 = (e10 , ..., en0 ). C’est une matrice inversible.
i=1 j=1
x1 x10
x2 x20
0 ∈ Mn,1 (K).
X = (x )B = . et X = (x )B0 = .
. .
. .
xn xn0
Proposition 19.
Soient B = (e1 , ..., en ) et B0 = (e10 , ..., en0 ) deux bases d’un K−e.v. E et P la matrice de passage
de B à B0 . Alors la matrice de passage de B0 à B est la matrice P −1 .
Preuve. Pour tout x ∈ E , (x )B = P(x )B0 . P étant inversible, donc (x )B0 = P −1 (x )B . Par suite
P −1 est la matrice de passage de B0 à B.
Proposition 20.
Soit E et F deux K−e.v., non nuls, de dimensions respectives n et p. Soit ϕ ∈ L(E , F ). Soit A la
matrice de ϕ dans les bases B de E et B1 de F . Soit A0 la matrice de ϕ dans les bases B0 de E
et B10 de F . Soit P la matrice de passage de B à B0 et Q la matrice de passage de B1 à B10 , on a
A0 = Q −1 AP.
Proposition 20.
Soit E et F deux K−e.v., non nuls, de dimensions respectives n et p. Soit ϕ ∈ L(E , F ). Soit A la
matrice de ϕ dans les bases B de E et B1 de F . Soit A0 la matrice de ϕ dans les bases B0 de E
et B10 de F . Soit P la matrice de passage de B à B0 et Q la matrice de passage de B1 à B10 , on a
A0 = Q −1 AP.
Preuve.
Soit x ∈ E et y = ϕ(x ). On a (y )B1 = A(x )B et (y )B0 = A0 (x )B0 .
1
Or (y )B1 = Q(y )B0 et (x )B = P(x )B0 .
1
Donc :
(y )B0 = Q −1 (y )B1 = Q −1 A(x )B = Q −1 AP(x )B0 = A0 (x )B0
1
D’où :
A0 = Q −1 AP.
Définition 21.
Deux (p, n)−matrices , A ∈ Mp,n (K) et B ∈ Mp,n (K) sont dites équivalentes s’il existe
deux matrices carrées inversibles R ∈ Mp (K) et S ∈ Mn (K) telles que :
B = RAS.
Deux matrices carrées, d’ordre n, A ∈ Mn (K) et B ∈ Mn (K) sont dites semblables s’il
existe une matrice carrée inversible P ∈ Mn (K) telle que
B = P −1 AP.
Exercice 2.
1- Montrer qu’une matrice triangulaire supérieure est inversible si et seulement si ses
coefficients diagonaux sont tous non nuls.
2- Montrer que toute matrice triangulaire supérieure est semblable à une matirce triangulaire
inférieure.
Exercice 3.
On considère l’application f de R3 dans R2 définie par :
!
x
2x − y − z
f y = .
−x + 2y − z
z
1 Montrer que f est linéaire et écrire sa matrice A dans les bases canoniques.
2 Déterminer le rang de f et les dimensions de Im f et Ker f . L’application f est-elle
injective, surjective, bijective ?
3 Déterminer un vecteur V qui engendre Ker f et dont la première coordonnée vaut 1.
4 (e1 , e2 , e3 ) désignant la base canonique de R3 , montrer que B1 = (e1 , e2 , V ) est une base
de R3 et écrire la matrice de passage Q de la base canonique à B1 .
5 On note U1 = f (e1 ), U2 = f (e2 ). Montrer que B2 = (U1 , U2 ) est une base de R2 et écrire
la matrice de passage P de la base canonique à B2 .
0
6 Écrire la matrice A de l’application linéaire f dans les bases B1 et B2 (sans utiliser P et
Q).
0
7 Vérifier en utilisant la formule du changement de base reliant A, A , P et Q.