Guide sur les Aérodromes et Chaussées
Guide sur les Aérodromes et Chaussées
Polycopié de:
Aérodromes
Chapitre 1 : Généralités.
I.1 Définitions ………………………………….……………….…………………………….……………….….. 01
i
AERODROMES
II.8.9 Applications……….…………….………………….………….…………….……………….……………. 29
ii
AERODROMES
iii
Avant-propos
Avant-propos
A.SAOULA
Janvier 2023
AERODROMES CHAPITRE I- GENERALITES
Chapitre I : Généralités.
I.1 Définitions :
I.1.1 Aérodrome :
Un Aérodrome est une surface définie sur terre ou sur l’eau, destinée { être utilisée en
totalité ou en partie, pour les évolutions des aéronefs (atterrissage, décollage, roulage)
avec les installations et équipements – nécessaires
I.1.2 Aérogare :
1
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AERODROMES CHAPITRE I- GENERALITES
c) Bretelle : Une bretelle est une voie aéronautique qui est destinée à servir les
aéronefs pour le passage de l’aire de manœuvre vers l’aire de trafic en cas
d’atterrissage et de l’aire de stationnement vers la piste d’envol pour le cas de
décollage. En général, la largeur de celle-ci est inférieure à celle de la piste
principale. On distingue :
Aire de mouvement
Voies de desserte
2
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AERODROMES CHAPITRE I- GENERALITES
Les zones d’installations sont les parties de l’aérodrome destinées { l’implantation des
ouvrages. Rien n’impose qu’elles soient situées sur l’aire de mouvement. Généralement,
il existe deux sortes de nature des installations :
3
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AERODROMES CHAPITRE I- GENERALITES
I. 3 Quelques définitions:
4
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AERODROMES CHAPITRE I- GENERALITES
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AERODROMES CHAPITRE I- GENERALITES
-Type d’atterrisseurs :
Pression de
Forme Masses gonflage de V E
Type
géométrique supportées pneumatiques (cm) (cm)
(MPa)
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AERODROMES CHAPITRE I- GENERALITES
-Atterrisseur Type: Compte tenu la variété des atterrisseurs, il est utile d’introduire
un atterrisseur type dont ses caractéristiques sont :
Pression de
Atterrisseur Forme
gonflage de V E
Type géométrique
pneumatiques
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AERODROMES CHAPITRE I- GENERALITES
Longueur
Train Train
secondaire Principal
Envergure
Axe de
fuselage
Centre du Train
Principal
Largeur
Hors-tout
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AERODROMES CHAPITRE I- GENERALITES
Catégorie A.- Aérodromes destinés aux services à grande distance ( plus de 3000km)
assurés normalement en toutes circonstances.
Catégorie B.- Aérodromes destinés aux services à moyenne distance (entre 1000km et
3000km) assurés normalement en toutes circonstances
2- au grand tourisme.
Pour la conception d’un aérodrome, ce dernier doit être classé suivant un code de
référence qui est en fonction des caractéristiques des avions auxquels cet aérodrome
est destiné. Les caractéristiques géométriques des aérodromes sont en fonction des de
l’avion le plus exigeant y faisant escale (avion critique).
Le premier de ces deux éléments est un chiffre fondé sur la distance de référence de
l'avion définie par l'Annexe 14 comme étant la longueur minimale nécessaire pour son
décollage dans les conditions correspondant à l'atmosphère standard , en air calme et
avec une pente de piste nulle.
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AERODROMES CHAPITRE I- GENERALITES
Le second élément du code de référence est une lettre fondée sur les valeurs maximales
des envergures et des largeurs hors-tout des trains principaux des avions auxquels
l’installation est destinée.
Le tableau ci-après donne les éléments constituant le code de référence d'un aérodrome
en fonction des caractéristiques de performances et des dimensions des avions auxquels
l’installation est destinée.
Exemple :
D'après le tableau:
- Distance de référence = 2804m………. donne la chiffre 4.
- Envergure =32.90m……………….....……. donne la lettre C. On prend: C.
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
II.1 Introduction :
11
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
On peut distinguer trois types de chaussée (en fonction de leurs structures, le mode de
fonctionnement correspondant à la fois aux matériaux alors employés et aux outils de calcul
alors disponibles) :
1- des chaussées rigides qui répartissent les charges appliquées sur une surface très
étendue du sol support au moyen d’une dalle de béton fléchissant élastiquement
2- des chaussées souples qui superposent au sol support plusieurs couches de matériaux
offrant de meilleures qualités mécaniques sans pour autant être supposées davantage
capables de travailler à la traction.
3- des chaussées semi-rigides : C’est une chaussée dont la couche de roulement est
constituée de matériaux traités aux liants hydrocarbonés et une couche de base
constituée de matériaux traités aux liants hydrauliques ; elles sont rarement utilisées
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
- Conditions climatiques ;
- Conditions locales d’approvisionnement en matériaux;
- Sol support ;
- Coût de construction ;
- Trafic des avions au sol ;
chaussées souples Chaussées rigides
-
- Bonne résistance aux carburants
et aux souffles des réacteurs
- Entretien plus onéreux - Risque de fissuration
- Mauvaise résistance aux - Présence de joint donc de points
carburants et aux souffles faibles
des réacteurs - Entretien courant des joints
Fondation très importante onéreux
inconvénients
-
- Réparation et renforcement
difficile
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
L’épaisseur équivalente est définie comme étant l’épaisseur réelle constituée par un matériau
de référence qui est la grave non traitée concassée et graduée et qui a un module d’élasticité
égal à 500 Mpa. Cette épaisseur est déterminée par la méthode CBR.
L’épaisseur équivalente d’une couche de chaussée soit égale au produit de l’épaisseur réelle,
qui lui est attribuée, par un coefficient d’équivalence
Les valeurs des coefficients d’équivalence des principaux types de matériaux pouvant entrer
dans la constitution d’un corps de chaussée souple { usage aéronautique sont les suivantes :
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Sable 0.5
Le trafic
Le sol support
La charge de calcul
La méthode de dimensionnement
Pour pouvoir donner toute la signification à ce terme, il est nécessaire de définir les concepts
suivants :
- Un mouvement réel est l’application d’une charge sur une chaussée par l’intermédiaire
d’un atterrisseur lors d’une manœuvre de décollage ou d’atterrissage ;
- Le trafic normal est le trafic constitué par dix (10) mouvements par jour de l’avion
produisant la charge de calcul pour une durée de dix (10) ans au moins ;
- Le trafic réel est constitué par différents mouvements de charges réelles variées
appliquées par l’intermédiaire d’atterrisseurs réels de différentes catégories ;
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La plus grande entre ces deux masses qu’on doit prendre en considération pour le calcul des
chaussées.
b- La répartition de la masse sur les atterrisseurs :
De manière générale c’est l’atterrisseur principale qui fournit les sollicitations les plus
élevées, on admet que la répartition est de :
La charge réelle de calcul P qui est égale au produit de la masse de l’avion par le pourcentage
correspondant à chaque atterrisseur:
P=M x V avec :
M : la masse de l’avion
Une distinction par zones de l’aire de mouvement peut encore être faite, qui s’attache au
déplacement de l’avion sur la chaussée.
Les avions sollicitent les matériaux de chaussée avec des fréquences et des vitesses
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
différentes suivant les aires. Lorsque l’avion est { l’arrêt (postes de stationnement), la
sollicitation est plus forte que lorsqu’il circule { faible vitesse, lorsqu’il se déplace rapidement
(piste dans les phases de décollage ou d’atterrissage), la charge étant alors réduite par la
sustentation des ailes.
Néanmoins, les charges seront pondérées, dans les zones où les différences de situations ci-
dessus peuvent être appliquées, selon les indications rassemblées dans la figure :
P’ = P x Kp
Avec :
Exemple :
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Par la méthode forfaitaire, ne prenant en compte que l’avion le plus pénalisant, cette méthode
est utilisée pour des études préliminaires, soit en l’absence de données précises, soit pour
amorcer un dimensionnement optimisé.
Le dimensionnement d’une chaussée par la seule prise en considération d’une charge
pondérée unique P’ appliquée par l’atterrisseur le plus contraignant d’un avion de type donné
avec le nombre réel de mouvements journaliers n.
Alors que le dimensionnement des chaussées souples s’est, dans le domaine routier, adapté {
cette réalité, celui des chaussées aéronautiques s’en remet encore { la méthode C.B.R. pour
définir leur épaisseur équivalente et déterminer leur constitution.
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
e(cm) : Epaisseur
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
La formule utilisée pour le calcul des abaques a été établie expérimentalement par le
Corps of Engineers américain, elle est la suivante :
e : Epaisseur (cm)
P (P’’) : charge normale de calcul. (kg)
q : la pression de pneumatique (Mpa)
Pour des calculs manuels la formule simplifiée peut être utilisée lorsque le rapport
CBR/q est inférieur ou égal à 20:
20
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Si le matériau utilisé pour la couche de forme est d’une qualité suffisante (Coefficient
d’équivalence > 0,40), on fait les calculs en assimilant la couche de forme à une sous-couche
de chaussée au lieu d’une partie du sol support.
La couche de forme peut être prise en compte de la manière suivante :
Si CBR1 : est l’indice portant du terrain naturel ;
Si CBR2 : est l’indice portant de la couche de forme ;
e1 : est l’épaisseur calculée correspondant au CBR1 ;
e2 : est l’épaisseur calculée correspondant au CBR2 ;
ef : est l’épaisseur de la Couche de forme ;
Donc, l’épaisseur au-dessus de la couche de forme est calculée par la relation suivante :
CBR 2 − CBR1
e = e1 − ef .
CBR1 + CBR 2
A condition que: e ≥ e2 .
Si : e < e2 . Donc e = e2
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Une chaussée rigide est constituée par un ensemble de dalles en béton de ciment reposant
sur une fondation, de préférence en béton maigre, ayant une faible incidence dans le calcul
mais dont la fonction est :
- d’assurer la continuité de l’appui des dalles au droit des joints,
- de contribuer à la protection contre le gel du sol support,
- de s’opposer { la montée des fines par pompage au droit des joints
- d’offrir une surface stable pour le déroulement des travaux de bétonnage.
Une sous-couche (drainante ou anti-contaminante) peut être souhaitable, dans certains cas,
entre le sol support et la fondation.
b- le module de réaction corrigé :
Bien que, comme déjà souligné ci-dessus, la couche de fondation n’ait qu’une faible incidence
dans le calcul, son existence, de même que celle de toute autre couche interposée entre le sol
support et la dalle de béton, ne peut manquer d’être prise en compte dans le
dimensionnement de cette dernière.
Cette prise en compte s’effectue par correction du module de réaction K du sol support { l’aide
de l’abaque ci-après faisant intervenir l’épaisseur équivalente de l’ensemble constitué par la
couche de fondation et les éventuelles autres couches mises en œuvre sous la dalle de béton.
Suite à la rigidité du béton les contraintes verticales appliquées sur la fondation par une dalle
chargée sont faibles. La dalle assure la répartition des efforts par la mobilisation de sa
résistance à la flexion. Le critère de dimensionnement des chaussées rigides est le moment de
flexion admissible de la dalle.
Pour le calcul, Les caractéristiques du béton sont :
- Module d’élasticité : E= 30 000 MPa (300 000 kg/cm2)
- Coefficient de Poisson : V=0,15
a-contrainte du béton :
Pour le calcul, la caractéristique du béton prise en compte est la contrainte admissible de
traction par flexion :
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
ft90
σ=
CS
b- Epaisseur de la dalle : Pour le calcul de l’épaisseur de la dalle, des abaques ont été établis
pour les trois types d’atterrisseurs et selon la charge appliquée:
- Atterrisseur type à roue simple
- Atterrisseur type à jumelage
- Atterrisseur type à boggie
A. Joint de construction: est le joint séparant deux bandes de répandage adjacente (en cas
d’interruption au bétonnage en fin de journée). Des fers de liaison (Goujons) pour lier
entre les bandes peuvent être mis en place. On distingue deux types :
Joints de construction longitudinaux ;
Joints de construction transversaux ;
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
B. Joint de dilatation: prévu pour éviter les efforts horizontaux entre deux ou plusieurs
ouvrages :
Intersection piste-voie de circulation ;
Aux abords des ouvrages ;
Le long des caniveaux ;
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
C. Joint de Retrait-Flexion: réalisé afin d’éviter l’apparition des fissures dues au retrait du
béton. On exécute ce type pour des bandes supérieures à 5m. Réalisé par sciage du béton
après 5 à 6 heures après le coulage (avant le retrait et après que le béton atteint une
résistance suffisante).
A- Principe de la méthode
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Le résultat (épaisseur est beaucoup plus sensible aux variations de charges qu’{ celles du
nombre de mouvements).Il en est de même de la durée de vie effective.
Aussi cette dernière risque d’être différente si le trafic réel s’éloigne des prévisions initiales.
La durée de vie d’une chaussée et généralement choisi selon les indications du tableau ci-
dessous :
trafic
structure Aérodrome à faible trafic Aérodrome à fort trafic
Souple 10 ans 10 ans
rigide Structure rigide déconseillée 10 à 20 ans
D- Méthode de calcul
Le calcul a pour but de déterminer l’épaisseur équivalente totale (chaussée souple) ou
épaisseur réelle de la dalle de béton (chaussée rigide).
1- Le calcul est conduit pour chaque partie d’aire.
3- En vue d’un calcul par itération une épaisseur initiale est choisie, épaisseur équivalente
totale (chaussée souple) ou épaisseur réelle de dalle de béton (Chaussée rigide) :
Pour chacun des avions paraissant les plus contraignants il convient de calculer
l’épaisseur qui lui serait nécessaire en appliquant la méthode de dimensionnement
forfaitaire.
La plus grande des épaisseurs ainsi obtenu, majorée de quelques centimètres,
fournit en général une épaisseur initiale assez proche de la valeur définitive.
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
4- Pour chaque modèle d’avion (i), la charge admissible « Poi » est déterminée à partir des
abaques chaussée souple ou chaussé rigide correspondant { l’épaisseur choisie. Si il n’existe
pas d’abaque pour l’avion considéré celui du modèle avion dont les caractéristiques s’en
rapprochent le plus est utilisé.
5- Pour chaque modèle d’avion (i), les « ni,j » mouvements réels de chaque charge réelle
pondérée « P’i,j » sont convertis en « n’i, j » mouvements équivalents à la charge admissible
« Poi ». Pour cela, pour chaque modèle d’avion (i) et chaque charge « P’i,j » :
Le rapport :Ri,j= P’i,j/Poi est calculé. Ce rapport ne doit pas dépasser 1,2 pour les
aires de stationnements et 1,5 pour les autres aires, (il est toutefois recommandé de
ne pas dépasser également 1,2 dans ce cas).
Le coefficient de pondération « CPi,j » des mouvements réels est calculé par la relation :
CPi,j= 105(Ri,j-1)
6- Le nombre total des mouvements équivalents de tous les modèles d’avions est calculés en
additionnent tous les mouvements équivalentes « n’i,j ». Ce nombre est aussi appelé trafic
équivalent.
7- Si le trafic équivalent est sensiblement inférieurs à 36500 l’épaisseur essayée est trop
importante (sur-dimensionnement) et le calcul doit être repris depuis la séquence 3 avec une
épaisseur plus petite.
Au contraire si le trafic équivalent est sensiblement supérieur { 36500, l’épaisseur essayée est
insuffisante (sous-dimensionnement) et le calcul doit être repris depuis la séquence 3 avec
une épaisseur plus grande.
Des itérations sont ainsi effectuées jusqu’{ trouver l’épaisseur telle que le trafic équivalent
soit plus proche possible par défaut de 36500.
B- Le principe de la méthode :
Le principe de cette méthode est déjà cité dans la partie de dimensionnement de la chaussée
souple.
Après avoir effectué un certain nombre d’essais de calcul itératif en proposant différentes
valeurs pour l’épaisseur équivalente initiale de calcul
Des itérations sont ainsi effectuées jusqu’{ trouver l’épaisseur de la dalle telle que le trafic
équivalent soit plus proche possible par défaut de 36500.
La valeur ainsi déterminée est l’épaisseur de la dalle recherchée.
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
II.8.9 Applications:
Dimensionnement des chaussées d’un aérodrome constitué par une piste, une aire de
stationnement et une voie de relation. Le type de structure choisie est chaussée souple.
L’avion le plus pénalisant (critique) est le Boeing B737-200.
PISTE
VOIE DE
RELATION
AIRE STATIONNEMENT
B- Travail demandé :
Calculer :
- les charges réelles pour chaque atterrisseur (P)
- les charges réelles pondérées pour chaque aire de l’aérodrome(P’)
- les charges normales de calcul (P’’)
- les épaisseurs équivalentes pour chaque aire de l’aérodrome (e)
Proposer une composition de chaussée pour chaque aire (épaisseurs réelles)
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
- Solution :
30
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Piste Aires de
Piste Poste de Voies de
Matériaux (30m stationnement
(autres aires) stationnement relation
centraux) (autres aires)
Epaisseur équivalente
minimale de 24 cm 20 cm 27 cm 24 cm 24 cm
matériaux traités
Béton (BB) 6 cm 6 cm 8 cm 6 cm 6 cm
Bitumineux (2) (12cm) (12cm) (16cm) (12cm) (12cm)
Grave (GB) 10 cm 10 cm 12 cm 10 cm 10 cm
Bitumineux (1.5) (15cm) (15cm) (18cm) (15cm) (15cm)
Grave (GNT) 31 cm 20 cm 31 cm 31 cm 31cm
Non Traité (1) (31cm) (20cm) (31cm) (31cm) (31cm)
Epaisseurs Totales 47 cm 36 cm 51 cm 47 cm 47 cm
réelles (équivalentes) (58cm) (47cm) (65cm) (58cm) (58cm)
CBR 2 − CBR1
𝑒 = 𝑒1 − 𝑒𝑓 .
CBR1 + CBR 2
Donc:
10−7
58 − 20 ∗ (10+7) = 54 𝑐𝑚 (30𝑚 𝑐𝑒𝑛𝑡𝑟𝑎𝑢𝑥)
e = 10−7
47 − 20 ∗ (10+7) = 43 𝑐𝑚 (𝑎𝑢𝑡𝑟𝑒𝑠 𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠)
Calcul de e2 :
P’’ = 23,35 t: 45 𝑐𝑚 (30𝑚 𝑐𝑒𝑛𝑡𝑟𝑎𝑢𝑥)
e2 = ( avec CBR2=10)
P’’ = 16,34 t: 35 𝑐𝑚 (𝑎𝑢𝑡𝑟𝑒𝑠 𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠)
54 𝑐𝑚 (30𝑚 𝑐𝑒𝑛𝑡𝑟𝑎𝑢𝑥)
Les nouvelles épaisseurs: e =
43 𝑐𝑚 (𝑎𝑢𝑡𝑟𝑒𝑠 𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠)
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Dimensionnement des chaussées d’un aérodrome constitué par une piste, une aire de
stationnement et une voie de relation. Le type de structure choisie est chaussée rigide. l’avion
le plus pénalisant est le Boeing B737-100.
B- Travail demandé :
Calculer :
- les charges réelles pour chaque atterrisseur (P)
- les charges réelles pondérées pour chaque aire de l’aérodrome (P’)
- les charge normale de calcul (P’’)
- les épaisseurs de la dalle pour chaque aire de l’aérodrome (e)
C- Solution :
32
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
2. Calcul les charges réelles pondérées pour chaque aire de l’aérodrome (P’) :
Piste (30 m centraux) : Kp=1,0 → P’= 21,02 t
Piste (autres aires) : Kp=0,7 → P’= 14.71 t
poste de stationnement :Kp= 1,2 → P’= 25.22 t
aires de stationnement (autres aires) :Kp=1,0 → P’= 21,02 t
Voies de relation :Kp= 1,0 → P’= 21,02 t
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Pour déterminer des épaisseurs des dalles, on utilise l'abaque (chaussée rigide voir
l'exemple ci-dessous):
5,6
A - Avec dispositifs de transfert de charges : (CS=1,8)𝜎 = = 3,1 𝑀𝑃𝑎
1,8
5,6
B- Sans dispositifs de transfert de charges : (CS=2,6)𝜎 = 2,6 = 2,2 𝑀𝑃𝑎
34
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Pour un aérodrome existant, l’étude d’un projet d’une nouvelle voie de circulation destinée {
relier l’aire de stationnement { la piste, sur laquelle s’effectuent 75% de décollage et 25%
d’atterrissage.
1. Prévisions de trafic :Le trafic annuel { l’année 0 (date de mise en service) de la nouvelle
chaussée a été établi pour le avions les plus contraignants qu’il y a lieu de considérer : le
Boeing747-200, le DC10-30 et le DC8-63. On admit que le reste du trafic est négligeable.
1. BOEING 747-200 : (nombre total de mouvements : 1000)
Masses au décollage :
Masses 320 à 340 t 340 à 350 t 350 à 360 t 360 à 370 t
% de mouvements 15 20 50 15
Masses { l’atterrissage :
Masses 240 à 260 t 260 à 280 t 280 à 300 t
% de mouvements 50 25 25
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
C- Solution :
A. Chaussée souple :
7. Etude de trafic :
Il convient de cerner les données sur le trafic avec une hypothèse haute et une hypothèse
basse :
Trafic cumulé :
N étant le nombre de mouvements comptabilisés { l’année 0, le trafic cumulé sur
une durée de vie de 10 ans a pour valeur :
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Le calcul itératif se fera donc respectivement à partir de 68cm et 62cm (soit respectivement
66+2 cm et 60+2cm) avec un pas de 2cm.
Hypothèse basse :
o Première itération : e= 62cm, CBR=10.
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
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Hypothèse haute :
o Première itération : e= 68cm, CBR=10
Hypothèse basse : e= 64 cm
Hypothèse haute : e= 68 cm
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
B. Chaussée rigide :
1. Etude de trafic :
Le même tableau qui décrive le nombre total de mouvements pendant la durée de vie de la
chaussée pour chacune des différentes masses considérées de chaque avion :
La couche de fondation est réalisée avec de la grave –ciment sur une épaisseur de 20cm.
Donc, l’épaisseur équivalente de la couche de fondation est :
ℎ = 20 ∗ 1,5 = 30 𝑐𝑚
𝐾 = 80 𝑀𝑁 𝑚3
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AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
5,6
𝜎= = 3,1 𝑀𝑃𝑎
1,8
Pour la masse la plus élevée de chacun des avions, l’épaisseur qui serait nécessaire dans
l’hypothèse où ce dernier serait seul { fréquenter la chaussée étudiée est :
La différence entre hypothèses haute et basse ne se traduit que par 1cm de béton.
Il est inutile de réaliser un dimensionnement optimisé dont la précision serait illusoire. Les
épaisseurs de dalle de béton recherchées sont :
Hypothèse basse : e= 31 cm
Hypothèse haute : e= 32 cm
Soit 1 cm de plus que les épaisseurs maximales respectivement obtenues ci-dessus (pour le
DC 8-63 qui reste l’avion la plus critique).
Conclusion : ce cas illustre qu’il est inutile de recourir { un dimensionnement optimisé pour
le calcul des chaussées rigides.
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Les terrassements sont ceux concourant à la réalisation des bandes de piste et de voie de
circulation, ainsi que des aires de stationnement. Ils comprennent l’aménagement des fonds
de forme des chaussées et le drainage de l’ensemble des ouvrages.
Lorsqu’elle sera réutilisée pour constituer une piste en herbe, la terre végétale mise en dépôts
ne comporta aucun matériau pierreux qui pourrait être préjudiciable aux hélices des avions
au décollage.
a) Les déblais seront réutilisés en remblais suivant l’ordre croissant de leur qualité, soit,
successivement :
En dépôt, en dehors de la bande aménagée,
En remblai, dans la bande aménagée hors des chaussées et accotements,
En remblai sous les accotements.
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
En zones de déblais, les travaux seront conduits de manière à ce que le terrain conserve, au
moins sur une même profondeur, les mêmes caractéristiques finales que la partie supérieure
des remblais ayant une fonction identique dans le projet.
b) Les meilleurs étant conservés pour les remblais sous chaussées par couches de 20 à 25
cm d’épaisseur, chacune de celles-ci étant humidifiée et compactée de manière à obtenir
une densité sèche d’au moins 90% de l’optimum Proctor modifié.
Sous les chaussées et leurs accotements, la partie supérieure des remblais sera
impérativement compactée { 95 % de l’optimum Proctor modifié et ce sur une ou
plusieurs couches de 20 { 25 cm. En cas d’impossibilité d’atteindre ce degré de
compactage, il conviendra de recourir à un traitement spécifique (chaux, ciment,...)
déterminé par un laboratoire agréé.
Les plus dangereuses conséquences d’un réseau d’assainissement et de drainage mal conçu ou
mal réalisé peuvent être :
l’arrêt possible du trafic aérien suite { l’accumulation d’eau sur les chaussées,
la mise en charge du réseau,
la détérioration rapide des chaussées ou la chute de portance du sol support,
l’impraticabilité d’une piste non revêtue par temps humide.
les possibilités d’extension d’un aérodrome peuvent d’autre part être compromises.
Les remarques suivantes ont pour but d’accentuer l’attention sur ce domaine :
48
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
L’implantation d’un aérodrome ne peut se faire que sur un site de relief peu accidenté.
Les pentes maximales admises pour les profils en long et en travers sont plus faibles que
pour les routes (terrain moins accidenté).
La double contrainte de devoir observer de faibles pentes et recueillir des débits
importants conduit à des ouvrages de grandes dimensions.
Deux principes guideront par suite, avant tout autre, le projeteur, à savoir :
Limiter le débit à faire passer dans les ouvrages et par conséquent leur coût,
utiliser au maximum les ouvrages superficiels dont les coûts d’investissement et
d’entretien sont naturellement plus faibles que ceux des ouvrages enterrés.
Découle également de ce qui précède l’intérêt de prévoir des bassins de rétention qu’il est en
général possible de placer entre pistes et voies de circulation ou plus généralement encore
hors des bandes aménagées.
Ainsi est-il rappelé qu’une averse est caractérisée par son intensité et sa durée, la première
atteignant rapidement son maximum pour décroître ensuite beaucoup plus lentement.
considère que le débit maximal «Q» arrivant en un point quelconque du réseau correspond
{ l’apport de la totalité de la surface drainée en amont, ce qui se produit lorsque les eaux
provenant de son point le plus éloigné commencent à atteindre le point considéré.
prend en compte une pluie d’intensité constante «i» déduite de la courbe intensité durée
pour une durée de l’averse égale au temps nécessaire { l’écoulement de l’eau depuis le
point le plus éloigné de la surface drainée jusqu’au point considéré, ce temps étant appelé
temps de concentration «T».
49
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Lors du premier calcul sommaire du réseau, on prendra une vitesse de base de l’ordre de 0,5 {
1 m/s. Après calcul des débits et choix des diamètres, les vitesses réelles d’écoulement seront
calculées et permettront d’obtenir les temps d’écoulement canalisé exacts. Une rectification
éventuelle sera alors faite sur ces diamètres en prenant les hauteurs de pluies correspondant
aux nouveaux temps de concentration.
La formule qui traduit la relation entre le débit maximal Q (l/s), la surface drainée A (ha)et
l’intensité de l’averse i (mm/h) de durée égale au temps de concentration T s’écrit :
a) –canalisations :
Le diamètre de canalisation correspondant au débit Q à évacuer résulte ensuite de la formule
de Manning :
Dans laquelle :
- S (m2) est la section transversale de l’écoulement ;
- R (m) le rayon hydraulique (S/périmètre mouillé),
- I (m/m) la pente de la canalisation (mètre par mètre)
50
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Section de l’écoulement
R=
Périmètre mouillé
Le fil d’eau est la rencontre de deux pentes inverses n’excédant pas 2,5% jusqu’en limite de
bande aménagée, réalisées lors des terrassements. En profil en long, la pente minimale à
respecter est de 0,3%. Les fils d’eau créés ne peuvent pas être à moins de 15m du bord des
chaussées revêtues (accotement compris) ou du bord de la voie de circulation.
Le fossé est employé en pied ou en crête de talus pour éviter le ruissellement des eaux sur la
bande aménagée. Dans tous les cas, il se situe en dehors de la bande aménagée. Constituant un
obstacle de franchissement pour les véhicules et pour un avion sortant de la piste, il est
conseillé de le recouvrir, au moins partiellement, lorsqu’il se situe dans la bande dégagée. La
section d’un fossé est généralement de forme triangulaire ou trapézoïdale. Ses dimensions
sont fonction du débit à transiter.
Les débits des fossés et fils d’eau sont calculés { l’aide de la formule de Manning. Le coefficient
de rugosité à prendre en compte est donné par le tableau suivant:
51
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
c) –Caniveaux
- Le caniveau à grille : La section d’un caniveau { grille est généralement de forme
rectangulaire. La largeur intérieure est fonction des grilles utilisées et du débit à transiter.
- Le caniveau à fente longitudinale (satujo) : La section extérieure est rectangulaire, la section
intérieure circulaire. L’admission des eaux se fait par une fente(fissure) longitudinale de 3 {
4cm.
d) –Les regards-avaloirs
Les regards ont pour but d’assurer la transition entre les différents ouvrages qui recueillent
les eaux, de permettre un contrôle et un entretien du réseau de drainage. Les regards sont
circulaires, préfabriqués, visitables et étanches. On suppose que l’eau arrive de tous côtés sur
les grilles.
e) -Les bassins :
Le débit des eaux recueillies sur une plate-forme aéroportuaire peut être conséquent et
appeler des dimensions importantes de fossés et collecteurs destinés { l’évacuer. Des bassins
de rétention peuvent toutefois être aménagés qui permettent de réduire les dimensions de
ces ouvrages.
Les bassins de rétention sont conçus pour stocker les eaux de ruissellement d’un bassin
versant afin de les traiter avant leur évacuation et de contrôler leur débit de fuite vers le
52
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
milieu naturel. Ils sont généralement réalisés à proximité des exutoires naturels ou ceux
définis par le projeteur. Ils peuvent être implantés, entre piste et voie de circulation parallèle,
le long des bretelles de liaison qui constituent arrêts { l’écoulement naturel des eaux.
Des bassins d’infiltration peuvent remplacer les bassins de rétention, lorsque les eaux
recueillies ne subiront aucun traitement. Les deux types de bassins peuvent être associés,
ceux de rétention stockant les eaux avant traitement et ceux d’infiltration les évacuant après.
Les bassins d’infiltration sont préconisés lorsque le sol est perméable et qu’il n’y a aucun
risque de pollution pour la nappe phréatique. Le choix de leur aménagement peut aussi être la
conséquence d’un manque d’exutoire naturel en surface. Leur utilisation, lorsqu’elle est
possible, est fortement conseillée car elle est une alternative très efficace au ruissellement.
Les eaux souterraines comprennent, d’une part, celles d’infiltration, d’autre part, celles
provenant de la nappe phréatique.
S’agissant des premières, elles ne peuvent concerner directement les chaussées revêtues que
lorsque celles-ci ont été mal conçues ou réalisées. La pénétration des eaux d’infiltration dans
le corps d’une chaussée revêtue et dans son sol support peut cependant s’effectuer au travers
des accotements :
Soit par infiltration directe des eaux de ruissellement dans les zones non revêtues des dits
accotements,
Soit latéralement, en provenance de fossés mal dégagés ou de zones de stockage non
étanchées,
53
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
Faute de méthode fiable permettant de calculer le diamètre des drains, on retiendra pour
celui-ci une valeur comprise entre 80 et 150 mm selon l’importance du débit { évacuer.
Tandis que leur pente sera toujours supérieure à 0,15 %, la longueur de ces drains sera, en
règle générale, limitée à 300 m pour les petits diamètres et à 400 m pour les plus grands.
Les tranchées, qui auront été ouvertes pour la pose des drains, seront remplies avec un
matériau granulaire destiné à faire filtre. Les contraintes granulométriques peuvent être
réduites en enveloppant le filtre par un géotextile anti-contaminant. Ainsi, le filtre pourra-t-il
être constitué par des gravillons 10/20 ou 20/40, selon que la largeur de la tranchée sera
inférieure ou supérieure à 20 cm.
Ces tranchées drainantes peuvent aussi être réalisées par pose d’un écran drainant composé
d’un géotextile entouré d’un matériau filtrant.
Qu’il s’agisse d’accotements non revêtus d’une piste revêtue ou d’une piste non revêtue, la
solution la plus simple en amont des drains consiste à disposer une couche drainante sur le
fond de forme de l’accotement ou de la chaussée non revêtue, afin de recueillir les eaux
d’infiltration et de les acheminer vers les drains longitudinaux. Constituée de préférence par
des matériaux concassés, la couche drainante sera de granulométrie ouverte d/D, D étant tel
que l’épaisseur de la couche drainante soit supérieure { 2,5 D. L’interposition éventuelle d’un
géotextile anti-contaminant entre le fond de forme et la couche drainante n’exclut pas que
54
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
cette dernière se voie substituer un géotextile drainant. L’idéal est alors d’adopter un
géotextile qui remplisse à la fois les deux fonctions anti-contaminante et drainante.
Les contraintes spécifiques aux chaussées aéronautiques exigent des cadences de mise en
œuvre élevées et le respect de tolérances sévères pour obtenir un uni final de bonne qualité.
Tant sur le plan de la fabrication que sur le plan de la mise en œuvre les capacités du matériel
seront adaptées au chantier à réaliser. Le répandage en grande largeur est recommandé afin
de limiter le nombre de joints longitudinaux.
Pour la mise en œuvre des matériaux enrobés, il est souhaitable, afin de diminuer le nombre
de joints à froid, de prévoir une cadence élevée en opérant avec plusieurs répandeuses
travaillant en parallèle dans le sens longitudinal.
Le guidage des finisseurs, qui est directement fonction de la qualité de mise en place de la
couche sous-jacente, se fera, soit { vis calées, soit { l’aide d’un fil ou d’un laser.
Quel que soit le profil en travers, il est souhaitable que les passes des finisseurs aillent du
point haut vers le point bas (pente unique) ou les points bas (profil en toit).
Dans tous les cas et quel que soit le nombre de couches, la superposition des joints
longitudinaux est { éviter. Il en est de même pour la superposition d’un joint longitudinal avec
l’axe de la chaussée, évitant ainsi la conjugaison du phénomène de détrempe créé par le
marquage axial et de celui de retrait dû au joint longitudinal.
Les joints de reprise ou joints transversaux seront limités au maximum afin de ne pas altérer
la qualité de l’uni.
Avant le démarrage du chantier, des épreuves de convenance auront pour but de vérifier
que les matériels mis en service ont les performances prévues pour le déroulement du
chantier et permettront d’obtenir celles requises par l’ouvrage. On distingue :
55
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE II- LES CHAUSSEES AERONAUTIQUES
-exceptionnellement son chemin de roulement, le degré d’uni de celui-ci sera au moins égal à
celui exigé pour la couche à répandre,
-un fil placé latéralement, ce dernier sera supporté par des potences espacées de 10 m au plus
et tendu de telle façon qu’il ne présente pas de flèche.
Le guidage par plan laser est également possible. Il est recommandé, avant répandage,
d’arroser la couche support du béton afin :
Les goujons sont disposés horizontalement au droit des joints, perpendiculairement à ceux-
ci et à mi- épaisseur des dalles. L’extrémité des goujons ne devra pas en outre s’écarter du
plan horizontal de plus de 10 mm vers le haut ou vers le bas.
56
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE III- EVALUATION DE LA PORTANCE RESIDUELLE.
III.1 Introduction :
Dans le cas des chaussées souples, les caractéristiques nécessaires sont le C.B.R. du sol
porteur et l’épaisseur équivalente du corps de chaussée. La méthode inverse n’est applicable
avec ces seules données que si la chaussée est normalement constituée et présente des
couches de qualité croissante de bas en haut.
Dans le cas des chaussées rigides, les caractéristiques sont l’épaisseur de la dalle de béton,
le module de réaction corrigé du sol support et la contrainte admissible de traction par
flexion du béton. La méthode inverse est ici moins difficilement applicable car la charge
admissible dépend principalement de la dalle de béton dont il est facile de mesurer les
caractéristiques.
Cette méthode exige que de nombreux sondages et essais soient réalisés, dont les résultats
demeureront généralement incertains du fait de la difficulté d’apprécier certains paramètres
(coefficients d’équivalence des couches de chaussée souple, transferts de charge entre dalles
de béton, etc...) et du risque de manque de représentativité des sondages.
57
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE III- EVALUATION DE LA PORTANCE RESIDUELLE.
Les déformations mesurées par capteurs sont enregistrées pendant les cycles pour un
traitement informatique. Un grand nombre de paramètres peut ainsi être stocké.
L’essai de plaque sur une chaussée souple a pour but de caractériser le comportement { la
fatigue du complexe constitué par la chaussée et son sols upport en déterminant la charge de
service qui, appliquée 10 000 fois à la surface de la chaussée, provoquerait un tassement
limite estimé admissible.
a) principe de l’essai :
La chaussée est soumise à des cycles de chargement et de déchargement sous des charges
croissantes choisies de façon à encadrer la valeur supposée de la charge de service. Ainsi qu’il
a déjà été indiqué, de nombreuses expérimentations ont montré que la déformation résiduelle
après déchargement croissait à peu près linéairement avec le logarithme du nombre
d’applications.
Cette loi est ici utilisée pour calculer la valeur du tassement après 10 000 cycles à partir de
celui mesuré { l’issue des 10 premiers. La courbe donnant le tassement résiduel après 10 000
cycles en fonction des charges d’essais peut alors être tracée. Selon l’allure de cette courbe et
la constitution de la chaussée, une valeur de tassement résiduel maximal est choisie qui
permet d’avoir sur la courbe la valeur de la charge de service { l’emplacement de l’essai.
b) Mode opératoire :
Le diamètre de la plaque d’essai est choisi de façon que la pression moyenne appliquée à la
chaussée reste dans le domaine des pressions habituelles des pneumatiques des avions
fréquentant l’aérodrome. Ainsi les diamètres de 42 cm et 65 cm sont-ils en général
respectivement retenus pour les charges inférieures à 20 t et pour celles comprises entre 20
58
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE III- EVALUATION DE LA PORTANCE RESIDUELLE.
et 50 t. Cinq capteurs sont fixés sur une poutre de référence de façon à mesurer les
déformations de la chaussée sur une longueur telle que puisse être définie l’allure de la
cuvette de déflexion (un capteur de référence au travers de la plaque et quatre capteurs
disposés à intervalles réguliers).
Les charges d’essai font chacune l’objet de dix cycles d’application, la première étant choisie
sensiblement en dessous de la valeur supposée de la charge de service. Les suivantes sont
définies en fonction des tassements obtenus avec les charges précédentes.
Il suffit généralement de trois ou quatre séries de dix cycles d’application, dont la plage
recouvre de manière croissante la charge de service supposée, pour que le traitement des
résultats permette de fixer la valeur à retenir pour celle-ci. La figure ci-après reproduit le
relevé d’un essai de chargement.
Les tassements résiduels mesurés sous la plaque au cours de chaque cycle font l’objet d’un
traitement informatique ayant pour but de déterminer, pour la charge correspondant à
chacun d’eux, le tassement résiduel extrapolé { 10 000 applications.
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE III- EVALUATION DE LA PORTANCE RESIDUELLE.
Peut ainsi être tracé le segment utile de la courbe qui relie ces valeurs extrapolées aux charges
correspondantes et dont la figure ci-contre donne un exemple facilement exploitable.
L’essai de plaque sur une chaussée rigide a pour but de déterminer la charge de service
provoquant la contrainte maximale admissible de traction par flexion en un point de la dalle
de béton où elle peut être mesurée.
a) Principe de l’essai :
Les dalles testées sont chargées en coin de manière à ce que les contraintes de traction par
flexion se développent sur leur face supérieure. Seules naturellement ont valeur de test les
dalles non fissurées dans cette zone.
La contrainte maximale étant alors située sur la bissectrice de l’angle du coin de dalle, le
principe de l’essai consiste { disposer une série de capteurs sur cette bissectrice afin de
déterminer, pour chaque essai de chargement, l’élongation maximale correspondant elle-
même à la contrainte maximale de traction dans le béton.
60
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE III- EVALUATION DE LA PORTANCE RESIDUELLE.
b) Mode opératoire :
La pression d’application ayant peu d’influence sur les résultats pour les chaussées rigides,
seule la plaque de 42 cm de diamètre est utilisée.
Cinq capteurs d’élongation sont disposés sur la bissectrice de l’angle du coin chargé, au droit
duquel ils sont associés à un capteur de déflexion. Placés sur les trois autres coins des dalles
adjacentes, trois autres capteurs de déflexion complètent le dispositif afin d’évaluer la qualité
des transferts de charge. Les quatre capteurs de déflexion sont fixés à une poutre de référence
dont les appuis sont suffisamment éloignés du point d’application de la charge.
Un pré-chargement comprenant un ou deux cycles à 5 t est tout d’abord réalisé pour caler les
zéros des capteurs d’élongation et connaître la réponse de la dalle. Les séries de cycles de
chargements à des charges croissantes par pas fixe (pouvant varier de 5 à 10 t) sont ensuite
réalisées { partir d’une valeur initiale déterminée par le pré-chargement.
Chaque charge fait l’objet de quatre cycles afin de stabiliser la valeur de l’élongation sous
chacun des capteurs. L’essai est normalement arrêté lorsque l’élongation maximale relative de
la surface du béton atteint 100.10-6de façon à éviter toute rupture de dalle.
Est également mesurée, pour chaque cycle de charge, la déflexion au coin de la dalle testée,
dont l’ensemble des valeurs sera aussi exploité.
Les capteurs permettent de mesurer, pour chaque série de chargement, plusieurs élongations
sur la bissectrice de l’angle du coin chargé, entre lesquelles une fonction d’ajustement permet
de déterminer la valeur maximale atteinte sur cette même bissectrice. Il est donc possible
d’étudier l’évolution de cette élongation maximale en fonction de la charge.
61
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE III- EVALUATION DE LA PORTANCE RESIDUELLE.
La charge de service pour le coin de dalle considéré sera la plus petite des deux valeurs
suivantes :
L’indice de transfert de charge pour le coin chargé est égal au rapport entre la déflexion
mesurée sur ce dernier et la somme des quatre déflexions mesurées. Il varie par suite entre 1
(absence de transfert de charge) et 0,25 (parfait transfert de charge).
Les essais, qui ont été décrits précédemment, fournissent en chaque point une charge de
service pour une roue simple isolée d’avion. La méthodologie de détermination des charges
admissibles pour l’ensemble de l’aire auscultée suit alors les étapes ci-après.
62
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE III- EVALUATION DE LA PORTANCE RESIDUELLE.
La charge de service résultant des essais de plaque est ici la moyenne 𝑃 diminuée de l’écart
type δ (𝑃𝑐 = 𝑃 − δ) de la plus faible des deux séries de charges correspondant respectivement
à:
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M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE III- EVALUATION DE LA PORTANCE RESIDUELLE.
celles induisant un enfoncement vertical admissible, pour lequel, comme déjà indiqué,
on retient habituellement la valeur de 2 mm.
Rappelons que la contrainte admissible 𝜎𝑎 est liée, par l’intermédiaire d’un coefficient de
sécurité CS à la contrainte 𝜎𝑟 de rupture du béton, par traction à la flexion, mesurée par le
laboratoire :
𝜎𝑟
𝜎𝑎 =
𝐶𝑆
1. celui peu fréquent où Pc est supérieur à Pm et où, par conséquent, le chargement le plus
contraignant est celui correspondant { l’application de la méthode inverse, auquel cas
le coefficient de sécurité CS à retenir, pour la détermination des charges admissibles
(R.S.I.), (J) et (B) conservera la valeur de 1,8 initialement choisie,
2. celui où Pc est égal à Pm où, par conséquent, les deux cas de chargement sont
équivalents et où la chaussée sera caractérisée comme précédemment,
3. celui enfin où Pc est inférieur à Pm et où, par conséquent, le cas de chargement en coin
de dalle s’avère être le plus contraignant. La valeur de Pc est alors choisie pour valeur
devant servir de point de départ à la détermination, par la méthode inverse de
dimensionnement, des charges admissibles (R.S.I.), (J) et (B) et préalablement à celle
du coefficient CS.
64
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE IV- GESTION & SUIVI DES CHAUSSEES AERONAUTIQUES.
aéronautiques.
IV.1 Introduction :
Il convient, avant toute autre considération, de faire observer qu’il ne peut y avoir de gestion
efficace des chaussées aéronautiques sans un suivi régulier et rigoureux de leur état de
surface et de leur structure.
L’A.C.N. (Aircraft Classification Number) est un nombre exprimant l’effet d’un avion de
type donné sur une chaussée de type également donné (souple ou rigide) pour une
catégorie spécifiée de sol support.
La méthode A.C.N. - P.C.N., dont les conditions d’application sont développées par la suite,
peut se résumer par le principe général suivant:
Le P.C.N. d’une chaussée indique qu’un avion dont l’A.C.N. est inférieur ou égal { ce
P.C.N. peut utiliser cette chaussée sans autre restriction que celle pouvant être liée à la
pression des pneumatiques.
65
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE IV- GESTION & SUIVI DES CHAUSSEES AERONAUTIQUES.
Ainsi, un avion peut utiliser sans restriction une chaussée si deux conditions sont
simultanément vérifiées, à savoir que :
o l’A.C.N. de l’avion - déterminé pour le type de chaussée (souple ou rigide) et la
catégorie de son sol support - soit inférieur ou égal au P.C.N. de cette chaussée,
o la pression des pneumatiques de l’avion n’excède pas la pression maximale
admissible publiée pour la chaussée.
Si l’une au moins de ces conditions n’est pas respectée, l’admissibilité de l’avion est soumise
aux règles de la procédure de dérogation.
L’A.C.N. d’un avion est un nombre qui, par définition, est égal { deux fois la charge, calculée en
tonnes, sur une roue simple, gonflée { 1,25 MPa, équivalente (R.S.E.) { l’atterrisseur principal
de l’avion considéré dont les pneus sont gonflés { la pression standard q donnée par le
constructeur.
Sa détermination, pour un type de chaussée et pour une catégorie de sol support, résulte donc
de deux étapes successives, à savoir :
L’A.C.N. ainsi obtenu n’est associé qu’{ la pression q, au type de chaussée (souple ou rigide), et
à la catégorie de sol support.
Les A.C.N. des principaux avions existants sont fournis, à vide et à pleine charge, pour chacun
des deux types de chaussées et pour quatre catégories de sol support, défini lui-même, soit
par son C.B.R., pour les chaussées souples, soit par son module de réaction, pour les chaussées
rigides comme indiqué dans le tableau ci-après :
66
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE IV- GESTION & SUIVI DES CHAUSSEES AERONAUTIQUES.
La publication par l’O.A.C.I. de ces valeurs de l’A.C.N., qui peuvent être également trouvées
dans l’Airport Planning édité par le constructeur de l’avion, porte également indication de :
En pratique, il convient de comparer au P.C.N. d’une chaussée donnée l’A.C.N. de tel ou tel
avion correspondant { la charge roulante maximale sur l’aérodrome considéré.
On admet pour ce faire que pour un avion donné ayant une masse M comprise entre ses
masses maximale M et minimale m publiées, l’A.C.N. varie linéairement entre ces deux masses.
Le calcul découle alors d’une simple interpolation en utilisant la formule suivante :
Avec:
68
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE IV- GESTION & SUIVI DES CHAUSSEES AERONAUTIQUES.
Si la capacité portante d’une chaussée souple reposant sur un support de classe moyenne a
été déterminée à 62 par une évaluation technique et sans limitation de pression des
pneumatiques, alors l’information reportée doit être: PCN 62/F/B/W/T.
Le P.C.N représentant la force portante d’une chaussée donnée, sa valeur est dépendante des
caractéristiques de son sol support et des matériaux constituant son corps de chaussée.
Un P.C.N. déterminé «par expérience» { partir du trafic reçu par l’aérodrome peut également
être publié lorsque les caractéristiques géotechniques déterminantes sont mal connues, soit
parce qu’elles n’ont jamais fait l’objet d’une évaluation, soit parce que cette dernière est trop
ancienne pour être valablement prise en compte.
La méthode d’évaluation du P.C.N. d’une chaussée étant laissée { l’initiative de chaque pays
membre de l’O.A.C.I., la France dispose des méthodes de détermination par :
le calcul forfaitaire,
le calcul optimisé,
la détermination par expérience.
Au P.C.N., qui est donc ou bien issu du calcul ou bien déterminé par expérience, sont associées,
pour sa publication, quatre lettres indicatrices respectivement :
69
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE IV- GESTION & SUIVI DES CHAUSSEES AERONAUTIQUES.
Permet de déterminer ce dernier { partir des seules caractéristiques de la chaussée, sans qu’il
soit par conséquent fait référence au trafic qu’elle reçoit. Il passe par la détermination, { l’aide
de l’abaque de dimensionnement, de la charge maximale admissible RSI pouvant lui être
appliquée par une roue simple isolée gonflée à 0,6 MPa, charge maximale dont la valeur est
ensuite majorée par un coefficient fonction lui-même de la catégorie du sol support.
Les abaques ci-après permettent l’évaluation des coefficients H ou G. À noter que la charge
maximale admissible peut également, pour les chaussées souples, être obtenue de manière
plus précise par application de la formule suivante :
6,12 𝑒2
𝑅𝑆𝐼 = ∗ 2
1000 𝐶𝐵𝑅 𝐶𝐵𝑅 2 𝐶𝐵𝑅 3
4,231 − 5,013𝑙𝑜𝑔 + 2,426 𝑙𝑜𝑔 − 0,473 𝑙𝑜𝑔
0,6 0,6 0,6
Dans laquelle :
Bien qu’approchées, les valeurs de P.C.N. obtenues par calcul forfaitaire caractérisent la
portance réelle et expriment une bonne connaissance de la chaussée. Elles supposent, par
suite, que son auscultation ait été récemment effectuée et doivent être publiées en code T.
70
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE IV- GESTION & SUIVI DES CHAUSSEES AERONAUTIQUES.
Ignorant le trafic, ce code forfaitaire ne permet pas au gestionnaire un choix clair sur son
mode de gestion de la plate-forme.
71
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE IV- GESTION & SUIVI DES CHAUSSEES AERONAUTIQUES.
Remarque : Si la chaussée étudiée est justifiable d’un coefficient de pondération des charges
réelles dépendant de la fonction de cette chaussée, le P.C.N. calculé comme il vient d’être
indiqué doit être divisé par ce coefficient.
Le calcul optimisé du P.C.N. sera choisi chaque fois que seront à la fois connus les
caractéristiques de la chaussée et le trafic de référence, ce dernier ne prenant en compte que
les avions ayant un effet significatif sur la chaussée.
-pour une chaussée existante, celui qui, acceptable par la plate-forme, ou bien fréquente
régulièrement celle-ci, ou bien est prévu à plus ou moins court terme.
La valeur du P.C.N. résultant de son calcul optimisé est égale à la somme des A.C.N. des avions
du trafic de référence à leur charge admissible pondérés par la part t’de trafic de référence
prise par chacun d’eux :
Remarque : Dans le calcul du P.C.N. optimisé, ne sont pris en compte que les avions dont la
part des mouvements équivalents est considérée comme significative. Cette part est fixée
comme étant supérieure ou égale à 1%.
La méthode A.C.N. - P.C.N. est utilisée pour connaître les conditions de recevabilité sur une
plate-forme d’un avion { sa charge réelle. Elle consiste en la comparaison de l’A.C.N. de l’avion
au P.C.N. de la chaussée:
72
M2 VOA ENSEIGNANT: A. SAOULA
AERODROMES CHAPITRE IV- GESTION & SUIVI DES CHAUSSEES AERONAUTIQUES.
Cas 1: - P.C.N. < A.C.N. =1,1 P.C.N. pour les chaussées souples
Dans ce cas, l’avion peut être autorisé sous réserve que le nombre annuel n de mouvements
réels en surcharge n’excède pas 5 % du total annuel des mouvements réels contenus dans le
trafic de référence N : n ≤ 0,05 N
Si d’autres avions ont auparavant subi la même procédure, il convient d’inclure dans n leur
nombre de mouvements réels.
Si la règle des 5%n’est plus respectée, il convient de calculer le trafic équivalent total et de
suivre alors la procédure du cas 2.
Si le P.C.N. est affecté du code T, il convient de se ramener à la charge admissible P adu type
d’avion considéré pour la chaussée, charge admissible donnée par la relation :
Dans laquelle :
- M est la masse maximale au roulage
- m est la masse { vide en ordre d’exploitation.
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On compare alors cette charge admissible Pa { la charge réelle prévue pondérée P’ pour
chaque aire concernée:
- Si P’≤1,1: l’avion peut, toujours sur l’aire concernée, être accepté sous réserve
de respecter la règle des 5%,
- Si 1,1.Pa< P’< 1,5.Pa: dans ce cas, il convient de calculer le trafic équivalent total
journalier T’ que supporte la chaussée:
Si T’> 10 mouvements équivalents par jour, l’atterrissage doit être refusé
{ moins d’admettre une usure rapide des chaussées.
Si T’=10 mouvements équivalents par jour, l’avion peut être autorisé { sa
charge réelle P, mais en limitant sa fréquence aux valeurs indiquées par
le graphique ci-après.
- P’>1,5.Pa: l’autorisation d’atterrissage doit être impérativement refusée sauf
urgence.
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IV.2.5 Applications:
IV.2.5.1 Application1:
Un avion de type A300 B2 est prévu à une masse réelle de 130 tonnes pour une pression
effective de gonflage des pneumatiques 𝑞 = 1,10 𝑀𝑝𝑎 sur une piste pour laquelle les
renseignements sont communiqués par : 𝑃𝐶𝑁 = 48 𝐹/𝐶/𝑊/𝑇. Si le CBR du sol support est 7 :
- Déterminer l’ACN de l’avion { sa masse réelle et pour la pression réelle de gonflage des
pneumatiques et vérifier si cet avion peut utiliser la piste.
Solution:
𝑀𝑡 − 𝑚
𝐴𝐶𝑁 = 𝐴𝐶𝑁𝑚𝑖𝑛 + 𝐴𝐶𝑁𝑚𝑎𝑥 − 𝐴𝐶𝑁𝑚𝑖𝑛
𝑀−𝑚
130000 − 86300
𝐴𝐶𝑁 = 26 + 54 − 26 = 48
142900 − 86300
1 1
− 32,035∗𝑞
0,5695∗𝐶𝐵𝑅
𝐴𝐶𝑁𝑐𝑜𝑟𝑟𝑖𝑔 é = 𝐴𝐶𝑁 ∗ 1 1
− 32,035∗𝑞
0,5695∗𝐶𝐵𝑅
1 1
−
0,5695 ∗7 32,035 ∗1,10
𝐴𝐶𝑁𝑐𝑜𝑟𝑟𝑖𝑔 é = 48 ∗ 1 1 = 48*0,985= 47
−
0,5695 ∗7 32,035 ∗1,24
L’ACN de l’avion 47 est inférieur au PCN de la piste 48, donc l’avion peut donc admis sans
restriction.
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Une chaussée souple sur laquelle aucune donnée de trafic n’existe, est caractérisée par une
épaisseur équivalente de 55cm et un CBR de 6 (catégorie C). Aucune limite de pression des
pneumatiques n’est prescrite.
Solution:
6,12 𝑒2
𝑅𝑆𝐼 = ∗ 2
1000 𝐶𝐵𝑅 𝐶𝐵𝑅 2 𝐶𝐵𝑅 3
4,231 − 5,013𝑙𝑜𝑔 + 2,426 𝑙𝑜𝑔 − 0,473 𝑙𝑜𝑔
0,6 0,6 0,6
Le coefficient H(CBR) est égal à 1,60 pour la catégorie C de résistance de sol support la valeur
de PCN est :𝑃𝐶𝑁 = 13,50 ∗ 1,60/1 = 22 (le coefficient de pondération=1)
La valeur publiable :
𝑃𝐶𝑁 = 22 𝐹/𝐶/𝑊/𝑇
IV.2.5.3 Application3:
𝑃𝐶𝑁 = 46 𝑅/𝐵/𝑊/𝑇
- M=78471 kg ACNmax=48
- m=44293 kg ACNmin=25
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Solution:
𝑀𝑡 −𝑚
A partir de la relation : 𝐴𝐶𝑁 = 𝐴𝐶𝑁𝑚𝑖𝑛 + 𝐴𝐶𝑁𝑚𝑎𝑥 − 𝐴𝐶𝑁𝑚𝑖𝑛 :
𝑀−𝑚
On considère que le PCN de la chaussée égal au ACN de l’avion puis on calcul la masse ou la
charge admissible :
𝑃𝐶𝑁−𝐴𝐶𝑁 𝑚𝑖𝑛
𝑀𝑡 = 𝑀−𝑚 +𝑚
𝐴𝐶𝑁𝑚𝑎𝑥 −𝐴𝐶𝑁 𝑚𝑖𝑛
46 − 25
𝑀𝑡 = 𝑃𝑡𝑎 = 78471 − 44293 + 44293 = 75499 𝑘𝑔
48 − 25
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Rappelons { cet égard que l’entretien des chaussées aéronautiques suppose un suivi régulier
et rigoureux de leur état de surface et de leur structure.
Le balayage des pistes, des voies de circulation et des aires de stationnement consiste à les
débarrasser des divers objets (essentiellement des granulats arrachés au revêtement ou aux
accotements mal stabilisés) généralement de petites dimensions et susceptibles de détériorer
les hélices et les réacteurs. Il est nécessaire d’y procéder assez fréquemment afin de se
prémunir contre ce risque.
Dû { l’échauffement des pneumatiques lors de la mise en rotation des roues dans la phase du
toucher, le dépôt de gomme concerne surtout les aérodromes dont le trafic est important. Une
intervention de dégommage est nécessaire dès que la rugosité de la piste devient trop faible,
situation qui peut être confirmée par des mesures de glissance. Les techniques actuellement
développées sur aérodromes peuvent être regroupées en deux familles:
La remise en peinture des marques de balisage est faite selon une périodicité dépendant de
l’intensité du trafic mais aussi de l’emplacement des marques, celles d’axes de pistes et de
voies de circulation étant à reprendre le plus fréquemment.
Si la dégradation des peintures est généralisée, la remise en peinture peut être précédée d’un
effaçage des traces de peinture résiduelles. Cet effacement peut être obtenu par brûlage, par
jet d’eau haute pression, par grenaillage ou par sablage. Lorsque les marques sont recouvertes
d’un dépôt de gomme, celui-ci devra être éliminé avant la remise en peinture.
Les produits utilisés sont des peintures en phase aqueuse homologuées pour le domaine
routier.
Les opérations d’entretien s’adressant spécifiquement aux chaussées souples peuvent avoir
un caractère ponctuel ou généralisé. Par opérations d’entretien ponctuel, on entend
essentiellement :
les reprises ponctuelles du revêtement,
le colmatage de fissures.
Les opérations d’entretien généralisé supposent par contre la mise en œuvre de matériaux
sur tout ou large partie de la surface d’une aire aéronautique, sans qu’il puisse pour autant
s’agir de réfections ni de renforcements. Ainsi entend-on par opérations d’entretien
généralisé :
Plutôt que d’avoir { les réparer, il est naturellement préférable d’éviter que ne se produisent
des dégradations. Cette attention préventive portera essentiellement sur la qualité des joints
et sur le phénomène de battements de dalles. La réalité de ce dernier sera confirmée par une
campagne de mesures, elle-même déclenchée par les premières apparitions de fissures
caractéristiques ou par des remontées de fines au travers des joints.
Le tableau ci-après récapitule, parmi les défauts généralement rencontrés sur les chaussées
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rigides, ceux dont la réparation relève généralement de la définition donnée plus haut de
l’entretien.
La réfection d’une chaussée souple s’impose dans chacun des cas ci-après :
lorsque la densité des dégradations observables en surface est telle qu’une simple
opération d’entretien n’est pas réalisable,
lorsque les qualités structurelles des matériaux sont insuffisantes (défaut de compacité,
mauvais collage entre couches,...),
lorsque, préalablement { un renforcement, il s’avère nécessaire de redonner { l’ancienne
chaussée :
o un état superficiel permettant d’accueillir les nouvelles couches de matériaux,
o des caractéristiques structurelles suffisantes permettant de minimiser les
épaisseurs de renforcement.
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Plusieurs méthodes sont possibles qui, selon qu’elles font appel { des matériaux neufs ou
réutilisent l’ancien revêtement, peuvent être regroupés en deux familles :
a) la régénération mécanique :
Les nouveaux matériaux, qui seront mis en œuvre après fraisage et évacuation des anciens,
auront été choisis de manière { rétablir l’épaisseur d’origine du corps de chaussée.
b) la régénération thermique :
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La réfection d’une chaussée rigide, qui s’entend toujours sur une aire délimitée, consiste à la
démolition de la chaussée existante et sa reconstruction { l’identique.
La démolition du béton de l’ancienne chaussée doit être effectuée sans dégrader les dalles
adjacentes conservées. Pour cela, on réalisera, à une distance de 10 cm du joint marquant la
limite de la zone { traiter, un sciage pénétrant entièrement l’épaisseur de la dalle.
Les dalles { évacuer seront tout d’abord fracturées, puis la frange (reste de la dalle) restant à
proximité du joint sera éliminée avec précaution. Le bord des dalles adjacentes conservées
sera ainsi protégé d’éventuelles épaufrures pendant l’évacuation des matériaux de démolition.
En complément de celles-ci, le transfert des charges sera assuré, entre le béton rapporté et le
béton conservé, par scellement de goujons dans ce dernier. Disposés { intervalle d’un mètre
environ, ces goujons seront enduits de bitume sur leur partie saillante et ébarbés.
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AERODROMES REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES.
Références Bibliographiques
1. Georges MEUNIER, "Conception, construction et gestion des aérodromes",
Editions Eyrolles, 1969.
11. Les joints de chaussées rigides (Guide pour la construction et la réfection des
joints de pistes en dalles en béton), Ministère de l'équipement du logement, des
transports et de la mer, Octobre1989.
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